All language subtitles for (2019) Une fille facile fr

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Original subtitles

Naïma ? Naïma ?

- Naïma ! - Quoi, ma chérie ?

Viens. Bisous, à tout à l'heure.

- Quoi ? - J'ai un truc à te dire.

- Quoi ? - C'est une "surprise".

- Elle arrive. - C'est caché ?

- Vous faites quoi ? - JOYEUX ANNIVERSAIRE

JOYEUX ANNIVERSAIRE

JOYEUX ANNIVERSAIRE, NAÏMA

JOYEUX ANNIVERSAIRE

OUAIS !

- Pour Naïma, on dit quoi ? - ALLEZ !

Merci.

- Joyeux anniversaire, ma belle. - Merci.

- Le meilleur pour la fin ! - Oui !

- Tiens, un cadeau. - C'est quoi ?

- Oh... Mais non. - Trop bien.

- Vous êtes sérieux ? - Ben oui.

- C'est pour moi ? - C'est pas pour la voisine.

Arrêtez, je suis trop contente.

En fais pas des caisses !

Viens, on va à la "playa".

Moi, "bitch", toutes circonstances.

- Je crois pas. - Si, regarde.

- Avec tes chaussures à moitié mises. - Attention.

Aïe. T'es jalouse de moi, c'est ça ?

Putain, tu la connais pas par cœur.

Mais si, je la connais. Vas-y, t'inquiète.

Ton texte, c'est : "T'es folle, ma fille. On dirait ta mère."

"T'es folle, ma fille. On dirait ta mère."

Tu sais quoi ? Tu vas moisir ici

comme tes crevards de parents, car t'es une crevarde.

Putain, je te jure, t'es trop fort. J'avais des frissons.

- Tu trouves ? - T'es grave dans la scène, t'es bon.

- C'est toi qui es bonne. - C'est toi.

C'était le premier jour des vacances.

Je venais d'avoir 16 ans.

Sofia ?

Qu'est-ce que t'as changé !

Ma petite cousine chérie.

Depuis que Sofia habitait Paris, on se voyait peu.

Tu peux m'aider à le fermer ?

- C'est en quelle langue ? - Ça, c'est du latin. Ça veut dire :

"Profite de l'instant présent."

Elle venait de perdre sa mère, cet été-là.

Elle aussi, elle avait changé.

Tu veux faire quoi si tu te fous de l'argent ?

- Je sais pas. Tu sais, toi ? - Oui, comédien.

Vraiment ? C'est bien. Et toi ?

- Pareil. - Ouais.

Hum.

- On passe une audition le 13. - Ah bon ? C'est sur quoi ?

C'est une scène libre. Je joue Leïla.

- C'est qui ? - Leïla Bekhti.

- Tu la connais ? - Un peu.

Il a fait un selfie avec elle, il croit que c'est sa sos.

- T'es jalouse. - T'enflamme pas, chérie.

- Il est beau, ton sac. - Merci.

- C'est un vrai ? - Oui.

Ça doit coûter dans les trois-quatre mille.

4000 E ?

J'avais eu un petit copain cette année-là.

Il s'appelait Enzo.

On s'était séparés avant l'été et je n'y pensais jamais.

Le couple que je formais avec Dodo finalement me suffisait.

Bonjour, les filles.

Bonjour.

- Naïma, tu dors encore ? - Non,

je suis réveillée, elle me lit un truc.

Courrier des lecteurs.

"Je ne suis jamais tombée amoureuse.

"Et cela ne me perturbe pas."

- Bonne journée. - Bonne journée.

- Réveille-toi, Naïma. - Je suis réveillée !

Elle est derrière la porte, continue.

"Ma mère m'affirme que je vais rencontrer le prince charmant,

"mais je n'y crois pas.

"En réalité, les histoires d'amour me semblent toujours glauques.

"Je préfère faire la fête."

Sofia ?

Oh...

Joyeux anniversaire.

T'es sérieuse, là ?

Oh...

Il te plaît ?

Tu l'as acheté ?

Oui, comment faire autrement ?

Je suis choquée.

Mais non...

Même le tissu, il est beau.

- On sera pareilles, on aura le même. - Je suis trop contente.

Merci, ma Sofia, merci !

De rien.

Tu démêles

de haut en bas, sur la racine.

Donc le truc... Voilà. Il suffit d'apporter humidité avec des linges.

Tu veux les astuces pour les cheveux ?

Oui, vas-y.

Les cheveux frisés qui...

Je t'embrasse.

"On n'hésite pas à laisser poser plusieurs heures voire une nuit.

"Attention à la surutilisation du fer à lisser.

"Même avec un fer de bonne qualité, la chaleur fragilise vos pointes."

Moi, je l'utilise

au moins 5 fois par jour. "On se limitera à un lissage

"par semaine et on ne dépassera pas les 215 degrés.

"Pour garder un cheveu souple, il faut démêler

"par les pointes." Regarde qui arrive.

"En commençant par les racines..."

Je compte sur toi.

Tu vois ça ? C'est ses organes reproducteurs.

Très intéressant.

T'es comme un oursin.

Tu piques, hein ! Tu piques.

Moi, je pique pas. Au contraire.

Regarde.

T'as vu ?

C'est doux, hein ?

Là aussi.

Mais...

c'est là

que c'est le plus doux.

C'est doux, car j'ai les lèvres épilées.

Elle est folle, ma cousine.

On t'a parlé ?

Quand tu parles à ma cousine, tu parles à moi.

- Qu'est-ce que t'en dis ? - Laisse tomber.

- Tiens, c'est pour les cheveux. - Merci.

Tu prends ton sac. Je prends la serviette.

Les filles, ne partez pas ! Venez, venez !

- Je veux te voir, moi ! - Vas-y, laisse tomber !

Venez, arrêtez !

Tu vois pas c'est des putes ?

- À qui tu parles, toi ? - Ouais, des putes.

Tu parles à qui, toi ?

Rentre chez ta mère, casse-toi !

T'es un fou de m'insulter de pute. Pêchez vos oursins et laissez-nous.

- Vas-y, fatiguée. Casse-toi de là. - Il nous insulte

- de pute et tu dis rien ? - Et alors, c'est grave ?

Il nous traite de clochardes et elle dit rien.

Baltringues.

Des grosses putes !

Regarde-moi.

Que t'a apporté ton mec ?

- Comment c'est, déjà ? - Enzo.

- Ouais. Alors ? - Je sais pas, de l'amour.

Ouais, de l'amour.

- Ça m'intéresse pas. - Tout le monde s'y intéresse.

Pas moi. Moi, j'aime les sensations. L'aventure.

Pour moi, les sentiments, ça compte pas.

Tu veux que je te donne un conseil ?

On doit rien attendre. On doit tout provoquer. Tu comprends ?

Tu comprends ?

On y va ?

Dans mon île

Ah, comme on est bien

Dans mon île

On ne fait jamais rien

On se dore au soleil qui nous caresse

Et l'on paresse

Sans songer à demain

Dans mon île

Ah, comme il fait doux

Bien tranquille

Près de ma doudou

Sous les grands cocotiers

Oui se balancent

En silence

Nous rêvons de nous

Yey ?

Yey.

- Tu viens pas ? - Non.

C'est quoi qui te dérange ?

Qu'on soit en train de dîner face à eux, à ces...

C'est un peu bizarre.

C'est un peu violent, presque zoologique.

Faut pas.

Ils nous regardent, car c'est leur plaisir.

Le plaisir de leurs vacances.

Et le nôtre, alors ?

Peut-être le nôtre aussi.

Je sais pas, non.

Le principe du luxe, le vrai,

c'est d'avoir connu l'inverse.

Ça va ensemble.

Il faut être pauvre ou l'avoir été pour être vraiment riche.

Et pour supporter la pauvreté,

il faut savoir que la richesse existe.

Qu'autre chose existe.

En quoi c'est leur plaisir, alors ?

Je te l'ai expliqué. T'es con ?

Il est bon, le whisky, non ?

Il est beau, n'est-ce pas ?

Ouais. Pourquoi tu l'as acheté ?

Le beau est l'objet d'une satisfaction dénuée d'intérêt.

Est beau ce qu'on n'a pas envie de posséder,

mais d'admirer.

Mais moi, je suis pas un consommateur.

Je suis un amateur, nuance.

Bon, Socrate,

on sort ?

- Oh non, je suis rincé. - Non, mais si, c'est l'été.

J'ai envie de m'amuser. Allez !

Ce soir

J'irai danser le mambo

Au Royal Casino

Sous les lambris rococos

La pluie

Viendra me faire oublier

Tu me feras rêver

Comme dans les chansons d'été

C'est l'amour à la plage

AHOU, CHA CHA CHA

Et mes yeux dans tes yeux

AHOU, CHA CHA CHA

Baisers et coquillages

AHOU, CHA CHA CHA !

Entre toi et l'eau bleue

- T'as aimé la soirée ? - T'as des cigarettes ?

- C'est ça. - C'est votre bateau ?

Oui, c'est celui-là.

- Vous êtes chanteuse, hein ? - Moi ? Moi, chanteuse ?

- Pourquoi vous vous moquez ? - Pas du tout.

- Elle chante bien, non ? - N'importe quoi.

- Divine. - Arrête.

- Oui, c'est une blague. - Ben oui.

- Ousgué. - Ousgué !

- J'en ai plein les mains. - Tu m'en as mis partout.

Elle aime pas les vieux ?

Je sais pas. Et même ?

Pour savoir. Pourquoi t'es susceptible quand je parle d'elle ?

Ben non.

Ben si.

Tu connais ta scène ?

Mais oui ! Toute ta vie, tu vas me mettre la pression ?

Pourquoi tu cries ? Je t'ai juste demandé si tu la connaissais,

car c'est bientôt.

J'ai pas envie qu'on arrive et qu'on s'affiche.

Mais t'es chiant, c'est un truc

- de fou ! - Chiante, pas chiant.

- Bref, tu fais quoi ? - Comment ça ?

Je viens grave avec toi, en fait.

Allô !

Bonsoir.

Bonjour.

Au fait, c'est quoi, le nom du pays sur le drapeau ?

L'île de Man.

C'est un pays ?

Oui, c'est les îles britanniques.

- Du champagne ? - Non, je suis au whisky, merci.

Parce qu'ici, nous sommes à l'étranger.

- On n'est pas en France ? - Pas du tout.

- Ah ouais ? - Il faut un passeport, un visa.

Moi, je l'ai déjà.

- En fait, il... - On est libre dans ce pays, non ?

- On peut faire ce qu'on veut ? - Tout ce que vous voulez.

Je viens, alors.

- Vous habitez ici ? - Nous, oui.

- Moi, à Paris. - J'adore Paris.

On peut savoir ce que tu fais sur Paris ?

Quelle question !

C'est les vacances, non ?

On va pas parler de travail.

On est là pour s'amuser.

- Vous allez avoir froid. - Oh, merci.

Venez, on va se réchauffer à l'intérieur.

Vous travaillez ensemble ?

- Oui. - Non, c'est pas vrai.

Ouais, en fait... il travaille un peu pour moi.

Non, je suis plutôt son esclave, en quelque sorte.

N'importe quoi !

C'est moi qui suis ton esclave.

L'esclave de son regard.

Pourquoi ?

- Il sait la valeur des choses. - Pas vous ?

Moi ? Moi, je sais acheter.

- T'as quoi, Dodo ? - J'ai rien.

- Pourquoi tu fais la gueule ? - Je fais rien.

- J'ai rien. - Dodo !

Viens, Dodo.

Moi aussi, j'ai un yacht. Viens, allez !

Allez, viens, mon pote.

J'ai rien.

- Dis-moi. - Je fais pas la gueule.

Tu veux pas me dire ?

- J'ai rien. - C'est vos amis ?

Non, des connaissances.

Vous pouvez leur dire

de traîner un peu ailleurs ?

Tu peux le faire ?

Pourquoi moi ? Va leur dire.

Pour tout, tu vas râler ?

Et faire la gueule ? Sérieux ?

Les gars. S'il te plaît...

- J'y vais. - Non, laisse-le faire.

Tu crois que t'es qui?

Chut, arrête.

- T'es pas invité. - Mais tu dis chut à qui ?

Arrête un peu !

À part agiter ton boule, t'es qui ?

T'es jaloux, car on regarde pas le tien.

Vas-y, viens.

- Ça va ? - Oui, moi, ça va.

Naïma, viens.

Naïma, wesh, viens !

Vous avez quel âge ?

Chacun a un seul âge

toute sa vie.

- C'est-à-dire ? - C'est-à-dire...

Oui, c'est vrai. On grandit, puis on vieillit, mais...

J'ai déjà connu des hommes qui avaient toujours 30 ans.

D'autres qui s'arrêtent à 15 et...

d'autres qui attendent depuis très longtemps d'avoir 50 ans.

J'aime bien cette théorie.

Et moi ?

J'ai combien, alors ?

Vous ? Je sais pas.

Faudrait que je vous connaisse mieux.

- Vous serez déçue. - Pourquoi ?

Les femmes, c'est toujours "pourquoi".

- Viens. - Y a un étage en bas ?

Oui, tu vas voir.

- Good night. - Good night.

- Tu viens ? - Ouais.

- Au revoir. - Bonne journée.

Attends-moi.

7,80 euros.

Merci.

Je te laisse l'addition, j'ai rien.

Moi non plus.

T'es sortie sans rien ?

Ben oui. Quand je sors, je prends jamais rien avec moi.

- T'attends qu'ils te paient tout ? - Ben oui.

Tu trouves ça normal ? C'est malin.

- On se retrouve comme des clochardes. - Calme-toi, c'est rien.

- Tu vas où comme ça ? - J'arrive.

Merci.

Bonjour, madame. Bonjour, monsieur.

- Naïma, comment ça va ? - Salut. Ça va, merci.

Faut m'organiser ça mieux.

T'as vu ta mère ?

- Ma belle. - Oui ?

Tu devais pas faire un stage chez nous ?

Oh, oui,

c'est vrai.

Ma mère a dit que je le ferais ?

J'ai plein de choses à faire, une audition à passer.

Mais j'aime ça.

- Tu reviendras quand tu seras prête. - D'accord.

- Au revoir. - Au revoir.

On envoie le continental.

- Je vous paie. - 7,80, s'il vous plaît.

Tenez.

Merci.

Et voilà.

- Au revoir. - Bonne journée, au revoir.

- C'est bon, c'est réglé. - Attends.

- Ça va ? - Ben oui, pourquoi ?

Tu es obligée de rien. Tu m'en veux pour cette nuit ?

Non. Pour moi, il s'est rien passé, cette nuit.

OK. Viens, on y va.

- Bonjour, mesdemoiselles. - Bonjour.

Qu'est-ce qui te plaît ?

- Je pensais que t'avais rien. - C'est un cadeau.

Un cadeau de qui?

C'est André.

- T'as vu les prix ? C'est cher. - Il est trop gentil, non ?

Bah ouais.

Oh, j'adore.

- Elle est belle. - Ouais, c'est trop beau.

Excusez-moi. Je peux avoir le prix de ces deux montres ?

Bien sûr. Ludivine, le registre des prix.

Bien sûr, madame.

Elles font 1500 euros.

- OK. C'est la plus chère ? - Non. On a celle-ci

- à 3500 euros. - Prends celle-là, alors.

- Elle est toute petite. - On s'en fout, prends la plus chère.

Si t'aimes pas,

tu pourras revenir et prendre les 2 que t'aimes.

Ça sert à quoi, deux montres ?

Tu pourras en donner une à ta mère. Elle sera très contente, non ?

- Bah ouais. - Ben oui.

Excusez-moi. On a fait notre choix.

- Pour moi, ce sera ce bracelet. - C'est un excellent choix.

- Ludivine, s'il vous plaît. - Oui, madame.

Je vous la donne ? Je la garde ?

- Mettez sur le compte de M. Montero. - Parfait.

Excuse-moi, pardon.

Bonjour, les filles.

- Messieurs, bonjour. - Bonjour.

- Comment ça va ? - Très bien.

Tu sais comment tu veux mourir ?

Non.

Je pense aux gens dans le Paris-Rio. Tu te souviens ?

Ils sont morts comme ça, une nuit.

Apparemment, personne s'est rendu compte de rien.

Tout le monde a dit : "C'est génial, tu te vois pas mourir."

Moi, je trouve pas.

Je trouve qu'on leur a confisqué la possibilité de penser,

d'avoir peur,

de dire au revoir aussi.

De pardonner,

de demander pardon.

Tu penses à ta mère ?

Viens, on sort.

Oh non, pas ce soir.

Mais toi, vas-y, sors.

Tu veux que je te laisse toute seule ?

Naïma ?

- Ça va ou quoi ? - Ça va et toi ?

- Tu veux goûter ? - Non, j'ai pas faim.

Tu fais encore la gueule ?

- Pour ? - Pour l'histoire avec Sofia.

Non, c'est oublié.

J'ai abusé un peu.

- Viens. - On va où ?

À Nice ?

Je vais en faire un.

- Faire quoi ? - Un tatouage.

T'es sérieuse ? Mais attends, avec quels sous ?

Ceux de mon anniversaire.

Oh...

- Tu blagues ? - C'est un cadeau, non ?

Tu vas pas prendre les sous pour faire ça ?

Si, j'aime ça.

Mais je voulais qu'on aille à Paris. Toi, tu vas faire des conneries.

C'était pour toi ou moi ?

Pour toi.

Ben voilà.

Bonjour.

Dodo, donne-moi ta main, s'il te plaît.

Je devrais te laisser souffrir en silence.

Sofia ?

- Quoi ? - Regarde.

Oh...

Ça te fait plaisir ?

Ça te plaît ?

- Réveille-toi. - Tu fais quoi ?

On va rater l'émission. On la rate jamais !

- Oh, le bordel. - Elle est où, Sofia ?

Partie faire des courses. Tu veux un café, mon bébé ?

M'appelle pas comme ça.

C'est quoi, cette montre ?

- Rien. Elle est moche. - C'est ce que tu fais de ton argent ?

- T'as appelé l'hôtel pour ton stage ? - Je t'ai déjà dit

- que j'étais pas sûre de le faire. - Ton audition, tu l'as passée ?

Laisse-moi vivre un peu. Tu vois pas que tu m'étouffes ?

C'est ta vie.

C'est tes choix. On n'a qu'une seule vie.

Tu crois que Sofia est libre ?

Elle l'est pas ?

La liberté, des fois, c'est du travail aussi.

C'est un travail plus dur que le travail de bureau.

Tu vois pas qu'elle est parfois très fatiguée ?

Toi aussi, d'ailleurs, regarde.

J'espère que tu passes de bonnes vacances, au moins.

Oui, elles sont belles, les vacances.

Arrête !

On voulait pas se l'avouer, mais au fond, on attendait un signe

des hommes du yacht.

Sofia avait une règle :

ne jamais rappeler.

Deux jours après, le texto qu'on attendait

arriva.

J'étais sûre qu'ils allaient appeler.

Tu passes le scotch là.

Et là, tu tends comme ça.

C'est pour avoir l'effet œil de chat.

Tu peux pas si tu as les cheveux en arrière.

Il en faut un peu devant.

Là, tu as plusieurs trous. Ça te permet de choisir l'intensité.

Là, c'est un peu tiré, moyen ou très très tiré.

C'est Sophia Loren qui faisait ça.

- Je viens pour échanger la montre. - Oui.

Vous avez choisi autre chose ?

Merci.

Tu fais à manger ?

On mange dans moins d'une heure.

Il faut toujours manger avant d'aller dîner.

Ah bon ?

- T'y vas pas pour ça. - Pour quoi, alors ?

T'y vas pour faire connaissance, parler.

Et il faut être toujours attentive aux gens qui sont autour de toi.

Alors, si tu es comme ça...

À manger comme une crevarde, ce sera pas possible.

Fais-toi une sauce.

- Je sais pas faire. - Je le fais ?

- Tu sais faire une sauce, toi ? - Allez.

Je vais te la faire.

T'es une chef.

T'as jamais pensé à le devenir ?

- C'est une sauce. - Oui, mais tu la fais bien.

Y en a pas beaucoup des cheffes, en plus. Des "cheffes".

Yes !

- "Cheffe", j'aime bien. - T'aimes bien ?

Les filles, vous allez où ?

Regarde.

Mais non...

T'es sérieuse, là ?

Ce morceau porte ton prénom.

Je savais pas qu'une chanson portait mon nom.

Si.

C'est bon à savoir.

- Vous parlez pas beaucoup ici. - J'ai rien à dire.

- Enfin quelqu'un qui le reconnaît. - C'est pas possible.

Si, je te jure. Je sais pas faire la conversation.

- Ah bon ? - Je suis pas bonne à ça.

Ça ne veut pas dire que tu n'as rien à dire.

Ça veut dire que tu ne veux pas ne rien dire.

Allez ! On va tous se baigner ? Allez !

On y va, non ? Oh là !

André !

Oh là là, comme t'es sage !

Elle chantonne.

Oh non, je sais pas.

Vas-y, vas-y !

Attention à la robe !

Come on!

Come on!

C'est à l'eau de mer ? La piscine est salée.

Allez, Georgia, viens !

Tip them, okay ?

Viens, je vais te faire

oublier ton chagrin.

André, tu veux que je laisse tout seul ?

- Pourquoi ? - Ben...

Elle ? Non.

- T'es sûr ? - Oui.

- On fait quoi ? - Rien, on n'est pas invitées.

Sofia ?

Attends-moi, j'arrive.

- Viens avec moi. - Comment je fais

avec ma cousine ? Elle va pas rentrer seule.

Je vais dormir sur le bateau ce soir.

- Tu rentres à pied ? - Ben oui, y a pas de souci.

- T'es sûre ? Sinon, je rentre. - Non, pas de souci.

OK. Demain, ils nous proposent d'aller faire du bateau.

Tu prendras mon maillot et mon chapeau ?

- Demain ? - Oui.

D'accord.

- Ça te gêne pas ? - Non.

- Sûre ? - Pas de souci.

- À demain. - À demain.

Attends-moi.

- Faut avoir une position de main. - C'est le plus compliqué ?

- C'est que deux chacun ? - Après, on met 3 cartes au centre.

- On les montre pas ? - Jamais.

Non, mais on va les ouvrir pour que...

On mise à partir de là.

À partir de là, tu dois composer quelque chose.

- Y a un as, c'est important. - Alors, là, je peux vous montrer ?

- Ouais, pose-les. - D'accord.

L'objectif, c'est d'en avoir le plus ?

Sofia !

Viens.

Hop, faut enlever les chaussures.

- Ça te plaît ? - Oui.

C'est beau.

C'est la 1re fois que je fais du bateau.

J'ai vu mon immeuble, il paraissait petit.

C'est la première fois en vivant à Cannes ?

Oui. Y a une première à tout.

On est bien, là, non ?

Attends, tiens-moi mes chaussures.

Philippe nous amenait chez une amie.

Elle s'appelait Calypso.

J'ignorais que l'ltalie était si près de chez moi.

Calypso !

Quel bonheur !

André Montero.

- Un plaisir d'arriver par la plage ! - Oui, c'est magnifique.

Je suis venue vous chercher, parce que c'est un labyrinthe.

Marco et moi, on dormait souvent en bas.

C'est une jungle.

Philippe mettait en relation ses amis riches.

C'était son travail.

L'art, on a commencé à en acheter de plus en plus.

Mais la maison est très belle.

Rita ?

Ce sont les œuvres qu'on a sélectionnées avec Marco.

André vient d'une famille de navigateurs.

Il est féru d'objets anciens.

Il a acquis un sublime sextant du 17e.

- Ah bon ? - Je crois t'en avoir parlé.

- Vous l'avez sur le bateau ? - Oui.

- Philippe peut aller le chercher. - Pourquoi pas.

Non, tu viens d'arriver, non !

- Bois quelque chose avant. - Ça te dérange pas ?

- Non, avec plaisir. - Non ?

- Si tu veux, je le fais. - Non, bouge pas.

- Merci. - Je t'en prie.

Attendez, je viens avec vous.

- Vous êtes amarrés où ? - Là-bas.

Elle est belle, hein !

Qui ? La maison ou la femme ?

Votre amie.

Évidemment qu'elle est belle. Et très dangereuse.

Pourquoi dangereuse ?

J'aimerais aussi être une femme dangereuse.

Tu veux faire quoi?

- Quand ? - Dans la vie.

Je sais pas.

Tu voulais pas être comédienne ?

Non. C'est Dodo qui veut être comédienne.

Tu veux pas étudier ?

Vous avez étudié ?

Arrête de me vouvoyer.

- Je plaisante pas. - J'arrive pas à vous tutoyer.

- Tu veux la vérité ? - Oui.

J'ai pas dû faire les bonnes.

Comment ça ?

T'es bien, là.

Tu manques de rien.

La liberté, c'est quand on se lève à l'heure qu'on veut sans patron.

- Et c'est pas le cas ? - Ah non.

C'est pas dans ton coin que tu deviendras dangereuse.

C'est en prenant la parole qu'on apprend.

C'est facile de rien dire, facile de se planquer.

Regarde-moi.

Signore.

Prego.

- Il est quelle heure ? - 14h30.

Elle se fout de ma gueule, c'est une blague, là.

Putain, elle me casse les couilles.

C'est ton tour.

C'est mon tour ? Désolé, une amie...

On n'a pas le temps. On est pressés. Ben oui.

Putain, comment je vais faire, là ?

Merci.

C'est beau.

C'est ça, mon job, tu vois.

Vous voulez autre chose ?

Un café ? Je sais pas. Une grappa ? Non ?

- Un café. - Café.

Vous vous connaissez depuis longtemps ?

Euh... Sept, huit jours à peu près.

C'est ça, hein ?

C'est récent. Non ?

Oui.

C'est fou.

Dès que j'entends une corne de brume,

je pense à Marguerite Duras.

Marguerite Duras ? Et c'est

- lequel votre roman préféré ? - Je les aime tous.

Vous en avez bien un préféré.

Oh, ça dépend, en fait, ça change. Ça dépend des périodes.

De comment je me sens.

Là, ce serait lequel ?

C'est une question délicate. Ça va me faire dire des choses

sur moi, c'est gênant.

Oui, mais en même temps... On est entre nous, là.

Ça va, là.

Mais non, sérieusement !

Avant, c'était La Douleur. Et...

Aujourd'hui, je dirais que c'est L'Amant.

- Ah, L'Amant.

C'est merveilleux, L'Amant.

Ben oui, c'est...

C'est merveilleux, L'Amant. Je peux poser une question franche ?

Bien sûr, oui.

- Vous me dites si c'est indiscret. - Non, pas du tout.

- T'as quel âge ? - 22 ans.

Ce que je pensais.

- C'est fou. - Qu'est-ce qui est fou ?

Faire autant de chirurgie esthétique.

À ton âge, je comprends pas. Je te trouve jolie, pourtant. Non ?

Merci.

Pourquoi "merci" ?

De dire que je suis jolie, c'est...

Oui, c'est gentil. Mais vous aussi,

vous êtes tellement belle.

Merci.

C'est parce que je touche pas à mon visage.

Lutter, je trouve que ça fait pathétique.

C'est comme si je refusais la mort, tu vois.

En plus, j'ai l'impression que ça vieillit.

Vous trouvez pas ?

Pathétique ? Non.

Je trouve ça plutôt touchant.

- Touchant ? - Ouais.

J'aime beaucoup

- votre maison. - Merci.

Je rêve d'avoir la même chose à votre âge.

Il fait chaud, non ? On peut se baigner ?

- Évidemment, profites-en. - J'ai très chaud.

- Tu veux pas te baigner, toi aussi ? - Non merci.

Nous, on va se baigner ?

- Se balader ? - Se balader.

- Une balade ? - Ouais.

Faut que tu viennes. Septembre, octobre, c'est très agréable.

André, un jour, on m'a dit une chose étonnante te concernant.

Ah, ça m'intéresse.

On m'a dit que tu avais été anarchiste.

Je suis toujours anarchiste.

Anarchiste, bien sûr.

Vous êtes un collectionneur friqué du Brésil,

vous spéculez sur les artistes, les cotes,

vous êtes en bourse. Bien sûr, vous êtes anarchiste.

Parfaitement.

Va falloir m'expliquer.

- Je comprends. - Ah, très bien. Alors, dites-nous.

Les anarchistes, ils veulent la liberté ?

- C'est plus complexe. - Laisse-la développer.

Qu'est-ce qui nous rend libres dans la société ? L'argent.

Parfaitement.

Pour eux, l'argent, c'est pas important.

Ce n'est pas une valeur.

- Oui. Donc ? - C'est plus simple de haïr l'argent

quand on en a que quand on en a pas.

Voilà, c'est juste.

Elle a tout compris

sans avoir besoin d'explications, elle.

Et moi qui traduis depuis ce matin.

Je passe pour une idiote.

Non. Ça vous faisait plaisir.

Si ça vous fait plaisir, je suis contente.

- On y va ? - Au revoir.

- Au revoir. - Au revoir.

Rentrez bien.

- Fais gaffe. - Désolée.

Ouais. Vas-y, aide-moi.

- Pardon. J'ai pas fait exprès. - Ta gueule.

Naïma, relève-toi.

De quel droit vous lui parlez

de cette façon ?

- Je vais chercher de l'eau. - Je crois pas, non.

Vous ferez des excuses à notre invitée.

- C'est bon. - Tu bouges pas.

Tu restes là.

Bon, j'attends.

Je suis désolé.

"Je suis désolé, mademoiselle."

Désolé, mademoiselle.

Comme ça ?

Tu aimes ?

Fais ce que tu veux.

Je suis à toi.

- Tu aimes quand je mets mon doigt ici ? - Oui.

- Je continue ? - Oui.

Et ça, je peux ?

Oui.

Ouais.

Je peux ça ?

Oui.

Tu lis quoi ?

Ah non.

T'es qu'une enfant, Naïma.

Non.

Si.

Non !

Si.

- Non. - La preuve.

Oui ?

Allez, réveille-toi.

- Vite, dégage. - Qu'est-ce qui se passe ?

- Dehors. - Il se passe quoi ?

- Dégage. - Pourquoi tu me pousses ?

- Pourquoi fouiller ? - Dehors.

C'est pas nous. Tu veux voir ? On l'aurait mis où ?

Viens.

André a dit de les virer, elles ont volé le sextant.

On part. Récupère tes affaires. Viens, on part.

On a rien à faire avec ces gens. Allez, viens.

Allez dans votre cabine.

Je m'occupe de tout.

Allez, dehors. Allez !

Lâche-moi. Laisse-moi tranquille un peu.

Allez !

Dehors.

Sofia ?

Sofia ?

Sofia, viens.

Sofia, viens !

Sofia, viens. On va leur prouver

que c'est pas nous.

Leur prouver quoi? Ça changera quoi? Dis-moi.

- Allez, viens, Sofia ! - Va-t'en.

T'es pas une voleuse, moi non plus. Viens.

Je m'en fous complètement.

Allez, viens !

Sofia !

Laisse-moi !

Je veux rester seule.

Quoi ?

On allait pas les épouser non plus, non ?

Y a d'autres façons de faire.

Elles se seraient pas éternisées.

T'en sais quoi ?

Je le sais.

Je me suis trompé ?

C'est pas si grave.

- Bonne nuit, Socrate. - M'appelle plus Socrate.

Plus jamais.

Malika, il est où, Dodo ?

Je crois qu'il est là-bas.

Dodo, faut que je te parle.

- S'il te plaît, deux secondes. - Non.

S'il te plaît.

- Je suis avec des copains. - En privé.

- Deux secondes. - Non. Vas-y.

Dégage, laisse-moi tranquille.

Dégage !

- Alors, tu l'as eue ? - De quoi ?

Ben, ton audition.

Oui !

Je suis fière de toi.

- Tu fais chier. - Moi aussi, je t'aime.

Tu fais plus la gueule ?

T'es têtu, quand même.

- Hein ? - T'es têtu, quand même.

J'ai trop mal aux pieds.

C'est ça quand on sait pas marcher en talons.

Je peux monter sur ton dos ?

- Tu vas me casser une vertèbre. - Vas-y.

Saute, saute !

- Allez! - Putain, t'es lourde.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Ils ont cru qu'on avait volé.

Quoi ?

- Un objet, une œuvre d'art. - Un objet ou une œuvre d'art ?

Parfois, un objet, c'est une œuvre d'art.

- Mais ça coûte cher. - Et c'est toi ?

Non. C'est pas Sofia non plus, si tu veux savoir.

Je m'en fous de Sofia.

T'as changé.

- Arrête ! - Si, je te jure.

Avant, t'étais pas comme ça. Admets-le.

Et quand bien même ? C'est mal de changer ?

J'ai pas le droit ?

T'énerve pas. Je demande gentiment.

Avant, on était

comme des sœurs. Maintenant, on est un vieux couple.

On baise même pas.

Tu veux ça ?

- Tu veux me pécho ? - T'es malade.

Tes seins sont bien. Pourquoi tu fais chier ?

Je sais pas. "Pourquoi tu fais chier ?"

- Fais pas ça. - Pourquoi pas ?

C'est bon, rigole un peu.

- Oh là là là. - T'abuses, t'as tout niqué.

Sofia ?

Elle était partie comme elle était arrivée.

Sans s'annoncer ou presque.

Comme les fins de saison. On sait que ça va arriver,

mais on s'en rend compte que le jour d'après.

Philippe ?

Philippe ?

Philippe ?

Philippe ?

Ça va ?

Je sais pas ce que je fais là.

T'avais peur que je te prenne pour une voleuse.

Non. Je voulais juste te montrer ce que je ressens.

Je suis pas amoureuse, attention.

Je voulais juste te dire au revoir.

Bon.

Alors...

Au revoir.

- Tu me prends pour une voleuse ? - Non, non.

Lui non plus.

T'inquiète pas.

C'est pas pour toi, tout ça.

T'as des principes. C'est pas une histoire de principes.

C'est une histoire de valeurs.

Toi, tu en as beaucoup.

Tu le sais, ça ?

C'était bien, ces vacances, non ?

- Oui. - Non ?

Si.

Non.

Non.

- Si. - Non.

- Si. - Non.

- Si. - Non.

- Si. - Non.

Au revoir, Naïma.

Au revoir, Philippe.

Je n'avais pas revu Sofia cet été-là.

J'avais eu un mail où elle racontait son installation à Londres.

Elle était heureuse.

Là-bas.

Allez, on mollit pas, on lâche rien !

Baisse le feu.

Allez, on envoie. C'est bientôt prêt.

Allez, le bouillon.

Il en est où ? Il est bon, le bouillon ?

Allez, encore !

Les brunoises, plus petit que ça.

L'autre côté, s'il vous plaît. L'autre côté. Plus petit.

Les crèmes brûlées, ça vient ?

La robe,

tu peux t'en faire 170.

Et le sac, 180 à peu près.

Ça, tu peux le vendre beaucoup plus cher.

Ça, non.

Pourquoi ? Je te vois jamais avec.

Non, mais je le vends pas.

C'est un souvenir.

Prête, cheffe ?

Prête, cheffe.

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