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Los Angeles... La grande cité des rêves, poupée.
Il y a Hollywood, Bel Air, Silicon Beach et Beverly Hills.
Exact. Quatre des quartiers les plus riches du pays.
Et ensuite...
il y a South Central.
Soyez honnêtes. Quand vous entendez "South Central", vous pensez à quoi ?
Des gangs, de la drogue, des armes.
Alors, que font tous ces Blancs riches ici, bon sang ?
Vous voyez,
à six pâtés de maisons de l'une des facs les plus chères du pays
se trouve l'un des quartiers les plus pauvres du pays.
Et c'est là que votre petit a grandi.
On a une entreprise familiale.
Plutôt familiale qu'entreprise...
parce qu'on est toujours fauchés.
Il y a vingt ans, mon père et mon oncle ont ouvert ce gymnase...
pour éloigner les gosses des gangs et de la rue
et leur donner quelques modèles à suivre.
LE CASSE À UN MILLION DE DOLLARS
Puis, on les a mis en prison pour braquage.
LES PROPRIÉTAIRES DU GYMNASE ARRÊTÉS
C'est ce qu'on appelle l'ironie.
Papa nous a laissés gérer l'affaire, moi et ma mère.
Elle a fait beaucoup de bien pour cette communauté.
PRIX D'AIDE À LA COMMUNAUTÉ
Mais ça, ça ne paye pas les factures.
Et la banque va fermer la boîte.
Au fil des années, on a pu rester ouverts grâce à peu de black.
Et c'est là que mon pote, Juice, fait son entrée.
C'est mon meilleur pote depuis tout petit.
Juice, c'est l'homme qu'il vous faut. Il peut obtenir n'importe quoi.
Mais ne lui demandez pas comment.
Pourquoi tu ris ?
Heureusement,
ma copine, Alicia, a toujours été là pour nous mettre sur le droit chemin.
ALICIA - AU GYMNASE
Enfin, elle ne sait pas encore que c'est ma copine.
Elle craque franchement pour moi. Vraiment, elle craque.
Elle dit qu'elle attend un vrai homme.
Mais si ce n'est pas moi, pourquoi elle me drague autant ?
Regardez-la. Regardez comment elle me regarde. Faites un zoom !
Allez, vous le voyez, non ?
Alors, voilà la vie du quartier.
Enfin, on n'a pas grand-chose, mais si je peux gérer le gymnase,
je peux maintenir ma famille unie.
C'est vraiment tout ce qui compte.
Non ! Je déconne !
Les billets verts, voilà ce qui compte, vous voyez ?
Tu vas prendre une telle raclée
que tu vas pouvoir te faire un anulingus.
Tu veux vraiment mourir comme ça ?
C'est South Central ici. Oui, réfléchis.
Ce n'est pas un jeu. T'es dans la cour des grands.
Allons-y.
J'suis un fou, moi !
Tu vas mourir aujourd'hui !
Excusez mon langage.
Mais c'est le genre de sermon que vous entendrez dans la rue.
Bien sûr, je pourrais vous apprendre à vous battre.
Donner un petit un, deux, trois, quatre.
Qu'est-ce que ça résoudra ?
Je suis uniquement qualifié pour vous apprendre
que parfois, votre meilleure arme, ce sont vos mots.
On va poser ça et exploiter ça.
Des mots ? C'est un cours d'arts martiaux.
Alors arrête de faire ta mauviette et bats-toi.
OK, regardez ce mec.
Ouais, Reggie !
- Baisse d'un ton, tu veux ? - T'as peur de voler ?
C'est génial. Je comprends ce que tu fais.
Rien de ce qu'il dit ne me provoque,
parce que je désamorce la situation...
Je n'aurais jamais cru être si près d'un vagin avant mes dix ans au moins.
C'est quoi, un vagin ?
Écoute, je ne le dirai qu'une seule fois.
Va poser ton petit cul dans ce coin.
Je vais compter jusqu'à trois.
- Un... - Trois.
Tu m'as frappé la bite ! OK, écoute...
Du calme !
Je vous ordonne de vous asseoir.
Asseyez-vous et écoutez-moi. Que dites-vous de mon...
Hé !
C'était un accident. Vous avez vu, pas vrai ?
Toi ! Tu sais faire un massage cardiaque ?
Allez, petite Blanche. Vas-y, fais de la magie. Allez !
- Prends son pouls. - C'est quoi, ce bordel, Del ?
Écoute, ne gâche pas tout. Ne bouge plus.
Salut, Alicia. On conclut notre session sur le désamorçage.
Il s'en remettra. Et voilà comment on évite les bagarres.
Eh bah...
Attention avec le petit aux cheveux frisés. Il est méchant.
Ce n'est pas une blague, Del.
Je t'ai demandé de surveiller ma classe pendant dix minutes.
C'est lui qui a commencé. Hé !
C'est la plus grosse connerie que j'ai entendue de la journée.
Même venant de Juice.
Comme promis, je t'ai acheté une paire de Jordan toutes neuves.
Et selon le fabricant,
il n'y a que deux personnes qui ont porté ces baskets.
Tu as conscience que c'est toi, l'adulte, non ?
Quand est-ce que tu agiras comme tel ?
Del !
Arrête d'essayer d'engrosser mes employés et répare la clim !
Personne n'essaye de l'engrosser, maman.
Occupe-toi de tes oignons.
Ce n'est pas parce que tu échoues que tu n'essayes pas.
Regarde-moi ce truc. Il va tomber et tuer quelqu'un.
Tu allais appeler le réparateur. C'est ta faute.
Tu sais quoi ? J'hallucine.
Je vais piocher là-dedans pour payer cette connerie.
Ne fais pas de doigt à ton fils !
Pourquoi ? J'ai déjà essayé avec les autres.
Un : Del, sors du lit et va en cours avant de te faire recaler.
Deux : je ne le dirai pas deux fois.
Arrête de fumer de l'herbe et de jouer à la console.
Aucun résultat. Alors je vais essayer le trois.
On verra bien ce qui se passe.
Quand ont-ils remis le téléphone ?
IMPAYÉ
Gymnase de Dre, Del à l'appareil.
C'est un appel de la prison Folsom.
Cet appel est minuté et sur écoute.
Del !
- C'est ton père. - Pourquoi tu m'appelles, papa ?
Tu viens de dire : "Gymnase de Dre", non ?
C'est qui, Dre, à ton avis, bordel ?
C'est moi, gros. C'est moi. J'appelle quand ça me chante.
Et écoute, je sais que tu galères et tout ça, mais écoute,
j'ai peut-être trouvé comment t'aider.
On s'en est très sortis sans ton aide, toute notre vie.
- Je sais, fiston. - Vous avez une minute.
Ce putain de robot de prison !
J'ai pas le temps d'être poli.
Je sais que tu es fâché, tout ça, mais écoute,
tu comptes beaucoup pour moi et ta mère aussi.
Si tu veux que la boîte reste ouverte, je te conseille fortement
de ramener ton cul maigrichon ici
et de venir me voir avant qu'il soit trop tard, bordel.
Mon garçon !
Tu es venu voir ton vieux !
Écoute, papa, je suis là pour affaire. Pas la peine de faire semblant.
Tu as dit pouvoir m'aider. Je suis venu voir.
Tu sais quoi ? Tu es malin.
- Tout comme moi. - Je n'ai rien à voir avec toi.
OK, écoute. Je sais que je ne fais pas partie de ta vie,
mais je veux tout arranger, OK ?
Je vais tout arranger.
C'est une très petite boîte pour mon enfance tout entière, papa.
C'est un cadeau qui vient du cœur, bordel.
- C'est quoi, ça ? - Un M. Patate.
- Une quoi ? - Regarde-moi ça !
Je savais que tu adorerais ! Regarde-moi ça !
Il y a ses petits yeux juste là et voilà son petit nez.
Il y a un chewing-gum pour la moustache.
C'est intelligent, cette merde. Tu vas apprendre avec ça.
Et il a aussi ça !
Au cas où je doive allonger quelques enfoirés.
Écoute, je suis adulte maintenant.
Alors tu es trop vieux pour apprendre ?
Alors tu es trop vieux pour apprendre
comment résoudre tes petits problèmes de banque.
OK, écoute, ce que je voulais dire, c'est : "C'est génial. Incroyable."
- C'est vrai. - Je le remets dans sa boîte.
Tu sais quoi ? Approche.
Viens t'asseoir sur les genoux de papa.
- Quoi ? - Sur mes genoux, gros.
Assieds-toi sur mes genoux.
- Sur tes genoux ? - Oui.
Pose ton cul là. Assieds-toi.
Juste là. Assieds-toi là.
Je ne mords pas, petit. Je suis ton papa.
OK.
Mais le monstre des chatouilles, si...
Papa !
Tu t'en souviens ? Je te faisais des chatouilles quand tu étais petit.
Ne fais pas comme si on ne te l'avait jamais fait.
Étant gosse. Je suis adulte maintenant !
Bon, j'ai dépassé les bornes avec les chatouilles.
Mais j'essaye de récupérer 17 ans de ta vie que j'ai perdus.
Bon, écoute. Tu me connais, moi et ton oncle Leon. Allez.
Moi et ton oncle Leon, on est là pour braquage.
OK ?
Ce que tu ignores peut-être,
c'est que la police n'a jamais trouvé l'argent.
J'avais prévu de vous donner l'argent, à toi et ta mère, en sortant.
Mais ce dingue de Leon a fait le con
et il est sorti récemment.
Alors tu dois sortir et récupérer la thune.
Attends... Combien d'argent ?
Niveau 30 sécurisé. Prêt au transport.
Un million de dollars.
Et il est dans cet asile de nuit dans la cave.
L'argent est dans les murs.
Non !
Tu es entré en faisant comme si tu ignorais que j'étais ton père.
Maintenant, tu me fais ton...
C'est du pipeau !
Et toutes ces conneries.
Pardon, je suis désolé.
La seule façon de récupérer cet argent,
c'est de faire ce que je te dis.
- Et tu sais ce que c'est ? - Non, quoi ?
Laisse-moi te lire une histoire du soir.
- Arrête, papa. - Non.
Tu vas fermer ta gueule
et laisser ton père te lire une histoire du soir, gros.
Ce livre s'appelle Le long train rouge.
OK.
"Il y a un nouveau livre de cuisine dans la cantine.
Allez, les petits enfants, les employés et les élèves,
on a un libre de cuisine tout neuf."
- Tu peux lire sans... - Ferme ta gueule.
Je lirai comme je veux. Je suis ton père.
OK.
"J'espère que vous aimerez ce festin gourmet que j'ai préparé."
On arrive à l'asile de nuit, on descend à la cave,
on prend l'argent et c'est dans la poche. Je vous jure !
- On va devenir riches ! - Non, moi, je vais devenir riche.
Vous aurez tous 5 %, selon les efforts que vous faites.
C'est quoi, ce bordel ?
- Il est arrivé quoi à la cité ? - Ils ont un voiturier ?
Allez. C'est la prochaine rue.
- Mais pourquoi ils ont un voiturier ? - Je sais pas.
Un Coffee Bean où ils ont tiré sur Jamay.
Merde ! Ils ont transformé un asile de nuit en une confrérie !
On fait quoi maintenant ?
On trouve une perceuse.
La même que celle qui sert à creuser les tunnels du métro.
On l'apporte directement à la cave. En mode El Chapo.
OK ? Et on récupère le pactole.
C'est l'intrigue d'Ocean's Thirteen, ça.
T'as raison. Laisse tomber. On devrait entrer avec 17 singes.
- Et un cheval. - C'est La Planète des singes, ça.
Alors tu l'as vu.
T'as des soucis. Je m'inquiète pour toi parfois, Juice.
Bon, OK. Va falloir s'y mettre.
On est vendredi.
GYMNASE DE DRE CLUB DE BOXE
Je savais que tu serais là.
Salut.
Tu ne vas pas me frapper quand même ?
Alors, tu fais quoi sur mon lieu de réflexion ?
Je réfléchis.
Tu es venu réfléchir à quoi ?
- Sincèrement ? - Oui.
À ce que je ferais avec l'argent.
Je peux te faire une liste de courses.
Un, des baskets. Deux, de la beuh.
Ça fait deux trucs. C'est tout.
Tu crois vraiment que je ferais ça ?
Donne-moi une bonne raison de ne pas le faire.
OK, écoute. Sincèrement, je ne fais pas ça pour moi.
OK ? Je le fais pour ma mère. Cet endroit, c'est sa vie.
Si je ne fais pas quelque chose, elle le perdra.
Si elle est si importante pour toi,
pourquoi tu ne fais pas les petits trucs qu'elle te demande ?
Les rats, les douches...
Cette clim qu'elle te dit de réparer tous les jours.
Si je trouve cet argent rapidement, rien de tout ça n'aura d'importance.
Je peux rendre cet endroit très spécial.
Et s'il me reste un peu d'argent,
j'investirai dans des baskets et de la beuh.
Tu croyais que j'allais oublier ?
Non.
- OK, bien. - J'attendais.
- J'en ai un peu si tu veux fumer. - C'est quoi, ça ?
C'est de la beuh. Un tout petit peu de beuh.
On la voit à peine, regarde.
C'est quoi, ton problème ?
Je suis vraiment défoncé. Pourquoi tu es venue réfléchir ici ?
J'essaye de voir comment entrer
dans cette foutue confrérie, pour commencer.
Ne t'inquiète pas. J'ai quelques idées.
Oh, non.
PREMIERS SECOURS
Bonjour. Commissaire adjoint des incendies, Frank McCasky.
Vous avez la certification DS367 et le certificat d'inspection ?
Il faut un certificat sur notre certificat ?
Dégagez le passage.
Vous savez à quel point ces choses sont inflammables ?
Je sens de la fumée.
Je vois ce qui se passe. Laissez-moi deviner.
Vous avez enlevé la pile du détecteur de fumée,
laissé brûler pour choper l'argent de l'assurance.
Pas sous ma garde.
Pas sous ma garde !
Vous vous foutez de moi ?
Quelqu'un lit les journaux ici ?
Bien sûr que non.
Étonnant que la batterie de lithium de ce truc n'ait pas encore explosé.
C'est endroit est bien pire que ce que je pensais.
Quelqu'un doit m'emmener tout de suite à la cave.
Qu'est-ce qui se passe ?
Inspection incendie. Emmenez-moi dans la cave sur le champ
pour voir les fondations.
Cette inspection a été faite il y a une semaine, wech.
Alors vous avez de la chance qu'ils n'aient pas fermé la boîte.
Wech.
Si vous êtes commissaire d'incendie,
pourquoi il est écrit "guardia de seguridad" sur votre badge ?
Les coupures budgétaires, enfoiré. Vous savez quoi ?
Je vais dégager d'ici tout de suite.
Je confisque ça.
Vous, les lettres de la confrérie, "KAX",
vous devriez les changer.
On laisse entrer n'importe qui ?
C'est ma faute, oui.
Je crois qu'il a pris ton Hoverboard.
SEMAINE PORTES OUVERTES
Je sais !
On attaque.
Ouais. C'est ce que je veux dire. Vous avez compris.
On y va armés, on se fâche et on attaque cet enfoiré.
Excusez mon ami. Désolé. Il a pris de la drogue.
Non, je veux dire, on prend des infos. C'est la semaine portes ouvertes.
Je vais attaquer en rejoignant la confrérie.
C'est ce que je veux dire. On reste simples.
Tu n'es pas étudiant.
- Juice. - Je m'en charge.
Un de mes gars nous fera une fausse carte d'identité
avec un nom parfait pour coller dans le décor.
Mais tous ces mecs ont déjà vu ton visage.
Tu crois qu'ils ne te reconnaîtront pas ?
Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?
Elle ne le sait pas !
- Quoi ? - Alicia...
Tu en sais si peu sur les Blancs.
Si peu.
Ils ont vraiment peur qu'on les traite de racistes.
Si un Blanc voit un frère qu'il a déjà vu,
il ne dira pas : "Mon Dieu. Antoine, c'est toi ?"
Car il ne veut pas avoir l'air d'un de ces vieux
qui pensent que tous les frères se ressemblent.
Mais comment es-tu si sûr qu'ils t'accepteront, déjà ?
Eh bien, tu vois, de nos jours, il leur faut au moins un exemplaire.
Un seul.
Vous croyez que vous serez la seule minorité à essayer d'entrer ?
Qu'est-ce que vous allez faire pour en sortir vainqueurs ?
Je vais te montrer.
- T'es prêt ? - Prêt.
Vas-y.
- Action ! - Charme.
- Non. - On n'a pas répété ça.
D'accord, dis "action", toi. Je fais autrement.
- Je ne dirai pas "action". - Dis-le. Dis "action".
Salutations, messieurs. Je viens pour les portes ouvertes.
Nom.
Chet Buttersworth ?
Oui, c'est mon nom.
Avance, par là.
Là ?
RÉUNION 19 H
Enchanté. Chet Buttersworth. Écoutez...
Vous ne trouvez pas ça bizarre,
que les Blancs soient là-bas ?
Et que les autres soient là ?
On s'est simplement rassemblés ici par hasard.
Par hasard ? C'est drôle, ça. Quel est ton nom ?
- Zack. - Zack. Tu es grand pour un Asiat.
C'est ce qu'ils disent. Moi, je dis : "C'est un être humain."
Vous savez pour les soirées à thème qu'ils ont faites l'an dernier ?
Non ?
OK, pour en citer quelques-unes... Interdit de vol.
J'ai travaillé sur un chemin de fer. Ils veulent que tu construises un mur.
Devant la confrérie. Genre : "Il parle même pas anglais."
Je sors : "Si, il parle anglais." Non ?
OK.
Vous pourriez faire partie du problème,
ou vous pourriez faire partie de la révolution.
Alors ? Vous en dites quoi ? On se rassemble ?
Que ce soit vraiment explosif. Sans mauvais jeu de mot.
On part au combat. On ne tolère aucune connerie raciste.
On va récupérer la nuit !
"Récupérons la nuit" est un mouvement des femmes.
Ne me coupe pas dans mon délire, Zackary, je suis chaud, ce soir.
Les mecs, un nouveau slogan, juste pour vous.
"La minorité est brisée." Cool ?
La minorité est brisée.
La minorité est brisée Ouais, la minorité est brisée
Allez, les Noirs mènent la meute.
La fin de la queue s'enflamme avec l'Asiat.
Qui que vous soyez. Un español. Ándale !
La minorité est brisée.
Dieu merci, ils sont partis.
Ne vous inquiétez pas, les gars. Je fais partie des gentils.
Je dirais que je suis légèrement sur-qualifié pour votre organisation.
Je joue au golf.
Alors, enfin, tu vois...
C'est cool. J'ai fait un trou en un.
Je fais aussi du polo, des deux types.
De l'Ultimate Frisbee, comme je dis, de l'Ultimate Friz.
J'ai été capitaine quatre ans de suite.
J'ai refusé Hale.
- C'est Harvard et Yale. - Ouais. Ouah...
Alors, vous en dites quoi ? C'est un bon groupe cette année ?
Ouais.
Je crois que je connais ce mec.
Il n'a pas, genre, débarqué
en faisant semblant d'être un commissaire d'incendie ?
Quel mec ?
Arrête, mec. C'est pas cool.
Qu'est-ce qui est pas cool ?
Tu dis en gros que tous les Noirs se ressemblent, selon toi.
C'est l'ultime test du racisme.
Je n'ai pas dit ça.
Je ne dis que c'est la même personne noire
qui est entrée et a volé le Hoverboard d'Eddie.
C'est un voleur maintenant ?
Tu veux bien m'écouter, mec ? Je suis le négro le moins raciste de tous !
C'était hors du contexte, wech.
Comme si tu ne l'avais jamais dit, Roger !
T'as quoi dans la tête ?
On poursuit des confréries en justice constamment pour ce genre de trucs.
On les poursuit pour quoi, mec ? On ne lui a rien fait.
Tu me connais. Comment je pourrais détester les Noirs ? Je prends le bus.
Oh, mon Dieu. Ne t'approche pas de lui.
Tu ne comprends pas, mec. Ce type trame quelque chose.
Alors tu lui fais une offre si tu veux, c'est cool.
Mais moi, je découvrirai ce que c'est.
Arrête de dire le mot...
qui commence par "n".
Qu'est-ce que tu fais ?
J'ai bossé mon mouvement personnel.
Pour les cordes ? C'est quoi, ça ? L'UFC ou la WWE ?
- Tu es prêt ? - Oui.
Vraiment ? La dernière fois que tu es monté sur ce ring,
une poignée de gosses t'a remis ton cul en main propre.
Sauf ton respect, tu fais la moitié de mon poids.
La vache ! Je veux un dîner, d'abord.
Attends, c'est censé faire mal ou me faire du bien ?
Mais qu'est-ce qu'on... OK !
Abandonne.
Tu m'aimes ? Tu viens de dire que tu m'aimes ?
- Je t'entends pas. - Bon sang, Del.
Si tu veux vraiment faire plaisir à une femme,
pourquoi tu ne me fais pas plaisir en réparant cette putain de clim ?
D'accord, maman.
Montre-moi ce mouvement encore une fois.
Je ne te le demanderai pas deux fois, Del.
Tu t'es débarrassé des concurrents. On dirait que tu les as impressionnés.
Et maintenant ?
Maintenant, on n'a plus qu'à attendre.
On espère que mon physique et mon charme,
ainsi que leur culpabilité de Blancs et leur peur des toges suffira.
Très bien, allez. Un, deux.
J'arrive pas à croire qu'on fasse une offre à ce mec.
Vous êtes sûrs que c'est là ? Un étudiant, ça vit dans un dortoir.
Je vous ai dit que ce mec cachait quelque chose.
- Il ne vit pas au campus, point. - Quoi ? C'est la cité ici, mec.
Techniquement, on vit aussi dans la cité.
Oui, mais dans la bonne cité. C'est genre la cité-cité, ¡ci.
Et moi qui croyais que tu n'avais aucun problème avec les Noirs.
Tu ne peux pas...
C'est pas juste.
D'accord ? Je fais une distinction économique,
pas raciale.
Je te l'accorde, mais étant donné l'histoire raciale chargée du pays,
on peut vraiment séparer les deux ? Même en rapprochant...
Ça suffit !
On est d'accord que c'est super troublant
d'être un homme Blanc dans la société de nos jours.
Maintenant... on met les capuches.
Kappa Alpha Chi...
On y va !
J'ai vu un film hier soir.
Ça m'a franchement vénèr.
Il y avait une scène, n'importe quoi.
Ce truc est dingue.
Hé ! Matez-moi ça.
C'est quoi, ce bordel ?
Regardez ça.
Mec, c'est où ?
Je ne trouve rien. On dirait qu'Internet bug dans ce quartier.
Tu es sûr de l'avoir bien noté ?
Oui, l'adresse qu'il nous a donnée, c'est ce gymnase là-bas.
Je t'ai dit qu'il nous bernait.
Pas de conclusions hâtives. On demande à quelqu'un.
Ces mecs ont l'air de bien connaître le quartier.
Salut !
Bonjour, les mecs. Faut rester simple.
Flo Rida.
On pense être un peu perdus.
- Oui, je le pense aussi. - Pas vrai ?
On se demandait si vous pourriez nous donner un coup de main.
Je crois qu'on a peut-être la mauvaise adresse.
On cherche un pote qui s'appelle Chet Buttersworth.
Un gentleman Afro-américain...
Sans vouloir dire que vous le connaissez forcément.
Mais on sait jamais.
Son teint de peau est comme entre
celui de toi, devant et celui de toi, dans le fond.
Même si avec les ombres, je suis sûr de rien.
Quoi d'autre ?
On est venus le kidnapper pour son rituel d'initiation.
Dégagez vos culs de ce quartier.
Tout le monde court.
OK, voilà. C'est l'heure de danser.
Non, je travaille. Arrête !
Tu travailles. Attends, c'est l'heure de jouer.
Tu vas me faire virer !
Je connais le propriétaire.
- Regarde-toi... - Arrête.
Attends... Et...
Elle se lève de la chaise
et elle tourne sur elle-même.
- Je vais t'apprendre des pas. - Fais-moi voir.
Tu ne prends pas ça au sérieux.
- Commence à droite. - Dépêche-toi.
Regarde. Tu vas tomber amoureuse.
- Regarde mon derrière. - Je ne veux pas.
- Regarde mon derrière ! - Je n'ai jamais vu ça.
C'est ce qu'on danse en boîte ?
Fais-moi voir ce que tu as.
Oui !
Regarde-toi.
Et pour finir, voilà ce que je fais.
Un, deux, trois, quatre, tu tournes et tu attrapes.
C'est super bien !
Il ne sait pas. Il va nous avoir ! On y va !
Les gars, attention. Il y a sûrement un pitbull.
C'est qui, ça, bordel ?
Je pense savoir.
Attends ici, qu'on ne te voie pas. Je reviens.
C'est pas une maison, mec.
Je crois qu'il n'y a aucune maison ici.
Je veux juste kidnapper quelqu'un.
Je peux vous aider, messieurs ?
Salut, Chet. Comment ça va ?
Ça roule, mec ? Tu vis ici ?
Je fais du volontariat ici.
Pourquoi vous portez des robes du Ku Klux Klan ?
Non...
Rien à voir.
En plus, tu sais, notre confrérie
précède le Ku Klux Klan de plus d'une décennie.
Alors, la vraie question, c'est pourquoi eux les portent ?
Tu vois ? Pourquoi ils portent nos robes ?
Oui, vous portez tous des robes du Ku Klux Klan.
OK, on est d'accord pour ne pas l'être.
Et pour changer de sujet... Félicitations !
On est là parce que Kappa Alpha Chi te fait officiellement une offre.
On est venus te kidnapper pour ton initiation.
Mais d'abord, on va parler affaire.
L'université demande ta signature sur ce formulaire de consentement.
En gros, ça dit que tu es d'accord
pour qu'on te kidnappe pour ton initiation.
- Signe là. - OK, cool.
Et mets tes initiales ici pour la robe.
Génial. Merci.
Ensuite, juste là pour le langage simulé d'enlèvement.
- D'accord. - Ça sera dur.
On y va.
- Parfait. - C'est parti !
- Donne-moi ton bras. - On y va.
D'accord. Ça te va bien. Une robe rouge !
- OK. Lève-la là. - Ouais !
On devrait sûrement t'amener à la voiture.
Si tu es d'accord, on va te porter.
Oui, d'accord. Allons-y.
On y va ! Enfoiré...
Tu sais quoi ? On a eu un petit accrochage devant.
Il y a une entrée de derrière, par hasard ?
Oui, juste là.
Parfait. Génial. Merci.
On y va, enfoiré !
C'est sûr. Une façon de parler.
- Merde ! - C'est quoi, ce...
Tiens, tiens, tiens.
Désolé. Voilà. Tiens... nos portefeuilles.
Enlevez cette merde.
Je m'en charge.
Tout va bien, mec.
On veut pas causer de problèmes. Tu me captes, wech ?
Je capte que dalle, wech.
T'es qui, toi, bordel ?
Je suis Barack.
Barack.
- Comme Barack Obama ? - Exactement.
Sauf que mon vieux l'épelle un peu différemment.
Différemment comment ?
B-R-O-C-K.
C'est pas du tout Barack, alors. C'est Brock.
Le nom le plus blanc de tout le putain d'univers.
Le grand dragon a un problème d'ouïe ?
OK.
Cette taie d'oreiller vaut autant que ta vie, négro ?
- Tu peux l'enlever ? - Ouais.
Del.
- Del ? - Un surnom de quartier.
Buttersworth Delbario. On m'appelle Del, c'est plus court.
Quoi de neuf, Trap, Redball, Willis ? Ça roule ?
- Qu'est-ce que tu fous, mec ? - C'est pas ce que tu crois.
Je crois que tu t'es fait enrôler dans une merde de confrérie raciste.
OK. Eh bah, dans ce cas, c'est exactement ce que tu cois.
Alicia est à la cuisine, tout ça. Pas la peine de t'énerver.
J'essaye juste de faire un truc avec mes amis blancs.
Ne vous sentez pas offensés.
Ils ont uniquement vu un Noir de près en retweetant Kanye.
- Alors... - C'est nous, ça.
Del.
C'est bon, Eddie.
Comment je pourrais dire non au fils de Dre ?
Très bien.
Vous feriez mieux d'y aller avant de tomber sur quelqu'un...
d'un peu moins compréhensif que moi.
Oui, OK. Ça a été super de vous rencontrer.
Oui, et désolé d'avoir pensé que vous vouliez nous voler.
Oh, non...
On va avoir besoin de ces portefeuilles.
Écoutez, bande de nazes.
On est sur le point de voir qui a ce qu'il faut pour être Kappa Alpha.
Je vous promets que ce sera pire que ce à quoi vous vous attendiez.
En tant que maître de cérémonie, je vais...
Baissez les yeux. Pas de contact visuel. Regarde-moi.
Regarde-lui. Regarde-moi. Baisse les yeux.
Ne me regarde jamais. T'es pas à mon niveau.
Je vais m'assurer que vous, petits oisillons,
passiez par ce gantelet
jusqu'à ce que vous voyez prêts.
Pour une fraternité éternelle construite sur la tise,
les chattes,
et une vie mortelle en général !
La première chose que vous ferez, esclaves...
Attention !
Réunion.
Mec, c'est quoi, cette merde ?
Je ne suis pas sûr qu'on devrait les appeler "esclaves" cette année.
- Mais on le fait toujours. - Je sais. Mais...
Tu ne crois pas que cette année, c'est un peu différent ?
Vous parlez du mot "esclave" ?
Oui.
Je me suis toujours senti un peu mal à l'aise avec ça.
Le mot "esclave" n'a pas forcément
à voir avec la Guerre civile des esclaves noirs.
D'ailleurs, il est dérivé des Slaves
qui sont devenus esclaves au 9e siècle.
Ça ne change rien au fait que de nos jours,
le mot "esclave" est un terme à connotation raciale
qui renvoie à une période sincèrement scandaleuse
de l'histoire de cette nation.
C'est vrai.
Ce n'est pas plus raciste de changer nos traditions
uniquement parce qu'on a un frère noir ?
Je suis ravi qu'on ait enfin cette conversation.
- On va lui parler. Je vais le faire. - Va lui parler, toi.
- Salut, mec. Comment ça va ? - Pour l'instant, bien. Merci.
Écoute. Je venais juste voir si tout va bien.
Certains des gars semblent assez déterminés
à appeler les apprentis "esclaves".
Et je voulais juste avoir ton accord pour...
Je voulais avoir ton accord.
En gardant à l'esprit que quand on utilise ce terme,
on ne veut pas du tout parler des champs de coton du 19e siècle.
C'est comme un terme vague de servilité.
Oui, écoute, je comprends que je suis un apprenti
et que ça implique certains trucs.
Mais je vais avoir un problème si vous allez m'appeler "esclave".
Pas un mot de plus.
Non.
D'accord, alors...
La première chose que vous ferez, apprentis, c'est...
Agenouillez-vous...
Et nettoyez la maison avec des brosses à dent.
Incroyable !
Je pensais vraiment que ce serait pire que ça.
Comme raser les couilles des autres, ou des marques au fer rouge,
ou qu'on se branle avec de la sauce piquante...
Mais nettoyer la maison avec une brosse à dents ?
Je le ferai. Aucun souci !
Aucun souci ? D'accord.
- Voilà ta brosse à dents. - OK.
Il va se passer quoi, à ton avis ?
Salut, petite princesse. Tu veux voir la caverne au trésor ?
Et voilà.
Elle est là, en bas.
Ça chatouille un peu.
- C'est quoi, ton problème ? - J'ai failli prendre le racloir.
Elle est à toi maintenant.
On va te peigner la moustache. Viens.
- Tu vas nettoyer avec, apprenti. - Je ne vais pas...
- Prends ça. - Tu sens ce...
Sens ta propre merde. Sens-la.
Les gars, l'un de vous veut que je nettoie avec ça ?
- Non. - Absolument pas.
Apprenti Buttersworth.
Yo, Buttersworth.
- Quoi de neuf, Brock ? - Quoi de neuf, mec ?
Viens avec moi. J'ai une mission spéciale pour toi.
OK. Après toi.
OK.
Normalement, cette zone est réservée aux frères.
C'est interdit aux apprentis comme toi,
sans escorte.
C'est quoi, cette odeur ?
Ça pourrait être plein de choses.
Une odeur de bière, de chatte, de couilles en sueur, de merde de rat.
Ou c'est peut-être le jacuzzi de Chad Snyder.
Inspire cet air.
C'est sûr, c'est ça.
C'est quoi, ça ?
Le frère Snyder était l'un des meilleurs d'entre nous.
Président de la maison, très doué pour les relations internationales.
Une moyenne de 18/20.
- Capitaine de l'équipe de natation. - Il est mort là-dedans ?
Oui, il s'est noyé.
Comme le dit la légende, le frère Snyder
a été trouvé dans une piscine fétide d'eau de jacuzzi,
de shots de gelée et plein de vomi.
Ça sent comme si vous ne l'aviez pas changée depuis.
Bien sûr qu'on ne l'a pas changée. Ça déshonorerait notre frère déchu.
- Bien sûr. - Écoute, Buttersworth.
J'ai essayé de te refiler une brosse à dent sale,
et je suis désolé, OK ? C'était pas sympa de ma part.
- Elle était neuve. - Alors je t'en apporte une neuve.
Tu gères.
Je suis maladroit. Mais vas-y, va la chercher, apprenti.
Tu es le Diable.
Oh, merde. Allez, Buttersworth.
Oh, merde.
Fils de pute !
Buttersworth, du calme, mec. Prends la brosse à dents et lave-la.
Va bien profond.
Fils de pute !
Je hais ma vie.
- Je recommence du début ? - Commence à nettoyer.
Tu étais si près du butin.
Il n'est pas parti.
- Il m'a observé tout le long. - Tu as dû faire quoi d'autre ?
T'as dû faire la marche de l'éléphant ?
C'est quoi, ça ?
Quand tu mets un pouce dans le trou de balle du mec de devant
et tu as l'autre pouce dans ta bouche.
Et quand ils disent : "On change", tu changes.
Alors tu manges une glace au trou de balle.
C'est une légende urbaine.
Mec, je ne mangerai pas de glace au trou de balle.
J'en ai marre, mec. Je me casse.
Tu ne peux pas tenir un peu plus longtemps ?
Ça fait beaucoup d'argent.
Et au cas où mon vote compte,
je dis qu'on devrait s'en tenir à ce projet-là.
"On" ? Juice, y a pas de "on", mec. C'est moi qui ai tout fait.
Moi dans une fraternité.
Moi à plonger dans de la gerbe pour trouver une brosse à dents.
Et tu me dis quoi ? Bientôt la marche de l'éléphant ?
Je ferai pas ça, frère.
Un seul faux pas et ils appellent les flics. Qui ira en tôle ?
Toi ? Alicia ? Non, c'est moi.
Moi dans une cellule avec mon père. Réunion de famille à Folsom.
Je suis pas un criminel comme mon père.
J'ai fait tout ça et ça n'avance pas.
Soyons réalistes. On ne sortira rien de cette maison.
Je viens d'entendre le fils d'Andre Goodlow abandonner ?
Merde.
Oncle Leon !
Je sais que mon frère ne t'a pas élevé comme ça.
Je suis sûr que tu n'es pas censé être dehors jusqu'à au moins un...
deux cents ans.
J'ai décidé qu'il était temps de faire des changements dans ma vie.
Tu t'es évadé de prison ?
Leon Goodlow ? Je vois des fantômes ?
- Ou je rêve éveillée ? - C'est ma fille préférée, Roberta ?
Je suis pas une fille et je suis pas à toi.
Qu'est-ce que tu fous là, Leon ?
Je suis peut-être là pour enfin te séduire
et faire ce qu'on aurait dû faire il y a bien longtemps.
Je te rappelle que je suis une bonne chrétienne et mariée.
Dre n'est pas contre les bites, en tôle. Pourquoi lui être fidèle ?
Quoi ?
Je vais te laisser un moment pour bien réfléchir
avant de dire une autre saloperie.
Tu ne veux pas que j'appelle la police pour dénoncer un fugitif.
- Tu ferais ça ? - Je le ferais.
Qu'est-ce que tu vas leur dire à propos les activités de ton fils ?
Qu'est-ce que tu trafiques, Del ?
Rien ! Tu vas le croire, juste comme ça ?
- Donne-moi une bonne raison. - C'est un menteur.
- C'est un criminel. - Oui.
Ne t'inquiète pas pour ça. Tu as du pain sur la planche.
Je me charge de ça. Surtout parce que je suis l'homme de la maison et...
Depuis quand ?
- C'est moi... - Juice, la ferme.
Écoute, maman. Je suis désolé.
S'il te plaît, je t'en supplie. Laisse-moi gérer ça.
- Très bien. Je te laisse gérer. - OK.
Mais si je découvre que tu as fait quoi que ce soit
qui déshonore ma famille, Del,
tu ne feras plus partie de cette famille.
Tu m'as comprise ?
- Oui, madame. - Je te foutrai dehors.
- Je peux ? - Ferme ta bouche, Juice.
Leon.
Roberta.
Alors, vous avez mon argent ?
- Ton argent ? - Quoi ?
- Ton argent ? - De quoi il parle ?
Je sais que je suis fauché.
- Alors j'ai... - Tu as de la monnaie ?
- J'ai du baume à lèvres. - Mets-en plus.
Tu en veux. La lèvre du bas est un peu cendreuse.
Ouais. C'est bon, j'ai compris.
Tu traînes avec des nazes, alors tu crois qu'on est tous nazes.
Mais pas moi.
Tu vois, après avoir repris ma liberté,
je suis allé là où moi et ton père avons planqué notre argent.
Et devine quoi.
Ils ont fait de ce truc une putain de confrérie.
- Quoi ? - Vraiment ?
Alors ça, pour une surprise... Mais tu sais ce qui m'a choqué ?
C'est de voir mon neveu de la cité
sortir de cette confrérie comme s'il était chez lui.
Moi ? Ah, oui.
Ça m'a échappé. J'ai repris les cours.
Vous étiez cool, les gars.
Il y a de l'argent dans la cave ? Je ne le savais pas.
OK, pour que je comprenne.
OK ? Soyons clairs.
Tu as tout passé, ton bac et toute cette merde ?
Ouais, j'ai eu neuf au bac.
C'est sur vingt, imbécile.
Je passerai le reste plus tard.
Alors comme par magie, tu as trouvé l'argent
pour étudier dans une des écoles les plus chères de ce pays.
Et sur un coup de tête, tu as rejoint une confrérie
qui s'avère être à la même adresse
et au même endroit que là où on a planqué l'argent du braquage.
- C'est ça ? - Tu sais quoi ?
Voilà le problème.
C'est exactement pour ça que les jeunes Noirs
n'atteignent pas le succès dans ce pays.
- À cause de ceux qui doutent. - Ouais.
Les rageux. C'est le 1er Goodlow à aller à l'université.
Tu peux pas être content pour ton neveu une minute ?
OK.
Mais tu dois admettre que c'est un sacré hasard, non ?
Ah, ça, oui.
- C'est fou. - C'est fou.
Où est mon argent, Del ?
Merde ! OK. Oncle Leon, calme-toi. Écoute,
si tu veux me défoncer, défonce-moi.
Ça ne changera rien au fait que j'ai toujours pas l'argent.
Mince. OK.
C'est ta copine ?
Non.
Enfin, elle like mes photos sur Instagram le soir. Alors...
Tu as déjà vu quelqu'un se faire exploser la gueule, Del ?
Moi, oui.
Pose-toi la question.
Tu veux que ce soit ton dernier souvenir de cette fille ?
Parce qu'on n'oublie pas ces choses-là.
Crois-moi.
Très bien, écoute.
J'ai essayé de récupérer l'argent. Mais ça n'a pas été facile.
Je suis apprenti de cette confrérie, mais ces mecs sont intenses.
Ils ne dorment jamais. Mais je suis vraiment près du but.
Laisse-moi quelques jours de plus et j'aurai ton argent.
J'ai juste besoin de plus de temps.
Très bien. Je te laisse deux jours pour faire ton affaire.
- Deux jours et deux nuits ou... - Deux jours !
D'accord.
Si tu ne l'as pas, j'irai le chercher moi-même, bordel.
Peut-être qu'avec toi, ces salopes ne se feront pas couper la bite.
Je vais aller voir le joli cul de ta mère
au cas où elle veuille bien me faire un de ses fameux œufs.
Arrête, mec.
Quoi, Juice ?
Ça affecte mon 5 %, ça ?
BARBE-CUL
Alcool !
- Mon bébé m'a apporté une bière. - Merci.
C'est une belle journée, mon petit.
- Il me ressemble un peu, non ? - Je le vois.
Suce-la.
OK, alors, le truc, c'est...
Je sais toujours quand ce sont de faux dinosaures dans les films.
Yo, Buttersworth !
Tu fais quoi ici ? Tu devrais être dehors avec les autres bébés.
Oui, je voulais juste aller aux toilettes vite fait.
- Vite fait. - Ça sert à quoi, une couche ?
Non, je joue juste. Non.
Mais il n'y a pas de toilettes, là. C'est la cave, ça.
Pas la peine d'y aller.
Écoute, parfois, j'ai juste besoin d'un endroit où penser.
M'éclairer les idées. Et je croyais qu'en bas, ce serait le mieux.
Je comprends, mec.
Je sais que cette initiation, c'est crevant.
Ouais. Vraiment crevant.
- Dégradant. - Oui, je porte une couche.
Je sais, mec, c'est idiot.
Mais quand ce sera fini, on sera frères.
Une famille. On se dira des secrets.
On se protégera les uns les autres.
Alors, tu vas rejoindre cette famille ?
- Ouais, mec, je vais le faire. - OK.
- Juste après être allé à la cave. - De quoi tu parles ?
Va dehors avec les bébés. Allez. Fais la marche du bébé.
Fais-le, la marche du bébé.
- Et voilà. - Un million de dollars.
- Ravi qu'on ait discuté, mec. - Ouais, c'était profond.
Écoutez, les bébés. Vous pensez peut-être qu'être apprentis, c'est ça,
des couches, des doudous et des insultes.
Mais c¡est aussi rendre à la communauté.
Notre gala des Frères super chauds et des Femmes riches arrive
et vous, ordures, en notre charmante compagnie,
serez vendus aux enchères
aux plus offrantes de notre confrérie de femmes.
Attention !
Attention. Quoi, apprenti Buttersworth ?
Je suis désolé, je l'ai juste entendu dire
que vous alliez nous vendre aux enchères.
Eh bien, oui. Pour gagner de l'argent pour des associations locales,
vous serez vendus aux enchères... Oh, je comprends.
- Oh, merde. Pas encore ça. - Je t'en prie, mec.
T'es pas sérieux.
Brock, Je suis désolé qu'on ait une réaction légèrement différente
face à l'idée qu'on soit vendus aux enchères
à des Blancs riches, hors d'une colonie de coton.
OK, on se regroupe.
Il n'y échappera pas.
Écoutez, j'ai connu un Noir et il n'était pas comme ça.
On pouvait dire tout ce qu'on voulait avec lui.
Il me laissait même toucher ses cheveux.
- Buttersworth. - Ouais.
Tu n'as pas à être vendu. On te fera commissaire-priseur.
Ce sera valorisant.
Je suppose que ça me va.
C'est une enchère affirmative.
Je maîtrise la culpabilité des Blancs comme Michael Jordan le basket.
Je maîtrise la parole comme Stevie Wonder le piano.
OK, alors tu es le commissaire-priseur.
Et alors ?
Alors, puisque je suis chargé de la présentation...
Ne déconne pas, apprenti.
je peux les maintenir occupés pendant que vous cherchez l'argent.
Mon arrière-arrière-arrière-grand-père aurait adoré m'entendre dire ça.
Sortez vos portefeuilles, parce qu'on va acheter des Blancs !
D'abord, on va devoir trouver un moyen de t'infiltrer.
Si on usait de mes seins et de mon charme ?
Ça fonctionnera.
Une fois que tout le monde est dehors,
Juice, tu te glisses dans la cave et tu passes à l'action.
Plus je peux faire durer la vente,
plus tu auras de temps pour chercher l'argent.
Juice, je m'assurerai que les outils t'attendent en bas.
C'est juste là.
Le frère Clarke est vraiment un incroyable imitateur.
- Non. - Si. Tu nous fais une imitation ?
Non, vraiment.
C'est un peu serré.
OK. T'es un peu comme mon ex.
C'est un peu dur de trouver le point, mais moi, je le trouverai.
Pourquoi tu n'essayes pas quelqu'un qu'on connaît tous ?
Comme Denzel Washington.
Tu sais, tu lèves les épaules. OK, d'accord.
On est où ? À une vente aux enchères ? On va acheter des Blancs.
C'est ce que tu veux dire ?
Qu'on va acheter des Blancs ?
Quel genre de Blancs on va acheter ?
Je crois que je ne devrais pas faire ça.
Maintenant, appelons le frère Ben, mesdames et messieurs.
Ben ?
Je t'en prie, c'est pas sympa.
Comment ça ? Dessiner des bites, c'est toujours drôle.
Mesdames, vous connaissez nos résident sexpert, le frère Eddie.
J'aimerais dédier ce premier mouvement
à une invention qui a changé la face de la lutte moderne
et de la sexualité.
Ça s'appelle "le Gatling Gun".
Ça marche mieux si elle a les jambes arquées.
N'est-ce pas, Sarah ?
Clin d'œil.
Peut-être Mike Tyson ? Le célèbre boxeur.
J'ai ces pigeons, là.
Maintenant, on les rassemble et on les fait s'embrasser.
Non, pas celui-là.
Je vous offre le moulin à vent.
Tu connais des comédiens ? Bill Cosby, tu le connais ?
Je pourrais essayer.
Parfait. Mesdames et messieurs, Bill Cosby.
Vous voyez, quand elle mange le pudding,
vous mettez les somnifères dans le pudding.
Et elle mange le pudding et ça lui donne sommeil.
Et puis, tu lui montes dessus et tu mets ton pénis noir...
Tu fais quoi, là ?
Les mecs, Clarke. Quelqu'un a une offre pour Clarke ?
Ne joue pas avec moi !
OK.
Il y a des rats ici.
Comme animaux de compagnie. Où il est passé ?
Et enfin, un mouvement très spécial,
qu'une femme très spéciale m'a enseigné. Merci, maman.
Ça s'appelle le mouton.
Attention, il est pointu.
Bien joué, Eddie.
Très bien, allez. Quelqu'un doit trouver ça séduisant.
Et maintenant, l'homme qui a cité Macklemore
dans le livre de fin d'année,
le frère Barack avec son freestyle.
Ouais ! OK.
Très bien. OK.
Barack est dans la place Et je me sens bien
Il parle comme James Bond Il a cet œil en or
Des barres sur des barres Comme le magasin de bonbons
Faites vos offres, les filles, Je vous ferai tomber la culotte
OK, une fois que tu auras Barack Tu ne voudras jamais le lâcher
Je laisserai ton corps las Comme si tu faisais une attaque
OK, c'est ta chance Alors appuie sur la gâchette
Et baisse ton arme Parce que je suis un putain de né...
Qu'est-ce que je suis censé répondre à ça, bordel ?
Attends, tu m'avais oubliée ?
- Qu'est-ce que je fais là ? - Tu vas faire une offre à Barack.
Il est sur mon dos depuis que je suis arrivé.
Je veux juste que tu l'éloignes de la cave.
- Je ne me le taperai pas. - Quoi ?
- Non, non. - Non !
Jamais. Ne fais jamais ça de la vie.
- Tu veux que je me le tape ? - Quoi ?
C'est un million de dollars.
Ouais, mais tu ne gagnes que 50 000.
Pour 50 000, ma liste de choses à ne pas faire est assez courte.
OK. Attends une seconde.
Tu veux que le gagne aux enchères, pas vrai ?
Avec quoi ? On est fauchés.
Trente-six, trente-huit.
J'ai un jeu à gratter, une minute.
On a trente-huit dollars.
Quarante-deux dollars et 68 centimes.
Ça ne suffira jamais.
Je ferai en sorte que si.
Vingt dollars.
Vingt-cinq dollars.
Vingt-cinq dollars.
- Trente dollars. - Trente-cinq dollars.
Trente-cinq dollars.
Quarante dollars.
Quarante-deux dollars.
Cinquante.
Quarante-deux une fois...
Je viens de dire : "Cinquante dollars".
Quarante-deux deux fois...
- Cinquante ! - Vendu à la femme en rouge.
T'es sourd, trou du cul ?
Les enchères ne fonctionnent pas comme ça, connard.
Bien joué, Buttersworth.
Bien. Va la chercher.
Alors...
Je ne t'avais jamais vue ici.
Yo ! On devrait parler. La nuit est belle.
Tu veux aller faire un tour ?
Non. J'ai quelque chose de spécial pour toi.
Suis-moi.
Je vais défoncer ce truc.
Je t'ai trouvé !
Ouais ! J'ai trouvé l'argent !
J'ai fait nettoyer cette pièce à un des apprentis à la brosse à dents.
Allons boire un verre au bar derrière.
- Non. - On se casse d'ici.
En fait, j'ai tout prévu.
- OK. - Viens.
OK, j'arrive.
J'ai tout préparé en bas.
- Tu m'as fait une offre, non ? - C'est exact.
J'ai préparé cette petite surprise spécialement pour l'occasion.
Tu as fait tout ça ? C'est impressionnant.
Barrons-nous d'ici. Je suis claustrophobe.
Pas la peine de stresser. Tu veux parler, alors parlons.
Parlons.
On va devoir apprendre à se connaître un peu plus.
- Qu'est-ce que tu regardes ? - Toi.
Oui, je te regarde.
C'est mortel !
Alors... Alors, genre...
Peut-être une danse érotique ?
D'accord.
Ouais... Vas-y.
Non, je voulais dire que toi, tu m'en fasses une.
Un homme qui fait une dans érotique à une femme...
ça fait tomber des culottes.
- Quoi ? - Oh, oui.
OK.
Tout ce que tu voudras.
- Ouais ? - OK.
D'accord. Tu veux un peu de conneries féministes.
J'ai eu la dominatrice. Alors, ça marche, meuf.
OK... On y va.
Ouais ! C'est déjà super sexy.
- Génial. Je le sens. - Ça te plaît ?
Je commence à mouiller grave.
- Dis-moi ce que tu veux, chérie. - Continue de me regarder.
- Oh, mon Dieu ! - OK.
J'adore ! Oui, enlève quelque chose.
- C'est chaud ! Tu le refais ? - Tu vois ce nombril ?
Oh, mon Dieu, j'adore.
C'est un dedans dehors. On le voit et on le voit plus.
Et voilà.
Reste bien face à moi.
- Je vais... - Oh, mon Dieu.
Oh, mon Dieu. T'es dangereux.
C'est comme si tu étais le bébé de Justin Bieber et Austin Powers.
- C'est mon nombril. - Oh, mon Dieu !
Enlève-le ! Et ton pantalon aussi.
Oh, mon Dieu, c'est trop sexy.
- C'est quoi, ça ? Un dab ? - C'est ce qu'on appelle un dab.
- C'est trop bon. - Je dabbe.
Non !
- Détends-toi, meuf. - Baisse la tête !
Lève les fesses.
C'est comme ça que j'aime baiser. Petite cochonne !
- J'adore. - Ah oui ?
Oui. Très bien.
C'est tout nouveau pour moi.
Je me sens dégradé et puissant en même temps.
C'est ça, être une femme ? Tu es encore là, chérie ?
- Ne me regarde pas. - Oui, je suis méchant.
Je crois que je mérite une fessée.
Une fessée ?
Vas-y. J'ai été méchant. Punis-moi, meuf.
J'ai été très méchant. Fais quelque chose, meuf.
Je suis prêt.
Putain ! Merde, ça fait mal ! T'es folle, meuf !
Désolé ! Mon Dieu !
C'est moi qui commande, et je ne peux pas te faire confiance.
Je vais t'attacher. Reste face au mur, salope.
Serre plus, chérie.
Je vais te bander les yeux.
Oui. Dieu merci.
- Ça te plaît ? - Oui, madame. Mince !
Oh, oui !
Hé, c'est mouillé.
- Ah oui ? - Oui.
Comment ça se fait, à ton avis ?
OK.
Tu mords autant que tu es superbe. OK.
Mais c'est mon tour, OK ?
C'est moi qui commande.
Écoute, je sais que tu n'es pas habituée,
mais je suis un frère qui n'a pas peur de descendre à la cave.
Ah oui ?
Alors vas-y, lève ta jupe
et prépare-toi pour le septième ciel, OK ?
Tu es excitée ? OK, je comprends.
Je suis très excitée.
Mince ! T'es, genre, à la mode des années 70.
J'aime les filles naturelles.
N'arrête pas. Oh, oui !
Quelqu'un t'a déjà fait du beatbox ?
Continue toute la nuit, chéri.
N'arrête pas, mon homme.
Satisfais-moi.
Oh, merde.
Ta chatte couine un peu.
Allez. Quoi de neuf, tout le monde ? On a l'argent !
Non, non. Pas de Snapchat, pas d'Instagram, rien du tout.
Comment ça se fait que ton portable marche ?
Qu'est-ce que... Cette merde est waterproof.
OK, mec, arrête avec les photos.
Ouvre cette merde, voyons voir ce qu'on a.
Ouais, chéri !
Ça sent comment ? Qu'est-ce que ça fait ?
OK.
On a un DVD d'Encino Man.
- Quoi ? - Oui. Jette un œil.
Très bien. On a une mixtape. The Big Booty Grind Mix.
- Le quoi ? - Oui.
C'est quoi, cette merde ?
- On a un Zima. - L'argent ! Écoute...
C'est un mot.
Quoi ?
"Chers frères Kappa Alpha Chi du futur,
nous enterrons cette capsule témoin dans vos murs
dans l'espoir que vous la trouverez un jour
et verrez comment célébraient vos ancêtres.
Comment c'est, le futur ? Il y a des robots qui font des pipes ?"
- Une putain de capsule témoin ? - C'est quoi, une capsule témoin ?
Pas d'argent. Maintenant, ils vont tous se faire couper la bite.
Mais j'adore Encino Man.
- Del ? - Putain !
Merde, putain !
- C'est ta voiture ! - Donne-moi ce truc !
Putain de merde !
On a essayé. C'est terminé.
Peut-être pas.
On est allés une fois à la cave. On peut y retourner.
Comment ? On eu du mal à y entrer ce soir.
Oncle Leo va nous traquer et ce sera terminé.
Qu'est-ce que vous ne pigez pas ?
J'en ai marre de ces conneries. Pour de vrai cette fois.
Del Goodlow qui abandonne. J'arrive pas à y croire.
C'est censé vouloir dire quoi ?
Tu n'as jamais rien terminé de toute ta vie.
Mais ton père t'a parlé de l'argent
et j'ai vu un côté de toi que je n'avais jamais vu.
Tu as pris les rênes, tu as fait des plans,
tu as essayé de bien faire pour ta mère,
usé de ton charme pour entrer dans la confrérie.
Enfin, pendant une seconde,
tu m'as franchement impressionnée.
Je croyais que tu faisais ça pour sauver tes amis
de Leon, mais si tu abandonnes, alors je me trompais.
Tout le monde s'en fout, non ?
Je suppose que tu as eu tes baskets et ta beuh.
Tu crois que je m'en fous ?
J'ai bien plus en jeu que vous deux.
Qu'est-ce que je suis censé faire ?
Défoncer le crâne d'oncle Leon avec une batte ?
Ça m'apportera quoi ?
Une batte cassée, tout au plus. Il est plutôt solide.
Écoute, Alicia, je n'abandonne pas.
Je ne sais simplement pas comment avancer non plus.
Les voilà. J'espère que ça ne vous gêne pas
que j'aie fait de l'exercice en vous attendant.
Alors, comment ça se passe ?
Des sacs pleins de billets ou pleins de cadavres ?
Pas pleins de cadavres, c'est sûr, mais on a eu quelques soucis.
L'histoire ne t'intéresse pas, mais on n'a pas l'argent.
Non. Ne fouille pas là-dedans. Pas besoin d'arme.
C'est décevant.
Comme j'ai dit, on a essayé de récupérer l'argent, en vain.
On ne peut pas tout avoir, non ?
Acceptable ? Baisse ce flingue.
Tu sais combien de fois j'ai dit : "J'ai essayé", dans ma vie ?
Disons, peut-être dix ou quinze.
Jamais ! T'es malade ?
J'essaye de te donner une leçon.
Pas de leçon. Juste... Donne-m'en une autre.
Ne touche pas mon flingue. Ne touche jamais mon flingue.
OK, je ne touche pas ton flingue, je touche ton doigt.
Toucher un flingue, c'est comme toucher la bite d'un homme.
- Ne touche pas mon flingue. - Il dit que c'est sa bite.
- Ne le touche pas. - Je ne le touche pas.
On y va.
Il lui a tiré dessus.
Je t'ai dit de ne pas toucher mon flingue, mec.
Il m'a tiré dans la cheville.
Tu nous a tués, t'auras pas un centime.
Très bien, alors je vais retourner à la maison
et on aura l'argent.
Vingt-quatre heures. C'est tout ce qu'il me faut.
Comment je sais que tu déconneras pas ?
Et voilà, c'est moi qui prends !
J'ai l'air de déconner ?
Mince ! Il déconnera pas !
Tu sais quoi ? Je te crois.
- Je te crois. - OK.
Tu sais quoi ?
Pour la 1re fois, on dirait bien le fils de ton père.
Je suis fier de toi.
Très bien, bande d'enfoirés.
Vingt-quatre heures, c'est tout.
Ensuite, je viendrai, j'enlèverai ta mère
et je l'emmènerai loin d'ici.
Arrête avec ma mère, mec.
- Ça va ? - Ça irait mieux sans cette balle.
Juice, allez, mec, 50 Cent s'est fait tirer dessus neuf fois.
T'as une balle dans la cheville, arrête de faire ta mauviette.
Ça fait mal, OK ?
C'est qu'une égratignure.
J'aurai pu perdre ma jambe.
Tu survivras. C'est quoi, le plan ?
Je n'ai pas de plan, OK ?
Tu as entendu ce qu'il a dit.
Si j'ai pas l'argent, il reviendra,
il nous tirera dessus,
il ira à la confrérie et tuera tout le monde.
Je suis censé faire quoi ?
Il me faut une anesthésie.
Tu sais quoi ? En fait,
emmène-moi derrière. Tire-moi dans le crâne comme un cheval.
- Pique-moi. - Attends, ouais.
- Oui, c'est ça ! - Non !
- Non ! - Non, pas de le piquer.
Fais-le dormir. Tu me passes le flunitrazépam ?
Quoi ? Tu sais quoi ? Je suis offensé
que tu puisses penser que j'en prends.
La prochaine fois que j'en ai besoin, je le dirai plus civiquement.
Pour l'instant, tu peux m'en trouver, oui ou non ?
Oui, bien sûr.
Messieurs,
bienvenue à votre dernière nuit d'initiation.
Je sais que ça n'a pas été facile pour vous.
J'ai été particulièrement dur avec certains d'entre vous.
On devait être sévères.
Parce que la prochaine étape sera tellement géniale.
La fraternité se construit sur la loyauté,
la sincérité, la confiance.
Et la tise et les chattes.
J'adore ces mecs.
Et maintenant, selon la grande tradition
de nos très respectés ancêtres qui nous ont précédés,
nous scellerons le lien de la fraternité
en buvant ce punch cérémonial
qui consiste en de l'alcool de grains, du punch de fruit de supermarché,
et un peu de THC liquide.
Qui veut commencer ?
À la loyauté,
la confiance et la sincérité.
Nous vous souhaitons la bienvenue, anciens nazes, en tant que frères.
Kappa Alpha Chi pour la vie !
Kappa Alpha Chi pour la vie !
Santé !
Je crois qu'on a un peu abusé avec le TH...
C.
Moi, ça va, je crois.
Ce punch était fort !
OK...
Au taf. Faut que je me mette au taf.
Je sais pourquoi, je sais pas... Je sais pourquoi on fait ça.
Il est là quelque part.
"Sarah aime Wilkie."
On se fout au taf, bordel.
LE TROU SAINT
Qu'est-ce que tu fais là, apprenti ?
- Tu sais pas qui je suis ? - T'es qui, bordel ?
Espèce de fils de pute.
Je suis toi, enfoiré.
Négro, toi et moi, on va gérer cette affaire.
On est dans le même bateau.
Merde !
- Il est dans le mur. - Je cherche dans le mur.
T'as raison, Brock. Les bites, c'est drôle.
Qu'est-ce que tu fais, Del ? Remets-toi au boulot.
Où es-tu ?
Trouve l'argent.
Et je te donnerai une fessée.
Espèce de fils de pute !
Viens là !
J'ai l'argent !
J'ai l'argent... Hé...
J'ai l'argent...
J'ai...
Non, moi, j'ai l'argent, enfoiré.
Où il est ? Il devrait déjà être rentré.
Je ne sais pas. Je me demande combien de temps ça prend
de défoncer une pièce pleine de petits Blancs,
de choper un million de dollars et passer
ici un jeudi soir en heure de pointe.
Bonsoir, les nazes.
Voici le traître.
Qu'est-ce que t'as foutu, Buttersworth ?
J'ai rien fait. On m'a assommé.
On a été drogués. Ils sont tous encore inconscients.
Quand on était inconscients, quelqu'un a volé tous nos trucs.
Il a pris notre beuh, le liquide, tout.
Vous doutiez de moi et voilà ce qui est arrivé !
- Je savais que tu tramais un truc. - Je tramais rien du tout.
Vous parlez toujours de fraternité.
De se protéger les uns les autres quoi qu'il arrive.
Un truc de dingue arrive et voilà comment vous réagissez !
Arrêtez.
T'es pas mon frère. T'es un putain de voleur.
Je suis pas un voleur. Je vous volerais jamais.
Mais je crois savoir qui a fait ça.
Alors je vais aller tout récupérer pour vous.
Et je reviendrai.
Parce que là d'où je viens, c'est ce que font les frères.
On se protège les uns les autres. Alors détendez-vous.
Hé, tu n'iras nulle part.
Pas tout seul, du moins.
Un frère Kappa Alpha Chi ne se déplace jamais seul.
- Alors si tu y vas, nous aussi. - Allez !
Écoutez, c'est génial, c'est vraiment mignon.
Je crois que je vais m'occuper de ça tout seul.
Vous, détendez-vous ici, d'accord ?
Je ne crois pas, Buttersworth.
Tu n'auras plus jamais à faire quoi que ce soit seul.
Tu es un Kappa Alpha Chi maintenant.
Vous ne comprenez pas. Ce type est réel.
Il est vraiment dangereux.
Restez là et détendez-vous. Je m'en occupe.
Jamais de la vie. Ils ont raison.
On te protège. On est une famille maintenant, non ?
Kappa Alpha Chi pour la vie.
Kappa Alpha Chi pour la vie.
Très bien. Kappa Alpha Chi pour la vie.
Tu sais que tu as quelques bites sur la gueule ?
- Quelques-unes. - Il y en a une tonne.
Quatre-vingt-dix-huit.
Cent.
Alors, Berta,
j'ai beaucoup d'argent là-dedans.
Je peux te rendre heureuse. Je peux t'acheter ce que tu veux.
On peut construire une vie ensemble.
Je ne veux pas de ton argent sale, Leon.
J'aime ma vie comme elle est.
On v¡ent de remettre le téléphone. Je pense prendre une 2e ligne.
Où est mon fils ?
Dis-moi, comment veux-tu que je me concentre sur ta chatte
si tu ne parles que de ce qui en est sorti ?
- Je peux nous sortir d'ici. - Tu t'en charges ?
Tes mains sont douces. J'avais jamais remarqué.
- La ferme ! - Toi, la ferme !
Restez près de la porte de derrière et attendez mon signal.
OK, carrément. Mais c'est quoi, le signal ?
Mec, je te l'ai dit. C'est "mec".
- Mec. - Mec.
- Mec. - Mec.
- Genre, "mec". - Mec.
Oui !
Va te faire voir, Berta !
Tu viens de passer à côté de la plus belle bite de ta vie.
M. Propre noir !
J'ai entendu dire que les stéroïdes font rétrécir la bite.
Qu'est-ce que tu viens de me dire ?
Toi et cette salope avez de la chance d'être en vie.
Tu vas regretter d'avoir dit ça.
- On n'a rien dit. - Rien du tout.
Désolé, je te demande pardon.
Ramène ton cul ici. Des enfoirés sont morts en essayant
de s'approcher en catimini de Leon Goodlow.
Tu comprends ce qu'il dit ?
Pas vraiment.
C'est comme quand une meuf te raconte son enfance
alors qu'elle te bouffe le trou de balle.
Mec.
C'est exactement ça.
- Oh, merde ! - Tout le monde aime les trucs de cul.
T'as encore des couilles sur le menton.
Qu'est-ce que tu fous ?
OK. Leon !
Pose ce pied-de-biche et je partirai avec toi.
Laisse Del en dehors de ça. Del, écarte-toi.
Maman, je m'en occupe.
Très bien. Il est temps que je défende mon territoire.
J'ai dit : "Il est temps d'être un homme !"
Il est temps d'être un homme !
T'es un grand, hein ? Eh bien...
J'ai dit : "Il est temps d'être un homme, tout de suite !"
Tu as vu cette vidéo
qui dit que Tupac est vivant et qu'il bosse avec les Illuminati ?
Ali et Left Eye aussi.
Ouais, et c'est vrai. Ils le disent sur Internet.
On dirait qu'ils n'essayent même pas de le cacher.
Attendez. Vous entendez ça ?
On dirait une arme.
T'as une bonne ouïe, wech.
Je dois être un homme !
Chéri, tu fais une attaque ?
Arrête, mec. Ne nous vole plus.
Mon père a parlé avec la banque des heures pour ma carte de crédit.
- Il y a des facteurs chiants comme... - Tu crois que ça m'intéresse ?
Non.
Je vous ai tous avertis de ne pas revenir ici.
Je m'en charge.
Eh bien, tu veux être un homme.
Tout ce que je vois, c'est un gosse sur le point de se pisser dessus.
- Mauvaise idée. - Ramène ton cul ici.
Pourquoi t'essayes de m'arnaquer ?
Hé, rappelle ton sbire, mec !
On sait qu'on était censés attendre ton signal pour t'aider,
mais on n'a rien entendu et maintenant, on a besoin d'aide.
Attends, c'est lui ?
C'est l'enculé qui nous a volés ? Il est énorme !
Un peu de respect, petit !
C'est Leon Goodlow, fiston. Une légende de la cité.
La célébrité du quartier, enfoiré.
Ce mec est gros voyou
et c'est le genre de mec avec qui je me sens pas identifié.
Avec qui tu te sens pas identifié ?
Demandez-vous si vous avez déjà vu votre pote ici présent en cours
ou en train de faire ses devoirs.
Je maintiens une bonne moyenne.
Ce que je fais de mon temps libre, c'est mon problème, merci bien !
Ton temps libre ? Comme fouiner dans leur cave ?
Je suis un Kappa Alpha Chi, enfoiré. Qu'est-ce qu'il y a ?
Kappa Alpha Chi !
Dis-leur qui t'es, bordel !
OK, tu as l'arme juste là.
Les mecs, vite fait, je vais être honnête avec vous.
Mon vrai nom est Del Goodlow.
OK ? Je vais pas à la fac. J'ai menti.
Pour pouvoir intégrer la confrérie et prendre l'argent
que mon oncle et mon père ont planqué là-bas il y a des années.
Alors, voilà la vérité.
Oh, mon Dieu ! Je vous l'avais dit !
Je vous l'avais dit !
Je vous ai dit, genre, six fois que ce n...
nouveau tramait quelque chose.
Oui, d'accord.
Il ressemble comme deux gouttes d'eau à ce commissaire incendie,
mais je pouvais pas le dire à ce moment-là.
Et oui, ça semblait suspect, avec un peu de recul,
qu'il n'arrête pas de proposer de restaurer la cave.
Je parie que tu n'es même pas un entrepreneur déclaré.
Effectivement.
T'es un connard.
De combien d'argent on parle, Del ?
Rien de très important.
Juste un petit quelque chose qu'il restait d'un travail.
Un peu d'argent ? Il y a un million de dollars là-dedans.
- Pas vrai ? - T'as un million de dollars ?
Je croyais que tu ne voulais pas d'argent sale !
Merde ! Mes mœurs sont flexibles avec les nombres à six chiffres.
Vous savez, légalement parlant,
selon le temps qu'il a passé dans la cave,
il est techniquement à nous, grâce à la possession adverse.
J'ai suivi un cours de droit.
Heureusement pour moi, je me fous de la loi.
OK.
Alors donne-moi cette putain de thune, mec.
Je suis plus une légende de la cité ?
Si, toujours, mais...
Un million de dollars, mon frère.
Sans parler de la réputation que ça va me créer,
si je double un enfoiré comme toi.
Je respecte ça, mais t'auras pas cette merde.
Je l'ai gagnée.
Cela dit,
je crois que tu vas adorer ce qu'il y a dans ce sac.
C'est juste des bricoles que j'ai pris à ces gosses tout à l'heure.
Ça vaut au moins 20 000.
C'est gentil de ta part, Leon. C'est vraiment gentil.
Mais ce serait mieux si tu me passais le reste aussi.
Hourra !
On dirait que tu nous a mis dans le pétrin, Del.
Personne ne quitte cet endroit tant qu'il y a pas de sang par terre.
Attends, OK. Je suis désolé.
Je suis désolé, d'accord ? Je suis désolé, tout le monde.
Je sais que vous êtes vénèr et vous avez bien raison,
mais vous devez comprendre pourquoi j'ai fait ça.
OK, je l'ai fait pour ma mère. Pour sauver cet endroit.
Oncle Leon, allez, mec.
Tu te souviens quand toi et papa avez ouvert ce gymnase ?
Tu te souviens comme tu étais fier ?
Fier d'éloigner ces gosses de la rue.
Ça a changé ma vie.
Et, les gars, je l'avoue. Quand je vous ai rencontrés,
je croyais que vous étiez dès gosses pourri gâtés,
des trous du cul ignorants avec de minuscules mains
qui étaient sur mon chemin, mais je me suis trompé.
Vous êtes tous de la famille.
Vous êtes tous mes frères.
Je crois vraiment à ce qu'a dit Brock tout à l'heure.
"La famille protège les siens, quoi qu'il arrive."
Même s'ils déconnent.
Que le nom de cette famille soit Kappa Alpha Chi...
Kappa Alpha Chi.
...ou Goodlow.
Va te faire voir, Del.
Aucune connerie de résolution de conflit sentimentale
ne marchera avec moi, négro.
Alors va te faire voir aussi.
- Il m'a tiré une balle dans le cul. - Ta gueule.
Elle a à peine effleuré ton cul.
- Ça fait mal. - Je t'avais dit que ça faisait mal.
Ça suffit !
Tu sais quoi, Del ?
Quand j'ai appris que ton père t'avait parlé de l'argent,
j'ai d'abord pensé...
Merde !
Putain, Del !
Combien de fois je t'ai dit de réparer cette putain de clim ?
Alors voilà.
De bonnes choses arrivent à la cité.
Ma mère a gardé le gymnase.
Et on avait encore plein d'argent à dépenser.
Et voilà, les garçons. Désolé pour votre cave.
Maintenant, on a une famille et on a une affaire.
Allez, vas-y.
Et même si le paiement de notre assurance a triplé,
j'ai fait en sorte que notre pote, Juice, ait un job.
GYMNASE DE DEL
Juice, tu sais que ta convention ne paye pas les idiots, non ?
Pourquoi t'es monté sur une échelle pour pouvoir te pencher ?
Quoi de neuf, voisin ?
Tous les mecs de Kappa Alpha Chi
ont appris à faire de la charité, pour changer.
On s'entraîne ! Allez, on met les gants.
Et Trap, eh bien, il était ravi de revenir au gymnase
et de faire à nouveau partie de la famille.
On lui a même donné un boulot.
La collecte.
On passe à côté d'un sacré butin, mec.
Il faut tout récupérer.
Et papa a dû apprendre la nouvelle.
Parce que j'ai changé notre numéro deux fois et il appelle encore.
Ici le gymnase de Del. Laissez un message.
Mec, décroche ce foutu téléphone ! C'est moi.
C'est Dre.
Négro, je jure que si tu fais de ce gymnase un club de crossfit...
Allô ?
C'est bien de rendre à la communauté, n'est-ce pas ?
- C'est sûr. - Ouais.
- C'est bien. - OK, la voilà !
Pourquoi tu ne commences pas par des toilettes, Barack ?
Je le mérite.
Que ça soit fait.
Au fait, une dernière chose.
Ils sont tous rentrés vivants et tout à fait conscients.
Impressionnant.
Si tu trouves ça impressionnant...
Del, arrête de draguer mes employés et installe la nouvelle clim.
J'ai cours dans 30 minutes.
Que Juice le fasse.
Non !
Merde !
Viens ici, monsieur l'étudiant musclé.
Écarte-toi si tu veux voir un vrai homme.
- Occupe-toi de tes oignons, Reggie. - Occupe-toi de tes oignons, Reggie.
- Tu crois quoi, là ? - Tant pis pour toi.
Mec, ça...
On veut pas d'un prix des Kid's Choice, c'est naze.
Tu vas la laisser me taquiner, mec ?
Cette putain de capsule témoin !
C'est trop ? J'ai exagéré ?
Mon garçon !
Ne t'endors pas
quand j'essaye de te faire M. Rogers
ou Dr Phil.
Je sais pas pourquoi t'arrêtes pas de regarder ce Saint Bernard.
Il veut que des donuts.
Je pourrais le gifler et jeter un donut par terre,
il devra prendre une décision.
- Il choisira quoi à ton avis ? - Le donut.
Ce putain de donut.
- Je crois que je l'ai. - OK, elle l'a.
Non, je l'ai pas.
Traduit par : Juliette Mora
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