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Bonsoir à tous, bienvenue au bout du monde, bienvenue en Nouvelle-Calédonie
dans un des endroits les plus beaux de la planète. Cet archipel mystérieux fut
longtemps redouté par les navigateurs pour son terrible récif et il est devenu
aujourd'hui un sanctuaire. Dans ses fonds marins exceptionnels se croisent
grands prédateurs et tortues de mer, bancs de poissons tropicaux et
redoutables coquillages tueurs dans le décor toujours renouvelé des coraux
saturés de couleurs.
Je suis ici sur le territoire des Vaho, une des huit tribus canaques de l'île
des Pins, un peuple de pêcheurs fort depuis des siècles, de son organisation
tribale immuable.
Dans cette nature préservée, les majestueux pins colonaires venus du fond
des âges abritent des espèces ailleurs inconnues. C'est dans ce lieu unique que
16 Français, de toutes conditions, vont vivre une aventure inoubliable.
Isolés, privés de tout, sur deux petits îlots au large de la Nouvelle-Calédonie,
ils vont affronter les éléments, déjouer les pièges de la nature et surtout
survivre aux autres.
C'est la loi impitoyable de Koh-Lanta. Aujourd'hui, ils sont 16.
Dans 40 jours, il n'en restera qu'un.
Les voici, les 16 courageux volontaires. 8 hommes, 8 femmes, ils n'ont pas eu le
temps de se changer et ils sont là tels qu'ils sont partis de chez eux, en tenue
de ville.
Ils ont survolé la Sibérie, se sont posés au Japon pour descendre plein sud
vers l'été, mois des mers australes.
À la barre de la pirogue, Joseph.
Il est là sur le territoire de sa tribu, les Vao, et il connaît l'endroit par
cœur.
Le
jour
se lève à peine, il est 5h du matin.
Pour les 16 candidats de Golanta, c'est le baptême du feu, ou plutôt de l'eau,
la mission de Joseph.
Et maintenant accompli.
Ils doivent rejoindre à la nage la terre ferme. Ils ont quelques minutes pour
quitter la pirogue et se diriger vers le feu sur la plage.
Impossible de reculer, l'aventure commence là, à 400 mètres du rivage.
Le premier à se jeter dans l'eau, Jérôme, 33 ans.
Ce n'est pas étonnant, il est gendarme plongeur en Haute-Savoie.
J'ai des moments de colère, je suis assez impulsif.
Torse nu, Pierre, venu de Lorraine, 51 ans, graphiste, 3 enfants, il n'aime pas
les surprises et il est déjà de mauvaise humeur.
Là non, moi j'ai les torses nus, c'est tout.
Alexis, 28 ans, de Lyon. Il ne râle pas, mais il a de quoi être dépité car il
avait tout prévu, sauf ce naufrage matinal.
Pourtant, il exerce la profession de tarologue et de voyant.
Marie-Cécile, 21 ans, habitant les Yvelines.
Petit gabarit, mais grand cœur, elle a laissé tomber le sport de compétition
pour rechercher un emploi. Pour l'instant, ce bain forcé n'est pas un
problème pour elle.
Pas plus que pour Sylvie, 43 ans, ordonnatrice de pompes funèbres en Ile
-de-France.
Mais on ne peut pas en dire autant de Thierry.
Couché dans la drôme, il est d'un naturel bavard. Il est en grande
difficulté car il sait à peine nager.
Et il a besoin d'assistance.
Moi, je suis peut-être plus de la terre.
C'est ce que je me dis pour me rassurer.
Et il n'est pas le seul. La fatigue du voyage, le stress, le manque de sommeil
engendrent la panique chez certains.
Sakon, 23 ans.
Lui non plus n'est pas très bien. Commercial ambitieux, il vient de la
région parisienne et veut apprendre beaucoup dans l'aventure.
Visiblement, la natation est sa priorité.
C'était limite, limite noyade. C'était très très physique pour moi.
C'est très difficile aussi pour Koumba, 22 ans, hôtesse dans la restauration.
Elle vit à Nanterre, elle a de l'énergie, mais pas assez pour rejoindre
la plage toute seule.
Elle aussi doit être secourue à mi-parcours.
Moi j'ai paniqué. On a tous regardé la distance, on a dit c'est pas possible.
En plus il y a un petit peu de courant, on a dit c'est pas possible.
Les autres se débrouillent plutôt bien.
On n'en attend pas moins de la jeune Toulousaine Clémence, 20 ans. Elle est
étudiante en éducation physique et dans son cursus, la natation est une
discipline obligatoire.
Plus surprenant, Francis, malgré ses 59 ans, brasse vaillamment vers le but. Le
doyen de l'aventure vient du Périgord, chasseur émérite. Il est ici pour
prouver qu'il peut faire vivre sa tribu grâce à son ingéniosité. Affaire à
suivre.
Christine, elle, à 35 ans, veut prouver qu'elle peut se débrouiller seule.
Et pour l'instant, elle y parvient, mais c'est dur.
D'habitude, cette jeune maman de Toulon tient une auto-école avec son mari.
J'ai la miac et j'ai envie d'aller jusqu'au bout.
Même combat pour Véronique, 37 ans, maman d'un petit garçon, chef de
publicité, elle ne s'est jamais éloignée longtemps de son foyer cossu.
Ce n'est pas le cas d'Éliane, quartier maître tailleur dans la Marine
Nationale, 40 ans, mariée mais très indépendante. C'est une sportive
aguerrie, un caractère entier.
Tout comme Mohamed, 24 ans, chauffeur d'autocar, très sportif, pétri des
valeurs familiales et morales, il compte se conduire ici comme il s'impose dans
sa cité, en leader responsable.
Le bosser, gagner sa vie honnêtement et puis voilà, c'est ça la vraie valeur des
choses.
A ses côtés, Aude, 30 ans, maquilleuse dans le spectacle, venue de l'abri, elle
a du bagout, de l'enthousiasme, beaucoup de bonne volonté et une vraie passion
pour les animaux.
Et enfin, touchant terre en deuxième position, Mathieu, 21 ans, enfant gâté.
Il trouve toujours quelqu'un pour le bichonner. Là, c'est Jérôme qui porte
son sac.
Mathieu est étudiant en pharmacie à Nancy. Ce qui le préoccupe avant tout, c
'est de gâter ses vêtements dans l'eau salée.
Tout est tremblé.
Et ce n'est pas trop cool. On n'arrive jamais à être franc sur moi, plus celle
du sac.
C'est un peu la guerre.
Première et rude épreuve pour les 16 naufragés. Il y a 30 heures, ils
embrassaient leurs proches au seuil de leur maison. Et ce matin, ils sont là,
ruisselant sur une plage déserte.
Regarde mes godasses en cuir.
On rentre en plein dedans dès le début.
Oui, ça m'a surpris.
Je ne m'attendais pas.
Tant mieux, au moins on sait ce qui nous attend.
Donc on peut s'attendre à tout.
On n'a pas dormi depuis 36 heures.
On est restés 24 heures dans un avion, deux avions, trois avions même.
Très dur, très difficile.
Drôle de surprise.
Pour la plupart, ce naufrage est une véritable galère.
Priorité pour tous, sauver ce qui peut l'être dans les affaires personnelles.
Pendant 40 jours, ils n'auront rien d'autre à se mettre. C'est un élément
vital de leur survie.
Je n'ai aucune idée de ce qui peut se passer.
On verra. Avec une arrivée aussi difficile, je m'attends à des épreuves
encore plus difficiles.
Le campement, comment on va se nourrir, comment...
Comment on va vivre en fait ? C'est ça, il y a plein de questions auxquelles je
n'ai pas de réponse. On s'attend à tout maintenant.
On commence par le pire, on n'attend plus que le meilleur.
On ne sait pas où on va en définitive, avec qui on va être.
Là c'est l'inconnu pour le moment.
C'est pour nous ? C'est pour nous.
Bonjour, venez avec moi.
Jérôme, Sakon, Thierry, Alexis.
Alors, je crois que je n'ai pas besoin de vous faire de dessin.
Vous êtes rentrés de plein pied dans cette aventure et croyez-moi, votre vie
va être totalement bouleversée. À partir de maintenant, vous êtes naufragés et
vous ne pouvez compter que sur vous-même. Alors, avant toute chose, je
vais vous demander...
de quitter tout ce qui est inutile à Koh Lanta.
Vos bijoux, les montres, les bagues, vos papiers, et vous allez installer ça sous
le sac à dos qui est en train de sécher au niveau de ce tronc de palmier. Allez
-y.
Tout ça vous sera bien entendu restitué au moment où vous quitterez l'aventure,
c'est-à-dire dans quelques heures pour celui ou celle qui n'aura pas réussi à s
'adapter, ou dans 40 jours.
pour le plus résistant d'entre vous.
On va tout de suite procéder à la composition des équipes.
Ceux qui ont 31 ans et plus, vous vous mettez sur ma droite. Les autres, sur ma
gauche.
Vous l'avez sans doute compris, à
partir de maintenant, les deux tribus sont constituées.
À partir de maintenant, vous formez la tribu des seniors.
Votre couleur, c'est le rouge. Et votre bivouac, vous allez l'établir sur l'île
de Kanawa.
Alors, Francie, je me tourne vers vous parce que vous êtes le doyen de l
'aventure. Je vous confie une mission.
Distribuez les foulards.
Un foulard rouge par personne.
Eh bien vous, vous l'avez compris, les jeunes, vous formez la tribu des
juniors. Votre couleur, c'est le jaune. Et vous allez établir votre bivouac sur
l'île de Koumo.
On ne s'attendait pas à ce que ce soit les plus jeunes contre les moins jeunes.
Les seniors ont tendance toujours à dire qu'ils savent tout, qu'ils ont beaucoup
de choses à nous apprendre.
Là, ça va être une bonne occasion de leur montrer que les jeunes, ce n'est
pas parce qu'on est jeunes qu'on ne sait rien.
Qu'on n'a pas de cerveau. Voilà, tout à fait. Nous sommes des seniors avec un
moral de junior, voire cadet.
On n'est pas une équipe de papys.
Je veux dire, il y en a deux qui ont plus de 50 ans, bon, ils ne sont pas
dans une chaise roulante. Tout à fait, mais enfin, c'est des petites gazelles
quand même, il ne faut pas oublier. Oui, ça galope. Ce n'est pas des enfants, c
'est des jeunes.
Au niveau du mental, on les aura, je pense.
Oui, on risque d'être plus organisés. Oui, plus organisés. Moi, j'imagine tout
à fait que dans leur groupe, il puisse y avoir assez vite des tensions.
Oui.
Tandis que nous...
Moi, je pense que vu qu'il y a beaucoup de personnes matures, c'est-à-dire de
grandes personnes, il y en a un forcément ou plusieurs qui vont vouloir
prendre les directions.
Et ça, ça va foutre le bazar dans leur équipe. Les conflits, il faut les
désamorcer tout de suite.
Parce que ça, franchement, c'est trop nul.
On va essayer de faire jouer l'expérience, peut-être. Et un petit peu
plus de sérénité.
Il faut espérer, au moins que l'âge nous apporte ça.
Allez !
Je vais vous demander beaucoup d'attention.
Alors avant de découvrir vos îles respectives, nous avons voulu savoir ce
que vous aviez véritablement dans le ventre.
Où en étaient vos capacités physiques, vos capacités psychologiques ? Voilà
pourquoi je vous propose la première épreuve de Koh Lanta.
Tout de suite, vous allez traverser l'île pour découvrir un parcours
aquatique.
La tribu qui réussira à tenir au complet et pendant 5 secondes sur la dernière
plateforme repartira avec la récompense capitale de Koh-Lanta, le feu.
Est-ce que vous êtes motivés ? Oui ! Est-ce que vous êtes prêts ? Oui !
Attention ! 3, 2, 1...
Sa conne prend la tête de la tribu des jaunes, mais les choses sérieuses
commencent ici, sur la plage. Il faut rejoindre la première plateforme à la
nage.
Un seul très bon nageur parmi les 16 naufragés, Géraud. Ce n'est donc pas
étonnant de le voir arriver en tête.
Il faut dégager la perche sous l'eau. Là encore, ses qualités de plongeur font la
différence.
Un seul essai est nécessaire.
Les jaunes, eux, n'ont même pas atteint la plateforme de départ.
Deuxième phase du jeu. A l'aide du rondin, il faut passer en équilibre sur
la plateforme suivante. Les seniors font leur première tentative.
Les jaunes enchaînent les chutes tandis que les rouges sont déjà 6 de l'autre
côté.
Prochaine difficulté en vue pour les seniors, faire passer la poutre sous le
filet. C'est Pierre qui s'en charge, moment délicat car les juniors ne sont
pas très loin.
Encore un passage aérien en équilibre entre deux plateformes. La fatigue se
fait sentir, les chutes se multiplient. Les jaunes comme les rouges testent
toutes les techniques.
Sur l
'équilibre pur, les jeunes, plus
alertes, prennent peu à peu l'avantage.
Grâce à la technique de la chaîne humaine, les jeunes, très solidaires,
sont en tête sur l'avant-dernière plateforme.
Voilà, je vous rappelle maintenant qu'il faut placer le rondin dans l'encoche
prévue à cet effet, puis vous vous jetez dans l'eau pour rejoindre l'ultime
plateforme. Et là, il faut monter à 8 et rester 5 secondes.
Ultime étape, la grappe humaine. Les juniors doivent tenir au complet pendant
au moins 5 secondes sur cette étroite plateforme finale.
A cet instant, leur avance leur donne une sérieuse option sur la victoire.
Plus de difficultés que prévu pour les juniors. Ils ne parviennent pas à se
hisser sur l'étroit piédestal. Pourtant, ils sont en moyenne plus minces que
leurs adversaires.
Du coup, les seniors méthodiques reprennent espoir.
Encore une tentative pour les deux équipes. Sous l'impulsion de Jérôme, la
stratégie des Rouges s'améliore, ils y sont presque.
Rappel, il faut tenir au moins 5 secondes.
Bravo à toi Jérôme. On les aura les vieux.
Je m'en veux beaucoup aujourd'hui parce que j'ai toujours évité la piscine quand
j'étais enfant, quand j'étais à l'école et aujourd'hui je le regrette beaucoup.
Je m'en veux de ne pas avoir fait gagner mon équipe. Ils vont se fatiguer plus
vite que nous, on les aura à l'usure.
S'il y a un peu de réflexion, on les aura. Mais si c'est vraiment purement
sportif, ils ont l'air d'être bons.
Alors nous on est les rouges.
On dirait qu'elle bouge pas cette boussole là.
On va partir à gauche moi je dirais.
Ce qui veut dire qu'il faut qu'on parte vers l'est de toute façon.
La seule indication qu'on a c'est qu'il faut aller là.
Entre deux petites îles. Là-bas, tu as une embouchure.
C'est là-bas, je dirais. Un peu de flottement dans l'orientation, mais il
faut bien dire, le rythme effréné de ce début d'aventure laisse les naufragés
sous le choc.
Et ce n'est pas fini. Pas question encore de reprendre des forces.
Gagnant ou perdant, il faut maintenant atteindre le bivouac sur cette frêle
embarcation.
Les seniors, auréolés encore de leur victoire, sont un peu gourmands.
À 8 sur une si petite embarcation, le naufrage est quasi certain.
Tandis que les rouges progressent péniblement le long de la côte, les
juniors sont déjà loin et ils arrivent épuisés mais contents sur Kumo, leur
île.
C'est bon, c'est bon, c'est bon.
Eh, la caisse ! Gardez les ficelles, gardez les ficelles.
Clémence s'est proposée pour éteindre le dange de tout le monde.
Moi, je vais aller chercher le point d'eau.
Moi, je vais chercher du bois.
Moi, je vais chercher du bois.
Chacun a son petit truc. On fait tout en même temps. Comme ça, on ne perd pas de
temps.
C'est efficace.
Enfin, on espère.
Là,
on est vraiment dedans.
On réalise qu'on est vraiment voué à sauver, mais si on peut compter sur son
équipe, heureusement qu'on est tous là, parce que tout seul, ça aurait été
galère.
Mohamed Sekler se pose dès les premiers instants en leader d'une équipe des
jeunes solidaires et organisées.
Les seniors de leur côté arrivent enfin sur Kanawha.
Il est temps de découvrir leur sommaire équipement de survie. Un peu de riz, une
pharmacie d'urgence, une gamelle et deux machettes. C'est peu.
Mais il faudra s'en contenter.
Il faut aller les remplir. Il faut se partager maison.
Maison, eau et bouffe peut-être ? Francis, le doyen, prend les choses en
main. Il décide de se charger du foyer.
Pour l'entretenir, c'est très simple. Il faut faire de la cendre.
Vous recouvrez la cendre. Le lendemain, dans la cendre, vous avez les tisons.
Ce n'est pas plus dur que ça.
Toi, tu es le spécialiste du feu, Francis.
Ma foi, si tu le dis...
Le feu c'est bien, mais l'eau chaude c'est mieux.
Encore faut-il trouver de l'eau.
Pierre et Christine s'en charrent.
Et avant de partir à l'aveuglette, vous ne voulez pas qu'on regarde le plan avec
la boussole pour voir où est l'eau ? Allez, on y va.
Là, pour le moment, ils vont chercher de l'eau.
De façon un peu désorganisée sans regarder le plan.
Mais ce n'est pas grave, c'est la foule de la découverte.
Christine suit Pierre sans se poser de questions.
Rien dans sa vie quotidienne à Toulon ne l'a préparée à affronter une nature
hostile. J'ai une vie rêvée et j'ai envie d'avoir un petit peu de piment
occasionnel dans ma vie. C'est pour ça que je veux faire cette aventure et la
vivre à 100%.
Deux adorables petites filles, un mari souriant et attentionné, Christine est
une femme comblée qui n'aime pas prendre d'initiatives.
Elle nous lit des histoires, elle ne nous parle plus.
Elle est gentille.
Mais au fond, il y a peut-être un peu d'ennui que cette jolie jeune femme veut
fuir. À 35 ans, il est temps pour elle de prouver qu'elle peut se débrouiller
seule, sans son mari, avec qui elle partage tout.
On est très souvent ensemble puisqu'on vit ensemble, on travaille ensemble.
On fait du sport ensemble.
C'est un challenge par rapport à voir si elle arrivera à rester seule sans son
entourage proche.
L'auto-école, les enfants, sa famille, son mari, Christine n'a pas une minute à
elle. Et rares sont les moments qu'elle peut s'accorder à elle-même.
Très très agréable. C'est un moment privilégié que je m'accorde une fois par
mois. Ça me permet de décompresser, de m'occuper de moi et pas toujours de mes
enfants et de mon mari et de mon travail.
Peu entreprenante, plutôt timorée, Christine doit sortir de sa réserve pour
s'imposer.
Et quand elle veut, elle peut.
Avec de la réflexion, le point d'eau est vite trouvé sur Kanawa.
La précieuse, elle est là.
Je pense qu'on ira se laver à la mer parce que vu le peu de quantité qu'il y
a, on va l'économiser pour la boire.
Ce n'est pas le cas chez les juniors Mohamed et Mathieu, herte au hasard sur
Koumo.
On va peut-être qu'on prenne la carte.
Non mais la carte, elle nous l'a indiqué, c'était toujours tout droit.
Donc on va chercher, maintenant on n'a pas le choix. Ce qui est à coup sûr voué
à l'échec car Koumo est une île grande de plusieurs hectares et recouverte qui
plus est d'une forêt dense où il est facile de tourner en rond. On n'a pas
trouvé le point d'eau, on a eu du mal à se repérer Mathieu et moi.
Je pense qu'il fallait la boussole pour le trouver. On s'est jeté comme ça dans
la forêt, alors que la forêt, elle est vaste et tout se ressemble en fait.
Et vous êtes allé par où ? Par là. On est allé tout droit, un peu à gauche, un
peu à droite. Elle est loin ou pas le machin ? Regarde, notre campement il est
là, la réserve d'eau est là. En fait, on a dû le passer.
Mais ça se trouve, il doit être recouvert de feuilles et de trucs comme
ça, on ne l'a pas vu.
Les autres, ils n'ont pas trouvé parce qu'ils flannaient. Je pense qu'ils n
'étaient pas concentrés. Ils sont allés comme ça, voilà.
Puis c'est des garçons. Les garçons, ça a toujours le nez en l'air.
Clémence ! Ça y est, elle est là, l'autre.
Il y en a quand même de l'autre.
Toute mission doit être accomplie pour le bonheur des autres.
On aura pu remplir les gourdes. Et si on a le bonheur d'avoir du feu, on ira
remplir la marmite pour faire du riz.
Pour l'instant, je trouve qu'on se débrouille bien.
On a déjà ramené tout le bois. Ils sont en train de faire le feu. L'eau, c'est
bon, ils sont partis chercher.
On va partir changer.
Ça fait moins d'une heure qu'on est là.
Elle a fait pas mal de choses.
Les kumos, grâce à Aude, ont de l'eau mais pas de feu. Le soleil est encore
haut dans le ciel.
tout tenter avant la nuit.
C'est chaud, c'est vachement chaud, mais ça prend pas.
Et si ça arrive jamais, on est dans la merde.
Mais alors, ça y arrive.
Déjà, moi j'envisage pas de nuit sans feu, mais s'il y a une nuit sans feu, on
fera avec et on dormira dans le noir, puis c'est tout.
On est pas rendus.
Ça va le faire, là.
Si ça tourne, ça c'est bon.
Malgré toute leur bonne volonté, c'est un échec. Pas la moindre fumée en vue
sur Kumo.
Sur Kanawa, on a de l'eau et du feu. Mais le moral n'y est pas pour autant.
Les seniors se sont donnés à fond. Ils accusent le coup.
Pourtant, il y a un abri à construire.
On a commencé à construire la cabane.
C'est vrai qu'on n'a pas pensé. On voulait mettre des feuilles de...
de cocotier, de palmier dessus, puis on se rend compte qu'il n'y a pas un seul
palmier sur l'île.
Alors on est un peu déçus. Et les planches.
On va mettre les planches dessus.
Et les planches.
Une là, une au milieu, une en dessous.
J'ai horreur des ordres. J'ai horreur qu'on me donne des ordres. J'ai même
horreur d'entendre quelqu'un donner un ordre à un autre.
Surtout ici, personne n'a d'ordre à donner.
On est là pour être ensemble.
Mais si, c'est pour rendre des ordres et pas l'usine.
Si, si, si, attends, attends.
Mais celle du milieu.
Tu la passes dessus et dessous toutes les autres.
Ou alors on le fait mais en étant un peu plus sympathique ou en disant des merci
s'il te plaît. Ça coûte pas un sou et c'est toujours plus joli. Le premier
dessus, le dernier dessus et tous les autres dessus.
Celui qui va dire ah non, c'est moi qui décide. Non, ça marche pas.
Ça peut pas marcher. On peut pas respecter quelqu'un qui s'auto-proclame
chef.
C'est comme si c'était pas ça.
Début de controverse sur Kanawha. Les seniors sont épuisés et il n'y a pas d
'architecte. Du coup, il n'y a pas de cabane.
Pour les jeunes, même souci, se protéger pour la nuit. Mais la méthode est bien
différente et il y a encore de l'énergie en réserve.
On est en train de défaire la voile de la pirogue pour voir si on peut s'en
servir pour le campement.
La bâche, on la fout sur le fil et sur l'arbre comme ça.
Et on se fout en dessous.
Mais les sels, tu leur recommandes ? Tu mets des fringues sèches en dessous.
En fait, on va tous les mettre comme ça.
Et s'ils flottent ?
Mais bon, c'est provisoire, c'est pour cette nuit, parce qu'on commence un peu
à cuiser le coup entre tout, et on n'a plus trop de force pour
organiser quelque chose de mieux.
Utiliser la voile de la pirogue, c'est une bonne idée. Des idées du reste, les
jeunes n'en manquent pas.
Ils testent toutes les méthodes pour faire du feu.
On s'était dit que s'il y avait le feu, on pourrait chanter un peu ça.
Mais bon, il nous reste encore quelques heures pour décider si on chantera ou on
ne chantera pas.
Si on ne chantera pas, il ira dormir directement.
La
nuit
est maintenant tombée et avec elle arrive l'angoisse.
On a eu une journée quand même difficile aujourd'hui. On a passé la journée
trempée, mouillée.
On n'a encore pas dormi depuis qu'on est partis de Paris, donc pas évident quand
même, on n'a pas de feu.
Donc voilà, on va essayer quand même de s'abriter pour passer une nuit à peu
près correcte, on va essayer.
Moi je ne pensais pas que ça allait être comme ça, je ne pense pas que ça allait
être aussi dur. Je suis un peu sûr.
Si ça continue comme ça, ça ne va pas être facile.
Ils sont maintenant dans un état de fatigue extrême et personne n'a songé à
attacher la pirogue. Du coup, elle part à l'adhéré.
Elle a commencé à prendre l'eau, c'est-à-dire à parter.
Donc, heureusement que Clémence l'a vue parce que sinon, demain matin, on se
levait et puis plus de pirogue.
C'est un peu embêtant, mais heureusement qu'elle l'a vue.
Au prix d'un bel effort collectif, les juniors arrachent leur embarcation à la
mer. Ce qui contraste singulièrement avec l'attitude des seniors confrontés
au même problème.
Qu'est-ce qui se passe encore avec cette pirogue ? Elle fait chier cette pirogue.
C'est plus un boulet qu'autre chose.
Cette pirogue ne semble pas intéresser beaucoup les seniors qui se couchent
sans s'inquiéter.
Vous avez un sol majeur.
Là-bas, ça ronfle. Là, ça ronfle.
C'est la folie.
C'est dur.
Et on a le bateau qui est parti en plus.
Donc on a fait attention au feu, mais on n'a pas fait attention au bateau.
Elle doit être dans le coin. On l'a vue jusqu'à un certain moment. Elle n'était
pas très loin.
Le ressac emporte la pirogue, sans regret apparemment.
Les jeunes s'enveloppent dans la voile, mais privés du réconfort d'un feu, le
sommeil a du mal à venir, d'autant que des bruits étranges s'élèvent de la
jungle.
Malgré les piolements sinistres des puffins, un oiseau marin nocturne et
inoffensif, les jeunes épuisés s'endorment enfin.
Tous, sauf sa conne. Il est victime d'un sévère coup de cafard et ses nerfs
lâches.
Il ne faut surtout pas que les autres me voient dans cet état.
J'ai toujours montré une personnalité forte et je n'ai jamais montré mes
faiblesses et c'est pour ça qu'il ne faut pas qu'ils me voient dans cet état.
Le jour se lève sur Kumo, nuit difficile et sommeil pas vraiment réparateur pour
beaucoup d'entre eux, à cause du vent, du froid et surtout des bruits bizarres
engendrés par l'intense activité des animaux nocturnes. Il faut qu'on se
remotive pour faire du feu.
C'est quoi ça ? C'est un troupeau de chèvres.
Il y a de la chèvre ! Tranquille, tranquille, tranquille.
Il y a beaucoup de chèvres sauvages.
Mais ça, c'est difficile à attraper. Je pense qu'il faudra faire des pièges.
Bien avec un arc.
Enfin, faire ça bien.
Mais par contre, la chasse, c'est pas un problème.
La chasse, je peux très bien me débrouiller.
Il faut un peu stopper les vivacités morbides des uns et des autres, parce
que ça ne sert à rien de vouloir tuer des animaux si c'est pour être gâché.
Pas étonnant qu'Aude se préoccupe du sort des chèvres sauvages sur Koumo.
Son pavillon de banlieue à Roissy-en-Brie, c'est un peu la ferme du
bonheur. Là on a Petunia, on a Ile-de-Garde et Pénélope, et Dolorès c
'est la plus vieille.
Chat errant, chien perdu, lapin nain, furet odorant, Aude Recueil nourrit et
entretient une véritable ménagerie.
Je ne les ai pas choisis en réalité, c'est plus eux qui ont choisi mon
domicile, puisque c'est des animaux récupérés. C'est sa faiblesse et en même
temps sa plus grande qualité.
Elle est généreuse et ne sait pas faire autrement que donner sans compter.
On se sent tellement bien chez elle, c'est une maman, pour moi c'est comme
une maman.
On vient la voir, c'est pour elle et pour sa chaleur humaine.
Bon, ce n'est pas pour ses animaux.
Moi, les poils de chat, j'en peux plus.
Évidemment, les animaux, parfois, il faut bien les manger.
Choix douloureux pour Aude, partagé entre éthique et gourmandise.
J'adore la charcuterie, mais depuis le décès de mes cochons...
Je m'en remets pas et je veux plus manger de porc non plus. Non, mais non,
j'en mange plus de cochon, tu sais bien.
À ton cas, elle est faim, tu vas voir. Non. Qu'elle court après sa mise, il y
en a dans l'île, tu vas voir. Mais non, dis pas de... De la couteau entre les
dents. Non, tu sais très bien qu'elle le fera pas. Si j'en vois un qui sait pas
tuer une poule, il va se prendre un coup de tête, c'est clair.
Elle le laissera pas faire.
Non, mais tu deviens lourde, là, maintenant. Non, mais écoute, tu verras,
je connais Aude.
Elle n'a jamais fait une bouche, sa fille.
Tuera ? Tuera pas ? Difficile à dire. Aude est souvent surprenante. Qui dirait
à l'avoir si bien campée dans ses bottes de caoutchouc qu'elle exerce en fait le
délicat métier de maquilleuse dans le spectacle ? Ce qui me plaît c'est la
surprise des gens dans le miroir ensuite et puis la transformation des corps.
Fermière au grand cœur, altruiste et généreuse ou femme ronde pétrie de
contradictions irréconciliables ? Dolorès si tu me fais tomber je te
nourris plus jamais !
Impossible à dire. Dans la survie, elle devra faire, c'est certain, des choix
difficiles. Vous l'avez ramenée la chèvre ? Non, elle
s'est sauvée.
Mais je vais l'attraper. Je l'ai vue, c'est bon, la forêt, on va l'attraper.
Elle est à quelqu'un cette chèvre, elle est forcément à quelqu'un.
Ce soir on va manger de la viande.
Mais non, ça ne sert à rien, il faut du feu.
C'est pas possible.
On est dans une île, on est des survivants. On n'est pas là pour faire
30 millions d'amis. On n'est pas là pour rigoler.
On est là pour chasser, pour tuer, pour manger. Je ne tue pas pour le plaisir, c
'est clair.
Mais je ne suis pas là pour faire dans le social avec les animaux.
Moi, je suis là pour les dégommer. Si on tue un animal, il faut qu'il soit tué
correctement. Voilà, c'est tout.
C'est-à-dire sans le faire souffrir et sans prendre plus qu'il nous en faut. On
l'aurait gorgé, on l'aurait mangé. C'est l'aventure.
C'est tout ce qui bouge, pas de sentiment.
La viande, ce n'est pas du tout une condition sine qua non à la survie. Pas
du tout.
La viande, la matière animale, en tout cas, n'est pas du tout une condition
sine qua non.
Après, il y a aussi du guémont qui est plein d'oligo-éléments.
Il y a plein de choses qu'on peut tester, mais pour ça, il faut avoir le
feu.
Alors qu'elle soit d'accord ou pas, je ne pense pas que ça changera quelque
chose. Nous, on mangera et puis si elle n'est pas contente, sayonara, comme on
dit.
C'est un joli barbecue.
Elle mange tout.
Les yeux, la tête, les cornes. Les yeux, la tête, tout.
Les juniors, les jaunes, voudraient bien manger de la viande, mais pour cela, il
faut du feu.
Les rouges en disposent, mais ce matin, la grande affaire, c'est la disparition
de la pirogue. Tout le monde, finalement, n'est pas d'accord.
C'est primordial pour moi de garder la pirogue, parce que je pense déjà qu'il
fallait l'utiliser pour aller pêcher un peu plus à l'extérieur, parce que là,
apparemment, il n'y a pas bien grand-chose.
Et puis, je voyais par la suite l'utiliser, je pensais bien utiliser la
voile aussi. On était tellement fatigués par cette première journée.
Qu'on n'a pas fait attention à la pirogue.
Je me rappelle la première fois, je leur dis de venir. Oh bon, non, on est
fatigués. Mais ça ne les intéresse pas, la pirogue.
Voilà, alors on a perdu, on a perdu gros.
Les seigneurs, les rouges, renoncent peut-être un peu facilement à un élément
essentiel de la survie. Avec son mât, sa voile, ses planches, cette pirogue
pouvait contribuer à la construction d'un abri étanche.
Mais sur le campement...
Il y a des repas chauds et l'on ne se préoccupe pas du lendemain. C'est l
'insouciance qui prédomine, mais sous l'apparente bonne humeur, les clans se
forment déjà.
C'est des clans parce qu'il y a des affinités d'âge. On a beau être dans le
groupe des seniors, je veux dire, on ne se sent pas senior à comparer par
exemple de Francis.
Donc inévitablement, les anciens se retrouvent avec les anciens, les jeunes
avec les plus jeunes.
Il y a deux clans qui sont en train de se mettre en place.
Je m'entends très bien avec Sylvie et également Francis.
Véro et moi, on fait partie du club des cinq.
Déjà parce que tous les cinq, on a des enfants.
Donc je pense que ça nous lie énormément.
La même façon de penser.
On fonctionne, on pense, on se soutient les uns les autres.
Jérôme, Thierry et Pierre également.
Voilà, je pense que c'est alerte à Malibu.
Oui, ici on n'est pas alerte à Malibu, effectivement, on est à Koh Lanta. Et
puis, effectivement, on n'a pas les attributs qu'il faut, parce que moi j'ai
oublié de prendre un super maillot de bain, un beau sac à deux, un beau
sourire, de bons atouts.
On parle alliance parce qu'on sait très bien qu'il va y en avoir inévitablement.
On sera obligé de faire un choix à un moment donné. Et on sera obligé de faire
un choix. Donc c'est vrai qu'on en parle pour que les choses soient... On parle
de nos choix et voir s'ils sont en commun.
Si on ne le sent pas, on essaye de convaincre l'autre.
Mais on pense effectivement qu'il va y avoir des éliminations à faire, des
choix à faire, et nos choix vont se porter sur les personnes avec qui on s
'entend le moins.
Chez les seniors, on ne perd pas de temps. Il faut moins de 24 heures pour
voir apparaître les premières tensions.
C'est une situation qui risque de leur coûter cher, et très vite, car la
première épreuve d'immunité est annoncée.
Un message.
Votre fardeau vous porterait... Tout feu, tout flamme pour l'immunité. On va
apporter quelqu'un.
C'est qui le fardeau ? Un fardeau. Je pense qu'on a encore la niaque
pour y arriver.
On a bien mangé ce midi, donc je pense qu'on a pris des forces aussi.
On se sent à un moral de gagnant.
Et on n'a pas que le moral, on va gagner.
On va tout faire pour arracher cette victoire. Il nous le faut absolument. C
'est parti !
À la guerre, à la guerre.
On est les meilleurs, on est les meilleurs.
Bienvenue sur l'île O'Houré, nous sommes au large de l'île des Pins et j'attends
d'une minute à l'autre les Kanawas et les Kumo. C'est leur première épreuve d
'immunité. Les gagnants repartiront avec ce totem symbolisant l'immunité sur Koh
Lanta et les perdants, eux, affronteront le conseil et élimineront dans quelques
heures l'un des leurs.
Jouer et tenter de gagner à la fin de la saison de Koh Lanta un voyage pour deux
en Nouvelle-Calédonie ou bien dès ce soir un chèque de 1500 euros.
Participer au tirage au sort en répondant correctement à cette question.
Quel animal l'équipe jaune aperçoit-elle sur son île ? Téléphonez au 3680 ou
envoyez directement votre réponse par SMS au 61313.
A vous de jouer, bonne chance !
Sur Kanawa et sur Kumo, c'est l'heure de vérité. Les deux tribus vont s'affronter
pour la première immunité de l'aventure.
Les Kanawa ne sont pas très unis. Les Kumo ne sont pas bien nourris. C'est
donc le mental qui fera la différence.
Alors votre fardeau, vous porterez tout feu, tout flamme pour l'immunité. On
doit gagner aujourd'hui.
On doit gagner.
Très important l'immunité. On y va les jaunes. Allez les jaunes ! Motivez !
Bonjour à tous ! C'est votre première épreuve d'immunité et vous en connaissez
toutes et tous la sanction.
L'objectif ultime, c'est de remporter ce totem. Pour y parvenir, vous devrez
embraser votre vasque avant votre adversaire.
Alors pour l'atteindre cette vasque, vous disposez de deux poteaux sculptés.
Et pour l'enflammer par la suite, il va falloir aller récupérer le feu au bout
du parcours dans cet enclos. C'est clair ?
Oui. Vous êtes en forme les rouges ? Oui.
Prêts les jaunes ? Oui.
Attention, 3, 2, 1.
Le principe est simple, il faut faire coulisser ce lourd tronc de cocotier le
long de deux cordes parallèles. Ils sont huit par équipe et ce n'est pas trop. Le
tronc pèse en effet près de 200 kilos.
Dans la forêt de l'îlot
Ouré, les choses se compliquent. Les cordes passent dans les bois morts et la
place manque pour évoluer.
Les deux équipes sont au coude-à-coude.
Portez ! Portez à deux mains ! Vous êtes à deux de 20, c'est le moins lourd.
À la sortie du bois, jaunes et rouges font jeu égal.
Jusque-là, les deux cordes qui servent de guide à chaque tronc ont été
strictement parallèles. Ici, elles sont torsadées. Il va falloir soulever et
dévisser le tronc.
Après ce terrible effort, les deux tribus se dégagent de la torsade. Mais
les jaunes sont à bout de force. Une pause est nécessaire.
Les rouges en profitent pour prendre de l'avance. Ils sont déjà dans la partie
aquatique du parcours.
Jérôme, toujours très à l'aise sous l'eau, il est gendarme plongeur, défait
les liens en un temps record.
Les jaunes sont à la traîne, ils ne sont pas encore entrés dans l'eau.
Les rouges, pour l'instant, vous êtes en tête. Vous devez creuser entre les deux
foulards rouges, ici.
Il s'agit maintenant pour les seniors de pénétrer dans l'enclos où se trouve le
feu. Un seul moyen autorisé, creuser pour passer sous la clôture.
Allez, il faut creuser, c'est la règle du jeu.
Les juniors ont retrouvé de l'énergie dans l'eau, ou un second souffle.
Au prix de grandes souffrances, il se jette sur l'enclos. Mathieu, à cet
instant, est totalement épuisé. Il ne peut plus rien faire.
Allez, allez, allez ! Allez, allez, allez ! Allez, allez, allez ! Allez,
allez, allez ! Allez, allez, allez ! Allez, allez, allez ! Allez, allez,
allez ! Allez, allez, allez ! Allez, allez, allez ! Allez, allez, allez !
Allez, allez, allez ! Allez, allez, allez ! Allez, allez, allez
!
C'est la dernière ligne droite, la plus longue aussi. Les 200 kilos du totem
clouent littéralement les naufragés sur place.
Pourtant, il faut courir pour allumer un à un les flambeaux.
Mathieu ne fait plus que de la figuration.
Allez, on y va.
C'est bon, allez.
Les jeunes donnent tout, mais les Rouges ont déjà dressé leur totem. La victoire
n'est plus qu'une question de seconde.
Bravo les Rouges !
Victoire les Rouges ! Bravo !
Bravo, car c'était une épreuve extrêmement difficile.
Mention spéciale pour vous les rouges, deuxième victoire d'affilée, comme quoi
l'expérience s'appelle.
Véronique, c'est vous qui allez récupérer ce premier totem de l
'aventure.
Il est synonyme d'immunité.
Félicitations ! Les jaunes, les jeunes, lorsque l'on perd une épreuve d
'immunité, on va au conseil et on vote à bulletin secret l'élimination d'un des
membres de son équipe.
Il va falloir faire un choix pour qu'il soit le meilleur.
Les jeunes, abattus par cette nouvelle défaite face à leurs aînés, ont perdu
leur belle assurance.
On a perdu toutes les épreuves. On n'a pas de feu. On a froid.
On n'arrive pas à s'alimenter correctement. Il va falloir qu'on mette
les bouchées doux.
Est-ce que ça ne peut pas continuer comme ça ? On a été une bande de bras
cassés. On n'a pas été très efficaces. On est une bande de sportifs quand même
tous dans la vie. Et là, ce n'était pas terrible quand même.
Ils ont des bœufs, l'équipe d'en face.
Jérôme, il fait trois fois mon poids.
En tour de bras, trois fois mon bras.
Franchement, il n'y avait rien à faire aujourd'hui. C'était perdu d'avance.
On sait qu'il faudra sortir quelqu'un, donc on sortira quelqu'un. Mais c'est en
tout cas une décision, je pense, qu'on prendra avec le groupe en entier.
Moi, de toute façon, c'est vrai que depuis le début, je n'ai pas vraiment d
'affinité avec elle. Elle me saoule un peu.
Moi, personnellement, si je devais voter, ça serait contre elle.
En tout cas, on sera tous d'accord, même l'éliminer.
On a décidé ça et on va essayer de s'y tenir.
Moi, je pense qu'elle va essayer de monter les autres pour m'éliminer, moi.
Mais je ne lui en donnerai pas la possibilité.
Mathieu est un peu à la traîne. J'ai un peu le sentiment qu'il a sous-estimé la
dureté de l'aventure de Koh-Lanta.
Surtout la dureté de ce que l'on vit. On n'a pas de feu, on ne mange pas.
Il me semble fragile.
Il me semblerait naturel que ce soit lui qui s'en aille. Il me semblerait naturel
qu'il vienne à le dire lui-même.
La défaite n'est pas facile à vivre sur Kumho, où le confort également laisse à
désirer. Deuxième nuit sans feu, avec en plus le conseil en point de mire.
Le fait d'avoir perdu, ça me donne l'impression que je n'ai pas donné le
meilleur de moi-même.
Et ça m'affecte beaucoup.
Ça commence à être difficile, l'aventure.
Pour moi, l'échec, c'est quelque chose que je ne peux pas supporter.
Ça a duré à mon enfance, je ne sais pas.
J'ai tellement dû me battre pour m'en sortir jusqu'à aujourd'hui que pour moi,
les défaites, ça me rappelle toutes mes difficultés.
Pas mal de vague à l'âme sur Kumo. La difficulté des conditions de vie est une
dure épreuve pour sa conne.
Dès le petit jour, les conséquences de la défaite de la veille sont bien
présentes à l'esprit de tous.
Les conciliabules commencent.
Personne ne veut s'en aller, il ne faut pas se leurrer, personne ne veut s'en
aller et personne ne veut monter contre quelqu'un.
Donc je ne sais vraiment pas comment ça va se passer ce soir.
Mathieu, apparemment, il a entendu Oud parler sur lui en disant qu'il n'était
pas très fort dans les épreuves.
Ça l'a chagriné et c'est peut-être pour ça qu'il essaie de nous convaincre de
voter contre Oud.
Il a dit exactement, ouais, Mathieu, il n'a pas fait grand-chose pendant le jeu
et tout.
Ça ne m'a pas trop plu.
Je ne peux pas dire, tiens, un tel a rien foutu, ou un tel a été naze dans ce
jeu, ou un tel ceci, parce que j'en ai de toute façon autant à ma portée. Je ne
peux pas dire que j'ai été extraordinaire sur les jeux, c'est pas
vrai. Je ne peux pas dire que je sois une nageuse hors pair, je ne peux pas
dire que je sois Hélène MacArthur quand je suis dans l'eau, c'est pas vrai.
Donc, partant de là, je ne vois pas comment je pourrais me permettre de
juger quelqu'un d'autre. T'as vu, Jean-Rier, après, il est mort de rire
une fois qu'on a perdu et tout.
Moi, c'est vrai, je trouve que ça ne le fait pas trop.
Donc toi, tu veux voter contre elle, donc ? Bah ouais, parce que je sens qu
'autrement, ça va partir en couille, tu vois. Parce que je suis sûr qu'elle est
malinée.
T'inquiète.
Elle, c'est une roublarde, je le sens. C'est quelqu'un qui propose des choses,
donc on sent qu'elle a une certaine expérience, quand même, par rapport à
tout ça. Donc non, moi, je pense que c'est quelqu'un qui pourrait tenir dans
l'aventure beaucoup plus.
Thémence, t'en penses quoi, toi, d'autre ?
Je la trouve sympa et tout. Je pense qu'elle a de super bonnes intentions
pour le groupe, etc.
Après, j'ai l'impression qu'elle essaie de diriger un peu et de nous dire ce qu
'on doit faire. Tu vas chasser, tu chasses.
C'est juste le point sur lequel je ne suis pas d'accord. Moi, je n'ai pas pris
de décision.
J'attends que tout le monde se mette d'accord et puis je prendrai ma propre
décision. Je ne prendrai pas la décision du groupe, pas forcément.
Je prendrai la décision la plus juste.
Je n'aime pas parler par derrière, non.
Elle s'en fout, elle le fait pareil.
Moi, j'ai discuté avec Mathieu. Je lui ai dit que moi, éventuellement, mon
vote, je pensais le diriger contre lui ce soir parce que j'avais cette
sensation qu'il n'était pas impliqué véritablement. Bon, il n'aime pas manger
les trucs qu'on mange. J'ai un peu le sentiment qu'il a du mal à se faire à l
'adaptation. Première faille dans la belle unité des jeunes.
C'est normal, ils doivent bientôt éliminer l'un des leurs.
Les Kanawhas n'ont pas le même problème.
Ils ont devant eux trois jours de tranquillité relative.
En revanche, ils ont mal dormi.
Un peu long cette nuit quand même.
On n'en finissait plus.
Interminable. Interminable. On est content qu'il fasse jour.
On n'a pas beaucoup d'heures de sommeil.
On ne dort pas dans la cabane en fait. On dort au coin du feu.
Parce qu'on a très froid en fait la nuit.
Donc on dort tous en rond autour du feu et il y en a un qui veille et qui active
le feu toute la nuit. Il va falloir agir, oui.
Donc on va d'abord aller pêcher et puis on va trouver une solution pour la
cabane dans la journée. Là, il faut s'en occuper parce que là, c'est une
catastrophe.
On ne dort pas, on a super froid.
Et il ne pleut pas. Alors, ils ne se sont pas rendus compte que la manger, c
'est une chose, mais s'il pleut toute une nuit, toute une journée, on va
pleurer.
On a trouvé un...
Un petit abri de fortune si jamais ça tombe.
On va tous se réfugier là-bas en attendant que le monde déplace.
On va se baigner. On va chercher du bois. On va chercher de la flotte.
Ils sont plutôt préoccupés par l'alimentation.
Apparemment, c'est leur problème. C'est les hommes. Ils ont besoin de bien se
nourrir, je pense.
Le froid, eux, ils s'en fichent.
Donc nous, notre faiblesse, c'est le froid. C'est pas trop l'alimentation
pour l'instant.
Donc moi, je mise sur le froid. Je fais ma cabane.
Eliane, on retrouve le sourire, ça fait plaisir.
On y arrive au bout de deux jours.
Je ne sais pas si les autres vont être contents, mais bon.
Le but, c'est qu'on ait notre cabane. Parce que jusqu'à maintenant, il n'a pas
vraiment plu, mais le jour où il va vraiment pleuvoir, je crois qu'elle est
là. Il ne faut pas trop tard de s'y inquiéter.
Nous, on veut dormir.
Alors s'il faut, comme aujourd'hui, on n'a pas d'épreuve, je pense, physique,
on va en profiter pour passer notre énergie dans la cabane.
Il va falloir plus les rapprocher.
Ne cherche pas à monter trop haut.
Ils vont laisser faire, ils vont voir le résultat. De toute façon, les remarques
sont faites en dehors de notre champ de vision.
Mais ce n'est pas un souci.
Si on attend sur les réflexions, il ne faut rien.
Ce n'est pas un problème.
Je suis partie, je suis partie, je fais.
Comme ça, s'il pleut, tu pousseras vers le fond.
C'est bon ? Encore, encore. Ne bouge pas.
Tu peux prendre ton temps.
Hier, j'ai porté le trône tout seul, on m'a regardé faire. Attends.
Je ne couche pas, j'y suis presque.
Je pense qu'il faut prendre des initiatives, sinon on n'avance pas. Si
on ne prend pas d'initiatives, même si on est peu nombreux, on prend l
'initiative et on y va. On est là pour ça.
Il faut se battre, hors de question de baisser les bras.
On n'est pas perdus. On est cinq contre trois, tu rigoles ? On a toutes nos
chances. Je ne vais pas la perdre.
Tout ça parce qu'on n'a pas la bonne frange d'âge et on n'a pas d'enfants.
Non, mais ça ne va pas, non.
Sous l'impulsion d'Eliane, un abri se construit. Mais l'initiative n'est pas
du goût de tous.
La cabane a été refaite. Elle est très jolie, mais elle a été faite sans notre
consentement. On est quand même huit dans l'aventure.
Elle est petite et je pense qu'elle va être utilisée par ceux qui l'ont
construite. Donc les autres vont dormir autour du feu.
Pourquoi il a refait la cabane ? Tu cherches quoi ? Des bénitiers ? En plus,
on n'aura pas de place à 8, donc il y en a qui vont dormir dans la cabane.
C'est compliqué,
elle va être plus petite, on ne va pas dormir à 8 dedans.
On va continuer à faire les chiens dehors.
C'est-à-dire qu'on n'a pas pu saisir la chance qu'on avait avec la pirogue.
Maintenant, il faut réparer les erreurs et on fait avec ce qu'on a.
Moi, je pense qu'ils sont bien contents de la trouver, cette cabane, quand il va
pleuvoir.
Je ne pense pas qu'ils vont me dire merci, non.
Est-ce que ça les a vexés ? Ils veulent montrer que c'est eux qui font tout
tourner et exclure les vieux, en fait.
Ils n'ont pas besoin des vieux. Je pense qu'on va avoir toute la peur parce qu
'ils ont décidé de ne pas y venir.
On aura une grande cabane pour trois, qu'est-ce que tu veux ? On aura trois, c
'est impeccable. S'il y en arrive un quatrième, on sera quatre.
S'il y en a un cinquième, ça ne sera plus pareil.
S'il n'y en reste que trois, on ne reste que trois.
Vous trouvez qu'elle tient la route, notre cabane ? Vous la trouvez un peu
petite, vous en avez huit, non ? Vous ne trouvez pas ? Là, c'est quoi ? C'est un
studio à plein centre de Paris, ça ? Trois mètres carrés ? Quand on ne sera
plus que deux, ça sera bien.
On aura de la place.
Je ne vais pas me prendre la tête avec des enfantillages niveau école
maternelle. Je trouve ça tellement bête, stupide et petit que ça ne m'intéresse
pas. L'heure est comme d'habitude à la détente, au plaisir et à la joie de
vivre.
La dispute couvre chez les Rouges à cause de cette cabane. La tribu est bel
et bien scindée en deux. Les trois plus âgés, Francis, Eliane et Sylvie, ne s
'entendent plus avec les autres.
Chez les juniors, sur Koumo, le cruel dilemme du conseil est pour l'instant
mis de côté. Et l'union fait la force. La cabane est presque finie.
Là, ça fait du bien au moral, c'est sûr. C'est bien fait, on a l'impression d'y
être. Non, non, c'est nickel, ça va bien le faire. La bâche qui est là, on va la
mettre dessous, on va dormir dessous après, ça va être impeccable.
Une dernière palme et voici un abri digne de ce nom.
Mais pour la tribu Kumo, l'essentiel, c'est encore et toujours le feu,
synonyme de repas chaud.
Si ça crame... Prépare des feuilles, tout ça.
Mais ça vient ou pas ? Oh la lettre !
Je dois se décourager.
Je n'imaginais pas que c'était aussi compliqué que ça d'en faire.
Je pensais que c'était très simple. Moi, je me voyais comme ça et arriver à faire
du feu.
Non, c'est très dur. C'est très, très dur.
Vas-y, on continue, on continue, on continue.
Le problème, c'est que ça ne prend jamais.
Donc, c'est quand même assez pénible.
Soufflez.
C'est chaud.
On a ça, la chaleur.
Il faut trouver une solution pour le feu parce que j'ai trop faim, il faut que je
mange du riz.
Un chinois qui ne mange pas de riz.
Si nous on ne mange pas de riz, c'est comme si les fleurs n'avaient pas de
figales. C'est vrai que j'ai faim, la faim commence à se sentir.
Je m'attendais à que ce soit très difficile, mais là j'ai sous-estimé l
'aventure. Il s'avère que c'est plus difficile que prévu.
De toute façon, ce qui est vital c'est l'eau, c'est pas manger.
Mais moi, en fait, je ne mange jamais à manger. Ça me fait chier de manger chez
moi. Je n'aime pas les repas.
Moi, je mange toujours en vitesse, un truc comme ça, vite fait.
Mathieu n'est pas d'un naturel inquiet. D'une façon générale, il ne s'en fait
pas. Il n'a d'ailleurs aucune raison de s'en faire. Pour lui, ça roule tout seul
et il y a papa et maman pour veiller au grain.
Oui, Mathieu, il a eu l'habitude quand même qu'on s'occupe beaucoup de lui.
En plus, c'est un enfant unique, donc je me suis toujours occupé énormément de
lui. Tu veux quelque chose, Mathieu ?
Non, c'est pas ça.
Arrête de me saouler.
Chiant. Tout le temps, tu veux pas, si tu veux pas.
Ça me saoule.
Pour l'instant, ça me va d'habiter chez mes parents.
Parce qu'il y a moins de choses à payer.
Ils prennent tout en charge. C'est mieux.
Tu aimes bien que ce soit sa maman qui range.
C'est plus facile. Et au moins, il est sûr que c'est bien fait.
Faut bien que quelqu'un le fasse.
Si c'est pas moi.
Que ne ferait une maman pour son fils unique ? Mathieu peut compter sur la
solidarité familiale, mais on peut vivre sous le même toit depuis 21 ans sans se
connaître vraiment.
Mathieu, c'est quelqu'un qui est très droit, très droit, intègre.
Il ne s'occupe pas, il ne critique jamais.
J'arrive facilement à mentir, je suis assez à l'aise.
Personne n'arrive vraiment jamais à savoir ce que je pense.
Un peu cynique, c'est l'âge qui veut ça, et plutôt provocateur. Mathieu traverse
sa post-adolescence avec insouciance.
J'aime bien qu'on me regarde, qu'on me fasse attention à moi, un minimum.
Il adore qu'on le regarde, il aime bien faire le show.
Étudiant en pharmacie, Mathieu ne force pas son talent et fait le strict
nécessaire. Il faut dire qu'il n'a pas l'intention d'être le nouveau pasteur.
Vu que je fais pharmacie, j'aimerais quand même bien devenir pharmacien,
avoir mon officine. Et puis devant ma petite voiture de sport qui m'attend le
soir, ça, ça serait mon rêve. De l'ambition donc, mais mesurée. Et
surtout, une haute idée de lui-même. Tant que ça marche, pourquoi se priver ?
Le défaut que je pourrais lui trouver quand même, c'est que lui, c'est une
star. C'est un petit peu son côté de toujours dire, moi je suis le meilleur.
Quand on est avec lui, on a sans arrêt l'impression de devoir être parfait.
Lui voit la perfection dans les magazines, tous les top models et tout.
Et moi je suis sa copine, donc c'est plusieurs crans en dessous. Et donc
forcément, parfois ça fait des petits conflits.
Ouais, je l'énerve sur son poids.
Genre je lui dis, ouais t'as un gros cul ou tout ça.
Une petite amie aussi jolie que tolérante, des parents complaisants
jusqu'à la faiblesse, Mathieu ne manque de rien. Du coup...
Il n'a envie de rien. C'est sans doute sa faiblesse dans l'aventure.
Pas de feu, pas de riz, pas de nourriture.
On est la patate pour l'épreuve à venir. T'inquiète, c'est pas un problème. Je
suis sûr que les vieux, ils ont bien mangé. Les vieux, ils ont eu de la
chance le premier coup.
Quand t'es chez toi et que t'es là, tu te plains. La bouffe, j'aime pas, c'est
trop cuit, c'est pas assez salé.
Viens faire un stage d'ici une journée, une demi-journée.
Tu vas rentrer chez toi, tu vas manger même les trucs que t'as jamais mangé.
Il est plein de mousse, à mon avis, c'est pas un bénitier vivant, parce que
regarde, il est à moitié ouvert, il doit y avoir de la vase dedans.
Je vais l'ouvrir, je vais le découper, et je vais le grailler. Je l'ai pas pris
pour rien.
Je l'ai pas pris pour le regarder et lui dire... De toute façon, je mange pas d
'animaux, moi, de toute manière.
Mais j'ai des réserves personnelles qui me permettent de dire que je peux tenir
un peu, quand même.
Et en plus, ça me fait carrément pas envie, et je pense que déjà, au moins,
ça fait 48 heures, là, bientôt, on est passés tous en acido-lactose, donc la
forme se fait pas ressentir. On a une faim physiologique qui reviendra, mais
on a vraiment le temps avant qu'elle revienne.
Bichette, si vous le mangez, il faut le manger maintenant, parce que c'est des
mollusques, ça va tourner avec la chaîne. Oui, il faut le manger
maintenant. Il ne faut pas que vous attendiez.
Je comprends qu'Aude n'aime pas trop tuer les animaux, mais c'est vrai qu'à
force de le répéter, je pense que... Parce que là, elle le répète quand même
assez souvent, je pense que ça pourrait énerver certains.
On va vider les muscles. On va manger cette partie-là. T'es sûr ? Je mange
tout, moi.
Je suis sûr, t'inquiète. Je pense sincèrement qu'il n'y a pas grand-chose
à risquer à manger tout dans un corail.
Parce que l'intestin, il mange quoi ? Il mange du plancton. C'est un animal
filtreur.
Ça sent bizarre, le noir. Le blanc, ça peut aller. Mais le noir...
Là, ça coupe l'appétit un peu.
Putain, c'est génial. Tu veux goûter ?
Ah ouais, je veux bien. Vas-y.
Pourquoi ? Personne n'a goûté ? Non, ça c'est les viscères.
Ah, ok, d'accord.
C'est trop bon.
Sérieux ? C'est bon.
C'est mangeable ou c'est bon ? C'est mangeable ou c'est bon ? C'est bon. C
'est très dur sous la dent.
C'est bon ? Ouais.
C'est bien, ça le fait alors. Moi j'aime pas trop. On aurait dû en prendre une
deuxième.
Ce bénitier avalé cru est providentiel. Cela fait deux jours que les juniors n
'ont rien mangé.
Même menu chez les seniors, du bénitier, mais cuit, ce qui est bien plus digeste.
Ce qu'il est moins, c'est l'ambiance de règlement de compte qui règne sur le
bivouac. En cause, toujours cette cabane.
Mon but, c'était qu'on l'utilise tous, et non que seulement à trois. Par
contre, elle est plus petite.
Maintenant, il y a des bons gabarits, je ne sais pas ce que ça peut donner. Oui,
moi, c'était pour que vous soyez abrités également.
Mais s'il pleut, regardez-là la cabane, je ne dis pas qu'elle n'est pas bien,
mais on est huit, tu vois, huit sacs et huit personnes dessus. Avant, il n'y
avait rien.
À se mettre dedans, si elle n'est pas étanche, autant se mettre près du feu.
On n'a rien sur le toit non plus.
Quand j'ai demandé à ce qu'on m'aide pour la rendre étanche, tout le monde
est parti.
Non, mais attends, il y a quand même eu des gens qui ont bossé.
Oui, il n'y en a pas eu cinquante.
Oui, non, mais... Parce que c'était moi et Jérôme. C'est plein de nous, ça.
Alors là, car même, je crois que tu as la mémoire un peu courte, parce que moi,
je vais te faire voir les bois que j'ai coupés là et que j'ai ramenés.
Et je vais te faire voir où je les ai pris.
Là, tu as un peu la mémoire courte.
Alors,
tu es de mauvaise foi. Je pense que lui-même, il a compris qu'il fatiguait
tout le monde. Il est mal à l'aise. C'est quand même quelqu'un qui a du
caractère, je pense.
Donc, il ne baissera pas pavillon. C'est quelqu'un qui ne reconnaîtra pas. Je
pense que ce qu'il fait, ce n'est pas bien.
Il ne reconnaîtra pas, c'est dommage. On doit licencier quelqu'un, j'irais.
Évidemment, c'est sur lui que ça tombera, du fait qu'il blesse tout le
monde par ses façons de faire.
Les premières, et qui les a ramenées ? Arrête de parler comme ça. Les planches,
je les ai mises hier, les planches, ce matin. La première cabane sans planches,
qui c'est qui l'a fait ? Faut-il se rendre compte de ce qu'on fait ? C'est
pas possible.
On n'est plus des gamins, quoi. Je m'étais dit, si un jour j'ai la chance d
'être candidate à Koh Lanta, je ferai en sorte de faire passer ce message qu'il
faut être serré. Il faut accepter l'autre.
Et j'y croyais fort.
Et ce n'est pas possible.
Je vais commencer à aller plus loin. Quand je suis allé à la pêche avec vous,
vous avez pris le masque. J'ai voulu prendre les lunettes. Ah non, non, non,
ça c'est à moi.
Bon, et après on me vous voit. Non, non, non, ça c'est faux.
Tu as pris les lunettes, tu n'arrivais pas à resserrer le caoutchouc de tes
lunettes et tu m'as donné les lunettes.
Je suis super déçue.
Deux jours après le début des Jeux, je vois qu'il y a déjà une scission et je
suis déçue de l'humain.
C'est pas beau.
Quand on arrive là, vous êtes là.
Non, non, faux, faux.
Là, tout à l'heure, on a mangé une noix de coco, on était ensemble, donc faux.
Non, non, c'est Pierre qui a ouvert deux noix de coco et Jérôme en a ouvert une
autre. Bon, parce que moi, je n'en ai pas ouvert.
Si, si, si, tu en as ouvert. Mais on n'a jamais dit le nombre.
Si on commence à compter le nombre de noix de coco que chacun ouvre, on n'a
pas fini.
On n'est pas rendu.
Écoutez, mais prouvez-le.
Mais pourquoi vous vous prenez la tête alors que chacun fait quelque chose ? C
'est incompréhensible, ça faut arrêter aussi.
C'est tout, chacun fait quelque chose. Alors on ne balance pas la réflexion.
Je ne sais pas qui a commencé à balancer la réflexion.
Pourquoi se déchirer ? Pourquoi essayer de comprendre l'autre, l'admettre ? L
'admettre avec ses qualités, ses défauts, tout le monde en a.
Merde, à 40 ballets, on peut comprendre l'autre.
C'est trop nul parce que... Quelle image on donne ?
Je trouve qu'il faut...
C'est vraiment des problèmes peanuts qui ne valent pas grand-chose. Tu as fait
qui ? Tu as fait quoi ? On n'est pas au CP.
On est adultes et responsables.
Je trouve que se prendre le chou sur tu étais là, tu n'étais pas là, tu as
pointé. On en est au niveau du mec qui pointe. Putain, on est où ici ? Aujourd
'hui, vous avez créé un fossé, Pierre, ne me dites pas le contraire. On n
'arrive pas à communiquer entre nous, tous ensemble.
sur un sujet banal. Ça part toujours en fusion.
Tout le monde s'énerve. Tout le monde justifie. Il faut justifier ci, ça. Mais
on s'en fiche. Je trouve que c'est niveau CP.
Mais ça s'est passé pourtant.
Conclusion, on ne peut pas communiquer.
On n'est pas là pour se prendre la tête non plus.
On est là pour autre chose. Je pense qu'il faut passer sur certaines choses
et pas trop dramatiser. Il faut un peu dédramatiser tout ça.
Dans 30 jours, on se coupe à la machette. On se crache dessus.
Les rouges se disputent comme des chiffonniers. Les rivalités claniques
sont désormais une triste réalité sur Kanawha.
Chez les juniors, la proximité du conseil rend l'atmosphère pesante. Aude
craque, paniquée par le vote.
Donc Aude se propose de partir, en fait, tout simplement. Parce que de toute
façon, il faudra bien un premier.
Elle ne se voit pas voter pour... Elle n'arrive pas à se voir voter pour quelqu
'un d'autre.
Elle mettrait un nom sur le papier, mais elle nous a dit qu'elle ne se voyait pas
voter vraiment pour quelqu'un d'autre parce que tout le monde méritait de
rester pour un instant.
Et à ses yeux, tout le monde méritait de continuer.
Voilà, c'est un choix personnel. Il faut un premier, il n'y a pas de problème.
Et je préfère aider mon équipe à aller au bout de l'aventure et qu'ils portent
des valeurs plus loin que celles qu'on pourrait voir d'habitude.
C'est-à-dire, l'honnêteté pour moi, c'est quelque chose d'important.
Il faut un premier de toute façon. Il y aura un deuxième aussi et j'espère que
le deuxième saura aussi faire ce choix-là.
Si on était au milieu d'un bateau, au milieu de l'océan, il faudrait qu'il y
ait un premier qui saute s'il fallait alléger le bateau.
Et je n'ai pas de soucis avec ça. Je suis en accord avec moi-même.
Par sentimentalisme, sans doute un peu excessif, à mon avis.
Elle se sacrifie, quoi.
C'est un peu héroïque, mais d'un côté, si elle a fait le jeu, à la base, ce n
'était pas pour se sacrifier pour quelqu'un d'autre. Dans les 16
survivants, il n'en restera qu'un.
Donc, ma maman, elle n'avait pas à faire ça.
Ce qui est important, c'est de rester unis et de ne pas trahir un être humain.
Ça, c'est important.
Je crois que la trahison, c'est ce qui est le pire, je crois.
Bah oui, parce qu'attends, t'imagines, moi j'imagine même pas quand tu te fais
planter un couteau dans le dos par des gens que t'as fréquentés pendant
plusieurs jours et que tu sais même pas pourquoi tu pars.
J'ai une grande admiration pour son courage et son dévouement et il est rare
de rencontrer quelqu'un aujourd'hui de son envergure. Je savais très bien de
toute façon que tout le monde allait voter contre elle ce soir, elle le
sentait venir gros comme une maison.
Et là, en fait, c'est un moyen de dire je m'élimine plutôt que vous m'éliminez.
C'est tout. Pour moi, c'est simplement ça. C'est jouer sur les mots. Mais en
gros, elle savait qu'elle allait partir de toute façon.
C'est un Bernard Lhermitte énorme. Aude, c'est certain, ne supporte pas la
tension qui précède le conseil. Elle préfère renoncer sans combattre.
Cet abandon déguisé en sacrifice fait bien évidemment l'affaire de la tribu.
Tous en profitent aussitôt.
Pour ce premier conseil, c'est certain qu'elle nous enlève une grosse épine du
pied. C'est certain que pour les conseils suivants, ce ne sera pas tout
le temps comme ça.
Ça nous soulage qu'Aude nous ait dit ça. C'est un conseil, par contre celui-ci,
il va être très très très difficile.
La prochaine fois, je pense qu'il faudra être vice-là.
Après, le choix, ça revient à nous. Si moi, je n'ai pas envie de voter pour
elle, je ne voterai pas pour elle.
C'est pas parce qu'elle a dit que je vote pour elle que je dis forcément non.
Je sens avec mon doigt que ça chauffe là. La question du conseil étant peut
-être provisoirement réglée, la tribu se remet avec ardeur à sa tâche principale.
Faire du feu.
Les
juniors
n'en ont pas conscience, mais c'est la première fois dans Koh Lanta que des
survivants obtiennent de la fumée en frottant deux bâtons de bois.
Ce soir-là, il passe bien près de l'exploit.
Il y a une faille de prendre, on a fait de la fumée, le
bois était bouillant, on ne pouvait plus le toucher, on se brûlait pratiquement
en le touchant, donc on n'est pas arrivé à trouver le combustible qui va donner l
'amorce.
Mais le temps passe, il faut remettre les tentatives à deux mains, car c'est
bientôt l'heure du conseil.
C'est le premier conseil des kumos et il devrait arriver d'une minute à l'autre.
Alors, Aude semble-t-il a décidé de se sacrifier. Une décision qui arrange ses
équipiers qui sont sur le point d'accepter cet abandon déguisé. Mais
attention, car cela va à l'encontre de la règle de Koh-Lanta. Je vous la
rappelle, c'est un vote à bulletin secret en son âme et conscience.
Alors, il faut impérativement que les kumos réagissent sous peine d'être
gravement sanctionnés.
En cas de vote manifestement faussé, tout est possible. Et même un deuxième
vote. Pour quelques minutes encore, les jaunes sont au nombre de 8.
Participez au tirage au sort en répondant correctement à cette question.
Quel animal l'équipe jaune aperçoit-elle sur son île ? Téléphonez au 3680 ou
envoyez directement votre réponse par SMS au 61313.
A vous de jouer, bonne chance ! Pour les 16 naufragés, l
'aventure commence au milieu de la nuit.
Pas le temps même de se changer, il faut embarquer de nuit dans une grande
pirogue canaque.
Quelques milles nautiques plus loin, à l'heure où le soleil pointe sur l
'extraordinaire baie d'Oro, ils doivent sauter pour rejoindre la plage à la
nage.
Première difficulté pour Thierry, Kumba et sa conne, piètre nageur. C'était
limite, limite noyade. Les autres parviennent tant bien que mal à pousser
jusqu'à la plage leur sac alourdi par l'eau de mer.
Les naufragés fraternisent en faisant sécher leurs sous-vêtements et c'est
tout de suite la composition des équipes. Ceux qui ont 31 ans et plus,
vous vous mettez sur ma droite. Le coup prétombe, ce sera les juniors contre les
seniors. Nous sommes des seniors avec un moral de junior voire cadet. Les tribus
ainsi créées se mesurent du regard, elles veulent en découdre, ça tombe
bien, elles vont sur le champ disputer un jeu de confort avec le feu à la clé.
À l'équilibre, les jeunes sont habiles, mais sur la grappe humaine, les seniors
plus concentrés font la différence et gagnent de peu.
Ils commencent l'aventure avec un bonus appréciable, mais très vite, les clans
se forment.
Eliane, Francis et Sylvie sont isolés. Il y a deux clans, effectivement, qui
sont en train de se mettre en place.
De leur côté, les jaunes font de leur mieux pour s'installer, construisent un
abri et frottent sans relâche des bâtons pour faire du feu.
Mais ça vient ou pas ? Peine perdue.
Ils se présentent à l'épreuve d'immunité, affamés par deux jours de
jeûne. Sur l'îlot Ouré, le tronc de palmier est vraiment trop lourd pour
cette équipe formée en majorité de petits gabarits. Ils s'inclinent une
fois de plus devant leurs aînés, ce qui leur vaut de comparaître ce soir au
premier conseil de l'aventure, ici, au cœur de la forêt de Gadji.
Bonsoir à tous.
Vous le savez, vous allez vivre un moment difficile. C'est votre premier
conseil. C'est votre premier vote à bulletin secret.
L'un d'entre vous va être définitivement éliminé après seulement trois jours d
'aventure. Pour l'instant, en face de moi, vous êtes huit.
Et juste après ce conseil, vous repartirez sur votre île de Kumo à sept.
C'est la loi de Koh-Lanta. Je sais, elle est dure.
Mais vous l'avez tous acceptée.
Alors, pour l'instant, depuis le début de l'aventure, vous avez disputé deux
jeux. Un jeu de confort, une épreuve d'immunité. Vous avez perdu les deux,
Clémence. Comment ?
Vous réagissez ce soir après ces deux défaites de votre équipe ? Ça n'a pas
marché, mais je pense qu'il faut vraiment persévérer, ne pas perdre
confiance surtout.
Parce que je pense qu'on a les qualités pour battre les Rouges sur ces épreuves.
Mohamed, qu'est-ce qui vous a manqué ? Je pense qu'on a manqué de stratégie. On
était trop pressé de faire certaines choses que peut-être qu'on n'aurait pas
dû faire.
Et physiquement, vous êtes à la hauteur des Rouges ?
Non, on n'est pas à la hauteur des rouges. Ils ont quatre bras de plus que
nous et je pense que... Comment ça, ils ont quatre bras de plus que vous ? Il y
a Jérôme et Thierry qui sont assez balèzes et ils ont su être stratégiques.
Peut-être qu'on manquait de muscles.
Mathieu, on manque de muscles ? Oui, je pense que là, les épreuves, c'est la
force principalement qui est demandée. Moi, j'ai du mal.
J'ai même senti à certains moments que vous baissiez les bras.
J'étais un peu découragé vers la fin parce que moi je n'avais plus à porter,
j'avais le dos cassé en deux.
Je pense que j'ai un peu abandonné un peu rapidement.
Mathieu, on débute Koh Lanta, c'était le deuxième jour et vous parlez déjà d
'abandonner ? C'est difficile.
J'ai essayé la moitié du parcours et l'autre moitié, je n'en pouvais plus.
Marie-Cécile, ça vous choque que quelqu'un dans votre équipe puisse dire
ça alors que l'aventure ne fait que débuter ? Choqué, ça serait un peu trop
fort.
C'est clair, pour une épreuve d'immunité, moi j'ai donné le maximum
que j'avais.
D'entendre que quelqu'un a baissé les bras alors que d'autres donnaient le
maximum d'eux-mêmes, c'est un peu un décalage.
Mathieu, vous avez envie de réagir à l'avenir ? Là, c'était vraiment une
épreuve particulièrement difficile pour moi.
J'espère qu'il y en aura plus des comme ça où la force intervient en priorité.
Normalement, je devrais mieux me comporter dans le jeu.
Sakon, qu'est-ce qui vous manque le plus aujourd'hui ?
Aujourd'hui, ce qui me manque le plus, c'est la nourriture parce qu'étant un
sportif sans nourriture, je ne suis pas au top de mes performances et ça me
perturbe beaucoup en ce moment.
Ça fait plusieurs jours que je n'ai pratiquement rien avalé, pratiquement
rien bu et les signes de fatigue commencent à arriver.
Est-ce que vous avez l'impression, Alexis, d'être rentré de plein pied dans
cette aventure, d'être aujourd'hui des aventuriers avec un A majuscule ?
En tout cas, moi je trouve qu'on a des conditions de vie qui ressemblent quand
même beaucoup à l'aventure de ce que pourraient être des naufragés. Donc
quand on voit le temps qu'on passe à essayer de faire du feu, quand on voit
un petit peu toutes les différentes initiatives qu'on prend, il me semble
que oui, je pense qu'on est rentré de plein pied dans l'aventure. En tout cas,
moi ce qui me concerne, je me sens dedans.
Aude, moi je voudrais savoir aussi ce que vous ressentez par rapport à tout ce
que vous vivez.
dans cette aventure depuis le début ? On est dans un lieu hors du commun, c'est
une bulle, et la bulle est assez magique. Vous vous plaisez ici ? Alors
attendez, évidemment que je préférerais y aller avec ma chaise longue, mon verre
de soda, etc.
Mais on a une chance, oui, je pense tous autant qu'on a, et on en est bien
conscients, une chance incroyable.
Vous avez l'air parfaitement épanouie, parfaitement heureuse, et qu'est-ce que
j'apprends ? Qu'est-ce que vous apprenez ? Que vous souhaitez partir.
Non, je ne souhaite pas partir.
C'est simplement, on est huit, et je me suis dit, De quel droit je vais voter
pour une personne ou une autre ? Vous connaissiez le règlement de Koh-Lanta ?
Je connais le règlement de Koh-Lanta, mais je ne m'attendais pas non plus à
trouver... Vous vous étiez dit en arrivant ici, si jamais je perds... La
première épreuve d'immunité, je pars.
Non, pas du tout. Mais je ne m'attendais pas, en arrivant à Koh Lanta, à tomber
sur cette personne que j'ai trouvée formidable et qui n'ont pas plus
démérité que moi d'aller plus loin.
Sauf que moi, je me suis dit, j'ai 30 balais. Il est vrai que moi, j'ai eu la
chance déjà d'en vivre comme ça, des aventures super chouettes. Et je me dis,
eux, ils ont aussi ce besoin d'aller plus loin. Mais ça, ce sont des belles
paroles. Mais qu'est-ce que vous cherchez ? Vous voulez abandonner
aujourd'hui ? Non, ce n'est pas vrai du tout. Seulement, la différence, c'est
que moi, j'ai peut-être des belles paroles, mais je vais jusqu'au bout de
mes belles paroles. J'ai dit aux autres, moi, il est
Et moi, j'ai toujours vécu comme ça, selon mes opinions, selon une droiture
de conduite. Et voilà, aujourd'hui, je l'applique à nouveau.
Ces gens-là, si je les vois dans trois mois, je serais fière de les voir et je
pourrais les voir en me regardant en face. Alexis, que pensez-vous d'une
telle décision, d'une telle initiative ? Moi, je dirais que c'est une initiative
qui, évidemment, arrange tout le monde, mais je trouve que ce n'est pas une
initiative... C'est une initiative que je trouve mauvaise, quelque part.
Koumba, qu'en pensez-vous ?
Pour moi, comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est sacrifier.
Mais à la base, quand on fait le jeu Koh-Lanta, tu sais à quoi t'en tenir.
Donc quand on s'engage, on sait qu'à un moment ou à un autre, on va voter.
Là, aujourd'hui, tu te sacrifies, mais demain ou dans trois jours, dans six
jours, on aura notre conseil. Il n'y aura personne pour sacrifier, donc on va
en revenir à la même situation.
Marie-Cécile, c'est arrangeant.
C'est arrangeant.
C'est vrai que c'est arrangeant. On ne va pas se leurrer. On est dans un jeu et
ce qu'elle fait, ça nous arrange tous.
Mais c'est super courageux. Personnellement, moi, je n'aurais pas eu
le courage de le faire.
Donc pour ça, je pense qu'on ne la remerciera jamais assez.
Elle a une dimension humaine.
Je n'ai jamais vu quelqu'un comme ça.
Bon, écoutez, comme ce vote a l'air particulièrement clair, je vous propose
d'être la première à aller voter. Allez-y.
Mohamed, c'est à vous d'aller voter.
Vous êtes 8 à avoir voté et quoi qu'il arrive, l'un ou l'une d'entre vous va
partir à l'issue de ce vote.
Aude.
Aude.
Mathieu.
Aude.
Aude. Aude.
Vote sans surprise, Aude. Sept bulletins contre vous, un seul contre Mathieu.
Aude, je vais vous demander de prendre votre sac, d'aller chercher votre
flambeau et de me rejoindre.
Aude, ils ont voté contre vous à la majorité. Leur sentence est irrévocable.
Les juniors, ce conseil n'est pas terminé.
Aude a failli à son engagement et vous, en l'acceptant, vous avez trahi l'esprit
de Koh-Lanta.
Cet esprit de l'aventure, c'est un vote en votre âme et conscience.
Voilà pourquoi nous allons procéder à un nouveau vote, un deuxième vote.
Et vous l'avez déjà compris, tout à l'heure, vous ne repartirez qu'à 6 sur l
'île de Koumo.
Clémence, vous êtes la première à aller voter.
Bon, face à ce retournement de situation, je vote Sakon.
Je suis vraiment désolée, je te trouve super sympa, mais je me base sur les
capacités physiques et la résistance, et je pense que tu es le plus faible à ce
niveau-là.
Désolée.
Mohamed, c'est votre tour.
Je vois Clémence, ça passe pas.
Alexis, à vous d'aller voter.
Mathieu, je vote contre toi, car comme je te l'ai dit, je pense que tu es parmi
nous sept, celui qui est le moins bien adapté à l'aventure de Koh-Lanta.
A vous d'aller voter, Kumba.
Sakon, allez-y.
Mathieu, pour terminer.
Pour la deuxième fois, vous avez tous voté. Je vais chercher l'urne et je
procéderai ensuite au dépouillement.
Mathieu.
Sakon.
Clémence.
Trois bulletins dépouillés, un vote contre vous Mathieu, un vote contre vous
Sakon et un vote contre vous Clémence.
Sakon.
Mathieu.
Pour l'instant, égalité parfaite. Deux votes contre Saccone, deux votes contre
Mathieu.
Et un seul contre vous, Clémence. Il reste deux bulletins dans l'urne.
Mathieu.
Il reste un bulletin.
Mathieu.
Mathieu, quatre votes.
Je vais vous demander de prendre votre sac, de récupérer votre flambeau et de
me rejoindre.
Mathieu, les aventuriers de votre tribu ont décidé de vous éliminer et leur
sentence est irrévocable.
Vos anciens équipiers sont là pour vous écouter.
Je voulais d'abord dire à Momo que j'espère qu'il va aller loin dans cette
aventure parce qu'il le mérite vraiment.
Et autrement aussi, je voulais dire à Clémence que j'espère aussi qu'elle va
aller loin parce que je l'aimais bien et je l'appréciais.
Merci Mathieu.
Mathieu suit donc haut de très près. On ne transige pas avec la règle de l
'aventure. Les jeunes l'apprennent à leur dépens.
La semaine prochaine, six jours d'aventure intense, deux conseils ici en
Nouvelle-Calédonie.
Il y a des hauts, des bas. Là, on est des grappes dans le bas.
Les conditions de vie restent précaires. Il faut se battre pour survivre. C'est
la survie.
Il ne faut pas faire des manières si vous voulez survivre, tout simplement.
C'est Bagdad ici, c'est Bagdad, tu sais ça ? Moi j'ai trop la rage, alors là j
'ai trop envie de les tuer les autres.
Malheur aux faibles qui ne parviennent pas à suivre le rythme effréné de l
'aventure. Ce n'est pas un jeu de chance, c'est vraiment les personnes qui
doivent gagner, ils doivent le mériter.
Tous les moyens sont bons pour survivre et les naufragés perdent le contrôle de
leur nez.
La violence s'installe, les sanctions
tombent, tandis que les clans s'affrontent durement sur les deux îles.
Encore des rebondissements, de l'émotion, de la sueur et des larmes
pour les 14 rescapés de l'île des Pins.
Vendredi prochain.
Deux épisodes de Koh-Lanta à la même heure sur TF1.
On est au départ 16 à l'arrivée. Il fallait choisir dans la précipitation.
Ils ont choisi de m'évincer.
Peut-être qu'ils ont bien fait.
Peut-être que non. Ils verront par la suite si mon aide ne les aurait pas fait
gagner des épreuves.
Alors Mathieu, pour ses réflexions de gosse de riche, tout simplement.
Je décide d'éliminer Mathieu parce que c'est le plus faible des garçons.
Et on n'a pas besoin de faibles pour continuer l'aventure.
Ce sera un autre frein pour l'équipe. Et puis c'est la personne avec qui j'ai le
moins d'affinité.
Alors, sayonara Mathieu.
Je vote contre Mathieu.
Parce que je pense que de nous tous, c'est celui qui a peut-être le moins sa
place ici.
Parce qu'il baisse trop vite les bras.
Mathieu, je vote contre toi. Car comme je te l'ai dit, je pense que tu es parmi
nous sept.
Celui qui est le moins bien adapté à l'aventure de Koh Lanta.
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