All language subtitles for Olivier - S01E06

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Original subtitles

♪ ♪ ♪

- Éva vit dans un couvent.

- C'est une soeur.

- (Agathe): On est contentes, tu penses,

d'avoir un beau grand garçon qui débarque dans nos vies!

- "Au moment où cette lettre sera découverte,

"j'espère que ce sera toi qui la liras."

- Dans sa lettre, elle te demande pardon.

- C'est toi ma vraie mère.

- Aimerait-il connaître ses vrais parents?

- Ça commence à le travailler.

- Georges.

- Ça me touche que tu m'aies raconté tout ça.

- Il y a juste à toi que je pouvais.

- (Noëlla): Tu te souviens de M. Surprenant?

- (Olivier): C'est difficile à oublier.

- Eh bien, il est décédé.

- (georges): Prendre une bière à la brasserie.

J'ai pas envie d'être là quand tu vas le lui dire.

(sonnerie de téléphone)

(sonnerie de téléphone)

- Oui, bonsoir.

Oui.

Quoi, Olivier? Qu'est-ce qu'il a eu?

Est-il correct?

On nous a dit de venir ici.

Mon gars a eu un accident.

- Son nom de famille?

- Dubreuil. Olivier Dubreuil.

(indicatif musical)

- C'est moi.

Olivier?

Mariette?

- (docteur): Votre fils a saigné dans sa tête.

On lui a fait une artériographie.

On a aussi un nouvel appareil qui s'appelle le scanner.

Ça nous a permis de mieux voir

ce qui se passait dans son cerveau.

- C'est grave?

- Il y a beaucoup d'enflure.

Le neurochirurgien a décidé d'opérer.

On peut savoir s'il va y avoir des séquelles pour l'instant.

Il faut attendre.

C'est ça le plus dur.

- Maman.

- On est là, on est là.

(pleurs)

(bips réguliers des machines)

(respiration difficile de Mariette)

- (interphone): Attention, code bleu en salle d'opération.

- (tout bas): Je vais rentrer.

Ce n'est pas de mon âge de passer des nuits complètes

puis je suis fatiguée de ces temps-ci.

Je vais revenir demain.

Puis t'es mieux d'être sorti des soins intensifs

puis d'être dans une chambre normale.

- T'étais sorti?

Ça t'arrive pas souvent de sortir en pleine semaine.

Bien, coudon! Vous êtes-vous pognés ce soir, tous les deux?

- Tu demanderas à ta soeur.

(bips réguliers des machines)

- Pourquoi vous m'en avez pas parlé, de la lettre?

- C'était pas à moi de le faire.

- Qu'est-ce qu'il vous a dit, à vous?

- Rien de plus qu'à toi, j'imagine.

- Maman.

Vous l'avez pratiquement élevé, cet enfant-là.

Vous le savez autant que moi, et c'est pas un reproche, là.

Vous avez joué un plus grand rôle dans sa vie que moi.

- De quoi t'as peur?

Qu'il retrouve sa vraie mère?

- Non.

Bien non.

Oui, peut-être.

- T'as peur de le perdre s'il la retrouvait?

Mais c'est quoi d'abord?

- Je sais pas.

- C'est qui qui me ramène?

- Je pensais pas partir.

- Bien, ça donne rien qu'on soit ici toute la gang.

- Maman a raison, vas-y.

- Ça peut durer des jours, puis, bien, il va se réveiller.

- Non, je reste avec toi. - Je suis là, moi.

- Allez travailler.

On sait pas ce qui peut arriver.

Je vais canter sur une chaise,

mais au moins je vais être avec lui.

- Je reste un bout encore avec toi.

De toute façon, même si me couchais,

je dormirai certainement pas.

- Va-t'en avec maman.

Je veux pas qu'elle parte toute seule.

- Faites attention à vous autres.

- OK.

(bips réguliers des machines)

- Je comprends que tu comprennes pas.

Je sais ce que tu penses.

- Je pense rien.

- Qu'il est trop tard.

- Il est jamais trop tard, Mariette.

Ça fait juste retarder les affaires, c'est tout.

Un jour ou l'autre, il va falloir que ça se sache.

C'est pas moi qui vais aller dire quoi que ce soit.

- Merci.

- Je sais pas ce qui s'est passé entre Georges et Mariette

ce soir.

Vous trouvez ça normal, vous,

qu'il soit sorti en pleine semaine?

Hé! Mariette, il y a de quoi qui la chicote de ces temps-ci.

Je la connais.

Ça m'énerve.

- Ce qui se passe dans le couple doit rester dans le couple.

(bips réguliers des machines)

- Si tu savais.

- Qu'est-ce qui se passe, maman?

- Comment ça va?

- C'est toujours pareil.

Il bouge un peu, mais pas plus.

- Qu'est-ce que j'ai eu?

- Tu devrais aller te reposer à la maison.

Il peut rester de même pendant des jours.

- Je veux être là quand il va se réveiller.

- J'ai récupéré son bicycle.

- Maudit bicycle.

- Je pense qu'il est fini.

- Hein?

Mon dix vitesses?

Comment ça?

- Je voudrais bien savoir

comment il a fait son compte pour planter de même.

C'est pas le plus fanfaron de la gang.

Il avait peut-être bu.

- Il finissait de travailler.

- Quelques petites bières...

- Non, j'haïs ça, la bière.

- Il rentrait à la maison. - C'est ça que tu penses.

Mais il nous disait pas tout. Voyons!

Va dormir une couple d'heures.

- Comment tu veux que je dorme?

Il va mourir.

- Quoi?

- Ou bien il va peut-être rester légume.

- Hein?

Hein? Non, non, non. C'est quoi la joke?

Hein? Je rêve? Je rêve, c'est ça?

J'ai un examen de maths, une réunion du conseil étudiant.

- Georges! - On répète de quatre à six,

et je travaille ce soir.

Je vois vraiment pas où j'ai le temps de crever,

encore moins de rester légume.

- Esther!

Es-tu au courant pour Oliv?

- De quoi?

- Il a eu un accident. Il est à l'hôpital.

- Quoi?

- Ça va aller, la crise est passée.

- Il est correct?

- Il est stabilisé, on lui a donné du Dilantin.

- Mais qu'est-ce qu'il a eu?

- Le médecin va vous expliquer quand il va sortir.

- Il est toujours dans le coma?

- Il est pas conscient.

- Est-ce vrai qu'il va mourir?

- Qu'est-ce qu'on va faire avec la pièce?

- On va la faire.

Hein?

Pour lui.

- On fait quoi?

Va-t-on le voir?

Moi, je les connais pas, ses parents.

- Il y avait comme...

Voyons... il tremblait!

Voyons, câline, il y a un mot pour ça!

- Oui, je sais ce que tu veux dire.

- Il est devenu bleu tout d'un coup.

Il a eu besoin de beaucoup d'oxygène, ça a l'air.

- Des spasmes.

- Oui! C'est ça! Des spasmes.

Oui...

Tout son corps était secoué, c'était effrayant.

C'était pas beau à voir.

Pauvre ti-gars!

Tu sais, tu vois ton enfant emmanché de même,

tu peux rien faire.

Moi, je ne veux plus jamais vivre ça.

(soupir)

Avez-vous dormi un peu, vous autres?

- Qu'est-ce que t'en penses?

- Je vais avertir Éva.

C'est une bonne heure, ça, pour la joindre?

- Laisse faire ça, je vais le faire.

- Non, non. - Il faut que tu te reposes.

- Non! Je tiens à le faire moi-même.

- OK.

- Je vais lui demander qu'elle s'en vienne.

J'aimerais ça qu'elle soit avec nous autres.

Toute la gang ensemble.

Olivier va peut-être entendre nos prières.

(appel à l'interphone)

(♪♪♪)

- Il est arrivé quelque chose à maman?

- Non, c'est pas maman, c'est...

C'est Olivier.

Il est tombé.

Il s'est fait opérer, il...

Il est sorti des soins intensifs.

Il est dans une sorte de coma.

Ils savent pas comment il va s'en sortir.

- C'est épouvantable!

- Si tu pouvais...

avec les autres religieuses, prier pour lui.

Pour qu'il revienne avec nous autres avec toute sa tête.

J'aimerais ça que tu sois avec moi.

Ici.

- T'aimerais ça que je vienne?

- Oui.

- Pardon?

- Oui?

- Euh... je viens voir Olivier.

- Ah! Mais entre, entre.

- Aie pas peur, on mord pas.

Allô.

- Bonjour. Je suis la mère d'Olivier.

- Ah! Ça me fait plaisir.

- Moi, je suis la matante fatigante, ha! ha!

Toi, t'es qui?

- Esther.

- Une amie? - Oui.

- Une amie d'école?

- Euh... oui, on fait du théâtre ensemble.

- Ah! Tu joues dans sa pièce de théâtre.

- Oui, oui.

- Bien, entre. - Bien oui!

- Viens le voir.

Il va être tellement content.

- Ça paraîtra pas, mais...

- (Mariette): Olivier, t'as de la belle visite.

- Allô, Olivier.

C'est Esther.

- Il faut pas que tu sois gênée.

- Il est pas jasant,

mais c'est pas grave, il faut pas arrêter.

- Le docteur dit que c'est important qu'il soit stimulé.

- Alors tu peux le taponner autant que tu veux.

Ça pourrait réveiller ses sens. - Ah!

On va te laisser avec lui.

- Bien oui! Bien oui!

On va aller se dégourdir les jambes un peu.

- Ça va lui faire du bien d'entendre une autre voix.

- Plus jeune, surtout.

- "Tu me manques déjà. Je crois aux miracles."

"Chantal."

"Lâche pas, t'es fait fort."

Bruno t'écrit: "Accroche-toi, mon pote."

Je suis ridicule.

Je suis là à te lire les mots des autres.

Quand j'ai appris que t'avais eu un accident, là...

le coeur, il m'a manqué.

J'aimerais tellement ça que tu reviennes

pour que j'apprenne à te connaître davantage.

Ça a pas de sens.

T'es bien trop jeune, Olivier, pour...

Je suis amoureuse de toi, Olivier.

J'aurais pas dû, je regrette.

Je vais avoir l'air de quoi, moi, devant toi,

si tu m'aimes pas.

Je te demande juste...

Quand tu vas revenir puis qu'on va se voir,

tu me diras ce que tu penses de tout ça.

Si tu m'en parles pas, bien,

c'est parce que t'as pas entendu.

OK?

(ouverture de porte)

- Ah!

- Puis les médecins?

- Ils veulent jamais rien nous dire.

- Il faut attendre.

Prendre notre mal en patience.

- C'est quoi les probabilités qu'il reprenne conscience?

- On veut pas le savoir.

- Il y a quelque chose qui marche pas chez cet enfant-là.

- Je me suis tout le temps demandé s'il est heureux.

Mais c'est vrai!

Il arrête pas!

Il est rien que sur une pinotte.

Il est dans 10 000 affaires à l'école.

- Puis?

- Rien.

- Tu sais comment ça me tape sur les rognons

quelqu'un qui dit pas ce qu'il a à dire.

- Bien non.

- Tu vas finir par le dire de toute façon, alors...

- Excuse-moi, Mariette.

Il est peut-être homo.

- Puis?

- Bien, il fait pas de sport.

Il a tout le temps la face dans les livres ou dans la TV.

Il peut regarder la même vue cinq soirs d'affilée au cinéma.

Tu vas loin dans la vie avec ça.

A-t-il déjà amené quelqu'un à la maison?

Hein? Ils sont où ses chums de gars, ses petites copines?

Puis sa meilleure chum, c'est sa grand-mère.

- Il a une trâlée de filles autour de lui.

- Ça veut rien dire.

- Quand bien même il serait...

une...

- Mais l'autre soir, à la TV, Janette Bertrand disait--

- Lâche-moi avec Janette.

- Je pense qu'on devrait prier.

- (toutes, tout bas): Je vous salue Marie, pleine de grâce,

le Seigneur est avec vous.

- Le Seigneur va entendre nos prières.

- Il est aussi bien parce qu'on comprend pas tout le temps

pourquoi Il nous envoie des épreuves comme ça.

- Souvent, c'est pour nous faire comprendre des choses.

- Quoi?

Olivier en a déjà eu assez, il me semble.

- Il faut que tu te reposes, Mariette.

- Ah, me reposer!

Tu tiendras jamais la route.

- Comment tu veux que je me repose?

J'ai tellement la tête pleine. C'est trop d'affaires.

Je suis pas allée chercher cet enfant-là pour qu'il parte.

De même.

- Je t'ai trouvée si généreuse quand t'es allée le chercher.

- Arrête-moi ça.

- Dieu va toujours t'en être reconnaissant.

- Qu'Il me le ramène vivant sans trop de dommage,

c'est tout ce que je Lui demande.

- Georges aussi a été bien fin

d'accepter tout ça.

- C'est pas toujours facile, toutes les décisions

qu'il faut prendre avec un enfant.

Je te jure que j'ai toujours fait de mon mieux.

- Je t'admire tellement.

- Je suis loin d'être admirable.

- Éva, bouche-toi les oreilles.

Il y a un petit gars de 5 ans et sa mère,

ils sont dans un restaurant.

Le petit regarde la caissière, et il dit:

"Suce ma quéquette, j'ai une grosse bite."

(rires)

La caissière vient mal, toi, chose!

Le petit maudit, il continue, lui.

"Suce ma quéquette, j'ai une grosse bite."

Là, la mère, elle voit bien que la caissière vire "dessour",

alors elle dit à son jeune:

"Enlève ton bonbon de ta bouche quand tu parles."

Alors il enlève son bonbon et il dit:

"Six croquettes et une grosse frite."

(rires)

Suce mes croquettes.

(rires)

C'est niaiseux!

(rires)

- Hé, je pleure!

(rires)

Ah, ça fait du bien.

- Ça fait du bien de vous voir rire de même.

- Ça me rappelle quand papa partait en mission à Ottawa

et qu'on se retrouvait juste les filles ensemble.

- (Agathe): Oui, c'est vrai.

Il y a juste dans ces moments-là qu'on riait.

C'est pas ça je...

- J'ai jamais senti que j'étais ton père.

Jamais.

Que je sois là ou pas, ça changeait quoi?

J'ai toujours senti de ta part... de la méfiance.

Oui.

C'est ça.

Tu sais, Olivier...

jamais que je t'aurais fait ou que je te ferai du mal.

Hein.

On est pas tous des M. Surprenant.

En tout cas.

J'aurais aimé ça...

J'aurais aimé ça avoir été important pour toi.

(ouverture de porte)

(fermeture de porte)

- Du nouveau?

Ça va faire une semaine demain.

Je me fais une tisane. En veux-tu?

- Non, je vais aller me coucher.

- Ça m'a fait du bien de pas aller à l'hôpital ce soir.

Merci pour le break.

- Elle reste combien de temps, Éva?

- Le temps qu'il faut, qu'elle m'a dit.

(♪♪♪)

- (les trois): Là, on s'installe aux tables.

On distribue les cartes.

On met nos pitounes gratis puis la partie commence.

Là, c'est bien simple, je deviens folle.

- Là! Ressortez le "là"!

- (les trois): Mon Dieu que c'est donc excitant.

Je suis tout à l'envers, j'ai chaud, je comprends

les numéros de travers. - Arrêtez ça.

- (les trois): Je mets les pitounes à la mauvaise place.

Je fais répéter celle qui crie les numéros.

Je suis dans tous mes états!

- Ah, vous êtes "pourrites", les filles.

- (les trois): Moi, j'aime ça, le bingo.

Moi, c'est bien simple, j'adore ça, le bingo.

Moi, il y a rien au monde que j'aime plus que le bingo.

- C'est tout. - Ah! Déjà?

- Hé, c'est assez! - Bravo!

Je suis sûre qu'Olivier est content.

- Pas pantoute.

- Je ne pourrai plus jouer au bingo sans penser à vous.

(rires)

- Bien, ça, c'est le bout drôle. Mais le reste...

- Bien, c'est plus drôle que dramatique, là.

- C'est vraiment gentil d'être venues, les filles.

T'as des bonnes amies, Olivier.

- Puis cute! Hein!

Hé, vous êtes toutes plus belles les unes que les autres.

Hé, mais dites-moi donc,

pourquoi vous parlez toutes en même temps?

- C'est fort, les habitudes, hein.

Tu dois en savoir quelque chose.

Je suis habituée de le voir arriver le matin

avant d'aller à l'école.

- Il passe vous voir tous les matins?

- S'il passe pas le matin, ce qui est très rare,

il retontit toujours quelque part dans la journée.

J'ai pas une journée sans le voir.

- Pourquoi vous êtes si proche de lui?

- J'ai pas eu de gars.

- C'est pas juste ça.

- Pourquoi t'as choisi Jésus comme époux?

- Si c'était Jésus qui m'avait choisie?

- Et si c'était Olivier qui m'avait choisie?

Qui choisit qui?

C'est une affaire d'affinité, d'énergie.

Ça circule pas comme les filles.

Ça a dû me faire du bien.

- Je me suis toujours demandé pourquoi Mariette avait décidé

d'adopter un garçon aussi vieux, d'ailleurs.

- C'est à elle qu'il faut le demander.

- J'ai jamais trop, trop compris.

- Bien des affaires qu'on comprend pas, dans la vie.

- Comme?

- Pourquoi une jeune fille belle comme le jour entre au couvent?

Je vais te dire de quoi, Éva.

Dès que j'ai vu Olivier pour la première fois, je me suis dit:

il débarque pas pour rien dans notre famille,

c'est pour quelque chose qu'il est ici.

Quoi? Cherche-moi.

Aurais-tu aimé ça, avoir des enfants?

- Oui.

- Ça te manque?

- Ce qu'on connaît pas, ça...

À quelle heure vous voulez partir pour l'hôpital?

- On va partir en fin d'après-midi.

On s'arrangera pour manger à la cafétéria,

comme ça, on n'aura pas de souper à préparer.

- Vous avez bien raison.

- (Esther): Bye, là.

Ça va aller à la semaine prochaine

parce que c'est nos examens de fin d'année.

- Il ira pas loin, il est pas mal tout le temps au poste.

- Je t'accompagne à l'ascenseur.

- Oui.

- On pourrait se parler deux minutes?

- Oui. Oui, oui.

- Tu l'aimes bien, Olivier?

- C'est mon meilleur ami.

- A-t-il une blonde?

- Non. Bien, je pense pas, là.

- Selon toi...

est-ce un garçon heureux?

- Je comprends pas pourquoi ils arrêtent ça l'été.

Ça me choque, moi.

C'est pas parce qu'il fait beau

que je vais arrêter d'écouter les programmes que j'aime.

Surtout Le temps d'une paix.

Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu

un bon programme de même.

Oui, ce que j'aime dans Le temps d'une paix,

c'est que c'est léger.

Tu ris, tu souris

à cause de comment ça se passait dans le temps.

Puis, en même temps, des bouts,

ça pogne dans le ventre, là, c'est touchant.

C'est fou, ça devient comme ta famille adoptive.

Hé, c'est niaiseux, mais... je m'ennuie quasiment de Rosanna.

Ti-Coune me manque.

Hmm. Quand on accroche sur un programme, c'est ça qui arrive.

Veux, veux pas, on s'attache.

Puis je peux bien te le dire à toi...

Je te dis que le Joseph-Arthur, il me fait de l'effet.

Si j'étais Rosanna,

je niaiserais pas longtemps avec la puck.

C'est mon genre d'homme, Pierre Dufresne.

Il fait vraiment homme.

Puis il a quelque chose dans l'oeil...

de cochon.

Trouves-tu ça, toi aussi?

En tout cas.

J'ai quasiment hâte que l'été soit passé

pour que Le temps d'une paix recommence.

Une vraie folle.

- Il m'a raconté que... bien, qu'il avait été adopté par vous.

- Il vous avait jamais parlé--

- Je suis la seule de la gang qui le sait.

- Continue.

- Il avait l'air comme bouleversé

de me dire par où il était passé.

J'ai pensé à ça, puis je pense que...

depuis la mort de son ami Sylvain,

il a de la difficulté à s'attacher.

Je veux dire, il nous aime, ça, oui, mais...

je sais pas comment expliquer.

Il a tellement peur de nous perdre

qu'il joue au tough avec nous.

Il est toujours au-dessus de ses affaires, puis...

C'est pas clair, hein?

- Non, non, au contraire.

C'est intéressant, ce que tu dis.

- C'est toi qui retiens le plus de papa.

- Non.

- T'as beau faire la face que tu veux!

Regarde, t'es dans les ordres. Le couvent ou l'armée...

- Papa, tu en avais peur.

- Bien, il me lâchait pas deux minutes.

"Déplace ça. Non, plus à gauche."

"Tiens-toi droite."

- Vous exagérez, là. - Pantoute!

- Papa avait bien des défauts, mais il était juste.

Ça, vous pouvez pas dire le contraire.

Il avait des règles, justice, la même pour tout le monde.

Il nous aimait égal.

- Oui, c'est vrai, ça.

- Je me demande comment faisait maman.

- Moi, elle m'a déjà dit:

"Votre père, c'est un autre homme dans l'intimité."

- Pour vrai?

Elle a dit ça? - Oui.

C'est dans la chambre à coucher

que ça se passait entre les deux.

Le caporal-chef du 12e bataillon de l'Armée canadienne,

il perdait toutes ses défenses au lit.

- Ça prend bien une vieille fille pour parler de même.

- Bien, il fallait bien qu'il ait de quoi.

- Ah bien! Regarde donc qui c'est qui parle!

(rires)

- La petite fille qui vient te voir, Esther,

t'arrêtes de la faire niaiser.

Elle t'aime. Ça crève les yeux.

Elle est en amour avec toi par-dessus la tête.

Réveille-toi.

D'ailleurs, tu vas revenir sur la terre, là.

C'est assez, là.

Ta mère est fatiguée.

C'est épuisant, ça.

Deux semaines qu'elle est là pratiquement nuit et jour

à se dire: va-t-il revenir ou pas?

Ça demande de l'énergie, ça, mon gars.

Arrête-moi ça tout de suite.

Tu peux pas me faire ça.

C'est pas dans l'ordre des choses.

C'est moi qui dois partir en premier.

J'ai fait ce que j'avais à faire.

T'as encore la couche aux fesses, toi.

T'as plein de choses à découvrir.

Tu peux pas partir sans avoir vu ta vraie mère.

Pense à ton ami Paul.

Vous vous êtes promis de vous retrouver un jour.

Arrête-moi ça tout de suite, mon grand niaiseux.

Atterris.

Ça presse.

- (Mariette): Il peut peut-être rester légume toute sa vie.

- Arrête-moi ça, je vais m'en sortir.

En même temps, je veux pas qu'il meure.

- Moi non plus.

(prière chuchotée)

- J'aimerais ça avoir ta foi.

Je t'admire.

Remettre ça entre les mains du Seigneur.

J'ai beau prier, on dirait qu'Il m'entend pas.

(prière chuchotée)

Tu pars quand? Demain?

- (Olivier et Éva): Ça fait trois fois que tu...

- ... me demandes aujourd'hui quand je pars.

- Je m'excuse.

- Il faut que je parte de la maison au plus tard à 7 h 30.

- Bien oui.

Les soeurs t'attendent.

- Je te sens nerveuse, Marie.

- Peut-être.

Je suis triste que ma petite soeur s'en aille.

C'est rare qu'on t'ait avec nous autres aussi longtemps.

- Moi aussi, je resterais bien.

Je veux quitter le couvent.

J'ai trop de signes qui me font douter.

- Tu n'es plus bien là?

- Est-ce que je l'ai déjà été?

- Bien voyons!

- Je pense que j'ai perdu la foi.

Est-ce que je l'ai déjà eue?

Je me suis coupée du monde.

Tu sais pourquoi.

- Un jour, tu te réfugies dans les bras du Seigneur.

Mais ça marche un temps.

Tu sens Son étreinte un petit bout.

Mais plus maintenant.

On dirait que je ne sens plus rien.

- Ah, ma petite Éva.

Si tu quittes la congrégation, tu vas faire quoi?

- Je sais pas.

Essayer de donner un autre sens à ma vie.

Je te l'ai jamais dit, mais je t'ai toujours enviée, Mariette.

- Envier, c'est un péché.

- J'en suis pas fière non plus.

Mais à chaque visite, de te voir avec ton fils...

- Tu y penses souvent?

- Tous les jours.

- Il te manque?

- Je sais pas, je l'ai pas connu.

- T'as pensé le rechercher?

Je suis peut-être rendue là.

- Ah, mon Dieu!

Ma petite soeur.

- Qu'est-ce qui se passe, Marie?

- Si je te disais que ton fils est ici?

À côté de toi.

C'est lui.

C'est ton fils.

- (tous bas): Hein?

(fort): Qu'est-ce que c'est que ça?

Bien non, voyons!

- Je me suis toujours sentie coupable.

J'ai tellement regretté, Éva.

- Ça a pas d'ostie de bon sens! C'est quoi cette histoire-là?

- Je t'ai forcée à abandonner ton enfant.

- On pouvait pas faire autrement,

papa l'aurait pas pris.

- Puis?

(soupir)

Les qu'en-dira-t-on! Les crisses de qu'en-dira-t-on!

- Mariette! - La peur de papa!

La peur de papa, qu'il le prenne mal.

- On pouvait pas lui faire ça.

- C'est pas une raison!

- C'était l'époque.

Comment tu l'as retrouvé?

- Je l'ai jamais perdu de vue.

Une des religieuses de la crèche, soeur Annette,

avec qui je suis toujours restée en contact,

elle me tenait au courant de ses déplacements.

Il a été heureux dans sa première famille, les Bilodeau.

- C'est quoi l'affaire? J'hallucine! Tu me suivais?

Tu savais ce que je vivais chez Surprenant.

Pourquoi tu m'as pas sorti de là?

- Je pense que c'est ça qui l'a sauvé.

J'ai jamais su l'horreur qu'il a vécue chez les Surprenant.

Tu peux être sûre que je serais allée le sortir de là.

- C'est toi ma mère.

- Puis après... - Est-ce qu'on se ressemble?

- La maison de monsieur et madame Rivard a fermé.

Les enfants ont été placés.

Je me suis dit: c'est assez!

Ça s'est fait vite.

J'ai... j'ai convaincu Georges.

- Mon père, il est vivant? Tu sais il est où?

- Je le voulais!

- Le sait-il que t'étais enceinte?

- Il fallait que je me rachète.

- Je lui avais laissé un toutou.

- Il l'a toujours. - Je l'ai toujours.

- C'est vrai?

- Il s'en est jamais débarrassé.

- Le seul souvenir que j'ai de toi.

- Il y a quelques jours, il a...

C'est-à-dire maman... a trouvé la lettre à l'intérieur.

- Maman est au courant? - Non! Bien non, voyons.

- Ça reste entre toi puis moi.

- Oui, oui.

- Qu'est-ce que t'attendais pour me le dire?

Qu'il meurt?

Que je ne puisse plus lui parler?

- Je vais vous laisser ensemble.

- S'il te plaît, dis quelque chose.

Qu'est-ce que tu veux?

Que je meure?

Maman!

(♪♪♪)

SOUS-TITRAGE PMT

- J'y arrive pas.

Je le vois, puis je sais pas quoi faire, quoi dire.

- Tu voulais le retrouver.

- C'était dans ma tête.

- Oui, mais là, c'est réel. Il est là, devant toi.

- C'est pas moi, sa mère.

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