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Bonsoir à tous, soyez les bienvenus aux Philippines dans l'archipel de Palawan.
Je survole actuellement à bord de cet hydravion l'extrême sud de la mer de
Chine.
Ici, dans ce lieu surnommé la dernière frontière tant il est sauvage, d
'immenses monolithes se dressent fièrement vers le ciel. Ce calcaire
noir, tranchant comme une lame, semble interdire l'accès à ces îlots perdus.
Des impressionnantes falaises de marbre plongent dans la mer émeraude où
évoluent tortues de mer, dauphins, retiens-pointes noires, mais aussi des
créatures venues du fond des âges. Nous sommes aux confins de deux mondes. D'un
côté, la mer de Chine. L'Asie énigmatique et éternelle, des rizières
et des bambous. De l'autre, la sauvage Mélanésie. Des tribus aborigènes vivent
ici encore comme à l'aube de l'humanité.
Huit femmes et huit hommes ont quitté leur région, leurs familles, leurs amis,
pour foncer droit vers l'inconnu. Ils ont parcouru 15 000 kilomètres, survolé
l'Himalaya et le sud de la Chine pour arriver dans cet archipel philippin
préservé.
Ces 16 Français de tous âges et de toutes conditions vont devoir survivre
et s'affronter pour remporter les 100 000 euros de récompense.
Ils devront déjouer les pièges de la nature, survivre et surtout survivre aux
autres, telle est la loi impitoyable de Koh-Lanta.
Au départ ils étaient 16, à la fin il n'en restera qu'un.
Grégoire est reparti.
Selon les ex-rouges, c'était dans l'ordre des choses.
La vie quotidienne du camp reprend ses droits et comme souvent, c'est Patrick
qui entame la partie de pêche.
La réserve de riz touche à sa fin, il faut absolument rapporter du poisson.
Laurent, lui, préfère rester spectateur, non sans arrière-pensée.
Je mets le coup en mise au maximum, je ne dois pas pêcher, je le laisse faire,
je me préserve, je ne fais rien.
Je ne fais rien.
C'est cinq dents de la main, donc il se démerde à s'occuper du camp.
Je suis leur hôte. Ils ne me craignent pas.
Ce qu'il y a, c'est que moi, demain, je vais tout donner. Mon but, c'est d
'arriver les quatre derniers.
Le setois se ménage.
Heureusement, Patrick, lui, ne mesure pas ses efforts.
Il s'active pour nourrir les siens.
J'ai pêché une langouste.
Eh oui, la langouste des Batangas.
Patrick m'a donné sa barque.
Depuis la magnification, il ne s'est pas arrêté. Il n'a rien lâché.
C'est un grand patron.
Au début, il m'énervait et là, je l'admire.
C'est un beau café, dis-moi. C'est le manager, c'est lui qui mène le bateau.
Ce n'est pas trop mon truc de rester à rien faire.
Je ne sais pas, je suis peut-être moins fatigué que les autres aussi.
Ce qui me fait bien, je n'en sais rien. Ça va, je ne me sens pas trop faible.
On mange au moins un repas par jour.
On a à boire.
C'est une question d'état d'esprit.
Je suis comme ça.
C'est sûr, Patrick est une force de la nature. Et 32 jours de privation ne
semblent pas avoir altéré son potentiel physique.
Ce qui n'est pas le cas de Simon, le colosse au pied d'argile, une nouvelle
fois terrassé par la faim. Je suis de plus en plus fatigué. Plus ça va, plus
je suis fatigué.
J'ai vraiment du mal.
Depuis le début, Simon, il a un peu de mal physiquement.
Il souffre plus du manque de nourriture, je pense. Et lui, il a besoin de plus
manger, mais en même temps, il a un peu de mal à manger.
Je crois qu'il a du mal avec le poisson, il faut toujours des gros morceaux, il
réclame toujours des gros morceaux, des gros filets, pas des miettes.
Certainement pour la journée.
Quand on est arrivé, on faisait exactement la même taille, le même
poids.
1m80, 103 kilos tous les deux.
Exactement pareil.
Peut-être que ma résistance, elle est étonnante maintenant.
Moi, j'ai toujours pensé qu'il y avait une part de muscles et puis une part de
cerveau aussi.
J'ai peut-être un peu moins de muscles, mais un peu plus de mental que les
autres. Bon appétit, les garçons.
Bon appétit.
Ces quelques poissons ne sont pas de trop, car les naufragés vont manger ce
qu'il leur reste de riz. Leur stock est épuisé. Donc, 32e jour, avec 8 jours d
'avance, le riz est fini.
On va être obligés d'attaquer les caviar.
Les naufragés sont conscients que leur situation est critique.
Ils comptent ces derniers grains de riz anxieux de l'avenir.
Mais pour l'instant, l'actualité, c'est l'épreuve de confort qui est annoncée.
Il y a un message ! Vous allez tous comprendre tout de suite. Le fardeau est
plus léger sur l'épaule d'autrui.
C'est quoi la question d'autrui ?
Donc voilà, que le meilleur gagne.
Bonjour à tous.
Après déjà 32 jours d'aventure, que diriez-vous d'une bonne douche ?
Shampoing, savon, la possibilité de vous laver les dents.
Et en plus de profiter d'un bon massage, à la fois relaxant et revigorant.
Pour obtenir cette récompense, il n'y a pas d'alternative, il faut
impérativement gagner. C'est un parcours en trois étapes. Une course.
Par élimination au départ, vous serez tous vestés d'un sac.
Évidemment mesdames, plus léger pour vous que pour vous messieurs. A chaque
étape, les éliminés ont la lourde tâche de transmettre leur sac à ceux qui sont
encore qualifiés. Bonne chance à tous.
Allez vous mettre en place.
Attention ! 3, 2,
1...
C'est un classique de Koh Lanta. Les hommes sont lestés d'un sac de 10 kilos
et les femmes de 5.
La première portion du parcours est la dominante aquatique.
Ce sont Simon, Kevin puis Patrick qui mettent pied en premier sur la terre
ferme.
Top Simon qualifié pour la deuxième manche.
Kevin qualifié également. Patrick qualifié. Et la dernière qualifiée Jade.
Bravo à tous les quatre.
Marilyn.
Malheureusement, c'est terminé. Laurent, même chose.
Ce n'est pas totalement terminé, vous le savez.
À qui vous allez donner votre fardeau ? Qui vous allez désavantager ?
Eh bien, j'ai pensé le donner à Simon.
Eh bien, allez-y.
Laurent,
je vous sens en pleine hésitation.
Et pourtant, il va falloir donner vos 10 kilos.
Moi, je suis Patrick.
Et me donnera qui voudra un père.
C'est là que je me vengerai.
Sympa, merci.
C'est l'équilibre.
Patrick, Jade, Simon, Kevin, deuxième étape, vous êtes quatre.
La finale se disputera entre les trois meilleurs.
3, 2, 1, go !
voilà patrick encombré de vingt kilos simon de quinze et kevin de dix jad ne
porte que cinq kilos et galope en tête emportée par sa course
la toulousaine commet une erreur au lieu de passer sous l'obstacle elle l'enjambe
allègrement jad ne s'est pas rendu compte de sa bévue et poursuit sur sa
lancée
Là, il faut détacher de nouveaux sacs de 2 kg chacun.
Ils sont liés à une corde, elle-même attachée à un tronc. Dans un premier
temps, il faut donc libérer la corde du tronc.
Jad, Kevin, Simon.
Alors, Jad, vous êtes arrivé la première, mais vous n'avez pas respecté
la règle sur le premier obstacle.
Je l'ai vu en retard et je n'avais jamais vu. Ils vous l'ont tous fait
remarquer. Vous êtes passé au-dessus, il fallait passer en dessous. Par
conséquent, vous êtes disqualifié.
Et Patrick, vous disputerez la finale.
Allez vous mettre en place.
Jad, je sais que c'est difficile.
Et là, votre mission, c'est de transmettre vos sacs à une seule
personne, à deux personnes, à vous de choisir. Il reste Patrick, Kevin et
Simon.
Il est chargé quand même, Patrick.
Petit.
Merci.
Merci, non, quand même pas.
Merci.
Patrick, Kevin, Simon, attention ! 3, 2, 1, go !
C
'est une finale entre hommes.
Patrick doit traîner 22 kg, Kevin seulement 12, car Jade l'a avantagé. Et
Simon ? 17.
Ce dernier part comme un dératé. Le demi-mêlé est lancé. Le Narbonné efface
cet obstacle en premier.
Les trois mètres de somme atteignent le passage le plus délicat.
Il faut de la vitesse et de l'équilibre.
Répartir le poids est fondamental.
On revient au départ ! Calment ! Allez Kevin ! Tout doucement
! Jeanne soutient son favori, Kevin.
Répartis les poids Kevin ! D'un côté le même poids, d'un côté de l'autre ! Merde
! Elle n'est pas tranquille ! Elle ne tient combien de kilos lui ?
Patrick avance prudemment, mesurant chaque mouvement.
Avantage pour l'instant à Patrick, mais rien n'est terminé, allez, allez !
Simon,
plus fonceur, décide de passer en force.
Et ça marche ! Allez jusqu'au bout, c'est pas terminé !
Jusqu'au bout !
La victoire, elle est pour vous, Simon. Bravo ! OK, viens, c'est pour toi. Ta
main, c'est partout.
Arrêtez de me casser les couilles. Elle est pour moi.
Simon, c'est votre première victoire en individuel.
Et ça fait toujours chaud au cœur.
Alors pour tous, sauf pour Simon, il va falloir retrouver le bivouac, la dureté
et la rigueur de votre survie.
Simon, en revanche, là, c'est une parenthèse exceptionnelle. La douche.
se brosser les dents, profiter d'un formidable massage.
Tous les autres, à bientôt.
Bon retour sur votre bivouac.
C'est ma première victoire.
C'est la première fois que j'arrive à gagner une épreuve.
Là, c'est un peu plus aujourd'hui, un peu de force et de puissance. C'est là
où je suis le meilleur, entre parenthèses.
Pour la récompense, j'espère déjà avoir une bonne douche.
J'espère que ça va me donner la patate pour les jours qui suivent.
Ça va bien me relaxer, c'est sûr.
C'est vrai qu'on
voulait tous avoir de la nourriture parce qu'on crève de faim.
Simon est au paradis. Le bûcheron profite du cadre incroyable de cette
langue de sable qui serpente dans le bleu du lagon. Et en plus, il y a à
manger, enfin !
Sur le camp, les aventuriers n'ont pas le courage d'attendre leurs coéquipiers.
L'épreuve a été rude, ils se couchent, harassés de fatigue.
C'est bon, il se récure ? Il se fait récurer, oui, il se fait choyer, il se
fait dorloter.
Je crois qu'on va le faire dormir dehors parce qu'il va sentir une drôle d'odeur.
On va pas être habitués.
C'est du bonheur. Si vous voulez, je vous raconterai demain matin si vous
avez le sommeil.
Les naufragés sont réveillés en plein sommeil par le retour de leur bûcheron.
Propres comme un sous-neuf, sentant la rose et ravis de leur narrer son après
-midi qu'il n'est pas prêt d'oublier. Il y avait une douche faite maison, un
bambou avec une caisse avec un litre d'eau.
Il y avait peut-être de l'eau qui était au soleil, donc elle était bien tiède,
bien appréciable.
Et donc d'entrée, j'ai pris 10 minutes à me faire les dents.
Alors je vous jure qu'avec ça, ça fait bizarre d'avoir un goût frais dans la
bouche.
Champoing, douche, normal, mais nickel.
Tu montais, ça faisait un petit mamelon sur l'île.
Et donc en haut, il y avait un petit truc qui abritait du soleil. Des petits
trucs avec des bruits sympathiques.
Il y avait une belle demoiselle qui m'attendait.
Et elle m'a fait tout. Elle m'a fait cuisse gauche 10 minutes, un quart d
'heure. Elle te rentrait vraiment dans le steak.
Le dos, le derrière des bras, les genres d'étirements.
Tout était super.
Je me suis mis dans le hamac. Elle m'a amené le petit jus de fruits.
Dans un petit panier, elle avait mes fringues, mon t-shirt et mon pantalon.
Ah oui, c'est propre.
Bien, merci.
Propre, qui sent bon, sèche, chaude.
Le savon, parce que les filles...
C'est au bico de tata.
J'ai eu le droit de ramener le savon.
Ça sent le propre, en tout cas, ça sent le frais. Ah ouais, grave.
C'est risque et péril parce que s'il sent trop bon, je crois que je vais peut
-être me tourner pendant la nuit et puis m'arriver et faire... C'est limite,
ça sent la gonzesse. Ça me changera de Kevin.
Ça me changera de Kevin, oui, parce qu'il commence à sentir un peu le
gaillard.
Ce matin, les naufragés se réveillent avec un doux parfum dans les narines.
Simon embaume littéralement la cabane. Une douche en 33 jours d'aventure, ce n
'était pas du luxe pour le gaillard de l'Aude. Et ses coéquipiers comptent bien
l'imiter grâce au savon qu'il leur a rapporté.
C'est super de se laver les cheveux.
J'avais oublié cette odeur.
Ça fait du bien.
Je ne m'imaginais pas que ça frottante bien une petite savonnette comme ça, un
petit peu de savon.
Franchement, je comprends Simon hier.
Ça fait un bien incroyable.
La tribu fait peau neuve. C'est comme une renaissance.
Nous sommes beaux.
Incroyable, hein ? C'est donc propre et revigoré que les rescapés vont se rendre
à l'épreuve d'immunité qui approche.
Alors, le pirate n'a pas d'état d'âme quand il part à l'abordage. À l'abordage
de quoi ? Et Laurent, le dernier des jaunes, espère bien créer la surprise.
Je leur montre que je ne suis pas en forme. Il faut brouiller les cartes.
Il y a quelqu'un qui se méfie de moi, Patrick. Il dit que Laurent, on le
connaît. C'est un vieux roublard.
Laurent, c'est un malin.
Il n'est pas né de la dernière pluie.
Je ne sais pas s'il est réellement fatigué ou pas.
Je pense qu'il va jouer sa chance.
Il faut gagner. Je vais gagner.
Bonjour à tous.
Le sprint final est lancé et je crois que c'est vraiment pas... Allez vous
mettre en place.
Attention pour le départ.
3, 2, 1, go !
En tête, c'est un coup d'à-coup d'entre les deux excellents nageurs, Laurent et
Simon. Patrick aussi tient bien le riz.
Chacun a récupéré sous l'eau son grappin, il faut maintenant dérouler la
corde. Mais attention à bien gérer la longueur, il ne faut pas faire de nœuds.
Kevin est devant. Le jeune homme espère bien enfin remporter une victoire. Mais
Laurent est sur ses talons, tout proche.
Coup de théâtre, Kevin n'a pas assez déroulé sa corde au départ.
Il est maintenant coincé, manquant de longueur pour aller plus loin.
Merde, putain ! Même sanction pour Laurent et
Simon. Les trois hommes tirent violemment sur leur corde pour gagner du
terrain et se rapprocher de la palissade derrière laquelle se trouvent les
coquillages à attraper.
Allez !
patrick qui était parti plus doucement a pris le soin de dérouler entièrement sa
corde il remonte maintenant facilement ses adversaires rien ne sert de courir
comme dit la fable
Patrick et Simon sont les premiers à s'essayer au lancer de graphins. Les
coquillages ne sont pas loin, mais il faut de l'adresse pour les agripper.
Viens là, viens là, viens là. Très bien. C'est bon.
Pas assez long, hein ?
Patrick, bravo. Le totem, il est pour vous. L'immunité, c'est également pour
vous. Bravo Patrick.
Merci.
Patrick, vous êtes le seul à être intouchable au prochain conseil, le seul
à être assuré de rester dans cette aventure. Jade, Kevin, Marilyn, Simon,
Laurent, vous êtes tous vulnérables. La prochaine fois qu'on se voit, c'est
justement au conseil. A bientôt.
Merci.
Patrick rentre sur le campement, fier comme Artaban.
C'est pour le vieux aujourd'hui. C'est la première immunité individuelle qu'il
remporte. Le stratège du Nord a encore frappé. Il a fait jouer ses neurones
plus que ses muscles.
Épuisé. Je suis plus vieux qu'eux, donc j'ai un peu moins de capacité physique.
J'essaye toujours de voir dans les épreuves ce qui peut peut-être faire un
peu la différence.
Patrick, 40 ans, expérience, plus calme, plus posé.
Moi, 21 ans.
J'ai pris, j'ai fait la course, je suis parti vite fait et j'ai perdu.
Merde, putain ! C'est Kevin.
Jamais j'arrive à aller au bout. Ça me gonfle.
Kevin préfère s'éloigner pour ruminer. Le jeune varroa est vexé de ne toujours
pas avoir gagné des preuves. Au même moment, un mystérieux étui en bambou s
'échoue sur le sable du campement réuni.
À la recherche de tendres mots M-O-T-S contre les mots M-A-U-X.
Direction l'île de Diloumakadé, Cap Alès.
A la recherche de Tendramou. Non, ça veut dire qu'on va récupérer le
courrier. À deux ! À moi, à moi, j'y vais.
Kevin ! C'est à l'est, le soleil se lève là-bas.
C'est la petite ville là-bas à droite.
Il y a un message ! On doit se barrer !
Ça fait un peu loin, mais bon, on va rapistouler le radeau que j'avais
fabriqué avec Eric au tout début pour aller plonger.
Et puis là, on a les palmes, donc ça ira plus vite. Le buste sur le radeau. Et on
va y aller à deux avec un qui a un peu des cannes, là. Kevin, pas à tout le
lot. C'est beau, on va en plein de mer et recueillir tout, là.
Ça perd un membre, là.
Et le bateau, on le pêche. Il y a plus qu'une heure pour aller là-bas.
De toute façon, les gars, ça n'a rien à dire. On va couper ce qu'il y a de plus.
Le petit radeau que j'avais fait, on va le rallonger de 5 à 4 centimètres.
Et voilà.
Tout le monde sera content.
Ce sera le bon truc pour aller là-bas.
C'est un peu con de tout péter. Tu défais un rang, on s'en branle.
Allez.
Coupe pas la ficelle, tu vas t'en servir.
Simon est affirmatif. Il faut un petit radeau pour traverser. Et lui, en tant
que nageur émérite, est l'homme de la situation.
C'est à lui que revient la charge de partir à la recherche du courrier.
Patrick, lui, n'a pas l'air d'apprécier les décisions de ce nouveau chef
autoproclamé.
Je suis un radeau, moi.
Ils ont décidé que... Bon, ça a été décidé, Laurent et Simon, donc... C'est
vrai qu'on n'a pas débattu. Allez, on va débattre, là, de suite.
On va débattre de qui va partir.
Si vous voulez discuter, vous discutez. Moi, je ne discute pas.
Personne n'a des discussions débiles.
Vous êtes d'accord ? Le chef a parlé, tout le monde sautait.
Point à lui. Merci.
Patrick est chafouin et préfère rester en retrait.
Simon ne se rend pas compte que le patron est froissé, trop occupé, qu'il
est à préparer son expédition lointaine.
Pas sûr d'arriver à Paul Tapie.
Je pense que je fais partie des meilleurs par rapport aux autres.
Sans faire le prétentieux, dans l'eau, c'est mon domaine. Je ne voulais pas
ceux qui nagent un peu moins bien ou les filles qui sont un peu moins puissantes.
Je ne voulais pas qu'elles se fatiguent.
Simon, il n'a pas vraiment un sens collectif. C'est tout de suite moi, moi,
moi, moi.
Simon, il est crevé sur le camp quand ça l'arrange. Et puis d'un coup, quand il
faut faire un truc, il n'y a plus aucune fatigue. Il est prêt à y aller. Je suis
plus fort.
Voilà.
Il y aura bien la fin qui sera le plus fort.
Tout le monde, c'est le meilleur nageur. Laurent, il part, il a envie d'y aller.
On a tous envie d'y aller.
Tu sais pas nager ? Si, je sais nager. T'en veux une, toi ? Je sais nager, mais
je serais pas... Toi, tu fais trois braves dans l'eau et tu saignes du nez.
Tu penses que tu peux y aller ? Et toi, à l'épreuve, tout le monde était déjà
sorti de l'eau, que t'étais encore en train de patauger au bout.
T'as fini autre chose une fois de dernière, toi, dans une épreuve ? Où tu
veux aller ? T'as vu ce qu'il y a comme distance ? J'aurais aimé y aller.
Mais il faut être logique, il vaut mieux prendre les bons nageurs.
Simon s'est proposé d'entrer et Laurent est partant également.
C'est des balaises et puis c'est tout. Pour elle, elle est dans les meilleurs
physiquement dans le groupe.
Moi, je suis un peu avant dernier, toi t'es dernier. Elle me dit, non, non,
non, je suis bien meilleur que toi, arrête.
Marilyn, c'est Marilyn.
Vous voulez une gourde ? Vous
nous ramenez, j'espère, des bonnes surprises.
Les ventures frises que j'attends avec impatience.
Marilyn est fébrile à l'idée de lire les mots de ses chers petits.
Les deux explorateurs, Simon et Laurent, eux, sont prêts. Ils l'ont traversé les
attentes pour rejoindre l'île de Dilumacad.
Ils partent vers l'inconnu sans savoir vraiment ce qui les attend sur cette
nouvelle île.
Pourquoi je suis monté debout pour faire des signes aux autres ? Pour m'enlever
que ce n'est pas la vraie lettre ? Oh,
un culot !
On a vu des aéronautes, ok ? On a un peu tracé. On est un peu fort. On doit être
à peu près à la moitié du parcours.
Encore une heure de vise. Je ne sais pas combien de temps, mais ça doit faire une
heure à peu près qu'on est partis.
En ligne déjà, parce qu'ils étaient partis tous les deux.
Les deux hommes sont à peine partis que les langues se délient. Patrick n'est
pas tendre avec eux. Le chef d'entreprise n'a pas apprécié d'être mis
devant le fait accompli, lui qui a l'habitude de décider. Donc voilà, soit
on ouvre sa gueule et puis on crée une polémique pour rien dans le groupe, pour
une connerie, parce qu'on n'en a rien à branler d'aller sur une île, soit on s
'écrase parce que le groupe...
On veut qu'ils fonctionnent et il y a des moments où forcément il y a des
tensions, on n'est pas d'accord.
Et c'est tout le temps les mêmes, les deux mêmes, moi, moi, moi, moi, moi. Et
on leur égaux et qui disent, moi je suis le plus fort, j'y vais.
Et c'est toujours, c'est pour rendre service au groupe, moi j'y vais, moi j'y
vais. Mais on ne pose même pas la question de savoir s'il y en a d'autres
qui ont envie d'y aller. On parle de Simon et de Laurent, ça fait par exemple
une semaine qu'ils disent qu'ils sont crevés, qu'ils ne peuvent rien faire, qu
'ils dorment toute la journée, que dès qu'ils pêchent un peu, ça les épuise.
Là, construire un radeau et nager pendant deux heures, tout d'un coup, il
n'y a plus de fatigue.
Simon et Laurent arrivent enfin en vue de l'île de Diloumakad.
Ils sont exténués, fourbus de crampes.
On a repoussé nos limites.
C'est trop dur.
J'espère qu'il y a un petit... Parce que le jaune vaut la chandelle. Voilà. On
devrait avoir les mots des familles. Je ne sais pas si les familles ont été
concentrées. C'est un petit gâteau.
La nuit tombe et on n'a plus de force.
On a des bananes, l'eau et deux noix de coco.
Les bananes, on va essayer de les ramener aussi, non ? Il y en a un
paquet.
On va se mettre, on va s'asseoir près du feu.
On va galérer pour tout ramener.
On est courageux, on va se donner à fond.
On va se péter un banane de plus déjà.
Après, on va réfléchir.
Je me demande à quoi ils pensent.
Tout le monde est persuadé qu'on va ramener des lettres des familles, mais
on ne sait pas encore.
On verra demain matin parce que là, qu'est-ce que tu vas voir ? On va dormir
là.
On va dormir. On va aller.
Déjà, puisqu'on reste à se cartonner les bananes de plus chacun.
On va faire les Stingy.
On va faire nos couvertures.
Par la maison.
Par la maison.
Demain matin, on va regarder s'il y a de la nourriture.
Peut-être que ça vaudra le coup de se faire une petite traversée, faire un
radeau plus gros et venir ici, venir finir l'aventure sur cette île-là.
C'est à l'arrache, quoi. Là, voilà, on est comme ça, ce nid, on dort par terre.
On s'est fait un truc n'importe comment.
On a réussi à débrouiller, là.
Si on avait su, on aurait réussi à débrouiller.
Simon et Laurent réalisent que cette île semble plus hospitalière que la leur.
Ils sont impatients que le jour se lève pour en avoir le cœur net.
Sur Batang, le reste de la tribu est aussi passé à table, se demandant ce qu
'il advient de leurs deux éclaireurs.
L'aube leur apportera certainement des nouvelles de leurs deux compagnons.
Sur Diloumakad, Laurent et Simon, les deux explorateurs, ont très mal dormi,
loin de la cabane de Batang. Elle n'est pas ultra confortable, mais c'est chez
eux. Le réveil est donc difficile.
Dormir deux heures, trois heures au maximum.
Pas grave.
Je ne suis pas un gros dormeur, je dis tout le monde.
Une bonne nuit de sommeil, ça serait bien.
Tu dormais un peu plus que Laurent ?
Mais pas tant que ça non plus. Je me réveillais souvent parce que le dos me
braque. La banane, elle a disparu.
Je l'ai mangée il n'y a pas longtemps.
Sa banane est restée. Je savais qu'elle n'allait pas faire jusqu'à ce matin.
On leur a laissé aucune chaise. Mais pas le temps de traîner. Les deux hommes ont
une mission.
Trouver le courrier de la tribu sur cette île qu'ils voient pour la première
fois en plein jour.
Sympa.
Pas de bananique, c'est un régime de bananes.
Oh putain, c'est pas mûr.
Non mais c'est pas mûr, c'est en verre.
Peut-être que dans la braise, elles se font fondre. Tu peux en décrocher une
paire. Une, une.
C'est pas mal.
Allez, voilà.
Peut-être un petit casse-d'âle.
Peut-être un peu de braise, par la banane là-dedans.
Je crois qu'elle essaie de bananier, elle saura peut-être venir là.
Il devait y avoir quelques cocos, quelques bananes.
Je pense qu'il va falloir motiver les autres pour faire un radeau plus grand
avec l'abri et venir là peut-être.
Il y a un peu de liquide là Lolo ?
Je crois
qu'il va falloir déménager.
On va être bien là, c'est sûr.
Maintenant, voilà, il y a déjà une, deux, trois, quatre, cinq cocos.
Je pense sûr qu'il faut venir ici.
Non, mais c'est pas peine de changer d'idée.
On ramène tout.
Ah, si on peut tout ramener, ouais.
Moi, je vois plutôt comme ça.
On va continuer à avoir ces autres ressources.
Pour les ramener, ça va être quand même chaud.
Il y a du manioc.
Par contre, il a été un peu ravagé par je ne sais pas qui, je ne sais pas quoi.
On va le descendre, on le mettra à l'abri.
Parce que ça a été saccagé.
Simon et Laurent n'en reviennent pas. Un bananier, des noix de coco à foison et
du manioc.
Cette île ressemble au pays de Cocagne, un véritable jardin d'Éden. Ils en sont
convaincus, la tribu doit venir s'y installer.
Les recherches sont plutôt sept pas. Après, je ne crois pas, contrairement à
Laurent, qu'on ne pourra pas les ramener avec notre petite embarcation.
Ça sera peut-être trop dur.
Donc il faut qu'on aille là-bas, faire les sacs et revenir.
Le fait de changer d'endroit, je pense que ça déplorera pas aux autres.
Je sais pas si ça peut le faire.
Sur le campement, justement, la tente tape sur les nerfs des aventuriers. Et
en plus, Patrick ne digère toujours pas l'attitude de Simon. Ce matin, l
'amertume a même gagné les autres membres de la tribu.
C'est pas arrivé ? Non.
Ce qui me gêne, c'est pas que ce soit Laurent et Simon qui soient partis, je m
'en fous, c'est que...
On n'a pas pris le temps de discuter, de demander l'avis de chacun, de savoir qui
avait envie d'y aller ou pas.
Voilà, c'était un peu plus collectif. Il y en a deux qui ont joué perso et ils
ont pensé à eux.
Je me demande ce qu'ils sont en train de vivre.
Je suis sûre que j'aurais aussi aimé vivre comme d'autres cette expérience.
Simon, qui est d'habitude très fatigué, il s'est senti pousser des ailes, on va
dire, et Laurent pareil.
On n'en a pas vraiment discuté, donc il y a un peu d'amertume.
Les aventuriers ne sont pas tendres avec leurs compagnons qui recherchent
activement le sac de courrier sur l'île de Dilumacad.
C'est mon bébé d'amour, ma fille.
Oh tout le monde !
Petite princesse, c'est bien.
Ma belle-sœur, les amis, ma mère, ma femme, mon frère, le ratignol, le petit
rat.
Elle a changé, putain.
Elle a... Elle a toujours son oeil un peu décollé.
Je me rappelle plus qu'elle ressemblait à ça.
Je me rappelle plus, j'arrivais pas à remettre son visage, en fait.
Elle met des cuisselles comme son papa.
C'est ma femme qui a écrit en se faisant passer pour Charlotte, pour ma fille.
Ma femme, elle s'occupe de tout.
Elle vient gérer les deux petits-ains.
Je suis fier à ma femme.
Je suis fier à ce qu'elle fait, à l'éducation qu'elle donne à mes petits
-ains, à ce que je sois à côté d'elle.
Coucou les filles ! J'ai de la jeunesse. C'est très heureux.
Quand on se dispute, on ne le verra jamais.
Je vois que sous un semblant de carapace, je suis très très sensible.
Et que des fois, je... Pour certains, je passe pas assez de temps avec eux, quoi.
Je suis un gros con.
Pour l'instant, ça... Ça fait du bien.
Les deux braves, submergés par l'émotion, reviennent à la réalité et
décident de retourner sur Batang.
Mais comment ramener le courrier et les vivre sans risque ? Une réflexion s
'impose.
Il n'y a rien d'état, Inch'Allah.
On ne peut pas les ramener ce soir, tranquille.
Les lettres, on ne peut pas les ramener, donc je suis sûr qu'ils vont vouloir...
Marie-Lyne va partir à la nage.
Il faut qu'ils soient fous pour ne pas revenir.
Il faut qu'ils soient fous.
Moi, s'ils ne reviennent pas, je vous jure, je reviens seul.
Simon et Laurent, dès qu'ils sont arrivés, nous ont vraiment donné du
baume au cœur parce qu'en fait, ils nous ont dit que notre courrier nous
attendait là-bas.
Laurent, c'est Laurent qui m'a dit que j'avais un plus gros paquet que les
autres.
Waouh, ça m'a touchée, quoi.
Ça m'a touchée parce que je me suis dit... On a pensé à moi.
D'abord, Prachamane, ça va nous faire du bien. C'est énorme.
On a l'impression de commencer une autre. Les lettres, ça va vous faire une
bien de fond.
Simon et Laurent nous ont raconté que là-bas, il y avait beaucoup plus de
nourriture qu'ici. C'est-à-dire, il y avait des noix de coco.
Ils ont trouvé beaucoup de manioc.
On s'est trouvés au restaurant ici.
On a décidé à l'unanimité de partir là-bas. Faire le même radeau que le
jour où on avait fait les preuves de radeau.
Peut-être rajouter un jardin pour mettre des affaires au sèche-amont.
J'ai expliqué comment c'était. Un grand sourire m'a dit « Allez, feu ! » Kevin
aussi, super content.
Il n'y a que Pat d'entrée, je ne sais pas pourquoi. Elle avait l'air un peu
fatiguée. C'est la première fois qu'elle n'a pas l'air trop motivée, mais bon,
apparemment, elle a changé d'avis. Je ne sais pas pourquoi, d'ailleurs.
Plus de cabane, on a dormi plus de 30 jours là-dedans.
Il n'y a plus, on déménage.
Donc voilà, un peu de nostalgie, mais la loterie, je pense que ça va être
beaucoup mieux et pas de regrets.
Simon a su être persuasif. Il a rallié à sa cause Marilyn, Jade et Kevin.
Seul Patrick semble plus réservé. Il faut changer. C'est pénible, mais bon,
ça veut survivre.
Il faut vraiment être con pour rester ici.
On va peut-être aller chier une heure, mais bon.
La tribu tout entière s'affaire sur le radeau. Il doit être suffisamment grand
pour transporter l'ensemble de leurs affaires et le feu si précieux.
Là,
les masques et les tubas, ils sont où ? Ils sont dedans.
On va faire un genre de mât, peut-être relié aux quatre coins, des longues
branches bien droites, reliées, attachées en haut.
Et puis au milieu, on pendra les trucs qu'on veut garder au sec. On va essayer
d'accrocher les sacs dessus.
Il y a du poids là.
C'est vrai qu'il ne va pas couler le bordel.
A mon avis, personne dessus.
Ce n'est pas bon quand même.
On va le pendre le feu, non ?
On va mener la cage, les gars ? Ma foi, il m'a l'air pas mal du tout, ce radeau.
On a fait ce qu'il fallait pour mettre les sacs en hauteur. On a le feu qui
fume et qui est suspendu.
Notre mâle qui est bien accroché.
J'espère qu'il va flotter.
Bye bye Batang, sans regret.
Il faut regarder devant soi, pas derrière.
On a passé des bons moments ici, mais je pense qu'il y en a d'aussi bons qui nous
attendent sur notre nouvelle île. Donc voilà, c'est une page qui se tourne et
on va continuer.
Les rescapés voguent vers l'accueillante île de Dilumacad. Sans regret, ils ont
laissé derrière eux, sur Batang, les vestiges de 34 jours de survie. C'est
une nouvelle aventure qui démarre pour eux.
Ça y est, les naufragés débarquent sur leur nouvelle île.
Ils partent immédiatement pour un rapide tour
du propriétaire.
Je trouve que cette île a plus de ressources que notre ancienne
île. Et je pense qu'on va s'y plaire. Mais l'exploration du nouveau camp est
vite remise à plus tard.
J'ai envie de lire mon courrier.
Marilyn, Jade, Patrick et Kevin se jettent avidement sur les lettres de
leurs proches.
C'est mon chéri.
Mon chéri, c'est quelqu'un, justement, qui ne s'extériorise pas trop.
Il s'est complètement lâché.
J'ai vu, j'ai pu apercevoir qu'il croyait en moi, que surtout, le fait, la
distance qu'il y a entre nous, du fait de l'aventure, ça lui faisait du mal.
Parce que du jour au lendemain, il s'est retrouvé seul, voilà, sans jade, sans sa
jade, et voilà.
Je suis mon chéri.
Oui.
Chérie, tu as voulu te lancer à des chics, à des chics. Tu m'as bien eu. Si
j'avais su, tu serais restée à le baraque.
Car ici, c'est mortel sans toi.
Dans mes enfances, c'était mort.
Et chérie, je t'aime.
Je pense toujours à toi. Il n'y a pas une minute où je ne pense pas à toi.
C'est ma fille, ma deuxième.
Charlotte, est-ce que tu es dans les jaunes ou dans les rouges ? Réchauffe le
cœur, ça me remonte le moral de tout.
Mon mari, mes enfants, plein de choses qu'ils ne sauraient pas vivre sans moi.
Je suis vraiment irremplaçable.
Pour maman chérie d'amour la plus belle.
C'est trop gentil, c'est trop touchant.
Je crois que j'aurais pu à peu près contrôler.
Ça allait. Il y en a une qui m'a plus ému que les autres.
Je n'ai pas pu me retenir.
C'était comme ça.
C'est comme ça.
C'est ma
grand-mère.
Dis, sois serviable avec tout le monde, sauf s'il y a un pébron.
qui te fait... qui n'est pas sympathique.
Alors merde, 4 points de présence.
Voilà, on fait spécial, là.
Ça y est, une.
Marine ! C'est bon ? Ah, deux.
C'est beau, ça.
C'est beau, Jade ? C'est beau, hein ?
Là, je vous présente ma fille, les gars.
Putain, je te jure qu'à chaque fois, je disais, putain, mais les mecs, c'est pas
possible de chialer comme ça pour trois courriers au bout de cinq semaines ou
trois semaines. C'est débile.
Jamais je chialerais. T'es pas en vacances à Marrakech, là ? Elle a trop
de gosses, elle. Elle fait de l'apnée depuis tout à l'heure. Elle a un apnée.
T'es rappelogé avec les apnées que tu fais péter. Elle a trop de gosses. Elles
ont 8 lettres par gosse par jour.
Elle a 150 lettres dans l'enveloppe.
Là, ça, c'est mon aîné, ça. J'espère que tout va bien là-bas sur l'île, que vous
avez une belle cabane et que tu as une belle vue et que tu manges bien. Oui.
Les cours, ça va. Je participe bien. I love you. Je t'aime, je t'aime, je t
'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime.
Tu ne peux pas imaginer combien je t'aime. C'est vraiment touchant parce
que...
Je veux dire, je savais déjà qu'il m'aimait et tout ça, mais il faut cette
aventure pour qu'on se rende compte. Je compte vraiment pour beaucoup, ça me
touche. Les cœurs palpitent, les yeux sont humides. Tous sont remotivés par le
soutien de leurs proches. Et tous en sont persuadés, ils méritent leur place.
Si il n'a pas eu dans sa lettre, j'espère que tu vas gagner.
Mais malheureusement pour l'un d'entre eux, l'aventure va se terminer dans
quelques instants. C'est la loi impitoyable de Koh-Lanta.
Scénario idéal pour Patrick, le leader incontesté de la tribu réunifiée. Non
seulement il contrôle la situation, mais en plus il arrive ce soir au conseil
avec l'immunité. Tous les autres sont susceptibles d'être éliminés ce soir.
Laurent, le dernier des jaunes, mais aussi Simon qui en a agacé plus d'un.
Une chose est sûre, à ce stade de la survie, un épais voile d'inquiétude
enveloppe les naufragés rescapés.
Bonsoir à tous.
Alors ce soir, forcément, votre cœur balance entre le bonheur d'avoir reçu ce
courrier des nouvelles des proches, et l'angoisse de devoir voter l'élimination
d'un membre de cette tribu apparemment soudée.
Alors moi, je voudrais qu'on revienne sur ce courrier. Marie-Lyne.
J'ai été gâtée, mais alors de chez gâtée.
Expliquez-moi.
De mon chéri, j'ai eu deux fois treize pages, recto verso, très surprise de
lui, mais il m'a raconté ses journées en détail, mais tout se passe bien, tout va
bien.
Qu'est-ce qu'il vous dit, Alé ? Qu'est-ce qu'il me dit ? En effet, le
rôle de mère, c'est dur à gérer, c'est beaucoup de travail.
Et puis, il assure très bien ce rôle, aidé de mes parents, mes beaux-parents.
Il se met souvent à craquer, après, il pleure un peu.
Et puis, il appelle ses proches, la famille, pour lui dire que tout va bien.
C'est vraiment une première pour lui. Il dit dans la lettre qu'il me dit des
choses qu'il ne me dit pas à la maison et qu'on ne soit pas là la vie sans moi.
C'est vraiment plein de choses.
Jamais il ne vous avait écrit de tels mots ? Si, étant jeune, mais après ça s
'estompe. Le temps va tout s'en va.
Et là, ça y est, c'est reparti. On est reparti pour 15 ans, je pense.
Il y a votre mari, qu'est-ce que vous avez envie de lui dire ? Je lui renvoie
la... La même chose, je l'aime, je l'aime, je l'aime.
Plus que tout.
Les retrouvailles vont être fortes.
Simon, comment va la petite ? Oui, le bébé va bien.
Apparemment, elle a les premières dents qui ne devraient pas tarder à arriver.
Parce que c'est vrai que vous avez forcément manqué quelques semaines de
son tout début d'évolution.
Oui, en fait, elle va avoir six mois quand je vais rentrer.
Et en gros, je l'ai vu quatre mois, j'aurais vu deux tiers de sa vie. J
'aurais manqué une tierce de sa vie, c'est quand même énorme. Mais vraiment,
je pense que c'est les derniers deux mois que je passerai sans elle. Ça, c
'est sûr, parce que c'est trop dur et surtout pas pouvoir appeler. Ça fait
partie du jeu, mais c'est très dur.
Laurent, je suis un peu craqué.
Le gros dur qui craque. En 15 jours, je craquais deux fois quand même. Je veux
faire allumer chez moi.
Mais bon, non, pas allumer parce que c'est beau.
Quand c'est beau, tu peux craquer.
Il ne faut pas avoir honte.
Non, mais c'est vraiment beau, quoi. Et ça m'a... L'expérience au courant de
temps m'a vraiment... Je pense que comme je disais, il y a le beau joli nouveau.
Il y aura le renouveau aussi. Le retour.
C'est quoi le renouveau ? Moins égoïste, qui pense moins à soi, qui pense plus
aux autres.
Ma femme ne va pas me reconnaître.
En bien ? Ah oui, elle ne va pas cracher dessus.
Kevin, vous aussi, vous avez reçu du courrier.
Et je crois qu'il y en a une qui ne vous a surtout pas oublié.
C'est votre grand-mère. Ma grand-mère m'a fait pleurer quand elle m'a marqué «
Tu es mon bâton de vieillesse ». C'est joli.
C'est fabuleux, ouais.
J'ai pas pu me retenir.
Donc voilà, je t'aime, je t'aime, je t'aime.
Patrick, vous aussi, vous avez eu votre courrier.
Et vous aussi, vous avez été gagné par l'émotion.
Oui, non mais bon, de toute façon, je le savais que je me ferais...
Rattrapé par l'émotion.
Je sais que je suis assez émotif.
J'ai peut-être beaucoup de pudeur aussi.
J'ai une famille en or. On s'entend super bien. On fait beaucoup de choses
ensemble.
En plus, j'ai un père qui est malade.
Il vous a écrit ? Oui.
Et puis je me dis que c'est peut-être la dernière fois qu'il m'écrira.
C'est normal, les relations père-fils.
C'est toujours bien entendu.
C'est un père généreux, mais dur aussi.
Dans le bon sens des termes.
C'est un peu dur.
Je sais que c'est assez difficile pour lui. Je vois qu'il a eu un peu de mal à
l'écrire.
Voilà, donc forcément, ça m'a ému.
Alors, je vois que toutes et tous, ça vous a bouleversé, ce courrier après 34
jours d'aventure.
Et ce courrier, vous l'avez trouvé sur votre nouvelle île. Alors, Laurent,
Simon, est-ce qu'aujourd'hui, sur cette nouvelle île, vous pensez pouvoir tenir
jusqu'au bout ? Oui, là, je pense qu'on va vraiment tenir jusqu'au bout. Des
noix de coco...
On a dû en ramener aujourd'hui, là, quand on est tous arrivés sur l'île. On
dort 20 noix de coco, donc c'est énorme.
Du manioc, on a trouvé un bon paquet avec Lolo.
On a tout pris.
Donc non, là, vraiment, pendant une semaine, on a ce qu'il faut pour tenir
jusqu'au bout.
Patrick, vous avez quitté Batang sans regret ?
Une petite émotion parce qu'on y a passé du temps maintenant.
C'est bien aussi de changer. Je trouve que tant que c'est le passé, on repart
dans un nouvel élan.
Et moi, j'aime bien changer.
Tiens, Jade, avant d'aller explorer plus loin cette île, qu'est-ce que vous en
pensez ? Premier abord, elle est assez sympathique. En tout cas, elle regorge
de noix de coco, d'aliments.
Je pense qu'on va s'y plaire sur cette île.
Alors, il y a eu ce courrier, beaucoup d'émotion, une nouvelle île. Vous allez
partir à la découverte pour ceux qui restent.
Le vote, c'est tout de suite.
Le seul qui est intouchable, c'est Patrick, après sa victoire dans l
'épreuve d'immunité.
Simon, vous êtes le premier à aller voter.
Je suis hâte de Kevin parce qu'il n'est pas bon à la volante.
Patrick, allez-y pour clôturer ce vote.
Laurent, dernier déjaune. Bravo et bonne suite.
Ça ne sert à rien de faire durer le suspense plus longtemps. Je vais
chercher l'urne et je procède au dépouillement.
Laurent.
Laurent.
Chivine.
Laurent ! Laurent ! Laurent !
Laurent, prenez votre sac, allez récupérer votre flambeau et
venez me rejoindre.
Laurent, ils ont décidé de vous éliminer et leur sentence est irrévocable.
Je veux remercier les anciens rouges qui m'ont gardé jusqu'à la fin.
Ce qui m'a aimé, c'est mon caractère, mon naturel. Ce que mes compagnons m'ont
dit, reste naturel, ils t'aimeront.
Sur la stratégie, on a fait tout à fait pareil, nous les jaunes.
Merci et bonne chance avec le meilleur gagnant.
On se voit bientôt.
Le setois se savait en sursis parmi cette équipe rouge, mais ce fief et
joueur est fier d'être le dernier jaune.
Les ex-rouges ne sont plus qu'entre eux. Patrick a gagné son pari, mené ses
troupes jusqu'en finale.
Mais sur les cinq aventuriers, seuls quatre accéderont au dernier stade. Et
il n'y a plus de fusibles jaunes. Alors, comment se départager sans se déchirer ?
Là est toute la question.
Tous en sont conscients, mais pour l'instant, c'est une surprise qui attend
les naufragés.
Patrick ? Viens me voir.
Il y a un arc et des flèches là-bas.
C'est marrant parce que j'y pensais.
Il y a un arc, des flèches, une cible et je pense que c'est l'épreuve de confort
d'aujourd'hui, c'est pour s'entraîner.
Un arc, une cible et des flèches. Tout le matériel pour devenir de véritables
robins des bois. À la manœuvre, Patrick, expert S-tir à l'arc et ultra motivé.
Cette épreuve, c'est la sienne.
On l'a déjà fait un petit peu, enfin pas beaucoup en vacances comme ça.
En club de vacances, 3-4 fois.
J'aime bien ça.
Généralement, je ne me débrouille pas trop mal.
Plus de la chance, là, je crois. Je n'ai jamais fait.
Ça me fait plaisir parce que j'aimerais bien encore gagner une épreuve.
Je pense que j'ai plus de chance au tir à l'arc que sur les épreuves plus
physiques.
Fais gaffe. Jamais, armé contre quelqu'un devant toi, tu ne sais jamais
si tu peux partir.
Tu es gauchère ? Je suis gauchère.
Tu es mal barré.
Si tu mets ton doigt comme ça, quand ta flèche, elle va partir, ça va traverser
le doigt. Moi, je n'explique plus parce que c'est individuel.
Je vais montrer ce que je savais faire, enfin, comment moi, je faisais en tous
les cas et ce qu'on m'avait appris. Le but, c'est de tendre ton bras.
Tu le prends comme ça, de mettre ton coude là à peu près à l'horizontale et d
'amener la flèche, le bras tendu jusqu'à ton oeil. La flèche, elle doit être au
coin de ton oeil. Heureusement pour moi, Patrick m'a un peu montré.
Les rudiments, on va dire, du tir à l'arbre, je n'en ai jamais fait. Je suis
novice. Voilà, tu vis et tu lâches.
Je crois que tu sais ça.
Patrick, pour moi, c'est un mentor.
Voilà, il le prouve encore.
Je la remercie.
Elle a déjà dépassé le mètre.
D'accord.
Avec deux, trois conseils, ça marche un peu mieux tout de suite.
Merci Patrick.
Après, je suis allé chercher Kevin.
Pareil, je lui ai appris la même chose qu'à Jade.
Voilà.
J'ai dit tant encore, tant encore, encore, encore, encore.
Voilà.
J'en avais jamais fait, il m'a expliqué, puis d'entrée, je m'en suis bien
débrouillé, donc voilà.
Il y a moyen d'envoyer, là.
En haut à gauche.
Tu as compris le coup ? Après, je t'explique.
Jad et Kevin, c'est mes deux préférés, donc j'aimerais surtout que Kevin gagne
une épreuve.
Il se donne à fond et il n'a pas été trop récompensé.
C'est fair play. Donc voilà, c'est cool.
Patrick a prodigué ses conseils à Kevin et Jade.
En revanche, avec Marilyn, c'est plutôt service minimum.
Là, ta flèche, son bras tendu, tu tends et tu lâches.
L'agricultrice du Nord a d'ailleurs beaucoup de mal à coordonner ses
mouvements. Et atteindre la cible lui est quasiment impossible.
Qu'est-ce que tu vis au moins ?
Marilyn Patrick, il a été beaucoup moins bavard, je ne sais pas pourquoi.
Mais peut-être bien parce qu'elle est gauchère et qu'il ne sait pas trop
comment, je ne sais pas.
Marilyn m'a moins demandé de conseils, donc si on ne me demande pas, je ne
donne pas forcément.
Et puis ensuite, j'estime que Marilyn, si elle gagnait une épreuve, ce serait
un peu un hold-up.
La dernière fois que j'ai tiré à l'arc, c'était à la Kermesse en juin 2006, à la
fête de l'école de mes enfants.
J'ai tiré une ou deux fois, mais c'était dans des ballons gonflables. Je pense
que je les avais loupés.
Et vous, ça donne quoi, Patrick ? Ça va, toi ? Comme toi, à peu près.
On est donc tous les cinq rouges qui nous restent. On sait que maintenant, c
'est chacun...
Chacun sa pomme.
Je suis livrée à moi-même et je vais essayer de faire le maximum.
Et j'ai besoin, j'avoue, de l'entraînement.
Ouais, mais ronds, ils sont bien.
Waouh !
Oh,
voyez comme je m'ennuie.
Attends, je vis le point noir au milieu.
Je suis la seule à m'entraîner, mais les autres sont plus balèzes.
Donc, ils ont moins de 20 notamment.
J'ai besoin de trois heures d'entraînement, plus même.
Marilyn persévère et veut parvenir à maîtriser ses gestes techniques.
Pour elle, le jeu de confort risque d'être laborieux.
Espérons que la chance me sourira.
Tirer dans le mille n'est pas tout.
Il y a marqué tirer d'alumine, mais pas tout. Il y a autre chose.
Il y a le truc de casser la flèche ou quoi ? Moi, je vais péter le sel des
putains. Ah, tu vas être à chaque fois le plus nul, toi, Pat.
Ouais.
Bonjour. Bonjour.
Aujourd'hui, c'est la plus belle, la plus grandiose des récompenses que je
vous propose.
Imaginez. découvrir l'un des plus beaux joyaux des mers du Sud. Et pour ne pas
perdre de temps, vous allez y aller en hélicoptère.
Mais pour ça, il faut gagner. Il faut prouver que vous êtes le meilleur archer
de Koh Lanta. Vous avez eu le temps de vous entraîner ce matin, de prendre vos
repères et de savoir un petit peu comment faire.
Très simple.
Une cible, un arc chacun, une flèche chacun.
Le meilleur aura sur chaque salve.
Le loisir de casser la flèche d'un de ses concurrents.
Et ainsi de suite, pour qu'à la fin, il n'en reste qu'un.
Bonne chance à tous.
Prenez vos arcs.
Prenez vos flèches.
Armez.
Visez.
Tirez.
Marilyn hésite. L'arc tremble, le tir, ce n'est pas sa spécialité. Mais elle
doit réussir. Elle n'a pas le choix.
Incroyable ! La chance du débutant.
Marilyn a mis sa flèche dans le mille. Marilyn, cette fois-ci c'est bon. La
prochaine fois, si vous ne tirez pas en même temps, je serai obligé de ne pas l
'accepter. D'accord ? Ok.
Incontestablement, votre flèche est la mieux placée.
Vous êtes la meilleure de cette première salle. Vous pouvez casser la flèche de l
'un de vos adversaires.
Patrick, c'est terminé.
Marilyn n'a pas hésité une seconde. C'est Patrick qu'elle a décidé d
'éliminer. Le chef d'entreprise est déçu, vexé même d'avoir été battu par
une novice du tir à l'arc.
Lui, l'archer expérimenté, a été coupé net dans son élan, privé de la
récompense dont il rêvait par le choix de Marilyn.
Patrick ne le digère pas.
Ne te stresse pas, c'est le jeu.
C'est cool.
Les compteurs sont remis à zéro. Tout est à refaire. Marilyn, Jade, Kevin,
Simon, prenez vos arcs, votre flèche.
Armez.
Visez.
Tirez.
Non,
non, c'est bon.
Tant pis, c'est tout. J'ai tremblé.
Marilyn, vous n'avez pas tiré.
Donc votre flèche est considérée comme nulle. Donc vous êtes susceptible d'être
éliminé comme les autres.
Kevin, vous êtes celui qui a la flèche la plus proche du centre.
À bout de faire votre choix.
Jade, Simon, Marilyn.
Qu'est-ce que ça tient de Marilyn ? Kevin élimine Marilyn.
Logique, elle n'a pas participé à la salve. Mais en plus, c'est une façon de
venger son mentor.
Patrick n'a pas un regard pour Marilyn.
L'agricultrice l'a privée de l'épreuve. Pour lui, c'est un véritable camouflet.
Jad, Kevin, Simon, allez, prenez vos arcs, armez vos flèches,
visez, tirez.
Simon, votre flèche blanche est la plus proche.
Du centre de la cible.
Jad,
c'est terminé.
Venez rejoindre Patrick et Marilyn.
Le duel final oppose Simon à Kevin.
Les deux compères sont ravis de s'affronter.
Simon, Kevin, les règles de la finale évoluent.
Vous aurez désormais trois flèches chacun.
La meilleure flèche donnera la récompense à celui qui l'aura tiré.
C'est cool.
Voilà Simon. Merci.
Voilà Kevin.
Et que le meilleur gagne.
Preniez vos arcs.
La première flèche.
Armé.
Visé.
Tiré.
Léger avantage à Kevin.
Deuxième flèche. Simon, Kevin, armé.
Visez. Tirez.
Confirmation de la première flèche.
Avantage Kevin.
Mais rien n'est fait.
Simon, vous allez jouer votre vatou.
Prenez la flèche.
Armez.
Visez.
Tirez.
La victoire est pour Kevin. Bravo Kevin.
Patrick félicite Kevin le cœur serré.
Cette récompense, il la voulait.
Excusez-moi de t'avoir cassé la flèche.
Kevin, félicitations.
Je suis content d'avoir gagné au moins une épreuve à Koh Lanta. Ça y est, je l
'ai. J'ai mis du temps.
J'ai mis du temps de décider. Mais ça y est, j'ai choisi la formule offensive.
Bon, est-ce que vous avez déjà pris un hélicoptère ? Non, jamais. Jamais pris d
'hélicoptère. Première fois.
Félicitations.
C'est sans doute la plus belle récompense. Vous avez bien fait d
'attendre. A bientôt.
Merci. Profite bien.
Profite. Profite.
Kevin est parti.
Et vous, je vous souhaite un bon retour sur votre bivouac.
A bientôt.
Merci. Au revoir.
Patrick est hors de lui. Il ne décolère pas. Il en veut terriblement à Marilyn.
Oser casser sa flèche, c'est impardonnable. Le chef d'entreprise n'a
pas l'habitude d'être humilié de la sorte.
Je préfère ne rien dire parce que Patrick, il n'a pas que des côtés
gentils, il a des côtés méchants et toutes les vérités ne sont pas bonnes à
dire. Donc voilà, je me tais, je ne dis rien et je vais me calmer.
Il n'y a pas à m'en vouloir, c'est un jeu, il faut assumer l'échec. Je m'en
branle de ce qu'elle dit, je n'en ai rien à foutre. Elle change de
comportement rapidement, on ne te reconnaît plus.
Mais il a fallu faire ce choix de casser la flèche.
dur choix et je me suis dit qu'il n'y a pas encore eu de comport.
Simon, il y en a déjà eu.
Mais toi, Patrick, tu en as eu plusieurs.
Ah oui ? J'aimerais savoir lesquelles.
Oui, tu as eu au moins une immunité. Tu as eu ton assiette avec les asticots,
ton assiette de machin.
Après, peut-être d'autres que j'ai oubliées.
Mais voilà, j'ai procédé comme ça. J'ai jusqu'à présent gagné aucune épreuve,
pas faute d'eux.
Tu ne gagneras jamais, je te le dis tout de suite.
Non, je pense à toi, le principal. Ça, c'est pas ta gueule, Patrick.
Pourquoi réagir comme ça, Patrick ? Si tu avais voté contre moi, je ne pourrais
rien dire.
Patrick,
tu réagis mal. Oui, mais à Marilyn...
Si elle votait contre moi, j'ai dit quoi ? J'étais une connasse, elle a voté
contre moi ? C'est la faute aux jeux, c'est pas la faute à Marilyn.
Non mais attends, il y a des règles. Oui mais moi je crois que si Denis avait dit
c'est la faute aux jeux, c'est pas la faute à Marilyn.
Exactement, merci.
Je trouve que le geste de Marilyn n'est pas très parfait dans la mesure où ce
matin c'est moi qui lui ai appris à tirer, etc.
Voilà, j'aurais pas fait pareil. Maintenant chacun fait ce qu'il veut et
voilà. Si tu regrettes cette explication, tant pis pour toi et puis
voilà.
Et il ne faut pas réagir comme ça, parce que ce n'est pas une bonne réaction. Tu
peux réagir comme tu veux, tu n'as pas de leçon à me donner.
Ce n'est pas quand tu gagnes des épreuves que tu es forcément reconnu.
Moi, mon collantin, je l'ai vécu, je le viens fou.
J'ai passé des bons moments avec vous.
Je sais que je t'ai fait du mal à plier cette flèche, mais c'est pas la peine de
m'en vouloir, parce que moi, j'aurais aussi aimé avoir cette victoire, je ne l
'ai pas eue. C'est qu'un jeu, c'est pas un jeu décisif, c'est qu'un jeu de
confort. Demain, il y a une épreuve décisive, là, il faudra tous se battre,
et chacun pour soi, le Dieu pour tous, comme on dit.
Protection faite, je sens que Patrick, demain, l'immunité, si je ne l'ai pas,
il va voter pour moi, pour cette raison.
C'est sûr. Marilyn ne s'est pas démontée, mais elle est au bord des
larmes. Les mots très durs de Patrick l'ont touchée. Il a d'ailleurs fallu l
'intervention de Simon pour que les choses ne s'enveniment pas.
Le Benjamin de l'aventure est sur un nuage. Il vient enfin de gagner sa
première épreuve individuelle dans Koh-Lanta et la récompense s'annonce
extraordinaire. Déjà, rien que là, c'est merveilleux. Alors, vu du ciel, ça doit
être incroyable.
C'est un bâtard.
C'est rouge.
Ce sera la première fois que je vais grimper dans un hélico et tout, donc je
pense que je vais être ébahi.
Le paysage et tout, c'est magnifique.
J'aime bien la sensation aussi quand il fait des bosses comme ça. Des fois, il
fixe l'île et au dernier moment, il lève comme ça et ça fait des vagues. Le cœur,
il bouge et j'adore vraiment ça.
Je penchais avec dans les virages et tout, c'est au top.
Superbe. Magnifique.
Le pilote vient.
Très bien. Bon, il a fallu que j'intervienne.
Il a fallu que j'enclenche le XP6 à pour endresseur des triphases.
C'est bon, on est reparti de plus belle.
Putain, j'ai gagné celle qu'il fallait.
Je suis content d'avoir attendu 35 jours pour gagner une épreuve de confort parce
que rien que les hélicoptères, au top.
Je ne trouve même pas les mots pour dire que c'est incroyable.
Sensation de folie et puis là, maintenant, je ne sais pas ce qui m
'attend.
Sincèrement, je pense que j'ai gagné la plus belle des récompenses.
Pendant que Kevin exulte, ses compagnons d'aventure ont le cœur beaucoup moins
léger.
Patrick rumine seul dans son coin.
Il ne digère pas le geste de Marilyn qu'il a privé de la victoire dans cette
épreuve taillée pour lui.
Là, ta flèche, son bras tendu, tu tends et tu lâches.
Elle tire ici 50 flèches. Sur les 50 flèches, il y en a 4 qui touchent la
cible.
On arrive au jeu, on explique les règles.
On tire tous ensemble.
Evidemment, Marine n'arrive pas à tirer sa flèche, elle reste bloquée.
Elle finit par tirer et boum, elle la fout en plein mille.
Putain, j'étais vert.
Marilyn, vous pouvez casser la flèche de l'un de vos adversaires.
C'est rigolo que ce soit toi quand même qui tire après.
Mais bon, ça c'est le côté... En fait, c'est dommage qu'on ait pas le temps de
tirer.
Comme quoi, il doit y avoir une justice.
C'est pas celle à qui j'ai le plus appris.
Le mec qui m'a fait quelque chose, c'est pas celui que j'aurais éliminé en
premier. En fait, il était jaloux, malheureusement.
Pour moi, c'est pas jaloux. Parce qu'il a rêvé de ce trekking, de partir en
avion. Moi aussi, j'en rêvais. Je m'en fous, l'hélicoptère, je peux le faire si
je veux. Je reviendrai.
Tant mieux, il y a la possibilité financièrement, tant mieux pour lui. Il
fait plein de pays d'Afrique, en Amérique, il a été partout.
Donc, avant de placer sa flèche, je me suis dit, s'il veut le faire en hélico
un jour, il pourra se le permettre.
Ce qui m'agace, c'est de me faire virer comme ça, comme un gland.
Il faut toujours un dernier.
Et donc voilà, j'assume tellement.
C'est sûr que je reconnais que sur ce coup-là, je suis mauvais perdant.
Mais bon, il y a de quoi.
Sur la plage aussi, l'incident est dans toutes les têtes. Simon et Jade jugent l
'emportement de Patrick totalement démesuré. Sa réaction après son
élimination les a profondément choqués.
Déjà, je n'aime pas qu'on engueule une fille comme ça, surtout Marilyn qui est
brave et tout, elle ne mérite pas ça.
Franchement, s'il m'avait dit « toi, tu n'occupes pas » ou machin, je lui aurais
dit « ferme ta gueule, tu parles bien aux filles déjà, et à moi tu baisses ton
ton parce que moi, je ne suis pas Marilyn ». Tout le monde se marre de ces
trucs, de ces gaffes, tout le monde vient me dire « Marilyn, j'en peux plus,
j'en peux plus ». Quand on lui dit la vérité, tout le monde s'offusque en
disant « mais non, mais non, mais non ». Marilyn, c'est la plus gentille.
Qu'elle soit un peu dans les gaz. Des fois, tu poses des questions, on répond
à droite, on lui répond à gauche.
OK. Mais après, une gentillesse.
Attends, tu t'y assoies, ça va te chercher l'eau. C'est la plus brave de
toutes. T'es trop gentille à chaque fois.
Ton défaut, c'est trop gentil. Non, non, mais là, c'est bon.
Non, non, oui, des fois, je plane à 40 000. Mon aîné, je dis, tiens. C'est toi
la plus serviable.
Donc, on n'a pas à te déboîter.
Voilà, c'est tout.
Déjà qu'elle s'écrase déjà assez, elle diamène quasiment à tout, la pauvre.
C'est bon, là, elle a pris une décision. Je suis contente parce qu'elle a assumé
sa décision.
Pour une fois, elle ne s'est pas écrasée.
Voilà, et puis après, elle a continué. Moi aussi, je voulais gagner. Tu ne te
rends pas compte ? Je voudrais gagner.
Demain, l'unité, je voudrais gagner.
C'est bon, ça m'a gassé. J'écoute Marilyn.
Arrête de dire n'importe quoi, t'es pas capable de gagner une épreuve, est-ce
que t'as déjà fini autre chose que dernier une seule fois dans toutes les
épreuves ? J'ai jusqu'à présent gagné aucune épreuve, mais... T'en gagneras
jamais, je te le dis tout de suite.
T'es vachement sympa.
Je te dis pas ça méchamment, mais c'est mon réalisme, t'as terré un peu.
Bah oui, j'étais quelques secondes derrière.
Dire textuellement, tu gagneras jamais aucune épreuve, vous imaginez le mal que
ça peut faire ? Au début, elle l'a pris mal, évidemment.
Ouais, tu sais ça, j'ai compris. Demain, Patrick va voter contre moi.
Je lui ai dit non, parce que tu vas gagner l'humilité.
Parce que tu nous le dis.
On ne peut pas affirmer.
Tu ne gagneras jamais rien.
On ne peut pas l'affirmer, ça.
Je lui ai dit, bien sûr, tu peux gagner sur un miracle. C'est possible.
En plus, bonne comme je suis, trop bonne comme je suis, j'ai mis ma main sur son
épaule et j'ai dit, excuse-moi, Patrick.
Ça va, ça va, ça va, ça va, c'est bon, c'est bon.
Ok, j'ai dit Marilyn, t'emmerde pas.
Il faut arrêter de se prendre la tête humainement à critiquer les gens. Donc
mettre un peu d'eau dans son vin et qu'ils soient un peu plus cool avec elle
déjà. J'espère qu'il va le faire, sinon il est bidon.
Eh bien c'est normal un peu.
Même si pour la stratégie c'est pas bon.
Marilyn aussi est en boucle sur le sujet. La réaction de Patrick l'a
blessée, mais sûre de son bon droit et forte du soutien de Simon et Jade, elle
ne regrette rien.
Je ne pensais pas que Patrick pouvait se voir aussi jade.
Pour ça, franchement, je n'ai rien à me reprocher.
Je vais aller voir les fonds marins de l'île d'Iboulakan.
Là, pour moi, c'est lui qui a la mauvaise place.
Moi, j'ai la bonne place. Moi, je suis sereine.
Regardez ce que faisait Patrick.
C'est bizarre, il s'est isolé d'un coup.
C'est bizarre.
On était une équipe soudée et j'ai l'impression que...
Maintenant qu'on est cinq, c'est du perso.
Jusqu'à présent, je voyais la face émergée de l'iceberg concernant Patrick
et je commence à découvrir la face immergée de l'iceberg.
Je commence à connaître le vrai Patrick.
On a vu un autre homme en fait.
C'est bizarre.
Il a toujours maintenu que tout ce qu'il faisait, c'était pour l'équipe.
Mais je commence à croire en fait.
qu'il a utilisé ce prétexte de l'équipe pour lui-même avancer.
Il avait raison, mon frère. C'est ce qu'ils me disent.
Tu peux tous les baiser, mais en douceur et sans douleur.
On ne comprend pas comment il me connaît aussi bien.
S'il ne s'excuse pas, c'est que Patrick a joué faux, finalement, du début à la
fin. Et j'espère qu'il va s'excuser parce qu'elle ne méritait pas ça.
C'est le vrai Patrick.
Il commence à se dévoiler.
Bien loin de ses états d'âme, Kevin découvre avec émerveillement les eaux
turquoises de la mer de Sulu, à l'est de l'archipel de Palawan, sans savoir
exactement où ce bateau l'emmène. Il y a des flotteurs.
Déjà, j'aimerais bien savoir ce qu'il y a en dessous.
À quoi ça sert en tout cas ? À pêcher quoi ? Pour pêcher le requin.
Si c'est ça, je ne vais pas à l'eau.
Je ne sais pas, ça doit être le meilleur pêcheur de requins au monde.
Ah, c'est bon.
Ça envoie du lourd.
J'ai demandé à Gianni Turprondo. J'ai fait « We go to take shark ? » Il m'a
fait « Yes ». Peut-être que c'est lui qui n'a pas compris mon anglais.
En fait, le requin, c'est un animal beaucoup moins dangereux que s'en va
chercher ce brave pêcheur.
Une huître.
Ils doivent marchander les coquillages.
À mon avis, ça doit valoir de l'argent, je pense.
Parce que j'ai vu les douaniers, ils ne rigolent pas.
Non ! La perle.
Dans cette région reculée des Philippines, depuis la nuit des temps, l
'ethnie des Bajao plonge courageusement et s'en relâche à la recherche de
perles, le trésor des mers du Sud.
Une perle, c'est un accident, une impureté, souvent un grain de sable
autour duquel se dépose la nacre issue de la croissance de l'huître. Aujourd
'hui, ces mollusques sont élevés quasi scientifiquement.
Il faut patienter entre deux et trois ans pendant lesquels les huîtres se
développent sur leur ligne, dans des casiers, puis elles sont lavées et
méticuleusement ouvertes. On extrait les perles et on les classe par couleur et
par taille. Une véritable fortune naturelle.
C'est pas pareil, là.
Je veux savoir si je peux... Si je peux vivre avec une perle. Si je peux... Si
je peux la prendre avec moi ou si je dois la donner à toi.
Tu peux.
Non, vraiment ? Oui.
Oui ? Oui.
Merci, mec. Je vais offrir à ma grand-mère une perle. La plus belle des
perles.
Le plaisir de faire les cadeaux, ça me tue un jour.
Loin de ses considérations esthétiques sur le camp, l'incident du jeu est loin
d'être oublié. Il a d'ailleurs modifié les relations entre les aventuriers et
Patrick est d'un coup devenu persona non grata au sein de la tribu.
Je me prépare carrément à un endroit pour le dodo.
Je vais me nettoyer ça, nickel.
Je vais mettre mon petit truc.
Simon et Marilyn se sont construits chacun une petite cabine pour dormir
apparemment. On est rentrés dans la phase individuelle du jeu, je suppose.
Parce qu'il est question de dormir ensemble.
On est lâchés à l'abri de tout. Du vin, du soleil, de fou.
Je pensais qu'on allait faire encore un truc ensemble, qu'on serait concertés.
Mais bon, voilà.
Chacun voit son confort, comme il l'entend, et voit son bien-être. Donc
moi, je congèle bien.
La nuit, c'est fait pour dormir.
Donc voilà, une petite déco, et puis j'ai ramené plein de sable. Je pense que
tous les jours, j'en ramènerai un petit peu, mais je pense que je vais être
bien.
On subit le truc des deux autres.
Vous avez enlevé les chaussures pour entrer dans ma chambre.
T'avais inspiré ! Je n'ai rien de méthode à ce stade du jeu. Je ne sais
pas s'il faut s'étonner de quelque chose, tout est possible.
Non, ça ne m'étonne pas plus que ça.
Je n'ai pas mis dans le mille en même temps.
Si j'avais mis dans le mille, ça n'aurait pas eu de problème.
Quelque chose a changé ce soir.
Les ex-rouges qui dormaient toujours côte à côte depuis 36 nuits se divisent,
chacun de son côté, ce qui est très révélateur.
Peut-être bien un oison pour s'abriter du vent.
Mais bon, comme je vais le faire avec Kevin, je vais l'attendre.
Ma mère qui a 4 gosses à 36 ans, je te jure, elle n'aurait pas fait la moitié
de ce que tu as fait.
Ma mère, elle n'a jamais fait de sport.
Moi, personnellement, j'estime que les jours qu'il me reste à vivre sur l'île,
rien ne sert d'investir dans une grande cabane. Heureusement que les bons
moments ici te font oublier les mauvais cas.
Patrick est totalement isolé sur le camp.
Heureusement, son compère Kevin revient enfin sur l'île, les rend jouer le
sourire jusqu'aux oreilles.
Tu t'es régalé ? T'as mangé ? J'en avais eu 5, j'en aurais donné une à chacun,
mais j'en ai 4. Pour ne pas faire de jaloux, je les garde.
Pour moi, pour ma famille, pour les femmes un peu. Je vais vous expliquer,
on s'installe un peu.
J'en étais sûr de la cabane. Ils m'ont demandé qu'est-ce qu'ils vont faire. Ils
ont tous fait un truc perso et du coup j'ai dit que j'allais faire un truc pour
eux. Celui-là il envoie du lourd et celui-là aussi, vous êtes au top. Je
suis venu là.
J'ai attendu sur la plage un peu. L'hélicoptère est venu et on est arrivé
sur une île pleine de barils et dans l'autre il y avait pleins de flotteurs.
Et en fait dessus ils faisaient l'élevage d'huîtres.
Du coup je regarde, je te vois pas une perle.
Non c'est pas vrai.
Je regarde, je cherchais s'il n'y en avait pas d'autres.
Donc après, on a pris un bateau.
Ça, ça me plaît, ça, quand il y a un bateau comme ça.
Et on est allés sur une petite île. Sur cette petite île, il y avait une femme.
Bienvenue à Galasmina.
Hello, how are you?
Ça va?
Nice to meet you.
What's your name? Marilyn.
Marilyn s'appelait. Elle était pas mal. 31 ans, petite comme ça.
Et j'arrive.
Une table basse avec un cochon embroché.
On aurait été tous, on n'aurait pas terminé. Un cochon embroché.
À ma droite, un poisson. Ça sent bon, hein ? Je vais goûter à tout.
À gauche, il y avait genre des nems, je ne sais pas quoi, avec une sauce sucrée
et tout. J'ai tous mangé, il y en avait six.
Après, j'ai mélangé le poulet au caramel avec le riz.
Après, j'ai pris le cochon.
Là, je crois qu'il y a à manger pour 5.
Après, j'ai gagné.
Il fallait la gagner pour être ici.
Donc, j'ai mangé.
Mais si tu préfères, j'étais fou.
Sans déconner, il y avait un ananas. Je ne l'ai pas touché.
Il y avait deux régimes de bananes. Je ne l'ai pas touché.
Je suis plein. Regardez tout ce qu'il y a sur la table.
J'ai repris 10 kilos.
On va se détendre un peu.
Je mangeais, je mangeais.
Malgré la gaieté de Kevin, l'ambiance est tendue autour du feu. Le jeune homme
mal à l'aise n'y va pas par quatre chemins et met les pieds dans le plat.
Maréline, j'espère que tu ne m'en veux pas que je t'ai cassé ta flèche. C'est
trop gentil, ça t'a bien réagi.
Je ne voulais pas qu'elle le prenne mal, de toute manière c'est le jeu, mais je
voulais être sûr qu'il n'y avait aucun souci.
C'est la première flèche à Maréline, elle ne nous a pas posé sur le cul.
Va-t-il pas qu'elle te prend son temps comme ça ? Pas tout.
Je m'en laissais sur le cul. J'ai fait uff.
J'ai pas eu un choix facile à faire, mais j'ai dû le faire.
C'est son choix.
Ça aurait pu être moi, comme Simon, comme Jade. Elle s'est tombée sur patte.
Il a très très mal pris.
On n'est plus plein la tête pour pas un son.
T'es pas au courant de tout ça, puisqu'il était parti Kevin.
Il a pas entendu tout à l'heure, à la fin du jeu.
Au moins, il est un petit peu plus au courant.
Vous vous êtes réconcilié ou pas ? Moi, t'es venu me voir tout à l'heure en
disant que t'as reçu un coup de poignard dans le dos. Est-ce que vous vous êtes
embrassé ? Ah non.
Le bisou.
Honnêtement, n'importe qui à ma place.
Tu peux apporter n'importe qui ou pas. Non, non.
Moi, je n'y étais pas, tant mieux.
J'ai profité.
Et je préfère leur laisser ça, sincèrement. Ça peut arriver qu'on soit
énervé. On peut bien s'énerver une fois en cinq semaines.
Marilyn tient tête à Patrick et assume son choix. Le chef d'entreprise tente de
trouver un soutien auprès de sa fidèle alliée Jade, sans véritable succès. C
'est pas méchant, c'est pas comme si je la pourrissais en lui disant t'es qu'une
conne ou je sais pas quoi. On le sait qu'elle est décalée, Marilyn. Tout le
monde le sait qu'elle est décalée.
Et des fois, elle est énervante.
Après, elle a très mal pris le fait que tu lui dises qu'elle gagnera jamais
rien. C'est la réalité.
J'ai quand même tenu 35 jours sans ouvrir ma gueule.
La nuit tombe et chacun prépare isolément sa couche.
Des chambres particulières. Patrick est amer. Il sent bien qu'il n'est plus le
leader incontesté de cette tribu qu'il a façonné depuis le début de l'aventure.
Je crois que je pue un peu en ce moment.
Donc je crois que je vais me retrouver tout seul.
Vous êtes bien là ? J'arrive pas tout.
Je suis le festiféré. Des chambres qui ont ouvert sa gueule.
qui dit les vérités qu'il ne fallait pas dire.
Les familles sont longues à construire, mais rapides à défaire.
C'est sympa ce qu'ils ont fait là-bas aussi.
On est trois d'un côté, deux de l'autre.
Je trouve que c'était plus sympa d'être tous ensemble. On peut se parler,
profiter des histoires des uns des autres.
Si tu veux parler partout, chaque jour, si tu as des problèmes.
C'est vrai ? Les ex-rouges se couchent divisés, traumatisés, avec les mots très
durs de Patrick qui résonnent encore à leurs oreilles.
La nuit a apaisé les esprits et ce matin, c'est atelier décoration à l
'initiative de l'infatigable Marilyn.
C'est mon petit chez-moi en fait. J'ai des souvenirs.
Au lieu de les laisser enfermés dans l'enveloppe, j'ai des dessins.
Maintenant, j'en profite.
Mais surtout pendant la nuit, Patrick a fait le premier pas vers Marilyn afin de
repartir sur de nouvelles bases.
C'est bien décoré chez toi.
C'est dur bientôt.
Voilà, je me suis excusé. Je pense qu'elle a accepté, que la page est
tournée.
Je lui ai dit que même si j'avais eu des paroles un peu blessantes, j'avais pas
du tout de mauvaises pensées, que jamais j'avais dit du mal d'elle, que de toute
façon, il y avait 35 jours où ça s'était bien passé, que c'était idiot qu'on
reste sur un truc comme ça, que c'était l'énervement, la fatigue, le truc.
On n'en parle plus, c'est fini, c'est oublié.
Patrick est venu s'excuser hier soir très tard, donc j'accepte toutes ses
excuses. Il y a mis le temps, mais il a...
Je voulais savoir si Marilyn avait eu des excuses de Patrick. Elle m'a dit
oui.
Et voilà, je suis contente que Patrick se soit décidé à aller voir Marilyn pour
s'excuser parce qu'il a été très dur et je n'aurais pas aimé qu'on me parle
comme ça.
C'est Marilyn qui a eu l'idée, elle a décoré son truc et puis je trouvais que
c'était une bonne idée, donc je vais piquer son idée.
Non mais c'est vrai que c'est une bonne idée, comme ça on en profite plus.
De Sifour, de Sainte-Crope, de ma grand-mère, de ma belle-mère.
L'heure est à la réconciliation sur le campement, mais plus pour très
longtemps.
Le message annonçant l'ultime épreuve d'immunité s'échoue sur la plage. Tous
le savent, celui ou celle qui remporte cette épreuve est assuré de participer à
la finale de Koh Lanta.
L'enjeu est énorme.
Dernier message.
Qui va lentement va sur Romain, qui va sur Romain va loin. C'est peut-être le
jeu le plus important, personne n'est...
Vraiment à l'abri. Aujourd'hui, c'est si je veux sauver ma place.
C'est sûr que je ne vais rien lâcher. Si je peux avoir une immunité, c'est sympa.
C'est peut-être la première fois où je ferai peut-être un peu moins de
politesse à tout le monde. Avoir l'immunité, c'est être assurée de la
demi-finale.
Bonjour à tous.
C'est aujourd'hui votre dernière épreuve d'immunité.
Celle qui est capitale.
Vous êtes encore cinq.
Seul un d'entre vous sera assuré aujourd'hui de participer à la finale, d
'être dans le dernier carré de Koh-Lanta.
Patrick, redonnez-moi le totem.
C'est sûr ? Oui, oui. Je l'entendais bien, lui, moi. Oui.
Il est remis en jeu.
Alors, il faut gagner.
Et il va falloir faire preuve aujourd'hui d'équilibre.
C'est un parcours par étapes.
Tantôt des bambous, tantôt des poutres biseautées.
À chaque étape, Le dernier est éliminé.
C'est aujourd'hui le jour J.
Bonne chance à tous.
Allez vous mettre en place.
Attention, vous êtes 5.
Première étape, le dernier est éliminé. Attention, 3, 2, 1, go
! Première étape, il faut traverser ce bambou de 5 cm de diamètre.
Mais le cylindre est instable et en plus il glisse.
Chad, première qualifiée pour la deuxième étape.
Kevin qualifié.
Les deux genoux passent sans trop de problèmes l'obstacle des bambous. Leurs
aînés, plus charpentés, ont du mal. Les bambous vibrent dangereusement sous leur
poids.
Marilyn défie les lois de la gravité. Bien campée sur ses jambes, elle résiste
courageusement à l'attraction terrestre.
Ah ! Putain ! Eh non,
Patrick.
Simon opte pour la course. Droit devant, sans réfléchir, et ça paye. Ouais ! C
'est gagné, Simon ! Patrick, vous êtes le premier à éliminer.
Pareil, c'est une bille, hein ? Deuxième étape, cette fois-ci, c'est une poutre
biseautée. 3, 2, 1, go.
Simon a retenu la leçon. Il ne faut pas hésiter.
Simon qualifié. Il passe avec succès la deuxième étape.
Jeanne-Marie-Lyne qualifiée. Kevin
éliminé.
Troisième étape.
Attention. 3, 2, 1, go.
Le pont suspendu maintenant.
Les aventuriers ne peuvent pas céder des mains. Tout va se jouer au niveau des
cuisses. Les quadriceps se sont soumis à rude épreuve.
Simon le rugbyman est sûr de ses appuis. Il s'équilibre avec les bras. Il se
qualifie en premier pour la finale.
Simon, qualifié pour la finale.
Marilyn, qualifiée. Jade, éliminée.
Simon, Marilyn, en place pour la finale.
3, 2, 1, go.
Deux segments pour cette ultime étape. Une poutre biseautée suivie d'un bambou
de quelques centimètres de diamètre. En cas de chute, il faut repartir du
départ. Et l'enjeu est de taille. Le vainqueur se qualifie directement pour
la finale à quatre de Koh-Lanta.
Marilyn et Simon en rêvent.
Simon est passé tout près de la victoire. Sa technique est très
efficace.
Bravo, Marie-Lyne. Merci.
Super. Oui, j'ai mal.
Merci, les gars.
Bravo, Marie-Lyne.
Je me fie dans la tête.
Marie-Lyne, même si la victoire n'est pas au bout, vous m'avez impressionné
aujourd'hui. Oui.
Mais vous le savez, deuxième, troisième ou même dernier comme Patrick, ça ne
change rien dans une épreuve d'immunité. Vous êtes tous vulnérables lors du
dernier conseil.
Et pour vous, Simon ?
Vous serez, quoi qu'il arrive, l'un des finalistes de Koh-Lanta.
Bon retour.
Simon est fier de sa fille, mais aussi de sa performance du jour.
Grâce à ce totem, il est assuré de participer à la finale de Koh-Lanta, de
terminer dans les 4 derniers survivants. Une satisfaction pour ce bûcheron venu
de l'Aude.
Dur à la tâche, Simon, à 26 ans, n'est pas homme à avoir froid aux yeux. Un
arbre à abattre, il est là. Une mêlée à transpercer, il est encore là.
Simon a le rugby à 13
dans la peau. Ses frères et son père se sont taillés une jolie réputation.
Au pays de l'Ovalie.
Le gaillard des Corbières est
toujours fidèle au poste. Solidement ancré dans son clan, il répond toujours
présent pour ses amis et sa fratrie. On est copains depuis 10 ans, on est
toujours les 10 mêmes copains.
Et ça, moi, mes copains, c'est sacré.
Ils savent que je les adore tous. Et puis c'est pareil, on s'engueule jamais.
On déconne, on aime rigoler, on aime faire des repas ensemble.
Voilà, ça c'est notre tempérament à tous. Ce géant sait que sa petite
faiblesse, c'est la bonne chair, l'établé fourni. Simon, je pense au
cassoulet. Je pense au gourmand qui rêve de magret avec quelques cèpes qu'on
récolte ensemble.
Et de la faim, Simon en a souffert.
J'espère que la perfusion va faire un effet un peu rebousté. Mais comme
toujours, en cas de problème... Simon puise sa force dans le regard de sa
petite Charlotte, 4 mois. Papa attentionné, il se ressource et s'apaise
à ses côtés. Son caractère entier et son énergie reprenant bien vite le dessus.
C'est énorme de faire partir des 4 derniers.
Je ne m'y attendais pas, surtout par rapport à cette épreuve. Je ne pensais
vraiment pas gagner.
Simon,
bravo ! On maintient depuis un petit moment.
Que chacun doit voter en son âme et conscience et pas motiver les autres.
Je pense que Pat et Kevin vont voter pareil. Si c'est le cas, je serais quand
même un peu déçu par Kevin.
Moi, maintenant, je pense à ma tête et puis c'est tout.
Je peux commencer à faire la mielleuse.
Kevin, Kevin, vote pour moi, s'il te plaît. Votre bras.
Je me suis coupé. Je l'ai guisé et voilà.
Regarde.
On est tous sur la sellette, chacun va voter son âme et conscience, on ne s'en
parle pas.
De toute façon, chacun va voter comme il veut, il n'y a pas d'entente entre nous,
il n'y a pas de discussion, donc on verra bien.
Mon vote se fera en fonction des affinités que j'ai eues avec chacun, de
ce qu'a apporté chacun au groupe, valoriser ceux qui se sont donnés dans
cette aventure-là plutôt que le contraire.
C'est au tour du plat de manioc que les aventuriers se retrouvent pour discuter.
La sérénité est revenue.
Les axes rouges profitent de ce moment car ils savent que c'est leur dernière
soirée à cinq.
Je ne vais pas y mettre chez les jaunes.
J'ai eu la chance que Jade me choisisse et sincèrement, je n'aimerais pas
revenir en arrière. Je suis un rouge, un batangue.
Tous des batangues, on est des tueurs.
Chacun d'entre nous seul n'aurait pas pu faire grand chose et je crois que c'est
ça la grande différence qu'il y a eu entre les rouges et les jaunes.
Je voudrais dire merci à tout le monde parce que moi, j'ai vraiment eu le
sentiment de trouver ici ce que j'étais venu chercher.
J'ai vraiment vécu une aventure extraordinaire grâce à vous quatre.
Après, la dernière fois, c'est que je m'excuse pour les moments où j'ai été
chiant. Je crois que je n'en ai pas eu beaucoup.
Désolé, je le regrette maintenant qu'on ne peut pas revenir en arrière. Ça a été
fait, je m'en suis excusé, expliqué.
Vous avez chacun une place dans mon cœur et j'aimerais que ça reste et que ça
continue.
Les rescapés se sentent comme des frères et sœurs, soudés par toutes les
difficultés endurées depuis le naufrage sur une plage déserte de cet archipel
philippin. C'est le cœur libéré qu'ils se couchent, conscients que demain, ils
auront à faire le choix le plus dur de l'aventure. Après 37 terribles jours de
survie, l'un d'entre eux sera privé de finale. Allez les gars, bonne nuit.
Bonne nuit. C'est pas un cauchemar.
À la veille du conseil le plus angoissant de l'aventure, Patrick ne
trouve pas le sommeil. Au beau milieu de la nuit, il s'est isolé sur la plage.
Pour la première fois, le chef d'entreprise doute. À mon avis, ça va se
jouer entre Marilyn et moi.
La logique voudrait que ce soit Marilyn qui sorte demain.
Déjà, je suis sûr d'avoir Marilyn qui vote contre moi, donc j'ai déjà au moins
une voix.
Je me dis que c'est pas impossible que Simon vote contre moi aussi.
Je suis sûr que Kevin ne votera pas contre moi.
Patrick recense toutes les possibilités. Il sait que l'issue du prochain conseil
est plus qu'incertaine. Et cela angoisse l'homme qui a tout si bien géré depuis
le premier jour.
Patrick a très mal dormi, et malgré son insomnie, il est le premier levé, d
'humeur maussade, mais pas pour très longtemps.
La gueule ! C'est pas moi ! Oh la barbe et tout !
Je me reconnais pas ! La barbe, j'ai jamais eu la barbe de ma vie !
Franchement, bel homme.
Petit bonnet B encore, ou A, mais... 89 kilos.
Ça fait 16 kilos de moins.
C'est mieux, il faisait 103 kilos, j'en avais besoin quand même.
16 kilos en moins ! Le doyen des ex-rouges réalise, face au miroir, qu'il
n'est plus un jeune homme.
Je me dis que j'ai 40 ans, putain.
En fait, on se voit pas, on voit pas son image.
Moi, d'être avec des jeunes de 20-25 ans, je me dis que j'ai 20-25 ans. Et
là, je me dis...
Ils ont quand même trembalé à vieux, quoi.
Ouais, 65.
53. Ouais.
Je vais rajouter à 55, 95.
Moins de 65. Ouais, moi, je dois faire ça à 65 kilos.
15. 9.
7. 7.
Bon, qui c'est qui se regarde en premier ? Allez, vas-y, louping.
Ouais, quand même.
Pas un pet de graisse.
Du muscle.
Faut alors qu'on se mette d'accord.
Alors ? Mais je suis skinny, tiens.
Non, regarde, j'ai la peau et les os.
J'ai perdu 7 kilos.
Moi, j'aime bien comme ça.
C'est pas énorme, mais ça se sent quand même dans les jambes.
J'avais deux, trois petits bourrelets là. Enfin, rien de grave, mais là, j'ai
plus rien.
Et puis aussi au visage, là, j'ai le creux maintenant, ici, là, alors que j
'avais pas avant.
Oh, putain ! Ça te plaît, ta petite barbe, là ?
Ouais, j'aime bien.
C'est à ma grand-mère que ça ne va pas plaire.
Quand j'en avais un peu, elle me disait, va te raser que tu es vilain avec la
barbe.
La première réaction, j'étais impressionné par cette barbe.
On dirait des singes.
Une barbe ! Là, on dirait un vrai bûcheron, un ancien. On ne dirait pas un
bûcheron d'état moderne.
J'ai perdu 10 kilos.
Le bide, c'est un gros bide.
J'en ai encore un peu, mais il n'y en a pas beaucoup.
J'ai retrouvé une corde quand j'avais 20 ans. Un peu moins taillé, mais j'arrive
à rester comme ça. Tu vois que je me remets un peu avec le travail.
J'ai plus de cul.
Ça fait vraiment bizarre et je suis très contente du résultat d'avoir perdu
autant de kilos.
C'est une glace à l'assistance, c'est pas possible.
J'ai jamais été comme ça, j'ai toujours été plutôt bouboule.
J'en reviens pas de comment j'ai décollé, en fait.
Mes copines vont être jaloux.
Je suis mieux comme ça.
Moi, je me plais bien comme ça.
Je te kiffe.
Les hommes sont fiers de leur corps d'athlète. Et Marilyn est radieuse. Sa
nouvelle silhouette l'enchante.
Jade, en revanche, ne supporte pas le reflet du miroir.
L'Amazon se trouve trop maigre, trop fine. Elle ne se reconnaît pas. Tu peux
rester que deux secondes face au haut.
Parce qu'au miroir, je me trouve atroce, je me trouve squelettique. Je n'ai plus
de jambes, je n'ai plus rien, je n'ai plus de fesses, je n'ai plus rien.
C'est atroce.
Je ne peux plus me voir.
Allez la momie, regarde les os des épaules. Tu n'as pas passé à les
regarder. Regarde les os des épaules. J'ai l'impression d'être un tas d'os
vivant. C'est atroce, je ne me reconnais pas.
Je n'ai pas envie de me traumatiser, donc je ne préfère plus me regarder.
Une chauve-souris, fais ça.
Elle était à 55, elle était déjà fine, donc à 50, on lui disait de toute
manière, tu es mince, tu es mince. Elle me dit, ouais, mais je ne me vois pas,
je ne me vois pas. Et là, je crois qu'elle s'en est rendue compte.
Bon, je ne vais pas faire une maladie, mais j'ai été choquée par mon apparence.
Je dis souvent c'est les femmes qui sont toujours devant le miroir, mais là c'est
l'inverse, les hommes ils s'admirent.
Les naufragés sont tout estomaqués de se voir ainsi changés. Je me dis putain
mais c'est un vieux là dans la glace. Mais non pas tout, t'es bel homme.
Mais bien vite ils se ressaisissent et se concentrent sur le dossier du jour, à
savoir qui rejoindra Simon, qui échouera aux portes de la finale, en un mot, qui
aura la plus mauvaise place.
Le manioc c'est bientôt un vieux souvenir, j'espère pour moi que ce ne
sera pas un souvenir demain mais bon.
Difficile de savoir contre qui vont se porter les votes, car sur le camp, c'est
un secret bien gardé.
Je sais que ce matin, Patrick aurait aimé savoir, il dit j'aimerais savoir si
c'est moi qui sors vos votes. Bon, je n'en ai pas d'accord.
Moi, je refuse de donner mon vote.
Je préfère que tout le monde profite de cette journée-là, comme si c'était la
dernière.
Patrick m'a dit que ça allait se jouer entre lui et Marilyn, il m'a juste dit
ça. J'ai dit on verra bien, moi je vote dans mon âme et conscience. Je ne suis
pas allé plus loin dans la conversation. On a dit qu'on n'en parlait pas, j'ai
respecté, j'en ai parlé mais à personne.
On rembolle les affaires parce qu'on est susceptible de te faire virer ce soir.
Je me suis dit, ils sont un peu lâches là quelque part. Ils n'assument pas leur
truc.
Peut-être qu'ils ont peur de ma réaction.
Ce soir quand même, je partirai peut-être sur...
Peut-être Marilyn ou pas trop.
On va dire 51% Marilyn et 49% Patrick.
Ça sera peut-être un peu plus logique dans le lever la moins forte.
Simon et Jade savent mon vote.
C'était mon intérêt de leur dire. Même s'ils ne disent pas leur vote.
Parce que sinon, ils vont dire, tiens, elle veut savoir.
Je préfère laisser venir.
Laisser cogiter. En espérant que je croise les doigts. C'est à mon intérêt.
Mais bien sûr, Kevin et Patrick ne savent pas.
Il faut se douter peut-être, Patrick, que je vais voter pour lui.
à scotcher si elle ne votait pas contre moi.
Elle a le sentiment que je l'ai agressée. Pour elle, les 35 jours qu'on
a passés ensemble, au moment de faire son vote, ça va se réduire à 5 minutes
de paroles que j'ai dites.
Franchement, je serais la reine des connes si je votais contre quelqu'un d
'autre.
Marie a un côté décalé que tout le monde connaît.
Elle n'est pas facile. Des fois, elle est énervante. Des fois, il me dit un
truc, je dis oui.
Tout le temps, elle me fait bien rire parce qu'elle passe du coq à l'âne. On
parle d'une connerie, elle nous parle carrément de l'inverse. C'est Marilyn.
On l'adore comme elle est.
Mais on sait bien qu'elle n'a pas les capacités physiques pour gagner.
Je pense que Jade, peut-être qu'elle calcule aussi un peu en se disant que si
elle garde Marilyn...
Elle a plus de chances peut-être de gagner au vote après que de se retrouver
avec Simon et moi.
Moi, je suis plutôt pour faire ça à la loyale. Je ne cherche pas à renverser la
vapeur. Je laisse faire, moi.
C'est incroyable les qualités que tu as, le comportement que tu as.
Je veux dire, on ne rencontre pas des gens comme toi tous les jours.
Je ne cherche pas à gagner en manipulant ou en faisant de la tactique, etc.
Cette femme, ce n'est pas extraordinaire.
Elle sait tout faire.
Moi, ma stratégie, ce n'est pas d'éliminer le plus fort.
C'est vrai que je pourrais choisir la facilité en me disant, Marilyn, je
pourrais arriver à bout d'elle assez facilement.
Si on dit que les quatre finalistes, c'est les quatre meilleurs du groupe, je
pense qu'objectivement, j'ai ma place dans les quatre derniers.
J'aurais du mal, honnêtement. Il faudrait bien m'expliquer que je suis le
dernier des cinq et que je suis celui qui a le moins à porter. Il faudrait
vraiment bien m'expliquer.
La tension est palpable, chacun campe secrètement sur ses positions.
Alors, pour briser ce mutisme ambiant et profiter de ses ultimes instants à 5,
les aventuriers décident de partir en expédition.
Je vois l'eau d'ici, donc on va en profiter, on va se faire une petite
baignade là-bas, ça va être sympa.
Rien de tel pour s'oxygéner l'esprit.
C'est super joli, ça change la fête, c'est une crique.
Cet escapade a permis aux rescapés de s'évader
quelques heures, mais la réalité du jour les rattrape, le conseil approche et
avec lui, le terrible choix.
Patrick sonde sa garde rapprochée, Kevin et Jade, pour s'assurer de leur soutien
et de leur fidélité. C'est impossible de voter contre Jade et contre Patrick.
Patrick, depuis le début, il m'apprend plein de choses.
Ma stratégie, ce n'est pas d'éliminer par exemple les plus forts.
Cinquième, c'est une bonne place aussi. Donc voilà, que le meilleur gagne.
L'heure du départ a sonné pour les ex-rouges.
Si unis, si complices depuis le début de l'aventure. Ce soir, ils vont devoir
éliminer l'un d'entre eux. La tâche s'annonce extrêmement difficile.
Bonsoir à tous.
J'ai d'abord envie de vous dire bravo à tous les cinq, car vous avez souffert et
vous méritez d'être les derniers escapés de Koh-Lanta.
Mais vous le savez, il n'y a qu'une seule place qui est belle.
C'est celle de l'ultime survivant.
Kevin, est-ce que les gens qui sont autour de vous, certains peut-être, sont
aujourd'hui des amis ? Ils sont tous des amis.
37 jours, 24 heures sur 24, on ne s'est pas embrouillés une seule fois.
Pour ma part, en tout cas, je ne me suis pas embrouillé avec qui que ce soit.
Bon rapport depuis le début.
Patrick, qu'est-ce que vous avez appris des relations humaines dans cette
aventure, Patrick ?
J'ai appris qu'on pouvait, même en très peu de temps et sans se connaître, se
faire confiance.
qu'on pouvait partager un but commun et progresser tous ensemble.
Alors j'ai bien compris qu'il y avait une belle histoire d'amitié entre tous
les cinq, mais moi je voudrais revenir sur un événement. Marilyn, qu'est-ce qui
s'est passé après les flèches cassées ? Donc en fait, j'ai, comment dire, j'ai
dit à Pat sur son épaule, j'ai dit excuse-moi, en fait je me suis excusée d
'avoir cassé sa flèche, mais en moi-même il fallait bien... Ça faisait partie du
jeu aussi. Oui, il fallait bien trouver quelqu'un et puis...
Donc voilà, et puis on l'a pas très bien pris, Patrick a mal réagi. Il m'a un
petit peu, on va dire, cassé du sucre sur mon dos, mais disons ouvertement,
pas derrière moi.
Simon, comment vous l'avez vécu, vous, cette scène ? J'ai défendu Marilyn de
suite parce que je trouvais que c'était pas justifié, puisque si elle m'avait
cassé la flèche à moi, j'aurais pas fait un escadron pour autant.
Et j'ai dit, je dis Pat, j'ai dit arrête, calme-toi.
Premier à dire que le jour où tu partiras, tu partiras la tête haute sans
rien vouloir à personne, et là, elle te coupe la flèche et tu fais comme si elle
t'avait...
T'avais démonté, quoi. Je sais pas ce qu'il a de suite réfléchi, puis c'est...
Il en a plus parlé, quoi. Il a dû se dire, c'est vrai que quand même, là, je
m'en porte un peu.
Vous avez tendance à vous énerver, comme ça, quand une situation vous échappe,
quand ça va pas exactement comme vous le souhaitez ? Non, ça arrivait une fois, c
'est tout, non ? Mais c'était... Je pense que vraiment, c'était un coup du
sort.
C'est plus risible qu'autre chose, quoi, c'est vrai.
C'est le truc, ça arrive une fois sur 100 millions et ça arrive.
Je me suis énervé.
J'ai juste dit à Marilyn, écoute, non, franchement, je ne comprends pas. J'ai
été énervé sur le jeu.
Elle est partie dans d'autres explications que j'écoutais à moitié. Je
comprenais encore moins ce qu'elle racontait.
En fait, ce qu'elle m'a dit, ça m'a encore plus énervé qu'autre chose. Elle
m'a raconté des trucs que je ne comprenais vraiment pas.
Qu'est-ce que vous racontiez ? Je ne sais plus.
Non, j'ai bien répondu.
Non, mais bon, bref. Et puis du coup, ça m'a énervé. Ce n'est pas moi qui étais
en mauvaise place.
De quoi ? Ce n'est pas moi qui étais à la mauvaise place, en fait. Pour moi, je
n'avais pas la mauvaise place.
Donc, j'ai dormi tranquille.
Non, mais je veux dire...
Non, mais c'est moi qui suis monté tout seul, oui, c'est ce que j'ai dit, voilà.
Ça vous a surpris, ce comportement de Patrick, Jade ? Oui, j'ai été très
surpris, c'est pas son genre, c'est quelqu'un de très réfléchi, très posé à
la base, donc même si dans les épreuves, il a tendance à, bon, on voyait, voilà,
un peu gronder, mais bon, c'est normal, on est dans le jeu, on a une certaine
pression, et on veut pas pour autant, mais là, c'était un après-coup, donc c
'était après une épreuve, donc c'est vrai que c'est la première fois.
Qu'est-ce qui vous a choqué dans les propos de Patrick ? C'est le fait de
dire à Marilyn, de toute façon, toi, est-ce que tu as fini autre chose que
dernière ? C'est ça, j'ai retenu ça. De toute façon, tu ne gagneras aucune
épreuve. Je me suis mise à la place de Marilyn.
Si j'attendais ce genre de parole, comment j'aurais réagi ? Comment,
justement ? J'aurais pété un câble.
Je crois que ça aurait été un même aller beaucoup plus fort. Donc, Marilyn, elle
a réussi à garder son sang franc. Je ne l'aurais pas gardé, moi. C'est quoi ? C
'est une réaction de quelqu'un de sanguin ? Qu'est-ce qui s'est passé,
Patrick ?
Ça m'arrive assez rarement de m'énerver, mais ça m'arrive.
Voilà, je me suis énervé, j'aurais pas dû, et voilà, je le regrette, et je m'en
suis excusé, et puis c'est tout. En tout cas, Marilyn, vous avez prouvé que vous
n'étiez pas la dernière sur la dernière épreuve d'immunité.
Mais pas la première non plus.
Le premier, celui qui a gagné cette dernière épreuve d'immunité, et qui est
assuré de participer à la finale A4, c'est Simon.
Tout de suite, c'est le vote, et la première à voter, c'est vous, Marilyn.
Allez-y.
Donc, je vote pour toi, Patrick, car aujourd'hui, je suis la flèche et tu es
ma cible.
Marilyn, je vote contre toi.
Voilà, mais bravo pour ton parcours et toute ta famille. Tes amis peuvent être
fiers de toi. Tu as été un élément exemplaire dans l'entente des Rouges.
Allez, Kevin !
À vous de voter.
Donc, je vote contre toi, Marine, parce qu'il est impossible pour moi de voter
contre Jade ou Patrick.
Patrick, je vote contre toi ce soir. Je pense que sur l'épreuve de demain, tu
seras plutôt redoutable, donc je vote contre toi.
Voilà, je vais tout de suite chercher l'urne et ensuite je procède au
dépouillement.
Vous êtes encore cinq et vous ne serez que quatre à participer à la finale de
Koh-Lanta.
Patrick.
Marilyn.
Marilyn.
Patrick. Égalité pour l'instant. Deux voix contre vous, Patrick.
Deux contre vous également, Marilyn.
Ce cinquième et dernier bulletin peut être décisif.
Kevin.
Le dépouillement est terminé.
Égalité, c'est une grande première dans l'histoire de Koh-Lanta.
Vous allez toutes et tous revoter.
Mais cette fois-ci, vous n'avez le choix qu'entre les deux personnes à égalité,
soit Patrick, soit Marilyn.
Vous êtes cinq, et par conséquent, il n'y aura pas de deuxième égalité.
Est-ce que j'ai été clair ? Marilyn, vous êtes la première à aller voter.
Marilyn, je confirme mon vote contre toi.
Votre vote contre toi Marilyn.
Patrick, toujours pareil, les mêmes raisons que tout à l'heure.
Jeanne, soit Patrick, soit Marilyn.
Allez voter.
Deuxième dépouillement.
Et cette fois-ci, forcément, puisque vous êtes cinq, l'un d'entre vous sera
éliminé. Soit vous, Marilyn, soit vous, Patrick.
Patrick.
Marilyn.
Marilyn.
Patrick, on se retrouve avec la même égalité que tout à l'heure.
Deux voix contre vous Patrick, deux voix contre vous Marilyn.
Et cette fois-ci, quoi qu'il arrive, c'est ce bulletin qui va vous
départager.
Patrick, vous l'avez compris, prenez votre sac, allez récupérer votre
flambeau et venez me rejoindre.
Patrick, ils ont décidé de vous éliminer et leur sentence est irrévocable.
Bon. Je ne suis pas surpris, c'est la nature humaine. On retient cinq minutes
sur tout le reste.
J'ai plus d'expérience que vous, je connais les choses.
Je pense avoir fait tout ce qu'il fallait pour qu'on puisse arriver là et
avec vous aussi.
Bonne chance à tous. Au revoir. Ciao Patrick.
Le patron est sonné, ulcéré, il se sent victime de l'ingratitude de ses troupes
qu'il a menées d'une main de maître jusqu'en finale. Et ça, pour 5 minutes d
'égarement.
Honnêtement, c'est prétentieux de dire ça, mais je pense que si je n'avais pas
été là, il ne s'y serait pas arrivé.
La seule chose que j'ai faite, c'est d'avoir dit sa vérité à Marilyn.
Mais bon, à part ça, c'est le seul truc qu'ils ont retenu.
Je vois très difficile, Patrick, je vote contre toi. Tu es quelqu'un de super,
mais je vais donner la chance à Marilyn de prouver.
qu'elle peut gagner.
Jade, elle a fait son choix. Je ne comprends pas trop, mais voilà, elle a
fait son choix. C'est tout. Je n'en veux pas. Elle a montré trop de qualité pour
que sur ce coup-là, je puisse mieux en vouloir.
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