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Money, money, money Must be funny In the rich man's world
Money, money, money Always sunny In the
rich man's world All
the things I can do
If I had a little money It's the rich man's world
You never give me your money You only
give me your funny paper And in the middle
of negotiations You break...
Ce n'est rien.
C'est sûrement un petit coup de fatigue dû à la chaleur, mais ça va aller.
Ça va aller.
Anastasia ! Anastasia ! Monsieur ? Vous êtes là. Vous avez vu madame ?
Non, je suis bien trop occupée en cuisine.
Où est-ce qu'elle peut bien être encore ? Elle a quitté le repas.
Oui, bon, d'abord elle a poussé un grand cri, après elle s'est mise à battre l
'air avec ses bras, on aurait dit une otarie qui s'est tout fait.
Puis elle s'est grippée à son voisin, j'ai pas eu le temps de me lever qu'elle
avait disparu.
C'est rien, elle a dû avoir un petit coup de chaud. Ou une nouvelle attaque,
oui.
Comtesse ? Je monte voir dans sa chambre.
Comment vous voulez qu'elle prenne l'escalier avec son fauteuil ? Vous êtes
nouvelle. Vous allez vite vous rendre compte que madame est capable de tout.
Même de l'impossible.
Surtout de l'impossible.
Comtesse ? Comtesse ? Madame ? Vous êtes là ?
Ce n'est que moi.
Mais qu'est-ce que vous faites là ? Ça ne te regarde pas.
Monsieur Georges vous cherche partout.
Eh ben tant mieux, ça lui fera des exercices, il en a besoin.
Il m'a dit que vous avez fait un malaise. Non mais quel drama queen ce
Georges alors.
J'ai pas fait un malaise, je m'ennuyais à mourir. On m'a raconté pas loin. Ah tu
es qui, toi t'es la nouvelle ? Oui madame, je m'appelle Anastasia. Ah bah
moi te fatigue pas, te fatigue pas, dans cette maison les souveraines ont une
espérance de vie limitée.
Je m'embête pas à retenir leur prénom.
Écoute, t'es la septième, je t'appellerai numéro 7, voilà.
Qu'est-ce que ça fout là, tout ça ? J'ai pas eu le temps de m'occuper de cette
pièce à cause de la réception.
Quoi, la réception ? T'étais pas invité, que je sache. Tu avais le temps.
Vu le nombre d'invités et le service en cuisine... Ouais, c'est ça, c'est ça.
Dis plutôt que t'es resté en cuisine à draguer le cuisinier.
Francis, il a 60 ans.
Et puis il est horrible.
Tu sais, avec ton physique, je serai pas la difficile.
Mais je vous permets pas ! Et ben moi je me permets ! Oh puis tu m'énerves à la
fin, toujours fourré dans mes roues là ! Georges, où il est passé ? Il vous
cherche à l'étage, je vous ai dit, il était mort d'inquiétude ! Il va être
mort tout court s'il rabute pas illico ! Bon allez, accélère, Apollonia !
Anastasia ! Ouais c'est pareil, on s'en fout ! Georges !
Comtesse, vous êtes là ? Non, je t'appelle en Skype, abruti ! Ah ! Et
ben voilà, voilà !
Un vase à 10 000 ! C'est pas de ma faute ! Ah non, c'est de la mienne, peut-être.
C'est vous ! Vous me pressurisez ! Tu m'as l'air pressurisé ! Fiche-moi le
camp ! Oh ! Non mais tu les trouves où, ces filles ? Sur Vinted ?
Comment vous vous sentez, comtesse ? Mieux ? Je ne me suis jamais sentie
aussi en forme ! Pourtant, il y a cinq minutes, vous étiez cramoisie, la tête
renversée en arrière... Oui, oui, j'ai entendu, j'ai entendu.
Comme une otarie qui s'est tout fait.
Belle comparaison, merci, c'est flatteur.
Ah non, ne me dites pas que vous avez simulé un malaise. Oh ben tiens, j
'allais me gêner.
Il n'y avait pas d'autre moyen pour écourter ce dîner horrible, j'en pouvais
plus. Je me suis dit, je ne sais pas tenir ce que dit Gestif.
Et alors du coup, je me suis mis à faire l'otarie qui s'est tout fait.
Eh, c'était plutôt bien fait.
Ah oui, très bien, ils sont quand même tous partis extrêmement inquiets.
Ça va, l'essentiel c'est qu'ils sont partis.
Alors tout ça, ça m'a donné chaud. Serre-moi un petit coup à boire. Oh bah
certainement pas, non ? Ah, c'est toi qui commandes maintenant. Non, ce sont
vos médecins. Mais je les ai renvoyés.
Vous les avez renvoyés, mais quand, comtesse ? Ah, maintenant.
Ils le savent pas encore.
Bon, écoute, tu vas partir avec eux si tu me serres pas un petit coup à boire,
là. Non mais franchement, dans votre état, c'est n'importe quoi, comtesse.
Mais puisque je te dis que c'était bidon.
J'en avais marre de ce gros facochère assis à côté de moi, là-haut. Le
président du Sénat ? Ouais, lui.
Non, mais tu l'as vu manger.
J'avais l'impression de regarder la guerre du feu.
Ah non, je te jure, les politiques dans ce pays.
Ah bah oui, le gouvernement est en crise et donc ils cherchent des investisseurs
privés. Et voilà.
Ils organisent ces dîners pour me faire les poches. C'est des rapaces.
Bon, écoute, maintenant que le bal des sangsues est terminé, qu'est-ce qu'on
fait ? Ah bon, on va se coucher. Mais non ! Il est beaucoup trop tôt.
On va jouer.
Jouer mais à quoi, comtesse ? À la marrelle, évidemment.
On va jouer aux cartes, à la belote. C'est quand même pour ça que je viens à
Paris tous les ans, pour jouer aux cartes avec mes amis français.
La compagnie s'appelle Pierrette. Et Maurice.
Voilà, appelle-les, on va jouer aux cartes. Non, certainement pas, vu l
'heure, ils doivent dormir.
Bon, si, ça fait un an qu'ils attendent mon retour.
Ils doivent être là, arrodés dans le quartier.
Tu connais les pauvres.
Dès qu'il s'agit d'un jeu d'argent, ils rappelent comme des mouches sur une
charogne. Ah, mais comtesse, le temps de les prévenir, qu'ils viennent.
Plus la partie de carte qui, comme d'habitude, va s'éterniser. Non,
franchement, c'est pas raisonnable. Je ne te paye pas pour être raisonnable.
Non, vous ne me payez pas tout court.
Bon, il faut que je t'appelle moi-même.
Non, mais c'est un coup à être debout jusqu'à l'aube, ça encore, comtesse.
Eh ben, on en verra.
Numéro 7, acheter des croissants. Numéro 7, James Bond.
Enfin, Georges, c'est la bonne.
Ah non, elle s'appelle Anastasia. D'ailleurs, c'est la fille de Pierrette
et Maurice.
Mais non. Mais si.
Ah, je me disais aussi qu'elles avaient le même air sournois.
Tu sais, c'est des vraies têtes de fouines.
Comment tu dis qu'elles s'appellent ? Anastasia.
C'est pathétique, c'est pathétique.
Il n'y a vraiment qu'une plouc comme Pierrette pour donner un nom de
princesse à une boniche.
Elle m'a dit que ses parents avaient encore eu des gros coups durs cette
année. L'hiver a été terrible.
On n'a pas idée aussi de rester ici en hiver. On est tellement mieux à Punta
Cana. Allez.
Ils n'ont aucune organisation.
Oui, ils ont dû perdre le peu qu'ils avaient.
Eh bien voilà, justement, ils sont aux abois, ils vont vouloir se refaire.
Faire cette partie de cadre, c'est faire de l'humanitaire. Allez, appelle-les.
Oui, euh... Je voulais savoir si vous aviez encore besoin de moi.
Besoin ? C'est un bien grand mot.
Ça voudrait dire que t'es peut-être utile à quelque chose, toi ? Bon,
écoute, puisque tu es là, monsieur... Je... Ah, elle est susceptible, en plus.
Bon, écoute, approche un peu que je te regarde, là, fais voir, allez.
Oh, Georges ! Oui ? C'est moi qui
suis ou bien cette jeune fille tangue ? Facontesse, non ! Je boite, c'est de
naissance. Oh, mais qu'est-ce que tu attends pour te faire opérer ? Que ça se
remette tout seul ? Non, j'attends d'avoir de quoi payer l'opération en
Turquie. Tout le monde n'a pas vos moyens. Bon, ça c'est un détail.
Et tu es sûr que tu devrais faire ce boulot ? Tu ne devrais pas plutôt...
Faire le trottoir.
Pardon ? Oh ça va, t'énerve pas, moi je dis ça pour le côté pratique.
Un pied sur le trottoir, dans le cas niveau, ça t'équilibre.
Anastasia, je pense que vous pouvez aller vous coucher, madame n'a plus
besoin de vous. Je t'ai rien demandé.
Bon, allez, appelle tes parents, dis-leur que je joue aux cartes
maintenant. Très bien, madame.
Ah, et prépare la table de jeu.
Très bien, madame.
Et dépêche-toi.
Très bien, madame. Oh là là, qu'est-ce qu'elle fout, elle est empaillée ou quoi
?
Non mais je n'arrive pas à croire que vous ayez osé. Quoi ? Mais vous vous
rendez compte que ça va se répandre comme une traînée de poudre ? Mais quoi
donc ? Mais votre faux malaise là ! Déjà que l'ambassadeur des Etats-Unis vous
avait enterré la fois où vous aviez fait une fausse route.
Alors là je vous le signe direct, demain vous êtes à la une de la rubrique
nécrologie. Mais qu'est-ce que tu es sinistre mon pauvre Georges.
Tu devrais plutôt te réjouir que je sois en pleine forme.
Alors j'ai eu peur, j'ai cru que vous alliez y passer. Eh non non, non non.
Ce n'est pas pour tout de suite, l'héritage. Il va falloir encore
travailler un peu.
Je peux aussi choisir de vous quitter.
Ça, c'est au-dessus de tes moyens, darling.
Disons que c'est plutôt vous qui auriez du mal à vous passer de moi, comtesse.
Alors là, détrompe-toi, je n'aurai aucun mal à trouver un nouveau chauffeur.
Merci, tout à fait charmante.
En attendant, vous devriez être plus gentille avec la petite Anastasia, elle
est épuisée.
Oh, écoute, elle est jeune, elle s'en remettra.
Puis tu sais...
Il faut que ces gens-là apprennent que l'argent, ça se mérite.
Allez, viens m'aider à me préparer.
Pourtant, on vous conteste, si je ne m'abuse, vous n'avez fait qu'en hériter.
Ah, parce que tu crois que ce n'est pas du boulot d'attendre que le con de casse
sa pipe ?
Mais alors, Bucassine, on te dérange ? Papa, t'es con, tu m'as fait peur. Hé,
dis-donc, ingrate, comment tu parles à ton père ? Non mais c'est vous, là, vous
allez me griller.
Qu'est-ce que tu fous ? T'essaies de voler la vioque ? Mais tais-toi, mon
beau, tu veux un micro ? Bah, comment veux-tu qu'elle nous entende ? Sa
chambre est à des bornes. De toute façon, c'est pas une maison.
C'est un pays, le bordel ! Aussi grand que Monaco ! Ah ouais, parce que t'es
déjà allé à Monaco, toi ? Ouais, tu sais bien que non, ma pièce ! Comment vous
êtes déjà là, vous ? Vous rôdez derrière les murs ou quoi ? Bah, on était dans un
petit bistrot dans le coin. On attendait qu'elle nous convoque. Bah oui, pourquoi
elle nous a pas rappelé plus tôt, cette année ? C'est vrai qu'elle est malade ?
Tu parles, elle est increvable.
Mais toi, tu l'as vue, comment elle est ? Chiante.
Et méchante.
Mais chiante, quoi.
Non mais, Anastasia, comment tu parles ?
C'est comme ça qu'on t'a élevée ? Ben oui.
En même temps, la raison d'un baume, c'est une vachasse, la vioque, quand je
pense qu'elle gagne 2 millions par jour sans même avoir besoin de se lever de
son pieu. Ouais, elle s'engraisse. Et nous, on crève la gueule ouverte. C'est
dégueulasse. Tant que cette société refusera de taxer les super-profits...
Et voilà, voilà.
Ça y est, c'est reparti avec sa politique.
Oui, moi, je serai jamais soumise. D'accord, d'accord, d'accord, d'accord.
On lui dira.
Non, mais sans déconner.
Mais comment on fait pour dépenser 2 millions par jour ? Je sais pas. Mais
bientôt, ça sera plus un secret, parce que ce soir, on va gagner ! Oui, on va
gagner ! On s'est pas entraîné 7 jours sur 7, 24-24, pour perdre. Oh non ! Hé,
t'as porté la coupe ? Évidemment, elle est dans mon sac.
C'est pas ce qu'il attend, la vieille. On va tout lui rafler, même la villa.
Et c'est elle qui nous fera le ménage à ta place, Anastasia.
Quand on est riche, on meurt riche.
Si vous voulez que ça change, il faut abattre le capitalisme.
Et comme c'est pas près d'arriver, vous ferez mieux de lui demander un vrai
travail.
Mais ça va pas, non ? On fait pas la charité ? Eh ben quoi ? Oh, oh ! J'ai un
travail, moi.
Ratissez les encombrants. C'est pas un travail.
T'as gagné combien, aujourd'hui ? Mais qu'est-ce que ça peut faire ? Tu vois,
tu cours partout pour rien.
C'est faux. Le week-end dernier, je me suis fait... 80 euros ! Oui.
Et aujourd'hui, regarde ce qu'une cliente m'a donné.
Elle t'a donné maman ? Mais non ! Regarde ta mère ! Oui ?
Et ? Oh, qu'est-ce qu'elle est conne ! Lève-toi, ma chérie ! Regarde son
manteau, regarde sa robe ! La cliente va carrément enfonger une malle pleine de
fringues et aller prendre des bites ! Waouh, c'est génial ! Mais qu'est-ce qu
'il y a, Anastasia ? T'es pas contente ?
On croyait la vieille à moitié morte, elle nous a rappelé. On va jouer, on va
gagner. Maman, ça fait huit ans que vous jouez contre elle. Oui.
Et huit ans que vous perdez.
Fais la terre, hein. Elle va nous porter l'œil. Mais t'inquiète pas, ma fille,
enfin.
On sait ce qu'on fait.
La pelote, c'est pas un jeu de hasard. Oui, elle est souris. Oui, oui.
Je te promets, ce soir, on va gagner.
On va pouvoir s'offrir un appartement sans moisissures sur les murs. Un
appartement avec des fenêtres. Oh !
Et une vraie cuisine.
Ah, une cuisine, oui, une vraie cuisine.
Une cuisine, tu te rends compte ? Comme ça, tu ne seras pas obligé de dormir
dedans.
Vous rêvez, mes pauvres. Mais pas du tout.
C'est juste une question de stratégie.
On va gagner.
Enfin, si ton père ne fait pas le con. Mais pourquoi ça serait toujours moi qui
ferait le con ? Qui c'est qui a gagné le dernier tournoi ? Nous deux et pas grâce
à toi.
Et puis enfin, Momo, mais mets-toi une cravate.
Déjà que la nature t'a pas gâté, mais si en plus tu fais négliger.
Je voulais, mais Moustapha, il a pas de cravate. En plus, t'as vu, son costume a
rétréci. Oh non, c'est pas le costume qui a rétréci.
Oh là là, mais heureusement que je suis là.
Tiens, Monique en avait encore une de son mari.
Mais là... Non, pas de cravate, ça me gratte. Moi, je joue pas bien quand je
suis serré. Non, mais t'es toujours serré.
Et puis, on en a besoin de cette cravate.
Tu te souviens de notre signe ?
Quand tu te tripotes le nœud, ça veut dire quoi ? Que j'étouffe ! Mais non !
Ça veut dire que t'as de l'atout ! Écoute, on peut pas trouver d'autres
signes parce que moi, je vais pas arrêter de me la tripoter.
La cravate, la cravate.
Ah oui, j'ai eu peur.
Et si je me grattais l'oreille ? Mais non, ça, ça veut dire que tu n'as rien.
Moi, écoute, j'ai plus qu'à me gratter les... Ah bah oui, alors là, bravo.
Ah, c'est élégant, c'est une comtesse. Mais enfin, je me mange, je n'ai de vie.
Mais oui, mais sois sérieux un peu. Je le suis, je le suis, je le suis. Ah,
Pierre-Est, Maurice, mes amis, je suis tellement content de vous revoir.
Nous aussi, mais on ne nous avait pas dit que vous étiez en fauteuil.
C'est juste un peu de fatigue.
Eh oui, vous savez, il a fait tellement chaud à Dubaï cet hiver.
Nous, cet hiver, on s'est gelés.
Oh oui, et comme on n'avait pas les moyens de mettre le chauffage.
On aurait pu brûler le plancher pour se chauffer.
N'importe quoi n'a pas de plancher.
C'est une expression mon chéri.
Je peux vous embrasser ? Ah non, non, certainement pas.
Pardon ? Bon, je plaisante.
Oh, j'ai eu peur.
Allez, je vous embrasse aussi.
Non, non, non, pas vous mon amour.
Je déteste vos taux de colonne.
Je n'aime que les vrais parfums. Oui, bien sûr, bien sûr.
Bonsoir, Georges.
Bonsoir, Maurice.
Bonsoir, Pierrette.
Bonsoir. Quelle élégance.
Vous ne vieillissez pas. Comme disait mon grand-père, ça conserve l'alcool.
Maurice.
Autant que le formol.
Ah, euh... Annapurna.
Anastasia ? Oui, c'est pareil, on s'en fout. Tu as préparé la table de jeu où
il faut que je me lève et que je fasse moi-même ? Je m'en occupe tout de suite,
madame. Oh là là, mon Dieu. Mais avant, elles étaient en alphabète, mais au
moins, elles étaient efficaces.
Mais non, en plus, elles sont empotées.
C'est de notre faute, comtesse. On la distraite en arrivant. Oui, c'est notre
fille, Anastasia.
On en a eu quatre. Elle, c'est la plus grande.
Ah, c'est la même portée.
Eh bien, Anas, allez, viens dire bonjour à la comtesse. Non, merci, on s'est déjà
vus. Non, mais ça va pas de parler comme ça à la comtesse. Allez, viens te
présenter. Sinon, elle va croire qu'on t'a mal élevé.
Mais vous m'avez mal élevé.
Laissez, laissez, laissez. Vous savez, le temps qu'elle boite jusqu'à moi, on
aura fini la partie.
Oh, et puis je ne suis pas la reine d'Angleterre non plus.
Enfin, pas encore.
Oh non, non, non, non, dites pas ça, comtesse.
Bon, alors, il faut combien de temps pour préparer une table de jeux ? Bon,
je vais l'aider, je vais l'aider. Je vais t'aider.
Pierrette, montre notre trophée à la comtesse.
Elle boit encore.
Elle aussi.
J'ai apporté une petite canne, ça ne bougera plus.
C'est...
Le premier prix du tournoi régional. Oh Dieu que c'est laid, oh que c'est laid.
Un vrai nid à poussière.
Enfin, ça veut dire que vous êtes bien entraîné.
Oui, et méfiez-vous, cette année on va vous plumer.
Laissez, Pierrette, laissez. Si on n'était pas là pour se plumer, ça ne
serait plus du jeu.
Pour vous trouver des adversaires à la hauteur.
Faut se lever tôt ou se coucher tard.
C'est vrai que vous vivez la nuit, vous. Ah oui, par la force des choses, là, qu
'on teste nos voyageurs qu'en suivant le printemps. Vous avez de la chance, en
fait. Vous ne suivissez jamais le froid de l'hiver.
Je déteste l'hiver. Je ne sais même pas pourquoi vous vous infligez ça.
Moi, ça fiche mon Botox.
Oh là là ! Faire le tour de la Terre en suivant le printemps.
Ça fait rêver. Oui, et en plus, vous savez, Pierrette, c'est excellent pour
le tas. Vous devriez essayer, d'ailleurs, vous savez. Vous êtes toute
pâle. On dirait morte.
La table de jeu est prête, madame.
Besoin d'autre chose ? Non, non, c'est bon, on te sonnera.
Elle est étrange, votre robe.
Elle me rappelle quelque chose.
C'est Armina ! Armani ! Mais oui, Armani ! Mais bien sûr, vous vous souvenez,
Georges ?
Cette horrible collection d'Armani, on l'avait vu à Milan il y a 20 ans au
moins. Oui, oui.
Alors maintenant, ils la refont avec des trous.
Eh bien, c'est la mode, c'est vintage.
Ah, c'est vintage.
La table est prête, on peut peut-être jouer. Voilà, c'est ça. Allez, c'est
perdu. On va jouer.
Maurice, un whisky ? Vous auriez pas de la suve ? Ou alors, eh, un petit Ricard
? Maurice, c'est un agavuline 20 ans d'âge, la roche des whisky.
De toute façon, Maurice, ne bois pas. Ben si, je bois. Non, pas quand tu
joues. Même si c'est la Rolls. Même si c'est une Ferrari.
Allez, Georges, ouvrez la banque. Oui, comtesse.
Alors, est-ce qu'on met autant que l'an dernier ou on monte un petit peu au
-dessus ? Un million.
Vous nous avez prévenus au dernier moment.
On n'a pas eu le temps de passer à la banque.
Bon, écoutez, c'est pas grave.
Voulez-vous que je vous fasse une avance ? Ah, ce serait gentil. Voilà. Bon,
écoutez, on dit combien ? 100 000, comme d'habitude ? Voilà.
Si vous gagnez, vous les emportez. Et si vous perdez, il reste ici bien le show.
Parfait. C'est très généreux. Moi,
je ne joue pas pour l'argent.
Moi, je joue pour me maintenir en forme.
Nous aussi, comtesse. Nous aussi.
Alors, on mise à combien ? 1000 euros.
5 000.
Allez, 10 000 si vous voulez. 5 000. 5 000, c'est déjà bien.
Ok, Pierre-Edda, pour 5 000, allez.
À vous l'honneur.
Valet.
Roi.
Honneur aux aînés.
Honneur aux meilleurs.
137 pour nous ! C'est la remontada, Pierrette ! La remontada ! 135.
Ça sent le sapin, Comtesse ! Non mais dites donc ! Ah non, non, pas vous
personnellement, je voulais dire la partie, le 135.
Et quel cas des nouvelles de Georges ? Georges fait ce qu'il peut mais il n'a
pas les bonnes cartes. Alors moi j'ai pas le bon partenaire.
Caro. Une passe.
Non merci.
Je prends.
Vous ne faites pas d'humourons, Comtesse.
Ce n'est pas de votre faute.
C'est-à-dire qu'on est devenus imbattables avec Pierrette, oui,
imbattables. Normal, hein ? On s'est entraînés toute l'année.
Toute l'année. Vous avez vu la coupe ? On est devenus, comme qui dirait, des
vraies machines de guerre. Oui, à la bolote, des machines de guerre.
Sans compter qu'en plus, on est en couple. Donc, ça nous donne un avantage
par rapport à la complicité. Mais dis-toi, Maurice ! Joue ! Qu
'est-ce que tu fais ? Quoi ?
Allez, belote, rebelote, et dix-deux d'air. Et voilà.
Bravo, hein, belle complicité.
Yes,
Malcolm, hold on. C'est Malcolm, comtesse. À quelle heure est-il, là ? À
huit heures, à New York. Bon, allez, passez-le-moi. OK, hold on. Excusez-moi,
business is business.
Bien sûr.
We're underground.
Hello, Malcolm.
Yes, yes. What is it ? What ?
Je suis entourée d'incapables. Merci, comtesse.
Mauvaise nouvelle, comtesse.
Écoutez, si elle n'a pas réagi immédiatement, j'allais perdre 300
millions.
300 millions de quoi ? De fraises à gada.
Ah bon ?
Enfin, Maurice, 300 millions de dollars.
Quoi ? Vous avez gagné 300 millions de dollars juste en passant un coup de fil
? Oh, pétard, la chance.
Non, ce n'est pas de la chance, Maurice, c'est de la réactivité. C'est une
qualité essentielle dans le monde de la finance.
Et pour jouer aux cartes aussi, d'ailleurs.
Il faut être malin, mais ça, vous ne pouvez pas comprendre.
Bon, alors, on passe à une nouvelle partie. On va passer à 20 000. Allez.
D'accord, si vous insistez. Oui, allez.
Trèfle. Je passe.
Je prends.
Maurice, concentre-toi.
Oui, d'accord, mais elle m'a retourné la tête, moi, avec tous ces millions. Oui,
ben, si tu étais plus attentif, il serait déjà à nous, tous ces millions.
Je n'avais pas remarqué, Pierrette.
Quoi donc ? Que vous souffriez d'épilepsie faciale.
Ah, c'est ça ? Ah non, mais ça c'est parce que je suis un peu nerveuse. Ah
ouais ? Faites attention quand même, vous allez vous déboîter une joue.
Allez, Maurice ! Oui, pardon, attends.
Non mais t'es sérieux là ? Quoi ? Tu leur laisses le 10 ? Enfin, je comprends
rien. Qui c'est qu'à l'as ? Mais c'est Georges ! Allez, tenez, avec le valet,
hélas, je pense que vous êtes dedans.
Non, mais toi, tu prends sans le valet ? Et moi, j'étais sous la goulotte.
Vous êtes sûr qu'on est dedans ? Mais oui, il est sûr. Allez, vas-y, donne
-nous l'argent, ça y est. On a tout perdu.
On a tout perdu.
Ah bah ouais, comme d'hab.
Remarquez, à un moment donné, on était à ça.
À ça, t'es sérieux ? T'as joué comme un manche ? Enfin, calme-toi, ma chérie,
calme-toi.
Vous partez déjà ? Mais c'est-à-dire qu'on est complètement raide.
Quel dommage.
Ah mais on peut revenir demain si ça vous arrange. Oui, on verra.
Attendez, je peux te parler une seconde ? Vous nous excusez ? Oui, bien sûr.
Ils me font presque de la peine.
Ils jouent un petit peu mieux qu'avant quand même. On a failli laisser des
plumes là.
Tu es complètement bourré. Tu joues n'importe comment ce soir.
Bon, qu'est-ce qu'ils font là ? Vous savez, ils sont en train de discuter
pour jouer toutes leurs économies.
Justement, ça devrait être rapide.
Comtesse, comme on n'a pas sommeil, on vous propose une autre partie.
Si vous nous avancez la somme, évidemment.
C'est de l'argent qu'on avait mis de côté, mais on vous remboursera demain.
Si on perd.
Inutile de préciser, nous sommes entre gens honnêtes.
Allez, Georges, ouvrez la banque pour nos amis.
Vous voulez combien ? 5000.
C'est tout ?
Pas pour 5000.
Alors écoutez, vu la petitesse de la somme, on va faire une partie rapide.
Vous êtes d'accord, hein, Pierrette ? Oui.
Une sorte de digestif. Voilà. Allez.
Bon ben, j'ai pas eu les bonnes cartes.
J'ai pas eu les bonnes cartes. Mais si, tu as eu les bonnes cartes. C'est juste
que tu réfléchis pas avant de jouer.
Moi j'ai cru que t'avais l'as. Non, je t'ai fait un signe. Mais quel signe ?
Mais celui qu'on avait dit, comme ça, avec la bouche.
Mais on avait jamais prévu ça. Moi j'ai cru que tu faisais un AVC.
Eh oh, vous avez quoi à gueuler comme des putois là ? Ah ben c'est ton abruti
de père, il comprend pas les signes.
Mais c'est super, vous avez appris la langue des signes.
Mais non, les signes pour tricher.
Quand je fais ça avec ma bouche, ça veut dire que Georges, il a un as. Oh écoute,
c'est pas évident. Ouais, là on dirait plutôt que tu fais un AVC. Ah, tu vois.
Mais pas du tout. Ma bouche, elle part vers Georges.
Ça veut dire que je parle de Georges.
Donc si j'ai bien compris, quand tu ressembles à Picasso avec ta bouche de
traviole, ça voulait dire que Georges, l'alcoolique mondain, avait un as.
T'es débile. Oui ! Tout est toujours de ma faute à moi. C'est toi qui te
transformes la tronche comme un crapeau qui bave, et c'est moi qui suis débile.
Oui ! Parce que pardon, hein, mais t'es pas le pingouin qui glisse le plus loin
sur la banquise.
T'as pas inventé la machine à cambrer des bananes.
T'es pas la chips la plus croustillante du paquet.
T'as pas la... Oui, c'est bon, c'est bon, je pense qu'on a tout bien compris,
là.
Même la vieille, elle avait compris que Georges, il avait un as.
Quoi ? T'avais donné notre signe à la vieille ?
Mais t'es con, on joue contre elle ! Comment veux-tu qu'on gagne ? C'est à
cause d'elle si on a tout perdu ! Mais il m'a cassé ! Oh, Anastasia, retiens
-moi, sinon tu vas finir demi-orpheline ! Attendez deux secondes, là.
Vous avez vraiment tout joué ? Même l'argent mis de côté pour mon opération
? Bon, ben, t'inquiète, ça va, on va se refaire.
De toute façon, t'as l'habitude.
De ? De boiter, t'as l'habitude.
T'es pas à 24 heures frais, ça va ! C'est vrai ça, hein ? Ça te change rien
à toi.
Alors si tu pouvais éviter deux secondes d'être fixé sur ton petit nombril.
Alors en l'occurrence, je suis plutôt fixé sur mon petit pied.
Oui, bon... Ça va, s'il faut, on empruntera.
Ah ouais ? À qui ? Tous vos potes sont encore plus fauchés que vous.
Je peux demander à ma sœur.
Mais non, elle a plus rien à ta sœur.
Raymond lui pique tout depuis qu'il est en taule.
Je lui dirai que c'est pour nourrir les gosses.
Vous êtes des monstres.
Non ! On est des pauvres ! Eh ben voilà,
alors là, ça y est, t'es content.
Tu brises les rêves de ta fille.
Arrête, c'est pas moi. C'est à cause de ta bouche, là.
Allez, t'inquiète, ma pirette.
On va se refaire, je te le promets. Et là, c'est carrément deux nouvelles
jambes. qu'on va pouvoir lui offrir.
Parce qu'un bon, on ne va pas se mentir, même celle qui va bien, elle n'est pas
Jojo.
Mais oui, mais moi, ce n'est pas de nouvelles jambes dont je rêve, c'est de
faire le tour de la terre en suivant le printemps, comme la vieille.
On va y arriver, ma Pierrette.
Je te le promets, on va gagner.
Et en attendant, on va continuer à s'entraîner.
Puis tu vas voir si je fais des AVC.
Par contre, il va falloir trouver des signes plus clairs. Parce que ça, là...
Arrête, j'ai jamais fait ça. Si, tu l'as fait. Non, j'ai jamais fait ça. Bon,
attention, parce que moi, c'est pas de signes que je vais changer. Changer quoi
? De mari.
Ça va,
comtesse
? Qu'est-ce qui s'est passé ? Des gamins.
Ils ont essayé de forcer mon coffre. Ils ont pris peur. Dès qu'ils m'ont vu, ils
sont partis.
Ils vous ont frappé ? Non, non, ils m'ont bousculé en partant. Là, j'étais
sur leur chemin. Oh ! Oh, ben, heureusement que vous êtes arrivé,
alors. Vous aviez entendu du bruit ou... Mais non, mais avec ce récharquement
climatique, l'épaisseur de chaleur de bête, j'arrivais pas à fermer l'œil.
Oui.
Attendez, vous marchez ? Non, non, pas du tout.
Ben si, je viens de vous voir, vous étiez debout en train de marcher. Pas du
tout, je te dis !
Oh, insiste pas, sinon je te fais l'autre jambe.
Qu'est-ce qui s'est passé, là ? Des cambrioleurs qui ont essayé de se servir
dans le coffre.
Vous n'aviez pas fermé les portes, Anastasia ? Je les ai laissées un peu
entre-ouvertes parce que sinon on étouffe.
Eh ben voilà, voilà.
Miss Pat Folle a laissé les portes entre-ouvertes pour faire passer ses
petits copains.
Quels copains ? Tes petits copains de cité, là.
Grandir ensemble à la crasse, ça soude.
T'as laissé entr'ouvert pour faire passer tes petits copains comme ça. Toi,
tu te prends un petit pourcentage au passage. Mais ça va pas ? Ouais, c'est
ça. Tu vois ce que c'est de caresser des clochards ? Ils te mordent la main.
Calmez-vous, comtesse. Je vais prévenir la police.
C'est pas la peine. C'est une Far West, ce pays.
Non, non, il faut porter plainte. Il y aura sûrement pas d'enquête. Mais au
moins, ça leur passera l'envie de recommencer quand ils sauront que la
police... Ça sert à rien, je te dis ! Comtesse, je les appelle, je préfère,
pour marquer le coup.
Anastasia, ne faites pas attention. Elle, elle est choquée.
Et en plus, elle a le cœur fragile, alors... Ah bon, parce qu'elle a un cœur
? Qu'est-ce que tu fais là ?
Tu ramasses les morceaux ou bien tu essayes d'effacer les empreintes ? Bon
écoutez, je ne sais pas ce que vous vous êtes mis dans la tête là, mais je n'ai
rien à me reprocher, d'accord ? Ah oui ? Ah bon ? Alors comment tu expliques que
ces gamins savaient exactement où était mon coffre ? Un coffre caché derrière un
tableau ? Je ne crois pas que vous soyez dépositaires de l'idée.
C'est vieux comme le monde.
Et pourquoi est-ce que je chercherais à vous voler d'abord ? Parce que tu es
pauvre.
Ah, peut-être que tu veux courir un cent mètres, avant ça il faut te faire
opérer. Et oui, et pour ça il faut de l'argent.
Vous délirez complètement là.
Ah, ou alors, peut-être que tu as fait ça parce que tu ne m'aimes pas.
Vous non plus vous m'aimez pas.
Oui, moi je ne peux rien te voler puisque tu n'as rien.
Oh et puis c'est pas vrai, je te déteste pas, tu sais. Non, non, je te trouve
même assez digne dans ta misère.
C'est vrai, t'es pas tout le temps là à geindre comme un veau, à tendre la main,
à pleurnicher.
Je crois même que si j'étais pauvre, je te ressemblerais.
Vous vous entendez là ? Vous êtes d'un cynisme écœurant. Oh là là, toi t'es d
'une susceptibilité débordante, Rachida.
Anastasia. Ouais, on s'en fout, c'est pareil.
Je t'ai fait un compliment, là, tu sais, presque maternel. Bon, j'ai déjà une
mère, merci beaucoup.
Puis pour les compliments, pardon d'être aussi franche, mais vous pouvez vous les
mettre dans la chaussure à laquelle vous êtes assise.
Ah, très drôle.
Tu sais, je sais faire les compliments.
Si tu veux que je te fasse un compliment, je te fais un compliment.
Tu veux que je te fasse un compliment ? Tiens, tu vas voir.
Ça va venir, là.
Un compliment.
Ah voilà, je l'ai.
Tu boites très bien.
C'est ça votre compliment ? Non mais là je me chauffais un petit peu.
Non,
je vais te trouver un compliment là.
Ah voilà, je l'ai.
Je trouve que pour une fille sans le sou, tu es plutôt fine. Tu es mince.
Quand on ne mange qu'un jour sur deux, c'est normal, non ?
Tu manges qu'un jour sur deux ? Mais pourquoi ma fille ? Ah non, il faut te
forcer ma fille.
Arrêtez de m'appeler ma fille.
Comment tu veux que je t'appelle ? Numéro 7 ? Pourquoi vous en avez pas d
'ailleurs ? De quoi ? De numéro 7 ? Non, de fille.
Enfin d'enfant.
Pourquoi vous en avez pas ? Vous pouvez pas en avoir ? Ah non, alors là je te
rassure, la machine marchait très bien.
Sans voilà, le compte était déjà trop vieux.
Et après sa mort, j'étais tellement riche que toute l'éclaration d'amour
ressemblait à des repérages.
Et ? Vous êtes assez riche pour pouvoir partager, non ? Oh non, non, non ! Si je
m'étais remarié et si j'avais eu des enfants, ils n'auraient pas voulu
partager. Oh non ! Ils m'auraient tout pris, tout ! Alors qu'il est, je serais
dans un EHPAD, en train d'essayer de convaincre le docteur que non, je ne
suis pas gâteuse, il ne faut pas changer mes couches, ne me mettez pas sous
tutelle. Mais quelle horreur ! C'est quand même marrant, hein ?
Ces enfants dont vous parlez, ils existent même pas et vous les accusez
quand même de tous les torts.
Vous aimez vraiment personne.
Non mais ça tu n'en sais rien, tu ne sais rien de ma vie. Pardon mais je vois
déjà comment vous traitez mes parents depuis des années.
Ça vous éclate de les écraser, de les humilier, de les enfoncer un peu plus
dans leur misère.
Je te rappelle que je n'aurais jamais fait payer la première partie.
Je leur donne leur chance, les cartes ne trichent pas.
Vous leur donnez leur chance.
Arrêtez votre cirque là. Vous savez très bien que le jeu est pas équitable.
Vous les impressionnez avec tous vos millions.
Ah ça y est, mes millions. C'est reparti, la révolution bolchevique, mes
millions, les millions.
Tu n'as que ce mot à la bouche, t'en as pas marre ? La faute à qui ? C'est vous
qui les portez en bandoulière.
Vous nous les foutez sous le nez à longueur de journée.
Doucement, Anaconda.
Anastasia. C'est pareil, on s'en fout.
Surveille ton langage.
Sans votre fric, vous êtes rien.
Et vous le savez très bien.
Vous faites la belle parce que vous êtes bien cadenassés dans votre villa à 20
millions, mais venez faire un tour dans nos quartiers.
Non mais tu te prends pour qui, espèce de petite code ? Tu crois que parce que
tu es pauvre, tu as le monopole de la misère ? Tu crois pas que moi aussi je
lutte pour survivre ? Gagner 2 millions par jour, non j'appelle pas ça lutter,
non ? Il n'y a pas que l'argent dans la vie.
Évidemment, c'est toujours les riches qui disent ça.
Mais tu ne sais pas ce que je donnerai pour avoir ne serait-ce qu'un peu d
'amour véritable.
Arrêtez, vous allez me faire chialer.
Tu n'as aucune idée de ce que c'est, la solitude.
Tu ne sais pas ce que c'est, toi, de voir des lingots briller dans les yeux
des hommes qui te font la cour et ne jamais savoir si tu souris à toi ou à
ton argent.
Moi, je le sais.
Je faisais les mêmes sourires, les mêmes regards à mon mari avant qu'il m'épouse.
Eh oui, j'avais ton âge, tiens, mes parents m'ont forcé à l'épouser.
Ah,
tu ne sais pas l'enfer que c'est de vivre avec un homme qu'on n'aime pas.
Ah, bien sûr, en l'épousant, j'ai sauvé ma famille de la misère.
Et j'ai ruiné ma vie ! Dis
donc, on y croirait presque.
Mais en fait, vous n'en avez rien à foutre de l'amour.
Ah non, alors là, pas du tout. Non, non, non, tu te trompes, tu sais.
Parfois même, quand je vois tes parents...
Et bien je les envie.
À part la garde-robe de ta mère, ça je préfère mourir.
Arrêtez de parler de mes parents.
Je vous défends de parler de mes parents.
Tout ce qui vous plaît là, c'est de les casser, de les humilier, comme vous
faites avec Georges et tous les gens qui ont le malheur de vous approcher.
Et vous savez ce que c'est la vérité ? C'est que vous êtes une vipère et vous
allez crever seul, seul, étouffé par vos billets.
Georges ! Allez-y, appelez-le, virez-moi, je n'ai rien à foutre. J'ai
la vie devant moi ! Mais vous là ! Vous, il serait peut-être temps de claquer une
bonne fois pour toutes !
Allons
dans le bureau, appelle les pompiers ! Je vous jure que je ne l'ai pas touché !
Non, mais qu'est-ce que tu racontes ? Hé, mais ça va pas nous parler comme ça
! On venait aux nouvelles ! Alors c'est vrai, ils ont détroussé la vioque ! Oui
! Hé, qui c'est qui a fait le coup ? C'est les frères Palot, c'est ça, c'est
eux ? Ben oui, c'est eux ! Hé, je le sais, hein ! Tu me parles, ils sont
tellement cons qu'ils se sont vantés partout d'avoir été à sept fois chez l
'argent de la vieille ! Les flics les ont arrêtés en moins de deux, ces
toccards ! Pourquoi tu demandes, puisque tu sais ? Pour vérifier ! Et toi, tu l
'as vue ? Comment elle va ?
C'est vrai qu'elle va mourir ? Je sais pas.
Oh, mais quel magas, comment ça, tu sais pas ? Je sais pas, il y a plein de
médecins, il paraît que c'est le choc. Mais pourquoi elle nous a pas rappelé
avant le cambriolage ? Je vous l'ai déjà dit, il y a eu plein de soirées cette
semaine. Ça a pas arrêté, moi j'ai bossé toutes les nuits. Tu vois, c'est ça qui
l'a fatiguée, mais quelle idée de faire la fête à son âge.
Mais moi ça va très bien, merci.
Bon, et t'es sûre qu'elle a joué aux cartes avec personne d'autre ? Oui, je
suis sûre.
On n'a eu que des ambassadeurs, des acteurs, des footballeurs.
C'est pas le genre à jouer aux cartes.
Ah, parce qu'il y a un genre pour jouer aux cartes ? Oui, le genre pauvre qui
accepte d'être le jouet d'une ultra-riche.
Oh, vous êtes là.
Oui, on venait aux nouvelles.
Comment va-t-elle ? Elle est faible. C'est les panneaux. Maurice.
Elle est pas morte ? Maurice ! Non, mais elle est très fragile, elle a besoin de
se reposer.
Anastasia, vous ferez rentrer le prêtre directement dans le salon, s'il vous
plaît. Très bien, monsieur.
Le prêtre ? Oui, il doit arriver d'un instant à l'autre.
Je vous laisse.
Le prêtre ! Non mais tu vois ! Tu nous racontes n'importe quoi ! Elle est en
train de mourir.
Ouais, bah si elle doit confesser tous ses péchés, prenez un tabouret, ça va
être long.
Ils vont l'enterrer, avec tous ses milliards, et pas la peine d'espérer l
'héritage, on n'aura rien, pas ça que de chier ! Peut-être, mais vous n'aurez pas
à lui rembourser les 5000.
C'est pas faux.
Je vois rien. Eh ben baisse-toi ! Allez,
les pieds. Les petits pieds, là.
Les pieds, là.
Eh ben ! Elle peut vraiment rien faire comme tout le monde, celle-là.
Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Ce n'était pas un prêtre ? Madame a
carrément la visite de l'archevêché.
L'archevê quoi ? Ché.
L'archevêché.
C'est un prêtre.
Premium.
Pour les riches.
Oui, enfin, tu sais, elle peut bien faire venir le pape si elle est en train
de lâcher la rampe. Elle est en train de lâcher la rampe.
Il ne pourra rien faire de plus pour elle.
Surtout qu'il n'est pas très en forme en ce moment, notre François.
Ah, tu vois, Maury, la richesse, ça ne fait pas tout.
En fait, elle me fait de la peine.
Elle est tellement seule, cette femme.
Arrêtez d'être comme ça avec elle.
C'est pour ça que vous perdez. Non, c'est parce que j'ai pas les bonnes
cartes. Non, c'est parce que tu réfléchis pas. Non, c'est parce que vous
êtes trop gentil avec elle.
Quand on joue, il faut haïr son adversaire.
Pas de pitié.
Elle en a de la pitié pour vous, non ? Alors, n'en ayez pas pour elle. Oui,
ben, c'est ce qu'on essaie de faire. Voilà, c'est ça votre problème. Vous
essayez. Vous y arrivez pas.
Pourquoi ? Parce que dans votre tête, vous restez dans votre caste de petit.
Elle sait très bien qu'elle a le pouvoir sur vous. Et qu'est-ce qu'il faut faire,
alors ? Il faut la voir comme une ennemie.
Devant les cartes, il n'y a plus de comtesse, il n'y a plus de boniche.
C'est pas votre copine.
Mais c'est vrai.
Et si on gagnait, on serait à sa place ? Un pied dans la tombe.
Vous aviez les mêmes chances qu'elle de gagner. Vous auriez dû la massacrer.
Mais t'as raison.
On a été trop gentils. Après tout, qu'est-ce qu'on lui doit ? Rien. Mais
rien ? Rien du tout ? Oh Dieu merci, vous êtes encore là.
Elle a renvoyé Monseigneur Ulrich parce qu'elle veut vous voir.
Nous ?
Oui, vous.
Mes chers amis.
Mes chers amis.
Merde, elle délire.
Bonsoir, comtesse. Oui, bonsoir, comtesse.
Vous ne m'embrassez pas ? Si.
Mais
que
se passe-t-il ? Je sens comme un froid.
Est-ce déjà la mort ? La mort qui rôde ? Non, non, tout va bien.
Vous aurez-t-on rapporté de vilains racontards sur moi ? Oh, les gens sont
méchants. Ils sont jaloux.
Notre belle amitié.
La vache, elle a morflé.
Des racontards, mais pas du tout.
Ils ont chopé vos cambrioleurs. Vous êtes au courant ? C'est les frères
Palot. Oh, ils sont plus cons que méchants. Comme la mère a fauté avec son
cousin, du coup, ils sont pas bien finis. Je sais, je sais, je sais. On me
l'a rapporté.
De toute façon, je vais retirer ma plainte.
Je veux partir en paix. Hein ? Vous partez déjà ? Je pars.
Je pars vers une destination dont on ne revient jamais.
Marseille ! Mais Maurice !
Quoi ? Mais fais un effort ! Qu'est-ce que vous racontez ? Vous êtes en pleine
forme ! C'est le chant du signe. Allons, allons !
Vous allez bien nous faire deux ou trois rappels. À quoi bon maintenant ? Je n
'inspire qu'à la paix, la tranquillité, le silence.
Je veux partir entourer des gens que j'aime.
Georges, vous deux, mes amis.
Ah non, comtesse Courage, vous êtes une battante. Vous allez vous remettre.
Merci, mes amis, merci d'être venus me voir avant le grand saut.
Oh là là, j'ai passé de si merveilleux moments avec vous, vous savez. Mais nous
aussi. Toutes ces parties de cartes endiablées ! Je regrette tellement, vous
n'avez jamais pu y gagner. Alors là, jamais.
Oh non mais... Oh c'est pas grave, c'est qu'un jeu ! Oui, nous, comtesse, on s'en
fout de l'argent ! On faisait ça pour l'amour du jeu ! Pour la compétition !
Mais oui, voilà ! Oh, et puis vous êtes de loin la meilleure partenaire qu'on
ait eue.
D'ailleurs, j'aimerais vous remercier, tiens. Ah oui ? C'est pas nécessaire !
Attends ! Si elle est tiens...
Oui, oui, Georges. Oui, Comtesse. Nous n'avons pas encore fait de photos avec
nos amis, allez chercher l'appareil.
De photos ? Oui, oui, c'est une vieille tradition que nous ont transmise nos
amis à Tahiti. Voilà, il faut se photographier avec tous les gens qui
sont chers à notre cœur pour immortaliser ces moments de bonheur.
Ah, c'est intéressant.
C'est nul, on s'en bat les steaks. Aïe !
Et alors vous en faites avec tous vos amis ? Tous mes amis ! Vous en avez fait
une avec Donald Trump ? Ah ah ah Donald ! Nous avons le même coiffeur.
Vous avez vu la petite Tchatchouka ? Anastasia ! Oui c'est pareil, on s'en
fout. Elle a fait d'énormes progrès, elle n'a pratiquement rien cassé là
aujourd'hui.
Oh Anast, c'est toi qui a fait des gâteaux ? Ouais. Oh vous allez voir
quand on teste ces biscuits, c'est le petit Jésus en couche culotte. Ah bon ?
Goûtez.
C'est fourré ! Ah Georges, j'ai failli attendre.
Allez, allez mes amis, asseyez-vous à côté de moi, on va faire la photo.
Ah, si j'avais su, je me serais un peu plus apprêtée. Mais non, vous êtes très
bien comme ça.
Naturel.
De toute façon, Georges a une application pour retoucher les photos,
il fera quelques heures supplémentaires.
Attention, qu'est-ce qu'on dit ? Je vais la télécharger
sur l'ordi, Comtesse.
Merci, mes amis, merci.
Vous savez, c'était très important pour moi. Nous, quand on peut faire plaisir,
gratuitement.
Et puis, vous savez que je vous aime beaucoup.
Je vous aime beaucoup.
Ah, mais nous aussi, hein, Maurice ? Oui, nous aussi.
D'ailleurs, j'aimerais faire quelque chose pour vous.
Quelque chose de légal, qu'on ne soit pas accusé d'abus de faiblesse.
Mais qui pourrait vous croire si intéressé ? On ne sait jamais, comtesse,
les gens sont tellement méchants.
On vous écoute, alors vous vouliez nous parler de quoi ? Écoutez, je voulais
vous parler de... Ramonita.
Anastasia ? Oui, c'est pareil, on s'en fout.
Elle me cause bien du souci.
Ah bon ? Qu'est-ce qu'elle a fait ?
Je ne sais pas si c'est judicieux de vous en parler.
Pourquoi ? Si, on est ses parents. Si elle a fait quelque chose de mal, il
faut nous le dire. Elle vous a manqué de respect.
Alors pour ça, dites donc, elle a un sale caractère, comme sa maman.
Oui, c'est vrai, on est un peu impulsifs. Alors quoi ? Oui, mais vous
me promettez, vous ne la disputerez pas.
Oui, oui, promis, allez-y.
Elle ne sait pas toujours ce qu'elle dit, vous savez, ou ce qu'elle fait. Oh
là là, mais elle la crache, sa valda.
Bon, eh bien...
Eh bien, elle parle très mal de vous.
Et chaque fois que je l'entends, ça me brise le cœur.
Comment ça, elle parle très mal de nous ? Oh, vous connaissez le proverbe, hein
? Élève des corbeaux, ils te crèveront les yeux.
Ah non, moi je connaissais, n'élève pas des chameaux si tu veux du fromage de
chèvre. Mais non, le mec voulait dire, caresse un chien, il te fera dans la
main. Voilà, ça vous parle ? Ah oui, là oui.
Non, non, pas Anastasia.
Elle fait dans la main de personne. Je préférerais, je préférerais. Mais alors,
elle a des expressions lorsqu'elle parle de vous.
Oh, mais c'est choquant.
Quelles expressions ? Avec tous les sacrifices que vous faites pour elle.
Mais j'étais choqué. Quelles expressions ?
Eh ben, oh, c'est pauvre, c'est minable, c'est parasite, c'est sans
dents.
Son langage à elle, quoi.
Comment ça, le parasite ? Et encore, je passe les pires, concernant vos
épouvantables physiques.
Nos épouvantables physiques ? Oui, oui.
Mais, elle a dit ça de nous devant vous.
Devant moi.
Non,
mais non. Elle a dû dire ça pour plaisanter.
C'est pas possible autrement. Ça lui ressemble tellement pas.
Ah oui.
Ah vous savez, on ne connaît jamais vraiment ses enfants.
Ah voilà, je savais, j'aurais pas dû vous le dire.
Oh, vous êtes tristes maintenant.
On va vous laisser vous reposer.
Tenez, on vous avait apporté ça.
Qu'est-ce que c'est ? Les 5000 euros qu'on vous doit. Ah non, non, non, c
'était pas nécessaire.
Ah mais on paie toujours nos dettes. Après si elle en veut pas.
Gardez-les. Vous achèterez quelque chose pour vos petits. Voilà.
Ah.
Ah, euh... Ben,
d'accord.
Merci, comtesse. Ah, oui, ben, merci, comtesse. Quand je pense qu'on vous
appelle la ratchosse... Maurice ! Ah non, pas nous ! C'est les gens qui vous
appellent comme ça ! Laissez, laissez, laissez, Pierrette. Je sais très bien ce
que les gens disent de moi. Allez, viens, la comtesse est fatiguée.
Non mais bouge ! Avant qu'elle change d'avis pour le fric ! Ah mais attendez !
Tu vois, qu'est-ce que je t'avais dit ? Et si nous jouions ? Quoi ? Allez, une
petite partie de carte.
Non, non, non, comtesse, vous devez vous reposer. Oh, écoute, tu vas pas t
'opposer à mes dernières volontés. Non mais le médecin a dit... Attendez, si ça
peut vous faire du bien, nous on n'est pas contre, hein, Maurice ? Oui, nous on
n'est jamais contre ! Ah, faire du bien, ah oui, je vous reconnais bien là.
Allez, allez, Nakamura !
Anastasia ! Ouais c'est pareil, on s'en fout. Viens, sallez la table de jeu. Ah
mais non, non, non, non, on l'a dérangé pas, on va le faire. Ah oui, ok.
Allez, on va jouer.
Oh oui, oui, ça, ça va me faire du bien.
Allez, Georges, ouvrez la banque. Oui, comtesse.
Comme d'habitude.
100 000.
Allez, 100 roues.
Ah, non, non, non, non, attendez.
On a nos 5 000.
Ah ben oui, 100 000 moins leurs 5 000, 95 000, voilà.
Et on avait misé à combien là ? 20 000.
Bon, on va passer à 50.
Mais oui, la partie sera plus rapide.
Puis vous savez, il ne manquerait plus que je glisse du toboggan avant la fin.
Bon, ben écoutez, allons-y pour 50 000 ! Allez !
et le faux derche.
George,
50 000.
Tiens, prépare les cartes.
Voilà, 50 000.
Tiens, fais couper la comtesse.
Merci, comtesse.
On a 400 000 euros, Pierrette. Tu te rends compte ? 400 000 euros.
Non ! 500 000, Maurice ! Ben oui, ça, je me rends parfaitement compte.
Eh ! Suis un peu.
Pardon, c'est qu'on en a tellement que moi, j'arrive plus à compter.
Allez, tiens, cœur.
Vous voulez pas faire une petite pause, là ? Oh là là, qu'est-ce que tu attends
encore ? Tes problèmes de prostate ? Passe.
Je prends.
Allez.
Trois pour Jojo, deux pour ma chérie, trois pour la comtesse et trois pour
Bibi.
Maurice, attention, il y a un... sur la table.
Un quoi ? Sur la table.
Un peu...
Ah un oeuf ! Mais vous pouvez vous taire un peu là tous les deux ? Oh ! C'est
mieux comme ça.
Vous êtes sûr ? Ah oui, carte posée, carte jouée. On n'est pas au bistrot là.
Oh, c'était pas mon tour ? Si, c'est juste que c'est très étonnant que vous
ayez joué ça.
Allez, à vous les lèvres, j'ai toute la famille ! Le père, la mère, les frères
et les soeurs ! George,
50 000 ! Je vais aller marquer le reste sur le carnet. Oui, je vais mettre les
bons confronds, les bons amis.
Ça nous fait en point combien, comtesse ? Vous voulez pas que je compte à votre
place, non ? Mais moi, je vais vous le dire, 475, on est en train de gagner !
Vous l'avez dit cette année qu'on allait vous plumer ! Vous plumez !
Ça va pas, Comtesse ? Oh, j'ai un coup de fatigue, là.
Ça serait peut-être plus raisonnable de faire une pause, Comtesse, au point de
commencer. On continue.
On est bien lancés, là.
Oh, je sais ce qui me ferait du bien.
Moi aussi, un petit Ricard.
Maurice ! Ça fait des plombes qu'on joue, là.
Oh, vous savez ce qui me ferait du bien, Pierrette ? Non, dites-moi.
Vos pâtes. Vos pâtes au pesto.
Oh, j'en ai envie, des pâtes au pesto. Une envie de femme enceinte.
Bon, allons-y pour les pâtes au pesto.
Oui, voilà.
Georges va vous montrer la cuisine.
La partie n'est pas terminée, Pierrette. Mais on la reprendra après.
Il est tard, la comtesse est fatiguée.
Non, non, non.
Écoutez, ce sont des sucres lents. Ça va me faire du bien. Allez-y, Pierrette.
Et alors, vous êtes à combien, là ? 500 000 euros.
Oh, c'est une belle somme. Ah oui, oui, oui.
Et vous savez ce que vous allez en faire ?
Il y a tellement de choses.
Déjà, acheter un appartement.
Surtout un endroit propre.
Et puis ? Payer l'opération Anastasia.
La pauvre, depuis le temps.
Elle travaille, elle peut s'en payer elle-même.
C'est vrai, mais c'est à nous de payer.
C'est nous ses parents.
Je peux vous donner un petit conseil, Maurice ? Un conseil de bourse ? Je
prends... J'achète même ! Voilà, écoutez, faites un beau cadeau à
Pierrette, mais alors un très beau cadeau.
Il y a cette batterie de casseroles, ce qui est relu depuis un moment.
Ouais, on pensait jamais pouvoir se la payer, mais avec ça... Non, non, non,
arrêtez.
Pierrette n'est pas le genre de femme à qui on offre des casseroles. D'ailleurs,
aucune femme n'est le genre à qui on offre des casseroles. Non, non, non,
réfléchissez.
Ah, peut-être... Ah !
Des chaussures. Ah ça, ça, c'est pas du luxe.
Mais non, pas des chaussures non plus, non. Ah si, des chaussures. Vous la
connaissez pas, ma Pierrette. Elle adore les chaussures. D'ailleurs, si elle
avait les moyens, elle a montré une mode.
Une pièce remplie de chaussures.
Un dressing, quoi.
Oh là là, vous me faites de la peine, Maurice.
Mais pourquoi ? Vous êtes tellement amoureux de cette Pierrette. Ben oui, je
suis marié avec elle.
Enfin, moi, on m'a dit qu'avant vous...
Elle était avec un certain Gino.
Doumé. Oui, c'est pareil.
Non, c'est un corse.
C'est son ex. Mais ça, c'est de l'histoire ancienne. Bien sûr, bien sûr,
bien sûr.
Enfin, il paraît que c'était un joueur professionnel.
Il paraît que c'était un flambeur. Et un frimeur, surtout, un frimeur. Oui, oui.
Vous savez, nous, les femmes, on adore ça. Les frimeurs, les flambeurs, les
voyous, les mauvais garçons.
Ah bon ?
Ben oui, ça nous fait vibrer. On a l'impression de vivre dans un film.
C'est vrai ? Oui, oui. D'ailleurs, notre sport préféré, à nous les femmes, ça a
toujours été de courir après les mauvais garçons.
Et ça, c'est comme ça depuis la nuit des temps.
Et vous aussi ? Ah ben non, Maurice, pas moi. Enfin, vous fermez la boutique
depuis longtemps, moi.
Non, mais vous savez, votre Pierrette, c'est le genre de femme qui est attirée
par tout ce qui brille.
Alors méfiez-vous, hein. Ah, méfiez-vous, Maurice.
Un jour, elle partira acheter des cigarettes.
Et elle ne reviendra plus.
Non, elle ne fume pas.
Depuis ça fait 20 ans qu'on est ensemble, ma Pierrette et moi.
Elle supporte tout.
Je vous rappelle que c'est elle qui a voulu jouer aux cartes avec moi.
Ben ouais, elle adore la belote. Non, non, non, non, non.
C'est une ambitieuse.
Une ambitieuse.
Et plus vous gagnerez, et plus elle en voudra.
Et plus vous en aurez, et plus vite elle portera.
Il vaut mieux que je perde.
Qu'elle m'en veuille, c'est pas grave, j'ai l'habitude.
Mais si on gagne et qu'elle me quitte, moi je m'en remettrai jamais, Comtesse.
Parce que vous savez, Pirate, je l'aime.
Je l'aime.
Détendez-vous, mon petit Maurice. Je ne voulais surtout pas vous inquiéter.
Je disais ça comme ça, là, vous savez, c'est un jeu.
Madame est servie.
Ça sent bon, Comtesse.
Ah, il va au bar, lui.
Posez ça là, on mangera tout à l'heure.
Ah mais non, ça va être froid. Mais enfin, comtesse, vous vouliez pas
reprendre des forces ? Non mais j'en ai repris, là, je suis en pleine forme, là,
ça y est, c'est bon.
Allez, belote.
Ah, attends, attends, attends, attends, attends.
Et si nous jouions à quitte ou double ? Quoi ? Jouer nos
500 000 euros d'un coup ? Oui, écoutez, vous...
On s'ennuie un peu, là, ça ronronne, ça serait plus excitant, non ? Mais
attends, c'est 100 000 euros la partie-là ? Ben, c'est bien ce qui vous
reste. Oui, mais c'est beaucoup pour nous, beaucoup, beaucoup.
Oui, écoutez, ça serait absurde, là.
Ben, écoutez, il faut savoir prendre des risques dans la vie.
C'est comme ça qu'on fait fortune.
Vous n'êtes pas d'accord, Pierrette ? Si ! Ah, ben
voilà. Si, allons-y pour qui tout double ! Mais enfin, Pierrette ! Allons,
Maurice, faites plaisir à Pierrette. Vous savez qu'elle adore les flambeurs.
Maurice, qui tout double ? Mais là, t'es sûr ? Oh, mais est-ce que tu peux être
plein, plein ? Prends des risques pour une fois dans ta vie.
Mais oui, allez, petit boyou.
Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On y va ! Qui tout double, hein ? Qui tout double
! Allez !
C'est Malcolm, comtesse.
Non, non, plus tard.
Il y a du gros baclette, Malcolm.
Non, il dit que c'est urgent.
Plus tard. La banque de New York vient d'ouvrir et il veut savoir si vous
voulez... George, qu'est-ce que tu ne comprends pas lorsque je te dis plus
tard ? OK, she cannot talk to you now. Yes, I know, Malcolm.
Bye.
C'est à vous, Comtesse. Oui, ça va, on n'est pas aux pièces.
4 millions!
4 millions!
4 millions!
4 millions!
4 millions!
4 millions! 4 millions! 4 millions! 4 millions! 4 millions! 4 millions! 4
millions! 4 millions! 4 millions! 4 millions! 4 millions! 4 millions! 4
millions! 4 millions! 4 millions! 4 millions! 4 millions! 4 millions! 4
millions! 4 millions! 4 millions!
4 millions! 4 millions!
4 millions! Enfin ! La chance a tourné ! Moi qui commençais à
croire qu'il n'y avait pas de justice dans ce monde ! Pourquoi vous dites ça ?
Vous trouvez ça injuste que je sois riche ? Non ! Ah ben si ! Vous avez peut
-être un cuit de demeurer consanguin, mais vous savez encore ce que vous dites
! Non mais... Non mais quoi ? Non mais quoi ? On ne lance pas des phrases, là,
comme ça, au hasard ! Non mais c'est pas ce que Maurice a voulu dire ! Vous êtes
sa femme ou sa mère, vous ? Dans votre esprit d'arriéré, là...
Quand on est riche, on n'a besoin de rien.
Pourquoi vous dites ça, comtesse ? Donc, vous êtes en jeu ! Merci, délicieuse.
C'est complètement stupide, totalement, définitivement stupide ! J'en ai assez,
j'en ai assez, j'en ai assez d'entendre les gens dire que je suis riche, je suis
riche, je suis riche.
Oh là là, vous croyez que je ne sais pas ce que les gens disent de moi ? Ils ne
disent jamais que je suis drôle, cultivée, attachante. Non, je suis
riche, voilà, point ! Un temps, comtesse, si je puis me permettre.
Mais c'est ce que vous nous montrez, hein ! Et puis Maurice et moi, on n'a
jamais parlé de vous en mal.
Non, non, non, attendez. Ne me prenez pas pour une idiote, hein.
Vous êtes tous pareils. Des envieux, des jaloux.
Vous croyez que je ne vais pas vous écarquer quand vous regardez mes bijoux
? Vous souffrez d'hyperthyroïdie, peut-être ? Mais pas du tout ! Faites
attention, vous allez vous claquer une paupière.
Là, je ne vous comprends pas, comtesse. Vous croyez que Pierrette et Maurice
étaient vos amis.
La preuve, ça fait des années qu'ils perdent et reviennent toujours jouer
avec vous.
Oui, oui.
On vient toujours jouer avec vous.
Toujours avec vous.
Il a raison, Monsieur Georges. Pierrette, Pierrette, on est riche,
riche, riche. Oui, oui, vas-y doucement, Maurice.
Eh oh, Comtesse, ça a dû vous faire le même effet quand vous avez touché vos
premiers millions.
Eh, on est comme vous maintenant.
La grande famille des millionnaires.
Ah, c'est ça, les Kardashian, en plus moche.
Allez-y, charriez-nous, on s'en fout. On est riche.
Il y a quand même quelque chose qui ne s'achète pas. Quoi ? L'élégance.
J'apprendrai ça, j'apprendrai.
D'ailleurs, tout de suite, là, ce soir, moi, je vais vous faire valser, tout de
suite, comme un prince viennois.
Que deviennent, que deviennent, que deviennent les valses de Vienne.
Que deviennent, que deviennent les valses de Vienne.
Maurice, arrêtez, je vais vomir. Pourquoi ? Parce que je vous fais valser
? Non, vous chantez du François Feldman.
Mais j'adore cette chanson, allez ! Oh
non
! Oh non, non, non, non, non !
Maurice, qu'est-ce que t'as fait ? Ah rien, hé oh ! On s'est amusé là ! Mais
oui, mais dans son état, t'es malade ! Mais laissez-nous maintenant, elle a
besoin d'air, allez, sortez ! Allez ! Mais viens, viens ! Ils vont pas s
'envoler !
Espèce de pauvre... Ah, ah, ah, ah, ah. Oh, bruti, c'est bon à rien.
Ouais, ouais, tu vas beaucoup mieux, comtesse, là. Non, mais enfin, t'as vu
dans quel merdier tu nous as mis, là ? Oh, quoi, quoi ? T'es complètement
bourré, t'es complètement saoul, tu joues n'importe comment.
Oh, mais calme-toi, ça va, c'est un jeu, après tout. Non, non, non, ce n'est pas
qu'un jeu, et tu le sais très bien.
Mais je sais même pas pourquoi je te garde, à part vider mon bar, tu ne me
sers strictement à rien.
Voilà. Un seul mot de toi et je m'en vais, je te l'ai déjà dit.
Je déteste m'imposer.
Dors, c'est ça ? Oui, c'est ça le mot que t'attendais. Eh ben dors ! Non, non,
t'es fatiguée, t'es pas sérieuse là. Pas du tout, je ne me suis jamais sentie
aussi lucide et clairvoyante.
Je sais très bien que tu restes uniquement dans l'espoir de toucher le
pactole.
Mais c'est dommage pour toi, j'ai changé mon testament.
Tu n'auras rien, rien.
Comment tu peux être aussi injuste avec moi ?
Tu me traites déjà comme un moins que rien, mais moi je ne reste avec toi que
par pure affection.
Arrête ton cinéma.
Tu serres les dents, tu fais des bâtons sur le mur en attendant ma mort.
Parasite.
J'ai le code du coffre.
Jamais j'ai pris un centime.
Comment je peux en être sûr ? Un petit billet par-dessus, un petit chèque par
-là. Et comment je m'en apercevrai ? En revanche, je vois très bien ton manège.
Là, tu vas trop loin. Moi, je m'en vais, là, maintenant.
C'est ça, allez, allez, allez ! Bon vent ! Ah, et n'oublie pas surtout de dire à
ton petit gang de racailles que c'est plus la peine de tourner autour de mon
coffre. Mon gang de quoi ? Ça va, me vends pas pour une idiote. J'ai tout
compris. T'as tout compris, vas-y, je t'écoute.
Comment les gamins savaient exactement où était mon coffre, hein ? Fais très
attention, comtesse.
Et combien tu leur as promis à ces petits salopards ?
Là, tu deviens méchante, là. Ah ouais ? Combien ? Combien ? Combien ? Faire moi
ça, ce vieux beau.
Il a peur d'une vieille dame.
En fauteuil.
Riche, riche, riche ! Vous êtes à combien, là ? Devine ! Je ne sais pas...
200 000 ! 200 000 ! Plus que ça ! Allez, vous êtes chiant,
là, dites ! Allez, vas-y, dis-lui, maman ! 4 millions ! D'euros ? Non, de Quebec
! Evidemment, d'euros, ma chérie ! Tu vois, mon ange, tu ne nous croyais pas
capable de... Gagner ! 4 millions d'euros ! Mais c'est un truc de malade,
là ! Vous allez faire quoi avec tout cet argent ?
Ce qu'on veut. On n'aura plus jamais besoin de travailler de toute notre vie.
Maman, t'as jamais travaillé de toute ta vie.
Ta gueule, pieds beaux.
Je vais racheter le bar PMU de Gérard en bas de la maison. Oh, mais c'est qu'il a
de l'ambition, mon Momo.
Et puis ce soir, il va falloir s'offrir une escorte. Ah mais non, on ne va pas
en avoir besoin parce qu'on va s'acheter une voiture blindée.
Et un appartement à l'île Saint-Louis. Avec des toilettes sèches.
Et pour son opération, on en verra Anastasia où ça ? À Istanbul !
Istanbul, Constantinople, c'est à Istanbul, Constantinople que l
'Anastasia est ! À Istanbul !
George !
George, ça va ? Elle s'est un petit peu énervée après moi, là, mais... Mais il y
a deux secondes, elle était mourante. Oh, elle en a encore beaucoup sous la
pédale, vous savez.
Tendez, faites voir.
Oh la vache ! Elle vous a pas raté, qu'est-ce que vous lui avez fait ? J'ai
perdu.
Ah oui, non, ça c'est pas de votre faute, c'est le jeu.
On a les cartes qu'on a.
T'es sérieuse ? Alors quand c'est lui, c'est les cartes, et quand c'est moi...
Non, non, on parle pas de toi, là.
Comment elle vous a fait ça ? Elle m'a jeté un cendrier.
Comment elle a fait ?
Eh ben, elle l'a pris.
Et puis, elle me l'a jeté, quoi.
Eh ben, je la voyais pas comme ça.
Je savais qu'elle balançait des piques, c'est sûr, mais pas des cendriers.
Ah, vous la connaissez mal.
Ça fait combien de temps que vous travaillez pour elle ? Je ne travaille
pas pour elle, je ne suis pas payé.
Comment ça, vous êtes pas payé ? Mais vous faites tout, elle vous traite comme
un esclave.
Justement, on paye pas les esclaves.
Mais pourquoi vous supportez ça ? Vous savez qu'avec votre classe, vous
pourriez trouver une bonne place ailleurs.
C'est une longue histoire.
Vous l'aimez ? C'est ça ? Tu vois, je t'avais dit,
ils sont ensemble.
Quand même, ce n'est pas une façon de traiter quelqu'un qu'on aime. L'amour,
ça fait faire n'importe quoi.
C'est que ce n'est pas de l'amour.
Tu ne connais rien, toi.
Si, moi je sais que je t'aime et je ne te jette pas des cendriers.
Alors là, il n'a pas tort.
Vous devez pas vous laisser traiter comme un punching ball ! Oh ! Vous
savez, elle était pas comme ça avant.
Ah bon ? Oh non, quand je l'ai rencontrée, elle avait 35 ans, j'en
avais 25.
C'était la femme de mes rêves.
Belle, brillante, sûre d'elle, libre, arrogante.
Blindée ? Elle avait un goût très prononcé, très sûr pour l'art.
J'étais peintre à l'époque.
Oh ! Peintre !
Et alors, elle vous achetait vos toiles ? Oh bon non, elle détestait ce que je
peignais. Bon, elle avait raison.
Et puis, avec le temps, j'ai fait des progrès.
Je suis devenu un jeune peintre tout à fait honorable.
Elle était mon seul modèle.
Et vous peignez encore ? Non.
Non, très vite. Le modèle me paraissait trop beau. Jamais je n'arrivais à rendre
ce qu'elle était vraiment.
Mais j'étais incapable de vivre loin d'elle.
Bah ouais, une femme comme ça, ça doit faire des beaux cadeaux.
Alors, je suis devenu son ami, le meilleur.
Son serviteur, son chauffeur et son souffre-douleur.
Ça fait beaucoup de choses en heures.
Quel malheur ! Je la hais ! Mais si vous saviez comme je la hais ! Mais alors
partez ! Non ! Je la hais mais je ne peux pas vivre sans elle. Oh là là, mais
quel cauchemar ! Le pire, c'est quand elle perd au quart.
Ah, parce que ça lui arrive de perdre, je veux dire, à part ce soir.
Oui, c'est arrivé une fois ou deux.
Ça, elle ne supporte pas.
Comme Pierrette. Les femmes, elles sont mauvaises perdantes. Eh oh ! Je t
'entends, là.
Alors, elle, c'est pire que ça. Vous n'imaginez pas l'enfer qu'elle me fait
vivre dans ces cas-là.
La preuve. Mais elle avait perdu beaucoup les autres fois.
Bon, aucune question d'argent, non.
Non, c'est juste qu'elle n'a jamais connu aucun échec dans sa vie. Elle a
toujours eu ce qu'elle voulait.
Quand on joue, on perd ou on gagne.
Merci. On ne savait pas.
Non, non, non.
Elle, quand elle joue, c'est pour gagner.
Elle ne supporte pas l'idée de perdre, même 10 euros.
En même temps, il faut la comprendre, l'argent c'est tout ce qu'elle a.
Je peux vous demander une faveur ?
Bien sûr !
Laissez-la gagner !
Pardon
?
Si vous avez un peu d'amitié pour moi, perdez comme d'habitude.
Sinon, elle va me renvoyer et moi, je ne pourrai pas le supporter.
C'est-à-dire que
ça ne nous arrange pas trop, là.
Jojo. On ne peut pas faire ça.
Il faut nous comprendre, mais on attend ce jour depuis des années.
Non, non, laissez.
Je vais voir ce qu'elle veut.
Il faut vite qu'on reprenne la partie.
Ça va pas ? T'es cinglé ou quoi ? Là, vous allez pas rejouer. Vous avez déjà 4
millions. Non, mais t'es con ou t'es con ? La vieille, elle est malade. Lui, il
est au bout du rôle. C'est ce soir ou jamais.
On va les...
T'es pouillé ! Mais ça va, vous avez ce qu'il vous faut, là ! Et alors ?
Pourquoi on pourrait pas avoir plus ? Bon, écoute, Anna, c'est raison, 4
millions, c'est beaucoup ! Mais 4 millions, 4 millions, c'est ce qu'elle
gagne en un coup de fil ! Moi, j'en veux plus ! J'ai trop le bonheur, moi aussi !
Mais on l'a déjà, le bonheur ! Mais moi, c'est toi, mon bonheur ! Très bien, très
bien ! Fais ce que tu veux, arrête si t'en as envie ! Moi, je continue ! Bah,
comment ça, tu continues ? J'appelle Doumé !
Ah, tu le vois encore ? Non, non, mais si je le rappelle, il va rappliquer,
crois-moi.
C'est pas une flippette, lui ? Une flippette, flippette, flippette,
flippette.
Mais comment tu peux dire ça, Pierrette ? Mais parce que je sais qu'on peut
gagner plus.
Je veux devenir quelqu'un, Momo, t'entends ? Mais tu es quelqu'un, tu es
ma femme. Alors si j'y retourne, tu y retournes. Mais si vous perdez. Tais
-toi, toi, tu vas nous porter l'œil.
Pierrette, elle veut vous voir, seule.
Venez, Maurice.
Comtesse ? Entrez, Pierrette, entrez. Ah ben !
Vous avez l'air d'aller mieux.
Oui, ça va mieux, merci. Vous savez, j'ai des crises comme ça, parfois.
La vieillesse est un naufrage.
Avec tout ça, j'ai une mine épouvantable. Oh là là, regarde-moi ça.
Je voulais vous demander justement de m'aider un petit peu à m'arranger, parce
que je suis coiffée comme un épouvantail.
Je ne suis pas très maquillage, coiffure, mais oui, je peux bien vous
aider.
Justement, je crois que vous étiez le genre de femme qui suit tous les tutos
beauté sur...
Instagram, TikTok.
Sur quoi ? TikTok.
C'est pas seulement le bruit que fait votre fille en marchant.
C'est un réseau social.
Ah oui, mais moi j'ai pas tout ça.
J'ai qu'un téléphone à carte, je crois pas que ça marche dessus.
Écoutez, c'est dommage, parce qu'une femme comme vous, droite, forte,
intelligente, vous n'auriez qu'à vous baisser pour cueillir des followers.
Alors si vous croyez que j'ai le temps d'aller à la campagne cueillir des
fleurs...
Bon, écoutez, Pirate, est-ce que je peux vous parler sincèrement, de femme à
femme ? Ah, ben oui, bien sûr.
Alors, écoutez, moi je sais très bien ce qui vous bloque dans votre situation
modeste, alors que vous avez le profil d'une femme qui pourrait être au sommet,
si elle s'en donnait les moyens.
Parce que c'est comme ça que vous me voyez ? Oui, je peux vous parler en
toute sororité, là ? En toute quoi ? Sororité, comme à une sœur,
quoi. Bon, asseyez-vous. Oui, oui.
Bon, écoutez, je ne sais pas trop comment vous le dire, mais allez, je me
lance.
Pierrette, vous méritez mieux que Maurice.
Je suis désolé de vous dire ça parce que j'adore votre mari, mais franchement,
Pierrette, non, non, non.
Il n'est pas à votre hauteur.
Mais à ma hauteur de quoi ? À la hauteur de vous.
Ah, ah, mais non, je suis très heureuse avec mon Maurice.
Il est ce qu'il est, mais c'est un bon mari.
Alors bien sûr, il y a des fois, oh mon Dieu, mais je pourrais le tuer,
tellement il est couturier, il fait tout de travers.
Mais dans l'ensemble, on est très heureux.
Heureux, heureux. Moi aussi, je croyais que j'étais heureuse.
Je sais où je serais, tiens, sans Georges aujourd'hui. C'est pour ça que
je vous dis, Pierrette, il faut partir avant qu'il soit trop tard. Il faut
partir. Mais quoi, quitter Maurice ? Voilà, quittez-le. Ah mais non, jamais.
Jamais je l'aime.
Pierrette, l'argent tue tout.
L'argent salit tout.
Vous savez...
Si j'avais eu le courage de partir, moi, il y a plusieurs années, peut-être que
Georges serait resté le merveilleux peintre qu'il était à l'époque.
Au lieu de quoi, vous avez vu, il s'est laissé vivre en buvant ma fortune.
Tout à l'heure, il était tellement saoul qu'il s'est pris un coin de table. Vous
avez vu, il s'est mis à saigner, il s'est cogné.
Eh oui, c'est un ivrogne, c'est une épave.
Oui, mais Maurice ne boit pas ? Enfin, pas trop ? Non, non, non, pas tant que
ça. Oh, et puis de toute façon, je veillerai.
Voilà, c'est ça.
C'est ce que je vous disais. Vous serez sa garde malade.
Et toute cette vie dont vous rêvez, Pierre, et toute cette vie que vous
méritez, elle vous passera sous le nez.
Voilà.
Oh, mais ça y est, je comprends votre petit
manège, là.
Vous voulez nous séparer pour qu'on perde et qu'on retourne à notre vie d
'avant. Oh, Pierrette, comment pouvez-vous me penser aussi diabolique
que moi ? Oh non, vraiment, vous savez, je vous laisse volontiers tous ces
millions, Pierrette. Mais pensez à vous.
Maurice n'est pas l'homme pour la femme que vous méritez d'être.
Madame ? Quoi ? Monsieur Georges demande ce que vous comptez faire.
Le soleil va bientôt se lever. Il aimerait savoir si vous voulez aller
vous coucher. Non, non, non.
Dites-lui que nous sommes prêts à reprendre la partie.
Allez, on va jouer.
On va jouer sur cette table. On sera bien sur la petite table. Ah mais, comme
vous voudrez.
Allez, on va jouer.
C'est ce que vous voulez jouer, comtesse. Oh oui, et même plutôt deux
fois qu'une.
Ah, et toi, tu es à la hauteur ce coup-ci.
Pierrette. Quoi ? Viens, viens, viens. Quoi ? Pierrette !
Tu préfères pas qu'on arrête ? On a déjà 4 millions.
Mais on pourrait en avoir 8.
Je suis crevé, moi.
Même, Rustin.
Pierrette, 4 millions, si on y joue à quitte ou double et qu'on les perd.
Allez, allez, allez, bois un coup d'eau.
Ça fait plus de 24 heures qu'on joue. Moi, j'ai les fils qui se touchent.
Bon, alors écoute-moi bien, Maurice.
Non seulement on va continuer à jouer, mais on va continuer à gagner, c'est
clair ? Et cave à toi si t'es pas la hauteur.
Bah, la hauteur de quoi ?
Mais à la hauteur de moi, moi aussi je veux faire des totaux sur Toc Toc.
Tu veux faire quoi ? Des totaux.
T'occupe-toi.
Attends, il n'y aurait pas du whisky plutôt ? Même pas dans tes rêves. Oh, j
'ai chaud.
Ne rien arrêtez, comtesse, si vous continuez à perdre, vous allez laisser
une fortune.
Qui te dit que je vais perdre ? Vous n'avez plus toutes vos facultés. Alors
moi, des facultés, j'en ai plus que toi.
Allez, allez, allez, on joue.
Vous êtes sûrs de vouloir continuer parce que là, on est tous un petit peu
au bout de nos vies.
Pas du tout, pas du tout. Nous sommes tous en pleine forme.
Mais nous aussi.
C'est de la triche, vous vous doutez à l'oxygène. Et vous, vous avez la
jeunesse, Maurice.
Un partout, la balle au centre.
Quelle heure il est ? Midi. De quel jour ? Mercredi.
Au pétard, ça fait plus de 36 heures qu'on joue.
Une fois on a fait pire. Vous vous souvenez, Jean-Jean Tahiti ? Ah oui,
oui, oui.
On avait joué 72 heures d'affilée.
Comment ça s'est terminé ? Un des jours a fait un infarctus.
Au pétard, la chance.
Ça va maman, tu tiens le coup ? Bah évidemment, je suis millionnaire.
On est à 32 millions, alors 3 mois, pas près de dormir.
Elle s'occupe bien de ses parents, la petite Chipolata.
Anastasia. Ouais, c'est pareil, on s'en fout.
Mais attends, vous refaites une manche ? Non, on se fait couler un bain, tu vois
pas ? Secoue ton père.
J'ai touché le fond de la piscine avec mon pull marron. Elle est pas encore
creusée, ta piscine ! Caro ! Mais maman, c'est sa tombe que tu creuses. Ah, mais
quelle sorcière, celle-là, quand elle s'y met ! Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est
-ce que t'as encore à râler ? Tu vois bien qu'il tient plus debout ! Et alors,
il peut encore jouer, non ? Ah, Maurice, tu peux encore jouer ! Allez ! Mais
secoue-toi ! Ah, non, non, non, non, non, mais... Mais qu'est-ce que c'est
que cette famille de bons à rien, là, hein ? Et toujours la chouiner, baisser
les bras à la moindre difficulté.
Anastasia, va travailler avec nous seule ! Hein, t'es comme ton père, hein ! Ah,
ça, pour critiquer les autres, ça y a de mort, hein ! Mais pour agir...
Quand t'es atteint pour obéir à ta mère, allez, va-t'en.
Pierrette, ça va pas de parler comme... De parler comme ça à notre fille, avec
ce qu'elle travaille, et avec sa jambe. Ça va, hein ? Elle est pas handicapée
non plus.
Bah si.
Pierrette, vous voulez pas un petit remontant, là ? Pourquoi ? Vous voulez
me bourrer la gueule pour que je perde, c'est ça ? Alors, mes amis, mais calmons
-nous encore.
On ne va pas se chamailler pour quelques millions, là, ça ne vaut pas la peine.
Non, non, non, on reprend la partie. Allez, Pierrette, venez, on reprend la
partie.
Allez, Maurice, asseyez-vous.
Oh là là ! Caro ! Passe.
Non, merci.
Je prends.
Réfléchis bien, Maurice.
Réfléchis bien.
C'est 64 millions.
Faudra pas toujours compter sur moi, Maurice, tu sais.
Tu dois apprendre à t'occuper de tes affaires tout seul.
T'as pas les moyens de t'offrir les services d'un valet.
Hein ? T'as pas les moyens de t'offrir un valet. Non mais dis donc, hé ! On
ne joue pas à la parlante. Mais attendez, quoi, quoi, quoi, quoi ? Je me
dis que je suis pas sa bonne.
Oui, oui, enfin bon.
De toute façon, je ne vais pas le valer.
Il n'y a qu'à mettre nos cartes sur la table, ça ira plus vite.
Réfléchis bien, Maurice.
Réfléchis bien, c'est qui tout double ?
Au revoir, Pierrette.
Pierrette, où tu vas ? Où tu ne seras pas ! Ne
cherche plus jamais à me revoir ! Pierrette, attends, attends
! Côtesse, vous nous donnez une dernière chance ! Moi, j'ai pas d'inconvénients,
mais... On met 50 000 euros ! Quoi ? Non, vous êtes sûr, Maurice ? Mais vous
les sortez tous, ces 50 000 ? Non, Tony, ça vaut au moins ça !
Ça y est, je suis dans la merde, car j'ai plus perdu.
À force de tomber, maintenant je suis à la rue. Je sais, c'est une gâcherie, je
ne vais pas m'excuser.
Tu comprends ? Ruiné ! Papa, vous avez rien. Vous pouvez pas être ruiné. Si,
ben... On a joué la maison.
Non, vous avez pas fait ça.
Ben, c'est gêné ! Vous êtes encore plus débile que je croyais.
Je vais vous inscrire à un concours.
Mais elle m'a retourné la tête ! Retourné la tête ! Elle m'a dit que c
'était notre jour de chance, qu'on avait la baraka.
Alors je lui ai dit, attention, Pirette, c'est pas raisonnable.
Elle m'a dit, c'est quoi ? Elle a menacé de repartir avec son ex, là ! Son corse
! Son boumé ! Alors j'ai pas géré.
sans gueuler. J'en peux plus de vous, j'en peux plus.
Elle est partie d'un côté.
Elle est partie vers le fleuve.
Quoi ? Tu l'as laissée partir ? Mais elle s'est pas lâchée.
C'est nous ! Coucou ! Elle s'est déjà tirée ! De quoi ? Le visage ? Ouais,
ça fait un moment, ouais.
Oh, mais sois pas bête ! Non, elle est encore là.
Pourquoi ? Vous trouvez que vous avez pas assez perdu ? Vous venez jouer vos
organes.
On vient pas pour jouer.
On vient rembourser notre dette.
Ah bon ? Parce que vous avez trouvé 50 000 balles, vous ? Vous avez fait
comment ? Vous avez braqué une banque ? Euh, disons que... On s'est arrangé.
Oui, bah, on s'est endetté sur trois générations, au moins.
Ah, ma pauvre fille, je crois que t'as pas fini de faire des ménages.
Ah non, pour ça, comptez pas sur moi.
Je pars à Aix-en-Provence. J'ai trouvé un stage dans une pâtisserie.
Quoi ?
Mais tu ne nous as rien dit.
Oui, je sais.
Vous auriez été capable de me faire changer d'avis là juste en me faisant
vos yeux de coquère.
Je suis trop gentille avec vous.
Et la révolution prolétarienne ne se fera pas avec gentillesse.
D'accord, Léline. Comment tu vas faire pour vivre là-bas ? Tu sais que ça coûte
un bras avec son province.
J'aurai un salaire.
Et j'ai de l'argent de côté.
T'as de l'argent de côté ? Combien ?
C'est ça, compte là-dessus, toi et bois de l'eau fraîche. Mais enfin, Nath, tu
te rends compte qu'on a dû hypothéquer la maison ? Tu vas pas nous lâcher comme
ça. Ah non, je vous lâche pas.
Je me libère.
Tonton, ça vient être... Non, non, laisse, laisse, Maurice, laisse.
J'espère que t'as le sommeil lourd, ma fille.
Parce que t'auras notre mort sur la conscience.
T'en fais pas pour moi, va.
J'ai du l'exo.
avant de partir. Nous aussi, nous aussi.
Je vois que vous êtes réconciliés. Ah, qu'est-ce que vous voulez ? Pierrette et
moi, on est faits l'un pour l'autre.
Tant on a que l'amour.
Alors là, je suis ravi pour vous. Merci, merci, Comtesse.
Vous repartez à Dubaï ? Non, non, non, nous partons en Floride.
La chaleur est moins étouffante.
Ah, la Floride, ah oui, la Floride, c'est sympa, la Floride.
Eh bien, nous, notre Anna, c'est pareil, c'est en province.
Elle a été recrutée par une grande pâtisserie.
Alors ça, vous savez, ça ne m'étonne pas du tout.
Parce qu'elle est ambitieuse, elle. Elle est ambitieuse. Bravo, bravo, Léonarda.
Anastasia. Oui, c'est pareil, on s'en fout.
Ah, j'allais oublier.
J'ai un cadeau pour vous.
Mais oui, Georges, ouvrez le coffre. Oui, comtesse.
Avant de partir.
Cadeau, qu'est-ce que c'est ? Voilà, c'est pour vous.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est la photo qu'on a prise. Mais oui, c'est notre photo.
C'est pour accrocher au mur de votre salon.
On n'a plus de salon.
Ah. Eh ben... Merci, merci, Comtesse. Oui, merci.
Merci. Merci, Comtesse.
Vous revenez l'année prochaine, hein ? Oh, Inch'Allah.
Anastasia ! Je reviendrai, ne vous inquiétez pas.
Vous avez tout le temps pour vous entraîner. Oh, ben...
On va faire que ça.
Ah, et d'ailleurs... Qu'est-ce que c'est ? Les 50 000 euros qu'on vous doit. Oh
non, ça pouvait t'attendre. Ah, mais on paie toujours nos dettes. Non, mais vous
savez, c'était pas nécessaire.
On l'a perdu, c'est le jeu.
Eh bien, justement, puisque c'est le jeu, eh bien, jouons-les.
Quoi ?
Je n'ai pas accepté cette petite somme comme ça, alors ça serait d'un vulgaire.
Si je peux me permettre, comtesse, je ne pense pas que nous ayons le temps de
faire une partie... Une petite partie rapide, comme ça, vu la somme. Ça, il n
'y a pas cherché loin.
On n'a pas de carte ! Justement, moi, quand je voyage, j'en ai toujours sur
moi.
Alors écoutez, on dit, Pierrette, que celle qui tire la plus forte carte garde
l'argent.
Deal ? Banco ?
T'es sûre ? Non.
Allez Pierrette, tire une carte.
Valet ! Valet ! Valet ! As.
Merde ! Allez, allez, ne faites pas cette tête-là.
Oh, vous savez, le vent a déjà tourné une fois, ça peut recommencer.
En attendant, allons-y.
Georges, nous sommes partis.
Alors, bon voyage, Comtesse. Oui, bon voyage, Comtesse. Au revoir, mes amis, à
très bientôt.
Attendez, je vous ai préparé des biscuits pour le voyage.
Oh, ça c'est gentil.
Alors là, vraiment, sans rancune.
Anastasia.
Sans rancune.
Allez, viens.
Viens, mon cachou, viens.
T'en fais pas, on se refera l'année prochaine.
Inch'Allah.
Elle reviendra pas l'année prochaine.
Mais si, elle l'a dit, là.
Non, elle reviendra pas parce que j'ai mis de la mort au rat dans ses biscuits.
Et une sacrée dose.
De quoi dégommer un bœuf.
Mais enfin, mais t'es tarée, là.
Elle va s'en rendre compte.
Mais non, si les rats se laissent prendre, elle se fera prendre aussi et
aider de la même race qu'eux.
Mais c'est pas possible.
Mais c'est pas possible ! Mais c'est comme ça qu'on t'a élevée ! On fait un
oeuf ! On t'a jamais appris à puter les gens, hein ? Tiens, Maurice, on peut
encore la prévenir.
Oui, merde, quoi, merde ! Je viens de vous sauver la vie, là ! Bande d'ingrats
! Et accessoirement, j'ai débarrassé la planète d'une des pires incarnations du
capitalisme. Ah non, mais elle recommence avec sa politique ! Mais un
oeuf ! Tu nous sauves pas la vie ! Tu nous ruines une deuxième fois ! Mais qu
'est-ce qu'on va faire si elle meurt ? Vous réveillez ! Ah oui ?
Et on va le trouver où l'argent pour s'en sortir maintenant ? Hein ? Oui,
mais t'avais raison, c'était notre mine d'or, la vieille ! Donc en fait, vous
avez développé un syndrome de Stockholm.
Vous êtes dépendant de votre bourreau. Mais quoi, Stockholm ? Où, Stockholm ? C
'est quoi, Stockholm ? Elle t'a dit qu'elle est partie en Floride ! Maurice
! Viens, on peut encore la rattraper à l'aéroport.
Attends, attends, attends !
Avec Marc en vous, pour attraper la roche. Mais c'est mort de schéma ! On
peut toujours essayer ! Allez, viens ! Vous, vous écoutez vraiment jamais rien
! C'est à vous que j'aurais dû donner de la mort au rat !
Salaud de pauvre !
... ... ... ...
Sous-titrage MFP.
Sous-titrage Société Radio-Canada
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