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Elle suffoque.
Aboiements
Décrochez-la.
Non, là-bas. - Putain.
Voilà.
Doucement, doucement.
Ca va aller.
- Mme Bourdier.
Mme Bourdier. - Elle respire.
Putain, elle a eu du bol.
A 30 secondes près, elle était morte.
Ca va ?
Mme Bourdier ?
Ca va aller.
Cris - Roxane !
Venez m'aider !
Roxane !
Je m'en veux d'avoir rien pu faire pour elle.
Je pense à elle tout le temps.
- Au moins... vous, vous êtes vivante.
- Ca va aller. (Ca va aller.)
J'ai juste eu
un énorme coup de blues.
N'appelez pas le SAMU.
J'en ai vu d'autres.
- Vous inquiétez pas, j'appelle pas le SAMU.
J'appelle mes collègues.
Pour une perquisition.
Allô, Jonathan ?
- C'est la facture d'un prépayé.
Acheté avec votre carte de crédit.
- C'est le portable qui a été
contacté par Roxane,
la veille de sa mort.
On cherchait à qui il appartenait.
Ca y est, on a trouvé.
C'est le vôtre.
- Mais oui.
J'ai acheté un portable rechargeable, il y a quelques mois.
- Pour écrire des horreurs
à votre élève préférée ?
- Ce téléphone était pour Roxane.
Je l'ai jamais utilisé.
- Mme Bourdier...
On va se parler franchement.
Ce genre d'argumentaire ne suffit pas.
Il faut développer.
- Son numéro avait fuité sur Internet.
Elle était harcelée.
Elle osait plus l'allumer ni en parler.
Son père était déjà dépassé.
Elle m'a demandé de lui acheter un portable.
- Pourquoi elle l'a pas fait ?
- Pour que ses harceleurs ne retrouvent pas sa trace.
Vous ignorez de quoi ils sont capables.
- Elle s'est appelée ?
- Non. Elle a dû le donner à quelqu'un.
Qui voulait pas montrer
qu'il communiquait
avec elle. - Bien sûr.
- Brigade de protection des mineurs.
Où est le casier d'Isabelle Bourdier ?
- Isabelle ?
- Vous avez entendu ? Perquisition.
- C'est le 14. Là.
- Vous pouvez sortir, le temps qu'on fouille ?
Péter le casier d'une prof,
le plus beau jour de ma vie.
Elle rit.
- Tu crois
qu'il y a le téléphone d'Isabelle ?
Tiens.
Tiens.
Allez, tiens.
- Vous avez eu une prestigieuse carrière de danseuse.
- Oui. J'ai connu le succès.
Et aussi ses revers.
Je sais ce que c'est que d'être exposée aux critiques.
- C'était une autre époque.
Une période où les réseaux sociaux ne dictaient pas leur loi.
- C'était pas plus facile.
On était seul.
- Alors ? - C'est tout.
Pas de téléphone portable.
- OK. Tu peux tenir ça ? J'appelle Mattéï.
Désolé.
Je l'ai mis où, mon téléphone ?
- OK.
OK, merci, Jonathan. Attends, quitte pas.
- On a fini. Rien.
Pas de portable.
- Merci, Jessie.
On n'a rien trouvé chez elle.
On se retrouve à la brigade. A plus.
- Vous pensiez quoi ?
Que c'est moi qui la harcelais ?
C'est de la folie.
- Moi, je pense rien. - J'aimais beaucoup Roxane.
Je rêvais de faire d'elle une star.
- Vous n'avez rien fait pour l'aider. Regardez. Ses blessures,
ses scarifications,
sa déchéance physique.
C'est le résultat du harcèlement dont vous auriez dû la protéger.
- J'ai essayé, pourtant.
Mais j'ai pas réussi.
C'est pour ça que j'ai voulu en finir.
- Comment ça se passe, ici ?
- Super. Vous comptiez me dire quand
que vous aviez un chien ?
- C'est pas un chien.
C'est une collègue. Mais qui perd ses poils.
- Humour, humour, mais je vous présente Donna.
Isabelle Bourdier est vivante
grâce à Donna. - Cherchez pas, Columbo.
Hm, vous avez mis du temps à arriver.
Vous auriez dû prendre à droite. - Ouais.
Finalement, j'ai pris à gauche.
- Ah...
- Lieutenant Da Costa,
vous avez localisé le 07 acheté par la prof ?
- A l'instant. - Bien.
- Il borne dans le secteur de l'institut Debussy.
- Très bien. - Ca prouve que c'est
un élève.
- Hm. Très bien.
Descente demain à l'école à 9h.
Perquisition de l'établissement.
On y passe le temps qu'il faut pour trouver ce téléphone.
Bien ?
Donna, viens.
Ricanement
- Là, vous voyez
que c'est un fantôme.
Même le chien lui répond pas.
- C'est bien, le chien.
Bon chien. Rire
Ah... Des nouvelles
du labo ? - On n'est pas sûrs
de ce qu'on a trouvé dans la chambre de Roxane.
Mais ces taches, c'est du sang.
Et c'est le sang de Roxane.
- Le corbeau a posté une nouvelle vidéo.
- Milo m'a lâchée.
Je croyais qu'il y avait un truc entre nous.
J'ai été trop conne
de croire que je comptais pour lui.
Lui et Lilah, ils sont pareils.
Il avait raison, Enzo.
Moi, je suis au milieu. Et j'y ai cru.
- On a placé un traqueur sur le compte de Roxane.
Le prochain post, on remontera jusqu'à lui.
- Pourquoi poster ça maintenant ? Il cherche quoi ?
- Dénoncer le mal fait à Roxane sans se mouiller.
A moins que lui aussi ait des choses à se reprocher.
On en saura plus quand on saura à qui est ce téléphone.
Non, mais c'est pas vrai, là...
C'est quoi, ça ?
C'est qui, la police, ici ?
Un sabot... - Un problème, commandant ?
- C'est rien, une blagounette
du lieutenant Salma.
- Je vous ramène chez vous.
Vous la récupérerez demain. Vous auriez fait comment ?
Donna n'écoute que vous.
Et je voulais vous parler
d'Inès Salma. Venez.
- Bon, bah, viens.
- Comment ça va, avec la tornade ?
Rire
- Vous savez qu'on l'appelle comme ça ?
-"La tornade", comme je sais qu'il y a ici
Einstein, Columbo...
et moi, je suis Casper. Hm ?
C'est l'avantage d'être un fantôme.
On ne le voit pas, mais il observe et entend tout.
- Ca vous va pas mal.
On vous connaît peu. Vous êtes marié ?
- Je l'ai été.
Mais la solitude me va très bien.
Elle vous colle à la peau,
non ? - On peut rien vous cacher.
- Non. Et je sais même votre surnom.
Vous vous sentez de travailler
avec le Lt Salma ?
- C'est à elle de savoir si elle peut travailler avec moi.
- Je ne suis pas censé vous le dire, mais...
elle est en période probatoire. - Merde...
Elle a fait quoi ?
- Elle s'est battue avec un collègue pour une remarque déplacée.
6 points de suture sur le crâne, 3 côtes cassées
et 5 jours d'arrêt.
- Putain, la pauvre...
C'était quand, ça ?
Elle s'en est bien remise, non ? - Elle, oui.
C'est lui qui a fini à l'hôpital.
- Ah, d'accord.
Musique douce
Sirènes
-Bonjour à tous.
Ceci est une annonce de la proviseure.
Des policiers vont passer du temps ici aujourd'hui
pour des vérifications.
Dans un premier temps, nous allons vous demander
de ne pas quitter vos salles.
Merci à tous pour votre coopération.
- Milo Lanteri...
- Merci, monsieur. - Merci.
- Oui. C'est le portable avec lequel Roxane a échangé la veille
de son suicide. On l'a.
- Encore merci. - Bonne journée.
- Je comprends pas.
Ils étaient déjà là, hier.
- Ils vont pas nous lâcher.
- Mais oui... - On peut pas travailler.
- C'est du délire. On n'a commis aucun crime.
- C'est grave, ce qu'on a fait.
T'imagines, pour son père ? C'est horrible.
- Milo Lanteri, veuillez nous suivre.
- Même pas en rêve.
On a une répète dans 5 mn.
- Prévenez la prof qu'il sera pas là pendant 48 h.
Ca s'appelle la garde à vue. Tes followers vont adorer.
Tu nous suis ?
Allez, zou.
Chuchotements
(-Lilah, regarde-moi.)
Hé, il a rien à voir là-dedans. - Il revient.
- Bon, écoute-moi.
Comment étaient vos relations,
avec Roxane, en début d'année ?
- Elle m'a demandé des conseils
en breakdance.
- Elle devait être fière.
Elle likait tous tes posts.
- J'ai 50 000 followers. 5 000 likes par post.
- Elle en faisait partie.
Je pense que t'as pu en profiter.
- En profiter ? C'était qu'une gamine.
Elle puait la misère. Elle s'est attaquée
à Lilah. Après, je l'ai plus calculée.
- Les dernières vidéos disent pas ça.
- C'est du bullshit.
Trouvez qui les poste.
J'y suis pour rien.
- Et ce téléphone portable, c'est pas le tien ?
On est d'accord ?
On l'a trouvé dans ton casier.
- Trop pas. J'ai pas un phone aussi claqué.
- Elle t'a appelé, la veille de sa mort.
Elle t'a demandé de l'aide.
Toi, tu l'as poussée à se tuer.
- Vous délirez grave.
Ouais, d'accord. J'ai jeté Roxane
à cause de Lilah.
Mais je l'ai pas poussée au suicide. - Pas directement.
Mais à force de lui tourner la tête, de la prendre et la jeter,
tu l'as poussée à se faire mal.
Tu l'as même poussée
à se tuer.
Regarde.
Je te montre quelque chose.
Allez, on gagne du temps, dis que c'est toi.
- C'est pas moi.
J'ai rien fait. - Te fous pas de ma gueule.
- J'ai rien fait.
- Te fous pas de ma gueule ! - J'ai rien fait !
- Ca suffit !
Vous dépassez les limites.
- Petit con ! - Allez, basta !
Qu'est-ce que tu faisais avec ce téléphone ?
Tu cherchais quoi, avec Roxane ?
-C'est pas moi.
J'ai fait des conneries à l'école,
mais j'ai pas poussé Roxane au suicide.
Je vous jure.
- Je te crois.
Soupir
Il faut trouver le genre de conneries qu'il a faites.
- Pas mal, votre numéro de good cop, bad cop.
Pas mal.
Bon. Je vais gérer ses parents.
Vous, le lâchez pas. Porte
- Vous avez pas le droit de vous énerver comme ça.
Impossible.
C'est la brigade des mineurs, ici.
- Comment on va répéter sans Milo ? - Tom le remplacera.
- Ce sera nul, sans Milo.
- Les accusations envers lui sont graves.
S'il est coupable,
il est pas près de revenir ici.
- Il aurait poussé Roxane
à se tuer ?
- Je sais pas.
Lilah !
Lilah !
Lilah !
Lilah ?
Je sais ce que tu traverses.
Mais pense au spectacle. A ta carrière.
- Je pense à mon mec, déjà.
Il a rien fait.
Vous le croyez tous coupable.
- Ton mec, comme tu dis,
les flics ont trouvé un portable dans son casier.
- Quel portable ? - Celui avec lequel
il a écrit des horreurs à Roxane avant sa mort.
(-Lui ?) - Je suis désolée, Lilah.
Allez, viens.
Retourne en cours. Viens.
Vous continuez un moment sans moi.
Elle était si mignonne, bébé. - Ouais.
- Et là, c'est sa mère ?
- S'il y avait pas eu cet accident...
tout aurait été différent.
- Moi aussi, j'ai eu un accident.
Ca a failli briser ma vie.
Mais j'ai surmonté cette épreuve. Vous réussirez aussi.
J'en ai voulu
à celui qui m'a causé cette perte pendant longtemps,
puis j'ai compris que c'était un moyen
de faire mon deuil et j'ai pardonné.
C'était le destin.
La fatalité.
La faute de personne.
- Merci, Isabelle.
Je peux pas rester sans rien faire.
- Commandant ? - Ouais ?
- Milo a eu un conseil de discipline,
l'an dernier, mais... les motivations sont pas publiques.
- Il a été exclu quelques jours pour mauvaise conduite.
- Mattéï.
- Oui ? - J'ai besoin de vous.
- Vous m'excusez ?
- Merci.
- Ils s'entendent plutôt bien, maintenant.
J'ai l'impression que Mattéï a brisé la glace.
- Ils vont faire un duo.
- Un duo ?
- Ils s'entraînent pour la chanson
qu'ils vont interpréter ensemble pour la soirée.
- Ah, c'est... une vanne.
J'avais pas...
Ah ouais, t'es déterminée avec le karaoké.
Pugnace, la meuf.
- Pugnace ? Bravo.
Adjectif très châtié, j'apprécie.
- Je fais des étincelles à ton contact.
- Karaoké ou pas,
si tu veux lancer ta soirée d'intégration, fais-le
avant qu'on finisse en EHPAD. - T'as raison.
- Comment ils n'ont pas pu voir cette haine ?
Ce harcèlement ?
L'école n'a rien fait.
Vous, vous faites quoi ?
- L'enquête avance.
- C'est tout ce que vous dites ?
- Je vous promets de tout faire pour vous apporter des réponses.
- Je m'en fous de vos promesses !
Vous ne faites rien.
Vous n'avez pas bloqué
le compte de Roxane.
Je vais finir par le faire.
Je vais porter plainte contre l'école.
Je la ferai fermer. - On agit,
M. Bertrand.
Un élève est en garde à vue.
- L'école ne peut pas tout contrôler.
Si un élève a harcelé votre fille, lui seul doit payer.
- Tout dépend
de ce que l'école savait de cet élève.
- Une plainte va être déposée
contre l'école. - Une plainte contre l'école ?
On va envisager sa responsabilité.
Vous allez nous donner accès aux dossiers disciplinaires.
- Mais c'est aberrant. - Y a-t-il eu
d'autres cas de harcèlement ?
Avec Milo Lanteri, par exemple.
On a besoin d'éléments contre lui.
- Il y a eu un incident avec lui l'an dernier. Une discorde
avec un camarade. - On y est.
Une discorde. Quel genre de discorde ?
Quel camarade ?
- 1, 2...
Quoi, Enzo ? Je te plais pas ?
T'es rouge, je te donne chaud ?
Rires
- ASSUME ! ASSUME !
- Je suis gay, qu'est-ce que ça peut vous foutre ?
- Enfin. C'est pas compliqué.
Cris et rires
Brouhaha
- Il a eu que 3 jours d'exclusion ?
- Pourtant, la vidéo a tourné.
L'administration devait connaître les faits.
- Ils sont graves. Violence, harcèlement.
Il a obligé un camarade à révéler son homosexualité.
Humiliant et illégal. - Et puni par la loi.
- Il les accumule. 3 jours, c'est peu cher payé.
- Ca vaut le coup d'être une star des réseaux.
- S'il a harcelé ce gamin,
il a harcelé Roxane. - Bien.
- C'est loin. Je veux plus en entendre parler.
- C'est grave, ce qu'il t'a fait, Enzo.
Personne ne doit forcer quelqu'un
à révéler son orientation sexuelle.
- Tout le monde le savait.
Je porterai pas plainte. - Enzo.
On veut pas t'enfoncer, mais t'aider.
T'es pas le seul à avoir subi
le comportement de Milo.
Il a peut-être provoqué
le suicide de Roxane.
On n'a que des textos.
- Partez. Je veux rien avoir à faire avec ça.
- Moi, j'ai l'impression que tu l'aimais bien, Roxane.
- Oui.
- Elle savait
pour son comportement
avec toi ? - Je crois pas, c'était l'an dernier.
- Moi, je pense que si.
Et malgré tout ça,
elle voulait encore être
sa pote.
Enzo...
T'en as voulu à Roxane pour ça, non ?
- C'est l'ami dont Roxane parlait ?
- Non, je pense que c'est le corbeau.
Donc je l'ai poussé. - Quoi ?
- Il est traumatisé.
Il rend justice à Roxane comme il peut.
Il en avait gros contre Milo.
Il osait pas l'affronter. Il nous l'a jeté en pâture.
- Le père et la prof ?
Ensemble ou pas ? - Non, pas ensemble.
Elle est trop autocentrée pour aimer quelqu'un.
Quant à lui, son monde tournait autour de sa fille.
Hé...
Juste... Il paraît que j'ai un surnom, à la brigade.
- Ouais, comme tout le monde.
Je sais pas pourquoi on vous appelle comme ça.
- Je peux savoir ?
- J'ai la tête d'une balance ?
- Je dirais plus Scorpion.
Rire
-Enzo était mon dernier ami.
J'avais besoin de parler. Je suis allée le voir.
Mais dès que j'ai dit le nom de Milo,
il m'a plantée sur place.
Je sais plus quoi faire.
- Pourquoi t'es pas venu à la répète ?
- Après ce que t'as fait à Lilah, je répète plus avec toi.
- J'ai rien fait.
- Et la clé USB que t'as volée pour qu'elle foire
l'audition ? - C'est pas moi.
T'étais d'accord pour danser avec moi.
- Tu déconnes,
tu payes. C'est le bail.
- Je t'avais dit de te méfier.
Je le connais depuis longtemps. Lui et Lilah peuvent être horribles.
- Tu les connais ? T'es dans ton coin comme un cassos.
Tu dis ça
parce que t'es jaloux d'eux.
Enzo était mon dernier ami.
J'avais besoin de parler. Je suis allée le voir.
- Jonathan, viens voir.
Une vidéo vient d'être publiée.
-Dès que j'ai dit le nom de Milo...
- L'adresse IP, ça donne quoi ?
- Commandant, une vidéo vient de sortir.
Vous aviez raison, c'est Enzo qui poste.
- Je sais plus quoi faire.
- Tu me transfères la vidéo ?
- Alors, dis-moi.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Roxane m'avait demandé de monter ses vidéos.
C'est comme ça que je les ai récupérées.
Je m'en suis servi pour accabler Milo.
J'ai pas supporté qu'elle soit amie avec lui.
- On va t'emmener signer ta déposition. D'accord ?
Tu viens avec nous ?
Allez, viens, Enzo.
Musique douce
- T'y étais presque.
Allez, on lâche rien. Relève-toi.
- Ma cheville... - Oh...
C'est rien, ça.
Tu dois apprendre à te dépasser.
Tu dois repousser les limites de ton corps.
La souffrance, c'est dans la tête. Bats-toi.
Pense aux trolls qui veulent te détruire.
Prouve-leur que t'es plus forte. Que t'es la meilleure.
Isabelle tape des mains.
Vas-y, c'est bien.
Donne du volume...
à tes mouvements.
De l'amplitude.
Superbe !
Bien les épaules basses.
Bien.
- C'était plus qu'une prof, pour elle.
C'était son coach, voire son mentor.
- Si cette relation était si fusionnelle,
pourquoi il n'y a aucun appel à Mme Bourdier
sur le téléphone de Roxane ? - Bonne question, Einstein.
Mais la vraie question est : jusqu'où est-elle allée avec elle ?
Des infos, Columbo ?
- Ouais. Mme Bourdier était une danseuse de très haut niveau.
Elle devait intégrer une troupe à New York, il y a 15 ans,
mais un accident de moto l'a stoppée.
- Résultat ? - Triple fracture du bassin.
Elle a dû renoncer à sa carrière.
- Elle conduisait une moto ? - Non.
C'était son petit ami de l'époque.
Il s'en est sorti indemne.
Il a eu une brillante carrière.
Il y a autre chose.
Vous devriez regarder ça.
C'est du matériel médical. Il ricane.
- Alors, ça... c'est une broche chirurgicale.
Comme celle qu'on a posée à Isabelle Bourdier,
quand elle s'est fracturé le bassin.
- Comment vous savez ça ?
- J'ai le même genre sur moi.
Bassin, humérus, fémur, avant-bras...
- C'est ça, le surnom. - Pardon ?
- De ? - Je disais : pardon ?
- Non, non. Simplement, je me dis : pourquoi Roxane a ça chez elle ?
Elle a jamais subi d'intervention chirurgicale.
- Vous avez raison.
Vous avez raison.
Pas elle.
- C'est là que tu as mal ? C'est là ?
On peut puiser beaucoup de force dans la souffrance.
Après mon accident de moto, on m'a mis une broche.
Des vis dans le squelette.
Quand on me l'a enlevée,
j'ai demandé à la récupérer.
Après, j'ai tout fait pour retrouver mon niveau,
ma souplesse, ma puissance.
Je me suis scarifié les jambes avec la pointe de ces vis.
Pour connaître les limites de la douleur et les dépasser.
Je veux que tu la gardes.
Chaque fois que tu la regarderas, tu te diras :
"La douleur n'est rien.
"La perfection est au-delà."
Musique oppressante
C'est là ?
Musique douce
- Désolé de vous troubler, mais je tiens
à vous prévenir.
- Pardon ? - Ma collègue veut ouvrir
une information judiciaire contre vous
pour non-assistance
à personne en danger. - Je voulais qu'elle réussisse.
Roxane avait un potentiel exceptionnel.
Une grande carrière l'attendait.
- Comme vous ?
Avant votre accident ?
C'est vous qui lui avez donné cette broche ?
- C'était le symbole de ma force. Ma résilience.
Je voulais qu'elle s'en inspire.
- Il y a du sang sur sa broche.
Et c'est le sang
de Roxane.
Et chose assez étonnante,
l'écart entre les vis est le même
que celui des scarifications sur le corps
de Roxane.
Etonnant, non ?
Vers quoi
vous l'avez poussée ?
- Lâchez-moi !
Arrêtez de me harceler.
Vous ignorez de quoi vous parlez.
Elle était rien, sans moi.
La preuve, elle s'est affranchie de mes conseils.
Vous avez vu où ça l'a menée ?
Arrêtez de me harceler. Vous ignorez de quoi vous parlez.
Elle était rien, sans moi.
La preuve,
elle s'est affranchie de mes conseils.
Vous avez vu où ça l'a menée ? - Elle m'a dit
qu'elle avait du talent.
Qu'elle était unique.
- Jusqu'à ce que votre fille se rebelle.
Et qu'elle refuse de se laisser entraîner
par les excès d'Isabelle.
C'est là qu'Isabelle l'a lâchée.
Il y avait pas que des élèves qui la harcelaient.
- J'ai rien vu.
Je me suis fait avoir.
Comme ma fille.
Musique entraînante
- Lilah !
Combien de fois
je t'ai dit de revoir
tes comptes sur la 2e partie ?
On tape des mains lentement.
- Je croyais
que, sans ma fille, il y avait plus rien.
Vous disiez qu'elle était unique.
- Elle l'était, je vous assure.
- Que sans elle, le spectacle n'avait plus aucun sens.
Vous m'avez
bien baratiné.
The show must go on.
- L'art est plus fort
que la vie.
- Il y a que ça qui compte,
pour vous ?
Ma fille...
est morte.
- Ce show sera un bel hommage.
Pour Roxane, il y avait que ça qui comptait.
On était pareilles.
- Elle a arrêté d'obéir, vous avez voulu la détruire.
- J'ai voulu lui apprendre la vie. L'endurcir.
- Espèce de folle... - Je voulais
la rendre unique. - Lâchez-moi...
Si vous me touchez encore, vous le regretterez.
Je vais pas
en rester là, espèce de tarée.
Vous me donnez envie de vomir.
Vous, rentrez chez vous !
Il y aura plus de spectacle.
(-Qu'est-ce qu'on fait ?)
(-Je sais pas.)
- J'ai lu le CV de Donna, on peut se rhabiller.
C'est un héros.
- Une héroïne, si je peux me permettre.
Sifflement - Oh, le chien.
Rire Regarde. Attention...
Vous êtes prêts ? - Oh...
- C'est elle qui vous a adopté, pas vous.
- C'est comme les Marseillais.
C'est eux qui vous adoptent, pas le contraire.
- Excusez-moi, c'est pour vous.
- Je savais, pour Roxane.
J'avais vu qu'elle souffrait.
J'ai essayé de la prévenir.
Comment elles font ça ? - Je sais pas.
- Ca va, les gars ? - SALUT, CA VA ?
- Ouais et toi ?
Elle est trop belle.
- Je vous laisse. - BISOUS.
- Roxane ?
Tu t'es fait mal ?
- C'est rien.
- Isabelle peut pas exiger que tu te fasses mal.
Tu peux dire non. Tu le dois, même.
Je suis passée par là, avec elle.
Si j'avais pas appris à dire non, je pourrais peut-être plus danser.
- Isabelle veut plus entendre parler de toi.
Lilah.
C'est pas moi, pour ta clé USB.
- C'est pas moi, pour ton justaucorps brûlé.
C'est vrai qu'en la mettant en garde...
j'espère qu'elle lâche le rôle.
Pour que je le récupère.
Mais vu qu'elle a rien lâché...
je pensais qu'elle supportait bien
l'entraînement.
Jamais j'aurais pensé que ça finirait comme ça.
- C'est pour ça que Roxane a arrêté d'obéir
à Isabelle. Elle a refusé la douleur.
- Isabelle l'a pas supporté
et s'est mise
à la torturer. - Après l'avoir isolée.
Merci beaucoup, Lilah.
- Mettez-vous en place
pour la répétition.
2e variation des barricades.
Où est Lilah ?
C'est elle qui décide
de venir ou pas...
- Je sais pas. - Bon,
on va commencer sans elle.
- Lilah se demande qui a mis le feu
au justaucorps de Roxane.
Est-ce que j'ai besoin de demander à mon chien de vous identifier ?
Viens ici. Viens, Donna.
Musique sombre
Vibreur
-Vous êtes sur la boîte vocale d'Isabelle Bourdier.
A vous. Bip
- J'en peux plus de me faire jeter. Je suis trop mal.
J'ai besoin qu'on se parle.
Musique sombre
Notification
Musique sombre
J'en peux plus de me faire jeter. Je suis trop mal.
J'ai besoin qu'on se parle.
Notification
Musique sombre
Notification
Musique sombre
Musique dramatique
Notification
- Les autres avaient une mauvaise influence sur elle.
J'ai essayé de l'éloigner d'eux. C'était nécessaire.
Je me suis détournée d'elle
parce qu'elle s'est rebellée,
mais aussi parce que j'ai compris qu'elle pouvait pas réussir.
Elle voulait pas souffrir.
L'excellence requiert de la souffrance.
Roxane n'avait pas de caractère. - Je rêve, là.
Vous lui avez pas enseigné la beauté de la danse.
- Vous avez torturé cette enfant.
- Tout ce que j'ai fait, c'était pour sa réussite.
Elle était comme ma fille. - Vous rigolez ?
Votre fille ? Votre chose !
Vous en avez fait votre chose !
Vous avez brisé cette gamine.
- C'est pour ça que j'ai voulu mourir.
- Arrêtez vos conneries.
Vous nous avez attendus pour faire semblant
de vous pendre !
Jamais vous avez voulu mourir !
Vous êtes trop narcissique pour ça !
Contrairement à Roxane, qui l'a fait
à cause de vous.
Je vous laisse pleurer sur vous-même, Mme Bourdier.
Embarquez-la.
- On l'embarque au poste.
- Il y a des monstres partout,
mais Bourdier risque pas grand-chose.
- Ca dépendra du juge.
Le père de Roxane a porté plainte contre elle.
Elle peut prendre 1 an de prison et 15 000 euros d'amende.
- Rien, comparé à ce qu'elle a fait.
- Nous sommes d'accord.
"She's Gone (Vocals)"
(Kaptain feat. Thomas Rossi & Jonathan Leurquin)
Aboiements
- Donna ?
C'est votre sonnerie de portable ?
- C'est pas ma sonnerie.
- Commandant, commissaire. - Ouais.
- Tout le monde est là. On va boire ce verre ?
- Je suis chaud. - J'ai à faire.
- On n'a pas fêté le pot
d'intégration. - On va chez Joe.
- Chez Joe ? - Ouais.
- On dirait un EHPAD.
- Tu rigoles ? - Sérieux.
Vous serez pas déçus. - Commandant, commissaire,
c'est moi, la plus courageuse ?
- Très bien.
Casper aimerait en savoir plus sur Columbo.
Hein ?
- Commissaire, je décline
toute responsabilité quant à la suite.
OK. Bon, Inès, vous nous suivez ?
Inès ?
Sonnerie
-C'est moi, Fabio.
Tu me fais pas monter ? - Tu veux quoi ?
-J'ai du champagne. Ton préféré.
On peut se faire un dîner... - J'ai pas faim.
-Et pour parler ?
- Tu sais quoi ? Non, en fait.
On prévient quand on passe chez les gens.
"L'envie d'aimer" (Daniel Lévi)
- Il a fallu devenir commissaire pour entrer dans un karaoké.
- Tout arrive.
Qu'est-ce que vous avez préparé ?
"Mourir sur scène" ?
"Tata Yoyo" ? Ca vous irait bien ou pas ?
- Moi, chanter ? Faudra me passer sur le corps.
Dommage que le Lt Salma nous ait fait faux bond.
- Pour répondre à la question de la dernière fois...
je pense sincèrement que...
le Lt Salma est un bon flic.
Elle doit juste apprendre à se réserver.
- Elle a peut-être pas tout réglé de son passé.
- Vous pensez qu'on règle les choses de son passé ?
Applaudissements
- Bon, commandant, c'est à vous.
- Ah... - Allez !
- Ah, si. - Allez.
- Uniquement si tu me dis comment vous me surnommez.
- Hm...
Oh... - Mais non...
- Iron Man.
- Hé, lieutenant Salma...
Ca fait plaisir.
- Vous avez trop de plaques dans le corps.
Vous sonnez aux aéroports.
- J'ai déjà sonné aux aéroports.
A un portique de sécurité, bip, bip.
- Prêt, Tony Stark ?
- Allez. C'est parti.
- Il va le faire.
Je suis pas venue pour rien.
- Iron Man. - D'accord.
C'est parti.
Yeah ! Cris de joie
"La fille du père Noël" (Jacques Dutronc)
- Oh !
- Non... - Allez, allez.
A vous. Allez, à vous.
Inès chante.
Inès chante. - Magnifique.
Quand vous voulez...
Léo chante.
- C'est à moi ?
- Ouais, c'est à vous.
- Dans le feu, j'ai remis du bois
Dans la cheminée Il y avait pas son père
- Il y avait pas mon père ? - Non.
- C'ETAIT LA FILLE DU PERE NOEL
J'ETAIS LE FILS DU PERE FOUETTARD
- Elle s'appelait... - Marie-Noëlle
- Je m'appelais... - Jean-Baltazar
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