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Bonsoir à tous, soyez les bienvenus aux Philippines dans l'archipel de Palawan.
Je survole actuellement à bord de cet hydravion l'extrême sud de la mer de
Chine.
Ici, dans ce lieu surnommé la dernière frontière tant il est sauvage, d
'immenses monolithes se dressent fièrement vers le ciel. Ce calcaire
noir, tranchant comme une lame, semble interdire l'accès à ces îlots perdus.
Des impressionnantes falaises de marbre plongent dans la mer émeraude où
évoluent tortues de mer, dauphins, requins-pointes noires, mais aussi des
créatures venues du fond des âges. Nous sommes aux confins de deux mondes. D'un
côté, la mer de Chine, l'Asie énigmatique et éternelle, des rizières
et des bambous.
De l'autre, la sauvage Mélanésie. Des tribus aborigènes vivent ici encore
comme à l'aube de l'humanité.
Huit femmes et huit hommes ont quitté leur région, leurs familles, leurs amis
pour foncer droit vers l'inconnu. Ils ont parcouru 15 000 kilomètres, survolé
l'Himalaya et le sud de la Chine pour arriver dans cet archipel philippin
préservé.
Ces 16 Français de tous âges et de toutes conditions vont devoir survivre
et s'affronter pour remporter les 100 000 euros de récompense.
Ils devront déjouer les pièges de la nature, survivre et surtout survivre aux
autres. Telle est la loi impitoyable de Koh-Lanta.
Au départ, ils étaient 16.
À la fin, il n'en restera qu'un.
En Marie-Laure, ils savent désormais que s'ils ne veulent plus perdre de
coéquipiers, il leur faut gagner les épreuves. Et pour y parvenir, il leur
faut un chef, un vrai.
Problème de tirage dans la cheminée.
J'étais un peu surpris que le conseil, ça tourne un peu, je trouvais que ça
tournait un peu trop autour de moi.
Je pense que le leader, ça pourrait être Patrick.
Simon, je vous sens d'accord.
Oui, totalement d'accord avec ce que vient de dire Kevin.
Pour que l'équipe marche, il faut vraiment quelqu'un de posé, de bien
précis et qui ait vraiment un sens de l'organisation et c'est Patrick.
Maintenant, tout le monde a plus ou moins envie que je prenne le rôle de
leader dans l'équipe.
Si c'est ce qu'ils veulent, j'essaierai de le jouer peut-être un peu plus sur
les jeux en étant chef d'orchestre, en essayant de faire que chacun donne le
meilleur de son talent en fonction de ses capacités.
plus de place à la maison.
Cela fait déjà 11 jours que les naufragés luttent pour leur survie. Et
ce matin, au détour d'un rocher, la chance leur sourit.
Ils découvrent un poisson échoué.
Mais l'animal n'a pas l'air de première fraîcheur.
On n'a pas vu un crabe.
Par contre, C'est juste Jeanne qui a trouvé un petit truc.
Il est mort depuis un moment.
C'est parce qu'il est mort, c'est tout.
Depuis 2-3 jours, il ne faut pas le bouffer. Tu crois que le poisson, quand
tu lâches le poissonnier, il n'est pas mort depuis 2-3 jours ? Mais il est au
frais, garçon. S'il était gonflé, c'est qu'il doit être mort depuis plusieurs
jours. Si c'était moi, il prenait un coup de pied et retournerait à l'eau.
Mais bon, on fait un coup de pied, peut-être pas, parce qu'il y a des
épines partout.
Ça saigne, c'est frais. Il est mort malade, une maladie, je ne sais rien. De
quoi il est mort ? Ses coéquipiers sont sceptiques. Mais Patrick n'en démord
pas. Il veut manger ce poisson qu'il considère comme sain. C'est un
spécialiste du surgelé qui parle. Mais là, en pleine nature, pas de date de
péremption. Une balle autopsique, tu me fais là.
On me demande pourquoi il est mort.
J'ai dit à Patrick, et puis il me dit, tu crois que les poissonniers chez nous,
les poissons qui sont au frais, dans les 24 heures, ils sont dans des frigos,
alors que là, ça fait peut-être deux jours qu'il est en train de flotter.
Putain, le foie ! C'est bon, ça ! Dans l'absolu, si on trouve un poisson mort
comme ça, ça ne se mange pas.
Après, c'est comme les dates de péremption sur les yaourts, ils mettent
une date, mais on peut le manger encore un mois après.
Un poisson pourri, ça doit bien pluer, quand même.
Honnêtement, ils sont le poisson frais.
Je verrais bien devant mon assiette si j'aurais envie de le manger ou pas.
Pendant que le poisson suspect grille sous le regard circonspect des
naufragés, la convocation au jeu de confort arrive.
Vaudra aux yeux des autres ce que tu seras à tes yeux. En fonction des
preuves, on va choisir une personne qui va décider. Tous les membres de son
équipe devront obéir à la personne qui sera désignée. Aujourd'hui, c'est en
chef que je m'adresse à vous.
Déverdez-vous.
Bonjour. Bonjour.
Alors aujourd'hui, pour ce jeu de confort, c'est avec vos oreilles que
vous allez gagner ou que vous allez perdre. Dans chaque tribu, un aventurier
aura pour mission de guider les cinq autres qui auront, eux, les yeux bandés.
Vous allez donc tous progresser sur un parcours tortueux.
Et l'objectif pour chacun, c'est de rapporter une pièce de bois comme celle
-ci. Alors à un moment, les guides seront stoppés au niveau des barrières
en bambou.
Et ils n'auront plus que la voie pour vous guider. L'attribut qui parvient à
empiler ces 5 pièces de bois en premier repartira avec la jolie récompense.
Vous le constatez, les jaunes sont un de plus. Vous êtes 7 et pour respecter l
'équité, je vais vous demander d'abord de choisir celui ou celle.
qui ne participera pas à cette épreuve.
Éric ? Véro.
Véronique, vous êtes donc exemptée d'épreuve.
Alors maintenant, il va falloir désigner celui ou celle qui sera votre guide.
Oui, si vous voulez. Tout le monde connaît sa droite, sa gauche.
Non mais c'est des conneries.
Chloé, à gauche, stop.
C'est toi.
C'est bon.
Qui sera votre guide chez les Rouges ? Patrick.
Et chez les jaunes, Eric ? Adrien.
Attention, 3, 2, 1, go !
Les deux équipes optent pour le même mode de déplacement, plus sûr que
rapide. La file indienne, main dans la main.
Les conseils de Patrick sont précis et efficaces sur ce deuxième obstacle.
Les rouges prennent quelques mètres d'avance.
Les rouges ont trouvé leur rythme de croisière alors que les jaunes sont
bloqués sur les troncs d'arbres. Leurs hésitations leur font perdre de
précieuses secondes.
Patrick et ses coéquipiers sortent de la rivière Saumâtre avec une confortable
avance.
Pour refaire son retard, Adrien accélère et dans la précipitation, il oublie de
signaler certains obstacles.
En tête de la course, les rouges ne se posent pas de questions. La voix
puissante et autoritaire de Patrick fait merveille. Ils ne sont plus qu'à
quelques mètres du rondin.
Patrick, à partir de maintenant, vous restez là et vous guidez tout le monde
de la voie.
Les aventuriers doivent désormais tâtonner seuls en suivant les hurlements
de leurs guides. Les jaunes arrivent enfin sur la plage alors que Simon, lui,
attrape déjà le premier œil en bois pour son équipe.
Tout droit, Mélanie, avance ! À gauche, Yévin !
Adrien, à partir de maintenant, vous les guidez de la voie.
Jade décroche une deuxième pièce de bois pour les rouges. Reste maintenant à
trouver le chemin du retour.
Simone, ici ! À ta droite ! À ta droite, toi !
Ok,
vous pouvez enlever le bandeau, Jade.
Simone, vous pouvez enlever le bandeau. Deux pièces de bois pour les rouges.
Chez les jaunes, ce sont Laurent et Chloé qui en rapportent. Les deux tribus
sont à égalité. 50 mètres !
Et la quatrième rouge a rapporté un œil de bois sur la plage. Ne reste plus que
Mélanie pour les battandes. À droite ! À droite, Mélanie, à droite !
Éric, à ta droite ! Éric, à ta droite ! Les jaunes sont en retard.
Ils sont encore trois dans l'eau à la recherche de leur pièce de bois.
Mélanie doit maintenant ramener le dernier oeil vers ses coéquipiers. Les
jaunes, eux, sont totalement désorganisés.
Pour
gagner,
les rouges doivent encore regrouper les 5 pièces de bois et les empiler les unes
sur les autres.
Moi, je ne pouvais pas gueuler plus fort.
Les rouges, ça faisait un moment que je ne vous avais pas vu comme ça.
Joyeux, heureux d'avoir gagné.
Bravo à toutes et à tous. Et plus particulièrement à vous, Patrick.
Quel organe ! Alors, je vous ai parlé d'une belle récompense.
Face à vous, cette jaune, l'un d'entre eux va devenir rouge.
Lequel ?
Concertez-vous ! Non, non, non, non.
Eric, parce que je pense que physiquement, c'est le plus fort.
Mais ensuite, c'est le chef de l'équipe. Il n'y a pas de photo. C'est sûr, c'est
sûr.
Alors Patrick, qui va devenir rouge ? Alors à l'unanimité,
nous serions ravis d'accueillir Eric.
Eric, venez vers moi.
Je vais vous demander de détacher le foulard jaune de votre biceps.
Eric, à partir de maintenant, vous êtes rouge.
Vous appartenez à l'équipe des Batangues. Voici votre nouveau foulard.
Celui-là, il faut l'oublier. Bonne intégration, Eric, avec les rouges.
Les jaunes, à partir de maintenant, vous êtes 6 face à 7 rouges.
Essayez de vous réorganiser et on se retrouve très prochainement pour l
'épreuve d'immunité.
A bientôt et bon retour sur vos campements.
Les Rouges reviennent sur leur campement avec Eric, l'ex-capitaine des Jaunes,
désormais membre de la tribu des Batangues. Un bassourdi, il découvre le
camp rouge et tente de faire bonne figure.
D'accord, c'est cool.
Et vous êtes bien coupé, tu vois, le sort ? Ouais, c'est chouette.
En plus, vous avez ça pour protéger. Nous, on n'a pas de coin comme ça, par
exemple, pour protéger le feu. Ça fait quand même drôle d'être...
sur le campement des Rouges, quand on a formé l'équipe jaune.
Ça ne doit pas être facile.
C'est vrai que je me mets à sa place.
Si j'avais dû quitter les miens, ça aurait été très dur.
Bienvenue chez les Rouges.
Il est toujours souriant, mais intérieurement, je suis sûre qu'il doit
avoir un petit pincement au cœur.
J'ai beaucoup de tristesse de les quitter, de quitter une équipe que j'ai
formée.
Et une équipe qui s'entendait bien, où il y avait une bonne ambiance, où tout
allait bien. L'ambiance avec Philo, l'ambiance avec Adrien, on rigolait tout
le temps.
Donc voilà, ça va manquer tout ça. Eric accuse le coup. Tous ses repères, ses
amitiés ont volé en éclats.
Il doit se reconstruire ailleurs.
Mais positif et volontaire, le coach sportif de Nîmes se remet en selle.
Je pense que les Rouges ont pleine qualité également.
Petit à petit, je vais apprendre à connaître tout de même.
C'est l'élimination là, direct ? Maintenant, je suis chez les Rouges.
Je me battrai comme je suis battu chez les Jaunes. Il y a les sentiments, les
affinités et le jeu. Et pour Eric, sportif dans l'âme, le respect de la
règle et sa ligne de conduite.
Volleyball, athlétisme, musculation, avec son mètre 82 et ses 80 kilos, Eric,
c'est monsieur muscle, toujours prêt à se surpasser. La compétition pour lui, c
'est comme une seconde nature.
Le sport, c'est mon domaine et je vais faire gagner mon équipe.
Disciple assidu de Coubertin, Eric prépare son corps comme une vraie
voiture de course. Il n'hésite d'ailleurs pas à rouler des mécaniques
pour le mettre en valeur.
C'est bon le regard ? C'est une ambiance particulière qu'on n'a pas l'habitude de
faire dans la vie de tous les jours.
Et c'est vrai que l'image qu'on véhicule à l'heure actuelle est importante.
Moi j'aime bien l'image que je véhicule, j'ai une fierté à me regarder, j'aime le
corps que je me suis fait.
Modèle à 16h pour des marques de vêtements de sport, Eric dans la vie est
coach sportif. C'est vrai qu'il fait du coaching à domicile, donc il peut
côtoyer de jolies filles, il y a des gens qui peuvent être un petit peu
jaloux par rapport à ça.
Le sport est vecteur de contact, de socialisation.
Voilà, dans l'axe du dos. C'est un échange permanent en fait. Là tu bloques
ta jambe dans l'axe, tu restes.
Préparateur autant physique que moral, le sage Eric sait prendre le temps de la
réflexion avant de se lancer dans l'action.
T'as eu ce ciel qu'on a ici, par rapport au ciel parisien ? Posé et responsable,
Eric vit à Nîmes avec sa femme et sa petite Mélie Ange, 3 ans et demi.
Papa Martiniquais, fier de ses valeurs et de ses origines, Eric n'est pas homme
à transiger. Et quand il se fixe un objectif, il met tout en œuvre pour l
'atteindre. Il faut savoir se faire mal des fois pour arriver à quelque chose.
Eric, c'est un atout physique, un nouvel homme fort pour la tribu. Mais c'était
surtout le capitaine des Guntao. Et pour les Rouges, solidement emmenés par Jade
et Patrick, une armée sans chef est une armée à terre.
Nous, on a plus pensé stratégie dans le sens où je pense qu'Éric, c'était la
pièce maîtresse de l'équipe adverse.
Je pense qu'Éric va nous apporter beaucoup.
Il va nous apporter sa puissance et puis à eux, justement, il leur enlève.
Ça va un peu les handicaper.
C'est vrai que...
que tactiquement, c'est bien joué également.
Moi, en tant que capitaine d'équipe, j'ai laissé mon groupe. Je ne suis plus
capitaine d'équipe ici, je suis un soldat.
D'après ce que je crois percevoir, c'est que lui, c'était vraiment le chef de l
'équipe, à donner les instructions tous les matins, de qui devait faire quoi,
telle équipe va faire ça, telle équipe va faire ça, etc.
C'est quand même un choix très stratégique, donc j'espère que chez les
jaunes, ça se passe moins bien.
Sur Guntao, c'est la catastrophe.
Les jaunes ont perdu leur capitaine et Adrien s'en veut. Il se sent responsable
de la défaite. Lui qui devait guider ses coéquipiers jusqu'à la victoire.
Je n'ai pas été très bon.
Je suis quelqu'un de sensible.
Donc j'ai été très déçu parce que je me sens un petit peu responsable de la
défaite.
Patrick m'a étonné. Il avait une voix qui emportait la mienne et donc il ne m
'entendait plus.
Je trouve que c'est une défaite importante.
Je ne crois pas qu'il m'en tienne vraiment rigueur, enfin grief.
Mais je suis déçu personnellement.
Parce que jusqu'à maintenant, je trouvais que j'avais bien fonctionné.
Aujourd'hui, c'est une grosse déception pour moi.
Attends, mais tu n'étais pas tout seul à avoir perdu.
On va se bouffer une coco, on va faire comme d'hab.
Je ne sais pas ce qu'il va se passer demain ou après-demain.
Tout le monde est touché dans l'équipe.
Adrien pas mal aussi, puisque c'est lui qui nous guidait. Il croit que c'est à
cause de lui qu'on a perdu, alors que rien à voir.
Il faut se redresser, c'est bon.
Aujourd'hui, on va pisser une bonne nuit.
Il a fait son maximum, mais par rapport au ténor en face, personne ne pouvait le
tenir. Vous avez fait son sac ? Oui.
Adrien se morfond, mais ses camarades ne le tiennent pas pour responsable de ce
drame. Tout préoccupés qu'ils sont par le sort qui est réservé à leur bien-aimé
capitaine. Moi je me mets à sa place et je me dis que c'est très difficile d
'arriver comme ça dans un groupe.
Au bout de 11 jours...
Et de s'intégrer, de ne pas s'imaginer partir tout de suite parce que
justement, imaginons, ils perdent l'immunité. Est-ce que ce n'est pas lui
qu'ils vont jeter tout de suite ? Effectivement, il a beaucoup plus de
chances d'être éliminé qu'un membre de l'équipe dès le départ.
Moi, j'ai eu peur d'être choisi tout à l'heure.
Je pense que j'aurais été miné, mais j'aurais été trop déçu.
Lui, il doit être bien miné aussi parce que je crois qu'ils n'ont pas grand
-chose là-bas. Ils n'ont rien. En gros, on a gagné. Tous les conforts sont les
plus importants. Il ne doit pas être très bien dans un premier temps.
Mais on va voir, on va voir comment il va jouer avec eux.
Je ne pense pas qu'Eric puisse devenir rouge. Il peut quand même devenir rouge
à un moment donné parce que c'est un jeu et qu'au bout, c'est une seule personne
qui gagne.
Donc, je pense qu'à un moment donné, la compétition va reprendre le dessus parce
que c'est quand même un compétiteur, Eric.
Je vais voir sur le jeu.
S'il se défonce, je dirais ça, c'est un traître.
Ou s'il se défonce, mais tranquille.
Je dirais ça, c'est un collègue.
Il est vrai que la position d'Eric n'est pas enviable. S'intégrer à l'équipe des
Rouges, au risque d'être considéré comme un traître, ou rester jaune et se faire
éliminer rapidement.
Sur Batang, justement, Eric tente de trouver sa place.
Et pour exister, il choisit de mettre ses connaissances de la survie au
service de sa nouvelle équipe. Il donne donc son avis quant au poisson trouvé
par Patrick le matin même.
Frais ou pas frais ? Moi, je ne le mangerai pas.
Le poisson, il ne me dit rien.
Eric, c'est un enfant des îles, un homme des îles, donc il connaît certainement
plus de choses que nous.
En plus, vu la chair qu'il y a dedans, il n'y a pas grand-chose dedans. Non, il
n'y a rien. Ils sont empoisonnés pour si peu de chair. Je crois que tout le monde
était à peu près d'avis de le faire cuire et éventuellement de le manger. Il
y avait plus Simon qui était un peu sur la réserve. Moi, à la base, j'étais d
'accord avec Eric.
Fin d'entrée, j'aurais dit, j'aurais dit le poisson, il a un oeil bizarre.
J'avoue que quand j'ai ouvert le couvercle, que je l'ai vu.
Je n'ai pas trop envie.
Tu as bien bouffé du verre.
Tu aurais des verres dans une gamelle, tu les aurais mangés.
Jamais de la vie. Sur le camp des jaunes, on ne se serait même pas posé la
question. J'étais étonné que Patrick voulait quand même le goûter.
Je ne sais pas si c'était risqué de manger le poisson.
Moi, je pense que je l'aurais fait. Je crois que dans la vie, il faut prendre
des risques. Si on ne prend pas de risques, on n'avance pas.
Tu le goûtes, toi ?
Patrick n'est pas de l'avis d'Eric, mais il se plie à contre-coeur à la décision
du groupe. Eric marque des points et commence à empiéter sérieusement sur les
plates-bandes de Patrick.
Dans le doute, on sacrifie la nourriture. Eric poursuit sur sa lancée.
Il sait que pour des aventuriers affamés, le plus important, c'est de
trouver de la nourriture. Il initie donc les rouges au délice des amandes de mer
et des cœurs de palmier.
Ces arbres-là avec ces feuilles-là qui rougissent.
Tu vois le cœur, le miel ? Il va être là, ça va être ça.
Cru, c'est super bon aussi, ça a un petit goût sucré.
Le fait qu'Éric soit avec nous, ça nous rend plus sûrs de nous déjà. Il nous
apprend plein de choses que nous, on ne savait pas forcément.
Déjà, il nous a parlé des amandes, des cures de palmiers, déjà au niveau de la
nourriture, ça a l'air d'être... ça va bien nous servir.
Et ça, ça l'enchante Mélanie.
Épicurienne, elle aime manger.
C'est mon petit cochon.
Quand on ouvre le frigo, il fait ronron. Pour Mande et Bonne Vivante, Mélanie
assume parfaitement ses petits kilos en trop.
Je me sens bien, j'ai des amis.
Je connais des filles deux fois plus minces que moi qui ne se mettent pas en
maillot de bain. Moi, ça me tue. À l'aise, Mélanie M. Plaire, séductrice
dans l'âme. À 24 ans, elle préfère rester célibataire. Pour l'instant, je n
'ai pas trop envie de...
De me mettre avec quelqu'un, parce que les mecs sont trop cons.
Boute en train et chef de bande, la jeune femme déteste qu'on lui résiste.
Mélanie est dragueuse, on n'a pas besoin de la pousser.
Si il y a quelqu'un qui lui plaît, elle va aller le voir.
Reine de la nuit à Besançon, c'est le jour que Mélanie exerce son art.
Elle est coiffeuse par vocation.
Quand j'ai commencé à faire ça, au début je suis tombée sur un pire salon avec
des super beaux coiffeurs que des garçons. J'étais un seul fille, c'était
trop bien. Aussi on a des clients, des fois c'est des beaux. garçons, on traîne
un petit peu sur le tour d'oreille, parce qu'on est censés être bien prêts
pour le tour d'oreille.
Ce Figaro en jupon est encore adolescente à ses heures.
Mélanie retourne volontiers dans la boutique de ses parents où elle est
pourrigatée. Moi je veux en noir.
J'aime pas.
Quand elle vient, c'est je veux ça, je veux ça, je veux ça.
Je la considère quelquefois comme un bébé. Elle a encore quelque chose d
'enfant.
Si on trouve des amandes, ça fera quelque chose de nouveau.
Ce sera l'apéro, ce sera les petites cacahuètes avant la principale.
En plus, on découvre quelque chose de nouveau, on a du renouveau sur l'île,
donc ça fait du bien.
Je suis comme les gosses, je suis tout fou. Quand il y a un petit jouet tout
neuf, j'ai envie de m'amuser avec.
Ça m'a fort plu d'avoir pu découper les palmiers, les branches de palmiers.
Je me dis que j'ai un rêve, c'est génial ce qui m'arrive.
Je suis contente d'avoir fait cette découverte.
C'est la première fois que je prends moi-même du cuir de palmier, que je n
'ouvre pas de la boîte de conserve.
Les connaissances d'Eric sont plus que les bienvenus pour les Batangues, qui
dépérissaient presque sur leur île.
Ce qui n'est pas le cas des Guntao.
Malgré leur peine, ils se régalent. De la viande ! De la viande ! Encore et
toujours grâce à Laurent, qui brandit fièrement un poulpe.
Je l'ai attrapé, comme un chacal.
Comme un chacal ? Ouais.
Comme j'ai tendu la pique et tout, j'ai bombardé. On va le couper en petits
morceaux, on va voir.
Avec les filles, les cuisinières.
Oh, il vient encore !
C'est sûr qu'il n'est pas mort par contre ? Non, il n'est pas mort.
On va te manger, on va te manger.
Il faut lui retourner la calotte. C'est robuste ça, il faut retourner la
calotte, mais la calotte elle est prise. Je ne peux pas la retourner. On retourne
la tête.
Là je vais retourner, il a craché l'encre. Est-ce que c'est bien comme ça
? Bon, je ne sais pas.
Ça a l'air de partir.
Là je sais qu'après il faut le tenir comme ça, puis il faut le taper.
Qu'est-ce qu'on ne peut pas faire ? Avec la machette on va le découper en tout
petits morceaux.
On va mettre ça dans le riz.
Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe.
Du riz aux poulpes.
Ah, c'est pas mal.
C'est visieux.
Oh la vache.
Un truc à mâcher, tu sais, comme de la viande, quoi.
Ça cartonne, hein ? Ouais, putain.
Voilà, bonjour.
C'est mon whisky, hein ? L'homme de Cro-Magnon, assieds-toi. Le gars en
poupa. Le gars en poupa. Le gars en poupa.
La chair de ce poulpe n'est pas familière aux aventuriers, mais ces
quelques protéines sont presque thérapeutiques. Une façon d'oublier la
tristesse d'une soirée sans Eric, leur capitaine.
Sur Batang, Eric justement tente de trouver une place pour dormir. C'est une
nuit particulière, car il sait que l'épreuve d'immunité qu'il attend le
lendemain est déterminante s'il veut continuer dans l'aventure.
L'ambiance d'avant-nuit est très sympa.
Je retrouve un peu de repères.
Je pense que je vais bien dormir.
Eric, ce matin, prend un nouveau départ.
Il décide de poursuivre son enseignement entamé la veille. Au programme du jour,
la pêche. Les cotes, là, juste en soulevant la première pierre qui vient.
Où les batangues n'ont jamais fait d'étincelle. Tu vas soulever la pierre
et tu vas prendre dessous des cotes. Là, elle est collée à la pierre, après.
Elles sont super bonnes.
Ça y est, une langouste. Notre première langouste. Tu vois ? Un bébé langouste.
Ça, c'est beau, ça. Tu l'as le sac, ils sont vachement bons.
Ça se bouffe, ça ? Joli fils, toi.
Les rouges sont tout ébaubis par ce qu'ils voient. Des langoustes, des
crabes et des poissons piégés par la marée.
Ils reconnaissent qu'ils n'avaient jamais franchement persévéré.
On avait essayé de lever quelques pierres, mais à part des tout petits
crabes, on n'avait pas fait attention qu'on pouvait attraper des poissons.
Eric a un peu plus d'habitude, il le faisait pas mal le matin avec les
autres, donc il a réussi à nous motiver à y croire un peu plus.
Un poisson.
Ce matin, je leur ai montré qu'il fallait un peu plus persévérer pour les
coquillages. qu'il fallait vraiment faire le tour et soulever un maximum de
rochers. En persévérant un peu plus, ils se sont aperçus qu'on pouvait quand même
avoir pas mal de choses.
Par rapport à d'habitude, c'est une bonne pêche. C'est vrai que le matin, on
n'y allait forcément pas. La présence d'Eric m'a bien motivé à ce niveau-là.
Eric a amené les garçons, leur montré des coquillages que nous, on ne voyait
pas forcément.
C'est agréable, il transmet son savoir.
J'aimerais bien que ça me donne la pêche.
Bien, ça change.
Il a des bons fruits de mer, ce coup-là. Et les Batangues rendent grâce à Eric de
leur avoir ouvert les yeux.
Tous, sauf Patrick, toujours très réticent à chanter les louanges de l'ex
-jaune. Très honnêtement, on n'a pas trouvé grand-chose de différent de ce qu
'on trouvait d'habitude.
Par contre, c'est vrai qu'on s'y est pris un peu plus tôt que ce qu'on
faisait d'habitude, donc on en a trouvé plus.
Mais c'est vrai qu'il parle beaucoup, qu'il donne beaucoup de conseils, qu'il
a un peu...
Oui, qu'il aime bien se mettre en avant.
On sent qu'il est un peu fier et content de donner des conseils. Il doit sûrement
essayer de mettre quelque chose en place pour séduire les uns les autres, pour s
'intégrer dans le groupe. Donc c'est un peu opération séduction pour le moment,
à travers la révélation de tous ses savoirs et puis son attitude.
Maintenant j'observe la manière dont il cherche à s'intégrer.
Patrick est sur la réserve, méfiant vis-à-vis d'Eric.
Simon, lui, est carrément en dehors du coup. Le bûcheron de l'aude est terrassé
par un mal de tête. Je me lève quand je me baisse la tête, ça fait un grand peu
mal.
Cette fois encore plus belle, ça te tourne ou ça te sert encore plus ? Non,
ça sert.
Depuis hier, j'ai un mal de tête.
C'est affreux.
J'ai la tête à se donner tout, c'est affreux.
Là, j'y arrive plus. Il faut que je sois allongé parce que je ne peux pas me
lever. J'ai trop mal à la tête.
Sur Guntao non plus, cela ne va pas très fort. Les aventuriers sont à plat, c'est
le contre-coup. Ils réalisent que sans Eric, remporter l'épreuve d'immunité qui
s'annonce est presque mission impossible.
L'épreuve là, j'ai le moral, mais bon, c'est chaud quoi.
C'est l'après-midi, on va perdre.
C'est un jeu de force.
C'est un peu comme si on partait un peu perdant parce que je ne vois pas trop où
est-ce qu'on va chercher la force chez Véronique ou chez moi-même ou chez Chloé
pour battre les hommes forts de l'autre côté.
Eric, c'est un maillon fort qui est parti.
C'est comme si on était, on va dire, quatre.
Éric compensait plus que largement ma déficience. Je compte absolument sur la
solidarité des jaunes pour m'aider à franchir l'épreuve. Aujourd'hui, ça
passe ou ça casse.
Les prestations sportives de Véronique sont certes peu reluisantes, mais la
pauvre pâtit du départ d'Éric et devient en quelque sorte un bouc émissaire.
C'est vrai qu'aujourd'hui, on est tous maillons faibles.
Alors si en plus, il faut la remotiver. Alors là, par contre, je pense que la
motivation qu'on a pour nous, là, on n'a plus assez pour l'aider. Quand on lui a
dit, on lui a redit.
Moi, je lui ai parlé deux secondes en lui disant que l'épreuve d'immunité, il
va falloir qu'elle mette un peu plus qu'un pied devant l'autre. Et si on met
la tête dans l'eau, il va falloir qu'elle fasse un effort parce que depuis
deux, trois épreuves, elle est absente.
Elle a la phobie.
Tu ne vois pas l'eau, elle est forte.
Elle a peur, quoi. C'est la phobie.
On ne peut pas lui demander la lune.
On aurait bien aimé qu'elle se prenne un peu plus en charge et puis qu'elle fasse
des efforts. Et c'est vrai que malheureusement, on constate que là
-dessus, elle est toujours au même point.
T'as-tu eu le dos ? Je me suis coupée à un rocher. Elle est un peu assistée,
Véronique, mais je crois qu'elle vit comme ça. Il y a des soucis, on ne va
pas te blesser aussi.
Il faut s'occuper d'elle.
C'est une enfant.
Non, non, non, Véro, mais non !
Je crois que j'ai un petit bout, c'est le mafou. Elle ne doit pas non plus
devenir un boulet, ce n'est pas possible. Sinon, forcément, à un moment
donné, on va nous baisser les bras et on va laisser se débrouiller.
Je ne suis pas une aventurière, mais je crois en ma bonne étoile.
Véronique est en danger chez les Guntao. La présence d'Eric apaisait l'équipe.
Là, les tensions apparaissent.
Sur Batang, c'est l'inquiétude qui grandit. Simon ne va toujours pas mieux.
Il me dit qu'il a la tête comme dans un étau, qu'il ne peut pas se lever, qu'il
a vraiment la tête qui va exploser. Il n'a même pas réussi à manger ce matin.
Ce n'est pas vraiment bon signe. Moi, j'essaie de le forcer un peu à boire,
donc il boit. Mais là, il est allongé, il est KO.
C'est grave.
A l'approche de l'épreuve d'immunité qui détermine quelle équipe se rendra au
conseil et devra éliminer l'un des siens, la défaillance de l'homme fort de
la tribu n'est pas de bonne augure.
Pour aller haut, il
faut descendre bas.
C'est le pire qui puisse m'arriver, descendre en profondeur.
Avec le mal de crâne que j'ai, c'est le pire. C'est vraiment le truc, je suis
dégoûté parce qu'en plus, je fais de la plongée, j'aime bien ça.
Si c'est 10 mètres, ce n'était pas compliqué.
Simon part pour l'épreuve avec ses compagnons, mais le cœur n'y est pas. Le
géant sait qu'il est incapable de faire le moindre effort dans cet état.
D'ailleurs, la vie médicale ne tarde pas à tomber et il est catégorique.
Ça fait mal.
Moi, je vais vous dispenser de cette épreuve. Qu'est-ce qui m'arrive ? Simon
n'est absolument pas en état de participer à cette épreuve d'apnée.
Donc, je recommande à ce qu'il reste allongé et on va faire le point en fin d
'après-midi, savoir si la perfusion a permis de lui redonner les forces
espontées.
Bonjour à tous.
Bonjour. Je voudrais d'abord vous donner des nouvelles de Simon. Vous le
constatez, les jaunes, il ne fait pas partie pour l'instant de cette équipe
des rouges. Il a été ausculté par le médecin il y a quelques minutes, qui a
décidé, un, de le dispenser d'épreuve, et deux, de le placer à l'infirmerie vu
son état de faiblesse générale.
Voilà, vous êtes donc six de chaque côté pour disputer cette épreuve d'immunité.
Il s'agit d'une épreuve d'apnée.
Grégoire, d'abord, vous allez me rendre le totem.
Merci.
A la verticale de ces deux bouées ont été placés sous l'eau 10 coquillages
comme celui-ci.
Le premier à 1 mètre de profondeur, le dernier à 10 mètres.
L'équipe qui récupérera en premier ces 10 coquillages remportera l'épreuve,
repartira avec le totem et vous le savez sera dispensée de conseils.
Bonne chance à tous pour ce grand bleu de Koh Lanta.
Eric, Véronique, pour le départ, 3, 2, 1, go !
Option tactique originale pour les jaunes. Chaque aventurier doit passer au
moins une fois. Alors, pour ne pas perdre de temps, Véronique saute dans l
'eau et est immédiatement remontée par Adrien et Grégoire, tel un bouchon. Le
relais est transmis à Laurent.
Le premier coquillage est une formalité pour les deux excellents nageurs, Eric
et Laurent.
Top pour les jaunes, Grégoire.
Top pour les rouges, Mélanie.
Mélanie récupère la deuxième coquille, mais elle est allée beaucoup moins vite
que Grégoire, qui rejoint déjà le ponton.
Attention Mélanie.
Top pour Jade.
Deux coquillages pour les jaunes, deux coquillages pour les rouges.
Léger avantage pour les jaunes.
Un
coquillage
d'avance pour les jaunes.
Chloé décroche le quatrième de son équipe alors que Jade ramène seulement
le troisième des rouges.
Une apnée de 5 mètres pour Philomène mais en remontant elle est déboussolée,
sans doute l'ivresse des profondeurs.
Elle ne sait plus où se trouve son équipe.
Les jaunes perdent un temps précieux et leur avance diminue.
Patrick en profite, il récupère la cinquième coquille d'huître de son
équipe.
Sixième coquillage pour Grégoire, suivi de près par Kevin qui réduit le retard
des rouges.
6 coquillages également pour les rouges.
Il faut maintenant aller plus profond. La pression se fait plus forte. Le bleu
de la base de Taputan s'intensifie.
Mais il en faut plus pour impressionner Eric.
7 mètres et un nouveau coquillage pour les rouges.
7 coquillages partout.
Avant de plonger, Grégoire reprend son souffle. Il doit descendre à 8 mètres de
profondeur.
Patrick, lui, n'attend pas et décroche en même temps que Grégoire la précieuse
nacre.
Allez, allez, allez ! Rouge
comme
jaune sont époustouflants. Ils enchaînent et descendent comme si de
rien n'était. Alors que plonger si vite... A 8-10 mètres n'est pas évident
du tout. Il faut gérer une longue apnée et les tympanses sont mis à rude
épreuve. Laurent pour les
jaunes et Kevin pour les rouges rapportent simultanément le neuvième et
avant-dernier coquillage.
La dernière apnée à 10 mètres va être décisive.
C'est une course de vitesse qui se joue pour l'immunité. Et ironie du sort, Eric
affronte son ancien coéquipier Grégoire. Mais pas question de lui faire le
moindre cadeau, car il sait qu'en cas de défaite, les Rouges risquent de l
'éliminer au conseil.
Les rouges, les jaunes, rarement une épreuve a été aussi indécise. Et ça s
'est joué vraiment à deux secondes. Les jaunes, nouvelle victoire dans une
épreuve d'immunité. Et vous repartez une nouvelle fois avec ce totem que j'ai
envie de donner aujourd'hui à Laurent, qui fait partie avec Grégoire des deux
héros du jour qui se sont partagés les cinq coquillages qui restaient entre 6
mètres et 10 mètres. Bravo à tous.
En revanche, les Rouges, vous allez vivre votre troisième conseil
consécutif. A bientôt.
Cette victoire est une bouffée d'oxygène pour les Jaunes. Même sans Eric, ils ont
réussi à vaincre les Rouges. Ils n'en sont pas peu fiers. Il revient à la
maison ! Il revient à la maison ! On a fait mal le jeu à 5 contre 6.
On a réussi, on a mal battu.
Il suffit que Simon se blesse un peu, qu'il revienne pendant le jeu.
Là, le moral va revenir vite. Et on a une échelle, c'est de tout gagner à
chaque époque.
Le moral, là, il revient. Je jubile, je jubile. On est bien aujourd'hui, on est
bien dans notre tête.
Une journée complètement différente de celle d'hier.
Véronique, considérée comme un handicap, est devenue en une seule épreuve, et à
son corps défendant, une sorte d'arme fatale. Ah bon, là, il fallait la jeter
dans l'eau. J'ai pris l'initiative de la jeter dans l'eau, pour aller très très
vite.
Voilà, on travaille pour elle aussi, mais on est obligés, parce qu'en
travaillant pour elle, on travaille pour nous.
Véronique, c'est la mascotte.
Vous voulez Véronique ? Vous la louez.
Elle nous porte bonheur. Il y en a vraiment une de bonne étoile, c'est ça
le pire.
Moi j'ai toujours l'impression d'être un boulet, même si je suis une mascotte.
Je vais aller chercher de l'eau après.
Portés par leur enthousiasme, les aventuriers relèguent Eric, leur
capitaine, aux oubliettes. Alors qu'ils le pleuraient à chaudes larmes le matin
même. Il a changé d'équipe.
Moi, j'en tiens plus compte. Maintenant, c'est toujours les jaunes contre les
rouges. Maintenant, il est rouge. On est contre lui. Ce n'était pas le leader.
Mais la preuve, on s'en est bien sortis aujourd'hui.
Il nous mettait à l'ambiance.
Il ne faisait pas plus qu'un autre, ce n'était pas un maillon fort sur le
calme.
Sans lui faire de peine, j'étais quand même content qu'on le batte ce matin.
Tant pis pour Eric, il n'était pas dans la bonne équipe ce matin.
Ainsi va la vie, loin des yeux, loin du cœur.
Les mérites d'Eric sont bien vite oubliés.
Entre ingratitude et motivation, les Guntao reprennent en tout cas du poil de
la bête.
Ce qui n'est pas le cas des Batangues. Ils ont perdu, ils iront donc au conseil
et devront se séparer d'un membre de la tribu. C'est cruel, mais surtout
tactique. Qui garder ? Qui éliminer ? Je suis
bien sur la scellette parce que je suis le
dernier à être arrivé, leur groupe est formé.
Non, effectivement, j'avais vraiment envie de gagner ce jeu.
Je suis inquiet pour mon sort parce que, très sincèrement, je ne vois pas
pour qui d'autre qui pourrait voter.
Il y a deux têtes qui dirigent entre guillemets le groupe.
Je les ai vues aller directement les deux partir discuter et tout.
Il commence à y avoir des tensions, il y a le conseil qui arrive.
Avec Patrick, on a discuté de Simon, de l'état de Simon.
S'il allait bien, s'il allait revenir.
On a parlé des éventuels départs. Il y a une hésitation entre Eric et Mélanie.
Eric mérite de continuer l'aventure.
Ça serait dommage de lui couper son élan. Surtout que c'est quelqu'un qui se
donne vraiment à fond. Il ne fait pas de chichi, il n'est pas ici en camp de
vacances comme certains.
Même si ça ne se dit pas ouvertement, qu'il commence à y avoir des alliances,
des petites stratégies, des machins.
Ça, je ne supporte pas.
Je suis un peu dégoûtée de voir comment ça se passe.
Comme ça tourne.
Dans un premier temps, ce qu'il faut, c'est attendre d'avoir des nouvelles de
Simon parce que ça peut aussi changer les choses. Les Rouges ne voient pas
revenir leur champion, le colosse Simon.
D'ailleurs, reviendra-t-il ? C'est toute la question.
Son organisme, tout puissant qu'il soit, a plus souffert que les autres des
privations de nourriture. En observation à l'infirmerie, Simon attend le verdict
médical. Pour l'instant, ça va pas vraiment mieux, non.
Non, j'ai très mal à la tête.
Je me sens fatigué. J'espère que la perfusion va faire un effet un peu, me
rebooster.
Du coup, c'est la plus grande confusion qui règne sur Batang. La tension monte
et les reproches fusent de toutes parts.
On dit qu'ils l'ont prise, ils l'ont foutue dans l'eau, ils l'ont ressortie,
ça a duré même pas 30 secondes. On avait dit qu'on allait la nuire, on l'a
plongée dans l'eau, on l'a ressortie, nous on part. Moi je l'ai proposée,
personne ne la suit.
Et elle a commencé à râler en disant, ouais, ouais, tout le monde doit
participer, je vois pas pourquoi je le ferais pas.
L'autre, elle sait pas nager, elle sait rien faire, et ça fait 15 jours qu'elle
est là.
Voilà, elle voit la place de quelqu'un d'autre, ça c'est sûr.
Patrick, pour être honnête, il me saoule de plus en plus.
J'ai pas envie de me battre contre des gens comme ça, sinon c'est parler à un
mur en même temps, parce que c'est la gang, c'est se battre, c'est machin, c
'est coûte que coûte. Si on perd aujourd'hui, franchement, je tue quelqu
'un. J'ai pas envie de trouver d'alliance. Déjà, elle a bien compris le
truc, elle a son petit toutou qu'elle appelle tout le temps, Marie-Lyne,
viens, on va faire ci, on va faire ça, on va faire ça.
Pourtant, Marilyn, c'est quelqu'un de très gentil, mais elle se laisse
bouffer. Elle a quatre gosses, l'autre, elle lui dit comment faire à manger.
Vous auriez fait le cœur avec un peu d'eau de mer. On ne peut pas saler,
franchement.
Il faut saler le riz parce qu'hier, on n'a pas salé le riz.
C'est insipide.
Moi,
quand ils me disent des choses comme ça, je dis au grand, tu te calmes tout de
suite.
Eric non plus n'est pas à la fête.
Patrick est sans pitié avec lui.
Eric, il est jaune.
Ce sera jamais rouge Eric.
C'est évident quand même.
Notre choix d'Eric c'était stratégique, c'est de s'en servir et puis après c'est
stratégiquement de l'éliminer.
On va juste perdre quelque chose qu'on a gagné.
C
'est
l'aube du 13ème jour pour les aventuriers. Et ce matin, ils ne sont
pas les seuls à sortir de leur terrier.
Sur Batang, les serpents s'invitent dans l'aventure. Le
temps, exceptionnellement chaud et sec de l'archipel de Palawan,
incite toutes les espèces à chercher les recoins sombres et humides. Cela même,
où les rescapés trifouillent pour trouver des crustacés et autres coques.
Eric met en garde ses coéquipiers.
C'est ce serpent qu'on a sur l'autre île.
Et donc Kassoy nous avait dit qu'on avait exactement 20 minutes à tout
casser pour être dans le premier hôpital du coin. Parce qu'il était super
dangereux. C'est sûr qu'il faut faire attention parce que même des fois on
passe ici quand il y a de l'eau et on ne sait jamais, il peut être là.
Le fait qu'il ne nous reste que 20 minutes pour agir si on se fait mordre,
ça laisse à réfléchir.
D'ailleurs là, il est où là ?
Eric a raison d'être prudent. L'archipel est peuplé par nombre de reptiles aux
morsures plus ou moins dangereuses.
Ces roches abritent notamment le terrible cobra de Sumatra ou Naja
Sumatrana.
Ce serpent noir est assurément fatal aux malheureux qui le dérangent.
Les serpents de mer sont aussi mortels et très variés.
Et la forêt ne représente pas plus un refuge puisqu'on y croise le serpent de
mangrove et la dangereuse vipère de Palawan.
Il faut donc redoubler de prudence. Eric l'a bien compris et tente de persuader
les rouges de faire plus attention.
On a vu un serpent que vous n'avez pas encore vu ici.
Ils sont super dangereux.
On a 20 minutes après pour atteindre l'hôpital.
Méfiez-vous, si vous voyez, cassez-vous.
De toute façon, on savait qu'il y avait des serpents, maintenant on sait qu'il y
en a partout, donc on va s'enterrer dans le sable, puis on va pouvoir bouger,
comme ça on n'en mourra pas.
Je pense que les rues commencent à être un peu plus prudentes, mais je ne me
serais pas approché du serpent de ce matin comme l'a pu le faire Patrick.
Presque, je suis sûr qu'il voulait essayer de l'attraper, dans ce genre de
truc que je n'aurais pas fait.
Je pense qu'il est prêt à faire pas mal de trucs comme ça, Patrick.
Moi, personnellement, c'était la première fois que j'en voyais un. Je ne
l'avais jamais vu.
C'est inquiétant. L'information est inquiétante. Maintenant, il n'y a pas
non plus de quoi en faire un drame. Jusqu'à maintenant, on a très bien vécu.
On n'en avait pas trop vu.
J'imagine que si on fait attention, le risque n'est pas énorme.
Patrick n'est pas vraiment conscient du danger. Mais surtout, les sempiternels
conseils d'Eric lui pèsent.
Pas de panique sur Guntao, les jaunes sont affairés à chercher à manger.
Depuis le départ d'Eric, les garçons redoublent d'efforts pour subvenir aux
besoins de la tribu. Et tout particulièrement Laurent, survolté et
hyperactif, qui se met en tête d'organiser une battue aux poissons.
Depuis le départ d'Eric, je pense que ça a libéré un peu Laurent. Il a pris l
'ascendant sur le groupe.
Véronique, elle va aller tous les deux, elle va se mettre là. Attends, attends,
attends, j'explique.
Une là, une là, je t'appuie.
Ça fait du bien à tout le monde.
Il le fait avec son naturel, moi qui me plaît bien, et ça me va. Et puis je
crois qu'il a l'avantage, c'est qu'il passe également au prix des filles.
Laurent,
il a la niaque, c'est clair. Il peut absolument pêcher. Je pense que bientôt
les poissons vont venir à lui tellement il les attire par son envie d'en avoir.
Pour lui, c'est important de nous prouver qu'il fera du poisson. On a déjà
eu du poule, c'est déjà pas mal. C'est surtout lui qui met la barre très haut.
Je suis meneur dans la vie.
J'essaie de mener, je fais toujours le mieux.
Des fois, quand je laisse faire, on m'emmène n'importe où.
Mais là, c'est facile à mener.
Tu veux rester, il faut que tu gagnes. On y sera demain.
C'est sûr, Laurent sent qu'il y a une place de leader à prendre et qu'elle est
pour lui.
Ses compagnons lui sont reconnaissants de se démener et le sétois a même droit
à un traitement de faveur. Il faut bien récompenser le guerrier.
J'ai fait un
gommage du dos de Laurent qui a trouvé ça très très bien. Donc c'est à
renouveler quand même.
A l'infirmerie,
Simon aussi est requinqué. La nuit a été bénéfique.
Mais le géant est très perturbé par son coup de mou. C'est la première fois que
ce narbonné s'est vu aussi anémique.
Vous vous sentez moins faible ? Oui, je me sens moins faible, oui. Mais la tête
est toujours limitée quand même.
12,8, impeccable.
Je me sens un peu mieux, un peu plus en forme. J'ai bien dormi, contrairement
aux nuits précédentes.
Il est tard de voir les autres pour savoir ce qu'ils ont fait déjà.
Je ne sais pas encore s'ils ont gagné ou pas sur l'épreuve d'apnée d'hier.
Je pense que pour moi, il n'y a pas trop de soucis sur le plan médical.
Physiquement, vous êtes aptes à repartir dans l'aventure.
La visite ? Il y a le bateau au carrieux, donc il doit y avoir des
nouvelles. De Simon, j'espère, ou peut-être même Simon dans le bateau.
Simon !
Il est très proche du tout.
J'ai eu peur.
Je ne sais pas si... Attends, je le sais, vous avez gagné.
Non, on a perdu.
C'est vrai, vous avez perdu ? Je te jure, à une seconde. À une seconde près,
c'était... Quand ils m'ont dit qu'on avait perdu le jeu d'immunité, ça m
'embêtait. Enfin, j'étais dégoûté.
Surtout l'insu de devoir voter pour quelqu'un ce soir.
Ça manquait à cette épreuve.
Moi, ça va, je suis reboosté, là, c'est bon.
Bonne nuit.
C'est dur quand t'es à plat.
Au niveau du camp, je sais que je sers à rien. Ça me fait chier. Je me dis que je
sers quand il y a des épreuves.
C'est un peu démoralisant par rapport à vous.
Quand je vois des filles qui n'arrêtent pas.
Donc voilà. D'attendre que je sois en forme, il faut compter sur moi.
C'est bien, super.
Je trouve que Simon est transformé. Il n'est revenu plus du tout le même.
Il est remonté physiquement et moralement. Maintenant, il a envie de
continuer. Il veut aller jusqu'au bout.
C'est un nouveau Simon. C'est bien, c'est super.
Les Batangues sont tout à leur joie de retrouver leur vaillant Simon. Mais ils
ne doivent pas pour autant oublier le conseil qui approche. Dans quelques
heures, ils vont devoir faire un choix et éliminer l'un des leurs.
Moi j'hésite entre Eric et Mélanie.
Donc Mélanie, elle est super sympa, gentille et je l'aime bien vraiment,
sincèrement. C'est quand même le rouge depuis le début.
Eric, ça fait un jour qu'il est là.
Je pense que pour l'instant, il est orange.
Je crois que c'est entre jaune et rouge.
Je pense que je vais peut-être voter pour lui ce soir.
Sincèrement, ce serait Eric.
Parce qu'il n'est pas rouge de souche.
De toute façon, il doit sentir.
Mon prénom, c'est terminé par CK.
E-R-I-C-K.
C'est voté contre moi.
Pour certains, Eric, c'est un ennemi à abattre.
Mais moi, j'ai tendance à le voir autrement que stratégiquement. Eric, c
'est quelqu'un qui se donne, qui mérite aussi d'aller jusqu'au bout, même s'il
était ancien jeune.
Eric, on en a besoin dans les épreuves, de toute façon.
C'est pareil.
Pour le garder. Patrick prend de plus en plus à cœur son rôle de grand chef.
Il s'est senti, je pense, un petit peu en danger aussi quand Eric est arrivé.
Parce qu'il n'accepte pas quand un nouveau coq arrive dans le poulailler.
Il a beaucoup de mal avec ça.
Et puis c'est tout le temps, oui, enfin je voulais dire, il prend les gens de
haut. Et je veux dire, je n'apprécie pas les gens comme ça. Il faudrait leur
apprendre la politesse un petit peu à ces gens-là.
Ce soir, je vais voter contre Mélanie.
Mélanie a tendance à minimiser les épreuves, à ne pas être concentrée, à ne
pas être vraiment dedans.
On a l'impression qu'elle se croit en centre de vacances, avec les coquetiers,
la mer, les palmiers.
Pour les rouges, il n'y a pas de place pour les touristes, ça c'est clair.
Il est l'heure, chacun prépare son sac.
Nul n'est jamais certain de revenir du conseil. Quand je mets le foulard, je
suis tout un autre homme. Faites attention.
Mais Eric, fraîchement débarqué chez les Batang, est plus inquiet que les autres.
Les rouges ne s'en sortent pas malgré la présence d'Eric.
L'ancien jaune, ils perdent pour la troisième fois de suite une épreuve d
'immunité. Série noire pour des aventuriers qui doutent et qui ne
parviennent pas à trouver la recette pour vaincre des jaunes, eux, en pleine
confiance.
Conseil sous haute tension ce soir. Simon, tout juste sorti de l'infirmerie.
Eric, transfuge des Guntao. Ou encore Mélanie, légèrement désabusée ces
derniers temps, semble être plus sur la sellette que les autres. Le moral des
Batang est touché. Ils doivent impérativement se ressaisir.
sous peine de voir leur tribu se désagréger. Mais n'empêche, ce soir, les
Batang doivent éliminer l'un des leurs.
Et Eric, en tant que transfuge malgré lui, semble tout désigner.
Trois conseils d'affilée, trois conseils consécutifs, et forcément encore un
rouge qui va partir.
Alors Eric ?
Vous venez d'arriver dans cette équipe des Rouges. Qu'est-ce qui change tout de
suite ? C'est un choc. C'est un gros choc de se dire qu'il va falloir
recommencer le travail d'intégration dans un nouveau groupe.
Dans ma tête, je me dis que je perds mes compagnons.
J'ai l'impression de les abandonner à leur sort.
J'espère qu'ils vont relever la tête.
C'est ce qu'ils ont fait.
Patrick ?
Est-ce que Eric est rouge à 100% ? Je ne pense pas que ce soit possible.
Je pense qu'Eric est né jaune et même si aujourd'hui il est adopté rouge,
je crois que c'est difficile de revenir en arrière et je le comprends.
Les premières émotions, les premiers échanges, les premières difficultés, c
'est important dans l'aventure. Jade, totalement rouge Eric pour vous ?
J'aimerais qu'il soit totalement rouge, j'aimerais vraiment qu'il le soit
totalement, mais c'est vrai qu'il doit garder une part de jaune, ça c'est sûr,
c'est obligé. Mais bon après, au-delà de la couleur, il faut aussi s'intéresser à
la personne et voir si...
si elle mérite finalement d'aller loin ou pas. Donc des fois, il faut s
'intéresser plus à l'humain qu'à la couleur de l'équipe. Eric, vous étiez
leader chez les Jaunes de par vos performances dans les épreuves, de par
votre statut dès le début de l'aventure. Ça change tout quand on arrive dans une
autre équipe ? Parce que moi, chez les Jaunes, effectivement, je prenais
certaines décisions, mais on avait quand même chacun notre mot à dire.
Et chez les Rouges, c'est aussi la même chose.
Tout le monde dirige à un moment donné.
Mélanie ? Qui dirige, qui donne les ordres dans l'équipe des Rouges ? Alors,
c'est Jade et Patrick.
Ils donnent des ordres, ils donnent leur avis surtout, je dirais.
Trop ? Trop, oui.
Surtout Jade, elle est très pointilleuse sur l'hygiène, on va dire.
Et des fois, elle fait des remarques à Marilyn.
que moi, je ne supporterais pas. On apprend à une mère de quatre enfants
comment faire du riz.
On lui dit, va te laver les mains.
C'est vrai que je dis à Marilyn, mais bon, après, elle est assez grande pour
me dire, c'est bon, je veux le faire. Des trucs comme ça, c'est tout.
Je ne suis absolument pas autoritaire. Au contraire, je suis vraiment souple.
Je demande l'avis à tout le monde. Et là, je ne comprends vraiment pas.
Je ne la comprends pas. Tu as toujours un truc à dire. Par exemple, on fait ci,
non, pas comme ça. Comme ça. Ta façon de parler, ta façon d'être, si c'est ça, c
'est pas être autoritaire.
Là, je vois pas. Vous tombez des nues, là, Jeanne. Je tombe vraiment des nues.
C'est vrai que moi, c'est plus dans les jeux que je pousse. Parce que c'est des
épreuves qu'il faut absolument gagner pour finalement améliorer son confort et
ne plus se retrouver au conseil. Après, au niveau du camp, je me sens vraiment,
vraiment pas autoritaire du tout. Est-ce que c'est dans les épreuves que cet
autoritarisme peut-être vous agace, Mélanie ?
Oui, elle est autoritaire aussi dans les épreuves. C'est la gagne, c'est la
gagne. Si on perd aujourd'hui, j'en tuerai en rentrant.
Et c'est bon, quoi.
Moi, je veux bien... Non, mais c'est vrai, tu l'as dit, ça.
Après, c'est sur le thème de l'humour. Oui, non mais d'accord. Tu es la
première à rigoler, tu es la première à plaisanter.
Donc écoute, oui, mais toi, quand tu dis les choses, c'est quand même... Je crois
que c'est des différences aussi d'esprit.
Je pense qu'il y en a qui ont un esprit de compétition développé, très
développé. Jade, probablement, moi aussi.
Et d'autres qui ne l'ont pas, ou qu'on gagne ou qu'on perde, après tout, ça n'a
pas grande importance. Ce qui compte, c'est d'avoir participé, d'avoir pris du
bon temps, d'avoir profité de la plage, de la mer, du soleil, etc.
Et c'est ça. Peut-être un peu débile, mais nous, sur chaque jeu, on joue notre
vie.
Ce n'est pas un manque de motivation dans les épreuves, parce que les
épreuves, je suis motivée, mais honnêtement, j'ai senti des fois qu'on
me mettait un petit peu en retrait.
Je ne peux pas montrer encore la dernière épreuve, là, où on devait
plonger. Au début, on me dit « plonge à un mètre ». Je ne dis rien, je dis «
oui, d'accord ». Je pense sincèrement, pour revenir sur le jeu, que si on avait
remplacé Mélanie et qu'on avait mis Mélanie de côté sur ce jeu-là, je pense
qu'on aurait gagné le jeu.
Mais reconnaissez que...
Pour un compagnon d'aventure comme Mélanie, c'est plutôt vexant de s
'entendre dire « on va te tremper dans l'eau et te ressortir ». Je n'ai pas l
'impression, mais si Mélanie le dit, elle a sûrement raison.
La remarque de Mélanie ne me surprend pas plus que ça, je l'attendais. Je
pense que ça fait partie du rôle du leader aussi, de prendre des coups quand
ça va moins bien.
Donc il faut assumer les bons côtés, les mauvais côtés de la fonction et ça ne
pose pas de problème.
Bon, les Rouges.
Ça fait trois conseils consécutifs.
Pour l'heure, il faut passer au vote.
Vous êtes encore sept, mais vous repartirez tout à l'heure sur Batang à
six. Eric, vous êtes rouge et ce soir, vous êtes le premier à aller voter.
Marilyn, c'est à vous.
Mélanie, à vous.
Je vote Patrick ce soir parce qu'il prend un peu trop les gens de haut pour
moi.
Simon, allez-y.
Jade, à vous.
Mélanie, je vote contre toi car tu n'es pas assez concentrée lors des épreuves
décisives.
Kevin, allez voter.
Et enfin, c'est à vous Patrick.
Eric, je vote contre toi, juste pour te rappeler que tu dois être à 100% rouge.
Voilà. Vous avez tous voté. Je vais chercher l'urne et je procède tout de
suite au dépouillement.
Eric.
Mélanie.
Patrick.
Mélanie.
Mélanie.
Trois votes contre vous Mélanie, un contre vous Patrick et un contre vous
Eric. Il reste deux bulletins.
Mélanie.
Mélanie. Mélanie, je vais vous demander de prendre votre sac, d'aller chercher
votre flambeau et de venir me rejoindre.
Mélanie, ils ont décidé de vous éliminer et leur sentence est irrévocable.
Alors, déjà, je voulais vous dire que j'avais envie de continuer l'aventure
jusqu'au bout.
Ça ne se fait pas, tant pis pour moi.
Je voulais aussi ajouter qu'il y a quand même un petit peu de mauvaise foi sur
cette île, déjà en ce qui concerne l'arrivée d'Éric.
Ça n'a pas été aussi bien perçu par tout le monde.
Je pense qu'il y a eu l'arrivée d'un nouveau coq dans le poulailler, ce qui
fait peur à certaines personnes.
Donc, à plus.
Mélanie s'en va, très remontée par l'attitude de ses camarades. La jeune
coiffeuse se sent trahie.
J'ai oublié de dire aussi à Patrick qu'il arrête de parler aux gens comme à
de la merde, comme à des chiens. Parce que ça, je ne supporte pas non plus.
Quand on dit vraiment les choses, il n'y en a pas beaucoup qui suivent. Je m'y
attendais un petit peu. Je vote contre toi ce soir, à contre-coeur. Même si tu
es un peu déçu, il y a cinq minutes là. Ce n'est pas très sympa pour Jadad,
simplement parce que dans les épreuves, tu ne nous aides pas beaucoup.
Je vote pour toi, Mélanie, parce que je pense que ce soir, on est tous les deux
dans la balance.
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