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Rumeur de la ville
Brouhaha
Accent marseillais - Madame.
J'ai votre ratatouille.
- Merci. - J'avais tout préparé.
Y a tout, je vous ai mis une tête d'ail en supplément.
- Merci. Je vous dois combien ? - Vous me devez 38 francs.
Vous allez faire une bonne ratatouille.
Alors, 38...
Et 40, merci infiniment. - Merci. Au revoir.
- Bonne journée.
- Merci, vous aussi. - Merci.
Rumeur de la ville
Musique douce
- Messieurs-dames ? - C'est à monsieur.
- Monsieur ? - Allez-y.
- Merci. Du Doliprane 500 et de la mousse à raser,
s'il vous plaît. - Roger Gallet, ça va ?
Ca existe en gel aussi.
- Je sais pas, le mieux.
- Je sais pas non plus.
- Oui, en gel, c'est bien, oui.
- Normal ou peaux sensibles ?
- Prenez normal, c'est pareil.
- Voilà, 85. Ah... Vous avez pas plus petit ?
- Servez monsieur.
- Des serviettes, s'il vous plaît. Vania, périodiques.
- Quel modèle ?
Elle vous a pas dit ?
- Prenez normal, c'est le plus courant.
- Bon, merci.
(-Voilà.) - Merci.
Et 5,90, merci bien. Au revoir, Madame.
- Au revoir.
Au revoir. - Au revoir, merci.
- De rien. Vous aussi. - De rien.
- Avec un chiffre de plus de 6 milliards
et une croissance de 13%, cette année est excellente
pour le laboratoire.
Il y a des raisons d'être plus ou moins content,
mais globalement, c'est excellent.
MB est donc 23e mondial en pharmacie.
La machine est en marche et nous savons progresser.
Pour croître encore et entrer dans les 10 premiers,
nous avons une nouvelle approche marketing à mener à bien.
Mais c'est votre métier de visiteur médical qui reste, et de loin,
l'outil le plus efficace.
Je salue donc l'arrivée de 7 nouveaux visiteurs médicaux.
Bon courage à vous.
Ainsi que la nomination de 2 anciens au poste clé
de chef de réseau.
Luc Wiernick...
à la région Est.
- Bravo ! - Bravo !
Et Claire Canselier au Sud-Ouest.
- BRAVO ! - Merci.
- Sud-Ouest où ça bouge pas mal cette année,
on y enregistre le départ
de... Gilbert Frémont,
qui raccroche en s'offrant une préretraite bien méritée.
Acclamations
- AH...
- Au nom de l'équipe Sud-Ouest, en te souhaitant bon vent.
- Merci, je sais pas quoi dire. - Ben dis rien, chante.
- Gilbert, une chanson !
- Ecoutez... - On a pris le grand modèle,
mais tu peux changer. - Ah non, il est super.
- Attends, Gilbert, ne bouge pas...
- A nous. - A toi.
- J'ai l'air d'un con, c'est ça ?
T'as cotisé aussi. - J'ai pas choisi.
- Et il s'allume, je peux même avoir l'air con la nuit.
- Cette broche est à toi ? - Oui, elle était où ?
- Par terre, dans l'amphi. - Merci, Louise.
Ca va te faire drôle, hein ? - Quoi ?
- Je sais pas, tout ça, la préretraite.
- Surtout de ne plus de te voir. - Oh, tu parles !
- Il paraît qu'en 1955, les gens riaient
entre une et 2 minutes par jour et aujourd'hui,
on serait à moins de 10 secondes, ça fait peur, non ?
Quand je vois leur air coincé, ce qui peut m'arriver de mieux,
c'est d'être sur mon bateau avec mes cormorans.
- Depuis quand t'étais au Sud-Ouest ? - 15 ans.
Avant, j'étais à Lille, au développement.
- Oh non, pas ceux-là.
C'est au saumon. Evitez.
Prenez plutôt les noirs.
- Mais pourquoi ?
- Mangez pas ça, vous avez lu le dernier Science et Vie ?
- Non. - Y avait un article dessus.
Mon cousin l'a écrit,
chercheur au CNRS.
Plus de 40% de la production de saumon
serait transgénique.
- Ca fait pas trop envie.
- On nous fait manger de la...
Ca avance, mon cousin est remonté,
il lance une pétition
pour aller à Bruxelles,
déjà 700 signatures.
Boycottez le saumon.
Carole ?
Ma femme.
Va chercher la pétition. - N'embête pas les gens avec ça.
- C'est pour leur montrer.
Si vous avez envie de signer, je suis pas contre.
- Ben...
-(T'embêtes les gens.)
-(Va la chercher, c'est sur le radiateur.)
Vous verrez bien.
Vous voulez bien signer,
Mademoiselle ? - Faut voir.
- Je peux vous parler une seconde ? - Excusez-moi.
- Pas bien net, le gars.
- Complètement fêlé, tu veux dire.
- Comme commercial, il serait bon.
- Vas-y, mange !
C'est du pipeau !
- Ils font aussi des poulets sans plumes.
- Toi, ils t'ont fait
sans cerveau ?
- Ca se passe bien, la retraite ? - Ca se passe.
- Ca va, Claire ? - Très bien.
- Venez, que je vous présente. Excusez.
- C'est vrai, pour le poulet...
- Il lui faut plus de 3 ans pour devenir un saumon adulte.
- Vous êtes renseigné.
- Le saumon, c'est superbe, c'est honteux
de le manipuler.
- Excusez-moi.
Claire Canselier, nouvelle cheffe du Sud-Ouest.
- Bonjour.
- Je sais pourquoi je rêve de m'installer au Sud-Ouest.
- A cause du climat.
- J'espère que vous nous doperez les ventes.
- Si j'ai 5 minutes, oui.
- C'est du saumon cloné ?
- Non, c'est du transgénique. Le cloné, ce serait mieux.
Ils cloneraient du saumon sauvage, l'affaire serait réglée.
- Tiens. - Vous allez voir.
- C'est quoi ?
- Une pétition. - Stop.
- Ils veulent savoir ce qu'ils mangent.
Non ? - Oui.
- C'est quoi, ça ? Excusez-moi.
Venez par là, vous.
Murmures
Vous êtes là pour servir.
Je veux plus en entendre parler ! Tout ça est absolument faux.
Le saumon est parfaitement sain. Vous avez ma parole. Tenez.
Voilà. Délicieux. Et tout ça, c'est des conneries.
C'est du norvégien fumé au feu de bois à Oslo !
Servez-vous. - T'as vu ce que t'as fait ?
- Allez-y. Allez, goûtez. Allez-y.
- Très bon. - Ah, vous voyez ?
Vous deux, je veux plus vous voir, partez.
Exécution.
- Allez, viens, va.
Vous êtes un imbécile, un crétin. C'est tout ce que j'ai à dire.
Rires - Et le lendemain, il remet ça !
Rires
- C'était quoi ton histoire ? - Quoi ?
- A Cahors, avec la serveuse bègue.
- Non, c'était à Agen, chez Carteron.
J'invite tout le service neuro du CHU, on était 11, chicos.
Y avait Baldos, Ausmu, Thiriet... - Madame ?
- Oh, il m'a fait peur, lui. Je deviens fragile du coeur.
- Excusez-moi. - Il est pas fait
avec du raisin transgénique, votre pinard ?
- Non. Je sais pas.
- Vous nous refilez peut-être le béribéri et vous le savez pas ?
- C'est du bordeaux. - Y a bordeaux et bordeaux.
- Arrête !
- On va pas s'empoisonner.
- Ne l'écoutez pas.
- Oh là, là ! - Ta serveuse bègue ?
- Canon, t'as pas idée.
Des machins...
comme ça et un cul genre Sharon Stone.
A l'apéro, elle s'approche pour prendre la commande et dit :
"J'ai un très... très beau...
cu-curry d'agneau." Rires
- Lui, il va pas me manquer. - Demain, t'es avec tes cormorans.
- Ca volera plus haut.
-Bonsoir.
Rassurez-vous, vous n'aurez ni discours ni chanson.
- OH...
-Juste un mot sur le spectacle que je vous propose cette année.
Un spectacle qui va un peu à l'encontre de tout ce qu'on a vu
pendant cette convention.
Il n'y est jamais question de prévisionnel,
mais plutôt d'imprévisible.
Imprévisible comme l'improvisation, j'ai le plaisir de vous présenter
la compagnie Imprévisible.
- La vache ! Le saumon !
Acclamations
-Alice Cohen...
Karim Coutard, Pierre Cassini !
- Et celui qui va improviser avec nous à la lumière,
M. Nounours, alias Marc Lesage.
Vous ne saviez pas qui nous étions.
Vous ne savez pas ce que vous allez voir
et on ne sait pas ce qu'on va faire.
Rires D'abord, pour improviser,
il nous faut un mot, Monsieur, s'il vous plaît ?
N'importe lequel. Au hasard ? - Prison.
- Un peu plus fort.
- Prison. - Parfait.
Et un chiffre, Madame ?
- Deux. - En deux minutes.
Une couleur, Monsieur ?
Rouge ? Bleu ? Monsieur ? - Vert.
- C'est "prison", c'est vert et en 2 minutes.
Ca ira ?
Alors, c'est parti.
(-Chut...)
- Viens. - Pourquoi ? Je suis bien là.
- Viens, tu vas te faire piquer si tu restes au milieu.
Le dernier était là où t'es. - Ici ?
- Oui, il était bien lui aussi. Et il a fini dans un sandwich.
Un jambon-beurre. - Un jambon-beurre ?
- Viens, pousse un peu l'oignon, tu te caches derrière la branche.
Bouge plus. - La branche ?
- L'estragon.
- J'aime pas l'estragon.
- C'est le coin le plus sûr du bocal. - Je sais pas, j'aime pas.
Ca me donne un goût.
J'aime pas la couleur. - Quoi ?
C'est vert, comme nous. - J'aime pas le vert.
- Non ? - Non.
- Tout est vert, nous, l'estragon, même le pot, c'est du verre.
On devrait parler en vers. - Hein ?
- En vers. T'as pas l'air malin. T'es sûr que t'es extra-fin ?
Rires - Oui, garanti.
Et cueilli à la main.
C'est quoi, ça ?
C'est quoi, ces projos ? (-Chut.)
Quelqu'un a ouvert la porte du frigo.
Rires
Fin d'alerte. Terminé.
Elle a pris quoi ? - Je fermais les yeux.
Accent marseillais - Entrez !
Goûtez-moi ça.
C'est ma mère qui l'a faite.
- Elle a pris la terrine ! - On va être bouffés par la voisine.
- Alors ?
C'est du sanglier. Avec du thym.
Je suis bête, j'oublie le principal et vous ne dites rien ?
Le rosé ! On va pas se laisser abattre, quand même.
- Elles nous ont oubliés ! Elles préfèrent le pinard !
- On peut souffler.
- Tiens, je crois qu'il me reste deux-trois petits cornichons.
Rires
Acclamations
- Bon voyage. - Merci, Mademoiselle. Au revoir.
Ca va, Claire ? - Je suis pas en avance.
- Je vais les faire attendre. - Merci.
La 114, s'il vous plaît, j'ai du téléphone et un Perrier.
Tu devais pas partir à l'aube ?
- J'ai changé d'avis. T'as pas une aspirine ?
- Votre code, Madame, s'il vous plaît.
M. Frémont, vous avez quelques petites notes de bar.
Elle siffle. - J'étais pas seul.
Où sont les autres ? - Dans le car, ils m'attendent.
- Tu veux pas que je t'emmène ? - Non, c'est bon, laisse.
- Ca me dérange pas, au contraire.
- Va rejoindre ton navire, je vais prendre le car, ça ira.
Tu m'appelles ? - Juré.
- Hé !
- Je vous mets ça dans le coffre ? - Non, merci.
Excusez-moi.
- AH !
- Attention !
- Tu vas pas avec Gilbert ? - Non, pourquoi ?
- Il voulait t'emmener, ça lui faisait plaisir.
- Quand ça ? - Hier soir. Mais il était atteint.
- S'il vous plaît, attendez.
T'as raison, je vais avec lui. On se retrouve à Lyon, à la gare.
M'attendez pas, j'y vais en voiture.
Salut ! - OH...
- Il est parti, le monsieur ? - M. Frémont ? Oui, Madame.
- Merci.
- Il est parti ? - Oui. Et le car aussi.
Y a des trains pour Lyon ? - Bien sûr.
- Vous avez les horaires ?
Sonnerie - Oui, une seconde.
La réception, bonjour ?
Quelqu'un approche.
Excusez-moi, M. Frémont a oublié ça dans sa chambre.
Vous savez où je peux lui envoyer ? - Je lui donnerai.
- Ca vous dérange pas ? - Non, c'est bon, ça va.
- Bon, écoutez, bon voyage. - Merci.
Elle soupire.
- Bonjour. Vous attendez le ferry ? Elle rit.
- Un taxi. Bravo pour hier soir.
- Merci. - Vous allez où ?
- A la gare.
- On vous dépose ? - Il va arriver.
- Nounours, électro. - Bonjour.
- Le temps de charger, il s'est endormi.
- Qu'est-ce qu'il a ?
- Il s'est couché à 8h avec une infusion.
Vous savez où est la gare ? - Non.
- En centre-ville. Vous allez où ?
- A Toulouse. Et vous ? - Lyon.
- Vous êtes de Lyon ? - Non, Paris.
- Pardon, Madame, pour la gare ?
- Vous y êtes pas, faites demi-tour.
Vous connaissez M. Thorez ?
- Pas personnellement.
- Le mieux, c'est quand même de faire demi-tour et...
- Je vais me débrouiller. - Non.
On trouvera.
- Vers La Poste, là, vous remontez
tout droit, c'est là Maurice Thorez.
- Y a des trains pour Toulouse ?
- Non, je vais à Lyon puis à Toulouse.
- On n'a qu'à vous emmener.
- Je prendrai le train. - Mais si !
- Je prends le train à Lyon.
- Elle va à Lyon,
y a qu'à l'emmener. - Avant l'église,
ce sera à gauche, le grand boulevard
après le Franprix. - Après le Franprix, parfait, merci.
Air de piano classique
Grésillements
- Vous êtes visiteuse médicale ?
- Oui. - A Toulouse ?
- Oui.
C'est une Anglaise, la voiture ?
- Oui, achetée à Londres. C'est sa marotte, les bagnoles.
- Elle est de 62.
Elle est belle, hein ? Elle a appartenu à Churchill.
- On sait jamais si elle va pas
nous lâcher dans un virage.
Grésillements
Gémissements
- Poussez-le.
- Non, ça va.
- Merci.
C'est joli, ça. - Ca vient du Chili.
- Ah ouais ?
C'est quoi ? Des oiseaux ? - Oui.
- Merci. - Bonjour.
Rire
- Sur l'autoroute, c'est plus cher.
Normalement, à sec, je mets quoi ? 430-440 francs maxi.
Là, ça fait presque 460. - C'est dingue, hein ?
- Hein ? Quoi ?
- T'as pas un Aspégic ? - Je crois pas, non.
- On est loin ? - 1h.
- Quelle heure il est ?
- 9h moins 10. - J'ai pas.
- Il est réveillé, le sportif ?
Si tu sens que ça te reprend, préviens.
Rires - C'est où, "serré" ?
- Là et "sucré" là. - Merci.
- Prends-le sans sucre.
Ou c'est de la confiture.
- Je vais à Lyon avec vous.
- Tu lui ronfles dessus depuis 1h.
- Tu peux pas doser,
ça met le sucre d'abord, le café après.
- Ecris-leur, y a l'adresse.
Musique classique
Klaxon
- Vous êtes toujours sur la route aussi ?
- Non, les médecins que je visite sont tous dans mon coin.
Je rentre chaque soir.
- Mariée ? - Oui, un garçon et une fille.
Et vous ? - Pas d'enfants. Non, non.
Grésillements
- Sacrée affaire !
- C'était bien
votre improvisation hier soir.
Et le coup
de la pétition, c'est génial, y en a un qui commence
et les autres suivent ? - Oui.
Faut pas s'arrêter.
- Quel job !
Je sais pas comment vous faites. - Nous non plus.
- Quand on sait, on est cuits.
- Ca doit être génial.
- C'est un muscle,
ça se travaille. - Je dois pas l'avoir, celui-là.
- C'est une formule, il adore ça.
Sonnerie de portable
- Oui ?
Ah oui, bonjour.
Non, pas très loin, sur l'autoroute.
Attendez... C'est Carioux.
Il demande si on peut passer, sa femme veut nous voir.
- Pour quoi faire ? - Si elle veut nous voir, on y va.
C'est sur le chemin,
ce sera rapide. - Tant que j'ai mon train.
- Entendu, d'ici 30 minutes.
D'accord.
C'est le père
de la mariée. - On va à un mariage.
De la fille du directeur régional d'Esso.
- L'essence ?
- Oui. - Une fille super.
- Il nous a vus en convention
et veut qu'on fasse un truc
pour le mariage de sa fille, il a même envoyé un acompte.
Grésillements
Normalement, on fait pas ça. - Quoi ?
- Les trucs privés, les mariages...
- Mais on a déjà bouffé l'acompte.
Il a été investi
dans l'automobile britannique, vous êtes assise dedans.
Voilà.
- Ah, mes amis comédiens, bonjour. Aboiements
- Ca va ? - On est un peu débordés.
Ma femme doit être à l'office. Venez.
- Ca se passe bien ? - Ca va.
- Bonjour. Pardon, mais vous êtes qui ?
- La troupe d'impro. - Ah oui.
Elisabeth Carioux.
Mon mari m'a dit ce que vous faites...
- Moi, je suis pas... - Le voilà. Etienne...
Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour. - Je disais
à mademoiselle que je voudrais que tout se passe bien.
Vous savez ce que c'est
de marier sa fille.
- Je n'ai réservé que 2 chambres au Campanile.
- C'est ça. - Ah bon.
- Voilà,
je tiens absolument à ce que tout ça reste dans le...
- Le comme il faut.
- Voilà, je préférerais.
Vous comptez faire quoi ?
- On sait pas.
- On improvise, vous comprenez ?
Mais on a l'habitude. - Oui, on fait beaucoup ça.
Communions, baptêmes, goûters d'anniversaires.
Bon, les mariages, on inaugure. - Il plaisante.
- Bien sûr qu'il plaisante !
Nos amis sont rodés à ça. - D'expérience, tout va très bien.
Au début, on dérange un peu les gens,
et dès qu'ils savent qu'on est acteurs,
ils sont ravis. - Ca plaît.
- Bon, n'empêche, mademoiselle,
je compte sur vous pour...
Hein ? Et pas de...
Hein ? - Parole de mime.
- Il plaisante.
Ou alors... Non, non, ça c'est...
On est des cousins bulgares, toi, une star du porno
à Sofia.
Si ça t'intéresse pas, tu le dis.
- Ben voilà, je te le dis.
- C'est un engagement
à 4 000 balles. - Un engagement ?
On n'a jamais été engagés.
Il nous a demandé ?
On n'est pas obligés
de faire quelque chose pour faire quelque chose.
Surtout n'importe quoi.
- Comprends pas.
- Ca m'étonne pas. "Allez-y, faites les serveurs.
"Le couple de serveurs,
la scène de ménage, pour les noces, c'est parfait."
Il est quelle heure ? - Achète-toi une montre.
- 12h15, mon train part dans 10 minutes.
- Vous allez pas avoir
le temps de manger ?
- Oh si, une bricole. Sinon, je mangerai dans le train.
Coups de klaxon
- J'y vais, moi. - Ouais.
C'est 20-21, c'est ça ?
- Oui, je te rappelle.
Bon ben, bon retour. - Merci. Merci bien.
- Salut. - Salut.
- Au revoir. - Au revoir.
- Et merci pour la mousse.
- De rien. - On y va ?
- Au revoir. - Au revoir.
- Peut-être à une autre fois. - Merci. Bon courage.
Musique douce
- C'est quoi, cette histoire de mousse ?
- A raser. De la mousse à raser.
- Elle était sympa cette fille. - Très.
- On sait même pas son nom. - Non.
- Hein ? - Hein ?
- J'ai 15 minutes, je vais manger. - Moi, j'y vais.
Rentrez bien. Allez... Au revoir.
- Au revoir. - Vous êtes très mignonne.
- Merci.
Bonjour, un café, s'il vous plaît. Vous avez des sandwichs ?
- Non, je fais pas. Faut aller chez Pomme de Pain.
Ici, j'ai que ça. - Une part de flan, alors.
- Voilà. - Merci.
- C'est bon, hein ? - Mmh.
- C'est pas du flan, c'est du far breton aux pruneaux.
Une voiture approche Aboiements lointains
Aboiements lointains
- Vous leur direz que je suis revenue chercher mon phare ?
Vous savez pas où ils sont ?
Je l'avais oublié.
Je l'avais oublié. - Et le train ?
- Je prendrai celui d'après. Il était resté dans le coffre.
C'est un cadeau,
c'est à un ami qui fait du bateau. - Gilbert.
- Vous le connaissez ? - On a passé la nuit au bar,
on a gardé le phare. - Je vais te présenter
mes amis, ma chérie.
Ma fille, Stéphanie. Et ma cadette, Isabelle.
- Bonjour.
Merci d'être venus.
Il est beau... C'est gentil.
Vraiment. Hein ?
- Oui, ça va plaire à Eric ça. - Oui.
Je vous embrasse.
Christina ?
Tu le ranges avec les autres ?
(-Je vais vous le récupérer.)
- Laissez pas ce camion ici. - On se retrouve à la mairie.
- Attends, Stéphanie, voilà.
- Philippe, attention à sa robe !
Conversation indistincte
Cris de peur Doucement !
- Attendez, je viens avec vous.
- A quelle heure est votre train ? - 17h30.
- Vous allez passer l'après-midi à la gare ?
- C'est du sirop de figue.
Conversations mêlées
- Elle a loupé son train.
- Tu te changes pas ? Tu te fous du monde ?
Conversations mêlées
- Tenez. - Merci.
- Il est fâché ? - Il m'énerve.
- Vous allez faire quoi ? - Je sais pas.
Il va se démerder.
Vous me passez les cornichons ? Je suis pas marié avec lui.
Merci. - Allez-y.
- Il se fout du monde, il y a 3 mois,
on devait remonter la ligue d'impro...
Et on est là à faire des canulars
pour divertir la famille Machin... N'importe quoi.
Tenez.
- Merci.
Moi aussi, j'adore les cornichons.
- Moi aussi. - Ils sont bons ?
- Mon père, c'était le spécialiste.
Petit, on m'engueulait, car je mangeais les cornichons
et pas la viande. - Chez moi, c'était les pâtes.
- C'était où chez vous ? - Dijon.
- Ah oui, c'est la spécialité.
- Vous, vous êtes d'où ? - Triora.
- Où ça ? - Triora, en Italie.
- Je connais pas.
- Moi non plus. Je suis parti à 6 mois.
- Faudrait que je trouve un téléphone.
- Vous en avez pas ? - Non.
- Moi non plus.
- Enfin si, mais j'ai plus de batterie et j'ai laissé
le chargeur chez moi. - Ah.
- Vous laissez encore la viande.
- On se quitte plus tous les deux, on fait la nuit et le jour.
Ah, tenez.
Aboiements lointains
Elle compose un numéro de téléphone.
- Allô ? C'est moi. Y a personne ?
C'est pour dire que tout va bien, mais que j'ai loupé mon train
à cause du phare de Gilbert que j'avais perdu,
mais que j'ai retrouvé.
C'est un peu compliqué. Bon...
Donc, je prendrai le prochain train
vers 17h, 17h30 et j'arriverai vers 21h, 21h30.
Bon, ben à ce soir.
Elle raccroche.
Pour improviser, je suis pas bonne.
- Il s'agit pas d'être bon, faut se jeter, c'est tout.
- Comme au saut à l'élastique ? - Un peu, oui.
Regardez.
Musique douce
Pas marrant, leur vie.
Le bateau peut pas venir, y a tempête sur tempête.
48 jours sans relève. J'ai fait le compte.
48 jours. Une folie.
Ils ont peint tout l'escalier tellement ils s'emmerdent.
- Vous vous amusez bien, vous.
- Pas vous ? - Oh, moi...
Je fais peut-être un truc fou de temps en temps,
mais très rarement.
- J'avais écrit une histoire qui se passait dans un phare.
- Ah bon ? Un livre ? - Non, une pièce. "Ar-Men".
"Ar-Men", c'est un phare de haute mer.
L'histoire de 2 gardiens amoureux de la même fille.
- Et puis ?
- Y en a un qui tombe amoureux de la femme de l'autre,
mais sans l'avoir jamais vue, juste parce que l'autre lui parle d'elle.
- Il tombe amoureux d'elle sans la connaître ?
- Oui. - Oui, c'est bien, ça.
Et puis ?
- Et puis rien, il est dans un tiroir.
- Ils doivent être à l'étroit.
- L'idée de jouer ça tous les soirs, ça m'a coupé l'envie.
J'ai jamais terminé. - Pourquoi ?
- C'est pas mon truc, jouer la même chose chaque soir.
Et le samedi, 2 fois de suite.
C'est pas pour moi.
- Vous préférez improviser ? - Oui.
- Il faut aller au bout. Elle est bien, cette histoire.
Soupir Si.
Parole de mime.
- Je sais même pas votre nom.
- Claire.
Musique jazz
- Voilà. Il est dans le coffre. - Merci.
- Tenez. Sinon, on se fait remarquer. - Vous fumez ?
- Merci, non.
- Qu'est-ce qu'ils font ? - Je sais pas.
- Drôle de truc, quand même.
Vous allez faire quoi, vous ?
- Facteur. - Facteur ?
- Oui. Petit, je faisais du vélo toute la journée, j'adorais ça,
mais j'avais pas le droit de dépasser le coin de l'impasse.
Le facteur venait tous les jours,
il donnait ses lettres et tournait au coin.
Il avait le droit, lui. Il repartait je sais pas où.
Quand on me demandait mon futur métier,
je disais facteur.
- Et vous êtes acteur. Il manque une lettre.
Remarquez, pour un facteur, perdre une lettre, c'est pas bien.
Soupir admiratif
- Vous êtes de la famille ? - Oui.
- Jolie, la mariée.
- Superbe. - Et ça pourrait être ma fille.
- Eh oui. - Moi, j'ai connu sa mère.
J'étais pompiste.
On a eu une sacrée histoire... Fallait pas lui en promettre !
Quand je l'ai reconnue, ça m'a fait un choc.
Voir tout ça et me retrouver comme ça...
- D'après eux, 22. - Ah oui ? J'aurais dit plus.
D'après vous, elle a quel âge la petite ?
- 22 ans, je crois. - 24.
- Juin 77. - Merci.
- Oui, là, ça collerait. Si ça se trouve, elle est de moi.
Vous imaginez l'embrouille ? Ce serait dingue.
Ca te va comme truc "pépère" ?
-Mes amis, un mot pour vous remercier d'être venus,
pour certains de loin,
partager le bonheur de Stéphanie.
Et aussi le tien, Eric. - Ah !
-Je profite de ce moment unique pour rendre un hommage particulier
à une personne qui m'a toujours énormément soutenu,
qui a su être là dans les moments difficiles,
et qui un jour m'a fait un cadeau magnifique.
Cadeau qui se trouve entre tes mains, Eric.
Ma tendre...
Elisabeth.
- AH... Applaudissements
-Merci à toi. Du fond du coeur.
Ma chérie, tes témoins
veulent aussi dire un mot.
Cécile et Thomas, à vous.
-Stéphanie, tu es ma meilleure amie,
tu le sais.
C'est vrai que, depuis la quatrième,
je m'étais habituée à te voir comme ça, jolie, riche, sympa,
intelligente... Si, si.
Rires *Je m'y étais faite.
J'avais fini par m'y faire. Et déjà, c'était dur.
Mais aujourd'hui, te voir heureuse en plus, c'est pas supportable.
Rires *Je t'adore, ma belle.
Je t'adore et je t'embrasse.
Applaudissements
-Euh... Ben... moi, je voulais dire la même chose...
Hein ? Mais à Eric,
que... j'embrasse.
Alors, ben... voilà, Eric, je t'embrasse, voilà.
Rires
Applaudissements
-Bravo.
Et courage. Si tu veux être avocat, t'as encore du chemin à faire.
Rires
Bon, ben... Tous mes voeux aussi aux mariés.
On a envie de leur souhaiter tout le bonheur du monde,
et même plus, hein ?
Même plus que celui
qu'ont connu leurs parents.
Qui ont traversé des moments difficiles. Surtout ton père.
On ne sait jamais vraiment qui c'est, son père.
Le tien, je sais qui c'est
et je vais te le dire.
- C'est pas possible... - Qu'est-ce qu'il veut dire ?
-C'est un type surprenant,
inattendu, imprévisible, pas vrai, Elisabeth ?
-Merci.
-A ce propos, Elisabeth,
quelqu'un voudrait te dire un mot.
Et à toi aussi, Stéphanie.
Quelque chose d'important.
Attends.
(Une petite impro, ça vous tente ?) (-Ah non.)
-Elle est émue.
Je comprends, moi aussi, j'ai horreur
de parler en public...
On l'excuse, elle a du mal à...
-Non, rien de...
Rien de particulier.
Je voulais juste vous dire que je trouve tout ça très bien.
Et que je vous remercie, Madame,
et vous aussi, Monsieur.
Murmures indistincts
Stéphanie.
On se connaît pas très bien.
On s'est vues une seule fois juste avant la mairie.
Je t'ai offert un phare... *-Un modèle réduit.
Haut comme ça. Très, très beau.
-Oui, j'ai bien vu que toi, tu le trouvais très, très moche.
C'est vrai.
T'as raison, il est moche. Mais pour moi...
Il représente quelque chose. Il a une histoire. Voilà.
- Bravo.
-Et puis ?
Rires et cris d'enfants au loin Conversations lointaines
-Ce phare, c'est mon père qui l'a fait.
Mon père, c'était un type étonnant. On a ça en commun toutes les deux.
Il faisait un drôle de métier. Il était gardien de phare.
Drôle de métier.
Tu fais quoi, toi, Eric ? (-Analyste financier.)
-Pardon ?
- Analyste financier.
-Analyste financier. C'est bien, ça.
Ca te plaît ?
Gardien de phare, c'est un peu l'inverse de toi.
Beaucoup d'horizons et pas beaucoup d'avenir.
Rires
Mon père voyait pas trop son avenir.
A la trentaine, il voyait pas
avec qui l'envisager.
En Bretagne, les femmes... Epouser un gardien ?
Pas question.
Et un jour arrive un nouveau gars au phare.
Un jeune qui venait d'une île
où mon père avait jamais mis les pieds.
Il s'installe et ils s'entendent plutôt bien.
Et le type, très amoureux de sa fiancée,
parle d'elle à mon père.
Il lui en parle sans arrêt.
Même qu'une fois ils sont restés... 48 jours, je crois, enfermés
à cause de la tempête, et il lui a parlé d'elle
48 jours non-stop. Un truc à rendre fou.
C'est ce qui s'est passé. Mon père est devenu fou.
Il est tombé amoureux de la fiancée du type.
Comme ça, sans l'avoir jamais vue.
Juste en l'imaginant.
Je sais pas pourquoi je vous raconte ça.
Musique douce
Des années après,
il est allé dans cette île où était cette fille.
C'était le 14 juillet, y avait un bal,
il l'a croisée et il l'a reconnue instantanément.
Comme s'il la connaissait depuis toujours.
Et il l'a invitée à danser.
Et puis, voilà.
C'est devenu ma mère.
- Merci.
Musique jazz
- Vodka, s'il vous plaît.
- Cadeau de la mariée. - C'est mérité.
Pas mal comme fin. - Tout simple.
- Pas mal. - J'ai improvisé.
- Merci.
- Madame ? - La même chose.
C'est quoi ? - Vodka. Tenez.
Il est quelle heure là ? - Ouh, ouh !
Rapprochez-vous.
Solange vous fera
passer la photo.
- A Solange, d'accord. - Bougez plus. Souriez.
Merci !
- Bravo !
Tout le monde a trouvé ça super. Très bien, l'histoire de votre papa.
J'ai préféré Biarritz, j'ai trouvé ça plus drôle,
mais comme Elisabeth voulait éviter..
De ce côté-là, c'est réussi.
Vous allez où ? - A la gare.
On a un train à 17h30. - Ah.
Mais... Vous avez fini là ? - Oui.
- Ah. Et vos collègues ? - Je sais pas.
Enfin non, eux, ils restent. Ils prennent le relais.
Pour faire de la variété. Pour pas lasser le public.
Merci, c'était très réjouissant. - C'est moi qui vous remercie.
- Allez, au revoir. - Au revoir.
- Au revoir. - Au revoir.
Et pour le règlement, je vois ça avec eux ?
- T'en as pris des Eurotunnel ? - 25 000.
- Merde !
- Vous avez pas vu une vieille Rover bleue ?
Verte. - Ils viennent de partir.
- Y a longtemps ?
- 5 minutes.
- Ils ont pas laissé
un sac de voyage ?
Je vais encore louper mon train. - Vous savez où est le Campanile ?
- Il y en a un à Feyzin, je crois.
- On va prendre un taxi. Y a des taxis dans le coin ?
- Presque 67% de divorces, aujourd'hui.
7 chances sur 10 que ça finisse au tribunal.
Mais ça continue tous les samedis.
Y en a une, c'était la 2e fois
que je l'emmenais à la mairie. Elle m'a reconnu, on a discuté.
Tout ce que j'ai pu voir dans le rétro !
Y en a, on voit que ça collera pas. - C'est parce que
vous les voyez à l'envers.
Claire rit.
- Vous êtes mariée ?
- Oui.
- Ca fait longtemps ? - 8 ans.
- J'aurais dit moins. Vous les faites pas.
Avec ma femme,
on a du mal à passer le cap des 7 ans.
Elle a un mec, j'ai une copine. 8 ans, normalement,
c'est reparti pour un tour. Sauf accident, évidemment.
Vrombissements
Et voilà.
- Merci beaucoup.
- S'il vous plaît. - Merci.
- Fermé.
Au revoir.
- Au revoir. - Bonne chance.
- Ben oui. - Merci, au revoir.
- Vive la mariée, alors. - Merci.
- Messieurs-dames ?
- Bonsoir, M. Coutard et Mme Cohen sont là ?
- Oui. M. Cassini ? - Oui.
Ils sont à la 11.
On vous avait prévu la 12, mais c'est une simple.
- Oui ?
- Enfin, normale, quoi.
Pour les mariages, on en met une plus grande,
mais ce soir, elle est prise. - Tant pis, ça ira.
- Tant pis.
- Personne m'a prévenue.
- Ils pouvaient pas. Ils savaient pas.
- Personne le savait.
- Même nous. Vous saviez ça, vous ? - Non. Je découvre.
- Nous fais pas des coups pareils ! T'avais qu'à pas venir.
Si tu le fais,
t'es avec nous, quand on commence un truc, on va jusqu'au bout.
- Bon, ça y est... - Non. Pourquoi tu nous as lâchés ?
- T'allais dans le mur avec ça.
- Je savais où j'allais. On fait pas ça.
On balance pas une novice devant 200 personnes.
On est payés.
Si on se fait ça entre nous, c'est que ça va plus, alors,
c'est fini. - Fini ?
- Non...
- Bonsoir, il y a encore des trains pour Toulouse ce soir ?
Oui, s'il vous plaît.
- J'ai pas compris pourquoi t'as fait ça.
Pourquoi ? Dis-le.
- Oui ? - Et moi, comment je fais ?
- Excusez-moi, laissez, c'est pas la peine. Non, merci.
Demain matin, le premier, c'est à quelle heure ?
- On sait que tu vas nous lâcher. - J'ai jamais dit ça.
- T'as pas dit ça ? - Non, j'ai pas dit ça.
J'ai dit qu'il en avait marre de faire des canulars, oui.
Moi aussi, j'en ai marre.
Je préférais tourner avec la ligue au lieu de rouler
dans cette bagnole pourrie pour faire des coups merdeux
avec vous deux qui vous engueulez.
Vous me faites chier.
- Toi, comme fouteur de merde, bravo.
Alice ! - Fous-moi la paix.
- Alice !
Où tu vas ? - Nulle part.
- J'y suis pour rien !
- T'y es jamais pour rien. - Arrête.
- Allez, ouvre-moi.
Dépêche-toi. - Attends 2 minutes, oui.
Alors ? - Ce soir, y en a plus, non.
Ca barde, on dirait. - C'est rien.
3, c'est un mauvais chiffre.
Heureusement
qu'il y a plus de train, ils repartent avec votre sac.
Vous voulez boire quelque chose ? - Non.
- Il y a rien, ici. - Non.
- On va en Afrique pour chercher des pièces.
- Jean-Marie l'avait fait, non ?
- Jean-Marie y était allé pour vendre sa voiture au Sénégal.
Après, il s'est arrêté à Bamako.
Bamako, à chaque coin de rue, tu trouves des 403.
- 404, non ? - Non, des 403.
- Bonsoir, on peut boire un verre ? - Oui, allez-y.
- Merci. - Les 404, y en a partout.
Le problème, c'est les 403.
Conversation indistincte
Elle toque.
- Excusez-moi de vous déranger.
C'est du champagne, messieurs-dames.
- Oui.
Entrez.
- Avec les félicitations de la direction.
Je vous le mets là.
Il est frais.
Vous voulez que je vous l'ouvre ? - Non, c'est bon, merci.
- Alors... Tous mes voeux.
- Merci.
- Et plein de bonnes choses. Des enfants, surtout.
Léger rire
Vous voulez pas d'enfants ?
- Non, pas dans l'immédiat.
- Moi, j'en veux 3.
Je trouve que c'est bien, 3.
- On peut encore manger ? - Les cuisines sont fermées.
On peut vous faire des sandwichs. - Ca va, un sandwich ?
- Très bien.
- Bon, je vais aller voir.
- Merci. - Merci.
La réceptionniste s'éloigne. Pierre se racle la gorge.
- Pardon, y avait ça par terre.
C'est à vous ?
- Ah oui.
Merci.
- Bon, alors, à tout de suite. - Oui.
- C'est quoi ? - Ma broche.
- Elle est jolie. - Mmh.
- Ca va ?
C'est à quelle heure, le train, demain ?
- 7h00.
7h12.
- 7h12.
Je sais pas pourquoi ils ont toujours des horaires comme ça.
7h12. 18h43.
Ca doit être pour nous embrouiller, non ?
- Il paraît que dans les années 50, les gens riaient
presque 2 minutes par jour.
Et aujourd'hui, on serait arrivés, je sais plus, à 10 secondes.
C'est pas beaucoup, non ? - Oui, mais 2 minutes,
ça semble énorme. - Oui.
- Comment s'appellent tes enfants ? - Victor et Pauline.
- Quel âge ils ont ? - 7 et 9.
T'as des enfants, toi ? - Non.
Tous les 2, demain matin, dans la salle de bain,
avec le train, ça va faire trop. - Trop quoi ?
- Trop mal.
Match de foot à la télévision
- Ca vient, les sandwichs.
- Il vous reste une autre chambre ? - Euh... Oui.
Vous attendez quelqu'un ? - Non.
- Euh... J'ai la 14.
Juste à côté. - Oui...
- Je la mets à quel nom ? - Cassini.
- C'est aussi M. Carioux qui règle ? - Non, là, c'est moi.
Merci. - Et vos sandwichs ?
Je les amène où ? A la 12 ? - Oui.
Une voiture passe à l'extérieur.
- Tu changes de chambre ? - Oui.
- Pourquoi ?
- Comme ça.
- Tu bois un café ? - Non, merci.
- Tu veux autre chose ?
Une poire, comme moi ? - Merci, non.
- Nous, on a dîné à Lyon, c'était super.
Chez Gamboni, à Gerland.
- Je peux avoir les clés de la voiture ?
Pour demain, l'emmener à la gare.
- Euh.. ? A quelle heure ? - 7h.
- On n'a qu'à y aller ensemble et après, on part direct.
- Donne-lui la clé.
- Bon.
- Je peux ? - Tu refumes ?
- Mmh. T'en as d'autres ? Je peux ?
- Oui, oui.
- Merci. Bonne nuit.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Chant de grillons Circulation au loin
Musique douce
- J'ai fait crudités-poulet.
- Vous avez du feu,
s'il vous plaît ?
Vous en voulez une ? - Ouais, je veux bien.
- Moi aussi.
J'essaie d'arrêter, mais j'y arrive pas.
- Je comprends.
Moi aussi, j'en ai un. - Un quoi ?
- Un Vespa, un vieux.
- C'est italien. - Oui.
C'est quelle marque ? - Yamaha.
9 chevaux. - Japonais.
Chant des grillons Circulation au loin
- Vous êtes d'où ?
- Là. - Où ça, là ?
- Là. - Au Campanile ?
- Ouais. - C'est bien ?
- Oui.
Vrombissements
Salut. - Salut.
C'est les sandwichs.
- Les copains, une copine, Claire.
- Ca change de la Rolls. - C'est plus maniable.
Un petit tour ?
- Allez.
C'est pas très pratique. - Pas très, non.
C'est bon ?
- C'est bon.
Musique jazz douce
Une voiture passe.
- Il est quelle heure ? (-6h moins le quart.)
- Hein ? (-6h moins le quart.)
- J'ai froid.
T'as pas froid ? - Si.
Pierre soupire d'aise.
(Tu piques.)
- Pas le temps de me raser... (-Qu'est-ce que tu dis ?)
- Je dis que je vais pas avoir le temps de me raser.
- T'as vu le phare ? Il imite la sirène d'un bateau.
- C'est un calvaire, ce truc.
Ce coup-là, je vais essayer
de pas l'oublier.
Tu fumes ? - Oui.
- Pas à jeun, non.
Signal SNCF - Messieurs-dames.
- Un petit crème.
- Euh...
Annonce SNCF
Double espresso, s'il vous plaît. - Croissants ou tartines ?
- Rien, merci.
- Mademoiselle ? - Non.
Ah si, un jus d'orange. - Moi aussi, tiens. Deux.
- Il m'a appelée mademoiselle. - Oui.
- Ca fait longtemps que ça m'arrive plus.
T'as des trucs de prévus à Paris ? - Oui.
Enfin...
Il est quelle heure, là ? J'ai jamais l'heure, moi.
- 7h05.
- J'ai l'impression d'être au bord d'une falaise.
(-Oui.)
T'es marié, toi ?
- Depuis cette nuit, oui.
- Le mariage en Rolls. - Bentley.
- C'était pas une Rolls ? - Non.
- Ah bon... - Non.
Mais c'est mieux, c'est moins commun.
- Tout le monde se marie pas en Rolls.
- La fourrière enlève les voitures. - Ceux qui peuvent, oui.
- Alors, une Bentley, c'est mieux ?
- Par contre, le Campanile...
- Le parking du Campanile.
T'y vas pas ? - Si.
Si en plus on se fait embarquer la bagnole de Churchill...
Une voiture passe.
Il pleut.
Un train klaxonne.
Nino Ferrer, "Les Cornichons"
-Des cornichons De la moutarde
Du pain, du beurre Des p'tits oignons
Des confitures Et des oeufs durs
Des cornichons
Du corned-beef Et des biscottes
Des macarons Un tire-bouchon
Des petits-beurre Et de la bière
Des cornichons
- Je vous dois combien ? - C'est tout réglé, Madame.
-Elle avait travaillé 3 jours sans s'arrêter
Pour préparer les paniers Les bouteilles, les paquets
Et la radio
Le poulet froid La mayonnaise
Le chocolat Les champignons
Les ouvre-boîtes Et les tomates
Les cornichons
Mais quand on est arrivés On a trouvé d'la pluie
C'qu'on avait oublié C'était les parapluies
On a ramené les paniers Les bouteilles, les paquets
Et la radio
Musique douce
- Maintenant, vous l'avez. C'est compris ?
La portière s'ouvre.
Ca y est, ils m'ont eu. - Une PlayStation.
- On a vu mamie, aussi. - Ah oui.
Elle demande si on veut déjeuner chez eux demain midi.
Je me suis pas avancé.
Hein ? - Oui.
- Magnifique. - Lui, je l'ai essayé. Trop bien.
- Ca va ? - Oui.
- On avait dit à Noël, ils l'ont maintenant,
c'est aussi bien, mmh ?
Sous-titrage : BLUE ELEMENTS
Musique douce
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