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5 heures du matin, la grande pirogue calédonienne glisse dans la nuit de la
baie d'Oro. À bord, 16 Français, 8 femmes, 8 hommes, des jeunes et des
moins jeunes, tous animés du même espoir. Être encore là dans 40 jours,
être le dernier survivant. et empocher les 100 000 euros du vainqueur.
Vivraient eux-mêmes isolés, privés de tout, sur deux petits îlots au large de
la Nouvelle-Calédonie, ils vont affronter les éléments, déjouer les
pièges de la nature et surtout, survivre aux autres.
C'est la loi impitoyable de Koh-Lanta.
Au départ, ils étaient 16.
Dans 40 jours, il n'en restera qu'un.
Déjà trois jours de survie sur les deux îlots, Kumo et Kanawa, trois jours d
'efforts, de souffrance, mais aussi de joie et d'amitié.
Sur Kanawa vivent désormais les seniors. Ils ont entre 30 et 60 ans, mais ils
tiennent la forme. Ils ont tout gagné jusqu'à présent, confort et immunité, et
ont toutes les raisons de se réjouir. Pourtant, ils se déchirent depuis le
premier jour.
Pourquoi se déchirer ? Pourquoi essayer de comprendre l'autre ?
Deux clans violemment antagonistes se sont formés. D'un côté, Christine, 35
ans, de Toulon. Elle dirige une auto-école avec son mari.
Toujours à ses côtés, Véronique, 37 ans, chef de publicité venue de Picardie. Ces
deux mamans ont conclu un pacte solide avec Jérôme, 33 ans, gendarme plongeur
en Haute-Savoie. Thierry, 38 ans, bouché dans la Drôme. Et enfin, Pierre, 51 ans,
graphiste, installé dans la banlieue de Nancy en Lorraine.
Tout dans le mental.
Face à eux, trois solitaires étroitement liés.
Eliane, 40 ans, quartier maître tailleur dans la Marine Nationale.
Sylvie, 43 ans, ordonnatrice de pompes funèbres en région parisienne. Et enfin,
Francis, 59 ans, le doyen de l'aventure.
Retraité, il habite près d'Angoulême, dans le Périgord.
Moi, ici, pour le moment, c'est que du bonheur.
Leurs adversaires, les juniors, installés sur Kumo, encaissent de plein
fouet toutes les vicissitudes de l'aventure. Il y a des hauts, des bas.
Là, on est des grappes dans le bas.
Pas de feu, rien à manger. Du coup, l'angoisse et l'inquiétude s'installent
dans la tribu.
Ils sont dominés dans les épreuves et le moral est souvent au plus bas.
Pourtant, il y a de la bonne humeur, du punch.
Et on se serre les coudes dans cette tribu qui regroupe sous la même bannière
jaune des jeunes d'origine très diverse.
Venu de banlieue, Mohamed, 24 ans, chauffeur d'autocar.
Il habite à Colombe dans le 92.
Quand j'aurai le temps, je ferai un hamac.
Koumba, 22 ans, hôtesse dans la restauration. D'origine malienne, elle
vit à Nanterre dans le 92 également.
Sakon, 23 ans, d'origine laotienne, commercial dans la publicité. Il habite
dans le 77.
Moi, je ne fais que courir.
Au côté de ce trio très solidaire, une étudiante, Clémence, 20 ans, de
Toulouse. Elle prépare un diplôme d'éducation physique.
Très sportive également, Marie-Cécile, 21 ans, actuellement à la recherche d'un
emploi. Elle habite chez ses parents, dans les Yvelines. Et enfin, un profil
atypique pour le dernier membre de cette tribu koumo, Alexis, 28 ans.
Extralucide, il exerce la profession de voyant dans la région lyonnaise.
Les juniors ne sont plus que six.
Ils ont en effet perdu deux équipiers au premier conseil. Cette double perte est
le résultat d'une stratégie malencontreuse.
Aude ne se sent pas la force d'affronter le vote secret de ses camarades. Elle
craque et demande à être éliminée.
C'est un choix personnel, il faut un premier, il n'y a pas de problème.
Cet abandon déguisé fait bien l'affaire de tout le monde.
Les kumos sautent sur l'occasion et éliminent Aude.
Mal leur en prend, leur engagement dans l'aventure n'est pas compatible avec de
tels comportements.
Le vote ne doit pas servir à masquer la faiblesse psychologique d'un aventurier.
L'élimination d'Aude est donc requalifiée en abandon et les kumos
doivent re-voter.
C'est alors Mathieu, le benjamin le moins actif sur le camp, qui fait les
frais du véritable vote.
De nos collègues qui s'en vont, trouver le positif là-dedans, ça commence
à devenir chaud. C'est vrai que longtemps on s'aperçoit que c'est très
difficile, c'est pas pour les mauvaises, c'est pas un jeu de...
Des faibles ? Je savais que Colin Tass allait nous perturber, bien comme il
faut, mais pas comme ça.
Ils ont bien eu. Quand il a dit au conseil, vous allez voter une deuxième
fois ? Mon cœur a basculé. Moi aussi.
Les kumos sont sonnés par cette mésaventure. C'est donc une équipe en
déroute qui se couche le ventre vide. Au
matin, les résultats du vote sont au centre
des discussions.
Le moins adapté à la survie, le moins engagé dans le groupe aussi et le plus
différent de nous tous.
C'est un jeune homme dont les parents ont beaucoup de moyens.
A cause de ça, monsieur se permet de rien foutre de ses journées d'après ce
qu'il nous expliquait, qu'il ne foutait rien dans la vie, ses parents lui
offraient ça, ses parents lui offraient ça.
Tandis que moi, depuis que j'ai 16 ans, je travaille. Moi, mes parents ne m'ont
jamais rien offert. Pour moi, c'est le chef des bois rien. C'est-à-dire, à l
'épreuve, je voyais qu'il était en train de pleurer et tout ça. Alors, tout le
monde est en train de souffrir à l'épreuve du trou.
On est en pleine épreuve d'immunité et le gars il lâche le tronc d'arbre, il
nous regarde, donc ça pour moi c'est pas tolérable.
Les jeunes doivent se ressaisir, c'est certain, pour éviter une troisième
défaite. On est l'équipe des juniors et on n'a pas l'expérience requise peut
-être pour tout ça, donc on fait de notre mieux, mais j'ai envie de leur
montrer que c'est pas parce qu'on est jeunes qu'on n'a rien dans le cerveau,
qu'on n'a rien du tout d'ailleurs.
Même si c'est difficile, même si on n'a pas d'énergie, il va bien falloir qu'on
y aille avec l'envie, l'envie de jouer, l'envie de gagner.
Sinon, ce n'est même pas la peine de rester là.
C'est l'inquiétude sur Kumo, presque l'amorosité.
Chez les seniors sur Kanawa, on gagne, mais on est bougons. Ce matin, c'est l
'étanchéité de la cabane de Francis et d'Eliane qui pose problème.
C'était terrible.
C'était dur. J'espère que ça va recommencer.
Cette nuit a été une des nuits la plus longue.
rythmée par les averses, la pluie. Bon, c'est vrai que les nuits précédentes, il
y avait des petites averses, mais ça ne durait pas.
Là, je veux dire, sur la première partie de la nuit, ou une grande partie de la
nuit, on était trempés.
L'horreur, il a fait que pleuvoir sans arrêt. On se recouchait, il pleuvait, on
se resséchait. Quand on était secs, ça a repleuvé.
On a tous testé la cabane, mais malheureusement, elle n'est pas
efficace. C'est vrai que quand on a un déluge comme on a eu hier soir, à bout d
'un moment, le feuillage ne fait plus son effet.
Aujourd'hui, on a de la chance, parce que c'est marée basse. On peut se mettre
sous le rocher.
On est bien ennuyés quand c'est marée haute et qu'il pleut.
On n'est pas les bienvenus. On n'est pas d'abri.
De toute façon, elle fuit. Ça pleut dans la cabane.
Elle n'est pas assez grande.
Il y en a qui sont sur les bords, qui ne sont pas du tout abrutés.
Ceux qui sont au fond doivent sortir parce qu'ils sont sous une gouttière.
La cabane est plus petite, si vous l'apprenez.
Si vous la voulez plus grande, vous n'allez pas travailler.
Francis a son franc-parler et l'histoire de la cabane lui reste en travers de la
gorge. En tant que constructeur, il ne fait pas l'unanimité. C'est donc en
chasseur qu'il devrait s'imposer.
Je vais voir les deux ou trois petits pièges que j'ai tendus pour essayer d
'attraper un animal quelconque.
Pour Francis, la chasse, c'est toute sa vie.
Pas un hectare du Périgord que ce vaillant retraité n'ait arpenté. Né au
sol, fusil en main, sur les traces du gibier.
C'est un passage à sanglier. Nous, on appelle ça une coulée.
C'est le chemin des sangliers. Ils passent là. Mais le plaisir du chasseur,
c'est surtout les copains et les bonnes tablées. On festoie avant et après la
partie de chasse. Tout bon chasseur, avant de partir à la chasse, doit se
réconforter. Parce qu'après, il y a l'effort.
Bon pied, bon oeil, à bientôt 60 ans, Francis est un caractère bien trempé, un
sanguin aux verbes fleuris, il n'a jamais sa langue dans sa poche.
Il a un sale caractère même des fois, caractère de cochon. Bon moi je l'ai
souvent vu s'engueuler entre guillemets avec des amis, c'est comique.
Forte tête et hyperactif, quand il ne chasse pas, il bricole. Il jardine ou s
'occupe avec amour de ses pigeons, de ses rosiers, toujours accompagné de son
chien, le fidèle Saxo qui ne le quitte jamais.
Mais même douilletement installé au coin du feu, la même idée revient toujours.
En France, je suis capable de tuer ou d'attraper, de piéger n'importe quel
gibier et je voudrais voir si sur l'île, je suis capable d'en faire autant.
Il n'y a aucun problème, il n'y a absolument rien.
Francis, au départ, il a dit, oui, oui, moi, je suis chasseur, je vais vous
aller voir, j'ai appris qu'il y avait des cochons sauvages, je vais vous en
tuer un, on va se faire un méchoui. Vous nous avez dit au début qu'il allait nous
ramener un sanglier, donc on l'a charrié quelques jours avec ça.
Pierre, un peu par dessous, a fait un mot. C'était mieux rapicolé. L'animal,
qu'est-ce qu'il fait ? Il fait ça, là.
Il va rentrer. Et ça tombe dessus.
Mais s'il arrive, c'est tout petit. Ou des fourmis, mais encore même pas, on n
'en voit pas.
Il est revenu bredouille, Francis V.
Il parle pour rien dire. Il parle pour dire des conneries. Il parle pour
beaucoup de choses.
Et quand on lui demande du résultat, il n'y a rien.
Décidément, Francis est sévèrement jugé. C'est vrai, pour l'instant, les Canawas
mangent plus souvent les bénitiers de Jérôme que les lapins de Francis.
Une raison supplémentaire à la rivalité des deux clans. Les affinités des
premières heures et des premiers jours sont là.
C'est vrai qu'aujourd'hui, il y a deux groupes qui sont présents.
Ils sont autour du feu. On arrive, ça s'en va.
On les laisse à un moment, on y va, ça revient au feu. Alors on a discuté, on a
discuté, quoi, 30 secondes.
Et dans les trois minutes qui suivent, tout le monde est parti.
Cinq d'un côté, trois de l'autre.
C'est des groupes qui vivent en bonne intelligence.
La tribu rouge est profondément divisée, c'est certain. Un handicap sérieux pour
le jeu de confort à venir.
Il y a un message !
Partagez votre espoir pour décrocher la victoire.
Un échange de candidats.
L'espoir pour certains qui ont envie de quitter les rues. Pour gagner quoi ? L
'espoir, c'est qu'on nous envoie de jaune et on nous peine de rouge.
Et à partir de là, on rééquilibre les chances.
Pour les jeunes, la victoire dans cette épreuve est tout simplement une question
de survie.
Il y a des hauts, des bas. Là, on a des grappes dans le bas.
Il faut rebooster, là. Il faut rebooster grave.
Il suffit d'un rien pour rebooster tout le monde.
Mais comme là, pour l'instant, on n'a rien.
Quand j'ai un truc à faire, je le fais. Mais si j'ai rien à faire, je bouge pas.
C'est des mouvements inutiles. Tu as de la force pour rien.
Je sais que si moi, je suis crevée, etc., et que je vois Sakon assis, ça
pourrait m'énerver.
C'est normal, en tant que sportif, si je mange pas, je suis pas au top de mes
capacités. Je pense que Sakon, il manque juste un peu de mental.
Moi, je suis très fort psychologiquement parce que j'ai eu une enfance difficile
et j'ai toujours dû apprendre à être seul. Et si je n'ai pas le mental, je ne
pourrais pas être là aujourd'hui.
J'espère que l'autre s'en rende compte.
Psychologiquement, je suis l'un des plus forts, je pense.
Moi, là, ça m'énerve.
Ça m'énerve. Il faut se motiver. Il faut y aller. Le mental, il est là.
Si le mental, il est bon, le corps, il va suivre.
De la motivation chez les kumos, il en faut.
Déjà quatre jours sans repas chauds et même pour certains, sans repas du tout.
Peut-être l'occasion pour eux de gagner enfin ce feu si précieux. Moi, j'ai trop
la rage. J'ai trop envie de les tuer, les autres.
Je me battrai jusqu'à la mort. Je me donnerai dans toutes mes dernières
ressources parce que je n'ai pas mangé.
Quitte à tomber dans les pommes, autant mourir en se battant.
Un combat.
Bonjour à tous, bienvenue dans ce cadre enchanteur de la baie d'Oupi.
En cas de victoire, les jaunes, vous gagnerez le feu.
Les rouges, si vous l'emportez, et bien croyez-moi la pêche sera beaucoup plus
facile. Vous avez derrière vous trois bois sacrés, et vous le constatez, deux
sont incomplets.
Votre but, aller chercher un petit peu plus loin dans la baie, les deux parties
manquantes qui sont sur la flèche de cette pirogue.
L'équipe qui reconstituera en premier son bois sacré remportera cette épreuve.
Sur une portion du parcours, vous allez devoir porter l'un de vos équipiers sur
un plateau de bois comme celui-ci.
Les rouges, vous l'avez constaté, les jaunes ne sont plus que six.
Il faut donc désigner les deux membres de votre tribu qui ne participeront pas
à cette épreuve.
Entre vous deux, qui c'est qui va le faire ou pas ?
Allez, prenez une décision, vite.
Une ou l'autre.
Tu fais quoi, tu y vas ? Oui, j'y vais.
Jérôme, qui sont ceux qui ne participent pas ? Véronique et Sylvie.
Sylvie, Véronique, venez me rejoindre. Vous ne participez pas à cette épreuve.
3, 2, 1, go !
Sakon fait un départ canon, les jaunes foncent derrière lui.
Image surprenante, c'est Francis le vétéran qui mène la tribu des seniors.
Il remonte même les jeunes, 50 mètres à fond, sans échauffement, ses troupes,
ses jambes de sexagénaire.
Après 10 secondes de course, il s'effondre.
Les
autres
concurrents poursuivent l'épreuve, laissant derrière eux Francis gémissant
de douleur.
Allez, allez.
Les jaunes, c'est normal, continuent leur effort. Ils n'ont pas à se
préoccuper de Francis et ils hissent Marie-Cécile sur le bouclier de bois.
Les seniors sont déstabilisés, il manque quelqu'un pour porter.
Véronique est autorisée à rentrer en jeu en remplacement de Francis, bien mal en
point.
Pendant que les rouges se remettent dans le sens de la marche, les juniors sont
déjà loin. Ils progressent sur la plage en direction de la pirogue échouée.
Leur mission, détacher la pointe de leur totem.
A cet instant, la stratégie des jeunes dévoile son défaut.
Marie-Cécile est peut-être la plus légère, mais elle n'est pas la plus
grande. Elle a donc du mal à atteindre l'anneau.
C'est une aubaine pour les rouges, qui peuvent ainsi combler une bonne partie
de leur retard.
C'est bien, c'est bien ! Les seniors ont tout
donné pour rattraper les jeunes. Ils sont à bout de force.
Véronique est arrêtée à son tour par les deux goupilles qui retiennent l'anneau.
Dernière ligne droite pour les juniors. Il leur suffit maintenant d'en ficher à
tête du totem.
Bravo à la victoire pour les jeunes !
Il gagne sur une blessure, ce n'est pas une victoire.
On est à bouffer ! D'ailleurs, quand on
arrive, on va serrer la patte à Francis.
J'ai aucun reproche.
Personne n'a dit quoi de ce soir.
Ça va,
ça va. Nous allons faire intervenir le médecin qui va vous ausculter.
Les Rouges, vous avez été battus surtout par le sort avec cette blessure de
Francis. Mais je crois vraiment que le plus important, c'est la santé de
Francis. Donc, je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Et occupez-vous
de Francis.
Merci.
La voilà enfin, cette victoire, les Jaunes !
Là, vous l'avez enfin gagné le feu.
C'est ça les jeunes ! Et bien sur votre bivouac, vous allez recevoir la visite
de Joss l'Ancien. Et lui, il a la bonne technique pour faire le feu.
A très vite ! Les jeunes, tout à leur joie, ne prêtent pas attention aux
rouges qui, dans un bel élan de solidarité, soutiennent Francis
fraternellement vers l'infirmerie.
C'est fini, je suis baisé.
Je pense que l'effort demandé au départ de lever les pieds dans l'eau, il a été
trop violent et à froid.
Il est parti comme un dératé.
J'ai vu s'exposer à l'envol.
C'était mal au cul.
Vous n'aurez pas dû le prendre, il y a une bronchite.
Putain. Je n'ai pas compris.
Il fallait le dire.
Ben non.
Lui, il a 60 ans, il part à fond sur une épreuve et il va se claquer un muscle.
En plus, à quoi ça nous servait qu'il parte tout seul devant ? Il fallait qu
'il nous attende.
Je crois que dans sa tête, il a gardé 20 ans.
Lui, il se dit qu'il en a 60, mais il réagit comme un gamin de 20 ans.
C'est ça qui fait mal.
On va voir comment ça évolue, mais j'ai peur que ce soit quand même un bon
claquage.
Moi aussi, j'en ai bien peur.
Moi, je suis déçu de ne pas pouvoir continuer momentanément et d'avoir
arrêté comme ça.
Je suis énormément déçu.
Je ne suis plus déçu par l'attitude des cris des jeunes pour la victoire. Je n
'aurais pas crié. T'as rien vu pour eux ? Non, mais on garde un peu d'humilité.
On perd sur blessure. L'état de Francis mérite un examen plus approfondi. Le
médecin de l'aventure décide de le transférer à l'infirmerie.
Les rouges ont peu d'espoir de retrouver leur vétéran valide. Les jeunes sont eux
particulièrement heureux d'accueillir sur Kumo plus qu'un vétéran, un sage, un
ancêtre, le vieux Joss.
venu spécialement de sa tribu des Chambas, très loin au nord de la
Nouvelle-Calédonie. Il a revêtu pour eux la tenue traditionnelle des Kanaks de la
Grande Terre, un habile tressage de feuilles de pandanus, pas un bouton, pas
une épingle, un costume écologique, et ça ne se démode pas.
Mais pour l'instant, la grande affaire, c'est le feu et Joss et l'un des
derniers anciens à ne jamais s'être servi d'une allumette ou d'un briquet.
Deux bouts de bois, cela paraît simple, mais aujourd'hui, à l'aube du 21e
siècle, ils sont peu nombreux, ceux qui, comme le vieux Joss, font du feu comme à
l'âge de pierre.
Le vieux, il va frotter les deux bouts de bois, il aura besoin d'aide pour qu
'on appuie sur l'autre bout du grand morceau de bois.
Putain ! Comment on a galéré, nous !
Avec tout ce qu'on a essayé, il y a quelque chose qui nous a échappé, c'est
le fait de produire de la cendre.
Et d'après ce que j'ai compris, la technique est en réalité d'utiliser
cette cendre qui est super chaude pour faire brûler des morceaux de palme comme
ça.
Ça fume sur Kumo. Le vieux Joss est un magicien, mais il a plus de 80 ans.
Il lui faut un peu d'aide.
Ça commence à bouder.
Oh, du feu !
Incroyable. Incroyable, mon pote.
Faut que la braise, elle se communique à la paille.
Voilà, c'est bon.
Ça sent bon.
Ça fait bizarre, mais elle m'appuie.
Ça va trop bien. On a fait bon.
Du feu ! Du feu ! Du feu !
On va chercher du bois. Du petit bois d'abord.
Tiens, tiens.
Oh non.
Ah, mais t'as savouré ce moment.
Ah, merci beaucoup monsieur.
Ça y est, ça y est, je suis opérationnel. C'est la flamme de l
'espoir. La flamme de l'espoir, comme on dirait. La flamme de l'espoir. Ah
putain. Ça me fait chaud au corps et ça me fait chaud au cœur.
Je suis contente. Franchement, c'est...
Je vais aller lui faire un câlin.
Merci beaucoup, merci.
On est vraiment contents et ça nous soulage parce qu'on ne savait pas où on
allait.
Pour tout, pour que ce soit la lumière, la chaleur, pour faire sécher les
vêtements quand il pleut et surtout la nourriture, ça va nous donner un second
sou. Ça implique plein de choses. On va faire du riz et on va chasser.
Moi, je vais chasser ce soir. On va au boulot. On va en manger.
Mission accomplie pour le vieux Joss. Les juniors peuvent préparer leur
premier plat de riz. Un événement sur Kumo.
On va manger du riz avec un peu d'eau.
Voilà, du riz.
Repu, les kumos se couchent. Quelques heures plus tard, fidèle à sa parole,
Mohamed se lève pour aller à la chasse aux puffins nocturnes.
J'arrive, queen et j'arrive.
Le plus fin ou fouqué du Pacifique est un oiseau marin abondant sous ses
latitudes. D'un naturel confiant et débonnaire, il creuse son terrier dans
le sable des plages isolées où les prédateurs sont peu nombreux.
Dès la tombée de la nuit, il déambule sans méfiance autour de son nid en
poussant de petits cris plaintifs.
Il n'est que très rarement chassé car sa chair, sans le poisson, c'est pour cette
raison que Mohamed l'approche si facilement.
Il n'y a que la nuit, on peut les chasser.
Quand la lune est là, ça m'éclaire un peu plus.
Moi, je vois des points noirs qui bougent.
Ces points noirs, c'est les oiseaux.
Ça, ça peut être le petit déj de demain matin ou la grillette de ce soir.
On va en attraper deux ou trois, après je vais les tuer.
On va les empêcher maintenant.
Ça le fait, un petit barbecue.
Ne lâche pas la tête.
Pour les rescapés, il faut survivre.
La seule solution, c'est manger tout et n'importe quoi.
C'est le foie, le cœur ou le foie. Si vous voulez les manger, c'est les trucs
mangeables.
Personnellement, non. Moi, non.
Toi, non ? Non. Le prochain objectif, c'est une chute.
Durant cette nuit, on les a préparés de manière à ce que demain, quand on se
lève, il ne nous reste plus qu'à les mettre sur une broche et à les faire
cuire. On les a vidés, on a enlevé les poils, on les a parés pour demain.
Ce t-shirt, il aura tout fait.
Ça, ça va nous donner des forces. C'est des petites cuisses.
Ça, c'est l'aile.
Là, il n'y a plus de tête.
C'est bon pour ce soir. L'excitation de la chasse retombée, les jaunes finissent
par s'endormir.
Les rouges, eux, ont passé la nuit sans Francis, retenu à l'infirmerie. Une
absence qui pèse sur le moral des membres de son clan.
Ça m'inquiète énormément qu'il se soit blessé. On ne sait pas ce qu'il a, on ne
sait pas si il va revenir.
S'il va bien, c'est toujours ennuyant.
Il faisait partie un peu de nous.
En trois jours, on s'attache vite.
D'ailleurs, j'ai dormi avec son cul.
Ici, pour la maman, ce n'est que du bonheur. Je n'ai pas eu froid. Moi, j'ai
dormi. Je ne suis pas fatigué.
Je n'ai pas faim. J'ai la pêche.
Tranquille.
Il faisait rire.
Des fois, il était un petit peu saoulant parce que c'est vrai que c'est un moulin
parole.
Mais bon, c'est important.
On est tous différents.
Moi,
j'avais accepté tel qu'il était.
Je suis un peu ami, mais je sais aussi être vipère et je pense que je vais l
'être. Moi, je n'aime pas qu'on fasse des saloperies. Je l'ai toujours dit.
Moi, je suis droit.
Blanc, c'est blanc.
Noir, c'est noir. Il n'y a pas de gris.
Non, ce n'est pas grave. Je pense qu'il avait le moral.
S'il s'en va, ce n'est pas de sa faute.
La situation est critique pour Eliane et Sylvie.
Privées du soutien de Francis, la moindre de leurs initiatives est
repoussée par le clan des cinq.
On y va Eliane, parce qu'il faudrait qu'on change de plan.
Pourquoi ? On avait décidé d'aller chercher du bois parce qu'il n'y avait
rien de décidé.
Et quand on a voulu partir, ils nous ont dit non. On ne va pas y aller
maintenant, il fait nuit, on va attendre qu'il fait jour. Le temps qu'on marche,
il va faire jour. Il suffit que cet après-midi, on reparte à deux, on va
faire le même chemin que toi et c'est peut-être perdu.
Ok,
il n'y a pas de souci, on vous écoute.
Alors effectivement, il ne faut pas toujours prendre l'initiative de faire
des choses parce que ça déplaît.
Donc quand on vous dit quelque chose, il faut savoir aller dans le sens.
Là, on va en fait retravailler un peu le camp, c'est ça ? Oui.
Ce matin, on va d'abord manger.
Après, on va manger suivant.
Il y a plein d'arbres morts sur la plage. On va s'en servir pour faire du
feu. Ça évite d'aller dans la forêt, de tirer des arbres de la forêt.
Autant se servir de ce qu'on a à côté de chez nous. Je vais me laver et je vais
ramener du bois.
Voilà, on les laisse vivre leur vie.
Pour nous, c'est tout à fait clair.
On a voulu aller chercher du bois, on nous a dit non, il ne faut pas aller
chercher de bois, ce n'est pas l'heure. On ne va pas chercher de bois.
Très bien ! Moi,
je m'en lave les mains.
Je m'en lave les mains. Mais tout va très bien, je suis très très contente.
Nous, on vit les choses plus sereinement, on apprécie le paysage.
Il y a envie d'aventure. C'est ça la différence.
Tous ces motifs, il faut essayer. Ce n'est pas évident de passer au-dessus de
tout ça.
Elle est où, Sylvie ? On attend de voir les poissons. On a un pêcheur, on n'en a
pas encore pêché un seul.
C'est de la mise en scène. Elle ne met jamais les pieds dans l'eau.
Elle trouve quelque chose à redire.
Je préfère même pas le dire.
Elle a dit à Eliane qu'à l'époque, on se met en valeur pour abuser.
Il faut bien qu'elles aient une tête de turc.
Et puis on essaye, entre filles, de prendre la plus souriante et la plus
jolie. C'est typiquement féminin.
Et donc c'est tombé sur moi, j'ai pas eu de bol.
Quand on a un peu des atouts, et puis si on est un petit peu souriante et
positive, on dérange.
Comme d'habitude, Christine.
Christine, la star Christine.
La pêcheresse Christine.
Voilà. Si Christine veut que j'explose, je pense que là, elle me connaît mal
parce qu'elle va pas me chercher longtemps.
Sylvie, à 43 ans, n'est pas femme à se laisser marcher sur les pieds. En
général, elle a un avis et elle l'impose. Je vais essayer de tenir ma
place au sein du groupe, mais me faire petite, je ne suis pas sûre que j'y
arrive. Bien, ne pas avoir peur.
Elle aime bien.
Si en plus elle a raison, c'est formidable.
Désir d'arrêter des valeurs et surtout, la passion du jeu. De tous les jeux, du
cooling aux cartes, en solitaire ou en groupe, Sylvie joue pour gagner.
Je suis une joueuse et à partir du moment où je joue, je me prépare au jeu
et mon but est de gagner.
Et pour gagner, elle met toutes les chances de son côté, laisse la plus
petite place possible au hasard. Elle s'est même entraînée à poser des
collets, à chasser. Un vrai stage commando.
Je suis entraînée également à pêcher en mer le poulpe et les poissons, oui.
Décidée et calme, cette responsable d'agence de pompes funèbres... C'est
gérer professionnellement les moments de crise et de tension, mais elle doit
souvent masquer une sensibilité à fleur de peau. Je n'ai pas envie de passer
pour quelqu'un de faible, donc je me forge une carapace, oui, mais j'en suis
tout à fait consciente.
C'est comme ça depuis deux jours, à manipuler les gens, à leur faire croire
des choses.
On demande si elle n'est pas trop fragile.
Elle a un caractère qui est très fragile, tout à fait. Elle pleure
souvent, de toute façon. Elle pleure souvent.
Elle pleure tout le temps. Elle manque de caractère et c'est une girouette. Et
manque de confiance énorme. Le dernier qui a parlé a la parole.
Elle savait qu'elle a raison. Il y a des limites.
Franchement, il y a des limites. À la base, c'est instant.
Il faut arrêter, quoi.
Les heures et les jours passent et pourtant, l'ambiance ne s'améliore pas
sur Kanawa.
pour les kumos.
La fructueuse nuit de chasse conforte Mohamed dans son rôle de leader
charismatique des jaunes. C'est mignon. Voilà ce qu'on va manger à midi.
C'est mignon, on dirait des paupiètes de volaille.
On a passé une sacrée nuit.
Il ne faut pas faire de sentiments.
Il faut y aller direct.
Mohamed c'est quelqu'un qui est vachement dans l'instinct, qui est
vachement guerrier, il a la force physique, il a la puissance, il a la
musculature, donc c'est certain qu'il a un rôle à tenir là-dedans.
C'est comme un frère, on s'entend super bien, c'est un héros.
C'est mon exemple, c'est un exemple pour moi. Tu sais, on dirait le mari avec sa
femme maligne.
Genre le mari part à la chasse. Il part à la chasse, il fait tiens le gibier et
il repart. C'est vrai qu'il se débrouille très bien Mohamed en survie,
mais moi je ne le trouve pas exceptionnel.
Moi-même je suis capable de faire ce qu'il fait, mais puisqu'il l'a fait
avant moi, je ne vais pas le copier.
J'avoue, ça m'énerve un petit peu qu'ils sont tous en admiration devant Mohamed.
Mohamed cherche les oiseaux. Bon, je ne vais pas faire comme lui.
Je vais aller essayer d'attraper un plus gros poisson ou pourquoi pas une chèvre.
Je vais me débrouiller pour faire un petit peu mieux que lui.
Aussitôt dit, aussitôt fait.
Sa conne n'écoutant que son courage, part à la chasse.
C'est quoi ça d'après toi ? C'est un serpent ça ? Ah non, c'est un lézard.
N'aime pas les bêtes.
Je dois peut-être le manger, je ne sais pas.
Mais bon, j'hésite quand même.
Prends-le avec le couteau.
Il est déjà tout sec.
Vas-y, tu as des burnes. Vas-y.
Vas-y, n'hésite pas. Mais attends, c'est chaud.
C'est bon, la vie de ma mère, ça ressemble à du poulet. Voilà, tu vois.
On va en chasser plein, il y en a plein.
Je mange n'importe quoi, la honte.
Non mais c'est pas plus mal de laisser Mohamed tout faire. Finalement, en
réfléchissant, les plus forts souvent se retrouvent à être éliminés. Bel effort
de Sakon pour nourrir la tribu, mais le résultat est bien maigre. Les brochettes
de plus fins sont donc les bienvenues pour reprendre des forces.
Pourfondez pas dans ce défi, ne laissez pas tomber votre ami. Il faut porter
quelqu'un. Vas-y, on va chercher de l'eau, on fait un manger.
Il faut faire un manger là, parce que ça va pas tarder le défi.
Bon, allez-y, regardez-vous.
C'est bon, hein ? Oui, oui, c'est bon.
Vous pouvez tout manger, même les os.
Bravo, Marmène. Bravo à ceux qui l'ont coupé aussi. En fait, c'est l'odeur qui
vous fait... C'est vrai qu'il y a une odeur bizarre.
Là, c'est l'odeur du pas cuit.
Qu'est-ce que tu fais, là ? Tu dois jeter ça.
Voilà.
Tout le monde n'est pas convaincu des qualités gustatives du puffin, l'oiseau
se nourrissant exclusivement de crustacés ou de poissons.
Mais au moment d'affronter l'épreuve d'immunité, les rouges n'en ont pas
autant à se mettre sous la dent. Ils ne sont que sept, mais une excellente
nouvelle les attend. Le docteur a fait des miracles.
Francis est autorisé à revenir dans l'aventure.
Francis va revenir parmi vous.
Il réintègre son équipe. Alors certes, il n'est pas à 100% de ses moyens, mais
pour la survie, pas de problème. Francis, les Canavois vous attendent. Le
deuxième conseil se profile à l'horizon et tout va se dérouler dans une épreuve
au principe extrêmement simple.
Un membre de chaque tribu sera suspendu à cette corde. Les autres
tireront la corde depuis la plage pour maintenir.
en suspension, votre équipier.
Je vais vous demander dans un premier temps, les Rouges, de désigner les deux
membres de votre tribu qui ne participeront pas à cette épreuve.
Je suis revenu à une condition, c'est que de ne pas être mouru et je ne finis
pas d'épreuve. C'est trop physique de faire le départ.
Les Rouges, qui avez-vous choisi ? 6.
Voilà, maintenant que vous êtes 6 contre 6, Il va falloir choisir, et c'est
stratégique, celui ou celle qui va se retrouver en suspension au-dessus de la
mer.
Les jaunes, qui avez-vous choisi
? Clémence.
Et du côté des rouges ? Tous les autres, vous tirerez la corde.
Ok ? Allez vous mettre en place.
Vous êtes prêts ? Oui ! 3, 2, 1, tirez
!
Arrêtez !
Arrêtez, j'ai dit ! Les Kanawas, les Kumo, je vous rappelle que c'est celle
qui touchera en premier l'eau qui fera perdre son équipe. Stop, j'ai dit !
La clé de la réussite dans une épreuve de tirer de corde, c'est de répartir l
'effort de façon égale entre les participants.
Dans les deux équipes, on n'y parvient pas. Les premiers doivent fournir un
effort bien plus important que les autres.
Alors pour l'instant, bien entendu, c'est très facile, mais ça va se
compliquer.
Dans chaque équipe, l'un d'entre vous va quitter la corde. Je vous laisse 15
secondes pour savoir qui.
Ok,
attention, lâchez !
Ils ne sont plus que quatre pour maintenir leur équipière au-dessus de l
'eau. Après un quart d'heure de tension, les muscles commencent à tétaniser.
Ça se
complique
encore un peu. Vous n'allez être plus que trois par équipe pour tirer.
Vas-y, sérieusement, Alexé. Ça va parfaitement, hein ? 3, 2, 1, lâchez !
Dans la tribu Kumo, pas plus que dans celle des Kanawas, on a le féminisme
chevillé au corps. Les femmes doivent quitter la corde les premières. Place
aux muscles d'acier de ces messieurs.
Je suis bien, hein ? Ça calme ? Ouais, tranquille, tranquille.
Arrête, arrête, arrête, arrête de bouger, arrête de bouger, prends une
pause. C'est bon !
Allez, Pilou ! Et on accroît encore un petit peu plus la difficulté. Vous n
'allez être que deux par équipe. Faites votre choix.
Trois, deux, un, lâchez.
Allez,
les gars ! Allez !
Ni Clémence ni Véronique n'ont encore bougé d'un centimètre en direction de la
mer. Les hommes tiennent bon.
Mais le poids commence à faire son effet.
Chez les jeunes, 51 kilos plus le poids de la corps. Pour les seniors, Véronique
pèse 55 kilos.
Oh, debout, debout, debout, Thierry ! À partir de maintenant, un seul par
équipe. Momo, ça va ? Non,
ça va, non ! Parce qu'il est mieux que toi ! 3,
2, 1, lâchez tout de suite !
C'est le moment de vérité, face à face les deux leaders,
Jérôme gendarme et Mohamed, chauffeur d'autocar.
Deux techniques bien différentes, mais la même intensité, la même motivation
dans l'effort.
C'est bien, c'est bien, c'est bien. Il va lâcher.
Il est fatigué, là. Il lâche, Jérôme.
Elle est terrible, celle-là. Je lâche rien.
Je suis un loup.
Stop.
Décor pour les jeunes.
J'ai plus de couilles, mais ça va.
Bon, les Rouges, vous le constatez, la roue tourne très, très vite dans Koh
Lanta.
Deuxième défaite d'affilée.
Et pour vous, la perspective du premier conseil. Bon retour sur Kanawa. Merci.
Bravo, les Jaunes.
Quelle métamorphose depuis le début de l'aventure. Il y a eu une phase d
'adaptation et là, ça va beaucoup, beaucoup mieux.
Et surtout, vous allez repartir avec ce totem.
À qui je dois le donner ? À Mohamed. Mohamed.
Tenez, vous l'avez mérité.
Bravo encore.
Comme un bonheur n'arrive jamais seul, je vous annonce qu'une nouvelle
aventurière va appartenir à partir de ce soir à votre équipe.
Ça fait du bien.
Les Rouges ont donc perdu leur première épreuve d'immunité, mais ils ont
récupéré Francis, égal à lui-même.
La technique, moi je l'ai, je l'avais, le tir à la corde, je l'ai, c'est le P.U
.A., c'est 27 ans de ma vie, je sais faire, je connais ça.
Mais le dernier, c'est le plus costaud, il ne faut pas mettre le plus costaud
devant.
Bon, mais ça c'est technique.
Les organes principaux n'ont pas été touchés, en l'occurrence c'est quoi ?
Vocal.
C'est facile de dire une fois que c'est fini, j'ai une tactique.
Il était en pleine détresse, Jérôme, sachant qu'il venait de faire perdre l
'équipe et lui, il en ramène une couche. Donc ça, ce n'est pas très gentil.
Franchement, je le prends pas mal.
C'est un ancien.
C'est un ancien qui conseille comme ça. Il a envie de le faire, il le fait.
Il doit prendre un petit peu pour un petit.
Mais moi, je réagis bien là-dessus. Il y a d'autres qui réagissent beaucoup moins
bien.
Moi, je n'ai pas son expérience, donc je ne peux pas me permettre de partir dans
des palabres et dans des discours sur comment il fallait faire, si j'avais été
là, et puis moi, et moi, et moi.
Le retour de Francis n'est pas vraiment fêté sur Kanawha. La priorité reste de
trouver à manger. Il y a du manioc sur l'île que Francis n'a jamais trouvé.
Impossible pour lui de repartir en exploration.
Véronique, Thierry et Pierre s'en chargent.
Ce qu'on n'a pas apprécié de Francis, c'est qu'il l'a ramené dès le premier
jour, dès les premières heures qu'il allait faire ci, qu'il allait faire ça.
Et à chaque fois qu'il revenait, il disait, il n'y a rien, il n'y a rien, il
n'y a rien, il n'y a rien. On n'aurait jamais dû l'écouter, on aurait dû se
fier. Se fier à nous.
Tiens, c'est du manioc, ça.
Superbe ! Génial ! Tiens-moi ça.
Oui,
on déterre pas tout, on déterre pas tout.
Ça, on bouffe tout, il faut. On est marrés. Eh bien, on prend ça, mais ça,
il faut le laisser, on ne va pas le trouver aujourd'hui.
Tu lui ramènes un. Tu lui donnes ça à l'autre et tu lui dis, tu vois, que
Dis-lui quand on y va, nous on trouve quelque chose. Donc il les épluche, il
les lave à grand'eau, il va.
Il n'a jamais épluché un légume de sa vie.
Tu rigoles.
Si, allez, je vais faire plaisir.
On est tombé sur un nid, il y en a.
Je ne sais pas où c'est que vous êtes allé.
Ils en ont entré Francis de toute façon.
Malheureusement, plus d'une fois, il a dû essuyer des moqueries pas très
gentilles. Et ce n'est pas très agréable pour lui, ce que je peux comprendre.
Nous, on est passé à côté.
Mais il n'y a pas que moi qui suis allé. Il est bien allé, toi aussi.
Et sur le plat, c'est marqué juste là.
Qui s'est qu'à trouver le bananier, c'est pas eux. Qui s'est qu'à trouver
les papayes, c'est pas eux.
C'est quelqu'un qui a 60 ans. Je pense que déjà, on lui doit un minimum de
respect avant toute chose.
Et voilà.
Il faut lui remettre ça encore ? On lui remet où ? Il rigole.
Pas beaucoup de compassion pour les blessés dans le camp des seniors.
Pendant ce temps, Caroline débarque sur Kumo. Elle doit remplacer Aude dans la
tribu des juniors. Au campement, on ne se précipite pas à sa rencontre. C'est
le moins que l'on puisse dire.
Non, moi, je m'en fous un peu.
Elle arrive, elle arrive.
On verra comment ça se passe. Non,
moi, je ne suis pas curieux.
Mais si d'ici, elle est jolie, je veux bien la voir.
Où êtes-vous ?
On est un petit groupe, on s'entend bien, tout se passe bien et il y a un
corps étranger qui arrive.
SOS ! Il y a quelqu'un ? Maintenant après, si nous tombons sur quelqu'un qui
se révèle être un boulet, ce sera certainement difficile.
Il y a un énorme serpent là ! Alors je suis sûre que dans deux jours, je saurai
tuer et même dresser, faire faire des dents de serpent avec cet animal.
On n'a pas le choix, ce n'est pas nous qui décidons.
On serait bien passé d'elle, parce que là, le camp, tout est fait, il y a le
feu, on s'est démerdé.
Elle n'a pas connu la misère du début.
Allez, courage, c'est presque arrivé ! Alors, c'est votre nouvelle
équipière, Caroline.
Caroline, bonjour. Marie, bonjour.
Enchantée. Alors, à peine arrivée, déjà, je sentais que c'était un petit peu
glacial. Je suis arrivée à l'autre bout de la plage, je faisais des grands
signaux, on répondait à peine.
Il y a Marie et Clémence qui sont venues m'accueillir, mais tous les autres sont
restés sur le temps.
Bonjour, Caroline.
Alexis.
Enchantée. Vous êtes content d'avoir une nouvelle recrute ? Ben, ouais.
J'aime pas du tout.
C'est physiquement pas top.
Et en plus, ça a pas l'air d'être une sportive.
Mais voilà, je laisse la chance.
Et les âges ? 28.
22.
23.
Et toi ? 29.
Par contre, c'est un peu jeune pour moi.
Je m'attendais pas du tout à un groupe aussi jeune. Quand je les ai vus, je me
suis dit, mais c'est pas possible.
Ils sont super jeunes. Et donc, il y a quelqu'un qui part, c'est que je
remplace. Deux personnes ? Deux personnes. De votre groupe ? Oui, on est
six. On te racontera plus ou moins.
Non, on est un groupe qui s'entend bien. Il y a une bonne ambiance.
En quatre jours, il s'est passé plein de trucs.
Par contre, ils m'ont dit que c'était un groupe très uni, qu'ils s'entendaient
tous très bien. Mais j'ai l'impression que ce n'est pas vrai.
Déjà, ils m'ont dit ça de nerf.
Genre, on s'entend tous très bien. Viens pas foutre la merde.
Je sais pas, c'est un petit peu bizarre. T'es en plein dedans, là. T'es en plein
dans l'aventure. Ah oui, là, tu peux pas. Si tu dois aller faire caca, tu vas
faire caca là-bas. Ah oui, justement, il y a un coin pour ça.
Non, enfin non. Tu te débrouilles.
Chacun fait son choix.
Le principe, c'est de faire un trou et de reboucher après.
Elle va pas faire long feu chez nous.
Ouais, je pense qu'elle va pas faire long feu chez nous. Moi, j'ai du flair,
moi. Je sais que quand une personne, elle assure ou pas. Et on marche pas
avec des talons sur le sol.
Moi, ce qui m'a un petit peu pas frappée, c'est les talons. Tu as dit
tombe tes talons et le jean, parce que là, on dirait trop ça à des frères.
Au niveau de la praticité, c'est vrai que je suis quand même montée sur
Piloti. Je n'ai pas de tombe dans ma garde-robe, je suis assez branchée
talons. J'aime bien mettre ça avec des chaussettes dorées dessous.
Je suis fan des chaussures. On pourrait même dire que je suis une
collectionneuse de chaussures. Chaussures à talons, paillettes,
sophistiquées et pomponnées. Caroline est la femme. Elle vit dans un monde
rose, fuchsia, un monde de filles.
C'est un univers typiquement féminin qui me ressemble avec des couleurs fuchsia,
mauve, noire. Mais il y a quand même la place pour un garçon ici.
Il s'appelle Chéri, il est roux, il est très beau.
Et c'est lui l'homme de ma vie.
et créatrice de mode. De mode pour filles. En ce moment, j'ai ma période de
bijoux de sac.
J'accroche plein de petits gris-gris porte-bonheur pour décorer les sacs à
main. Et ses créations, elle les vend dans la petite boutique Rose qu'elle
tient avec sa maman. C'est en famille que Caroline aime vivre et travailler.
Ça doit être un feeling parce qu'on ne se concerte jamais et on a toujours les
mêmes goûts. Sa meilleure amie, c'est sa maman. Pas d'homme dans sa vie.
Caroline vit toujours entre filles, mais recherche l'amour avec un grand A.
Je vais rentrer, vous
allez être toutes vertes de jalousie.
Pour que ma fille soit heureuse, il ne lui manque que l'amour.
En attendant l'amour, son cœur va surtout pour sa grand-mère.
Sa confidente de toujours, Caroline lui voue un véritable culte. Elle se
retrouve tous les jours pour papoter à l'heure du thé. Cette complicité fait la
force de Caroline, mais c'est aussi son talon d'Achille.
J'aime ma grand-mère plus que tout. C'est vrai que c'est des mots qu'on ne
se dit pas souvent, on parle beaucoup, mais on n'est pas très démonstratif dans
la famille.
Et là, de parler un peu de tout ça, ça me fait vraiment chaud au cœur.
À son âge, j'avais la larme aussi très facile.
Finalement, après, en vieillissant, on devient...
On s'endurcit.
De toute façon, si je dis le mot papi et mamie, je pleure.
Je leur dis que je les aime de tout mon cœur.
Toute ma famille est tellement importante pour moi.
C'est vrai que les larmes ne couleraient pas si j'avais pu leur dire au revoir,
les embrasser très fort.
Je suis vraiment partie dans la précipitation.
Je n'ai pas eu le temps de leur dire que je les aimais.
Ah la pauvre, franchement, purée. Oui, ce n'est pas évident, la manière dont
elle arrive.
Elle va super mal dormir, elle va faire... Arrête. Tu retournes à Paris.
Elle habite à Biarritz. Ou ça se trouve, c'est une grande aventurière. Je pense
qu'elle va sauter. Je pense qu'elle va rester longtemps.
D'ailleurs, on voulait te demander, toi, tu as des compétences particulières,
physiquement, au niveau de la... Psychologiquement, je suis hyper forte.
D'accord.
Compétences physiques, non, jamais pas.
Et sinon, au niveau du feuillage et tout, il n'y a rien qui est combustible.
Les feuilles, on ne les mange pas. L'arrivée de la nouvelle équipière,
Caroline, ne suscite pas l'enthousiasme. Chez les Rouges, le nouvel arrivant, c
'est le manioc. Mais attention, les réserves ne sont pas inépuisables.
Dans la survie, la gourmandise peut coûter cher.
C'est un repas de Noël, on est en train de faire un repas de communion.
Alors ça bourrate, ou alors l'estomac est vachement relaxé. Je trouve qu'on a
fait un peu trop de manioc, je leur avais dit, et on a à peine réussi à
finir le plat. Donc c'est un petit peu dommage pour manger et après ne plus
rien avoir.
C'est grave.
C'est dommage de le jeter.
Tu refais une tournée.
Tournée obligatoire. Je pense que ce soir, on n'en avait pas besoin de ce
repas. En plus, il n'y a rien à fêter puisqu'on n'est pas vainqueurs.
Et comme on pense qu'on ne va pas rester longtemps sur l'île, donc à la rigueur,
on laisse faire.
La nuit tombe sur Kanawa et plus que jamais, les clans s'ignorent. Pour les
jeunes, nuit tranquille.
Enfin presque.
Il est maigre l'oiseau, il n'y a pas beaucoup de choses à manger.
Non, c'est maigre.
De toute façon, Mohamed est parti en chercher d'autres.
Il m'a bien mangé.
Mohamed repart à la chasse, si l'on peut appeler chasse, le fait de ramasser des
oiseaux sur le sable.
Certes, il y a de la viande au menu des koubos, mais ces captures de puffins ne
font pas l'unanimité.
Je n'aime pas.
J'ai mangé trop de cramé, je crois.
Il ne faudrait pas qu'elle fasse trop de manières. Parce qu'en ce moment, c'est
vraiment du luxe.
Et je pense qu'elle ne s'en rend pas bien compte. Parce qu'elle dit, moi, je
n'aime pas ceci, je n'aime pas cela.
Caroline, tu veux de... Non, non, ça, moi, filmer, je ne peux pas.
Je ne la sens pas comme nous six.
C'est-à-dire qu'on voit vraiment que ce n'est pas du tout son monde, qu'elle ne
s'est pas encore adaptée à l'hygiène et tout.
Je ne pense pas qu'elle ait fait toutes ses vacances en camping ces dix
dernières années.
Mon avis, c'est qu'elle essaie de faire le plus de trucs pour montrer qu'elle
est utile, qu'elle n'est pas là pour rien.
Moi, je ne fais pas la même chose.
Et je vous avoue qu'à sa place, je n'aimerais pas du tout être à sa place.
Je pensais que sur le plan humain, ça serait plus enrichissant.
Là, je me retrouve haricannée pour des conneries, sauf que ça vole vraiment
très bas.
Cette aventure, moi, je n'ai pas envie de la vivre comme ça, toute seule, comme
un chevet sur la soupe. J'ai envie de la vivre avec des gens, de partager tout ce
que je vois.
Là, pour pouvoir des papillons, ils n'en ont rien à faire.
Mais je m'en fous, je suis forte.
Caroline est en position de faiblesse chez les juniors. Elle a maintenant
trois jours devant elle pour convaincre ses équipiers.
Pendant ce temps, sur Kanawha, les grandes manœuvres d'avant-conseil
commencent. Moi j'ai quand même posé un deal à Jérôme.
Je lui ai quand même fait comprendre qu'il était en train de s'user, de se
couper les mains, de s'user et tout ça, physiquement.
Et puis les autres à côté, je lui ai dit texto, il y en a un qui physiquement n'a
rien à faire.
Il est nul, Pierre.
Il n'a pas de force. Au niveau physique, il est nul. Je pense que c'est un beau
perroquet. Il a un joli parler.
C'est tout.
Il n'a que ça.
Francis magouille de façon petite et basse. C'est nul.
Il est en train de me plomber par rapport aux autres en essayant de me
faire dire que je suis un peu le non-sportif de l'équipe.
Il faut quand même penser...
Quand on est un groupe comme ça, qu'on a des épreuves assez difficiles à faire,
il ne faut pas jeter n'importe comment n'importe qui, je veux dire.
Ce soir, c'est le premier conseil des Rouges. Compte tenu des clivages qui
divisent la tribu, chacun le sait, pour survivre à ce premier vote, il faut
tenter de surmonter la logique des clans. Et Liane tente un rapprochement
stratégique. Moi, j'ai pris mon rythme de vie. Je commence à prendre mes
repères aussi, ça y est.
Je prends des petites habitudes.
On n'a plus envie de partir.
En fait, j'ai l'impression qu'Eliane, elle se met dans un... Elle ne demande
qu'une chose, c'est de venir dans notre groupe.
Et puis d'ailleurs, on l'a vu aujourd'hui.
Sur la plage, elle est venue.
Ce qui m'a perturbée, c'est le comportement qu'on a eu tous au début. C
'est vrai que je fais beaucoup d'efforts. Parce qu'au départ, je suis
quand même quelqu'un d'individuel.
Je fais beaucoup d'efforts et je vais discuter avec les gens.
J'ai l'habitude, moi, de vivre seule. C'est ce que je t'expliquais au début.
Je prends du recul.
Mais il n'y a pas de problème, Eliane.
Et puis on comprend que tu as besoin d'avoir des moments à toi et que tu sois
seule. Eliane, c'est la personne que je n'aurais jamais cru voir à Koh Lanta.
Tout simplement parce qu'elle n'a aucune vie sociale, antisociale.
Je veux sauver ma peau aussi, il faut être honnête.
Moi j'ai envie de rester, je ne suis pas venue pour faire un bref séjour. Je t'ai
dit si tu veux la manger ma banane. Non, non, non, à la limite tu ne la manges
pas, on la coupe en 3, en 12, en 16.
Si tu veux, moi aujourd'hui, je mange autant qu'en France.
Ouais, nous non.
Et bien je te donne ma part.
Eliane tente le tout pour le tout, mais le clan des 3 semble bien mal parti.
De toute façon la tension elle est là, moi c'est terminé, moi je ne reviendrai
plus en arrière.
Donc ça y est, je suis totalement zen.
Ils font ce qu'ils veulent et moi, je fais ce que je veux. Et puis voilà.
Elle a une dent qui pousse au fond contre Christine.
Voilà, et la dent, elle pousse et elle pousse. Bon, ben, faisons comme il n'y a
pas d'antécisif, il faut qu'elle se fasse arracher ailleurs.
Tu ne sais pas ce qui peut arriver, Francis.
Tu as bien vu, il peut arriver n'importe quoi. Il peut se machiner, il peut se
planter. Moi, j'ai bon espoir. Moi, je dis rien et jamais. C'est comme au
poker.
Tu prends une carte et tu bluffes.
Et après, il faut payer pour voir.
Les Rouges sont dans l'inconnu au moment où ils progressent dans la forêt. C'est
leur premier conseil et des tensions sont apparues. Sylvie, dans ces
conditions, est en position de faiblesse tout simplement parce que les conflits
minent son moral.
Francis, lui, est blessé physiquement mais reste super motivé. Alors, est-ce
que les Kanawas vont avoir de la compassion pour leurs doyens diminués ?
Une seule chose est sûre, ils repartiront tout à l'heure sur Kanawa à
7.
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