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Déjà 9 jours de survie sur les îles de Kumo et Kanawa, plus d'une semaine d
'efforts et de galères pour les 13 survivants de Nouvelle-Calédonie. Ils
ont tout quitté, famille, amis, travail, pour venir se mesurer à l'inconnu dans
le cadre exceptionnel de l'île des Pins. 5 femmes et 8 hommes répartis en deux
tribus, les seniors en rouge et les juniors en jaune.
Jeunes ou moins jeunes, ils ont tous le même objectif, être le dernier survivant
et empocher les 100 000 euros du vainqueur.
Livrés eux-mêmes, isolés, privés de tout, sur deux petits îlots au large de
la Nouvelle-Calédonie, ils vont affronter les éléments, déjouer les
pièges de la nature et surtout, survivre aux autres. C'est la loi impitoyable de
Collentin. Au départ, il s'était 16.
Dans 40 jours, il n'en restera qu'un.
Les kumos, les juniors, traversent une grave crise.
Depuis l'arrivée de Caroline, la violence verbale se déchaîne, sa code
menace, Caroline pleure et les autres détournent les yeux.
Il lui a juste dit je vais tâter ou un truc comme ça, mais il ne l'a pas
insulté. Tout cela divise et affaiblit les juniors. Du coup, ils perdent l
'épreuve de la dégustation à cause d'Alexis, 28 ans, voyant et tarologue
dans la région lyonnaise.
Il fait de son mieux, mais ne gobe pas assez de verre en finale.
Les autres...
ne lui en tiennent pas rigueur et rentrent bredouilles sur Kumo. Emmené
par Mohamed, 24 ans, chauffeur d'autocar à Colombes dans le 92.
Toujours à ses côtés, Kumba, 22 ans, hôtesse dans la restauration, venue des
Hauts-de-Seine elle aussi. Et Sakon, 23 ans, il est commercial dans la publicité
en Seine-et-Marne. Ces trois-là sont unis comme les doigts de la main et se
sont jurés amitié et fidélité. A leur côté...
Deux jeunes femmes sportives et motivées. Clémence, 20 ans, étudiante en
éducation physique à Toulouse. Et enfin, Marie-Cécile, 21 ans. Elle est à la
recherche d'un emploi dans la région parisienne.
Les coumeaux sont en plein désarroi. Mohamed veut briller aux yeux de tous et
capture une chèvre prête à mettre bas. Il doit la relâcher, mais il refuse. Il
menace même.
C'est inacceptable. Il est sanctionné et mis à l'écart pour réfléchir jusqu'au
conseil. Au conseil, il risque gros. Pourtant, c'est Caroline qui sort, trop
décalée, trop sensible peut-être.
Les Rouges, les seniors, triomphants lors des deux premières épreuves, ont
bien des raisons de douter. Ils se disputent à tout propos.
Les anciens ne sont d'accord sur rien et font l'amer
constat de la division.
C'est vrai qu'aujourd'hui, il y a deux groupes qui sont présents.
Avec ces deux clans antagonistes, les seniors perdent la dernière épreuve d
'immunité. Et cette défaite est bien sûr suivie de l'inévitable conseil. Le club
des cinq n'a pas d'état d'âme et choisit d'éliminer le vétéran Francis.
La tribu des seniors ne compte donc plus que sept membres regroupés autour de
Jérôme, 33 ans, gendarme plongeur en Haute-Savoie.
Christine, 35 ans, gérante d'auto-école à Toulon. Très proche de Christine.
Véronique, 37 ans, chef de publicité en Picardie.
Thierry, 38 ans, bouché dans la Drôme.
Pierre, 51 ans, graphiste dans la banlieue de Nancy en Lorraine.
Face à ces cinq-là, qui se prénomment eux-mêmes le club des cinq, restent deux
rescapés isolés, mais solidaires. Eliane, 40 ans, mariée, sans enfant,
elle vit dans le Var. Elle exerce le métier de quartier maître tailleur dans
la Marine Nationale. Et Sylvie, mais pas pour longtemps.
Sylvie, fragilisée par les tensions persistantes, a une grosse baisse de
morale.
Au point d'abandonner l'aventure. Cet affaiblissement inopiné de la tribu ne
fait ni chaud ni froid au club des cinq qui s'accommodent parfaitement de la
situation. Ils s'en réjouiraient presque.
Mais la règle de l'aventure stipule qu'un abandon doit être compensé par le
retour du dernier éliminé. Et les Kanawas, médusés, assistent donc au
retour de Francis.
L'accueil est plutôt frais, mais les Canawas n'y peuvent rien.
Francis est là, Yen décidait à rester et à s'intégrer à la tribu.
Je suis revenu dans le jeu hier, avec un accueil plutôt froid.
Tout le monde était déjà choqué, surpris.
On a dit, qu'est-ce qu'il fait là ? Parce qu'on le croyait tous, nous on est
partis déjà.
Pour moi, il était fini, on ne le voyait plus et c'était basta, c'était que tant
mieux. On a recommencé avec lui, il va falloir re-entendre ses...
Je ne pense pas qu'il change à 59 ans, ce monsieur. Je n'ai pas envie de faire
des chichis et des combattes.
Ça a l'air d'aller un peu mieux.
Malgré les récentes mésaventures, pas vraiment de changement sur Kanawa.
Les clans existent encore et Francis est toujours au banc de la tribu.
Moi, ça va être marrant de voir comment il va essayer de se réintégrer.
S'il a la naïveté de croire que comme ça, Boum y revient et puis il s'en est
parti. Mais la stratégie, la seule que j'ai, c'est d'essayer de m'approcher d
'eux, c'est tout.
Il n'y a pas d'autre solution.
Et puis le terre.
Il a du courage, parce qu'avec cette personne qui vote contre lui, revenir...
Je pense que c'est du courage, c'est une forme de bêtise. Ou alors il ne se rend
même pas compte, il est brut de pomme, naïf, tout ce que tu veux. Il m'a dit,
mais il n'a pas honte de revenir ? Honte de quoi ? Je ne vais pas avoir honte.
Honte parce qu'il y a une stratégie qui a été montée ?
Avant le départ du jeu, il n'y a pas de rentable.
Ça va nous mettre un peu d'animation. Voilà ! Ça va nous mettre de l
'animation. J'espère qu'il ne va pas manger trop.
Oui, c'est ça le problème.
Il est déjà parti avec nos bananes, n'est-ce pas ? On va veiller à ce qu'il
ne nous pique pas nos poissons.
Ça tourne en rond chez les seniors.
Impossible de retrouver même un semblant d'harmonie.
Chez les juniors, sur Coumont, l'élimination de Caroline ne fait pas de
vague. Les excuses de Sakon, proférées du bout des lèvres sous la pression de
la tribu tout entière, l'ont particulièrement troublée.
C'est peut-être un bon moment pour présenter ses excuses, Sakon.
Franchement, tu peux changer. Tu fais ça, après c'est bon.
J'écoute mes compagnons et Caroline, je te présente mes excuses.
Bizarrement, j'ai enchaîné les rêves bizarres. Toute la nuit, j'ai rêvé.
J'ai rêvé à toutes les personnes à qui je fais du mal.
C'est vrai ?
Toutes les personnes à qui j'ai fait la misère, j'ai rêvé que c'est eux qui me
faisaient ça. D'accord. C'est vrai que je me retrouve dans la position de la
victime en fait. Oui, c'est ça. C'est-à-dire que c'est un peu comme si
ta conscience te montrait ce que c'était de subir des choses désagréables.
Il me semble que quelque part dans...
Dans sa quête de lui-même, il me semble que quelque part, je l'aide d'une
certaine façon. Donc ça me fait plaisir.
Ce garçon, je le trouve attachant pour ça, quelque part.
Déjà, le fait de t'être excusé, c'est un truc énorme que tu as fait pour toi,
dans ta vie, indépendamment de l'aventure.
C'est un truc que tu n'étais peut-être pas capable de faire à un moment donné.
Il se trouve que tu l'as fait. Donc moi, je pense que si tu veux, intérieurement,
tu es chamboulé, quelque part. Je pense que je suis en train d'évoluer. Je suis
en train d'évoluer dans...
Dans mon mental, je suis en évolution. Donc c'est pour ça que ça doit me
chambouler. Ça coagule dans ma tête, j'ai envie de dire.
T'as jamais pensé à faire de l'humanitaire, par exemple ? C'est
ainsi, l'aventure favorise la prise de conscience.
Marie-Cécile, malade depuis la veille, se plaint de l'oreille.
Je suis complètement souquée. J'ai beaucoup de phases où je suis un peu
amorphe. C'est surtout le matin que j'ai mal.
Bonjour docteur.
Marie-Cécile, vous vouliez me voir ?
Là, ça, ça fait mal aussi. C'est très inflammatoire. C'est une otite.
Je m'attendais vraiment à ce que ça soit un petit muscle froissé au niveau de la
mâchoire parce que j'ai mal dormi cette nuit.
Et non, en fait, c'était une otite.
J'espère que dans les trois jours, on va réussir à régler ça. Il est impératif qu
'elles ne mettent pas la tête sous l'eau tant que ce n'est pas guéri, parce que
sinon, ça peut s'aggraver. Vous pouvez vous baigner, mais en tradition, ne
mettez pas la tête sous.
Pas de tête sous l'eau.
Si c'est un truc dans l'eau, je ne peux pas y aller.
C'est frustrant, mais pour moi, un point phénoménal.
Depuis le début de l'aventure, Marie-Cécile, en dépit de son courage et
de sa volonté de faire, est sujette à de nombreuses défaillances physiques.
Pas de chance pour cette hyper sportive de 21 ans, ex-gymnaste de haut niveau,
Marie-Cécile, fonceuse et déterminée, manque parfois de confiance en elle.
Je suis très forte, mentalement je peux être très forte, mais je suis trop
fragile au niveau des émotions, des sentiments, tout ça.
Malgré son caractère bien trempé et énergique, on essaie parfois un manque d
'assurance.
Après des études de tourisme, Marie-Cécile va entrer dans la vie
active. Pour l'instant, elle habite avec ses parents dans les Yvelines.
La grande aventure qu'elle vit en ce moment l'aidera sûrement à passer de son
monde enfantin à l'âge adulte. Je pense qu'elle va quelque part mûrir,
forcément. Pour l'instant, j'imagine qu'elle en tirera en fin de compte
beaucoup de positifs.
Fais-le comme tu le sens, avec ton cœur, avec tes tripes.
Consciente de sa fragilité de femme-enfant, Marie-Cécile s'est forgée
une carapace solide.
Cela lui permet de vivre avec les grandes personnes, mais elle a du mal à
accepter le leadership de quiconque.
C'est un culte de la personnalité autour de Mohamed qui est impressionnant.
Impressionnant. Je me sens mise à l'écart depuis qu'il est revenu.
Je suis un fantôme.
En ce moment, ça ne va pas trop, ça se voit, ça ne va pas trop.
Depuis le conseil, elle se sent mal et ça se ressent au sein du groupe.
Elle se met tout seul dans son coin, elle réfléchit. J'ai l'impression qu
'elle ne se sent pas très bien.
Il n'y en a pas un qui va bouger pour venir me voir.
Je ne suis pas discutée, même à me discuter un peu. Je ne sais rien. C'est
toujours moi qui viens vers vous pour qu'on discute.
Marie-Cécile a besoin de beaucoup d'affection, de beaucoup d'écoute, de
beaucoup de regard.
Mais on ne peut pas non plus être son papa, sa maman, son grand frère, sa
nounou, je ne sais qui.
Moi, je lui demande souvent si ça va. Je lui demande si ça va mieux.
Comme je dis, moi, je suis à l'écoute de tout le monde.
Mais il ne faut pas abuser trop non plus.
Je me demande même si la maladie, quelque part, elle n'est pas presque un
peu psychosomatique d'une certaine façon.
Ça s'entretient, ça s'entretient parce qu'en fait, elle est mal ici.
Psychosomatique ? Peut-être. Mais Marie-Cécile a mal. Un handicap pour l
'épreuve à venir.
Là, il y a un message.
La richesse humaine se gagne. La richesse humaine se gagne sur le
territoire des Ouatchas.
Marie-Cécile n'est pas exemptée. Malade ou pas, il faut y aller.
La situation est bien différente chez les seniors. Francis, encore
convalescent de son claquage à la cuisse, doit s'abstenir d'efforts
violents ou prolongés.
Et... Tu restes là, toi. Je peux même pas venir vous applaudir. C'est pas
grave. Tu sais ce que tu fais, Francis ? Alors vous me dites ce qu'il faut. Fais
des pièges. Fais des pièges à Rome.
Je les moule un peu, mais... C'est pas normal. Bon, même si je participe, pas
OK, mais que j'ai encouragé les collègues.
Je vous dis merde.
Ouais.
Bonjour à tous.
Profitez quelques instants de cette somptueuse baie d'Oupi car vous n'allez
pas rester très longtemps ici. Tout va se dérouler derrière moi dans la forêt
de Ouatcha et vous allez vivre à coup sûr des moments inoubliables.
Je vous propose un périple ponctué de défis.
Et pour vous guider dans cette forêt, deux kanaks qui connaissent le coin
comme leur poche. Pour vous les rouges, je vous confie à Tawa. Pour vous les
jaunes, celui qui vous guidera.
C'est Jay.
Et si j'ai un conseil à vous donner, c'est de les suivre tout le temps, car
sans eux, ce sera difficile de retrouver votre chemin. Le but du jeu, réussir le
plus de défis. Et pour les comptabiliser, Jay et Tawa graveront des
encoches sur cette hache ostentatoire.
Et là, je pourrais déterminer qui des rouges ou des jaunes l'emportera.
Vous avez intérêt à aller vraiment au bout de vous-même, car le jeu en vaut la
chandelle. Ok, c'est parti ! C'est parti pour une longue
marche dans la forêt de Ouatcha. C'est une forêt primaire qui ressemble, dit
-on, à celle qui existait au temps lointain des dinosaures. La main de l
'homme n'a pas apposé sa marque sur ce paysage.
A peine quelques sentiers sont-ils ouverts par la tribu des Ouatcha, pour
la chasse à la roussette, une grande chauve-souris frugivore, ou pour le
ramassage des escargots, la grande spécialité culinaire de l'île des Pins.
On peut voir ça et là d'énormes arbres, des bagnans plusieurs fois centenaires,
des cohus, des pins colonnaires, autant d'arbres majestueux dont les fûts
servent à construire les grandes pirogues de la baie d'Oupy.
Les tribus kanaks tirent traditionnellement leur subsistance de
cette forêt et nul ne peut s'y enfoncer sans un guide.
Moi je me régale parce que là on est vraiment au centre de la nature, les
oiseaux, on voit plein de papillons différents, ce qu'on ne voyait pas sur
notre île en fait.
L'atmosphère elle est belle parce qu'on a des bruits, on a des impressions, on a
des petites brises qui nous arrivent comme maintenant et là c'est aussi bon
qu'une petite gorgée d'eau.
Or si c'est rester à la maison, surveiller le camp.
Il surveillait le feu et vu l'état de sa jambe, il n'a pas été capable de marcher
dans la forêt. On lui a confié une mission, c'est de nous chasser les rats.
Chose qu'il a trouvée facile.
Donc on devrait avoir du rat quand on rentre. Et plus de riz.
C'est Francis la bête noire en ce moment.
Après ce sera mon tour je pense.
Pour l'instant, tant que ce n'est pas moi, je profite.
Même absent, Francis est brocardé par ses camarades. Pourtant, il s'active sur
le camp désert.
J'ai coupé un arbre là et je vais essayer d'en rapprocher un maximum.
Cette journée me paraît très très longue.
Malgré que je me sois occupé à gauche à droite à couper du bois,
à tisser des paniers, à essayer de m'apprendre à jeter les perviers.
Mais je peux vous affirmer que la journée est très longue. Seul, on s
'ennuie. Vous pouvez constater que le groupe n'arrête pas de lancer des
petites blagues sur lui.
C'est pas bien méchant, mais bon, il est là. Quelque part, on l'emmène avec nous.
Malgré tout, même s'il est sous le camp, il est là.
Mais la compétition continue.
Même à bonne distance l'une de l'autre, les tribus s'affrontent. Après deux
heures de marche, les juniors parviennent au lieu dit le lac sans
fond.
Sauter, plonger, grimper, chacun de vous peut rapporter deux emblèmes à sa tribu.
On va tous mourir ! Premier défi des jeunes, pour chacun, il faut sauter les
12 mètres de la falaise. Entre deux os, accrochés à une corde, il y a six
coquillages. Chacun des juniors doit en remonter un pour marquer une encoche.
J'ai l'impression que ce n'est pas profond.
Je ne peux pas sauter sous l'eau.
C'est une épreuve aquatique. Marie-Cécile ne peut la tenter à cause
de son otite. Pour les autres, il faut s'armer de courage.
Force et honneur.
Il faut qu'on gagne aujourd'hui.
Il fallait du cran à Alexis pour
sauter le premier.
Enflongé, il est moins à l'aise.
C'est pas trop difficile à défaire.
Tire dessus d'un coup.
Il faut tous les avoir.
Putain.
Ah ouais, c'est tout bon en fait.
T'as jamais fait piscine ? Je vais chercher un objet dans la piscine, dans
l'eau.
Putain, ça y est.
des mouvements amples pour nager.
Sakon se surpasse dans l'eau globe du lac sans fond. Ce n'est pourtant pas son
élément de prédilection.
T'es mort, si tu l'attrapes, on te défonce ! Nager sous l'eau, c'est
difficile pour lui.
Il est profond ! Il faut les avoir, Sakon ! Sérieux, sérieux ! Non, on le
menace, parce que si on ne le menace pas, il ne va pas le prendre.
Sakon, il faut les avoir, vas-y, vas-y ! Essaie de saisir la corde là où elle
remonte, et puis tu te tires dessus.
C'est la fin de ma vie que je sens qu'il y a du monde qui m'encourage et qui sont
là pour moi aussi parce que j'ai l'habitude d'être seul et d'essayer de
faire tout tout seul.
Et là, je suis content qu'Alexis et les autres soient là pour m'encourager et
pour me donner des conseils. De toute façon, il ne serait pas arrivé, on l
'aurait défoncé.
Il n'avait pas le choix.
Sa conne est contente de lui. Pour les trois derniers, c'est une formalité sans
faute, avec même un certain plaisir à se jeter dans le vide.
5 encoches pour les juniors, mais ce n'est pas le maximum.
Marie-Cécile n'a pas marqué de point. Elle peut se rattraper dans la remontée
par les racines du Grand Bagnan.
Il suffit de grimper sans aide pour marquer une encoche.
De leur côté, les Rouges sont parvenus à la grotte de Ouatcha, un lieu tabou que
le grand chef Hilarion Vendégou a bien voulu mettre à la disposition des
naufragés pour un défi aussi angoissant qu'inédit. L'austrophobe s'abstenit. Au
fond du gouffre est un boyau obscur où vous entrez d'un pas sûr.
Il y fait noir, il y fait frais, mais pour la tribu, vous prenez l'emblème que
vous trouverez.
Malgré sa phobie du noir, Christine décide courageusement de tenter le défi
la première.
Je dois trouver mon élément sous la terre, mais je vais essayer de me
surpasser.
Première étape, avec pour seul éclairage deux bougies, Christine doit trouver l
'entrée de la cavité où sont disposées les coquilles d'escargots géants.
Je ne trouve pas le trou.
Je ne trouve pas le trou.
J'ai loupé la porte et j'ai paniqué. Je n'arrivais pas à trouver la porte pour
aller trouver ces fameux coquillages.
Donc j'ai perdu du temps.
Je n'ai pas l'impression que c'est pas là parce que... C
'est pas là, c'est pas possible. Christine panique. Elle ne trouve pas l
'entrée. Elle perd du temps. Et ce n'est pas bon pour l'équipe car le temps total
imparti pour cette épreuve est la durée de combustion des bougies.
Ça y est, Christine a enfin trouvé l'entrée de la cavité finale.
Difficulté supplémentaire, elle doit laisser les bougies à l'entrée. Elle est
maintenant dans le noir absolu.
Malheureusement pour Christine et pour sa tribu, ce qu'elle remonte n'est pas
une coquille d'escargot. Pas d'encoche donc pour Christine.
C'est au tour d'Eliane.
Elle s'enfonce dans la grotte sans crainte et trouve facilement l'entrée du
boyau.
Dans le noir complet, elle ne cherche que sur le sol et ramasse quelque chose.
Lorsqu'elle ressort, elle s'aperçoit trop tard de son erreur. Pas d'encoche
non plus donc pour Eliane.
À un moment donné, j'ai eu un doute. J'ai dû continuer à chercher, mais bon,
je suis remontée.
Pierre est déjà au fond de la grotte dont il explore méthodiquement les
parois. C'est le bon choix. Sans paniquer, il trouve la première coquille
de son équipe.
Allez, c'est bon. Qu'est-ce qu'il nous ramène, lui ? Une boule de bowling ?
Allez, Pierre ! On peut confondre tout et n'importe quoi, maintenant. C'est au
tour de Véronique, elle n'est pas rassurée, et elle aussi se contente de
fouiller le sol.
Il n'y avait rien à terre.
Rien, rien, j'ai ratissé.
C'est vrai qu'il y avait des cavités sur le tour, et bon, peut-être que c'était
posé là.
J'ai touché quelque chose qui ressemblait à un coquillage. Ça ne l
'était pas. Je suis rentrée avec pour dire que je suis rentrée avec quelque
chose. Je n'ai pas trouvé.
Non. Un coquillage sur combien ? Quatre participants.
Ça fait léger, quoi. Un sur quatre, ce n'est pas beaucoup.
Thierry est un peu plus corpulent que les autres. Il a donc plus de mal à se
mouvoir dans les trois couloirs.
C'est stressant, quand même, pour avouer que... Oh, putain.
Mais il est chanceux, en quelques secondes il trouve la coquille.
Jérôme, le leader des rouges, est le dernier espoir des seniors de voir leur
score s'améliorer. Il part à toute vitesse.
Jérôme fait un véritable travail de sapeur. Il ratisse, creuse, retourne des
tas de cailloux, mais en vain.
Il s
'énerve
dans le noir et perd complètement ses moyens. C'est une énorme surprise.
La tribu voit son héros remonter bredou.
Ça fait 2 sur 6, c'est quand même une petite moyenne.
2 sur 6, c'est mieux que 0.
2 sur 6, c'est peut-être mieux que rien, mais c'est un mauvais présage pour les
seniors. Ils ont bien conscience d'être passés à côté de ce défi. Du coup, la
tension monte.
Ce qui me dérange, c'est cette coquillage.
Jérôme s'est trouvé en grande difficulté dans la grotte. Sur le moment, il a du
mal à l'admettre, mais c'est vrai.
Jérôme est un impulsif, c'est là son plus grand défaut. Pour le reste, Jérôme
frôle le sans faute.
Époux et père aussi tendres qu'attentionnés, gendarmes
irréprochables, bricoleurs émérites et peintres le dimanche, Jérôme affiche en
plus une insolente santé au service d'un corps d'athlète naturel.
C'est difficile de lui trouver des défauts. C'est quelqu'un qui est
passionné, entier, généreux. Je dirais que le gendarme est complet
physiquement, intellectuellement et psychologiquement.
D'apparence calme et déterminée, ce plongeur professionnel de 33 ans est
animé par ses passions, la peinture et la mécanique. Je finis ma journée, en
général je me prends une petite heure le soir pour venir bosser et faire quelques
réglages sur mes machines.
Mon plaisir c'est pas trop de rouler avec, je suis père de famille, j'ai une
petite fille, j'y pense.
Donc plutôt que d'aller faire le fou, surtout qu'en général ce sont des
machines assez puissantes, je me réserve le droit de les refaire, de les regarder
et puis voilà.
La famille d'abord.
Pas question de décevoir sa petite fille de 3 ans, Élodie.
Papa n'a qu'une parole à la maison, où il est aimé et respecté. Il en sera de
même sur l'île.
J'ai horreur d'hypocrisie.
Faire des coups tordus par derrière, c'est pas du tout mon style.
La trahison, c'est pas mon truc. Je suis sûr et certain que si je donne ma
parole, je la respecterai quoi qu'il arrive.
En militaire rigoureux, Jérôme sait qu'une équipe a besoin d'un leader.
Et il n'est pas homme à fuir les responsabilités. Dans une demi-heure, on
se retrouve sur l'embarcation.
Ok, ça marche.
C'est un chef d'équipe, je dirais. Donc il est capable d'orienter une équipe ou
de donner des conseils. Je pense qu'il va peut-être être leader, pas
naturellement, mais par des actes. Et pas par des mots.
Jérôme a bien des raisons d'être sûr de lui. Il a tout pour assumer son rôle de
leader dans sa tribu, à condition d'accepter les autres sans préjugés. Il
n'est pas toujours tolérant en fait, parce qu'il pense que tous les gens sont
comme lui, ont les mêmes capacités physiques, intellectuelles, et ce n'est
pas toujours le cas.
Il va falloir qu'il apprenne à accepter les différences.
Dans le noir intense de la grotte, Jérôme n'a pas réussi. Il va pouvoir se
racheter très vite, puisque les deux tribus vont maintenant tenter chacune le
premier défi de leur adversaire.
C'est au tour des rouges de se jeter dans le vide, ils sont six.
Il y a six encoches à graver pour ce défi.
Comme toujours dans les épreuves aquatiques, Jérôme est très à l'aise. Il
décroche son coquillage sans aucune difficulté.
Christine suit Jérôme de très près.
Mais dans l'eau, elle n'égale pas le gendarme plongeur.
Tu tires dessus.
Calme-toi, calme-toi.
Calme-toi, tu tires fort dessus, viens.
Au prix d'un bel effort, elle arrache cependant son trophée.
Vous avez vu, on fait pareil.
Oh mon Dieu.
J'ai jamais fait ça de ma vie.
Le saut est réussi pour Eliade, mais elle échoue dans la partie sous-marine.
Paniquée, à bout de souffle, elle renonce.
Aïe, ça fait mal ! Une arrivée à plat sur l'eau d'une telle hauteur, c'est
douloureux. Véronique, du coup, perd complètement ses moyens. Elle boit la
tasse et relâche le coquillage.
Véronique, ça va ? C'est pas grave, elle est bien.
Après Pierre qui s'en sort. Très facilement, c'est au tour de Thierry,
qui ne sait pratiquement pas nager.
Ça va
mal pour les Rouges. Encore un échec, là où les Jaunes ont
pratiquement fait un sans-faute. Reste la remontée par les racines du Bagnan
pour engranger quelques encoches.
Pendant ce temps...
Les juniors sont arrivés à leur tour à la grotte de Ouatcha.
Alexis et Mohamed ont chacun rapporté une coquille.
Deux encoches de plus pour les juniors.
Sakon est dans la cavité obscure.
Désorienté, son choix se porte sur un fragment de stalactite.
Il y a beaucoup de morceaux de cailloux qui ressemblent au coquillage.
C'est vrai que dans la précipitation, je me suis trompé, je suis tombé dans le
piège. Clémence s'élance et il s'en faut de peu pour qu'elle ne s'arrête
brutalement.
Elle continue néanmoins, mais le cœur n'y est plus.
Très vite, elle remonte.
Avant
-dernière
fille des juniors, Marie-Cécile s'encourage à mi-voix.
Des trucs de fou, j'ai fouillé partout.
En plus, on est dans le noir et c'est stressant parce qu'on a la bougie et la
bougie sert pour toute l'équipe, donc on ne peut pas prendre tout son temps.
Elle effleure une coquille de la main, mais remonte sans rien.
Est-ce que c'est une défaite ? Attends, ce n'est pas fini.
C'est au tour de Koumba.
Ce défi n'est pas pour elle, elle se sait claustrophobe.
J'espère que Koumba ne va pas avoir peur parce qu'elle a eu quelques craintes.
Pourtant... Elle va jusqu'au bout, mais elle stresse.
Elle cherche, mais ne reconnaît pas la forme caractéristique des coquilles d
'escargots.
Je pense que c'est la merde.
Pas comme ils ont trafiqué leur truc, mais il n'y a rien du tout dans la
grotte. Je n'ai rien vu.
Je me demande maintenant s'il y a vraiment quelque chose dedans.
Je ne sais pas.
4 personnes, on descend. 4 personnes, on ne trouve rien.
Pour moi, il n'y a rien du tout dans la grotte.
Koumba est de mauvaise foi. Elle est aussi têtue et volontiers boudeuse.
D'origine malienne, elle habite Nanterre et aime se retrouver entre copines, sans
langue de bois.
J'aime bien avoir raison, mais quand j'ai temps, je ferme ma gueule, mais je
ne parle plus pendant longtemps. C'est-à-dire que je boude.
Elle n'accepte pas d'avoir tort.
Ça, non, elle ne peut pas. Il faut qu'elle ait le dernier mot. C'est la
seule à... Il faut qu'on l'entende.
D'ailleurs, elle a une grosse voix.
Un peu brute de décoffrage, élevée en garçon manqué, elle se consacre à son
association. Elle veut aider les villages d'Afrique.
On est nés en France, certes, mais il ne faut pas oublier d'où on vient. C'est-à
-dire qu'il y a des gens qui sont là-bas qui sont...
Ils ont les moyens dix fois en dessous de nous qu'ils ne peuvent même pas se
payer un crayon. Donc si nous, on pouvait leur donner ce crayon qu'ils ont
besoin pour remplir leur cahier, ce serait déjà bien.
Généreuse et altruiste, son péché mignon, c'est la mode.
Avoir belle allure, une préoccupation récente pour Koumba Lapudic.
Mais j'aime bien quand même quand je prends le métro pour aller travailler,
qu'on ne dise pas « elle, elle vient de quartier ». Bien présentée pour être
acceptée, Koumba se sait belle, mais elle a peur de plaire et elle refuse la
séduction. Pour que les autres nous acceptent, il faut tout d'abord qu'on s
'accepte soi-même. Mais il n'y a pas que ça, il n'y a pas que le physique qui est
important. Il faut avoir quelque chose dans la tête aussi.
Et dans la tête, c'est un caractère entier, voire capricieux que l'on
trouve. Cerveuse, son sourire et son enthousiasme font merveille en salle.
Mais attention à ne pas être trop sous-pollé. Vous avez un apéritif avant
de commencer ? Si je dois faire un petit reproche à combat, c'est son côté
justement...
impulsive, manquant un petit peu de maturité.
Elle ne sait pas être diplomate toujours quand il faut.
Quand on la taquine un peu trop, elle s'énerve assez rapidement.
Cumba est ainsi toujours prête à se révolter contre l'autorité. Mais elle
sait bien au fond que les épreuves sont équitables et que les rouges ne
bénéficient d'aucun traitement de faveur.
Pour preuve, le sommaire équipement du bivouac est le même pour tous. Et
notamment le repas à base de gastronomie canaque.
C'est cuit, c'est chaud ! Vous voulez manger ? Ben venez ! Les naufragés sont
épuisés, ils n'ont rien mangé depuis près de 10 heures. Avant de tenter le
défi suivant, il est temps de reprendre des forces avec un frugal repas local.
Escargot géant de la forêt et igname pour les kumos.
C'est une véritable initiation gastronomique pour ces jeunes peu
habitués aux nourritures exotiques.
Même expérience pour les kanawhas, au menu, roussette confite.
C'est assez gras.
La peau, ça se mange la peau ? Oui, oui, tout se mange.
Rien que ça doit voir la tête avec les dents.
Qui veut goûter ? On y va là ou pas ? On a fait les assiettes.
C'est pas des assiettes, on est comme ça, on y va comme nous tous.
Il y en a combien de chauves-souris ? Il a faim lui.
On va prendre des feuilles et manger un peu de purin.
Moi,
ça me fait penser à du poulet. Mi-poulet, mi-lapin.
Exactement. Moi, ça fait plus penser à... La tête.
Après cette longue journée de marche et d'épreuves, le score est de 11 défis
réussis, soit 11 encoches sur la hache ostentatoire des seniors, contre 13
encoches pour les juniors. Un faible avantage donc aux jeunes.
L'épreuve de cette nuit peut encore faire basculer la situation.
Le feu dans la nuit, jamais ne s'éteint. Si la tribu veille au grain.
Le défi qui commence est une épreuve d'endurance, de résistance. Il faut
maintenir allumée la bougie dans ce bougeoir très spécial. Un simple rondin
de bois qui tourne autour de son axe.
Si la tension se relâche, le bougeoir bascule et la bougie s'éteint. Tenir
comme ça dans l'absolu, ce n'est pas très difficile, mais c'est vrai qu'on
peut avoir des crampes.
Il y a 5 bougies, donc 5 encoches à gagner et de quoi tenir
approximativement 4 heures.
Le départ est donné au même instant pour les deux tribus. C'est un duel à
distance qui s'engage.
Une longue lutte contre la fatigue et le sommeil. Chez les Kanawhas, on s
'organise par couple.
Jérôme et Christine prennent le premier relais.
La nuit va être longue, les amis.
Chez les juniors, c'est Alexis qui s'y colle.
Alexis, tu veux pas qu'on te lève ?
On va attendre un peu, tant que je peux.
Je ne sais pas depuis combien de temps je tiens.
Je crois que c'est la deuxième bougie déjà.
C'est au tour d'Eliane, encouragée par Pierre.
Eliane est très nerveuse. Après ses échecs dans le lac et dans la grotte,
elle veut absolument rapporter une encoche à sa tribu.
Je ne tiens plus à rien.
Attention, attention.
Chez les jeunes, à la quatrième bougie, Mohamed prend le relais d'Alexis. Les
autres, épuisés, se sont endormis.
Eliane a réussi. Après une heure d'attente, la troisième bougie est
complètement consumée. Elle peut passer le relais à Véronique et Thierry pour
les deux dernières bougies.
Pour accélérer la combustion, ils inclinent au maximum le bougeoir, mais
la mèche de la cinquième bougie s'éteint sans que la cire ne soit entièrement
fondue. Elle est donc logiquement refusée. Les seniors marquent quatre
encoches sur cinq possibles.
Du côté des jaunes, Kumba est sur la fin. Dans quelques instants, les kumos
comme les kanawhas pourront prendre deux heures de sommeil bien méritées. Bravo
Kumba ! Cinq encoches !
Au petit matin, c'était à prévoir.
Le réveil est difficile.
C'est la pire nuit de ma vie.
C'est la nuit à faire. J'ai pas froid. J'ai pas froid. J'ai pas froid. J'ai pas
froid. Une pierre chaude.
Juste un connecteur, là. Comme ça.
T'as pas froid.
Putain. J'aurais dû le faire. J'étais outé.
Froid, moustique, le sol trop dur, plein de cailloux, plein de racines.
Et surtout les moustiques. J'étais dévoré aux pieds, j'étais dévoré aux
bras, j'étais dévoré partout où il pouvait piquer.
Encore une heure de marche pour conclure cette boucle de 24 heures en pleine
jungle. Et les deux tribus rejoindront la baie d'Oupi, où Francis les attend
déjà et où ils connaîtront enfin le vainqueur de ce jeu de confort
exceptionnel. Alors votre périple a été long, difficile avec plein plein plein d
'épreuves. Et je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps quant au
résultat.
Tout ça se voit au niveau des encoches placées sur votre hache.
15 encoches pour les rouges, 18 pour les jaunes.
C'est un jeu de confort, il y a donc une récompense.
Et c'est une grande première dans l'histoire de Koh-Lanta.
Les jaunes, vous avez gagné.
Et vous avez maintenant la possibilité, chez les rouges, de choisir l'équipier
de votre choix qui va vous rejoindre et qui va donc renforcer votre équipe.
des rouges qui passera chez les jaunes, sera intouchable au prochain Conseil, si
d'aventure, bien entendu, vous veniez à perdre la prochaine épreuve d'immunité.
Attention, l'esprit d'équipe des jaunes.
Une parole, sur ma vie, cette fois, une parole.
Mohamed, qui devient jaune à partir de maintenant ? Jérôme, venez me rejoindre.
Voilà votre foulard jaune. À partir de maintenant, vous faites partie de la
tribu des juniors.
Vous êtes Kumo. Merci bien. Bonne chance pour la suite de cette aventure, Jérôme.
Pour les Kanawas, le transfert de Jérôme chez les juniors fait bien sûr l'effet d
'un coup de tonnerre dans un ciel bleu.
C'est un petit bleu dur.
Gros problème dans le groupe.
S'organiser et rejoubler de l'énergie.
Recomposer en fonction des qualités de tout le monde. C'est vrai qu'on s'était
bien appuyé sur Jérôme et il nous avait prouvé qu'il le méritait amplement.
Chez les Kumo, c'est la satisfaction qu'il emporte. En accueillant Jérôme,
les juniors restent les juniors car il était le plus jeune de sa tribu. Il faut
faire rapidement connaissance avec ce nouvel équipier. On a tout intérêt à
prendre leur leader, c'est-à-dire Jérôme, pour désorganiser leur équipe.
Jérôme va avoir très vite l'occasion de prouver qu'il se dévoue désormais à sa
nouvelle équipe. L'épreuve d'immunité est annoncée.
J'espère que vous avez le pied marin, car derrière vous, vous avez deux
gréments. Et un petit peu plus loin, deux pirogues. Il va falloir monter ce
grément. Et ensuite, c'est tout simplement une régate direction l'île
aux souris, qui se trouve de l'autre côté de la baie.
Deux balises pour matérialiser la ligne d'arrivée.
L'équipe qui franchit cette ligne.
en premier, repart avec le totem et bien sûr, les perdants iront au conseil.
Les jaunes, vous êtes un de plus que les rouges.
Donc dans un premier temps, les jaunes, à vous de faire votre choix.
Qui parmi vous ne participera pas à cette épreuve ? Je vais choisir une
fille. C'est la dernière fois, franchement, parce que j'en ai marre.
C'est la dernière fois.
Quel est votre choix, les jaunes ? Marie-Cécile.
Marie-Cécile, venez à côté de moi.
Attention, 3, 2, 1, go !
Première
chose à faire, rejoindre la pirogue, installer le mât et la voile,
indispensable pour profiter de la brise de la baignoire.
Les seniors hissent la voile rapidement, ils sont en tête, mais les jaunes ne
sont pas loin.
Ces derniers choisissent de pousser à plusieurs l'embarcation. Tant qu'ils ont
pied, la technique est payante.
Les jeunes tentent un audacieux virement de bord, à moins que tout simplement,
leur voile soit inopérante.
Des rouges bien organisés utilisent à la fois les rames et le vent, ils prennent
le large.
Jérôme veut gagner, cela se voit et surtout cela s'entend. Mais rien n'y
fait. Ses ex-coéquipiers, les seniors, dominent la régate.
Les juniors sont en perdition, ils luttent à la rame contre le vent, ils
font du surplace et commencent même à dériver.
Pendant ce temps, les seniors avancent tout droit vers la ligne d'arrivée sur l
'îlot souris.
Bravo les rouges, c'est gagné !
Quelle victoire des Rouges, quelle organisation, quel sens de la mer et du
vent. Bravo à vous.
Merci. Alors à qui je dois remettre le totem ? Pierre ? Eh bien venez me
rejoindre Pierre.
Bravo Pierre et bravo Rouge.
Merci.
Les Jaunes c'est un peu un deuxième naufrage dans cette aventure pour vous.
Vous venez de gagner un équipier et vous allez quasiment immédiatement en perdre
un autre.
Méditez bien sur les conséquences de cette défaite.
Organisez-vous.
L'aventure est encore longue.
A très vite pour le conseil. Les dernières 36 heures ont été palpitantes,
mais aussi épuisantes. Juste après l'épreuve, Clémence est victime d'un
malaise. Ses camarades s'alarment, mais elle se relève et reprend sa place dans
la tribu.
Les jeunes ont donc perdu cette épreuve d'immunité. Ils penseront au conseil
plus tard.
Priorité pour eux, obéir aux lois de l'hospitalité. Nous, on est ici.
On n'est pas encore là. Ça fait 10 jours que j'ai été avec les Rouges.
C'était un peu la famille.
J'avais pris mes repères, j'étais chez moi.
Et d'un coup, se retrouver ailleurs avec des gens contre qui on concourait en
permanence, c'est super dur.
J'espère pour lui qu'il arrivera à s'intégrer aux autres, que les autres ne
vont pas l'agacer.
Parce que c'est vrai qu'on ne se prend pas la tête, on s'amuse, on se dit les
choses telles que l'on pense, on rigole, on déconne.
On a fait des beaux copains.
Jérôme, pour moi, c'est très bien qu'il soit là. C'est le plus âgé d'entre nous
et je pense qu'il a beaucoup de choses à nous apprendre et je pense que
personnellement, il a beaucoup de choses à m'apprendre également.
Moi, je chasse la nuit.
Depuis le jour, on va chercher des crampes.
Si tu veux, on ira ensemble.
C'est vrai qu'on n'aimerait pas être à sa place, mais on l'a bien accueilli et
j'espère que ça va continuer comme ça. J'espère que dans sa tête, il est jaune.
Il faut qu'il soit jaune dans sa tête.
J'espère que psychologiquement, vu qu'il vient de chez les Rouges et qu'il est un
peu plus âgé que nous, qu'il sera à notre écoute et qu'il pourra nous
conseiller parce que c'est l'ancien maintenant.
Ça va être dur d'être à fond avec les jaunes, de pouvoir oublier ce qui s'est
passé avec les rouges.
Ça va être dur.
Jérôme est amère. Pour lui, tout est à refaire. Pas facile d'oublier en
quelques heures une amitié née dans les épreuves de la survie. C'est triste.
C'est triste de ne plus l'avoir avec nous.
Je suis en train de faire le sac de Jérôme qui est chez les jeunes.
On est très tristes de ne pas l'avoir avec nous ce soir.
On a gagné l'épreuve, mais on a perdu
un complice et un camarade.
Actuellement, je ne ressens pas un manque parce qu'il n'était pas avec moi,
donc on ne partageait pas grand-chose.
Avec Eliane, bon, il nous donne un petit peu d'espoir. Jérôme est parti, mais il
y en a quand même qui restent.
C'est vrai qu'il nous ramenait des bénitiers aussi, donc ça va peut-être
nous manquer.
On va faire avec.
Il va falloir faire avec, ou plutôt sans Jérôme. C'est particulièrement important
dans le domaine de la pêche.
Il est où le filet de pêche ?
J'ai trop chié, tiens.
J'ai jamais y arrivé, cette merde.
Je suis tombé pour l'instant.
Bon, mais t'as chié.
Il y a une espèce d'atmosphère bizarre.
Ils sont un peu désorientés.
Ça m'a fait chier parce que c'était avec lui que je me marais le plus. C'était
avec lui que... D'ailleurs, c'est lui qui m'a appelé à prendre le tuba, à
partir. Je veux dire, j'avais vraiment une relation de copain. Il y a plein de
magnifiques poissons.
Toutes sortes, toutes grosseurs. Mais c'est impossible de les choper avec ça.
On sort bien trop rapide, plus rapide qu'anéasique.
Un kit de plongée sans Jérôme, c'est pas terrible.
Privés de Jérôme, les saignants n'ont plus de chef naturel. Du coup, il y a
une place à prendre et Thierry organise une expédition en forêt. En fait, on
part à l'aventure là-bas. Si c'est vraiment vite fait, on veut contourner l
'île et passer par là et revenir comme ça.
Thierry, là, il fatigue un peu tout le monde. Il est sans arrêt en train de...
Il faut faire sa décision.
Il impose, en fait.
On n'en discute pas, il impose.
Allez, on y va ? Parce qu'il va faire nuit dans 5 minutes.
Fort des enseignements de Tawa, leur guide de la forêt de Wacha, les Rouges
pensent trouver à manger dans la jungle de Kanawa. Mais on ne devient pas kanak
en quelques heures.
On a dû faire quoi ? Même pas un kilomètre.
On dirait qu'on en a fait 15 en plein centre-ville.
Il faudrait à la limite essayer d'aller un peu plus dans la gauche.
C'est trop dense, c'est trop dense.
Coupé de partout, il faut passer, on s'égrafle. Il y a des bestioles qui lui
tombent dans la tête.
C'est vraiment... C'est un truc.
Il n'y a rien.
Et en plus, on est parti à quatre, on est revenu à trois plus un. Donc, en fin
de compte, Thierry a balayé encore plus que nous, puisqu'il est revenu par un
autre chemin. Tu n'as rien vu. Cette exploration infructueuse n'a pas
vraiment permis de voir émerger un nouveau leader.
Les juniors, ce coup mot, sont moins actifs, même si Jérôme tente de montrer
à la pêche.
De quoi il est capable ? Jérôme, il vaut mieux le laisser tout seul pour quelques
instants, pour qu'il se cherche, pour qu'il voie... Parce que si on est
derrière lui tout le temps, il ne va pas souffler. Il faut qu'il se cherche un
peu, qu'il cherche à s'intégrer. Donc à mon avis, c'est ce qu'il a voulu faire
en allant chercher les bénitiers.
C'est pas là-dedans qu'on va trouver des gros poissons.
Ça n'a rien à voir avec l'île où j'étais.
Il n'y a pas de fond.
L'eau est trouble, le fond est mort.
J'ai regardé sur la carte, ils indiquaient cet îlot comme réserve à
bénitier et à langoustes ou crustacés. Je n'ai rien vu du tout.
Rien vu du tout.
Jérôme est déçu, c'est certain.
Pourtant, les jeunes ont de la compassion pour lui.
Ils sont sans a priori et ne le rejettent pas. Mais cela ne suffit pas à
effacer son vague à l'âme. On a partagé les mêmes épreuves, eu les mêmes
envies.
Et tout ça, je veux dire, anéanti en 30 secondes.
Ouais, c'est dur.
Ouais.
Comme quoi, c'est un jeu qui renforce bien, qui renforce bien les liens, qui
les crée très vite.
Très vite et très fort.
Ça va être dur, à mon avis.
Après tant d'émotions fortes en si peu de temps, les juniors sont à bout de
force et ils se couchent enfin.
Le lendemain matin, les jeunes font la grasse matinée tous, sauf Jérôme,
habitué à se lever tôt. Il dormait mal sur Canaouin. J'ai plutôt bien dormi,
peut-être même mieux que là où j'étais avant.
La cabane, elle est confortable, ils ont bien bossé.
Il va falloir quand même, je pense, une à deux journées pour accepter tout ça et
puis repartir rapidement refaire à mes nouveaux camarades.
Bonjour tout le monde.
Ça va, super bien.
Cette nuit, j'ai chassé 6 oiseaux en 10 minutes.
Franchement, il faisait noir, mais ça a été rapide. Ça va être un festin ce
midi. Un chacun, ça le fait.
Tranquille. Les chasses nocturnes de Mohamed nourrissent la tribu. Elles lui
assurent aussi la place de chef incontesté des juniors.
Jérôme, lui, a perdu sa place de leader. Une situation...
difficile à supporter pour lui. C'est bien joué d'y aller à 3-4 heures du
matin où tout le monde dort, ça fait le gars qui se lève et qui peut dormir la
matinée pendant que les filles font la bouffe.
Moi franchement, ça me fait rigoler parce que quand je vois le comportement,
je rigole.
C'est le gars, il chasse, après il va au lit.
Et la femme, elle fait à manger. Et la femme, c'est combat.
Combat et plume, elle fait à manger.
Et ça fait penser à une tribu, ça fait penser un peu à l'Afrique.
La bouffe chez moi, c'est tout en moi qui fait la bouffe.
Quand je viens ici, je fais la bouffe.
Franchement, ça me fait plaisir, ça fait du bien. J'aime bien cuisiner.
Jérôme s'est proposé tout à l'heure pour venir avec moi ce soir.
C'est pas un problème, ça me dérange pas.
C'est comme moi, il est très sympathique.
C'est un mec super cool. Il est super agréable en vie collective.
Jérôme, t'as jamais goûté ? Non, y'en avait pas là où j'étais. Tiens, c'est
super beau.
Mais si un jour t'en as marre, je kiffe.
C'est installé un petit peu en petit roi, un petit chef.
En plus, il est bien à pied, il a de la chance quelque part. Parce qu'il y a une
fille comme Koumba, et c'est une malienne.
Chez elle, c'est comme ça.
D'habitude, je me tape les trois tout seul. Franchement, ça fait du bien. Des
fois deux, mais des fois toute seule.
Elle se plie aux quatre volontés de Mohamed. Enfin, moi, ça me saoule, les
trucs comme ça, ça me fait rire.
Moi, je ne suis pas du tout à ma place ici.
Il faut lui laisser le temps, Jérôme.
C'est un mec super gentil.
Tous les coups sont permis dans la guerre des chefs, mais pour l'instant,
il faut l'admettre, Jérôme tape dur.
Pourtant, dans la tribu des juniors, l'arrivée de Jérôme est très appréciée.
Il est accueilli à bras ouverts.
C'est un élément fort, c'est un élément vaillant, c'est un élément stratégique.
Au début, quand les autres l'ont choisi, je me suis dit, ça ne va pas être bon
pour moi, parce que c'est une force physique en plus, donc ça fait de la
concurrence pour moi.
En fait, il ne faut pas se fier aux apparences, parce que moi, je le voyais
grand barraqué, pour moi, c'était un méchant et tout.
Mais en fait, c'est un ange, il est gentil, il est serviable et pour l
'instant, tout se passe bien avec Jérôme. Tu veux de la coco, Jérôme, sers
-toi. Tu es jeune maintenant, tu fais partie de la famille.
Je crois qu'il n'y a rien pour moi ici.
Il n'y a rien de bon pour moi.
Même s'il ne reste que 3 jours ou 4, ça va être dur.
Ce matin, je suis allé marcher, je me dis, écoute, vis-le à fond, de toute
façon, il reste ce qu'il reste.
S'il reste 3 jours, il reste 3 jours. S'il en reste 6, il en reste 6.
6, 6, c'est pour ça que je ne me fatigue pas. Je vais le vivre comme ça, je pense
que c'est la meilleure manière de bien le vivre.
C'est pas une feuille ? C'est dans la tête de ma mère, elle m'a mordu. C'était
une petite fourmi. Elle était balaise sur le camp, j'ai jamais vu une feuille
comme ça.
Ils sont plusieurs apparemment des quartiers, ça parle un petit peu...
Quartier, ça parle un petit peu... De toute façon, moi, celui qui vote contre
un tel ou qui vote pas pour elle, ça dégage le prochain tour.
C'est des trucs comme ça, c'est un petit peu... C'est de la petite terreur, quoi.
Quand il parle, il est posé, on a l'impression qu'il pourrait donner de
très bons conseils à tout le monde.
Qu'il a de l'expérience et que c'est quelqu'un à qui on peut faire confiance.
Je l'admire un petit peu.
Je le prends un petit peu pour modèle.
Remettez-moi chez les rouges, ça ira mieux.
Jérôme sait parfaitement cacher son jeu et de profondes désillusions sont à
craindre pour les juniors, très naïfs au demeurant.
Dans l'immédiat, la question primordiale, c'est l'inévitable conseil
de ce soir.
Et l'élimination d'un coup mot.
Jérôme est intouchable, en tout cas provisoirement, mais il votera.
Donc je pense que je vais voter contre Mohamed qui est au départ, bon après les
autres ont suivi, mais c'est lui qui a donné mon nom pour que je bascule chez
les jeunes.
Mohamed c'est le chasseur, c'est pas celui, c'est pas le roi soleil non plus,
faut arrêter.
Moi, je ne le trouve pas exceptionnel Mohamed. Il est beaucoup plus populaire
que moi dans le groupe.
Donc je me dis que tôt ou tard, je devrais l'éliminer de toute façon.
Il nourrit, on va dire, en bonne partie toute la tribu.
Mais s'il n'était pas là, je pense qu'on se débrouillerait. On s'est bien
débrouillé sans lui.
Marie se sent un peu plus mise à l'écart que les autres. Elle a une otite qui la
perturbe beaucoup.
Elle se renferme un petit peu sur elle-même et ça, elle n'aurait pas dû le
faire et nous le montrer.
Forcément, ça retombe sur elle. Elle nous a reproché, effectivement, de ne
pas lui demander suffisamment si ça allait, de ne pas la regarder
suffisamment, de ne pas s'occuper d'elle suffisamment. Je veux dire, on ne peut
pas passer nos journées à la plaindre parce qu'elle est malade.
Marie-Cécile, tu vas te mettre d'attaque aujourd'hui ? Oui.
Tu ne vas pas voter contre elle parce qu'elle est malade.
Ce n'est pas une raison valable. On ne va pas licencier quelqu'un parce qu'il
est malade dans les sociétés.
Ce n'est pas logique.
Marie-Cécile, elle ne m'a rien fait du tout.
Ça m'étonnerait franchement que je vote contre elle.
La présence de Jérôme pèse sur la tribu. A quelques heures du scrutin, son avis
compte et certains n'hésitent pas à se rallier.
Moi, je sais que sur le camp, je suis toujours tout seul.
Je sais que je suis dans mon coin, mais c'est moi qui mange le moins aussi.
A cause des preuves, j'y vais.
Je ne fais pas de chichi.
Sakon se rapproche de Jérôme parce que ce soir il y a le conseil et qu'il se
dit si je m'entends bien avec lui, vu qu'il ne connaît pas grand monde, il
vaut mieux peut-être qu'il me connaisse le mieux possible pour qu'il ne vote pas
pour moi.
C'est 10 jours que je ne dors pas Jérôme. D'habitude chez moi je dors au
moins 10-11 heures.
Je dors beaucoup.
Sakon il a fait sa sieste ce matin, je suis sûr que cet après-midi il va faire
sa sieste aussi.
Sakon il ne fait que dormir donc il s'en fout de sa vie.
Il s'isolait pour faire quelque chose d'actif.
Il s'isole, c'est pour s'allonger ? Ou pour s'allonger ? Pour moi, si je
partais ce soir, je serais déjà satisfait de mon aventure.
J'aurais appris plein de trucs.
Si j'étais lui, je m'inquièterais un peu.
C'est une tribu koumo chamboulée par l'arrivée de Jérôme qui se présente ce
soir au conseil. Alors certes, ils l'ont choisi, mais Jérôme est un leader
naturel et sa présence peut modifier l'équilibre précaire de cette équipe. Et
on suivra avec attention sa relation avec Mohamed, l'homme fort, l'homme
charismatique des jaunes. Ce soir, Jérôme est intouchable, mais son vote
pourrait être stratégique tout au long de la journée. Les tractations ont animé
en grande partie les aventuriers et bien malin qui pourrait à l'avance donner le
verdict de ce conseil.
Bonsoir à tous.
Encore vous les jaunes au Conseil.
Quatre épreuves d'immunité disputées depuis le début de l'aventure et trois
défaites. Ça fait beaucoup et pourtant depuis peu vous bénéficiez d'un avantage
certain puisque l'ancien leader des Rouges, Jérôme, fait maintenant partie
de votre tribu des jeunes. Je vous rappelle la règle de ce Conseil.
Jérôme, qui vient d'arriver, va voter comme vous tous.
En revanche, il est intouchable pour ce conseil, donc aucun d'entre vous ne
pourra voter contre lui.
D'accord ? Jérôme, qui c'est le leader chez les jaunes ? Je pense que la forte
personnalité, c'est Mohamed.
Il a apporté de la nourriture à son clan et je pense qu'il s'impose naturellement
à des individus un peu plus jeunes.
Maintenant... Ça se traduit par quoi ? Ça se traduit par...
Par le fait que lorsqu'il parle, lorsqu'il fait quelque chose, personne
ne va à son encontre, personne ne le critique, personne n'ose peut-être le
critiquer. Ils ont trop peur ? Certainement, parce qu'il fait des
choses qui peuvent peut-être les impressionner. Il a passé 24 heures en
isolement.
C'est peut-être des choses qui leur font peur.
Maintenant, je pense qu'il n'y a pas de quoi.
Il prend trop de place ? Trop de place, je ne sais pas, mais par rapport aux
autres, c'est sûr qu'il est plus présent. On le sent plus présent que d
'autres. Alexis ? Pour moi, Mohamed ne prend pas trop de place et je n'ai pas
le sentiment qu'il me demande de faire ceci ou cela.
Moi, je me sens bien avec lui et j'ai un total sentiment d'autonomie là où je
suis dans ce que je fais.
Jérôme, est-ce que vous avez parlé de votre situation ? Le fait que vous soyez
gendarme avec tout le monde ? Non, je ne sais pas si ça leur plaît.
Est-ce que ça modifie aussi ce qu'ils ressentent par rapport à moi ? Si c'est
le cas, il ne faut pas.
Parce que c'est vrai que vous êtes un peu plus âgé.
Et puis, cette fonction représente l'autorité. Par exemple, Mohamed, qu'est
-ce que ça vous fait d'avoir comme ça dans votre équipe un gendarme ? Moi, je
l'ai dit, Jérôme, c'est quatre bras en plus.
Et c'est vrai que c'est un pilier.
Il est fort. C'est une force humaine incroyable.
Il peut nous apporter beaucoup, il a beaucoup d'expérience dans la vie.
Ça peut être un grand frère pour tout le monde. Il est plus fort que vous ? Oui,
forcément, il est plus fort que moi. Enfin, plus fort que moi, dans quel
domaine, je ne sais pas.
Physiquement ? Physiquement, oui. Attends, il me bouffe.
Et pourtant, vous l'avez battu sur votre premier duel.
C'est technique.
Maintenant, il faut avoir... Voilà, j'ai un cerveau, moi. Ça va, ça le fait. Ça
veut dire que Jérôme n'a pas de cerveau ? Il a un cerveau, mais bon, tout le
monde fait comme il le sent.
Le fait de voir comme ça arriver Jérôme dans votre tribu, Vous le dites vous
-même. Il est plus fort en apparence, il est solide.
Comment ça se passe dans votre tête ? Dans ma tête ? Non, moi je suis soudé au
jaune. Et les jaunes sont soudés, donc il n'y a pas de crainte là-dessus.
Moi, Jérôme, je le vois comme s'il est jaune, tant mieux. S'il reste rouge dans
sa tête, tant pis.
Voilà, ça il le sait.
Ça conne.
Depuis que Jérôme est arrivé, on vous voit beaucoup avec lui.
Pourquoi ?
Il est vrai que je suis avec lui parce que j'ai l'impression qu'il me comprend.
Il comprend ce que je ressens.
Je me sens quand même proche de lui. Pourquoi ? C'est rare de voir des
personnes qui comprennent ma personnalité, comment je suis, comment
je réagis. Je lui explique tout ça et il a l'air de comprendre parfaitement.
Donc je me sens très proche de lui. Qu'est-ce que vous admirez chez lui ? J
'admire sa force, son charisme et puis son parcours.
Jérôme, vous êtes un grand frère pour sa conne ?
Je la prends ce soir, j'aimerais bien, oui, ça me plairait.
J'ai quand même un caractère à prendre sous ma coupe. Les gens que je sens, j
'aime pas le terme faible, mais les gens qui ont besoin d'être aidés, d'être
compris et de parler, oui, ça me plaît.
Dans quel domaine il a besoin d'être aidé, Sakon ? Il passe pas mal de temps
seul, donc les gens qui restent tout seuls, c'est une volonté, mais après ça
peut vite devenir un ennui. Donc si je peux devenir camarade et un confident,
entre guillemets, c'est bien.
Alors, Sakon.
Vous êtes souvent seul, vous êtes différent des autres, c'est vous qui le
dites, et moi je voudrais savoir si vous avez l'impression que vous êtes
suffisamment actif au niveau des tâches du campement.
Je ne pense pas que je suis un feignant, je ne pense pas que je suis vraiment la
seule personne qui en fasse le moins.
Mais vous êtes quand même conscient de ne pas être suffisamment actif en tout
cas. Oui, je suis conscient. Je suis conscient que je ne suis pas
suffisamment actif sur le camp.
Maintenant, c'est aux autres de me dire comment je peux les aider. C'est
vraiment aux autres de me le dire.
Parce que de moi-même, je ne vois pas ce que je peux faire de plus puisque les
autres le font déjà.
Bon, il est temps de passer au vote.
Clémence, vous êtes la première à aller voter. Allez-y.
Brumel, c'est à vous.
Je vote Marie-Cécile, à contre-cœur.
Marie-Cécile, allez voter.
Donc aujourd'hui, je vote contre Mohamed parce que j'aimerais que les autres
aient un peu plus d'importance et prennent un peu plus de place sur le
camp.
Jérôme, c'est votre premier vote chez les jaunes.
Alexis.
Ça conne à vous de voter.
Et enfin Koumba pour clore le vote.
Vous avez tous voté, je vais chercher l'urne.
Et tout de suite je procède au dépouillement.
Marie-Cécile
Mohamed
Mohamed
Marie
-Cécile
Égalité parfaite Deux contre vous Marie-Cécile, deux
contre vous Mohamed.
Marie-Cécile.
Marie-Cécile.
Marie-Cécile.
Marie-Cécile, prenez votre sac, récupérez votre flambeau et venez me
rejoindre.
Marie-Cécile, ils ont décidé de vous éliminer et leur sentence est
irrévocable.
Marie-Cécile, tournez-vous.
L'occasion pour vous, une dernière fois, de vous exprimer devant eux.
Je suis un peu gagnée par émotion quand même.
Je vais vous dire un petit mot avant de partir. Déjà, je souhaite à Clémence et
Alexis qu'ils aillent le plus loin possible dans l'aventure.
Et je vous souhaite à vous tous que vous alliez au bout de vous-mêmes.
Et je vais toujours faire une bise avant de partir, histoire de partir sans
rancœur.
Marie-Cécile paye le prix de son indépendance et peut-être de sa liberté
de parole dans une tribu où l'on ne pardonne pas la faiblesse physique.
Au programme de la semaine prochaine, pluie et chuchotement. C'est très très
dur, très très dur.
Les conditions météo se dégradent, les naufragés souffrent et certains même...
pensent à abandonner.
Révolte, grincement de dents, exclusion font le quotidien de l'aventure avant
que l'amitié, le dépassement de soi et le partage ne reprennent le dessus.
C'est là où on ressent le vrai Koh-Lanta, la vraie compétition. Du
jamais vu dans Koh-Lanta la semaine prochaine, à la même heure, sur TF1.
Koh-Lanta ! Marie-Cécile, je vote contre toi ce soir car tu me sembles fatiguée
et énervée de toute cette aventure.
Je vote Marie-Cécile parce qu'elle tombe souvent malade. Je sens qu'elle est très
fatiguée. Il est temps pour elle d'aller se reposer. Je lui souhaite un bon
repos. En ce moment, tu es hors-jeu, tu es fatiguée, tu es malade et ça se voit
un peu beaucoup que tu en as ras-le-bol.
Et la femme qui était en toi au début du jeu s'est éteinte. Donc, je te souhaite
bon courage.
Je pense que tu as été, ces derniers jours, la seule à avoir eu une petite
baisse de morale et de régime.
C'est Mohamed qui décide un peu qui vote pour qui. Et Mohamed, pour moi, ce n'est
pas du tout un meneur de femme.
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