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Original subtitles

Le charbon et le gaz vont à l'encontre des actions pour le climat.

Retour sur l'affaire Matthias Le Goff :

c'est dans les locaux de la Fédération française de natation

que se tiendra le conseil de discipline du vice-champion du monde

du 50 m nage libre.

Le mois dernier, il avait tenu des propos homophobes

qui avaient suscité un vif émoi.

Des associations LGBT ont porté plainte pour atteinte à la dignité.

22.50'. Continue, ça va le faire.

Le gamin fait combien ?

21.95'.

Je ne savais pas qu'il était homosexuel.

M. Langlois n'a jamais affirmé publiquement ses préférences.

Il aurait pu le traiter d'imbécile.

Indépendamment de sa sexualité,

ces propos discriminatoires à l'encontre d'une minorité,

ne sont pas compatibles avec notre charte éthique.

Dans une société toujours plus clivée,

le sport doit être le vecteur du respect

et de l'acceptation des différences.

La participation de M. Le Goff aux championnats du monde

est conditionnée à une mission d'intérêt général

au sein d'une association sportive homosexuelle.

Il devra les entraîner pendant 3 mois puis les conduire en Croatie

aux Gay Games.

Berlin, ça reste mon tournoi préféré.

- On était derniers. - On a tellement baisé.

Y a pas que le sexe.

Pour toi, c'est sûr.

Bonjour.

- Bonjour. - Salut.

C'est ici, l'association homosexuelle pour l'intégration, la tolérance et...

le respect dans le waterpolo ?

On ressemble

à des pedes ?

Euh...

Je sais pas. Non.

Eh ben, si !

T'arrives de province et tu veux rencontrer des hommes ?

Non, c'est pas du tout ça.

Tu fais quoi, alors ?

Il est venu casser du pédé. Vous le reconnaissez pas ?

Matthias Le Goff, champion d'homophobie.

Mais pas de natation.

- Vous avez rencontré le nouveau coach. - C'est une blague ?

- Non, la Federation nous l'envoie. - Ah, d'accord !

On est la caution homosexuelle d'une manipulation médiatique.

- Non, Matthias est très touché... - Par la cause homo !

Déjà ! Mais surtout...

Par mes soucis de santé qui ont mis en pause l'équipe.

- Ah... - Alors, Jean...

Compte pas sur moi pour m'entraîner avec…

ce M. Propre à la bouche sale.

Ça me soule. Je vous laisse entre vous.

Entre sodomites, c'est ça ?

Joël, Matthias a fait du waterpolo en équipe de France junior,

et en plus, il est gratos.

Merci.

Au nom des statuts de l'association, j'exige un vote.

Qui est pour garder ce sinistre individu

qui stigmatise la différence ?

Qui ?

J'ai dit "garder".

J'avais mal compris.

Vous êtes irresponsables.

- On est juste pour le pardon. - Absolument.

- Vous savez pas ce qu'il a dit ! - Avec ce cul,

on peut pas être foncièrement mauvais.

Toi, je te rappelle

que si t'as un mari et 2 bébés, c'est grâce aux gens comme moi

qui se battent contre des gens comme lui.

- Merci. - Bon, Joël, le vote a parlé.

Vous êtes chanceux que je respecte la démocratie.

Pour le retour des Crevettes...

Joël.

- Joël ! - Allez !

Papy !

On va vous décortiquer, on est Les Crevettes Pailletées !

Pas si près !

Boulet de canon !

Mais arrêtez, pas si près !

Pas tous en même temps !

Oh, vise le but, pas mon cul.

Oh, très chic !

Allez, stop. C'est n'importe quoi.

200 m en rétropédalage, ça va vous calmer.

C'est toi la rétropédale.

Je te jure, c'est des mongols, en fait.

Ne les compare pas avec des handicapés.

Je m'en fous qu'ils soient homos,

c'est juste que c'est des mongols !

On dit "mongoliens". Non, on dit "trisomiques".

- Et arrête, on va avoir des emmerdes. - Elsa, écoute-moi.

J'ai Strasbourg et Paris pour les minimes, j'ai pas le temps pour ce cirque.

Plante-les, la Fédé te dégage. Et c'est la retraite.

- Trouve-moi autre chose. - Non.

T'exagères. Des amis gays, j'en ai plein,

- ils sont brillants et raffinés. - Ouais, c'est ça.

Les contre-performances s'enchaînent depuis les Mondiaux,

il y a 6 ans,

avez-vous le sentiment d'être dépassé par vos concurrents ?

Pas du tout. Et j'ai fait une grosse préparation,

je suis assez confiant.

À 33 ans, n'est-il pas temps de prendre votre retraite ?

T'y penses à la retraite ?

- Je vous sens énervé. - Non, je réponds à tes questions.

On s'en pose sur vos résultats.

Lâche-moi le cul, pédé. Toi, arrête ta caméra.

"Pédé" ?

Alors, ça calme, hein ?

- C'est odieux. - Odieux.

- Il me dégoûte. - Ça se fait pas.

Merci.

La châtelaine l'a poussé à bout.

- Pardon ? - J'aurais fait pire que Matthias.

C'est pas vrai ? Vous me faites marcher ?

Joël, t'as pas changé !

- On est déshydratés. - Dans le frigo, juste là.

Ça va ?

Ça va super et toi ?

Super, ouais.

Il y a 1 an et demi, quand on s'est quittés...

quand tu m'as quitté à cause de ta maladie,

je pensais que tu donnerais des nouvelles.

- Tu veux quoi ? - Je sais pas.

- T'aurais pu m'envoyer un message. - J'y arrivais pas.

J'avais perdu 20 kg. Même si ça me faisait une grosse bite...

Arrête, je suis sérieux.

Ah non, mais moi aussi.

OK, alors maintenant que t'es guéri,

je me disais que peut-être...

- Excusez-moi, monsieur ? - Oui.

Pardon.

Y a quelqu'un pour vous. Une histoire de langoustines...

J'ai pas compris.

C'est un livreur ?

Non, c'est pas vraiment le look.

C'était pas une histoire de crevettes ?

Ah, si. Voilà.

Je vous embrasse pas, les loulous. J'ai chopé la crève.

Alors on remonte l'équipe ?

Vous avez jamais vu des Gaultier ?

- Fredo ? - Ah non, maintenant, c'est Fred.

J'ai coupé le "0" et le bas.

- T'es magnifique. - Fred, c'est...

c'est vraiment toi ?

Oui, c'est pas Isabelle Huppert !

J'ai réfléchi et c'est bon pour les Gay Games.

À une condition, je fais la choré pour la clôture.

Aucun problème.

- On s'en fout de la choré... - Écoutez, les chéris.

On est nuls en waterpolo.

Si je gère une chorégraphie incroyable,

je vous garantie un moment de légende du sport LGBT.

Bon, jet-lag.

Jean,

t'étais au courant ?

- C'était pas à moi de vous le dire. - C'est un sacré changement.

Un trans, c'est compliqué.

- Ben non. - Ben si, c'est compliqué.

Pour les maillots.

On s'en fout, c'est pas ça qui est compliqué.

On peut changer la commande.

En fait, tu comprends rien.

- Si. - C'est quoi, qui est compliqué ?

Les vestiaires pas mixtes ?

Les douches ? Les assurances ?

Mais non, cornichon.

On a toujours été une équipe avec des hommes gays !

Et alors ? Les Gay Games, c'est LGBT.

Je confirme.

Fredo a toujours été le meilleur nageur.

Mais on va pas commencer à prendre des trans !

Pourquoi pas des lesbiennes ? C'est pas l'arche de Noé !

- Il est sérieux ? - La vieille conne.

Elles sont passées où tes convictions, M. le grand militant ?

Elles sont là !

Elles servent à faire chier.

On s'est pas battus pendant 50 ans pour s'affirmer

pour que des divas de la chirurgie esthétique

foutent tout en l'air et qu'on comprenne plus rien !

Bonjour le progressisme.

C'est pour ça que t'as la même chemise depuis 1972.

Moi, je suis pas dépendant du regard des autres.

C'est bien dommage.

- On vote. - Bonne idée.

Qui est pour garder Fred ?

Fin du débat. Fred fait partie de l'équipe.

Faut trouver des remplaçants.

Excusez-moi, c'est Bertrand. Faut que je file.

Excusez-moi, monsieur.

- On a dit quoi avec les "monsieur" ? - Pardon.

Et ?

D'arrêter de m'excuser pour tout.

- Voilà. - Pardon, monsie... Oh !

Tu veux quoi, Vincent ?

J'aimerais bien venir aux Gay Games.

Enfin, si ça dérange pas.

T'es gay, toi ?

Oui... Enfin, j'aimerais bien.

Ventre et Metella, qualifiés pour les Mondiaux.

Le Goff, toujours pas dans les temps.

Putain.

Ça va, Matthias ? Désolé pour ta course.

Je vais chercher Victoire.

Ouais, merci.

Tu fais chier.

Désolé, les Mondiaux, c'est dans 6 mois.

C'est comme ça depuis que je te connais.

Tiens, pour la danse, ce soir.

Victoire !

Tu peux la garder ? J'ai les pédés...

Tu déconnes, là ?

T'as ruiné ma vie, tu veux pareil pour ta fille ?

La Fédé me laisse pas le choix.

Comme ça, tu continues ta vie d'égoïste.

Laisse tomber. Je vais m'arranger.

Bientôt, t'auras plus besoin de t'arranger.

Ça veut dire quoi ?

Même ta propre fille voudra plus te voir.

Victoire, tu bouges, s'il te plaît !

Ça va, l'école ?

Je suis au collège.

Je sais. C'est une expression.

Je peux pas t'emmener à la danse. Ne le dis pas à ta mère.

On va encore à la piscine ?

Oui, enfin, c'est une autre piscine.

Différente.

On tourne. Tourne.

Les bras.

J'imaginais pas le waterpolo comme ça.

Arrêtez !

Y a aucune fierté ni émotion.

D'abord, on lève les mains.

Après, cercles de jambe. Et là : poussière d'étoiles.

Mais c'est dans 2 mois !

Beyoncé répète ses shows la veille ?

- Elle me les brise, Kim Jong-un. - Qui ça ?

La dictatrice de la Corée.

3, 4 !

Et 5, 6, 7...

Hé oh !

C'est quoi, le délire ?

Mais enfin, Matthias, c'est la choré. Fred. Enchantée.

- J'adore ton vernis. - Merci.

Quelle choré ?

Pour les Gay Games. Mais ils vont progresser.

C'est quoi ?

Comme les JO avec que des beaux mecs.

Ah cool. Je peux venir ?

Va faire tes devoirs.

- Je te montre les pas. - Moi aussi.

Non, c'est moi qui montre.

Attendez.

Je suis condamné à vous supporter, ça, OK,

mais je fais pas le gogo danseur.

C'est obligatoire.

- On est pas encore qualifiés. - Comment ça ?

J'attendais Matthias. Les Déménageuses remontent leur équipe.

- Pardon ? - Oh, putain, les salopes !

C'est pour nous faire chier.

C'est quoi, Les Déménageuses ?

- Des lesbiennes hyper fortes. - On a une qualif.

Dans 3 semaines !

- Ça va. - Attendez...

Si vous perdez, on va pas en Croatie ?

- C'est ça. - Adieu la choré.

C'est possible de perdre contre des gonzesses ?

Ce sont pas des petites nanas manucurées qui boivent des spritz.

On parle des Déménageuses.

Des animaux.

Joël, t'exagères.

Dans lesbiennes, y a hyènes.

On a le droit de dire des trucs comme ça ?

Euh...

Nous, oui. Toi, non.

Privilège des minorités.

Allez, stop !

- Fin d'entraînement. C'était super. - Ah ouais ?

- Vous étiez parfaits. - Cool.

Très cool. Bravo.

Hé, Matthias.

On fait pas un mini-match, pour finir ?

Fais-moi confiance, vaut mieux y aller cool à l'entraînement.

OK ? C'était super. À la semaine prochaine.

Ma puce, tu viens ?

Oui, oui.

Je trouve ça super, cette équipe.

Tous ces garçons sportifs ensemble.

C'est une idée de Jean.

Il a déposé une annonce et on s'est rencontrés.

Oh, d'accord.

Et le nom ?

Dans la crevette, le meilleur, c'est la queue.

Avec des paillettes, c'est mieux.

D'accord.

Et Alex a un petit ami ?

Y a une règle dans l'équipe :

"pas de levrette entre Crevettes".

- Ça évit les peines de cœur. - D'accord.

Arrête, toi !

M. Rodriguez, il faut que je me rince !

M. Rodriguez ?

3, 4.

On va vous décortiquer, on est Les Crevettes Pailletées !

Allez, les filles ! Go !

Déménageuses, on va vous déménager !

Ça fait un peu peur.

- Elles trouvent pas de rimes. - À part brouteuse ou muqueuse...

Moissonneuse-batteuse.

Bon match, mademoiselle.

Un homophobe qui coach des homos, on aura tout vu.

Allez, les filles, défoncez-moi cette bande de follasses.

Allez !

On perd pas contre les tapettes écaillées.

Allez, les gars.

Allez, les Crevettes !

Vas-y !

C'est ça !

Voilà, c'est ça qu'on veut !

On continue les filles !

Fait chier ! Collez-vous aux joueuses, bordel !

Elles sont même pas épilées.

C'est pas grave, les mecs !

On continue !

On se replace. Allez.

On est concentrés, les gars.

Alex !

- En retrait ! - Derrière !

Ouais !

Attention !

Allez, allez, allez.

Bravo !

Mais non, les filles !

Cédric !

Quoi ? On change ?

- T'es sûr ? - Certain, oui.

Allez, Joël !

Joël !

Mais non !

On repart !

Y a faute ! Y a faute !

Y a faute, papa ! Y a faute, regarde !

J'ai pas vu.

C'est bien, les filles !

Allez, récupérez. Ça va le faire.

Ça va le faire.

Baltringue.

Fait chier.

Ça va ?

J'ai mal au bide.

Tu fous quoi avec ça ?

J'ai mal au bide.

Me prends pas pour un con.

C'est de l'antidouleur hospitalier.

T'es médecin ?

Y a jamais eu de rémission, c'est ça ?

Soit je repartais en chimio,

soit je profitais du temps qu'il me reste.

J'ai choisi.

- Les autres sont au courant ? - Non.

Ils m'auraient remis à l'hôpital, pas dans une piscine.

Je suis désolé.

C'est de la merde pour le cœur. J'arrête le match.

Quoi ? Non !

- T'es sous ma responsabilité. - Regarde ! C'est bon. Poubelle.

Aide-nous à gagner, j'appelle la Fédé.

Je t'épargne la Croatie.

Ça va servir à quoi ? Vous êtes presque éliminés.

On le sera définitivement, sans ton aide.

Si quelqu'un comprend mon envie de finir sur une victoire,

je crois que c'est toi.

J'ai un truc à vous dire.

Vous allez les défoncer.

OK?

Il est où votre orgueil ?

Ça fait 1 h que leur entraîneuse vous traite d'amateurs,

- de nullos, de branquignols... - De baltringues.

- Elles ont pas tort. - Elles ont dit que vous étiez des...

des pédales.

Des tarlouzes,

des tapettes.

Le manque de respect !

Elles ont dit que vous étiez des mongoliens.

Je t'épargne les trucs racistes.

- Quoi ? - Ouais.

Les gars, si vous voulez partir en Croatie,

vous arrêtez de geindre comme des gonzesses,

et vous leur montrez qui sont les patrons.

- OK ? - OK !

Vincent, tu passes aile-gauche et Joël en gardien.

Oh là.

- C'est une passoire. - Non !

T'es pas doué dans les cages.

Oui, mais il est encore plus nul sur le terrain. Pardon.

Vincent, t'es le plus rapide. On profite pas de ta vitesse.

Ça fait 8 ans que je fais de la natation.

- Tu pouvais pas le dire avant ? - On m'a rien demandé.

Bon, bref, on s'en fout.

Cédric, t'es balèze comme garçon.

- Oui ! - Tu trouves ?

Donc tu fais quoi ?

Je sais pas.

Tu t'énerves !

Tu les neutralises.

Ouais, je vais me les faire.

Leur ailier gauche est cramé et leur goal est à chier.

- Il est à chier ! - On fait quoi ?

- On y va ? À l'attaque ? - À l'attaque !

Non, ça, c'est de la merde.

À l'attaque !

- À l'attaque ! - À l'attaque !

Allez, faites votre machin, votre cri.

On va les décortiquer, on est Les Crevettes Pailletées !

Voilà !

Vincent !

Alex !

Attention ! Attention !

Non, putain !

Bien, les gars ! Bravo !

Donnez-moi un C, donnez-moi un R,

donnez-moi un E, donnez...

C'est ça. Oui, allez ! Garde la balle.

Non !

- Là ! - Allez, les gars !

- Cédric ! - Fais gaffe !

On les lâche pas !

Vas-y, Vincent.

Ouais !

C'est bien ! Garde la balle !

Allez !

Allez, tiens.

Ouais, encore !

Bien ! Bien !

C'est qui, la patronne ?

Plus que 30 sec !

Merci.

- J'ai rempli ma part. - Je tiendrai parole.

J'attends le jour du départ pour annoncer que tu viens pas.

Qu'ils soient motivés à l'entraînement.

OK, ça marche.

Ça va, mon cœur ?

- Merci, merci. - Pardon.

Tu te fous de moi ?

Demain, j'achète de la colle et je répare.

Je me suis occupé d'eux

alors que j'ai du travail.

Et tu faisais mu-muse avec ta ba-balle.

C'était le match de qualification pour les Gay Games.

- Ça finit à 7 h du mat' ? - Non.

Mais on a gagné donc on a fait la fête.

Youhou !

- C'est normal. - C'est normal ?

Je te prépare un joli dîner,

je t'attends des heures,

et je bouffe tout seul comme une merde.

Ah bon ?

T'as pas eu mon texto ?

À minuit, connard !

C'est un peu fort.

Enculé ?

- Si seulement... - Quoi ?

Pardon ?

Pardon, mais on fait plus trop l'amour, en ce moment.

T'es jamais là !

Maintenant, c'est soit les Crevettes, soit ta famille.

Mais pas les deux !

Non...

J'arrive, mes petits chéris.

Putain.

On va recréer des phases de match.

On va faire des 4 contre 4.

Il est où, le rouquin ?

Depuis que t'as arrêté, il nous arrive que du bon.

C'est vrai. Mais ça me fait finir plus tard.

C'est important, ta promotion.

- Merci, mon cœur. - Une cuillère pour papa.

Mon chouchou !

Une cuillère pour papa !

- J'y retourne. Bisous. - Un bisou à papa ?

Bisous, papa !

Bisous, les amours.

Bisous, papa.

Bisou plein de compote.

J'arrive !

J'ai ! J'ai !

Allez !

Allez, chaud !

Et 5, 6, 7, 8.

Et 1, 2, 3, 4,

5, 6, 7, 8. Et 1.

21.92'.

21.88'.

21.76'.

Bravo !

Bravo, les Crevettes.

Allez, sérieux. Putain, arrêtez.

C'est pour moi ?

C'est mignon, mais c'est...

Une boîte. C'est super. Je suis content.

Ouvre !

Ouvre.

- Y a un truc dedans ? - Oui, aussi.

On l'a fait avec Fred.

Pour vous porter bonheur, en Croatie.

Ça te plaît ?

Oui. Merci, ma chérie. C'est très mignon.

Attends.

Ça va ?

Salut, Henri. Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je te dérange ? - Euh...

Non, t'inquiète. Dis-moi.

Je viens m'assurer que tu pars bien, la semaine prochaine.

- Jean t'a pas appelé ? - Il a fait mieux que ça.

Il m'a fait un courrier pour dire que tu étais parfait.

Ils sont qualifiés.

Il voulait t'aider en te dispensant des Gay Games.

OK.

Mais Jean, c'est pas lui qui décide.

Y a sanction. Tu dois les accompagner.

Si je pars, je rate Paris.

- Je fais comment pour me qualifier ? - T'inquiète pas.

Je rajoute une course au meeting de Marseille,

dans 3 semaines.

Ça me fait 1 semaine d'entraînement en moins, c'est injuste.

Je peux pas faire autrement.

Allez.

Fait chier, putain.

Tu voulais aussi les abandonner ?

Non, attends, Victoire.

J'aime plus trop mon prénom.

J'y vais.

Sans ton costume bleu roi ?

Ce séminaire en Allemagne est hyper important.

- J'ai plus de place. - Attends...

Il faut rouler

ses vêtements comme au japonais.

On va rien rouler, je suis en retard.

Dans 5 jours, c'est les 1 an de Gaspard et Noé.

- T'as pas oublié ? - Non, j'ai pas oublié.

- Tu seras là ? - Oui, bien sûr.

Bon...

- Je suis à la bourre, j'appelle mon taxi. - Je t'accompagne !

J'ai prévenu mon assistante.

Vous êtes sûrs que le rendez-vous est ici ?

Je suis pas sûr qu'il fallait filer cette histoire de van à Damien.

Il est plus malin que tu ne le penses.

Tant qu'on est pas dans un vieux combi sans clim.

T'adores le moite.

J'avais proposé de payer les billets.

"Chaque activité doit être financièrement accessible à tous".

On parle de traverser la moitié de l'Europe.

Et alors ? Chez Act Up, on manifestait en limousine ?

Quel rapport ?

Youhou !

T'es en retard.

Belle et en retard plutôt que goujat et à l'heure.

Tiens. J'ai fait des fajitas.

- Ça te fait plaisir ? - Super plaisir.

On va pouvoir prendre un café à l'aéroport.

Oh !

- Quoi ? - On a un pneu crevé.

(paniqué) Quoi ? Mais devant, aussi ?

C'est quoi, ce bordel ?

C'est bizarre...

C'est pas le genre du quartier.

C'est pas du tout bizarre.

Viens voir.

Quoi ?

Pourquoi ?

On peut pas s'aimer comme tout le monde ?

Vous êtes mal organisés.

Les retards n'ont pas changé en 4 ans. Où est Cédric ?

Détends-toi, Joël. Il arrive.

Il manque Matthias, aussi.

- Alors, Matthias... - Oh mon Dieu.

- Qu'est-ce que c'est que ce truc ? - C'est une blague ?

C'est Damien !

Alors ? Canon, hein ?

Mon pote a arrangé le coup.

C'est quoi, cette connerie ?

Un bus panoramique.

Jean !

- Tant que ça roule. - 60 km/h...

On pourra pas prendre l'autoroute.

Vous vouliez faire des économies...

Super ton bus. On prendra les petites routes.

On arrête les conneries. On prend l'avion ?

Non !

J'ai réservé dans la campagne bavaroise.

Voilà, c'est réglé.

À la guerre comme à la guerre.

Alex.

- Allez ! - C'est tellement pas confortable !

Merci, Joël. Merci.

Merci, Damien.

Je trouve ça super.

Désolé, j'ai dû improviser. Super, le bus !

- T'es en retard. - J'ai une famille.

Et Matthias ?

Viens t'assoir.

Matthias ne viendra pas avec nous.

QUOI ?

Il nous a un peu aidés, on s'est qualifiés grâce à lui.

Il a sa vie à gérer et nous, la nôtre.

Je sais qu'il va manquer à certains d'entre vous,

mais on est prêts, maintenant. Et puis...

c'était pas vraiment une Crevette.

Je te remercie.

C'est quoi, ce bus à la con ?

Une idée de Joël.

- N'importe quoi, c'est Damien. - Qu'est-ce que tu fous là ?

- Vous me manquiez. - Je t'ai gardé une place, mon chou.

J'ai chaud, je vais avec Matthias.

Ben voyons.

Il va être gai, ce voyage.

Ça va être les vacances les plus folles de ma vie.

Avant, je devais me cacher et maintenant, je peux vivre au grand jour.

C'est ouf, tu te rends compte ?

On est libres. On fait ce qu'on veut. On a pas honte.

Je sais, Joël me l'a dit, il a dû te le dire aussi :

"pas de levrette entre Crevettes".

Mais à mon avis, avec tout ce qui nous attend,

il va se passer des trucs.

Une bande de mecs traversant la moitié de l'Europe en bus,

sans aucun tabou, dans la chaleur de l'été,

pour se rendre au plus grand rassemblement gay du monde ?

Il va se passer des trucs.

BRANCHE !

Je suis pas là, cette semaine.

Vois ça avec Roland, mon assistant.

Ouais, Victoire.

Voilà, c'est papa.

Je suis sur la route de la Croatie. Je voulais te parler.

- Essaye... - Excusez-moi !

Monsieur !

- Je t'embrasse. - Monsieur.

C'est vous ?

- Non, c'est pas... - Si, c'est toi.

Pascal, Kévin, c'est le mec de la natation qui est devenu homo.

- Je suis pas... - T'as fait ton coming-out ?

Pourquoi t'en rajoutes ?

Ça vous dérange pas si on fait une photo ?

- Non, bien sûr que non. - Arrête.

- On est pressés, on a pas le temps. - T'inquiète.

Dès que y a pas une femme, il est souillon.

C'est terrible !

À 3, tout le monde dit "saucisse".

1,2, 3.

Saucisse !

Putain, c'est pas vrai !

Je me suis fait tatouer l'anus.

Pardon ?

Pourquoi ?

Pour créer l'événement.

Tu claques une fortune pour ça et t'as pas payé ta cotise ?

Fais voir !

Non, tu montres rien du tout.

T'inquiète, ça me dérange pas.

Vu ce que ça m'a coûté, profitez-en.

Merde, mais sérieux ! Vous respectez rien.

Je vois pas !

Je vois pas !

C'est quoi ? Une montgolfière ?

- J'écarte un peu plus. - On dirait un visage.

C'est Matthias !

Non, y a des cheveux.

Johnny Hallyday.

Ça va pas ?

C'était le monument

- de la chanson française. - C'est pas ça.

Donne-nous un indice.

Je suis un acteur américain,

une icône gay à mort…

- Ryan Gosling ! - Voilà.

C'est qui ?

- Le jeu est terminé ? - Matthias !

Waouh. C'est trop beau.

Donjon du 12e siècle.

Contrefort de la Renaissance.

Une perle architecturale.

- Y a personne sur Grinder. - Sérieux ?

Le mec le plus proche est à 30 km.

Il est moche.

Je vais me jeter dans les douves.

N'oubliez pas, les chéris. Répète dans 1 h.

- Salut, Henri. - J'ai une mauvaise nouvelle.

Le meeting de Marseille n'est pas éligible.

Quoi ?

Paris, c'est demain. Les inscriptions sont closes !

- Je fais quoi ? - Je n'ai pas eu le choix.

Ça vient du ministère des Sports.

Ils sont au courant des conséquences pour moi ?

C'est pour ça qu'ils l'ont fait.

Ils veulent plus de toi.

Je suis désolé.

Attends.

Chaque Fédé a une place exemptée. Tu peux me la donner ?

Après ce que tu as dit, l'opinion ne comprendrait pas.

Il faut que je te laisse.

Salut, Matthias.

1, 2, 3.

Joël, Alex, Damien. 4, 5, 6.

Jean, Xavier, Vincent.

7, 8, 9. Tourniquet.

Tourniquet !

Rien de très marrant, mon cœur.

Des brainstorm, des feedback, des process...

Beaucoup de process.

Des projections sur l'année prochaine.

Tout ça depuis ce matin ?

C'est les Allemands, c'est très efficace.

C'est la directrice des ventes internationales.

Elle m'attend pour un benchmark.

Ah bah oui, bien sûr.

- Je t'aime. - Moi aussi.

La fameuse choucroute !

On joue pas avec la nourriture.

Tu bois pour nous supporter ?

Je t'en pose des questions ?

S'il vous plaît !

En tant que vice-président, je voulais vous remercier d'être là,

et vous annoncer le moment que nous attendons tous.

Le bizutage.

OH !

Matthias va nous montrer sa bite.

Ça va, on rigole. Tu la montreras plus tard.

Non.

Je demande un triomphe pour notre recrue, Vincent,

accompagné de notre président adoré, Jean.

Playback de Sous le vent (Garou & Céline Dion)

Et si tu crois que j'ai eu peur

C'est faux

Je donne des vacances à mon cœur Un peu de repos

Et si tu crois que j'ai eu tort

Attends

Respire un peu le souffle d'or Qui me pousse en avant

Et...

Fais comme si j'avais pris la mer

J'ai sorti la grande voile

Et j'ai glissé sous le vent

Fais comme si je quittais la terre

J'ai trouvé mon étoile

Je l'ai suivie un instant

(Sous le vent)

Et si tu crois que c'est fini

Jamais

C'est juste une pause, un répit Après les dangers

Et si tu crois que je t'oublie Écoute

Ouvre ton corps aux vents de la nuit Ferme les yeux

Et...

Fais comme si j'avais pris la mer

J'ai sorti la grande voile

Et j'ai glissé sous le vent

Fais comme si je quittais la terre

J'ai trouvé mon étoile

Je l'ai suivie un instant

(Sous le vent)

Et si tu crois que c'est fini

Jamais

C'est juste une pause, un répit

Après les dangers

Fais comme si j'avais pris la mer

J'ai trouve mon étoile

Je l'ai suivie un instant

Sous le vent

Ça va ?

Super, ouais.

Ma carrière est finie, ma fille me parle plus et je suis là,

avec des ados déguisés en Lara Fabian.

Céline Dion.

On est pas les seuls à avoir des problèmes.

C'est quoi, leurs problèmes, à eux ?

Choisir la couleur de leurs robes ?

Tu vois Vincent ?

Quand les gens de son village ont su, il a dû fuir à Paris.

Je t'évite les détails.

Cédric.

Il a fondé une famille, mais il trouve pas sa place.

Damien a été abandonné à la naissance. Depuis 8 ans, c'est nous, sa famille.

Fred se débrouille pas mal.

Mais elle est née femme dans un corps d'homme.

Et tout le monde la regarde comme une bête curieuse.

Et Joël, on le regarde de moins en moins.

Plus il vieillit, plus il est aigri.

Alex s'est fait briser le cœur.

Il comprend pas qu'il doit avancer.

Et Xavier ?

À part une chaude-pisse de temps en temps...

Les problèmes, on les surmonte.

Mais chacun à sa façon. OK ?

Je vois pas comment je pourrais surmonter de pas faire les Mondiaux.

Juste parce que ma Fédé me prend pour un "sale homophobe" ?

T'es pas du tout homophobe, Matthias.

T'es juste un peu con.

- Je te remercie. T'es gentil. - Je t'en prie.

Si on fait un bon tournoi, la presse parlera de toi.

Ça les fera peut-être changer d'avis.

Tout le monde debout ! Entraînement-surprise.

Damien ! Debout !

Entraînement-surprise.

- Alex, debout ! - Un cappuccino, s'il te plaît.

Allez, un cappuccino, un !

- Voilà ! - Mais ça va pas ?

En bas dans 5 min.

Dépêchez-vous. Xavier, allez !

Et mettez des slips.

Tout le monde debout.

Céline, réveille-toi.

En bas dans 5 min. Entraînement-surprise.

On a une petite chance de gagner.

C'est ça, je vais te buter, connard.

Allez, vamos.

Allez, les gars, deb...

Chut, il dort.

Viens.

Allez !

Prêts dans 5 min, OK ?

Bon alors, les gars.

C'est quoi, la base

du waterpolo ?

Une piscine ?

Ça va pas ou quoi ?

C'est quoi, son problème ?

C'est sa méthode.

Vincent.

Quand on est à l'attaque,

et que le demi fait une traversée, on fait quoi ?

On...

On colle son défenseur ?

- Non ! - Aïe, pardon !

On se décale tous pour déstabiliser le bloc.

Bon, alors...

Comment on fait un bon pressing ?

Fred ?

Comment on fait un bon pressing ?

Le nettoyage à sec ?

Aïe !

Si vous voulez réussir dans le waterpolo,

vous devez avoir l'endurance

d'un marathonien,

la puissance d'un rugbyman,

la précision d'un golfeur

et la concentration, le plus compliqué pour vous,

d'un joueur d'échecs.

On est pas dans la merde.

On recommence.

BAIGNADE INTERDITE

Arrêtez, sérieux.

Arrête ! Arrête !

Essayez de vous faire des passes de loin !

On arrive dans votre cul !

C'est incroyable !

En quoi c'est compliqué de pagayer, bordel ?

C'est bien. C'est la gonzesse qui pagaye le mieux.

Allez !

Ça prend forme. On repasse !

- Cédric ! - J'ai ! Non !

C'est complètement con, ton truc !

C'est pour la coordination !

Tiens !

Voilà ! Ça, ça me plaît.

Prenez de l'air entre vous. On fait plus de passes !

Voilà !

Non, mais c'est pas… l'exercice, y a une...

On fait pas du foot, sérieusement ! Arrêtez !

Mattias...

Remets ton slip !

Pourquoi tu l'enlèves ?

- Putain ! - Je sais pas pourquoi je fais ça !

Arrête, ne le fais pas, toi !

On s'entraîne, pourquoi

vous mettez vos bites à l'air ?

Joël, n'enlève pas ton slip !

Pourquoi vous montrez vos bites ?

Bien fait !

Oh, putain...

Boys, Boys, Boys (Sabrina)

Sunshine down

So come to town

Set your body free

Hold me tight

My love tonight

Tell me you believe

Everybody

Summertime love

You'll remember me

On continue avec la diagonale. Je la veux sévère.

On est bonnes. 5, 6, 7, 8.

Et 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7.

Mesdemoiselles, on se concentre.

Je veux une diagonale sublime comme l'épilation de ma chatte.

5, 6, 7, 8.

Et 1, 2, tourniquet. 3, 4...

Pause ! 5, 6, on se regroupe.

Le lasse, et hop !

Bon, Joël, t'es handicapé ?

Je comprends pas, ça m'intéresse pas.

Une vieille en moins.

Pardon.

On repart dans 10 min.

Ravitaillement.

Et la diago ?

I'm holding out for a hero 'til the end of the night

He's gotta be strong and he's gotta be fast

And he's gotta be fresh from the fight

I need a hero

I'm holding out for a hero 'til the morning light

Super mature.

Allez.

Arrête !

Désolé, Fred. Y avait plus de sushis.

Comme par hasard.

On aurait dit Montargis, un lundi soir.

Raison de plus pour filer. On a 1 h de route.

Il y a une piscine là-bas. Entraînement à 6h30, demain.

Eh ben, vamos.

Où sont Vincent et Cédric ?

Alors ?

Quand y a un balèze en face, c'est moins la fête.

Non !

Aïe !

T'es sûre de ce que tu fais ?

J'ai appris tôt à masquer un coquard.

Merci, Fred.

Merci, hein, Xavier !

Tu te fais péter la gueule et c'est ma faute ?

Vous les avez provoqués.

- Ils nous ont insultés. - Connerie pour connerie.

T'es chiant comme lui.

Fais pareil.

Va dans un pavillon, ça nous fera de l'air.

- Je t'emmerde. - Pardon ?

Excuse-moi.

- Elle veut dire quoi, la follasse ? - Rien.

T'es très hétéronormé.

Moi, je suis hétéronormé ?

Moi ?

Ouais.

Tu comprends pas ce que ça veut dire ?

Allez, les gars. Arrêtez, sérieux.

Vous êtes potes ? On est une équipe.

Si vous vous battez, ils gagnent.

Merci pour ta philosophie de vestiaire.

- Je t'emmerde. - II a raison.

Arrête de faire chier.

Ta gueule, Miss France. T'as pas ta place, ici.

- Voilà, on y vient. - Joël, arrête !

Et tu t'es fait virer de tes associations ?

T'y connais quoi, au militantisme ? T'es un parvenu.

Chez Act Up, tu faisais les sandwichs.

T'es jamais allé à une manif.

Je suis agoraphobe ! Jean, dis quelque chose, tu le sais.

Vous me cassez les couilles.

Voilà.

Si vous vous supportez plus, on est pas obligés d'y aller.

Qui veut rentrer ?

J'ai pas planté ma famille

pour me faire insulter.

Pauvre petit. C'est moi qui pars, c'est ma faute.

Si on y va pas tous ensemble, ça sert à rien.

J'y vais pas non plus.

Si j'avais renoncé à chaque claque...

Pareil.

Pour une fois, je suis d'accord.

C'est notre devoir d'y aller.

Quelqu'un veut changer son vote ?

OK, tant pis.

On dort dans le bus et on rentre demain matin à Paris.

Oh ! Tu conduis pas ?

Oh !

Ah bah non.

Il se passe quoi ?

- On se fait enlever ! - C'est les mecs d'hier ?

On va finir dans une cave.

Arrête de fantasmer, chaton.

Bonjour et bienvenue sur Crevettes Airlines.

Mon nom est Joël et je suis chef de cabine.

La température extérieure est de 24 degrés.

C'est Joël !

Nous atteindrons la Croatie, dans 10 h.

- Bon voyage ! - Joël !

Arrête ce bus. Mon pote va me tuer !

- T'as même pas le permis D ! - On apprend quoi, à l'armée ?

J'ai dit à Bertrand que je rentrais !

Laisse-moi pisser !

On a voté, on rentre à Paris !

Respecte la démocratie.

Je l'encule, la démocratie.

Ça marchait quand les cons ne votaient pas.

Jean, fais quelque chose, là !

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? - Du popcorn ?

Je roule tant que vous promettez pas qu'on y va.

C'est dans tes rêves, roulure !

Nous entrons dans une zone de turbulences.

On cédera pas sous la torture.

- Putain. - Aïe.

Vous savez où on est ?

À 30 bornes de Dachau.

Un camp où les nazis ont exterminé des Juifs, des Tsiganes,

des opposants politiques mais aussi des homos.

- Il a lâché la rampe. - On le sait, ça !

Ah ouais ?

Et à la libération, être homo était passible de prison.

Il a fallu attendre 1994 pour avoir une stèle, là-bas.

Les gars, les Gay Games,

c'est pas qu'une énorme fête.

On peut montrer au monde qu'on est solidaires et qu'on existe.

On fait quoi, maintenant ?

On se rafraîchit la mémoire à Dachau ou on va aux Gay Games ?

(timidement) Les Gays Games.

- J'entends rien. - Les Gay Games.

Je n'entends rien !

(avec conviction) Les Gays Games !

D'accord. On va aux Gay Games.

Alerte à la bombasse ! 2 km !

- Quoi ? - J'avoue, à croquer !

Attends, fais voir !

Ah ouais, complètement ma came.

- Il est trop beau. - Il se rapproche vite.

Je lui envoie une photo de mon tattoo.

- Tu peux le laisser aux autres. - Je l'ai vu en 1er.

Jean ! Jean ! Lâche-moi.

Lâche-moi.

Lâche-moi !

Hop là !

Tu me le rends !

- Il est plus qu'à 500 m. - Tu me rends mon téléphone !

Je vous préviens, je m'arrête pas au milieu de la pampa.

Alors, Joël, soit tu t'arrêtes, soit je t'éventre !

- C'est ça, ouais. - Je veux le voir !

- Non, on trace. - Je l'aime déjà !

- On a de la route. - J'ai envie de le sucer.

- Arrête-toi. On le laissera choisir. - S'il te plaît.

Bonjour.

Enfin, pardon. Hello.

Euh...

Tu veux des gâteaux ? J'en ai !

C'est comme ça que vous draguez ?

Ah non, pas du tout.

Mon Bertrand,

juste pour te dire que vous me manquez.

Ici, c'est boulot-boulot.

Avec nos resp... Quoi ?

Avec nos responsabilités,

on voit pas le jour.

Heureusement, la directrice des ventes inter est très drôle.

Après des débuts tendus, l'ambiance s'améliore.

Mes collègues du bureau se redécouvrent.

Le boss nous forme à des stratégies pour optimiser notre performance.

À cause de la barrière de la langue, les échanges sont un peu basiques

mais très enrichissant culturellement.

C'est dingue comme ce voyage nous apprend sur nous-mêmes.

Mais je préférerais être avec vous.

Boys, Boys, Boys (Sabrina)

Sunshine's down So come to town

Set your body free

Hold me tight

My love tonight

Tell me you believe

Everybody

Summertime love

You'll remember me

Everybody

Summertime love

Be my lover

Be my baby

Boys, boys, boys

I'm looking for a good time

Boys, boys, boys

Get ready for my love

Boys, boys, boys

I'm looking for the good time

Boys, boys, boys

I'm ready for your love

Stay around

The sun goes down

Babe, I'm feeling right

Take a chance

With love romance

Have some fun tonight

Everybody

Summertime love

You'll remember me

Everybody

Summertime love

Be my lover

Be my baby

Boys and girls in the summertime love

Summertime love on the beach tonight

Say hey, say you, say me, say what

Everybody has 901 to come

Don't stop, don't move

I'll just get your body in the room

I said hey, I said who

I said me I said you gotta get in the groove

Boys, boys, boys

In summertime love In summertime love

Boys, boys, boys

Let's summertime roll Let's summertime roll

Boys, boys, boys

In summertime love In summertime love

Boys, boys, boys

Let's summertime roll Let's summertime roll

Everybody

Summertime love

You'll remember me

Everybody

Summertime love

Be my lover, be my baby

Boys, boys, boys

I'm looking for a good time

Boys, boys, boys

I'm ready for your love

Je suis comme Beyoncé au Stade de France.

Un défilé festif et coloré.

Le drapeau tricolore côtoie celui de la communauté LGBT.

Les athlètes sont survoltés.

Maman, viens voir, y a papa à la télé.

M'en fous.

Non, mais pour une fois, c'est cool.

C'est aussi l'occasion

pour Le Goff de se racheter une image,

pour participer, peut-être, aux prochains Mondiaux.

Ah ouais, quand même.

Y aura combien de spectateurs ?

300-400, facile.

Va falloir assurer.

Ou bonjour l'humiliation.

Chut !

On va vous décortiquer, on est les crevettes pailletées !

Allez, les mecs ! Concentrés !

Donnez tout !

Allez !

Colle-le ! Colle-le !

Allez !

Cédric, revient !

Le n° 7, bordel !

Putain de merde !

C'est pas ma faute.

Pas grave, Joël !

On se réveille, les gars.

Allez, Jean !

Allez, c'est bien !

Xavier, sors !

Vas-y, mon champion. À toi !

Allez, Jean.

Non !

Joël, si t'es champion...

Rattrape !

Rattrape !

Allez, venez là, c'est pas fini !

Si on marque le prochain, on gagne !

- Qui y va ? - J'ai plus de bras ni poignets.

On se demande pourquoi.

Vincent.

- Je le sens pas trop trop. - Qui, alors ?

- Quoi ? - Bon, Damien...

C'est quoi le secret pour marquer ?

- Ah bah... - Attends !

Le secret,

c'est que tu penses à rien.

D'accord ? À rien du tout.

Vas-y, t'es mon champion. Allez !

À rien, Damien ! Tu penses à rien !

- Enfin, tu décroches, ma belle. - Il est minuit, papa.

Oui, mais je veux te montrer où je suis.

C'est beau. Tu vois la Méditerranée ?

C'est l'Adriatique, papa.

Peu importe, c'est la mer, c'est beau.

Je t'ai vu à la cérémonie d'ouverture.

- T'avais l'air à l'aise. - Moque-toi de ton père, tiens.

Je leur ai fait gagner leur premier match !

Et elles sont où les Crevettes ?

- Ils sont à l'hôtel. Ils se reposent. - Ah. Ils font l'amour ?

Victoire, sérieux.

Non, mais sérieux !

Quoi ? Le sexe, c'est pas sale.

Si, et figure-toi qu'ils ont une règle entre eux :

"pas d'amourette entre Crevettes".

Et ils dorment, demain, ils ont un match.

Ils ont insisté pour se coucher tôt.

C'est très chelou.

C'est juste des vrais compétiteurs.

- Comme ton père, quoi. - C'est cool.

On reste 1 h et on rentre.

Évidemment. Hein, les gars ?

- Pas de problème. - Nous sommes responsables.

- La compète avant tout. - On jette un œil rapide.

Et y en a qui n'ont pas la chance d'être pédés !

Crevettes...

Dispersion !

- Dans 1 h à la porte, en bas ! - Oui !

- 1 h ! - Oui.

Dis donc, t'as la cote.

Les trans, c'est comme les licornes. Ça fascine.

À la fin, ils préfèrent se taper un mec.

Ah ouais ?

À part me taper le videur hétéro, je vais rentrer seule.

- Je suis désolé. - Pour quoi ?

Pour ce que j'ai dit sur toi, c'était méchant et je le pensais pas.

C'est quoi, ton problème avec moi ?

Celle qui a pris ma place de trésorier à Act Up. Une transgenre.

N'en parlons plus.

Alex a raison, j'ai plus ma place. Je suis obsolète.

T'es pleurnicheuse !

Regarde-les. Regarde-moi.

T'as pas compris qu'ici, la différence est une force ?

Quand t'es beau, jeune avec des abdos.

C'est dans les vieux potes qu'on fait les meilleures confiotes.

Putain.

Putain !

Putain.

- Ça va ? - Non, j'ai pas de réseau.

J'ai ce qui faut.

Ça part pas.

- Non, j'ai pas de réseau. - Je t'en prie.

Oh et puis merde.

Tout va plus vite, chez les gays.

J'ai plus très envie d'être gay, alors.

Laisse faire Mary Poppers.

- Euh, je suis pas trop sûr. - Allez.

Respire !

Viens, Vincent.

Vincent.

Vincent.

Vincent.

Vincent !

Vincent, viens !

Aide-moi. Tu portes rien, là.

Oh, putain.

Putain, aide-moi !

Je crois qu'il respire plus.

Ah tiens, mon cochon.

Chien capitaliste !

Tu la sens, ma fusion-acquisition !

Ça va ?

Pas beaucoup dormi.

GGT ?

C'est quoi ?

Ginseng Guarana Taurine 100 % naturel, effet booster immédiat.

Je viens d'en filer à Vincent. Regarde.

Merci, ça va aller.

Cédric ?

Ils sont mignons !

T'as trop de la chance !

Rentrez-leur dedans !

Jean, ton joueur !

Allez !

Non !

- Mais il est tout seul ! - Bravo, mon amour !

Putain, Joël ! Merde !

Allez, allez !

Allez, Joël !

C'est ce qui s'appelle prendre une belle grosse branlée.

C'est ce qui arrive quand on se met la gueule la veille.

Ça te fait marrer ?

Non.

Cédric,

on te fait pas trop chier ?

Mais c'est mes enfants...

Je m'en fous !

T'es pas avec nous, là !

On va se rattraper.

On va se rattraper ? Avec vos gueules de déterrés ?

C'est ça, les Gay Games.

Si t'étais gay, tu le saurais.

C'est quoi, ton problème à toi ?

Il a pris des trucs.

Il a pris...

Mais c'est pas vrai !

C'est une blague !

Faites-lui fermer sa gueule.

Relax, mon poulet.

On s'amuse un peu et on s'aime.

Toi aussi, t'as pris des trucs ?

J'ai pris puis j'ai donné, puis j'ai repris...

Et on a donné ensemble. C'était super.

Ouais, OK, basta. C'est bon.

Matthias...

Tu fais quoi ?

T'es sérieux ? Tu te casses ?

Vas-y, abandonne.

C'est une blague ? C'est moi qui abandonne ?

Je t'explique un truc : gagner, c'est ma vie.

D'accord ?

Avec vous, c'est pas possible ! Vous en avez rien à foutre de rien.

On peut pas y arriver sans faire de sacrifice.

C'est pas possible.

Si.

Sauf que moi, Matthias, je préfère perdre avec ceux que j'aime,

plutôt que gagner seul.

Si on remporte le prochain match, on se qualifie pour les quarts.

Tu fais quoi ?

- Je dois rentrer. - Quoi ?

On y arrivera pas.

Et la choré, alors ?

Vous y arriverez sans moi.

Bertrand te fait une scène ?

- Il fait sa comédienne. - Tu veux que je l'appelle ?

C'est pas Bertrand, c'est moi.

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mes fils.

Je veux pas rater ça.

Mais ils s'en rappelleront pas.

Moi, je le saurai !

Je suis désolé.

Mais eux aussi, c'est ma famille.

Mais...

Bon bah...

On fait quoi ?

Je sais pas.

Je croyais que votre devoir,

c'était de porter haut les couleurs gays.

Hein ?

De montrer au monde que vous existez.

Que vous êtes solidaires.

On fait quoi, maintenant ?

On s'encule ou on y va ?

Hein ?

Je suis chaud pour le 2e.

Les Croates, c'est des bestiaux.

Il faut leur rentrer dedans.

Ça va se gagner au dernier moment.

On reste disciplinés, je veux du rythme,

de l'impact et surtout, je veux du cœur.

On va les niquer !

On va les atomiser !

3, 4 !

On va vous décortiquer, on est Les Crevettes Pailletées !

Les gars, là !

On se remet en place, on les lâche pas !

C'est pas grave.

C'est pas grave. Alex.

On tente la Peisson.

- Non, putain ! - Si, si !

Tu vas y arriver.

Allez, on y va.

À vos marques, les gars.

Les gars, c'est bien.

On souffle, on récupère.

OK?

Ça va ?

On m'a mis un coup de coude.

Bon, il reste 27 secondes.

On a 2 possibilités :

soit on garde la balle et on attend les prolongations,

soit on essaye de gagner tout de suite.

Maintenant. On monte tous. Même Joël.

Avec le risque de tout perdre.

On fait quoi ?

Hein ?

On joue à fond.

Quoi qu'il arrive les 27 prochaines secondes,

j'étais hyper fier de faire ce tournoi avec vous.

Vraiment très, très fier.

On va les décortiquer,

on est Les Crevettes Pailletées !

- Allez ! - On les fume, putain !

Jeannot !

Alex !

Allez !

Il est où, Jean ?

Il est où ?

C'est lui, le père de Jean ?

Oui.

Je vais pas y arriver.

Je vais craquer.

T'inquiète pas, on sera tous là.

Ça va aller.

Vous pouvez ne pas être d'accord avec ses choix,

mais comment ne pas aimer Jean ?

C'était un esprit libre.

À tous points de vue.

Je ne l'avais pas revu depuis sa communion.

Quand il m'a recontacté, l'année dernière,

pendant son séjour à l'hôpital,

on a beaucoup parlé.

De Dieu, un peu.

Mais surtout de sa famille.

De ses amis.

De ses amours.

Et de son waterpolo,

qu'il pratiquait, comme son père.

D'ailleurs,

les amis de son équipe

ont souhaité prendre la parole pour lui dire au revoir.

C'est pas le meilleur moment,

mais la place exemptée des Mondiaux, c'est pour toi.

Suggestion de ma part

et approuvée immédiatement par le ministère.

Jean,

c'est la 2e fois qu'on se dit adieu.

Je pensais être préparé.

La 1re fois, c'était y a 1 an et demi.

Un peu après

la découverte de son cancer des os.

Il nous avait invités chez lui,

avec un gâteau sur lequel était inscrit :

"Joyeux cancer !"

Pour faire une blague débile, il n'était jamais loin.

Comme la fois où il avait interverti les numéros du portable de Xavier.

Imaginez la tête de sa grand-mère

quand elle a reçu un message

destiné à son amant.

On a moins ri avec les chimios de plus en plus fréquentes.

Un matin, quand je me suis réveillé,

il m'a dit qu'il...

qu'il voulait plus me faire ça.

Il a disparu.

Je t'ai tellement haï pour ça.

Jusqu'à ce que je comprenne que…

ta liberté excessive, c'était ta façon d'affronter les choses.

De cacher ta douleur.

Comme de monter les Crevettes Pailletées.

Pour prouver à ton père qu'on pouvait être pédé

et jouer au waterpolo.

Jean,

l'amour de ma vie,

tu aurais détesté ton enterrement.

Nous voir tous en noir,

avec toute cette peine...

J'espère que de là où tu es, tu nous regardes.

Parce que ça, c'est pour toi.

Mes amis.

- Ils font quoi ? - Je sais pas.

Holding Out for a Hero (Bonnie Tyler)

(en playback)

Where have all the good men gone

And where are all the gods?

Where's the street-wise Hercules

To fight the rising odds?

Isn't there a white knight Upon a fiery steed?

Late at night I toss and I turn And I dream of what I need

I need a hero

I'm holding out for a hero 'Til the end of the night

He's gotta be strong And he's gotta be fast

And he's gotta be fresh from the fight

I need a hero

I'm holding out for a hero 'Til the morning light

He's gotta be sure And it's gotta be soon

And he's gotta be larger than life

Larger than life

I need a hero

Ces gens-là ne respectent rien.

Ta gueule !

Comment tu me parles ? Ça va pas ?

Tu peux te la garder ton invitation.

I need a hero

I'm holding out for a hero 'Til the end of the night

Through the wind end the chill And the rain

And the storm and the flood

I can feel his approach Like the fire in my blood

(Like the fire in my blood) (Like the fire in my blood)

(Like the fire in my blood) (Like the fire in my blood)

I need a hero

Tu seras viril mon kid

Je ne veux voir aucune larme glisser

Sur cette gueule héroïque Et ce corps tout sculpté

Pour atteindre des sommets fantastiques

Que seule une rêverie pourrait surpasser

Tu seras viril mon kid

Je ne veux voir aucune once féminine

Ni des airs Ni des gestes qui veulent dire

Et Dieu sait

Si ce sont tout de même les pires à venir

Te castrer pour quelques vocalises

Tu seras viril mon kid

Loin de toi ces finesses tactiques

Toutes ces femmes origines Qui féminisent vos guises

Sous prétexte d'être le messie fidèle De ce cher modèle archaïque

Tu seras viril mon kid

Tu tiendras, dans tes mains l'héritage iconique d'Apollon

Et comme tous les garçons Tu courras de ballons en champion

Et deviendras mon petit héro historique

Virilité

Abusive

Virilité

Abusive

Tu seras viril mon kid

Je veux voir ton teint pâle Se noircir de bagarres

Et forger ton mental

Pour qu'aucune de ces dames te dirigent

Vers de contrées roses

l'efface, pour de glorieux gaillards

Tu seras viril mon kid

Tu hisseras ta puissance masculine

Pour gonfler cette essence sensible Que ta mère

Nous balance en famille

Elle fatigue ton invulnérable Achille

Tu seras viril mon kid

Tu compteras tes billets d'abondance

Qui fleurissent sous tes pieds Que tu ne croiseras jamais

Tu cracheras sans manière en tous sens

Des pieds à la terre Et dopé de chairs et de nerfs protéinés

Tu seras viril mon kid

Tu brilleras par ta force physique

Ton allure dominante Ta posture de caïd

Et ton sexe triomphant Pour mépriser les faibles

Tu jouiras de ta rue d'étincelles

Virilité

Abusive

Virilité

Abusive

Virilité

Abusive

Virilité

Abusive

Mais moi, mais moi Je joue avec les filles

Mais moi, mais moi Je ne prône pas mon chibre

Mais moi, mais moi J'accélérerai tes rides

Pour que tes propos cessent Et disparaissent

Mais moi, mais moi Je joue avec les filles

Mais moi, mais moi Je ne prône pas mon chibre

Mais moi, mais moi J'accélérerai tes rides

Pour que tes propos cessent Et disparaissent

Sous-titrage TITRAFILM

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