All language subtitles for 93 Rue Lauriston

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Original subtitles

Oh, il y a ?

Je suis à plat.

Il y a ?

!

Qu'est-ce que vous ?

Bonjour. Je suis à plat, j'ai rien pour

réparer.

N'auriez-vous pas des rustines ou au

moins une pompe que je puisse rentrer

chez ?

Ta !

On va essayer de la regonfler.

Merci.

Viens voir, viens voir, il y a !

Vous habitez un coin formidable, ?

Pour faire du vélo, oui.

maison, toutes les deux là. Allez.

Qu'est-ce qui se ?

Un pneu à plat.

On m'a volé ma pompe.

Et laisser le ?

Ouais.

Voilà.

Ça a l'air de tenir. Ah, merci.

La pompe était ?

Quasiment, oui.

Ça explique tout. C'est un vieux clou ce

vélo.

À la guerre comme à la guerre.

Bon, ben, prenez les rustines, ça peut

servir.

Merci.

Au revoir, messieurs.

[cloche]

On ne bouge !

Allez, avancez là, !

Avec toi, on va fouiller la grande.

Enrichon Bergonne. Alias Lafond.

Au nom de la loi, je vous arrête.

On se dit plus ?

Allez, trois par ici et deux par là.

Pierre Bonny. Au nom de la loi, je vous

arrête. Allez.

Ah, merci à l'ami Janovici pour votre

visite, sans doute.

De toute façon, c'était devenu invivable

ici.

Trop bruyant.

Beau travail, Blou.

Maintenant, je veux tout savoir sur ces

salopards et leurs complices, ?

Vous allez me faire un rapport aux

petits oignons sur tout le beau monde

qui a fricoté avec Lafond ou Dauriston.

Discrètement quand même, hein, mon

petit.

[musique]

On ne sait jamais.

[musique]

[musique]

[musique]

Encore une belle journée, ?

Inspecteur mes couilles.

En !

!

En !

!

Vous Vous Léon Jabiné, dit Léon ou ?

Ouais.

Patron, monsieur Henri m'appelait Noël,

ouais.

Présentement, Léon Jabinet, vous êtes

domicilié ici même,

médaillé de la Résistance et sans

emploi.

Ouais.

J'étais trognon.

On était sur les routes.

C'était à débac qu'on rentrait chez soi.

Les parents

Les gens du Nord, de l'Est, s'étaient

repliés aussi devant les Allemands.

Enfin, c'était le chambard partout,

quoi. Vous avez connu ?

Près de chez moi, je suis tombé sur une

famille qui venait de quitter la

grand-route.

En auto, elle était en train de rendre

l'âme.

? Une ?

Elle chauffait.

On a dû quitter la grand-route.

Elle a l'air carrément de

Bah ouais, elle fait de la bouillie.

Joint de culasse.

J'ai jeté un coup d'œil.

J'ai vu qu'elle était cuite, alors je

leur ai proposé un abri pour la nuit.

Mes parents ont un petit magasin à

Paris. Mon frère est encore étudiant en

lettres classiques, moi je suis

institutrice.

Moi, j'ai aussi mon atelier. Je suis euh

Enfin, j'étais électricien.

C'est là.

Je les ai installés dans la maison de ma

mère. Elle s'était repliée chez ses

filles.

Mes sœurs, quoi.

Odile. Elle s'appelait Odile.

Odile Panzer.

Oui, je suis en deuil. Mon mari a été

blessé dans les Ardennes, puis il est

décédé.

Il était dans les transmissions.

Hmm. Elle m'a tout de suite plu.

Elle était plus âgée que moi mais je

crois qu'entre nous ça marche au premier

coup d'œil.

Après ça s'est [musique] fait sans

problème, je leur rendais des petits

services et puis un soir il y a eu bal

au village.

Malgré la débâcle, la défaite,

l'armistice, [musique] on a dansé avec

un accordéon et tout.

On s'est retrouvés l'un contre l'autre.

Elle m'a rejoint la nuit même dans ma

cambuse.

Pour moi ça a été tout de suite le grand

amour.

Pour elle je sais pas.

Et si on y ?

Où ?

Bah.

Non, on reste là.

Tous les deux.

Toujours.

Mais moi je dois rentrer à Paris.

Papa doit ouvrir la boutique et puis moi

je dois retourner [musique] à l'école.

Si vous remontez à Paris, je remonte

aussi.

Là-haut ils se sont vite sentis très mal

et moi aussi.

Le décret est paru.

Merci.

La directrice m'a prévenue, les juifs

désormais ne font plus partie du corps

enseignant.

Qu'est-ce que ça veut ?

Que j'ai plus le droit d'enseigner.

En quel ?

C'est la loi maman.

Drôle de loi.

C'est moi qui leur ai proposé de se

replier chez moi à la campagne.

De toute façon là-bas juif ou pas tout

le monde s'en fout, on sait même pas ce

que c'est.

On est tous repartis dans leur voiture.

Le frère de Dil, Frédéric. On l'appelait

Fred. A voulu pousser plus loin, il

voulait descendre jusqu'à Perpignan. Il

avait des amis là-bas.

Je lui ai dégoté des faux papiers pour

qu'il soit plus tranquille et puis

j'en ai pris aussi pour toute la famille

en cas où.

Avec ça ils sont pur porc, ils peuvent

circuler partout.

Merci.

Ce sont ces faux papiers qui les ont

perdus.

Fred est parti, on n'a plus de

nouvelles.

Sauf une carte de Toulouse.

Un jour qu'on roulait tous les quatre,

il y a eu un barrage avec contrôle de

papiers.

Vos papiers, s'il vous plaît.

Dès que le gendarme a eu les papiers en

main, il a vu qu'ils étaient faux.

Descendez de la voiture, je vous prie.

a fait mettre tous les trois de côté.

Je suis avec eux.

Vos papiers sont bons, pas les leurs.

Je me porte garant, madame est veuve de

guerre. Je suis connu dans le coin, je

suis militaire.

Où est le ? On va juste vérifier leur

identité et tout va se passer bien

gentiment, surtout si vous faites pas

d'histoires.

Qu'est-ce que tu veux que je te ?

Je t'ai dit que c'était très bons faux

papiers là parce que c'était très bons

faux papiers là.

C'est les gendarmes eux-mêmes qui les

fournissent, c'est normal qu'ils sachent

les reconnaître.

? ?

Les gendarmes.

Qui savent reconnaître ?

Et ben les faux papiers.

D'ailleurs, tu veux savoir pour un juif

aujourd'hui quand on demande de sortir

ses papiers là, vrais ou faux, c'est

déjà trop tard.

Tu m'as dit qu'avec ça, ils peuvent

circuler librement.

Comment je pouvais prévoir qu'ils

allaient tomber sur une patrouille de

képis ? Mais bon, t'énerve pas.

Je vais déjà voir avoir où ils sont.

Le lendemain, il m'a annoncé comme une

victoire qu'ils étaient tous les trois à

Bonne-la-Rolande.

Qu'avec pas mal de fric, ça pouvait

peut-être s'arranger.

Du fric, mais j'en ai pas. Et ?

? Les ? Ils en ont pas non plus.

Tu es un vrai con toi.

Qu'est-ce que tu fricotais avec les

seuls juifs qui ont pas de ?

Non mais dis donc, tu les as payés tes ?

Il manquerait plus que ça.

Tu crois qu'on me l'a fait cadeau à ?

Ça m'a rendu fou, je l'ai attrapé à la

gorge, j'ai commencé à le cogner.

Je crois bien que je l'aurais tué.

Non mais tu es dingue ou ?

Fallait me le dire que tu tenais tant

que ça.

!

Bon écoute, d'ici on peut rien faire, on

monte à Paris.

personne à Paris.

Lui, connaissait quelqu'un. Un pays qui

était dans les affaires.

Norbert Bouleau.

J'habinais.

J'abinais, je l'ai tout de suite

reconnu.

Il avait encore sa tête de gamin.

M'expliquer son affaire. Il m'a parlé de

se venger et se disait avec des sanglots

dans la voix.

Il m'a fait marrer.

Il a précisé que la famille était

youpine mais pas mesquine.

Tout de suite malaise.

Moi, j'ai rien contre les [ __ ] ni

pour d'ailleurs, faut être juste.

Mais si je peux faire quelque chose pour

un copain, je suis toujours partant.

Ce qu'il faut que tu saches c'est

qu'aujourd'hui, tout se vend et s'achète

cher, surtout la liberté.

Alors voilà ce que je peux faire. Non,

je sais, je sais, tu as pas un radis ton

audi laisse les vieux [ __ ] non plus.

Je vais te présenter au patron, il a le

bras long, tu vois, très très long, il

est du genre Vishnu. Tu me ?

Le lendemain, je l'ai retrouvé heureux

au restaurant.

Les gars, faut que tu mettes en ordre là

maintenant.

Alors ça quoi, c'est ? Non,

c'est pour la poubelle.

C'est lui.

Qui ?

En uniforme.

Tu m'as pas dit qu'il était beuche.

Mais lui

Non, il aime se loquer comme ça pour

impressionner l'adversaire, c'est tout.

Je passe l'éponge.

Tu viens avec l'oseille, on efface tout.

Regarde-moi quand je te cause.

Mais si tu essaies encore de me doubler

Merci patron, mais c'était juste

Un malentendu, je sais. Ta gueule.

Tu es arrivé là de chez la ?

Passe à la caisse dans la semaine, sinon

c'est toi qu'on efface. Dégage.

Le tableau

Tous les tableaux.

Il est bien le Léo, on y va.

Patron

Pardon, je vais vous présenter un

copain.

Enfin, un très bon copain.

Léo Jabiné.

Léo pour les dames.

On a partagé la même cellule à Fresnes

il y a pas si longtemps.

Tu étais tombé pour ?

C'est un violent. On dirait pas comme ça

mais il connait pas sa force. En plus,

il est un peu fêlé.

Présentement, il est dans la panade.

Ah ben tu connais le ?

C'est 40000 balles.

Le problème, c'est qu'il a pas un radis.

Tu m'étonnes.

Il a fait quoi depuis qu'il est sorti de

?

Il a tenté de vivre honnêtement.

Tu m'en diras tant.

Et en plus

il aime

une youpine.

Il aime.

Il a pas les moyens.

Moi j'aime les histoires d'amour.

Nestor, le patron m'appelait Nestor. ?

J'ai jamais su pourquoi.

Mais l'autre urbain il fait ma fiche sur

sa souris jaune. Et mets son vrai blase

hein que j'en fasse pas sortir une

autre.

[rires]

En cas d'erreur la maison n'accepte

aucune réclamation.

[rires]

Ton blase à toi c'est ? J'ai habillé

Léon. On m'appelle Léo. Pour moi ça sera

Noël. Joyeuses Pâques.

[rires]

Ici il y a du taf et du pognon à prendre

pour les types qu'en veulent et qui sont

réglo. Nestor t'expliquera.

Je m'occupe de ta poule et s'il est pas

déjà parti et ben tu la verras.

Merci monsieur. Merci patron. Merci

patron.

?

Tu as tapé deux fois sur l'épaule, ça

c'est bon augure.

Mais pourquoi tu lui as dit qu'on

s'était connu en ? Qu'est-ce que tu

voulais que je lui ? Un copain de ? On

faisait des pâtés ?

Ouais mais pourquoi on ?

Comme ça t'inquiète, ici tout le monde

sort de tôle.

A part ceux qui sortent direct de la

maison de poulet. Un jour le patron a

débarqué à Fresnes.

J'étais en pension depuis pas mal de

temps et pour encore pas mal de temps.

Il a débarqué avec une demi-douzaine de

flics de la brigade des mineurs.

Il a fait aligner les taulards dont Bibi

et il a fait son marché. Celui-là oui,

celui-là non, toi, toi. Quand il m'a

fait mettre de côté, j'ai dit merci

monsieur. Il a dit merci patron.

Puis il a déclaré

"Je suis Henri Lafont, ex-taulard. Vous

allez travailler avec moi. Si vous êtes

réglo, je ferai de vous des emplois aux

Zaz. Sinon vous regretterez la taule. ?"

"Vive le patron" qu'on a tous gueulé.

Vous lui avez fait faire quoi ? Au début

trois fois rien, ramassage des lettres

peu de travail de bureau. ?

Ben on recevait pas mal de paperasses.

Quel ?

Dénonciations.

Qui dénonçait ?

Vous savez bien, tout le monde dénonçait

tout le monde, surtout son voisin s'il

était bien logé.

Fallait trier les lettres, les ranger,

classer, une vraie planque.

Un jour, j'ai demandé un peu plus, un

truc un peu plus physique, si vous voyez

ce que je veux dire.

Il y avait un type qui faisait que de

faire des crasses à l'ami intime du

patron,

un de l'hôtel du Tysia.

Tu vois le type là-bas au ?

Ouais.

Il est pas réglo.

Ce type le double à tout va, il livrait

direct aux Gestapistes sans passer par

l'ami du patron qui lui était de la

Vermacht. Et bien sûr par monsieur

Henri.

Du [raclement de gorge] coup, bah ils

gonflaient leurs bénéfices à tous les

deux. Et tout ça sur de grosses

quantités.

De ?

De tout, alimentation, tissus, cuirs et

peaux, tableaux, biens juifs, tout tout.

Du coup, le patron l'a mis à l'amende.

Ce connard, protégé par ses copains

Gestapettes, il a pas voulu payer.

Le patron m'a envoyé lui faire une

petite friction, ça lui rafraîchira les

oreilles. C'est là que j'ai pris Jabine

avec moi.

J'aimerais que ça soit toi qui le

frictionne pour que je puisse raconter

ça au patron.

J'avais quoi lui dire pour le ?

Tu sais, c'est pas moi

Écoute-moi.

Ce cave fonctionnait les youps en leur

disant qu'il va faire sortir leurs

familles du trou. Tu me ?

Non, je

je vois pas la combine.

Tu es con ou ?

Il pique leur fric.

?

Il fait rien pour sortir les youps en

christ, et il redemande du fric en

disant que ça a pas marché pour ses

frais perso. Sinon, il les balance à la

Gestapo. Comme ça, il touche deux fois.

Ça y est là, tu me ?

C'est dégueulasse.

Comme tu dis, ouais.

Bonjour.

C'est bien monsieur Adolphe ?

Oui, qu'est-ce que ?

Police allemande, on ne bouge pas.

Je vais vous coller la Gestapo aux

fesses moi.

Fais-le taire.

Désolé, ceci est un premier et dernier

avertissement monsieur Kourou.

Expéditeur, monsieur Henri Lafont, de la

part de l'Auberge Zum Fürher. Merde,

c'est dur à dire. Von der an der an der

maison. Aide-le.

Pas de chance. on va régler notre petit

différent commercial.

Ça, c'est pour le patron.

Et ça, c'est pour le déplacement. Ne

nous obligez pas à revenir. ? Ne comptez

pas trop sur vos amis gestapistes,

monsieur Henri les a bien en main. ?

Et bonsoir, monsieur-dame.

Excusez pour le dérangement.

Après ça, j'ai bien fait d'équiper avec

moi.

Même dans les coups durs, il y allait de

bon cœur. On pourrait croire qu'il

aimait ça.

?

La castagne.

Noël,

Lestan m'a dit que tu t'y es mis, c'est

bien.

J'ai une bonne nouvelle pour toi.

Ta souris t'attendra demain en gare de

Montargis. Je te donne 8 jours de congé.

Après, retour ventre à terre. Il y a du

boulot pour toi ici.

Et même pour ta greluche.

Juif ou pas ici, tout le monde s'en

tape.

Toi du coup, arrête de fumailler et

tempeste.

Bouge ton cul.

Donne-lui les papelards.

Avec ça dans les fouilles, petit, même

les SS se mettront au garde-à-vous

devant toi et ta gonzesse.

Si on te fait le moindre souci, tu sors

ta carte et tu dis "Police allemande."

Demandez monsieur Henri le Restant.

?

Et des du pognon avec.

J'ai du pognon, ? Tu en as un rancard

avec une femme, faut pas mégotter.

Arrête de me triturer, visseur.

Je vais te trouver du boulot, moi.

Si tu aimes me triturer, tu as qu'à

passer à côté.

[rires]

Comment je fais pour vous remercier, ?

Tu verras comment à ton retour.

Demain 11h en gare de Montargis et dans

8 jours, retour ici.

!

Mets une capote, on sait jamais.

[rires]

Et tes deux sous, du !

Montargis, Montargis 5 minutes d'arrêt.

Montargis 5 minutes d'arrêt.

[musique]

J'ai Binette, police allemande.

Odile Panzer Lunel.

Veuillez inscrire par réquisition

spéciale de la police allemande

[musique] a été extraite du camp de

Pithiviers

la juive Odile Panzer Lunel.

Certifié, daté, signé.

Bon ben merci, au revoir.

Au revoir madame. Au revoir monsieur.

Enlève ça.

On a pas le droit.

Tiens.

C'est pour toi.

Pourquoi ils ont mis mon vrai ?

Avec ça, sans aux yeux de la police

allemande, tu es couverte, tu peux aller

n'importe où.

Surtout avec moi.

Et mes ?

Ils vont bien.

Ils sortent ?

Pourquoi les gendarmes ont parlé de

police ?

C'est comme ça que j'ai pu te sortir de

Pithiviers.

Tu as vu, tu dis police allemande et ils

se mettent au garde-à-vous.

Quel rapport tu as avec la police ?

Le patron travaille avec.

Toi ?

?

Moi, je travaille pour mon patron.

Qu'est-ce que tu fais pour ?

Je bricole.

Tu arrêtes des ?

Moi, non.

Et ton ?

Mes parents ont été transférés à Drancy.

Drancy, ouais, je connais, ouais.

C'est dans la région parisienne.

Ton patron peut les faire ?

Je crois pas, non.

Et si tu fais demi-tour et que tu roules

jusqu'à Drancy, tu montres ta carte de

police allemande et tu demandes qu'on

les libère.

Ça marche pas comme ça.

C'est le patron qui obtient les

libérations.

Il l'a fait pour toi, il le fera pas

pour tes parents.

Pas sans argent.

?

Beaucoup.

Beaucoup d'argent.

Je sentais bien qu'il y avait quelque

chose qui allait pas, mais j'arrivais

pas à comprendre ce que c'était.

Enfin, on a franchi la ligne comme des

fleurs et comme il se faisait tard, je

me suis arrêté dans une auberge.

[grognement]

[musique]

Le lendemain matin, j'étais de retour à

l'Auriston.

Parle sur la charrière.

Même le patron s'y est mis. Se faire

poser un lapin par une gamine.

Soir même, on l'a amené boire dans un

noran.

Je suis habitué mais pas à l'alcool,

l'armagnac.

Cette nuit-là, c'était de la poire

William qui lui collait les yeux.

[chant]

[chant]

[chant]

Excusez.

Excusez-moi.

Occupe-toi de mon copain là parce qu'il

a l'air un peu triste.

OK, tu l'amuses.

Et frotte-le. C'est un tango.

Qu'est-ce que tu ?

Je travaille, merde.

[rires]

Qu'est-ce que je t'ai ? Pas avec ces

[ __ ] de la rue Lauriston.

J'aime pas être réveillé par des cris.

Ça me fait mal à la tête.

Non.

Arrête.

Non.

[gémissement]

[cri]

[cri]

Giovanni Peddi.

Un des surineurs de la bande des Corses

de la rue de la Pompe.

Bravo.

C'est pas que je regrette cet [ __ ] de

Macrot. Il aurait pu l'attendre bien

gentiment comme tout le monde à la

sortie.

J'ai qu'on a ces Corses dans les pattes.

Tu crois que j'ai que ça à ?

Tirer tes souris des camps d'y ?

T'éviter la taule ou le ?

Mais et toi du con, tu foutais ?

J'ai rien vu venir. Ça s'est passé si

vite.

Côté flicaille, ils ont pas trop écrasé

le cou au moins de

Côté Corse, il leur a refilé deux trois

affaires, expédié un tombre de fleurs à

Tino aux bifs.

J'ai et Binet, mon oncle, s'est retrouvé

à la cabane comme on disait rue

Lauriston. Même si on faisait ça

n'importe où jusqu'au grenier.

Moi, je suis pas resté longtemps.

J'aimais pas ça, je me portais pas bien.

Because ma sensibilité naturelle.

J'ai Binet, lui, ben

croire qu'il a pris goût.

C'est devenu un vrai spécialiste de la

question.

Et Arsène est

On va lui passer la tête sous l'eau, ?

Si j'ai bien accueilli l'idée du

harnais,

faut être né à la cambrousse pour avoir

des idées comme ça.

Faut immerger si ton client perd

connaissance, tu te casses le dos

essayer de le remonter de la baille.

Avec ça, les courroies et tout, confort

absolu. Enfin pour nous.

Hop hop !

Marché.

Personne n'a jamais vu une super non.

Comme dit le patron,

il y a pas de service de réclamation au

Lauriston.

Bien sûr, j'ai connu Nestor et son ami

Jabinet,

de bêtes primaires, horribles types, à

peine des êtres humains.

C'est moi qui ai eu l'idée d'arnacher

leur Enfin, nos Enfin, les victimes,

n'est-ce ?

[grognement]

C'est qu'on en a sauvé plus d'un,

croyez-moi.

Personnellement, j'étais obligé,

contraint de jouer le jeu, n'est-ce ?

Ayant infiltré, sur ordre de la

Résistance, le Lauriston, je devais,

pour ne pas me découvrir,

accepter toutes les tâches, fussent les

plus dégradantes.

Monsieur Henri et Bonnie,

l'ex-inspecteur Bonnie,

participaient peu à ce genre de quand

cas de client exceptionnel, disons.

D'ailleurs, souvent quand l'homme ou la

femme

apprenaient que le personnage qui leur

faisait face et qui s'apprêtait à

officier était Lafont soi-même,

l'individu, avant tout sévices

corporels, spontanément, peut-on dire,

se mettait à table. Ce qui en était pas

peu fier Monsieur Henri qui, entre

autres travers, était extrêmement

vaniteux.

Bonnie, lui, parvenait toujours à ses

fins.

Il employait des méthodes, il faut le

dire, que j'avais jamais vu pratiquer

par aucun policier dans aucun service.

Enfin, sous nos latitudes, bien entendu.

C'est la ?

Ouais.

J'étais enragé, c'est ?

Faut dire, j'étais presque tout le temps

cuit.

C'est Nestor qui m'encourageait à

cluser.

Pour oublier, il disait.

Un jour, j'ai compris que ça tournait

pas rond.

Que je déconnais carrément.

J'ai croisé une jeune femme.

C'était juste avant l'heure du

couvre-feu, le couvre-feu pour les

juifs, 5h du soir.

Il devait être 5h moins le quart.

Je l'ai vue arriver de loin.

En fait, non.

J'ai juste vu arriver son étoile cousue

sur sa jaquette.

[cri]

Jusqu'aujourd'hui, je sais toujours pas

pourquoi je lui ai fait ça.

Il reste bien sûr.

Souvent, on tombait sur des clients

coopératifs, très coopératifs même.

Moi, du coup, je devais alerter

d'urgence mon agent de liaison à la

préfecture pour essayer de déjouer les

plans des Bonny et Lafont. Je me

souviens d'un cas.

Le service spécialisé de la Wehrmacht

n'en ayant rien tiré, nous l'avait

refilé.

Quand il a vu qu'il débarquait rue

Lauriston, il a demandé à parler à

monsieur Lafont lui-même. Comme il était

absent et Bonny aussi, c'est Nestor et

moi qui l'avons reçu. Nous avons passé

pour Bonny et Lafont.

J'ai une grosse livraison d'argent et de

faux papiers en provenance de Londres.

La remise aura lieu dans un

établissement que je connais pas, les

Culs de France. Une jeune femme nommée

Louison entre 3h et 5h, mercredi ou

jeudi.

Tu vas nous accompagner aux Culs et tu

nous présenteras ta Louison.

Je la connais pas.

Je te conseille de faire sa connaissance

et nous la présenter bien poliment.

?

Bonjour.

Qu'est-ce qui se ?

Police allemande.

Je comprends rien.

Qu'est-ce qui se ?

C'est pour mon père, c'est un retraité

des chemins de fer.

Où est le ?

Où est le ?

Je fais pas de marché noir, c'est juste

pour mon père.

Ta !

Vous avez doublé le fumier.

Sarah, viens. Viens, c'est par là.

!

C'est Pelo qui nous a suggéré d'étouffer

le pognon et de se le partager.

Moi j'aimais pas trop ce genre

d'entourloupe, mais pour une fois bon.

On a fait 50-50, on a coupé la poire en

deux. 50 pour nous, 50 pour la fond.

Après on a amené la fille et le bavard

prendre l'air.

C'est Pelo qui les a abattus. On pouvait

pas les laisser derrière nous si jamais

ils parlaient trop après qu'on avait

fait un parti marrant.

À la guerre comme à la guerre.

Après on a pris la moitié de l'oseille,

on se l'est partagé.

Moi j'ai coulé les faux papiers.

Ça a dû rendre service à des zics qui

avaient besoin.

C'est Jabinay qui les a abattus dans la

forêt de Fontainebleau.

Je voulais essayer de plaider pour eux,

mais ils avaient la trouille de la fond.

Mais ce furent de très sales moments, je

vous prie de croire.

Et bien entendu, j'ai remis ma part du

butin à mon réseau.

En l'honneur de la police.

C'est cela même.

?

Allez, en avant et en silence.

Me sentir ?

?

Alors pardon, non, c'est pas du tout le

genre de la maison.

D'abord monsieur Henri m'a sorti du

trou, je vous dis. Pour un homme comme

lui, moi je me ferais couper en petits

morceaux, haché menu, jeté au feu. Et

puis quoi, il m'aimait non mais ?

Que c'est des salopards, des

terroristes, des pourris, des juifs, des

?

Une fois je me suis trouvé du côté de la

loi et de l'ordre, je l'ai pas manqué

ça, pardon.

Puis il m'a fait connaître que lui

Qui par ?

Bah tout le monde, tout Paris, la crème

de la crème.

D'abord, comment savoir qu'on était du

mauvais ?

Tout le gratin se pressait le ristourne,

il voulait en croquer.

Des caïds de la politique, du commerce,

de l'industrie, des artistes, des

vedettes, des journaleux, tous ils

avaient un petit service, une petite

faveur à demander.

Sans compter les [ __ ] super gradés, il

fallait voir la lèche.

Et puis le patron en uniforme SS, c'est

vrai il en jetait.

Faut dire qu'il s'était fait naturaliser

fridolin.

Ça je l'aurais pas fait. J'aime mon pays

moi quand même.

Pourtant, vous portiez aussi de temps en

temps un costume officiellement.

D'officier non quand même.

Puis c'était pour le boulot, c'était pas

pour le plaisir.

Le patron comment vous dire, il aidait

tout le monde.

Des fois comme ça,

des fois pour le pognon. C'était la

gueule du client comme avec Gabin.

Mais il voulait qu'on lui rende

l'ascenseur. C'est pour ça qu'il lui en

a tellement voulu à Gabin.

Sinon, des chanteurs, des acteurs, des

des juges, des flics.

Des industriels, des importateurs, des

arnaqueurs.

Des Français, des [ __ ] des Juifs.

Ouais, il a même aidé des Juifs.

Croyez-le ou non, il a aidé des Juifs.

Est-ce qu'il y en a un seul d'entre eux

qui était ?

Pas pas un. Ils l'ont tous chargé comme

une mule. Et lui, il a tout pris tout

seul.

Il aurait dû l'ouvrir ou [ __ ] le

bordel au tribunal.

Mais le patron s'est pas dégonflé.

Comment il s'est déballonné celui-là au

?

Une vraie honte ?

[grognement]

Marquez, un flic reste un flic.

Pourriez-vous me dresser une liste de

tous ceux que vous avez croisés

régulièrement au Moulin Rouge et au ?

Le jour où mon prime est à table, avec

les couverts qui sont en argent puis que

ça se passe pas à la cantine d'une

prison, chez Maxim's par exemple.

Ouais, puis des gros bonnets, il y en a

pas eu que au Moulin Rouge et au Riston.

Parce que le patron nous prêtait.

On faisait des petites mains, femmes de

ménage, garde du corps, déménageurs.

Ouais, le plus souvent déménageurs.

Écoutez,

ce serait peut-être plus simple de faire

la liste de ceux qu'on jamais rien

demandé ou rien reçu de monsieur Henri.

Parce que son truc à lui,

ça combine, c'était la générosité

imparable.

Il y avait pas besoin de lui demander ce

qu'il aimait. Ce qu'il faisait reluire,

lui c'était donner, donner, rendre

service. Tenez, monsieur Chevalier, vous

connaissez ouais forcément. Et tout ça,

ça fait des excellents Français.

Le patron l'adorait.

Ben un jour à une vente de charité, je

sais plus au profit de quoi. Je crois

que c'était les orphelins de la police.

Ouais, le patron adorait les orphelins,

surtout ceux de la police. Because

enfin, vous voyez.

Ben il a acheté pour un million.

Croyez-le ou non, un million aux

enchères, le nécessaire à pipe de

Maurice Chevalier.

Et que pipe, blague à tabac et un bout

de carotte 1 million. Vous les auriez

tous vus après lécher les godasses du

patron. Et le Maurice qui chiaulait.

Après il y a une fête monstre au 93. Et

qui a ? Monsieur Henri. Ouais. Il faut

être juste, ce soir-là les invités lui

ont amené des fleurs. Le patron adorait

les fleurs, c'était son côté rosier.

Sont tous fondus d'un bouquet.

C'est aujourd'hui dimanche.

Tiens

le dimanche.

Voilà des roses blanches

pour qu'il les aime

tant.

Je l'aime tant.

[musique]

C'est un petit coup de pouce, ? Entre

amis.

Je vous remercie.

Et après on s'arrange, ?

Femme. Femme.

Deux coupes, s'il vous plaît.

Merci.

Je vous l'assure.

Tu as ?

Bien sûr.

Non non, bien sûr. Evidemment.

!

!

[applaudissements]

Félicitations.

Et encore merci.

!

[applaudissements]

!

!

[applaudissements]

!

!

Un gros rabais sur les impôts.

Evidemment.

!

!

!

!

[applaudissements]

[musique]

Il y a que ce ton-là maman elle

demandait le livre à ma mère. Je vais

pas faire payer le port.

Dire que cet homme là m'a demandé le

livre à ma mère, j'aurais pas fait payer

le port.

Je veux dire que ma mère elle a clapoté

à ma naissance, c'est ma tante qui m'a

élevé.

Mais chez vous aussi on en recevait pas

mal de monde hein.

Commencez par Bousquet.

Le Guay.

Commissaire David.

C'est lui qui nous avait demandé un coup

de main pour coincer des métèques

terroristes qui faisaient chier. Ouais.

Sinon il y en avait plein d'autres hein,

les ex-collègues à Bonny.

Des copains poulets du patron. Cet homme

là, il avait l'art de se faire des amis

partout.

Et parmi les ?

Proprio des calanques, Georges Malu.

Ah ceux-là je peux vous en causer. Par

rouler deux queues, gueule ouverte, et

que je te bouffe et que je te bouffe.

C'est toujours le patron qui régalait,

jamais mettait la main à la fouille. Ça

me rendait dingue.

Je veux dire que le pognon rentrait plus

rapidement qu'il sortait.

La caisse rue du Faubourg Saint-Honoré

se remplissait et se vidait plus vite

que les baignoires, c'est tout dire.

D'où sortait ?

De la Banque de France. Tribut de

guerre, entretien des troupes,

réquisitions.

Ouais. Les [ __ ] payaient tous sans

discuter.

Mais avec le pognon piqué aux Français,

et réinjecté dans le système direct.

Les loubards avec leurs tickets ils

pouvaient espionner que dalle. Les

[ __ ] eux,

ben ils se gonflaient toute toute la

came la disponible.

Et en prime ils se payaient des bons

hommes.

?

Ben des tas de types, des tas de types

comme ça, réputés mains blanches, avec

rosette et macaron du mérite agricole.

Tous vendus pour trois thunes, un kilo

de beurre, un stock de café, un contrat

d'import-export.

Quel était le rôle de Lafont ?

Surveiller la pompe à fric et griffer au

passage son pourcif. Il y en avait du

pognon à prendre ouais.

D'après vous, ?

C'était un policier ?

?

C'est ce qu'il prétend.

Vous vous en dites ?

Je me marre.

Et ?

Je me marre, c'est tout.

Mais vous n'y croyez pas.

S'il était infiltré, c'est normal que

moi je sois pas au courant.

Vous seriez prêt à témoigner qu'il ne

l'était ?

Moi je suis pas de ce panneau. Je vais

vous dire l'occasion ce que je sais

ailleurs qu'ici, mais sur ce que je sais

pas vous ferez pas dire un mot.

À son honneur quand même, ?

Merci.

Anglaise.

En tout occasionnels. Mais même à mille,

ils auraient pas pu répondre à la

demande.

Le 93 était assiégé jour et nuit par des

solliciteurs, quémandeurs, affairistes

qui venaient soit sur place faire le

pied de grue pendant des heures pour

tenter d'approcher Lafond ou à défaut

Bonny qui était devenu son second.

Soit les plus discrets ou les plus en

vue se contentaient de faire le siège au

téléphone pour proposer des combines

ou tout simplement pour dénoncer.

Vous pouvez me citer des ?

Tout est inscrit dans mes rapports de

l'époque que j'ai transmis à

?

L'inspecteur Duchêne, mon contact à la

[grognement] préfecture, je vous l'ai

déjà dit.

Duchêne est bien mort en déportation, ?

Hélas.

Et on ne retrouve pas vos rapports.

Hélas.

Les plus assidus et les plus visibles,

c'étaient les gens du Tout-Paris,

n'est-ce ?

Lafond, comme tous les gosses sortis du

ruisseau, désirait frayer avec les gens

du monde.

Il avait soif de célébrité, de vedette.

Moi, je devais rabattre vers lui les

personnalités les plus en vue.

Mon passage à la Mondaine, ainsi que des

liens amicaux entretenus avec des

personnalités

peut-être de théâtre, de cinéma ou même

de la chanson

plus quelques banquiers ou barons

d'industrie m'ont aidé dans cette tâche

qui me servait que de couverture.

Ma grande affaire fut celle des

Rembrandt.

Mesdames, l'argent ne m'intéresse pas,

mais j'aime la peinture. Alors, si on

peut éviter que des tableaux français

partent en Belgique, ?

Ce sont des Flamands.

Qui ?

Les tableaux flamands, patron.

[rires]

Oui, oui, bien sûr.

Cartes sur table.

Qu'est-ce que vous voulez pour ?

Hum, disons 10 % de l'ensemble de la

transaction. Ce n'est pas exagéré, ? Et

deux, trois toiles chacune. À choisir.

?

Vous choisirez, mes belles.

[rires]

Il vous suffit de nous fournir le nom de

l'expert ou mieux le lieu où il stocke

les crottes.

Je pense que mon ex-mari doit savoir ça.

Hélas, avec tout ce qui se passe

aujourd'hui, j'ai perdu le contact.

Il serait ?

Sans doute en zone libre à cause de son

père, n'est-ce ? Il est israélite.

On perd du temps là.

Appelle-le mon petit, va faire couler un

pain pour ces dames.

Jamais après le repas. Non non non,

merci, ça bloque la digestion.

Tout va bien monsieur ?

Tu veux ma mort [ __ ] Je t'ai dit de

me servir de petites portions.

Oh, mais [rires] ça ça se mange sans

faim.

Tu as de me voir

qu'il a sauté aujourd'hui.

Je grossis à vue d'œil.

Je passe ma vie à table.

Mais ça vous va très bien.

[rires]

Vous ?

Absolument.

Avec un peu de patience, j'ai compris

que ce qu'elles voulaient c'était

surtout une petite avance en liquide.

Une sorte d'avaloir disons sur les 10 %

futurs.

Lafond étala quelques gros biftons sur

la table, mit quelques doigts dans les

culottes et à la fin du repas vers le

café disons

les dames un peu pompettes lui

confièrent où vivait l'ex-mari.

À l'arrière, il y avait Lafond, son

neveu, moi et devant deux types je sais

plus qui.

Police.

C'est à mon ?

Permettez. Qu'est-ce qu'elle fait encore

au ?

Elle est souffrante.

Et Et tu te sens ?

Moi, en forme pour un peu d'exercice.

Mon petit vieux, je vais être direct.

Je m'excuse, mais j'ai pas de temps à

perdre.

Je veux que tu me dises où sont les

tableaux.

Quels ?

Fais le malin avec moi, je te le

conseille.

Donne-moi l'adresse de l'expert désigné.

Demandez-la au commissariat en question,

je peux les connaître maintenant.

C'est à toi que je demande, pépé.

Je fréquente pas les bureaucrates.

Il y a une salle de bain, ?

Non, juste un lavabo, tonton.

M'appelle pas tonton.

dedans.

Bon, toi, si tu es pas coopératif,

je vais devoir te cogner.

Vous cognez ta dame.

Au choix.

Papiers sont en règle. Ma femme est

aryenne. Je suis moi-même ancien

combattant et chrétien.

Raconte-moi ta vie.

[grognement]

Il fait beau, pas pour me gâcher ma

journée.

Alors,

où sont les tableaux de ?

Je sais pas.

[rires]

Pour une fois que je vais à la campagne.

Tu ?

Tu fais chier les ta vieille.

La collection était placée sous le

contrôle d'un administrateur. Mes frères

amants nous ont dépouillés.

Ah ouais, tu veux me faire chier les

aussi. Je te demande juste où crèche

l'administrateur. Parle français, merde.

C'est quoi ces ?

Des Rembrandt, patron.

Et ça vaut du pognon même sans ?

Quelques dizaines de millions.

Les ?

Ah non, chacun.

N'est-ce pas, ?

[souffle coupé]

Prenez-les, laissez-nous. Ma femme est

pas bien.

On les prend.

Tu es sûr qu'il y en a pas ?

On veut les autres.

Tous les autres, tu ?

Alors, où on t'embarque,

toi et ta vioque,

et on vous passe au ?

[rires]

Vous nous dites le nom et l'adresse.

[rires]

Un villa des chênes.

Un

villa des termes.

C'est là que les tableaux sont ?

Je sais pas, c'est l'adresse de

l'expert.

Son ?

Le Grand.

Maître Le Grand.

C'est absolument vrai, mais comment le ?

Nous avons pour mission de vous aider à

protéger la collection.

Qui vous a confié cette ?

Peu importe, on est là pour vous aider

afin que les tableaux ne tombent pas

dans les mains des SS.

Moi, j'ai pour mission, n'est-ce pas,

d'en dresser l'inventaire après les

avoir placés en lieu sûr.

L'inventaire est-il ?

Quasiment.

Et le lieu sûr ?

Sûr.

Inspecteur Bonny,

les SS doivent prendre livraison ?

Écoutez, messieurs, vous me paraissez

très bien informés et tout à fait dignes

de confiance. Il y a sans doute moyen de

s'arranger entre Français.

Faisons en sorte que ces tableaux

n'aillent pas garnir les cimaises du

musée personnel de monsieur Hitler. Et

ensuite,

on trouvera bien un arrangement entre

nous. ?

Dès le lendemain soir, on chargeait les

tableaux stockés dans un château en zone

libre dans la Creuse.

Nous devions les ramener à Paris, placer

l'expert en détention à l'annexe et y

déposer les tableaux. Quand sur la

route, nous avons été interceptés par un

détachement de garde mobile agissant par

réquisition du gouvernement de Vichy et

même sur ordre du maréchal lui-même.

! Allez, !

La France s'était fait pigeonner, ?

Peut-être, mais je crois pas vraiment.

Bien sûr, j'avais prévenu mon chef, la

préfecture, l'inspecteur du chemin

de l'heure et du lieu du chargement mais

Mais du chemin, il agissait pour le

compte de la résistance ou de ?

À cette époque et dans ce cas précis, si

du chemin agit, c'est pour Vichy. Les

tableaux ne faisaient pas partie des

objectifs de la résistance.

Dans les forces qui nous ont intercepté,

j'ai cru reconnaître quelques SS

déguisés en garde mobile.

Mais ville à fond a dû prévenir de

transfert et ils ont dû négocier un

arrangement financier avec les SS sur la

base de l'inventaire de Legrand. On a

été libéré le lendemain. La font a fait

un fond de tous les diables. Il a dit

qu'on avait été vendu et que c'était

Legrand l'expert qui était à l'origine

de la fuite.

Legrand était placé en détention par

Vichy 3 mois. Une fois libre, le patron

a donné l'ordre de liquider.

C'est vous qui

Non, moi j'étais pas qualifié. Non, pour

ça, il a expédié un expert justement.

Ça vous fait ?

Non, c'est-à-dire que l'expert

liquidateur Émile, dit le furet, s'était

trompé de Legrand, il en avait tué un

autre. La font était furieux. Le furet

est reparti en zone sud pour dessouder

le bon Legrand et pour prouver sa bonne

foi et la réussite de son entreprise

il a ramené une preuve matérielle.

?

Il m'a ramené un cadavre.

C'est le ?

Le problème c'est que moi j'ai jamais vu

ce Legrand.

Attends.

!

!

!

Ramène ta !

Ouais, j'arrive.

Eh !

Non mais ça va pas bien ?

Qu'est-ce que ?

C'est ni plus ni moins que des morceaux

de barbare ça.

C'est ?

Ah oui, c'est l'expert.

Ouais bah c'était juste pour savoir si

je m'étais pas encore une fois gouré. Il

y en a des chiées de Legrand.

Il n'y a que ceux qui ne font rien qui

ne se trompent pas pépère. Ne laisse pas

traîner tes merdes ici hein.

Il m'a coupé les jambes ce con.

Qu'est-ce que tu vas en faire ?

Bah je vais le [ __ ] à la poubelle

tiens. Tu veux pas que je le tortore

quand ? Il y a rien à becqueter

là-dedans.

À la ?

Mais tu es vraiment trop con !

Tu vas l'amener au docteur Potiot.

Tu crois pas qu'il a pas trop de bras

pour le faire ?

Mais Potiot, il est équipé pour réduire

en cendres des débris humains.

Mais l'humain tout entier si tu veux

savoir. Tiens, je vais te donner

l'adresse, c'est tout près.

?

Monsieur de Bonneville.

Fais-le monter du con.

Attends.

Tu as des nouvelles de ?

?

Tu me tiens au courant hein.

Bon ben remballe-moi ça, ça fait mal

propre.

C'est ?

?

Le type que tu reçois.

De Bonneville.

Cosmétique, produits de beauté, chimie,

labo, enfin ce que je sais moi.

Il veut ?

Il nous file du pognon tiens.

Contre ?

Un petit coup de pouce pour obtenir des

matières premières des fruits de lin.

Et sans doute un gros soutien pour

pouvoir après leur vendre sa merde une

fois manufacturée.

Mon inspecteur des couilles, laisse-moi

maintenant.

Tu es pas présentable.

Évite d'occuper la salle de bain pendant

que je reçois.

Tu m'emmerdes.

Je veux plus aller à la cave.

Ça me fout le bourdon.

Celui-là fond.

Je vous en prie.

Qu'est-ce qui a déclenché votre ?

Je remontais de la cave, j'étais content

de moi.

Qu'est-ce qu'on en fait, ?

Elle a craché le ?

Avec mon nom et adresse.

Amenez-la au Chasse-Midi.

Allez, en voiture, poulette.

?

Ouais.

Je t'ai fait un petit cadeau, qu'est-ce

qu'on ?

Merci.

Merci ?

Merci, patron.

De rien.

En plus, ça m'a rien coûté.

Pardon, patron.

C'est quoi le ?

Ta juive

qui voulait retrouver ses parents.

Ouais.

C'est fait.

Quoi, ?

Elle les a ?

Tu es au ?

Non, moi je marche au gaz.

Pour Odile.

Pour ?

Fais pas le con avec moi.

Tu me lâches avec elle, tu ?

Le patron m'a dit qu'elle allait

rejoindre ses parents.

C'est ce qu'elle voulait, ?

Rejoindre ?

Qu'est-ce que j'en sais, ?

Ils l'ont ramassée dans une rave de

coco.

Comme elle avait des papillons aux ailes

maison, ils ont téléphoné à monsieur

Henri pour savoir quoi en faire.

Envoyez-la rejoindre ses parents, qu'il

a dit.

Et c'est ?

À l'est.

Si on séparait les familles, c'est le

maréchal qui serait pas content.

Travail, famille, mes couilles.

Ah ça y est là, je crois. Ouais.

Allez, monte.

! Attention.

Allez, vas-y.

Ouais, ça change. Ouais, c'est bon.

Les frizous vont pouvoir se faire des

culottes de peau à tout va.

Puis-je savoir ce que vous ?

On déménage.

Je suis le commissaire d'arrondissement.

Ces locaux sont sous scellés.

Tu touches pas à tes scellés, on casse

les louanges.

Et bien, ça ne va pas se passer comme

ça.

Cause pas en plein courant d'air, tu vas

prendre froid. Allons plutôt rue

Lauriston, 93. Tu ? Police ?

Je ne connais que la police française.

Ça m'a l'air d'être un sacré rigolo,

votre civlot.

Dis-moi, on ?

Je dresse procès-verbal.

Allez, dresse. Dresse, donne-moi ton

petit nom et ton matricule. On sait

jamais si monsieur Lafon cherche un

fliconnet pour faire ses courses.

Fais pas de bil bil. La marchandise ira

au même endroit. Sauf qu'avec nous, elle

ira plus vite, c'est tout.

Tu cherches ?

Toujours dans les chambres à coucher.

[musique] Je les connais comme si je les

avais fait.

Hé, sers-toi.

Ça, c'est de la gratte.

Qu'est-ce qu'il y ? Tu fais ta mijaurée

?

Pourquoi je devrais voler un seul ?

Quel con et quel ! Tu voles pas ces

juifs, tu voles les frites. Tout va

partir pour la Bocheland, tout et les

proprios avec.

Personne ne reviendra jamais. Alors, tu

te sers et tu fais pas chier.

?

Quand tu glisses la main dans la poche

d'un [ __ ] c'est Göring lui-même que tu

fais marrant. ?

Tu as ?

J'aurais dû te laisser crever dans ta

cave, toi. Tu es vraiment plus bon qu'à

ça, hein.

Oh, la rouquine attend, faut livrer.

Et ils emmènent ?

Bah, ça dépend de la marchandise.

Non, les gens, les juifs.

Qu'est-ce que je sais, ?

Attends, tu es tout le temps fourré avec

les [ __ ] tu dois bien savoir quelque

chose.

Pourquoi on parle de ? Par business,

geschaft, ça pour toi, ça pour moi, le

reste là.

Le ?

Le ?

Connard, Radio Londres dit qu'ils les

embarquent pour en

faire du savon.

Du ?

Franchement, je comprends rien, de quoi

tu me parles, moi.

[ __ ] c'est toi qui me parles des ?

Bon.

Oh, [ __ ] c'est dégueulasse.

C'est pas vrai, il est dingue ce mec.

Oh.

J'ai été pris de spasmes, alors j'ai

vomi.

Vomi.

Et a vomi.

Mademoiselle Chouchou est arrivée.

Je peux pas dire que tu m'auras pas

beaucoup aidé.

Bonsoir.

On est poli quand on est pas joli.

Jabinet.

Ça va pas bien monsieur ?

Si si, ça va.

Ça va.

C'était comme si je venais de déssaouler

d'un coup.

Avec une gueule de bois et une envie

terrible de me [ __ ] en l'air.

[musique]

[grognement]

[musique]

Le lendemain, je suis retourné rue

Lauriston prendre mon service.

En arrivant, j'ai croisé l'équipe de

nuit portant de l'occulumène.

Deux petits rouges pas bavards.

On va se les mettre au frais à l'annexe.

Envie de dégueuler m'a tordu les tripes.

J'ai tourné les talons.

J'ai déchiré ma carte de police

allemande

tous les Ausweis.

Je voulais plus rien avoir à faire avec

tout ça.

Ce soir même j'étais rendu ici, enfin à

la maison. Chez ma mère.

Là, ça a été encore pire. Je voyais

Odile et ses parents partout.

Depuis toujours, ce dégoût, cette envie

de me détruire,

d'en finir avec la saloperie que j'étais

devenu.

Ouais, il a disparu un jour comme ça.

Envolé.

Patrouille est mauvaise. Faut croire

qu'il aimait bien.

!

Je m'occuperai personnellement de cette

ordure.

!

!

Moi, j'attendais que Nestor ou le Furet

ou Mammouth ou le patron lui-même vienne

me plomber.

Puis comme personne est venu et que

j'arrivais pas à me supprimer moi-même,

j'ai dû mettre au point une autre

technique

pour me [ __ ] en l'air à coup sûr.

Je veux voir les gars du maquis.

Le ?

Il y en a pas ici.

Je peux les ?

Je connais pas, je vous dis. Et les ?

Les ? Il y en a pas non plus.

Ah si, elle est à la commandature.

Appelle.

J'ai pas le numéro.

Appelle la commandature et passe la moi.

Ne quittez pas.

Oui, police allemande, Gestapo

française.

Jawohl, jawohl.

Je vais appréhender un suspect dans le

bois de la tronche, sur la commune des

Mureaux.

Oui, euh, près de la chapelle

abandonnée. Un suspect, oui, résistance.

J'ai rendez-vous dans 2h. Un véhicule,

une dizaine d'hommes.

[musique]

C'est comme ça que je suis rentré dans

la résistance.

J'étais sûr de finir par me faire

plomber, du coup je me suis senti plutôt

mieux.

J'avais un projet.

Et vous n'avez jamais pensé à liquider

celui du 93, la fleur au ?

Non.

Les [ __ ] ont déporté le patron du café

et sa famille.

Moi j'ai pris du galon dans la

résistance et le pays a été libéré

sans que je me fasse flinguer.

Qu'est-ce que vous allez faire de ?

Juste vous demander de dresser une liste

de tous ceux que vous avez pu croiser ou

côtoyer au 93.

Je suis physionomiste mais je me

souviens pas des noms.

Je vais vous montrer des photos.

Lebinet, bien sûr que je savais où il

était.

Chez sa mère.

Comme cette bonne équipe m'a demandé,

moi j'ai fermé ma gueule.

Le patron m'aurait causé direct,

je sais pas ce que j'aurais fait.

Mais avec Bodin qui était

je pouvais pas l'encadrer ce con-là.

Faut dire que depuis qu'il était devenu

le second du patron, l'ambiance avait

changé au 93. C'était devenu service

service, si vous voyez ce que je veux

dire.

Dis donc toi, tu as dit à monsieur Henri

J'appelais toujours le patron monsieur

Henri.

Il refilait du monsieur et du madame

gros comme le bras.

Des flics respectueux, limite [ __ ]

Un vrai poulet, quoi.

Tu as dit que tu étais en taule avec ?

?

Comment ça se fait qu'il a pas de ?

Lebinet pas ?

Ah moi non plus, j'ai pas de casier.

Toi, je te l'ai fait effacer.

Lui, on n'a pas eu à l'effacer vu qu'il

n'en a pas de casier.

Vierge.

Tu l'as connu ?

Bah en taule, pas au séminaire.

Bon, qu'est-ce qu'on fait ? Client à

toi.

Il refroidit.

Ouais, ben pas d'arnaque.

Tu vas me remettre la main sur Jaminet.

Et s'il s'avère que c'est un mouton et

qu'il nous a fait une entourloupe ou un

enfant dans le dos, c'est toi qui

trinque là.

Je vois Jaminet agent inspecteur.

T'occupe. Si je veux te faire chanter,

tu chanteras, crois-moi.

Ah, c'est bon. Jaminet nous entrait la

préfecture. Patron lui faisait très chef

de service. Il allait d'un bureau à

l'autre, il faisait ami-ami avec tout le

monde.

Vous l'avez pas connu vous ?

J'étais sur Lyon.

Ah ouais.

Les dossiers confidentiels étaient à

disposition de la rue Lauriston.

Les flics nous appelaient services

spéciaux. On faisait des actions

communes, service d'ordre,

rafles.

À cette époque-là, le patron s'en

foutait de Jaminet.

Rien fait pour le retrouver, pas un

geste. Il était sur un gros coup,

déployé en province comme il disait.

Il a reçu le colonel Knorren, colonel

SS, chef du service de sécurité.

Un copain lui.

Euh

Comment il ? ? Ah quel nom le con.

Le criminel Rat Bol ?

Ouais, c'est ça. Vous le connaissiez ?

Et nous, on le voyait souvent.

Patron lui dégotait des petits girons,

faisait des petits cadeaux, lui envoyait

des petites fleurs histoire de garder de

bonnes relations. Faut dire qu'à cette

époque-là, les flics de la commençaient

à avoir leurs caleçons kaki qui leur

collaient aux choses.

Il souffle, hélas, sur la France

un vent de folie criminelle. La

situation qui a été maîtrisée à Paris ne

cesse de se dégrader en campagne. Des

jeunes bandits communistes, égolistes ou

refusant en tout cas d'aller travailler

dans notre grande Reich, rejoignent les

maquis terroristes.

Colonel Knorren,

notre ami Lafont

qui a l'énergie et l'expérience propre à

vaincre dans ce genre de lutte propose

de mettre sur pied

une brigade composée d'ex-tirailleurs

nord-africains

équipée et entraînée par ce soin

avec pour mission ramener le calme et

l'ordre dans les campagnes.

Notre seul objectif est la libre

circulation de nos troupes afin de

permettre le prélèvement de ce qui est

nécessaire à notre intendance et

et aux besoins du peuple allemand.

Cher ami Lafont

si dans disons 3 mois

l'exode n'est pas sûr

nous appliquerons aux paysans français

le régime que nous appliquons

aux moujiks en Russie.

Est-ce que ça c'est ?

Tout à fait colonel. Allez.

Bois un coup, c'est du bon.

Te casse pas la tête avec ça, je m'en

occupe.

Sur dérogation exceptionnelle

le Reichführer Heinrich Himmler

élève Heinrich Schandorff dit Lafont

au grade de capitaine dans la Waffen SS.

Heil !

Heil !

[applaudissements]

[applaudissements]

Et la médaille qui va avec.

C'est ?

L'emblème de la SS.

Et au revers

un juif pendu.

Très beau.

Merci.

[applaudissements]

Non mais il voulait qu'on lui donne du

capitaine en faisant ça du français. Pas

le bras levé quand même, ?

Et ben je dégageais ce con de bonhomme

est sur ses grands chevaux. Il a gueulé.

[ __ ] il a gueulé.

Non, non, non, !

[soupir]

Tu es pas un golo porno, Henri.

Qu'est-ce qu'on a gagné à crapahuter

face aux mecs qui sont dans des bleds ?

En plus, comment tu vas les équiper tes

?

Inspecteur mes couilles, garde-à-vous.

Ça, c'est mes oignons.

Toi, tu restes ici, tu sers la vis aux

parigots.

Et moi, je vais gagner la guerre et des

galons contre les péquenots

avec mon contingent de jean de [ __ ]

Désormais, le clochon et les autres

pourront plus rien nous refuser.

Déjà qu'ils nous mangent dans la poigne.

Et puis d'ici, Paul Péta Pétoche

va finir par bouffer son képi, ?

Alors, à nous la grande vie.

Toi, tu feras un très bon ministre de

l'Intérieur.

Tu as le sens de l'ordre

et tu es vicelard.

Juste ce qu'il faut.

Tout pour plaire.

Bien, monsieur Beuleu. Vous voyez dire

depuis la libé.

Vous avez été fermés un moment,

vous-même.

Quelques mois, histoire ancienne. Il

faut bien que quelqu'un paie pour les

autres. Vous savez ce qu'ils ont fait à

ce pauvre monsieur ?

Euh, 12 balles dans la peau.

On le regrette bien.

Il y a toujours quelqu'un qui paie pour

Oh, c'est égal.

On a bien rigolé.

Remarquez, avec les Américains, aussi,

on peut s'arranger. Seulement, ils sont

pas vraiment de la gueule. Alors, on

souffre.

Oui, j'étais présent, enfin, à la table

à côté avec Bonny et quelques autres.

Lafont et Jeanne Aubry ici déjeunaient

en tête-à-tête.

Joseph, mon gros chat.

Tu comprends, ?

J'ai une affaire pour toi.

Hmm, ça va me coûter ?

Un max.

C'est une affaire exceptionnelle.

Tu vas pas gagner un radis.

Ah, le champ, en effet, merci.

Bois.

Autant Rothschild.

J'ai réussi à lui étouffer tout un lot

avant que le Göring se gonfle le tout.

Fine gueule celui-là.

Il est organisé, il faut voir comme une

vraie pieuvre. Bon, je suis impatient.

C'est quoi ?

Si je te dis tout, tu seras obligé de

mettre la main à la fouille. À moins que

l'affaire ne m'intéresse vraiment pas.

Qui ?

Ah dans ce cas, je serai obligé de

rendre compte à mes amis de la SS.

En leur précisant que le [ __ ] qu'ils

protègent et à qui ils font faire des

affaires juteuses

a refusé de se montrer reconnaissant. Ce

qui est de la part d'un [ __ ] ne les

surprendra pas vraiment.

Je sais pas si tu as remarqué, mais

depuis quelque temps

ils n'apprécient pas du tout les

[ __ ]

Mes amis de la SS, comme ceux de la

Wehrmacht et ceux de la Gestapo

d'ailleurs, savent que je suis de

confession orthodoxe.

En outre, ils ont été largement payés.

Et toi aussi. Faut savoir que

je [grognement] ne refuse jamais de

mettre la main à la

La poche pour du stock rose.

Joseph, ils savent que tu es mon ami,

point final.

Sinon moi, je vais les voir et je leur

dis qu'en réalité tu n'es plus mon ami.

Ils se souviendront aussi sec que tu

n'es pas non plus orthodoxe.

?

Tu veux pas connaître la nature de ?

Chez les orthodoxes, quand un ami

demande de l'argent à un ami, c'est que

ce dernier en a vraiment besoin. Alors,

? Oh, l'argent pour À nous, c'est sans

importance, mon gros charognard.

Il me faut de quoi équiper, armer,

vêtir, uniforme, bardas, godasses, tout

ça, tentes, lits de camp, sacs à viande.

300 bons hommes immédiatement.

Tu sais mieux que moi qu'aujourd'hui

[grognement]

on trouve plus facilement 300 millions

en liquide

que 300 liquettes. C'est ça, pleure un

coup. On fait l'orthodoxe avec moi.

Joseph, mon gros,

tu viens de conclure la meilleure

affaire de ta vie.

Quand le chef saura que c'est toi qui a

acquis ma division, il te nommera pas

porte-à-porte de sa vie. Et qui ?

Peut-être à juste l'envoyer dans la FNS.

Allez,

il me faut les 300 pataches complets

dans le milieu.

Ils sortaient d'où ces ?

Dans un cantonnement près de Cahors, on

les avait laissé pourrir depuis

l'armistice. Personne ne savait quoi en

faire.

Pourquoi ne pas les avoir envoyés en

Afrique du ?

Le temps que les autorités prennent la

décision, il y avait déjà les Américains

débarqués là-bas.

Et vous, vous avez suivi Lafont et sa

division dans le ?

Non non, j'étais resté à Paris à la

demande de mon chef de réseau.

Le réseau Honneur de la Police que

Joannovici finançait également.

À l'époque, je l'ignorais.

Je n'avais de contact à la préfecture

qu'avec l'inspecteur Duchamp. Je lui

transmettais mes rapports sur les

activités de la Carlingue.

La ?

Oui.

La rue Lauriston, Bonny, Lafont, c'était

la Carlingue.

Vous ne savez vraiment pas ce qu'ils

sont devenus ces ?

Vraiment pas.

Duchamp a été pris et déporté en mai 44.

Il a dû être vendu par un de nos

collègues. La préfecture était devenue

un vrai panier de crabes.

Du coup, vous ne pouvez pas prouver que

vous faisiez partie du réseau et donc de

la Résistance.

Non, hélas.

Et vous attendez votre réinsertion dans

la ?

Je l'attends pas, je l'espère.

On me la doit.

On va bien finir par mettre la main sur

mes rapports ou me rendre justice d'une

manière ou d'une autre.

On croit bien Joannovici sur parole,

alors pourquoi pas ?

Il est vrai que les Juifs aujourd'hui

ont meilleure presse que les malheureux

flics.

Encore un peu de ?

Bien sûr, je les ai vus. Et ? Ils sont

installés chez moi, partout. Partout

dans le coin.

Oui, des vrais diables, surtout les

[ __ ]

Les ?

Oui, ceux qui les commandaient.

Oui, il y en avait un, tout en noir.

Capitaine, fallait l'appeler. Mais c'est

qu'il parlait français mieux que vous et

moi. Il fallait pas lui dire non hein.

Et puis ça réquisitionnait. Et ça

réquisitionnait à tout va. Allez vas-y

et bétail, et volaille, et fruits, et

légumes, et patates, et épinards, tout

pour leur gueule. Et pour cette débauche

aussi. Quel malheur.

En ce temps-là j'avais un un gamin.

Un gosse placé par l'assistance, 12-13

ans quoi.

Le petit pauvre se [ __ ] décide qu'il

est en âge de partir travailler en

Allemagne.

Tu dis qu'il est pas en âge de partir au

?

Mais c'est un gamin de l'assistance. Il

va encore à l'école. Mais il m'aide

juste pour les bêtes.

Tu auras plus besoin de lui.

Après notre passage tu auras plus de

bêtes.

[rires]

Je fais aussi les courses pour toi.

Bah l'occasion.

?

C'est ravitailler le ?

A part vous je ravitaille personne moi.

Comment ils bouffent ?

Bah je sais pas moi, je m'en fous.

Ils sont ?

Mais je sais pas je vous dis.

Petit.

Tu sais où ils sont les ?

Je sais pas.

Il sait pas, tu sais pas.

C'est pas ton fils.

Qu'est-ce qu'on en a ?

[halètement]

Ça ?

Tu aimes ?

Moi aussi je suis de l'assistance tu

sais.

J'ai une enfance très dure.

Je bouffais dans les poubelles des

[ __ ]

Allez dis-moi où ils sont les

gaullistes.

A moins que ce soit des cocos par ici.

Je sais pas le gosse non plus. Merde

foutez-nous la paix.

Ah si tu deviens grossier, on va s'y

prendre autrement.

Regarde petit.

Si tu me dis pas où sont ces salopards,

je vais escaragasser le melon.

Moi j'étais pas fier hein.

Et le petit

le petit a dit

laissez papy loulou tranquille.

Je m'appelle Louis.

Je vais vous y conduire moi.

Pas besoin de leur défoncer la gueule à

coup de latte.

Faut juste avoir un peu de tact.

Allez les !

On va se faire tirer des fifilles avant

de croûter.

Ça va nous ouvrir l'appétit.

[musique]

Ils sont ?

Non monsieur.

Non, capitaine.

Laisse.

Tu me dis que c'est un môme.

Tu me prends pour un con ou ?

Le morveux nous a conduit à travers

champs, droit vers une colline, patron

jubilait.

Je savais.

Je savais rien qu'à le voir que ce petit

leur servait de estafette.

C'est ça l'instinct.

[musique]

Le sentir avant d'interroger.

Sentir le vrai.

Ne pas le chercher, le trouver.

Allez mon gars, marche.

[musique]

Je suis orphelin moi aussi.

Fais bien.

Occupe-toi.

[musique]

[musique]

[musique]

! ! Lâche les !

Qui est le ?

Qui ?

Qui ? Qui ?

[musique]

[musique]

Quel con, quel petit con.

On est tombé comme un grappe

mais on a rappelé patron et moi on s'est

bien couvert.

Les [ __ ] ont dégusté seulement.

Retour à la ferme, le péquenot s'était

fait la malle avec toute sa petite

famille.

Patron voulait qu'on foute le feu à la

ferme, au village, à la région, à la

France entière.

Je lui ai dit comme ça où c'est qu'on va

crêcher patron avec vos [ __ ] si on

brûle ?

Je peux dire modestement

que j'ai sauvé la région. Et tout ça

pour pas un rond.

[grognement]

Tu portais également un uniforme

allemand ?

Ouais ça c'était dur. Je me serais

volontiers craché dessus.

Ouais le patron écœuré est remonté à

Paris.

Il a laissé que la troupe se déserter

sec.

J'avais une nouvelle mission.

Vider les cellules de tous ces quêteux

et rafler leur lingot. On se marrait

bien mais ça pouvait pas durer

éternellement.

Et Fifi qui nous canardait de partout,

chaque carrefour avec ça que les

américains débarquaient

moi aussi j'ai décidé de remonter à

Paris.

En route je me suis arrêté par chez moi.

C'est là que j'ai appris que Jabi

n'était devenue une sorte de caille de

la résistance.

Tu l'as ?

Non non j'ai pas cherché, chacun son

chemin.

Je me suis planqué

puis il y a eu

la libération comme ils disent.

[grognement]

Le flicaille m'a retrouvé.

Ils m'ont demandé de balancer, vous

voyez, enfin bon.

J'ai pas chargé le patron, il n'a pas

besoin, il avait son compte.

Et Bonnie et ? Ouais.

J'ai dit ce que je savais, trois fois

rien.

Les flics m'ont dit qu'ils en

tiendraient compte.

Croire qu'on prend goût à se trouver du

côté de la loi et de l'ordre.

Enfin j'espère que je vais pas rester à

moisir ici.

Je suis jeune, je peux rendre service.

J'ai envie d'être utile, quoi.

Je me suis laissé dire que le marché

noir là, aujourd'hui, en 47, était

encore plus prospère qu'en 43.

Ça promet, ?

[grognement]

C'est de l'avenir pour des gars comme

moi.

Ah, le patron, je l'ai revu un soir dans

un bar Place Pigalle.

Un rade où on avait nos habitudes

nocturnes.

Triste à voir, en civil, bourré comme un

Polaque.

[chant]

Quoi, me planquer, [ __ ] le camp en ?

Avec tous les ?

Je reste.

Le bateau coule, le capitaine coule

avec.

Et puis ?

J'ai eu la grande vie, ?

Champagne,

comtesses,

orchidées,

et tous ces [ __ ] qui me bouffaient

dans la poigne.

Ouais.

Je suis bourré,

faut reconnaître.

Ça fait chier, mais il faut reconnaître.

Je suis bourré.

J'ai cru que les Verts-de-Gris en

avaient réellement dans la culotte, mais

ouais.

C'est des foireux comme les autres.

Ils ont agité la moustache, la foireuse

aussi.

Un vague de la gueule avec du saindoux

sous la mèche.

Obsédés par les youtres, les youtres,

les youtres, les youtres, les ! !

C'est pas comme ça qu'on gagne une

une guerre mondiale.

Mais ça fait rien.

[chant]

On s'est quand même bien marré.

Reverse-moi un verre de ratafia, Lufia.

Ne croyez-vous pas patron qu'il serait

l'heure de l'église et le lardons dans

le ?

Verse-moi à boire ou je te flingue.

Et fous-toi en garde-à-vous, [ __ ] de !

Quand tu sers un capitaine !

Nom de ! [cri]

Où tu te ?

Où vous vous croyez ?

Et puis ça va comme ça.

J'en ai marre de vos gueules.

Vous me faites chier.

Vous êtes trop cons.

Des images

pour les enfants sages.

Adieu l'amour pour les légionnaires

qui m'a aimé la nuit le jour,

ici balai

plus court, plus dur

quand souvent les

meilleurs

amours.

Tristesse

Ça va aller ?

Faut que je passe voir si mes fillettes

dorment.

Faut aussi que je leur prépare un avenir

décent, ?

Lufiane mes deux.

Si le gros chat a beaucoup pété.

Pardon patron, ?

!

Fleur de !

Pointe de son !

Dis-lui que j'ai ! Et que j'aime pas !

Que s'il retrouve pas vite la fond,

c'est la fond qui la retrouvera.

!

Faustine patron, Faustine.

!

Triste ouais, triste.

Mais même pas repéré, c'était plus

l'homme que j'avais connu. Était

lessivé.

3 semaines plus tard, il se faisait

ramasser comme une fleur avec Bonnie,

son neveu, deux ou trois autres

connards. Enfin ça vous savez mieux que

moi vu que vous étiez au première loge.

Dire qu'aujourd'hui vous avez même plus

de machine à écrire.

Ni de fonctionnaire pour vous épauler.

Vous êtes tout seul.

Restriction des moyens techniques.

J'ai même plus de bureau à moi à la

préfecture si tu veux tout savoir.

[grognement]

Sauf respect.

Vous êtes pas assez vicelard

commissaire.

Si on se mettait à notre petite liste.

Si vous y tenez.

C'est quoi ?

Le répertoire sommaire de ceux et celles

qui ont approché Lafont

et qui leur a rendu de plus ou moins

grands services.

Vous auriez gagné du temps en recopiant

le Bottin Mondain.

Il y a pas que des gens du monde.

Des gens de la ?

Des collègues en ?

Oui, mais qu'on a rétrogradé au grade

inférieur à la Libération.

Certains.

Avec un peu de chance, je vais trouver

mon nom.

Je me suis adressé 2 ou 3 ou 4 fois à

Lafont pour obtenir la libération

d'hommes à nous

que les siens ou les Allemands ou

d'autres maintenaient en détention.

Parfaitement.

Et j'ai toujours obtenu satisfaction.

Je me suis même adressé 2 ou 3 fois à

Bonny et Lafont

avec qui j'avais travaillé au temps de

l'affaire Stavisky.

Je ne sais pas ce que vous cherchez au

juste.

Vous êtes ?

Ni coco ni pas coco.

Vous m'avez demandé un rapport sur le

réseau Lafont

et ses ramifications dans le monde des

affaires. Voilà la première partie du

rapport.

Le reste suivra.

Parfait.

Merci.

Rapport pour rapport,

j'en ai reçu un sur votre activité à

Lyon.

Vous étiez, dit-on, très proche du Parti

Communiste.

De la Résistance, disons.

Oui oui oui.

On dit tous ça.

En tout cas, vous avez acquis là-bas une

solide réputation de foutteur de merde.

Dois-je prendre ça comme un ?

Ce n'était pas une critique, mon petit.

Seulement désormais,

l'Occupation est finie.

Bonny et Lafont ont été jugés pour

délits de droit commun et exécutés avec

la plupart de leurs sbires. Voilà, bon,

rideau, point final, on tourne la page.

On reconstruit, on reconstruit.

Et vous savez comment on reconstruit en

période de vaches ?

En recyclant les matériaux recyclables.

Condition, j'imagine, qu'ils soient pas

trop pourris.

Sinon, l'édifice risque de se casser la

gueule.

On fait quoi, ?

On se prend tous par la ?

On se fout tous à ? Qu'est-ce que de la

?

Vous aviez l'occasion de le faire à

Lyon. Il y a deux fleuves qui passent

là-bas, ?

Je n'ai rien fait qui puisse me donner

envie de me [ __ ] à l'eau.

Sinon, m'être retenu d'y balancer

certains collègues.

Très bien.

Vous avez su ne pas faire d'oseille à

Lyon.

N'en faites pas non plus à Paris.

Et ce rapport, monsieur le

divisionnaire, c'est vous qui me l'avez

commandé.

Mais il y a 3 ans, mon petit, 3 ans.

Depuis, toute la bande a été passée par

les armes.

Alors, on classe, on oublie, on passe à

autre chose.

On laisse les industriels, les

aréalisateurs de biens, les affairistes,

les plumitifs qui se pressaient à la

soupe rue Lauriston, revenir aux

affaires et rediriger le ?

Mais qu'est-ce que vous voulez à la ?

Que la moitié de la France colle l'autre

moitié au ? Vous êtes pire que

Robespierre. L'épuration, c'est fini.

Il y a pas eu assez de morts, pas eu

assez de sang pour ?

Occupez-vous plutôt du marché noir

d'aujourd'hui. Faites donc un petit tour

à Châteauroux. Les amerlocks sont en

train de pourrir toute la région.

Mais le marché noir de d'aujourd'hui est

lié au marché noir d'hier. Le grand

banditisme aussi, d'ailleurs. Ils

étaient tous stagiaires rue Lauriston.

Vous savez ? Vous voyez tout en noir,

c'est ça qui va pas chez vous. Au lieu

de vous réjouir que tout ça soit

derrière vous, vous faites le dégoûté,

vous ressassez, vous allez ramasser des

saloperies dans les poubelles, vous

confessez des petites frappes, vous

faites collection de ragots

invérifiables. Je vais finir par croire

que vous aimez ça. Et le pire, c'est que

vous négligez le reste de vos missions.

Il y a du boulot quand même, il y a du

boulot.

D'ailleurs, hein,

si vous voyez bien les choses, après

14-18

la science, la chimie,

les gaz, l'aéronautique, la chirurgie de

la face, tout ça

tous ces domaines ont progressé, ? Et

bien aujourd'hui, ce sont nos méthodes

qui ont évolué.

Le fichage, le classement, les enquêtes

économiques, financières, les écoutes

téléphoniques, dans tous les domaines,

nous avons fait d'immenses progrès. Et

ne pensez surtout pas que vos fameux

industriels et autres magouilleurs

mentionnés, j'imagine, dans la première

partie de votre gros rapport, ne soient

pas connus des services. Ils sont fichés

tous, répertoriés, classés au petit

poil.

Et on va faire quoi de ces ?

Ah mon vieux, ça ça n'est ni de votre

ressort, ni du mien. C'est ce qu'on

appelle la politique, ?

Allez,

c'est bien qu'on se soit causé. On cause

pas assez dans le service.

Cher le divisionnaire, permettez,

puisqu'on cause,

depuis quelques mois, j'ai beaucoup de

mal à obtenir un bureau des

collaborateurs même à titre provisoire.

Eh, qu'est-ce que vous voulez au ?

Parlez franchement. Retourner à Lyon, ?

Hein, vous rapprocher de la ? Mais bien

sûr, Montpellier, Narbonne, Perpignan,

vous choisissez. Vous faites une demande

écrite, je transmets et j'appuie.

Voilà.

Je ne peux pas mieux faire.

Bon appétit.

Salut cousin.

Donc on va ?

Le commissaire, très bien, merci.

Je t'envoie le bonjour.

Tiens, un cadeau pour toi.

C'est ?

Bah c'est un petit rapport.

Sur ?

La rue Lauriston.

Monier-Lafon.

Là-dedans, tu as les noms et les raisons

sociales de tous ceux qui ont fréquenté

la rue Lauriston.

Et qu'est-ce que tu veux que je foute de

?

Des articles.

Des articles sur la corruption, la

compromission

l'affairisme et ses suites dans notre

République.

Je crois que tu as une section ?

Exact.

Comme les journaux collabos et leurs

équipes ont été flictoxés.

Et si je trouve un nom ami, je fais ?

Ce que tu veux, moi je te le confie.

C'est pas pour nous.

C'est pour ?

Nous on parle des résistants, du présent

et de l'avenir. Tu me ?

Il y a en annexe l'histoire édifiante

d'un ancien de la rue Lauriston devenu

résistant par amour. Tu publies ?

Tu sais ce qui va pas chez ?

C'est que tu as toujours un métro de

retard.

Voilà.

Merci.

Tu pourrais au fayot.

Les cahiers du marché noir

d'aujourd'hui, ça ?

Tous formés rue Lauriston, la piétaille

de la collaboration, ils sont tous

là-dedans. Mets ton truc de [ __ ] de

truc de [ __ ] Laisse tomber, je te dis.

De toute manière, d'ici 2 3 ans

le peuple aura pris le pouvoir

et tout sera changé dans ce pays.

Le pain et les roses.

Ah

Exactement. Exactement, le pain et les

roses.

Avec des fayots en vente libre.

Ah ouais ouais ouais.

Bonsoir commissaire.

Bonsoir Nestor.

Nestor est capout. C'est Norbert qui

vous cause.

Bonsoir Norbert alors.

J'ai appris que vous étiez dans les

soucis.

Qui t'a dit ?

J'ai de nouveau mes petites entrées dans

la grande maison.

Si vous avez besoin d'un coup de pouce,

n'hésitez pas à faire appel à moi.

J'adore rendre des services. C'est

monsieur Henri qui m'a appris ça.

Renvoyer toujours l'ascenseur petit

qu'il me disait.

On est passé pour une poire que pour un

lâche du

Bon philosophe.

Pardon, vous dites ?

A quel ?

Vous savez où me trouver, je traîne

toujours par ici aux heures de bureau.

Là, j'ai un rendez-vous avec Pélou et

justement.

Il a été ?

Ah non, pas tout à fait. Ils l'ont pris

dans un service parallèle comme ils

disent. Enfin, vous voyez le genre.

Et lui justement, on parlait de ça,

qu'ils ont besoin de gens avec un peu

d'expérience, des spécialistes dans la

détection des rouges.

Qui a besoin de ces ?

Les Américains, je suppose.

Tiens, j'ai eu des nouvelles de Jaminet.

Comment ?

Au petit poil, plus de problèmes.

C'est pendu dans la gance, dépendu son

paternel, retourne Verdun.

Maréchal, nous voilà.

Truc de famille ça.

Comme disait le patron, pour réussir

dans la chanson, faut non seulement

savoir chanter, mais savoir faire

chanter les autres.

Et ça, Jaminet, il savait pas du tout.

Récaf, quoi.

[grognement]

Ah que la France

est belle avec ses bois, ses champs, ses

vallons, ses clochers.

Chaque

région nouvelle

nous fait soudain découvrir des trésors

cachés.

[musique]

[musique]

[musique]

[musique]

[musique]

[musique]

[musique]

[musique]

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