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Et à 30 kilomètres du conseil, car même de loin, ils font encore partie de l
'aventure. C'est là qu'ils vont attendre le dénouement de cette épopée. Ils se
préparent à participer au dernier conseil. La nomination a été dure, mais
bon, je me suis fait une raison.
Et puis, j'avais hâte quand même qu'un candidat arrive. Puis je me doutais de
toute façon que ça allait être Valérie, parce qu'elle était sur la liste. Moi, j
'ai énormément espéré le malheur des autres.
C'est-à-dire, oui, le malheur, pas le malheur, leur défaillance physique et
médicale pour pouvoir remplacer une des personnes et retourner dans le jeu.
Valérie, c'est normal, a des regrets, mais c'est trop tard. Ses ex-compagnons
ont déjà tourné la page.
Moi, de toute façon, je ne regrette pas ma décision. C'était celle-là et c'est
la bonne, c'est tout.
Moi, je n'ai pas mauvaise conscience.
Depuis le début, c'est comme ça.
De toute façon, voilà, moi, j'aurais eu l'impression de plus les trahir eux que
les trahir elles.
Sans pitié avec les filles, j'en ai rien à foutre.
On s'est fait trahir avec Valérie.
Donc quand même, parmi les filles, il y en a au moins une que je ne sens pas du
tout. Ce qui ne m'a pas plu chez Delphine, c'est le fait qu'elle change d
'avis comme ça.
Qu'elle crie haut et fort, je suis honnête, je suis franche, je dis tout ce
que je pense.
Elle était aussi énervée parce qu'elle est partie. Bien sûr, ça se comprend,
tout le monde est énervé. Parce que quand elle me dit qu'elle peut se
regarder dans une glace, excuse-moi mamie, mais t'as voulu chercher à
négocier. Avec Tony dès qu'il est arrivé déjà.
Effectivement, le putois il dit pas je pue.
J'étais trop forte. Et puis, Valérie, elle est jolie.
Valérie, elle est bien foutue.
Valérie, elle nage bien.
Moi, je suis sûre qu'il y a le côté jalousie. Je le vis au quotidien dans le
boulot. Mais qu'est-ce que vous voulez ? Elle n'a pas un physique extraordinaire.
Ce n'est pas du tout macabre.
Elle a marié un enfant, faire du charme.
Arrête, mamie, tu as la cage, 35 ans.
32, là, mon âge. Ah ouais, 32 ans.
Il fait 36, hein.
Mais Tony ne s'est pas laissé séduire.
Mais on l'a vu tout de suite, Tony. Ils étaient tous autour de toi, comme des
mouches. J'ai pas cédé à l'appel sirène.
Droit, communi, avec ma promesse et ma loyauté.
Et puis le charme, je l'ai pas vu, moi.
Tu l'entends parler, on dirait un film. C'est pour ça, hier, quand elle disait,
ouais, moi, chez nous, on n'a pas voulu de stratégie, il y avait une osmose, une
amour. Je croyais qu'on aurait été dans une secte. Il y avait un gourou et des
adeptes.
C'est des lendemains qui sont difficiles.
Je m'étais dit qu'il fallait que je continue le jeu coûte que coûte.
Je veux que je reprenne le dessus ce matin et que je me remette à rire et à
raconter des conneries.
J'aurais peut-être des fouloirs pour faire ça, ça va me redonner la pêche.
Sinon ça va être long, long, long. Si je ne fais rien et que j'attends et que je
pleure dans mon coin, je ne sais pas à quoi ça sert.
Je sais que je n'ai plus que deux jours, il faut que je les vive normalement.
Isabelle, comme souvent, n'a pas le moral. Pourtant Moussa ne lui en veut
pas de son attitude hostile des derniers jours.
Depuis le début de l'aventure, il a toujours soutenu Isabelle et il continue
à le faire.
ce qu'elle a dit sur moi.
Je continue à dire Isabelle, mais pas comme ça. Parce que j'ai vu comment elle
était.
Ça, c'est pas moi qui ai vu ça.
Non, non, je pense que t'as une stratégie qui va au-delà de l'amitié ou
de ce que tu peux porter à l'être humain. T'as ni foi, ni loi, ni Dieu, ni
rien. Y'a que toi, c'est que toi ton seul maître depuis le début. Moi ? Je
suis pas stratégique, je suis pas hypophybe.
Alors ça, c'est grandiose. Vous avez joué en premier.
Vous avez vu, je suis rentré dans votre jeu. Tu te plantes, je pense que t'es
pas quelqu'un d'intuition.
Attends, je suis un être humain, je peux me planter, peut-être.
Voilà, mais je dis tu te plantes. Je t'ai dit Isa.
Chaque fois que j'incendie Valérie, je dis Valérie, elle est mauvaise, Isa,
elle est bien.
C'est Valérie qui a tué Isa. T'es en train de changer de sujet, là. Non, c
'est pas pour rien que je disais ça.
T'es un embrouilleur de première.
Parce que tu veux pas voir la vérité en France.
C'est très bien.
Là, je suis revenu vers toi. Non, mais t'as rien fait.
Je t'ai fait des excuses, ça fait un biseau après le concert.
Je suis revenu vers toi.
C'est pas mieux, eux ils s'embrassent, ils se font des excuses aussi, ils se
tirent dans les pattes. Ouais, mais ils sont bien. Si t'arrives à croire ça,
bah... Tu travailles très stratégique, mais tu vas voir. Je pense que t'as
encore un peu de rire.
Je crois pas.
Je pense que tu devrais te battre comme aujourd'hui.
Les relations s'améliorent entre les deux derniers survivants de la tribu des
Machigas. Malheureusement, l'aventure est aujourd'hui individuelle. Isabelle
et Moussa vont devoir s'affronter dans le jeu de confort qui s'annonce.
Il y a un message, on a reçu un message.
C'est un rendez-vous parsemé d'obstacles pour les
esprits les plus combatifs.
Tant attendu, un réconfort récompensera leurs efforts.
Bonjour à tous !
Prêt pour une épreuve difficile ? C'est tout simplement ce qu'on appelle le
parcours du combattant.
Et une fois n'est pas coutume, on va séparer les hommes et les femmes.
Isabelle, Delphine et Hélène face à face.
Puis ensuite, un combat de titans entre Moundir, Moussa, Et Antoine,
le plus rapide et la plus rapide remporteront ce jeu de confort.
Les filles, vous êtes prêtes ? Attention,
top départ ! Premier
obstacle de ce parcours du combattant, une barrière implantée dans l'eau.
Delphine et Hélène prennent aussitôt la tête.
Deuxième obstacle, l'affaire se complique, il faut plonger pour se
glisser sous les troncs d'arbre.
Isabelle est à la traîne, Hélène et Delphine attaquent déjà le troisième
obstacle.
Entre les deux jeunes femmes, c'est la bagarre.
Hélène est pour l'instant la plus agile dans l'enchevêtrement de la forêt
tropicale.
Le parcours est extrêmement physique.
Le manque de nourriture influe visiblement sur le tonus des deux jeunes
femmes.
L'épuisement se lie sur les visages des concurrentes, elles sont à bout de force
et les difficultés s'amoncèlent.
Les
derniers
maîtres, elles sont à bout. Au bord de l'épuisement, Hélène trébuche
malheureusement une fois de trop.
Je vous avais prévenu, c'était une épreuve physique, tonique. C'est vrai,
mais elle était forte.
Bien fait pour ma gueule.
Déçue forcément ? Vous croyez ? Je suis écoeurée.
Alors vous allez prendre la place des garçons et puis on va les regarder à l
'œuvre.
Attention ! Top départ !
Même
parcours pour les garçons et ça va vite.
Tony reste au contact grâce surtout à son aisance dans l'eau.
Au niveau du parcours terrestre, ce n'est pas une surprise.
La jeunesse de Moussa et de Moundir fait la différence.
Tony ne peut pas suivre le rythme imprimé à la course par ces deux
athlètes.
Tchao !
Jusqu'au bout ! Jusqu'au bout, c'est là la fin !
C
'est
bien.
Vous êtes pour l'instant deux à avoir gagné.
Moussa pour les garçons, Delphine pour les filles.
Mais malheureusement, il n'y a qu'une seule récompense.
Il va falloir vous mettre d'accord.
C'est à vous de décider qui doit avoir cette récompense. Et à vous seul.
Je lui laisse profiter de ce confort et en plus c'est une fille, donc je suis
bien.
Alors Delphine ? Moi je suis enchantée, j'ai ravi, il est génial.
Je suis trop contente, c'est ma première que je gagne, alors je suis super
contente. Moussa, Tony, Moundir, Isabelle et Hélène, vous allez regagner
votre campement. Et puis vous Delphine, vous allez rester ici.
Et croyez-moi, vous allez passer une nuit magique, une nuit comme vous n'en
avez jamais passée.
Et comme sans doute, vous n'en passerez plus jamais.
Bon retour sur votre campement, à très bientôt.
C'est en plein milieu de la nature, comme ça, c'est hyper calme.
En fait, c'est en train de m'apaiser.
C'est du bien.
La récompense remportée par Delphine est sans doute une des plus belles de l
'aventure. Elle est invitée à découvrir pendant 24 heures la vie quotidienne des
Indiens Nobés, les habitants historiques de cette partie du Panama.
Il te donne la bienvenue à sa communauté qui s'appelle Nové.
Frédie Delphine.
Alors on va le suivre, il va nous emmener à la maison.
Il vit de quoi ? Il fait quoi ? Il est pêcheur ? Il vit de la pêche.
Comment c'est la vie pour lui ici ? Assez fabuleux.
Les indiens nobés sont installés ici, sur l'île de Bastimientos, depuis le
début du 19e siècle.
Chassés de Colombie par la colonisation, ils ont trouvé là, au fin fond du
Panama, une terre bien à eux, où ils vivent de la culture de la banane et de
la pêche.
C'est génial, c'est surprenant, j'apprends plein de choses.
Je quitte un monde sauvage contre un monde d
'innocence.
Et c'est merveilleux, en fait c'est vrai, c'est magique.
Les enfants, c'est toute la vie de Delphine. Elle en a deux et le dit elle
-même, être mère lui a tout simplement sauvé la vie.
Dans ce village où les familles de 11 enfants ne sont pas rares, elle est
parfaitement à son aise.
Il dit premièrement que les îles Lama, c'est le plus riche en poissons, c'est
où tu trouves le plus de poissons. D'accord.
Que depuis la plage, tu peux pêcher, que c'est meilleur la nuit, c'est plus
facile de pêcher la nuit. Ah la nuit ! Donc il va falloir qu'on essaye la nuit
de pêcher maintenant.
Delphine est complètement immergée dans la découverte du monde de la communauté
Nobé. Au campement bien sûr, on ne parle que de cela.
Il y en a une qui a passé une super belle nuit.
Surtout, elle va bouffer. Dans un hôtel.
Un hôtel à bouffe.
C'est pas grave, elle va être heureuse. C'est bien.
On va revenir tout roquinquer.
Moussa lui a cédé sa place. Les étoiles pleines, les yeux.
Gentillesse.
Du geste à Mr. Samay.
Non. Le cheval est resté, Moussa.
J'ai pas hésité.
Attendez. C'est tout à fait normal.
Quand elle m'a remercié, je lui ai dit ne me remercie pas, c'est normal.
Je pense que tous les hommes qui ont un peu de raison, qui sont ici, auraient
fait la même chose que moi.
Ça s'appelle la galanterie très chère.
Galanterie masculine peut-être, et puis en même temps, je ne sais pas, un côté
garçon un peu, c'est normal.
Tous les garçons ici l'auraient fait, j'en suis persuadée.
Ils sont chevalins.
Je veux dire, même s'ils avaient voulu, ils peuvent partir humainement devant
les caméras, c'est pas possible, ça fait trop macho. J'imaginais mal que tu
aurais dit, bon, je suis désolé, je te trouve un peu bidon, je prends ta place.
Bon, donc, le fait que Delphine ait gagné, très bien, pas d'ombrage à ça,
mais qu'elle soit venue me faire la bise comme si on était copines et que je me
réjouisse du fait.
Qu'elle aille se faire masser et manger le soir, il y avait un pas quand même.
Hier, elle m'a trahi.
Qu'elle ne me demande pas de devenir sa copine, de faire comme si de rien n
'était, je ne peux pas.
Isabelle est déçue, bien sûr.
Les cinq perdants doivent ce soir se contenter de peu.
Une triste tisane à base de canne à sucre, de peau d'orange et de verveine
sauvage. Si tu la suces, la canne à sucre, il y a de l'orange dedans.
Goûte-le, goûte-le. C'est comme s'il n'y avait pas de sucre du tout. C'est très
amer.
Trop de sucre, pas assez de sucre, trop de sel, pas assez de sel.
Pire de contenter une colonie de vacances.
Pourtant, je me décarcasse, mais je pense qu'ils ne s'en rendent même pas
compte. Mais il y a des gens qui ont des exigences, effectivement, dans la vie.
Tony est quand même quelqu'un qui, effectivement, est exigeant dans la vie.
T'arrêtes un peu, oui, toi. C'est vrai.
Exigeant. Exigeant, oui. Le sel, c'est telle dose de sel, quoi. C'est pas une
autre.
Si, t'as des exigences. Non, c'est trop salé.
Il vaut mieux quand même savoir un peu moins, il faut le dire.
Quand c'est trop fade, vous m'avez dit toujours qu'il n'y avait pas assez.
Voilà. Donc les palmes, tout, vous voyez, c'est quand même tout. Non, non,
non, mais il n'y a pas de raison.
Ah ouais, mais ça, c'est Tony, ça.
S'il n'y a pas les boutons sur la chemise, ce n'est pas une chemise, quoi.
Mais on trouvera toujours. Disons que le problème de Tony, c'est qu'il cherche
trop la perfection.
Et les gens qui cherchent la perfection, même si la perfection est là à côté, ils
ne la trouveront jamais.
Je disais que chacun avait des exigences dans la vie et qu'il les exprimait.
Voilà la question qu'il m'a posée. Et j'ai dit, c'est comme ça qu'il y en a un
qui trouve que c'est trop sucré, l'autre qui trouve qu'il n'y a pas assez d'eau.
Voilà, c'est tout.
Quelques aigreurs au bivouac et elles ne sont pas dues à la maigre pitance qui
fait l'ordinaire de la tribu depuis déjà 28 jours.
Pour Delphine en revanche, c'est jour de fête. L'accueil de cette communauté
indigène est particulièrement chaleureux. Il faut dire que l
'hospitalité des indiens nobés est plus qu'une tradition, c'est un art de vivre.
En fait, ça a des voies sénâtres, mais en fait, c'est les épices dans
lesquelles ça a cuit qui l'emportent.
Ça a tout un petit goût de fumée, en fait, de fumée de poisson, d'oignon.
Et ça, vraiment, c'est agréable. C'est très bon à manger.
Je me régale.
Je savoure ce que je fais.
Voilà. Et mon plat.
Ça s'appelle « vapillon séductrice ».
Ces quelques notes sont en fait les premières que Delphine entend depuis son
arrivée au Panama.
Elle est fan de hip-hop et ne peut s'empêcher d'inviter son hôte à danser.
J'aurais
jamais pensé vivre
ça. Je suis très contente d'eux.
De vivre ça, je suis vraiment enchantée que ça me soit tombé dessus.
Toute une petite famille comme ça, ils sont tous super gentils en plus.
Les petits os, ils sont tous des bouilles à croquer.
J'aurais l'honneur de dire que j'ai vécu ça.
Vraiment, je leur prie pas tous les jours.
Nuit extraordinaire pour Delphine. Pas de luxe superflu, juste la simplicité et
l'authenticité des Indiens de Salt Creek, la rivière salée.
Pour Delphine, c'est une véritable révélation.
Après une nuit bien courte, Delphine se lève au champ du coq. Cette matinée est
l'occasion d'apprendre quelques techniques de chasse au gibier local.
En l'occurrence, le rat sauvage.
Système de balancier.
Le rat, quand il va rentrer, il va manger un coco qui est piqué dans ce
morceau-là.
Ça va pousser le morceau, le clou il va s'enlever et ça va se refermer en fait.
Donc la pièce se referme, donc c'est un système de balancier. Delphine c'est
sûre et maintenant experte en piège à rats. Nul doute qu'elle saura se servir
de ses nouvelles compétences sur l'île. En guise de cadeau de départ, les
enfants de la famille offrent à Delphine les prises de la nuit.
Deux rats vivants.
Ils vont être contents.
Dis-lui merci beaucoup et que là-bas ils aiment beaucoup ça, donc ils vont être
super contents.
C'est beaucoup plus agréable de rester ici que d'être sur lui.
C'est tout plein, c'est tellement paisible, c'est tellement calme, tous
ces enfants qui sont tout le temps souriants.
Donc je vais revenir, en fait, j'ai l'impression d'avoir fait un vide, et je
vais revenir plus sereine.
Ça m'a remis un peu les idées bien en place, en fait, je pense.
Moi, je serais changée peut-être, mais les autres n'ont pas changé, et je ne
peux pas faire changer les gens.
Donc moi, je serais contente, parce que quelque part, je vais apprendre à plus m
'amuser un peu, à faire de la pêche, la chasse.
Et je vais plus apprécier tout ça.
Pour Delphine, la fête est finie. Elle doit regagner le campement où les vivres
s'épuisent. Et bien sûr, cela favorise l'apparition de tensions entre les
rescapés. Il devient essentiel de trouver un complément au riz quotidien.
Moundir, n'écoutant que son courage, se jette à l'eau.
J'ai proposé, j'ai dit si tu voulais aller voir là-bas dans la nasse, il y a
des poissons.
Il m'a dit ok, passe-moi le matériel, c'est ce qu'il fait.
C'est la première fois qu'il y va.
Je suis content qu'ils mettent la main à la pâte un peu, qu'ils ne comptent pas
sur moi systématiquement.
Non, non, ils ne me voient pas à ma place et je suis très content qu'ils y
aillent. Je ne prends pas sa place.
On dit Tony le pêcheur.
C'est vrai que Tony, il dit que moi, je suis un grand nageur.
Enfin, ça m'aide souvent.
Tout à l'heure, justement, en bas d'un tombant, sur le sable, une raie qui
faisait peut-être 80 centimètres.
Une jolie raie là, je plonge, je descends dessus à 7-8 mètres de
profondeur. Arrivé à 3 mètres du sable, hop, elle démarre doucement devant moi.
Il n'a pas pris une sardine.
Je la suis pendant une dizaine de mètres, elle se garde toujours les 2-3
mètres.
Si je n'ai pas de fusil à repond, ce n'est pas la peine.
C'est vrai que s'il y avait un fusil à repond, mais bon, ce n'est pas dans le
jeu de Koh-Lanta.
Jusqu'à ce moment-là, un sac de couchage, oreiller.
Il bouche avec un système électronique et tout.
C'est une chose que j'ai oublié de dire, mais bon, je vous le précise.
C'est impossible de faire la plongée si on n'a pas une ceinture de plongée.
S'il ne va pas pêcher, tant mieux.
Mais bon, c'est lui qui va passer pour quelqu'un, un mauvais pêcheur.
Un petit fusil à pont, même un tout petit, ça ira très bien.
Donc il a 58 ans, il faut qu'on le rencontre. Il a la pêche, il a super la
pêche. Il doit avoir un petit coup de barre.
Tony est bien fatigué et ses échecs répétés à la pêche lui cassent le moral.
Heureusement, le retour de Delphine crée une distraction bienvenue sur la plage.
Et en plus, elle ne revient pas les mains vides. Donc il faut un parvivant à
tuer. Ils nous les ont offerts.
Oh la vache ! Et là...
Oh là là, c'est le courrier now. Pour Moussa, le courrier now.
Il est bel.
Antoine, t'en dis là. Arrête, c'est ça.
Oh là là, mon frère cassé.
Mami, mami.
Moi, moi.
Salut Delphine.
Est-ce que t'as eu du courrier toi ? Oui, moi j'en ai. Vas-y, vas-y,
continue.
Pour Hélène.
Elle est pour les rats.
Tu vas avoir des enfants qui savent écrire.
J'en ai fait tellement
longtemps. Qui a dit qu'on n'avait pas de courrier ? C'est la France.
Ma fille qui dit qu'elle est débordée.
Papa s'énerve vite et ça commence à m'énerver moi aussi. Mais à part ça,
tout va bien.
Je suis sereine, ça se passe bien là-bas. J'ai eu que des bonnes
nouvelles.
Ils se sont organisés sans moi.
C'est très beau.
C'est trop beau.
Regarde-moi ça.
Je ne m'attendais pas à ce qu'elle revienne avec des lettres.
J'ai été surprise.
Métrie du Japon.
Deux ans, je ne l'ai pas vue.
Mon grand-père Kassen.
Le Japon.
Je vais m'isoler hors caméra pour ne pas qu'il voie ma gueule.
J'ai un peu l'impression de faire un retour à la réalité.
Et ça fait du bien.
Recevoir des nouvelles comme ça, ça marque de plus en plus.
Psychologiquement, ça me marque. Je pensais que j'aurais été plus contre que
ça, mais...
C'est la première fois dans ma vie que ça m'arrive dans des situations.
Ma femme, là, ma deuxième épouse, c'est la première fois que j'acquitte autant
de temps.
Mes enfants, je crois que j'ai dû les... Je suis passé deux jours, peut-être
trois jours, sans les voir depuis qu'ils sont nés. Et ils me manquent, ils me
manquent. Or, c'est fou, quoi.
Après...
Ça
perçoit que c'est dur.
Et puis après, on essaye de penser à autre chose et puis voilà.
C'est pas facile.
J'ai pas vu mon grand frère depuis deux ans.
Je peux... Je peux... Je peux... T'es ouf.
Ah, excusez-moi, mais je peux... Ah ouais.
Allez, mon Dieu, reprends-toi. Ah ouais, ouais, je me reprends, parce que... Ah,
t'es ouf ! Oh là là ! T'es bon, pas suffisant. T'es bon, pas suffisant. T'es
bon, pas suffisant. T'es
aussi grand
petit frère.
T'es aussi grand petit frère.
Tu dois apprendre à te transcender.
Comme toujours, le courrier est un gros moment d'émotion. Mais pendant les
pleurs, l'aventure continue.
L'épreuve d'immunité est proche. Pour Isabelle comme pour Tony, tous deux
assez éprouvés, l'immunité est cruciale. Je n'ai rien à jouer dans le Koh-Lanta.
Même une nulle peut gagner.
Soit j'ai l'immunité maintenant, soit j'ai l'immunité maintenant et dans trois
jours.
J'ai l'impression d'entendre Sylvie.
Ah, ils vont me sortir.
Mais c'est vrai, attends, je suis encore une jaune et je suis la dernière jaune.
T'es lourd quand tu parles comme ça.
Tu pèses 10 tonnes.
Qu'il fasse jour ou nuit.
L'un choisit, l'autre suit, mais pour un seul, l'immunité sourit.
Je pense que je ne l'aurai pas, mais je vais faire mon possible.
Je pense que je n'aurai pas l'immunité, et si je ne l'ai pas, je vire. Ce serait
bien qu'Isabelle la gagne pour qu'elle ait l'immunité.
Comme ça, elle arrêtera de dire que son sort en est jeté.
Je crois qu'elle va partir rejoindre ses amis, les Machigas.
Bonjour à tous.
Antoine.
Ce totem, c'est l'objet de toutes les convoitises. C'est ce qui peut vous
permettre d'être intouchable au prochain conseil.
Dans un premier temps, je vais vous demander de vous mettre deux par deux.
Vous choisissez.
Aucune règle.
Moussa Delphine.
Moundir Isabelle.
Hélène, Tony, vous allez devoir effectuer un parcours, d'abord dans la
jungle, ensuite dans la mer.
Il y aura dans chaque binôme une personne avec les yeux bandés et une
autre qui servira de guide.
Voilà, s'il voit quelque chose... Ah, je veux te dire...
Ah,
c'est un peu stressant quand même.
Attention, top départ ! Bien
le pied, bien le pied, là, voilà, bien.
Continue, j'avise.
Il faut bien sûr avoir une confiance aveugle dans son guide.
Difficile de se mouvoir dans cette forêt encombrée de racines et de branches.
Et
les
choses se compliquent. Au niveau de cette barrière, les guides doivent
abandonner leur compagnon.
Et ils n'ont désormais que la voix pour les diriger.
Encore ! Encore !
Elle est jusqu'ici, Tony, Hélène.
C'est presque gagné.
Il faut me donner le triangle.
Bravo, Hélène, Tony.
Bravo. Formidable.
Elle a été formidable.
C'est que la première partie.
On va pouvoir passer à la finale.
Cette fois-ci, Hélène, Tony, vous êtes adversaires. Le totem se trouve sur le
petit îlot.
Il va falloir aller le chercher.
Pour vous encourager, vous guider, Moussa, Delphine, Isabelle et
Moundir, vous allez faire trois tours sur vous-même et immédiatement après, je
vous donne le top départ.
Un, deux...
Delfine prend délibérément le parti d'Hélène, tandis que Moundir opte pour
son allié de toujours, Antoine. Quant à Moussa, ses indications sont peu claires
et s'adressent aux deux.
Isabelle. est tout simplement inaudible.
J'y crois pas.
Hélène, c'est la deuxième fois que vous le récupérez et c'est la deuxième fois
que vous allez pouvoir vivre un conseil tranquille en étant intouchable.
Intouchable, moi, mais c'est toujours difficile, le conseil.
Tony, vous n'êtes pas passé loin. Je suis content, sincèrement, que Hélène
ait gagné parce qu'elle a fait un tel effort dans la première partie de l
'épreuve qu'elle le mérite.
A tous, je vous donne rendez-vous très très vite pour le conseil.
Et puis vous, Hélène, profitez-en.
Bon retour sur votre bivouac. Pour la deuxième fois en quelques jours, Hélène
est titulaire de cette fameuse immunité.
Isabelle et Tony, les vétérans du groupe, ont de bonnes raisons de
craindre le conseil. Des points de friction apparaissent au moment de
préparer le repas composé de riz et des rats sauvages ramenés par Delphine.
Moi, je n'aime pas tuer, machin.
Quand il les a éclatés sur le trou d'arbre, ça m'a un peu dégoûté.
Voilà, allez, on y va.
Prends le plus haut pour les pattes.
Le plus haut ? Non, non, pas le plus haut. Comme ça, voilà.
Celui-là, il est plus âgé que l'autre.
C'était un jeune, il en faut. Ah oui, si on voit bien, il était plus petit. Celui
-là, c'est un vieux.
Il faut essayer de ne pas le casser, sinon on est la mère de Val d'Ingres.
Super. Ah, très bien. Alors, on fait quoi, là ? On ouvre le ventre. Il a
une paire de trucs que même un survivor en virait.
Surtout parce qu'il paraît qu'elles sont devenues toutes petites pendant le
séjour. C'est la fête, là.
J'ai déjà le goût d'un bouche, c'était super bon, là.
Je vais même essayer de faire le deuxième, là, toute seule.
Au cas où, je me retrouve seule, je sais pas.
Ils partent tous à la nage et ils me laissent.
Ça, je me dis, je vais le faire.
Ça ne te dérange pas ? Ce n'est pas la peine d'aller faire l'essai.
Non, parce que tu n'as pas spécialement à apprendre à vider des rats. Ils vont
bien suivre le coup.
Autant qu'ils soient réussis quand même.
C'est toujours pareil quand on apprend quelque chose.
On ne le fait pas aussi bien.
Le but, c'est qu'on mange du rat en bon état, sans que la merde ait chié dessus,
sans que la pisse et l'urine coulent dans le ventre.
J'ai perdu une patte.
On a deux rats à manger. Attends, c'est dommage que tu fasses un essai. Si tu
crèves les boyaux et les intestins, je ne sais pas comment on va pouvoir faire
pour le consommer.
Alors j'ai préféré assurer le coup. Alors évidemment, ça peut être vexant,
mais on n'est pas à Koh Lanta pour apprendre.
Les femmes sont cantonnées souvent.
Il faut des plumages, des poêlages, mais pas à l'essentiel. La peur.
La peur que je lui nique le rat.
Résiste. Résiste bien là. Résiste ici. Ne m
'engueule pas avant de voir ce que je
fais.
C'est meilleur.
Si vous voulez les os, je vous les laisse. Mais moi, je ne les mange pas.
Moi, je me dis que c'est du poulet. Si je me dis que c'est du rat, je ne mange
pas. J'ai sauté le repas, je n'ai pas mangé le rat parce que j
'ai trouvé ça... En fait, ça m'a un peu choqué la façon dont ils ont été tués.
Et il est vrai que je m'alimente très peu, donc je me sens un peu plus
affaibli que les autres.
Les hommes sont très faibles comparé aux femmes. Ils ne sont pas résistants, c
'est incroyable.
Moundir et Moussa n'arrêtent pas de dormir.
Et Tony, il fait de plus en plus de siestes alors qu'il n'en faisait pas
avant. Les femmes sont fortes à côté des hommes.
C'est bien connu.
Le repas pris en commun est souvent l'occasion de retrouver un peu de
cohésion. Tout le monde se régale plus ou moins, sauf Moundir, qui se pose des
questions sur Tony.
De temps en temps, comme ça, ça me fait du bien de prendre du recul par rapport
à tout ce qui se passe. Parce qu'il y a trop de paroles qui sont venues.
Sur des ethnies différentes, sur des couleurs.
Plus les paroles qu'il a dites.
Il a dit, bon maintenant le prochain à virer c'est le négro. Ça se dit ça ou
quoi ? Donc on est venu me le répéter.
Comme on dit, la vengeance c'est un plat qui se mange fort.
Donc j'attends calmement de me venger. Depuis quelques jours déjà, Tony est sur
la sellette. Ses compagnons supportent de plus en plus mal son caractère
autoritaire. Et puis, cette rumeur qui lui prête des propos inacceptables, s
'ils étaient avérés.
lui colle à la peau. C'est pas ce qu'il pense.
Je suis désolé, mais dès le moment où il a dit le prochain tour, on vire le
négro, j'ai pas parlé avec lui. Ah, t'as compris.
T'as compris.
Ça, je crois le bien, je l'ai en travers de la gorge. Je voulais aller le voir et
le sauter dessus.
Mais j'ai réfléchi, j'ai réfléchi.
Je me suis calmé, j'ai beaucoup réfléchi.
Et je sais ce que je fais. Ce qui se passe, c'est que tout ce qui fait cette
histoire au jour d'aujourd'hui, c'est pas des propos tenus en direct.
ni devant caméra, ce ne sont que des oui-dis.
C'est ce que je me dis, c'est des on-dis.
Là, ça va faire déjà trois on-dis, quoi.
Donc, deux filles de chez les Rouges.
Maintenant, c'est une jaune qui me dit.
Isabelle s'est pris un peu la tête avec elle, justement, à ce sujet.
Donc, ça, c'est des choses que je ne supporte pas.
Ça, c'est vraiment un truc qui me... Si elle me le dit en face, je crois que ça
part en vrille.
Je ne me souviens pas, je le jure, je l'affirme, je le confirme, que je ne me
rappelle pas avoir dit ça en toute sincérité. J'ai mon franc-parler, j'ai
mon orgueil, j'ai ma conscience.
Je suis quelqu'un de droit, de loyal.
Si je me rappelais avoir dit ça, je dirais oui, effectivement, je l'ai peut
-être dit, mais là, je n'ai aucune souveraineté d'avoir dit ça.
Les choses sont en train de changer sur l'île. Le rapprochement entre Moussa et
Moundir n'est plus seulement stratégique. Une véritable amitié est en
train de naître.
Chikras, ces serpents, les araignées, allez, on s'en fout.
C'est tout simple, on est deux amitiés.
On vient pratiquement du même continent.
Il est renoi, je suis rebeu.
Il y a une fraternité qui joue.
On vient de la même ville, enfin Paris.
Il y a une grande famille, je suis ici d'une grande famille.
Et puis ça s'est fait tout de suite.
Moussa, Moundir, c'est pas Antonin et Moundir.
Et puis je l'ai pris comme un petit frère malgré qu'il soit plus grand que
moi. De taille, pas de lâche.
Et puis on s'écoute tous les deux. On lutte ensemble, on dort à côté.
Bien sûr, nous ne nous mettrons pas tout nus.
Le soir tombe et grâce à Delphine, la tribu a mangé de la viande. Ils se
couchent donc un peu moins affamés. Ils ont tous besoin de repos, sauf Delphine.
Elle est gonflée à bloc et veut mettre à l'épreuve ce qu'elle a appris des
Indiens nobés. Elle parvient à entraîner Hélène dans une partie de pêche aussi
nocturne que risquée.
Je trouve qu'elles sont un peu
inconscientes.
Bon, il y a Tony quand même qui est au camp, qui est un super bon nageur, s'il
y a quoi que ce soit.
Évidemment, c'est dans le noir absolu. Mais les pêches de nuit, ça va toujours
dans le noir.
Ça a parfaitement nagé, il avait des gilets.
Ces deux filles qui jouaient du canot, ça n'avait, à mon avis, aucun âge. Tout
le monde s'en fout.
Je comprends qu'elles veuillent quand même essayer, là où les garçons ont
échoué. Parce que c'est aussi ce que disait Delphine, ce serait bien que ce
soit les filles qui ramènent du poisson.
Je baisse mon froc si elles ont un poisson comme ça. D'accord ?
Ça
va
? Isabelle ? Ils ont pris leur gilet avec eux ?
Heureusement. Non mais bon, on va pas fâcher un quartier.
On va pas déconner.
Ils croient que c'est la fin du trône.
On pêche les poissons rouges.
On a du mal à les voir.
Du mal à les voir. Je ne les vois même pas.
Ça mérite des paires de barres.
Messieurs les maris de vos femmes, parfois il faut tarter vos femmes quand
elles n'écoutent pas.
T'as vu où elles sont ? Je les distingue un tout petit peu. Je vois une espèce de
barque noire.
Mais c'est super dur.
Imagine, il y a un coup de vague.
Plus d'hameçons, plus de poissons.
Plus de filles. Plus de filles, voilà.
À mort tout le temps ! Ça n'arrêtait pas de mordre, ils étaient stressés, ils
venaient revenir, il fait nuit, on voit bien qu'il fait nuit. Mais on voyait le
feu, donc on était bien là-bas.
On est là.
Si personne ne nous dit de revenir, on fait quoi après ? C'est dangereux, tu me
dis, on est là.
On essaye de prémire, non ? Bon, alors voilà, c'est tout.
Je te saoule pas, je te dis ! J'ai dit arrête de t'angoisser ! On s'est nagé,
on est des grandes filles, on partait pour pêcher du poisson, on n'arrêtait
pas de faire des touches.
Et on n'arrêtait pas, ça prenait, alors c'est énervant quoi, parce qu'on
sentait... Et ils étaient là toutes les trois secondes, revenez ! Moundir, comme
souvent, est un peu trop véhément. Mais sur le fond, il n'a pas tort.
Cette escapade nocturne en mer était dangereuse compte tenu de l'extrême
fatigue des naufragés.
Hélène et Delphine sont saines et sauves.
Mais c'est bien là l'essentiel.
Si je n'ai pas de fusil à repondre, ce n'est pas la peine.
La nuit porte conseil, dit-on, mais pas sur Machiga.
Au petit matin, c'est Tony, piqué au vif par les tentatives des filles, qui met
la pirogue à l'eau.
Encore une fois, il parle de jeu d'équipe. Il va pêcher, il ne dit rien à
personne.
Tu l'as vu ? Tu l'as dit, toi ? Non, non, je l'ai vu partir. Si il arrive un
pépin, j'ai vu qu'il n'avait pas son gilet.
On ne sait pas où il est. Il ne revient pas. Alors oui, c'est un grand nageur.
Oui, il reste trois minutes sous l'eau.
Et comme j'ai dit hier, la plage, c'est traître.
Alors s'il prend un poisson, ça va être oui, j'ai pris le poisson. C'est grâce à
moi qu'on mange du poisson. C'est lui.
Je connais déjà le single de Tommy.
Le problème, c'est que lorsqu'on donne, il ne faut pas se vanter. Excuse-moi.
Le problème, c'est que lorsqu'on donne, il ne faut pas se vanter de dire oui, j
'ai fait ceci, j'ai fait cela, parce que c'est nul.
Tu le fais, tu le fais avec cœur, point barre.
Je dis un peu pour toi, parce que ce n'est pas pour toi, mais enfin... Oh,
purée ! Un poisson.
De l'Olan ! Denis ! Denis ! Riz poisson ? Ah ouais,
maintenant ?
Tu l'as chopé au marcon ? Bravo, Tony, bravo.
Je suis content parce que... En plus, ils ont vachement de chair. Tu vas
pouvoir manger un peu de poisson avant de partir.
Quand il m'a offert les poissons, c'était mes deux derniers poissons. Ça m
'a fait assez mal au ventre.
Il n'a pas voulu vincer Moussa, il préfère me vincer moi.
C'est Tony.
En plus, ça me fait plaisir.
J'ai été enthousiasmé de voir...
Avec quel plaisir ils ont appris des nouvelles.
Génial. J'ai entendu des cris.
Pour Tony, c'est clair, les dés sont jetés.
Mais les certitudes des uns ne peuvent masquer l'inquiétude des autres. Ce
soir, c'est le conseil. Et tous, sauf Hélène bien sûr, ont de bonnes raisons
de penser que leur tour est venu. Entre qui je vais voter ce soir ? Sachant que
je ne peux pas voter contre Tony, je dirais Isabelle.
Après, qui sait, peut-être que je changerai là-bas. Je vous dis Isabelle
maintenant, mais peut-être que dès que j'aurai le marqueur, ça va changer.
Est-ce que c'est Isabelle qui va nous quitter ce soir ? Il y a 80% de chances
que ce soit possible et 20% de chances que ce soit quelqu'un d'autre, moi ou
peut-être un rouge.
Je ne sais pas.
Apparemment, ce serait Isabelle.
Mais on verra, puisqu'on verra bien.
Moi, je suis filé à ma parole pour l'instant.
Il n'y a pas de raison que je change.
Et normalement, je voterai Isabelle. Donc voilà, c'est mon dernier jour sur l
'île. C'est comme ça, c'est le jeu. Et puis je suis prête à ça. Je suis bonne
joueuse. Les pactes sont faits pour être rompus, je pense.
Comme toute parole, apparemment, sur cette île.
Donc je ne sais pas trop ce qui peut se passer. Moi, j'ai toujours dit que pour
moi, c'était la loterie.
Je ne me fais aucune illusion sur qui que ce soit.
Et je pense que tout est possible.
Le moment de partir pour le conseil est arrivé.
Tony semble persuadé du départ d'Isabelle, mais sait-il que Moundir
peut-être songe à une autre alliance ? Moussa et Moundir sont devenus amis,
mais que vaut une amitié récente devant 100 000 euros de gain ? Les femmes sont
majoritaires et l'une d'entre elles possède l'immunité. De quoi exacerber
les ambitions féministes, d'autant que les trois hommes qui restent sont de
redoutables compétiteurs. Plus que jamais, le résultat du vote est
imprévisible.
Les plus sportifs sont bousculés dans les épreuves d'immunité. Et oui, le
mental semble peu à peu prendre le dessus sur le physique.
La réussite d'Hélène en est le plus parfait exemple. Encore une fois ce
soir, elle est intouchable au conseil. Alors forcément, chacun reste sur ses
gardes avec un seul mot d'ordre, méfiance.
Bonsoir Hélène. Bonsoir.
Je constate avec surprise que depuis un ou deux jours, les clans s'estompent,
les antagonismes passés laissent la place à des rapprochements.
Alors c'est vrai que ça doit vous faciliter la vie sur votre campement,
mais pour certains, ça doit vous laisser aussi des regrets par rapport à tout ce
qui s'est passé auparavant.
Et là je me tourne vers vous Isabelle.
Quand je vous vois prendre le bras de Moussa après une épreuve, quand je vous
vois dialoguer alors que...
Tout contact était rompu depuis bien longtemps.
Je me dis que ça aurait pu se faire avant.
Je crois que c'est arrivé au point où ça devait arriver. Ça n'aurait pas pu se
faire avant. Il fallait que je mûrisse. Il fallait aussi que Moussa prenne
conscience de certaines choses.
On a discuté, j'allais dire, d'homme à homme.
Je lui ai dit qu'il arrête parce que ça devenait insupportable.
Moi, j'ai mûri de mon côté. Je me suis dit que je faisais vraiment du
systématisme. Donc j'ai dit stop.
Et j'ai pris du recul et j'ai essayé de le voir autrement et j'ai fait mon mea
culpa sur beaucoup de choses.
Franchement, aujourd'hui, Isabelle, vous regrettez de ne pas avoir eu cette prise
de conscience un peu plus en amont dans l'aventure ? Je n'arrive pas à me dire
que j'aurais pu faire autrement que ce que j'ai fait parce que je ne l'ai pas
fait contre mon vrai. Parce que ça vous arrange de dire ça, mais si vous essayez
de faire un petit effort... Non, non, je pense que j'ai vécu le moment présent et
qu'il y a des choses qui m'ont semblé intolérables parce qu'on vivait quand
même dans des conditions difficiles.
que l'attitude de Moussa nous semblait intolérable, mais comme maintenant un
peu les rouges peuvent trouver aussi à redire à l'un ou à l'autre, parce que
sur la durée, il y a des petites choses qui ne sont plus possibles, et quand on
prend du recul, on dit « mais attends, c'était vraiment une brindille ». Mais
sur le moment, on le gère comme ça, et je n'aurais pas pu faire autrement que
ce que j'ai fait.
Alors, avant de donner la parole à Moussa, Isabelle, quel a été le facteur
déclenchant ? Qu'est-ce qui vous a fait prendre conscience qu'il fallait
forcément stopper tout ça ? C'est vous, Denis.
C'est vous, parce qu'à mon âge, je veux dire, on me fait une remarque, je le
prends pour argent comptant. Deux remarques, j'ai dit deux, c'est trop,
quoi. Deux, c'est trop. Et est-ce que vous en voulez pas un peu de ne pas
avoir trouvé ça toute seule, sans moi ? J'ai peut-être besoin encore, vous
voyez, à 40 ans, d'avoir un grand frère qui me dit, attention, là, tu fais pas
les choses comme il faut.
Plutôt un petit frère, là.
Ah, très bien, je vous prie de m'excuser.
Moussa.
Aujourd'hui, je peux dire que depuis que Valérie, elle est partie, il y a eu un
grand changement.
Je suis super content, je suis super fier.
Isabelle, je lui disais, même si tu m'aimes pas, moi, je t'en veux pas, moi,
je t'aime bien. Et aujourd'hui, je te le redis.
Là, je pense que je suis remonté un peu dans son estime. Donc moi, ça me fait
plaisir. Même si c'est encore un peu la guerre. Mais je pense que depuis que
Valérie est partie, je pense que tous les rouges l'ont remarqué aussi. Il y a
eu un changement.
Delphine, le conseil, vous détestez.
Mais personne n'aime vraiment.
Est-ce qu'à partir d'aujourd'hui, vous pouvez, vous, voter pour la personne que
vous souhaitez voir partir ?
Et pas en fonction de ce que diront les autres ? Il est vrai que là, je sais
maintenant, j'ai suivi parce que ça me semblait juste, donc ça ne me dérangeait
pas plus.
Mais c'est vrai que si ça a commencé à toucher, par exemple, Hélène, non, je ne
pourrais pas voter concret.
Même si on vous le demandait ? Voilà.
Elle sait qu'elle a 100% de la personne pour elle.
Si on revient au conseil précédent, en admettant que vous vous êtes laissé
porter par d'autres, Toute seule, vous auriez voté contre Valérie ? Oui, parce
que c'est elle que je connaissais le moins.
Mais c'est vrai que les conseils, c'est le truc, ça m'insupporte les conseils.
Mais vous faites un choix de toute façon. Je fais mon choix. Quand vous
mettez un bulletin dans l'urne, que ce soit votre propre choix ou celui qui
vous a été conseillé par quelqu'un, vous participez à l'élimination. C'est vrai,
je ne regrette pas. Donc les conséquences sont les mêmes. Voilà.
Une fois que c'est fait, c'est fait. De toute façon, une fois que mon choix est
fait, c'est fait.
Donc après, je n'ai pas de regrets.
Tony, un comportement comme celui-ci, ce n'est pas un aveu de faiblesse ?
Ce n'est pas facile à répondre parce que chacun a ses propres sentiments.
Donnez-moi votre point de vue. Le côté cœur et le côté raison.
Moi, d'abord, je suis un homme qui a une certaine expérience.
Elle, c'est une femme plus jeune, peut-être moins mature à ce niveau-là,
je parle.
Moi, j'ai une manière de faire qui est de retenir ma droite.
Je prends un objectif et j'y me tiens.
Donc je préfère considérer mon cap. Et elle, en l'occurrence, qui tâtonne un
petit peu, ça ne correspond pas du tout à ce que je pense qui est le meilleur.
Ça doit être dur pour quelqu'un comme vous, qui, quoi qu'il arrive, trace sa
route, de se dire que parmi les alliés, il y en a qui sont peut-être un petit
peu plus fuyants.
Oui, c'est vrai que ce n'est pas garde-à-vous, exécution.
Ce sont des personnalités qui sont là, présentes, et qui peuvent influer à n
'importe quel moment.
Alors bon, elle fera ce qu'elle voudra, mais on verra à la suite à donner. Mais
pour l'instant, c'est un comportement un peu hésitant, je la comprends.
Isabelle, dans votre cas de figure, c'est pas mal d'avoir des gens qui sont
influençables et que l'on peut peut-être influencer ? Alors, oui.
Si vous parlez un peu de notre association de filles qui a tourné court
rapidement, pourquoi pas ? Moi, j'ai été un peu échaudée et j'avoue que
Delphine a essayé de venir vers nous. Et puis après, elle nous a dit non. Je n
'étais pas toute seule. Oui, mais OK.
C'est-à-dire ? En fait, depuis le début, ils n'arrêtent pas de dire Delphine,
Delphine. Ils m'accusent toujours pour moi.
Alors qu'on était quand même deux.
Je veux dire, Hélène, elle a quand même sa façon de penser, elle a sa façon de
voir les choses également.
Ça fait longtemps que je ne vous avais pas vu prendre une position aussi forte.
Ah ouais, parce que là, c'est un truc qui me gonfle bien.
Donc stop, je n'étais pas toute seule, on était deux.
Bon, il est temps maintenant de passer au vote.
Hélène, je vous rappelle que grâce à ce totem, vous êtes intouchable.
Et comme il y a déjà deux conseils, c'est vous qui allez ouvrir le vote.
Allez-y.
Moussa, pauvre Moussa, j'ai rien contre lui.
C'est un jaune, je suis une ancienne rouge, donc c'est pour Moussa, cette
fois.
Isabelle ? Tony,
parce que je crois que sans complexe, tu voulais m'évincer, parce qu'il paraît
que je suis populaire.
Mundir, c'est votre tour.
Une femme d'une gentillesse magnifique que j'ai beaucoup aimée et j'espère à
très bientôt.
Delphine.
Allez Moussa, c'est à vous.
Et enfin, Tony, pour clore ce vote.
Je
vote
Isabelle.
Isabelle est une jeune femme courageuse, généreuse et vaillante, surtout dans le
travail de tous les jours au camp.
Malheureusement, le rouleau compresseur des bourreaux
est toujours en marche et rien ne peut plus l'arrêter.
Isabelle, salut et sa rancune.
Quoi qu'il arrive, le sort en est jeté.
On n'attend plus que les dépouillements.
Six bulletins ont été déposés dans cette urne.
Une seule chose est sûre, c'est qu'Hélène ne risque rien puisqu'elle est
intouchable après sa victoire dans l'épreuve d'immunité.
Pour les autres, Je dois vous l'annoncer, la sanction du vote secret,
quel qu'il soit, sera inhabituelle.
Je vais donc maintenant procéder au dépouillement.
Isabelle.
Moussa.
Isabelle.
À la moitié du dépouillement, pour l'instant, deux voix contre vous,
Isabelle. Une seule contre Moussa.
Tony.
Tony.
Il reste un seul bulletin. Pour l'instant, deux voix contre Isabelle,
une voix contre Moussa, deux voix contre Tony.
Ce bulletin est forcément capital.
Tony, allez récupérer votre flambeau.
Tony, ce soir ils ont choisi de vous éliminer.
A partir de maintenant, vous allez être banni de votre tribu. Ni vous, ni eux ne
savent quand vous reviendrez.
Une seule chose est sûre, à votre retour, il faudra vous réintégrer à tout
prix.
Je vous laisse votre flambeau.
Pour avoir eu des propos à mon égard qui ne m'ont pas plu du tout.
J'appelle ça de l'hypocrisie. Donc, Tony, salut.
Tony, très fort en sport.
Mais niveau relations humaines, c'est lui avec qui je discute le moins.
Stupeur au sein de la tribu.
Mais rappelons-le, cette mesure de sursis provisoire se serait appliquée à
tous, car il manque un aventurier pour que la finale puisse se jouer à quatre,
comme le veut la tradition dans Koh-Lanta.
Tony s'en va donc, son flambeau allumé à la main, mais il n'est pas sauvé pour
autant. Il va bientôt rejoindre cet îlot de 50 mètres carrés pour y vivre seul
pendant 48 heures. Il ne pourra donc pas participer à la prochaine épreuve d
'immunité. Tony est donc en sursis.
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