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N'oublie jamais ta promesse.
Laisse personne te traiter en infirme.
FLORIDE DU NORD - 1948
Bien !
45 minutes d'arrêt ! Allons, on se remue !
On part à 14h45 pile ! Pas de retard !
Repas et toilettes à l'intérieur.
Il y a un comptoir derrière, achetez des sandwichs.
Et profitez des cabinets.
En Caroline, vous aurez que des buissons.
Monsieur.
- Je peux t'aider ? - Oui, monsieur.
Seattle ?
- Qui t'accompagne ? - Personne. Je suis seul.
Je peux pas prendre
un nègre aveugle tout seul pour 6000 km.
J'ai payé le billet,
vous devez m'emmener.
Fais pas le malin, petit.
Avec mon respect, je l'ai mérité.
J'ai laissé mes yeux à Omaha Beach,
mais je demande rien à Oncle Sam.
Un boulot m'attend à Seattle.
- Tu étais en Normandie ? - Sur un transporteur.
On l'a pris de plein fouet.
Pardon, fils.
Bon, je veillerai sur toi. Assieds-toi à l'arrière.
GENS DE COULEUR
DEUX ANS PLUS TÔT
Qu'est-ce que tu fous ?
Ne t'inquiète pas.
Je l'ai rencontré à Clarkfield
et il touche sa bille en piano jazz.
Il peut siffler Dixie par le cul,
mais pas ici.
Monsieur.
- Petit, tu es aveugle ? - Depuis mes sept ans.
Je vais t'expliquer.
On est un groupe de country. On joue pas de boogie-woogie.
Je comprends. J'aime la country.
Vas-y, dis-moi.
Qu'est-ce que tu aimes dans la country ?
J'aime les histoires.
On tombe amoureux, l'amour vous tourmente,
avec les pressions du monde,
on se sent tout petit, on veut donner son âme à Dieu.
Pourquoi pas ? On lui appartient.
- T'es vraiment aveugle ? - Autant que je sache.
Allez-y.
Billy, tu es en minorité.
Til, au moindre pépin, ton nègre aveugle décampe.
Merde !
Tiens.
Je lui mets des lunettes
avant qu'il leur foute la trouille.
Seattle, Washington ! Changez pour le nord.
Bellingham, Mount Vernon, Vancouver, Canada.
C'est de Dizzy ! Emanon.
Ça fait quoi, à l'envers ?
Arrête. Pose-m'en une difficile. "No Name."
- Tu joues de quoi ? - Le piano.
J'arrive de Floride.
Gossie McGee et moi, on est là pour enrichir notre style.
Entendre des mecs plus expérimentés. Tu piges ?
Tu sais quoi ?
Entre avec moi, je vais te faire visiter.
Génial. Un parfait gentleman.
C'est comme chez moi.
- Tu t'appelles ? - Ray Robinson.
Quincy Jones.
Mon pote Ray
est venu voir son ami Gossie McGee. Je vais lui montrer...
M'emmerde pas, Q. Il entre, mais pas toi.
J'ai les Mœurs au cul si je laisse entrer des mineurs.
- Fiche le camp. - Il est aveugle. Je dois aider.
- Fiche le camp. - Enfoiré.
Ray Robinson ! Tu joues quand ?
Ça risque de te coûter.
Bienvenue, mecs à la coule et filles dans le coup.
Ici, les sophisticats et les hipsters
posent leur chapeau be-bop.
Alors approchez-vous,
c'est la soirée amateurs au Rocking-chair Chair.
On applaudit Dancin' Al !
Gossie fricote
avec une serveuse.
Il m'a pas parlé d'un partenaire aveugle d'Alabama.
Marlene. Demurs a appelé. Thurmond est malade.
- Et Sassy ? - Un pneu crevé.
Alabama, montre ce que tu sais faire.
Je suis pas prêt tout de suite.
T'auras pas d'autre audition.
Vas-y, ou Gossie et toi, vous rentrez dans le Sud.
Fume ça.
C'est pas du tabac.
Non, inhale. Ça va te calmer.
Oberon, va le présenter.
Oui, madame.
On y va.
J'ai un truc spécial pour vous, poupées de satin.
Et je parle pas du gros engin d'Oberon.
C'est pour une autre soirée.
On a du sang neuf pour vous.
Il débarque de Floride.
Je vous présente Ray "m'appelez pas Sugar" Robinson !
- Ça va, ce soir ? - Mieux que toi !
- Détends-toi, Ray. - C'est bon.
Vous avez une demande ?
Un peu de Nat King Cole ?
Vous aimez Nat King Cole ?
- Alabama est pas mal. - Il nous a sauvé la mise.
Qu'est-ce que Ray fout là ?
Il auditionne à ta place.
Il vaut rien sans moi.
Ça te dit, une semaine au Rocking-chair Chair ?
J'ai un bassiste. Un trio jazzy, ça ferait un tabac.
Avec le bon manager.
Comment ?
Sois pas mesquin. Donne si tu veux recevoir.
Je dois donner combien ?
25 %. Je t'aurai des dates.
Question suivante. Je touche combien ?
Il te faut combien ?
Double paie comme leader, plus 10 %.
Et Alabama ?
Il est tout neuf, un enfant de chœur.
Je m'en occupe.
Oui, il est tout neuf.
Pas la peine de le loger à l'hôtel.
Il peut crécher chez moi.
Tu changeras jamais.
Ray, reviens te coucher.
Je bois de l'eau.
Je vois, mais maman n'a pas fini.
Pour la toute première fois, applaudissons le trio McSon !
Prolongé jusqu'à Noël McSON TRIO
- Tu sors ? - Un instant.
Maman a encore de la tarte aux mûres pour toi, chéri.
Bon sang.
COMPLET
SOIRÉE DU 4 JUILLET AVEC NOS MCSON
PROLONGÉ JUSQU'À THANKSGIVING
Si tu nous envoies en tournée, 5 dollars par jour, ça suffit pas.
Paie à chaque concert.
Vous dépenseriez tout.
Le club m'envoie les chèques.
Je veux voir mes propres chèques.
Tu es aveugle. Tu as oublié ?
Tu veux essayer de t'en sortir seul ?
- Marlene, où est Ray ? - Dans la chambre.
Essuie-toi les pieds.
Six-nine ! Où es-tu ?
Lionel Hampton m'a invité à partir en tournée avec lui !
Pourquoi t'es encore là ?
Écoute un peu. Sa femme m'a viré du bus.
Elle m'a dit de revenir quand j'aurai du poil au menton.
Rends-moi service, ferme cette valise.
T'as deux mains, tu peux la fermer.
Et j'ai deux pieds. Tu veux bien ?
Bien sûr.
Pardon, monsieur !
On est en retard.
Je dois trouver une piaule.
Pourquoi ? T'es logé gratis.
Gratis, tu parles.
Arrête, Ray. Pourquoi casser une bonne combine ?
Continue de tringler Marlene
et elle nous enrichira.
Monsieur, pardon !
De retour de son triomphe dans la vallée de Yakima,
le trio McSon !
Et ils seront ici à la même heure, dans huit jours.
Tu joues plus comme Nat que King Cole lui-même.
- Tu t'appelles ? - Ray Robinson.
Jack Lauderdale. Swing Time Records.
Jack ! Ça roule ?
Si on faisait un disque ensemble ?
Oui, allons-y !
- Je peux vous aider ? - Je ne crois pas.
Avec Cool Breeze, on parlait affaires.
Parlez avec moi, je suis son manager.
- Si le vent souffle par là. - Il souffle.
Jack Lauderdale, Swing Time Records.
Marlene Andres.
Gossie McGee.
Je vais parler avec M. Lauderdale.
- Je t'invite, Jack. - Je viens lui parler.
Tu t'en sors très bien.
Parlons-lui du disque.
Marlene s'occupe de ça. Oberon t'appelle un taxi.
Super plateau, Ray.
Tu veux en fumer une ?
J'ai de la fraîche, juste arrivée du bateau.
C'est comme ça ?
Je plane et ils parlent affaires ?
C'est pas moi qui te plume.
Oberon, écoute...
C'est Marlene et Gossie qui t'arnaquent.
Quoi ?
Ils se sont partagés le gâteau.
35 % sur tout et Gossie touche double comme leader.
S'il y a un leader, c'est moi.
J'oublie ces ploucs, je m'en sortirai seul.
Qui fera tes engagements ? Marlene te tient.
Elle lâchera pas la poule aux œufs d'or.
Ray Robinson, tu es génial !
Serre-m'en cinq.
- C'est quoi ? - La carte de Jack.
J'ai son téléphone à l'hôtel.
C'est pas si compliqué. On reprend.
Si bémol, do, tu montes en septième
et un triolet...
Oui ! C'est ça.
Tu cuisines encore dans le noir ?
Tu veux mettre le feu ?
Pourquoi j'aurais besoin de lumière ?
Ni de faire la cuisine. On t'a rapporté des plats.
Fais-toi rembourser. J'ai du poulet frit.
- Seven-oh, goûte ça. - Pas trop tôt.
Oui, cuisine maison.
- Non, merci. - Ce poulet est à tomber.
Il manque qu'un peu de sauce piquante.
Que dit Jack Lauderdale ?
Je l'ai tout de suite cadré. Un petit escroc.
Je vois.
Le seul succès de Swing Time
a été Open the Door, Richard, un disque gag.
Il va m'enregistrer ?
Sûrement, si on paie le voyage.
Derrière le menteur, le voleur.
- Ça veut dire ? - Ça.
J'ai vu Lauderdale,
qui m'a donné une avance de 500 dollars.
Il m'enverra en tournée
en payant trois fois plus que toi.
Mensonge !
Il enverra jamais un aveugle en tournée.
Il a pas le temps
de veiller sur toi comme je l'ai fait.
Tu veillais sur moi ?
On te paie double pour ça ?
- Qui t'a dit ça ? - C'est vrai, non ?
Toi et Marlene, vous m'arnaquez.
- Écoute. - Pas besoin !
Je voulais te parler de ça.
Alors, parle !
Ray, pas de bêtises.
Je suis aveugle, mais pas bête !
Q, prends ma valise.
- Quoi ? - Prends-la !
- Tout de suite ? - Oui.
Après tout ce qu'on a connu !
Attends. Je peux tout expliquer !
- Réfléchis ! - Tu fais une grosse erreur.
Ce guignol promet n'importe quoi !
Tu serais fou de le suivre.
On signe un nouveau deal !
Le deal, c'est que tu peux la tringler.
Tu vas te casser la figure sur ces marches.
Attends. Je t'ai jamais vu comme ça.
C'est rien, Seven-oh.
Triche pas, Ray !
Tu m'attraperas pas !
Aretha !
Allez, George.
Aretha Robinson, tu as perdu la tête ?
Tu as promis de partager la paie de chaque panier !
- J'ai tenu parole ! - Et comment !
Tu en gardes pour toi !
- Qui va laver ça ? - Toi ! Et paie-moi !
Prends tes deux dollars
et compte plus avoir du boulot !
J'ai tout ce que je veux de toi ! Ray, George !
Va-t'en et remets plus les pieds ici !
Faut bien apprendre à lire et à écrire
pour pas bosser pour ces gens-là.
Derrière le menteur, le voleur.
- D'accord ? - Oui, maman.
Respire ça.
On est à L.A.
Là où le Noir vient prendre son essor.
J'ai l'oreille fine. C'est pas Art Tatum ?
Tu veux le rencontrer ?
J'ose pas. Art Tatum, c'est le plus grand.
Faut parler de ton nom. Robinson.
Sugar Ray a tous les droits sur ce nom-là.
Je pensais à ton deuxième prénom. Charles.
"Ray Charles" ?
Ça m'est égal, tant que j'ai mon nom sur le disque.
Buvons à ça.
Quoi de neuf, Jack !
- Mon Dieu. - Serre-moi la pince.
Quoi de neuf? Ça va ?
Lowell Fulson, ton nouveau pianiste, Ray Charles.
Ray Charles, le prodige aveugle.
Je mettrai ça sur la pochette de l'album.
C'est lui, le prodige. J'adore votre musique, M. Fulson.
Il a du goût.
Et il a jamais tourné avec un groupe,
alors veille sur lui.
Comme sur mon propre frère.
- Je reviens. - D'accord.
- Tu prends celle de gauche. - Tu me laisses parler.
Va pas là-dedans. Tu sais ce qu'a dit maman.
Rentre et dis rien à maman.
George !
Fiche le camp !
Qui t'a laissé entrer ?
T'es le fils d'Aretha, non ?
Ray Charles Robinson.
Je t'ai vu traîner dans le coin.
Ça te plaît, le piano ?
Tu veux apprendre ?
Viens. Je vais te montrer.
Je vais t'apprendre à jouer.
Je vais t'apprendre trois notes.
La première note, ici.
Joue-la.
La deuxième note.
Joue.
La troisième.
Voilà ce que ça donne. Écoute bien.
Joue ça.
Bien !
Essaie les autres notes.
Dans chaque club, tu fais répéter le groupe.
Ces mecs sont des branleurs,
à toi de les pousser au cul.
Tu dois être prêt à débuter le set.
Lowell aime piquer un somme avant.
Toi, tu chauffes jusqu'à ce qu'il monte sur scène.
Et quand Lowell joue, tu emmènes le groupe.
- Juste une chose. - Quoi ?
Jack t'a dit qu'on me paie en billets de un dollar ?
Fais le boulot, t'auras le fric.
CE SOIR - EN CHAIR ET EN OS Lowell Fulson ET SON GROUPE
Pourquoi tu t'appelles Fathead ?
Non, je vous dis pas.
Moi, voilà ce que je veux savoir.
Ces belles dames savent-elles
où manger un bon steak, à cette heure ?
Un gros, bien épais et juteux ?
Exactement ça.
Fathead, vous allez où ?
Je tiens pas la main d'un aveugle.
Désolé, Ray, un taxi a le droit qu'à six passagers.
Allons-y, mesdames.
PIANO-BAR
Aboule, chérie ! Oui, c'est bon.
Je roulais les bobs à douze ans.
Jamais de dés sur la tombe d'une Blanche.
- Pourquoi ? - Ça porte la poisse.
Musique live
Pour ton retard au bus.
- Wilbur, salaud... - Dégage.
M. Billet-d'un-dollar.
5 dollars, 10 dollars, 15 dollars, 20 dollars...
Tu veux pas recompter ?
Ça va, merde.
284 dollars, 285 dollars...
Je suis pas un chien d'aveugle.
Fathead ! Ouvre, j'ai besoin de pisser.
Ça va pas ? Ferme la porte, Fat !
On va rester là un moment.
Sers-toi des W.-C. pour femmes, sur ta droite.
Pas les W.-C. pour femmes.
Par là, vas-y.
Mon Dieu !
Ray, tu te sens bien ?
J'ai glissé.
Il y a un tuyau crevé, de l'eau partout. Tu vois ?
Ferme la porte !
Arrête ça. On en a pour un moment.
- D'où tu es ? - Nord de la Floride.
Un petit gars de Floride.
- Ta famille est là-bas ? - Non.
Bien.
Excuse-moi, comment tu t'en sors si bien
sans canne ni chien ?
Et toi, comment tu fais sans canne ni chien ?
Pardon, ça me regarde pas.
Mes oreilles sont mes yeux.
Tout a un son différent.
J'ai des semelles en cuir
pour entendre l'écho de mes pas.
S'il y a une porte ouverte, le bruit change.
Cool.
Il faut apprendre vite, si on veut se débrouiller seul.
À la guerre, j'ai dû apprendre beaucoup et vite,
ou je serais pas là.
Voir tant de mort, c'est pas normal.
Voir la mort n'est pas normal.
Tournez pas autour de cet alambic, on vous a prévenus !
Attrape-moi !
Écartez-vous du feu. Nettoyez-vous, on va manger.
Tu m'entends, Ray ?
Je t'ai eu !
- Non, tu m'as loupé. - Arrête de tricher.
Bon, tu m'as eu.
Je t'ai eu aussi.
Je joue plus.
Mauviette !
Ray, allons nager !
On va nager dans la bassine à maman !
Viens jouer avec moi.
Descends avant que maman te voie.
Je suis un géant !
Tu parles d'un géant.
Arrête, George. Je joue pas à ça.
C'est pas drôle.
Je prépare les pois indiens et du riz.
Il reste du maïs d'hier.
Si vous êtes sages, il y a peut-être de la tarte.
Ray, je t'ai dit de rentrer...
Mon Dieu, non !
- C'est le fils d'Aretha ! - Respire, mon bébé.
Respire, mon petit. Crache !
Crache, s'il te plaît !
- Respire pour ta maman. - Allez, George.
Pourquoi tu n'as rien fait?
Pourquoi tu m'as pas appelée ?
- Aide-nous, Seigneur ! - Le Seigneur l'a rappelé.
Bien.
Arrêt bouffe-pipi. Ouvre.
Bouffe chaude. Vous avez 45 minutes.
- Je mangerais un cheval. Où ? - Suis ton nez. Là-bas.
- Wilbur. - Quoi?
45 minutes, c'est pas assez.
- Il nous faut plus. - Pas pour bouffer.
Si tu as d'autres plans, choisis. Ce bus est à l'heure.
Mercedes a une buanderie à l'arrière.
Et toi, tu suis l'odeur.
- Oui, monsieur ? - Tu peux m'aider ?
Bien sûr, Ray.
Mercedes.
J'espère que tu t'es essuyé les pieds.
Prends ça.
Les toilettes sont droit devant.
D'accord.
- Je te prépare une assiette ? - Non, ça va.
Bien.
Tourte aux patates douces.
Allons-y !
C'était long, dans le bus.
Les chiottes sont au fond du couloir.
Je sais. Vous faites quoi ?
Tu ferais mieux de te tirer.
Quand je serai prêt.
Fathead, j'en veux.
C'est pas de l'herbe. Et on sniffe pas.
C'est de la blanche.
Ça te vide complètement.
- Fiche le camp. - Vide total, comme ma vie.
Je me sentirai chez moi.
J'attends pas toute la nuit. Personne l'oblige.
- Allons bouffer. - Quand j'aurai goûté.
Le train est sur ses rails.
Je veux rien savoir.
- Je t'aurai prévenu. - Je suis prévenu.
Assieds-toi. Je vais te faire voyager.
C'est pas gratuit. Tu as du blé ?
Ça ira ?
Ça ira.
Où t'étais ? Et les autres ?
Venez tant que c'est chaud !
Tu vas sentir un pincement.
Je crois en toi.
Tu sens ?
Laisse-toi aller.
Meilleur que le sexe.
Rien n'est meilleur que le sexe.
Nous marcherons
le long des rues de la ville
Là où ceux que nous chérissons
sont déjà passés
Nous irons sur les berges
de la rivière
Nous nous y retrouverons
pour ne plus jamais nous séparer
NEUF MOIS PLUS TARD
Je vais te mettre le baume que m'a donné le Dr. McLeod.
- J'aime pas. Ça brûle ! - Viens ici !
J'ai payé un dollar. Faut que ça marche !
Lève la tête, comme le docteur a dit.
Ça va te soulager.
Ray, viens manger.
Et arrête de te frotter les yeux.
Je vais pas te raconter d'histoires. Tu deviens aveugle.
Les docteurs peuvent rien faire, à nous d'agir.
- Je sais, mais... - Arrête !
Tout de suite ! On veut pas de larmes.
On n'aura pas pitié de toi parce que tu es aveugle.
- Essuie-toi les yeux. - Oui.
Je te montre une fois.
Je t'aide si tu rates deux fois.
La troisième, tu es seul.
Parce que dans la vie, c'est comme ça.
Lève-toi.
Rappelle-toi, tu es aveugle, pas bête.
Tu te rappelles combien de marches ?
Quatre.
Bien. Il faut apprendre à te servir de ta mémoire.
Tourne-toi.
Tu vas tendre les mains,
t'en servir à la place de tes yeux, trouver la porte.
C'est très bien, mon chéri.
Il fait un disque,
et on croirait que c'est lui la star.
Il a quelque chose... pas vrai ?
Sa galette grimpera pas dans les charts. T'es le meilleur.
Elle était pas si belle, t'es miro.
Si, elle est belle. Alors pas touche.
Visez Ray.
Vous avez vu ?
Il lui tâte le poignet, et il sait
si elle est belle ou pas.
Je t'ai regardée toute la soirée.
Il se trompe pas, cette fois.
Un peu de gloire, et Vide Total est changé.
Vous avez vu la belle fille en robe jaune ?
- Tu entends ça ? - Il ne fallait pas partir.
On retient sur ta paie. Deux dollars en moins pour le bus !
Suivant !
Quel gâchis, Jimmy. Tout ça pour la dope.
Me dis pas quoi faire de mon fric.
Avance. Le prodige à un dollar.
Tu continues de compter ?
Qu'est-ce que tu as ? 50 dollars, ça te suffit pas ?
Ça fait pas 50. Compte.
Tu veux la charité parce que ton disque se vend pas.
Qu'est-ce qui se passe ?
Le prodige veut pas de mon fric !
- Il me vole ! Je me tire ! - Sale menteur !
Pas contre un type qui voit !
Je cherche pas des billets pour ce débile.
- Il y a 50 dollars. - Compris, crétin ?
À l'avenir, je m'occupe de ta paie.
Non, j'en ai marre. Jack trouvera un autre mec.
Seul, c'est dur.
Je m'en sortirai.
- Bon sang, Wilbur! - Qu'il se barre !
Qu'est-ce qu'on va faire ?
"Après la mort de Moïse, Dieu parla à Josué :
"Moïse, mon serviteur, est mort.
"'Lève-toi donc et traverse le Jourdain.
"'N'aie pas peur, l'Éternel est avec toi."'
Qui est là ?
Je m'appelle Ahmet Ertegun. Vous avez un moment ?
Je suis à l'église.
Pardon, je reviendrai.
Vous êtes là. Alors ?
Mon label, Atlantic Records,
a repris votre contrat à Swing Time.
Parlons de votre avenir.
Me baratinez pas. Je suis pas à vendre.
Je peux m'asseoir ?
Figurez-vous, M. Charles,
que Jack Lauderdale s'est trouvé,
disons, en difficulté
et a dû céder quelques artistes.
En entendant votre nom, j'ai bondi.
Je suis un fan.
Et si je préfère un autre label ?
Il y a un mec prêt à me payer
7 cents par disque, et vous ?
Je peux vous promettre 15 cents par disque.
Vous ne les toucherez pas plus que ses 7.
Moi, je peux vous promettre 5 cents par disque
et vous payer 5 cents par disque.
Si vous pensez en cents, vous aurez des cents.
Pensez en dollars,
vous aurez des dollars.
J'aime votre façon de parler.
Vous savez quoi ?
Omelette, vous me plaisez.
- C'est quoi, comme nom ? - Je suis turc.
La déveine de Jack Lauderdale est ma chance.
Je sais qu'Atlantic est mieux que Swing Time.
De la bonne musique. J'aime Atlantic.
Je m'en serais pas douté.
Faut faire gaffe, avec vous autres gars de la ville.
On appelle ça "jouer au plouc".
C'est pas turc !
Ton avis ?
On n'a pas besoin d'un autre Nat King Cole.
C'est du Charles Brown.
Je vais lui parler.
On arrête, les gars !
Les gars !
- 5 minutes de pause. - Il ne comprend pas.
Tu as un son à toi, ou tu n'as rien.
Ahmet, ton avis ?
J'ai une chose à te dire, ne le prends pas mal.
Vas-y franco.
Je t'ai pris parce que je sens un truc spécial en toi,
pas parce que tu sonnes comme Nat Cole ou Charles Brown.
Je croyais que tu aimais.
On aime le timbre de ta voix,
ta virtuosité, ton énergie...
- Mais pas ma musique. - J'ai pas dit ça.
C'est ce que je fais.
Le public veut ça,
je sais pas faire autrement.
Faut qu'on t'aide à trouver.
Changeons de style. Tu connais le piano stride ?
J'ai appris avec un pianiste de stride.
J'ai une chanson. The Mess Around.
Joli titre. Qui l'a écrite ?
Moi.
Ah, tu l'as écrite.
- Chante-la-moi. - Chanter ?
Je peux pas lire les paroles.
Bon, c'est... en sol.
En sol.
C'est plutôt dans le genre Pete Johnson.
C'est ça.
Ça te plaît? On est partis.
Tu peux parler du barbecue
Le groupe se donnait à fond, les gens aussi
Ça danse dans tous les sens
Ça danse dans tous les sens
Ça danse dans tous les sens On danse dans tous les sens
C'est pas mal. J'enchaîne.
- On tient quelque chose ! - C'est bon.
- Comment tu trouves, Ahmet ? - Génial !
- Incroyable ! - Qui est là ?
Ray, mon nouvel associé, Jerry.
Jerry Wexler.
T'inquiète pas, je vais juste regarder.
Apprendre à produire un disque.
J'ai pris une claque. Côté riff, ça assure !
Là, tu vas applaudir.
On écoute une nouveauté : Mess Around,
par l'artiste Atlantic Ray Charles.
Et ce monsieur est avec nous, dans le studio KCOH.
Quand tu joues pas,
qui écoutes-tu ?
En fait, King Bee, j'aime vraiment le gospel.
J'aime un groupe d'ici, de Houston,
les Cecil Shaw Singers.
Ray recommande Cecil Shaw, de Houston.
Vous aurez du gospel dimanche,
mais là, on revient à Mess Around, par Ray Charles.
King Bee, prends la 1.
King Bee.
Oui, il est ici.
Mlle Della Antwine, des Cecil Shaw.
Bonjour, Mlle Antwine.
Vous faites la partie de ténor dans Jesus Is My Shepherd.
Oui.
Comment m'avez-vous reconnue ?
J'entends comme vous voyez.
Le colibri à la fenêtre, par exemple.
- Je ne l'entends pas. - Il faut écouter.
Oui.
Oui, c'est possible.
- Vous avez entendu ? - Quoi ?
Son cœur a fait un bond.
Vous avez aimé mon disque ?
Celui que jouait King Bee ?
C'était très joli.
Pas comme les autres.
Je vous écoute beaucoup.
C'est très joli aussi ?
Si le disque ne vous plaît pas,
ne vous gênez pas,
faites comme ma mère.
Ce n'est pas que je n'aime pas,
j'ai une impression de déjà entendu.
Je veux entendre le vrai Ray Charles.
Quel Ray Charles ?
Personne, si vous ne le savez pas.
Pardon. J'aurais dû me taire.
Ça ne serait pas vous.
On m'a déjà dit ça,
mais je n'écoutais pas vraiment.
Personne ne l'a dit si gentiment.
Mlle Della Bea Antwine,
vous êtes une vraie campagnarde.
D'où le savez-vous ?
Je vous ai entendue dire :
"Donnez-moi de la mélasse avec mon pain au maïs."
Vous avez grandi dans une ferme ?
Ma mère a été métayère en Floride.
Elle est toujours là-bas ?
Elle est décédée quand j'étais à l'école.
Je suis désolée.
Elle avait une santé fragile.
Elle s'est tuée au travail, la pauvre.
Elle ne voulait pas que j'aie une sébile à la main.
À l'école, les enfants faisaient du tressage,
de la vannerie.
Pas vous. À cause de votre don.
De mes oreilles.
Je peux imiter n'importe qui,
je gagne ma vie comme ça.
Si je change de style et que ça ne plaît pas,
qu'est-ce qui me reste ?
Quand on est aveugle,
on n'a pas tant de choix.
Vous avez tous les choix du monde.
Dieu vous a permis d'avoir tous les sons. Même le vôtre.
On y est. C'est là que j'habite.
Le pasteur me laisserait entrer ?
Le pécheur a besoin de prière.
Sa femme n'aime pas que je reçoive des hommes.
Dites-lui qu'une âme a besoin d'être sauvée.
Vous savez, Mlle Antwine, vous m'avez donné à penser.
À quoi ?
À ma vie. À ma musique.
A tout.
Nous allons un peu vite.
Je vais à New York deux semaines
et à mon retour,
vous irez à votre allure.
Bien, M. Charles.
Dans deux semaines.
J'arrête un taxi.
Je sais. À trois rues d'ici. À gauche, deux. À droite, une.
15 grands pas et je suis au Crystal White Hotel.
Mess Around nous a fait du bien. On progresse.
Vous m'avez bien traité,
mais je ne vous ai pas donné un succès.
Atlantic m'a aidé, mais si je veux percer,
j'ai besoin d'un groupe.
Un groupe en tournée coûte un max.
Même Joe Morris a du mal, et il a un tube.
Je suis pas Joe Morris.
On pense en cents, on a des cents. Je pense en dollars.
Ruth Brown doit tourner en Géorgie.
- Elle a besoin d'un groupe. - Je prends !
Je ferai les arrangements, l'accompagnement, la 1re partie.
D'accord.
Mais c'est toi qui gères.
Tu dois faire que ça marche.
Je ferai ce qu'il faut faire.
Ça fait deux semaines.
Trois.
Où est le pasteur ? Et sa femme ?
À Dallas jusqu’à lundi.
Alléluia !
Della Bea.
Un nom comme du miel.
Je peux t'appeler Bea ?
Ça me plaît.
Il n'y a eu que deux mecs à qui j'ai fait confiance.
Jeff Brown, qui sera mon manager en tournée.
Fathead Newman, mon sax ténor...
et maintenant toi.
Mais tu dois toujours me dire la vérité.
Comme tu l'as fait avant.
Ne me plains pas parce que je suis aveugle.
Comment te plaindre si je t'admire ?
- Je te joue quelque chose ? - Maintenant?
- Non, Ray. - Si, maintenant.
C'est là. Tu y es ?
Oui, ça va marcher.
Joue. Je ferme les rideaux.
Je ne veux pas qu'on nous regarde.
Ray, c'est sacrilège !
Quoi ?
C'est un gospel !
Je sais. Je l'ai écrit.
Tu m'as dit de trouver ma voix à moi. C'est ça.
C'est pas bien de prendre un gospel et d'en faire ça !
C'est la musique du diable ?
La musique du mal ? Tu me crois mauvais ?
J'ai joué du gospel et du blues toute ma vie.
C'est ce que je suis.
Et si je veux être moi, je dois être naturel.
Je chante mes sentiments pour toi.
Mon amour pour toi.
Qu'y a-t-il de plus naturel ?
Dis-moi.
Plus naturel que toi et moi.
On annule toutes les dates.
Qu'est-ce qu'on dit à Ray ?
La vérité.
Ruth Brown est enceinte, il n'y a plus de tournée.
Et LaVern Baker ? Elle peut reprendre la tournée.
Pas de disque, pas de promo.
Écris des chansons avec Jesse et elle les enregistre.
Ça prendra un mois !
On doit agir.
Ray a un nouveau groupe.
Comment a-t-il pu le réunir si vite ?
Ils sont là.
On s'y met, on va leur montrer.
Tu vas l'annoncer à Ray.
C'est moi qui lui annonce ?
- Pourquoi moi ? - Ruth Brown était ton idée.
Ruth Brown est...
était une bonne idée.
Faut qu'on grave ça.
Oui.
Tu entends, New York ? Un son énorme !
Mais ils ne sont que sept.
C'est le nouveau Ray Charles,
et il n'y a rien de tel !
Vous l'avez découvert d'abord dans le Moondog Show !
Shaw est la meilleure agence
pour le Chitlin' Circuit.
Milt Shaw, Ray Charles.
C'est le père de Milt, Billy,
qui m'a signalé le pianiste aveugle
de Lowell Fulson.
On croit en vous. On veut être dans le business Ray Charles.
On a pris des dates pour dix villes
avec Roy Milton...
Milton, j'adore.
Et Tangula, la danseuse exotique.
Elle est splendide.
Ray, je te le dis. Tu es sur un gros coup, là.
On n'a jamais combiné rhythm'n'blues et gospel.
I've Got A Woman casse la baraque,
pense à une suite, et vite.
Bonne nouvelle. Je vais au Texas
régler une affaire et je reviens.
Fais vite. Je suis prêt à vendre.
Tant que j'ai mon nom avant Tangula.
Della, attends ! Je prends une photo !
Restez tous là ! Ray !
Della, une photo ! Une seule ! Allez.
Fais gaffe, Ray ! Tes derniers pas d'homme libre !
N'ouvre pas la porte !
Porte-la par-dessus le seuil !
À droite, Ray !
Besoin d'un coup de main ? Tu sais ce que tu fais ?
Je peux entrer ?
- Attends. - Qu'est-ce qui se passe ?
Ouvre !
Pourquoi tu fermes à clé ?
C'est petit, ici. On manque d'intimité.
Il nous faut plus de place.
Il nous en faudra, quand la famille va s'agrandir.
Je vais être en tournée presque toute l'année.
Et si je ne suis pas un bon père ?
Mon père n'était jamais là. Il avait trois familles.
Eh bien,
tu vas en avoir une, dès maintenant.
Maintenant ?
Qu'en penses-tu ?
Voilà ce que je sais.
Arrêtez ! C'est pas supportable !
- Sauvez votre âme ! - Je n'en peux plus. Assez !
- Je n'en peux plus ! - Attendez.
Lâchez-moi !
- Ça ne va pas ! - Qu'ils écoutent la musique.
Dans ce bar, vous écoutez ce diable !
Vous donnez votre argent à Satan !
- Tu as un problème ? - Oui, j'ai un problème !
Tu chantes un gospel ! La musique de Dieu, avec du sexe.
Tu t'enrichis par le Seigneur !
Vous moquez pas de moi !
Vous irez tous en enfer !
Elle a raison.
Tout ça, c'est pas bien.
Ça va, laisse-le partir.
Tu as le droit de croire ce que tu veux.
Va en enfer tout seul !
Tu veux annuler ?
Non. Trouve-moi un sax baryton.
Je veux vous demander à tous,
si vous voulez que je continue, faites "Amen" !
Amen !
Et trouve-moi une fille
qui chante du gospel,
- mais pas bigote. - D'accord.
On continue !
- Tu as ta montre ? - Oui.
Tes chemises bleues sont dessus,
les caleçons au milieu, les chemises blanches dessous.
Tes lunettes.
Pourquoi tu viens pas en tournée ?
Qu'est-ce que j'y ferais ?
Ce que je te dirais de faire.
J'essaie d'avoir une voix féminine dans le groupe.
Tu me vois gazouiller sur scène,
avec un ventre énorme ?
Je te vois pas, de toute façon. Je sais ce que je peux faire.
Ne commence pas si tu ne peux pas finir. Jeff attend.
Je ne pars pas en tournée
en portant ton bébé.
Je t'apporte ton rasoir.
J'y vais.
Attends.
Je m'en occupe.
Depuis quand me caches-tu ça ?
Je suis ta femme !
J'étais si heureux de te revoir,
j'ai oublié de laisser ça au groupe.
C'est rien qu'un médicament.
Drôle de médicament. Te mens pas à toi-même.
Je deale pas. Je fais que goûter un peu.
On ne goûte pas un poison. Ça tue, arrête ça !
Je fais ce que je veux !
Et moi ? Et ton bébé ?
C'est pas une nouveauté pour moi.
Si je pensais mettre en danger ma musique, toi,
ou le bébé,
j'arrêterais. Mais il n'y a pas de risque.
Qu'est-ce que tu en sais ?
Tu peux toujours causer,
je vais pas arrêter.
- Alors, je viens. - Non.
- Mais tu m'as dit... - Non.
Tu sais quoi ? Je crois que tu as raison.
Une tournée, c'est pas bon pour toi et le bébé.
Qu'est-ce que tu me dis ?
Je dis que quand je rentre,
j'espère te trouver dans ma maison.
Ta maison ?
- Jeff, viens prendre la valise. - D'accord.
Salut, Della Bea.
Ça va?
Bien, merci.
- Elle est comment ? - Très jolie. Peau claire.
Très bon. J'aime ta voix.
Comment tu t'appelles ?
Mary Ann Fisher.
Tu chanterais une chanson d'amour
avec un feeling gospel ?
Le gospel parle d'amour aussi.
Tu croirais commettre un péché ?
J'aime le Seigneur, et Il m'aime,
mais je ne suis pas hypocrite.
Moi, je suis dur à tromper,
et on ne trompe pas le Seigneur. Pas vrai ?
Si on répétait un peu le morceau ?
D'accord.
Faut y aller.
Vas-y, j'arrive. Je te sens,
- je sens ton esprit. - Tu es sûr ?
Allons-y.
Tu es sensationnel.
Toi aussi. Viens t'asseoir à côté de moi.
Qu'est-ce que tu en dis ?
- Ray, téléphone. - Prends le message.
C'est Della Bea.
Bon sang.
Dis que je suis occupé.
Je mens pas à Bea.
- C'est ta femme ? - Tais-toi.
J'arrive.
Touche pas à cette merde.
Ça te rendra malade.
Il a tous ses doigts ?
Oui.
Est-ce qu'il...
Est-ce qu'il voit?
Oui.
- Tu veux le tenir ? - Je ne peux pas.
- Allez, Ray. - Je ne saurais pas.
Tu es venu pour ça.
Tiens-lui la tête avec ta main.
Bien. Voilà.
C'est ton papa.
Il est pas plus gros qu'un pain.
Merci.
Ce n'est pas un cadeau.
C'est ton fils.
Je prendrai soin de vous deux, tu le sais.
Je t'aime, Bea.
Moi aussi, Ray. Mais j'ai une chose à te dire.
Je sais que tu es un musicien, tu es sur la route,
mais la route n'entre plus chez nous.
Dans le foyer que je bâtis pour toi et nos enfants.
Je te le promets.
- Il y a des choses... - Ne dis rien.
Je ne suis pas idiote.
Tu es la seule que j'aimerai jamais.
Maman, aide-moi !
Aide-moi, je t'en prie !
J'ai besoin de toi !
Maman, au secours !
Je t'entends aussi, maman. Tu es là.
Oui, je suis là.
Pourquoi tu pleures ?
Je suis heureuse.
C'est oncle Jeff !
J'ai mon appareil.
Sarah ! Entrez !
Mettez les fleurs derrière.
Tout le monde sourit.
Salut, Junior.
Rentrons faire manger ce garçon.
J'ai les biscuits que tu aimes.
Si on passe par les contrôles-radar,
on sera en retard.
- Pas d'excès de vitesse. - D'accord.
Pourquoi on prend pas un appart à Memphis ?
Un endroit à nous ?
Je quitte pas Houston.
Je suis sûre qu'elle fait pas ça.
Arrête.
Au revoir veut pas dire adieu. Je ne quitte pas ma famille.
Te fâche pas.
Si tu me donnais un peu plus à faire dans le show ?
Une chanson en solo ?
Tu n'arrêtes jamais ?
Je vais à New York pour la promo.
Prends une semaine ici, trouve des morceaux,
on en parle à mon retour.
D'accord.
J'aime New York. Ici, tout le monde a un son original.
Ils t'ont adoré !
On va faire la une de Billboard.
J'aimerais enregistrer ici. Demain ?
- Le groupe est là ? - Oui.
Tous sauf Mary Ann.
J'ai besoin d'un changement.
Dans ma tête, j'entends
comme une danse entre un homme et trois femmes.
Chouette. Je pourrai regarder ?
Une danse de voix, Ahmet.
C'est quoi, ton idée ? Trois Mary Ann ?
Trop lisse. Je veux quelque chose de plus brut.
Pourquoi pas les Cookies ?
Les Cookies sont bonnes.
IKE et DICK - POUR VOUS! EISENHOWER - NIXON
Il chauffe.
On devrait signer ces filles.
Je connais Ray, oublie.
- Y a pas mieux, Ray. - J'adore !
On va le sortir comme ça.
J'avais jamais fait un disque en une prise !
Bon son, les Cookies.
Quand tout est en place, on le sent.
Je sais. J'ai eu des frissons.
Parce qu'ils ont pas payé le chauffage.
J'ai une question pour vous trois.
Une tournée avec moi ?
Tu nous paies combien ?
- Ahmet s'en occupe. - Et il t'écoute pas ?
Tu peux croire que si.
Brother Ray s'occupera de vous, chérie.
Ma maman m'a appris à m'occuper de moi.
Elle est là ?
- Mais je parle pour toutes. - Non.
Ça va, Parle-pour-toutes.
- 20 dollars par semaine. - On veut 40. Chacune.
- 40 chacune ? - Tu as bien entendu.
On dit 25 ?
30.
J'accepte, avant de me retrouver à poil.
Trente dollars par semaine.
Marché conclu ?
Oh ! Oui.
Margie, c'est ça ?
Désormais,
vous vous appellerez les Raelettes.
Ça veut dire qu'on "Laisse Ray" ?
- Que vais-je faire de toi ? - Tu trouveras sûrement.
Trente dollars par semaine !
On sera les Raelettes !
Fathead, on t'attend.
On est en retard.
Attends, Jeff. Écoute.
On va faire les chœurs à quatre voix.
Ethel, tu seras alto.
Margie, ténor. Pat, soprano. Et Mary Ann, basse.
Je suis pas basse, mais soprano.
Je ferai la basse. Là d'où je viens, on peut tout chanter.
Chanter, c'est pas appeler les cochons à la bouffe.
Méchant.
Qui tu traites de cochon ?
Si tu aimes les épis de maïs...
Tu ferais bien de la boucler...
Pourquoi tout ce caquetage ?
Mary Ann, j'ai écrit ça pour toi.
En solo ?
Viens, je vais te le jouer.
Ethel ! Viens voir le nouveau piano de Ray !
- C'est un... Wurlitzer. - Un quoi ?
Faut que tu voies ça. C'est dément.
Chéri, voilà ton verre.
- Ne joue pas ça. - Elle veut autre chose.
Voilà autre chose !
Ça, c'est de la voiture !
Une voiture-saucisse !
Regarde à l'intérieur.
Allons faire un tour.
Je suis le patron, faut me laisser conduire.
Va rien emboutir.
- Ça va ? - Oui.
- Tu es dans quelle chambre ? - 69.
Vilain garçon ! C'est pour ça que je t'aime.
Sérieusement, quel numéro ?
Je suis au 626.
624.
J'ai hâte qu'on y soit.
Voilà le 626.
- La clé ? - Tu dois la chercher.
Je dois la trouver ?
- C'est ça ? - Peut-être.
Je ne défais pas encore ton pantalon. Entre d'abord.
Miss Mary Ann Fisher!
Attends de voir mes friandises.
Comment ?
Ça va t'envoyer dans la lune. Donne ta main.
En voilà trois. C'est pour toi.
T'es pas mon ami ? Le poids n'y est pas.
Me cherche pas.
- Le poids n'y est pas. - Si.
Quand tu achètes défoncé,
les dealers t'entubent. Il faut de la discipline.
Je vais pas gâcher mon trip
à me disputer à propos de rien.
C'est pas grave. Garrotte-moi.
Arrête, Fathead !
Occupe-toi de ta sale peau, toi qui es si malin.
Salut, Margie.
Salut, Fathead.
Bon sang.
Tout se paie en ce monde, sauf Jésus.
Oui ? Qu'est-ce que tu veux ?
Rends-moi service, ramasse ça.
Il faut que tu me shootes.
Si tu me laisses essayer.
C'est pas pour les petites filles.
Je suis pas une petite fille !
Je sais bien. Mais ça va t'emmener dans des endroits
où vaut mieux pas aller.
Je veux partager ça avec toi.
Si j'apprends que tu te drogues,
c'est fini !
Crois ça, comme tu crois en Jésus !
Dis pas ça, Ray-
Je regarde ton show chaque soir.
Chaque soir est nouveau pour moi. Parce qu'il l'est pour toi.
C'est comme si tu vivais chaque parole.
Et puis tu tords une note dingue
et je sens mon cœur se briser. Tu as du génie.
Je veux juste en faire partie.
Regardez. Ses genoux tremblent. La démangeaison du junkie.
Il est complètement accro.
Mais écoute-le. Il est brillant.
On peut pas se fier à un junkie.
Je fais quoi ? Écoute-le.
- Bon anniversaire ! - Bon anniversaire.
Tu sais quoi faire.
Prends ton souffle.
- Il les a soufflées ? - Toutes.
Je vous remercie tous.
Applaudissez encore Margie Hendricks.
Merci à tous et bonne nuit.
- Tu as vu l'heure ? - Qu'y a-t-il ?
J'ai un contrat, voilà le problème !
Il te reste 20 minutes.
Qu'est-ce que je fais ?
Il exige chaque seconde du contrat.
Va lui tenir la main. Je règle ça.
Ça va s'arranger.
On a encore un peu de travail.
C'était la dernière chanson.
C'est jamais la dernière.
Suivez-moi, faites comme moi, dites ce que je dis.
On fait comme ça.
Où je peux avoir ce disque ?
Il n'existe pas encore. Je vais dire à Ray de l'enregistrer.
Oui, c'est ça.
Géant. C'est un tube !
Fantastique, Ray, mais qu'est-ce qu'on en fait?
C'est trop long.
Dès qu'on le joue, on casse la baraque.
C'est du garanti.
Tom, arrête le play-back !
Viens voir.
Ray, tu as sans doute raison.
Je n'ai jamais entendu un son pareil. Mais comment vendre ça ?
On coupe le deuxième couplet. Retour au chorus.
Coupe ça, et je te coupe en deux.
D'accord.
On pourrait... le diviser.
Face A et face B.
Ça s'est vu. Pourquoi pas ?
C'est sexuel. Trop pour les gamins.
On fonce.
C'est pour ça que je vous aime.
Pourquoi pas ? On est Atlantic !
On sort en été. Moins de censure.
L'école est finie, les gosses s'amusent.
Voyons si on peut en faire deux parties.
Montre-moi ton génie.
D'accord, patron.
Une moitié face A, l'autre face B, fantastique.
Tu te sens bien ?
Extra.
Je parle de la dope.
Ça commence à se voir.
Tu te grattes. Tu tiens pas en place.
J'ai déjà raté une date ?
Non, jamais.
Qui assure un simple en une prise ?
Tu assures mieux que personne,
mais je ne te parle pas affaires.
Écoute-moi.
Je m'inquiète pour toi.
Je te le dis en ami, tout le monde est au parfum.
"Tout le monde est au parfum."
Tu passes trop de temps avec nous autres ploucs.
T'inquiète pas. Si je deviens trop accro,
j'essaierai de me décrocher.
Top 100 - 6 juillet 1959
"WHAT'D I SAY" Meilleur disque
Plus de tournée à deux balles.
Down Beat l'a élu meilleur chanteur.
Pour l'avoir à Philadelphie,
trouvez-lui une meilleure salle.
What'd I Say !
"What'd I Say", déjà classé en R&B,
explose et grimpe au hit-parade pop
Ray Charles en tête d'affiche à 1000 dollars par concert,
sinon rien.
Formidable.
Ray, j'hésite.
Je ne connais personne à L.A.
Mes gosses grandiront pas dans le Sud.
L.A., c'est l'endroit où un Noir peut prendre son essor.
- Toute ma famille est au Texas. - On vient à L.A. pour ça.
Dis aux gars qu'ils sont en vacances.
Dès que je t'aurai installé.
Regarde ce grand cocotier !
Ce sont des palmiers.
Des milliers de palmiers.
Et voici la clé de ta nouvelle vie.
Ray.
Ray, c'est trop.
Tu as vu la salle à manger ?
On est en octobre !
Je voulais fêter Noël en avance. Le groupe va jouer
pendant les fêtes.
- Tu n'es pas croyable. - Regardez vos cadeaux.
Le Père Noël. Tu as été sage !
Noël est en avance.
Va te servir.
- Il prend quoi ? - Une guitare.
- Musicien comme ton père. - Tu sais jouer ?
- Quoi d'autre ? - Allô ?
Comment tu as ce numéro ?
Comment tu crois ? Passe-moi Ray.
Ray, téléphone.
Tu t'en occupes.
C'est important.
- J'arrive. - D'accord.
Qui est-ce ?
Margie.
Viens aider maman à changer ton frère.
Je veux ouvrir mes cadeaux.
Je ne veux pas.
Ne me fais pas répéter.
- Allô. - Salut, chéri.
Surprise ! Je suis à L.A. pour te faire une surprise.
Tu es folle ? J'ai ma femme et mes gosses.
En tournée, je suis Mme Ray Charles.
En tournée.
Attends. J'ai tout préparé pour nous.
Tu m'as pas entendu ?
Attends, chéri. J'ai une bouteille de Bols...
Boucle-la.
On enregistre dans quinze jours. Je te verrai là.
- Attends, Ray ! - Seaux.
Attendez.
Coupez. Ce n'est pas dans le ton.
On n'a plus les trois voix.
On reprend au début avec le groupe.
C'est quoi ?
Ça devrait te plaire. Un nouveau huit-pistes.
On enregistre chaque partie séparément.
J'ai hâte de voir ça.
- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? - Rien.
Margie est ivre.
Rentre cuver ça.
Je te ramène.
Quand je serai prête.
Elle est prête.
Fais-moi partir, ballot !
Tu me traites comme de la viande !
Je la bouclerai pas !
- On s'en mêle ? - Non.
- Qu'elles sortent. - Faudra qu'il me force !
Mets-les toutes dehors.
Brute sans cœur ! Lâche-moi !
Tu es une brute !
Il m'arroserait pas si j'avais le cul en feu !
Sûrement pas.
Pose-moi, Jeff ! Bon sang !
Tu as perdu ta chaussure.
On se remet au travail.
Tom, on va enregistrer ma voix
et finir les chœurs.
Comment ? Tu as renvoyé les filles.
Je sais. Je m'en occupe.
Branche le huit-pistes, je fais les parties des filles.
Et trouve-moi une fille pour "Oh, Johnny".
Un instant.
Une fille pour "Oh, Johnny" ?
J'ai ma petite idée.
L'INÉGALABLE RAY CHARLES
Pas de limite. Augmenté de 5000 dollars par soirée.
Ils iront jusqu'à 15.
Répétition dans 10 minutes.
Tu vas me chercher des cigarettes ?
D'accord, patron.
Tu sais,
ton contrat avec Atlantic expire dans quatre mois.
J'ai le contrat. Ils vont doubler mes royalties.
Avant qu'on rempile,
j'ai un peu exploré le marché.
J'ai eu un dialogue très productif avec ABC-Paramount.
Qui t'a dit de faire ça ?
Atlantic est ma famille, comme l'agence Shaw.
Je veux t'avoir le meilleur deal. ABC est très intéressé.
Non.
À quel point?
Par exemple, une avance de 50000 dollars par an pour trois ans.
Tu produis tes disques.
Après déduction des frais d'enregistrement,
ils te donnent 75 %.
Ahmet et Jerry arrivent ce soir.
Tu les fais patienter, le temps de causer avec ABC ?
Maman disait que ça coûte rien de causer.
Assez de formalités ! Retournons au bureau.
Je peux t'appeler Ray ? Tu seras bien ici.
Je vais te dire, tout sera mieux chez ABC.
Tu passes d'un indépendant
à un major, tu vendras plus
et tu élargiras ton public, Blancs comme Noirs.
Oui, M. Clark, mais j'ai été si longtemps chez Atlantic
que je voudrais leur donner une chance.
Bien sûr,
mais je doute qu'ils puissent.
C'est une offre unique.
Comme je produis mes disques, je voudrais avoir
la propriété des masters.
On n'a jamais fait ça. Aucun label ne l'a fait.
Je pense qu'il faudra ça,
pour que je quitte Atlantic.
Pour Ahmet et moi, Atlantic est une famille. Pas pour toi !
Ahmet n'y croyait pas.
Tu sais ce qu'il a dit?
Que tu nous lâcherais jamais.
Pour un marchand de soupe comme Sam Clark !
Clark est un pourri
incapable de distinguer Earl Hines et Art Tatum !
On t'a permis de grandir.
On ne s'attribue pas ton talent, mais on l'a nourri.
On t'a laissé libre.
On mérite mieux que ça !
Ne croyez pas que je n'apprécie pas votre travail.
Ahmet, je suis fier de ce qu'on a fait,
mais Atlantic a gagné pas mal avec mes disques.
On a bien gagné, Ray.
Vous m'avez appris que le disque est un business,
et qu'il faut chercher le meilleur deal.
75 % par dollar, la propriété
de mes masters, c'est pas mal.
Tu peux faire aussi bien ?
On aimerait vraiment, mais on ne peut pas.
Sinatra n'obtient pas autant.
Je suis fier de toi.
Ils vont avoir droit au numéro de plouc.
Il va s'en remettre.
Vous dénichez toujours les meilleurs.
Écoute cette guimauve.
Je croyais qu'ABC devait rien lui imposer.
C'est le cas.
L'idée vient de Ray.
Du nouveau.
Et nous, on est quoi ? Du vieux ?
Et nous ? Faut qu'on bouffe aussi.
C'est un tube. Qu'est-ce qu'il y a de mal à ça ?
On t'accuse de faire de la variété.
L'orchestre, les chœurs. le Perry Como Show ?
Si je sens la musique, c'est qu'elle est réelle.
Pas vrai. Ray Charles est un vendu.
Le Liberace aveugle. Il abandonne ses racines.
Quincy Jones. On fait une photo des deux ?
- Six-nine ! - Salut, petit.
Fin de l'interview.
- Je vous veux ensemble. - Une autre fois.
Tu as l'air en forme.
Toi aussi.
Tu sais ce qu'on dit?
J'ai perdu le truc, je fais de la variété.
Ponds un nouveau tube.
Pas évident de rester en tête.
D'où tu arrives ?
Paris.
La France, c'est là que ça se passe.
Ce que tu joues, c'est extra.
Faisons un disque ensemble.
Les gens vont adorer. Tu vas où, après le festival ?
Washington, Richmond, Virginie, Georgie...
Quand tu as fait le disque, faut le vendre.
Le Sud ?
J'en veux plus.
Le fric est là-bas.
Quand j'ai quitté Seattle avec Hampton,
on est allés là-bas, j'ai eu l'impression d'entrer en prison.
Un Noir est appelé "petit" dans le Mississippi.
Même s'il a 80 ans.
Je joue plus là où il y a des lois raciales.
Si tu le sens comme ça.
Je suis sérieux. On doit faire quelque chose.
Et puis merde !
Ça va me faire un paquet en plus à gagner.
Comme tu veux.
Prête à répéter ?
Quoi ?
Viens m'aider.
Percy m'a envoyé de nouveaux morceaux.
Tu sais ce qu'on dit de moi ?
J'ai perdu quelque chose, je fais de la variété.
Pareil pour toi.
Tu étais l'âme du groupe.
À présent, tu es juste soûle.
L'âme soûle d'un junkie aveugle. Quel couple.
Casse-toi.
Je ne suis pas soûle.
Je suis enceinte.
Oui, je porte ton enfant.
Tu peux pas faire ça.
Il faut voir un docteur. T'en débarrasser.
Parce que je suis pas ta précieuse Bea ?
Pas digne de porter cet enfant ?
Tu es dans mon lit toutes les nuits !
J'aurai cet enfant.
Non, Ray! Non !
Écoute-moi.
Je t'aime. Je te lâche pas,
- je paierai. - Non !
Ça te coûtera plus que de l'argent.
Viens vivre avec moi et le bébé.
Tu délires. Tu connaissais les règles au départ.
Tu sais que je ne quitterai pas ma famille.
Quitter ta famille ?
Tu es vraiment débile.
Entre la dope, la musique et moi,
tu l'as déjà quittée !
Et tu sais le plus triste ? Tu t'en rends même pas compte.
Tu sais quoi ?
À partir de maintenant, il y a plus que le boulot entre nous.
Garde cette colère.
C'est Sam.
Tu m'entends ?
Hit the Road est notre deuxième numéro un.
ABC prend des pubs dans tous les corporatifs.
Et bravo pour ta nomination aux Grammys.
Non, je sais que tu vas l'avoir.
Tu vas bien ?
Allez, un peu de joie. C'est la réussite.
Merci, Sam. Je suis vraiment content.
Oui.
Je passe voir Jeff pour prendre ma paie.
Margie, tu vas pas partir.
Je suis sur ton numéro.
Si je veux une carrière solo, c'est le moment.
Je veux pas...
Pour une fois, je pense à moi.
Tu te souviens du colibri ?
Quoi ?
Le colibri, Bea.
Je veux pas que tu partes.
On viendra te chercher au bus à St. Augustine.
Montre l'écriteau
et dis que ton nom est Ray Charles Robinson.
Et les sandwichs, ne les mange pas tous à la fois.
M'oblige pas à partir. Je serai au niveau des enfants normaux.
Comme George.
Il ne s'agit pas de George.
J'ai fait ce que je pouvais pour toi.
À l'école pour aveugles, ils t'apprendront des choses.
Tu en auras besoin, dans le monde.
- Je veux pas apprendre ! - Dis pas ça !
Je veux rester avec toi !
Tu ne vivras pas dans la misère comme moi.
Si tu veux que ta maman soit fière de toi,
promets-moi de ne laisser personne te traiter en infirme.
Tu deviendras pas un mendiant, tu t'en sortiras tout seul.
Promis.
Je t'aime, mon chéri.
Je suis si fière de toi.
Halte à la ségrégation !
LES MÊMES DROITS POUR TOUS
PLUS DE SÉGRÉGATION DANS LES SPECTACLES
Ray Charles et son ORCHESTRE
Bienvenue à Augusta, Ray ! Ça fait plaisir de te voir.
Vous soutenez les manifestants ?
Dégagez !
Désolé, Ray. Entrons vite.
On a des rafraîchissements.
M. Charles !
" Y a ségrégation !
Les Blancs sur la piste, les Noirs au balcon !
C'est comme ça. On est en Georgie.
Tu crois qu'on sait pas ?
On est persécutés tous les jours !
Je n'y peux rien. Je suis un homme de spectacle.
Ici, la ségrégation fait loi.
Exact. Dégage, petit.
Ça peut changer ! Tu peux agir,
ici, maintenant !
Désolé, j'y peux rien.
Compris, petit? Ça va pas changer.
Bouge ton cul noir, et emmène cette racaille !
Attendez, il a raison. Il a raison, Jeff. On reprend le bus.
- Tu es sûr ? - On reprend le bus !
Ray l'a dit !
Tous dans le bus !
Tu es sérieux ?
Faites-les monter sur le bus. Rien à faire ici.
Ray, tu me connais.
Je perds pas de fric parce que t'es converti.
J'y peux rien.
Tu as un contrat. Je te colle un procès.
- Et je gagnerai ! - Comme tu veux.
Un gros paquet ! Je te ruinerai !
Merci. Tu seras le premier.
Merci à toi. Tu as raison.
Tu joueras plus jamais en Géorgie !
Il a porté plainte, et il s'agit pas d'une simple amende.
Il peut te faire interdire
en Géorgie.
Mais il retire sa plainte si on fait le concert.
Pas s'il y a ségrégation.
J'admire ton action, mais la Géorgie
est notre plus gros marché.
Je joue plus dans les boîtes où il y a ségrégation ?
Oui. Compris.
Faites-les entrer, qu'on répète.
EBONY - FÉVRIER 1961
CONDAMNÉ EN GÉORGIE
RAY CHARLES INTERDIT A VIE EN GÉORGIE
Allez-y, dansez !
Tout le monde danse !
Dansons !
- Ça va ? - Que se passe-t-il ?
Des jeunes qui dansent.
Ils sont là pour ça.
Ne leur faites pas de mal ! Continuez à danser !
Continuez !
Wester Union. Télégramme pour vous.
- Il faut signer. - J'arrive.
Police d'Indianapolis. On nous signale du tapage.
Où tu vas comme ça ?
Aux toilettes.
Menotte ce fils de pute.
Tu reconnais ça ? Héroïne. C'est un délit !
Mais je deale pas. Je fais de mal à personne.
Tu fais du mal à tout le monde. Ta musique de jungle empoisonne
l'esprit de nos jeunes. Je vais boucler ton cul de nègre !
Comprenez-moi.
J'ai une femme, des gosses, des responsabilités.
Va leur raconter. Fais-les entrer.
- C'est un coup monté ? - Depuis quand vous êtes accro ?
De quoi on vous accuse ?
- Salut. - David.
- Il peut rester. - Non. Allez.
- Bea ? - Quoi ?
- Depuis que je suis rentré... - Que tu es sorti.
Depuis que je suis ici, tu m'as pas dit un seul mot.
Que veux-tu que je te dise ?
Ce que je dis ne compte plus. Ça n'a peut-être jamais compté.
- Tu sais que je t'aime. - Tu vas arrêter ?
Tu ne sais pas
qu'il y a beaucoup de gens mauvais.
Oui.
Ray ?
J'ai dû ramener Junior de l'école,
parce que les autres enfants causent.
Ils sont méchants. On serait mieux à Beverly Hills.
On ne déménage pas.
Le problème n'est pas où on vit, c'est le mal que tu te fais.
Les garçons t'adorent.
Tu veux qu'ils finissent accros ?
C'est pas juste.
Qu'est-ce qui n'est pas juste ?
C'est un coup bas.
Me baratine pas, Milt.
Bien, bien. Remercie Sam de ma part.
Très bien.
Dis-moi ce qui se passe !
Il n'y a plus de poursuites. La police n'avait pas de mandat.
ABC les a achetés.
Tu veux que j'aille en taule ?
Je veux que tu arrêtes de te mentir,
et ils t'en empêchent.
Tu ne comprends pas.
Fais-moi comprendre !
Quand je sors d'ici, je suis seul dans le noir !
Je tente une chose inédite
en musique et en affaires.
Je n'y arriverai pas si je suis seul partout.
Je ne veux pas être seul ici. Pas chez moi.
Si tu ne me comprends pas,
alors qui ?
Je ne sais pas, Ray.
David, j'arrive.
Maman arrive !
On te tire d'affaire et tu veux faire de la country ?
J'en ai chanté toute ma vie.
J'en jouais avec les Florida Playboys.
On a beaucoup investi sur toi, et ça paie bien.
Pour nous et pour toi.
On veut pas perdre tes fans.
Tu as raison là-dessus, mais je crois
qu'on a plus à y gagner
qu'à y perdre.
C'est une mauvaise idée.
Vous avez mis dans mon contrat
que j'ai le choix de ma musique.
Tu veux lire le paragraphe ?
Page trois.
Pas la peine.
A LA DEMANDE GÉNÉRALE RAY CHARLES ET SON ORCHESTRE
Bonsoir, Saint Louis !
Place à la vedette de la soirée.
Le novateur de la soul, le génie en personne !
Ray Charles !
Vous l'ignorez peut-être,
mais j'ai été élevé dans le Sud.
Quand on allume la radio, on entend le Grand Ole Opry.
J'ai grandi en chantant ça. J'aimerais vous chanter
quelque chose qui rappelle mes racines country.
Unchain My Heart !
Georgia On My Mind !
L'éclairage vertical et la mezzanine.
On tamise et on met une poursuite sur Ray.
Je compte.
Dans cinq... quatre...
Jeff est là.
Si tu n'y vois pas, comment tu reconnais les chaussettes ?
Je vais te montrer.
Tu vois, là ?
Le brodé est si gros que je le sens.
Deux veut dire marron.
Un, c'est noir. Trois, bleu.
Et où est quatre ?
Nulle part.
Y a pas de quatre. T'as raison.
Dix minutes pour charger. On se change à l'hôtel.
Ils ont adoré la country.
Ray, tu es incroyable.
Tu sais pourquoi ils aiment la country ?
Des histoires formidables.
Hé, Joe.
Je te présente Joe Adams. Ziegler l'a engagé
comme présentateur pour la tournée.
Je te connais. Mayor of Melody.
J'écoutais ton émission dans les années 50.
On en a fait du chemin depuis.
Une question. Pourquoi tu comptais ?
Pour baisser les lumières. Le public se tait,
tu peux chanter au lieu de crier.
Qui t'a dit de faire ça ?
Fallait le faire.
Voilà ce que j'aime. Qu'on me dise :
"Fallait le faire"
au lieu de : "C'est pas mon boulot."
Parle-moi de Central Avenue. Tu connais Jack Lauderdale.
Bonsoir, New York !
Bonsoir, Boston !
Bonsoir, Saint Louis !
Bonsoir, San Francisco !
L'ALBUM DE RAY FAIT MONTER LE MERCURE...
J'ai de bonnes nouvelles. La couverture de Cash Box.
"La meilleure vente dans tout le pays."
- Tu casses la baraque. - On dit ça.
Tes disques battent des records,
tes concerts sont complets.
Pense à investir. Tu changes de tranche d'impôt.
T'affole pas, Fathead ! J'ai les instruments.
Joe Adams a joué dans Carmen Jones.
Qui a réalisé ?
Otto Preminger.
Et 'a Broadway avec Lena Home.
Juste un second rôle.
Sans blague ?
Préparez-vous à une soirée extraordinaire.
La voix la plus novatrice, la plus énergique de la musique.
Saluez...
J'ai le plaisir...
Accueillez... L'unique...
Je présente...
Il y a un parc pour les enfants.
On y voit tout L.A.
C'est mieux qu'à Beverly Hills.
C'est comment, Bea ? Ça te plaît?
- Je ne sais pas. - Il faut que ça te plaise.
L'entrée est faite pour impressionner les visiteurs.
L'escalier, style Autant en emporte le vent.
On fera peindre nos portraits, comme Rhett et Scarlett.
Bea, amène-le ici.
Attends qu'on te décrive le living.
Qu'y a-t-il ?
On t'a installé une cheminée en marbre de deux étages.
Ça te plaît, Bea ?
C'est très grand.
- On peut le dire. 800 m2. - La plus grande du quartier.
Alors, tu approuves ?
Un vrai palais.
Ça, grand ?
Demain tu verras 3 000 m2 de RPM, Inc.
Oui, le QG !
Voilà, Ray. Ton nouveau studio.
Tout ce que j'ai dit?
Ce qui se fait de mieux. Tom a mis
une console huit-pistes, deux enregistreurs, la totale.
Une pièce plus grande qu'une maison.
Des toilettes privées.
À côté, mon bureau.
On passe au bar privé, à gauche. Une bouteille de Bols au centre.
Tu me connais.
Si tu es à court, appelle, je serai là.
C'est bien, juste là.
- La maison construite par Ray. - Oui.
Ray Junior, calme-toi ! On n'est pas au base-ball !
Résidence Charles.
M. Charles ?
Amène-le par ici ! J'ai un hot-dog qui l'attend !
Allô.
Je sais qui vous êtes.
Quoi ? Mon Dieu, non.
Je prends l'avion, j'arrive au plus vite.
Qu'y a-t-il ?
Margie est morte.
Mon Dieu ! Comment?
Overdose.
Je ne l'ai pas mise à la dope.
Je l'empêchais. Je ne tolérais pas ça.
J'en suis sûre. Tu donnais un bel exemple.
Et son enfant?
Tu savais ?
Il s'appelle Charles Wayne.
Né un 1er octobre à New York. Il a trois ans.
Il va bien.
Il est chez sa sœur.
J'enverrai de l'argent.
J'en envoie tous les mois.
Dans 5 minutes, M. Charles sera prêt à démarrer.
Les arrangements que Jeff vous remet
doivent être rendus...
En retard. 50 dollars d'amende.
Je suis pas en retard.
Je leur donne 10 minutes de marge.
14h05. Il est en retard. 50 dollars d'amende.
Où est Ray ?
Tu ne parles pas à Ray, mais à moi.
Je parle à qui je veux.
Et sûrement pas à toi.
Sale frimeur !
Cet idiot d'Adams veut me coller une amende pour retard.
Tu es arrivé quand ?
À l'instant. Le groupe se met en place.
- Jeff... - Je suis pas Jeff.
C'est sûr.
Tu m'as confié le groupe.
C'est vrai.
Fathead, retourne en répète.
Tu sais ce que c'est.
Vas-y. Je m'en occupe.
Fathead, vas-y.
Tu me dis ce qui se passe ?
Je ne fais que ce qu'on m'a dit.
Ray dirige une entreprise.
Il perd son temps avec ces histoires.
Je te parle pas, Joe. Je parle à Ray.
Tu me trouves coulant avec le groupe,
mais ils font tout ce que je leur dis.
Si tu parles de diriger une entreprise,
tu perdras des types bien.
On fait la queue pour jouer avec Ray.
Pas pour longtemps. Suffit qu'ils te voient.
Tu es le leader. Sois-le vraiment !
Jeff, les choses ont changé.
On tourne plus dans les petites boîtes.
Sans ton bowling, tu t'en serais aperçu.
Tu es au courant?
Je suis au courant de tout.
Comment as-tu fait ?
Tu crois que je te vole ?
Si Shaw te donne une part de ses 10 %,
autant garder l'argent dans ma poche.
Laisse-nous, on doit parler.
Tu peux sortir.
Je serai dans mon bureau.
Ce salaud est jaloux, il t'a fait croire à ce mensonge,
mais je ne t'ai jamais volé.
J'ai eu un prêt pour mon bowling
et Milt Shaw m'a aidé, mais je suis pas un voleur.
Et ça, c'est quoi ?
Un tourneur jure que tu partages mes excédents avec lui.
Comment as-tu pu ?
On est comme des frères.
Tu sais quoi ?
Si on est comme des frères,
pourquoi Joe touche plus que moi ?
Tu m'as brisé le cœur.
Tu as brisé le mien il y a longtemps !
Tout est dit.
Un jour, ça te retombera dessus.
Alors, Dieu ait pitié de ton âme, fils de pute !
Tout va bien ?
Qu'est-ce que tu crois ?
Va lui dire !
Je suis dans la sélection ! On joue jeudi.
Génial. Non ! Je ne serai pas là. Je dois partir en tournée.
Si je vous achetais de nouvelles tenues ?
Dis au coach que je me fiche du prix.
- D'accord. - Bien.
Prends la mallette de ton père.
L'avion de Montréal est à 11h. Je passe à 8h30 ?
Tu as entendu Ray Jr ?
Tu sais combien ça compte pour lui ?
Je sais, mais j'ai des soucis. On a dû virer Jeff.
- Quoi ? - Il volait.
Je n'y crois pas.
On est mieux sans lui.
Pardon !
Douane des États-Unis !
Nous devons voir vos papiers.
- Vous venez de Montréal ? - Un problème ?
Il y aurait des drogues à bord.
Scandaleux ! J'appelle notre avocat.
Pas à un contrôle international.
Nous allons fouiller tout le monde.
Charles, on commence par vous.
Votre manteau.
- Ça ne me gêne pas. - Ne dis rien.
C'est quoi ?
On n'est plus en Indiana.
C'est au niveau fédéral. Accusation
de contrebande, prison ferme.
Nos avocats feront leur possible, mais...
Allô.
Tu peux pas toujours te cacher.
C'est chez moi, pas la prison.
Non, c'est chez moi ! Tu n'as pas passé
six jours ici !
La seringue résoudra rien !
Seul Dieu peut t'aider !
Dieu ? Tu sais ce que c'est, être aveugle ?
Et avoir encore peur du noir ?
Tu pries pour avoir un peu de lumière, et t'as rien !
- Dieu m'écoute pas ! - Parle pas comme ça.
Moi et Dieu, on se doit rien et je fais ce que je veux.
Si je veux me shooter, je me shoote.
Bon, vas-y ! Sors,
et je ferai ce que j'aurais déjà dû faire.
Je partirai avec mes enfants.
Tu n'as nulle part où aller.
- Nulle part ? - Non.
Tu crois que j'ai peur de perdre ça ?
J'avais peur de te perdre, toi.
Où allais-je trouver un autre Ray Robinson ?
Alors, j'ai supporté des trucs très durs.
C'est en partie ma faute.
Mais je n'ai plus peur.
Je vous aime, toi et les enfants, plus que tout.
C'est un foutu mensonge et tu le sais !
Tu as vu ça ?
Vraiment vu ?
Le trophée "Meilleur Joueur" de Ray Charles Jr.
Il était si fier, ce jour-là.
Jusqu'à ce que tu rentres, trop défoncé pour aller au banquet.
Tu aimes une chose plus que moi et les enfants,
plus que tes coucheries en tournée,
plus que ta dope.
- De quoi parles-tu ? - De ta musique.
Si tu n'arrêtes pas de te shooter,
ils t'enlèveront ta musique et te mettront en taule.
Ce poison vaut de tout perdre ?
CLINIQUE DE RÉHABILITATION ST. FRANCIS
M. Charles ?
M. Charles.
Vous n'avez pas à subir ça.
Nous avons un substitut qui peut vous sevrer de l'héroïne.
Je dois y arriver seul. Je peux le faire.
Ne me touchez pas.
C'est bon.
On fera à votre manière.
Docteur ?
M. Charles, j'arrive !
Il se vide. Vite, une intraveineuse.
- Je vous pique. - Pas d'aiguilles !
C'est important. Vous en avez besoin.
Il s'enfuit !
Sur le lit!
Les sangles !
Pas de piqûres.
Tu me manques.
Vous avez un problème, là.
Vous m'avez encore eu.
Je ne perdrai pas deux fois de la même façon.
J'ai parlé au juge. Il acceptera une mise à l'épreuve.
Votre avocat l'a convaincu.
Il pense que vous méritez une autre chance.
Formidable.
Mais il faut passer
des tests antidrogue.
Je le ferai.
Beaucoup de gens le croient pas, mais la dope et moi, c'est fini.
Qui est George ?
Ray.
Physiquement, le plus dur est passé.
On devrait commencer la psychothérapie.
Oubliez le psy. Je peux m'en sortir.
J'ai déjà traité des junkies célèbres.
Comment? Qu'est-ce...
- On m'arnaque à aucun prix. - Je n'essaie pas.
Si vous voulez que je fasse un bon rapport,
il faudra le mériter.
Docteur ?
Dr Hacker ?
Ray, viens jouer avec moi !
Il n'est pas là.
Parle-moi.
Je ne suis pas un cauchemar. Je fais partie de toi.
Même la dope n'a pas pu m'écarter.
J'ai tenu parole.
Tu es devenu fort. Tu as réussi au-delà de mes espérances.
Mais tu es devenu un infirme.
Viens, mon chéri.
Ray ?
Ce n'était pas ta faute.
Promets-nous
que tu laisseras personne te traiter en infirme, plus jamais.
Que tu t'en sortiras tout seul.
Promis.
Pendant les 40 années suivantes,
Ray a vendu des disques, gagné des Grammys, rempli les salles.
Il est devenu un des artistes les plus aimés du monde.
C'est en 1979 au Georgia State Capitol qu'il fut le plus fier.
Nous réparons un tort causé à un des nôtres, il y a 20 ans.
En 1961,
Ray Charles fut interdit de concert
en Géorgie,
parce qu'il refusait la ségrégation du public.
Dieu merci, nous avons fait du chemin depuis.
Certains ont lutté pour l'égalité par la politique.
Ray Charles a changé la culture américaine
en touchant le cœur des gens.
Aujourd'hui, 7 mars 1979,
nous, députés de l'État de Géorgie,
proclamons Georgia On My Mind hymne de notre État,
présentons à M. Ray Charles nos excuses officielles
et l'accueillons chez lui.
Si ta maman était là...
Elle est là.
Elle n'est jamais partie.
Ray a tenu parole. Il n'a jamais repris d'héroïne.
Il n'a jamais oublié ses racines, versant plus de 20 millions dollars
à des collèges afro-américains,
à des associations caritatives pour sourds-muets et aveugles.
Adaptation : Nathalie Sappey, DDS
French
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