All language subtitles for Tales.Of.Manhattan.1942 Fra.

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Original subtitles

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SIX DESTINS

5e avenue...

- Bonjour, Messieurs. - Bonjour.

Par ici, s'il vous pla�t.

Monsieur Orman vient juste de se lever.

Les c�l�brit�s dorment en g�n�ral tard.

- Vous pouvez l'ouvrir, M. Martelli. - Oui, M. Lazar.

Non.

- Bonjour, Messieurs. - Bonjour, M. Orman.

Qu'en dites-vous ?

- Joli. - Regardez les �paules.

- Que pensez-vous des revers ? - Parfait.

Il serait mieux sur vous.

Non, il est toujours mieux sur lui. Il est plus d�tendu.

Luther, une fleur.

Regardez-le. Rien ne le pr�occupe.

- Vous n'�tes pas superstitieux ? - Pas le moins du monde.

- Quelle chance. - Pourquoi ?

� cause de Bartoldi...

- Quel est le probl�me ? - Oh, rien, rien.

Eh bien, si vous voulez savoir,

- ce costume est maudit. - Maudit ?

Oui, vous vous souvenez de Bartoldi, notre tailleur ?

Oui et quel est le rapport ?

- J'ai d� le renvoyer pour ce costume. - Comment cela ?

On s'est querell�s sur les revers.

- Ils sont parfaits. - N'est-ce pas ?

Quand Bartoldi est parti, il �tait rouge de col�re...

et � assurer qu'il porterait malheur � quiconque le porterait.

- Il l'a maudit. - Quel dommage.

Mais c'est le plus beau costume que je n'ai jamais fait...

et je sais qu'il vous portera chance. Oui, Monsieur,

c'est un costume porte-bonheur et vous serez heureux dedans.

Anthony, j'exige une r�ponse.

- Est-ce que c'est vrai ? - Malheureusement...

oui.

Non, non, non !

G�nial, Paul ! C'est un tabac !

On les a eus !

La plus grande premi�re de la saison...

Tu les as tenus dans ta paume d'un bout � l'autre, comme �a !

Paul, qu'est-ce qu'il y a ?

O� vas-tu ?

Chef ! Attendez !

Chef !

- D�p�che-toi, ils t'attendent ! - Allez, Paul, ils te r�clament !

O� vas-tu ? Tu es fou !

Tu vas devoir saluer au moins une douzaine de fois.

Impossible ! O� est Luther ?

Luther ?

�coute, tu ne peux pas me faire �a !

Que vais-je leur dire ? Que tu es devenu dingue ?

- Que je refuse de quitter mon r�le. - Quel r�le ?

Celui du cadavre. Je suis mort, tu t'en souviens ?

- Allons, chef, s'il vous pla�t. - Attends, un peu.

Je suis ton manager et j'ai le droit de savoir. De quoi s'agit-il ?

Va � mon appartement et attends. Je t'appelle si j'ai des nouvelles.

Foncez, Luther.

Patron, vous �tiez au top, ce soir, Cette derni�re sc�ne �tait formidable.

�a ne m'int�resse pas. Combien de temps �a va prendre ?

- 10 minutes, si on est pas arr�t�s. - Bien.

On y sera dans 15 minutes.

- Allez, dites-moi ce qu'on raconte. - Juste ce que je vous ai dit.

Vous �tes vernis de vous �tre d�barrasser d'elle, l'an pass�.

C'est un aper�u.

C'�tait plus que de la chance. C'�tait une b�n�diction.

Pourquoi ai-je eu trois fours de suite ? Car elle croyait pouvoir bien jouer.

D�s que j'entre en sc�ne, sans elle, regarde, je fais un tabac.

Vous l'avez dit, patron.

Mais ce qui je me choque est que vous vouliez encore tout recommencer.

Peu importe.

Pourquoi ralentissez-vous ? Acc�l�rez.

Bonsoir, Monsieur. Je vous prie de m'excuser, �tes-vous invit� ?

Oh, M. Orman !

Comme c'est gentil � vous. C'est bon, Larry.

Je suis si heureuse de votre venue.

- Bonsoir. - Imb�cile. Pourquoi es-tu venu ?

L'amour me rend parfois aveugle.

Apr�s ce que j'ai v�cu aujourd'hui. S'il te voit, comment va-t-il r�agir ?

- Qui ? Ton mari ? - Oui.

Combien de fois devrais-je te dire ce que j'ai travers� l'an pass� ?

Ma vie m'appartient. Il nous suspecte constamment.

� la simple mention de ton nom, il d�lire comme un fou.

Quel dommage ! La folie doit te mettre les nerfs � rude �preuve.

- C'est path�tique. - Ce n'est pas le moment de plaisanter.

Je t'en prie, va-t'en.

J'avais tout m�ticuleusement pr�par� pour nous,

et l�, tu vas foutre en l'air, tout ce que j'ai fait.

Tu es si d�sorient�e que tu ne m'as m�me pas demand� comment �tait la premi�re.

J'avais une premi�re ce soir, tu t'en souviens ?

- Oh, pardonne-moi, comment c'�tait ? - Un tabac, on a mis le feu sur sc�ne.

- Et toi ? - � mon sommet.

- J'en suis ravie. - Merci.

Pars, s'il te pla�t.

Je serai demain en ville � 10 h pour te voir.

- Oh, vraiment ? - Bien s�r, comme on avait pr�vu.

Petite menteuse hypocrite !

Paul, tu es fou !

Tu me vois demain, hein ?

Non, ma ch�re, toi vivante, tu ne me verras ni demain, ni jamais plus.

� moins que tu n'ach�tes une entr�e au guichet.

Je te dis au revoir pour toujours.

Tu es venu ici pour dire au revoir ?

Non, je suis venu ici pour te supplier,

t'enlacer, t'embrasser, et tomber � tes pieds.

- Apparemment, tu as chang� d'avis. - Oui, car tu as encore menti.

Sais-tu ce qu'est de regarder les yeux d'une femme, alors qu'elle ment ?

Pardonne-moi, je devrais �tre plus tol�rant avec une menteuse.

Je l'ai �t�, moi-m�me, si souvent.

On se quitte sans nouvelle dispute. Tranquillement et calmement.

Je sais tout.

Tu pars demain � 9 h avec lui en avion pour le Canada, chasser l'orignal.

Oh, c'est donc cela.

Tu ne lui as pas dit que c'�tait fini entre vous.

Tu ne lui as pas dit que tu m'aimes...

Au lieu de cela, tu vas le prendre dans tes bras et lui dire :

"Oui, ch�ri, j'irai avec toi, n'importe o�. Je suis ta bonne et loyale �pouse.

Je n'aime que toi, personne d'autre".

Paul, s'il te plait, tu dois t'en aller.

John, regarde qui vient d'arriver.

Hello, M. Orman,

- ravi de vous voir. - Comment allez-vous ?

J'ignorais que tu attendais le c�l�bre M. Orman, ce soir.

Je ne te l'ai pas dit, mais j'y comptais. D'une certaine fa�on.

Paul a donn� la premi�re de sa nouvelle pi�ce ce soir.

Ah, oui. Alors, la nouvelle pi�ce est un bide, hein ?

Non, au contraire. C'est un tr�s beau succ�s.

Je passe le week-end pas loin d'ici, et vous souhaite bonne chasse.

- Au Canada, n'est-ce pas ? - Oui, je chasse toujours au Canada.

Eh, vous l�-bas !

Pas si vite.

- Prendrez-vous un verre, M. Orman ? - Non, merci.

- �thel ? - Non.

- Ne crois-tu pas que c'est assez ? - Franchement, non.

Et en plus, tu fais des m�langes. S'il te pla�t, John.

C'est ainsi que j'aime mes verres, m�lang�s.

�a garde mon int�r�t pour la boisson. Sinon, je m'ennuie.

- S�r, vous n'en voulez pas un ? - Non, merci.

J'ai d'autres rem�des � l'ennui.

J'imagine.

D�sol� de ne pouvoir rester � votre f�te.

Je vous dis donc au revoir et un tr�s bon voyage � tous deux.

Eh bien, vous gaspillez l'un de vos au revoir, M. Orman.

Ma femme ne m'accompagne pas.

Elle a insist� pour rester.

C'est ce vieil Charlie Henderson.

Faut que je lui parle avant qu'il soit trop fait.

- Eh bien, au revoir. - Au revoir.

Va au pavillon au bout du jardin. Fais attention, j'y vais tout de suite.

Je t'adore.

- Pardonne-moi d'avoir douter de toi. - C'est sans importance.

- Est-ce que tu m'aimes ? - Oh, oui, bien s�r, je t'aime.

- Le temps, nous en avons peu. - Comment �a, tu as le reste de ta vie.

- Mais, Paul... - Allez, viens, assieds-toi.

J'ai appris quelque chose ce soir. J'ai compris combien je t'aime.

Tu m'as dit �a, il y a un an d�j�. Et tu m'as laiss� tomb�e.

Tu m'as laiss�e l'�pouser. Tu n'as m�me pas t�l�phon�.

- Si tu avais demander mon pardon... - J'ai �t� stupide.

J'ignorais alors que l'amour �tait plus qu'une bonne sc�ne.

La plus charmante des sc�nes.

J'ignorais que c'�tait quelque chose qui...

qui pouvait vous d�chirer le coeur et vous br�ler jusqu'au sang.

C'est ce que tu ressens ?

Et toi ?

Ma ch�rie.

Je sais ce que tu faisais.

Tu me disais des mensonges et � lui aussi, je sais.

Je l'ai moi-m�me trop fait. Mais c'est fini, pour nous deux.

Que veux-tu dire ?

Tu viens avec moi, demain.

Au Br�sil. Tu peux lui c�bler.

On y restera jusqu'� ce qu'il t'accorde le divorce.

Et puis, on se mariera.

Mariera ?

- Toi ? - Oui, moi. J'ai besoin de toi.

J'en ai pris conscience aujourd'hui. J'ai besoin de toi et je dois le payer.

Tu m'effraies.

Mais tu... m'aimes assez ?

Oh, oui, ch�ri.

Je t'appelle dans la matin�e, juste apr�s son d�part.

Mais si tu m'aimes tant, pourquoi avais-tu si peur dans la maison ?

Il est tr�s curieux quand il boit.

Je ne voulais pas qu'il t'arrive quelque chose.

Pourquoi ?

Je ne le supporterais pas. Je ne pourrais pas vivre sans toi.

Je ne pourrais pas...

Murray Hill 7564, s'il vous pla�t.

- Qui appelles-tu ? - M. Webb, mon manager.

Pourquoi, lui ?

J'ai des nouvelles pour lui. Il attend dans mon appartement.

- Quelles nouvelles, Paul ? - Embrasse-moi.

Je t'adore...

follement, stupidement, aveugl�ment.

Allo, Oliver ? Oui, c'est moi.

Peu importe o� je suis. �coute-moi bien et ne discute pas.

Je veux que tu arr�tes la pi�ce. J'ai dit d'arr�ter la pi�ce.

Oui, cadenasse le th��tre. Je pars demain pour six mois.

- Paul, tu arr�tes un succ�s ? - Ch�rie, tu en vaux mille.

J'esp�re.

Oliver.

Non, non. J'ai bien toute ma t�te.

En fait, c'est bien la premi�re fois depuis que je suis n�.

Fais ce que je te dis !

C'est mon spectacle, mon argent, mon th��tre. Ferme-le !

Tr�s bien, paie-les tous. Et prends-moi deux billets pour Rio.

Pour demain. C'est cela.

Je me surprends un peu, moi-m�me.

- T'ai-je sembl� tr�s na�f ? - Non.

C'est ainsi que vont les choses.

Toujours agir jusqu'� trouver quelque chose en quoi l'on croit.

�teints la lumi�re.

La f�te devenait ennuyeuse. Trop de gens bourr�s.

Je te cherchais.

On discutait de la nouvelle pi�ce de Paul. C'�tait si bruyant l�-dedans.

Oui, je l'imagine.

Je me demandais si tu avais chang� d'avis.

- � quel propos ? - Du Canada, de venir avec moi.

Oh, non, je crains que non.

Oh, comment peux-tu r�sister au meilleur site de tirs au monde,

si l'on cherche l'orignal ?

Avez-vous d�j� chass� l'orignal, M. Orman ?

Non, jamais.

Peut-�tre, aimeriez-vous m'accompagner.

John, tu es ivre.

N'exag�re pas. Je ne suis jamais saoul.

Je suis pompette mais pas ivre.

Je vous pr�terai mon arme pr�f�r�e, M. Orman.

Laissez-moi vous montrez ma collection, l'une des meilleures, vous savez ?

La voil�. Il m'a fallu des ann�es pour la r�unir, et ici.

Celle-la, c'est ma pr�f�r�e.

Jamais, elle ne m'a trahie.

La voil�, le colonel Johnson. Colonel, comment allez-vous ?

Mais... J'allais justement partir.

Balivernes. J'ai toujours voulu vous parler.

Vous permettez, un petit coup de lustre, au Colonel, hein ?

Ne pointe pas d'arme dans la maison.

Ne t'inqui�te pas. Le Colonel n'est pas charg�.

Je suis peut-�tre une broutille, mais pas le Colonel.

Il y a trois ans, j'ai eu un wapiti.

Le voici.

L'ann�e derni�re, j'ai tir� trois orignaux.

Le Colonel n'�tait alors que capitaine. Je l'ai promu apr�s le 3e orignal.

- De quoi vouliez-vous me parler ? - Oh, de plein de choses.

Mais on va commencer par les armes. C'est mon dada.

Je ne crois pas que �a int�resse, Paul.

Oui, les armes ont un certain int�r�t, dans des mains d'experts.

Exactement.

L'homme que cette arme n'int�resserait pas serait un nigaud.

Parole, un aveugle pourrait taper l'oeil d'un canard � cent pas avec le Colonel.

- Ce bon vieux, Colonel. - Vous vous rappelez de l'ami, l�-haut ?

�thel, tu ne saurais pas o� j'ai mis la burette d'huile ?

John, on doit retourner � la maison, on doit leur manquer.

Quoi, tu crois qu'on leur manque ? S�rement pas, ils s'amusent bien.

Que vouliez-vous me dire � propos des armes, M. Halloway ?

- Vous ne vous en servez jamais ? - Si, sur sc�ne.

- Et vous tirez ? - Sur sc�ne.

- Pas avec des vraies balles ? - Non.

Juste � blanc, hein ?

Oui, juste � blanc. Nous, acteurs, on les pr�f�re.

Ceci est absurde, John.

Paul vient de donner sa premi�re et est s�rement �puis�.

Ch�ri, tu n'as pas dans� avec moi, ce soir.

Viens, veux-tu ?

Je l'ai remarqu�. C'est trop tard maintenant.

Veux-tu cesser de tripoter ce fusil ! �a commence � m'agacer !

Pourquoi n'y vas-tu pas, �thel ?

Peut-�tre que ton mari souhaite me parler, seul ?

Oh, non, je n'ai pas de secrets pour ma femme, mais elle, peut-�tre si.

Avec les femmes, il y a toujours une moiti� qui manque.

Mais les homme sont faits d'un bloc. Empreints de v�rit� et d'honneur.

Oui, ces choses viennent avec l'�ge.

Merci. Bien dit. Je suppose qu'un acteur peut s'en sortir sans eux.

Oh, oui. Un acteur peut s'en sortir sans rien, except� une bonne pi�ce.

D�sol� d'avoir rat� votre pi�ce. J'ai cru comprendre qu'on vous y tue.

Oui, � la fin du dernier acte.

Ils ne pouvaient pas se d�cider ?

Non, ce n'est pas cela. Ils ne peuvent se permettre de me tuer plus t�t.

�a aurait �t� mauvais pour la pi�ce.

Je vois... C'est une femme qui vous descend.

Oui, une femme que j'aime.

- �a semble tr�s dramatique. - John !

Je ne veux plus �tre interrompu.

Comment jouez-vous quand elle pointe l'arme sur vous ?

En ayant peur ?

Non.

Un peu triste, mais r�sign�.

Je bois un whisky avec des gla�ons.

- Vous en voulez un ? - Non, merci.

Je ne supporte pas de te voir ivre comme �a !

- Je ne vous ennuie pas, M. Orman ? - Non, pas du tout.

Vous �tes debout devant elle et ne jouez pas la peur, hein ?

Pourquoi cela ? �a ne me para�t pas r�el.

Eh bien, que sugg�reriez-vous que je fasse ?

Face � une arme, un type joue toujours la peur.

Oui, mais un acteur sans courage ferait un bide.

Le public appr�cie toujours le courage.

Donc, vous pensez � votre public quand vous jouez ?

Toujours.

C'est quelque chose que je n'ai jamais pu comprendre avec �thel.

Je n'ai jamais pu discerner si elle �tait sinc�re ou jouait.

Laissez quelqu'un douter toute une ann�e.

Le mariage n'est pas marrant quand il se mue en concours de doutes.

Bon !

Vous voil�, Colonel !

Tout remis � neuf... Soign�...

Propre...

Et pr�t pour partir � la chasse.

John !

Est-ce... Est-ce que c'�tait assez long, M. Halloway ?

Je devenais tr�s nerveux.

- C'�tait un accident. - Vraiment ?

Tu l'as vu, �thel ! Je nettoyais l'arme. Le coup est parti.

Je ne pensais pas qu'il �tait charg�.

Tu l'as tu� !

Que vas-tu faire ?

Ils vont venir ici. La police !

Ils t'arr�terons et t'emporteront.

Oh, John, pourquoi as-tu fait �a ?

Je ne supporterai pas. C'est notre ruine, � tous deux.

Pourquoi as-tu fait �a ?

C'�tait un accident. Je nettoyais mon arme.

Tu l'as vu.

Oh, oui...

Oui, bien s�r.

C'�tait un accident.

Tu peux dire � la police...

que c'�tait... involontaire.

Que ton mari et moi �tions les meilleurs amis.

Oui, bien s�r. Je le leur dirais.

Je dirais �a.

John.

- Appelle un m�decin, s'il te pla�t. - Non, non.

C'est trop tard pour un m�decin.

Le rideau est tomb�.

C'est la fin de l'acte III.

- Il a soudainement... - Non, non, on appelle un m�decin.

Oh, ch�rie, je ne savais pas. J'ai �t� b�te et horrible.

Je t'ai fait faire cela.

Tu n'as rien fait.

C'�tait un accident.

�a aurait pu arriver

� n'importe qui.

Je vais avertir les domestiques.

Tu seras mon t�moin ?

Oui.

Jusqu'� la fin.

Chic fille.

Bon.

Je vais les pr�venir.

Ne te d�range pas. Je vais bien.

Paul, tu n'es pas bless� ! Gr�ce au ciel.

- Qu'en avez-vous pens� ? - De quoi ?

De ma performance. Je n'ai pas pu r�sister.

Vous savez ces sc�nes sont ma sp�cialit� depuis que je suis devenu c�l�bre.

Donc quand quelqu'un me tire dessus, je tombe raide mort.

Vous... jouiez ?

Oh, ce n'est pas la nuit du Colonel.

Ce n'est pas le magicien que vous me vantiez. Il m'a bien rat�.

J'esp�re que vous aurez plus de chance au Canada.

Oh, non, ne vous soyez pas si abattu.

Je d�pareillerais l�-haut sur une plaque.

- Vous jouiez ? - Oui.

Ton mari m'a mis en t�te...

se plaignant de toi,

qu'il �tait incapable de distinguer quand tu jouais ou �tais sinc�re.

J'ai pens� ainsi lui montrer un exemple de fait r�el.

Paul, il n'a pas essay� de te tuer, ce n'�tait qu'un accident.

La seule chose accidentelle, ici, ma ch�re, est qu'il m'ait rat�.

�a, c'�tait un vrai accident. Mais lui, le Colonel.

Je crains, Monsieur, que vous ne deviez le r�trograder � nouveau en capitaine.

Vous n'avez pas � vous soucier de votre femme, M. Halloway.

Elle, elle peut se griser au vin de la romance...

mais vous, vous serez toujours, du lendemain matin.

Vous auriez d� m'interroger sur elle.

Ainsi vous auriez �viter l'embarras de cette tentative de meurtre.

Paul, ce n'est pas vrai, je l'ai vu. C'�tait un accident, tu dois me croire.

Oui.

Oui, M. Halloway.

Elle �tait sinc�re quand vous doutiez.

Elle �tait sinc�re en chacun de ses mots.

Elle aime votre c�t� viril et votre fid�le compte en banque.

Elle vous aime avec d�vouement,

de tout son coeur. Que Dieu la b�nisse.

Au revoir. �thel.

Tu ne vas rien faire � ce propos ?

- Rien du tout. - Orman, je ne sais pas quoi dire.

Quand vous saurez, dites-le lui sous la pleine lune canadienne.

Bonne nuit, M. Halloway. Bonne nuit, Capitaine.

Bonne nuit.

- D�j� fini ? - Oui.

Quelle destination, maintenant ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Mais vous saignez ! On vous a tir� dessus ! Que s'est-il pass� ?

�tes-vous gravement bless� ? Qui vous a fait �a ?

Pourquoi ? Mais vous �tes tremp�s !

- Vous pouvez parler, M. Orman ? - Oui, oui. Arr�tez de crier.

Pourquoi, on vous a tir� dessus ?

Oui. Foutu, mon nouveau costume. Le plus beau costume que j'ai jamais eu.

C'est de ma faute. Je l'ai mis sur le mauvais mannequin.

- Je vais chercher un m�decin. - Non, non.

� l'h�pital Saint-Luke. Foncez.

Rappelez-vous, c'est un accident.

Pas de publicit�.

Je ne veux pas que vous g�chiez ma sc�ne.

J'ai �t� superbe.

Et ce type qui disait que ce costume vous porterait chance.

Peut-�tre que si.

Oui, oui.

Une minute et je vous apporte votre Aspirine.

- Bonjour, Edgar. - Ah, c'est toi, Luther. Salut.

- Est-ce que... - Tu peux entrer, M. Wilson dort encore.

Attention aux bris de verre.

Qu'est-ce qui s'est pass� ici ?

M. Wilson s'est mari� hier soir.

Oh, bien s�r. Cette nuit. Le c�libataire a d�n� ici ?

C'est tout comme. M. Wilson a ramen� quelques amis

apr�s, pour un dernier verre.

Il semble qu'ils aient eu quelques soucis pour en arriver l�.

Qu'est-ce qui est arriv� � la salle de s�jour ?

Ces Messieurs l'ont utilis� comme stade.

C'�tait mieux pour jouer quelques mi-temps d'un jeu d'Yale-Harvard.

Ce sont les poteaux de but.

- L'un d'eux t'est tomb� dessus ? - Oh, �a ?

Non, c'est arriv�, quand ces Messieurs ont d�cid�

que je jouerai les derni�res minutes de jeu.

Une m�l�e ?

Non. Ils m'ont donn� la balle et j'ai fait l'erreur de partir du mauvais c�t�.

- Oh, c'est tr�s dangereux. - Maintenant, je le sais.

M. Wilson m'a personnellement plaqu�. Il est cent pour cent am�ricain.

- Une triple menace. - Une cigarette ?

- O� vas-tu porter �a ? - Ici, � toi, l'id�al pour un mariage.

M. Wilson poss�de son propre frac.

Tu pourrais le porter pour marquer ton respect envers ton employeur.

Tout le respect que j'ai envers M. Wilson tiendrait dans un short.

Pour te dire la v�rit�, j'ai besoin de 10 dollars.

J'ai pens� pouvoir le laisser en otage jusqu'� ce que je sois pay�, samedi.

Tr�s bien, allons jeter un oeil.

Est- ce le frac de M. Orman ?

- Oui, il n'en a pas besoin � l'h�pital. - Que lui est-il arriv� ?

Un probl�me personnel. N'est-ce pas un beau frac ?

Oui...

Ils les font tous avec des trous dedans ?

Des trous ? �a doit �tre une mite.

Une plut�t grande mite.

M. Orman a toujours en tout le dessus du panier.

Incluant des mites de calibre 32.

Bon, �coute, Edgar, sois tu me pr�tes ces 10 dollars et tu gardes le frac,

soit non. Pas besoin de chicaner.

Je ne chicanais pas. Je n'ai pas le temps de chicaner ou de ne pas chicaner.

Une autre interruption.

Edgar, au nom de notre vieille amiti�.

Edgar, je disais, au nom de notre amiti� de longue date.

Bon, mais sois l� samedi avec les 10 dollars ou cette amiti� prendra fin.

Merci, Edgar. Merci.

- Au revoir. - Au revoir.

Oh, j'ai dit, "Bonjour".

Oh, bonjour, Mlle Diane.

Eh bien, oui, M. Wilson est ici.

Inutile de prendre cette voix, Edgar. Je reconnais ce ton.

- �a signifie que M. Wilson dort encore. - Oui.

Cessez de marmonner.

Atteignez la sonnette et pressez-la fermement.

Mais qui se soucie de sa t�te ?

Allo ?

Oh, bonjour mon coeur. Comment vas-tu ?

Et qui es-tu ?

Juste la fille que tu vas �pouser.

L�ve-toi mon ch�ri.

On a rendez-vous pour d�jeuner, tu te souviens ?

Je prends ce gargouillis pour un oui.

Quelle heure est-il ? 11 h 25.

On est mardi, on est au mois de septembre...

les pigeons volent, et j'ai rendez-vous pour me marier ce soir.

Oui, ch�ri, on se voit tout � l'heure.

Au revoir.

Dormir � cette heure de la journ�e. Souvenez-vous de ce que je dis !

Un mari� qui dort, c'est une fianc�e qui pleure.

Quelle pens�e heureuse, le jour de mes noces.

- Salut, Ellen. - Salut.

Oh, Diane, ce mariage pue !

Voil�, une autre belle pens�e.

- Mais qu'est-ce qu'il y a, Ellen ? - Tout.

- Mon mouchoir est tout tremp�. - Prends un des miens.

Quoique qu'une serviette serait plus adapt�e.

Il n'y a pas de quoi plaisanter.

Je suis malheureuse.

Je vais divorcer de Jim.

Il sait que je d�teste les femmes aux cheveux roux.

Oh, oh, il y a une rouquine.

C'est un soulagement de la cruaut� g�n�rale habituelle.

Comment sais-tu que c'est une rouquine ?

J'ai trouv� un peigne tach� de henn� dans la poche de son frac.

C'est m�me pas une vraie rouquine.

Et que faisais-tu dans la poche de son frac ?

- Ce que j'y faisais, rien. - T'es tomb�e dedans ?

Je devais y chercher des timbres.

La Poste est si loin ? Ils ont souvent des timbres dans les poches de leur frac ?

Tu serais �tonn�e de ce qu'ils y gardent. Une fois, Jim...

Ton histoire me parait longue et je dois m'habiller.

- Viens donc avec moi chez Harry ? - Non, je suis trop d�prim�e pour sortir.

Mais, Ellen, c'est le jour de mes noces.

Je sais, tu seras ce petit c�t� triste qui porte chance � la mari�e.

Je vais dire � M. Wilson que vous �tes ici, Mlle Diane.

Ne le r�veillez pas compl�tement. Je veux juste qu'il me jette un oeil.

Il va probablement voir double apr�s avoir bu �a.

- C'est quoi ? - Un remontant.

La vache ! Qui y a-t-il de plus que du fluide d'embaumement ?

Du Tabasco, de l'ammoniaque, du poivre rouge,

du Cognac et, euh... un soup�on de lait.

- C'est le lait qui enrobe le s�v�re. - Bien s�r, Mlle Diane.

Allez, Ellen, souris !

Comment puis-je �tre gaie quand je sais ce que je sais de Jim ?

Eh bien, en un sens, c'est bien fait pour toi.

D'abord, tu n'avais pas � lui faire les poches.

Tu ne regardes jamais dans les poches d'Harry ?

Vraiment, l'occasion ne s'est encore jamais pr�sent�e.

- Et quand elle se pr�sentera, je t'assure... - Tiens !

Tiens, quoi ?

L'occasion vient de se pr�senter.

Que vas-tu faire ?

Je ne vais rien faire.

- Car tu as toute confiance en Harry. - Exactement.

J'aurais aim� avoir cette chance avant d'�pouser Jim.

Pense au temps que j'aurais gagn�.

Pense au temps que tu pourrais gagner, si tu regardes.

Pourquoi, Ellen ? C'est terrible ce que tu dis d'Harry.

�coute, tu regarderais � l'instant m�me si tu ne craignais pas que j'ai raison.

Mais je ne crois pas que tu aies raison. Tu ne me crois pas ?

Tr�s bien, je vais te montrer.

Des timbres. Qu'est-ce que je te disais ?

Pourquoi Harry n'aurait-il pas le droit d'avoir des timbres s'il le souhaite ?

Il n'y a pas de loi contre le fait de poster du courrier apr�s 9 h.

Un tiquet de vestiaire.

Rien d'incriminant, non plus � cela.

Beaucoup d'homme �tent leur chapeau � l'int�rieur.

Un mouchoir.

Cesse de me citer chaque chose. Je sais ce qu'est un mouchoir.

D�ploie-le.

- M�me pas de trace de rouge � l�vres. - Continue.

Des cigarettes...

Des allumettes...

Et...

13 cents. Tu peux voir, que je l'ai �pous� pour son argent.

Continue.

- Il n'y a plus d'autres endroits. - Oh, si il y en a un.

La poche la plus cruciale de toutes...

C'est l� o� j'ai trouv� le peigne.

Vraiment, Ellen, cela devient...

Regarde. Qu'est-ce que je te disais ?

Ce n'est qu'une facture.

Ils les parfument, maintenant ?

Si ce n'est pas le cas, il est temps qu'ils s'y mettent.

Oh, non, ne fais pas �a. Si tu ne veux pas, moi je vais le faire.

"Mon lion passionn�".

Tu crois que j'invente ? J'en serais bien incapable.

Laisse-moi voir.

Tu as raison. "Mon lion passionn�".

Il faudrait lui parler de son orthographe. De nos jours, "passionn�" prend deux "s".

Laisse tomber l'orthographe. Continue.

"Toute la journ�e, j'ai senti que tu me traquais encore".

Je pouvais presque voir tes yeux briller.

Et sentir ton souffle chaud sur mon cou.

Je pouvais m�me entendre le bruit sourd de tes pattes."

- Le lion a des talons en caoutchouc. - De qui est-ce, Diane, de qui ?

C'est sign� "L'�cureuil". Aide-moi donc. C'est sign� ainsi.

Oh, ma pauvre.

"Oh, mon lion, mon lion.

Chaque moment pass� loin de toi, est une �ternit�."

Restez pas l� plant� comme un idiot. Sortez et emp�chez-la.

- L'emp�cher de quoi ? - De lire la lettre.

- Oui, mais comment ? - N'importe, trouvez quelque chose.

Dites-lui que la maison est en feu.

Allo, George ? Laisse tout tomber et rapplique fissa.

Tout est important. Si jamais, tu n'es venu voler � mon aide, accours de suite.

"�Oh, mon lion, j'aime ta force et ta douceur.

J'aime ta fa�on de rugir...

quand..."

Veuillez m'excuser, Mlle Diane. Je crois que quelque chose br�le.

Je sais, Edgar. C'est moi.

Oui, mais...

Quoi ? Alors va au pressing le r�cup�rer. Tu ne me sers � rien sans le frac.

- Pardonnez-moi, mais j'ai un frac. - Ici ?

- Oui, dans la cuisine. - Edgar, vous me sauver !

Allo, George, oublie tout mais rapplique.

C'est la d�b�cle. On doit frapper.

"Mon lion passionn�, mon extase est quasi insupportable.

Merci, merci. Le vison vient juste d'arriver.

Il est l� sur le lit, � mes c�t�s...

Lustr� et chaud comme..."

Tr�sor, o� es-tu ?

- Bonjour, ch�rie. - Non, non.

Mais...

Salut, Ellen, �a va ?

Je n'ai pas le moral et pense n'�tre pas la seule.

Qui peut �tre malheureux par une belle journ�e comme �a ?

- N'est-ce pas une belle journ�e ? - Parfaite pour la traque.

- Je crois que je ferai mieux d'y aller. - Oh, non, ne pars pas.

- Tu br�les de rester seul. - Oh, non. On n'est pas...

Je veux dire, euh... Tu ne restes pas d�jeuner ?

Non, merci, Harry.

Apr�s tout, c'est votre dernier repas ensemble. Avant votre mariage.

- Au revoir, ma belle. - Au revoir.

Au revoir, Harry, grand fauve.

Roi des animaux.

Faudra que tu m'expliques.

Quoi ? Le lion s'est �gar� dans l'obscurit� de la jungle ?

Jungle ?

Vive le vent, vive le vent, vive le vent d'hiver...

Peut-�tre cette petite chose va t-elle t'�clairer, mon lion passionn�.

Rappelle-toi, celui-ci, c'est son frac.

- Bon, mon frac est le sien. - Parfait.

- Et son frac est le mien. - Et...

- Et sa lettre... - Est � moi. Je n'y comprends rien.

Alors ?

Elle, elle, elle... D'o� elle...

Tu sais parfaitement d'o� elle vient. De la poche de ton frac.

- Diane, je ne... - Arr�te �a et fini tes phrases !

- Avoue. - Avouer quoi ?

Le lion dans sa tani�re.

- Il y a quelqu'un ? - George !

Salut, George. Comment vas-tu ?

- Qu'est-ce qui t'am�ne � cette heure ? - Ce sera � toi de me le dire.

Bonjour, Diane.

Bonjour, George.

- Oh, ai-je interrompu quelque chose ? - Comme on dit... Oui.

C'est direct comme r�ponse, mais l�, tu reconnais ma pr�sence, choses rare.

Mais tu attendras jusqu'� ce que je suive ce cours de personnalit�.

Bon, salut les amis.

- Eh, George, ne t'en vas pas. - Je repasserai plus tard.

Ne fais pas l'idiot. Ne pense m�me pas � partir.

D'abord, pourquoi es-tu venu si tu repars d�j� ?

- Oh, je vais attendre. - Mais pourquoi attendre. Viens, George.

Dis-nous de quoi il s'agit.

Eh bien, c'est juste qu'apr�s la m�l�e au football de la nuit derni�re.

J'ai pris le mauvais frac.

T'as fait quoi ?

J'ai ramen� ton frac chez moi par erreur, et suis venu r�cup�rer le mien.

Le gar�on d'honneur se doit de porter son propre frac.

Oh, regarde, il est l�.

Maintenant, tu comprends ?

George, r�p�te �a.

J'ai ramen� le frac d'Harry chez moi par erreur.

Tu veux dire...

- Tu veux dire... que ce frac est � toi ? - Oui, il ressemble au mien.

- Oui, oui... - Certainement, c'est �a.

Mes cigarettes et mes allumettes.

George !

Mon mouchoir.

Un tiquet de vestiaire.

George...

Es-tu s�r que c'est bien ton frac ?

Je reconnais mon propre frac quand je le vois.

Tu ne l'as pas reconnu hier soir.

Eh bien, je n'�tais pas vraiment au meilleur de ma forme, hier soir.

De plus, Harry et moi avons la m�me taille.

Exactement, on fait exactement la m�me taille.

Mais oui, c'est vrai, n'est-ce pas ?

Et la m�me constitution.

Sauf que... je crois...

que les �paules de George sont un tout petit peu plus larges.

Harry, pourquoi ne courres-tu pas mettre ton pantalon ?

Ce n'est pas une mauvaise id�e. Un rasage ne serait pas mal non plus.

Non, s�rement pas. Un rasage beau et propre comme celui de George.

- Allez, vas-y, vas-y. - D'accord, j'y vais.

- Tiens compagnie � Diane pour moi. - Bien s�r.

Un chic type. C'est le meilleur ami qu'on puisse avoir. Il fait tout par toi.

� toute � l'heure.

- Pourquoi fais-tu �a ? - Pour que tu te sentes � l'aise.

�a semble faire l'effet contraire.

Pourquoi me regardes-tu ainsi ? Tu ne m'as jamais vu auparavant ?

Non, je ne pense pas.

Du moins, pas sous cette lumi�re particuli�re.

Pourquoi te caches-tu derri�re cette table ?

Eh bien, c'est la premi�re fois que je me retrouve seule avec un lion.

Un lion ?

Moi ?

C'est ainsi que l'�cureuil t'appelle, non ?

L'�cureuil ?

Tu sais.

Ne me dis pas que tu l'as d�j� oubli�.

Oh, l'�cureuil.

Oui, bien s�r.

Le petit �cureuil.

George, tu me surprends.

Moi aussi, je suis �tonn�.

Tu es vraiment diff�rent de l'image que j'avais de toi.

- J'ignorais que tu avais un avis sur moi. - Si, j'en avais un.

Je croyais que tu �tais terne. Oui, c'est le mot. Terne.

Que tu restais le soir chez toi, pour r�soudre des probl�mes d'�checs.

Tu sais, mat en 3 coups et ce genre de choses.

- Mais maintenant... - Mais...

Tu ne crois plus que je suis terne.

Je ne crois plus que tu es terne.

Ni que tu joues aux �checs.

Ou que tu aies des probl�mes.

Oh, si, j'en ai.

Les lions n'ont pas de probl�me. Ils sont libres et sans complexe.

Je peux te voir maintenant,

quand tombe la nuit...

te d�pla�ant silencieusement dans la jungle

- sur tes douces pattes. - Vraiment ?

Tes yeux brillent.

Ta crini�re louvoie alors que tu te glisses furtivement.

- Pour arriver, finalement l�... - O� �a ?

Cesse de m'interrompre. Tu es l�.

Je peux te voir � la porte.

Non, je ne te vois pas. Tu frappes � la porte ou tu sonnes ?

Non, je fracasse la porte.

Mais �a ne fait pas mal ?

Une fois, je me suis d�mis l'�paule, mais ce n'�tait qu'une �gratignure.

Dis-moi, George. De quoi parliez-vous tous deux ?

On discute juste des sujets d'actualit�.

Est-ce que tu rugis comme elle le dit ?

Oh, �a.

Oui, naturellement, le lion rugit.

George, rugirais-tu maintenant ?

Non, je ne suis pas d'humeur.

Allez, George, s'il te pla�t. Juste pour moi.

Non, je me sentirais stupide.

George, s'il te pla�t.

Ce n'est pas un lion, c'est un P�kinois.

Tu as peur, hein ?

Oh, je n'ai pas peur.

Ne sois pas idiot.

Je veux dire... C'est...

Attends. Une minute...

Les lions peuvent �tre apprivois�s, aussi. N'oublie pas.

Recule, recule.

Allez, recule.

Recule.

Recule, allez, recule, recule.

Recule. Couch�, couch�.

Voil�. �a, c'est un bon lion.

Oh, nous les lions on a aussi nos moments doux.

Et le lion se couchera avec l'agneau. Et tout �a.

Non ?

Le lion se couchera avec l'�cureuil. Et tout �a.

C'est ainsi que �a se passe, non ?

Et l'�cureuil se couchera avec le vison.

C'est une sorte d'arrangement comme dans l'arche de No�.

Oh, No� n'est venu que bien apr�s. L�, il faut remonter jusqu'� Adam.

Y avait-il des �cureuils dans le jardin d'�den ?

C'est probablement pourquoi �ve est partie.

C'est une chose assez cynique � dire pour une jeune femme.

Et que voudrais-tu que je te dise ? "Oh, mon lion, mon lion.

Chaque moment pass� loin de loin de toi est une �ternit�."

- Est-ce que c'est mieux ? - Super.

Tu dois l'appr�cier, elle te l'a �crit.

Parle-moi d'elle, George. Comment est-elle ?

Eh bien, elle est...

Elle est...

Elle est ravissante.

Tu sais, assise l�, comme �a, tu lui ressembles beaucoup.

Ah, oui ?

Les m�mes longs cils.

Le m�me petit nez, les m�mes cheveux ensoleill�s.

Les m�mes yeux rieurs.

Mais je n'�cris pas de lettres.

Je regrette de ne pas l'avoir fait.

Ce doit �tre amusant d'�crire des choses comme :

"�trange comme tu m'as donn� des pens�es que je n'avais jamais eu auparavant.

Qu'�tre proche de toi ne ressemble en rien d'�tre proche de quiconque".

C'est le meilleur passage de la lettre.

"Que de te conna�tre...

est diff�rent de conna�tre n'importe qui au monde".

- Est-ce que �a va, George ? - C'est parfait.

Je suis heureuse que tu aimes.

Voudrais-tu entendre ce que je lui ai �crit ?

Oui, j'aimerais.

"Ta voix est comme une aube...

Comme un jardin en fleurs...

Comme un oiseau dans le ciel".

Encore, George.

"Soit gentille et lib�re-moi.

Sois encore plus gentille et retiens-moi pour toujours et � jamais".

Mes citations ne te d�rangent pas, n'est-ce pas ?

Oh, non, bien s�r, non. C'est merveilleux.

Tu sembles avoir attrap� l'humeur de chacun, pr�cis�ment.

Oui.

Tu sais, parfois les gens font �a, par lettres, je veux dire.

Fr�le-moi le cou de tes l�vres.

�tait-ce dans la lettre ?

Oh, non, ce sont mes pens�es. J'ai juste voulu entendre � quoi �a ressemblerait.

C'�tait magnifique.

Voyons � quoi �a ressemble.

Je veux plus que tout au monde te tenir dans mes bras.

- Lettre ? - Non, c'est de moi.

L'obscurit� r�gnait depuis fort longtemps...

Quand tout � coup, la lumi�re fut.

Et cette lumi�re c'�tait toi.

Lettre ?

De t�te.

Ch�rie...

� partir de maintenant et pour toujours...

De t�te, Diane...

Ces moments pr�sents sont � nous et pour toujours.

Lettre ? Ces moments pr�sents...

- De toi ? - Du coeur.

George.

Comment les gens savent-ils quand ils sont vraiment amoureux ?

Eh bien, d'abord je suppose qu'ils...

d�couvrent qu'ils aiment �tre ensemble,

et puis ils d�couvrent qu'ils pensent la m�me chose.

Alors, apr�s un certain temps, ils d�couvrent qu'ils disent la m�me chose,

au m�me moment.

- Et tu sais que c'est ainsi ? - Eh bien, je le suppose.

Tes suppositions seront les miennes.

�a doit �tre merveilleux...

d'�tre ainsi.

- George. - J'ai longtemps attendu.

Mais maintenant ?

Maintenant, tu vas �pouser Harry.

Et selon la coutume, le gar�on d'honneur embrasse la mari�e.

C'est tout ce qu'il y a � faire.

Il n'est pas l�.

C'est un appartement vide.

Il n'y a personne ici, personne en m'incluant.

�a ira, Edgar. J'attendrai.

Il ne viendra pas, Mlle Gray. Il est parti � Chicago...

pour la nuit.

Je vois. Il est � Chicago et le mariage � New York.

Pourquoi mes lettres sont-elles �parpill�es partout ?

Pour donner vie � cette pi�ce ?

Elle me suit partout.

Je vais lui montrer qu'il ne peut pas me montrer de cette fa�on.

Elle d�teste les fleurs.

Et les fruits aussi.

George, arr�te-la. Elle n'aime pas le Champagne non plus.

�cureuil !

- On s'est rencontr�s ? - �cureuil.

- Elle a une tr�s mauvaise m�moire. - Oui, je vois.

Quoi... ?

Je vais t'en montrer du "quoi ?" ! Te marier sans me le dire !

Je pique une crise ?

�coute, je peux tout t'expliquer. Tu vois...

�a ne fait rien, George. C'est � moi maintenant.

D�sol�, Diane, mais on ne peut impliquer George.

Tu vois, son frac n'�tait pas vraiment le mien.

- En fait, c'est celui d'Edgar. - Non, c'est celui de Luther.

Non, non, c'est pas celui de Luther, c'est le frac de M. Orman.

- qui est � l'h�pital. - Tu comprends... mon frac...

Une minute. Je crois qu'il serait mieux que personne ne se justifie.

Voici ta lettre, �cureuil.

Et voici ta bague, Harry.

Et �a, c'est mon lion.

Si jamais, tu veux encore de l'aide, fais-le moi juste savoir.

- Il est trou�. - On sait qu'il est trou�.

- La question est : Combien ? - Avec le trou.

7 dollars.

7 dollars ? Pour ce frac ! Allez, viens, Edgar.

Un petite seconde. Laissez-moi le voir � la lumi�re.

- Trouv� une chose qui vous pla�t ? - Merci, je regarde juste.

7 dollars et tu avais dit pas � moins de 25.

J'ai dit qu'on partagerait � partir de 10, non ?

� partir de 10, oui.

C'est ce que j'ai entendu et veux.

Voil� l'argent, 10 dollars, � prendre ou � laisser.

- On le prend. - Je le prends. Viens.

Bonne journ�e, Messieurs.

Eh, quel beau frac. Il serait parfait pour mon mari.

Votre mari est serveur ?

Oh, non. Il n'est pas serveur. C'est un grand musicien.

Pourquoi croyez-vous que je vous paie au mois ?

Pour de la musique, pas assassinat ! Bonne musique, compris ?

M. Walker...

Je dois, je dois absolument sortir pour une demi-heure.

Continuez de jouer.

Je, je...

CHEF D'ORCHESTRE

Je ne peux diriger des somnambules ! Je ne peux r�veiller des morts !

Je ne peux pas ! Je ne le veux pas !

On reprend mesure 26, Messieurs.

Votre mi b�mol est plat, Monsieur.

Je vous serai reconnaissant de ne pas r��crire la partition.

Cette note est di�s�e.

Oui, oui !

Vous jouez tout comme c'est �crit. Toutes les notes comme des robots.

Sans vie, sans sensibilit�.

Mais ce ne sont pas que des notes.

Ces notes sont �crites avec esprit, avec coeur.

La musique sans sentiment n'est que du bruit.

Vous comprenez donc pas ?

Vous ne savez pas lire ?

Regardez juste la 4e note, apr�s la mesure 35.

Que voyez-vous ? Des triolets !

Comme une suite de triolets !

Tr�s bien, Messieurs, c'en est trop. On reprend dans une demi -heure.

Vous avez besoin de repos et moi aussi.

Trop tard pour s'excuser.

Viens, Charlie, partons.

Viens, maintenant.

Attends.

Qu'est-ce que c'est ?

Veuillez m'excuser, Ma�tre, mais Smith est l�.

- Quel Smith ? - Charles Smith.

- Le compositeur dont je vous ai parl�. - Quand ?

Ces dix derni�res ann�es. Vous deviez le voir demain.

- Mais on n'est pas demain. - Mais c'�tait hier.

C'est hier que vous m'avez dit demain, et c'est aujourd'hui.

D�sol�, mais je n'ai pas temps.

Mais, Ma�tre, cet homme est un g�nie...

Un ma�tre.

Oh, non, ma�tre.

J'ai toujours pens� que Stravinsky �tait le plus, euh... Non.

�tait digne de votre consid�ration distingu�e.

Bonsoir.

Bonsoir.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Eh bien, qu'attendez-vous ?

- Jouez. - Oui.

Maman !

J'ai r�ussi !

Qu'est-ce qu'il t'a dit, ch�ri ?

Il m'a embrass� sur les joues.

Oh, le porc !

- Quand va-t-il te jouer ? - C'est moi qui vais conduire.

On r�p�te deux semaines, en commen�ant demain.

- Il a ador� le scherzo. - �a ne m'�tonne pas.

Il est venu droit sur moi avec les yeux brillants.

Et m'a dit : "Smith, vous �tes un g�nie".

Il va me pr�senter au public, en personne.

Mesdames et Messieurs.

J'ai le grand honneur de vous pr�senter � M. Smith...

au Carnegie Hall.

PREMI�RE REPR�SENTATION

DIRIG�E PAR LE COMPOSITEUR

Mon Dieu, 8 h ! Faut se d�p�cher.

- Maman, c'est le grand soir pour Charlie. - Oh, mon b�b�.

Charly, tu ne peux diriger ainsi. Il te faut un frac et une cravate blanche.

- Mais il n'a pas de frac ! - Tu aurais d� y penser avant.

J'aurais d� ? Je deviens folle � penser � tout !

Oh, Cubby, ch�ri, je peux t'en avoir un. Je sais o� le trouver.

Maintenant, filez tous les deux, j'apporterai tout � la loge.

Ch�rie, tu es s�re que tout va aller ?

D�p�chez-vous, c'est tr�s important.

D'accord, Madame. Quelle taille fait votre mari ?

Oh, je sais pas. Tenez, cette taille.

- Oh, d'accord. Votre mari est musicien ? - Oui.

Je vois.

Voyons voir. �a lui ira comme un gant.

- Il est trop petit. - Oh, ch�ri.

- Et il y a un trou, regarde. - Personne ne le verra.

C'est � vous, M. Smith.

�a ira, ch�rie. �a ira.

On d�nera dehors, ce soir, ch�rie.

Mesdames et Messieurs, Monsieur Charles Smith.

- Quoi ? - Votre manche est d�chir�e dans le dos.

Continuez.

S'il vous pla�t.

ON A BESOIN DE VOUS

- Vous en connaissez des malchanceux ? - En effet.

- Donnez-leur ceci, voulez-vous ? - Merci, Monsieur.

- Oh, c'est un frac. - Non, non, c'est un porte-bonheur.

Bonne nuit, que Dieu vous b�nisse.

Allez, venez. Venez.

�a te semble �tre un porte-bonheur ?

Euh... Un porte-bonheur ?

�a ressemble plus � l'arri�re d'un million de dollars.

Mets-le dans l'armoire, Molly.

Voici les cl�s.

- Tais-toi. S'il te pla�t. - Salut, les amis !

- Si ce sont des factures, garde-les. - Je dois les pr�senter,

mais rien ne t'oblige � les ouvrir.

- Aucun courrier pour moi, P'pa ? - Rien des admirateurs.

Tu vas la fermer !

Molly, que ferais-tu de �a ?

Au revoir.

Au revoir. � la prochaine.

Avery L. Browne.

Avery L.

Tu crois que �a pourrait �tre Larry ?

H�tel Blackstone, Chicago. Oui, �a se pourrait.

- Il s'est montr�, hier soir ? - Non, �a doit �tre un de ces vieux tours.

- C'est dr�le d'�crire Browne avec un "e" - Oui.

Je crois que je ferais mieux...

Je crois que je ferais mieux d'aller voir. N'oublie pas de verrouiller.

- Salut, Joe. - Salut.

D�gagez.

Larry, est-ce pour toi ?

Non.

Si la faim te travaille, passe faire un tour.

Donne-la moi.

Qu'est-ce que tu attends ?

Vas-y, lis-la.

C'est pour �a que tu me l'as apport�e, non ?

"Promotion de 1917. Universit�...

D�ner de notre 25e anniversaire au Waldorf Astoria.

Le 5 octobre, � 20 h."

Mais c'est aujourd'hui.

"Nous t'exhortons au nom de l'amour que nous portons � notre universit�...

d'�tre des n�tres".

H. B. (Hank) Bronson.

Hank.

"Tenue de soir�e."

Un whisky.

Voici.

- Tu crois que �a va me requinquez ? - Oui, oui, vas-y.

- T'as une cigarette ? - Non.

Tenez, prenez une des miennes.

Allez-y.

Merci.

- �a fait cinq ans que t'es dans le coin. - Six.

Et chaque jour depuis six ans, tu me dis que tu vas aller en ville.

Et te remettre sur pieds, loin de tout cela.

Mais il semble que tu aies toujours besoin d'un verre de plus pour t'animer.

Peut-�tre si tu ne t'animais pas, un jour, tu partirais vraiment.

- Oui, eh bien, je sais ce que je fais. - Oh, oui, bien s�r.

- Je ne veux pas de sermon. - T'ai-je jamais dit de ne pas boire ?

Si t'en as besoin d'un autre, vas-y. Je paie.

Tiens.

On dit qu'ils ont un tr�s bon cuisinier au Waldorf. Pourquoi n'irais-tu pas ?

�a devrait �tre agr�able.

Voici ta chance de revenir en ville. Et je ne te parle pas

d'�tre au Nord de la 14e rue...

mais d'�tre au Nord de toi-m�me.

Tu as assez vu les caniveaux, les asiles de nuit et ces lieux de pr�dilection.

Si tu glissais tes pieds sous une table, commandais un bon steak...

dormais dans un lit propre et parlais la langue qui est tienne...

tu serais de nouveau apte � empoigner la vie.

Qu'en dis-tu ?

C'est quoi, une soir�e costum�e ? Je dois y aller en J. P. Morgan ?

Je veux que tu y ailles en tant qu'Avery L. Browne.

Avery L. Browne, avec un "e".

Si tu t'inqui�tes de ton aspect, va voir Molly.

� propos...

On a justement re�u un habit ce matin. �a doit �tre le ciel qui nous l'envoie.

Pete, tu vas la fermer ?

Tu devrais avoir des cuirs vernis mais ces pantalons seront assez longs.

Je crois que personne ne le remarquera.

Tu devrais lui trouver une chemise ad�quate.

Tu as vu le prix ? 1.75 dollars.

Peu importe.

- Imagine que ce... truc ridicule... - Un plastron, m�re.

- Imagine qu'il saute. - Pas s'il garde son veston boutonn�.

O� Larry se rend, on appelle cela un gilet.

Tiens, Larry. Enfile �a.

- C'est de la belle ouvrage. - Oui, �a a d� co�ter une jolie somme.

Touche cette soie.

Votre gilet, M. Browne.

Voil�.

�a devrait tenir pour un homme de votre taille.

Si vous ne mangez pas trop.

Ne dirait-on pas qu'il a �t� fait pour vous ? Presque.

Bon, Larry, fais-moi voir...

- Oh, c'est bon. - Passe-moi le chapeau, Mary.

Mettez-le.

- �a va ? - Parfait.

Oh, tiens, Larry.

C'est ce qu'on a laiss� dans la bo�te.

C'est assez pour quelques verres...

Ou pour t'emmener en ville.

- Bonsoir. - Bonsoir, M. Browne.

Attendez.

- Merci, ma ch�re. - Bonsoir.

Joints-toi � nous pour c�l�brer notre universit�

L'�toile qui nous a guid�s

Pour vivre ces jours d'espoir et de joie

Et chanter � nouveau

L'amiti�

De ces ann�es d'universit�

Jamais, jamais

Ne cessera.

Joints-toi � nous pour c�l�brer notre universit�

Et chanter � nouveau

Eh ! Qui est-ce ?

Mais si c'est pas... Larry Browne !

Ce vieux fils de... Comment �a va depuis le temps ?

J'ai cru que tu ne viendrais jamais. Il �tait temps.

Eh, les amis ! Regardez qui est l�. Larry Browne en personne.

Salut, Browne. Tu arrives � temps.

- Qu'est-ce qui t'a retenu ? - Quelle �l�gance.

On venait juste de commencer.

- Salut, Larry, comment �a va ? - Salut, Sam.

- Davis, le Sentimental. - Larry Browne.

Vieil branche, je t'embrasse.

Dis, t'as perdu un peu de poids, non ?

Oui, je ne m'en �tais pas rendu compte avant d'enfiler cette veste ce soir.

C'est quoi le probl�me ? Ils te nourrissent mal ?

Oh, non, le dur labeur, l'ami. Ce n'est que le dur labeur.

Tu devrais essayer de temps en temps.

- Salut, Larry. - Salut, Larry. Comment �a va ?

Eh, Gar�on ! Un petit quelque chose pour que fr�re Browne puisse...

s'humidifier le gosier. Il est � la tra�ne.

Qu'est-ce ce que ce sera ?

Du Champagne de Mme Waldorf ou pr�f�rerais-tu du plus costaud ?

D�sol�, mais je n'y touche pas.

J'en sers toujours, mais je n'y touche jamais, moi-m�me.

D'accord, mon pote. Mais rends-moi service, d'accord ?

Tiens-la juste.

Je ne t'y force en rien. Tiens-la juste.

Ne la gaspille pas ! C'est une substance pr�cieuse.

On doit la conserver.

Bien, si tu ne bois pas, tu manges encore. Gar�on, une autre assiette.

Non, non, merci. Je viens de manger en avion.

- Quel avion ? - J'arrive juste de la C�te Ouest.

Une minute ! Tu �tais en Californie tout ce temps et tu n'es pas venu me voir ?

Non, je ne faisais que passer.

J'�tais... en Chine.

En Chine ! Dis, �a a d� �tre int�ressant.

- Tu as vu un peu des combats ? - Oui, un peu.

- O� �tais-tu en Chine ? - Un peu partout.

Du riz cantonnais aux nouilles saut�es.

Ce m�me vieux, Larry. �a me fait plaisir de te revoir.

Larry, viens par ici. On doit parler affaires.

Vous inqui�tez pas. Il va revenir.

�coute, tu restes longtemps en ville ?

Juste quelques jours, histoire de t�ter le terrain.

- Tu n'as encore rien arr�t�, c'est cela ? - Non, non, pas vraiment...

Laisse tomber, j'ai un travail qui t'irait comme un gant.

Bien, je n'ai encore jamais repouss� un client.

- D'ordre fiscal. - C'est dans mes cordes.

Je sais. Peux-tu �tre � mon bureau demain � 9 h30 ?

- J'avais pr�vu... - Pour rencontrer mon partenaire,

- et te faire une id�e g�n�rale. - Oui, mais tu vois...

Si c'est une question d'argent, on s'en occupe.

- O� �tes-vous ? - 40, Wall Street.

- Eh bien, j'y serai. - Bien.

Alors, Larry, je vois que tu es toujours en retard aux cours.

- Professeur Lyons. - Oui.

"Avant tout, sois loyal envers toi-m�me,

et aussi infailliblement que la nuit suit le jour, tu ne pourras �tre d�loyal."

"envers personne !", "envers personne !".

Tentes-tu encore de r��crire Shakespeare ?

"tu ne pourras �tre d�loyal envers personne."

Bien ! Comment vas-tu mon gar�on ?

Bien, Monsieur.

- Et vous ? - Je vais toujours bien.

Gr�ce � un estomac en b�ton et nulle ambition.

Eh oui. Je continue � v�g�ter ann�e apr�s ann�e...

comme le lierre sur la vieille chapelle, Vous vous souvenez ?

Tandis que vous, avocats et m�decins prosp�res...

et financiers de premier plan sautant d'un triomphe, l'autre.

Vous enrichissant et grossissant.

Grossissant, surtout.

Parfois, j'avoue, que je vous envie, les gars.

Et puis de nouveau, je ne sais pas. C'est plut�t amusant de s'asseoir

avec les conformistes et de regarder la parade passer...

tandis que vous, les gars, vous battez la mesure et donner le "la",

et que tout le m�rite nous revient.

25 ann�es ont pass�, Professeur.

- Et nous revoil�. - �a a d� vous sembler long, les gars.

Oui, je m'en souviens. On allait l�cher le monde.

Oui, le pr�server pour la d�mocratie.

Montrer � l'ancienne g�n�ration ce qu'on allait faire de ce bordel.

Nous �tions jeunes et plein d'allant, vous vous souvenez, Professeur ?

Je pensais � cela aujourd'hui, en regardant ma classe d'anglais.

Des enfants comme vous l'avez �t�. Un peu plus brillants, peut-�tre.

Et j'ai pens� : "Ils n'ont pas tant chang� le monde.

Mais en regardant bien, ils n'ont pas fait si mal non plus."

Tom, tu as fais un plut�t bon juge, toutes choses �tant �gales.

Merci.

John, tu as �t� beaucoup d'appendices...

et a �t� surpay�, aussi.

Larry a �t� en Chine. Ce qui est d�j� en soi, un accomplissement.

Puget Sound est le lieu le plus �loign� o� j'ai �t�, un �t�.

�a doit faire, oh, 40 ans.

Depuis, je vis dans ce souvenir.

Oui, vous avez vos familles, vous faites votre travail

et vous n'avez pas oubli� vos amis.

Quand vous aurez mon �ge

vous d�couvrirez que ce sont ces choses qui font le bonheur et la joie.

Eh, Prof ! Vous n'entendez pas la cloche sonner ?

�a signifie que la classe est finie. On doit chanter et boire, s�rieusement.

Ne me laissez pas vous arr�ter. Je ne le pourrais pas.

Allez, les gars, pr�parez-vous.

Oh, Hen, mon gar�on.

Hen, mon gar�on, et si tu donnais � Larry l'un de tes petits fameux cigares

avant que l'on commence ? Ce type doit bien avoir un vice.

D�sol�, j'aurais d� en commander plus. Hank, ici, a pris ma derni�re poign�e.

De nos jours, il te faut vendre quelque chose de plus

que la personnalit� avec tes assurances.

Salut, Browne.

Salut, Williams.

J'ai entendu dire que tu venais de Chine ?

C'est exact.

- Longtemps ? - Oh, assez longtemps.

- O� �tais-tu ? - Toujours en cette vieille terre, Chicago.

- Je peux la mettre sur la m�me note ? - Non, c'est pour ma pomme.

Voil� les gars, servez-vous.

- Le champion maladroit. - Laisse-la moi.

- Non, c'est pour moi. - Voil� tout ce dont on a besoin

C'est dr�le. J'�tais s�r de l'avoir quand je suis rentr�.

- T'as perdu ton portefeuille ? - Oui.

Que quelqu'un ferme les portes. Et que personne ne sorte.

Un crime vient d'�tre commis.

Qu'avais-tu dedans, de bonnes adresses ?

Non, mais en fait, j'avais une grosse somme d'argent.

Je file � Washington demain et j'ai d� encaisser un ch�que avant de partir.

Ne t'inqui�te pas. On va tout retourner.

Je n'�coute pas les �missions de d�tectives pour rien.

Moi, le Sherlock Holmes bis.

Que chacun reste o� il est. L'on doit reconstituer le crime.

- Qui �tait � c�t� de toi, Henderson ? - Oh, Larry, je crois.

Alors, Browne ?

Partage avec moi, mec et je te sors de l�.

Eh, une petite minute. Tu �tais aussi � ses c�t�s.

C'est vrai, mais toi tu �tais assis � c�t� de lui pendant le d�ner.

- Bien s�r. - Eh bien, Messieurs

il ne reste qu'une chose � faire. Fouiller tout le monde !

Merci, Monsieur le D�tective, mais ce ne sera pas n�cessaire.

Pourquoi pas ? C'est une excellente id�e,

le tout dans la bonne humeur. Pas vrai, Browne ?

J'insiste pour �tre fouiller.

- Tout pourvu que je sorte de ce frac. - Je ne l'ai pas port� depuis mes noces.

Doit-on �ter son pantalon aussi ?

Qu'est-ce qu'il y a Browne, O� est ton sens de l'humour ?

- Allez, Larry, esquivons cela ! - �te tes pattes de moi.

Tu veux jouer les durs, hein ?

Et c'est l� que je fais le meilleur tacle jamais r�alis� compte tenu du poids.

Bas les pattes ! Ne t'approche pas de moi !

- Allez, les gars, on lui fait cracher ! - Du calme.

Attendez, on est dans un pays libre, et on ne peut forcer un homme

� t�moigner contre lui-m�me.

- N'est-ce pas, Juge ? - Pas dans mon tribunal.

Une cour. Voil� l'id�e !

Nous allons si�ger et ce sera au jury de trancher.

Vous, les gars, l�-bas, vous serez le jury. 12 hommes bons et vrais.

Asseyez-vous, Messieurs, les jur�s, prenez place.

Je vais m'asseoir juste ici.

Williams, en tant que t�nor du barreau, vous serez notre procureur.

J'en serai ravi � moins que Browne ne me pr�f�re en t�moin de moralit�.

Juge, votre honneur, nous sommes en session.

- Tr�s bien. - Que vais-je gagner � vous d�fendre ?

Bon, la blague a assez dur� et si on retournait � nos chansons ?

Le prisonnier pourrait mettre fin � tout cela en acceptant d'�tre fouill�.

Eh, les gars, lib�rez le box des t�moins.

- Lib�rez le box. - Messieurs, je d�clare l'audience ouverte.

Vous pouvez proc�der, Monsieur le procureur.

Votre honneur, Messieurs, les jur�s.

Au vue de la nature circonstancielle de la preuve dans cette affaire...

l'�tat sera oblig� de mettre en cause le caract�re du prisonnier � la barre.

Et s'efforcera de prouver par des t�moignages oculaires

que le coupable par sa conduite pass�e...

s'est lui-m�me mis hors la loi face � une soci�t� convenable.

- Qu'est-ce qu'il a ? - A-t-il perdu la t�te ?

Silence dans la cour. Asseyez-vous tous o� je vous fais jeter dehors !

Votre t�moin, M. Browne.

C'est euh... Tout va bien, votre honneur.

On voulait juste vous montrer comment on traite nos affaires,

� Chicago, hein, Williams ?

Messieurs, les jur�s.

Vous ignorez ce que c'est pour moi d'�tre ici avec mes amis de la promotion de 17.

�a ne me g�ne pas de vous dire que je pense � vous souvent.

Bon sang ! S�r que si je l'avais su, j'avais une police id�ale pour toi.

Cependant, �a n'a rien � voir.

Ce qui vous int�resse est que je r�ponde aux charges qui m'ont �t� port�es.

Franchement, j'aurais aim� �tre pr�t � pr�senter une meilleure d�fense.

Mais croyez-le ou pas, discourir est la derni�re chose que j'imaginais ce soir.

La vraie raison de ma venue, est...

Eh bien, on pourrait dire, que c'�tait la chasse aux feux follets.

L'espace d'un instant, j'ai cru les avoir trouv�s.

Surtout quand j'ai parl� avec mon camarade de chambr�e, Davis, le Sentimental,

et avec le professeur Lyons.

Mais je m'y attendais, j'ai �chou�.

Tu sais pourquoi ? Car tu es trop sobre, comme moi.

Ma d�fense, pour ce qu'il en est...

d�bute le jour de notre remise de dipl�me, un jour de juin 1917.

Elle nous m�ne d'abord � un camp d'entra�nement militaire puis � l'�tranger.

L'armistice, retour au pays Chicago, la loi.

Rien de tr�s inhabituel � cela.

Ni au chapitre suivant de la vie de celui qui, vous vous souvenez

a battu Williams de peu, et a �t� d�sign� comme ayant le plus de chance de gagner.

Une fille...

Un mariage, une maison...

et une succession de clients miteux qui semblaient toujours coupables,

mais n'�taient jamais pr�voyants pour voler assez et �tre r�fut�s.

Ma femme.

Tu te souviens d'elle, Williams ?

Je devrais. Je te l'ai pr�sent�e au bal des terminales.

Probablement l'une des rares erreurs que tu n'aies jamais commise.

Une belle femme.

Oh, oh, une femme magnifique.

Qui aurait pu avoir toutes ces choses escompt�es si elle s'�tait mari�e...

� quelqu'un d'autre.

Oh, c'est l� que tu as commenc� � faire les poches, hein ?

Cherchez la femme,

Le jury ne tiendra pas compte de cette remarque et tu me dois un whisky.

C'est alors qu'une belle et merveilleuse chose se pr�senta.

La prohibition. Cette noble tentative au souvenir b�ni, demeura parmi nous.

Nulle part, elle ne fut accueillie � bras ouverts comme � Chicago.

Un commerce nocturne fleurit subitement.

Mes clients...

Vous en f�tes l'un de mes premiers, votre Honneur. Merci.

Mes clients qui n'�taient pas plus candidats au pichet de vin qu'autrefois

�taient dor�navant suffisamment nantis pour �tre consid�r�s comme

ces m�mes piliers de notre communaut�.

Heureusement pour moi, ils �taient � la fois g�n�reux et reconnaissants.

Et je l'avoue, un temps, je me suis vu p�t� de thune.

Mais le pi�ge fut, votre Honneur, que cela ne dura pas.

Qu'est-ce qui perdure, Larry ?

Oh, je l'ignore.

Plein de bonnes choses.

L'amiti�.

Une bonne camarader�e. N'est-ce pas pourquoi on est ici ce soir ?

Toutes ces choses dont le professeur parlait.

Tu crois en cela, non, Williams ?

Oh, de tout mon coeur.

Mais comme je le disais, avec l'av�nement de la prohibition,

nombre de mes clients commenc�rent � remplir des tombes pr�matur�es.

Tandis que beaucoup d'autres affichaient une p�leur carc�rale.

Eh bien, s'il n'y avait eu ce joli et chic num�ro de corde raide,

je n'aurais peut-�tre pas pu �tre l�, ce soir.

Il n'y a aucun doute � ce propos.

Comme cela s'est av�r�, ce fut un simple cas de radiation du barreau,

valant � peine d'�tre mentionner, pas m�me dans le Chicago Tribune.

Tu dois l'admettre, tu as b�n�fici� de chaque doute.

Oh, oui.

Oui, gr�ce � toi, le Comit� des griefs de l'ordre des avocats fut tr�s g�n�reux.

On voulait �pargner ta femme et ta famille.

Malheureusement, ma femme n'a pas saisi tout l'humour de ma situation.

La perte des id�aux, comme dirait le professeur Lyons.

Et sur l'avis d'un conseiller on statua que tout cela n'avait �t�

qu'une terrible erreur, et que le moins on en parlait, mieux c'�tait.

Apr�s tout, qui devait la bl�mer ?

Elle �tait encore jeune et belle.

J'ai r�alis� que j'avais �t� chanceux de l'avoir connue.

Quant � moi...

il n'y avait vraiment plus rien qui me retenait.

J'ai donc ainsi d�riv�, d'abord d'un lieu � un autre,

pour finalement avoir l'immense chance de m'�tablir en Chine.

Le quartier chinois.

Larry !

Vous y avez cru, n'est-ce pas en ma venue en avion ce soir ?

Et tu as aussi march�, Le Sentimental, pour ce travail que tu me proposais.

Non, pourquoi pas ? Tout �a, n'est qu'une blague.

Comme ma pr�sence ici.

En fait, je n'y avais pas du tout pens� jusqu'� ce matin o� l'un de mes amis,

un chouette type, n'effectue une mission en bas de la rue Dewey.

Vous devriez passer, tous, assister � une messe et �couter de vrais t�moignages.

Pariez que je ne pouvais pas venir ce soir pour vous embobiner.

Mais oui, je lui aurais pris son argent

si Henderson n'avait pas �t� si n�gligent avec son portefeuille,

ou si Hank n'avait pas sugg�r� que l'on soit fouill�s.

Je serais sorti de cette pi�ce ce soir, Avery L. Browne, promotion de 1917,

le meilleur plaqueur que cette vieille �cole n'est jamais eu.

Et aucun de vous ne s'en serait rendu compte, sauf Williams, bien s�r.

Et il n'aurait jamais laiss� tomber un vieux camarade, pas vrai, Williams ?

D�sol�, Juge, mais je crains de n'avoir aucune d�fense.

Je suis juste le genre de gars qui aurait pu voler le portefeuille d'Henderson.

Donc je plaide coupable.

Bien s�r vous n'avez rien contre moi, � part la preuve circonstancielle,

et je connais trop la loi pour savoir qu'un dossier comme le mien est difficile.

Oui, Monsieur,

on dirait que ma seule chance est de suivre le conseil de Williams.

D'�ter ma veste, de vous laisser me fouiller et...

de m'en remettre, moi-m�me, � la merci de la cour.

J'ai retrouv� votre portefeuille dans la voiture. Il pourrait vous �tre utile.

- Oh, merci. - Bien, Monsieur.

Veux-tu la fermer s'il te pla�t ?

Joe, regarde qui est l�.

Larry, comment c'�tait ? As-tu pris du bon temps ?

�a a d� �tre une sacr�e f�te pour que tu ne rentres qu'au matin.

La f�te est finie.

- Voil� ton costume � la J. P. Morgan. - Larry !

Voici, m�re, votre porte-bonheur.

Portez-le aux fr�res Santelli. On en tirera peut-�tre de quoi s'acheter

du rago�t de lapin.

Excusez-moi, Larry Browne vit-il ici ?

Oui, voulez-vous entrer ?

- Mon nom est Bronson. Hank Bronson. - Comment allez-vous, M. Bronson ?

Voici le juge Barnes.

- Enchant�. - Et M. Davis.

Enchant�.

Larry a rendez-vous avec moi � 9 h30,

je viens donc le chercher.

Oui, ainsi il ne sera pas en retard le jour de son embauche.

- Un travail ? - Oui, l�, il va travailler pour moi.

Eh bien, euh, vous les gar�ons...

apr�s la f�te de la nuit derni�re... je crois qu'il dort encore un peu.

- Eh bien, pourrions-nous... - Pas de soucis, il sera l� � l'heure.

- Tr�s bien. - Merci beaucoup.

- Merci. - Dites-lui que nous sommes pass�s.

- Il conna�t l'adresse ? - Oui, 40, Wall.

- Au revoir. - Au revoir.

On va en faire quoi, maintenant ?

Apporte-le aux fr�res Santelli comme je te l'ai dit.

Il a fait son travail ici. Ailleurs, il aidera peut-�tre quelqu'un d'autre.

Oh, oui.

Le Seigneur est ton berger

LES FR�RES SANTELLI V�tements d'occasion

� l'Italienne. Si vous n'entrez pas l�, o� irez- vous ?

Deux pantalons avec chaque costume.

Deux pantalons...

Deux pantalons... �a, c'est chaud !

Comment �a va ? J'aimerais voir quelque chose dans...

Comment allez-vous ? Je peux vous �tre utile ?

- Oui, en effet. - Pourquoi faites-vous cela ?

Il avait tous les droits jusqu'� ce qu'il tire une lame grande comme �a.

Pourquoi vous n'entriez pas ? Tony, un client !

- Venez � l'int�rieur. - Une minute, une minute !

Prenez votre temps ! Une minute !

- Je veux une queue de pie ! - Un frac, vite.

L�chez-moi !

Venez par ici. On a des tapis d'Orient.

Oh, c'est votre gar�on. �a va, fiston ?

- Pourrais-je en avoir un ? - Enfilez �a.

- D�licat comme un taureau ! - C'est parfait. Laissez-moi voir.

L�chez-moi ! L�chez-moi ! Il vous va comme un gant.

- Regardez-vous dans la glace. - Je veux qu'il m'aille comme un frac.

C'est moi ?

On dirait vraiment une illusion.

Mais sortez-moi de cette camisole !

- Peut-�tre ne l'appr�cie-t-il pas ? - Pourquoi ? Il fait neuf sur lui.

Un peu faisand�, non ? Un peu beaucoup, m�me.

Ma femme pr�pare du pastrami.

Oh, mon erreur ! Mais sortez-moi de cette r�serve pour abeilles et insectes.

Attendez.

- Ce frac a appartenu � un millionnaire. - Oui, Monsieur.

Vous plaisantez ? C'�tait un jockey ou un des nains de Blanche-neige.

- J'ai quelle allure, Shigogoomi ? - Pour �tre franc, c'est pas tr�s sexy.

- La veste peut-�tre boudine un peu. - �tez vos sales pattes de moi.

Le bombement me donne du caract�re. Cela d�note un grand coeur.

Messieurs, apr�s mure m�ditation, j'ai d�cid� de passer accord.

- Arriverons-nous � une somme ? - Tr�s bien.

Ce frac, vous pouvez l'avoir pour 15 $.

- Il n'y a personne dans votre dos. - Il devrait. � qui vous adressez-vous ?

- Je vous en donne 3 $. - Vous feriez mieux de l'enlever.

- Comme on ne pourra s'entendre. - Minute ! D�trousseur de cadavres.

Je...

vous donne les 15 $.

- Tenez. - Merci.

- Je vais vous l'envelopper. - Je l'emporte sur moi pour l'assouplir.

Merci pour rien. Allons, ma banque de sang an�mique.

L�, tiens �a.

J'ai �t� embobelin�.

J'ai �t� flou�, escroqu� par une paire d'Esquimaux.

Oh, pardon, M. Langahanky.

Madame fait savoir que vous devez rester � la maison ce soir.

Elle a �t� assez ferme.

Oh, une autre r�union. Et c'est quoi ce soir ?

Je crois que c'est la Haute soci�t� pour la chute de l'alcool.

Le professeur Puzzle-Phizzle en sera le conf�rencier.

Oh, lectures, conf�rences...

Chaque semaine elle ram�ne un nouveau cingl� � la maison.

- �a commence � bien faire. - Pour �tre honn�te, j'en ai aussi marre.

Oh, du lait de coco.

Richard, je crois que j'ai une id�e.

La conf�rence de ce soir va �tre la derni�re d'une longue et p�nible s�rie.

Avec l'aide de grand-p�re, bien s�r.

- Mais, s�rement, vous n'allez pas... - Ne craignez rien.

Mais si Madame d�couvrait cette oasis secr�te, Monsieur...

�a n'arrivera jamais.

- Venez par ici. - Oh, Monsieur...

- Prenez �a, vous savez quoi en faire ? - Oui, tr�s bien, Monsieur.

Ceci sera le lait le plus fort qu'ils n'aient jamais bu.

Oui, Monsieur.

LAIT DE NOIX DE COCO

Voulez-vous vous asseoir, s'il vous pla�t ?

Laissez-vous charmer par le professeur Possflethistle...

Une passerelle, James, mon joli gar�on.

Ma ch�re, Mme Landanke.

C'est si agr�able de vous voir.

Oh, c'est si gentil � vous de m'avoir. Mettez-vous l�. Merci.

Et salutations � tous, fr�res et soeurs, protagonistes

de cette grande bataille contre cette boisson du diable.

Merci, merci.

Une aubaine ce grand et prosp�re public.

Avant que je n'aborde mon sujet de ce soir,

j'aimerais vous faire part que ce d�licieux breuvage

que mon assistante vous sert en passant parmi vous

est un des cadeaux les plus pr�cieux de M�re nature.

Le lait des cocotiers haut perch�s de Kadula-Kadula.

Buvez librement.

Papaye polie.

Eh, notez les r�sultats r�jouissants de cet inoffensif,

bien qu'exotique liquide.

Remarquez le picotement comme si sur la pointe des pieds il parcourait le corps,

passait la langue d'un pas l�ger vers l'oesophage.

Comme l'effet est diff�rent.

Comparez cet �lixir nourrissant

avec cet inexorable ennemi de l'humanit�...

L'alcool.

N'oubliez pas son nom, n'acceptez pas de substituts.

Voici l'oesophage que j'ai �voqu�,

la premi�re partie de notre anatomie, � encaisser le choc

de ce m�lange du diable.

Belz�buth !

Et ici,

Et ici, on trouve le foie...

Tr�s bon avec du bacon.

Cet organe majestueux est une proie facile

est une proie facile pour ces moments fourvoy�s

de liquide saturnales.

Oh... On �touffe horriblement, ici. Ouvrez la fen�tre, Wilbur.

Mieux vaut ouvrir l'autre all�e.

O� en �tais-je ?

Ah, oui !

Voici la route de Birmanie.

Je me souviens bien du voyage.

La temp�te a �clat�, mettant fin � notre petite f�te dans une auberge du bas-c�t�.

Pour le th� et le foie de serpent...

Le foie de serpent...

Le foie de serpent et de savoureux g�teaux.

Une petite fille appel�e Ming jouet nous attendait.

Elle �tait belle � ravir.

Elle avait plus de courbes que la route elle-m�me.

J'ai continu� mon voyage dans une charrette rudimentaire.

Ceci est fait.

Cela am�ne notre voyage � une tr�s heureuse conclusion.

�tait !

Mon assistante va maintenant passer le dollar, l'assiette-chapeau parmi vous.

Je suis allergique aux sons de la monnaie.

Je vous remercie !

Et souvenez-vous, les amis, pas de repos

tant que le lait de coco n'est pas vendu � chaque coin de rue.

Et aussi au milieu du p�t� de maisons.

Bonsoir.

Dites...

Ah, ma voiture.

Je prendrai juste un doigt.

Non, non, pas � l'horizontal, � la verticale. Laisse la couler.

LES FR�RES SANTELLLI V�TEMENTS D'OCCASION

Ils ne prendront m�me pas le temps de me regarder.

Calme-toi. Je me charge du travail. Tu restes dans la voiture.

- Je me glisserai d�s la porte ouverte. - Pourquoi tu la fermes pas ?

Tu dois porter ces fringues de pingouin pour entrer.

C'est l'�tiquette stricte de Park Avenue.

Viens, d�p�che-toi.

Vas-y doucement, on a jusqu'� 22 h.

La voiture est vol�e. Le gars va s'en rendre compte et se mettre � gueuler.

La ferme.

Oh, je suis un ami de M. Reed Patton.

- Bonsoir, Monsieur. - Bonsoir.

- �a marche ce soir ? - Oui, Monsieur.

Faites vos jeux, Mesdames et Messieurs.

Gardez-les en l'air !

Pas une mauvaise prise, environ 50.000.

La joie de Park Avenue.

- Qu'en est-il de l'avion ? - Il attend.

Glisse 2000 au pilote, et ne pose pas de questions. Demain, tu seras � Mexico.

D'accord, tu m'y retrouves la semaine prochaine.

Abandonne la voiture pas trop pr�s de l'a�roport.

D'o� �a pourrait venir ?

Du ciel.

Tais-toi donc.

Ne vois-tu pas que la foudre a mis la marque du Seigneur sur cette chose ?

Je ne demande pas d'o� �a vient ni pourquoi,

mais s�r, �a tombe � point nomm�, le jour avant No�l.

All�luia ! Lou� soit le Seigneur !

J'ai pri� pour cette vache brind�e depuis que je suis mari�e.

Gloire � toi ! Lou� soit le Seigneur !

Le Seigneur est venu ici et est reparti.

Je vais m'acheter un tracteur.

un rouge avec un moteur tout neuf qui ronronne et brille au soleil.

Je vais m'acheter deux tracteurs, trois tracteurs...

et une grande parcelle de terrain, des semences et une belle, grande maison.

Attends, Luke.

Tu dois prier pour ces choses-l�. Et tu ne l'as jamais fait de ta vie

pour quoique ce soit et tu le sais.

J'ai souhait� l'abondance, m�me si je n'ai pas pli� les genoux.

Souhaiter n'est pas prier. On ne doit pas le garder.

C'est p�cher que d'avoir tant d'argent.

Mais... Le r�v�rend Lazarus, lui, c'est homme de Dieu en ce lieu...

Il saura ce que le Seigneur a en t�te.

Apportons-lui tout l'argent et il nous dira qu'en faire.

Ch�re Esther, si tu pries pour un tracteur

n'est-il pas compris que tu pries pour un terrain, aussi ?

Allons-y, Luke.

Eh bien, Luke, as-tu p�ch� envers le Seigneur et la loi ?

�a ressemble fort � un p�ch�, de l�-haut.

Le sh�rif est-il au courant ?

Ceci n'est pas un p�ch�, r�v�rend Lazare. Il y a trop de bont� en lui.

As-tu bu ?

Esther dit que Dieu a envoy� ce miracle du ciel m�me sur les ailes de la foudre.

Tu sais, je veux pas discuter avec elle.

C'est vrai, c'est un sacr� miracle que vous avez eu, ici-bas.

J'ai entendu un tas de pri�res, mais j'ai jamais vu Dieu r�ussir un miracle.

C'est blasph�mer, r�v�rend.

Tais-toi, Nicomedus. Qui est le pr�dicateur par ici ?

Ou c'est toi ? Je ne dis pas que le Seigneur n'a pas r�ussi ici ce miracle.

Eh, Jeff !

Tu es certain que ce manteau venait d'en-haut et non, d'ici-bas ?

Il sent plus le diable que Dieu.

Moise n'a d� cesser de s'expliquer comment le diable avait envoy� la manne

aux enfants d'Isra�l. Il savait que Dieu l'avait envoy� car il croyait en lui.

Voil� ce que c'est, la manne du ciel. Dieu la fait, est parti et l'a refait encore.

Lou�, soit le Seigneur ! All�luia !

- Que comptes-tu faire avec cet argent ? - C'est un miracle, non ?

Je dois le mettre de c�t� jusqu'� ce que je r�fl�chisse.

- Attendez, r�v�rend. - J'y ai d�j� r�fl�chi.

C'est la r�ponse pour tous ceux qui ont pri�, jusqu'au dernier centime.

Bien, all�luia !

J'ai pri� pour un cheval et une charrette,

et la nuit derni�re lors de la temp�te, j'ai pri� pour un nouveau toit.

J'estime avoir pri� pour 100 dollars.

Attention, n'oubliez pas, r�v�rend que Dieu traite directement avec vous.

Tu veux dire, ici m�me dans cette pi�ce ?

J'estime que j'ai juste souhait� ce cheval et cette charrette

et que je n'ai pas eu le temps de prier pour.

C'est le miracle le plus renversant dont j'ai jamais entendu parler.

Dieu l'a envoy� � tous les gens de ce lieu-ci comme cadeau de No�l.

Que tout le monde annonce ce pour quoi il a pri� !

S�r, j'accueillerai bien ce tracteur.

"Tout ce que vous demanderez avec foi par la pri�re, vous le recevrez..."

Saint-Mathieu 21 : 22.

Heureux sont les pauvres car le royaume des cieux leur appartient.

Eh, r�v�rend, n'est-ce pas : "Heureux sont les simples d'esprit" ?

Cela revient au m�me. Quand on est pauvres,

- on est pauvres partout. - �a, c'est vrai, partout.

Nos cadeaux ! D�finis !

Tu as raison, soeur Esther.

Un cadeau de No�l, voil� ce que c'est. � chacun selon sa pri�re.

Et nous serons les adjoints du Seigneur.

Eh, n'est-ce pas quelque chose ? All�luia !

- Pour quoi avez-vous pri�, soeur Esther ? - Oh, j'ai pri� pour une vache bring�e.

Eh bien, Dieu t'alloue 60 dollars pour cela.

Merci, Seigneur.

Pour quoi as-tu pri�, fr�re, Luke ?

Je veux un tracteur, un rouge. Je l'ai tant d�sir� que je sais

que Dieu ne laissera aucune pri�re s'interposer entre nous.

Tu auras ton tracteur. Peut-�tre que Luke n'a pas pri�, officiellement...

mais le Seigneur sait qu'il y a beaucoup de bont� en lui.

J'approuve.

J'ai moi aussi souhait� un tracteur, j'ai dit souhait�, non pri�, soeur Esther.

J'ai cherch� dans le catalogue et le prix indiqu� est de 798 $.

Tiens, Luke.

- J'ai pri� pour un lance-pierre. - C'est une arme du diable.

- S'il a pri� pour, il l'aura. - Eh bien,

tiens, 1 $ pour un lance-pierre, Puisse le Seigneur guider ta main.

J'ai pri� pour des chaussures neuves.

Voil�, 2 $ pour tes chaussures. Joyeux No�l !

- J'ai pri� pour une couverture sans trous. - 3 $ une couverture. Joyeux No�l !

- Pour des chaussures et des bas. - 4 $ pour des chaussures et des bas.

- J'ai pri� pour un nouveau chariot. - Oui, 2 $ pour le chariot.

- J'ai pri� pour de bonnes victuailles. - Moi aussi.

Oui, 2 $ chacun pour de bonnes victuailles.

C'est la journ�e la plus charg�e avant No�l que j'ai jamais eue.

P'pa a pri� pour une nouvelle charrue depuis...

Dis � ton p�re que Dieu a sa charrue pr�te.

P'pa a besoin d'un pantalon neuf.

- Est-ce qu'il a pri� pour ? - Oui, il pri� et a braill� fort.

Alors, cours dire � ton p�re que Dieu l'attend pour avoir sa taille.

Les enfants, �coutez-moi !

Courrez crier au monde que Dieu a envoy� un bel et excellent No�l � tous.

Dites aux gens d'accourir. Lou� soit le Seigneur !

J'ai eu des chaussures Tu as eu des chaussures

Tous les enfants de Dieu ont eu des chaussures

Quand tu arriveras au ciel, mets donc tes chaussures

P'pa, regarde ! M'man, regarde !

Regardez, tous ! Dieu nous a envoy� plus d'argent que vous n'avez jamais vu.

P'pa, M'man !

�a, c'est une bonne nouvelle

Grand-p�re !

Tu sais ce beau cercueil dans lequel tu voulais �tre enterrer...

- Tu peux l'avoir. - De quoi ? Je ne suis pas encore mort.

�a, je peux le voir. Mais ton cercueil attend ta venue � l'�glise.

Oh, t'essayes de te foutre de moi ?

Je vais prier pour mon �me Adieu, adieu

Voici qu'un grand jour approche Adieu, adieu

Si tu mens pour �a, le feu de l'enfer t'aura avant ta mort.

Adieu, adieu

En cette matin�e glorieuse Adieu, adieu

- Oh, pasteur, tiens cette bible - Adieu, adieu

- Je veux 32 dollars. - Pour quoi faire ?

J'ai fait pri� pour des outils de charpentier.

Et tu les as.

Merci, r�v�rend.

- Je veux 9 $ et 75 centimes. - Pourquoi ?

- J'ai fait pri� pour un baril de farine. - Bien, voici 10 dollars.

Pr�parez donc des biscuits pour No�l et n'oubliez pas le r�v�rend Lazare.

- Je veux 25 dollars, Monsieur. - Pourquoi ?

Mon cercueil. Un en acajou,

avec des roues dessus pour filer droit vers les portes de nacre.

Tiens, voil�.

Louez soit le Seigneur que j'ai v�cu pour voir ce jour !

Je peux te c�l�brer une puissante messe pour 5 $ en plus quand viendra l'heure.

Peut-�tre que quand viendra l'heure, tu ne seras plus l�.

Adieu, adieu

Dans cette matin�e glorieuse

Fr�res et soeurs !

Fr�res et soeurs !

Fr�res et soeurs !

Fr�res et soeurs !

Sur ce papier figurent toutes les sommes pr�lev�es sur ce miracle.

C'est soeur Esther, elle-m�me qui les a calcul�s.

Selon les chiffres, le Seigneur nous a envoy� 43.000 $.

L�, c'est plus d'argent qu'il n'y en a dans le monde entier.

En outre, et alors que nous avons pay� aux vrais croyants

qui ont pri� pour

la somme de 1454 dollars et 50 centimes...

laissant un total...

de 41.545 dollars et 50 centimes...

qui nous appartient � nous tous, ici en ce lieu.

All�luia !

Bien, distribuez l'argent !

Un sacr� pactole, les amis et il faut pas le gaspiller.

Je peux d�j� voir la nouvelle �glise, sur la colline, brillant au soleil.

Et un h�pital !

On va acheter la terre, vous entendez ? Elle sera n�tre.

Et des outils aux bords si tranchants que la terre sautera � leur rencontre.

Nous travaillerons ce sol, c�te � c�te pour faire pousser du mais et du coton.

Et ce qu'on aura, on le partagera. Il n'y aura ni riches, ni pauvres.

Oui, les amis, un nouveau jour se l�ve.

Arr�tez, arr�tez tous !

On a oubli� ce pauvre, vieux Christopher.

Mais il n'est pas du genre � prier.

Comment se fait-il que tu saches cela ?

C'est une chose que seul Dieu et ce pauvre vieux Christopher savent.

C'est le plus pauvre de nous tous. Il n'a rien, n'a jamais rien eu.

Peut-�tre prie-t-il pour chaque chose.

Tu insinues qu'il a pri� pour tout cet argent ?

On le saura en allant le voir.

S'il a pri� pour tout cet argent, alors tout cet argent lui appartient.

Nous louons le Seigneur pour ce qu'il nous a donn� et a donn� � Christopher.

- Mais... - Il n'y a pas de mais.

Viens, Luke, on va le d�couvrir.

- Bonjour, fr�re Christopher. - Salut, fr�re Luke.

Fr�re Christopher...

As-tu pri� pour quelque chose pour No�l ?

J'ai tout ce dont j'ai besoin.

Eh bien, fr�re Christopher, si tu n'as pri� pour rien...

je crois que je peux...

Maintenant, �a me revient, j'ai bien pri� pour quelque chose...

- En es-tu s�r ? - Absolument.

Mais tu viens de me dire que non.

Car �a ne me revenait pas.

Pour quoi as-tu pri� ?

Je n'ai pas pri� pour...

J'ai dit pour quoi as-tu pri�, fr�re Christopher ?

Eh bien, Fr�re Luke, pour �tre honn�te...

Regarde !

Tu vois ?

J'ai pri� pour un �pouvantail.

- Redis-moi �a. - Un �pouvantail.

C'est donc ce � quoi ils se r�f�raient en disant...

"Les voix du Seigneur sont imp�n�trables."

Faites place au jour de gloire

Plus d'ennuis et de malheur

Il y a des anges qui volent du ciel vers le jubil�

Dans notre maison c�leste

All�luia !

Faites place � ce jour de gloire

Les bons temps resteront

Fr�res, que le jubil� advienne Et vous et moi

Serons

Son jour

Son jour

De gloire

Sous-titre : Cadiot & Co

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