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...
Musique douce
...
- Corpus domini Christi.
- Amen.
- Corpus domini Christi. - Amen.
- Tu vois, on les a cueillies ensemble,
on les a fait s�cher...
et maintenant,
on les colle.
- Corpus domini Christi.
Corpus domini Christi.
- Amen.
...
- Philippe, une fois � Paris, veille bien sur ta s�ur.
- Bien s�r, p�re.
La situation est vraiment si grave ?
- Disons...
qu'elle est incertaine.
- Des nouvelles de ton mari ?
- J'ai re�u une lettre il y a dix jours, tout allait bien.
Il s'ennuyait m�me � la caserne.
Depuis ces derniers �v�nements, plus rien.
Mais je ne m'inqui�te pas, il reviendra.
J'attendrai � la Martilli�re.
D'ailleurs, cet �t�, venez !
Les enfants seraient ravis de vous avoir !
- Promis.
- Anne !
Ma toute petite.
- Mon papounet ! - Oui !
Ma toute petite... oui...
Entrechocs de couverts
- Qui en reprend ? Allez, Philippe.
- Merci, m�re. - M. Leroux les a cueillis.
Vous lui porterez des �ufs ?
- Vous devriez essayer les cataplasmes d'argile,
�a soulage toutes les douleurs.
- Mais moi, c'est le matin. - Alors du jus de bouleau.
- Du jus de bouleau ? - Ah oui !
C'est excellent ! - Finalement, tu as tout mang�.
- Je peux jouer ? - Non, attends qu'on termine.
- Et le meilleur reste � venir, vous allez voir.
Polka italienne (Sergue� Rachmaninov)
...
- Ton concours est maintenu ?
- Oui. Navale doit vite fournir des officiers.
- Ne sois pas trop press�.
- Mes cousins combattent d�j�, je ne veux pas �tre un planqu�.
- Tu n'es pas un planqu�, tu as 18 ans.
- Il a toujours �t� volontaire.
Au final, il fait ce qu'il veut,
comme son p�re...
- Et comme sa m�re... Vous vous rappelez
ce qu'Yvonne a dit en voyant votre fils ?
"Ce sera lui et nul autre."
Sachez que ma ni�ce �tait un parti tr�s convoit�.
- Elle n'a pas perdu au change.
- C'est vrai.
- �lisabeth ?
Ce n'est pas le bon jour,
mais nous profitons de la pr�sence de votre p�re.
- Quelle jolie surprise.
Rires
- Tiens.
J'esp�re que tu y trouveras le plus grand r�confort.
- "Jamais les cr�puscules ne vaincront les aurores."
- "�tonnons-nous
"des soirs...
"mais vivons les matins."
Musique douce
...
Brouhaha
Si on continue, on pourra �tablir une jonction vers Laon,
et � partir de l�, couper la route de Paris.
- Vos principes sont les bons, mon colonel.
Attaquer sans rel�che.
Si seulement l'aviation avait �t� l�.
- Nous avan�ons, Hettier,
tant que nous le pouvons, avec ou sans appui a�rien.
- Il y aura une contre-offensive allemande.
- Oui !
Les Allemands sont d�stabilis�s pour quelques heures encore,
il faut agir vite.
Nos hommes ont beaucoup donn�, je le sais.
Je vais exiger des renforts pour faire tenaille par le nord.
Mon objectif est d'organiser une t�te de pont
� partir de notre perc�e.
- Vous avez bon espoir ?
- Oui, Hettier. Il faut exploiter notre maigre victoire.
�tre inerte, c'est �tre battu !
Mon g�n�ral, je vais avoir besoin d'un millier d'hommes
et de l'appui de l'aviation.
D�s demain, j'engage une cinquantaine de chars
pr�c�d�s d'un barrage d'artillerie comme jamais vu,
et si possible, d'une attaque a�rienne massive.
La route de Laon... *-Non, il faut replier.
- Replier ? Mais nous gagnons du terrain, mon g�n�ral.
Nous freinons l'avanc�e de l'ennemi...
*-Je dois organiser la d�fense. C'est un ordre.
- Poursuivons, nous pouvons gagner.
*-De Gaulle,
les Allemands vont nous attaquer sur la Somme.
Je dois tenir cette ligne, sinon tout sera perdu.
Il raccroche.
- Que faisons-nous ?
- Ces vieux g�n�raux se croient toujours en 14 !
Ils se placent sur la d�fensive ! Jamais ils n'attaquent !
Une victoire, c'est aussi
une disposition de l'esprit, une volont� de vaincre.
Une foi intacte, indestructible !
Et cette foi, je redoute que certains ne l'aient plus.
- Mon colonel. Pourriez-vous r�p�ter ces paroles ?
- Je suis pas un perroquet. Qui �tes-vous ?
- Capitaine Surchamps,
op�rateur radio, charg� de la propagande.
Ces temps-ci, parler de victoire,
c'est pas banal.
Je pourrais diffuser vos mots pour vaincre le d�faitisme.
Croyez-moi, la radio est une arme puissante.
- Dois-je parler fort, capitaine ?
- Normalement, mon colonel.
- C'est la guerre m�canique qui a commenc� le 10 mai.
En l'air
et sur la terre,
l'engin m�canique,
avion ou char,
est l'�l�ment principal de la force.
L'ennemi
a remport� sur nous un avantage initial.
Ses succ�s viennent de ses divisions blind�es
et de son aviation de bombardement,
pas d'autre chose.
Nos succ�s de demain
et notre victoire,
oui, notre victoire,
nous viendront de nos cuirass�s et de notre aviation d'attaque.
C'est cela qu'il nous faut pour vaincre.
Gr�ce � cela, nous avons d�j� vaincu
sur un point de la ligne.
Gr�ce � cela,
un jour,
nous vaincrons sur toute la ligne.
Voil�. J'ai tout dit.
- Si possible, nous le diffuserons d�s demain.
- Capitaine, vous rejoignez l'arri�re ?
Ma ch�re petite femme ch�rie. Voici donc la guerre,
la v�ritable guerre commenc�e.
Il faut pr�voir une activit� croissante des aviations
et en cons�quence, prendre des pr�cautions.
- Pour toi, pour le tout-petit, pour Mlle Pottel.
Colombey serait un bon g�te s'il n'�tait pas
sur la route de Strasbourg � Paris.
Fais bien attention, de jour, � faire rentrer s'il y a alerte,
et le soir, bien �teindre les lumi�res.
- Il vaudrait mieux que tu trouves un meubl�
pour attendre la fin de la crise.
Ce serait de pr�f�rence soit Charente,
Dordogne, Haute-Vienne,
soit Bretagne.
Je t'enverrai 1 500 francs par mois � partir du 30 juin.
�cris-moi bien.
M�me si je te r�ponds irr�guli�rement.
Depuis le 15 mai, je n'ai pas dormi trois nuits.
Pour Philippe, � Paris, il faut
qu'il ne fasse pas inutilement le malin si l'on tire.
Ci-joint, lettre re�ue d'�lisabeth.
J'ai bon espoir pour son bachot.
- Je t'embrasse de mon c�ur qui t'aime,
ma ch�re petite femme.
- RIEN NE COMPTE PLUS QUE CECI...
- Il faut sauver la France.
Piaillements de poussins
...
- Anne, regarde.
Papa nous a �crit, regarde.
"Pour le tout-petit de la part de son papa."
- Merci.
- Il pense beaucoup � toi, tu sais.
Il va revenir bient�t, papa. Hein ?
Sois pas f�ch�e, il va revenir.
- Papa...
- T'inqui�te pas.
Grondements d'avions
- C'est la 3e fois depuis ce matin.
- On ne peut pas prendre de risques. Il faut quitter la maison !
Musique dramatique
...
- F�licitations, de Gaulle.
Une victoire �clatante qui prouve que tout est encore possible.
- Nous aurions pu aller bien plus loin,
et m�me renverser la situation
si on m'avait �cout�.
- Weygand a tout mon soutien. Croyez-moi, il fait ce qu'il peut,
malgr� la d�robade des Britanniques.
Vous connaissez la situation, elle est dramatique.
J'ai besoin d'hommes comme vous � mes c�t�s...
g�n�ral de Gaulle.
Oui, je vous ai promu g�n�ral de brigade
� titre provisoire.
- J'en suis honor�. - Ainsi,
vous aurez plus de poids.
Vous entrez au gouvernement,
je vous nomme sous-secr�taire d'�tat � la D�fense Nationale.
- Il me faut des garanties. Je veux pouvoir appliquer mes vues
sans �tre entrav�.
- Int�grer la politique vous donnera l'autorit� n�cessaire pour agir.
- Je l'esp�re.
- J'ai...
aussi conserv� le mar�chal P�tain. Il vaut mieux l'avoir dedans.
- Changez d'avis, le mar�chal pense que nous avons d�j� perdu.
Son d�faitisme risque de tout submerger.
- P�tain est un �tendard, il rassure.
J'ai nomm� Mandel au minist�re de l'Int�rieur.
Il partage votre point de vue.
- Il faut �tre lucide, M. le pr�sident,
nous n'avons aucune chance
de vaincre dans la m�tropole.
- C'est vous qui dites �a ? - Oui.
Quoi que nous fassions, cette guerre sera mondiale.
Continuons le combat ailleurs.
Je ne vous rejoindrai que si nous sommes d'accord
sur ce point essentiel.
- Mais oui, c'est �vident.
- Il nous reste un vaste territoire, c'est notre empire,
et il est totalement intact.
C'est pourquoi il ne faut sortir de la guerre sous aucun pr�texte.
Et maintenir notre accord avec les Anglais, malgr� nos griefs.
- Vous avez mon aval, d'ailleurs vous partez pour Londres.
Vous me repr�senterez aupr�s de M. Churchill.
Vous pouvez le convaincre que nous voulons tenir.
Messieurs.
- Messieurs. - M. le pr�sident.
- Je suis, M. le pr�sident,
celui qui, autour de cette table,
a le plus de sang allemand sur les mains.
Je n'admettrai pas le reproche d'�tre consid�r� comme conciliant
avec ceux que je combats depuis toujours.
- Croyez, cher mar�chal,
que personne ici n'�met
le moindre doute sur votre patriotisme.
Vos combats victorieux, notamment celui de Verdun,
vous donnent une l�gitimit� absolue
et irr�futable. - C'est au nom de cette l�gitimit�
que je consid�re qu'il faut accepter notre d�faite
et faire taire le feu.
- Messieurs, si nous perdons, c'est parce que l'ennemi
met en �uvre une tactique que j'ai moi-m�me toujours soutenue
et que le commandement refuse d'appliquer,
coupler les blind�s avec l'aviation...
- Je n'ai pas fini !
�coutez-moi.
Mon exp�rience
m'impose aujourd'hui cette conclusion :
la guerre est perdue.
Je le d�plore comme vous, mais plut�t que de subir
l'humiliation d'un �crasement encore plus grand
et la mort de milliers de Fran�ais,
je souhaite engager le pays
vers l'armistice.
- C'est bien l� le seul moyen de sortir la t�te haute
et de traiter avec l'Allemagne.
- Et d'�pargner nos soldats
et notre peuple.
Huit millions de Fran�ais fuient. La d�fense que j'ai constitu�e
ne tiendra pas longtemps.
- Il est �trange de renoncer � vaincre
quand on a la plus grande arm�e du monde.
- De Gaulle...
Cessez vos sarcasmes !
Je vous connais bien.
Vous avez longtemps servi sous mes ordres.
Et j'ai m�me de l'estime pour vous.
Mais nous sommes face � l'Histoire.
Nous avons perdu au moins 60 000 hommes.
Vous entendez ? Soixante mille morts !
- Des milliers de soldats fran�ais sont d�j� prisonniers.
- Il faut arr�ter ce massacre qui a trop dur�.
On doit s'entendre avec l'Allemagne
et reb�tir la France
sur des bases nouvelles.
- Messieurs, allons-nous � ce point manquer de courage
et accepter l'ignoble ?
Nous sommes la France, vous entendez !
Ressaisissons-nous
et insufflons � nos troupes le d�sir de vaincre.
Ne nous complaisons pas
dans cet �tat d'esprit d�faitiste.
- "Se complaire" ?
Vous ne comprenez rien � la situation.
Acceptons de parler avec l'Allemagne
un point c'est tout.
- M. Mandel, comment le ministre que vous �tes depuis quelques heures
peut-il avoir un avis sur la conduite des combats ?
- S'il vous pla�t.
- Ce n'est pas le ministre qui vous parle, M. Weygand,
c'est un Fran�ais fier de son pays,
conscient de son histoire.
- La guerre concerne les militaires.
- Non, le politique ordonne. La lutte doit continuer
et nous avons des territoires intacts,
des forces combattantes qui attendent nos ordres.
Nous devons transporter
notre arm�e vers l'Afrique du Nord.
Et reprendre l'offensive. - C'est irr�aliste !
- Absolument d'accord !
- Messieurs, arr�tons les mots.
Voici les faits.
J'ai dit que les Allemands attaqueraient sur la Somme
et ils attaquent en effet.
Je ne peux emp�cher ce drame.
- Soit, ils passent.
Et apr�s ?
- Apr�s, c'est la Seine et la Marne.
- Et apr�s ?
- Apr�s, c'est fini.
- Comment �a, c'est fini ?
- Fini, termin� ! Les Allemands seront � Paris.
- Je sais, mais je suis tr�s inquiet.
L�ger brouhaha
...
- Il faut �carter de Gaulle.
Ses th�ories fumeuses sont dangereuses,
mais je le connais bien.
Il est d�vor� par l'ambition et il aime la guerre.
Il fera tout pour gravir les �chelons du pouvoir.
- Ne faut-il pas �vincer Reynaud ? - Reynaud est un faible,
il s'effondrera seul. - D�trompez-vous.
Il a cette facult� propre aux politiciens :
rebondir, toujours !
Regardez le juif, Mandel. On le croyait fini...
le voici ministre de l'Int�rieur, donnant son avis sur tout.
- C'est insupportable !
Ces politiciens nous ont men�s o� nous sommes,
et continuent � occuper la place.
Il faut se tenir pr�ts, Weygand !
Le pouvoir n'aime pas le vide et tr�s bient�t,
nous nous en emparerons et r�glerons son compte
� cette R�publique de malheur.
- M. le ministre,
voici un bilan de nos troupes et de nos besoins.
Il y a aussi des notes sur le cabinet de Churchill.
Anthony Eden, ministre de la guerre, nous est favorable.
- L'avenir nous le dira, les Anglais peuvent
se montrer parfois impr�visibles.
- Je n'ai aucun doute, Churchill maintiendra nos accords.
C'est dans son int�r�t.
- Un dernier essayage, mon g�n�ral ?
- Parfait, je vous remercie.
Ah ! N'oubliez pas, organisez d�s mon retour de Londres
un rendez-vous avec le pr�sident Reynaud.
- Il faut rester tr�s vigilant.
P�tain et Weygand savonnent la planche.
- Surveillez-les pendant mon absence.
- Reste � valider les membres de votre cabinet.
- Des gens fiables, vou�s � continuer la guerre.
- Ils le sont. - Et vous, M. Laurent ?
Vous dirigez mon cabinet, je dois savoir.
- Je suis au service de l'�tat.
Au service de la politique que vous d�ciderez.
- Bien.
Faites entrer mes enfants, je vous remercie.
Des trains roulent encore,
allez chez tante Suzanne.
- Mais j'ai le concours d'entr�e � Navale.
- Et moi, mon bachot !
On ne peut pas partir.
- � voir l'avanc�e des Allemands, ils corrigeront bient�t ta copie.
- Tout n'est pas perdu. - Pas Paris.
Les Allemands n'y entreront pas comme �a.
- Allez � la gare et voyez ce qui est possible.
- Je veux m'engager !
Vous, � 24 ans, vous combattiez d�j�.
- La situation n'a rien � voir, Philippe.
- M�re nous rejoint ? - A priori, je suis sans nouvelles.
Il faut partir le plus vite possible.
- Combien de temps ?
- Je l'ignore. Tout se joue au jour le jour.
Voil� tout ce que je peux vous donner,
et aussi une lettre pour votre m�re.
Ne tra�nez pas.
Et soyez prudents, mes enfants.
Allez.
Musique nostalgique
...
Il chantonne.
Anne pleure. Il baragouine.
Elle est o�, ta maman ?
Il baragouine.
Elle est l�, maman. - Je suis l�, ch�rie.
- Elle est l�, elle arrive.
- Mama. - Maman ? Elle est o� ?
Rires
...
J'aime bien �a !
...
Oui, oui, oui.
- Alors, ch�rie, tu t'amuses ?
Viens voir maman.
Oui, ch�rie.
Oh oui !
Les oiseaux ? Regarde !
Ouh ! Attention ! Ouh, c'est froid !
C'est froid !
Les m�dicaments d'Anne.
J'ai l'impression de revivre mes 14 ans.
On avait d� fuir et tout abandonner. Allez savoir pourquoi,
ma m�re avait embarqu� toutes les nappes.
- La mienne nous avait charg�s de mouchoirs.
Comme si c'�tait la chose la plus importante.
� votre retour, la maison avait �t� pill�e ?
- Pill�e, ravag�e, d�truite...
C'est l� que mon enfance a �t� engloutie.
Que Dieu pr�serve celle-ci.
�a fait un moment que j'ai pas vu Anne.
- Anne ?
- Anne ?
Anne ?
- Anne ?
Anne ?
- Anne ?
- Anne ?
- Anne ?
Aide-moi � chercher ! Cherche, mon chien, cherche !
Monsieur, avez-vous vu une jeune fille en tablier bleu ?
- Elle a 12 ans, elle est handicap�e.
- Je n'ai vu que les Allemands br�ler notre village.
Restez pas l� ! Partez ! Fuyez !
Je l'ai pas vue, votre gamine !
- Je vais voir du c�t� du village.
Aboiements
...
...
- Tu m'as fait une de ces peurs, Anne !
Ma ch�rie. J'ai eu tr�s peur, mon tout-petit.
Je sais que tu veux pas partir, mais c'est dangereux ici.
Il faut partir !
- Je dis non !
- Je rigole pas ! Il faut partir !
- Non et non ! - C'est pas toi qui d�cides.
Tu vas retrouver tante Suzanne, hein ?
Et le poney,
Cendre.
Tu l'aimes bien, Cendre ? - Oui.
- Tu vas jouer avec Cendre, d'accord ?
Elle geint.
Musique dramatique
...
- Winston Churchill vous recevra d�s 9 h.
- Il faudra se montrer convaincant. Courcel, vous ma�trisez l'anglais ?
- C'est la langue des diplomates. - Ils ne servent que par beau temps.
D�s qu'il pleut, ils se noient.
- J'esp�re vous prouver l'inverse.
Musique dramatique
...
(Avec l'accent anglais) - Comment va notre fid�le alli� ?
- La terre de France.
Un m�lange de cendres
et de sang.
Mais notre gouvernement
est d�cid� � poursuivre la lutte, M. le Premier ministre.
� partir de notre empire, s'il le faut.
- Mais comment allez-vous vous y prendre
et avec quels moyens ?
- Avec votre aide.
Nous requ�rons vos forces a�riennes et navales
pour contenir leur perc�e.
- Pas question ! J'ai besoin de la Royal Air Force.
Nous craignons un raid a�rien � tout moment.
Apr�s la d�b�cle � Dunkerque,
nous devons renforcer notre propre arm�e.
On a perdu presque 20 000 hommes, sans parler des prisonniers.
- M. Churchill consid�re...
- Anglais
et Fran�ais sont ind�fectiblement unis
dans les drames comme les victoires.
- Nous ne pouvons pas mettre en p�ril le Royaume.
Que pr�pare Hitler selon vous ?
- Je comprends bien, mais peut-�tre pourriez-vous baser
une partie de vos avions au sud de la Loire,
le front ira immanquablement dans ce sens.
- Je laisse le ministre de la guerre vous r�pondre.
- Je crains que ce soit impossible.
Nous ne pouvons vous garantir
que le maintien de la 51e division �cossaise.
Et d'ici peu de temps, une division canadienne.
- M. Eden propose...
- Mais la division �cossaise n'est plus qu'un fant�me.
Quant aux Canadiens, qui peut dire quand ils arriveront ?
Monsieur le Premier ministre, c'est une urgence.
Chaque minute
pass�e l� voit l'Allemagne engloutir la France.
C'est maintenant qu'il faut nous aider.
- Je comprends votre d�sarroi.
Ne doutez ni de mon soutien, ni de mon affection pour votre pays.
Mais pour l'instant, je suis aussi le leader
d'une nation plut�t isol�e
et en passe de subir un terrible choc.
- Il aura suffi
d'un seul revers sur le continent
pour que l'Angleterre nous tourne le dos ?
- Les sangs anglais et fran�ais
se sont m�l�s � Dunkerque !
Et je ne puis supporter, M. de Gaulle,
une mise en doute de notre loyaut�.
- Si vous ne nous soutenez pas,
il y a en France des d�faitistes tr�s actifs
qui n'h�siteront pas � s'emparer du pouvoir.
Ils s'arrangeront avec Hitler.
Et � partir de ce moment-l�, effectivement,
vous serez seul face au Reich.
- M. le Secr�taire d'�tat, pourriez-vous
nous donner des garanties sur l'avenir de la flotte fran�aise.
- Le sort de la flotte est li� � celui de la France.
- On ne peut pas laisser l'ennemi s'emparer de votre flotte
et l'utiliser contre nous.
Ce serait un d�sastre
que nous ne laisserons pas se produire.
- Alors agissez, M. le Premier ministre.
Agissez !
- Allez !
- Oui, ces dossiers aussi !
- D�p�chez-vous !
- Allez-y, br�lez tout, br�lez tout. - Tr�s bien.
- Allez-y, br�lez tout, br�lez tout !
Le t�l�phone sonne.
- D�p�chez-vous !
...
...
...
- Vous ne pouvez pas laisser
l'ennemi envahir Paris sans opposition.
- Mon premier devoir
est de pr�server les Fran�ais.
Nous partons pour Bordeaux. - Comme �a, sans r�sister ?
- Nous luttons, vous le savez !
Et nous perdons. Les verrous sautent tous.
Tout s'effondre, de Gaulle !
Tout s'effondre.
Paris sera d�clar�e ville ouverte, afin d'�viter un massacre.
- Weygand et P�tain vous ont convaincu ?
- Je ne suis sous l'influence de personne.
- Paul ?
Ah...
De Gaulle.
Paul, allons-y, le chauffeur nous attend.
D�p�chons-nous. - Je sais, H�l�ne.
- M. le pr�sident,
plus t�t, vous cherchiez l'aide des Anglais
et j'ai engag� la parole de l'�tat.
Et maintenant vous fuyez ?
- L'ennemi a franchi la Seine. Les canons sont point�s sur Paris.
- Mais que voulez-vous, de Gaulle ? Que la ville soit ras�e
comme Rotterdam et Varsovie ?
Que Paul en porte la responsabilit� ?
- Il faut sauver ce qui peut encore l'�tre.
Il ne s'agit pas d'une fuite, mais d'un d�part.
- En langage militaire, c'est une d�sertion.
- Je ne vous permets pas !
Notre objectif est commun, continuer la guerre.
- Vous me disiez l'inverse hier soir.
- Je sais, H�l�ne.
- Le mar�chal P�tain, lui, a tout compris.
Il faut l'�couter !
Il faut que tout cela cesse.
Parler avec l'ennemi, �a s'appelle la diplomatie.
�a permet d'avoir un avenir.
- Vous partez avec nous, de Gaulle.
Nous profiterons du voyage
pour envisager la suite.
- Charles, mon grand amour.
Nous sommes bien arriv�es dans le Loiret.
Ici, la guerre para�t loin.
Je suis fi�re de toi, ch�rie.
Comme �trang�re.
J'ignore combien de temps cela durera
et j'ignore si �lisabeth et Philippe nous rejoindront.
Anne profite bien de ce moment de calme.
Le voyage a �t� une �preuve terrible,
mais elle a �t� courageuse.
Notre toute-petite est si forte
et si fragile � la fois.
- Anne ?
- Essaie de te lever. L�ve-toi.
- Allez, Anne. C'est quoi, �a ?
- Regarde.
Regarde.
Prends.
- Allez, fais un effort. Oui.
Tintements
... Anne ? Anne ?
- Anne ? �coute. �coute, Anne.
Anne ? Babillages
Allez, Anne.
Je te donne toute ma force, toute ma vie.
Anne pleure.
Allez ! Allez, Anne.
Seigneur, dites-moi que tout va bien, je Vous en supplie.
Mon b�b�. Oh, mon petit b�b�.
Oh, mon b�b�.
- Votre enfant pr�sente les sympt�mes d'un handicap
nomm� "mongolisme",
dont nous connaissons mal l'origine.
Anne pr�sentera...
- Mais elle va vivre ?
- Oui, beaucoup d'enfants atteignent l'�ge adulte.
- Elle ne va pas mourir ?
- Non.
Mais elle aura des difficult�s pour se d�placer,
pour parler...
- Elle va souffrir ?
- Elle pourrait pr�senter
des d�ficiences cardiaques ou respiratoires.
Les capacit�s d'apprentissage sont possibles,
mais il est probable qu'elle ne soit jamais autonome.
- Pourquoi ?
- Les raisons de cette infirmit� sont encore tr�s mal identifi�es.
- Il y a une explication.
- Absolument, c'est �a que je cherche avec mon �quipe.
Anne g�mit.
Il faut r�fl�chir � la suite. Anne restera vuln�rable
et inadapt�e � notre monde.
Des institutions existent, comme ici.
Nous visons � offrir aux enfants handicap�s
un cadre m�dical
rassurant,
de pouvoir les observer, avoir un suivi de leur pathologie.
Et puis...
�a soulage les parents.
Je vous laisse r�fl�chir, mais ne tardez pas � vous d�cider.
- Merci, docteur.
- J'�tais fatigu�e les 9 mois, elle a d� le sentir.
- Tu aurais d� te reposer. - Me reposer ?
Avec deux enfants et ta mutation en Allemagne ?
- Rien ne t'oblige � en faire autant.
Tu veux toujours tout assumer. On aurait pu engager quelqu'un.
- Je prie qu'elle gu�risse.
- Mais tu n'as pas compris, elle ne gu�rira pas ! Jamais !
...
- Quelle panique, les trains �taient pris d'assaut.
Les gens �cras�s dans des wagons � bestiaux.
C'�tait chacun pour soi.
- Des femmes s'insultaient pour une place.
- Dieu merci, vous allez bien. - P�re m'a donn� �a pour vous.
- Merci.
- On a mis 15 heures pour vous retrouver.
- Faut voir �a,
les routes sont bloqu�es par les gens.
- Mais o� vont-ils ? - Ils fuient, tante Suzanne.
- Paris a �t� bombard�.
Des centaines de morts.
Tout le monde a eu peur.
- Vous savez o� exactement ?
- Je crois que c'est l'ouest, vers le quai de Javel.
- Ils visaient s�rement les usines Citro�n.
- Vous y avez de la famille ?
- Oui, une s�ur a�n�e.
- Il faut vite partir.
- Pourquoi ne pas rester ici ? Nous avons tout dans le jardin.
- Mais les Allemands sont � moins de 200 km.
- Se ruer sur les routes n'est pas plus s�r.
Les enfants sont trop petits pour partir. Et avec Anne...
- Oui, Anne a besoin de repos
et de retrouver ses habitudes. - Tante Richard est en Bretagne,
comme chaque �t�. Elle nous accueillera.
- Il faudra vous serrer,
alors qu'ici...
Vous en prendrez.
Il y a des prunes aussi. Elles sont pr�coces cette ann�e.
- Tu as toujours eu la main verte. Tes pommiers sont magnifiques.
- Je n'imagine pas tout abandonner.
Tu comprends ? - Tu nous rejoindras, petite s�ur.
Elle rit.
- Difficile sans permis de conduire.
...
- Fais attention.
...
...
Oscillations du projecteur
...
- Nos arm�es n'ont pas d�m�rit�.
Elles ont �t� vaillantes,
mais il est l'heure,
sans honte et sans d�shonneur,
de reconna�tre notre d�faite.
- Et que proposez-vous ? Un cessez-le-feu ?
- Un cessez-le-feu ne serait qu'une pause dans les combats.
- Alors la capitulation ? - Hors de question.
Cela attribuerait la d�faite aux militaires.
- Votre �tat-major m�ne la guerre.
- La d�faite est avant tout politique.
Caus�e par une s�rie d'erreurs des gouvernements
qui ont pr�c�d�, et vous en �tiez, Mandel !
- Vous exag�rez.
- Qui a r�duit le budget
des arm�es ? Qui a diminu� les commandes
d'armement ? Qui a c�d� devant le F�hrer, � Munich ?
Vous, les politiciens !
- C'est faux, vous le savez.
- Ils ont soutenu votre strat�gie.
Construire un mur.
R�sultat, les nazis d�filent � Paris.
- C'est vous qui avez sous-�valu� les risques
et vous �tes berc�s d'illusions.
Aujourd'hui, des innocents en payent les cons�quences.
- Je vous rappelle
qu'une capitulation entra�nerait la saisie
de nos armes et de notre marine,
ce qui aurait pour cons�quence de donner aux Allemands
la supr�matie absolue sur les mers.
La seule voie possible est de demander l'armistice.
- G�n�ral Weygand, o� en est notre arm�e ?
- Toutes les unit�s sont en 1re ligne.
Sans r�pit, sans sommeil. La pouss�e ennemie est inou�e.
Les Allemands rel�vent leurs troupes tous les 2 jours,
ce qui n'est pas notre cas.
- Pourquoi ?
- Des probl�mes de transports.
Nous manquons de mat�riel.
Il nous faudrait plus de camions, de chars, d'avions...
- Mais o� sont-ils, ces chars et ces avions ?
- Sur les cha�nes d'usines.
- Messieurs,
le vieux monde s'�croule
sous nos yeux. Que propose le chancelier Hitler ?
Une Europe nouvelle group�e autour de l'Allemagne.
Nous pourrions en �tre !
Et de vaincus, nous deviendrions partenaires.
- Je vous rappelle que nous ne pouvons rien signer
sans les Anglais, ce sont nos accords.
- D�faisons-nous de cela.
M. Churchill ne nous aide en rien.
Il souhaite utiliser la France pour contenir l'ennemi.
Il veut la guerre jusqu'au dernier soldat,
mais le dernier soldat fran�ais.
- All�, tante Richard ? Yvonne est-elle bien arriv�e ?
*-Non, personne n'est encore l�. Je suis inqui�te.
�a fait trois jours que je l'attends.
Vous m'entendez, Charles ? - Oui, je vous entends.
C'est compliqu�, en ce moment. Elle va sans doute arriver.
*-Je l'esp�re.
On frappe. - Entrez !
*-O� �tes-vous ? - Je vais bient�t quitter Bordeaux.
Je vous rappelle au plus vite. Je vous embrasse, au revoir.
- Le bruit court que vous d�missionnez ?
- Ce n'est pas un bruit.
Ma pr�sence au gouvernement n'a aucun sens.
C'est un �chec.
Je dois retrouver ma famille. - Vous savez o� ils sont ?
- Sur les routes, � la merci des bombes allemandes.
- �coutez-moi, de Gaulle.
Je crois comme vous qu'il faut continuer la guerre.
Il y va de notre survie.
- Les d�faitistes ont gagn�. Reynaud est avec eux.
- Sauf si un homme comme vous demeure en place.
Il soupire.
Reynaud est comme une girouette
et si vous partez, il n'y aura plus de r�sistance.
Restez ! C'est de l'int�rieur que l'on peut agir.
Nos alli�s doivent savoir que nous ne renon�ons pas tous.
- Et vous, Mandel ? Vous pourriez �tre cet homme-l�.
Vous avez les qualit�s
et la l�gitimit�.
Les Anglais vous connaissent bien et d'ailleurs, ils misent sur vous.
- Je le sais,
mais je fais de la politique depuis longtemps.
J'appartiens � ce monde qui porte sa part de responsabilit�.
Et puis vous le savez...
je suis juif. Cela compliquera tout.
C'est vous qui avez l'avantage d'�tre au milieu de nous tous.
Un homme intact et neuf.
Ne d�missionnez pas.
- M. le ministre, le pr�sident a encore chang� d'avis.
Vous repartez pour Londres. Vous avez rendez-vous
avec Churchill.
- Vous voyez, de Gaulle,
rien n'est perdu.
C'est notre derni�re chance.
- Avant Brest, vous prendrez la direction de Carantec,
en suivant la D73.
- Le contre-torpilleur Milan quittera Brest en milieu de journ�e.
- Je sais, inutile de me le rappeler.
J'esp�re y retrouver
ma femme et mes enfants.
Et vous ?
Des nouvelles de votre famille ?
- Mon jeune fr�re est � l'h�pital de Lille.
- Vous irez le voir � votre retour. - J'essaierai.
...
- Il y a quelqu'un ?
Tante Richard ?
...
Aboiements
...
- Papa !
Charles baragouine.
Anne crie de joie. - Ma ch�rie !
- �a va, toi ?
... - Ma ch�rie !
- J'avais besoin de te voir.
M�me un bref instant.
- C'est derniers jours ont �t� tr�s durs.
J'imaginais pas que le pays en soit arriv� l�.
- J'aimerais vous prot�ger,
ne pas vous savoir livr�s � vous-m�mes.
Je ressens l'impuissance partout.
�a m'est insupportable.
- Tu as fait ce que tu as pu.
Tu n'es pas responsable des d�cisions.
- Je n'ai pas r�ussi � convaincre.
La r�alit�, c'est qu'aujourd'hui,
personne ne veut r�sister � la disparition de la France.
- Si ce que tu dis est juste, on ne doit pas s'y r�soudre.
- Mais je ne m'y r�sous pas.
Je retourne � Londres pour arracher le soutien de Churchill.
M�me si c'est une cause perdue.
- La volont� est la 1re des armes.
- Mais les r�alit�s nous dominent.
- Seulement si nous nous laissons dominer.
Rappelle-toi Le Fil de l'�p�e.
Tu parlais d'Alexandre, de C�sar,
de Napol�on.
Ils ont �t� mis face aux �v�nements, pour les dominer.
Et changer le cours des choses.
- Tu connais mes �crits par c�ur.
- C'est toi que je connais par c�ur.
- Ces hommes �taient exceptionnels.
Ils ont fait l'Histoire et non l'inverse.
- Eh bien peut-�tre, je dis bien peut-�tre,
que toi aussi, tu peux agir sur les �v�nements.
Tu n'as pas le choix, tu dois continuer.
Musique douce
...
Anne a fait �a pour toi.
Soupir attendri
- Tu embrasseras tr�s fort pour moi notre toute-petite.
Elle me donne beaucoup de force. - Oui, je sais.
- Je ne veux pas te quitter.
- Je te rejoins � Bordeaux. - Non !
Je pr�f�re ne pas vous savoir sur les routes.
Je risque de partir pour Alger.
Le gouvernement peut s'y installer. Rien n'est encore d�cid�.
J'essaierai de t'appeler d�s mon retour d'Angleterre.
- Fais bien attention � toi.
...
- Puisque vous refusez d'aider la r�organisation de notre arm�e
depuis l'Afrique du Nord, l'ambassadeur va vous exposer
une ultime proposition n�e du cerveau de nos diplomates.
- Monsieur le Premier ministre.
Aux Affaires �trang�res, nous travaillons
sur un plan sans pr�c�dent afin de fusionner nos deux nations.
Plus de fronti�res,
une arm�e unique
et une destin�e commune.
- Nos deux nations r�unies en une seule.
Bien triste perspective
pour notre Royaume, Monsieur l'Ambassadeur.
- La France dissoute dans l'Angleterre.
Apr�s le d�sespoir, l'humiliation !
- Cette fusion ne durerait que jusqu'� la victoire.
- J'ai bien du mal � croire � une id�e aussi farfelue.
Mais j'y vois un avantage :
donner au pr�sident Reynaud
un peu d'espoir et de temps.
- Monsieur,
souhaitez-vous vraiment lier notre vieux Royaume,
dont les forces et territoires sont intacts,
� une nation � genoux ?
- Ce projet permettrait de poursuivre la guerre.
- Ne serait-il pas opportun
de traiter avec Hitler et de mettre fin au conflit ?
Nourrir le crocodile en esp�rant qu'on sera le dernier � �tre mang�,
ce n'est pas ce que j'appelle
une politique �trang�re, Lord Halifax !
Et vous, Amiral ?
Seriez-vous pr�t � fusionner
avec ce qu'il reste de l'arm�e fran�aise ?
Ce qui nous pr�occupe,
C'est la flotte fran�aise. - Pour l'instant, elle est intacte.
- Entre nous,
j'ai bien du mal � imaginer les amiraux fran�ais
mettre de c�t� leur aversion naturelle pour nous,
et ob�ir aux ordres de la Royal Navy.
- La Marine fran�aise ob�ira aux ordres.
J'ai exig� ce matin m�me
que le Pasteur, un de nos navires charg� de canons
soit d�rout� vers l'Angleterre, afin de ne pas tomber
aux mains des nazis.
- J'ai personnellement la certitude
que la France va nous entra�ner dans sa chute.
Elle doit affronter son destin. Et nous le n�tre.
- Mais la France n'est pas qu'un alli�
de papier ou de trait�.
Elle est comme notre s�ur.
Elle est une partie de nous
et nous, une partie d'elle.
La France et l'Angleterre sont les seuls pays
� ne pas avoir succomb� � la dictature.
L'Italie ? Dictature.
L'Espagne ? Dictature.
L'Allemagne ? Dictature.
Nous sommes les derniers pays
� penser que la d�mocratie et la libert�
sont les pierres angulaires de tout progr�s humain
dans une soci�t� moderne.
Nous sommes les derniers � pouvoir r�sister
face � la haine
et � la barbarie.
Alors,
qu'attendons-nous ?
Serrons-nous les coudes
et joignons nos forces !
Cliquetis
...
- M. le pr�sident.
Rendons gr�ce � M. Churchill,
le projet de fusion de nos pays a �t� approuv�.
*-Quel coup de th��tre. Bravo, de Gaulle !
- Vous pouvez le faire valider. La guerre peut se poursuivre.
*-Comment cela va-t-il s'organiser ?
- Vous avez rendez-vous demain avec M. Churchill
pour signer cette union historique.
*-Demain ? - Oui, il faut agir vite.
� partir de l�,
*nos arm�es fusionneront et nos forces seront d�cupl�es.
- Vous avez raison,
je file l'imposer au Conseil. On m'attend.
*� ce soir, de Gaulle.
- C'est une catastrophe, Paul Reynaud a d�missionn� !
- Quoi ? - Il a �t� mis en minorit�.
- Un coup de P�tain ?
- Pas seul, mais il s'est pr�sent� comme successeur.
- P�tain est nomm� chef du gouvernement.
- Baudoin aux affaires �trang�res, Weygand � la D�fense.
Vous �tes renvoy�. - Les d�faitistes ont le pouvoir.
- Vous risquez d'�tre inqui�t�. - Pour avoir voulu sauver le pays ?
- Votre d�tournement du contre-torpilleur Pasteur
est consid�r� comme une faute grave.
Weygand a �t� tr�s virulent � votre �gard.
On parle de condamnation.
Que voulez-vous faire, mon g�n�ral ?
- Je ne veux plus jamais voir ces politiciens.
Je pensais vraiment
qu'en ralliant les pacifistes, Paul aurait sa place.
Mais ils l'ont trahi et Paul n'est plus rien.
Plus rien ! Je ne veux plus jamais les voir.
- Nous comprenons votre d�sarroi.
- Ils ont man�uvr� en coulisses.
- Et nos accords ?
Et la venue de Churchill ?
- P�tain a parl� d'un mariage avec un cadavre,
car il est persuad� de la victoire totale d'Hitler.
La paix, ils n'ont que ce mot � la bouche.
- Nous avons tout perdu !
Et surtout, notre parole
face � Churchill.
- Comment avez-vous pu nous imaginer devenir
un dominion britannique ! Vous connaissez mal les Fran�ais.
- Je n'ai pas dit mon dernier mot.
- Non, Paul, �a suffit.
Partons loin.
Ils ne vous m�ritent pas. - Bien s�r, H�l�ne.
Les conditions de l'armistice seront si lourdes qu'il sera rejet�.
Et de nouveau, ils feront appel � moi.
Et nous pourrons imposer nos vues.
- Demain, nous serons sur la C�te d'Azur.
- Je connais l'app�tit de pouvoir insatiable du mar�chal P�tain.
Une fois entr� dans la place, il ne la c�dera jamais !
- �a ne sera plus notre probl�me.
Jeune homme, vous voulez bien m'aider ?
- Et bien,
la situation est limpide, l'armistice sera sign�
et c'en est fini de notre pays.
- C'est une catastrophe.
J'aurai tout essay�.
Que comptez-vous faire ?
- Mais surtout vous,
que comptez-vous faire ?
Depuis Londres, vous pourriez diriger un gouvernement en exil.
Jean,
faites croire que j'accepte et que je demeure � Bordeaux.
Organisez-moi un rendez-vous par heure.
Fixez-moi un d�jeuner, un d�ner demain soir...
Je repars pour Londres.
- J'ai un pied-�-terre � Londres.
Voici l'adresse. On ne sait jamais.
- Merci.
- Je vous en prie.
- Voici 100 000 francs.
Une partie de nos fonds secrets. Ils pourront vous �tre utiles.
Vous avez bien conscience des risques que vous prenez ?
Musique dramatique
...
- Adieu, Courcel.
Personne ne sait ce que sera demain. Bonne route.
- Je pars avec vous, mon g�n�ral !
...
Vrombissement de moteur
...
Propos en allemand
...
- Charles ch�ri, mon grand amour.
Je ne sais pas o� tu es et je ne sais pas o� je vais.
J'ai pourtant tellement besoin de te parler
et j'esp�re que ces mots te trouveront.
- Et voil�.
- Voil�.
Pour la premi�re fois depuis 20 ans,
nous nous trouvons perdus,
dans l'incertitude absolue de nous revoir un jour.
Charles, o� es-tu ?
Quand nous sommes ensemble, je me sens si forte,
si s�re, certaine du chemin � suivre.
Qui pouvait imaginer cette situation ?
Me voici seule, sans rien,
� la t�te de cette pauvre cohorte qui ne peut rien faire
face � l'embrasement qui nous encercle.
Propos en allemand Rires
...
J'ai toujours su trouver
des forces et de la joie dans les �preuves
qu'il nous �tait tenu d'affronter.
Et je ne parle pas seulement de la guerre
et de la peur obs�dante, permanente, de te perdre,
je parle aussi de notre petite Anne,
tant aim�e.
Allez, Anne, viens.
Aujourd'hui,
face � un pays qui semble dispara�tre,
sans toi � mes c�t�s,
je suis d�sempar�e.
Je suis dans la situation
d'une m�re qui doit prot�ger ses enfants
et qui va pourtant prendre le risque de les entra�ner vers la mort.
Propos en allemand
...
Air de piano Propos en allemand
... ...
- Yvonne.
Rires Propos en allemand
...
- Vous avez une tr�s belle demeure, Madame.
Rires lointains
...
...
- Tu veux aller � Brest ?
C'est dangereux, le port a �t� bombard�.
Je suis m�me pas s�re que tu trouves de bateau.
Et pour aller o� ? - En Alg�rie ou en Angleterre.
- Les routes sont impraticables, il y a des soldats partout.
- J'ai besoin que tu viennes.
- N'y compte pas. Je ne veux pas laisser 2 orphelins.
Le mieux, c'est d'attendre.
- Si vous me permettez, madame,
je souhaite �tre des v�tres.
Dix ans que je suis � vos c�t�s. Je ne compte pas vous quitter.
- Une impr�visible doubl�e d'une t�te de mule,
voil� ce que tu as toujours �t�.
Tiens, prends �a, tu en auras besoin.
Prends soin de toi et des enfants.
- Merci.
...
- Les Fran�ais vivant � Londres et pouvant servir de relais.
- Et leurs intentions ?
- Elles convergent avec leurs int�r�ts.
- Je vois, ils vont s'aligner avec le nouveau pouvoir.
- Certains d�testent l'id�e de la d�faite.
Vous pourrez les rencontrer, voir s'ils peuvent aider.
- Il va nous falloir des engagements
et des moyens surtout.
- Avez-vous pu parler � votre �pouse ?
- Non, elle ignore que je suis � Londres.
- Voici une amie d'enfance, �lisabeth de Miribel.
- Bonjour. - Enchant�.
- Elle nous a obtenu ces listes.
- Que savez-vous sur ces gens ? Que font-ils � Londres ?
- Il y a des hommes d'affaires,
des artistes... 3 000 Fran�ais vivent � Londres.
- Et vous ? - Je travaille
� la mission �conomique. Ainsi, j'ai pu r�diger ces listes.
- Il faudra les contacter
pour sonder leur �tat d'esprit.
- Bien, g�n�ral.
- Si je peux vous aider...
- Vous tapez � la machine ?
- Je peux essayer. - Alors vous �tes la bienvenue.
- Le mar�chal va parler � la radio.
- Il n'aura pas perdu de temps.
*-Radio diffusion nationale de l'�tat fran�ais.
M. le mar�chal P�tain,
pr�sident du Conseil des ministres, vous parle.
*-Fran�ais !
� l'appel de M. le pr�sident de la R�publique,
j'assume � partir d'aujourd'hui
la direction du gouvernement de la France.
S�r de l'affection de notre admirable arm�e,
qui lutte avec un h�ro�sme
digne de ses longues traditions militaires
contre un ennemi sup�rieur en nombre et en armes ;
s�r de la confiance du peuple tout entier,
je fais � la France
le don de ma personne
pour att�nuer son malheur.
En ces heures douloureuses,
je pense aux malheureux r�fugi�s,
qui, dans un d�nuement extr�me,
sillonnent nos routes.
Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude.
C'est le c�ur serr�
que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat.
Clameurs choqu�es
Je me suis adress� cette nuit
� l'adversaire
pour lui demander s'il est pr�t
� rechercher avec moi, entre soldats,
apr�s la lutte et dans l'honneur,
les moyens de mettre un terme
aux hostilit�s.
Que tous les Fran�ais
se groupent autour du gouvernement que je pr�side...
- Attendons.
Le vainqueur de Verdun peut-il se tromper � ce point ?
*-... pour n'�couter que leur foi dans le destin de la patrie.
- Tu parles ! Quelle humiliation !
- Une fois encore, nous ne pouvons compter que sur nous-m�mes.
- C'est � cause d'officiers de salon comme vous
qu'on a perdu. - Tous des planqu�s !
Vous devriez vous battre !
- Se battre ? Mais la guerre, nous n'en voulons plus.
J'ai quitt� Arras il y a 2 semaines. J'ai tout perdu !
Ma maison a �t� bombard�e, mon mari est prisonnier.
Et sur les routes, des cadavres.
Personne ne nous a prot�g�s.
Personne !
Ni les soldats ni les politiciens !
Je n'en veux plus de cette guerre,
je n'en peux plus ! Je voudrais pouvoir rentrer
et que le sang arr�te de couler.
Sanglots
- Il fut un grand chef militaire.
� l'�poque, il n'aurait pas rendu les armes.
Pourquoi renonce-t-il si vite ?
- Le mar�chal P�tain a toujours r�v� d'abattre la R�publique.
Alors aujourd'hui, aur�ol� de son pass�,
il se pose l�, en sauveur.
- Vous le connaissez bien.
Vous avez servi sous ses ordres.
- J'ai v�cu en caserne avec lui.
J'ai m�me �crit des th�ories militaires qu'il signait.
- Votre essai, Le Fil de l'�p�e,
lui �tait d�di�, n'est-ce pas ?
- J'admirais l'homme d'action.
Dans ma d�dicace, j'y louais sa gloire.
- Mais aujourd'hui, il trahit nos accords.
- Il trahit la France !
C'est pourquoi il faut une autre voix.
- Et bien s�r, cette voix,
c'est vous ?
- Oui. Mon message de r�sistance doit �tre relay� et r�p�t�.
C'est le seul moyen de sauver la France
et de s'opposer aux nazis.
- Ce que j'aime bien chez vous,
c'est que vous voyez les choses en grand.
Mais je m'interroge toujours � votre sujet.
�tes-vous un fou
ou un g�nie ?
- Je suis un petit g�n�ral de brigade
sans troupe, sans aucune l�gitimit�
et surtout sans aucun moyen.
- Pourquoi devrais-je vous faire confiance ?
- Parce que je ne plierai pas devant Hitler.
Parce que je suis l�.
Parce que je suis le seul.
- Je vous le confirme.
Je ne vois personne derri�re vous.
Pas un soldat,
pas un fusil, pas un bateau.
- Monsieur Churchill,
vous connaissez la puissance des mots,
la force du verbe.
Les mots, ce sont les seules armes qu'il me reste.
- Mais votre prise de parole,
politiquement, serait une bombe !
�a pourrait �tre une mort diplomatique.
La France est notre alli� !
Et je dois maintenir le dialogue tant que possible.
- Dialoguez avec le vaincu si c'est votre int�r�t imm�diat.
Mais ne tournez pas le dos � celui qui refuse la d�faite.
- En fait, vous n'�tes ni un fou ni un g�nie,
vous �tes un orgueilleux.
- Je suis surtout un homme qui a tout quitt� :
son pays, ses fonctions,
sa carri�re. Et qui a laiss� sa famille
dans un pays � feu et � sang.
- Vous �tes seul.
Et je vous reconnais, m�me seul.
Je vais me battre pour votre prise de parole.
Sans garantie.
Mes ministres sont plut�t frileux.
Vous savez ce qui d�coulera de ce discours ?
Une solitude absolue.
Celle o� votre pass� ne compte pour rien
et o� votre avenir ne sera que n�ant.
Les...
Les repr�sailles seront imm�diates sur votre famille.
Ils sont en Bretagne, m'a-t-on dit ?
- A priori oui, mais...
je n'ai aucune nouvelle.
- Je vais envoyer un avion
pour les ramener aupr�s de vous.
- Ce serait un soulagement immense. Oui.
Brouhaha - Philippe, tu viens ! Philippe !
Alarme Propos en anglais
... ...
Philippe !
... ...
- Allez, les gars ! Plus vite !
Ne laissez rien en �tat de marche !
- Allons voir par l�. Philippe, viens !
- Br�lez tout !
On n'est pas l� pour boire le th� ! Allez les gars ! Allez !
Ne laissez rien aux Allemands !
- Je vais vous r�pondre.
- Suivez bien ! Philippe !
Suis bien, Philippe !
- Rentrez chez vous !
Rentrez, ne restez pas l� ! Il n'y a plus de place !
Il ne faut pas rester l�. C'est dangereux.
Il ne faut pas rester l�,
c'est dangereux !
Il y a plus de place sur aucun bateau.
Je peux rien faire pour vous.
Il y a plus de place sur aucun bateau.
Il faut rentrer chez vous, c'est trop dangereux.
Explosion Hurlements
Rentrez chez vous ! - Elle est o� ? Anne !
Anne ? Anne ?
Anne !
Anne !
Anne rit.
- Anne ?
Anne chantonne.
Oh, ma ch�rie.
- Maman !
Cliquetis de bouteille
Monsieur,
vous savez s'il y a encore un bateau qui part ?
- Au bout du quai sud. Un bateau n�erlandais. Le dernier.
- Merci. - C'est � vos risques et p�rils.
Celui d'avant a coul� tout net,
torpill� par les Schleus.
...
- Vite !
Propos en n�erlandais
...
- O� va ce bateau ? O� ? La destination ?
O� allons-nous ?
- L� o� Dieu voudra bien nous mener.
...
- �a va, ma puce ?
- Je sais qu'il ne faut pas se plaindre,
mais que c'est dur...
Nous ne savons m�me pas o� nous allons.
- T'inqui�te pas, on a la chance
d'�tre ensemble et vivants. C'est tout ce qui compte.
Yvonne murmure une pri�re.
...
...
Klaxon
...
- All�, Mademoiselle ? Je voudrais un num�ro en France.
C'est en Bretagne. Carantec, 6-1-4-6, s'il vous pla�t.
*-Les lignes sont coup�es en France.
- Comment ?
*-Les lignes sont coup�es en France.
Musique intrigante
...
- Ce sont les chars, les avions,
la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs.
Moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis...
Et vous dis que rien n'est perdu pour la France...
Rien n'est perdu pour la France,
mais le dernier mot est-il dit ?
La d�faite
est-elle d�finitive ?
La guerre n'est pas tranch�e par la bataille de France,
cette guerre...
est une guerre mondiale.
...
On frappe.
C'est ouvert !
- Bonjour, mon g�n�ral.
Nous avons de quoi travailler.
- Courcel, tapez-moi �a au plus vite.
- J'arrive, mon g�n�ral.
- J'aimerais le relire rapidement. - Bien s�r.
- Bonjour, mon g�n�ral. - Bonjour.
- �a va ?
- Un peu tendu. Avez-vous pens� � l'encre ?
- C'est illisible.
- "Ce gouvernement, virgule, all�guant la d�faite..."
- Attendez...
- "Ce gouvernement, virgule,
all�guant la d�faite
de nos arm�es,
virgule,
s'est mis en rapport avec les Allemands..."
- Non !
Remplacez "Allemands" par "l'ennemi".
- "... s'est mis en rapport avec l'ennemi...
pour lui demander de cesser le combat
point."
- Le combat.
- Merci.
Le t�l�phone sonne.
- Oui.
Bien s�r.
Je lui transmets de suite. Entendu. Pour ce matin.
� plus tard.
Le cabinet de guerre valide votre demande.
Vous aurez 4 min d'antenne ce soir. - Je n'en ai jamais dout�.
- Ils attendent votre discours dans la matin�e.
- Quoi ? Faire relire ma copie ? Mais ils se prennent pour qui ?
La voix de la France ne d�pend pas
des humeurs de politiciens britanniques.
Vous leur dites que c'est non.
- Nous n'avons pas vraiment la possibilit� d'engager
un rapport de force.
C'est d�j� un miracle, de parler � la BBC.
Qu'avons-nous � craindre et surtout qu'avons-nous � perdre ?
- Bien, vous leur transmettez.
Mais ils ne pourront modifier que les virgules. Et encore...
Il soupire.
All�, Suzanne ?
C'est Charles. Comment allez-vous ?
*-Je suis heureuse de vous entendre. Je vais bien.
- Vous me passez Yvonne ? *-Elle est partie avec les enfants.
Je l'ai accompagn�e jusqu'� Brest.
- Elle est partie ? Elle a pu s'embarquer ? Pour o� ?
*-J'en sais rien. Elle m'a parl� d'Alger, je crois.
- Alger. Elle a pu prendre un bateau ?
*-Je l'ignore, c'�tait l'affolement.
Je n'ai pas pu rester, j'avais laiss� les enfants.
- Faites bien attention � vous. Je vous laisse.
Je vous embrasse. Au revoir.
Renseignez-vous sur l'�tat des rotations
� partir du port de Brest. - Un probl�me ?
- Ma femme et mes enfants ont cherch� � s'embarquer.
- Bien. Je m'en occupe.
- G�n�ral de Gaulle. Je suis attendu.
- Personne ne peut entrer, monsieur.
- Ah, de Gaulle ! Vous �tes l�.
Laissez-les passer. Ils sont avec moi.
Il va falloir patienter. - Patienter ?
Il y a urgence.
- Le cabinet de guerre a fait marche arri�re.
Certains craignent
que le gouvernement fran�ais ne consid�re votre discours
comme une d�claration de guerre.
- C'est le cas !
- Je vous demande un peu de patience.
Churchill est sur le coup.
...
G�n�ral Spears � l'appareil.
...
D�tonation
...
...
- Allez-y doucement ! �a va aller.
Propos en anglais
...
- Il nous faut de l'eau. Maintenant !
*-Mesdames et messieurs,
ici votre capitaine.
Ne bougez pas.
N'allumez aucune lumi�re.
Restez calmes et silencieux.
L'aviation allemande
est encore dans la zone.
- Du calme ! Restez calmes !
- Dieu du ciel.
- Reste calme.
...
*-Pourriez-vous faire un essai de voix ?
- La France...
*-Plus fort.
Il se racle la gorge.
- La France...
*-Merci, c'est parfait.
Bonsoir. Ici Londres,
la BBC parle � la France.
Bienvenue dans "Le quart d'heure fran�ais".
Ce soir, nous aurons le plaisir d'�couter Lucienne Delyle.
Mais pour l'heure,
un g�n�ral fran�ais souhaite vous parler, le g�n�ral...
Charles de Gaulle.
- Les chefs, qui depuis de nombreuses ann�es,
sont � la t�te des arm�es fran�aises,
ont form� un gouvernement.
Ce gouvernement,
*all�guant la d�faite de nos arm�es,
s'est mis en rapport avec l'ennemi
pour cesser le combat.
Certes, nous avons �t�,
nous sommes submerg�s par la force m�canique,
terrestre et a�rienne de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre,
ce sont les chars, les avions,
la tactique des Allemands qui nous font reculer.
Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands
qui ont surpris nos chefs au point de les amener
*l� o� ils en sont aujourd'hui. Mais le dernier mot
est-il dit ?
L'esp�rance doit-elle dispara�tre ?
La d�faite est-elle d�finitive ?
Non !
Croyez-moi !
*Moi, qui vous parle en connaissance de cause
et vous dis que rien n'est perdu pour la France.
Les m�mes moyens qui nous ont vaincus
peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule.
Elle n'est pas seule !
Elle n'est pas seule !
Elle a un vaste empire derri�re elle.
Elle peut faire bloc avec l'empire britannique,
qui tient la mer et continue la lutte.
*Elle peut, comme l'Angleterre,
utiliser sans limites l'immense industrie des �tats-Unis.
Cette guerre n'est pas limit�e
au territoire malheureux de notre pays.
Cette guerre n'est pas tranch�e par la bataille de France.
Cette guerre est une guerre mondiale.
Toutes les fautes,
tous les retards, toutes les souffrances
n'emp�chent pas qu'il y a, dans l'univers,
tous les moyens n�cessaires pour �craser un jour nos ennemis.
Foudroy�s aujourd'hui par la force m�canique,
nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force m�canique sup�rieure.
Le destin du monde est l�.
Moi,
g�n�ral de Gaulle, actuellement � Londres,
j'invite les officiers et les soldats fran�ais
qui se trouvent en territoire britannique
ou qui viendraient � s'y trouver,
avec leurs armes ou sans leurs armes,
j'invite les ing�nieurs
et les ouvriers sp�cialistes des industries d'armement
qui se trouvent en territoire britannique
ou qui viendraient � s'y trouver,
� se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive,
la flamme de la r�sistance fran�aise
ne doit pas s'�teindre et ne s'�teindra pas.
Demain, comme aujourd'hui,
je parlerai � la radio de Londres.
*-Eh bien maintenant, comme pr�vu, �coutons Lucienne Delyle.
- Monsieur.
- Hm ?
- Un t�l�gramme pour vous.
- Merci.
"Le gouvernement fran�ais vous condamne pour trahison,
atteinte � la s�ret� de l'�tat, d�sertion
en temps de guerre. Vous �tes d�grad�
et d�chu de la nationalit� fran�aise.
Tous vos biens sont confisqu�s.
Ordre de vous rendre imm�diatement en France.
Froissement de papier
- Je viens d'avoir Spears.
Les Allemands ont atteint Saint-Nazaire et Brest.
Ils d�truisent tout.
- Des bateaux ont pu partir ? - Sur les trois partis hier,
deux ont �t� coul�s.
Rien ne dit que votre famille �tait � bord.
- Je sais.
...
- �coutez-moi.
Les soldats � droite, les civils
� gauche.
S'il vous pla�t, pas de d�bordement. Respectez la file.
Pr�parez vos papiers ou vos identifiants militaires.
Les soldats � droite, Les civils � gauche.
On va vous servir de la soupe.
Je r�p�te, les soldats � droite...
Allez, d�p�chez-vous !
Plus vite !
Les civils...
- Monsieur. On ne veut pas rester ici.
On veut aller en Afrique du Nord. - Tous les navires restent � quai.
Un seul est pr�vu demain, pour New York.
En attendant, faites la queue.
Les civils sur la droite. On va vous servir de la soupe.
Avancez, s'il vous pla�t.
Pr�parez vos papiers.
Merci.
Messieurs, reculez.
Madame, avancez s'il vous pla�t.
- Je vais voir combien de temps tout �a va durer.
Assieds-toi l� ! Anne !
- Viens, ma grande. - � c�t� de Marguerite.
Retenez-la. - Je l'ai.
- Maman !
- Regarde.
J'ai quelque chose � te montrer.
- Attention please !
- Tu peux le caresser.
Il est gentil.
Il s'appelle Pacha.
Tu peux le caresser si tu veux.
- Je comprends. Merci, Monsieur.
Pardonnez-moi.
D�sol�e.
- �a risque d'�tre long.
- Ils peuvent nous renvoyer ?
- Non, enfin j'esp�re...
Le plus dur sera de se loger. Les h�tels sont complets.
Pour nous, �a ira, mais je m'inqui�te pour Anne.
- Les habitants louent des chambres.
Il y a des annonces dans les pages locales.
- Merci, madame. - De rien.
- Bah, regardez, avec un peu de chance...
Faites attention au prix.
- M�re !
M�re, regardez !
UN G�N�RAL FRAN�AIS D�CLARE : "NOUS FINIRONS PAR GAGNER"
Musique douce
...
Le t�l�phone sonne.
- All� ?
Oui.
...
Soupirs soulag�s
J'ai eu si peur !
Si peur...
...
Cris de joies
...
...
- Mon g�n�ral, madame.
*-L'honneur, le bon sens,
l'int�r�t sup�rieur de la patrie
commandent � tous les Fran�ais libres
de continuer le combat
l� o� ils seront et comme ils pourront.
Moi, g�n�ral de Gaulle,
j'entreprends ici, en Angleterre,
cette t�che nationale.
J'invite les chefs,
les soldats, les marins,
les aviateurs des forces fran�aises
de terre, de mer, de l'air
o� qu'ils se trouvent actuellement
� se mettre en rapport avec moi.
J'invite tous les Fran�ais
qui veulent rester libres
� m'�couter et � me suivre.
Musique douce
...
Sous-titrage : ECLAIR
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