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- ♪ T'es mon enfant à chaque instant ♪
♪ T'es mon amour de tous les jours ♪
♪ T'es mon soleil dès mon réveil ♪
♪ T'es mon enfant jusqu'à la fin des temps ♪
[ Sonnerie de réveille-matin ]
- [Flavien]: A chaque fois, c'est la même chose:
je me réveille quelque part, nulle part...
Je ne sais pas ou je suis, qui je suis.
Autour de moi, ça n'existe pas vraiment.
Je n'existe pas.
Je suis l'ombre d'un rêve,
et ce rêve n'est même pas le mien.
M. Desmarais? - Oui.
- Flavien Juste, du journal La Nouvelle Rubrique. On s'est parlés au téléphone.
- L'ovnithologue? - Oui.
- C'est ici.
Là, j'ai fait un chemin parce que la police est venue,
hein, pis j'ai essayé de mettre ça propre.
Fait que j'ai vu de la lumière par la fenêtre.
Moi, je suis sorti, je pensais que le feu était pogné
dans le champ du voisin, M. Boudrias.
- Boudrias.
- La lumière est devenue de plus en plus forte.
Là, les 2 hernies m'ont poppé.
J'ai senti comme une brûlure dans le coup, là,
comme si on m'avait mordu, juste ici en arrière de l'oreille.
D'ailleurs, j'ai encore 2 marques, là. - Hum-hum.
- Je suis tombé à terre, pis après ça, bien...
plus rien.
Je suis arrivé à la maison, ma femme m'a sauté
dans les bras en pleurant comme une Madeleine.
- Vous étiez inquiète?
- Bien, je comprends donc. Ca faisait 8 jours qu'il était parti.
- Vous étiez ou?
- Ou c'est que vous pensez? Dans leur soucoupe.
- Vous êtes pas obligé de nous croire, t'sais.
C'est pas pour rien qu'à part le vôtre,
il y a pas un maudit journal qui a voulu me rencontrer.
- Je vous comprends.
Des fois, on pense que ça arrive à personne d'autre.
On se sent tout seul,
on est sûr qu'on est fou.
- Toi aussi, ça t'est arrivé?
- Gilles, donne-moi un peu
moins de narines parce que la grande est chromée pis on la voit pas, là.
La grande, ferme ta bouche. Mange quelque chose que t'aimes, O.K.?
La petite main, là, la petite main à gauche, là,
mets la petite main sur ta cuisse.
Petite école, j'aime ça au boutte.
[ Toc! Toc! Toc! ]
- Tu voulais me voir, Raoul?
- Ferme la porte, Flavien.
Assieds-toi.
Le monde croit plus à nos histoires, ils veulent du vrai.
Ils accusent le journal de faire des fausses photos.
- C'est un peu ça, aussi. - Bien, pas toutes.
La femme à 3 seins, tu l'as vue comme moi.
- C'est toujours bien elle qui se l'est fait greffer.
- Bien, elle a quand même 3 seins.
- Pourquoi tu m'as demandé dans ton bureau, Raoul?
- Le monde est en train de partir.
Il y a plus personne qui achète le journal.
- On fête quelque chose?
- T'es le seul qu'il me reste.
Je me demande bien pourquoi, d'ailleurs.
- Parce que je t'aime.
[ Un train siffle au loin. ]
- On a passé par toutes les étapes,
toi pis moi, hein? Les belles pis les moins belles.
J'ai jamais voulu que tu m'appelles ton père.
- Reviens pas là-dessus, c'est pas grave.
- Je suis fatigué, Flavien, fatigué de ce jeu-là!
J'aimerais ça finir en beauté,
avoir une vraie histoire.
Je veux que tu partes avec Despas
pis que t'ailles me faire une série d'articles sur un petit village ou le monde
disparaît. Ils entrent là, pis on les revoit plus jamais.
- Jamais? - Jamais! Un mystère, comme le triangle des Bermudes.
Apparemment, il y a eu des enquêtes là-bas, mais ils ont jamais rien trouvé.
- S'il y a rien... - Il se passe quelque chose!
- Quand? - Tout de suite. - Je peux pas, j'ai un article--
- L'ovni du bonhomme, je m'en occupe.
Empaille tes petits, prends Despas avec toi pis va-t'en là-bas.
Vos chambres d'hôtel sont déjà réservées, ils vous attendent.
C'est beau? - Ca a l'air.
- Envoye, va-t'en.
Flavien.
Fais attention à toi, O.K.?
- On en a-tu encore pour longtemps?
Parce que moi, il faut que j'aille chercher mes enfants à la garderie.
- Regarde, t'es payé pour faire le gorille, tu fais le gorille, O.K.?
- Hé, l'artiste, énerve-toi pas le poil du cul, O.K.?
- Plus vite Sylvie va arrêter de bouger, là, plus vite on va finir, O.K.?
- Bien oui, mais je suis pas une acrobate, tabarnac.
- Sylvie, je te demande pas d'être acrobate, bouge pas!
- Armand. - Quoi? - Faut que je te parle.
- Ca peut pas attendre, là? - Pas vraiment, non.
- Bon, O.K. On va prendre un break, là. Allez fumer une cigarette,
manger un petit beigne tranquilles, pis dans 5 min,
on finit ça, je vous le promets, O.K.?
Qu'est-ce qu'il y a?
- Le boss a une job pour nous autres.
- Je peux pas être à 2 places en même temps, je suis en train de faire son front page, là:
le mariage de l'homme gorille avec la drag queen à 3 jambes.
- Ouais, bien c'est plus important que ça.
- On serait partis combien de temps? - Indéterminé.
- Ma blonde va me tuer, moi, là.
Regarde, donne-moi une couple d'heures, le temps que je finisse ça
pis que je lui fasse des beaux yeux pour que ça passe, O.K.?
- T'es capable.
- Pas depuis qu'elle est en balloune, non.
Bien là, crisse. Arrête, là, ostie. Je vais revenir.
- T'es mieux de revenir bientôt, mon petit crisse.
[ Grincements ]
- Ouais, c'est un beau poste à gaz, ça.
- Ha! - C'est tranquille, hein?
- [Il crie]: Il y a quelqu'un?
Hello!
- Ca doit être un libre-service.
[ Forte respiration ]
- Si jamais il arrivait de quoi,
on se laisse pas tomber, hein? - Tu commences pas à croire à ces conneries-là, j'espère?
- Non. Je dis juste "si jamais il y a de quoi"...
J'ai personne dans la vie à part toi, moi.
- T'as ton vieux.
- Ouais. Mon vieux, c'est pas vraiment mon vieux,
fait que laisse faire mon vieux. - Tu serais pogné
en Afrique que j'irais te chercher, man.
Tu devrais le savoir, ça.
En plus que...
dans pas long, tu vas être parrain.
- Va donc chier. - Je t'ai pas dit ça?
- Pas dit quoi? - Ce que je viens de te dire.
- Bien non. - Bien là, je te le dis.
- Je sais pas quoi dire. - Bien, dis oui, ostie.
Envoye, ma grosse guidoune, là.
On va reprendre la route avant qu'on s'excite pis qu'on se fasse des caresses.
- Ostie, t'aimerais bien trop ça, mon cochon.
- L'argent va être sur la tank à gaz!
Merci, là!
Une chance qu'on avait de l'argent comptant,
parce qu'ils ont pas l'air de prendre la carte de crédit. - Ha!
[ La voiture démarre et s'éloigne. ]
- Qu'est-ce c'est qu'il y a, là? Pourquoi t'arrêtes?
- Tu la vois pas?
- Quoi? - La fille.
- Quelle fille?
- La mariée! - Aaah!!!
- Ah! - Aaaah!!!
- Qu'est-ce c'est que t'as?
- Rien.
[ Bruit de cannettes sur le sol ]
[ Ding! ]
- Junior, qu'est-ce que tu fais ici?
- Pardon?
- Excusez-moi, je... je vous ai pris pour quelqu'un d'autre.
- On a une réservation pour le journal La Nouvelle Rubrique.
- On se demandait si vous arriviez aujourd'hui.
Suivez-moi, je vais vous montrer vos chambres.
[ Cris et chuchotements ]
- L'autre dame, en bas, elle travaille pour vous?
- C'est Malvina, ma soeur cadette. Mais elle parle pas.
- Ah, les 2 Malvina de l'auberge?
- Non, ma petite soeur était pas encore née quand mon père a bâti l'auberge.
- Donc, il y aurait une 3e Malvina? - Oui.
- Elle est cachée ou, celle-là? - Décédée. C'était ma mère.
- Désolé. - Il y a pas de faute. Alors voici la 12 pour vous, M. Juste,
et là-bas, la 14 pour vous.
Passez une belle soirée. - Merci.
- Pas trop originale, la mère, appeler ses 2 filles comme elle.
- Ouais. Elle avait peut-être peur de se tromper.
- Comme ça, pas de jalouses. [ Rires ]
[ Porte qui ferme. ]
[ Bzzz! Bzzz! ]
[ Toc! Toc! Toc! ] - Oui!
- Drôle de place, hein? - Ouais.
- Pas sûr que j'aime le coin. - Non, moi non plus.
- T'as vu quelqu'un sur la route tout à l'heure, hein?
- Tu l'as pas vue, hein?
- Non.
De toute façon, c'est pas la 1re fois que tu vois des affaires que je vois pas.
- Je m'excuse.
- Voyons, excuse-toi pas.
C'est juste freakant quand ça t'arrive, c'est tout.
- Bien, c'était pas une hallucination.
- C'était quoi?
- Autre chose.
- Bon, t'as-tu faim, toi? J'ai faim.
- Ouais.
- Bien écoute, je vais aller prendre une couple de photos dehors en t'attendant, O.K.?
- Ouais.
[ Il ferme la porte. ]
- Chut, chut.
[ Pleurs d'une femme ]
Chut.
- Armand!
Armand!
[ La porte grince. ]
- Je peux-tu t'aider?
- Euh, oui. Oui, vous auriez pas vu
un homme entrer ici, il y a quelques minutes? - Hum-hum.
Il est reparti, par exemple.
- Est-ce qu'il avait un appareil photo avec lui?
[ Léger rire ]
- Ca me surprendrait qu'Emile prenne des photos.
A moins que ce soit nouveau.
- Est-ce que c'est fermé?
- Pourquoi ça le serait?
♪
- ♪ Je ferai des folies ♪
♪ Pour t'oublier ♪
♪ Je donnerai ma vie pour t'oublier ♪
♪ Je prendrai... ♪
- C'est-tu pour manger? - Qu'est-ce que vous avez? - Steak.
- Parfait, ça.
- Saignant? Bien cuit? - Médium.
- Pilées ou frites?
- Frites. - J'ai plus de frites.
- Pilées.
- Café? - Oui, merci.
- Coming up.
- ♪ Mais jamais je ne cesserai de t'aimer ♪
♪ Je tâcherai de ne plus... ♪
[ Le moteur tourne. ]
[ Cri étouffé ]
- Qu'est-ce c'est qu'on fait avec?
- Amène-lui. Dis-lui que c'est un cadeau pour toi.
[ Cri étouffé ]
Ostie de niaiseux. Ferme ça.
[ Crissement de pneus ]
[ Musique rock ]
- Veux-tu te battre?
- Pourquoi je voudrais me battre?
- Parce que tu cherches le trouble.
- Non, je cherche pas le trouble.
- Si tu le cherches, tu vas le trouver en ostie, mon ostie.
- [Aigu]: Ha! Ha! Ha!
[ Vrombissement du moteur et crissement des pneus ]
[ Ding! ]
- Oui?
Qu'est-ce que je peux faire pour vous?
- Ouais, vous auriez pas vu mon ami par hasard?
Il prenait des photos dehors, tout à l'heure.
- Non. Votre nom, monsieur?
- Flavien Juste, chambre 12. - Fabien?
- Flavien.
- Juste?
- C'est ça, oui.
- J'ai aucune réservation à ce nom-là, monsieur.
- Non, ça se peut pas, je suis arrivé tout à l'heure avec mon photographe.
La Nouvelle Rubrique, c'est eux autres qui ont fait la réservation.
- Je vois rien ici, monsieur.
- Bon, allez donc me chercher Malvina, là.
- Malvina? - Bien oui, les 2 Malvina:
la souriante pis la muette.
- Les Malvina sont mortes, monsieur.
- Quoi? - On a simplement gardé le nom en...
en souvenir.
- Pourquoi vous avez changé les meubles?
Elles sont ou, mes affaires? - Je sais pas, monsieur.
- Armand?
Armand!
Armand, réponds!
Il est ou?
- Je sais pas, monsieur.
Je comprends pas ce que vous dites.
[ Bruit des cannettes sur le sol ]
[ Bruit des cannettes sur le sol ]
[ Rires ]
[ Un téléphone sonne. ]
[ Téléphone ]
- Allô?
[ Cris d'une femme ]
[ Les voitures klaxonnent. ]
[ Il crie. ]
[ Les klaxons s'arrêtent. ]
[ Sonnerie ]
[ Le téléphone sonne. ]
- Allô, oui?
- Raoul, c'est moi. - Flavien?
Etes-vous arrivés au village, là?
- Oui, pis t'avais raison, il y a des affaires bizarres qui se passent ici.
J'ai perdu Armand. - Peux-tu m'envoyer un article demain matin?
- Sacrament, Raoul! Qu'est-ce c'est que tu comprends pas dans ce que je te dis?
Armand, je l'ai perdu, je le trouve plus! Appelle la police. - La police?
- Appelle la police, ostie!
- O.K., O.K. Calme-toi, je m'en occupe, là.
Toi, qu'est-ce tu vas faire, là? - Je sais pas ce que...
- Flavien? Allô? Allô?
- Salut.
[ La voiture ne démarre pas. ]
Envoye!
Câlisse!
[ Guitare au loin ]
[ Chant des oiseaux ]
[ Meuglements ]
[ Bruits d'outils ]
Il y a quelqu'un?
Bonjour.
Vous... vous êtes garagiste?
Je suis venu faire le plein hier,
j'ai mis l'argent sur...
Euh, ma voiture est en panne sur le bord de la route.
Est-ce que ce serait possible de venir la remorquer?
- [Il chuchote]: Quarante-cinq piastres.
- Pas de problème.
Pourquoi vous portez un masque?
- Pour oublier ce que t'es.
- Ca se peut pas, ma voiture était ici, là.
Il y a quelqu'un qui est venu la chercher certain.
Il y avait un gars avec un toutou,
il l'a bien vu comme moi que mon char était là.
- Quarante-cinq piastres. - Quoi?
- Quarante-cinq piastres.
- Bien non, mon char est plus là.
- Envoye! Je suis pas un taxi, moi. C'est 45$.
- Je sais pas ce qui se passe dans ce maudit village de fous là,
mais il y a quelqu'un qui est en train de rire de moi pis j'aime pas ça!
- Envoye mon argent.
- Avant, je veux savoir ce qui se passe.
- C'est 45$.
- Je veux savoir ce qui se passe!
Pis à part de ça, tu vas te le câlisser dans le cul, ton 45$, alright?!
Hé! Hé, wo, wo, wo. C'est correct, c'est correct. Wo!
- Ca va faire 45$. - Oui.
- C'est 45$.
- Faut pas capoter non plus, là.
- Il manque 5$.
- J'ai un autre 10, mais j'ai pas de change.
- Ca va faire pareil.
[ Corneilles au loin ]
- Pis moi, qu'est-ce c'est je suis supposé faire, là?
- Pédale!
- Salut.
Je sais pas si tu me reconnais, là. On s'est vus à matin.
Je voulais juste jaser de même.
- Je te vois rôder encore une fois autour d'elle
pis je t'organise le portrait.
C'est-tu clair dans ta petite tête de merde de face de raie?
- Mais je voulais juste jaser... - Crisse ton camp d'icitte.
- Bonjour.
Pour faire développer des photos dans le coin, je devrais aller ou?
- On fait pas ça ici, monsieur.
- Ha! Ha! Ha!
- Faut aller au bureau de poste pis les envoyer faire développer...
à la ville voisine.
- Pis le bureau de poste se trouve ou?
- Ha! Ha! Ha!
- Je peux t'aider?
- Oui, pour faire développer des photos.
- Pour ça, faut que je les envoie à l'extérieur
parce qu'ici, on développe pas.
- Je le sais, vous venez de me le dire.
- Ha! Ha! Ha!
- Ca prend au moins 4 à 5 jours.
- Pas vrai?
- C'est comme ça.
- Ha! Ha! Ha!
- [En chuchotant]: Raymond, Raymond, les chats sont cachés.
Faut pas le dire.
[ Téléphone qui sonne. ]
- De qu'est-ce c'est?
Il travaille pour un journal, innocent.
- Salut.
- Salut!
- Tu me reconnais? - Oui!
- Moi, je m'appelle Flavien. Toi, c'est quoi ton nom?
- Médé. - Salut, Médé. - Salut!
- Lui, c'est quoi son nom? - Raymond.
- Arrange-toi pour qu'il te les donne,
sinon tu peux oublier ta nouvelle vie
pis tu continueras à respirer avec ta pompe,
ostie d'épais.
- Ouais, il est timide, hein?
Ah non? Pourquoi il veut pas parler, d'abord?
- Raymond dit des choses que le monde veut pas entendre.
- Ah ouais? Comme quoi? - Des choses.
- Médé! Arrête de déranger les gens, là.
- Non, non, non. C'est correct. - Viens ici, là.
Viens-t'en, Médé. [ Il soupire. ]
- Salut, Médé. - Salut.
- J'ai appelé à la ville voisine pis ils peuvent vous développer les photos
en 2 jours. - Ah ouais?
Merci, je vais y penser.
Une chambre, S.V.P.
- Désirez-vous une chambre en particulier ou...?
- La 12, si c'est possible.
Ou la 14. - Voyons voir.
Va pour la 12.
[ Pleurs d'une femme ]
C'est strictement réservé aux gens de l'auberge ici, monsieur.
[ Le téléphone sonne. ]
[ Téléphone ]
- Oui. - 500, chemin Laforge.
- Allô? [ Déclic et tonalité ]
Allô? [ Tonalité ]
- [Voix aigue]: Beaux petits pitons, beaux petits pitons! Laisse-moi te pin...
Le maire veut te voir.
[ Rire aigu ]
- Flavien Juste, je présume.
- M. le maire.
- Paraîtrait-il que vous semblez vouloir demeurer chez nous.
- Ca se pourrait, oui.
- Ici, c'est un petit village paisible, monsieur.
Les gens aiment ça de même.
- Pas sûr que la police va penser la même chose.
- Ecoute-moi bien, ma petite crisse de tête de linotte.
Ca fait 30 ans que je suis maire
du village, pis s'ils me réélisent, c'est parce qu'ils ont confiance en moi.
Pis c'est pas un petit crisse de journaliste sans talent
qui cherche la gloire dans son journal bas de gamme
qui va changer quoi que ce soit à l'administration de ma communauté.
- Mon ami est quelque part ici...
pis je vais le trouver,
quitte à déterrer les morts.
- Déterre pas trop, petit crisse de chromo.
Des plans que tu te creuses un trou.
[ Rire aigu ]
Sors-moi ça d'icitte avant que je lui fasse avaler mes jointures.
Envoye, déguidine.
[ Rire aigu ]
[ Porte qui grince. ]
C'est moi. Je viens d'avoir une conversation avec votre protégé.
Tardez pas trop avec mon fils, sans ça je le passe.
[ Tonnerre ]
[ Tonnerre ]
♪
- Ha! Ha! Ha! Ha!
[ Rire d'une femme ]
♪
- Clovis, mon amour...
[ Cris d'une femme ]
[ Cris d'une femme ]
[ Pleurs d'une femme ]
[ Pleurs ]
- Tu ressembles tellement à Faussetin.
Mon bébé aussi était comme lui. On a volé mon bébé.
Mon bébé.
Toi aussi, tu la vois, la mariée, hein?
Elle me l'a dit. Elle pense que tu la connais,
elle pense que tu viens pour l'aider.
Mais va pas croire que c'est ma maman.
Non, c'est pas ma maman, c'est pas ma maman.
Non, non, non.
[ Elle chantonne. ]
- Qu'est-ce que vous faites ici?
Vous seriez mieux de monter dans votre chambre avant que Barnabé se réveille.
[ Elle chantonne. ]
- Ah...
[ Bzzz! Bzzz! ]
- Ta soeur commence à faire des siennes.
- C'est ta soeur aussi, il me semble.
- Je commence à croire que ma soeur est pas si folle que ça.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Lui aussi, il voit Mélanie.
- Mélanie, ça se peut pas, elle est morte.
Bon, j'ai du travail.
Va-t'en!
- Tiens!
La terreur du village! [ Rire aigu ]
Toujours en train de te faire passer dessus par ton fermier? - Ha! Ha! Ha!
- J'aimerais ça essayer, moi aussi. - Ha! Ha! Ha!
- Hé, Méchant! Montre, voir, qu'est-ce qu'elle cache dans son sac!
- Ouais, Tite-fille, qu'est-ce tu caches dans ton sac? - Crisse-moi donc patience!
- Ha! Ha! - Houuu!
- Maligne. Hé, lâche-moi!
- As-tu un petit creux? Hein?
- Tu peux toujours rêver. - Hé!
Il y a-tu un problème?
- T'es qui, toi, pour nous jaser de la manière que tu nous jases?
- Elle vous a demandé de la laisser tranquille.
- T'as une ostie de belle face de cul, toi.
- Ca se peut.
- Veux-tu te battre?
- Non. - Sûr?
- Ouais.
- Parce que moi, j'ai vraiment le goût de me battre.
- Bon, les gars, faites de l'air!
- Hé, toi, Ti-Mile, cache-toi en arrière de ta caisse pis ferme ta gueule.
- Ouais, ta gueule! - Toi too, ta gueule!
Je vais t'édenter le portrait, mon ostie, quitte à me fendre les poings.
[ Rire aigu ]
On va se revoir, mon ciboire.
Toi too, Tite-fille!
- Ouais.
[ Petit rire ]
[ La voiture démarre et s'éloigne en trombe. ]
- Qu'est-ce qu'ils ont à t'en vouloir?
- Quand t'es pas comme les autres, ils te le font savoir.
Touche à rien!
- Je veux juste t'aider.
- Tu viens juste de faire le contraire.
[ Crissement de pneus au loin ]
[ Craquement métallique de la structure ]
[ Respirations ]
[ Gémissements et respirations ]
- Aaah!!!
Aaah!!!
- Salut, Médé. Tu me reconnais?
- Flavien? - C'est ça, ouais.
Ca va bien? - Couci-couça. - Hum-hum.
Ecoute, Médé...
Médé?
Est-ce que ton ami Raymond sait ou se trouve mon ami?
Parce que là, j'ai vraiment besoin de le retrouver.
- Finis ton manger, Médé, ça va refroidir.
- Oui, maman.
- C'est votre fils?
- Ouais. Pis j'aime pas ça quand on tourne autour de lui.
- Ah, mais je voulais juste--
- Laisse-le tranquille!
- Salut, Médé. - Salut.
- Qu'est-ce tu fais là?
- J'aime ça laver la vaisselle, ça nettoie le passé.
- Moi, j'hais assez ça, clisse, ça me fucke tous les ongles.
- Je voulais vous dire... vous êtes belle dans votre kit.
- Hé, wo, wo. Essaye pas, là, ça fait des années qu'on me regarde plus.
- Parce que vous avez le dos tourné quand on regarde.
Je m'excuse pour Médé.
On dirait qu'il y a juste lui qui veut m'aider.
- Ouais, c'est dans sa nature d'être généreux.
- Pourquoi personne me dit rien, moi?
Tout ce que je veux, c'est retrouver mon ami pis partir.
- Parce qu'on peut pas.
- Je comprends pas. - Pourquoi tu penses que
le monde fait rien? Parce qu'ils veulent pas, c't'affaire.
Ils espèrent tous qu'un jour,
ça va être leur tour.
- Leur tour de quoi?
- De changer les morceaux brisés.
Vivre plus longtemps.
T'sais, des fois, il y a du monde
qu'on aime qu'on veut pas voir partir.
C'est comme ça qu'il les achète.
- Qui?
- L'affaire.
Rien que d'en parler, ça me donne des frissons, clisse.
Moi, je l'ai jamais vu pis je veux pas le voir non plus.
Mais ceux qui l'ont vu disent qu'il est pas humain.
- Il est ou?
- Hé, regarde, même si je le savais, là,
je te le dirais pas. Il me reste rien que
lui dans la vie, pis je veux pas le perdre.
- [Il chuchote]: Raymond, il faut que tu manges, là.
Sinon, là, tu vas avoir
une punition.
- Bon, envoye, Médé, finis ton manger, là.
Pis arrête d'en donner à Raymond, des plans qu'il fasse une indigestion.
- Ostie de chiens!!! Fuck you!
♪
[ Rires ]
- T'as-tu un laissez-passer?
Envoye.
[ Conversations ]
- Gros crisse d'enfant de chienne!
- Envoye, mets-moi ça à la porte!
[ Bris de verre ]
Sors-moi ça, là! - Calme-toi. Sors ça.
[ Conversations ]
- Je prendrais une petite bière, S.V.P.
- Il y a pas de petite icitte, juste de la grosse.
- O.K.
- [Homme]: Pas game! Pas game!
- Est-ce que vous savez si White est ici?
- Non.
- Pensez-vous qu'il va venir à soir?
- Pourquoi? - C'est important.
- Bien oui.
- C'est moi, White.
- Je m'appelle Flavien.
- Qu'est-ce tu veux?
- Vous parler de votre cousine.
- J'ai pas de cousine, moi.
- Mélanie Blackburn.
- Connais pas.
- Elle est disparue le soir de son mariage--
- Hé! Tu joues avec le feu en venant me barber jusqu'icitte, là.
Prends tes clics pis tes clacs, pis décrisse!
- J'ai perdu quelqu'un.
Je cherche juste à savoir pourquoi.
[ Motocross ]
[ Vrombissements des moteurs ]
Ah.
- Hé! Vite, embarque!
Je m'excuse pour tantôt, mais
s'ils nous voient ensemble, bien c'est moi qu'ils vont venir chercher.
- Qui, ça? - Ceux qui te courent après.
Mélanie est morte depuis 30 ans.
C'est quoi le rapport avec ton chum?
- Je sais pas.
Mais j'ai le feeling qu'il y a peut-être un lien entre les 2.
- En tout cas, moi, le seul lien que je vois,
c'est que tu lui ressembles comme 2 gouttes d'eau.
- A qui?
- Le mari de Mélanie.
Clovis.
En même temps, ça peut pas être toi. T'aurais vieilli.
[ Motocross ]
Je pense que j'ai une photo de mariage quelque part.
- Qu'est-ce qu'il est devenu?
- Qui, ça? Clovis? Disparu. La même journée qu'elle.
- Qu'est-ce qui s'est passé ce soir-là?
- Personne le sait. Tout le monde a sa version.
- La tienne, c'est quoi?
- Plus t'en sais, moins tu veux en savoir.
Voyons, ostie!
Dans le village,
il y a des affaires de plus en plus bizarres qui se passaient.
Le monde disparaissait.
Les jeunes femmes surtout.
Il y en a qui revenaient, mais d'autres jamais.
Fait que...
le monde a pris peur, puis ils sont partis. Mais pas elle, là.
Faut dire que c'était devenu une vraie star dans le coin.
Elle était tellement belle. Le portrait
tout craché de la vieille Malvina, c'est ça que les plus âgés disaient.
- Laquelle?
- La vieille, la mère des 2 Malvina.
Elle est morte ça fait longtemps.
Bien, Mélanie, là, elle était pareille comme elle quand la vieille avait son âge.
Trouves-tu ça normal, toi?
Elles étaient même pas parents.
Sainte ostie de câlisse...
- Quoi? [ Toc! Toc! Toc! ]
- [Il chuchote]: Descends en bas.
Va là. [ Toc! Toc! ]
[ Toc! Toc! Toc! ] C'est qui?
- C'est Barnabé!
- Quoi? - Envoye, ouvre!
[ Coup de fusil avec un silencieux ] - Ah.
[ Bruits de pas ]
[ Gémissement ]
[ Il fait tomber un objet au sol. ]
[ Bruits de bagarre ]
[ Il tousse. ]
[ Son d'un briquet ]
[ Guitare ]
[ Respiration forte ]
- ♪ T'es mon enfant à chaque instant ♪
♪ T'es mon amour de tous les jours ♪
[ Pleurs d'un bébé ]
♪ T'es mon soleil dès mon réveil ♪
[ Clochettes ]
[ Caquètements, bêlement ]
- Oups! Excuse, excuse.
Excuse. Je pensais pas...
Merci pour ma tête. - C'est rien.
- Je pense qu'il est arrivé
quelque chose à ton ami White.
- C'est pas mon ami.
Les vaches sont à lui, mais...
- T'as pas l'air à avoir beaucoup d'amis, hein?
- Non, pis j'en veux pas.
- Ca doit être plate quand t'as personne dans la vie.
- Je monte sur une montagne, je crie "Je t'aime" pis l'écho me répond.
[Tout bas]: Va-t'en.
[ Respiration forte ]
[ Cognements et grincements ]
- Sortez-moi d'icitte!
J'ai rien fait!
Flavien.
Flavien, c'est toi?
Flavien!
Flavien, mon ostie de bâtard!
[ Il frappe sur la porte. ] Ouvre-moi!
Je veux m'en aller, Flavien!
Flavien!!! [ Il continue de frapper. ]
Flavien!
Sors-moi d'icitte, tabarnak! Flavien!
- Maman?
- Oh! Tu m'as fait peur, Junior.
- C'est qui, lui?
- De qui tu parles?
- Celui qui est comme moi.
- Je sais pas, Junior.
- Pourquoi on m'a jamais parlé de lui?
Pourquoi il est dehors pis pas moi?
- Faussetin veut pas, c'est trop dangereux.
- J'en peux plus de sortir juste la nuit pour faire
sa maudite job sale! - Junior!
- Tiens.
Saint Antoine de Padou va t'aider à trouver ce que tu cherches.
Si un jour il m'entend,
je veux lui demander de me pardonner.
J'ai pas voulu qu'il s'en aille de mes bras.
[ Elle ferme la porte en sortant. ]
[ Rire aigu ] - Tu fais ton frais, mon homme? - Tabarnak.
Oh! [ Rires aigus ]
Ah!
[ Rires aigus ]
Ah!
Oh! Ah.
[ Il respire difficilement. ]
[ Guitare au loin ]
[ Toux ]
[ Il tousse. ]
[ Meuglement ]
- Qu'est-ce que t'as? - De l'arthrite.
[ Ses doigts craquent. ]
- C'est un peu jeune.
- Oui.
C'est un vrai musée ici, hein?
- Je ramasse tout ce que je trouve.
- A quoi ça te sert?
- A me rappeler comment je me sentais ce jour-là, quand je l'ai trouvé.
- Est-ce que c'est normal qu'un petit gars me regarde?
- Tu peux rentrer, ti-cul!
- Je m'appelle pas ti-cul, je m'appelle Quentin.
- C'est ça que j'ai dit.
- T'as un beau nom. - Bien sûr, c'est mon nom.
Pourquoi tes cheveux sont laids? - Ti-cul...
- C'est parce que mon coiffeur est aveugle.
- Pourquoi il est aveugle? - Parce qu'il a plus de yeux.
- Pourquoi il a plus de yeux? - Parce qu'on les a enlevés.
- Pourquoi on les a enlevés? - Parce qu'il posait trop de questions.
Penses-tu qu'il y en a déjà eu, ici, des dinosaures?
- Oui. Il y en a eu partout, dans tous les pays.
- Arrête donc. - Oui.
- C'est-tu ton vrai nom, Tite-fille?
- L'héritage de ma grand-mère. C'est elle qui m'a élevée.
- Tes parents?
- Un accident de char.
Les tiens?
- Jamais connus.
- Comment ça?
- Jamais su.
Le père de Quentin, lui?
- Jamais su non plus.
- Wouh! - Envoye, envoye, vole, ti-cul.
Envoye, vole! [ Quentin fait des sons. ]
♪
- Maman, est-ce que les anges existent?
- J'espère.
- Est-ce qu'ils ont des ailes?
- Je sais pas.
- Ah, moi je dis que oui.
Sauf que ça veut dire que si un oiseau meurt, il va avoir 4 ailes.
- Bien non. Les oiseaux vont pas au ciel, ils sont déjà dedans.
- Ah.
- Les anges mangent des étoiles.
Quand il y aura plus d'étoiles, qu'est-ce qu'ils vont manger?
- Bien, il y en aura toujours. - Pourquoi?
- Bien, parce que c'est infini. - Qu'est-ce que ça veut dire?
- Ca veut dire que...
c'est pour toujours.
- Toujours, toujours?
- Ouais.
- Est-ce que nous autres, on est comme ton mot?
- Non. - C'est plate que les étoiles
ont le droit, pis nous non.
- C'est comme ça.
[Elle chuchote]: Je t'aime.
- [Il chuchote]: Pourquoi tu me dis ça?
- Pour que tu le saches.
- Mon coeur veut sortir tellement ça fait mal.
- Je te connais pas, mais
c'est comme si t'avais toujours été en moi.
- Viens-t'en, on s'en va.
- Ou?
- Là ou tu veux.
Encore plus loin, si on peut.
Pourquoi t'es belle de même?
- Parce que c'est toi qui me regardes.
- Hé, elles sont là, ostie! Ha! Ha! Ha!
Hé, grouille-toi, ostie! Elles décrissent!
- Elle va arrêter de faire chier, la crisse.
Je vais lui couper le sifflet assez vite à ses concerts, moi.
[ Meuglements ] Tiens, mes tabarnak!!!
- Tire dans le tas! [ Meuglements et cris ]
- Aaaah!
Ah-ah! [ Il respire difficilement. ]
- Méchant?
Qu'est-ce c'est qu'il y a?
- Va chercher mon père.
- Je peux pas te laisser-- - Va chercher mon père!
Oh, tabarnak... - Méchant je reviens!
- Ha! Ha! Ha!
- Médé!
O.K. Médé,
il faut absolument que je parle à Raymond, O.K.?
O.K., Raymond, c'est important, il faut que tu m'aides, O.K.?
Je cherche un ami à moi.
- Moi aussi, j'ai perdu des amis.
[ Porte qui ouvre. ] - Ah oui?
- Médé! Amène tes fesses icitte, ça presse.
Toi, qu'est-ce que je t'ai dit, toi?
Je t'ai dit de laisser mon fils tranquille.
Tu comprends pas que c'est nous autres qui allons écoper?
Tu comprends pas ça?! Moi, je suis
bien patiente pis je suis bien d'adon, mais quand je pète
une coche, je pète une crisse de coche! - Arrête, maman!
Arrête, maman! Arrête, maman! Arrête.
Arrête.
Va-t'en à la vieille usine. - O.K.
- Je m'excuse, mon amour.
[ Bzzz! ]
[ Bip! ]
[ Bzzz! ] [ Bip! ]
[ Bips ]
- Hé! Armand!
Armand! Qu'est-ce que vous faites?
Armand! Armand, c'est moi!
Qu'est-ce vous faites, tabarnak de gang de sales?!
Qu'est-ce vous faites?! Armand!
Armand! Armand!
Arrête! Lâchez-le! Armand, c'est moi!
[ Bip continu ]
Armand!!!
[ Alarme ]
[ Flavien crie. ]
[ Alarme ]
[ Halètement ]
[ Une porte s'ouvre. ]
[ Halètement ]
[ Alarme ]
[ Alarme ]
- Flavien!
[ Les motocross s'éloignent. ]
- Qu'est-ce c'est que tu faisais là?
- Je t'ai suivi, je savais que tu irais là.
- Tu vas me dire ce que tu sais.
- Je sais rien.
- C'est pas vrai. Tu me mens en pleine face, câlisse.
- Je sais rien.
- Je veux savoir ce que tu sais. - Je sais rien!
Lâche-moi, tu me fais mal!
- Hé! Mon ami est mort, tu comprends-tu ça?
Il est mort, ils l'ont tué! Je veux savoir pourquoi!
- Je le sais pas! - Je veux savoir pourquoi!
- Je le sais pas!
Je le sais pas.
Je la connais, cette place-là, parce que...
je me souviens peut-être de...
d'y avoir été.
- Quand? - Je sais pas.
J'étais comme endormie.
C'était peut-être juste un rêve.
- Qu'est-ce c'est que t'as vu?
- Des têtes au-dessus de moi, là.
Et des yeux qui me regardent.
Un homme en blanc...
qui me sourit.
- Pis après?
- Je sais pas.
Je me suis réveillée dans la roulotte.
- Mon fils est en train de mourir.
Vous m'aviez promis son ami!
Qui vous a couverts depuis le début?
A qui on va poser des questions quand ça va aller trop loin? A moi!
Je vous garantis que je serai pas tout seul à avaler le morceau!
Faussetin!
[ Rires ]
[ Les rires continuent. ]
- [Haut-parleur]: Cris d'une femme et cognements ]
[ Chuchotements ]
[ Elles chuchotent le "Je vous salue Marie" ]
[ Gémissements amoureux ]
[ Il crie. ]
- [Les 2]: ♪ T'es mon enfant jusqu'à la fin des temps ♪
- Non!
[ Cri strident ]
[ Bruit des cannettes sur le sol ]
[ Chuchotements ]
[ Grincement du coffre ]
- Sais-tu comment appeler la police d'ici?
- Oui, je pense.
[ Coup de feu ]
- Mélanie?
- C'était ma fille...
ou presque.
Je pouvais pas avoir d'enfants,
fait que ma femme pis moi,
on a décidé de faire confiance aux nouvelles méthodes du docteur.
- Quel docteur?
- Faussetin.
Ma femme est morte à l'accouchement.
J'ai été obligé d'élever Mélanie tout seul.
Je l'aimais tellement,
comme si c'était ma propre fille.
Quand Mélanie a disparu,
j'ai cherché à comprendre pourquoi.
J'ai compris.
- Quoi?
- Les méthodes du docteur.
Créer des bébés avec du monde qui
existe déjà. - Je comprends pas.
- Pour Mélanie,
ça a été la mère du docteur.
Il a pris quelque chose dans le ventre de sa mère à lui,
pour que Mélanie soit pareille...
comme une copie.
[ Gémissements de la femme ]
Clovis était aussi le résultat de ses expériences,
excepté qu'il a pris quelque chose dans son ventre à lui pour le faire.
Clovis était sa copie à lui.
[ Pleurs du bébé ]
Mélanie pis Clovis se sont mariés.
C'est pour ça qu'il l'a tuée.
C'était comme si lui-même faisait l'amour avec
sa propre mère, tu comprends?
Sa mort correspondait avec la naissance de 2 autres bébés.
Encore des copies à lui. Dans le ventre
de ses 2 soeurs,
les 2 Malvina.
C'est à ce moment-là
que j'ai décidé de faire...
Flavien!
Flavien! Je voulais que tu saches
c'était quoi de perdre quelqu'un.
- T'étais comme un père pour moi.
- Il a tué ma fille, Flavien!
Il l'a tuée!
Flavien!
[ Il hurle. ]
[ Il continue de hurler. ]
[ Elle arrête la balayeuse. ]
- Je voudrais parler à votre soeur.
Merci, j'ai trouvé ce que je cherchais.
- Garde-la, elle est à toi.
On perd toujours quelque chose.
- Des fois, c'est mieux comme ça.
- Mélanie est partie.
- Je sais.
Je suis content pour elle.
Malvina. - Oui?
- Pleurez plus votre bébé.
Je suis sûr qu'il vous a pardonné.
- Tu penses?
- Dites à Faussetin que je m'en viens.
[ Grondement sourd ]
[ Respirations ]
[ Respirations ]
[ Grondement sourd ]
- Bonjour, Flavien.
- Faussetin?
- C'est moi.
J'avais hâte de te voir.
Je savais que tu reviendrais, je commence à me connaître.
Mes traits ont vieilli, mais
c'est à ça que tu risques de ressembler
plus tard.
- Vous êtes malade.
- Pour l'instant, t'es en colère, c'est normal.
Mais tu vas t'apercevoir qu'être éternel,
c'est la chose la plus belle.
- La plus belle?
Combien de gens vous avez tués pour que ce soit la chose la plus belle?
- Je l'ai fait pour l'évolution humaine.
Qu'est-ce que c'est en comparaison avec
tout ceux qui sont tués chaque jour, pour rien?
- Comme tuer une femme le jour de son mariage?
- Pourquoi j'aurais fait ça?
- Vous le savez pourquoi.
Vous étiez pas capable de vous tuer vous-même, c'est ça, hein?
Tuer sa mère, c'est plus facile.
- Va pas trop loin.
- De toute façon, Clovis a fait
ce que vous avez pas été capable de faire:
il s'est tué.
- De quoi tu parles? - J'imagine qu'il était plus capable
de se regarder dans le miroir parce que c'est pas lui qu'il voyait,
c'était vous en train de poignarder sa femme. - Arrête!
T'es rien sans moi, mon gars, t'es rien.
Un peu de respect.
Tu devrais plutôt me remercier; oublie pas
que t'es là parce que je l'ai voulu.
Pis si j'ai envie que tu partes, tu vas partir.
Qu'est-ce que tu penses faire avec ça?
- En finir.
- Tu serais pas capable, t'es pas comme ça.
- Non.
Mais vous, vous l'êtes.
- Attends!
Es-tu réellement convaincu que tu peux être le dernier?
[ Gémissements ]
[ Respirations et grondement sourd ]
[ Gémissements ]
- Flavien!!!
[ Coups de feu ]
J'ai peur.
Reste avec moi.
- Je suis là.
Est-ce qu'il y en a d'autres, des comme nous autres, Junior?
Combien?
- Un.
- C'est qui? Il est ou?
Junior, reste avec moi. Junior.
Junior?
[ Cocorico! ]
- ♪ T'es mon enfant à chaque instant ♪
♪ T'es mon amour de tous les jours ♪
[Avec écho]: ♪ T'es mon soleil... ♪
- ♪ ...soleil dès mon réveil ♪
♪ T'es mon enfant jusqu'à la fin des temps ♪
- ♪ T'es mon amour de tous les jours ♪
♪ T'es mon soleil... ♪
- ♪ ...dès mon réveil ♪
♪ T'es mon enfant jusqu'à la fin des temps ♪
- Toi aussi, tu connais la chanson?
- Oui.
- Les vaches à maman sont parties manger des étoiles.
- Ah oui?
Est-ce que ça te tente de prendre une marche avec moi?
- Oui!
Ou on s'en va?
- Au bout de tout.
- Flavien!
- Est-ce que ma mère vient avec nous?
- Non. - Pourquoi?
- Parce que je suis trop en amour avec ta maman pour ça.
- C'est quoi, en amour?
- C'est être capable de voler par en dedans.
C'est quelque chose de bien fort, avec des papillons dans le corps.
- C'est compliqué.
- Assez, oui.
- On est dans les herbes hautes comme des vrais explorateurs.
- Oui.
[ Chuchotements ]
- Ti-cul!
- Ecoute-moi, Quentin.
Ecoute-moi bien comme il faut, il faut que tu comprennes
ce que je vais te dire, O.K.? C'est important.
- Pourquoi?
- Parce que c'est un secret entre toi pis moi.
T'es capable de garder un secret?
- Oui.
- T'es unique, Quentin. Oublie jamais ça.
Unique, ça veut dire que t'es tout seul.
- Bien non, je suis pas tout seul, j'ai toi pis maman.
- Je veux dire que t'es tout seul comme toi.
C'est comme les papillons.
T'sais, les papillons, ils se ressemblent mais ils sont pas tous pareils, hein?
Ton rouge, c'est ton rouge à toi.
Pis ton bleu. - Pis mon jaune?
- Oui, du jaune.
Du jaune, du noir, du mauve.
- Tu vas venir rester avec moi pis maman?
- Flavien peut pas. Flavien, faut qu'il parte.
- Pourquoi?
- Pour que Quentin reste.
[ Soupir ]
Quentin?
Tu vas dire à ta maman
que je vais toujours, toujours être avec elle.
O.K.?
- O.K.
- Vas-y, mon bonhomme.
Vas-y, cours, Quentin! Cours!
[ Corneilles ]
[ Coup de feu ]
- Flavien!
- [Flavien]: Cette question:
un corps peut-il vivre sans âme?
Il ne vit pas.
Il fait semblant.
Il erre jour et nuit, et le vide l'envahit.
Il se demande:
"A quoi bon vivre, puisque je ne suis pas l'oeuvre de Dieu,
ni celle du diable?"
Cette question:
une âme peut-elle vivre sans corps?
Sous-titrage: Technicolor, Services créatifs - Montréal
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