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Musique douce
Je m'appelle Claire. Je suis contente de vous retrouver.
J'ai longtemps pensé à vous.
Je m'appelle Claire.
Je suis contente de vous retrouver.
J'ai longtemps pensé à vous.
Je m'appelle Claire. Je suis contente de vous retrouver.
J'ai longtemps pensé à vous. Je m'appelle Claire.
Musique douce
- Bonjour.
- Je m'appelle Claire.
Bonjour.
Je suis contente de vous retrouver.
- Moi aussi.
Je suis très contente de te retrouver.
- J'ai longtemps pensé à vous.
- Tu dois me détester.
- Non.
Mais c'est mal d'abandonner un enfant.
J'ai souffert.
Je vous en ai tellement voulu.
- Pardonne-moi.
- C'est difficile, de vous pardonner.
- J'avais pas le choix, tu sais.
- Ne me touchez pas ! - Je veux te prendre dans mes bras.
Attends.
Claire.
Claire, attends !
Claire !
Attends...
- Lâchez-moi !
Lâ... Lâ... Lâchez-moi !
Lâchez-moi ! Gémissement
- Pardonne-moi.
Cris
Musique de tension
- C'est bon.
Merci d'avoir fait vite.
- Un appel de vous, ça devait être urgent, commissaire.
- Elle avait votre carte de visite.
C'est votre écriture ? - Ouais.
Merde.
C'est pas vrai ?
- Vous la connaissez ?
- Ouais, elle s'appelle Louise Roman.
Il s'est passé quoi ?
- Traumatismes crâniens multiples. Elle a été
assommée à coups de pierre. Coma.
Sa tête a heurté
un rocher, c'est un miracle qu'elle soit en vie.
- A coups de pierre ?
On sait par qui ?
- Venez.
Musique intrigante
Mattéï.
- Je peux lui parler ?
- Bien sûr. Laissez-lui la place.
Allez-y.
- Claire ?
Claire ?
Regarde-moi.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Elle m'a appelée. Elle voulait me rencontrer.
- Tu lui as parlé ? - Oui.
Elle a voulu me prendre dans ses bras, je n'aime pas.
Ca m'a mise en colère.
Et quand j'ai voulu partir...
on s'est battues.
Après, elle était par terre.
Maman !
Non, maman !
Maman !
Elle est morte ?
- Non, elle est pas morte.
Elle est dans le coma.
- C'est moi qui l'ai frappée ?
- Je sais pas, Claire.
Et toi, tu sais ?
- Je me souviens plus bien.
Cri
Musique mélancolique
- On a retrouvé ça sur elle.
- Pourquoi se retrouver ici ?
- C'est isolé. Elles ne voulaient pas de témoins.
Qui est la victime, pour elle ?
- C'est sa mère.
Une sale histoire qui a commencé il y a 5 jours.
Musique intrigante
Qu'est-ce qu'on a ?
- Un des squatteurs a trouvé le corps.
Un autre a entendu du bruit cette nuit, mais il était stone.
Il a vu un truc
dépasser des dalles de béton, il a flippé et a appelé le 17.
- C'est qui, ces mecs ? - Des toxicos.
S'ils étaient impliqués, ils auraient pas appelé.
Meurtre d'enfant, tu prends cher.
C'est un gosse.
Visiblement, dans un sale état.
Je te laisse faire.
- Ca va, toi ? Tu te sens bien ?
- Ca va, mais j'ai eu plus que ma dose.
- Je m'en occupe.
- OK.
Haut-le-coeur
Elle vomit.
- Tu fais le prélèvement sur la semelle ?
- Léo Mattéï, brigade de la protection des mineurs.
Respiration haletante
- On l'a retrouvé dans le sac.
Respiration haletante
Pauvre gosse. Il aurait eu besoin de protection.
- Quel âge ?
- Vu sa taille, je dirais dans les 12 ans.
La légiste vous le confirmera.
Ca fait un moment qu'il est comme ça.
Il était ailleurs, au froid. Ca a conservé le corps.
- Homicide d'enfant et la brigade des mineurs
n'est pas au courant ?
Comment il est passé sous nos radars ?
- On a trouvé ça.
- Saint-Nicolas.
Le patron des enfants perdus.
- Ca l'a pas beaucoup aidé.
- Nous, ça peut nous aider.
Musique mélancolique
Comment on peut faire ça à un gamin ?
- La mort est due à ce choc.
Le trait, là.
Fracture occipitale massive.
Un coup à la nuque extrêmement violent.
C'est pas le seul dégât.
Dents cassées.
Fracture de la mâchoire et multiples fractures
à l'arcade.
- On l'a frappé derrière la tête.
Gémissements
- Exactement.
- Il est tombé sur le sol.
Gémissement
On l'a achevé avec un objet dur.
Ce qui a provoqué ces fractures.
- Oui, une pierre ou un bloc en béton.
- Et le reste du corps ?
- En examinant les fractures de l'occiput,
j'ai remarqué une particularité anatomique.
Regardez.
Les os de l'oreille interne sont fusionnés.
- Ce qui veut dire ?
- Il était sourd.
- Exactement.
Il était handicapé.
- Ca me rend malade.
Je m'y ferai jamais.
Pas un enfant de cet âge
signalé ici depuis 3 mois ? - Si, une dizaine.
Mais tous retrouvés.
- Un gosse handicapé
de 12 ans est mort et aucune famille ne l'a signalé ?
- J'ai peut-être
quelque chose autour de sa date de naissance présumée.
J'ai trouvé un article
d'il y a 12 ans.
Regardez ça.
-"Un bébé retrouvé abandonné
"derrière l'église Saint-Charles."
Pas de nom, donc pas d'identité.
- On l'a remis aux services sociaux ?
- Oui. Personne se souvient de rien.
C'était il y a 12 ans.
- Parfois, le nom de famille de ces gosses
est celui de la rue où on les trouve.
- Sérieux ? Du coup, le prénom ?
- Celui du saint du jour.
- Faut pas être abandonné un 14 juillet.
"Fête Nat", comme prénom, c'est pas top.
- Et le jour des Trépassés, on en parle ?
Bon, lui...
il a été abandonné un 14 mai, c'est la...
Saint-Mathias.
Derrière l'église Saint-Charles.
Essaie "Mathias Saint-Charles".
- C'est original.
- Mais ça marche pas.
- Faites une recherche
en parentèle avec son ADN.
- Elle est dans quelle rue, l'église ?
- Rue Grignan.
- Essaie "Mathias Grignan".
- OK.
- Oh !
- Sans déconner.
C'est un truc de ouf.
C'est ouf, votre technique.
- J'ai d'autres trucs de ouf.
- Il réside
en famille d'accueil à Martigues
chez Eric et Céline Casanova.
- Pourquoi ils ont rien signalé ?
Musique intrigante
Vrombissement
- Joseph.
Va chercher maman, va.
- M. Casanova ? - Oui ?
- Léo Mattéï, brigade de la protection des mineurs.
- Commandant Lambert. - C'est pour Mathias ?
- Vous vous êtes
décidés à vous occuper de lui ?
- Bonjour.
- C'est pour Mathias. - Vous l'avez trouvé ?
Enfin ?
- On peut vous parler en privé ?
- Oui. Va jouer avec tes frères et soeurs, chéri.
Comment va-t-il ?
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Il y a la police.
- Pourquoi ils sont tous là ?
- Pour Mathias.
- Il était où pendant 3 mois ?
- Malheureusement...
on l'a retrouvé mort.
- Oh, c'est...
Céline sanglote.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Il a été tué.
Céline sanglote.
- C'est tout ? Mais, c'est tout
ce que vous avez à dire ?
- Une enquête est en cours.
Céline sanglote.
- Mathias a toujours fugué.
On s'inquiétait,
parce que... il est malentendant.
Mais il était toujours revenu.
- Ca s'est passé quand, la dernière fois ?
- Eh bah...
Le 10 juillet.
- Oui, le lendemain de l'anniversaire de Rémi.
- Rémi, c'est un de nos enfants.
Enfin, c'est...
c'est un des enfants qu'on accueille, c'est la famille.
- Ah oui, c'est...
c'est comme si c'était nos enfants.
- Mathias vivait chez vous depuis quand ?
- Euh...
4 ans ? - Oui.
- Cette médaille
lui appartient ?
- Non, ça, c'est la médaille de Claire.
- Claire ?
- Une autre de nos enfants. Elle ne vit plus chez nous.
Mathias et elle
étaient très proches, et...
elle a dû lui donner.
- Vous voyez la grande photo ?
C'est elle, devant, avec le pull rayé.
- Oui, c'est notre Claire.
Elle vit seule, pas loin.
Elle est partie l'an dernier.
- Où avez-vous signalé la disparition de Mathias ?
- Au commissariat de Martigues.
- Vous savez où il fuguait ?
- Non, pas vraiment, non. - Non.
Il partait 2, 3 jours. Il allait se promener
dans la montagne.
Mais il était toujours revenu.
A chaque fois, on a signalé sa disparition.
A la fin, plus grand-monde se déplaçait
lorsque Mathias fuguait.
- Vous avez appelé ? - Evidemment.
Plusieurs fois.
Mais ils ont arrêté les recherches.
- C'est incompréhensible. - C'est scandaleux.
- Comptez sur nous pour l'élucider.
- Comptez sur moi pour porter plainte.
- A chaque fois, mon mari
allait prendre des nouvelles, et rien.
Ils croient, comme nos enfants sont différents,
qu'ils sont moins intéressants.
- Impossible de pas s'intéresser à ces enfants.
S'ils ont prévenu les collègues de Martigues,
il y a une trace de leurs appels. - Forcément.
Je vais aller les voir. Ca doit s'expliquer.
- Je vais voir Claire, leur fille. - Hm.
- On se fait un point demain ? - Ouais.
- Ca va, toi ?
- Ca va, merci. - Sûre ?
- Ouais.
- T'as quand les résultats
de la biopsie ?
- Ce soir.
Le médecin doit me dire mon stade d'avancement.
- Tu veux qu'on dîne ensemble ?
- Non, merci. Je suis pas seule, il y a mon fils.
- S'il y a ton fils, je peux pas lutter.
- Hm.
Musique intrigante
- Ca y est, j'ai fini.
- Merci, Eloïse.
- Bonsoir, docteur.
- A demain. Ah, Eloïse.
J'ai pas de nouvelles de Cédric Revault.
Tu l'aurais pas revu ? - Euh... Oui.
Je l'ai croisé par hasard. - Ah.
Et il va comment ? - Ca avait l'air d'aller.
- Bon, très bien.
J'espère qu'il va revenir. Malgré ce qui s'est passé.
Il doit pas abandonner son traitement,
il a un passé lourd.
Il a besoin d'être suivi.
Si tu le revois, tu lui diras ?
- Je lui dirai. Si je le revois.
- Bien sûr.
- Bonne soirée. - A demain.
- Papa ?
- Commandant, bonjour.
- Bonjour. - Je disais
à Eloïse que je suis contente d'elle.
- J'en ai jamais douté.
Mais excellente nouvelle.
- Je vais voir Ethan.
Je lui ai promis. - BONNE SOIREE.
- Embrasse-le pour moi. - Oui.
- A plus.
Vous vouliez me voir ? - Absolument.
Asseyez-vous.
- Je suis ravi que ça se passe bien.
- Hm.
- Oui ?
Il y a un problème ?
- Un problème, non.
Mais Eloïse a le complexe du bon samaritain.
- Et...
ça veut dire quoi ?
Ca veut dire qu'elle veut absolument se rendre utile,
sauver les autres.
C'est lié à ce qu'elle a vécu.
C'est le syndrome du survivant.
- C'est grave ? - En soi, non.
Simplement, ça risque de la mener dans des situations
où elle peut perdre ses repères. Voilà.
Je voulais vous prévenir. Soyez vigilant.
- Comptez sur moi.
- Elle vous a toujours pas parlé de...
de l'incident de l'autre jour ?
- C'est-à-dire ?
Musique de tension
- Regardez, commandant.
6 fugues en un an. A chaque fois, il est revenu.
- Sauf la dernière.
- Non, regardez.
- Quelqu'un a dit qu'on l'avait retrouvé ?
- C'est moi qui ai pris l'appel. C'était une femme.
- Qu'a-t-elle dit ? - Que l'enfant était revenu.
J'ai noté ce qu'elle a dit.
"Mathias Grignan est rentré à la maison.
"Il va bien."
- Vous avez vérifié sur place ?
- Les premières fois, oui.
Mais c'était la sixième.
- Vous avez fermé
le dossier sur un coup de fil ?
- On est en sous-effectif. Elle soupire.
Il y a eu d'autres appels ?
- Pas pour moi.
- Quelqu'un est venu se renseigner ?
- Je peux vérifier.
- Merci, faites donc.
Vrombissement
- Claire ?
Je peux vous parler ?
- Qui est là, s'il vous plaît ?
- Je suis
Léo Mattéï, je suis policier, je voudrais vous parler.
- Entrez. Bonjour, monsieur.
- Merci.
Votre maman m'a donné votre adresse.
- Je n'ai pas de maman.
Ma maman m'a abandonnée quand je suis née.
- Je suis désolé.
- C'est comme ça, je me suis habituée.
Même si c'est dur d'être abandonnée.
Après, on est seule.
C'est dur.
Vous voulez du café ?
- C'est gentil.
Il y a des mots partout.
- J'ai besoin d'écrire
avant de parler.
Putain de merde.
Elle soupire.
Putain de merde.
- C'est pas grave. - Putain de merde.
Laissez-moi faire, je suis autonome.
- D'accord.
- Tenez.
- Merci.
- Et là, vous avez cuillère et sucre.
- D'accord, merci.
Vous êtes pas seule.
Vous avez été adoptée par Eric et Céline Casanova.
Vous avez des frères et soeurs.
- Oui, c'est vrai.
Vous pouvez me tutoyer. J'ai pas l'habitude d'être vouvoyée.
Monsieur.
- D'accord. Bah...
Je te tutoie, alors. - Oui.
- Ils sont jolis, ces dessins.
Tu es très douée.
- Merci. Je travaille comme graphiste.
J'illustre des livres pour enfants.
- Bravo. Tu te débrouilles super bien.
Ca fait longtemps que tu vis seule ?
- Depuis que j'ai 18 ans. Ca fait un an.
- Et...
Tu préfères vivre seule
ou en famille avec Eric et Céline ?
- C'est mieux ici.
Là-bas,
je me sens en trop.
- Il est arrivé quelque chose à Mathias.
- Je sais, Céline m'a appelée.
Je suis très triste.
- Cette médaille,
elle est à toi ?
- Oui.
- On l'a retrouvée sur Mathias.
C'est toi qui lui as donnée ? - Non.
- Elle était sur lui.
Musique douce
T'as pas vu Mathias depuis longtemps ?
C'était après que tu partes de chez Eric et Céline Casanova ?
- Non.
Peut-être. Je sais plus.
- Ca veut dire quoi ?
- Peut-être, je sais plus. Je sais pas.
Parfois, je confonds les rêves et la réalité.
- Voilà. Euh...
Les enfants...
Avec maman, on a quelque chose à vous dire de...
de très triste.
Voilà...
Mathias ne reviendra pas.
- Pourquoi ?
Il est parti, lui aussi ?
- Comme Claire et Leïla ?
- Non.
Non, il lui est arrivé quelque chose de...
de très grave.
On lui a fait du mal.
Beaucoup de mal.
- Il est mort ?
Céline renifle.
- C'est ça, oui.
On l'a tué.
Il a été tué.
C'est pour ça qu'il faut faire attention.
Le monde est dangereux. Il faut pas
parler aux inconnus.
D'accord, Joseph ?
- Les enfants...
On est une famille.
Une famille différente.
Mais on est unis, on s'aime, on se soutient
les uns les autres.
- Alors...
les policiers vont venir, ils vont vous parler.
Vous questionner.
Il faudra tout leur dire.
- Même...
Même quand Mathias...
piquait...
des colères ?
- Tout, Joseph.
La vérité. Elle gémit.
La vérité.
Elle gémit.
- Emilie, Emilie !
- Doucement !
La spatule ! Doucement.
Doucement.
La spatule, dépêche !
Dépêche ! - J'arrive !
- Doucement. Emilie gémit.
- Tiens, tiens.
Tiens. - Ouvre ta bouche. Mords.
- Mathias a fugué 6 fois.
La première fois, les collègues ont enquêté.
La seconde aussi.
La troisième, ils se sont contentés de vérifier au téléphone.
Ils ont arrêté de vérifier. Ils se déplaçaient plus.
- Le gosse apparaissait, disparaissait, c'était la routine.
- Ouais, et ils ont bien reçu un appel,
le 13 juillet, disant que Mathias était rentré.
- L'appel a été enregistré ?
- Non. C'est une femme qui a appelé.
Et de ton côté, Claire ?
- Elle se souvient pas avoir vu Mathias.
Ni lui avoir donné sa médaille.
Je sais pas quoi en penser.
Elle me touche, cette gamine.
- On a quoi sur les Casanova ?
- Ils accueillent
depuis 10 ans.
Leur dossier est impeccable.
Il y a rien de suspect. Pourquoi ?
- On a un problème.
Personne au commissariat
se souvient d'avoir vu Eric Casanova
venir se renseigner sur la recherche de Mathias.
Ils touchent encore les allocations
du gosse. - Ah, d'accord.
- Vous insinuez qu'on a profité de la situation ?
- Je m'étonne que vous ayez pas signalé son absence.
- Vous connaissez
les services sociaux. On a oublié, c'est tout.
- On pensait que Mathias allait revenir.
- Vous avez oublié de vous renseigner sur les recherches.
- Je comprends pas.
Vous nous soupçonnez de quelque chose ?
- De rien. On fait notre boulot, on s'interroge.
Mais votre mari n'est pas allé au commissariat.
- C'est vrai ?
T'es pas allé au commissariat ?
- Non, c'est faux. Evidemment que c'est faux.
J'y suis allé 4 fois.
- Une femme a dit que Mathias était retrouvé.
- Attendez.
Vous nous soupçonnez de quoi ?
De mauvais traitements ? D'être responsables
de la fugue de Mathias ?
Ah, de l'avoir tué.
Vous pensez qu'on est des monstres.
- On fait ce qui, selon vous, n'avait pas été fait.
On vérifie.
- Vous mesurez pas ce qu'on vit.
Mathias était là depuis des années.
Et maintenant, il est mort.
- Demandez aux enfants.
Ils vous diront s'ils sont bien.
- Bonne idée, venez.
- OK ?
Montrez-moi la chambre de Mathias.
- Oui.
Oui, bien sûr.
Musique intrigante
Porte
- Les enfants...
ce monsieur est policier
et il aimerait parler avec vous.
Joseph. - Bonjour.
- Rémi.
- Bonjour. - Emilie.
- Bonjour.
- Mimi, elle est où ? - Pardon, maman, je suis là.
Bonjour. - Viens.
Voilà, hop, installez-vous.
- Bonjour. - Viens t'installer, ma chérie.
Voilà.
Musique intrigante
- Voilà, c'est la chambre de Mathias.
C'est là.
- Tu aimais bien Mathias ?
- Oui.
- Et... Tu parlais comment, avec lui ?
- Il savait lire sur la bouche, Mathias.
- Et lui, il parlait comment avec toi ?
- Il savait parler.
Juste, il parlait lentement.
- Mathias a perdu
l'audition progressivement, à 8 ans.
Il était capable de s'exprimer.
- Tu sais pourquoi il fuguait ?
- Chéri.
Tu dois dire toute la vérité.
- Mathias...
Il... Il...
allait voir Leïla.
Leïla. Il allait voir Leïla.
- Leïla ?
Musique intrigante
- C'est qui ?
- C'est Leïla.
- Leïla est une enfant que nous avons élevée.
C'est elle, sur la photo.
Mais elle est partie il y a 6 mois.
- Mathias l'aimait beaucoup.
Elle gémit.
Ca va ?
Vous voulez de l'eau ? - Non, ça va.
Elle souffle.
Musique intrigante
- Vous pouvez me laisser seul
avec les enfants ?
- Oui.
Claquement
- Je vais vous dire un secret.
C'est vrai, je suis policier.
Mais avant, j'étais un enfant, comme vous.
Et puis, comme vous...
j'ai pas eu de famille.
J'ai pas eu de parents.
J'ai grandi dans beaucoup de familles.
Parfois, ça se passait bien.
Et parfois non.
Mais...
Quand ça se passait mal,
je voulais rester,
parce que quelque chose me faisait peur.
Très peur. C'était de rester seul.
Ca, ça me terrifiait.
Et après, j'ai compris.
Personne n'a le droit d'être maltraité.
Surtout, on n'a pas le droit de faire du mal à un enfant.
Je vais essayer de vous aider. Pour ça, il faut que...
vous me disiez s'il se passe quelque chose
avec Eric et Céline.
- Je veux... pas partir...
pas partir d'ici.
Je... Je...
Je suis heureux, ici. Heureux.
- C'est exactement la même chose. - Pas partir.
- Je voulais pas partir, car j'avais peur de rester seul.
- Non. Non.
Eric et Céline, ils sont gentils.
Ils sont gentils.
Eric et Céline, ils sont gentils.
- Si quelque chose va pas avec Eric et Céline,
dis-le-moi.
Ce sera notre secret, je le dirai pas.
Parce que, moi, je suis policier.
Et un policier doit toujours savoir la vérité.
- Leïla...
elle m'a dit...
qu'il fallait pas que je reste ici.
Elle a dit que c'était pour ça qu'elle partait.
Et que Claire aussi était partie.
- Tu sais pourquoi ?
- Claire, elle est partie
pour retrouver sa vraie mère, elle disait
qu'elle allait nous aider.
- Vous aider à quoi ?
- A retrouver nos vrais parents.
Parce que...
Eric, il se comportait pas comme un vrai papa.
- Arrête, Mimi, tais-toi !
On veut pas partir !
C'est pas vrai !
Tout ça, c'est pas vrai.
- Quoi donc ?
- Ce que Mathias disait, c'est pas vrai.
Ils sont gentils, Eric et Céline.
- Ils sont gentils, vraiment ?
- Oui... Oui...
- Oui.
Oui.
Musique intrigante
- Leïla nous a quittés
il y a 6 mois, pour ses 18 ans.
- Vous savez où elle vit ? - Non.
- Non, on n'a aucune nouvelle.
- Elle est restée combien de temps ? - 3 ans.
Elle est arrivée à 15 ans.
- Elle n'a plus de liens
avec vous après ces 3 ans ?
- Les enfants
que nous accueillons sont différents.
Très souvent, il y a quelque chose de cassé en eux.
Comme ça. C'était le cas de Leïla.
- Son père la violait.
Et qui c'est qui les récupère, après ?
C'est nous.
- Parfois, ces blessures se réparent. Parfois, non.
- OK, restez à notre disposition.
- OK.
- A très bientôt. - Au revoir.
- Viens.
- Quelque chose tourne pas rond.
- Pourquoi tu dis ça ?
Un des gosses t'a parlé ?
- Non, mais...
Ils sont tenus.
Je le ressens. C'est viscéral.
- Il en faudra plus
pour le prouver.
- Ouais. Mais ces gosses sont prisonniers du silence.
Ils ont trop à perdre à parler.
- Un de ceux qui sont partis pourrait se confier.
- Je sais bien. Je vais rappeler Claire.
- OK.
Moi, je vais essayer de retrouver Leïla.
- Je dis à Jonathan de creuser
leur passé.
Il y a un malaise.
Je sais pas l'expliquer, mais il y a un malaise.
- En parlant de malaise...
j'ai encore eu un étourdissement.
- Merde. C'est ton traitement ?
- Sans doute.
- Eh, Olivia, avec moi...
t'as pas besoin de jouer aux héroïnes.
- Je sais, t'inquiète pas. - Hm.
Vibreur
- Eloïse.
- Vas-y, réponds.
- Oui. *-Allô, papa ?
- Ouais ?
-Je te dérange pas ?
- Non, je t'écoute.
-On peut se voir ce soir ? J'ai un truc à t'annoncer.
- Ecoute... Je vais pas tarder, là.
Musique entraînante
C'est très beau.
C'est Leïla ?
- Oui.
- Tu l'as revue après son départ de chez les Casanova ?
- Non.
- T'es sûre ? Pas comme Mathias ?
- Oui.
- Le cadre est cassé. Pourquoi ?
- Ca vous regarde pas.
- C'est beau, tes dessins.
Tu peux m'en montrer d'autres ? Pas ceux
du travail,
ceux que tu fais pour ton plaisir.
Musique intrigante
- Ce sont mes rêves.
Téléphone
Oh, putain.
C'est Céline. Je dois répondre.
Claquement
Musique intrigante
- Qu'est-ce que c'est ?
- Je voudrais vous signaler
que Mathias Grignan est rentré à la maison.
Il va bien.
- Mathias est en famille d'accueil
chez Eric et Céline Casanova.
- On a signalé sa disparition.
- Ils ont arrêté
les recherches.
- Les collègues
ont reçu un appel le 13 juillet.
C'est une femme qui a appelé.
C'est mot pour mot
ce que la femme a dit au téléphone.
- Claire aurait appelé pour dire que Mathias était retrouvé ?
- Apparemment, ouais.
Et si ses rêves étaient la réalité ?
Elle s'invente des rêves, parce que
la réalité est trop dure.
- Il y a une autre hypothèse.
Et vous savez que c'est une possibilité.
- Oh.
Bonsoir, mademoiselle.
T'as quelque chose à m'annoncer ?
- Ouais. J'ai rencontré quelqu'un.
- Ah. C'est une bonne nouvelle, ça.
C'est le garçon que j'ai croisé
sur le port ? - C'est ça.
- Il est pas trop âgé ?
- Non, on n'a que 8 ans de différence.
Il s'appelle Cédric. Cédric Revault.
- Tu l'as rencontré où ?
- Au centre où je travaille. Il est en traitement.
Je pensais que tu serais content.
- Qu'il soit en traitement ?
- Non.
Que je sois amoureuse, quoi.
C'est pas évident, avec ce qui m'est arrivé.
- Je suis très heureux pour toi.
- Papa, il est plus addict, d'accord ?
Il se soigne, ça va mieux.
- Il faut juste que tu saches une chose.
Une personne
qui a été addict a une faille.
- Je sais.
La Dr Fabre m'a fait la leçon.
Elle soupire.
Et moi, j'ai pas de faille ?
"Into The Wild" (Cascadeur)
- Non, mais je suis heureux.
-"Pour un carcinome invasif
"et rapidement proliférant de stade 3...
"pronostic de survie : 50 %."
"Into The Wild" (Cascadeur)
- Ouais. Excuse-moi, Joe.
Olivia.
- On doit encore voir si les ganglions sont pas touchés.
Mon médecin a décidé de commencer le traitement,
parce que je suis en stade 3.
Et c'est tard.
Vu le type de tumeur, j'ai...
50 % de chances de m'en sortir.
- 50 %, ça se gagne, Olivia.
Tu vas la gagner, cette bataille.
Qui t'a parlé des 50 % ? Ton toubib ?
- Moi, sur Internet. - C'est facile à dire,
mais il y a mieux à faire
que de te prendre la tête sur Internet.
- Je sais, mais c'est pas évident.
- Parles-en à Cabelle.
C'est le père de ton fils.
- Le plus tard possible.
Je lui dirai avant d'y passer.
- Dis pas de conneries.
- Si on peut plus rigoler... - On peut.
Mais la maladie rigole pas.
Et nous, on est là
pour t'aider. Tu vas pas gagner seule.
- Je sais. - Je suis là !
- J'ai pas envie d'être stigmatisée au boulot, tu comprends ?
J'ai pas envie d'avoir l'étiquette de cancéreuse.
- On n'en est plus là. - Ah oui ?
- Les mentalités ont évolué. - Tu verras.
On me traitera en contagieuse.
Cabelle me dira de prendre un peu de repos.
Mais c'est pas ça dont j'ai envie.
C'est pas ça dont j'ai besoin.
Musique douce
- Eric et Céline Casanova
sont différents.
Lui, c'est un enfant élevé en familles d'accueil.
Sa femme vient d'une famille de médecins.
- Elle était en rupture avec eux.
Elle a trempé dans l'altermondialisme.
- Elle est pas la seule.
- Elle a eu quelques coups d'éclat.
- Genre ?
- S'attacher au palais de justice pour protester contre la répression.
Ou s'attacher nue
place Saint-Pierre pour le climat.
- Elle s'attache facilement.
- Vous êtes en forme.
- Le commissaire a de l'humour.
- Jonathan, continue.
- Pardon.
Ils se sont connus en Afrique comme bénévoles.
A leur retour, ils sont devenus famille spécialisée
pour enfants handicapés.
- Dont Leïla Balbek.
Elle a été retirée à sa famille
suite à de nombreux actes de violence.
Ca lui a laissé des séquelles.
Elle a été placée chez les Casanova.
- Elle est partie
à sa majorité, il y a 6 mois.
- Depuis, aucune trace d'elle.
- Un mort, une disparue. Ca fait beaucoup chez les Casanova.
- C'est difficile, d'accueillir des enfants handicapés.
Vous savez le nombre
d'évaluations qu'ils ont dû passer ?
Ca prend des années.
Sans compter leurs difficultés de vie au jour le jour.
Un enfant handicapé, c'est complexe. 4, vous imaginez ?
- La plupart
de ces familles sont extraordinaires.
Mais il arrive que non.
Ca peut être des monstres manipulateurs.
C'est rare, mais ça arrive.
Dans ces cas-là...
les gamins vivent un enfer.
Un enfer dont ils peuvent pas parler.
S'il y a une chance que ce soit le cas,
je vais pas la laisser passer.
Les dessins de Claire, on peut pas les ignorer.
- Je suis d'accord.
- Il devrait pas tarder. Bah...
il est là.
Commandant Mattéï. - Ouais.
- Mme Casanova. - Bonjour.
- Bonjour, madame. Bonjour, Claire.
Merci d'être venues. Je vais te poser
des questions. - Je souhaite y assister.
- Claire est majeure.
- Elle est aussi sous tutelle.
- Vous pouvez y assister sans intervenir.
- OK. - Jonathan ?
- Ouais. - Tu viens ?
- Ca va bien se passer, ma chérie. T'inquiète pas.
Faites attention, Claire est sensible.
- Je sais, merci.
- Par ici.
- Tu as soif ?
- Asseyez-vous ici, Mme Casanova.
- OK, merci.
- Allez, viens.
Musique intrigante
Je sais que c'est dur pour toi d'être là.
Mais j'essaie de comprendre ce qui est arrivé à Mathias.
Céline nous regarde derrière ce miroir.
T'es en toute confiance, ici.
Parle-moi de toi, Claire.
Combien de temps tu es restée
chez Eric et Céline Casanova ?
- 9 ans.
J'avais 9 ans à mon arrivée.
- Et avant ?
- J'étais dans des foyers.
C'était triste.
Parfois, les autres étaient méchants.
- Tu préférais être chez eux ?
- Oui.
Mais j'aurais préféré retrouver ma maman.
Ma vraie maman.
-Tu la connais, ta maman ? *-Non.
On ne veut pas me dire qui elle est.
- Tu as déjà fait des démarches pour la retrouver ?
- Oui, mais on appelle ça être née sous X.
J'appelle ça être abandonnée.
C'est dur.
Après, on est seule.
- Si tu revoyais ta maman, tu voudrais lui dire quoi ?
Musique douce
-J'aimerais qu'elle voie
qu'elle a eu tort de m'abandonner.
Qu'elle me manque.
- Je comprends.
On veut tous retrouver nos parents.
Mathias aussi, il voulait retrouver les siens ?
- Oui.
Il aurait voulu.
- C'est pour ça qu'il fuguait ?
- Peut-être.
Je ne vis plus avec eux depuis un an.
-Claire.
Tu as prévenu la police qu'on avait retrouvé Mathias ?
- Oui.
-C'était quand, ça ?
- En juillet.
- Pourquoi t'as passé ce coup de fil ?
- Parce que c'était vrai.
-Est-ce que tu as revu Mathias ?
-Non, c'était la dernière fois.
Il était venu chez moi.
- Et il t'a parlé de quoi ?
- De Leïla, il savait où elle était.
-Il t'a dit où ?
- Non, mais il pouvait m'y emmener.
- Claire.
Tu es allée quelque part avec Mathias ?
- Il m'a emmenée avec lui. Je le suivais.
Il y avait quelqu'un enfermé dans une cave.
-C'est Leïla qui était enfermée ?
- Je ne sais plus.
On s'est battus. - Quand tu dis "On s'est battus",
ça veut dire qu'on s'est battus avec qui ?
- Je ne sais plus.
Je me suis réveillée.
C'était juste un cauchemar.
Juste un cauchemar.
- T'as peut-être pas rêvé.
- Vous avez eu ce que vous cherchez ?
- Cette audition était nécessaire. Asseyez-vous.
- Qu'est-ce que vous cherchez ?
- Je veux arrêter le tueur de Mathias.
- Vous pensez
que c'est Claire ?
C'est monstrueux.
Ils ont vécu ensemble des années.
Ils étaient frère et soeur.
- Claire peut nous aider à résoudre ce meurtre.
Et à retrouver Leïla.
- Allez, Claire !
- Mathias, n'y va pas !
- Leïla !
Pleurs
Cri
- Non.
Elle crie.
- Dépêchez-vous !
Allez !
Dépêche-toi !
Sanglots
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