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Original subtitles

Oncle Jonathan, viens avec moi.

On va s'amuser pour changer.

Vienne, 1918

Bible.

Bible?

Merci beaucoup.

Bible?

Non, ce n'est pas un monstre.

C'est un hybride.

La téte

vient du front russe - 1915,

les bras sont viennois - 1917,

les hanches sont frangaises,

cette jambe est roumaine et celle-ci, serbe...

1916.

- Les temps sont durs. - En effet.

En tout cas on ne manque pas de cadavres en ce moment.

C'est sir.

Herr Schiele?

Veulillez me suivre.

Un, deux, un, deux, un, deux...

Herr Schiele... Par la.

Il n'y a personne?

Ils sont tous partis.

Vraiment?

Méme Midi?

Méme Mile Flége.

Gustav...

Gustav, c'est moi.

Des fleurs...

C'est horrible! A cause du temps, ils ont decide

d'annuler la mascarade de Primavesi.

Ca ira pour aujourd'hui.

Descendez. Iy a a boire et a manger dans la cuisine. Merci.

Merci, Herr Klimt.

♪ aurais travaillé plus longtemps, mais j'ai un rendez-vous.

Merci pour aujourd'hui.

Ettoi?

Moi?

- Un Kaisermelange. - Un Franziskaner.

- Comme d'habitude. - Tafelspitz.

- Comme d'habitude. - Gugelhupf.

- Comme d'habitude. - Un Maria Theresia.

- Comme d'habitude. - Un Kaisermelange.

Quelle histoire!

Que se passe-t-il?

Un diner de réconciliation.

Entre les partisans de Herr Jodl et ceux de Herr Wickoff.

Et, bien sir, les membres de 'académie. Vous les connaissez.

Pour moi, ¢'est du pareil au meme,

c'est comme s'ils pissaient dans un violon.

- Comment vous les différenciez? - Facile.

Herr Jodl croit

qu'il existe une seule forme de beauté esthétique.

Vraiment?

Selon lui, le style importe peu, seule la beauté compte.

Herr Wickoff pense

qu'a chaque époque correspond un concept de beauté.

Un concept qui change quand I'époque change.

Pour lui. rien n'est laid, tout dépend de I'époque.

Et les académiciens?

Ils pensent que la beauté est morte avec Raphaél.

Mais c'était dréle,

jusqu'a I'arrivée de Herr Loos.

Voici Klimt! Un ornementaliste moderne.

Un vrai cas pathologique.

Il n'arréte pas de changer de style.

Alors, que proposez-vous?

Lisez mes articles.

Laissez tomber.

Regardez ce miroir. Regardez-le, ne vous mirez pas dedans.

A quoi il sert?

A ajuster son chapeau, sa cravate, son rouge a lévres.

Qui he sont que des ornements!

Maintenant, regardez le cadre doré. A quoi il sert?

A donner du travail - un travail inutile, improductif - aux artisans.

Voila mon propos.

Le cadre est inutile, donc inexpressif.

Le miroir est utile, done fonctionnel,

donc expressif, donc beau.

Ce que vous disiez était purement ornemental.

Donc inutile, donc laid.

Par contre, ce gateau ma permis de vous faire taire.

ll est donc utile, expressif,

et surtout, beau.

Vous, Herr Klimt, je vous pardonne.

Vous savez pourquoi?

Parce que vos peintures sont sexuelles, comme tout art devrait 'étre.

Voyez la crucifixion.

Qu'est-ce qui pourrait étre plus sexuel que la crucifixion?

Excusez-moi.

Je suis désolé.

Désolée d'étre si en retard. Je viens du ministére.

Hartel?

Qu'este-ce que le ministre a a dire?

Il do it étre encore en état de choc.

Ce n'est pas lui le pire.

Alors? Ilvay avoir un scandale ou pas?

Peut-étre pas.

Vraiment?

Il'a dit que, pour I'instant, il soutenait Klimt.

Apres Paris, qui sait?

Si tout va bien, il n'y aura de scandales

Alors tout dépend du jugement de Paris?

C'est pathétique!

Tu as fait tes bagages?

Ma mere s'en occupe.

Evidemment.

Qui est ce petit-homme?

C'est Altenberg.

Qui est cette dame?

- Mlle Lederer. - Tres jolie.

- Bti? - Je ne sais pas.

C'est Moll. Mais qui est I'autre?

Ca do it étre Bahr.

Oui, c'est cela.

Bonsoir, professeur.

Gustav, vos amis se plaignent.

Le commandant quitte le navire en plein combat.

Tout le monde est la. Méme Jodl!

Ce type mérite une raclée.

Il est avec Wickoff. Je croyais qu'ils se détestaient.

Tu sais ce que Jodl a dit?

"Nous ne sommes pas contre I'art du nu, ni contre I'art libre,

"mais nous sommes contre I'art hideux."

Et il ose s'asseoir sous notre nez.

Je lui mettrais bien une raclée.

Non, il n'en est pas question.

Et notre bon ami Klimt,

qu'est-ce qu'il compte faire?

Rien. Klimt boit sont café.

Laissez-le tranquille.

Ou vas-tu?

Vomir.

Je vais vomir.

Herr Klimt?

Herr Klimt.

Si tout se passe bien a Paris...

Herr Klimt...

Des fleurs...

Des fleurs!

Un miroir brisé.

Je dois dire que le 20e siécle commence bien.

Tout un siécle de poisse!

Que voulez-vous dire?

Le miroir!

Eh bien?

Rien, il est brisé.

Que se passe-t-il?

Tu es célebre, tu lignorais?

Ca peut arriver a tout le monde.

Je plaisante.

Non, je parlais du miroir.

Jétais devant et quelgu'un ma demande sijappréciais Paris.

Jai dit quelque chose

et le miroir a volé en éclats.

Bien sir, on sait bien que tu as des pouvoirs.

Que s'est-il passe?

Je demandais a Klimt se Vienne lui manquait

etila dit: "Pas Vienne, mais les fleurs."

Au mot "fleurs”, le miroir s'est brisé.

Il'y a Rodin. Il est quand méme venu.

Et Mucha et Herr Stuck.

♪ ai besoin d'un verre d'eau.

Encore vous.

Vous me reconnaissez? Je suis flatté.

En général, les fonctionnaires sont ignorés, en tout cas les petits.

S'ilvous plait.

Permettez-moi de me présenter: secrétaire a I'ambassade d'Autriche.

Troisiéme secrétaire.

A vie.

A mon age, je ne réve plus de promotion depuis longtemps.

Honoré de faire votre connaissance. Je suis un admirateur.

Le Burgtheater, quelle réussite!

C'est une tarte a la creme faite de merde!

On m'avait dit que votre langage était,

disons... salé.

C'est le seul langage que je connaisse.

Je ne vous crois pas,

mais ie he contredirai pas un artiste.

Peut-étre étes-vous de ceux qui aiment les tartes a la creme.

Vous le dites avec mépris, mais, apres tout,

ce sont es tartes a la créme qui suivent les monuments, pas le contraire.

♪ ai besoin d'un verre d'eau.

Des cannibales ici!

- Que fais-tu 1a? - Je m'appelle Sylvia.

Sylvia, ou est-tu?

Tu ne réponds pas?

Je me cache.

Vous n'aviez jamais vu de spectacle cinématographique?

Encore vous?

Je suis votre ombre.

Ou étais-tu? Tout le monde te cherche.

Le ministre est la. Tout le monde est Ia, sauf toi.

Herr Klimt n'a aucune idée de ce qui I'attend.

L'Autriche, mon cher Klimt est a 'honneur.

Vous avez regu la médaille d'or.

Je le savais.

Merde!

Vraiment, Herr Klimt,

vous exagérez.

Herr Klimt,

VOus he me connaissez pas, ou plutot VOUS he me reconnaissez pas.

Je suis... j'étais...

la fille de votre logeuse.

♪ étais amoureuse de vous étant enfant.

Je vous ouvrais la porte quand vous aviez oublié vos clés,

je vous suivais quand vous alliez au Prater.

Je suis... j'étais...

la mere de votre fils Andreas.

Votre attention, s'il vous plait.

Je voudrais vous annoncer une grande surprise

de la part de la direction de I'Exposition.

Veuillez accueillir

le grand magicien M. Mélies

et ses deux talentueux acteurs!

Vous n'éfes pas offense, {espere?

Offensé? Au contraire.

Le film vous a plu?

Je ['ai trouvé remarquable. Félicitations.

II faut féliciter M. Méliés.

M. Méliés, c'est un grand honneur.

Un jeu d'enfant! Nous avons troussé ca la semaine derniéere.

Léa vous a plus?

Elle ferait chanter les oiseaux dans leur nid.

Vous voulez bien peindre mon portrait?

Jen serais ravi.

Que pensez-vous de Léa?

Elle ferait chanter les arbres.

Sivous aimez celle-ci, vous aimerez la vraie Léa.

Pardon?

Ne vous inquiétez pas. La vraie n'est pas plus vraie que la fausse.

Gustl...

Elle te plait, hein?

Oui, elle te plait.

Tu ne travailles jamais sans modele a portée de mais, siie puis dire.

Et elle, tu arrives a la dessiner de mémoire.

Gustl se met a parler francais.

Non, Midi.

Non, pas toi.

Tu es belle, mais...

Mais quoi?

Un message pour M. Klimt.

Signez Ia, s'il vous plait.

-Cestdelle? - C'est de quelguiun.

Ce soir.

Je dois rencontrer quelqu'un en bas.

Tu est attendu, a Vienne.

Je sais.

Tu vas rester Ă© Paris, West-ce-pas?

Je ne sais pas.

Gust), je pars demain.

Sans moi?

Je dois rentrer. La boutique.

D'ailleurs, je t'ai montré mes derniers modeéles?

Non, j'aimerais les voir.

Gust), tu me raconteras tout?

Promis.

Tous les détails?

Tous.

Comment? Vous?

A votre service.

Excusez-moi, mais j'ai un rendez-vous galant.

Votre voiture est dehors.

- Qui étes-vous? - Votre humble serviteur.

Je n'ai pas besoin de serviteur.

Vous savez comment on surnomme Paris?

La nouvelle Babylone.

C'est une ville charmante, mais dangereuse.

Je vois. Et vous allez me servir de chaperon?

Et si c'était I'inverse?

Je me ressource.

C'est 'ambassade qui vous envoie?

Celle qui vous a fait parvenir un message.

La fausse Léa?

La fausse, la vraie... peu importe.

A vrai dire, j'ai plusieurs casquettes.

Alambassade, nos salaires sont tres modestes.

Mais je me débrouille.

Léa, la fausse Léa... elle est fortunée?

La fausse, non. La vraie, oui.

Elle a un protecteur fortune.

Un protecteur? Naturellement!

Mais qui est la vraie Léa?

Est-ce vraiment important?

Nous y sommes.

Je vous laisse en bonnes mains. Amusez-vous bien.

- Vous m'abandonnez? - Mission accomplie.

- Ils sont impatients. - Qui?

Ils sont impatients.

Sivous voulez me suivre.

Monsieur, puis-je vous demander de quoi il s'agit?

Monsieur...

Monsieur, puis-je vous demander de quoi il s'agit?

Monsieur...

Monsieur! Je vous ai posé une question.

Je ne peux rien vous dire, je suis désolé.

Vous.

Oui, c'est moi.

Vous étes de ces hommes qui aiment les femmes nues.

Ce n'est pas toujours le cas.

En France, la nudité n'est plus comme il faut.

Un whisky?

En ce moment le whisky est a la mode.

Mais, comme vous le savez, la mode change trés vite ici.

Il'y a six mois, c'était le porto allongé a la biére.

L'année derniére, des fraises trempées dans du champagne.

On buvait du champagne comme on prend les eaux a Baden-Baden.

On nageait dans le champagne, a Paris.

Mais tréve de bavardages.

Si on passait aux choses sérieuses?

Vous avez dit que vous seriez ravi de peindre mon portrait.

Je n'ose y croire.

Croyez-le, mademoiselle.

Qu'en dites-vous?

Le duc Wolff Helenia I'adore.

- Qui? - Un ami.

Un trés bon ami.

Dison, un ami intime.

Etil est a Paris en ce moment?

Qui sait? Le duc est un globe-trotter.

Et vous ne trottez pas le globe avec lui?

Parfois, si, parfois, non.

Les voyages du duc sont trés particuliers.

C'est un homme remarquable,

doté d'une trés grande imagination.

Il a fait le tour de I'Afrique en bateau sans poser pied a terre.

Il préfere observer d'une certaine distance.

Sauf mes portrais. ll peut les contempler pendant des heures

de trés pres.

Au fond, c'est un artiste.

Un artiste qui n'a aucun talent.

Alors, au lieu de me peindre, il le fait faire par d'autres artistes.

Jevois.

Que pensez-vous de ce Whistler?

Si ce n'était pas amusant, ce serait risible.

Vous étes cruel.

Cela prouve que vous étes un artiste.

♪ aime la cruauté des artistes.

Ca laisse un goat doux-amer.

Et ca se marie bien avec votre sueur.

C'est bizarre.

Vous sentez le cheval.

Mais aussi la pomme, non?

Que vous étes impatient!

Vous avez un autre rendez-vous?

Non, non.

Je vous aime.

Quoi? Le coup de foudre?

Attention. Le coup de foudre tient rarement la distance.

Nous nous comportons comme des rustres!

Ca a son charme, je vous [accorde,

mais je préfére faire 'amour en suivant les étapes.

Déshabillez-vous.

- Je croyais... - Ne soyez pas timide.

Je suis nue, pourquoi ne le seriez-vous pas?

Je vais vous déshabiller moi-meme.

Les hommes ne savent pas se déshabiller.

C'est vrai qu'il a de I'allure.

Quel toupet!

Elle n'est pas mal.

Pas mal du tout.

Tu trouves? Elle est un peu froide.

Ce n'est pas si simple.

En tout cas, il ne perd pas de temps.

Il est d'origine paysanne?

Aucune idée.

Ma chére, c'est a toi maintenant. Vas-y.

- Je ne vous ai pas fait attendre? - Non, au contraire.

Mais comment avez-vous fait pour changer de coiffure sivite?

A moins que, bien sir,

vous he soyez pas la vraie Léa.

Les hommes!

Il'leur faut toujours des preuves,

des garanties.

Ce n'est pas vous!

Qu'est-ce qui n'est pas moi?

Lea.

Léa de Castro.

Vous avez parlé a cette pauvre fille qui se prend pour moi?

Vous avez vu le film dans lequel elle joue.

Est-elle bonne?

Vous me croyez, maintenant?

Je crois.

Vous avez promis de peindre mon portrait.

Alors tenez votre promesse.

En fait, I me faut deux portraits.

Le premier habillée,

le deuxieéme déshabillée.

Complétement nue.

Seul quelqu'un comme vous est capable de me peindre habillée

de telle fagon que Yon croie que ie suis nue,

et déshabillée de telle fagon

que I'on voit pas ma nudité mais...

autre chose.

Quoi d'autre?

Quelque chose comme...

je ne trouve pas le mot...

comme la perfection.

Ou plutét, 'harmonie.

Ou devrais-je dire "I'expression".

Le duc Wolff Helenia est d'accord avec moi:

vous seul en étes capable.

Combien de temps cela vous prendra-t-iv?

Une semaine?

Deux semaines?

Je n'ai pas beaucoup de temps avous accorder.

Deux semaines ne suffiront pas.

On peut commencer demain.

La petite putain!

La catin!

Pas maintenant, ma chére.

♪ ai des soucis.

Je ne sais pas quoi ressentir.

De la jalousie.

Non.

De la perplexité.

Et de I'admiration.

Je commence a m'assoupir.

Je vais devoir te laisser.

Je me léve de bonne heure demain. Les courses.

Dis Ă© Benoit de s'occuper de tout. ll est fiable.

Bien sir.

Ce cous avez fait est trés beau.

Trés beau...

et trés curieux.

Soixante-trois toilettes. Désolée, mais c'est toute ma garde-robe.

Je n'ai plus rien a me mettre.

Qu'allons-nous faire?

Au lieu de vous habiller, sivous vous déshabiliez?

Comment? Pas question!

Pas devant lui. Et pas le jour.

C'est obscene.

Ma chére, nous sommes ici pour travailler.

Etlie ne rentrerai pas a Vienne

sans le matériel nécessaire pour achever mon travail.

- Combien de temps encore? - Deux semaines.

Vous étes fou! Je dois étre a New York dans un mois.

Un mois, ¢aira.

Etle voyage? Les bateaux ne volent pas.

♪ irai avec vous.

Vous étes fou.

C'est ma faute. On m'avait prévenue.

Je suis encore plus folle d'avoir accepté.

Allez-vous-en.

Trés bien.

Que se passe-t-il?

A demain.

Non, restez la! Je vous en supplie!

♪ ai grossi depuis Paris,

pourtant je n'ai pas beaucoup mangé.

Paris t'a fait du bien.

QOui. 1 fait du bien aussi?

Tu m'as manqué.

Tu sais ce que Serena m'a dit?

"Un homme qui t'écrit dix cartes postales est amoureux."

"De quelqu'un d'autre que toi.

"Quelqu'un qu'il essaie d'oublier.”

Clestvrai.

Klimt...

- Tout s'est bien passé a Paris? - Pas tant que ca.

Serena!

Midi a dd vous manquer,

vu le nombre de cartes postales que vous avez écrites.

♪ ai raconté T'histoire des chats a mon mari.

Quelle histoire? De quoi tu parles?

Evidemment, tune peux pas tout savoir sur Gustav.

Il a ses zones d'ombre et ses secrets.

Nest-ce pas, Gustav?

ll a promis de ne rien me cacher. N'est-ce pas, Gustl?

Attention, Midi. Je sais de quoi je parle.

Elle parle de mes chats.

Il laisse ses chats pisser sur ses oeuvres.

La pisse de chat est le meilleur des fixateurs.

Clestvrai.

Mon mari va acheter tout ses dessins,

s'ils ont été fixés avec de la pisse de chat.

Désolée, je suis trés en retard.

Berta!

Serena!

Vous avez lu ce que Potzl a écrit?

Qu'il ne critiquerait jamais Klimt

car son caractére calme et chagrin inspire la sympathie.

Je vais vous montrer quelque chose.

C'est moi?

Sil'on veut.

Et?

Votre état est stable.

Mais il faut continuer le mercure.

Vraiment? Ca m'affaiblit énormément.

Mais vous étes un colosse!

Rolf, comme vous le savez, jai des enfants. Un certain nombre.

Y a-t-il un risque qu'ils soient...

Contaminés? Pas vraiment.

Il'y a toujours un risque,

mais il est trés faible.

La moitié des hommes de cette ville est syphilitique.

Si ce n'était pas vous, ce serait un autre.

Je vois.

Et votre travail? Ca marche?

Comment va votre mere?

Mal.

- Votre sceur? - Pire.

Vous pourriez les faire interner. Je m'occuperais de tout.

Non, je préfére m'occuper d'elles moi-méme, merci.

- I est courageux, ie vous Vaccorde. - Facile quand on est bien payé.

On voit qu'il a vraiment travaillé,

c'est sa seule compensation.

On ne fait pas d'omelette sans casser d'ceufs.

Lui, ll casse des ceufs sans faire d'omelette.

Herr Klimt.

Monsieur le ministre. Qu'en pensez-vous?

Je trouve tout ¢a trés... déconcertant.

C'est le mot, déconcertant. Mais nous en reparlerons.

Nous aurons une longue conversation, tous les deux.

Quelle est la différence entre une caricature et une allégorie?

Selon Herr Klimt, il n'y en a aucune.

Honorable secrétaire.

Deuxiéme secrétaire, depuis une semaine.

Comme on dit, ¢ca s'arrose.

- Santé. - Alavétre.

- Certains sont mécontents. - La plupart sont furieux.

Pas moi, mais je vis a Paris.

La-bas votre travail est qualifié de poétique.

Ici, de décadent.

- Si seulement jétais a Paris. - Ne soyez pas dupe.

Ici, décadent veut dire "diabolique”.

A Paris ¢a veut juste dire "grivois".

Je vais vous dire. Nous vivons dans un désert culturel.

Méme a Berlin, on nous prend pour des hussards et des veuves joyeuses.

Dites que vous étes viennois et vous entendez:

"Chacun a son godt!"

Essayez de comprendre, M. le ministre.

Je vois exactement ce que vous voulez dire.

Je ne suis pas sure que vous compreniez tout.

Vous savez, Herr Klimt, j'ai de I'expérience.

Et croyez-moi, c'est un triomphe.

Un triomphe qui, pour I'instant,

a tout I'air d'un échec,

mais un triomphe tout de meme.

Vous avez vu Léa?

Elle est inquiéte pour le tableau.

- Il progresse? - Je n'ai pas eu le temps.

Jevois.

Elle attend de vos nouvelles.

Et elle est préte a venir vous voir

des que vous aurez fini le portrait.

Ce n'est pas un portrait, c'est une allégorie.

Je crains que ce ne soit une mauvaise surprise

pour mademoiselle de Castro.

Que pensez-vous de mes allégories?

Vous passez encore du cop alane.

Je les trouve poétiques, pleines de charme.

Mereci.

Herr Klimt, je vous cherchais.

- Qu'en pensez-vous? - Ce que j'en pense?

Je trouve ¢a admirable, sublime, révolutionnaire.

Mais je ne voulais pas vous parler de ca.

On m'a dit que vous aviez des probléemes, de gros problémes.

Vos peintures risquent d'étre rejetées. On parle de scandale.

D'un double scandale, car je vais les récupérer.

Les voler? C'est absurde, elles ne vous appartiennent plus.

Elles m'appartenaient, et elles m'appartiendront.

Vous allez a la catastrophe.

De toute fagon, je suis avec vous.

Berta. Berta Zuckerkandl!

Je vous cherchais.

- Excusez-moi. - Je suis désolée, mas je dois y aller.

Tout ornement est en sol une forme d'expression

et I'expression elle-méme.

Mme Zuckerkandl est trés influente.

Félicitations, la presse sera derriere vous. Vous étes sauvé.

Vous croyez?

Nos chers académiciens ont la mémoire courte.

C'est tout a votre avantage.

Ils vous attaqueront sur tous les fronts.

Ce qui est bon signe également. L'académie vous déteste,

mais Herr Kraus, lui, vous déteste vous et 'académie.

Les philistins engageront les hostilités, Herr Loos ripostera

en disant que c'est eux, le vrai scandale.

Avec un peu de chance, vous serez au milieu

d'un merdier pas possible!

Je vous le répéte, félicitations.

Dites a Léa que Jirai bientét la voir.

Cog alane.

Elle n'est pas a Paris en ce moment.

Gustl, tu parles tout seul?

Je parlais a quelqu'un.

Le ministre est furieux.

Moi aussi.

Il a retourné sa veste. Maintenant...

il est contre nous.

Et alors?

Tu ne facilites pas les choses.

Je suis désolé.

L'exposition n'a pas eu de succes?

Sil'on mesure le succés d'un tel événement

au nombre de visiteurs qui ont daigné éter leur chapeau,

je dirais un désastre.

Laissez-moi!

L'Autriche sera sauvée par le sport!

Hartel.

Vous étes le seul...

le seul a avoir une bonne raison de vous plaindre.

- Tous ces Jodls et Loos, quel tas de... - Un instant.

Police!

M. le ministre, laissez-nous vous raccompagner.

Pas question. Je reste avec mon ami Klimt.

Pourquoi je ne me suis pas battu pour vous?

Venez, allons prendre un dernier verre.

Je connais un endroit pres d'icl.

Suivez-moi.

Votre Excellence! Quel honneur!

Nous avons vu de la lumiére

et nous sommes montés dire bonsoir.

Quelle merveilleuse idée!

Herr Klimt, vous n'étes pas venu depuis longtemps.

-Vous avez réservé? - Non.

Je crains que notre décision n'ait &té subite.

Nous allons vous trouver quelque chose,

mais 1ly a du monde, ce Soir.

Herr Adler et ses amis sont dans votre salon, Herr Klimt.

Les salons russe et thailandais sont également occupés.

Et le salon persan?

Les italiens y sont installés.

Que dite-vous du salon western?

Non, pas de question!

Alors il reste le salon africain.

Parfait.

Vous en connaissez les régles?

Bien entendu.

Je les adore!

Pourquoi avoir peint cette allégorie absurde?

Vous avez omis 2 principes fondamentaux de la médecine:

la prévention er la guérison.

C'était en référence au fait que notre empereur

a été incapable d'éviter les guerres.

Et pour les guerres, il n'existe aucun remede.

Médical ou autre.

Vous avez lu Kraus. Mais vous attaquez I'empereur

alors que ['Autriche est le seul pays européen

- le seul! - qui subventionne ses artistes.

Santé.

Vous avez peut-étre raison. Peut-étre.

Et vous auriez dd en discuter avec moi.

Allegories, schmillegories, appelez-les comme vous voulez,

mais toute cette nudité? A quoi pensiez-vous?

L'histoire de I'art est aussi I'histoire de la nudité.

D'accord, mas les regles de la représentation, ca existe!

Vous connaissez ces régles. Vous savez ce qu'on peut montrer.

Il fallait que vous les brisiez toutes?

Vous avez vu la forme? Le serpent, Legeia,

fondatrice de la médicine,

le cycle de la vie et de la mort.

Oui, mais vous m'avez rien dit.

Je suis un peintre, pas un putain de critique!

Herr Klimt!

Vous ne saluez pas votre file?

Bonsoir, Herr Klimt.

♪ admire votre travail.

Bonsoir.

Etlécole?

Pas d'école.

C'est bien de vous, ca. Des enfants partout.

C'est Klimt et le ministre.

Abas les décadents!

Abas les imbéciles!

Vive la République! Vive les Balkans!

Vive les putains!

Vite, choisissez celle que vous voulez.

Moi, je garde votre fille.

Est-elle vraiment votre file?

Je suppose. Je ne sais pas.

Je prends celle-ci, celle-ci et celle-ci.

Vous allez vous trousser une jolie petite allégorie!

Nous sommes des soldat en chocolat

Faits pour célébrer ici

Votre anniversaire, votre Excellence.

Et préts a étre dévorés

lls vont nous lécher

Et aussi nous savourer

lls doivent renoncer a rien

Combien tu en as? Cing? Six?

Plus que ¢a, maman.

A mon avis, il nous cache des choses.

Ef tous de meres differentes.

Parfois je me demande...

Passe-moi un petit pain.

Je vois, ll préfere ne pas répondre.

- Mére, mes enfant... - Oui?

Les modeéles sont libres.

Elles sont libres!

Et c'est une coincidence qu'elles soient toutes juives?

Oui, Hermine.

Je ['ai lu dans les journaux, je ne linvente pas.

Les journaux I'on inventé pour toi.

Libres, dis-tu?

Six? Huit? Dix? Combien?

A quoi bon compter? Nest-ce-pas, Gustl?

Que vas tu faire?

Je vais aller peindre au studio, maman.

Je vais aller peindre.

Mon Dieu!

Merci pour ce délicieux déjeuner.

Beaucoup trop d'enfants...

Maman...

Un enfant est un cadeau de Dieu.

De quel dieu? le dieu juif?

A ce soir.

Que veux-tu pour diner?

Devine.

Nous attendons une réponse.

Du ragout.

Tu n'en as pas assez du ragout?

Va-t-en, je m'occupe d'elle.

Merci, Hermine.

Serena.

Il'y a longtemps que vous étes la?

Disons... que je viens d'arriver.

C'est mieux comme ca.

Peut-étre.

Sivous venez pour votre portrait, je dois vous avouer

que je n'ai guére avancé depuis I'autre fois.

Je ne suis pas la pour ca.

Je suis tombée sur quelque chose la derniére fois. Par hasard.

- Vous permettez? - Allez-y.

C'est ca.

Qui est-ce?

Je crois que vous savez trés bien qui c'est.

Vraiment? Comment le saurais-je?

L'intuition.

Oui, c'est vrai, je sais qui c'est.

Léa de Castro.

- Il faut que jy aille. - Déja?

Oui.

Je vous laisse a vos modéles.

Elles sont terriblement nues.

Parfois, oui.

Travaillez bien!

Mereci.

Amusez-vous bien.

Au travail.

Alors, tu es fachée?

Non, tu ne I'es pas.

Tune las pas vue?

Tournez un peu le visage.

- Elle est encore a Paris? Ne bougez plus.

Parfois je me demande si la vraie Léa existe vraiment.

Je veux I'épouser.

Tu parles sérieusement?

Non.

Enfin, oui et non.

Un mariage libre.

♪ ai une nouvelle a t'annoncer.

Tu viens d'avoir un enfant.

- Une fille. - Quoi? Non!

- Avec qui? - Mizzi.

♪ ai une fille?

♪ al une petite file?

Quelle nouvelle merveilleuse!

Mizzi!

C'est moi.

- Vous voulez la voir? - Bien sir.

Elle est la.

Non.

Pourquoi?

Je ne préfére pas, pour I'instant.

Elle ne mord pas.

Je la verrai quand elle sera plus grande.

Comme vous voulez.

Qu'est-ce que c'est?

Un cadeau de quelqu'un qui a trés mauvais gout.

Un cadeau de quelqu'un qui a trés mauvais gout.

Gustav, je dois parler a ton pere. Va jouer dehors.

Herr Klimt.

Mon pere est venu me voir.

Il voulait me parler de...

Vous voyez,

il voulait...

ll a besoin d'argent?

Ce n'est pas une question d'argent.

Il voudrait que les enfants soient élevés dans la foi juive.

Pas de probleme, s'il s'en occupe.

- Ga ne vous choque pas? - Non, pourquoi?

- Vous étes catholique. - Je ne suis rien du tout.

Si ton pére veut inculquer la peur de Dieu a ses petits-enfants

et que tu es d'accord, qu'il le fasse.

- Je suis soulagée. - Soulagée?

Je ne savais pas comment vous réagiriez.

Merci, Herr Klimt. Mille mercis.

Gustl!

Gustav!

Je te I'ai répété cent fois.

La prochaine fois, gare a toi!

Qu'est-ce quil afait?

Je ne comprends pas. ll préfére jouer avec ce Chinois.

Il n'a pas le droit.

Pourquoi il n'a pas le droit?

Je t'ai posé une question.

Vous savez...

On ne sait pas d'ou ils viennent.

De Chine?

Oui, mais...

Que font-ils ici? Pourquoi ne pas rester en Chine?

Peut-étre qu'ils ne le pouvaient pas.

Ce ne sont pas les premiers a devoir quitter leurs pays.

Nest-ce pas, Gustav? Viens.

♪ ai quelque chose a te dire.

Tu savais que ton peére était chinois?

Si! Je parle le chinois couramment.

Mais parfois, je suis turc.

Et quand je suis d'humeur noire, je suis un Noir.

- Moi aussi. - C'est vrai? Je m'en doutais.

Je vous en prie.

Ca suffit. Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous faites.

Il va crier sur les toits que son peére est un Noir.

C'est vrai, pourquoi pas?

Vous pouvez étre terriblement cruel.

Toi aussi.

♪ ai sommeil.

Vous m'avez appelée?

C'est fini.

Fini.

Herr Schiele.

Je vous parle.

L'arriere-grand-mere du petit chaperon rouge

avait été amoureuse d'un loup.

Sa fille était née moitié loup, moitié femme.

Elle devint un loup en grandissant.

Cest elle qui avala le petit chaperon rouge.

Ce faisant, elle chantait cette chanson.

Des agneaux, je préfére la cervelle

Des hommes, je préfére les fesses

Le cou est ce que je préfére dans la volaille.

Chez les lapins jaime la gentillesse.

Mais ce gue Jaime par-dessus tout, c'est e sang,

la sagesse qui coule dans les veines.

L'enveloppe est a endroit habituel.

Merci, Herr Klimt.

Ca devrait suffire pour deux mois.

♪ aurai besoin de toi la semaine prochaine.

Puis elle retourna dans la forét

et devint une babayaga.

Pas de larmes?

Ils ne pleurent pas, ils se moquent de vous.

Ils savent qu'ils doivent sourire.

- Herr Klimt? - Vous me connaissez?

Les gent parlent souvent de vous.

Vous avez le temps? Je veux vous montrer quelque chose.

Entrez.

Cavavous intéresser. ♪ espére pouvoir ouvrir une boutique.

Je n'en ai pas les moyens pour I'instant.

Mais si quelque chose vous parait intéressant...

Vous connaissez la peinture chinoise?

Jen ai déja vu.

Ces oeuvres viennent de Chine?

Oui, elles sont chinoises.

Ou plutét, il est chinois.

C'est lui qui a peint tout ¢a?

Pas tout.

Mais il copie les vieux tableaux, et trés bien.

Vous voulez voir?

Du thé?

Asseyez-vous, s'il vous plait.

Il prépare ses pinceaux. ll va peindre.

Un demi-couronne. Pas cher.

Surprise!

Désolée, mais je dois te déranger.

Pas maintenant, Midi.

Tu es en colére, irrité, triste.

- Et en retard. - ll faut que je te parle.

Non. Demain.

Tu as vue les photos?

Un photographe t'a suivi. On le voit clairement,

déambulant dans Vienne, tes tableaux sous le bras.

Non cher Gust), voler tes propres tableaux!

Merde!

Je les rembourserai.

Quand?

Quand je pourrai.

Et avec quel argent?

Aucune idée.

Je me fous royalement de ces critiques et de ces académiciens.

Qu'ils prennent leurs petites opinions et leurs petites theories

et qu'ils se les mettent ou je pense!

Je n'ai jamais vu mon Gustl aussi en colére!

♪ aime les gens qui achétent mon travail.

Et, crois-moi, je rembourserai ces gens-la.

Oui, je rigole.

Je ris parce que je sais que tu le penses vraiment, quelle blague!

Tu crois que c'est une blague?

Mon Gustl fait ce que bon lui semble, c'est drole.

A vrai dire, Midi...

A vrai dire, je ne sais pas quoi faire.

Tes amis répareront les dégats, comme toujours.

Merci, Midi.

Gustl, embrasser, mais pas sur les lévres,

c'est comme fumer sans avaler la fumée.

Je men souviendrai.

Je dois travailler.

Ne t'inquiete pas, je m'en vais.

Outu es?

Tiens, qui étes-vous?

♪ attendais dehors...

et j'ai rencontré minou.

Je I'ai suivi jusqu'ici, par la porte derriere.

Pourquoi vous n'étes pas a Paris?

Paris?

Paris est trés loin d'ici.

Vous n'avez pas demandé de nouvelles de Mlle Léa.

Vous voulez dire la fausse Léa?

C'est celle don't vous étes amoureux, n'est-ce pas?

Sije le savais...

Peut-étre les deux sont-elles fausses.

Les deux?

Ou les trois, comment savoir?

Le duc Wolff Helenia, vous savez,

est viennois jusqu'au bout des ongles.

Il adore les imbroglios.

Il adore mettre le chat dans le pigeonnier.

Done?

Done...

Allez la voir, puisqu'elle vous attend.

Vous avez dit "elle” au singulier.

Je sais, c'est insoluble.

Veulillez m'excuser.

Il n'y a personne, ils sont partis cet aprés-midi.

Comme ¢a?

Il faut que vous partiez aussi.

Tiens, regardez qui est la! Je vous attendais.

Ce n'est pas vous que jattendais... mais lui.

Mon pauvre ami! Vous voila complétement déconfit.

Je compatis.

Mais entrez...

Ou est Léa?

Il n'y a personne ici, sauf vous et moi,

et votre double.

Je vous offre quelque chose?

Faites comme chez vous.

C'est chez-moi ici, ¢'est mon studio.

Je le loue parfois au duc ou a une de ses connaissances.

Ou plutét, a un de ses complices.

Ou est Léa?

Asseyez-vous, mes amis.

Il'y a assez de chaises.

Ou est Léa?

Trés loin.

Lea...

Désolé, j'ai la mémoire courte.

Je n'ai aucun souvenir concernant la pauvre Léa.

Attendez!

♪ ai des mains mnémotechniques.

So nous les interrogions?

Ou sont passés mes ciseaux?

Dans votre main, Méliés.

En effet!

Bien. Voyons...

Lumiere.

Ca va durer encore longtemps?

Je suis 2 toi, mon poussin.

Sivous voulez bien m'excuser.

Je vous explique.

♪ ai un trés bon ami, Marcusson,

extrémement cultivé,

peut-étre un peu excentrique, un peu étrange,

qui roule sur I'or, ca va de soi,

et qui vient de se dégoter une danseuse.

Oui, mon cher Klimt, croyez-le ou non,

des gens comme ca existent.

I n'y a pas que dans les pieces de Wederkind

que les danseuses épousent des millionnaires.

Il'a dit oui?

Ma chére Serena, ma belle Serena,

laisse-moi encore un peu de temps.

Dites oui!

August, il faut le faire, c'est une idée formidable!

Imagine le bonheur de Marcusson

d'avoir dans son salon de peinture, au vu de tout le monde,

un portrait érotique de sa femme peint par un ancien amant!

Serena, comment peux tu étre aussi indiscréte?

Ca ne nous regarde pas.

Alors, Herr Klimt, vous revoila.

Hé/as, mon ami, vous avez do remarquer que Vienne a bien changé.

Cela fait longtemps qu'elle n'est plus elle-méme.

Chaque jour apporte son lot de surprises.

Mais il y a une chose bizarre.

Alors que le ministre décide de réduire les subventions artistiques,

voire de /es supprim er,

vous avez toujours Wappui des sources /es plus improbab/es.

Vous avez été élu par le peuple élu.

Excusez le jeu de mots.

Vous avez été élu par I'élite.

Encore un jeu de mots.

Vous vous étes tourné vers le mécénat a temps.

La grande bourgeoisie vous adore et vous le lui rendez bien.

♪ ai I'impression que notre ami

ne voit pas notre idée d'un bon ceil.

Vous ne le vendez pas?

Quand Gustav dit non, c'est non.

Pourquoi?

Il n'est pas terminé.

Mais, a vous entendre, aucun de vos tableaux n'est terminé.

Ils ne le sont pas.

Que dire? Ce tableau vous appartient,

c'est a vous de décider de son sort.

Nous en reparlerons, j'espére.

Maintenant,

siVon faisait e tour du Musée Klimt?

C'est tout simplement merveilleux!

- Remarquable. - Tout un monde!

Quel monde, a votre avis?

Ou est Klimt?

Il est parti, comme d'habitude.

Non, il est encore la.

Il est quelque part en téte-a-téte.

Klimt ne devrait peindre que des paysages.

♪ adore ses fleurs!

♪ ai révé de toi.

Dans ce réve, {&tais mariee aun frés vieux musicien.

- Vieux et riche. - Non, pas riche.

C'était un garcon de café a la retraite.

Tout le monde I'appelait "le professeur".

Imagine, il m'enfermait dans une piéce

et chaque nuit,

il m'amenait un autre homme.

Chague nuit, ie faisais 'amour avec un inconnue.

Bizarrement, il mourait juste apres.

C'est complétement idiot!

Je suis un imbécile, peut-étre!

Tu es prisonnier de toi-meme.

La connaissance peut étre exprimée en moins de trois mots.

- Stupide! - Comment peux-tu dire ¢a?

Je le dis parce que c'est vrai.

- Je peux? - Schiele, c'est toi? Je ten prie.

Tu as trouvé un nouveau style chinois?

Pas de perspective.

Je ne dirais pas ¢a,

ily a plusieurs perspectives.

Tout est dans I'effleurement du pinceau.

Comme dans tes tableaux.

Regardez cette pétisserie. Il'a fallu 8 h pour la faire.

A quoi bon? On pourrait aussi bien manger du pain, du lait et du sucre.

Le péatissier gagnerait du temps

et ce serait plus nourrissant.

Tu as un crayon?

Je trace le premier trait, toi le suivant,

et ainsi de suite.

Qui gagne?

Personne.

Qui est I'auteur du dessin? Toi ou moi?

Vous savez ce que disent ces jeunes gens?

Qu'il faut étre en dehors de I'Histoire,

que ['Histoire est un cauchemar.

Et qu'il n'y a absolument plus rien aen dire.

Qui sont-ils?

Je ne sais pas. On dirait des philosophes.

Mais ils disent que la philosophie, c'est des aneries.

Bien sar. Mais comment s'appellent-ils?

Je ne sais pas, je vous dis.

Tous ce que je sais, c'est que c'est toujours le jeune Wittgenstein

qui paie I'addition.

Ilen a les moyens.

Maintenant, mesdames et messieurs...

Des nouvelles de la guerre.

Des nouvelles du front.

Schiele!

Tu es ia,

en dehors de la réalité.

La..

De la philosophie de café!

Rien de plus qu'un Kaisermelange!

Qu'est-ce que vous lisez?

Dante.

Et cela vous aide?

En quoi ¢a vous regarde?

En rien.

Je suis vraiment désolée d'avoir...

Effectivement, I maide.

Jevois.

Tenez, professeur.

Je vous offre quelque chose?

Non merci, professeur. ♪ ai assez bu ce soir.

Je ne suis pas professeur, Herr Klimt.

Je ne suis rien, pratiquement rien.

Il fut un temps ou je faisais ce que fait actuellement Klaus.

Il me semblait vous avoir déja vu.

Mon nom est Hugo...

Hugo Moritz. A votre santé!

♪ al passe 30 ans ici a écouter ces messieurs dire des inepties.

"Qu'est-ce que la beauté? Qu'est-ce que la laideur?

"Qu'est-ce qui est fonctionnel?

"Tout est beau. Tout est laid.

"Rien n'est fonctionnel."

A votre santé, monsieur.

Je vis parmi les monstres.

Pourtant, je suis un homme heureux.

Heureux!

"Formosa deformitas,

"deformis formositas!" dixit Bernard.

Encore une fois, a votre santé.

La police vient de partir et ils recommencent.

Vraiment, ils commencent a me taper sur les nerfs.

Klaus est un amour, mais il manque de caracteére.

Moi, je leur aurais fichu mon pied au derriere depuis longtemps.

Venez, allons-nous-en.

Je crois que je vais rentrer.

Foutaises!

Trop tard pour rester, trop tard pour partir!

Venez, 'habite juste en face.

Prenez votre verre.

Il n'y a que la rue a traverser.

Et ne vous en faites pas pour la note, je m'en occupe.

♪ ai une ardoise permanente ici.

Un syllogisme,

c'est quand deux contradictions deviennent une tautologie?

Et Hegel?

Quoi Hegel?

Et vice versa.

Mais il n'y a ni éléphants ni girafes

C'est toi la girafe, pauvre imbécile.

Cette proposition est inerte, cher ami!

Messieurs, vous ne faites honte!

Je men vais

et Jemmene mon cher ami Klimt avec moi.

Bonne chance.

Herr Klimt!

Herr Schiele a oublié ceci.

L'encens ne vous dérange pas?

Mon fils ne peut pas s'en passer.

Excusez-moi un instant je dois m'habiller.

Avrai dire, I faut que ie rentre...

Non, il n'en est pas question.

Trop tard, Herr Klimt, trop tard.

{is avaient voilé ftous les biens du joueur de fitte.

{is fuf avaient tout volié...

et partout, tout lui a été refusé.

Alors, il se servait de sa flite pour punir.

I voulait se venger.

I punissait par ma magie de sa flite et if tuait,

Ainsi il avait donné...

une legon aux bons habitants.

Le joueur de flite attirait les enfants

et ils partaient gaiement

vers leur mort, les enfants.

En chantant...

ils partaient.

En chantant:

"Merci, cher joueur de flite, merci beaucoup

"de nous attirer dans le lac, dans I'eau,

"la oli tous les enfants souhaitent aller.

"Si nous devons mourir,

"nous serons sans doute bercés

"par le son de votre flite.”

Que prendrez-vous ce soir?

Je crois que j'ai beaucoup trop bu.

Il faut que je rentre.

Jevois

Mon peére vous a embété.

Trés bien. ll faudra encore que je lui flanque une fessée.

Voici le petit génie de la famille.

Viens avec nous, Thomas.

Thomas est un de vos admirateurs, Herr Klimt.

Il vous ressemble un peu, d'ailleurs,

car il représente une certaine évolution du procédé artistique.

En quinze and, il est passé d'une musique

qui était presque archaique

aune musigue d'une extréme modernite.

Joue quelque chose, Thomas.

Voila ce que nous appellerions de la musique primitive.

Et maintenant, Thomas!

Ca suffit.

On sent ['évolution vers le modernisme.

Et maintenant, modernité totale!

Dans ses compositions les plus récentes,

il est allé au-dela de la modernité. Au-dela de tout.

Il'a bouclé la boucle.

Ce sera tout pour ce soir.

Je vous aime.

Je vous aime a mourir.

Venez.

Venez avec moi.

Venez. Je vous aime.

Par la.

Mon nom est Anna.

Bon.

Moritz, c'est votre mari?

Disons que c'est mon fournisseur.

Jevois.

Ne lui en veuilles pas trop, le pauvre.

Vous faites ¢a tous les soirs?

Oui, tous les soirs.

Nous devions représenter un de vos tableaux.

C'est un échec, alors il est malheureux.

Ou éfais-tu passe? Tu m'as fait peur.

♪ avais rendez-vous avec une dame.

La voila.

Elle voulait venir.

Mois aussi. Je voulais que tu saches.

Mizzi, comment vas-tu?

- Tu sais qu'on est ensemble? - Felicitations.

Tu vois? Je te lavais dit.

Vous n'étes pas faché?

Non, pourquoi je serais faché?

Mardi prochain, vous aurez besoin de moi?

Oui.

Qu'est-ce qu'elle a?

Rien. Elle a toujours été comme ¢a.

La voila, la femme mystérieuse!

La femme du professeur.

La femme du professeur?

C'est Thomas, la femme du professeur!

Un petit Mozart potelé!

Etelle, c'est qui?

Une cliente. Une différente chaque soir.

Tu comprends?

- C'est magnifique. - N'est-ce pas?

Ca n'est pas encore ¢a, mais on y est presque.

Le plus dur est de trouver la coloration qui nous aidera a déceler le bacille.

On finira par y arriver.

C'est vraiment trés beau.

C'est mieux que ¢a, c'est utile.

Merci, Rolf.

Revenez quand vous voulez. Je suis la tous les jours.

Attendez...

ily a autre chose...

que je voulais vous montrer.

Je vous en prie.

Il ne mord pas. Ce n'est pas un monstre.

C'est un hybride, une sorte de collage.

La téte vient du front russe...

Herr Klimt!

Herr Klimt!

Oui, c'est vraiment moi.

Ca fait trés longtemps que nous ne NoUs SOMMeS pas Croisés.

Nous sommes tous trés occupés.

Au ministere de la Culture?

Vous en foutez pas une!

Vous vous trompez. Notre tache est d'empécher les gens de créer.

Cela demande beaucoup plus d'énergie que de les aider a créer.

Mais pourquoi je vous dis ¢a?

Je ne suis plus au ministére de la Culture, mais aux Finances.

Les taxes. Et attention, votre cas les intéresse.

Dites-moi, simple curiosité,

un tableau - un portrait - combien de temps cela prend-il?

Vous vérifiez mes finances?

Oui, je le crains. Désolé.

Ici, maintenant?

Ouli, encore désolé.

Combien de temps? Un mois?

A vrai dire, un peu plus que ca.

Deux? Trois?

Six, dix.

20000 couronnes pour 10 mois de travail.

2000 par mois. Une belle somme.

N'est-ce pas étrange, depuis le temps qu'on se connait,

que je ne sache pas encore votre nom?

Ne changeons rien pour I'instant.

Et votre travail pour le duo?

Le protecteur de Mlle Castro?

Bizarre, je I'ai vue I'autre jour.

Il m'a demandé de lui rendre visite.

Depuis son accident, il ne peut plus se déplacer comme avant.

I n'invite pas, I convoque.

♪ ai compris que c'était vous qu'il recherchait.

Il m'a demandé de vous parler et...

jallais dire de vous inviter... de vous convoquer chez lui.

Pas besoin de prendre rendez-vous,

il ne sort jamais en ce moment.

Voici son adresse.

Veulillez m'excuser.

Je vous observais.

Tout va bien?

Oui, tout va bien.

Vous parliez tout seul.

Non, je...

Vous vous souvenez de moi? Paris. Méliés.

♪ étais vous!

Herr Klimt, ils vous attendent.

Enchantée de faire votre connaissance.

- Je ne crois pas... - Curieuses coincidences!

Je devais quitter Vienne ce matin

et il s'est passé une chose étrange.

Je crois beaucoup aux réves.

♪ ai révé de deux serpents de mer.

♪ adore les serpents.

Dans mon réve, ily avait deux serpents de mer

et j'entendais une voix,

la voix de Dieu,

qui m'ordonnait de rester en ville.

C'est pourquoi je suis la, seule avec vous.

Seule parce que mon ami n'a pas pu retarder son voyage.

Il m'a dit toutes sortes de choses sur vous.

Des choses extraordinaires.

Il semblerait... Non.

Je n'aime pas la nudité en privé.

Uniguement sur scene.

Ici, je préfere étre au naturel.

Comme ¢a.

On m'a dit autre chose. Que vous étiez bizarre.

Lea.

Léa, ou étes-vous?

Qui étes-vous?

Cela m'amuse toujours beaucoup de voir

la facilité avec laquelle les gens tombent dans mes piéges.

Ce ne sont pourtant pas des pieges trop machiavéliques.

Ni trop méphistophéliques.

Ni méme trop angéliques...

qui serait le mot que jemploierais.

Peu importe. Vous voila.

Vous étes tombé la téte la premiere dans mon piege.

C'est pourtant un piege tout béte,

surtout pour un homme comme vous,

un homme a femmes, comme on dit.

Sivous saviez combien de fois on ma posé

cette question embarrassante!

Je serais tenté de dite "cette question stupide”,

mais ce serait extrémement désobligeant pour vous.

Il parait que vous étes quelqu'un de trés direct,

que vous nhe supportez pas les imbéciles.

Ce n'est pas I'impression que vous me donnez.

Dong, qui suis-ie?

Pour résumer,

enfin, sans que cela devienne une tout autre histoire,

disons que je suis un collectionneur.

Oui, voila ce que je suis...

Non, ce n'est pas ¢a du tout.

Mais puisque cela vous plait de me voir comme un collectionneur

disons que je suis un collectionneur.

♪ ai collectionné les armes, les tableaux,

et méme les chateaux.

Mais c'est du passe. Waintenant, a cause de mon infirmite,

je me contente de collectionner les Léa.

La pauvre!

Al-ie répondu a votre étrange,

et méme indiscréte question?

Bien que je sois mal placé pour accuser quiconque d'indiscrétion,

Qui étes-vous?

- Quelgu'un gui vous veut du bien. - Ce quiveut dire?

Je m'amuse, c'est tout.

EtlLéa?

Comme je I'ai dit, la pauvre!

QuiestLéa?

Qui n'est pas tombé amoureux de Léa?

Personne. Sauf moi.

Oui, croyez-le ou non...

elle me laissait compléetement indifférent.

Quand elle était Ia,

mon désir, et non mes sens, s'engourdissait.

Vous me suivez?

Non, vous ne me suivez pas du tout.

Disons que Léa me laissait aussi froid que le marbre.

Aussi froid, mais pas aussi dur.

Et, bien sir, mon indifierence la rendait furieuse.

Léa numéro un,

numéro trois,

numéro sept.

Quand tout cela a-t-ll eu lieu?

Quel age alLéa?

Elle n'a pas d'age, elle est morte.

Assassinée.

♪ ai besoin d'un verre d'eau.

Assassinée dans son lit, évidemment.

On a méme dit que c'était moi.

♪ étais ave vous il y a un instant?

Je ne sais pas.

Si, je suis sure que c'était vous.

...de sa flite pour punir.

I voulait se venger.

Par ma magie de sa flite,

il punissait et il tuait.

Ainsi, il avait donné une legon aux bons habitants.

Le joueur de flite attirait les enfants.

Bien!

Mauvaises nouvelles du front!

Ayez pitié!

L'argent!

Allez-vous-en!

Donnez-nous de I'argent, vous en avez.

Si on rentre sans argent, On Va avoir une racléee.

Allons-nous-en!

Mon Dieu!

Est-ce vraiment vous, Gustav Klimt?

Mereci.

Ne me remerciez pas.

Je suis honoré, Herr Klimt, trés honoré

de pouvoir vous venir en aide.

Mais vous ne vous souvenez pas de moi.

Mon.

Monsieur Non, c'est moi!

Bien sar! Herr Otto Messerchmidt von Ommit.

Exactement, cher monsieur.

Monsieur Non!

Avez-vous besoin de quelque chose?

Marchons un peu, au moins.

Rien de cassé?

Je vais vous raccompagner.

Vous devez me mépriser.

La réponse exacte est "oui"!

Tous me méprisent, et I'ont toujours fait.

Mais je n'y peux absolument rien.

Je ne peux m'empécher de dire "non".

En fait, toute ma carriere a repose

sur ma tendance naturelle a répondre "non"

a toutes les question qu'on me pose.

Il parait que, méme tout bébé,

mon premier mot a été "non".

Avant de dire "maman”, j'ai dit "non".

C'est vrai que vous avez voté contre moi au Beaux Arts?

Tout a fait.

C'est grace a moi que vous n'avez pas été professeur.

Et vous avez voté non a tous les concours que j'ai passés.

Exactement. Moi et mon célebre "non"!

Il faut admettre que sans moi

et mes "non",

Vienne serait un cimetiere de monuments laids,

laids parce que trop beaux.

Trop de beauté, selon moi,

est bien pire que trop peu.

On n'as pas I'espace pour autant de beauté.

On démolirait inlassablement 'ancien,

pour faire place au nouveau.

Heureusement, j'étais la.

♪ étais la pour dire "non, non, non",

et encore "non"!

Et maintenant, mesdames et messieurs,

je vous présente Marco Polo.

Cette chanson est dédiée a quelqu'un

qui justement nous €coute en ce moment meme.

A un grand artiste!

Adieu, mon petit officier de la garde...

Que fa chance soff avec fol.

La mort nous cerne.

C'est horrible!

Quel temps atroce, n'est-ce pas, Gustav?

Si, en effet.

Moi qui voulais organiser un essayage pour le bal costumé!

Regarde.

♪ ai trouvé ca. C'est magnifique, non?

Mais a cause du temps, ils ont décidé

d'annuler la mascarade de Primavesi.

Midi...

Quelle heure est-il?

Il do it étre tard.

Pauvre Gustav,

il ne sait pas ou il est, il est perdu.

Oui, elle est Ia, c'est ma surprise.

Léa est la.

La vraie Léa.

Nous ne nous sommes jamais rencontrés.

Si?

Je ne sais pas.

Pauvre Klimt.

Il ne sait pas ou il est.

Il est perdu.

Tu ne 'embrasses pas?

Elle est venue de trés loin pour te faire ses adieux.

Vous voila enfin!

- Ravi de vous revoir -Vous...

On est mieux ici, non?

Je cherche la sortie.

C'est par la. Vous tournez a gauche,

encore a gauche, encore a gauche,

gauche, gauche, gauche,

et presto, vous y étes.

Qui es-tu?

Je m'appelle Sylvia. Je suis perdue, comme vous.

Tu aimes te perdre?

Comme vous.

Tout le monde me cherche, comme vous.

Venez, c'est par la! Il faut qu'on se cache.

Vous parliez tout seul?

Non, je lui parlais.

Au cadavre?

Et vous parliez de quoi?

De fleurs.

"Qui est-tu?" demanda le gardien de la nuit.

"Le viens de la pureté de cristal", répondis-je.

"Et grande est ma soif, Perséphone!

"Mais, me pliant & ta sentence, Je m'enfuis,

"etje tourne, tourne é droite sans répit.

"Ie me détourne du pale cypres

"et n'étanche pas ma soif aupres de sa source sylvestre,

"mais me hate vers la tumultueuse riviere de Mnémosyne.

'bL'1je bois jusqué satiété.

"Et la, mes mains plongeant

"dans /es méandres de son lab yrinthique courant,

"je revois tel le réve d'un homme se noyant,

"toutes les visions étranges qui me sont jamais apparues,

"et des visions plus étranges encore, qu'aucun homme n'a vues.”

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