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Original subtitles

NETFLIX PRÉSENTE

Dans le temps, j'imaginais

qu'on peignait vraiment les maisons.

Qu'est-ce que j'en savais ?

J'étais qu'un employé.

Un représentant des Teamsters,

section 107, South Philly.

Un pion parmi mille autres...

jusqu'à ce que je le sois plus.

C'est là...

que j'ai commencé à en peindre...

moi-même.

M. ET MME WILLIAM BUFALINO VOUS INVITENT

AU MARIAGE DE LEUR FILLE GRACE ANNE BUFALINO AVEC ROBERT RITTER

Dans ce cas précis,

tout tournait autour du mariage.

La fille de Bill Bufalino se mariait à Detroit.

Il était avocat des Teamsters, et surtout,

cousin de Russell Bufalino.

Mais Russell prenait pas l'avion.

Alors, je devais le conduire au mariage.

Il avait des affaires en chemin,

ce qui, dans son cas, concernait qu'une chose :

L'argent. La collecte.

Alors, en voiture.

Lui et sa femme Carrie, et moi et ma femme Irene.

Je l'appelle Reenie.

On quitterait Philly par la 476.

Direction Pittston,

pour prendre Russ, comme d'hab.

Puis l'autoroute 80 vers l'ouest...

pour sortir de Pennsylvanie.

Et on traverserait tout l'Ohio jusqu'à Toledo...

avant de prendre la 75 nord vers Detroit.

Ça prendrait trois jours,

y compris les pauses affaires et cigarettes

puisque Russell interdisait de fumer en voiture.

Jimmy Blue Eyes et Meyer Lansky

l'auraient sevré en se faisant éjecter

de leurs casinos à Cuba,

sous les balles de Castro.

Un truc du genre :

"Pitié, Seigneur,

"si je sors de ce merdier vivant,

"j'arrête de fumer."

Mais une chose est sûre.

Depuis Castro,

Russ interdit de fumer dans sa caisse.

Même à Carrie.

On s'arrête bientôt ?

On roule depuis deux minutes, chérie.

L'autoroute est loin.

Mais t'aimes pas t'arrêter sur l'autoroute.

C'est pas ça,

c'est surtout que c'est interdit.

Alors, on va fumer en voiture.

Et ma cataracte ?

J'ouvrirai la fenêtre.

J'ai juré. Tu te rappelles ?

Tu te rappelles, Carrie ?

Alors, j'ai plus le droit non plus ?

Je peux plus fumer.

Tu vois où on est ?

C'est là ?

Quelle coïncidence !

Un problème, fiston ?

Il fait un drôle de bruit.

Il s'arrête, repart, ralentit.

Je vais regarder ça.

Voyons voir.

Je vérifie l'allumage.

Les bougies sont nickel.

La tête de delco aussi.

Ça doit être ça.

La courroie.

C'est ça. Y a un couvercle.

Il a du jeu. C'est pas normal.

Il a fait son temps. Faut le...

Essayez.

Serrez.

Je peux conduire, pas réparer.

Les affaires reprennent.

Je vous dois quelque chose ?

Non, rien du tout.

- Frank. - Salut, Frank. Comment va ?

Et vous êtes ?

D'où vous venez ?

- Philly. - Oh, Philly.

Votre QG, c'est quoi ?

Callahan's.

Le Bocce Club. C'est un bar, pas du bocce.

Vous jouez aux bocce ?

Bon. Frankie...

faites réparer ça.

- Il vous lâchera encore. - Merci.

- Encore merci. - Bonne chance.

Je l'avais pris

pour le patron.

C'était un proprio, c'était sûr.

En fait, toute la route était à lui.

STEAKS ET CÔTELETTES

Celui-là ?

Buvez, les mecs.

Dieu vous bénisse.

J'ai besoin d'argent.

C'est un bar.

Salue ta femme.

J'ai une filière...

pour ces quartiers de viande.

Un type, ici, les paierait cher.

Trinquons d'abord.

Au bout du bar, à 12 h.

Le mec un peu dégarni ?

Il fera ta fortune.

Tu le vois ?

C'est Skinny Razor, le patron.

Razor ?

Un Shylock et un bookmaker.

Il a de bonnes connexions.

Il s'appelle Razor ?

Il était volailler.

Mon pote Frank l'Irlandais est là. Je t'en ai parlé.

Le camionneur.

Les quartiers.

Frank Sheeran.

Vous aimez le steak ?

J'adore.

J'en livre.

Ah oui ?

De bons steaks.

Je peux vous en livrer.

- Tu peux ? - Je peux.

À bon prix.

Le top.

On parlera.

Merci, Skinny.

On se les gèle, dehors.

Ça me gêne pas.

Moi, je déteste.

En sortant...

mets le scellé à ma place.

- OK. J'allais y aller. - À charge de !

25 QUARTIERS CATÉGORIE A

Voilà, Frank.

- À la prochaine. - Merci, Tony.

Beaucoup mieux.

Rien que du premier choix.

T'en aurais, mardi ?

T'en veux combien ?

Au moins cinq.

Vendu.

C'est quoi, ce bordel ?

Tony, je ne...

- C'est quoi, ça ? - J'en sais rien.

C'est pas moi qui charge.

Les chargeurs ont peut-être pas fait leur boulot.

T'as pas vu que tu roulais à vide ?

Tout était normal.

Je t'en prie, Frank.

Je te jure, je...

je sais pas ce qui s'est passé.

Peut-être que...

- Il est vide. - Je sais.

Je sais.

Vous regardez quoi ? Au boulot !

Vous tous !

Je dis quoi, au boss ?

J'en sais rien.

T'en prends pas à moi, parce que...

À qui d'autre ?

C'est pas à moi de trinquer.

Je suis juste chauffeur.

Frank Sheeran, c'est ça ?

WILLIAM E. BUFALINO, AVOCAT

D'après le contrat,

grâce à Jimmy Hoffa...

on ne licencie que pour faute grave.

Retards ?

Infractions ?

Alcool au travail ?

Bagarres ?

Au travail ?

Voler, c'est un motif ?

Ils ont des preuves ?

Je crois pas.

Alors, aucun souci.

S'ils ont des preuves...

ils ne voudront que le nom de vos complices.

Quelques noms, et vous rentrez.

Sans être viré.

Alors ?

Vous donneriez des noms ?

Pas de noms.

Peu m'importe que vous l'ayez fait ou pas.

Je m'en tape.

Je vous défendrai. OK ?

Vous vous demandez si je l'ai fait ?

Je vous défendrai de toute façon.

Je bosse dur pour eux, quand je les vole pas.

M. le juge, s'il suffisait

de trancher, M. Sheeran aurait été mis à pied.

Il n'en est rien.

Ils ont accusé M. Sheeran

pour qu'il dénonce des complices,

en vain, puisqu'ils n'existent pas.

Ils n'existent pas, car il n'a rien volé.

Il n'a rien volé,

car c'est un employé exemplaire,

qui, en 8 ans, n'a eu aucun arrêt de travail.

Il n'a enfreint que sa loi syndicale

en aidant à décharger du bœuf

du camion aux chambres froides,

en plein hiver.

Veuillez vous lever. L'audience reprend.

Affaire classée avec avertissement.

Oui, M. le juge.

Pas envers vous, M. Sheeran.

Amenez-moi encore un travailleur

en le menaçant sans preuves, et vous le regretterez.

Je revendrais mes actions si j'en avais.

Je veux pas savoir comment il a fait.

Je sais juste

que Bill Bufalino m'a sauvé

quand j'aurais jamais dû l'être.

J'aurais dû y rester.

Vos collègues vous remercieront.

Ils ont des familles, des gosses.

Ils ont besoin de leur job.

On était sortis fêter ça...

et j'étais tombé sur ce qui serait

le reste de ma vie.

Je pensais bien t'avoir vu.

Frank... mon cousin, Russell Bufalino.

Vous avez dépanné mon camion.

Oh, c'est vrai. La courroie.

T'as réparé ?

Dès le lendemain.

- Merci encore. - De rien.

Content pour toi.

Y a des tas de durs, ici. Il t'a prévenu ?

T'as pas peur des durs ?

Je m'en doutais.

À plus tard.

Il m'a sauvé les miches.

J'aurais pu tout perdre.

Il s'y connaît en camions.

Il a bossé chez Canada Dry.

Ça va, Vito ?

Allons dans ce box, venez.

Je ne savais pas encore

qui était Russell Bufalino...

mais j'en avais lu assez pour savoir

qu'il dînait avec Angelo Bruno.

Bruno venait de devenir le nouveau boss de Philadelphie.

Il gérait tout, jusqu'à Atlantic City.

Ça, je savais.

Ça me suffisait pour savoir

que Russell Bufalino

n'était pas mécano chez Canada Dry.

Ce pain est très bon.

Bon, hein ?

Où un Irlandais comme toi a appris l'italien ?

En Italie. La guerre.

Où ça ?

Salerne.

Anzio.

En Sicile...

près de Catane.

Catane ?

Je viens de Catane.

Ah oui ?

Je pensais bien reconnaître l'accent de Catane.

Tu as fait la guerre longtemps ?

Quatre ans.

411 jours...

au combat.

122 à Anzio.

45e d'infanterie.

Tu avais peur de mourir ?

Tout le temps.

Ne laisse personne te dire

qu'il n'avait pas peur.

C'est des foutaises.

Tout le monde a peur.

Et on prie beaucoup.

Je priais beaucoup.

Je jurais de ne plus jamais pécher

si je sortais de là.

Mais au combat,

d'un seul coup...

on oublie tout.

On essaie seulement de survivre.

Quand j'ai su

que je m'en sortirais...

je me suis dit :

maintenant, advienne que pourra.

Rien à foutre.

On doit obéir aux ordres.

On nous dit d'emmener des prisonniers... en forêt,

sans nous dire quoi faire.

On nous dit juste : "Faites vite."

C'est fou.

J'ai jamais compris comment ils pouvaient creuser

leur propre tombe.

Ils pensaient peut-être qu'en bossant bien...

le type au fusil...

changerait d'avis.

Russell m'a tout de suite eu à la bonne.

Au bout d'un moment...

il m'a confié

des petits boulots.

Mais Angelo

me confiait aussi des petits boulots.

La femme de Russ, Carrie...

sa famille remontait à très loin,

dans la même ville de Sicile que les Bufalino.

Ils en parlaient tout le temps.

La branche royale de la pègre, si on peut dire.

Comme s'ils avaient débarqué du Mayflower italien.

Tu devrais monter te nettoyer.

Donne-moi ces vêtements, que je m'en débarrasse.

N'oublie pas tes chaussures.

On s'arrête bientôt ?

Demande à ton mari.

Il dort.

Pas la peine.

Où on est ?

Près de Lewisburg.

Préviens-moi quand on y sera. J'ai des obligations.

Russell touchait à tout.

Un magasin, à Pittston.

Penn Drape and Curtains.

C'est de là qu'il gérait tout.

Qui savait ce que ça cachait ?

Il devait avoir des associés. Ils en ont tous.

Personne ne garde tout le fric.

Mais tout le monde écoutait Russ, je vous le dis.

Pour acheter un juge,

on demandait à Russell.

On savait pas combien donner ?

Russell vous le disait.

D'accord. J'arrive tout de suite.

C'est bon, je m'en occupe.

On voulait promouvoir un gars ?

Russ décidait si on pouvait ou pas.

Rends-moi service.

Raccompagne Steve, emmène Vito.

Ces types le harcèlent, recadrez-les.

Je m'en occupe, Russ.

Où est... ? Oh, vous voilà.

Pour faire disparaître quelqu'un,

fallait la permission de Russell.

Pas le choix.

Je m'inquiétais pas.

Pas de raison.

- Saluez votre père. - Sans faute.

Tu es encore là ? Pars avec Bruno.

J'y vais.

Et ce qu'on faisait pour Russ,

on le faisait soi-même.

Comme il disait...

Quand je demande un service à quelqu'un,

je veux qu'il s'en charge en personne.

Pas besoin de deux routes jusqu'à moi.

Quand Anastasia s'est fait tuer chez le barbier,

ils ont envoyé Russell calmer le jeu

pour éviter un massacre

et arranger les choses.

On sait ce qui s'est passé.

On n'y peut rien.

Dis à mon ami que je l'aiderai volontiers.

On s'en doutait pas en le voyant...

mais toutes les routes

menaient à Russ.

Où est le fric ?

- Il l'a pas. - Il l'a pas ?

Il a parlé... de sa mère.

Ne me dis pas.

Je vais deviner.

Elle est morte, et l'enterrement l'a ruiné.

Exactement.

Sa putain de mère...

meurt sans arrêt depuis dix ans.

Je fais quoi ?

Attends-moi.

Tiens.

Montre-le-lui. T'en sers pas.

Lou !

Skinny veut te voir, monte.

- J'allais le voir. - Monte, bordel.

- J'y allais. - Monte.

J'allais le voir !

Me baratine pas avec ta mère, putain, monte.

Je te jure, j'allais...

Monte, bordel.

Tu me prends pour un con ?

Avec tes salades sur ta mère malade et mourante ?

- J'allais le voir. - Tu vas le voir.

Je te jure, je serais passé demain.

Demain. Devant Dieu.

Demain, ici.

- Quelle heure ? - Je serai là à 1 h.

Tu fais la grasse matinée ?

Dis-moi.

10 h. Ici.

Demain.

Sur ta mère. Jure sur ta mère.

Sur ta mère !

Je le jure sur ma mère !

- Quelle heure, demain ? - Je serai là à 10 h.

Demain. Ici.

J'aurai l'argent, la totale !

Dehors.

Dégage.

Juré.

Comment je rentre ?

Prends le bus !

Que sa mère le récupère.

Qu'est-ce qu'elle a ?

Elle a renversé un truc à l'épicerie

fait des dégâts...

et l'épicier l'a engueulée.

Il l'a poussée.

Poussée ?

Il t'a poussée ?

Le type de l'épicerie, au coin ? Joe ?

Il a fait ça ?

Chérie, il t'a poussée ?

Réponds.

Il t'a poussée, bousculée ?

Il a fait ça ?

Viens.

Il n'a pas fait exprès. C'est arrivé.

Pas exprès ? Il l'a touchée.

Il a pas le droit de faire ça,

de lever le petit doigt sur elle.

C'est lui, hein ?

Reste là.

Frank... ta fille a passé les bornes.

J'ai fait ce que tu...

Excuse-moi !

Non, pitié. Non, Frank.

Prends ça, enfoiré !

Putain, ma main !

Ma main !

Russell et Carrie baptisèrent notre nouvelle fille, Dolores.

Une merveilleuse cérémonie.

On était honorés.

Tout le monde était venu.

Sauf qu'avec plus d'enfants,

faut gagner plus d'argent.

Tu veux te faire dix mille vite fait ?

Whispers DiTullio. Pas celui

qu'ils ont fait sauter dans sa caisse.

Le bon Whispers. Celui qui faisait de la thune.

J'ai du blé dans une boîte.

C'est une très bonne affaire.

Une blanchisserie.

Ils collectent nappes, serviettes,

draps des hôtels et restaurants

d'Atlantic City, les lavent, les repassent.

En temps normal, c'est une putain de planche à billets.

Jusqu'à récemment.

Une nouvelle boîte, dans le Delaware,

essaie de nous éliminer.

Ils cassent les prix,

effraient nos chauffeurs,

veulent nous piquer nos clients.

À vrai dire...

je suis un peu inquiet.

Si des mecs sont "un peu inquiets"...

ils sont très inquiets.

En fait...

je suis un peu plus qu'inquiet.

Et s'ils sont "un peu plus qu'inquiets"...

ils sont aux abois.

Je veux que cette boîte explose, brûle.

Fais comme tu veux.

Tu as fait la guerre, tu t'y connais.

Détruis-les, comme Berlin.

Réduis-les en cendres.

Qu'ils disparaissent.

Et c'est qui ?

Le Cadillac Linen Service, dans le Delaware.

Une bande de juifs.

Qu'ils touchent leur assurance, ils doivent être blindés...

et qu'ils oublient l'autre,

celle où j'ai des billes.

- Y a pas dix mille. - Deux mille.

Mets ces blanchisseuses juives au chômage,

et tu auras le reste.

Je suis un peu court, en ce moment,

mais je veux pas que Skinny ou un autre m'exploitent

et rembourser à vie.

J'irai ailleurs.

N'en parle pas,

surtout à Skinny. L'argent viendra pas de lui.

Je te vois hésiter, mais crois-moi.

Je sais de quoi t'es capable.

Si je t'arnaque,

tu me feras un truc affreux.

J'y tiens vraiment pas.

J'ai gagné au jeu.

Y a dans les 1 500.

À dans quelques heures.

ALARME

Angelo te demande.

- Maintenant ? - Maintenant.

À propos de quoi ?

J'en sais rien.

Viens, je te conduis.

Assieds-toi.

Tu fais quoi, dans le Delaware ?

Je fais sauter une blanchisserie.

C'est qu'un extra,

pour arrondir mes fins de mois.

Leur faire quitter le métier.

Leur faire...

mettre la clé sous la porte.

Pour qui ?

Pas le moment d'avoir des secrets.

Whispers.

L'autre Whispers.

Tu sais qui possède Cadillac Linen Service ?

Des blanchisseurs juifs, il paraît.

En partie.

Il y a un autre associé.

Tu sais qui ?

Moi, oui.

Qui ?

Moi ! Je suis l'autre associé.

Pas "Je sais qui est l'autre associé".

Angelo, j'en avais aucune idée.

J'aurais jamais fait ça.

J'étais pas au courant.

Je ferais jamais ça contre vous.

Whispers n'a pas dit "mafia juive" ?

Il a dit "blanchisseuses juives".

Blanchisseuses juives.

Il a dit quoi d'autre ?

"N'en parle pas", je parie.

"Ne dis rien dans Little Italy."

Il l'a dit.

J'ai pas vérifié.

Désolé, j'aurais dû.

- Je lui rends son fric ? - Pas la peine.

Garde-le.

Je veux pas d'ennuis. Je le lui rends et c'est bon.

Il n'en aura pas besoin.

Remercie Russell.

Je t'aurais livré à la mafia juive.

Tu as un bon ami, ici.

Tu sais pas à quel point.

Je le sais.

T'en sais rien.

Attends au bar.

Dans ces cas-là, le mieux,

c'est d'utiliser un truc neuf.

Sorti de sa boîte.

Sinon, on sait ni où il a traîné,

ni qui s'en est servi,

à quel crime il est lié.

C'est du suicide.

Alors, je recommande un truc neuf,

sorti de sa boîte.

Immaculé. Propre.

Te voilà !

Je savais pas d'où tu viendrais.

Je savais pas d'où...

Mais l'urgence,

c'est de s'en débarrasser.

Y a un endroit de la rivière pour ça.

Y aurait là

de quoi armer un petit pays.

UN HOMME TUÉ SUR UN TROTTOIR

Pour moi, tout a changé après Whispers.

C'était comme à l'armée.

On obéissait...

on faisait ce qu'il fallait...

on était récompensé.

Et quand je roulais pour Russell,

c'était jamais pour l'argent,

mais par respect.

On exécutait une mission,

on rendait service, il renvoyait l'ascenseur.

Et on se dépêchait de revenir.

Merci, Vito.

Bonsoir, Frank.

Je vous sers quoi ?

Je vais me contenter du vin.

Appelez-moi en cas de besoin.

Sans faute.

Les choses changent.

C'est... c'est la nouvelle ?

Gentille. Très gentille.

C'est jamais le bon moment pour quitter sa femme...

mais c'est là que j'ai quitté la mienne.

Comment va, Ira ?

Bien. Ça va ?

- Des problèmes ? - Non, aucun.

Derrière cette Cadillac.

C'est là.

Fair Furriers.

Il t'attend.

Phil... c'est une belle boutique.

Les gens l'aiment bien.

Mais ton fils est un sfaccia.

Compris ? Il nous les casse.

Un rebelle. Faut que tu le contrôles.

Sinon, t'auras plus de clients.

Ce qui est mauvais pour toi l'est pour moi.

Tu vois ce que je veux dire.

Pardon, Russell.

Ce sera de la part

de Frank et toi, et ça, de nous deux.

Et une cuillère pour bébé ?

- Pour quoi faire ? - Avoir un bébé.

Ils sont pas encore mariés.

Parole d'honneur.

Bon, ta parole me suffit.

En route, les filles.

C'est fini ?

À quoi tu joues ?

Tu vas te calmer ?

Et voilà ! Bravo, trésor !

Peggy !

Approche.

Je comprends pas.

On dirait qu'elle m'aime pas,

qu'elle a peur de moi.

Elle est comme ça.

Elle a peur de moi aussi, des fois.

Elle est fragile.

Je comprends qu'elle ait peur de moi, mais de toi ?

On parle de moi dans les journaux, alors...

Faut être proche de tes enfants.

Je le suis.

Mais tu es béni.

Carrie et moi, on peut pas.

Mais tu es béni, tu es béni.

Dis-lui de venir.

Chérie ? Peggy ?

Viens voir oncle Russell.

Tout va bien ?

Tu sais pourquoi Dieu a mis le ciel si haut ?

Pour que les petits oiseaux se cognent pas en volant.

Rigolo, non ?

Une petite blague.

C'est drôle.

Tu veux des bonbons ?

Non, jamais de bonbons.

Je peux rien faire pour toi ?

Au cas où, viens voir oncle Russell.

Retourne t'amuser.

Tu vois ?

Tu me comprends ?

Elle est...

elle est timide, c'est rien.

Quand les parents divorcent, ça peut embrouiller les enfants.

Ils en veulent à quelqu'un,

sans savoir à qui,

quel parti prendre.

Tu as raison.

J'ai de la chance.

Reenie et Mary s'entendent à merveille.

Les petites font la navette sans problème.

Reste proche de ta famille. Sois vigilant.

Ce que j'en dis...

J'ai vraiment de la chance.

T'en es où, avec le syndicat ?

C'est le meilleur au monde.

Il te plaît ?

J'aimerais un job plus stable, mais...

Comme organisateur ?

J'aimerais, mais...

y a du monde.

Une file d'attente, quoi.

Un de nos amis a quelques soucis.

- Un ami, au sommet. - Qui ?

Le sommet.

Hoffa ?

J'ai entendu dire...

qu'on avait voulu le plomber...

à propos d'une compensation.

Paraît qu'il les a démolis.

Ça peut pas durer.

Il a besoin d'un homme de confiance.

Qui serait constamment à ses côtés.

Je vous passe McGee.

Bonjour, mon ami. Ça va ?

Je suis avec ce jeune dont je t'ai parlé.

Je te le passe.

C'est Frank ?

Salut. Ici Jimmy Hoffa.

- Heureux de vous connaître. - Moi aussi,

même si c'est qu'au téléphone.

Paraît que tu peins des maisons.

Oui, monsieur, en effet.

Et je fais...

ma propre menuiserie.

Heureux de l'apprendre.

Et tu es un de mes frères.

Oui, section 107, depuis 1947.

Notre ami t'estime.

Et il est exigeant.

Je fais de mon mieux.

On a un problème.

De nos jours, les jeunes ne savent pas

qui était Jimmy Hoffa.

Ça leur dit rien.

Ils savent peut-être qu'il a disparu...

mais c'est tout.

Mais à l'époque, personne,

dans ce pays, n'ignorait qui était Jimmy Hoffa.

Dieu te bénisse, tu es un gentleman.

Dans les années 50, il était aussi célèbre qu'Elvis.

Dans les années 60, autant que les Beatles.

Après le président, c'était l'homme le plus puissant du pays.

Ce que vous avez...

est arrivé à bord d'un camion.

Si vous avez

des aliments, des vêtements,

des médicaments, du fioul domestique...

du fioul industriel...

c'est arrivé par camion !

Le jour où nos camions s'arrêtent...

l'Amérique s'arrête !

On a un problème, Frank.

Il faut le régler.

Ils veulent tuer le syndicat.

Les trusts et le gouvernement

veulent nous foutre en l'air.

Les trusts attaquent !

Ils vont frapper ! Fort !

Et vite !

Les trusts et le gouvernement

veulent semer la discorde

dans nos rangs !

Alors qu'on a besoin d'unité !

On a besoin de solidarité !

Je veux l'écrire dans le ciel.

Solidarité !

Tu veux prendre part au combat ?

Oui, monsieur.

Tu veux écrire cette page d'histoire ?

Oui, monsieur.

Quoi que ce soit, je suis disponible.

Tu peux venir demain à Chicago ?

- Oui. - Alors, à demain.

Il aime parler, hein ?

Je croyais parler au général Patton.

Tu es ici pour une seule raison, Frank.

Le syndicat des marins veut enrôler

les mêmes taxis non syndiqués

que nous.

Personne sait qui tu es,

et personne sait ce que tu fous ici.

Toi et moi, on le sait.

Faut enrôler ces taxis,

pour que Paul Hall les recrute pas

dans son foutu syndicat.

Va savoir pourquoi la plupart sont des lesbiennes.

J'ai pas d'explication.

Paul Hall leur promet de décrocher

un meilleur contrat que notre pote Jimmy, putain !

C'est un enculé.

Jimmy a le maire Daley dans la poche.

Les flics nous laisseront faire.

Ils pousseront pas ces bagnoles,

mais ils laisseront personne nous en empêcher.

Venez tous !

Foutons ce tacot à la flotte !

Attention !

C'est du boulot.

Et avec de la sucrerie ?

De la sucrerie.

Quelle sucrerie, bordel ?

Lou, ouvre la porte.

Tout de suite.

Prends le bidon d'essence.

Un truc sur Jimmy.

Le fais jamais attendre.

Si t'as rendez-vous, arrive à l'heure.

Mieux, en avance.

C'est essentiel.

Parce que, pour lui,

le temps, c'est de l'argent.

C'est tout ce qui compte.

Encore un truc. Il boit pas.

Le chef du premier syndicat de camionneurs ne boit pas.

Pire, il interdit qu'on boive en sa présence.

Encore un truc.

Jimmy déteste la pastèque.

Mais on va apprécier.

Si tu les avais vues

couler à pic !

Une par une !

Au réveil,

le lendemain, ces putains de chauffeurs

ont cherché leur taxi

sans rien y comprendre !

Une idée de génie, Joey.

De génie.

C'était pas mon idée.

C'est mon pote Frank qui en a eu l'idée.

Je vais te dire.

Frank a débarqué.

Il a pris les commandes.

Tout ce qu'il leur disait, ils le faisaient.

J'ai jamais vu un mec...

fendre la foule comme lui.

Il touche personne, tout le monde s'écarte.

Sans blague, je te jure.

Des inconnus !

Il ressemblait

à Moïse. Tu sais ?

Quand l'océan, ou la mer, je m'en fous, s'est ouvert devant lui !

C'est lui. Parole.

Jimmy, il assure.

Alors ?

Tu en as besoin quelques jours ?

On a quelques boulons à resserrer.

Vous aimez la pastèque.

T'en veux ?

Jamais de la vie.

Tu y étais, tu as tout vu.

C'est pas des syndicalistes.

C'est comme des collabos nazis,

des infiltrés.

- Tu le sais, tu as fait la guerre. - C'est sûr.

À la guerre,

on va du point A...

au point B.

Des fois...

on fait pas d'omelette sans casser des œufs.

Cette philosophie te parle ?

Et comment.

Bien.

Jimmy me logeait pas dans sa suite par amitié.

C'était pour éviter

que je sois enregistré sous mon nom.

Comme ça, aucune preuve que j'étais à Chicago.

Allez, Jimmy, t'as du retard.

Elle est invincible.

Après Chicago, on s'est rapprochés.

Nos femmes aussi.

Comme les gosses de Jimmy et Josephine étaient grands,

ils adoraient les nôtres.

Jimmy, Peggy, une photo !

Surtout Peggy.

Elle et Jimmy se sont tout de suite plu.

Tu sais ce que j'aime mieux...

qu'être pris en photo ?

Surprise !

Pour Peggy, Jimmy n'était pas comme Russ,

Skinny ou même moi.

Désolé.

C'est pour Peggy et moi.

D'abord, il n'avait pas de surnom,

comme "Razor", "Le Bossu",

"La Fouine", ou "Whispers".

On ne dit plus merci ?

Et à ses yeux, il aidait les gens.

Il améliorait leurs revenus, leur vie.

Il n'écrasait la main de personne.

JOURNÉE D'ORIENTATION

"Ce que vous avez est arrivé par camion", selon M. Hoffa.

C'est le président des Teamsters,

qui sont plus d'un million.

Ils le soutiennent parce qu'ils ont un emploi stable,

un bon salaire et une bonne retraite.

Le fonds de pension des Teamsters disposait de huit milliards de dollars,

et Jimmy le contrôlait

jusqu'au dernier cent.

Merveilleuse présentation, non ?

Je n'ai besoin que d'un prêt-relais.

Je ne pisserai pas l'argent de mes adhérents

sur un truc aussi risqué.

Aucun risque, Jimmy.

J'ai les Minsky's Follies.

Le premier show topless du Strip.

Un triomphe, le bar ne suit plus.

Je veux juste un golf. Je ne t'ai jamais fait perdre.

Merci de faire...

ce que tu pourras pour aider Jake.

1,5 en garantie d'achèvement.

Okay, passez à la banque.

Ce sera un succès. Merci, Jimmy.

Tu es un prince, un mensch.

Et grâce à M. Hoffa,

les ouvriers

ont une assurance-maladie.

Et ils n'iront pas en retraite

le ventre vide.

Par commodité, Jimmy utilisait la compagnie d'assurance

d'un gamin, Allen Dorfman, pour accorder les prêts.

On n'a rien sans rien. Et demandez plus gentiment, bordel.

Alors ?

Ça a été...

un peu animé,

mais ça s'est arrangé.

Russ poussait Jimmy à prêter à des Gottlieb

et il s'en mettait 10 % dans la poche.

Peut-être même plus.

Dis à Marteduzzo que j'apprécie.

Tout le monde va apprécier. C'est bien.

On pouvait pas s'adresser aux banques

pour financer le jeu.

Et il s'agissait de ça.

Impossible.

Alors, la pègre...

s'est adressée aux Teamsters.

Ils ont pris le relais

et prêté de quoi financer Las Vegas.

Billy, touche pas.

Vaque à tes occupations.

Trop de business. Tout le monde était dépassé.

Jimmy a dû enregistrer des deals au nom de sa femme, Jo,

qui ignorait posséder 22 %

d'un terrain en Floride, Sun Valley...

des bateaux de pêche, et un chalet, montagne comprise.

Un des clients de Jimmy, Sam Momo Giancana,

fréquentait les Kennedy quand le père de John

fit fortune avec les Italiens,

comme bootlegger, pendant la Prohibition.

Momo et Sinatra sortaient

avec les Kennedy.

Momo et Kennedy...

sans rire, avaient la même petite amie.

Tous les deux. En même temps.

C'est dingue.

Alors, la pègre a aidé Joe Kennedy à faire élire son fils président.

Facile.

Ils ont truqué le vote...

pour qu'il gagne

dans l'Illinois.

En échange,

le nouveau président devait virer Castro de Cuba,

pour qu'ils récupèrent casinos,

champs de course, crevettiers,

et tout ce qu'ils avaient possédé...

à La Havane.

Mais ça a foiré.

Les Italiens

voulaient Kennedy, l'Irlandais, comme président.

Et ils y ont eu droit.

Habituez-vous, on va voir ça 24/24.

Le salopard !

- Putain de Kennedy ! - Jimmy...

Les petits. Surveille-toi.

Ça change quoi ?

Faut qu'ils apprennent.

On entre en guerre.

En guerre !

Je l'ai dit mille fois.

Je me fous qu'ils soient irlandais.

Ou catholiques.

Impossible de se fier,

dans l'existence...

aux gosses de riches.

Tu as raison.

Surtout ce petit salopard.

Vous avez oublié avoir rendu service à Johnny Dio,

ou oublié cette conversation ?

Je veux dire

qu'à mon humble souvenir...

si je me fie à ma mémoire...

je ne m'en souviens pas.

Alors, d'où venaient ces 20 000 $ ?

D'individus.

Quels individus, M. Hoffa ?

Au débotté...

cette somme que j'ai empruntée...

je ne sais pas, dans l'immédiat.

Mais le registre de mes prêts,

à ma demande...

est disponible.

Et parmi tous les prêts accordés,

durant ladite période,

j'ai beaucoup investi.

Foutus Kennedy.

Ils ont ce qu'ils veulent !

Lui et tous les problèmes à la con qu'il me pose déjà !

Je sors. M'oblige pas à regarder.

Non, bien sûr.

Pour les gens comme Russ,

c'était parfait.

Russ...

avait aidé à faire élire Kennedy,

c'est sûr.

Tu fais quoi ?

Mets-les sur tous les poteaux.

Et comment

John Kennedy remercie Chicago pour son aide ?

Il place son connard de frère,

ce snobinard.

Il le nomme ministre de la Justice.

Et Bobby fait quoi ?

Il s'en prend pas qu'à Jimmy,

ce qui peut se comprendre...

Jimmy détestait tant les Kennedy

qu'il avait filé à Nixon 500 000 $ des Teamsters.

Mais Bobby s'en prend aussi à Giancana,

Marcello, Trafficante,

et tous les types

qui avaient envoyé son frère à la Maison Blanche.

Ça rime à quoi ?

J'ai raté un truc ?

Elle est superbe.

Meilleurs vœux. On t'aime.

Celui-là est pour Peggy,

de la part d'oncle Russell. Joyeux Noël.

Regarde ça !

Magnifiques !

Paraît que tu aimes le patin.

Qu'est-ce qu'on dit ?

Oncle Russell et moi, on t'emmènera.

Je crois que le Père Noël a ajouté un petit bonus.

Qu'est-ce qu'on dit à oncle Russell ?

Qu'est-ce qu'on dit ?

C'est rien.

Elle a dit merci une fois, ça suffit.

Avec Bobby à la Justice, c'était notre fête.

Plus question de téléphoner.

On était sur écoute.

On pouvait plus bouger.

On pouvait rien faire.

C'était l'horreur. Et là...

Jimmy ? Oubliez.

Bobby a maintenant le pouvoir...

d'envoyer n'importe qui en taule.

Et Jimmy était en tête de sa liste.

Il a même créé

une brigade anti-Hoffa.

Le FBI et l'IRS bossaient à plein temps

dans le seul but de mettre Jimmy Hoffa en taule.

Sérieux. Rien d'autre.

Je suis au milieu...

d'une bande d'abrutis.

Espèces d'enfoirés !

Vous vous rendez compte ?

Vous prenez le fils de Johnny O'Rourke...

et vous le nommez...

organisateur général...

payé 36 000 putains de dollars...

et vous le laissez...

vendre des assurances

au bénéfice de son père...

au bénéfice de son père...

de son père et de ses foutues fédérations !

Bordel !

Comment vous pouvez ?

Comment on peut être aussi con ?

Ce petit enculé de Kennedy

me renifle le cul,

où que j'aille !

Ils me traquent.

Ils m'auscultent !

Et vous laissez faire ! En public !

Vous lui servez la soupe !

Je vais aller en taule.

En prison. À cause de vous.

Abrutis de fils de pute.

C'est ce que vous vouliez.

M'envoyer en taule. Avouez, que je vous tue.

Sur-le-champ !

Où tu vas ?

Quoi ? Je démissionne, voilà où je vais.

Mais pourquoi ?

Tu me traites de fils de pute ?

Dis-leur ça à eux, pas à moi.

Ça s'adressait pas à toi.

Non ?

Préviens-moi, dans ce cas-là. J'étais là.

Je t'ai même pas vu !

J'étais là. Qu'est-ce que tu racontes ?

Mais ça s'adressait pas à toi, d'accord ?

T'as un problème ? Prends-moi à part.

M'insulte pas en faisant marche arrière !

Je t'ai même pas vu !

Je t'en prie, tu me connais mieux que ça.

Tu me connais mieux que ça.

Je t'en prie.

Ça va aller, ça va aller.

Pourquoi je te dirais ça ?

Contrôle-les.

Je contrôle tout, t'inquiète.

Bon, cassez-vous.

Russ, je sais pas comment Jimmy gère ce foutu syndicat.

Avec Bobby et le FBI au cul en permanence,

il devient dingue.

Dis-lui que je suis désolé pour lui.

Les anciens connaissent le Pater.

Ils vont lui parler et arranger ça.

Mais il comprend pas, et franchement, moi non plus,

comment vous avez pu faire élire ces foutus Kennedy.

Il pige pas, je t'assure.

Il n'a pas à tout comprendre.

Tu sais, des fois, ça vaut mieux.

Quand je le vois comme ça, je...

je me sens pas bien.

J'aurais envie de l'aider.

Il est trop émotif.

Comme un type qui court partout en même temps,

sans voir le plus important.

Comme Cuba.

Revenir dans nos casinos.

Revenir à La Havane.

Nous débarrasser de cet enfoiré de Castro.

Les anciens ont parlé au Pater.

Il a parlé à son fils John, et lui a dit...

de ne pas oublier à qui il est redevable.

Il sait à qui il est redevable.

Alors, tu vas aller...

dans un entrepôt qui s'appelle Milestone Hauling.

Y a un type nommé Phil.

Il te donnera un camion-remorque.

Tu l'amèneras à Baltimore, dans une cimenterie.

Sur Eastern Avenue.

C'est la seule, tu peux pas la manquer.

Un type t'accueillera.

Un inverti nommé Ferrie.

Avance, et fais marche arrière.

Tu chargeras des trucs.

Il te filera des papiers, au cas où.

Tu descendras en Floride.

Un cynodrome, près de Jacksonville.

Tu le laisseras là.

Un type à grandes oreilles, Hunt, t'attendra.

Il te filera une voiture pour regagner Philly.

Tu regardes quoi ?

Mes oreilles ?

Pardon ?

Mes oreilles.

Tu regardes mes oreilles ?

J'ai été opéré, il n'y a plus aucune raison...

de regarder mes oreilles.

Je les regarde pas.

Tu parles.

Allez, dégage.

Dans la baie des Cochons, rien ne s'est passé comme prévu.

Les paras n'ont pas pu

couper la route de la plage. Castro est accouru

sur les lieux.

La résistance aurait pu le faire, mais elle ne savait rien.

L'artillerie de Castro a pilonné

la tête de pont. Ses avions ont détruit nos navires,

chargés d'hommes et de munitions.

Suite à cet échec,

les paras se sont repliés vers une section du rivage

sans issue.

1 500 hommes, largués sans couverture aérienne

ou artillerie navale.

Castro a attendu que les munitions manquent

pour les cueillir.

Il s'est ensuite pavané sur place avec des journalistes

en détaillant les erreurs tactiques.

Il avait de quoi faire.

Les États-Unis, déjà humiliés,

ont été condamnés par la plupart des pays.

Et merde !

Je l'avais prédit.

Ils ont foiré Cuba...

Boobie s'en prend à moi et au syndicat.

Pour se faire un peu de publicité, c'est tout.

Rien d'autre.

Ça se dégonflera.

Comment ça se dégonflera ?

Ils n'oublieront jamais...

que j'ai financé Nixon !

Calme-toi, Jimmy.

On va gérer.

Les anciens iront voir le vieux Kennedy.

Il est malade, mais...

Malade ?

Il a eu un AVC ! J'appelle pas ça malade !

Ça, c'est... un pied dans la tombe !

C'est un putain de légume !

C'est la faute de personne.

J'accuse personne.

Mais si y a des coupables, c'est les Kennedy.

Ces gosses l'ont tué, je te le dis.

Il est pas mort, mais c'est tout comme.

Ils fileraient à tout le monde une crise cardiaque !

Où tu vas ?

Au travail.

Retourne dormir.

Qu'ils sachent qu'on ne s'arrêtera pas.

On fait ça depuis cinquante ans !

À quoi ça sert ?

Que les avocats

conduisent un camion !

Au lieu de leurs crayons, leurs papiers, leurs tampons !

C'est une autre histoire.

Mais on survivra à ça.

On survivra...

à ce foutage de gueule légal

et à ces torrents d'immondices.

On y survivra.

Boobie Kennedy peut le vouloir.

Ça ne veut pas dire

que ce gosse de riche l'aura.

C'est clair ?

Quoi qu'il veuille, il ne l'aura pas !

Il ne l'aura pas, parce que...

nous sommes le plus grand...

le meilleur...

et le plus honnête syndicat...

de tout le pays !

Et vous connaissez le mot magique.

Solidarité.

Et il fonctionne pour nous tous.

Il fonctionne

pour notre ami ici présent, Frank Fitzsimmons !

Frank Fitzsimmons !

Mon vice-président exécutif !

Si quelqu'un est à la hauteur,

c'est cet homme.

Et avec lui à mes côtés...

on ira toujours plus haut !

Pas vrai, Fitz ?

Au sommet, Jimmy !

Un syndicaliste !

Fitz leur a plu.

Y a pas de doute.

Tu lui as offert un marchepied. J'espère qu'il le mérite.

Un problème avec Fitz ?

J'en sais rien. Je veux pas l'accabler, mais...

Tu l'accables pas. Dis-moi...

ce que t'en penses.

Il est loyal, je suis sûr.

Il est sympa.

Mais c'est pas une lumière.

Et il passe son temps à jouer au golf.

Il joue au golf ?

Et alors ? C'est le numéro deux idéal.

Faut pas un mec trop brillant.

Faut un mec sympa, que les gens aiment.

Pas un con, mais quelqu'un...

devant qui on peut marcher

sans se faire poignarder.

- J'espère que t'as raison. - J'ai toujours raison.

Je peux dormir tranquille avec Fitz.

C'est le Petit qui m'inquiète.

Tu me comprends.

Le Petit.

C'est ma bête noire.

Cette enflure.

Quoi ?

Rien.

Tu as raison.

J'ai raison.

- T'es pas perplexe ? - Du tout.

Je t'ai dit ce que je pense de Fitz.

Pro, par contre...

Tant mieux. J'ai l'impression

d'être seul à voir que c'est un enculé.

Levons tous nos verres

Au type le plus génial

Que la 560

Ait jamais eu la chance d'avoir

Tu es notre homme

Tony Pro

On est avec toi

"Le Petit", c'était Tony Provenzano.

On l'appelait Tony Pro.

C'était le capo d'un clan du coin,

et le président de la section 560 à Union City, New Jersey.

Pro et Jimmy...

s'étaient élevés ensemble

et avaient été proches un moment.

Vous vous tuez... à la tâche

pendant que les rois du commerce...

et les princes de l'industrie...

avec leurs frais énormes,

leurs salaires et leurs yachts de luxe...

ont tous juré

notre destruction.

À bas les riches !

On pouvait rien m'apprendre

sur Tony Pro.

J'en savais bien assez.

Il avait envoyé Sally Bugs

étrangler Tony "Three Fingers" Castellitto

parce que Three Fingers montait dans le syndicat.

Et c'était son propre lieutenant !

Tony Pro avait tellement peur

que ce type l'évince,

qu'une fois que Sally Bugs l'a étranglé,

il l'a fait foutre dans une déchiqueteuse.

Comme ça, pas de compétition, même de l'au-delà.

Il est incontrôlable !

On en fait quoi ?

Il a la main dans toutes les poches.

Il fait chanter les camionneurs, t'imagines ?

Il menace les gens !

Enfin...

qu'on les menace de temps en temps, je veux bien.

Mais tout le temps ?

Il attire l'attention sur nous.

Les mecs de ce genre nous collent une sale réputation.

Faut faire quelque chose.

Sans blague. Faut faire quelque chose.

Tony, c'est Tony...

C'est pas simple. On peut pas...

Je parle pas de ça.

Pas ça.

Trouve des travailleurs qui connaissent les syndicats.

Des Teamsters,

comme toi et moi.

Qu'ils se présentent...

gèrent quelques sections.

Qu'est-ce que t'en dis ?

Il va pas apprécier.

Je l'emmerde. C'est qui, putain ?

Un gangster.

Je suis le président du syndicat.

Il me faut des types

qui connaissent les ficelles...

et savent se comporter.

C'est tout.

C'est pour ça que je te veux comme président

de la section 326.

Vous êtes comme ma famille.

Toi, Irene...

les filles.

La charmante Peggy.

Mais je fais pas ça pour ça.

Je t'offre pas un truc

que t'as pas gagné...

pas mérité.

Alors ?

Je ne sais pas quoi dire, Jimmy.

Dis juste que tu le feras.

T'as rien d'autre à dire.

Et je te garantis que tu gagneras.

Si tu brigues la présidence...

de la 326, tu gagneras.

Je te le garantis.

D'accord, je le ferai.

Sérieux ?

J'en serai honoré.

Je t'aime. Je t'aime, tu sais.

Je t'aime, mon pote.

Si tu savais.

C'est tellement bon.

Je peux à nouveau respirer.

Tu vas te marrer.

En fait...

j'en sais rien. J'avais peur que tu dises non.

Heureux que tu aies dit oui.

On sait jamais ce que tu penses. Mystère.

Ça m'honore, Jimmy. Je...

je sais pas quoi dire, mais...

ça m'honore.

Tant mieux.

Ça me fait du bien.

Je peux respirer.

C'est vraiment...

Que dire ? Je dois tout à Jimmy.

Il m'a sorti de mon camion, m'a donné ma chance.

Ma première présidence.

Mon premier syndicat.

Ça va ?

Frank Sheeran, nouveau président de la 326.

- Je voulais me présenter. - Enchanté.

- Vous vous appelez ? - Al.

Enchanté, Al.

- Un petit cadeau... - Inutile.

Sûr ?

Je venais me présenter.

Appelez-moi en cas de besoin.

Sûr ?

Théoriquement, s'ils peuvent prouver

que vous les avez volés, ils voudront des noms.

Vous balanceriez des noms...

pour éviter la taule ?

Bon, alors...

pas de souci, les avocats vont régler ça.

L'autoroute 80 vers l'ouest...

pour sortir de Pennsylvanie.

Et on traverserait tout l'Ohio

jusqu'à Toledo...

avant de prendre la 75 nord vers Detroit.

Et on arriverait quand même à temps.

M. le juge, on avait assuré mon client

que sa femme pouvait légalement

codétenir une société de transport.

Mais quand le comité McClellan l'a contesté,

elle s'est immédiatement retirée.

Ça devrait clore l'affaire.

Rien n'a été retenu contre mon client,

malgré treize enquêtes du grand jury.

C'est un exemple

d'une vendetta personnelle contre mon client

et sa famille, par un ministère de la Justice frustré,

et le ministre, Robert Kennedy.

Il est armé !

Prenez-lui son arme !

C'était pas un vrai flingue ?

Comment il est entré ?

J'y suis pour rien !

Mon Chuckie !

C'est mon fils !

Mon petit ! Je l'ai élevé !

Vous avez vu ce qu'il a fait ?

Je vais vous dire.

Il m'a tiré dessus, et c'était comme un plomb.

J'ai senti qu'un petit impact,

comme un pistolet à billes.

Encore moins que ça.

Mais je l'ai chargé.

Et Chuckie aussi.

Je l'ai bien élevé.

On attaque toujours les types qui ont un pistolet.

Les couteaux, on fuit.

On fuit les couteaux.

Pistolet, on attaque !

Poignard, on se barre.

Ça rime !

C'est dingue, une puissance supérieure m'a dit de tirer sur Jimmy Hoffa.

Suivez-moi.

Y a des tas de cinglés à Nashville.

Amène-toi, Frank.

J'en ai un ici, en ce moment.

Viens.

Eddie Partin, de Bâton-Rouge, est ici avec moi.

J'arrive.

Écartez-vous.

M. Brennan a-t-il dit, ou vous rappelez-vous

qu'il ait dit : "Je dois modifier le deal" ?

"Il faut que j'arrose Hoffa" ?

N'était-ce pas la chronologie des faits ?

Je ne sais pas s'il a changé le deal, mais...

il m'a semblé, au téléphone que Brennan

parlait pour lui.

C'est une femme en colère.

Elle était enseignante, je crois.

Celle-là n'est pas influençable.

Dur de la faire craquer.

Fouille des navires à destination de Cuba.

S'ils ne s'arrêtent pas, l'armée emploiera la force.

Y a une ouverture, là.

Avez-vous déclaré ceci au grand jury ?

"Brennan est venu me voir et a dit qu'il allait..."

Il a un restaurant.

Des infractions ?

Je viserais les femmes.

Elles sont plus abordables.

Cuba aurait des missiles à moyenne portée...

équipés, en cas de lancement, d'une ogive nucléaire.

Il pourrait frapper n'importe où,

au sud de Washington.

Nous ne pourrions ni l'intercepter,

ni lancer l'alerte.

Celle-là est mariée à un soldat nommé Plechette.

Excellent.

On connaît quelqu'un ?

Un ancien flic, dans une section locale.

Parfait.

Toutes nos troupes sont en alerte renforcée.

"Il allait fonder une société de location de camions.

"Mais il m'a rappelé et a dit", je cite :

"Je dois modifier le deal,

"il faut que j'arrose Hoffa".

Exact, monsieur ?

Celle-ci est possible aussi.

Elle fréquente quelqu'un alors qu'elle est mariée.

Alors, on pourrait la choper,

la tenir.

Mais ce type...

un entrepreneur.

Quelques infractions.

Il y a une sûreté sur sa maison.

Voiture impayée.

Bien, continue.

Lâche pas le morceau.

Merci. Salut, Big Eddie.

Jurez-vous de dire

la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ?

Je le jure.

M. King...

vous êtes membre de la Confrérie Internationale des Teamsters, exact ?

Je refuse respectueusement

de répondre en invoquant

la protection que me garantit...

le 5e amendement.

Êtes-vous un Teamster ?

- Je refuse respectueusement... - Très bien.

Voici une photographie.

- Je refuse respectueusement... - Attendez, attendez.

Regardez au moins la photographie.

Réfléchissez, et ensuite...

Je veux me prévaloir

de mon droit constitutionnel.

Laissez-le se prévaloir.

King est le meilleur.

Le meilleur. Un type bien.

Il a tenu tête à ce connard.

Il a été parfait.

J'ai adoré.

Ils ont essayé de le coincer.

- S'ils étaient tous... - Mon Dieu !

Nous avons de nouveaux détails.

Différents des précédentes informations.

On a tiré sur le président,

dans son cortège, au centre de Dallas.

Mme Kennedy

a étreint M. Kennedy en hurlant : "Oh, non !"

Le cortège a accéléré.

D'après United Press,

les blessures du président

pourraient être fatales.

Je répète. Information de CBS News.

Le président Kennedy a été atteint

par un assassin potentiel à Dallas, Texas.

Restez sur CBS News pour plus de détails.

Flash apparemment officiel.

Le président Kennedy est mort

à 13 heures,

heure normale du Centre.

14 heures, heure normale de l'Est.

Il y a 38 minutes.

Le vice-président Johnson

a quitté l'hôpital

à Dallas, mais nous ignorons...

où il s'est rendu.

Il devrait prêter serment prochainement...

et devenir le 36e président des États-Unis.

M. Hoffa, assisterez-vous aux obsèques du président ?

- On ne m'a pas invité. - Un million d'Américains seront là.

Eh bien...

ça dépend de mon planning.

Si vous deviez y parler, vous diriez quoi ?

Je dirais...

que Bobby Kennedy n'est plus qu'un avocat.

Putain.

CONFRÉRIE INTERNATIONALE DES TEAMSTERS

Merci beaucoup, Eric.

Jimmy avait raison.

Presque.

On en avait fini avec Bobby.

Il ne serait plus ministre de la Justice.

C'en était fini de sa vendetta... contre nous.

M. Hoffa...

vous êtes coupable

d'avoir terni l'âme de cette nation.

Mais y avait encore ce jury à Nashville.

L'âme de cette nation

repose dans son système judiciaire sacré.

Justice doit être rendue.

Et pour avoir sournoisement corrompu ce système...

justice sera rendue contre vous.

On le tient !

Mesdames et messieurs, on a réussi !

PAS DE SOMMATIONS PRISONNIERS À BORD

Mais Jimmy avait tout organisé.

Même si on était censés penser que Fitz

était aux commandes,

il le faisait piloter par Bill Bufalino et Allen Dorfman

qui géraient ses prêts.

Ça se passe bien, ici ? Tout est... ?

Effroyable.

On ne ferme pas l'œil de peur de se faire tuer.

Tu as l'air en forme.

Où est Fitz ? Il est en retard.

On devait le retrouver devant.

Devant ?

- Le voilà ! - Tu étais où ?

Qu'est-ce que tu fous ? Autant ne pas venir !

Tu sais que tu es en retard ?

Tu le sais ?

Désolé pour ça, mais ça s'active beaucoup.

Je m'en fous.

Je veux du concret.

Je veux du solide.

Il te faudra un peu de patience.

Ici, ma patience a des limites.

Même si Jimmy en avait marre de Fitz...

tous les autres l'aimaient.

Il leur accordait tout.

C'était impensable, avec Jimmy.

C'est comme ça, quand on part... en pension.

Alors ?

Jimmy n'en peut plus de Fitz.

Fitz est réglo.

On l'aime bien.

Voilà le problème.

Jimmy a dit à ce chieur de Dorfman de geler les prêts

que Fitz a déjà approuvés.

Je déteste ce Dorfman. Quel enculé de juif à la con.

Je dois faire quoi ?

Non, pas ça.

Tu vas foutre

un pétard dans les miches de Dorfman.

Fitz captera le message.

Il captera le message.

On peut pas le faire à Fitz.

Ce poivrot

filerait chez les fédéraux et ferait tout foirer.

Mais Dorfman...

Faut le faire à Dorfman.

Fitz...

a capté le message.

Après ça, tous ceux qui voulaient un prêt...

l'obtenaient.

C'est un vrai cercle vicieux.

C'est quoi, ça ?

Qui vous a fait entrer ?

M. Provenzano ?

Agent DiGregorio, FBI. J'ai un mandat d'arrêt. Debout.

- Je peux finir ma main ? - Non, debout.

J'ai rien dans les poches, je suis en short !

Regarde ce pingouin.

Tony, tu t'occupes de mon sac ?

Oui, Tony.

C'est comme à la télé.

Ils ont condamné Pro, pour extorsion, à sept ans ferme...

à la prison de Lewisburg.

Il se retrouve avec qui ?

Merveilleux.

Une œuvre d'art.

Merci, Pete.

Faut que je te parle d'un problème avec ma pension.

Je sais.

Tu sais ?

Tu sais quoi ?

Je sais.

Tu as un million deux.

Et... y a un problème avec.

Tu peux voir ça pour moi ?

Comment je ferais ça ?

C'est comme ça.

C'est-à-dire ?

Tu l'as perdu.

Tu y as renoncé...

en arrivant ici. Voilà.

Toi aussi, alors ?

Que je comprenne.

Ton blé est toujours là.

Ton million cinq, plus ou moins,

mais pas le mien ?

Le mien est toujours là.

Mais on est tous les deux ici.

Tous les deux ici, c'est vrai.

Mais pour des raisons différentes.

Tu es ici pour extorsion.

Je suis ici pour fraude.

Et alors ?

Y a une différence.

Laquelle ?

J'ai menacé personne.

Toi, si.

- Ça change rien. - Si.

Non. On va pas épiloguer.

- Réfléchis. - Je fais que ça.

Fais pas chier.

Fais quelque chose.

Comment ça ?

- Je peux faire quoi ? - Y a toujours un truc.

C'est la loi fédérale.

Je m'en tape.

Y a toujours à faire.

Je peux faire quoi ?

Récupérer mon fric !

Comment ?

- Autrement. - Comment ?

Comme t'as fait pour le tien.

Baisse la voix, bordel.

Tu me dis de baisser la voix ?

Enculé.

Me traite pas d'enculé.

T'as pas intérêt.

Tu es ici pour fraude.

T'as volé du fric.

Moi aussi, d'une autre façon, mais...

je veux récupérer mon dû.

Bande de...

- T'as dit ? - Mon Dieu !

Ce que j'ai dit ?

Quoi, putain ?

T'as dit : "Bande de..."

Ça veut dire quoi ?

J'en ai marre...

de parler de "ça".

- "Bande de..." ? - Marre !

Marre ?

Je vais t'arracher la tête !

Je vais te tuer !

Je vais te tuer, enfoiré !

C'est là que j'ai su que ça partirait en vrille.

Comment ce foutu taré a pu oser faire ça,

à Columbus Circle, devant 5 000 personnes,

et s'en tirer ?

Incroyable. On fait pas ça.

On fait pas ça.

C'est de la merde en branche.

De la merde en branche.

Un seul type aurait eu les couilles, le cran, l'audace

de faire ça.

Entre nous, on l'appelait Joey le Blond,

mais tout le monde, surtout la presse,

l'appelait Crazy Joe.

Vous jurez de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ?

Je le jure.

M. Gallo, une déclaration liminaire ?

Ce tapis serait parfait pour le craps.

Russ avait raison.

Qui d'autre s'afficherait avec des stars du showbiz,

devant les photographes, en attirant l'attention

sur tout le monde ?

Il se prend pour Errol Flynn ?

Il s'attaquait à tout le monde, rien à branler.

Il a même kidnappé ses propres patrons.

Comment on se sort de là ? Impossible.

On fait ça, on est mort.

C'est simple.

En taule, il a recruté des noirs

au lieu de ses semblables.

Plus personne savait ce qu'il faisait, ou avec qui.

Personne savait.

Personne.

Et si on proteste contre ce qu'il fait...

on est mal barré.

LIGUE DES DROITS CIVILS ITALO-AMÉRICAINE

Qui peut faire un truc pareil ?

Je vais te le dire.

Ce disgraziato.

Lui et Oswald... ils font la paire.

Au moins, à Dallas, y avait pas les gosses. Rien que Jackie.

Joey, ton docteur dit que t'es mort depuis une heure.

T'es juif ?

Tu voudrais l'être ?

T'inquiète, on n'opère plus.

On le congèle.

Et on attend une Mexicaine, avec une pierre humide.

Riez ! Je me moque de tout le monde.

Dieu nous a mis sur Terre pour rire !

J'épargne personne.

Je me moque des noirs, des juifs,

des gitans, des Italiens...

sauf ces Italiens-là.

J'ai de quoi payer, tire pas !

Vous pensez qu'il me croit ?

On m'a dit : "Fais gaffe à ce que tu diras !"

Mais, blague à part... bon anniversaire, Joey.

Cent'anni ! L'Chaim ! Au Salud !

C'est quoi ?

LIGUE ITALO-AMÉRICAINE

Tu crois à cette Ligue à la con ?

C'est pas ça.

C'est italien.

J'ai dit quoi ?

Quoi ?

Écoute.

Tu peux pas dire ça, ici.

Y a que Rickles qui a le droit ?

C'est un boss.

Moi aussi. On est censés être frères.

Fais pas d'histoires.

- On est frères, non ? - Oui.

- On est frères ? - Oui.

- Frères. - Je discute pas.

Tout le monde l'est. Tu es son frère.

Pas moi, mais vous, si. Alors, j'aimerais...

- On est frères ? - Oui.

C'est mon anniversaire.

Bon anniversaire.

Casse-toi, putain.

Pour ce genre de chose,

il faut deux flingues.

Celui qu'on utilisera...

et un de secours.

Un truc avec plus de pouvoir d'arrêt qu'un .22.

Et surtout pas de silencieux.

Faut du bruit, pour faire fuir les témoins

sans qu'ils vous dévisagent.

Mais pas le bruit d'un .45.

Trop fort. Une voiture de police

l'entendrait de trop loin.

Les flics appellent le .32 un pistolet de femme.

Il est maniable et fait moins de dégâts qu'un .38,

mais il en fait assez.

Ça se passerait tard,

pour que les touristes de l'Idaho

soient déjà couchés.

Et... dans Little Italy.

Il serait peut-être plus à l'aise, plus détendu.

C'était son anniversaire. Y aurait sa femme...

et sa fille, ce qui, dans ce cas

vaudrait mieux. C'était le but.

Fallait qu'elles voient ça.

Il aurait picolé...

ce qui l'aurait beaucoup ralenti.

Son garde du corps serait là, et Joey serait aussi armé.

Mais le flingue serait dans le sac de sa femme.

On n'était pas prévenu longtemps avant.

On connaissait que son rôle.

John le Rouquin savait qu'une chose.

Il devait me déposer...

faire le tour...

et me récupérer.

Faut d'abord éliminer le garde du corps.

Pas le tuer.

Seulement l'handicaper.

On lui reproche rien, alors...

ni le visage, ni la poitrine.

Des fois, dans ces circonstances,

faut d'abord passer aux toilettes.

Pour être sûr de pas être suivi,

et que personne risque de poser de problème.

C'est aussi l'occasion de pisser.

Pour être à l'aise.

Moi, c'était fait,

et dans un endroit aussi petit, autant se mettre au boulot.

Tommy, un peu de vin !

Ça s'est passé à Little Italy, New York.

Une zone ordinairement neutre de la pègre.

Après le meurtre,

la police a trouvé des armes et des empreintes à identifier.

Joseph "Crazy Joe" Gallo était dans ce restaurant de fruits de mer

pour clore une fête

avec sa nouvelle épouse,

et sa fille de onze ans d'une précédente union.

Ils fêtaient son 47e anniversaire.

Ils sortaient d'un nightclub... et étaient assis

à une table à l'arrière. Ils étaient six.

Quand un homme...

est entré

par-derrière,

et s'est avancé...

vers la table. Il a tiré trois fois.

Il a touché Joe deux fois...

et le garde du corps,

Pete le Grec, une fois.

Il y a eu quatorze coups de feu en tout.

Peggy, tu viens ?

C'est tranquille sur President Street, le territoire de Joey Gallo.

En fait, trop tranquille.

Ici, à Brooklyn, Joey Gallo était un héros.

Sa mort pourrait déclencher une guerre de gangs,

si ce n'est pas déjà le cas.

- Profites-en, Jimmy. - Toi aussi, Mikey.

Prends soin de toi.

Si je vous revois pas, salut.

Au bout de quatre ans,

et d'un dessous-de-table de 500 000 $ au comité Nixon...

Jimmy a enfin eu ce qu'il voulait.

Je reviendrai pas.

Une grâce présidentielle et la conditionnelle.

Vous allez faire quoi ?

Commencer par m'enregistrer...

au bureau de probation,

et partir bronzer en Floride avec ma femme.

Des projets ?

Reprendre le contrôle de mon syndicat.

Comment vous ferez ?

- Heureux que Fitz se présente ? - Non.

Ça faisait quoi, d'être enfermé ?

J'ai adoré.

J'ai commencé

par acheter des chili dogs chez Lum's.

Jimmy les aimait autant que la glace.

Un conseiller du comité de réélection de Richard Nixon...

Leur secret, c'est la bière.

C'est les meilleurs d'Amérique.

McCord et ses complices avaient un système d'écoute

avec eux, et ont démonté le plafond...

... ont tenté d'installer des écoutes

au Comité National Démocrate.

Il ose viser la présidence des Teamsters.

Et Pro lui file un prix.

L'enculé. Tu le crois ?

Fitz est très apprécié par certains.

Ça tombe sous le sens.

Il file du fric au premier malfrat !

C'est pour ça que Tony lui refile toutes ses voix.

Tu as le soutien de la majorité.

Avec les voix de Pro et du nord-est, tu gagnes.

T'en veux pas ?

Dire que je dois ramper devant Pro pour des voix !

C'est dingue !

Tony a Fitz dans la poche.

Les combinards font pas la loi.

Avec Fitz, si.

Une fois redevenu président,

tu pourras tout faire.

Virer qui tu veux.

Même virer Tony Pro.

Le regarder faire ses cartons,

le fouiller au corps.

Pour qu'il n'emporte pas un trombone.

Tu entends ça ?

On croit que c'est Jo, la gentille, et moi, le méchant.

C'est l'inverse.

C'est la tueuse...

et je suis l'ange.

Je dois faire la paix avec ce con.

Je veux me réconcilier !

J'ai besoin de ton soutien, Tony !

J'y arriverai pas.

Faut juste que tu lui parles.

Fais avec.

N'empêche que c'est un enculé.

Si je vais le voir, tu viendras ?

Bien sûr.

Ça tombe sous le sens.

On fout le camp.

Jimmy, laisse-lui une chance.

Quelques minutes.

C'est pas normal.

On fait pas attendre quelqu'un.

Je sais.

La seule exception...

c'est quand on a un truc à dire.

Quand on veut dire : "Va chier."

La seule exception.

Les voilà.

T'as vu le temps, Frank ?

Il fait 30 degrés, dehors.

Tony Jack.

Ils gèlent, à New York, et regardez-nous.

Pourquoi on passe pas l'année ici ?

C'est l'été.

C'est l'été.

Ils gèlent pas, à New York.

C'est l'été.

Pour moi, il fait toujours -15, à New York, j'insiste.

Tu insistes.

Dans cette tenue ?

Pour une réunion ?

Tu t'habilles comme ça, en Floride ?

En costume ?

Pour une réunion ?

Partout. Floride, Tombouctou.

Je m'habille, pour une réunion.

Et tu es en retard.

En retard.

Ça roulait mal.

C'est pas vrai ?

Ça roulait mal.

On n'y peut rien.

Pare-chocs contre pare-chocs.

Ça roule mal.

Mal ?

Je n'ai jamais attendu...

un type en retard...

plus de dix minutes dans toute ma vie.

Dis plutôt quinze, en fait.

Non, dix.

Dix, ça suffit pas.

Tiens compte de la circulation.

C'est ce que je fais, j'en tiens compte.

D'où dix.

Je maintiens quinze.

Dix.

Un point de désaccord.

Pourquoi pas douze et demi ?

Le juste milieu. Parfait.

À plus de dix...

ça veut dire quelque chose.

Quoi ?

Je suis là.

Ça en dit assez.

Et voilà.

Où ça nous mène ?

Je peux faire quoi ?

Je veux que...

que tu me soutiennes...

pour tu sais quoi.

Réglons l'autre affaire d'abord.

L'autre affaire me dépasse.

Je ne peux rien pour ta pension.

Rien.

Pas avec Fitz. Fitz est là.

- Va voir Fitz. - C'est fait.

Il s'en occupera, sans condition.

Tu ne le ferais pas. Lui, si.

Je parlais de l'autre affaire.

Laquelle ?

Tu sais bien.

J'en sais rien.

Tes excuses.

Mes excuses.

Pour quoi ?

Ce que t'as dit en bouffant ta glace comme un putain de roi.

C'était raciste.

"Bande de..."

Tu es au courant ?

Je sais que vous avez eu une altercation.

"Bande de..."

Tu l'as dit. Hein, Jim ?

"Bande de..." Je suis inférieur à toi ?

Sans aucun doute.

Allons, Jimmy !

"Bande de" t'a amené où tu es.

Ne me sors pas ça.

C'est ton problème.

Le tien, c'est que tu es une merde.

Jimmy !

Arrête, Jimmy.

Je te demande ton soutien.

Et moi, des excuses.

T'es qui, pour que je m'excuse ?

Pour qui tu te prends ?

J'ai pas besoin de ça.

Et moi, j'ai besoin de toi ?

T'as besoin de moi.

Tu demandes un service.

Ce type me rend nerveux. Ce qu'il dit m'horripile.

On est tous là. Discutons.

Parlons, c'est tout.

Il est là.

C'était ça, l'altercation ?

En gros.

Une partie de bras de fer.

Il a perdu.

Perdu ? T'aurais vu ses côtes.

Dites-vous juste ce que vous avez à vous dire.

Tu veux quoi ?

J'ai dit : "Bande de..." Tu veux des excuses ?

Exactement. Des excuses.

Je m'excuserai...

Je demande que ça.

Quand tu te seras excusé...

pour ton retard.

Espèce d'enculé de rital à la con.

Jimmy, tu es malade !

Je m'excuserai après avoir kidnappé ta petite-fille

et t'avoir renvoyé ses putains de tripes !

Enlevez-le de là !

- Je vais le tuer ! - Arrête, Tony !

Tu crois que Russ...

m'aiderait, avec ce gars ?

C'est compliqué.

Oui, compliqué.

J'aimerais refroidir ce fumier.

Avec leur accord, mais...

Faut qu'il disparaisse.

Il le faut.

J'aurai pas leur accord.

Frank, va lui parler.

Okay ? Parle-lui.

115E RUE HARLEM EST, NEW YORK

Les gars du New Jersey m'ont parlé de ce merdier entre eux.

Je vais vous dire la même chose.

J'approuve pas ce que Pro a dit sur Jimmy.

Qui parle comme ça de petits-enfants ?

Ça se fait pas.

Mais Pro est pas n'importe qui.

Jimmy devrait le savoir.

Je vais pas dire à ce type ce qu'il peut dire ou pas...

comme à un gosse.

Jimmy est juste énervé.

On sait tous qu'il est sanguin.

On l'est tous, parfois.

Mais Jimmy en dit trop, des fois.

Ça nous arrive aussi.

Quelqu'un devrait le calmer.

Je vais le calmer. Il est difficile, mais...

Voilà pour le calmer.

Dites-lui que je l'apprécie.

Et que je l'empêcherai pas de revenir.

D'accord. Je lui dirai.

C'est pas ça qui va me calmer.

Pas m'en empêcher ?

Putain, ça veut dire quoi ?

C'est pas pareil que de faire quelque chose...

contre un psychopathe...

incontrôlable !

Le Petit, c'est quelqu'un. Comprends-le.

C'est un enculé. Fitz est un enculé.

Je m'occuperai de ces deux enculés...

en personne !

Ceci était mon bureau.

Cherchez-y Fitzsimmons.

Vous le trouverez pas.

Parce qu'il fait le tour du pays...

pour trouver des putains de golfs. Il fait que ça !

Du golf !

Avec Nixon !

Le ministre de la Justice !

Et il fait ça...

en empochant un salaire à temps plein !

Comment il fait ?

Y a pas assez de 24 h pour ce boulot !

On m'a collé au trou pour fraude.

C'est de la fraude !

Et comment Fitz répond à Jimmy ?

Il envoie un message à son vieux pote,

Dave Johnson.

Dave Johnson gérait la section 299.

Et voilà le message...

Voilà comment

Fitz dit qu'il veut que mon pote Dave Johnson

démissionne, pour placer son fils

à la tête de la section 299.

Voilà comment je vais dire non à son fils,

ce foutu Fitz junior.

Elle ressemblait à ta mère. Même taille.

Une jolie fille.

Jolie fille.

J'ai pas vu que c'était pas ta mère. Il faisait noir.

JO HOFFA DRIVE - AUXILIAIRE FÉMININE

Voilà comment Fitz refuse que je choisisse

la tête de la 299.

En virant ma femme

de son putain d'emploi à 48 000 $

au syndicat !

L'ordure !

Je l'encule !

Il avait scotché les serrures

du sous-sol du Watergate.

Tu regardes quoi ?

C'est le mec aux grandes oreilles.

L'adhésif avait disparu.

E. HOWARD HUNT ANCIEN AGENT DE LA CIA

Il l'a remis sur la porte.

Aux grandes oreilles ?

Une vieille connaissance.

Ses oreilles sont normales.

J'ai dit : "On lâche tout."

On abandonne l'opération.

M. Liddy et M. McCord ont parlé entre eux...

et ont décidé d'intervenir.

À votre avis, Frank Fitzsimmons

doit-il rester président des Teamsters ?

Sûrement pas.

Frank Fitzsimmons a vendu le syndicat

à ses amis de la pègre.

Elle le contrôle.

Elle contrôle donc notre fonds de pension.

Un milliard de prêts à taux réduit ou taux zéro,

qu'il a accordés à des escrocs notoires

pour leurs magouilles.

C'est fini.

Les rats doivent quitter le navire.

Il est sérieux ?

Pas Jimmy. C'est de la publicité.

Il veut être élu, c'est un show.

De l'esbroufe. Sans fondement.

Il le pense peut-être.

Tony, il fait campagne.

Il peut dire n'importe quoi.

Je m'en fous, moi.

Il peut pas dire ça. Ça craint.

Tu sais ce qu'il devrait faire ?

Encaisser sa belle pension.

Voir ses petits-enfants.

Il a une chouette famille, non ?

Il devrait se détendre.

Faudrait lui dire.

Faut pas...

faut pas que...

tu le prennes mal.

J'étais avec des gens, tu les connais...

qui disaient...

"Dis à Jimmy qu'on l'aime...

"qu'on veut pas de problème.

"On pense juste qu'il devrait...

"profiter de ses petits-enfants,

"de sa pension, de la vie."

Va pas plus loin.

Qui a dit ça ?

- Peu importe. - Au contraire.

C'était Russell ?

Bien sûr que non.

C'est ce petit enculé du fiasco de Miami ?

Pas lui ?

Alors qui ?

Je vais te le dire.

Quel Tony ?

Ils s'appellent tous Tony.

Ces Italiens n'ont qu'un prénom en tête.

L'autre Tony.

Quel Tony ?

Salerno.

Qu'est-ce que je peux dire ?

J'essaie de t'aider, de te dire un truc.

Je sais.

Frank, n'y pense même pas.

Je ne ferme jamais ma gueule.

Pour personne.

Je le sais.

Tu le sais.

Eux le savent pas.

Je suis comme ça, et ce sera toujours comme ça.

Faudrait lui dire ça.

Il a dit ça ?

Avec plein de mots...

Avant de dire ça,

qu'il oublie pas que Joe Gallo aussi faisait du boucan.

Faudrait lui dire ça.

Qui a dit ça ?

- Tony. - Il a dit ça ?

C'est la goutte d'eau.

Je ne me retirerai jamais.

Faudrait lui dire ça.

Je le lui ai dit et répété.

Tu lui as dit. Alors, laisse tomber.

Ça suffit.

Laisse-moi déguster ma glace.

Quoi ?

Rien.

- Quoi ? - Rien.

Non, tu penses à quoi ?

J'ai juste...

À quoi tu joues ?

- C'est pas le moment. - Pourquoi ?

C'est toujours le moment.

Parle.

La section veut organiser

un banquet d'honneur pour moi.

Pour toi. C'est bien.

Mais... ça attendra que...

Quoi ?

J'allais te demander...

de me remettre le prix.

C'est gentil à toi.

Très gentil à toi.

Qui sera là ?

- Tout le monde. - Tony.

Tony, Tony, Tony, et Tony.

Tout Little Italy.

C'est pas une bonne idée. Ils seront tous là, des gens...

Tu seras pas à l'aise.

Rien à foutre de qui sera là.

Tous ces fumiers

me priveront pas de ton grand soir.

Pas question.

Je serai là.

Et j'en serai honoré.

Tu le mérites.

Cette Mo Dean...

- Elle est bien roulée. - Sympa.

J'ignorais...

que M. Hunt travaillait...

à la Maison Blanche dans l'Unité des Plombiers...

C'est une balance, mais...

Mais un petit malin.

On a un public en or

pour Frank, ce soir. Allez !

C'est parce que Frank a énormément d'amis.

De ses compagnons de guerre, en Italie, sous les ordres

du général George Patton...

aux chauffeurs,

organisateurs nationaux,

représentants, présidents de section,

cadres du comité et gestionnaires de sections.

Nous sommes tous des amis

de Frank, ce soir.

Des amis de Frank.

Comme le président de la NAACP, Cecil Moore !

Le procureur Emmett Fitzpatrick !

Le maire de Philadelphie, Frank Rizzo !

Ils t'aiment tous, Frank.

Et bien sûr, notre remettant, James Riddell Hoffa.

Et dehors, dans les arbres,

on a le FBI.

Qui veut les saluer ?

Y a longtemps,

Frank m'a emmené manger un steak

et m'a demandé comment je l'aimais.

J'ai dit, saignant, lui aussi.

Mon steak arrive saignant.

Le sien gambadait encore.

Et il me dit...

"Je suis un ami des animaux."

Un ami des animaux.

C'est même pas le président, et il bloque les prêts.

Tu es sûr ?

Sûr.

- Comment il fait ? - Ses types gèlent les avances

sur l'hôtel de Carlos à la Nouvelle-Orléans,

l'extension du Caesars.

Et Fitz fait quoi ?

Il est censé aider.

C'est le fric des fonds de pension.

Les gestionnaires sont censés approuver tout ce que dit Fitz.

Sauf que Jimmy...

a engagé des types pour les en empêcher.

Le fils de pute.

Je croyais que c'était réglé.

Paraît que...

une fois Fitz dehors et lui dedans,

faudra rembourser les vieux prêts.

Hôtels...

casinos, foncier, tout le toutim.

S'il a pas le fric et les intérêts illico,

il fera main basse.

On peut pas laisser faire.

- Il a dit ça ? - Il a dit ça.

Tu es sûr, Tony ?

Il l'a dit.

Tout ce que je t'ai dit.

Il se prend pour qui ? Castro ?

T'as pas besoin d'argent ?

Il s'agit pas de ça.

S'il s'agit pas de ça,

j'ai vraiment du mal

à comprendre à quoi ça rime.

C'est mon syndicat.

C'est dur à comprendre ?

C'est ton syndicat, et ça le restera.

Même si tu démissionnais.

On ne démissionne pas.

Pas pour diriger un syndicat.

On démissionne pour crever.

Écoute.

Je pense que...

je pense trop, mais...

y a une autre raison ?

C'est mon syndicat !

Quelle autre raison ?

C'est mon syndicat !

Commençons par ça.

Tu comprendras après.

Certaines personnes...

pas moi, mais...

certaines personnes

sont un peu inquiètes.

Elles pensent, pas moi, que tu es peut-être...

Peut-être ?

Incapable de faire preuve

de reconnaissance.

Je ne suis pas reconnaissant ?

Selon... certaines personnes.

J'ai été en pension pendant cinq putains d'années.

Je sais.

Cinq putains d'années !

J'ai pas donné un seul nom.

- Tu as bien fait. - J'ai bien fait.

Je voyais chaque jour

cet enculé pleurnichard du New Jersey...

qui me parlait de ses malheurs, de ses problèmes.

Je voulais juste finir ma glace en paix.

Cet enculé

vient me voir avec 15 minutes de retard...

en foutu short !

- Qui fait ça ? - Personne.

Personne.

Pas reconnaissant ?

C'est pas moi.

Certaines personnes.

Je sais, certaines personnes...

ne me trouvent pas reconnaissant ?

Je les emmerde.

J'essaie de t'aider.

Je sais.

Mais on ne menace pas Hoffa.

Il a été un bon chauffeur.

Il a été

un bon organisateur et...

beaucoup ici l'ignorent, mais Frank...

détient un record.

Celui des arrestations sur un piquet de grève.

Vingt-six fois...

en 24 heures.

Il a battu mon record !

C'est vrai, mesdames, messieurs.

Je n'exagère pas.

C'est un syndicaliste...

dans l'âme !

De quel côté vous êtes ?

Ton côté !

Quel côté ?

Ton côté !

Mon côté ?

Ton côté !

Son côté.

Et voilà.

C'est un honneur pour moi d'être ici ce soir

pour remettre ce prix

à mon cher ami

M. Frank Sheeran !

Merci infiniment, Jimmy.

Merci à ma charmante épouse... Reenie,

d'être ici, avec moi.

À mes charmantes et adorables filles,

Maryanne...

Dolores, Connie...

Peggy... de m'avoir supporté

toutes ces années.

Et, Jimmy, quel bonheur de recevoir ce prix de tes mains.

C'est le plus beau jour de ma vie.

Cet homme, James Riddell Hoffa...

se dévoue à cent pour cent.

Je suis avec toi, Jimmy.

Jusqu'au bout.

En tout cas, du fond du cœur, merci à tous.

Je n'en mérite pas tant.

Mais j'ai de l'arthrose, et je le mérite pas non plus !

Merci à tous d'être venus.

On ne dit plus "cheese" ?

Seuls trois hommes au monde en ont une.

Et un seul est irlandais.

J'en ai une.

Angelo en a une.

Et tu en as une.

Elle est magnifique.

Je ne sais pas quoi dire, Russ, c'est...

Mets-la, pour voir.

Tu aimes ?

Tu sais à quel point je t'ai rendu fort ?

Tu es mon protégé.

Plus personne ne te fera chier.

Personne.

Écoute, Frank.

Ça a encore dérapé avec notre ami.

Certaines personnes ont de gros problèmes avec lui.

C'en est au point...

où tu vas devoir lui parler et lui dire...

que les jeux sont faits.

Les jeux sont faits ?

C'est ce qu'ils veulent.

C'en est là.

Tu es proche, il t'écoutera peut-être.

Je lui ai parlé. Et c'est pas facile, tu le sais.

Il n'a pas le choix.

Ça vient d'en haut.

Lui aussi, il est en haut, non ?

Pas comme ça, tu le sais.

Je t'en prie, Frank.

S'ils butent un président, ils buteront un président de syndicat.

Tu le sais...

et je le sais.

Je lui parle sans arrêt, il n'écoute pas.

Mais là, il doit écouter. Il le faut.

Ça va pas. C'est une foutue tête de con.

J'ai parlé à Russ.

Il a parlé à Tony.

Il plaisante pas.

Qui ? Russ ?

Je plaisante pas non plus.

Il peut pas rentrer ça dans sa foutue tête de Sicilien.

T'en fais pas.

Qu'est-ce que tu as ?

- Je suis inquiet. - Je le vois.

À propos de quoi ?

- À eux d'être inquiets. - Ils le sont.

Ils sont un peu plus qu'inquiets. Ça fait tache d'huile.

C'est un gros problème.

Tony a dit au Vieux de me dire... de te dire...

que les jeux sont faits.

Les jeux sont faits ?

Les jeux sont faits.

Je t'en prie, écoute-moi.

Ils n'oseraient pas.

Ils n'oseraient pas.

Frank, je t'en prie.

Ne dis pas ça.

Ne me sors pas ces...

C'est des contes de fées.

Dis pas qu'ils oseraient pas.

S'il m'arrive un truc pas clair...

ils sont finis.

Tu comprends ? Et ils le savent.

J'ai des dossiers. Des preuves.

Des archives.

Des enregistrements. Je peux les faire disparaître.

Ces putains de ritals finiront leurs jours en taule,

et ils le savent.

Ils le savent.

Voilà ce qui les inquiète.

Je sais des choses.

Des choses qu'ils ne savent pas que je sais.

Tu courrais ce risque ?

Quel risque ?

Ils disent que les jeux sont faits.

Ils le disent, et c'est écrit ?

Baratin.

J'essaie de te dire.

Je sais.

Qu'ils me menacent et que je dois obéir.

C'est plus qu'une menace. C'est un ultimatum.

Un ultimatum.

Les jeux sont faits.

Ils s'en prennent à moi, je m'en prends à eux.

Je connais rien d'autre.

Alors, je dis quoi à McGee ?

Que t'écouteras pas ?

Il a pas l'habitude de ça.

Moi non plus.

Moi non plus.

Je sais pas quoi faire.

Tu devrais engager des gardes du corps.

Pas question.

Ne me fais pas ça.

Des gardes du corps ?

Tu fais ça, ils s'attaquent à ta famille.

Ça résout rien. Tu t'inquiètes ?

Engage des gardes du corps. Pourquoi ?

Ça pourrait t'arriver.

Ils pourraient s'en prendre à toi...

puisque t'es avec moi.

Je m'inquiète.

Dis à Russ que je le respecte.

On a eu des mots.

On parlait, j'ai disjoncté. Tu me connais.

J'explose.

Quelquefois.

Je suis parti. C'est comme ça, je suis abrupt.

Dis-lui à quel point je le respecte.

Je n'ai que respect pour ce type.

Je ne lui ferais jamais de mal...

quoi que je fasse de mes dossiers et du reste.

Tu devrais lui dire.

- Toi-même. - Pas question.

- Ça arrangerait tout. - C'est ton rabbin.

C'est lui qui t'a fait.

Dis-le-lui.

Écoute-moi.

À la fin, il n'y a qu'une vérité.

C'est mon syndicat.

C'est mon syndicat, Frank.

C'est simple, si on le voit comme ça.

Si on dansait ?

Excusez-nous.

À quelques heures de Detroit,

on s'est dit qu'on reprendrait...

la route au matin.

Le mariage avant tout.

Bill Bufalino refilait sa fille à un type en or.

Mieux que le connard précédent.

Tout ça, c'était bien beau.

Mais le mariage était une mission de paix.

On était là pour ça.

Tout le monde savait qu'on venait tout arranger.

Je monte avec le Vieux.

Il espère qu'on peut tout régler.

- Il a dit quoi ? - Qu'il espère...

tout régler.

Après le mariage, on se voit et on règle ça.

J'irai pas au mariage.

Trop de gens que j'aime pas.

J'irai pas.

T'iras pas au mariage.

J'y serai pas.

Alors, on peut...

faire ça où tu veux.

On peut le faire chez toi.

Où tu veux.

Où tu serais à l'aise.

Le lac ?

Tu veux le faire au lac ?

Depuis le premier jour, je veux régler ça.

Je sais.

Le premier jour, putain.

Personne le sait mieux que moi.

Rien que vous deux.

Pas le Petit.

Bien sûr, le Petit.

Je le fais pas avec lui.

Inutile, à trois.

Rien que nous trois. Basta.

Ça sert à rien. Le Petit doit venir.

Je veux pas revoir cet enculé !

C'est au-dessus de mes forces !

- Il faut que tu le voies. - Il faut rien du tout.

Je leur rends seulement service.

Un immense service.

Oui, mais...

il faut dépasser ça.

C'est fait !

Je ne reverrai jamais ce fumier.

Il faut se voir, tout le monde le dit.

Inutile !

Je ne veux pas le faire, et je ne le ferai pas.

Je vais raccrocher.

Essaie de comprendre, okay ?

- Il a dit quoi ? - Il y réfléchit.

Il y réfléchit ?

Pour vous.

Tu as quelle heure ?

Près de 17 h.

Tu devrais appeler Jimmy.

Il devait réfléchir.

Tu arrives quand ?

Demain matin.

Parfait. Parce que...

j'ai changé d'avis, sur l'autre truc.

Ah oui ?

Je vois le Petit demain après-midi.

Le Petit ?

Tony Jack a arrangé ça. Je l'aime bien.

Un type bien. Je l'ai rencontré

après le fiasco de Miami.

Avec le Petit. Où ?

Au même endroit.

Tu sais où c'est.

En public.

Tu sais que Tony Jack est le cousin de Pro ?

Et alors ? C'est tous des putains de cousins.

Je crois que je devrais venir.

C'est pour ça que j'ai demandé quand tu arrivais.

- À quelle heure ? - 14 h 30.

Pourvu qu'il soit pas en retard.

Ou avec son foutu short.

J'y serai à 14 h, alors,

- tu devrais aussi. - J'y serai.

Bien.

On se voit à 14 h.

À 14 h.

Il a dit quoi ?

Il va rencontrer Pro.

Tony Jack a arrangé ça.

Excellent.

On meurt de faim.

On a bien fait de demander ce vinaigre de vin au gars d'Angelo.

L'huile d'olive italienne

de l'autre profiteur est bien aussi.

Olives de Catane, rien de mieux.

Le top.

Changement de programme.

Au lieu de...

de partir tôt, on reste ici demain matin, avant d'y aller.

Mais j'ai dit à Jimmy qu'on arrivait...

demain matin.

Je lui ai dit

qu'on arrivait demain matin.

Je sais.

Que je serais

à cette réunion avec Pro.

Cette réunion avec Pro.

Je sais.

Alors...

je fais comment ?

Faut y aller.

Je lui ai dit que je serais là.

On a tout fait pour ce mec.

Ne l'appelle pas.

Bonjour.

Café ?

Non, j'en ai.

- Bien dormi ? - Oui. Et toi ?

Pas mal.

Krispies ou Corn Flakes ?

Krispies.

On va aller à Port Clinton.

Je croyais qu'on restait ici.

Les filles restent ici.

Toi et moi, on y va.

On sera revenus en trois heures.

Y a quoi, à Port Clinton ?

Un avion.

Un avion ? Pour où ?

Detroit.

On va à Detroit, maintenant ?

Non, toi, tu vas à Detroit.

Et à ton retour...

toi et moi...

avec les filles, on reprendra gentiment la route...

pauses clopes comprises.

J'ai été obligé de t'impliquer.

T'aurais jamais laissé faire.

Je le sais.

Mais c'est comme ça.

De toute façon...

son compte est bon.

Je sais ce que tu ressens, crois-moi.

Je le sais.

On a tout essayé pour l'aider.

Tu le sais.

Tu as essayé.

Il peut s'en prendre qu'à lui.

Et ça tombe sur nous.

Ils ont seulement accepté...

par respect pour moi.

Mais Reenie et toi, vous risquez rien.

Vous êtes avec moi.

Avec moi.

File-moi tes lunettes.

Chuckie est en retard.

C'est lui ?

Je suis Sally.

Allons-y, ton père m'engueulerait d'être en retard.

Frank, à l'avant.

C'est quoi, ça ?

C'est mouillé.

J'avais un poisson congelé

à livrer à un pote.

Un poisson ?

Il a mouillé le siège ?

Qu'est-ce que j'y peux ?

Je monte derrière.

Non, à l'avant.

Je monte là. Monte à l'avant.

Je m'assieds là.

Pas là. Là.

Comme tu veux.

Tu veux un journal ?

Dépêchons-nous.

Quel poisson ?

Quel poisson ?

Le genre qu'on mange.

Un poisson.

Tu sais pas quel genre ?

Non, j'en sais rien.

D'où il venait ?

On s'en branle. Une poissonnerie.

T'as juste dit...

"Filez-moi un poisson ?"

En gros, oui.

T'as pas demandé... un saumon, ou...

Un haddock ? Un...

un putain de cabillaud ?

Qu'est-ce qu'on en a à foutre ?

Pourquoi t'insistes ?

Pour comprendre comment...

on achète un poisson sans savoir lequel.

Y avait un poisson qui m'attendait.

J'ai pas demandé quel genre, désolé.

Ton pote l'avait commandé.

C'est pour expliquer, si on me demande.

Papa !

- Excuse mon retard, j'ai... - Retard ?

Qu'est-ce que tu fous là ?

Qui t'a invité ?

Putain, t'es qui ?

Je suis avec Pro.

Avec Pro ?

L'enculé qui m'a posé un lapin ?

J'attends personne plus de 10 minutes.

Il est à la maison.

Quelle maison ?

Avec Russ.

Russ ? Putain...

Regardez qui est là.

C'est quoi, ces conneries ?

Je t'attendais.

À 14 h. Tu devais venir.

Désolé. McGee a décidé de venir.

Mais il voulait pas venir ici.

À la maison.

McGee est à Detroit ?

Il a décidé de venir.

Pour aider à tout arranger.

La maison ?

On vous ramènera après.

Y avait un poisson, mais...

on a nettoyé.

Un poisson ?

Chuckie avait un poisson à la con, il sait pas lequel.

C'est bon, j'ai nettoyé.

J'ai le mouchoir.

Il empeste.

Un poisson en bagnole ?

Pour Bobby Holmes.

Il aime le poisson.

On a nettoyé.

Nettoyé ?

Tu as nettoyé ?

T'y connais quoi, en poissons ?

T'en as déjà attrapé un ?

Alors, t'y connais rien.

Écoute-moi.

Jamais de poisson en voiture.

L'odeur reste.

Sauf s'il est bien emballé.

Je sais.

Tu le sais ? L'oublie pas.

Ça t'aidera dans la vie.

Tu pouvais pas me prévenir, à 14 h ?

J'ai attendu 40 minutes, comme un con.

Désolé. Je suis venu au plus vite.

T'es arrivé ce matin.

Cet après-midi.

Russ avait à faire à Port Clinton. J'ai dû l'attendre.

J'avais oublié.

Après ça, dès qu'on est arrivés, je suis venu.

Je respecte Russ, tu le sais.

Mais on aurait dû me le dire.

On aurait dû me dire

14 h 30, 14 h 40, au moins.

Pas faux.

Et c'est qui, Pro,

pour m'envoyer un garçon de courses ?

Il reste pas.

Le problème, c'est pas qu'il reste ou pas.

C'est que Pro l'a envoyé.

Il aurait dû passer lui-même, c'est tout.

T'y vois, avec ces verres ?

J'y vois que dalle.

Heureusement que t'es pas au volant.

C'est là, juste là.

C'est... la maison avec l'escalier.

Tu as ton ami ?

On sait pas, avec cet enculé.

Avec ou sans Russ.

On fout le camp.

James Hoffa, ancien président des Teamsters...

a disparu mercredi.

Toujours aucune trace de lui, ce soir.

Il avait passé quatre ans en prison,

et ne cachait pas son intention

de reprendre la présidence

à son successeur Frank Fitzsimmons.

Toujours rien ?

La voiture du jeune Fitzsimmons a sauté. Il n'était pas dedans,

mais ça sent mauvais dans la section de Detroit.

Hoffa a disparu mercredi après-midi.

Plus de 48 heures après, aucun signe

de ce qui lui est arrivé.

La police est très inquiète.

Elle veut savoir qui Hoffa devait rencontrer...

devant le restaurant Red Fox où il a disparu.

On pense qu'il pourrait s'agir d'Anthony Giacalone,

un capo de la Mafia de Detroit.

James, le fils de Hoffa,

a vainement tenté de joindre Giacalone.

La famille de Hoffa

est dans sa maison de Lake Orion.

Je devrais appeler Jo.

Tu ne l'as pas encore fait ?

Pourquoi ?

Pourquoi quoi ?

Pourquoi tu l'as pas appelée ?

Je vais l'appeler.

Vous croyez que l'enlèvement est lié aux conflits récents

dans la section 299, sa section ?

Je pense qu'il faut enquêter

sur la politique du syndicat.

Un cadre des Teamsters

dit redouter le pire.

Hoffa aurait pu être assassiné.

Robert Hager, NBC News, Bloomfield, Michigan.

Elle a arrêté de me parler

ce jour-là.

Le 3 août 1975.

Elle a un bon travail, maintenant.

Elle habite en banlieue de Philly.

Mais ma fille...

Peggy...

a disparu...

de ma vie, ce jour-là.

Tu crois qu'il est vivant ?

Sûrement.

Il faut que tu positives.

Ça fait pas longtemps.

Mais est-ce que...

tu es sûr qu'il va bien ?

T'en fais pas, tu me connais, je...

Il a peut-être fait comme Joe Bananas...

en se kidnappant lui-même, avant...

de revenir, sain et sauf. Peut-être...

qu'il voulait juste... se changer les idées.

Faut te dire que ça se...

ça se terminera bien.

Ça se terminera bien.

En cas de besoin, je suis là.

Quoi que ce soit.

Tu me rappelleras ?

Oui... je t'appellerai.

Je t'appellerai.

Je prendrai de tes nouvelles demain.

Oui, appelle-moi demain.

Demain matin, okay ?

Promis ?

T'en fais pas. Sois forte.

Positive.

À plus tard. Au revoir.

Ça n'a pas été plus compliqué que ça.

M. Sheeran...

savez-vous qui, si tel est le cas,

est derrière la disparition de James Hoffa ?

Tous ceux qui avaient eu affaire à Jimmy...

furent interrogés.

Je refuse respectueusement de répondre

pour éviter de m'incriminer.

Simple question.

De quelle couleur est mon stylo ?

Tout le monde invoqua le 5e.

Dans ces circonstances...

c'est ce qu'on fait.

Tout le monde fut condamné pour une chose ou une autre,

mais pas ça.

Pas pour Jimmy.

Personne n'est allé en taule pour ça.

Et personne n'a parlé.

Alors qu'en général, on ne garde un secret à trois

qu'avec deux morts.

Bruno Denzetta et Marco Rossi...

ont pris 20 ans pour avoir escroqué un transporteur.

Pro a été condamné avec eux.

Mais il était déjà en pension pour l'affaire d'avant.

Ce pauvre trésorier, "Three Fingers",

plus populaire que Pro.

Ils l'ont eu pour ça.

C'est Sally Bugs qui avait fait le coup.

Un jour... on a vu Bugs entrer chez les fédéraux.

En soi, c'est pas un crime.

Des tas de gens se font convoquer.

Mais ça lui ressemble pas.

Pourquoi il en a parlé à personne ?

Pas un mot à qui que ce soit.

Pas un mot.

Une chose est sûre.

Il est pas allé y déjeuner.

L'Irlandais.

En fait, Sally avait dit à quelqu'un qu'il y allait.

Mais ils avaient oublié de le dire à un autre.

Dommage collatéral.

Le fils adoptif de Jimmy, Chuckie,

était aussi mouillé.

Sans le savoir.

Il savait juste

qu'il devait conduire un type de Pro et moi,

pour prendre son père au Red Fox,

pour une réunion.

Il était dans le coup,

mais par bêtise.

J'ai toujours eu de la peine pour Chuckie.

Et j'en ai encore.

Ils lui ont collé 10 mois

pour une histoire de bagnole.

Enfin, on s'en tape.

Tony Salerno est tombé pour une affaire d'impôts.

Peu après,

ils lui ont trouvé un cancer de la prostate.

Y a une... une boucherie dans...

le nord de la Californie.

Près de...

Walnut Creek. T'es de là-bas, non ?

Tu connais peut-être le proprio.

En fait, j'aimerais un petit service.

Pour lui, pas pour moi.

Mais si tu lui trouvais un aller-simple pour l'Australie...

Tu me comprends.

Tu peux l'aider à y aller ?

Russell s'est fait choper

pour avoir dit à Jimmy la Fouine d'étrangler Jack Napoli

pour 25 000 $ de bijoux que Jack avait achetés à crédit,

à Russell, et n'avait pas remboursés.

Avec Russ, ça se fait pas.

Sauf que la Fouine avait été retourné.

Il avait un micro.

"Complot en vue de tuer un témoin."

Tout le monde savait que Napoli avait tort.

C'était évident.

C'était un traquenard.

Quoi d'autre ?

Mais je vais pas non plus m'étendre là-dessus.

Ils m'ont inculpé pour corruption, racket,

et autres conneries.

Et M. Boffa vous a offert, à vous et votre femme, des véhicules de luxe ?

Je travaille depuis 44 ans.

Je n'ai jamais rien perçu d'illégal

de Boffa ou de qui que ce soit.

Pensez ce que vous voulez.

Ils m'ont eu pour avoir fait sauter un loueur de grues

qui avait viré deux de mes gars sans raison.

Et... ma Lincoln.

Je l'avais achetée à Eugene Boffa.

Il fournissait des chauffeurs à des sociétés,

et leur filait des salaires de misère.

Cela dit, je l'avais payée bien moins que sa valeur.

Ils y ont vu un pot-de-vin.

J'adorais cette bagnole.

Mais elle ne valait pas les 18 ans qu'on m'a collés.

C'est sûr.

Russell a fait un AVC.

Fat Tony est devenu incontinent.

Et mon arthrite,

qui datait des tranchées d'Anzio,

avait gagné le bas de mon dos.

Je ne sentais presque plus mes pieds.

Il me fallait une canne.

Mais c'était interdit, en prison.

On pourrait en faire une arme.

Y avait un médoc qui me soulageait un peu, mais...

ça faisait aussi planer.

Il a gagné !

On se décomposait tous, et on crevait de froid.

Tu as peur ?

Reste ici dix ans, et tu me battras.

C'est le bon jus de raisin ?

Je peux pas le mâcher.

J'ai plus de dents.

Un petit morceau.

Juste un petit.

Jimmy était un mec bien.

Avec une belle famille.

Je sais.

Je voulais pas en arriver là.

J'ai pensé à nous, pas à lui.

Fait chier.

Où tu vas ?

Où tu vas ?

À l'église.

Te marre pas, tu verras.

Te marre pas.

Tu verras.

Russell est allé à l'église.

Puis... à l'hôpital de la prison.

Puis... au cimetière.

Seigneur Jésus-Christ...

Je suis sorti en octobre.

Reenie est morte en décembre.

Le 23 décembre, précisément.

Cancer du poumon.

Pas étonnant.

Donne à notre sœur de reposer en paix

et éveille-la dans Ta gloire.

Car Tu es résurrection et lumière.

Elle Te verra face à face,

et Ta lumière sera la sienne...

dans toute la splendeur de Dieu,

pour les siècles des siècles. Amen.

À la frustration des décideurs politiques,

les militaires de l'OTAN éviteront

les attaques à basse altitude sur les Serbes, au Kosovo.

Il faudrait des jours de bombardements,

car les Serbes ont caché de nombreux missiles antiaériens

pour prévenir ce type d'attaque.

Allez-y, allez-y.

FERMÉ

Peggy... je veux juste te parler.

Elle s'est éloignée.

Elle m'en veut, mais j'aimerais

l'appeler. Je veux juste lui parler.

Pour lui dire quoi ?

Que je suis désolé, c'est tout.

Pour ?

Je n'ai pas été un bon père, je sais.

Je voulais juste la protéger.

Vous protéger toutes.

C'est ce que je faisais.

De quoi ?

De tout.

Vous étiez préservées,

parce que vous n'avez pas vu ce que j'ai vu,

ce que j'ai vécu.

Y a des tas de gens mauvais.

Je devais faire quoi ?

Papa, tu ignores tout de notre vie.

On ne pouvait pas t'appeler à l'aide à cause de ce que tu ferais.

Te demander ta protection.

Tu aurais fait des choses affreuses.

Je voulais pas que vous souffriez, c'est tout.

Tu as lu et entendu beaucoup de choses sur moi.

Je suis désolé.

Je peux faire quoi pour me racheter envers toi ?

Tout le monde ?

Si vous voulez plus luxueux,

on a ces deux modèles.

Les Cadillac des cercueils.

Si on vous met dans le four, peu importe la boîte.

Prenez la plus merdique.

De l'agglo.

C'est pour quoi ? Une crémation ?

Une inhumation.

Pour homme ou femme ?

Moi.

Putain.

Y en a un qui vous plaît ?

Le vert, là.

Une beauté.

Ça vous fera 7 500 si vous l'emmenez.

Alors ?

C'est votre meilleur prix ?

C'est là-dedans que vous voulez partir, non ?

On vous le fait à 6. Ça vous va ?

- 6 000 cash, d'accord ? - D'accord.

Ça me va.

Tôt ou tard...

tout le monde doit partir à la date prévue.

C'est comme ça.

Et il doit se passer quelque chose quand on s'en va...

parce que... comment tout ça a bien pu

commencer ?

Des plus malins que moi n'ont pas la réponse.

C'est pour ça que je refuse la crémation. Trop définitif.

Celui-là.

Le 1948.

C'est le plus dur, quand on vous enfouit

à six pieds sous terre... parce que

c'est définitif.

Mais là, y a un bâtiment en dur.

Une crypte.

Avec un cercueil en métal.

Vous êtes dans la pièce.

Et tout ça.

C'est moins définitif. On est mort, mais...

c'est moins définitif.

Désolé.

Adressez-vous

à mon avocat, M. Ragano...

si vous voulez parler de M. Hoffa, ou...

de n'importe quelle autre affaire.

J'ai rien de nouveau à dire.

Il est mort.

Qui ?

Votre avocat, M. Ragano.

Mort ? Qui l'a tué ?

Le cancer.

Ils sont tous morts, M. Sheeran.

C'est fini.

Tous partis.

Russell, Angelo, Salerno...

Pro, Dorfman, Sally Bugs. Disparus.

Vous protégez qui ?

Vous savez qui reste ?

La famille de M. Hoffa, ses enfants.

Ils sont là. Et ils doivent vivre sans savoir.

C'est dur.

Vous avez des enfants.

Vous imaginez ?

Frank, il est temps de dire ce qui s'est passé.

Vous êtes sympathiques.

C'est gentil d'être passés.

Mais je peux rien pour vous.

C'est tout ?

C'est tout.

Sainte Marie, mère de Dieu...

Priez pour nous,

pauvres pécheurs...

maintenant, et à l'heure de notre mort.

Amen.

C'était pas si mal. Ça faisait un moment...

Pas mal du tout.

Et l'intention était là. L'intention.

Je sais qu'elle était là.

Elle était là, mon père.

Vous ne ressentez rien

pour ce que vous avez fait ?

Pas vraiment, non.

C'est peut-être...

parce que je suis là, avec vous.

C'est déjà...

vous savez, une tentative de...

Mais vous ne ressentez vraiment rien ?

L'eau a coulé.

Aucun remords...

pour les familles ?

Je les connaissais pas.

Je les connaissais pas, sauf une.

Je crois qu'on peut avoir des regrets.

On peut, même si on ne pense pas en avoir.

Il suffit de décider de dire sciemment : "Seigneur...

"je suis navré, Seigneur.

"Pardonne-moi."

C'est une question de volonté.

Quel genre d'homme...

passe un coup de fil de ce genre ?

Comment ça ? Quel coup de fil ?

Je peux pas vous le dire.

Je peux pas...

Si on priait encore ?

Avec nos propres mots, cette fois ?

Seigneur, nous voilà...

avec nos péchés et notre peine.

Nos péchés et notre peine.

Nous savons que Tu es bon et miséricordieux...

Nous Te demandons...

de nous aider à nous voir...

tels que Tu nous vois.

C'est ma fille, Peggy.

Ah oui ?

Je ne l'ai pas rencontrée.

Elle ne vient pas souvent.

C'est votre seul enfant ?

Non, j'ai quatre filles.

Par là.

Merveilleux.

Un homme occupé.

Qui est avec elle ?

Vous ne connaissez pas ?

Oui, tu parles.

Vous savez pas qui c'est.

Non, j'admets.

On ne sait pas à quelle vitesse

le temps passe avant d'en arriver là.

Mais ne vous en faites pas.

Vous avez la vie devant vous.

Toute la vie. Ça passe vite.

Je prends votre tension.

Ne parlez pas.

Parfait, aujourd'hui.

Je suis toujours en vie ?

Absolument.

C'est bon à savoir.

En pleine forme.

Et libre...

jusqu'à ce soir. On recommencera.

Je bouge pas.

Et je vous absous de vos péchés au nom du Père...

du Fils et du Saint-Esprit, amen.

Louez le Seigneur, car Il est bon.

Sa miséricorde est éternelle.

Bien. Je reviendrai vous voir.

Bientôt, sûrement après les fêtes de Noël.

- Dieu vous bénisse. - Vous aussi. Merci.

C'est Noël ?

Presque.

Je n'irai nulle part.

Mon père ?

Rendez-moi service.

Ne fermez pas complètement la porte.

Laissez-la entrouverte.

Sous-titres : Philippe Videcoq-Gagé

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