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Yoruba
Zulu
Je ne connais pas les noms.
- Et vous revenez en arri�re? - Peut-�tre.
Quels crimes avez-vous commis pendant la guerre?
Je ne pensais que nous allions parler de �a.
Vous n'avez rien � craindre. Vous ne pouvez pas �tre poursuivi
Quels crimes avez-vous commis pendant la guerre?
Ce n'�tait pas des crimes lorsque je les ai commis.
Ce sont des crimes parce que nous avons perdu la guerre.
- Larry voudrait vous voir, Nick. - Cela peut-il attendre?
Pourquoi ? Que se passe-t-il ?
- Tu as le poste. - � Ath�nes?
Mais je ne t'ai rien dit, ok?
Dit quoi?
F�licitations.
Le nombre magique est huit. Une combinaison de huit victoires...
- Papa? ... et les Sox gagnent la Division Est.
Basketball. Hier soir, les Celtics ont gagn� les Rockets.
Larry Bird a brill�...
Nikki.
Papa, si tu t'endors toujours pendant les infos,
tu ne sauras rien des nouvelles.
Je sais, mais si je reste �veill� pour les infos,
Je suis tellement contrari� que je n'arrive pas � dormir la nuit.
Je vais faire du caf�.
C'est bient�t l'anniversaire de mon petit-fils.
Il veut une bicyclette?
Je ne sais pas.
C'est un grand gar�on. Neuf ans.
L'�ge que j'avais quand j'ai quitt� la Gr�ce.
Et j'ai le m�me �ge que M�re lorsqu'elle a �t� tu�e.
- J'ai eu le poste d'Ath�nes. - Mais tu as promis � Eleni.
Ne lui as-tu pas promis que tu ne retournerais jamais?
Nick?
Oui, j'ai promis.
Je veux savoir pourquoi ils l'ont tortur�e, pourquoi ils l'ont tu�e.
Ce que c'�tait que de souffrir comme elle.
Pourquoi veux-tu savoir cela?
Parce que je ne peux penser � rien d'autre.
Parfois, les gens racontent des choses avant de mourir
et je veux savoir quels furent ses derniers mots.
Tout savoir.
- Pourquoi maintenant ? - Les choses convergent.
Tu devrais oublier ces choses.
J'ai essay�.
Mais il y a une chose que je ne peux oublier,
cette merveilleuse invention l�gale appel� la prescription.
Apr�s un certain temps, vous �tes absous de tous vos crimes.
Vous avez commis des atrocit�s pendant la guerre.
Si vous attendez assez longtemps, comme par magie, vous redevenez innocent
En Gr�ce, vous attendez 30 ans pour l'innocence.
Trente ans se sont �coul�s.
Les meurtriers exil�s peuvent revenir maintenant.
L'homme responsable de la mort de ma m�re est innocent maintenant.
Et je suis assis ici et je bois du caf�.
Nikki, tu as attendu tout ce temps pour cela?
Merci.
Pas de crayons. Nick, c'est toi?
Nick?
Nick?
Merci.
Ch�re M�re de Dieu, nous vous remercions pour ces bienfaits.
Ch�re M�re...
Je... Nous...
Nick?
A toi. Un, deux, trois...
- Oh! - Pas de chance. C'est 2 000 dollars
Nikola!
Le Christ est ressuscit�!
En effet, il est ressuscit�.
- Le Christ est ressuscit�. - En effet, il est ressuscit�.
- P�re sait-il que la guerre est termin�e? - Bien s�r, il le sait.
- Le Christ est ressuscit�! - En effet, il est ressuscit�.
Tu as dit qu'� la fin de la guerre, il �crira pour nous dire quand il viendra.
Tu as dit qu'� P�ques nous aurions une lettre.
La guerre, les bombes,
ils ont d�truit tous les bureaux de poste.
Les navires qui portent les lettres sur la mer ont �t� coul�s.
Toutes ces choses prennent du temps � reconstruire.
Comme notre �cole.
Christ est ressuscit�, cousin.
Tu as assez grand pour aller avec les hommes.
Va.
Nick?
�a va ?
Non.
Ton p�re m'a appel� apr�s ton d�part aujourd'hui.
�a ne me surprend pas.
Il pense que j'ai une certaine influence sur toi
Ne me regarde pas comme �a ! Je ne te comprends pas.
Je ne veux pas me disputer avec toi.
Pourquoi dois-tu retourner ? On peut r�gler �a ensemble ici.
Ce n'est pas le probl�me.
Que vas-tu faire � Ath�nes?
Ce que je fais normalement. J'�cris des articles.
- Quelle sorte d'articles ? - Toutes sortes.
Sur les anciens criminels de la guerre civile qui reviennent apr�s 30...
Je sais cela.
Peut-�tre qu'ils sont tous morts.
J'esp�re bien que non.
Et s'ils ne le sont pas, que comptes-tu faire � ces vieillards ?
Les tester, leur poser quelques questions.
- Et s'ils ne r�pondent pas? - Je reformulerai la question.
Nick, le chef de bureau d'Ath�nes doit-il porter une arme ?
Dis-moi !
Elle �tait dans le bureau. Elle a disparu. O� est-elle ?
Tu vas poser des questions, avec un pistolet?
Tu es journaliste, tu ne r�ponds pas aux questions, tu les poses.
Nick, je sais pour ta m�re...
Non, je ne crois pas.
Peut-�tre bien. Mais penses-tu � nous ?
Vas-tu tout g�cher pour ce qui s'est pass� il y a environ 30 ans ?
"Il y a environ 30 ans" ? "Environ" ?
Les gens n'ont pas �t� assassin�s � un vague moment dans le temps.
Ce n'�tait pas "environ" pour elle.
C'�tait une ann�e pr�cise, un mois,un jour, une heure, une minute.
La seconde o� on a appuy� sur la g�chette.
M�me � cette seconde, elle �tait en vie jusqu'� une fraction de seconde plus tard.
La balle a mis fin � sa vie.
Ce n'�tait pas "environ" pour elle.
Pas "environ" du tout.
Avant l'Angleterre, il y avait la Gr�ce.
Avant l'Am�rique, il y avait la Gr�ce.
Et bien avant que la Gr�ce soit une monarchie,
nous �tions une d�mocratie.
Quel est l'autre nom de la d�mocratie?
- La R�publique. - C'est vrai.
Et l'Union des R�publiques Socialistes Sovi�tiques
est une d�mocratie.
Dans une d�mocratie, nous avons tous un r�le important.
Nous...
Nous adoptons des lois.
Et nous leur ob�issons.
Si vous rentriez � la maison apr�s l'�cole,
que vous trouviez la porte ferm�e et que vos parents refusaient d'ouvrir
pourriez-vous toujours croire qu'ils vous ont vraiment aim�s?
Non.
Non. Eh bien, le roi, depuis son palais,
dit qu'il aime son peuple.
Spiro!
O� est votre professeur?
Vous, par l� ! Allez !
- Bonsoir, Eleni. - Bonsoir, Katina.
La milice gouvernementale arr�te tous les communistes.
- Spiro est mon cousin. - Je le sais.
Je ne peux pas le cacher dans ma maison, c'est l� qu'ils viendront.
- Alors je te prie... - Et s'ils le trouvent ici?
Ils ne fouilleront pas ta maison.
Ton p�re est monarchiste, ton mari est en Am�rique.
Tout le monde sait vers quoi vont tes pr�f�rences.
Mes pr�f�rences ?
Je n'ai aucune pr�f�rence, comme tu appelles �a.
Donc je cherche refuge dans la seule maison neutre de toute la Gr�ce.
Tu resteras dans la cave. J'ai des filles, tu comprends...
Je suis d�sol�e pour toi, Spiro.
Mais me cacher comme �a la nuit me fait me sentir jeune.
Embrasse-moi, cousin.
Fais attention, Eleni.
Il embrasse tr�s bien.
Je suis enseignant, Eleni.
Je ne suis pas r�volutionnaire.
Ils me consid�rent ainsi parce que pour moi tout le monde est roi.
Et un roi n'est qu'un autre �tre humain.
Qu'y a-t-il de mal � �a ?
Je ne sais pas. S'il te pla�t...
Merci, Eleni.
Comment avez-vous d�j� entendu parler de moi ?
�a ne prendra que quelques minutes. C'est une histoire merveilleuse.
Un gar�on grec va en Am�rique, il revient diriger le bureau "New York Times"
pour �crire sur son pays natal.
Je serais heureux que vous passiez avec moi � la t�l�vision.
Eh bien, dans ce cas...
Messieurs !
Nikola !
Il est en vie! Ton p�re est en vie!
Nous allons aller en Am�rique!
- Puis-je y aller, Mana?
Oui, vas-y.
G�orgie...
Ana, pour le b�b�.
Ouvre-la !
- Ouvre-la ! - O� est-ce qu'elle va?
- Qu'est-ce que c'�tait? - Probablement des dollars.
Difficile de dire combien...
"Ma ch�re femme,
" mes ch�res filles,
"et toi, Nikola,
" mon fils, que je n'ai pas vu... "
" Les affaires marchaient et puis c'�tait moins bien. Mais �a va aller mieux.
"Je vais commencer � chercher pour une maison pour nous tous.
" Je suis devenu citoyen d'Am�rique... "
- Imaginez cela ! - Il n'est plus grec ?
Il dit: �Je suis devenu citoyen d'Am�rique.
"Je ne suis plus un �tranger
" et je peux voter pour le pr�sident et le maire de New York.
"Eleni, ma belle et aimante �pouse,
" prends bien soin de nos enfants pendant que je travaille
et �conomise de l'argent pour notre maison.
"Vous tous, vous vivez dans mon c�ur.
" Et bient�t j'esp�re voir et embrasser...
"... et embrasse chacun de vous.
" J'embrasse tes yeux et ceux de mes petits anges.
"Moi, ton mari aimant, �cris ceci."
Comment parlerai-je � P�re quand nous serons en Am�rique ?
Qu'est-ce que tu veux dire?
Je suis inquiet.
Il est l�-bas depuis longtemps et ne parle peut-�tre plus qu'Am�ricain.
- Peut-�tre qu'il a oubli� le grec. - Non, ne t'inqui�te pas pour �a.
Je pense que nous devrions y aller bient�t, au cas o�.
Pourquoi ne pas le surprendre ? "Bonjour, P�re, nous voici !"
C'est loin, tu sais. De l'autre c�t� de l'oc�an.
Il faut �tre invit�.
Quand on arrive, ils disent: "Qui vous a invit� ?"
Comme pour un mariage.
Mais s'il nous aime, pourquoi ne nous envoie-t-il pas une invitation?
Parce qu'il �conomise son argent pour nous construire une belle maison
avec assez de chambres pour tous.
Je sais quel est le probl�me: nous sommes trop nombreux.
- Tu as trop d'enfants. - Non. J'ai besoin de tous mes enfants.
Mais quand on sera en Am�rique,
P�re t'appellera-t-il "ma belle et aimante femme"?
- Quoi, comme dans la lettre? - Oui.
Eh bien, j'esp�re que oui.
Peut-�tre que tu n'aimeras plus que lui
et que tu ne m'aimeras plus.
Non.
Je t'aimerai toujours.
Pourquoi?
Nick!
H�, Nick, voil�.
Je n'oublie jamais un enterrement. Il est mort d'un cancer il y a quelques mois.
- Vous l'avez connu? - Ouais, c'�tait mon ma�tre d'�cole.
- Est-ce une co�ncidence ou quoi? - Quelle co�ncidence ?
Tous ces mecs que vous cherchez �taient des criminels de guerre.
Je pense faire un article � leur retour en Gr�ce.
Oh, oui ? J'ai d�j� fait cet article.
Il est sorti pendant un certain temps. Vous ne l'avez pas lu?
Je l'ai lu.
- Oui ? Quel �tait le probl�me? - Trop g�n�ral.
- Trop g�n�ral pour qui? - Pour moi.
- Es-tu vraiment n� en Gr�ce? - Oui.
�a explique ta personnalit� m�diterran�enne radieuse !
Ce mec insiste pour vous parler, Nick. Il vous a vu � la t�l�.
G�nial ! Le chef du bureau du "New York Times" est une personnalit� de la t�l�vision.
Laisse tomber. Qui est-ce ?
Il dit que vous avez grandi ensemble. Il s'appelle Antoni Makos
Tu sais le rapport de nos m�res aux enfants
Ils voient un gar�on qui n'est m�me pas le leur et
elles le regardent de cette fa�on.
C'est comme �a qu'elle...
Tu es un homme instruit.
Pourquoi crois-tu que nos m�res nous aimaient tant ?
J'ai des enfants � moi, mais j'ai du mal �...
Tu as des enfants?
Ma m�re t'a-t-elle dit quelque chose ?
Non.
- Vas-tu souvent � Lia? - Je n'y vais plus..
J'y suis retourn� il y a quelques ann�es. J'ai pass� la nuit � Ioannina.
- J'ai vu cet homme. - Quel homme?
Ce gu�rillero.
Celui qui a conduit les prisonniers au site d'ex�cution.
Es-tu s�r que c'�tait lui?
Nous avons parl� et il m'a dit qu'il avait �t� affect� dans notre village.
Tu connais son nom?
Tasso Levendis. Il ne se souvenait pas de moi.
Vit-il toujours � Ioannina ?
Je sais pas.
Quand je l'ai vu, il �tait dans un bar,
il proposait des filles.
�coutez!
�coutez!
�coutez!
Le gouvernement avertit tous les habitants de cette zone
que nous ne pouvons plus vous prot�ger.
Les gu�rilleros communistes avancent. La guerre civile a commenc�.
P�re, que dois-je faire?
Toi ? De quoi as-tu peur ? Tu es une femme !
C'est moi qu'ils vont tuer en premier. Ils savent que je suis pour le roi.
Vive le roi.
Au revoir.
- M�re, faut-il aller � Ioannina ? - Qui surveillera ta maison ?
- C'est ton devoir de la prot�ger. - Oui, mais mes enfants...
Ce ne sont pas des Allemands, des Turcs ou des Albanais.
Ce sont les n�tres. Ils ne feront pas de mal aux femmes et aux enfants.
Lukas ?
- Lukas, restes-tu ? - Oui.
Ma femme m'a convaincu. Les communistes ne gaspilleront pas un balle pour moi.
S'ils me tuent, �a lui prouvera qu'elle a tort.
On en est arriv� l�.
Nous avons �t� envahis par tout le monde.
Maintenant, nous sommes envahis par les n�tres.
Pars ! Pars vite !
Gens de Lia!
Gens de Lia !
Vous n'avez rien � craindre !
Nous sommes venus vous lib�rer...
... au nom de la nouvelle Gr�ce!
Tout le monde � la maison.
Sortez !
Tout le monde dehors ! Dehors !
- Allez, M�re. - Allez !
Nous ne vous ferons pas de mal.
� l'ext�rieur!
Tout le monde dehors!
Spiro. Dieu merci, c'est toi.
Major Spiro Skevis, Arm�e d�mocratique de Gr�ce.
J'ai l'honneur de vous informer que ce village a �t� lib�r�.
Ta maison a �t� choisie pour �tre le QG de l'Arm�e de lib�ration.
Vous devez quitter les lieux d'ici demain matin.
Mais Spiro, as-tu oubli� que Katina t'a amen� ici ?
Je me souviens.
Quitte la maison pour demain, Americana.
Ce n'est qu'une maison.
Ce n'est que de la pierre et du mortier.
Et du bois et du verre.
Vous �tes tous n�s ici et �a en fait un lieu sp�cial.
Les souvenirs la rendent sp�ciale.
Mais nous pouvons les emporter avec nous.
Un jour,
nous serons tous ensemble comme �a, bagages boucl�s, pr�ts � partir.
Et au lieu de d�m�nager chez grand-m�re, nous traverserons l'oc�an
o� votre p�re nous attend.
Ce sera comme aujourd'hui.
Nous emporterons nos affaires et nos souvenirs,
et nous quitterons cette maison pour toujours.
Mais nous ne serons pas tristes, parce que nous serons tous ensemble.
C'est ce qui est important.
Nous ne devons pas �tre triste demain.
Faites les entrer l� !
Les animaux et les aliments restent l�.
J'ai une famille � nourrir.
J'ai une arm�e � nourrir.
Quiconque cache des aliments sera abattu. Ce sont nos ordres.
- J'ob�irai � vos ordres. - Mana, que mangerons-nous ?
Je n'ai pas fini, Americana !
Tous vos hommes valides ont fui.
J'ai besoin de soldats.
Chaque maison donnera sa fille a�n�e pour se battre dans l'arm�e.
Olga, tu auras le privil�ge de participer � cette lutte.
Spiro...
Major Skevis, je vous ai donn� ma maison et ma nourriture.
- Mais Olga ne sait pas combattre. - Nous lui apprendrons.
Je vous en supplie.
Elle passera encore deux jours avec toi et elle sera � nous.
Nous sommes en guerre et ce sont les ordres.
Quiconque d�sob�ira sera trait� en cons�quence. C'est compris ?
Nous ob�irons � vos ordres.
Mana !
Mana, ne les laisse pas m'emmener...!
Que crois-tu que je puisse faire ?
Olga.
C'est ce qu'ils faisaient autrefois.
Les Ottomans venaient prendre tous les jeunes gar�ons pour leurs arm�es.
Pour les sauver, leurs m�res leur coupaient les doigts.
Parfois, ils enlevaient un de leurs yeux avec une cuill�re.
Je ne serai pas infirme, hein ? Je ne me marierai jamais si...
Non, Mana!
O� est ton mari, M�re?
O� est mon p�re?
O� est son p�re et mon mari? O� sont nos hommes?
M'a-t-on menti toute ma vie?
Eleni ! Tu es une femme, Tu oublies o� est ta place !
Est-ce ma place, M�re, de torturer mon propre enfant ?
Est-ce ma place d'�tre abandonn�e ?
De rester quand nos hommes s'enfuient ?
En �change de quoi ?
Mana !
Non !
Ils m'ont charg� de l'approvisionnement, donc je...
- Comment as-tu- pu ? - Ils allaient l'emmener!
Ils ? Qui �a ?
- J'ai essay� de sauver mon enfant! - Ce sont les n�tres.
Tais-toi ! Mon enfant...
Oui. Mais pas un animal qu'on estropie. Tu devrais avoir hon...
Sors d'ici ! Prends ta nourriture et tes conseils et sors !
Olga Gatzoyiannis est pri�e de rejoindre l'arm�e d�mocratique du peuple.
Major Skevis... s'il vous pla�t.
Ma fille est maladroite, elle a renvers� de l'eau bouillante sur sa jambe.
Elle peut � peine tenir debout.
Retire les bandages.
Tu devrais apprendre � ta fille � �tre plus prudente, Americana.
Toutes les filles non mari�es de plus de 15 ans peuvent rejoindre l'arm�e.
Que ta fille Glykeria se pr�pare � partir.
Et attention, Americana, plus d'accidents.
Vous devez �tre le c�l�bre Tasso Levendis.
On m'a dit que si on veut une femme, tu es l'homme � voir.
Je connais des femmes, oui.
L'argent n'est pas un objet.
Je connais beaucoup de femmes.
Allons jusqu'� ma voiture...
Vous avez une voiture.
Il fallait tourner l�-bas.
Je veux d'abord aller chez moi prendre de l'argent.
O� est votre maison?
Un petit village appel� Lia.
Lia ? Vous �tes fou ? C'est � plus de 50 kilom�tres !
Vous connaissez l'endroit? Vous y �tes d�j� all� ?
Que se passe-t-il ?
Qui diable �tes-vous?
Je ne ferais pas �a � votre place sauf si vous voulez rebondir...
- J'ai vu cet homme. - Quel homme?
Ce gu�rillero qui a conduit les prisonniers au site d'ex�cution.
- Es-tu s�r que c'�tait lui ? - Pas vraiment.
Nous avons discut� et il m' a dit avoir �t� affect� dans notre village.
Tu connais son nom ?
Tasso Levendis.
Sortez.
Je ne faisais pas partie du peloton d'ex�cution. J'ai escort� les prisonniers.
Votre m�re a eu un proc�s. Le juge a ordonn� ses aveux.
Le juge l'a condamn�e � mort. C'�tait l�gal !
- Elle a �t� tortur�e. - La torture aussi �tait l�gale !
Qui a donn� l'ordre ?
Le m�me juge qui l'a condamn�e.
- Son nom? - Son nom r�volutionnaire �tait Katis.
- Je ne sais pas son nom! - O� est-il?
Je ne sais m�me pas s'il est encore en vie.
O� s'est-il cach� apr�s la guerre?
Il est all� en Tch�coslovaquie, quand nous avons perdu la guerre.
Certaines villageois sont venus avec nous pour se cacher.
- O� en Tch�coslovaquie? - Bratislava!
Il est trop tard ! M�me si vous le trouvez, vous ne le trouverez pas.
Vous trouverez un vieil homme qui �tait Katis.
Tout comme vous avez trouv� un vieux prox�n�te, qui �tait soldat!
Si vous vivez assez longtemps, il semble que vous cessez d'exister!
Vous arrivez trop tard !
Nous sommes tous morts et disparus !
Un, deux, trois, quatre...
Un, deux, trois, quatre...
Plus vite ! Plus vite !
... trois, quatre...
Attention !
Qui �tes-vous?
Eleni Gatzoyiannis, femme de Christos, de Lia.
- Venez avec nous, vous �tes sauv�e. - Je ne peux pas. Mes enfants.
Non ! Non ! Mes enfants !
Ces personnes que vous recherchez, ce sont des parents ?
Eh bien, parents et amis de mon village.
On m'a dit qu'ils sont venus ici apr�s la guerre civile grecque.
Oui, beaucoup de Grecs vivent ici.
Beaucoup trop.
Tout d'abord, nous avons rang� les dossiers mais comme vous pouvez le voir...
Si vous trouvez des parents, prenez-les avec vous.
Suivant!
Gatzoyiannis.
Avancez
Suivant!
Continuez!
camarades.
Camarades!
Je vous accueille au nom de l'arm�e d�mocratique de Gr�ce.
M�res de Lia,
vos enfants sont en danger.
Les attaques du gouvernement fasciste sur votre village se poursuivront.
Si vos enfants ne sont pas tu�s par des bombes ou des balles...
ils vont mourir lentement de faim.
Le peu de nourriture qui nous reste
doit �tre distribu� aux combattants.
Mais...
en raison de l'int�r�t du parti
et de son amour pour vos enfants,
nos dirigeants ont trouv� un moyen de les sauver.
Nous vous avons r�unis ici aujourd'hui pour annoncer
que les D�mocraties Populaires d'Albanie et de Tch�coslovaquie
ont ouvert les bras � vos enfants.
Ils les prendront, les soigneront, les nourrirons bien.
Et les �duquerons pour qu'ils soient avocats, m�decins,
ing�nieurs selon leurs capacit�s.
Quand la guerre civile sera finie et que flottera le drapeau rouge,
ils reviendront vers vous,
grand, en bonne sant�, heureux.
Pr�ts � prendre leur place dans la nouvelle Gr�ce.
Laquelle sera la premi�re � faire partir ses enfants ?
Qui parmi vous ?
Katina, pour l'amour de Dieu!
Voici notre premi�re m�re patriote
Katina Skevis.
Vous �tes volontaire, camarade Skevis?
Oui.
Je suis volontaire pour vous donner un conseil,
� vous, M. le camarade en costume bleu.
Mon mari est mort � la guerre, en se battant pour votre cause.
J'ai gard� en moi le r�ve qu'il m'a murmur� un soir
d'une vie meilleure pour mes enfants.
Mes enfants.
Pas les v�tres.
Pas ceux du Parti.
Pas ceux de la d�mocratie populaire d'Albanie ou de je ne sais o�.
Les miens.
Aucune m�re n'abandonnera ses enfants.
Il n'y a pas de volontaires... ici.
M�res de Lia,
vous savez que vos enfants ont faim.
Vos enfants peuvent manger comme �a...
... tous les jours...
... si vous les laissez partir.
Tout enfant qui avance jusqu'ici maintenant
aura autant de pain et de confiture qu'il peut manger.
- Mana, j'ai tellement faim. - Non.
A quitt� le pays. Albanie.
Mort.
A quitt� le pays. Union sovi�tique.
Elle est toujours l�. Pas aussi jolie que sur la photo.
Mort.
A quitt� le pays.
O� ?
�a ne le dit pas.
- Quand ? - �a ne le dit pas.
- C'�tait un ami ou un parent ? - Un ami de la famille.
Il est �crit qu'il n'avait pas de papiers sur lui. Quel �tait son nom ?
Je ne me souviens de lui sous le nom de Katis.
Il est probablement mort.
J'ai fini mon service.
Mais je peux vous dire o� trouver cette femme.
Oui ?
Je cherche Ana Katroubis.
Qui �tes-vous ?
Nick... Nikola Gatzoyiannis.
- Le fils d'Eleni? - Oui.
Que me voulez-vous ?
Vous devez savoir que je... Je ne l'ai pas fait expr�s.
J'ai �t� forc�e de t�moigner contre votre m�re. Vous devez le savoir.
Oui, je... Je le savais.
Je ne suis pas venu ici vous faire des reproches.
Je l'ai fait pour sauver mon fils.
Le juge m'a dit que je devrais rejoindre la gu�rilla, pour �tre soldat.
Mon b�b� serait mort. Il n'y avait personne pour s'occuper de lui.
Alors j'ai p�ch� contre mon �me pour sauver mon enfant.
Je comprends que vous n'aviez pas le choix.
Le juge, quel �tait son nom ?
- Stavros Petrakis. - Il s'appelait Katis � l'�poque.
Il se faisait appeler Katis � l'�poque.
On m'a dit qu'il �tait mort il y a quelques ann�es.
Ils ne savent rien. Il est retourn� en Gr�ce !
Nous avons trop honte pour rentrer mais pas lui.
O� �a en Gr�ce ?
O� �a en Gr�ce ?
Mana! Mana!
Mana! Mana! Mana!
Eleni...
Mana!
Mana!
Ils ont parl� de "volontaires".
Nous ne pouvons qu'esp�rer et prier.
Nous devons faire plus qu'esp�rer, M�re.
- Si on fait ce qu'on nous dit... - Non!
M�re, tu m'as �lev�e de la meilleure fa�on que tu connais.
- De la fa�on dont j'ai �t� �lev�. - Oui.
A ob�ir et savoir o� est ma place et ne jamais me plaindre.
Et dans tout ce soleil de ma vie,
J'ai v�cu � l'ombre de l'autorit� de quelqu'un d'autre.
Il y avait des fleurs dans mon c�ur, M�re.
Mais certaines fleurs ne fleurissent jamais � l'ombre.
C'�tait le prix � payer pour �tre comme tout le monde.
Je ne me suis pas plainte, et je ne me plains pas maintenant.
Mais je dis: "Pas plus".
Ils ont pris notre nourriture.
Ils ont pris ma maison.
Ils ont pris ma dignit�.
Et j'ai c�d� � chaque fois.
Mais je ne leur donnerai pas mes enfants.
Ils ne me les prendront pas.
T'enfuir ? Es-tu devenue folle? Avec des enfants?
Il y a des gardes partout et des mines !
Je t'ai observ�. Tu sais o� sont les mines.
Tu sais o� sont les gardes.
Ils m'ont d�j� pris ma Glykeria. Je ne peux me contenter d'attendre.
Si nous sommes pris, ils nous tueront.
S'ils emm�nent mes enfants, ce sera pire que de mourir.
Il ne comprend pas. C'est un homme.
Me voil� soudain promu ! Je suis un homme !
- Quand voudrais-tu partir ? - Demain soir.
- J'ai mal � la t�te. - Il n'y a pas de temps � perdre.
Ils peuvent venir prendre les enfants n'importe quand.
- Tout le monde te respecterait. - S'il te pla�t.
Pas de respect. En Gr�ce, on ne respecte que les morts.
Mana, les soldats arrivent!
Quelqu'un nous a trahi.
Il nous faut une femme de chez vous pour un d�tachement de travail.
Oui, je viendrai !
Pas maintenant. Nous devons r�unir tout le monde d'abord.
Pr�voyez des v�tements. La mission durera 3 ou 4 semaines.
Non, c'est impossible.
Nous partons dans une heure. C'est un ordre !
Ils veulent une femme. Je peux y aller � ta place.
Ils ne te voudraient pas de toi. Tu es trop vieille.
Pourquoi maintenant? Pourquoi aujourd'hui?
Ne t'inqui�te pas ! Nous ferons ce qu'il y a � faire en ton absence.
- Quand tu reviendras... -.Quand je reviendrai, vous serez loin.
Vous partez tous ce soir comme pr�vu !
Nous ne pouvons pas attendre. Trois ou quatre semaines, c'est tr�s long.
Ils pourraient venir chercher Nikola ou Fotini n'importe quand.
Olga,
�coute moi.
Tu es l'a�n�e, tu dois prendre ma place.
Lorsque vous serez en s�curit�, �cris � votre p�re
pour lui dire ce qui s'est pass�.
Il trouvera un moyen de vous faire le rejoindre. Il vous aime.
- Pas comme toi, M�re. - �a ira.
C'est peut-�tre mieux ainsi. Je peux aider Glykeria � s'�chapper.
Ensuite, toutes les deux, nous vous rejoindrons en Am�rique.
Venez vite!
Venez pr�s de moi pendant que nous avons encore le temps.
Asseyez-vous.
Vous n'avez jamais vu la mer.
C'est beau.
C'est grand et bleu et sans fin comme le ciel.
Cela fait r�ver de le regarder.
Et donc vous r�verez d'une nouvelle vie dans votre nouvelle maison,
et quand vous vous r�veillerez,
vous serez l�-bas.
Restez ici.
Ne les laissez pas vous voir pleurer.
Mes enfants...
... Je vous b�nis tous.
Vous devez partir et vous ne devez jamais revenir.
Vous me comprenez?
Oui, Mana.
Tiens , prend �a.
Lorsque vous serez en s�curit�, lance-la derri�re vous.
Quand vous lancez une pierre noire, �a signifie que vous ne reviendrez jamais.
Promets-moi que tu feras �a.
Je le promets.
Embrasse-moi une derni�re fois.
Mon c�ur et mon sang.
- Tu as une cigarette? - Non.
Bon, tant pis !
Cher Joan, je suis d�sol� de n'avoir ni appel� ni �crit.
Ma ch�re Joan... Mes chers enfants...
Ch�re famille... Je suis dans la maison de ma grand-m�re.
C'est ici que j'ai accompagn� ma m�re pour la derni�re fois.
jusqu'en haut de la colline.
Elle m'a pris la main et m'a fait promettre de ne jamais revenir.
Nous avons pr�vu notre fuite ici, et je viens de r�aliser quelque chose.
Il existe des chemins de fuite lorsqu'on est enfant.
Des chemins de toutes sortes.
Et quand on grandit, ils disparaissent, et on doit vivre sans eux.
Je t'embrasse les yeux et ceux de mes enfants ch�ris.
Ton mari envoie ces mots.
Je cherche Eleni Gatzoyiannis.
Eh bien?
Tous les proches de ceux qui se sont enfuis ont �t� boucl�s.
Sauf Eleni Gatzoyiannis.
- L'Americana? - Oui monsieur.
Ce soldat leur a permis de s'�chapper ?
Ils sont pass�s pr�s de l� o� il �tait. Il a march� sur une de nos mines.
Enfermez-le. Pas de m�dicaments pour les tra�tres.
Les tra�tres?
Il a �t� bless� en les poursuivant.
Des paysans et des enfants!
Notre arm�e peut �tre bern�e par des paysans et des enfants ?
Si oui, cette �vasion en inspirera d'autres sur ce territoire.
Il �tait un collaborateur. Il a �t� soutir� par les Americana et ses dollars.
Il a �t� bless� en tentant de s'�chapper.
Fais-lui signer des aveux.
Nous allons te traduire en justice, Americana.
Et � ce proc�s, devant tout le monde,
tu vas avouer tes crimes.
Quels crimes ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
Tu as collabor� avec l'ennemi.
Tu as transmis des informations militaires vitales.
Non !
J'ai aid� mes enfants � s'�chapper. C'est tout.
A s'�chapper ?
Tu es dans un village lib�r�.
Que fuyaient-ils donc ?
Votre village est fid�le � notre cause.
J'ai envoy� des rapports � mes sup�rieurs qui confirmaient cette loyaut�.
Comment vais-je expliquer cette �vasion � mes sup�rieurs?
Je ne sais pas.
Citoyens de Lia !
Depuis quelque temps d�j�,
une organisation fasciste s'est mise en place dans votre village.
Je suis heureux de vous annoncer
que gr�ce � la vigilance de nos services de renseignement
cette organisation a �t� d�couverte.
Les criminels devant vous
ont mis en danger nos vies � tous.
en transmettant des informations militaires capitales � l'ennemi
par l'interm�diaire des 20 tra�tres qui se sont enfui.
Vous devez tous d�tester leur trahison.
Ils sont l�.
Andreas Mikopoulos.
Spiridon Mikopoulos.
Vasili Nikou.
Alexo Gatzoyiannis.
Elias Gratos.
Eleni Gatzoyiannis.
L'Am�ricana !
Elle n'a jamais �t� des v�tres.
Combien d'entre vous ont re�u des paquets venant d'Am�rique ?
Pendant que vous avez faim, elle s'en mettait plein la panse
Pendant que vous travailliez, elle complotait.
L'Am�ricana,
tu es accus�e d'avoir organis� l'�vasion
et d'avoir soudoy� les citoyens de Lia avec ton argent am�ricain.
Ce n'est pas vrai.
Je n'ai rien fait de mal.
Je n'ai fait de mal � personne.
Et je n'ai souhait� de mal � personne.
Tout ce que je voulais, c'est que mes enfants soient en s�curit� avec leur p�re.
En refusant d'envoyer ses enfants dans les pays socialistes,
elle a trahi les objectifs de notre r�volution.
En les envoyant chez les fascistes, elle nous a tous trahis.
Qui parlera pour sa d�fense ?
Ne pas d�voiler les informations prouvant culpabilit� ou innocence
est un d�lit.
Si l'un d'entre vous a des preuves de l'innocence ou la culpabilit�,
qu'il se pr�sente et parle.
Nous avons un t�moin. Le camarade Katroubis.
Oui, j'ai quelque chose � dire.
Elle, Eleni Gatzoyiannis...
... l'Am�ricana, elle a essay� de me soudoyer avec ses dollars am�ricains
pour que je vous combatte et rejoigne les fascistes.
- Ana... - Si, tu as essay� de me soudoyer.
Mais je n�ai pas accept�.
Je n'ai pas accept�.
Katis...
les enfants partent.
Citoyens de Lia,
nos enfants sont sur le point de partir pour l'Albanie et la Tch�coslovaquie.
Nous allons prendre une courte pause dans les d�bats de ce proc�s,
pour permettre � leurs parents de leur dire au revoir.
Citoyens de Lia,
la Tribunal du Peuple, ayant prouv� que les accus�s sont coupables de trahison,
va maintenant prononcer les sentences
Andreas Mikopoulos,
condamn� � �tre fusill�.
Vasili Nikou,
condamn� � �tre fusill�.
Eleni Gatzoyiannis,
condamn�e � �tre fusill�e.
Spiro, quand allons-nous mourir ?
Demain matin.
Sais-tu o� est ma fille ?
Puis-je la voir ?
Une derni�re fois ?
Vous, poussez-vous !
Je t'en prie, Spiro.
Ouvre.
- Glykeria! - Mana.
Ne pleure pas !
Ne pleure pas !
Oh, ils t'ont coup� les cheveux.
Qu'importe ! Ils repousseront.
�a a �t� dur pour toi, je sais.
- Mais il faut que tu sois forte. - Mana !
Non.
�coute,
tu dois rester en vie.
Tu dois rester en vie.
Quelque chose de merveilleux t'attend.
Un jour,
tu te marieras et tu auras des enfants.
C'est une telle joie
d'�tre m�re.
C'est une telle joie.
Et je remercie Dieu de m'avoir permis de la ressentir.
Va maintenant.
N'attends pas qu'ils nous s�parent.
Au revoir, mon enfant.
Puisses-tu vivre pour moi aussi longtemps que les montagnes.
Va... maintenant.
Chargez !
En joue !
Mes enfants !
Feu!
Feu !
- Ce furent ses derniers mots? - "Mes enfants".
J'�tais cach� � c�t�. Je l'ai vue.
Mana...
Le juge, quel �tait son nom?
Stavros Petrakis.
Il se faisait appeler Katis ?
On m'a dit qu'il �tait mort il y a quelques ann�es.
Ils ne savent rien.
Il est rentr� en Gr�ce !
Nous avions trop honte pour rentrer, mais pas lui ?
O� est-il en Gr�ce ?
O� en est-il en Gr�ce ?
Dans la ville.
Salonique.
Oui ? Vous d�sirez ?
Je dois avoir une mauvaise adresse.
Je cherche Stavros Petrakis.
Je suis sa femme. Venez-vous pour la retraite ?
Non. Je m'appelle Nick Gage, "New York Times".
J'ai rendez-vous avec votre mari.
Un rendez-vous? Il n'a rien dit...
Entrez. Vous ne devriez pas ouvrir la porte par vous-m�me! Je te l'ai d�j� dit!
Tu ne dois pas ouvrir la porte. Je te l'ai d�j� dit.
- Il y a un homme de New York. - Quoi ?
Un homme de New York. Il dit qu'il a un rendez-vous avec vous.
Ma femme dit que vous avez un rendez-vous avec moi.
Je m'appelle Nick Gage, "New York Times".
Du "New York Times"?
Vous n'avez pas dit "New York Times", vous avez seulement dit New York!
Je fais un article sur l'�volution du syst�me judiciaire grec.
Le ministre de la Justice � Ath�nes a sugg�r� que je vous rencontre.
Attendez un peu !
Maintenant, je me souviens.
Je vous ai vu � la t�l�vision.
Eh bien, apparemment, il y a eu un probl�me de communication.
Le minist�re �tait cens� vous t�l�phoner � propos de cette interview.
D�sol� de vous d�ranger. Je peux revenir quand vous aurez plus de temps.
Oh, s'il vous pla�t...
Tout ce que j'ai maintenant, c'est du temps.
Non, non, c'est parfait. Asseyez-vous s'il vous pla�t.
Va donc chercher quelque chose � manger pour notre h�te.
Oui, le "New York Times".
Oh, �coutez, je...
Je vais partir et...
Je faisais un petit somme.
Si j'avais su...
Je reviens tout de suite. Asseoir. Asseoir!
Eh bien...
Je suis tout � vous.
J'ai ordonn� que nous ne devrions pas �tre d�rang�s.
J'appr�cie vraiment votre coop�ration.
Au contraire, je vous suis reconnaissant. Vous m'avez rendu tr�s heureux.
Ma femme et ma fille en ont marre de mes histoires de guerre civile.
Et vous avez tout ce chemin Le "New York Times", dites donc.
Elles sont en train de se demander comment me traiter quand vous partirez.
S'il vous pla�t.
On commence ?
Test, un, deux, trois.
Test, un, deux, trois.
Stavros Petrakis.
De quel c�t� �tiez-vous pendant la guerre civile?
Du c�t� de la Gr�ce, bien s�r.
Ce n'�tait pas tant une guerre, vous comprenez, qu'une...
Non, c'�tait une bataille d'id�es.
Pour moi, les Grecs ont toujours pens�
que la vie de l'Homme est r�gie par des id�es.
Et la p�riode en question...
... ce fut un moment exaltant.
Excellent pain.
Fait � la maison.
Il faut que vous le goutiez.
- Non, je n'ai pas faim. - Mais si.
Il est frais. Le bl� vient de mon village.
On ne peut pas acheter du pain comme �a, surtout pas en Am�rique.
S'il vous pla�t, Nick.
Non, non. Vous �tes n� en Gr�ce, Je vous appellerai Nikola.
- Si �a ne vous ennuie pas. - Non, faites.
Et donc, vos parents sont en Am�rique ?
Mon p�re, oui.
- Et votre m�re ? - Ma m�re est rest�e en Gr�ce.
Bien que j'aie entendu des choses merveilleuses sur l'Am�rique,
certains ont choisi de rester...
Ma m�re n'a pas vraiment choisi de rester.
Elle a eu des probl�mes juridiques pendant la guerre civile.
Il y a eu un proc�s, il y avait des t�moins, il y avait un juge.
- De quel c�t� �tait-elle ? - Elle �tait du c�t� des civils.
Avez-vous �t� impliqu� dans des proc�s de civils?
Non, c'est impossible. Il n'y a pas de civils dans une guerre civile.
Si vous cherchez votre m�re, peut-�tre que je pourrais vous aider.
Voyez-vous, j'ai des amis...
Ma m�re a �t� ex�cut�e. Elle a �t� fusill�e.
Elle s'appelait Eleni Gatzoyiannis. Certains l'appelaient Americana.
Vous vous souvenez d'elle ?
Si je me souviens d'elle ? Je ne comprends pas.
� environ 800 kilom�tres d'ici, il y a un village appel� Lia.
Vous souvenez-vous de ce village ?
- Lia ? - Lia.
Non.
Non, je...
Je ne pense pas avoir �t� dans un village de ce nom.
Certains noms changent, mais ce village s'appelle encore Lia.
Vous, je crois, vous faisiez appeler Katis � cette �poque.
Katis ?
N �
Non, je n'ai jamais...
Je pense que tu as fait une grosse erreur.
Pourquoi �tes-vous encore en vie ?
Comment pouvez-vous vivre, apr�s ce que vous avez fait ?
Vous feriez mieux de partir. Je ne sais pas de quoi vous parlez.
Je parle de Eleni Gatzoyiannis, ma m�re.
Votre m�re ne m'int�resse pas.
Asseyez-vous.
Asseyez-vous.
Vous ne m�ritez pas de mourir debout. Asseyez-vous!
Mes enfants !
N'ayez pas peur.
Ma ch�re famille, Je vous envoie cette cassette
� la place d'une lettre.
Je rentre bient�t � la maison.
Ma poursuite du tueur de ma m�re est termin�e.
Je n'ai pas h�rit� de la haine n�cessaire pour mettre fin � une vie humaine.
Je reste �tonn� par l'amour que ma m�re ressentait pour moi et pour mes s�urs.
La question d'en �tre digne ou pas n'est plus d'actualit�.
J'accepte cet amour comme un don qu'elle m'a fait.
J'accepte son amour en tant qu'h�ritage.
Vous me manquez et je vous aime.
J'aime mes enfants et ils me manquent.
J'esp�re de tout mon c�ur
que l'amour que j'ai d�couvert n'est pas que celui des m�res.
Je veux le sentir aussi.
J'ai besoin de le sentir.
Pour partager l'h�ritage que ma m�re m'a laiss� avec toi et mes enfants.
Je sais que ce ne sont pas seulement mes enfants.
Je sais que ce sont les n�tres.
Je suis peut-�tre en retard pour rentrer et le revendiquer
mais j'esp�re que vous pouvez comprendre le besoin que j'ai de dire ces mots.
Mes enfants.
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