All language subtitles for Koh Lanta S05E05 (2005) Pacifique Episode 05 VFF TV SD

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Original subtitles

Poumo et Kanawa, deux morceaux de corail posés sur le lagon turquoise. Deux

plages où s'affrontent depuis douze jours les rescapés de Koh Lanta. Quatre

sont déjà partis, au conseil ou sur abandon.

Ils sont donc encore douze, cinq femmes et sept hommes, répartis en deux tribus.

Les juniors d'un côté, les seniors de l'autre. Tous bien décidés à empocher

les cent mille euros du vainqueur.

Livrés eux-mêmes, isolés, privés de tout, sur deux petits îlots au large de

la Nouvelle-Calédonie, ils vont affronter les éléments, déjouer les

pièges de la nature et surtout, survivre aux autres.

C'est la loi impitoyable de Koh-Lanta.

Au départ, ils étaient 16, à la fin, il n'en restera qu'un.

Les seniors sont installés sur Kanawa. Depuis le début de l'aventure, ils sont

performants dans les épreuves mais mal organisés dans la survie. Il faut dire

qu'ils passent plus de temps à se disputer et à s'exclure les uns les

autres qu'à assurer leur subsistance.

Du coup, deux clans se sont formés qui s'adressent rarement la parole ou alors

sur un mode inattendu dans une équipe dont la moyenne d'âge est de 43 ans. D

'un côté, un groupe de quatre forts d'une alliance conclut...

dès les premières minutes.

Mais on pense effectivement qu'il va y avoir des éliminations à faire, des

choix à faire et nos choix vont se porter sur les personnes avec qui on s

'entend le moins. Ils ont la majorité et ils en usent sans complexe.

Christine, 35 ans, gérante d'auto-école à Toulon, toujours à ses côtés.

Véronique, 37 ans, chef de publicité venu de Picardie.

Thierry, 38 ans, bouché dans la Drôme. Et enfin, Pierre, 51 ans, graphiste,

installé dans la banlieue de Nancy en Lorraine.

De l'autre côté, Deux solitaires liés par l'exclusion.

Eliane, 40 ans, quartier maître tailleur dans la Marine Nationale.

Et enfin, Francis, 59 ans, retraité, le doyen, revenu dans l'aventure à la

faveur de l'abandon de Sylvie.

Leurs adversaires, les Coumeaux, forment la tribu des juniors. Ils ont tous moins

de 33 ans. Après des débuts difficiles, les jeunes se sont ressaisis. Privés de

feu, ils ont connu la faim et le froid.

Je m'attendais à que ce soit très difficile, mais là...

J'ai sous-estimé l'aventure. Mais la tribu s'est forgée un mental dans l

'adversité et depuis quelques jours, ils relèvent la tête.

Certes, ils ont perdu la dernière épreuve d'immunité, mais ils ont gagné l

'épreuve de confort capitale qui leur a permis de recevoir le renfort de Géraud.

Le leader naturel de leurs adversaires.

Malgré l'élimination de Marie-Cécile au dernier conseil, ils sont donc encore 6

sur Kumo, regroupés derrière leur héros Mohamed, 24 ans, chauffeur d'autocar,

venu de Colombes dans le 92.

Kumba, 22 ans, hôtesse dans la restauration, d'origine malienne, elle

vit à Nanterre dans le 92 également.

Sakon, 23 ans, d'origine laotienne, commercial dans la publicité, il habite

dans le 77.

Aux côtés de ce trio très solidaire, une étudiante en éducation physique,

Clémence, 20 ans, de Toulouse. Et un extra-lucide, Alexis, 28 ans. Il exerce

la profession de voyant dans la région lyonnaise.

Et enfin, Jérôme, 33 ans, venu de Haute-Savoie, transfuge involontaire de

la tribu des Canawas. C'est une situation difficile pour ce gendarme

plongeur et il la vit assez mal.

Je n'arriverai pas, je pense, à m'y faire. C'est-à-dire à me dire, allez

maintenant que tu es jeune.

Non, j'ai trouvé qu'une bonne chose sur l'autre île pour pouvoir m'investir à

fond ici.

Depuis trois jours, Jérôme erre comme une âme en peine sur Koumo, regrettant

amèrement sa tribu perdue.

Jérôme n'a pas le moral et en plus, il pleut.

On a passé une très mauvaise nuit.

Il nous a plu sur la tête toute la nuit.

Et malgré la bâche, il y a quand même des endroits où ce n'est pas bien

étanche. Je pense qu'on est tous trempés.

On ne va pas bien être en forme aujourd'hui, je pense.

En plus, il y a eu le feu à entretenir toute la nuit avec les craintes que ça s

'éteigne.

Certaines personnes ont dû avoir justement ce taquet de conscience à dire

le feu, le feu. Alors ça gueulait dans le truc. Tout le monde se levait à aller

voir le feu.

Parce qu'eux l'ont vécu, moi je ne l'ai pas vécu. Le début de l'aventure sans

feu, ça ne doit pas être évident.

Ah le fait heureusement que les autres se sont levés parce que moi je n'ai pas

de sileté.

Moi je crois que j'étais un petit peu dans les nuages donc je ne me suis pas

levé. De toute façon on est une équipe, on est six, de toute façon il y en aura

toujours un qui va se lever.

C'est un peu une nuit catastrophique puisqu'on n'a pas dormi dehors non plus

mais c'est vrai qu'on a un peu pris l'eau.

C'était un peu délicat, un peu difficile, puis le réveil n'était pas

très agréable puisqu'il pleut et tout est humide, tout est trempé, nos

affaires sont mouillées.

Donc voilà, c'est pas ce qu'il y a de plus gai.

Espérons que la météo sera meilleure tout à l'heure.

Ça donne pas l'impression que ça va s'arrêter bien.

J'ai l'impression que c'est bon pour tout.

Il n'y a rien qui va sécher.

Jérôme est inquiet pour ses anciens équipiers et il a raison.

Les seniors n'ont pas construit de cabane étanche une nuit complète de nuit

et c'est le drame.

On reste debout, on essaye de maintenir le feu, on essaye de se réchauffer, on

essaye de se motiver. Je crois que là, on baisse les bras parce qu'on attendait

avec la levée du jour un soleil bien tapant pour pouvoir se réchauffer,

réchauffer les affaires.

On a l'impression qu'aujourd'hui, c'est râpé et qu'on ne va pas tenir toute la

journée comme ça. Pierre, c'est bon, on ne sait pas où aller.

Nous, on est venus se réfugier sous ce rocher avec Eliane.

Et malgré tout, on est trampes jusqu'au zoo.

Rien n'est sec.

Et c'est là qu'Armé m'a permis de comprendre qu'une bonne cabane, c'était

primordial.

Plus de ça, on n'avait rien dormi la nuit précédente, on n'a encore rien

dormi cette nuit-là.

Je suis aussi fatigué que le jour où on est arrivé, moi.

Et là, c'est vrai, nous, on en a vraiment ras le dos.

Ils sont tous là en randonnion, autour d'un feu éteint, à subir la pluie au

lieu d'essayer de trouver une solution.

Donc là, je ne comprends pas, je n'ai même pas envie de faire un effort de les

comprendre. Il suffit de s'abriter, on peut.

D'être serré, je ne sais pas. Ou alors, ils ne supportent pas mon odeur, peut

-être, je ne sais pas.

Tu ne vas pas me dire qu'on ne peut pas s'y mettre tous ? Si, on se serre. Dans

la journée, ils le font. Pourquoi ils ne le font pas là ? Je ne cherche même pas

une solution.

Ils subissent bêtement.

On est mouillé, on est mouillé.

Ce n'est pas en restant dans un feu, comme ça, sous la pluie, que ça va

améliorer les choses. N'importe quel idiot, il comprend.

Comme toujours, deux attitudes bien différentes chez les seniors. Si Eliane

et Francis font contre mauvaise fortune bon cœur, les autres sont au fond du

trou. Une seule nuit de pluie a eu raison des nerfs de Pierre et de

Thierry, qui parlent déjà d'abandonner.

De toute façon, dans l'état où on est, on n'a aucune motivation.

Il faut que ça soit clair.

Je veux dire, ils vont venir nous chercher pour faire le jeu de confort,

je n'ai même pas envie d'y aller.

Le jeu de confort, je ne vais pas me défoncer, je suis gelé, j'ai froid, je

ne peux rien faire.

Il faut qu'on nous donne de quoi se réchauffer, de quoi être d'aplomb.

Ils souffrent, c'est vrai.

Ils exigent du secours, c'est humain. Mais il n'est pas en notre pouvoir d

'arrêter la pluie. Quant à leur construire un abri, il n'en est bien sûr

pas question. On ne triche pas avec la réalité de la survie dans Koh Lanta.

On n'a aucun vêtement sec, aucun moyen de se sécher.

Le feu s'éteint, on s'en bat un peu les roupettes, complètement.

Je crois que la motivation est partie.

Rien ne va plus sur Kanawa.

Pas facile pour cette équipe des seniors en perdition de se trouver un véritable

chef.

En revanche, sur Goumont, où une éclaircie procure quelques rayons de

soleil, c'est plutôt l'abondance de leaders crédibles qui pose problème.

On sent qu'il y a une concurrence entre Jérôme et Mohamed. Les deux sont très

forts l'un à l'autre.

Il y a une concurrence naturelle qui s'établit entre eux deux.

Pourquoi Mohamed y avait des votes ? Peut-être que je suis trop à l'aise.

Mohamed, pour moi, il prend un peu de place dans leur tribu.

Comme je n'aime pas l'exclusivité dans un groupe, pour moi, ça représentait la

personne contre qui il fallait que je vote.

Ce qui évite, c'est les estomacs.

Celui qui les remplit, les respecter.

Mohamed pourrait être trop zélé parfois.

Il se sent bien, il se sent en confiance.

Donc, il ne faut pas qu'ils prennent la grosse tête en définitive.

L'arrivée de Jérôme va diviser le groupe des jaunes en deux.

Qu'est-ce que j'ai pris sur la tête ? Déjà ce matin, il y a Clémence, Alexis

et Jérôme qui sont partis tous les trois ensemble.

Je pense qu'il y a des affinités qui vont se créer déjà, notamment les trois.

On a parlé un petit peu de stratégie, Jérôme, Clémence et moi, et que lors d

'un conseil, il pourrait être préférable en réalité de garder Jérôme plutôt que

de garder Mohamed, parce que Jérôme est un garçon d'expérience, peut-être

quelque part un peu plus fiable sur le plan de la survie que Mohamed.

Je pensais que pour eux, c'était moi dehors et puis voilà quoi, je servais de

joker. En gros, on perd une immunité, c'est lui qui s'en va.

Et ça n'a pas l'air d'être aussi évident.

Peut-être que je ne vais pas partir.

Jérôme, je pense que c'est sa force qui fait sa personnalité ici.

Sans ça, il n'est rien.

Franchement, heureusement qu'il a ses quatre bras et ses huit jambes.

Je suis peut-être plus petit et moins gros, mais j'ai du cerveau.

L'arrivée de Jérôme perturbe la stabilité et l'organisation des jeunes.

Deux leaders concurrents, ce n'est pas bon avant une épreuve.

Dans cette course au trésor, battez-vous comme il se doit, car c'est la loi du

plus fort, à vous de faire le poids.

C'est un truc de poids. Faire le poids.

Là, la compétition devient dure.

C'est incroyable.

C'est là où on ressent le vrai Koh Lanta, la vraie compétition.

Mais vont-ils seulement avoir un adversaire ? Les seniors, emmenés par

Pierre, sont loin de reprendre le dessus. Ils envisagent de déclarer

forfait pour cette épreuve.

C'est Pierre qui nous a demandé de faire grève, de ne pas faire les Jeux, et le

tout acquiescé par Thierry.

On va aller chercher.

Ils ont dit qu'ils veulent faire grève.

Moi, je ne suis pas partenaire. Moi non plus, ils ont des questions qu'on peut

avoir. C'est le Jeux, le Jeux, c'est le Jeux.

On y va.

Ils baissaient les bras, on fait grève. Tu sais, c'est un grève.

Ils se prennent où ? Ils se prennent au boulot, là.

Ils veulent tous gagner, et puis, dès qu'un...

Le groupe des quatre vit des moments difficiles. Ils lâchent prise dans la

survie. Heureusement, Francis, lui, ne perd pas le nord. Dans l'adversité, il

faut avant tout sauver le feu.

Pierre est à la limite du hors-jeu. Résister à la pluie fait partie de Koh

Lanta. Et un Lorrain comme lui ne devrait pas être débordé par la pluie

tiède des tropiques.

A Nancy, où il vit en famille, le ciel est moins clément. Mais Pierre, il est

vrai, passe plus de temps à visiter les musées qu'à joguer entre la Meurthe et

la Moselle.

Le physique, je ne vais pas pouvoir, moi, j'ai 51 ans, faire aussi bien que

des hommes de 20 ans.

Non, non, tout dans la tête.

C'est à ce niveau-là que ça va se passer.

Pas sportif pour un sou, sa force, il l'appuie dans son caractère, organisé et

méticuleux, limite maniaque.

Il n'aime pas le bordel, ça c'est sûr.

La fainéantise, il n'aime pas. Le côté totalement désorganisé, je crois qu'il a

du mal aussi.

Aux yeux de la jeune génération, ce papa attentionné est un peu vieux jeu.

Je crois savoir tout, mais moi je trouve que ses valeurs, elles sont un peu

démodées. Mais on l'aime quand même quand il sait au bon moment se montrer

câlin et enjôleur. Je vais vivre cette aventure de Koh-Lanta pour être aimant

et aimé. Ça t'intéresse pas ? Mais je t'écoute, mais j'ai deux oreilles.

Même s'il en fait toujours un peu trop, du chocolat et de la grenadine dans le

cabillaud, on aime son sens de la formule.

Poisson façon pierre.

Il est drôle, il aime bien rire et des fois il a des réactions originales

justement. Et son sens de l'humour fait facilement oublier le côté irascible de

son tempérament.

Il a un côté où il peut être absolument charmant et puis il y a des fois, il est

autoritaire, difficile à vivre par moments.

Pierre est souvent prisonnier de sa double nature.

Esthète, généreux, tolérant pour ses amis, sa famille, mais aussi rigide

idéologue pour le reste du monde.

On a prouvé par les jeux passés qu'on savait se dépasser au niveau de l

'effort. Et on réclame simplement le minimum qu'on n'a pas.

On ne demande rien de plus qu'une bâche un peu cachée où on puisse mettre nos

affaires au sec.

Personne ne la verra.

Quitte à mettre trois pantalons qui font semblant de sécher. Mais qu'on continue

à vivre au camp, bien entendu.

Moi, je veux passer une deuxième nuit comme ça, je ne pourrais pas.

Décidément, les seniors sont imprévisibles. En postulant pour l

'aventure, tous savaient pourtant à quoi s'en tenir sur la dureté des conditions

de survie.

On a tous envie de rentrer chez nous.

De plus, le règlement est formel, pas question de fausser l'équité du jeu en

accordant un avantage à l'une ou à l'autre des équipes. D'autant plus qu'au

départ, les deux tribus disposées d'une pirogue dont la voile, par nature

étanche, devait les mettre à l'abri des pluies tropicales.

Mais la pirogue, il n'y avait pas de bâche sur la pirogue. La pirogue, c

'était une toile de jus. C'était une toile de jus pour mettre par terre la

pirogue.

La pirogue, elle n'a jamais eu de bâche.

On entend de drôles de choses sur Kanawha

que nous préférons ignorer. Pas question de transiger avec l'authenticité de l

'aventure. Nous laissons au seigneur le temps de la réflexion et le soleil

aidant. Ils retrouvent un esprit plus positif et les impératifs de la survie

reprennent le dessus.

C'est ressaisi là parce qu'il fait beau qu'on vienne manger, mais ce matin on

voulait tous foutre le câlin.

Moi même quand il pleut je sors pas mon chien pour vous dire.

Pierre, Christine, Véro et Thierry, pour moi, ce ne sont pas des aventuriers. Ils

ne s'attendaient pas à ce que ça soit si dur.

Ils pensaient avoir des duvets, des bâches, à manger suffisamment.

Et puis, il fallait juste donner quand il y avait les jeux. On se dit, mon

Dieu, si ça recommence cette nuit, comment on va faire ? C'est affreux.

Surtout quand on sait qu'on tombe dans la saison des pluies.

Par rapport à la pluie, quelle est la solution ?

C'est ça le truc.

On réfléchit quand même. On ne s'est pas caillé une nuit sans se cailler de façon

benoîte. On réfléchit. Quelle est la solution par rapport à ça ? Au jour d

'aujourd'hui, par rapport à l'environnement qui nous est donné, on n

'en a pas trouvé.

C'est quand même l'endroit idéal pour sauvegarder un feu.

Et puis pour être à l'abri. C'est un abri naturel.

C'est étouffé.

Nous, on en a profité.

Grâce à Francis, le feu est à l'abri.

Reste la cabane, mais elle attendra. Le jeu de confort est imminent.

Dans cette course au trésor, battez-vous comme il se doit, car c'est la loi du

plus fort à vous de faire le point.

Allez, on est parti. Quand on fait des jeux, l'équipe est soudée.

On va voir ce que c'est que le jeu.

Bonjour à tous, vous venez de vivre votre première nuit de pluie et certains

l'ont moins bien vécu que d'autres, et oui les rouges, d'où l'importance d

'avoir un abri étanche.

Vous vous souvenez vraisemblablement de ce qui s'est passé avec votre pirogue.

Bon, aujourd'hui, moment traditionnel dans Koh Lanta, la fameuse course au

trésor. Et le trésor, aujourd'hui, c'est surtout la récompense que je vous

propose.

La voici, des lettres.

Venus de métropole, de vos familles, de vos amis, de vos enfants.

Seule l'équipe gagnante repartira avec ce courrier.

Le but du jeu, c'est une course de vitesse. C'est arrivé en premier

derrière la ligne. Mais auparavant, il va falloir aller déterrer un coffre, l

'ouvrir sous l'eau et récupérer des coquillages.

Allez, tout le monde en place.

Attention, 3, 2, 1.

Première phase, une course d'obstacles dans la forêt, c'est le même parcours

pour tous, il faut se battre pour passer.

Sakon, comme souvent, tient la tête de ce segment terrestre.

Après le sprint dans la forêt, les deux tribus débouchent sur la plage. Elles

doivent chacune déterrer le coffre enfoui dans le sable.

Le coffre est rempli des coquillages qu'ils doivent ramener à l'arrivée. Il

est aussi lourdement lesté. Les rondins de bois sont indispensables pour le

déplacer.

Les jaunes ont extrait leur coffre. Il faut le déplacer jusqu'au couteau

immergé. Seul moyen de l'ouvrir pour récupérer les précieux coquillages.

Les rouges ont sorti leur coffre du sable. Pour les juniors, Jérôme est déjà

à l'œuvre pour couper les liens.

Des deux côtés, la corde résiste à la lame.

Mais les jaunes conservent un léger avantage, ils sectionnent les liens les

premiers.

Le trésor est là, des coquillages qu'ils vont pouvoir troquer contre leur

courrier. Il s'agit d'aller vite, mais sans précipitation.

Pour gagner, il faut ramener tout le contenu du coffre.

Les seigneurs n'ont pas réussi à ouvrir complètement leur coffre, ils perdent un

temps précieux dans la récupération du butin.

Pour les deux tribus, il s'agit de refaire le chemin à l'envers, mais cette

fois, les mains chargées de coquillages. Une précision, on peut transporter les

coquillages comme l'on veut, mais sans utiliser ni foulard, ni maillot de bain.

dans le panier osier et vous franchissez la ligne.

Bravo les jaunes ! Clémence, voici l'intégralité du courrier, ça vient de

Métropole, la famille, les amis, les enfants, tout le monde, pour vous, bravo

encore !

Bon, les Rouges, vous perdez sans aucune discussion possible cette épreuve. Et

donc, ce courrier, je le garde avec moi. À bientôt.

Les seniors ont tous des enfants, à l'exception d'Eliane.

Le courrier, par conséquent, était pour eux essentiel.

J'étais très forte jusque-là, mais voir ces lettres, j'avais vraiment envie de

voir ce courrier.

Ça aurait fait du bien parce qu'on a quand même besoin d'un côté affectif et

de les voir là et de ne pas les toucher, c'est un petit peu dur. C'était

important pour nous, pour nous rebooster. Oui, tout à fait, c'est ce

que j'allais dire. Pour me rebooster, j'en ai besoin.

C'est ma femme qui me manque.

Je n'aurais pas pensé, je pensais être plus dur.

Et là, ça fait 15 jours et puis, 15 jours, elle me manque.

Elle me manque, j'aimerais bien la voir, l'entendre, lui parler, lire ses

lettres.

C'est un peu dur, oui.

Je crois que les beaux manques m'aiment plus que la pizza à quatre fromages que

je rêve depuis longtemps.

Ça aurait été mieux qu'une bâche. Il n'y a pas de comparaison.

Après cette nette victoire, les jeunes ont regagné en hâte leur campement. La

lecture du courrier n'attend pas. Vous êtes prêts ? Alexis.

Jérôme. Merci.

Sacom.

Clémence.

Et Mohamed ? Je savais que je n'allais pas avoir le

pouvoir de courir, mais je me suis donné au maximum pour l'épreuve.

Ça m'a fait très mal au cœur pour elle, parce qu'elle mérite plus que tous d

'avoir des nouvelles de sa famille ou d'avoir du réconfort. Je pense que je

suis un petit peu au moral quand même.

Ma femme a mis du parfum.

C'est son parfum ? C'est le parfum de ma femme ?

C'est excellent ma femme, elle est trop forte.

Elle a mis son parfum et tout. Je vais de la manger la lettre.

J'ai reçu du courrier essentiellement de ma femme, chez Razad.

Ça fait chaud au cœur.

Elle me dit qu'elle me crie un grand je t'aime et que la force soit avec moi

comme un chevalier.

Allez mots, vive mots, l'Indiana des temps modernes. Ça, ça m'a tué.

Maman, je voulais te dire qu'on pense beaucoup à toi, pense à nous et que je t

'aime.

Ça, ça vaut 1128.

En fait, je suis surprise de tout le monde qui m'a écrit. Ça fait vraiment

plaisir.

C'est assez émouvant. Et ça fait vraiment du bien.

C'est la meilleure récompense que je puisse avoir aujourd'hui.

J'ai eu des nouvelles de mon copain, Nicolas.

C'est l'homme avec qui je vis depuis 8 ans.

On est paxés, on s'aime très fort.

On a écrit une très belle lettre.

Tout va bien ici, je pense tout le temps à toi, je t'aime très fort, fort, fort.

Tu me manques, mais ne t'inquiète pas.

Reste motivé à chaque instant, fort et intègre.

Donne le maximum comme tu sais le faire.

Je t'embrasse partout et très fort.

Très heureux, très touché de recevoir du courrier comme ça au bout de...

De 13 jours d'aventure seulement, je ne pensais pas que ça pouvait nous faire

autant de bien.

Ça, c'est une lettre de ma femme.

Et la fin, point d'interrogation.

Est-ce qu'elle est toujours présente ? Oui.

Est-ce que tu as pu aller chasser ? Oui, mais plus maintenant.

Et les moustiques ? Si, toi.

C'est marrant, c'est des bonnes questions.

Le plus dur, c'est d'entendre parler de ma fille.

Elle vient d'avoir 6 ans.

J'étais pas là.

Elle est en forme.

Elle t'aime, ta petite ? Je t'aime.

Ou tellement très fort.

Ça fait quelque chose.

C'est là qu'on s'aperçoit l'importance de la famille.

J'ai reçu des petits mots, et je pense qu'ils viennent de ma soeur, parce que c

'est pas signé, de frappe personne.

Ça a failli. Je vois qu'elle me connaît très très bien.

Je m'y attendais un petit peu de ne pas avoir de courrier, parce qu'il n'y a

personne qui pense à moi ou qui m'attend de l'autre bout du continent.

13 jours d'isolement sur Kumo, les jeunes se prennent pour des durs, mais

il suffit d'un petit mot pour les faire fondre.

Kumba, qui n'attendait rien, est elle aussi submergée par l'émotion.

C'est clair que c'est dur quand on voit les autres, ils sont là, ils lisent

leurs lettres, ils sont contents, et nous on est tout seuls dans notre

concert.

J'aurais bien voulu avoir des nouvelles de mes amis, de ma famille et tout ça,

mais bon, pas grave.

Beaucoup de larmes et beaucoup de soupirs sur Kumo. C'est normal, le

courrier est une récompense redoutable pour le moral.

Pas de lettres pour les seniors, mais l'heure n'est plus au regret. Il faut se

reprendre. Les nuages s'amoncèlent sur l'archipel de Gadji.

Une nouvelle nuit de pluie est à craindre.

On ne va pas subir les pluies comme on a subi cette dernière, mais on va aller

devant pour les gérer.

On va reprendre chaque planche de la cabane, quand c'était servi pour faire

le toit, et qu'on va mettre l'une sur l'autre, comme ça, et laisser la valise

en permanence dessous, de toute façon, si on n'est pas là qu'il pleuve, elle

soit à l'abri.

Donc on a été pris cette nuit par la pluie, on ne le sera pas d'eux.

Pas question de se faire surprendre à nouveau.

La tribu a besoin d'un toit avant ce soir.

De toute façon, le but, c'est de ne pas être mouillé.

On va sortir ça.

On raccourcit, mais on fait de l'éteinte.

Ils ont fait ce que j'avais demandé au départ.

C'est-à-dire qu'ils ont resserré les planches.

Et on a fait au moins un abri, au moins pour les vêtements.

Mais il faut toujours, en fait, qu'il y ait un incident pour qu'ils réalisent

que ce que j'avais proposé, c'est valable. Le principal, c'est de ne pas

être mouillé.

Là, au moins, c'est à l'abri. On a fait un feu qu'on a protégé.

Et le petit apprenti, on l'a protégé pour être le plus hermétique possible. C

'est-à-dire qu'on a bien retenu la leçon.

C'était une prise de conscience en fait qu'il nous fallait. On n'avait pas pris

conscience effectivement que dans un pays tel que celui-ci, il pouvait

pleuvoir comme il a pu la dernière fois.

Si on a la chance dans un jeu de gagner qui a un matelas, qui a une bâche, on ne

va pas cracher dessus parce que ça fera partie du jeu. Mais on sait très bien

que hors les jeux de confort, on n'aura rien. On se démerde tout seul.

On le sait.

La journée s'achève mieux qu'elle n'avait commencé.

Les seniors se sont heureusement ressaisis. Il était temps.

L'aventure reprend son cours sur Kanawha.

Malgré quelques averses, la météo a été clémente et la nuit plutôt calme. Au

petit matin, les juniors sont encore sous le coup de l'émotion procurée par

la lecture du courrier.

C'est comme le journal. On se lève le matin, on lit les nouvelles.

Je les avais lues hier, j'ai eu envie de les relire.

Ça fait tellement de bien de commencer une bonne journée comme ça. Ça me

rapproche trop des miens.

C'est vrai qu'avec l'épreuve de confort d'hier, on a vraiment eu un bol d'air

quelque part.

J'ai vraiment envie de continuer l'aventure. J'ai envie de la continuer

avec le plus d'humanité possible, plus de sagesse possible.

Pour moi, en ce moment, ça va bien parce que le courrier d'hier m'a fait beaucoup

de bien. Plus de bien même que si on avait eu à manger ou autre chose pour

les profs de groupe.

Clémence sait contenir ses émotions. C'est la force de cette patente de 20

ans. La benjamine des aventuriers et championne de tennis.

Raquette en main dès ses 3 ans, elle est aujourd'hui parmi les 70 meilleures

joueuses françaises. Elle est à l'école de la rigueur.

Il faut être solide mentalement, sur les matchs, même en dehors.

Parce que j'ai eu de l'expérience de tournois internationaux où c'est

vraiment la guerre.

Inscrite en fac de sport à Toulouse, Clémence mène sa vie tambour battant.

Jamais une minute à perdre entre cours et entraînement, elle trouve quand même

le temps de croiser ses amis qui ne la comprennent pas toujours.

C'est-à-dire que Clémence est très carrée.

Bien dans sa peau et motivée, Clémence cache sa détermination par une certaine

réserve. Comme beaucoup de sportifs, elle marche à la concentration et à l

'effort. Je pense qu'après la souffrance, on est tellement bien que...

que ça peut légitimer tout ce qu'on peut endurer. Pour gérer la pression qu'elle

s'impose, Clémence, toujours célibataire, recherche le soutien et l

'affection de sa famille.

Tout ce qu'elle fait, elle a un souci de perfection et elle essaye de le faire

du mieux possible et donc elle prend les choses beaucoup à cœur, ce qui des fois

se retourne un petit peu contre elle.

Elle va être facilement émotive et sensible à certaines choses.

Ça, c'est le ventre de ma sœur, parce qu'elle va être en avril. Ah ouais, t'es

un peu grosse, oui, c'est vrai. Oui, j'étais plus grosse.

C'est quand ? Ça, c'est mon frère.

Il y a le message ! Un pour tous, tous pour un, et l'immunité

sera votre bien.

C'est un truc d'équilibre, sûrement on doit tous y être.

Jérôme, en tant que transfuge des Rouges, est sur un siège éjectable chez

les juniors.

Chez les seniors, une nouvelle journée commence. Mais rien n'a changé. L

'ambiance est toujours à l'affrontement.

Personne ne leur a dit d'aller se mettre là-bas pour dormir.

ni de rester à deux.

Il y a quelques jours, ça se passait parfaitement bien.

Ils se sont isolés eux-mêmes. Ce n'est pas nous qui leur avons demandé de

partir.

C'est eux

qui

se mettent à l'écart.

Moi, ça ne me gêne pas.

Dans un couple, quand il y a une petite distension, on dit qu'on fait chambre à

part. Là, on fait feu à part.

Elle est motivée, ça m'a trouvé.

Motivée, motivée. Je vais déjà aller chercher de l'eau.

Vos gourdes, elles sont où ? Non, elle est pleine, elle doit être là-bas.

Et François, c'est votre gourde, elle est où ? Là-bas, elle est pleine.

Merci.

Aujourd'hui...

Une mauvaise ambiance. Là, je pense que c'est définitif. Ils ont fait une croix

sur nous.

Là, c'est-à-dire que personne ne fait un effort pour faire avancer le campement.

Moi, je ne le fais pas non plus. Je me repose. Parce que moi aussi, j'ai envie

de sauver ma peau cet après-midi.

On ne va pas s'exposer à claquer nos forces avant d'aller faire les épreuves.

En tout cas, on gère notre physique.

Je pense vraiment qu'on se préserve si on veut aller le plus loin possible.

L'épreuve d'immunité, j'ai peur qu'eux oublient de forcer, oublient de la jouer

cette épreuve. Je pense qu'ils ne vont pas faire beaucoup d'efforts pour le

gagner, ça j'en suis persuadée, parce que de toute façon, il reste trois

immunités avant la réunification, et ils peuvent perdre deux pions chez eux, c

'est-à-dire Francis et moi. Je ne pense pas qu'ils vont donner le maximum.

Pour les rouges, au moins pour Eliane et Francis, cette épreuve d'immunité est

capitale. Pour tout le monde, motivé ou pas, pas question de partir disputer l

'épreuve le ventre vide.

Les seniors concoctent rapidement un solide déjeuner, un peu trop rapidement

peut-être. Le manioc cuit dans l'eau des bulots a un drôle de goût.

À table ! Ils ne sont pas affamés ces gens-là, c'est incroyable.

Pierre a fait la découpe de l'uninium, ensuite il a fait la distribution.

Et à certains ça ne leur plaisait pas, ça avait mauvais goût pour eux. Ça ne

plaît pas ? Il y a un problème ? Je ne sais pas.

Tout le monde a jeté dans le feu, sauf deux, Eliane et moi.

Il n'avait pas le même goût que les autres jours.

S'il y en a qui pensent que ça passe parce qu'il a un bon estomac, c'est bon.

S'il y en a d'autres qui imaginent qu'ils peuvent être malades, ils n'y

rentrent pas de risque. On n'a pas besoin de ça en plus.

On gaspille, on ne fait que gaspiller.

Il est parti dans le feu tout simplement parce qu'il n'était pas beau.

Pas parce qu'il y en avait trop.

On n'a pas eu l'habitude de gâcher la nourriture jusque maintenant. Mais il n

'y en avait vraiment pas beaucoup.

Si on ne trouve pas bon, il y en a peut-être un autre à côté qui trouve

vraiment.

Belle mentalité.

Décidément, rien ne va plus sur Kanawha. Et l'on assiste depuis deux jours à des

scènes à peine croyables dans ce contexte très dur de la survie. La

solidarité n'est pas le point fort des seniors.

Il y a quelques soucis chez les juniors également.

À quelques minutes de départ, Clémence ne se sent pas bien.

C'est le deuxième petit malaise que j'ai dans

l'aventure.

Le premier a eu lieu il y a deux jours, deux jours et demi.

J'ai eu un petit moment de faiblesse avec la tête qui tournait, des flèches

dans les yeux et des sueurs froides.

Ça embête quand même parce que c'est quand même un signal d'alarme de quelque

chose.

J'espère que c'est rien.

Un peu de noix de coco, un peu de repos et Clémence est sur pied.

Une tribu physiquement affaiblie contre une équipe profondément divisée. L

'épreuve d'immunité s'annonce indécise.

Bonjour à tous.

Pierre, vous allez d'abord me remettre le totem.

Merci beaucoup. Je vous rappelle que vous allez vous battre aujourd'hui pour

l'immunité. Si vous voulez rester au complet et éviter les conseils.

Pas d'alternative, il faut impérativement gagner.

Vous allez choisir dans chaque équipe un prisonnier qui sera relié par la taille

à une corde. Votre but ultime au bout d'un parcours aux multiples obstacles,

libérer votre prisonnier et brandir en premier ce fameux totem.

Maintenant, vous allez choisir votre prisonnier. Attention, c'est

stratégique. Qui va être prisonnier ?

Qui est prisonnier chez vous les rouges ? Véronique. Et chez vous les jaunes ?

Koumba.

Ok, Koumba, Véronique. Allez vous mettre en place.

3, 2, 1, go !

Kumba pour les jeunes et Véronique pour les seniors sont attachés par la taille

à la corde déployée tout au long du parcours.

Elles doivent suivre tous les méandres de cette corde. Il est bien sûr interdit

de détacher le mousqueton.

Dans les passages aériens, l'agilité et la jeunesse de Kumba font merveille. Les

jeunes sont donc légèrement en tête. De son côté, Véronique se donne à fond sur

le début du parcours.

Véronique commence à fatiguer, c'est le cinquième arbre qu'elle escalade. La

tribu manque de force, de quoi regretter ce manioc jeté dans le feu.

Les juniors débouchent en tête sur la plage. Ils choisissent de creuser sous

le tronc plutôt que de le soulever. C'est une perte de temps importante.

Les rouges, eux, font le bon choix. Ils soulèvent le lourd flux de bois. C'est

difficile, mais ils regagnent de précieuses secondes. Ils sont

pratiquement à la hauteur des juniors.

Dernier obstacle avant l'arrivée, il n'a pas d'autre solution que de creuser.

Véronique est en perdition, comme toute son équipe. Ils sont maintenant

nettement distancés par Koumba, qui n'a plus que quelques mètres à faire pour

atteindre la victoire.

Bravo les jaunes. Quelle cohésion. Quel esprit d'équipe. Et puis surtout, quel

gazelle. Koumba, vous avez été impressionnante tout au long de cette

épreuve. Et au nom de votre équipe, vous méritez ce totem. Et enfin, vous allez

pouvoir éviter le conseil.

Bon retour sur Koumo.

Bon les rouges, une nouvelle fois, vous êtes battus par les jaunes. Il va

falloir se ressaisir. Mais pour l'heure, il faut surtout réfléchir à l'avenir. Et

l'avenir très très proche, c'est le conseil.

Vous êtes 6.

Et à l'issue d'un vote à bulletin secret, vous ne serez plus que 5.

Bon retour sur Kanawa.

Les seniors ont perdu. Pour Francis et Eliane, la défaite n'est peut-être pas

uniquement la conséquence de la glorieuse incertitude du sport.

On sent qu'il n'y a pas de force.

D'ailleurs, ils regardent l'équipe adverse avancer. Ils disent, ça y est, c

'est cuit, on ne force plus.

On n'a pas fait exprès de perdre.

Moi, j'ai mis toute mon énergie, toute ma force pour ce

jeu. Les autres aussi.

Elle est dure pour tout le monde, cette défaite.

Il faut choisir quelqu'un. C'est Véronique, c'est Véronique, c'est

Véronique.

Moi, personnellement, ce genre d'épreuve...

J'aurais aimé le faire parce que je suis très fluide, je grimpe facilement.

D'ailleurs, j'ai pu le démontrer. Bon, on a pensé à Véronique. Qu'Éliane

réagisse comme ça, je ne le conçois pas vraiment. Je ne comprends pas bien.

Elle insinue que si elle avait été prisonnière, elle aurait peut-être

réussi. À ce moment-là, il fallait qu'elle se propose. Le problème, c'est

que quand on a demandé, personne ne s'est désigné.

On va passer la dernière nuit ensemble dans notre cabane.

Il y en a un des deux qui part, donc pour l'instant, ce n'est pas qui.

C'est bien dommage tout ça.

Ce serait sympa d'avoir un petit truc à sucer ce soir, mais à croquer.

Des Bernard Lhermitte ce soir.

On fait comme ça.

Parce que j'en ai marre de nourrir tout le monde.

Il faut que là-bas, s'ils veulent bouffer, qu'ils se disent de cuire.

À mon avis, ils vont rester chez eux là-bas.

Mais c'est vrai que ces derniers temps, j'ai l'impression qu'on ne fait que les

appeler pour leur dire à table.

Ça serait bien qu'ils se bougent un peu le cul pour essayer de trouver des

Bernard Lhermitte, c'est pas compliqué aussi, mais tous.

Les rouges sont à nouveau à couteau tir et même l'organisation d'un repas en

commun semble impossible.

Tu manges quoi toi ? Tu manges tout ? Je suce un peu les pâtes mais il n'y a pas

grand chose.

C'est vraiment pour sucer parce qu'il n'y a rien à bouffer sur le Bernard

Lhermitte.

Ce moment-là, ce soir, se retrouver au coin du feu, discuter de choses et d

'autres, de manger, de sucer un Bernard Lhermitte.

Ce sont des moments bien, sympas, cool, tranquilles. Est-ce que c'est des

moments de partage ? Tout à fait, on partage, on a une seule flotte, chacun

se sert, on ne compte pas, on ne regarde pas, c'est vraiment sympa.

Pourquoi ils ne sont pas invités ? Parce qu'il semble que ces derniers temps, ils

aiment moins de miac qu'aller chercher de manger.

C'est assez grand pour nous voir chercher à droite, à gauche, les Bernard

Lhermitte, parce qu'on fait ça tous les soirs. Ce n'est pas pour autant qu'ils

se sont joints à nous. Pourquoi ils se soindraient à nous pour les manger ?

Et c'est vrai qu'on attend avec impatience que Francis nous remonte de

ses pêches miraculeuses un gros poisson.

Eliane et Francis se couchent sans dîner.

Moi, à leur place, j'aurais honte. Voilà ce que j'en pense.

Ils n'ont aucun respect, aucune éducation.

C'est une attitude de pourris.

Et c'est l'attitude qu'ils ont eue depuis le départ.

J'ai une autre mentalité, moi. Je ne suis pas pourri.

Ça ne les amènera pas au paradis.

C'est pas grave.

Et qui dort ne dîne pas sur Kanawa.

Le lendemain, les deux parias ne sont pas conviés au premier repas.

On ne partage même plus les repas, ils s'y savent tout seuls.

C'est E4, c'est terminé. On s'estime qu'on n'a plus besoin de manger puisqu

'on va sortir.

Merci.

Jusqu'à présent, c'est Francis qui coupe les noix de coco pour Eliane et ils

mangent les noix de coco ensemble.

Nous, on coupe la noix de coco et on la mange à quatre.

Rien ne les empêche d'en prendre une, de la couper et de la manger.

Ça me paraît très naturel, ça ne me choquerait pas.

Et au contraire, si à la limite, ils veulent se faire des bigorneaux, ils

sont aussi grands pour les ramasser et se les faire cuire.

On n'est pas non plus obligés d'assister les uns et les autres.

Je suis vraiment déçu. Je pensais avoir affaire à des adultes.

Quand il faut aller chercher du bois, Eliane n'est pas là. Quand il faut aller

chercher un peu de manger, Eliane n'est pas là. Ça fait déjà plusieurs jours qu

'elle ne fait pas d'efforts au sein du groupe.

Ça fait un peu rager.

Tension maximale entre Eliane et Francis d'un côté et les quatre autres seniors

de l'autre. Il faut dire que pour eux, ils sont encore cinq.

Jérôme, c'est certain, restera quoi qu'il arrive un rouge.

Pour s'en sortir, c'est tout simple.

Il faut que Jérôme, maintenant, il se fasse complice avec Clémence.

Et Alexis.

Et puis après, il faudra un petit peu qu'il s'impose, comme il l'a fait ici.

Je ne pense pas qu'il y ait de problème, parce que c'est quelqu'un de gentil et à

l'écoute. Et puis il y a pas mal de petites jeunes filles, je pense, qui

seront ravies de la voir à ses côtés.

Christine semble sûre de ce qu'elle avance.

Et sur Koumo, l'attitude de Jérôme lui donne raison.

Attends-moi.

Jérôme, un homme vrai.

Je pense qu'il a un grand sens des responsabilités, qu'il est super droit

dans tout ce qu'il fait. Je dirais aussi que même s'il vit des choses avec les

jaunes, c'est bien normal qu'il reste rouge dans sa tête.

Ça va être un plaisir.

Une petite dizaine pour l'apéro.

Ça va nous faire l'apéritif, c'est bien.

T'as rien eu ? Je t'ai dit que quand je pars, moi je rentre avec quelque chose,

sinon je rentre pas.

J'ai trop peur de me faire engueuler.

Jérôme fait ce qu'il peut pour se faire accepter des juniors sans trahir les

seniors.

Sur Kanawa...

Ces jours de conseil, Eliane, comme chaque fois, tente de sauver sa tête.

J'ai un peu plus dormi cette nuit.

Il y a certains jours, comme aujourd'hui, le jour du conseil, elle m

'a adressé bien le bonjour, elle m'a demandé mes nouvelles, elle m'a demandé

si j'en avais bien dormi. Les politesses d'usage, elle s'est proposée de faire du

risque, c'était étonnant d'ailleurs, parce qu'elle ne le fait jamais.

Peut-être un peu plus.

Un peu plus ? Véro, tu as l'habitude.

Oui, c'est Véro. Je ne veux pas le faire, mais comme c'est toi qui as l

'habitude. Tout ça, on n'est pas dupes. On sait bien qu'elle essaye de se

rapprocher de nous.

D'ailleurs, ce matin, au réveil, elle a laissé tomber Francis pour se rapprocher

de nous et pour, je pense, être copain avec nous. De toute façon, qu'au vote de

ce soir, on vote Francis.

Tu es plus courageux que moi.

Oh, tu es enfant, Béraud.

Il y a eu un retournement de situation après la nuit ce matin où elle a été

plutôt agréable en préparant le riz et en nous servant.

qui font qu'on ne comprend pas ce changement d'attitude sans arrêt. C'est

-à-dire un coup agressif et distant et puis un coup avenant. Donc on a du mal

un petit peu à l'acerner.

Merci.

Elle ne sait pas trop sur quelles jambes elle danse. Elle danse une fois à

droite, une fois à gauche.

Elle voit plus son intérêt.

Le groupe des quatre reste méfiant. Sa priorité depuis le départ, c'est la

pêche. Ils ont faim, il faut trouver à manger.

On est un petit peu inquiète.

Généralement, on a deux petits sacs carrément bien remplis de bulot. Et là,

il y en a de moins en moins.

On était assez optimistes avec l'attirage de pêche par rapport aux

poissons. On était tellement contents. On fabulait sur les brochettes de

poissons et tout. Et puis là, les journées s'écoulent. Et puis les

poissons, on n'en a pas trop la saveur encore.

Un peu de petits poissons noirs.

Je ne sais pas où ils sont passés.

On va sortir une bonne plâtrelle.

Je n'arriverai pas à la voir avec mon truc.

Regarde, ça travaille bien.

C'est pas spectateur, c'est vraiment fini.

Je n'ai pas du cœur à l'exercice.

Moi, j'ai la flemme.

Je pense à me garder un peu autre personne.

C'est vrai, Thierry aime que les choses soient faciles et agréables. L'amusement

et la bonne humeur, c'est le credo de ce bon vivant de 38 ans.

J'aime l'ambiance où tout le monde s'amuse, où c'est à la fête, où chacun y

va de sa petite blague, où chacun part dans son délire.

Imperturbable et souriant, Thierry est bouché dans la drôme et préfère de loin

les plaisirs de la table aux joies du sport.

Il a la chance que la nature lui est dotée d'un corps plutôt athlétique, sans

avoir fait d'efforts, donc il ne se cassait pas la tête jusqu'à présent.

Salut Thierry, tu vas bien ? Pour mieux se préparer, Thierry a pris récemment

des cours de natation, mais on est encore loin du champion olympique.

Arrêtez, arrêtez, arrêtez. Je n'ai jamais nagé, je ne suis jamais allé à la

piscine, je vais rarement à la mer, et c'est très dur d'apprendre à nager à mon

âge.

En fait, la qualité principale de Thierry, c'est sa générosité. Sa porte

est toujours grande ouverte aux autres, aux jeunes en particulier.

Ce papa remarié, c'est rire, être franc et direct.

C'est vrai que j'ai tendance à dire réellement ce que je pense.

Ça ne plaît pas toujours.

Des fois, c'est mal pris et je le comprends aussi parce qu'on est franc

avec moi. Des fois, ça me blesse.

Mais c'est vrai qu'il faudrait que je réfléchisse un peu plus à ce que je vais

dire avant de le dire.

Les bulots, ça m'énerve. On est marre d'en bouffer.

Pourtant, il devra s'en contenter, Christine et Véronique ne trouvent rien

d'autre.

Même genre d'angoisse pour les naufragés de Kumo, il faut trouver de la

nourriture à tout prix.

Pour continuer mon Koh Lanta, il me reste ça comme réserve.

Alors là-dedans, là il y a un shika, un shika, là il y a un grec, et là il y a

une escalope.

J'ai la faim qui me gagne, je pense que je suis plus affamé de tous. C'est Koh

Lanta, au début c'est facile, c'est simple, mais après...

C'est là-dedans.

Je ne m'en serais pas, mais c'est dur.

Le moindre effort demande beaucoup d'énergie.

Et l'énergie, c'est la nourriture. Et la nourriture, on n'en a pas énormément.

Donc c'est vrai que c'est un peu difficile.

C'est difficile, mais les juniors trouvent encore des ressources pour

monter aux arbres. Mba a repéré de petites baies comestibles. Sort de se

rincer la gorge.

Des baies qui sont comestibles, qui ont un goût un peu d'abricot, de

pêche.

C'est vachement sucré.

Allez, lance ton pied.

Merci.

On va aller de l'autre côté de l'île, on va voir s'il y a un petit peu de

bénitier.

Si on peut en enlever quelques-uns, ça va nous changer.

Un goût en plus.

Et puis je ne sais pas s'il y a de la coco.

Il y en a plein par terre, mais les 90% sont pourris.

Donc on peut prendre celle qui...

qui sont parfaitement intactes et qui ont du liquide à l'intérieur.

Le manque de nourriture est un fait sur Kumo. Ils ont faim.

Pendant ce temps, chez les seniors, l'imminence du conseil a relégué les

questions de survie à l'arrière-plan. L'heure est au règlement de compte

général.

Quand on fait un jeu, Je pense qu'il faut se défoncer un peu plus quand on le

fait. Il faut aller à fond. Parce qu'il y en a dans les rouges qui ne courent

pas. Et voir les efforts.

Et voir les efforts.

Intéressant ce mot. Tu ne l'avais pas prononcé par rapport à Francis ? Tu ne l

'avais pas prononcé par rapport à Sylvie ? Certainement pas.

Moi, je ne suis pas comme vous.

Tu as la mémoire très sélective. À chaque fois qu'on a voulu évoluer dans

le jeu, vous nous avez bloqués.

complètement bloqués. Ça a été des réflexions, ou alors vous avez souri,

vous vous êtes moqué, vous ne nous avez pas donné du tout envie de continuer

dans ce qu'on avait décidé de faire. Vous nous avez gâché l'aventure, vous

êtes foutus de ma gueule, vous n'avez même pas le respect de l'âge. Je crois

que vous avez une grande dose de paranoïa.

Oui, on a la paranoïa.

Écoute, moi j'ai peut-être la paranoïa, mais je ne suis pas un orateur né. Je ne

suis pas... Essayez de les tourner, on ne m'a pas appris ça.

Moi, on m'a appris à être direct.

Franc, droit.

C'est blanc, c'est noir, c'est pas gris. Qu'est-ce que je voulais faire passer ?

Qu'ils se disloquent.

Le message, je veux qu'ils se disloquent.

Et leur faire voir qu'ils sont plantés comme des chefs.

Tout ce qui est excessif et insignifiant, là, je crois qu'on va

avoir une grande plage.

Excessif ? Tu me parles d'excessif ? Et dès qu'il y a trois gouttes de pluie, tu

ne me parles d'une grève ? Vous venez faire une survie, il pleut, je veux

faire grève, je veux un peignoir, je veux une esserienne, je ne fais pas le

jeu, on baisse les armes.

Vous auriez fait 14-18 dans les tranchées, vous auriez vu autre chose.

Et nous, on a prié pour que ça dure, la pluie.

Oui, moi aussi, j'ai prié. C'est un bel esprit d'équipe. Oui, tout à fait.

Un esprit de groupe, comme tu le dis si bien, Pierre, tout le monde mange, même

si c'est que toi qui as pêché.

Moi, chaque fois qu'on a été chercher quelque chose, on l'a partagé. Et je me

demande même si dans votre groupe, il n'y a pas qu'un seul esprit. Mais

attends, cette nuit, qu'est-ce que vous avez fait ? J'ai été couché.

Oui, bien sûr. En plus, les ignames, c'est un goût de savon. Mais nous, on

les mangeait, nous, les ignames.

Vous ne nous les avez pas proposés, vous les avez jetés.

Une chose est certaine, vous n'irez jamais au bout du jeu. Et si vous avez

perdu Jérôme, il y a une raison.

J'ai vraiment l'impression que j'ai mes bourreaux en face de moi, qui me

menacent, qui me pointent du doigt.

Je pensais que les femmes étaient méchantes, mais pas à ce point-là.

C'est comme Christine qui n'a pas fait son petit jeu, qui a détruit pendant 2-3

nuits, qui a fait ses stratégies.

Et toi aussi.

Voilà, si moi j'en suis une, toi t'en es une belle.

Tu m'as bien appris à mentir.

C'est moi un peu la tête de turc qui, je pense, par ma bonne humeur et ma joie de

vivre au début, l'a un petit peu dérangée. C'est peut-être la place qu

'elle aurait aimé avoir.

Et puis du coup, c'est moi qui endosse un petit peu tout ça. Donc c'est vrai

que j'ai un peu de mal à l'accepter.

Apprends déjà à être maman et puis après tu pourras. Je sais que vous me l'avez

assez reproché.

C'est pas un reproche. C'est le seul mot que vous m'avez dit de gentil. Au

départ, tu as dit j'ai fait mon choix parce que je voulais aller avec des

mamans. Je ne comprends pas que tu ne sois pas aussi tolérante.

La tolérance, tu ne sais pas ce que ça veut dire.

Tu la connais ma vie ? Tu sais pourquoi je n'ai pas d'enfant ? Non. Alors ne te

permets pas de juger. On ne s'est quasiment pas parlé. Dans l'aventure.

Mais non.

Tu as mis une barrière. J'étais censée être une guine ou alors stérile. Tu sais

que tu as dit ça.

Celui qui me l'a dit le sait très bien. Parce que quand tu ne connais pas la vie

des gens, tu ne peux pas te permettre de sortir des choses pareilles. Ça ne fait

même pas marrer parce que ce n'est même pas comique. Je trouve ça tragique même.

Je trouve ça tragique. On en arrive à deux heures du conseil pour qu'il y ait

tant de baratins qui s'étalent.

Si ça a pu vous faire un peu de bien de jeter votre flingue, votre fièvre...

Non, non, ça ne nous a pas fait du bien.

Au moins, on vous dit ce qu'on a à dire en face.

Vous déformez tout, donc... Moi, ça ne me touche pas du tout, parce que je sais

où est la vérité, je sais comment ça s'est réellement passé.

Mais bien sûr ! Tu es Jésus-Christ, tu sais tout. Je ne sais pas tout, bien

évidemment. Mais là, vous avez... C'est une sorte de thérapie, quoi. Si toi, ton

objectif, c'est de faire la grève, d'emmener ton équipe à la grève, tu m

'expliqueras. On dirait que tout a été accumulé et qu'aujourd'hui, pouf, ça

pète parce qu'il y en a un qui se sent menacé. Donc c'est un petit peu dommage.

L'esprit d'équipe, c'est aussi pouvoir communiquer. Ils auraient dû venir avant

communiquer plus gentiment que ça. Parce que maintenant, celui qui va rester, ça

va être un petit peu dur.

C'est vrai que ça va se jouer entre Francis et Eliane, en fait.

Je vais avoir quatre voix contre moi et deux voix contre Christine.

Voilà, le résultat du conseil, c'était ainsi.

Là, je prépare du bois parce que celui qui reste de nous deux en principe sera

Eliane. Je ne veux pas qu'elle ait de soucis de bois pendant un jour ou deux.

Pour moi, Francis, c'est celui dans le groupe qui apporte le moins.

Écarte Eliane qui est quand même très physique, qui est une fille très

physique, Eliane, qui est forte, qui, je veux dire, dans les épreuves, on a

besoin d'Eliane.

Je me ramasse quelques coquillages parce que si je pars ce soir...

Ce soir, je vais voter contre Eliane parce que je la trouve virouette,

quelque peu hypocrite. Et puis, avoir dit qu'elle aurait gagné le jeu hier

alors qu'elle ne s'est pas proposée, je trouve ça un petit peu injuste.

Dans tous les cas de figure, pour moi, ça sera très difficile que je sorte ou

que je reste.

Donc, je me sens un petit peu vidée et puis dans l'attente de savoir qui de

nous deux va quitter l'aventure.

Voilà, c'est prêt !

Chez les Rouges, la scission est très nette. Deux clans s'affrontent, le club

des quatre, Véronique, Christine, Thierry et Pierre, face au duo Eliane et

Francis. D'ailleurs, ces deux derniers sont menacés ce soir et on ne peut pas

dire que tout cela se passe dans la plus franche camaraderie. Des conditions

climatiques difficiles, la fatigue de plus en plus présente et les enjeux de

Koh-Lanta renforcent les antagonismes. Il est urgent chez les Kanawas de réagir

et croyez-moi, le conseil de ce soir sera tendu.

Les averses nocturnes ont détrempé les campements et les caractères avec.

Véronique, Christine, Thierry et Pierre regrettent d'être venus, exigent des

aménagements, déposent même un préavis de grève.

C'est Pierre qui nous a demandé de faire grève. Avant de revenir à la raison, au

premier rayon de soleil. C'était une prise de conscience en fait qu'il nous

fallait. Ils ont la tête ailleurs pour le jeu de confort et perdent

logiquement. Pas de courrier pour eux. J'ai été très forte jusque là mais voir

ces lettres...

Dans l'épreuve d'immunité, ils choisissent Véronique comme prisonnier.

Peut-être pas le choix le plus judicieux. En tout cas, ils perdent l

'épreuve. A partir de cet instant, tout se dégrade rapidement au bivouac des

seniors. Les règles élémentaires de la survie sont bafouées. On ne partage plus

la nourriture.

J'estime qu'on n'a plus besoin de manger puisqu'on va sortir.

Et le climat d'exclusion s'aggrave. La dispute est inévitable.

Moi j'ai peut-être la paranoïa, mais je ne suis pas un orateur né. Elle a lieu

quelques minutes avant le conseil qui s'annonce tendu.

Bonsoir. Bonsoir.

Alors je crois que je ne suis pas devin en vous disant que vous traversez une

passe difficile à la fois sur les jeux, mais également lors de la survie. Et il

est très important d'en parler, c'est aussi le rôle du conseil.

Commençons par les jeux.

Véronique, qu'est-ce qui se passe en ce moment chez les rouges ?

Écoutez, on fait de notre mieux.

On est très motivés.

On met toutes nos forces et notre vitalité.

Mais je pense que les jaunes sont plus forts sur certains points.

Vous auriez pu me dire aussi qu'il vous manque Jérôme, qui était vraiment le

leader de votre équipe au niveau physique dans les épreuves. Mais

Thierry, avec votre corpulence, votre force physique, pourquoi vous n'avez pas

pris la place de Jérôme dans cette équipe en ce qui concerne les Jeux ?

Sur des jeux de course, quand on a affaire contre des gamins de 20 à 29

ans, j'ai du mal à prendre à tirer des personnes qui en ont 60 ou 50 ou moi

-même qui en a bientôt 40.

Il y a tout simplement que c'est des gamins, ils sont plus rapides, plus vifs

que nous, un point c'est tout. Eliane, c'est une question d'état d'esprit ? Moi

je pense que ça en fait partie, de l'état d'esprit.

Comme il y a des conflits en permanence, ça peut se répercuter sur les jeux je

pense. Manque de motivation, manque de cohésion ?

Je pense qu'ils ne sont pas aussi motivés que moi. Ils ont des pions à

éliminer et ça leur est égal. Ce n'est pas trop dramatique.

La défaite, finalement, n'est pas grave ? Non, je ne pense pas.

Thierry ? Pourtant, je vous assure, j'aurais voulu lire les lettres de mes

gamins et de ma femme.

C'est donc de la motivation, il y en avait.

Plus que pour l'immunité ? Je ne suis pas plus motivé pour les lettres, mais c

'est pour dire quand même que de la motivation, il faut qu'il y en ait, car

il y a du courrier au bout. Je pense que tous parents pourraient comprendre ça ou

toute personne qui attend un courrier qui aurait été contente de le lire.

peut être motivé pour ça.

Maintenant, moi, je reste persuadé que tous les jeux de vitesse, on les perdra.

Il n'y a pas de la motivation à avoir.

Francis, est-ce que vous aussi, comme Eliane, vous considérez que les Rouges

ne font pas tout pour l'emporter ? Moi, j'en suis un peu persuadé et je ne pense

pas que l'on me tire.

Il faut de la volonté.

Tout le monde n'a peut-être pas eu la culture sportive de battant dans sa

jeunesse.

Et donc, ne l'ayant pas eu, peut-être ne l'a plus ou ne l'a pas.

Alors, Christine, quand les autres parlent, vous levez les yeux en l'air,

vous faites un petit peu l'étonner. Alors, dites-moi ce que vous pensez par

rapport au jeu. Non, moi, je ne suis pas d'accord. Je pense qu'on a vraiment mis

de la volonté sur la dernière épreuve.

Moi, je suis déçue d'avoir perdu cette épreuve, mais on a fait le maximum.

Moi, le conseil que j'ai envie de vous donner, c'est de gagner des épreuves de

confort et d'immunité parce qu'autrement, vous allez...

Pas avoir beaucoup d'améliorations sur votre survie. Et puis surtout, vous

allez revenir régulièrement aux conseils. On en est conscients. On va

maintenant parler de la survie.

Vous avez vécu la première nuit de pluie de votre aventure. L'objectif suprême, c

'est de conserver le feu lorsqu'il pleut. Christine, est-ce que vous avez

fait tout le nécessaire pour conserver ce feu ? Oui, on a passé la nuit autour

de ce feu pour le maintenir.

On a réussi le lendemain matin à...

à refaire du feu. Les braises n'étaient pas toutes mouillées.

On a préservé le feu.

Pierre, vous êtes du même avis que Christine ? Complètement.

Notre objectif, pour ceux qui étaient restés autour du feu, c'était justement

de le préserver pour la collectivité. Il fallait le faire vivre jusqu'à l'aurore

pour après, comme je l'ai fait, aller le refaire et le protéger sous un abri.

Pierre, le premier qui a eu cette idée-là et le premier qui l'a fait, c

'est Francis.

Oui, tout à fait.

Il avait gardé un tison dans un bénitier.

Mais encore eut-il fallu que le tison soit actif quand il est venu le chercher

le matin.

Et ça, c'est grâce à ceux qui sont restés autour du feu.

Vous revendiquez, si j'ose dire, la paternité de cette idée du feu fait sous

la grotte ? Non, je revendique la paternité qu'à la fin d'une nuit d

'averse, il restait encore des tisans pour faire du feu.

Francis ? Ah oui, c'est exact, il restait des tisans, j'en ai pris un.

Mais il n'y aurait pas eu de tisans, j'avais pas de mal à rallumer du feu.

C'est quand même Francis qui a sauvé le feu, Eliane.

Oui, c'est tout à fait ça.

Moi, j'étais là, je l'ai vu, donc il n'y a pas de souci. C'est ce qui s'est

passé. Alors, il y a le feu et puis il y a la survie.

Il y a cette nuit passée dehors, sans dormir.

Vous vous êtes plein.

Vous avez parlé d'une aventure qui ne correspondait pas à ce que vous

attendiez. Qu'est-ce qui s'est passé dans vos têtes, Pierre ?

Psychologiquement et psychiquement, après une nuit comme ça, on était à

bout.

Et quand on est à bout, qu'est-ce qu'on fait ?

On lance des SOS.

C'était un au secours qu'on lançait tellement on était mal.

Le fait de dire, on va arrêter, ce n'est plus possible. C'est un haut secours.

Moi, je n'ai pas fait le bac, je ne suis pas parachutiste, je ne suis pas

militaire. Pourquoi vous êtes venu à Koh Lanta ? Pourquoi vous êtes inscrit ?

Pour vivre une aventure humaine, pour vivre une aventure physique que je

découvre au fur et à mesure.

Et à la première difficulté, vous dites stop. Cette expérience de la pluie, c

'est une aventure physique qui a été très prenante, qui m'a imprégné au plus

profond. Et c'est vrai que ça m'a choqué. Dans un premier temps, ça m'a

choqué. Mais qu'est-ce que vous avez fait ? Le fait d'être livré à soi-même

comme ça sous la pluie. Mais ce n'était pas le principe de base de Koh-Lanta ?

Pour moi, non.

C'était quoi le principe de base de Koh-Lanta ? L'aventure humaine, l

'aventure... Mais c'est un tout. Et c'est vrai que Koh-Lanta, on découvre au

fur et à mesure les difficultés. C'est l'aventure.

Vous ne voulez quand même pas qu'on vous mette le chauffage central et qu'on vous

donne une maison en dur, avec des chambres pour chacun.

On n'a pas dit ça.

Eliane ?

Qu'est-ce que vous pensez de ce que dit Pierre ? Moi, ça me fait rire, mais

bon... Je suis heureux que ça se fasse. Ça va détendre l'atmosphère. Parce que

ce n'est pas une averse. Il faut tout arrêter, revendiquer tout.

De toute façon, depuis le début de l'aventure, il revendique tout.

Eliane, est-ce qu'il est taillé pour cette aventure ? Non, je ne pense pas qu

'il est taillé pour ce genre d'épreuve.

Parce que, bon, il parle beaucoup, c'est un poète, je ne suis pas habituée à son

langage. Surtout, il brode, il brode, il brode pour rien dire en fait, donc moi

ça ne m'intéresse pas.

Je cherchais plutôt des gens forts, costauds, et ce n'est pas ce que je

trouve en fait.

Thierry, vous êtes sous la coupe de Pierre ? Vous êtes influencé par lui ?

Non, pas du tout, pas du tout. Quand Pierre dit quelque chose qui ne me plaît

pas, je lui fais remarquer.

Quand quelque chose ne me plaît pas de ce qu'il a dit, je lui fais remarquer

aussi. Il a un statut de leader, un peu ? Non, non, il n'a pas un statut de

leader. C'est vrai qu'il parle beaucoup. C'est vrai qu'en rigolant, je lui dis

toujours de mettre des sous-titres que je n'arrive pas à suivre.

C'est de l'humour.

C'est vrai qu'il fait des longues phrases que je n'ai pas l'habitude de

faire ou d'entendre.

Mais il n'est pas méchant. Pierre n'est pas méchant et n'est pas du tout un

mauvais exemple à suivre.

Vous êtes dans quel état d'esprit aujourd'hui ? Vous regrettez ce qui s

'est passé ?

Oui, je le regrette, bien sûr. Mais quand on est 12h, 10h sous la pluie, qu

'il fait froid, qu'on est trempé, je vous assure que le matin, on en a marre.

Et on pense même à tricher.

À tricher, oui, tout à fait.

Ça peut être une solution.

Sans remords.

Si, avec des remords, bien entendu.

Donnez-nous une bâche, on n'en parlera pas, c'est la confidentialité.

Tout à fait, oui.

Et pourquoi pas un oreiller ? Francis, c'est quoi Koh-Lanta ? Pour moi, c'est

la survie, c'est... On est largué, il faut se démerder. Point final.

Et vous ne comprenez donc pas les revendications de Pierre ? Je crois que

j'ai dit au premier conseil qu'on a fait ici que certains se croyaient en club de

vacances. Je suis persuadé qu'ils s'y croient encore.

Pierre ? Sur cette nuit, oui, on a fait une connerie, ça c'est sûr. On a fait

une bêtise due à une fatigue, c'est certain.

Mais oui, je regrette le fait d'avoir été si véhément

par rapport à des choses dont on était...

Peut-être persuadés, sûrement persuadés qu'on n'allait pas les avoir.

Je vous dis, on a jeté un SOS à la mer tellement on était claqués.

Vous étiez si fatigué que ça ? Oui.

Ah bon ? Vous mangez plutôt correctement ? On mange correctement.

On va en venir justement à la nourriture.

Vous me dites que vous avez faim.

Et puis à côté de ça, vous jetez de l'igname.

Comment dois-je comprendre ça, Christine ? Je pense qu'on n'a pas mesuré les

conséquences de ce geste.

Vous n'auriez pas pu en proposer à Eliane, Francis, même s'ils n'étaient

pas exactement à côté de vous à ce moment-là ? Oui, certainement.

Il y a les quatre rouges d'un côté et les deux autres de l'autre.

Ça va jusqu'à la nourriture.

Véronique ?

On en a mangé uniquement un petit morceau et on s'est aperçu que le goût n

'était plus le même que celui qu'on avait mangé précédemment.

Et pour éviter que tout le monde ne soit malade, on a fait ça pour ça, uniquement

pour ça. Pas histoire de jeter la nourriture, uniquement en prévention et

pour que personne ne soit malade, franchement. D'accord.

Mais quand il s'agit de partager quelque chose qui est bon, pourquoi vous ne le

faites pas ? Hier soir, vous avez mangé tous les quatre, sans que Francis et

Eliane... ne soit présent à votre repas. Pourquoi, Thierry ? Qu'est-ce qui s'est

passé hier ? Je vais vous dire ce qui s'est passé. On est rentrés, on a

ramassé des Bernard Lhermitte. On avait un peu les boules, tout simplement,

parce qu'à chaque fois, on court après les Bernard Lhermitte pour les manger.

Pendant ce temps, tout le monde se fait sécher, tout le monde est bien.

On a mangé les Bernard Lhermitte. Donc là, vous vous êtes dit, on va les punir.

Non, pas du tout. On ne s'est pas dit, on va les punir. On s'est dit, merde,

ils pourraient les chercher avec nous, surtout qu'ils nous voyaient courir dans

tous les sens, les chercher.

Alors, moi, je ne suis pas d'accord du tout avec Thierry.

Dès le matin, on établit un plan.

On dit ce qu'on mange et quand on le mange.

C'était prévu qu'on ne mangeait qu'une fois et du riz.

Donc, je n'ai pas trouvé nécessaire de venir.

Et puis d'ailleurs, je ne vous ai pas vu aller chercher les Bernard Lherbille. Ça

vous a choqué, vous, Eliane, de ne pas être conviée à ce repas ?

Même si au départ, il devait y en avoir 15. Non, ça ne m'a pas choquée. Parce

que moi, je ne meurs pas de faim.

Honnêtement, ça ne me dérange pas.

Je préfère qu'il fasse ça que de jeter la nourriture.

Jeter la nourriture, ça, ça me fâche énormément.

Et quand vous allez, vous, au coquillage qui vous arrive très souvent, vous

partagez ? Oui, nous, quand on fait quelque chose, c'est pour l'équipe. Là,

on ne parle pas pour bien parler et dire que c'est pour l'équipe. Nous, c'est

sûr, c'est pour l'équipe.

Christine ?

J'aurais dû à la limite aller les chercher pour venir manger le repas.

Mais une fois sur deux, ils refusent. Donc bon, généralement, les repas le

matin, on les prend ensemble, il n'y a pas de problème.

Et là, c'est vrai qu'hier soir, ils étaient déjà couchés auprès du feu.

Et nous, on était encore en train de préparer. C'est à eux à venir aussi. Ils

se sont exclus dans la grotte. C'est à eux aussi à venir vers nous, vers le feu

qu'on partage ensemble le matin et le soir.

Thierry, vous êtes un garçon convivial dans la vie de tous les jours. Tout à

fait, tout à fait.

Toujours la façon dont vous expliquez ça, effectivement, on parait comme des

monstres. Il faut voir le contexte. Ils étaient dans une colère, vraiment une

grosse colère. Ils seraient venus, ça serait parti encore plus fort, ça aurait

été...

Et puis, on parle de repas, de repas. Moi, ça me choque quand on parle de

repas, d'avoir sucé de Bernard Lhermitte. Vous vous rendez compte ce

que c'est ? Je n'appelle pas ça un repas. Ils n'ont rien avalé. On a peut

-être avalé 3 grammes de chair. 3 grammes de chair, vous savez ce que c

'est ? Alors, appeler un repas un Bernard Lhermitte, ça aurait été

différent si ça aurait été un thon, un poisson ou une biquette qu'on aurait

découpée, bien sûr, qu'ils seraient venus manger.

Alors, moi, ce que j'ai simplement envie de vous dire avant le vote, c'est de

profiter pleinement de cette aventure.

Une aventure avec un A majuscule. Vous avez beaucoup de chance et croyez-moi,

si vous changez d'état d'esprit, ça devrait également aller beaucoup mieux

dans les Jeux face aux Jaunes. Thierry, vous êtes le premier à aller voter.

Véronique, c'est à vous.

Francis.

Pierre, à vous d'aller voter.

Christine, c'est votre tour.

Pour terminer, Eliane.

Christine, avec toutes tes stratégies et ta méchanceté, j'espère que ton aventure

prendra court très vite.

Voilà, vous avez tous voté. Je vais chercher l'urne et on procède au

dépouillement.

26 dans cette équipe des Rouges.

Et vous repartirez tout à l'heure sur votre bivouac à 5.

Christine.

Christine.

Eliane. Eliane.

Pour l'instant, égalité parfaite. Deux voix contre vous, Christine.

Deux voix contre vous, Eliane.

Eliane.

Le dernier bulletin.

Eliane.

Quatre voix contre vous, Eliane.

Prenez votre sac, récupérez votre flambeau et venez me rejoindre.

Eliane, ils ont décidé de vous éliminer et vous le savez, leur sentence est

irrévocable.

Une dernière occasion pour vous exprimer devant eux.

Je pense qu'ils savent ce que je pense d'eux, que ce sont des vacanciers et pas

des aventuriers.

Donc bonne chance pour vos vacances, bronzez bien et puis je te souhaite bon

courage Francis.

Tu vois, ne perds pas espoir, bats-toi.

Je compte sur toi.

Merci Eliane.

Eliane est victime à son tour du vote massif du clan majoritaire des Kanawas.

Son franc-parler et son caractère entier lui ont coûté cher.

La semaine prochaine, trois

nouvelles journées de survie, ici en Nouvelle-Calédonie.

De la stratégie, quelques coups bas et pas mal de surprises.

On va déguster.

Le tout bip pour le camp des rouges. Des jaunes. Des jaunes, merde.

Deux épreuves difficiles.

Encore des tensions.

Qu'est-ce que tu veux que je fasse de plus que les autres ? Il n'y a rien à

faire sur le camp. Tu me parles autrement.

Allez, dépêche-toi. Je ne suis pas ta femme. Je préférerais faire un tour

plutôt que d'entendre des conneries.

Et pour finir, l'inévitable conseil et sa terrible sanction.

La semaine prochaine, un aventurier partira, c'est sûr, mais lequel, vous le

saurez vendredi prochain, à la même heure, sur TF1.

Je vote contre Eliane.

Psychiquement, moralement, intellectuellement, elle craque.

Ce qui lui fait dire de petits et de trop gros mensonges.

Je vote.

contre Eliane parce que sa réaction vive de cet après-midi mêlé de mensonges l

'ont vraiment perdue. Dommage.

Je vote contre Eliane car il y a eu beaucoup de mensonges.

Ça, je n'accepte pas.

Je vote Eliane.

Tes mensonges m'ont blessée.

J'en ai marre d'être ta tête de Turc.

Au revoir, Eliane.

C'est comme ça.

C'est le destin.

Je leur fais peur. De toute façon, je les ai toujours fait peur.

Donc, par mon physique, le jour où, malheureusement, ils m'ont vu en maillot

de bain, tout de suite, ils ont découvert que je faisais du sport.

Et ça, ça les a effrayés. Et de toute façon, vous voyez bien que c'est le

groupe, le groupe des quatre, c'est le groupe le plus faible.

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