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...
Musique douce
Conversations inaudibles
-Madame toute seule n'a pas d'enfant
-Bonsoir !
-Catherine !
Je te présente Ingrid.
-BONSOIR.
-J'aimerais pas qu'on me fasse ça. Mais personne n'y pense.
-Merci, je vais me servir.
Toi, tu es superbe.
-Maman !
Allô ?
Attends. J'entends rien du tout.
Chut ! Il va arriver. Parlez moins fort.
Je te prends là-haut.
Oui. Là, je t'entends mieux.
Tu es où, là ?
Mais...
Ah bon ?
Tu peux pas en prendre un autre ?
Mmh...
Bon.
Moi aussi.
Brouhaha des invités
...
La surprise, c'est Bernard. Il a raté son avion à Zurich.
-OH !
-Tant pis pour lui. On va commencer.
-Facile !
L'homme éteint le rasoir.
-Tu es rentré ?
-Ben oui, mais... moi-même, j'avais oublié.
J'ai vu les cadeaux. C'est vraiment gentil.
Je t'emmène dîner où, pour me faire pardonner ?
Thierry et sa fiancée.
Oh...
Vraiment, je regrette. Ça a pas dû être drôle.
-On s'est passés de toi. On a bu.
Vibreur de portable
*-Vous avez deux nouveaux messages.
Hier, à 17h47.
*-C'est Richard Dumont. Vous pouvez me rappeler ?
C'est assez urgent, merci.
*-Aujourd'hui, à 9h02.
Je suis à l'aéroport. J'ai mon avion dans une heure.
Tu vas me manquer.
On baisait bien, ensemble.
Je t'embrasse.
*-Fin des nouveaux messages.
Pour écouter les messages archivés, tapez 1.
Elle raccroche.
Musique dramatique
...
Rires
...
Conversations inaudibles
...
-Que veux-tu ? C'est vrai que je l'ai trouvée ennuyeuse.
-On l'a vue une heure. C'est difficile de juger.
-Ah ben tant mieux.
J'ai mal au crâne, moi.
Aspirine.
-Il y avait plusieurs messages.
-Je sais pas. J'ai pas écouté.
-Je les ai pas effacés.
Une femme te dit au revoir.
C'est avec elle que tu étais, hier soir ?
-Non.
-Écoute son message. Tu verras, c'est clair.
-T'écoutes mes messages, maintenant ?
-T'as passé la nuit avec elle ?
-Non.
-Alors t'étais où ?
Un peu folle. C'est personne.
-Ça dure depuis longtemps ?
-Ça ne compte pas.
-Mais qu'est-ce que tu racontes ?
-Catherine, ça ne vaut pas la peine.
-Ça n'a aucun intérêt. Ne parle de rien.
Souvent, non.
Mais de temps en temps, ça m'arrive. C'est banal. Donc je t'en parle pas.
-C'est pour ça, tu crois ?
-Je comprends que ça te blesse.
-T'as raison. Peut-être qu'on ne se parle pas assez.
Tu ne parles jamais de toi.
Alors, on s'est éloignés.
-Toi, tu t'es éloigné. Ne décide pas pour moi.
-On ne fait plus l'amour, on ne se touche plus, ou si peu.
Je sais pas si c'est ta faute ou la mienne.
Peut-être que c'est inévitable.
Et qu'un jour, c'est mort.
Enfin, j'espère que non.
-Et avec ces femmes, comment ça se passe ?
Qu'est-ce que tu aimes ? Au fond, j'en sais rien.
Qu'on partage quelque chose.
-Mais enfin, de quoi tu parles ?
-Je peux aussi te quitter tout de suite.
-Catherine !
Musique douce
...
Brouhaha
...
Elle sonne.
Musique électronique
...
-Je peux vous aider ? Vous savez qu'ici, c'est privé ?
-Je veux bien un whisky, s'il vous plaît.
-Asseyez-vous là.
Le whisky, Perrier ?
-Non. Sec.
Musique électronique
Conversations
-Tu m'énerves. Et alors ?
-Tu me donnes un peu d'eau ? Il fait chaud.
-C'est très calme, ce soir.
-Oui. Ça commence.
...
Voilà. C'est bien.
-Il y a pas beaucoup de monde.
Vous m'offrez un verre ?
-Si vous voulez.
-Ça va ? Pas trop dépaysée ?
-Ça va.
-C'est quoi, votre parfum ?
-Jicky.
-Ça vous va bien.
Moi, j'en change tout le temps.
Vous êtes entrée par hasard ?
-Non. Pas vraiment.
Enfin, une femme comme vous.
-J'imagine.
-Les couples, on en voit, mais une femme seule...
...
Peut-être que...
vous pouvez m'aider.
-Oui. Pourquoi pas ?
Dites-moi.
Des filles font pas les femmes. Moi, si.
-Ce n'est pas pour moi.
-C'est pour qui, alors ?
-Il me semble que...
vous pourriez plaire à mon mari.
-Vous choisissez pour lui ?
Il peut pas venir lui-même ?
-Non.
-Pourquoi ?
Il est handicapé ?
Vous voulez à trois ?
-Non. Il est pas au courant.
...
Conversations et télé
...
Un café, s'il vous plaît.
Il s'appelle Bernard.
Il est souvent près du comptoir. Il prend un café le matin.
Comment je peux vous le décrire...
Il aura probablement une écharpe bleue, un manteau sombre
et deux-trois journaux.
Il est grand, châtain, costaud.
On peut dire qu'il est assez beau.
Brouhaha
...
-Excusez-moi. Je peux avoir du feu ?
-Oui, bien sûr.
...
Musique électronique
-Je lui ai demandé du feu.
Puis je suis allée me rasseoir.
Il faisait semblant de lire, mais quand il s'est levé,
il est venu me parler.
-Il vous a dit quoi ?
-Les choses habituelles, si je venais là souvent.
Je lui ai parlé des cours de langue.
Il m'a dit qu'il avait un rendez-vous.
Et il m'a demandé mon nom.
Je lui ai pas dit.
-Il faudrait un autre nom. Je sais pas si Marlène...
C'est votre prénom ?
Vous pourriez vous appeler...
Nathalie.
Oui, Nathalie.
-Qu'est-ce qu'il aime, votre mari ?
Qu'est-ce qui lui plaît ?
Il a forcément ses trucs à lui.
-Entre nous, ça a toujours été assez...
classique.
Sans doute qu'il aimerait être surpris.
Comment il vous a regardée ?
-Il a accroché très vite.
Vous avez bien choisi.
-Vous pouvez vérifier.
-Non. Ça va.
-Ah non ! Je vais vous raccompagner.
Ce dîner était fait pour réunir nos deux solitudes.
Mais ça ne nous engage à rien, bien entendu.
Je vous en prie.
Au revoir.
Il te lâchait plus, François.
-Je l'ai fait parler de ses amours.
-Ça devait être accablant.
-Il va à l'aventure. Pourquoi pas ?
-Non. Il va pas à l'aventure, il paie.
Il a peur. Il fuit. Il a peur d'une vraie relation.
-Et toi, ça t'arrive, de coucher avec des putes ?
-Pourquoi tu me demandes ça ?
-Tu peux me dire.
-Non. C'est vraiment pas mon truc.
-Pourquoi ?
-Je trouve ça glacial.
-Ta journée s'est bien passée ?
-Euh... Non, non.
J'avais un truc important et j'ai été mauvais.
La gueule du type ne me revenait pas et j'ai bâclé.
Résultat, c'était long.
Gryner paraissait consterné.
Et toi ?
-Je suis rentrée tôt. J'ai marché.
J'ai acheté des chaussures. C'est cher.
...
Maman ?
*Musique classique
...
-Tu pourrais te lever.
-Debout, couchée, ça change quoi ?
...
Non ! Pitié !
-Il est midi. Il fait beau.
Demande à Mme Mora de mettre de l'ordre dans ta chambre !
-Elle a volé des serviettes. Je peux rien dire.
C'est toi qui dois la ficher à la porte, puisque tu la paies.
Et puis elle est moche !
C'est pas une bombe.
Il m'a appelée, ton mari. Charmant !
Pourquoi on ne se voit plus ?
-Tu ne veux plus sortir.
-Ou alors, tu fais barrage.
-Il est très occupé. Il voyage beaucoup.
-Il est drôle ! En deux phrases, il m'a fait rire.
T'en as, de la chance. C'est un bel homme.
Peut-être que tout te paraît acquis.
-Ah oui. C'est emmerdant. Mais c'est pas extraordinaire.
Brouhaha
...
Musique dramatique
...
-Un Coca, s'il vous plaît.
On s'est revus.
Il était là, à la même place,
avec son café, ses journaux.
Il m'a donné rendez-vous à l'heure du déjeuner.
Il m'a offert un verre.
Il y avait du monde.
Il m'a proposé d'aller dans un autre endroit.
On s'est retrouvés à l'hôtel.
-Dans un bar d'hôtel ?
-Non. Dans une chambre.
-Comment ça, dans une chambre ?
-Oui. Ça s'est fait comme ça. Il en avait envie.
-Vous avez couché avec lui ?
-Oui.
-C'est pas ça ! C'est pas ça, ce que je vous avais demandé !
-Il fallait que je fasse quoi ?
Comme s'il baisait pas depuis 10 ans.
-Vous m'avez mal comprise.
On était d'accord.
Vous êtes une fille normale. Vous vous appelez Nathalie.
-Elle couche quand, Nathalie ? Je comprends pas ce que vous voulez.
-Excusez-moi. Je me suis trompée.
La porte s'ouvre.
-Dépêche-toi. On va être en retard.
...
Ça va pas ?
-Tu m'en veux ?
qu'on dit, qu'on voudrait pas dire.
Musique douce
-Je rentrerai pas tard.
...
Musique électronique
Conversations
-Je te quitte, mais je vais revenir.
Quelqu'un monte.
-Ça va.
-L'hôtel, la chambre, comment ça s'est passé ?
-Venez.
C'est là qu'on se change.
Que je me souvienne bien.
C'était une belle chambre.
Dans les tons un peu rouges.
Au début, il y avait un malaise. Peut-être, car ça allait vite.
On a pris un verre au minibar.
Je parlais pas.
Lui non plus. Je savais qu'il avait envie de moi.
Sa façon de me regarder.
Il a regardé mes seins. Je me suis cambrée un peu.
Il a compris que j'avais envie de lui plaire.
J'ai dégrafé mon chemisier
et je me suis recoiffée, comme si je savais pas qu'il allait s'ouvrir.
Il s'est avancé vers moi.
J'ai senti son souffle.
Je crois qu'il était déjà très excité.
Et puis il m'a empoigné la nuque.
Il m'a demandé de me déshabiller, de m'allonger sur le lit,
de fermer les yeux.
Il a éteint.
Sauf les lumières de la salle de bains.
Il s'est déshabillé.
Je le voyais pas, mais je savais qu'il me quittait pas des yeux.
Il est venu sur moi.
J'ai senti sa bouche sur mon cou,
sa langue sur mes seins.
Et puis là.
Je continue ?
-Oui.
-Il voulait me prendre, mais c'était un peu rapide.
Je me suis levée. J'ai repris un verre.
J'avais soif.
Il m'a suivie.
Il s'est collé à moi par-derrière.
J'ai commencé à bouger les fesses.
Il a pris sa queue dans sa main et il me caressait.
Il m'a demandé si j'aimais ça.
Il voulait m'entendre le dire.
Je lui ai donné une capote
et il m'a pénétrée.
Il bougeait peu. Il avait peur de venir trop vite.
Il s'est retiré d'un coup.
Il a voulu qu'on retourne sur le lit.
Là, je l'ai branlé, lentement,
en faisant attention, pour pas qu'il jouisse.
Et puis je suis montée sur lui
et j'ai laissé ma tête partir en arrière.
Souvent, les hommes aiment pas qu'on les regarde.
Ils se branchent sur ce qui les excite.
-Combien de temps ça a duré ?
-Je sais plus.
Assez longtemps.
Quand il a joui, il s'est empêché de crier. Il a aimé, je crois.
-Et vous, qu'est-ce que ça vous a fait ?
-Qu'il sache pas que vous étiez dans le coup,
ça m'a fait un truc.
Sinon, rien.
Avec un client, c'est le blanc total.
-Il s'en est aperçu ?
-J'ai fait semblant. C'est mon métier.
Bon, il faut que j'y aille.
...
Téléphone au loin
...
Oui, bonjour ?
Propos inaudibles de la secrétaire
...
-Je vous en prie.
Musique douce
...
...
L'eau arrête de couler.
Chez moi, c'est pas possible, et chez vous...
Il est arrivé un peu en retard.
Il avait pas déjeuné.
-C'est lui qui a commandé ça ?
Vous en voulez une goutte ?
-Il est bon, non ?
Asseyez-vous.
Cette fois, il m'a déshabillée, mais pas complètement.
Je me suis éloignée et j'ai marché vers lui en le regardant.
J'ai commencé à me caresser le bout des seins.
Il s'est approché pour mieux voir.
Puis il les a léchés, mordus, juste un peu.
Il a mis ses doigts dans ma bouche.
Il a de belles mains, une belle peau.
Elle est douce.
J'ai pris sa main, je l'ai mise entre mes cuisses.
Il l'a glissée dans ma culotte pour faire entrer ses doigts.
C'était brutal, mais il savait s'y prendre.
J'ai serré mes jambes.
Ça lui a plu, de sentir que je lui résistais.
Il m'a pénétrée.
Ça a duré un long moment, comme ça.
Et puis il a joui.
Cette fois-ci, sans se retenir de crier.
Il voulait pas que je parte.
-Il n'est pas retourné au bureau ?
-Pas tout de suite.
Il était fatigué. Il s'est endormi un peu.
J'ai attendu que sa respiration soit régulière.
J'avais une crème dans mon sac.
J'en ai mis dans ma paume.
Cette odeur, là.
Musique douce
...
J'ai caressé sa queue avec.
Je m'en suis mis sur le ventre.
Quand j'ai senti qu'il allait jouir, je l'ai enjambé et baisé.
Je l'ai embrassé, en l'effleurant seulement.
Je pensais que ça vous plairait.
Après, on a fumé une cigarette.
Il me tenait la main. Il la serrait, doucement.
J'avais d'autres rendez-vous. J'ai voulu me lever.
Il m'a dit : "Non. Pars pas."
Je me suis dit que Nathalie serait restée.
-Vous la voyez comme ça ?
Il ment comme il respire.
Il faudrait pas qu'il vous largue.
-Je crois pas, non.
-Ça doit pas être mal, de vivre à l'hôtel.
Il vous a parlé de moi ?
-Il m'a dit qu'il aimait beaucoup sa femme.
-Oui. Il paraît qu'il m'aime beaucoup.
Il y a longtemps que vous faites ce métier ?
-Je compte pas.
-Et combien de jours par semaine ?
-En principe, quatre. Mais si je veux, plus.
Musique douce
...
-Mmh ! Tu sens bon.
C'est quoi, cette odeur ?
-Ça te plaît ? Je l'ai achetée aujourd'hui.
Arrête. Je suis morte.
...
-Elle est là. On y va ?
-Oui.
-Salut.
-Tu sais pas ce que j'ai fait, en parlant de pétasse ?
La bonne femme, elle voulait des taches de rousseur.
-Attends ! La semaine dernière,
elle est venue : maquillage Marilyn Monroe.
Les lèvres, elle a dû m'aider, j'y arrivais pas.
Musique sensuelle
...
-Vous l'avez vu ?
*-Oui, mais j'ai failli pas y aller.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
*-J'avais un problème de fille.
Il a quand même voulu aller à l'hôtel.
J'ai dit que je voulais pas me déshabiller,
qu'il pouvait me caresser sous ma robe.
*Il voulait qu'on jouisse ensemble, ou rien.
Du coup, il m'a posé des questions sur ma vie.
J'ai brodé.
Il a parlé de lui, aussi.
Et de vous.
Il a l'impression que vous êtes ailleurs, en ce moment.
Je me suis demandé...
Je sais pas s'il savait, s'il est violent,
*comment il pourrait réagir.
Allô ?
-Je suis là.
-C'était qui ?
Ta mère ?
Mystère !
Ça va ?
Mange. Pour une fois qu'on est tous les trois ensemble.
...
-Il était comment ? À l'aise ?
-Oui.
Il a salué de loin des gens qu'il connaissait.
-À quoi ils ressemblaient ?
-Un couple.
-Mais la femme était jeune, vieille ?
-Comme vous.
Ça l'a un peu perturbé de les avoir vus.
J'avais cette robe-là.
Ma bretelle arrêtait pas de tomber.
Une fois, il l'a remise, en caressant mon épaule.
Sous la table, j'ai fait remonter sa main le long de ma cuisse.
J'avais pas de culotte. Il l'a vu.
Il a hésité, mais il a pas osé.
Et tout d'un coup, ça m'a pris, comme ça.
Je lui ai dit que je descendais aux toilettes
et qu'il devait me rejoindre.
J'ai attendu dans les toilettes des femmes, la porte entrouverte.
J'étais pas sûre qu'il vienne.
Mais au moment où j'allais remonter,
il est arrivé.
On est entrés dans une cabine.
Il m'a plaquée contre le mur et m'a embrassé le cou.
Et il m'a écarté les cuisses.
Une femme a essayé d'entrer. Il a plaqué la porte avec sa main.
On s'est fait tirer du restaurant comme des voleurs.
-Alors, tout ça pour rien.
-Non.
On a marché dans la rue.
Il me regardait comme s'il voulait demander quelque chose,
mais qu'il n'y arrivait pas.
Je sentais qu'il était toujours très excité.
On est entrés sous une porte cochère.
Il y avait une cour.
Un petit escalier de service. Je me suis assise.
Il est resté là.
Sans bouger, sans me toucher.
J'ai enlevé ma robe. Là, j'étais complètement nue.
Quelqu'un aurait pu arriver. On s'en foutait.
J'ai monté l'escalier. Il m'a suivie.
On entendait des voix qui venaient des chambres de bonne.
Au dernier palier, je me suis collée contre une fenêtre.
Il m'a prise.
Il m'a baisée.
C'était fort.
Et puis...
il s'est passé quelque chose.
Elle aussi, elle a joui. Nathalie.
-Nathalie ou vous ?
-Moi, dans le travail, ça m'arrive jamais.
-Mais là, vous avez eu du plaisir.
-C'est votre faute.
(-Oui.)
-Vous l'aimez encore ?
-J'en sais rien.
Musique mélancolique
...
Quelqu'un approche.
...
-Vos premières règles, c'était à...
-14 ans.
Classique.
-Vous ne protégez pas
vos rapports sexuels ?
-Je l'ai jamais fait.
-Je vous écoute.
-J'ai essayé une fois.
C'était une catastrophe. J'ai pas pu aller au bout.
J'ai ressenti une douleur forte, alors, j'ai paniqué.
Je me demande si je suis faite comme tout le monde.
-Qu'est-ce que vous faites là ?
-J'ai vu la plaque. J'ai hésité et je suis montée.
J'ai eu tort ?
-Non.
Je vais me changer.
-Des filles comme moi
-Nous, on se connaît trop.
-Mais ici, je le sens pas trop.
-Commencez toujours.
-Bon.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il m'a dit de me mettre par terre, à quatre pattes.
Il m'a écarté les fesses. Il a craché.
Il m'a dit : "J'ai envie de ton cul.
J'ai envie de te prendre." J'ai laissé faire...
-Ça va. Stop.
-Ça vous choque ?
Vous vouliez les détails.
-Il parle comme ça ? Je le vois pas dire ça. C'est ringard.
-J'y peux rien.
-Vous débitez tout ça, comme ça.
Ça fait pute.
-Pute ? C'est quoi, le problème ?
Vous savez pas ce qu'ils disent.
-C'est pas un client comme les autres.
-Vous non plus.
-Vous avez pas bandé.
-Attendez. Je sais que c'est votre gagne-pain,
mais vos trucs pour exciter les mecs,
si vous croyez que tout le monde aime ça...
C'est mieux si vous partez.
-Trouvez-vous quelqu'un d'autre.
-Je me suis remis à l'immobilier, qui est ma spécialité.
Je vous accorde que l'endroit est encore nu,
mais le potentiel est formidable.
Je ne vous ai pas invités par hasard.
Je cherche des fonds.
Vous avez remarqué...
(-Vous êtes magnifique.)
-Ma femme.
-Appelez-moi, hein ?
-Marianne ?
-Si des personnes sont intéressées...
-C'est une fille très brillante. Elle a travaillé pour nous.
Non. Il se trouve que non.
Il est très beau, cet endroit. J'ignore ce qu'il va faire.
Viens, François. Je peux pas rester.
-Merci à toi.
-Bon, d'accord.
Bien ! Bon, au revoir, chérie.
À demain.
Ah ! Comment allez-vous ?
Il se déplace beaucoup, hein ?
Oh, pardon. Ça me regarde pas.
Chanson douce
...
-Une coupe de champagne, s'il vous plaît.
Merci.
...
Rock doux
-Vous aimez
-Je connais pas.
-Le chanteur s'est pendu et...
avant, ce groupe, Joy Division,
s'appelait Warsaw.
Et maintenant, il s'appelle New Order.
Il est connu mondialement.
Ce sont des amis à moi, d'ailleurs.
Quelque chose ne va pas ?
-Finalement, je préfère rentrer. Où je peux trouver un taxi ?
-On a le temps. Viens boire un verre chez moi.
...
-Ouvrez les yeux.
Oui, c'est bien.
-J'ai eu du mal à vous trouver. J'ai tourné en rond.
Ça me déplaît pas.
J'ai eu mon diplôme.
Il faut que je pense à l'avenir.
Des filles ont la vocation. C'est pas mon cas.
Enfin, j'en suis pas là.
J'ai eu votre message.
Vous vouliez me dire quoi ?
-Que j'avais couché avec un type.
Un type pas mal.
Assez brutal.
-Non. J'étais saoule.
-J'ai réfléchi.
On peut pas s'arrêter là.
-Ah bon ? Je croyais qu'on avait fait le tour.
-Pas moi.
-Je l'ai revu.
J'en avais envie. Je pensais pas vous revoir.
On a seulement parlé. Ça allait pas fort.
Je venais d'être virée de mon appartement.
Il a été gentil. Il m'a écoutée. Ça m'a fait du bien.
-Il a fait semblant.
-Non. Pas semblant.
-Et là, vous dormez où ?
-Il m'a proposé de me louer quelque chose.
Ça me gênerait, vis-à-vis de vous.
-L'appartement est très bien distribué.
Ce côté-ci donne plein sud.
Il y a beaucoup de rangements.
Allô ? Oui, un instant.
Je vous laisse regarder. J'attends dehors.
Allô. C'est pas le moment, je suis en visite.
-Ça vous plaît ?
-Oui.
Vous seriez allée où ? À l'hôtel ?
-J'ai l'habitude.
J'en ai même tenu un. Aux Antilles, à Saint-Barth.
Un petit hôtel.
C'est là que j'ai recommencé. Rechute.
-Ne le voyez pas pendant quelque temps.
Dites-lui que vous allez voir de la famille.
Rappelez-le dans quelques jours.
-Pourquoi ?
Vous voulez quoi ?
-Qu'il attende.
Il faut le frustrer, ne pas venir à certains rendez-vous.
-J'aurai plus rien à vous raconter.
Conversations
-Ton client est là depuis une demi-heure !
-Fais-le patienter. Désolée.
-Elle descend tout de suite.
"Kidda", Natasha Atlas
...
-Ah, tu es là ?
-Une crise chez ta mère.
-Quelle barbe !
T'as l'air fatigué.
-Un peu, oui. C'est vrai.
-Dis-moi.
-Non, rien.
Je dors pas bien, en ce moment.
-Vous prendrez du vin ?
-Je savais pas que tu aimais.
Tu veux pas qu'on parte quelques jours ?
Toi, tu peux ?
-Écoute, c'est pas très facile. J'ai beaucoup de travail.
Je croyais que tu ne pouvais pas quitter Paris.
-Mais justement, j'ai envie de partir.
-Là, non. Je pourrai pas.
Tu es déçu ?
-Oui, je suis déçu. Très déçu.
-Je ne comprends pas. Qu'est-ce que tu veux fuir ?
-Je veux rien fuir du tout.
Le serveur sert le vin.
Bien.
(Très mauvais.)
Musique classique
...
-Tu te sens si mal que ça, ici ?
-Non. Tu es adorable.
Mais que veux-tu ? Je m'emmerde !
Pardon. Excuse-moi.
Ça me gratte ! J'ai peut-être des poux.
-Il est 18h. Je t'emmène chez le coiffeur.
-Ah non ! J'irai pas chez le coiffeur.
...
Allô ?
Ah, bonjour.
Dites-lui que vous ne vous sentez pas bien,
que vous rappellerez demain.
Vous n'avez pas d'excuse à lui donner.
Là, je suis chez ma mère.
Non, pas très bien.
Non, rien. Une histoire de cheveux.
Ma mère.
-Elle travaille dans un institut.
-Je vois rien, mais on va faire une petite application.
S'il y a des lentes, ça les détruira.
Ensuite, je vous reprendrai les longueurs.
Je mettrai des rouleaux, je sécherai, et on verra plus rien.
-Je vous fais confiance. J'ai pas le choix.
Vous vous connaissez comment ?
-On travaille dans le même quartier.
-Vous êtes voisines, alors !
Vous connaissez Bernard ?
Pourquoi tu ris comme une bécasse ? J'ai dit quoi ?
Un petit air galvaudé
Dans les rues de l'été
Toi, tu n'oublieras jamais
Une rue, un été
Une fille qui fredonnait
La, la, la, la, tout rêve
Rime avec "s'achève" Le tien ne rime à rien
Fini avant qu'il commence
Le temps d'une danse L'espace d'un refrain
-C'est beau.
-J'aimais bien cette chanson.
Aujourd'hui, je suis comme du bois sec.
Catherine acquiesce.
-Revenez me voir.
-Elle est bien, cette photo.
-J'avais 17 ans.
-Je vous préfère maintenant.
Quelqu'un frappe.
La porte grince.
-Vous ne voulez rien ?
-Vous pouvez me filer mes clopes ?
Merci.
Vous en voulez ?
-Trop grand.
-Vous emmeniez des mecs ?
-C'est arrivé.
Il y avait un bar, près du lycée.
Il y en a eu quelques-uns. Pas tellement.
-Et alors ?
-Il paraît que j'étais un bon coup.
On oublie.
-Il y en a pas un qui a compté plus que les autres ?
-Si. Un.
C'était très fort. C'est moi qui ai arrêté.
J'y ai pensé pendant des années.
Même quand c'était bien avec Bernard.
-Parce que c'était bien ?
-Oui.
Musique mélancolique
...
Bon. Il est tard.
...
Brouhaha
-Un café et un demi !
-Un café.
...
...
-Pourquoi ? Tu as vu qui ?
-Ah, ben personne en particulier.
Là.
Pardon.
-Pardon.
-Oui. C'était très agréable.
On s'est jamais parlé comme ça.
À la fin, la petite est venue, adorable, détendue.
Pourquoi tu voulais voir cette pièce ?
Je me sens pas bien. Je vais rentrer.
Pardon.
Une femme fredonne, puis rit.
...
Musique électronique
Conversations
-Amusez-vous bien.
-J'adore les bulles. Ça me réchauffe instantanément.
-Tant mieux. Avec ce temps, j'ai attrapé froid.
-Ah oui. On est du Sud, nous.
-Moi aussi ! J'ai travaillé à Cannes.
-À Cannes ? On a un magasin à Nice, mais je suis originaire de Cannes.
C'est ma ville. J'y ai fait mes études. Vous y étiez quand ?
-Il y a 5 ou 6 ans, je sais plus.
-Nous faisons le salon du prêt-à-porter.
Nous sommes à Paris pour ça.
Il faut pas la déranger. Vous buvez ?
-Non, ça va.
Musique sensuelle
...
La télé est allumée.
-Ça va mieux ?
...
Elle acquiesce.
-Comment était la pièce ?
-Eh bien, écoute, pas mal. Pas mal du tout.
La fin un peu longue, mais bien.
...
Mais...
pourquoi tu regardes cette bouillie ?
Musique classique
...
-Il est venu sur moi.
Il voulait jouir sur mon visage.
...
Je me suis demandé si ça vous aurait plu.
J'ai hésité.
J'ai dit oui, mais... timidement.
Comme si c'était la première fois.
Il s'est mis au-dessus de moi. Il s'est branlé.
J'en ai eu sur tout le visage.
C'était chaud.
Puis il est parti.
Je suis restée seule, nue, allongée, dans la chambre.
J'ai dû dormir un moment. J'ai bu. J'avais soif.
J'ai eu envie de vous appeler, et puis...
Je me suis levée. La fenêtre était ouverte.
J'ai regardé dehors.
Il y avait un peu de pluie, mais pas froide.
J'avais pas envie de m'en aller.
...
-Je vais à Londres. Je te l'avais dit, mais c'était pas sûr.
Je rentrerai demain matin ou demain soir.
T'as pas vu mon pull-over noir ?
Merci.
-Il y a ton passeport, là.
...
Des pas s'approchent.
-Il y a Marie qui est là.
On pouvait pas aller chez elle. Elle a perdu ses clés.
-Je te rappellerai plus tard.
Bon, d'accord.
La télé est allumée.
...
-J'arrive.
...
-Vous recevez des clients ici ?
-Des clients, pas vraiment. Plutôt des copains.
-Des copains, mais... pas Bernard ?
-Non. Pas lui.
Je me suis dit que ça vous plairait pas.
-Pour les autres aussi, je préfère que ça soit ailleurs.
-D'accord.
-Devant moi, il paraît calme.
Je sais pas ce qu'il a en tête.
-Quand je lui ai dit, pour l'appart, il pensait que c'était un autre.
Je pouvais pas lui dire que c'était vous.
-Le pauvre...
-Il était jaloux.
D'un côté, ça m'a fait plaisir.
-Ça vous a flattée ?
-Pas seulement.
-La jalousie, chez les hommes, c'est un réflexe.
-Il vous a déshabillée.
Il a bandé. Vous l'avez sucé. Il vous a baisée.
-Ben non. Il y arrivait pas.
J'ai compris qu'il fallait pas insister.
Ça m'a touchée.
-Comment ça ?
-Il m'a dit qu'il voulait plus profiter de moi.
-Maintenant, il vous respecte ?
-En tout cas, il veut vivre avec moi.
-Il a pas pu vous dire ça !
-Pourquoi ?
-Quand il saura qui vous êtes...
-Dites-lui, on verra bien.
-À poil, à l'hôtel, ça va, ça fait la blague.
à part qu'on n'y baise plus ? J'y peux rien !
-Mais je m'en fous, de lui, maintenant !
-C'est pas vrai. Sinon, vous l'auriez quitté.
Musique électronique
On se voit tout à l'heure.
Il y a une table, là-bas.
Je vous commande une coupe ?
Salut, Djamel !
Deux coupes ?
-Fais pas la gueule !
-Les mecs, quand ils sont ensemble...
Ça va ?
-Vous connaissez tout le monde.
-Je viens après le travail. Sympa, non ?
Merci.
-Après, on va ailleurs. On va danser.
C'est bien !
Musique électronique
...
Adorable ! C'est d'un goût !
...
Oui, j'aime bien ça.
-J'avais même pas vu le type. Mais vous, vous l'avez regardé...
-Comme je trouvais que vous aviez été assez vache avec lui...
C'est quoi, ça ?
C'est bizarre, non ?
Hou !
Soupir de plaisir
Il avait une odeur, non, cet homme ? Il sentait la jonquille.
C'est très jaune, la jonquille, non ?
Je me demande si on peut faire un parfum à base de jonquille.
Taxi.
La dernière fois que j'ai pris un taxi, il y avait du jazz.
Bonjour, monsieur.
Chanson sensuelle
...
-J'ai pas envie de rentrer.
...
-Je vais vous déposer.
...
Musique douce
...
T'as perdu ta brosse ?
-Allez, bonne journée.
...
J'étais inquiet.
T'aurais pu me le dire.
Je savais pas où appeler.
-Pardon.
T'étais vraiment inquiet ?
-Très.
Ça t'étonne ?
-Je te croyais plus blindé que ça.
-T'as rencontré quelqu'un ?
-On peut dire ça comme ça.
-Il y a longtemps ?
-Quelques semaines.
-Eh oui.
Oui, je me doutais bien.
Et c'est qui ?
-Je croyais que ça t'arrangerait.
-Je sais pas de quoi tu parles.
-Mais arrête de mentir tout le temps !
-Mais je le sais.
-Mais tu sais quoi ?
Si tu le sais, dis-le-moi.
Regarde-moi.
Je ne te comprends pas, Catherine.
Qu'est-ce que je t'ai fait ?
Tu peux tout me dire, tu sais.
-Il doit y avoir un ascendant très fort.
On se reprend une bouteille ?
-Est-ce que tu es rasée ?
-Mmh...
Musique électronique
Excuse-moi. Je reviens. Tu m'attends ?
On n'a pas RDV.
-Il veut me quitter.
Vous aviez raison. Il veut me quitter.
Pas clairement, mais je le sens.
Il est très distant. Très froid.
Il me parle peu.
Il ne ment même plus sur son emploi du temps.
-Peut-être que vous vous trompez.
-Je crois pas, non.
-Parce que finalement, vous ne vous êtes pas parlé.
-Non.
-Marlène, le client t'attend.
-Oui.
-On se voit tout à l'heure, à l'hôtel ?
Musique sensuelle
...
Musique mélancolique
...
-C'est beau, ici.
Je sais toujours pas ce que tu veux me dire.
-Si je te le disais, tu m'en voudrais.
-Non. Je peux comprendre.
Peut-être que j'ai gâché quelque chose ?
Tu m'écoutes ?
-Oui.
-Il y a pas d'autre homme. Sinon, tu me l'aurais dit.
Mais... à chaque fois que je dis ou que je fais quelque chose,
je sais pas, ça... Ça passe plus. Tu m'en veux.
Ça peut pas s'arrêter comme ça.
-Pourquoi pas ?
-Parce que je t'aime.
...
Qui c'est, cette fille ?
-Je sais pas.
Musique douce
...
-Je vais partir d'ici.
J'attendais que vous veniez.
Il m'a pas regardée. Il m'a donné du feu. C'est tout.
Il m'a pas remarquée. Vous avez pas les mêmes goûts.
Je vous ai volée.
-Oui, vous m'avez menti.
Vous m'avez volée.
Pourquoi vous avez fait ça ?
-C'était une occasion. J'en avais jamais eu.
Pas être obligée d'y aller.
Et puis vous... vous vouliez que ça arrive.
-Alors, c'est moi qui ai tout inventé ?
-Si j'avais dit la vérité, on se serait plus vues.
-C'est facile, de dire ça.
-Maintenant, vous me croirez plus.
...
La télé est allumée.
...
...
Musique douce
...
Et si on n'y allait pas ?
...
Sous-titrage : Boulevard des Productions
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