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Il siffle.
-Ah.
Assez ! La tête me tourne.
-Puis-je vous offrir du champagne ?
-Quelle adorable nuit.
-Oui, en effet.
-Aldo Di Parolini, attaché d'ambassade.
-Baronne Mina Von Kraft.
-J'adorerais danser avec vous.
-Du champagne, s'il vous plaît.
-Baronne, vous avez un parfum inoubliable.
Elle éclate de rire.
-Madame la présidente,
je bois à votre éblouissante beauté.
-Emile, vous connaissez sûrement le capitaine Rudolf Von Kraft,
glorieux, dimanche, au concours hippique.
-Bravo, monsieur. Votre empereur doit être fier de vous.
-M. le président du Conseil est trop bon.
-A tout à l'heure, capitaine.
-Merveilleux.
Splendide ! -Une merveille !
-Vous êtes heureux, M. le président du Conseil.
Et vous aussi, ma chère présidente.
Vous possédez une merveille.
-Ce n'est qu'une esquisse.
-Une toute petite esquisse.
-Petite, mais très belle.
-Je préfère le Michel-Ange.
-Un Michel-Ange ? -Mais oui.
Il est là.
-C'est de Michel-Ange ?
Tiens...
-Faites-moi la grâce de me présenter à Lord Branton.
-Permettez-moi de vous présenter M. Paul Desfontaine,
notre populaire préfet de police.
-Enchanté, M. le préfet.
Vous êtes presque aussi célèbre à Londres qu'à Paris.
-Vous regardiez le Michel-Ange ?
-Oui.
On m'a dit aussi que vous aviez un Botticelli ?
-Mais oui.
-Emile l'a trouvé en visitant un château à vendre.
Les gens ignoraient avoir ça chez eux.
-On va vous le montrer.
Pour avoir le tableau, j'ai dû acheter la maison.
Pour une bouchée de pain, d'ailleurs.
Si je n'avais voulu que le tableau, ils se seraient méfiés.
Valse joyeuse
-Merci, chère baronne. Vous êtes charmante.
-Ce n'est pas le fameux Lord Prateri qui est là
avec le président Duchamp ? -Mais où ça ?
-Là.
-Vous ne le connaissez pas ?
-Non. -Il faut combler cette lacune.
-C'est un chef-d'oeuvre. Un pur chef-d'oeuvre.
-Nous avons failli acheter le même à Florence.
-Avec le moderne style du salon, j'ai eu peur que ça fasse triste.
-Mais vous pouviez changer de salon.
Je vous présente la baronne Mina Van Kraft,
qui brûle de vous connaître.
-Quel joli prénom !
-Ravi de vous connaître.
Puis-je demander cette valse ? -Mais certainement.
Valse douce
-J'adore cet air.
-Madame, votre soirée est merveilleuse.
M'accorderez-vous cette danse ?
"Grazie". Pardon.
-Vous le connaissez ? -Jamais vu.
Le Maharadjah.
-Sapristi, je l'avais oublié.
-Quel fou danseur ! Qui est-ce ?
-J'allais vous poser la question.
Elle soupire.
-Chanterez-vous pour nous ce soir ?
-Comment savez-vous que je chante ?
-J'étais l'autre nuit chez les Dangle, vous étiez...
merveilleuse.
-Vous y étiez donc ? -Oui.
-Oh...
-Je me souviens...
Vous aviez une robe couleur de lune.
Ah...
Vous étiez belle.
-Il n'y a plus de lumière ?
-Qu'est-ce que c'est ? Une surprise ?
-Pas du tout. -C'est une panne de gaz.
Ce sont, hélas, des choses qui arrivent.
-A 8 jours près, notre électricité était installée.
-OH !
-Le gaz se remet vite, simplement.
Brouhaha
-Qui êtes-vous ? -Ernest.
-Que fabriquez-vous ? Apportez de la lumière !
Pardonnez-moi.
A la campagne, le gaz ne fonctionne pas comme à Paris.
-Je comprends. -Merci.
-Allez chercher d'autres bougies.
En attendant, messieurs, jouez vite quelque chose.
Air entraînant
-Près de l'orchestre, les bougies.
-De l'orchestre ? -Ordre de la présidente.
-Bien, Monsieur.
-Très jolie musique !
-Hum... Excusez-moi, Excellence.
Ah, c'est incroyable.
-Dansons.
-Baptiste, suivez-moi.
-Excusez-moi, Excellence.
Pardon...
-Dis ?
Qu'est-ce que ça coûte ? -Les deux ? 5 ou 6 francs.
-Les deux ? -Ouais.
-Il paie pas son dérangement. -Ca le regarde.
-Donnez-moi mes jolis tableaux.
-Vous aviez soif, ma chère. -Terriblement.
Brouhaha joyeux
Air entraînant au piano
-Pardonnez-moi, Votre Majesté.
Ma chère, voici un Botticelli.
Mais je ne comprends pas. Il a disparu !
-Vous n'avez pas vu le signor Paolini ?
-Non, madame. -Où est votre tableau ?
-Mon tableau ?
Il n'est pas là ? -MAIS NON !
-Où est-il, alors ?
-Mais je l'ai, ma majorité, mon cher.
Ce n'est pas ça qui m'inquiète.
-Où dois-je le mettre ? -Mettez ça là.
Ce qui m'inquiète et m'embête, c'est tout à fait autre chose.
Vous comprenez...
On m'a volé.
Mathilde !
-Oh, viens voir. Viens voir !
-Bon sang ! Et mon Michel-Ange ?
-Extraordinaire.
-J'ai sauvé mon Michel-Ange.
La perle de ma collection.
Celui-là, ils ne l'ont pas eu.
Qu'est-ce que c'est ?
Arsène Lupin.
Pourquoi a-t-il laissé celui-là ?
-C'est un expert.
-"Stazione termini". Tout le monde descend.
-QUOI ?
-Tout le monde descend.
-Et nous ? On continue à pied ?
-Précisément.
-T'as vu ? Paris : 27 kms ! A pince, tu te rends compte ?
-Il fallait le dire, moi, je serais pas venu !
-J'aime pas la campagne !
Hier, vous avez dit qu'on ferait le travail en automobile.
C'est ça qui me plaisait. -Pas le retour.
Je vous avais promis 300 frs, je vous donne 500.
-Comme ça, ça va.
-Si vous avez encore besoin de nous, vous savez où nous trouver.
Au revoir !
-Drôle de particulier.
-Il nous a bien casqués.
-Oui, mais j'aime bien savoir pour qui je travaille.
Je trouve ça plus gentil. Passe-moi une pipe.
Un clocher sonne.
Il klaxonne.
Le clocher sonne.
-Faites-moi chauffer mon bain.
Dites à Ursule de me cuire deux oeufs au jambon.
A point !
*Tino Rossi : "Fermons nos rideaux"
*-Fermons nos rideaux Tout un jour encore
Je veux mon amour
Ainsi que Pétrarque Auprès de sa Laure
Te faire la cour
Si c'est le cadeau Que m'apporte Rose
Les lys frais cueillis
Rose s'en ira Comme elle est venue
Fermons nos rideaux
Si c'est le collier Qu'apporte l'orfèvre
De corail et d'or
La musique décélère.
"Je t'attendrai ce soir dans ma loge après le spectacle."
Arthur !
Remontez le gramophone, Arthur.
La musique reprend.
Maintenant, vous allez filer chez Lachome.
Vous leur donnerez cette carte en les priant
de livrer 5 douzaines de roses à l'adresse indiquée.
Des roses superbes avec des tiges énormes !
*-Il n'est de corail
Qu'au pli de ta lèvre Il n'est de trésor
Qu'en tes yeux profonds
Où l'amour déferle
Fermons nos rideaux
-Monsieur est servi.
C'est la blanchisseuse Oh, la belle histoire
En termes galants
-Monsieur devrait manger pendant que c'est chaud.
Monsieur !
*-S'ils sont chiffonnés C'est de nos prouesses
En sont-ils moins beaux ?
-Il faut faire le ménage.
*-Pour mieux y blottir
Nos tendres caresses
Fermons nos rideaux
Une petite pendule sonne.
-Bonjour. -Bonjour.
Je viens pour un cadeau de mariage.
-Asseyez-vous.
Nous avons des choses charmantes.
-Ah. Euh... Voilà. Il s'agit...
-Je me permets.
-Il s'agit du mariage de ma fille.
J'avais pensé à une parure,
une petite rivière de diamants, un bracelet.
Et peut-être aussi un diadème.
-Monsieur Clérissy ?
-Bonjour, Monsieur.
-Monsieur voudrait un bijou pour le mariage de sa fille.
-Oserais-je vous demander respectueusement
ce que vous comptez investir pour le mariage de... ?
-Colette Gilet.
Je suis M. Raoul Gilet, propriétaire viticulteur à Pessac,
près de Bordeaux.
Je suis veuf et je marie, le mois prochain, ma fille,
mon unique enfant, à M. Pierre Bochard,
le fils de mon voisin et concurrent direct.
-Clérissy, associé de la maison.
Permettez-moi
de vous féliciter à l'occasion de cette union
qui fera le bonheur de mademoiselle votre fille.
Je crois que nous ferions bien de vous montrer différents bijoux
au hasard de l'inspiration.
Nous nous ferons une 1re idée de vos désirs.
Voulez-vous me permettre ?
Je m'excuse d'être indiscret,
mais je suppose que Mlle Gilet vous a accompagné à Paris.
-Assurément.
-Ne pensez-vous pas qu'il serait utile
de la consulter sur le choix à faire ?
-Peut-être serait-ce souhaitable, en effet.
-Devant mademoiselle, nous parlerons pas de prix.
C'est inutile, puisque nous sommes fixés maintenant
sur la nature des bijoux que vous voulez acheter
et la somme que vous comptez mettre.
-Hum...
Dans ce cas, j'accepte, en effet, votre proposition.
Je vous demanderais de bien vouloir passer
cet après-midi à mon hôtel, car ma fille ne peut pas s'absenter.
-Certainement.
-Elle attend la visite de beaucoup de fournisseurs,
modistes, lingères...
-Je comprends. Mlle Gilet est très occupée
par la préparation de son trousseau.
Je me rendrai donc sur place. -Parfait.
Nous sommes à l'hôtel Meurice. -Très bien.
-Voyons. Il est maintenant 12h04.
Le temps de déjeuner... Disons 3h, voulez-vous ?
-Nous serons au Meurice à 3h.
Monsieur, merci de la confiance que vous nous témoignez.
Vous n'aurez pas à vous en repentir.
-Sûrement pas.
-Au revoir, Monsieur.
-Elles m'ont promis mes robes pour midi.
Il y aura plusieurs cartons.
Dites au château de faire vite et de prendre le fiacre.
-C'est entendu, Madame.
-Vous avez noté l'adresse ? 18 avenue de l'Opéra ?
-Oui, Madame. -Merci.
Vous voilà enfin. -Excusez-nous.
-Où allons-nous déjeuner ? -Au Café de Paris.
-Encore le Café de Paris ?
Décidément, vous manquez d'imagination.
-Je constate que Paris attire toujours autant les étrangers.
-Nous ne nous en plaignons pas.
-Bien sûr. Dites-moi, j'ai rendez-vous
avec deux messieurs de la bijouterie Berthier.
Ils seront là à 3h. Vous les ferez monter chez moi.
-C'est entendu. -Je vous remercie.
-Monsieur le concierge ? -Messieurs ?
-Conduisez-nous à l'appartement de M. Gilet.
Nous avons rendez-vous à 3h.
-M. Gilet me l'a annoncé.
Conduis ces messieurs au 47.
-Par ici, messieurs.
-Dites-moi, quel âge avez-vous ?
-22 ans, Monsieur.
-22 ans, hum ?
Vous ne les paraissez pas encore.
Depuis combien de temps exercez-vous cette profession ?
-3 ans, Monsieur. -3 ans ?
Hum... C'est très bien.
C'est très bien.
On frappe à la porte.
-Entrez.
-Il y a deux messieurs qui demandent Monsieur.
-Ah. Eh bien, faites-les entrer au salon.
-Très bien.
-Je déteste les visites.
-Vraiment ? -Oui, vraiment.
La pendule sonne 3 fois.
Mademoiselle, vous allez me rendre...
un petit service.
-Toute à votre disposition.
-Vous voyez cette pendule ? Il est 3h01.
A 3h05, pas plus tard,
vous frapperez à cette porte.
Elle donne dans mon salon.
Vous ouvrirez sans attendre ma réponse
et vous me verrez en compagnie de deux messieurs.
Je vous interrogerai de la tête,
et vous, sans parler, inutile de parler, de mentir,
vous me ferez avec l'index un petit signe.
Comme ceci.
-Comme ça ? -Exactement, mon enfant.
Vous refermez la porte et le reste me regarde.
Ces messieurs comprendront que je suis occupé.
C'est tout ce que je désire. A 3h05, n'est-ce pas ?
Bonjour, messieurs. Soyez les bienvenus.
Vous êtes exacts, c'est une vertu dans le commerce.
Ma fille est à côté et reçoit une lingère.
J'irai la chercher.
-Tout à votre aise, nous ne sommes pas pressés.
Voici le diadème.
Il fait 115 000 francs.
Je me permettrais de vous le recommander
étant donné la qualité exceptionnelle des brillants.
La pierre centrale est une pièce de collection.
Les bracelets, 40 000...
50 000, 55 000.
Et voici les rivières. 110 000.
140 000.
J'attire votre attention sur cette monture souple et légère
dont le modèle est la propriété de notre maison.
C'est une création originale que peu de personnes ont vue.
La première a été réalisée par nous par l'archiduchesse Sophie,
à l'occasion de son récent mariage.
Celle-ci est la seconde exécutée dans nos ateliers.
Elle a été terminée avant-hier.
C'est tout.
-J'avoue mon embarras.
-Monsieur, je vous en prie.
Elle frappe à la porte.
-Ma fille doit être perplexe dans le choix de sa lingerie.
C'est encore une enfant. Elle ne peut rien décider sans moi.
J'interviens dans ces questions frivoles
et je vous l'amène.
Parfaite. Vous avez été parfaite.
Grâce à vous, ils ont compris que j'étais occupé.
C'est tout ce que je voulais. Vous pouvez partir.
Voilà. Au revoir, mademoiselle. Encore merci.
-Si la fille est aussi décidée que le père...
Mais... Mais vous êtes fou, mon ami ?
Refermez ça et revenez vous asseoir.
J'ai vu rater des affaires pour moins que ça.
-Dickie, retire tes patins !
Dickie ! Dickie !
Dickie, veux-tu bien arrêter ?
Dickie !
-Il faut obéir à sa maman. Enlevez vos patins.
-Excusez-le.
Nos garçons sont les plus mal élevés du monde.
-Peut-être, mais leur maman est la plus jolie.
-C'est insupportable.
Oh !
Vous avez compris ?
-Arsène Lupin ?
"Je prends tout et vous prie d'adresser la facture
"à votre compagnie d'assurance".
-Vous êtes dans un mauvais cas.
-Moi, Monsieur ?
Que me reproche-t-on ?
-Complicité d'escroquerie. Tout simplement.
-Et la direction de l'hôtel ?
Si vous dites que je suis complice, eux le sont encore plus !
C'est à cause de la location que le voleur a réussi son coup.
-Vous n'aimez pas vos patrons.
-Ils l'ont mise à la porte.
-Je me demande pourquoi. Qu'ai-je fait de mal ?
-Vous avez eu des complaisances
et dépassé vos attributions de manucure.
-Moi ?
J'ai exécuté les consignes de la direction.
On doit tout faire pour satisfaire la clientèle.
Le vieux m'a demandé un service.
Ils me mettent à la porte et la police m'arrête. Non !
-Je vous prie de ne pas hausser le ton.
Où vous croyez-vous ? -A la police.
-Vous êtes chez le préfet de police.
Et en présence
de M. le président du Conseil.
-Je m'excuse.
-Comment vous appelez-vous ? -Léontine Chanu.
-Quel âge avez-vous ?
-22 ans, M. le président.
-Que font vos parents ?
-Je suis orpheline.
Mon père est mort en service commandé.
-Son père était un collègue.
Léon Chanut, inspecteur à la brigade mondaine.
Je l'ai bien connu. -Tiens donc ?
Il y a longtemps que vous êtes manucure ?
-3 ans. -Dans la même maison ?
-Oui, Monsieur. -Mais oui, mon cher.
Ca crève les yeux. En attendant, M. Lupin court toujours !
Mais remuez-vous donc, sacrebleu !
S'il faut stimuler les bonnes volontés,
dites-le-moi, nous ferons quelque chose.
J'offre moi-même 1 000 louis
à la personne qui capturera ce voyou.
-On va vous reprocher de chercher une publicité facile.
Dans votre position...
-Vous avez raison.
Nous dirons que la police offre une prime de 20 000 francs
pour la capture de Lupin. Hum ?
Je vais tirer une édition spéciale pour l'annoncer.
En même temps que le compte-rendu de l'hôtel Meurice.
Avec les détails.
-Bravo, M. le président.
-Pourquoi dites-vous ça ?
-Mais parce que...
C'est une bonne idée.
-Vraiment ? -Absolument, M. le président.
-Vous pouvez libérer cette jeune fille.
Inutile d'ajouter l'arbitraire à votre incompétence.
A moins que vous,
mon cher...
-Vous êtes libre, mademoiselle.
-Merci, M. le préfet.
Monsieur le président.
-Curieuse petite fille.
-Ouais.
Tout ceci ne vous avance guère.
-Ouais...
-Pas par là ! C'est le chemin de tout à l'heure.
-J'avais pas vu.
-La liberté, c'est par là. -Je choisis la liberté.
-J'interviendrai auprès de la direction de l'hôtel.
-J'aimerais mieux mourir de faim. Au revoir.
-Comme vous voudrez. Au revoir.
Il grommelle.
-Tu as vu quelque chose ? -Rien du tout.
-Je retourne à la boîte.
-J'étais certain qu'on ne vous retiendrait pas.
-Comment êtes-vous entré ?
-Mais... par la porte.
-Vous avez un certain
culot, vous !
-Je reconnais mes torts.
-Vous reconnaissez, c'est bien joli !
J'ai perdu ma place et passé une nuit en prison.
-Attendez.
50 louis.
Voilà pour la nuit passée en prison.
Avec toutes mes excuses.
Quant à l'emploi,
présentez-vous demain matin à cette adresse.
Une place de manucure
vous y attend.
Charles Dogor, Palais-Royal.
Je connais.
-Soyez-y dès 9h. Vous montrerez cette carte.
Vous vous nommerez et on vous engagera.
Vous êtes recommandée par le Grand Duc Michel,
l'oncle du tsar.
Ne me raccompagnez pas, je connais le chemin.
-Youp !
-Monsieur ?
-Je voudrais m'entretenir avec votre nouvelle manucure.
-A quel sujet, Monsieur ?
Les visites aux employés sont interdites en service.
-1 minute. -Vous permettez ?
-Coupe, manucure. -Monsieur est satisfait ?
-Tout va bien.
-Laissez-moi gagner ma vie tranquillement.
-Du calme, mon enfant.
Dites-moi.
Est-ce qu'un de ces personnages
vous paraît ressembler à Lupin ?
Hum ?
Celui-ci, par exemple ?
Celui-là ?
-Au revoir, Monsieur.
Celui-là ? Hum ?
-Oh, M. Laroche. Quelle joie de vous voir !
Votre Frédéric est libre.
-Parfait. Shampooing, manucure.
-Mademoiselle Léontine ?
-J'ai un client, Monsieur.
-Combien de temps ? -Au moins 20 minutes.
Lâchez-moi, voulez-vous ?
-Je serai là dans 20 minutes.
-Ca va, M. Laroche ? -Bonjour.
-Tiens ! Laroche. -Bonjour !
-On vous voit ce soir ?
-Peut-être, peut-être.
-Bravo pour hier. Votre jument a encore gagné.
-Oh, vous savez, un prix de 1 000 louis...
-Vous êtes dégoûté. Vos écuries vous coûtent cher.
-Il faut bien dépenser l'argent.
-Joli temps aujourd'hui, non ?
-Ouais.
-Comment va le célèbre Laroche ?
-Il va bien. Et ton infâme journal ?
-Il va bien aussi. A tout à l'heure.
-C'est ça.
-Monsieur ?
Votre main, s'il vous plaît.
-Et comment donc, mademoiselle.
-Je m'excuse, Monsieur.
-Pardon.
Charmante.
-Monsieur pense-t-il que son cheval ait une chance à Chantilly ?
-Aucune, mon ami.
Le terrain sera beaucoup trop sec pour lui.
-Monsieur ?
-Pardon.
Je vous accorde ma main pour la 2nde fois.
Je devrais me méfier.
-Oh, ça, M. Laroche,
vous n'allez pas rester célibataire.
Charmant garçon comme vous l'êtes, ce serait dommage.
-Oui, je vais me marier
et j'aurai des enfants.
-Bonsoir, M. Poirier.
-C'est quoi ? -Une friction.
-A quel parfum ? -Fougère royale.
-Mais vous êtes fou ! -Pourquoi ?
-Vous me proposez votre horrible parfum.
Et mon flacon à moi ? Vous l'avez bu ?
-Oh, pardon, M. Laroche.
J'avais oublié.
-Grâce au Ciel, il n'a pas tout bu.
-Monsieur. Votre main, s'il vous plaît.
-Cette fois, c'est pour la vie.
-Vous croyez pas si bien dire, M. Lupin.
Regardez. C'est lui, Lupin. Je viens de l'attacher.
-Arsène Lupin, tu es fait !
-Arsène Lupin ? Moi ? -Oui !
-Moi ? -Tu peux rire.
Cette fois, ça y est. -C'est ridicule.
-Monsieur est un homme célèbre, un multimillionnaire.
-Vous êtes pas vrai. Il est pas vrai.
Vous, vous êtes bien.
Je ne vous avais jamais vu jouer. Vous êtes remarquable.
Je parlerai de vous à Génie. Non, à Berlishteim.
-C'est un vrai policier, M. Laroche.
-Vous n'avez rien compris.
Ils ne vous ont pas mis au courant, vous.
Regardez monsieur. C'est un acteur professionnel.
Il a sûrement été payé par quelqu'un.
Ce quelqu'un, il est ici, forcément.
Je veux savoir
qui a monté ça.
Je saurai qui a fait ça.
C'est lui. C'est toi !
-Jamais de la vie !
-C'est une plaisanterie de journaliste !
C'est toi, le cochon !
-Mademoiselle. La vérité. C'est lui qui a monté la blague.
Qu'est-ce que tu lui as donné pour ça ? Hum ?
Qu'est-ce qu'elle a ?
Donnez-moi de l'eau. Non. Une serviette mouillée.
-Eh bien...
-Merci.
Aide-moi, elle tombe.
-J'y suis pour rien.
-Débarrasse-moi de ça. -Je t'assure que c'est pas moi.
-Ca va mieux. Où étiez-vous ?
-Lupin, la comédie est finie. -Ca suffit, maintenant.
Qui êtes-vous ?
Inspecteur Dufour ?
-Parfaitement.
-Voulez-vous m'enlever ça tout de suite ?
Vous m'entendez ?
-Vous êtes ridicule.
Tout Paris le connaît sauf vous. -Qui êtes-vous ?
-Jacques Gautier, rédacteur du Petit Journal.
-Et après ? Les témoignages de journaliste...
-Je vais donner un témoignage que vous n'oublierez pas.
Allô, mademoiselle ?
*-J'écoute, monsieur. -Pardonnez ma colère.
Passez-moi la préfecture de police.
De toute urgence.
*-Préfecture de police ?
-Allô, la préfecture de police ?
Passez-moi le préfet tout de suite.
Oui, le préfet Paul Desfontaine.
*-Ne quittez pas. -J'attends.
J'allais vous le proposer.
Allô, Paul ? *-Lui-même.
-Ici André. André Laroche.
-Tiens, c'est vous, André ! -André ?
-Oui, André. André.
Je parlais de vous, il y a 5 mn.
Avec qui ? Mon cher, vous êtes trop curieux.
Vous êtes bien rentré, hier soir ?
-Très bien. Mais pas seul, figurez-vous.
Je vous téléphone pour ça.
Merci, mon cher. Elle est charmante.
Vous êtes très hospitalier. *-Vous aussi !
-Bien sûr, il est vrai que nous sommes célibataires.
Excellente formule, non ? La meilleure.
Que faites-vous, demain soir ?
*-Ce que vous voudrez.
-Venez chez moi vers minuit. Nous serons 6.
*-6 hommes ?
-Non, mon cher, deux seulement. Vous et moi.
Ca suffit largement !
A demain, donc.
Alors ? Etes-vous convaincu ?
Maintenant, je peux téléphoner aussi au président de la République.
Voilà. -On voudrait le nom des dames.
Il me faut des noms. J'ai besoin de mon article.
-Mon chapeau.
-Allez, André.
-Fiche-moi la paix. -Non.
-Tu m'embêtes.
-Tu vas inviter Nini Dambreuse et la petite Defolville !
-Jamais de la vie. Je ne les connais pas.
-Maintenant, ça suffit. Laisse-moi, je veux m'en aller.
Tout le monde rit.
-Hé ? Où allez-vous comme ça ?
-Je rentre chez moi. -Vous êtes une tourte.
-Vous êtes un imbécile.
-Hé, attendez-nous !
-Je vous aurai à l'oeil.
-Je prends le policier.
-Moi, la manucure.
-Inspecteur, je vous arrête.
-Vous êtes pas drôle. Vous désirez ?
-Achetez Le Petit Journal, demain matin.
-Pour quoi faire ? -Vous aurez les honneurs de la une.
Vous serez très content, vous verrez.
Mademoiselle ?
Pourquoi vous sauvez-vous ?
-Que voulez-vous ?
-Je ne vous ai pas donné de pourboire.
Vous aviez peur ?
-Moins que vous. -J'avais peur, moi ?
-Plus maintenant. Vous aviez peur tout à l'heure.
-Mais pourquoi, grand Dieu ?
-Parce que c'est vous, Arsène Lupin.
-Mademoiselle ?
La pendule sonne.
-On a arrêté Monsieur ?
-Ah oui, on m'a arrêté.
Mais je ne suis pas Arsène Lupin. -Dommage.
J'aurais bien aimé.
-Donne-moi donc mon journal.
La pendule sonne.
On frappe à la porte.
-Bonjour, grand-père !
-Nous venons juste de terminer ton travail.
-Vous êtes satisfaits ? -Oui.
-Bonjour, mon oncle !
-Regarde !
-Grand-père, tu es génial !
Toi aussi, mon oncle !
Lieutenant, veuillez m'annoncer à Sa Majesté.
Entrez !
-Sire, la baronne Von Kraft sollicite une audience.
-Faites entrer la baronne.
Approchez,
mademoiselle.
Merci, Maître. Je reprendrai la pose demain.
Ordonnance !
Mon petit déjeuner.
Bonjour, ma chère.
Vous allez bien ?
-Très bien, Sire, merci.
Votre Majesté a-t-elle bien dormi ?
-A merveille.
Vous aussi, si j'en juge par votre teint rose.
-Votre Majesté est trop aimable.
Mon ami, vous oubliez le sucre.
Elle traduit en allemand.
Je voulais simplement savoir si ce jeune homme
comprenait le français.
La cachette est prête, Sire. J'aimerais vous la montrer.
-Mina,
vous êtes extraordinaire.
Si vous étiez chef de la police, je suis sûr que vous,
vous sauriez trouver cet Arsène Lupin.
-Peut-être, Sire.
Car depuis 15 minutes, je sais qui il est.
-Par exemple...
Que voulez-vous dire ? Qu'y a-t-il donc ?
-C'est un homme très connu à Paris, Votre Majesté.
Personne ne sait que cet homme connu est aussi Arsène Lupin.
-Décidément, c'est votre journée.
Je suis plein d'étonnement.
Je suis curieux de voir cela.
Heureux de vous voir, mon cher baron !
Ah...
Cher professeur, comment allez-vous ?
-Sa Majesté te demande comment tu vas.
-Je me porte bien, Sire.
Toujours au service de Votre Majesté.
-Bien.
Un moteur s'enclenche.
*Un orgue joue "Mon beau sapin".
-Désolé, mais votre parfum français est perdu.
Je vous en ferai acheter un autre demain.
-Votre Majesté est trop bonne.
-Cette mécanique est un chef-d'oeuvre.
Il traduit en allemand.
-Sa Majesté a la bonté de nous féliciter.
-Je vous remercie de vos excellents services.
Vive la famille Von Kraft !
J'aime beaucoup cette cachette. Elle sera très utile.
-Vraiment ? -Oui, très utile, en vérité.
-Tant mieux.
J'avais l'impression que Votre Majesté
n'était pas contente de notre mécanique secrète.
-Je m'excuse, mais je réfléchissais à autre chose.
Je pensais à Arsène Lupin.
Vous disiez le connaître sous un autre nom.
-Parfaitement.
-Dans ce cas, arrangez-vous pour le faire venir.
J'aimerais beaucoup le rencontrer.
-Vraiment, Sire ? -Vraiment.
J'espère que la chose est possible.
-Tout est possible pour Votre Majesté.
-Ma chère baronne, vous êtes une femme remarquable.
Je ne pourrai jamais me passer de vous.
Mais faites vite. Je vous donne carte blanche.
Un clairon sonne, au loin.
-Bonjour, Rudolf.
-Chère Mina, vous m'abandonnez ! Pourquoi ?
-J'étais occupée, mon cher.
-Vous me traitez durement. Je ne pense qu'à vous.
-Vous êtes l'homme qu'il me faut. -Moi ?
-Vous partez pour Paris. -Tout de suite ?
-Venez, je vais vous expliquer. -Vous êtes un tyran.
-Taisez-vous, vous m'agacez.
Le téléphone sonne.
-Allô ? *-C'est Mme Defleurville.
-Je crois que Monsieur est sorti. Je vais vérifier.
C'est Mme Defleurville.
Claquement de langue
Il est sorti. *-Dites que j'ai téléphoné.
-La commission sera faite. *-Merci.
-Au revoir.
-Elle t'a pas cru. -Je ne sais pas.
Elle s'intéresse à Monsieur, elle téléphone chaque jour.
-Ne le brutalisez pas !
-Faites-le monter. -Ne lui faites pas de mal.
Ferme la porte !
-Vous n'avez rien à déclarer ? -Non.
-Monsieur...
Et là ? -Des effets personnels.
Empire allemand
-M. Laroche, je m'excuse.
-Je vous en prie. Un quart d'heure, ça va vite.
Et maintenant ?
-Nous changeons de voiture.
-Ah, je vois. La correspondance. Très bien.
Auf Wiedersehen !
Joli château.
-C'est une résidence d'été de l'empereur.
-Ah, je vois, je vois.
-Voilà leur voiture !
-Très bien.
-On vous attend au centre équestre. -Parfait.
-M. Laroche, vous allez rencontrer l'empereur.
-Vraiment ? Parfait.
-Au centre équestre !
Encouragements
-Achtung !
-La personne que vous attendez vient d'arriver.
-Je suis ravi, mais excusez-moi.
-J'espère que Votre Majesté va me mettre au courant
de ses intentions concernant cette personne.
-Une seconde.
Vous avez vu ?
Ce cheval est indigne de défendre mes couleurs !
-Il n'est pas en forme, Sire.
Messieurs, voici un grand connaisseur français.
Bonjour, M. Laroche. Regardez et dites-moi
ce que vous pensez de ce cheval.
-Il est très beau. Le cheval hennit.
C'est un fils de Mandragore, si je ne me trompe.
-Très bien, M. Laroche.
Vous avez raison, c'est un produit de Balthazar et Mandragore.
Comment l'avez-vous su ?
-J'ai vu courir la mère, à Liverpool, il y a 8 ans.
-Fabuleux !
Donnez-moi votre avis sur ce jeune.
Ca m'intéresse.
-Pour être franc, il ne me paraît pas au mieux.
Un peu surentraîné, peut-être.
-Vous aviez raison. M. Laroche connaît bien les chevaux.
-Et la danse aussi, Votre Majesté.
-J'ai eu le plaisir de faire valser la baronne
au cours d'une soirée parisienne.
-Mina m'a raconté l'histoire.
Le bal du président Duchamp. Le tableau.
Tout cela m'a bien amusé.
Capitaine Von Ratz !
Accompagne M. Laroche à son appartement.
Allez vous reposer. Nous nous verrons plus tard.
Je suis enchanté, ma chère.
Votre ami me fait une excellente impression.
-Mais ce n'est pas mon ami, Sire.
Votre Majesté ? -Oui ?
-Pourquoi l'avez-vous fait venir ?
-Pour le connaître.
Vous le savez bien.
-Permettez-moi de me retirer. Je vais faire galoper ma jument.
-Allez, ma chère amie.
-Charmante personne.
-Oui.
-Nous sommes arrivés chez vous.
Voici Otto. Il est à votre service et parle français.
-Bonjour, Otto. -Bonjour.
-Tiens, tiens.
Hum hum.
Pardon.
Joli tissu.
L'organisation allemande est une belle chose.
-Je me suis adressé à vos fournisseurs habituels.
Ils ont vos mesures. -Bravo.
-Vos fournisseurs sont les miens. -Bravo.
-Allez, allez. Dépêchez-vous !
-Pourquoi passent-ils par ici ?
-Il n'y a qu'une seule porte pour tout l'appartement.
-Je vous laisse, M. Laroche.
J'espère qu'il ne vous manquera rien.
-Je vais être comme un coq en pâte. Merci.
-Bonsoir, Monsieur.
A plus tard, sans doute.
-Puisque c'est comme ça, je vais prendre mon bain.
Hum hum... Belle baignoire.
-Cuivre massif. -Ah.
-Ca, c'est bon, Monsieur.
Guerlain. Paris !
-Shon. -Shon.
Ah ! Paris !
Ils rient.
Quelqu'un sifflote une comptine.
-Journaux français, Monsieur.
Les Gaulois, L'écho de Paris.
-Parfait, merci.
-Si Monsieur a besoin de moi, il sonne.
-Merci.
Si tu veux
Faire mon bonheur
Marguerite
*Si tu veux Faire mon bonheur
Marguerite Donne-moi ton coeur
Si tu me donnes ton coeur
Mina belle Mina belle
*Si tu me donnes ton coeur Je saurai faire ton bonheur
Rha rha rha
-Suivez-moi.
-Entrez.
-Sa Majesté l'empereur !
-Permettez, Sire.
-Merci, M. Laroche.
Asseyons-nous.
Voulez-vous ?
Vous ne voulez pas vous asseoir ? -Merci.
-Voyons, monsieur. Etes-vous bien installé ?
-Absolument. J'ai pris un bain excellent.
Dans une superbe baignoire.
-Je suis vraiment ravi de faire votre connaissance.
-Mais... moi aussi.
-Monsieur Lupin !
-Aux ordres de Votre Majesté.
*L'empereur rit.
*-Je ne vous ai pas fait venir
uniquement pour le plaisir de vous connaître.
J'avais une idée.
Il s'agit d'une chose très importante pour moi.
-Si c'est important, je vous demande un instant.
Grelots
-J'ai dans mes services quelqu'un de remarquable.
Cette personne est étrangement passionnée d'électricité.
Quel goût bizarre,
vous ne trouvez pas ? -Surtout chez une jolie femme.
-Décidément, monsieur...
On ne peut rien vous cacher.
-Otto, allez voir pourquoi l'écouteur ne marche plus.
Dépêchez-vous !
-S'il vous plaît.
-Allez-y.
Ensuite, vous pourrez disposer.
Vous voyez, monsieur ?
Je m'éclaire encore au pétrole.
Moi, je déteste l'électricité.
-Vous avez raison. C'est un éclairage barbare.
Il ne sera malheureusement pas
abandonné de sitôt.
-Otto, ne le cherchez plus. Le voilà.
-Qui faudrait-il que je sois pour faire ce qui me plaît
sans être surveillé ?
-Mais faites comme moi.
-Vous ne faites pas ce que vous voulez.
Vous êtes quand même ici malgré vous.
Je me trompe ?
-Bien sûr que non, Sire.
-J'en viens justement au motif de votre présence ici.
Voyons.
Petit problème,
monsieur. Etant donné
une cachette très secrète, située dans mon château,
à l'étage où nous sommes...
Si Arsène Lupin,
procédant très librement à ses recherches,
ne réussit pas à découvrir cette cachette au bout de...
mettons deux jours entiers. Vous me suivez ?
Bon.
Quelles seraient les chances d'un espion, qui, lui,
serait obligé de se cacher ?
-Aucune. Et la cachette serait bonne.
-Ah.
J'ai besoin d'être certain de la valeur de ma cachette.
Je veux y disposer en toute tranquillité
mes documents personnels et des choses précieuses.
Voulez-vous prendre 48h et chercher cet endroit secret ?
Si vous le découvrez,
essayez d'ouvrir la cachette.
-Vous m'avez bien dit que l'endroit se trouve à notre étage ?
-A cet étage même.
-Pas besoin de 48h. Demain, je serai parti.
-Déjà ? -Il le faut.
Mes affaires m'appellent à Paris. Je suis très occupé.
-J'ai prévu, pour vous, une indemnité.
Non, c'est indispensable.
Que diriez-vous d'une somme correspondant aux revenus mensuels
de vos activités parisiennes ?
Mettons 100 000 marks ?
-Comment Votre Majesté est arrivée à ce chiffre ?
-Mes services ont dressé une statistique vous concernant.
Etes-vous d'accord avec ça ?
-Peut-être. Moi, je ne calcule pas.
-Et si vous réussissez à ouvrir la cachette,
vous y trouverez une assez belle bague.
Vous pourrez la conserver
en souvenir.
-J'accepte. J'adore les souvenirs.
-Vous ne l'avez pas encore.
-Non, mais je l'aurai bientôt.
-Vraiment ? -Je le crois.
-Merci. Vraiment, mon cher, vous me plaisez énormément.
Dommage que vous ne soyez pas allemand.
J'aurais fait quelque chose de vous.
-Je suis ravi d'être français.
Pour la tranquillité de votre police.
-Je suis décidément content de vous connaître.
Bonsoir.
-Sire, à quelle heure chasserez-vous demain ?
-A huit heures.
-Très bien, Sire.
-A demain donc.
Lieutenant, vous pouvez disposer.
Rugissement
Oui !
Bonsoir, Bobby ! Oui, Bobby !
Bobby, mon tout beau !
Mon magnifique Bobby, oui, oui, oui !
Oui, mon Bobby.
Le moteur se met en marche.
*L'orgue joue "Mon beau sapin".
-Bonsoir. -Bonsoir.
Il joue quelques accords.
Mélodie douce
Mélodie joyeuse et rapide
Des clairons sonnent, au loin.
Ils sonnent le clairon.
Rugissement
-Alors, Bobby ?
Bonjour, Bobby. Comment vas-tu, Bobby ?
Je t'apporte ton petit déjeuner.
Approche, Bobby, approche. Viens par là, Bobby.
Approche un peu. Viens par ici.
Très bien. Bon appétit !
Le clairon sonne.
Cors de chasse, au loin
-A présent, passez un dernier coup de chiffon.
Ca suffit.
Cors de chasse, au loin
Cors de chasse, au loin
Shon !
-Vous m'avez fait peur !
-Tu me dis "vous" ? -Je vous déteste !
-Je comprends pas. -Assez !
Que faites-vous ici, d'abord ?
-Chut !
-André, ne faites pas l'imbécile.
-Si tu le prends comme ça, je te dis plus rien.
-Je vous écoute.
-Je vais t'expliquer. Je dois fouiller partout.
-Fouiller ? Pourquoi ?
-Je suis payé pour ça. Tu sais qui me paie ?
-L'empereur vous paie ?
Pour quoi faire, s'il vous plaît ?
-Je cherche une cachette.
Une cachette formidable, difficile à trouver.
Ca ne te dit rien, à toi ?
Rugissement au loin
Je chercherai seul.
-Je ne sais rien d'une cachette.
-Je trouverai sans toi.
-André. Pas maintenant. -Pourquoi donc ?
-Tu seras en retard à la chasse. Sa Majesté sera furieuse.
-Mais j'y vais pas, moi.
-Tu es obligé. -Non, je fais ce que je veux.
-L'empereur t'a invité.
-Mais il m'a invité comme ça. Par politesse.
Et puis...
J'ai mal dormi, je suis fatigué.
-Ah vraiment ? -Bien sûr, je suis un homme.
Un pauvre petit français.
De rien du tout.
-André...
-Hum ?
-Allons chez moi, veux-tu ?
-Non, il faut que je cherche.
Cette cachette, je sens que je vais la trouver.
Voyons...
Piaillements
-Qui vous dit qu'elle était là ?
-Mon petit doigt.
Bel aquarium.
-Vous perdez votre temps, vous savez ?
-Je ne sais pas. Il faut voir.
Il renifle.
Tiens, c'est curieux, ça.
Viens voir, toi.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Ca sent Mina, ici, près de l'aquarium.
Il renifle.
Maintenant, je sens plus que toi.
Délicieux, d'ailleurs.
-Les poissons sont jolis.
N'est-ce pas ? -L'aquarium est superbe.
Je m'en ferai faire un comme ça.
Avec l'eau courante.
-André ! -Qu'est-ce qui te prend ?
-Je t'en supplie. L'empereur va t'attendre.
Il sera furieux. Ca fera très mauvais effet.
-Tiens.
Ingénieux.
-Oui. Allons. Viens.
-C'est drôle.
-Quoi encore ? Allez, viens.
-Je pense à quelque chose.
-Mais quoi ? -Pourquoi cacher ce robinet ?
-Pour que ce soit plus joli.
-Ah ! J'aurais pu trouver ça tout seul.
-André, viens. -Attends.
-Vous n'êtes plus un bébé, tout de même.
-Oh, mais si.
-Oh !
C'est idiot ! Ca va déborder !
-Je suis là.
Le moteur s'enclenche.
*L'orgue joue "Mon beau sapin".
Les gens qui ont imaginé ça sont des artistes.
Des poètes.
C'est charmant. Très charmant.
Beau diamant, hein ?
Je peux le garder.
Ton empereur m'a dit :
"Si vous réussissez à ouvrir la cachette,
"vous y trouverez une assez belle bague
que vous pourrez conserver en souvenir de moi."
C'est très élégant, non ?
Adieu.
*L'orgue joue.
Et voilà.
-Vous avez remis la bague ? Pourquoi ?
-Il faut que je te dise. Il me plaît assez, ton Guillaume.
-Quel Guillaume ? -Ton empereur, parbleu.
Je le trouve sympathique.
Si je dis que j'ai trouvé, il sera déçu.
Ca va lui gâcher son plaisir.
Je veux qu'il garde sa cachette.
Alors, écoute-moi bien. Il faut rien lui dire.
D'accord ? J'espère que je peux compter sur toi.
Hum ?
Mina, où vas-tu ?
-Chez l'empereur. Lui annoncer votre succès.
Laissez-moi ! Laissez-moi libre ! Laissez-moi !
Lâchez-moi, je vous en prie !
Le perroquet piaille.
Bobby rugit.
André !
Mina crie.
Bobby rugit.
Les chocs résonnent.
-Que faites-vous là, enfermée ?
-Qui vous a dit que j'étais ici ?
-Monsieur Laroche.
Je le quitte à l'instant.
-Pourboire de la part de Guillaume.
-Merci bien.
Bon sang ! Il m'a donné mille marks !
-Tenez-moi ça.
Elle jure. -Que faites-vous ?
Répondez-moi, Mina !
-Vous venez encore chercher de l'argent.
Approchez.
-Combien coûte ce léopard ? -Deux mille marks, Sire.
-Nom de Dieu !
Arsène Lupin !
L'empereur lit le mot.
Incroyable. Ce gaillard m'a volé un million !
Mina ! Votre Lupin est un voleur.
Il m'a pris 1 million de marks.
Mina, où allez-vous ?
Messieurs, venez ici. Vite !
Avez-vous vu sortir ce Français ?
-Oui, Votre Majesté. Nous l'avons vu il y a 1 minute.
-Pourquoi parler français ?
Pourquoi je parle toujours français ?
Ecoutez-moi bien, vous, vous et vous...
Un instant !
Attendez là !
-Allez, dépêchez-vous.
Vite ! Vite !
*L'orgue joue.
-Une cachette pareille, ça vaut bien 1 million de marks.
Messieurs, à cheval !
Mes amis, la vie est belle ! Réjouissons-nous !
-Mme la baronne. Quelle joie !
-BONSOIR. -Vous n'avez pas vu M. Laroche ?
-Pas depuis plusieurs jours. -Ah.
Où pouvons-nous nous installer ?
-Madame n'a pas retenu sa table ?
-Non, pourquoi ? -Il ne me reste plus rien.
Pensez donc, à cette heure... Il est minuit.
Vous auriez dû téléphoner.
-Nous sommes arrivés ce soir. Caprice de femme.
-Voilà une table.
-Elle n'est pas libre. C'est celle de M. Laroche.
-Il n'est pas là. -Je ne peux pas donner sa table.
-Moi, je la prends.
-Ca m'ennuie beaucoup. Cette table est retenue à l'année.
-M. Laroche est un de mes amis.
J'en fais mon affaire. -Dans ce cas...
-A tout à l'heure.
-Il n'y a plus de Pommery 1906.
-Si. A la réserve. Allez !
-Vous êtes la plus énergique que je connaisse.
-Avec vous, tout le monde est énergique.
-Je sais.
-Oh... Ce n'est pas le même Maharadjah
qui était à la soirée du président Duchamp ?
-Bien sûr.
C'est le Maharadjah de Piterbourg. Regardez.
Ce soir, il porte le fameux diamant Annapurna.
Une pierre de 70 carats.
D'une valeur incalculable.
-Les Françaises cuisinent bien. -C'est vrai.
-Je vous ferai de bons petits plats.
-Oh oh oh !
-J'éponge, excusez-moi, messieurs-dames.
-Ce garçon est bien maladroit. -En effet.
Que voulez-vous manger ?
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