All language subtitles for Leo.Mattei.Brigade.Des.Mineurs.S03E02.FRENCH

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Original subtitles

Aboiements

Soupir agacé

- Il remet ça, ce connard.

- Ils vont aboyer toute la nuit.

Aboiements

Hervé ?

Tu fais quoi ?

- On passera pas une nuit blanche. - Calme-toi, Hervé.

- Rentre tes clébards ou je les tue !

Je te jure !

Tu m'entends ?

T'as 10 secondes !

10...

9... 8...

Halètement

Oh !

Musique pesante

Musique dramatique

C'était un accident.

J'ai sursauté, le coup est parti.

- Ce gamin, vous l'aviez jamais vu ?

Aucune idée de qui il est ?

- Mais non, aucune.

- Et vous lui tirez dessus comme ça ?

- J'ai dit que c'était un accident.

Il va s'en tirer ? - Commandant Mattéï ?

Je peux vous parler ? - Oui.

- Aucun organe vital n'a été touché.

- Il va comment ?

Je vous ai pas appelé pour le coup de fusil.

- Ca va pas le faire. Je suis désolé.

Embarquez-le.

Musique pesante

- Il est en coma avancé.

Pas à cause de la blessure par balle

mais du froid et de l'épuisement.

Il a dû faire des kilomètres avant de s'écrouler.

- Pourquoi traverser cette forêt de nuit

dans cette tenue ? - Maltraitance ?

Il a des fractures

multiples, et regardez.

Il y en a partout.

Ici des ecchymoses, des cicatrices, des brûlures...

- Récentes ou pas ?

- Certaines oui, d'autres non.

- T'es en sécurité ici, maintenant.

Autre chose ?

- Il souffrait d'hypothermie.

Brûlures sur les bras, ecchymoses sur les jambes...

Il a une prothèse de la hanche.

- Ah oui ?

- C'est rare, à son âge. - Il y a un numéro de série ?

- Oui.

- On va donc pouvoir savoir qui il est.

- Oui, Commandant, je vous mets sur haut-parleur.

Arnaud Cholet, né le 22 octobre 2000 à Anthony.

Pas de maltraitance signalée.

Mais il a un gros dossier

de délinquance : vol,

racket, menaces, coups et blessures.

Et ça s'est accéléré la dernière année.

- On parle du même ?

Là, il ressemble plus

à une victime.

- Les enfants maltraités sont des ados maltraitants.

- Les cassés qui deviennent

des cassants, je sais.

- Il y a de quoi.

Sa mère est morte. Il a été élevé par son père.

- Envoie-nous l'adresse de la famille.

-Il a été placé en centre

d'éducation renforcée.

- CER Les Jeunes Pousses.

Ils accueillent des jeunes en difficultés.

- On sait ce que sont les CER.

Ils sont juste avant la case prison.

- Certains centres travaillent bien.

- Ils ont laissé un souffre-douleur en pleine nature

entre la vie et la mort. Prévenez le père.

Enquêtez sur le CER.

- Je vous envoie tout.

-Merci. - De rien.

- Comment il s'y retrouve,

dans ce bordel ? - Sa logique nous dépasse.

- C'est maladif, non ?

- Ouais.

(J'adore.)

- Moi aussi, je l'aime bien.

Brouhaha

- Vous arrêtez !

Arrêtez !

- Ca a l'air sympa, ici.

Arrête !

Sifflet - Ca suffit !

- Pas mal ! - L'autorité ou le physique ?

- Killian, Steve, 10 minutes

d'abdos, 15 tours du centre.

- C'est fini, le service militaire.

- Quand je te vois, je me demande si c'était une bonne chose.

- C'est privé, ici. - Mattéï et Nassib,

brigade de la protection des mineurs.

Vous êtes le responsable ?

- Oui, pourquoi ? - Il vous manque

un jeune, non ?

Arnaud Cholet.

Cherchez pas, il est à l'hôpital.

Musique de tension

- Je n'avais pas remarqué

son absence parce qu'il est en course d'orientation.

- Seul ? Sans adulte ?

- Oui, ça permet de valoriser ceux qui se sont

bien comportés, ça rebooste leur image d'eux-mêmes.

- Vous vous êtes planté.

- Arnaud est à l'hôpital

et vous demandez même pas comment il va.

- Si, bien sûr. Comment il va ?

- Il va...

entre la vie et la mort.

Merci de demander.

Déshydratation,

hypothermie, des plaies

et une balle dans l'épaule.

- Pardon ? - Les autres mômes,

il faut les rapatrier.

Ils sont où et combien ?

- 4, ils sont injoignables.

- Pas de téléphone ?

- Ils n'ont que le strict nécessaire.

- Les marques sur le corps d'Arnaud, vous étiez au courant ?

- Non. Evidemment, sinon,

j'aurais réagi.

Arnaud extériorisait son mal-être

par la violence. Je pensais

que c'était fini.

- Vous pensiez ! Mais vous devez vous en assurer.

- Vous avez vu

les effectifs que j'ai ?

- Raison de plus pour pas les envoyer seuls dans la nature.

- Je crois en ce type de défis.

On est là pour ces ados, pour leur redonner

un cadre, des repères.

- C'est tellement vrai que...

t'en as poussé un à se barrer.

- On est dans le même camp.

Je comprends pas vos remarques.

- Ils ont un une feuille de route ? - Oui.

Bien sûr. - Je peux la voir ?

- Hum...

Tenez.

Il est passé où ?

- Vous inquiétez pas. C'est habituel.

- Encore une minute.

- Ils vous font faire ça souvent ?

- Quand y a des embrouilles.

- Arnaud Cholet avait des embrouilles avec qui ?

-"Avait" ? Il lui est arrivé quoi ?

- Vous étiez potes, non ?

- Vite fait.

- Il a dit ou fait quelque chose

qui allait pas, ces derniers temps ?

Il avait des ennuis, ici ? - Des ennuis ?

Pourquoi ? On est chez Mickey, ici.

- Ca va pas me faire rire.

Léo Mattéï souffle.

Dis-moi, le directeur, il est sympa,

sérieux, ou c'est un emmerdeur ?

- Vous jouez à quoi ?

- Quand on parle de Mickey...

Je fais du sport.

- Il tiendra pas longtemps.

- T'as vraiment rien à me dire ? - Rien.

- Monsieur Destrier ? - Ouais ?

- On peut voir la chambre

d'Arnaud ? - Oui.

- Top,

c'est fini !

- Tout le monde rentre ! Vite !

- Ils sont partis ? - Vous allez pas me la faire.

- Oh, oh, ouais, c'est bon.

J'étais sur les épaules.

- C'est ça. - Si, si.

- Ouais. Les pecs, vous en avez pas.

- C'est bon, ça va !

- Comment c'est possible ? Il lui est arrivé quoi ?

- On essaie de le comprendre.

Quand votre beau-fils rentrait, c'était comment ?

- Souvent, il était consigné

au centre. Sinon, il restait dans sa chambre.

- C'est toi ? - Oui.

- C'est ton frère ?

- Oui.

- Pas de photos d'Arnaud ? - Non.

- Tu peux me le dessiner ?

- Oui.

- J'ai essayé de bien faire. Pendant un an.

Au début, j'ai cru que ce serait

super qu'Arnaud soit un grand frère pour eux.

Mais ça a été un enfer.

A l'école, il se battait souvent

avec ses camarades. Il revenait blessé, nerveux.

On pouvait rien lui dire.

Il en faisait qu'à sa tête.

Et j'ai baissé les bras.

- C''est toujours difficile pour un ado d'être

dans une nouvelle famille.

- Je sais et j'ai tout fait.

Tout ce que je pouvais

pour lui offrir une place

mais j'ai échoué. Il m'a menacée.

Il fallait qu'on fasse quoi de plus,

qu'on se sépare ?

A un moment, c'était lui ou nous.

- Son père l'aidait ?

- Si, il essayait.

Sauf qu'il est rarement là, avec son métier.

- Il a été prévenu ?

- Il est au travail. Je lui ai laissé un message.

J'avais peur. Peur pour moi, pour les enfants.

Ce centre a été notre seule solution.

(-Je comprends.)

- Putain, le bordel.

- C'est toi qui dis ça ?

C'est un avis de connaisseur.

- Dans les CER, l'ordre n'est pas

de mise ? - C'est le cas.

Mais je leur laisse des zones de liberté.

Je veux restaurer

la confiance des mômes.

- Avec vos méthodes,

Arnaud est dans le coma. - Arnaud progressait.

- Son pote de chambrée, c'est qui ?

- Killian, que vous avez vu en bas.

- Ils s'entendaient bien ? - J'ai jamais eu

de problèmes sérieux avec eux.

- Commandant ? - Ouais.

- Il y en a pour un petit

paquet d'argent, là.

C'est pas

des allumettes.

Intéressant.

Tu m'expliques ?

D'un côté, j'ai Arnaud, ton pote,

couvert de coups et blessures, 14 ans, 40 kg tout mouillé.

Et de l'autre côté, j'ai toi...

Costaud, bagarreur...

Partageant la chambre d'Arnaud.

- On s'amusait à se sauter à la gorge à coups de lame.

- T'as raison, je suis con.

Vous étiez potes, OK. Vous vous battiez avec qui ?

- Avec personne.

Personne le faisait chier. - Tu comprends pas.

Si tu parles pas, tu seras

accusé de racket et d'agression

sur Arnaud. - Vous avez que dalle.

- Tu repasseras devant

un juge et ce sera un centre d'éducation

fermé, et c'est pas la même limonade !

T'entends ça ?

Tes sorties, tes potes,

tes parents,

ce sera fini. - Tant mieux.

Musique pesante

- Killian, si tu m'aides pas,

je vais pas pouvoir t'aider.

OK, t'as gagné.

On va arrêter de perdre du temps.

C'est fini ?

T'as quel âge ? 17 ?

- 16.

- Sur une espérance de vie de 78, il t'en reste 62.

2 solutions.

Soit tu les bousilles, soit t'essayes d'en faire

quelque chose de bien. T'essayes... mieux que ça.

Musique à suspense

- Attendez !

Pour les lames et le sang...

- Scarification ?

Tu te fais ça tout seul ?

Et ça date pas d'hier.

Le plaisir, c'est le défi,

la douleur ? - Là,

vous savez. - OK.

Et Arnaud ?

Une idée pour ses blessures ?

- C'est pas moi.

- Il était comment, ici ?

- Ca va, il était cool.

Sauf quand il revenait de chez lui.

Alors il préférait être consigné.

Il évitait ses parents.

- Ses coups et blessures, ça pourrait venir de ses parents ?

- C'est vous le flic, pas moi.

- T'as raison.

Musique de tension

- Destrier ! Sale fils de pute !

- Vous êtes le père d'Arnaud ?

Calmez-vous, police !

On enquête sur ce qui est

arrivé à votre fils. - Ce gros nase n'a pas su

le protéger.

Viens ! - Du calme !

Posez cette barre !

- Tu bouges pas !

Prends ça !

Aïe !

- Lâchez ça !

- Aïe ! - Calmez-vous !

Je comprends votre douleur mais si on veut

parler, il faut vous calmer !

- C'est bon, là, je suis calme !

- M'obligez pas à vous menotter

devant les gosses. - Vous pouvez y allez !

- Où est ce fils de pute ?

- Suivez-nous à la BPN.

Allez, ça suffit, c'est bon.

Musique de tension

Musique pesante

- Je devrais pas m'emporter comme ça.

Ca m'a débordé.

- Ca vous a débordé.

Ca arrivait aussi quand Arnaud vous tenait tête

ou qu'il était ingérable ? - Je l'engueulais

mais...

- Vous le frappiez ? - Pardon ?

Je l'ai jamais touché ! Ne m'accusez pas !

- On vous accuse pas. On veut comprendre

les coups et blessures d'Arnaud

et ce qu'il fuyait.

- Il a fui le centre.

Tout vient de là !

Y en a marre, je vais

poursuivre le CER et cet éducateur

qui les laisse partir sans rien.

- Vu ce qu'on a, n'importe quel avocat

prouvera que Destrier

n'a pas commis de faute.

- On aurait pas dû le laisser là-bas.

- Le laisser là-bas ?

Il était pas là-bas sur ordonnance du juge ?

- Arnaud !

Arnaud ! - Quoi encore ?

- Tu vas où, là ?

Tu te barres ? - Oui, chez un pote.

- Rentre à la maison ! - C'est pas chez moi.

- T'es à ça de la pension ! On rigole plus, là !

- Fais-le ! Je m'en fous ! Je veux partir !

- Parle pas comme ça ! - Je parle comme je veux.

- Non ! - Va te faire foutre.

- Il a jamais accepté la mort de sa mère.

- Il avait 4 ans à sa mort.

Il l'a peu connue mais...

Ca l'a marqué, oui.

Pendant toutes ces années,

j'ai fait ce que je pouvais pour lui.

Mais j'étais absent à cause du boulot.

Il s'accrochait à moi et j'ai pas toujours su répondre.

- Cette histoire,

c'est un décès mal géré.

Il a vrillé à l'adolescence.

- Des conneries, la violence. Il appelait au secours.

- Oui mais le problème, c'est pas son passé.

C'est son éducateur qu'il faut choper.

Sirènes au loin

Un portable bipe.

- Je suis convoqué chez le dirlo.

- Vous avez fait quoi ?

- Rien de plus

que d'habitude.

- Ils ont quoi ? - Je sais pas.

Léo Mattéï frappe à la porte.

- Tu voulais me voir ?

- La gendarmerie m'a appelé.

On a retrouvé les compagnons de bivouac de ton môme.

Sains et saufs. - Ils ont mis le temps.

- J'adore ce ton, tu ferais

un très bon commissaire. - Oui.

Qui peut le plus sait faire le moins.

- Je sers à rien,

c'est ça ? - Oui.

- Tu vas te marrer. Regarde.

On aurait dû les retrouver

par là. - Ouais.

- En fait,

ils étaient ici.

- Tu te fous de ma gueule. - Non.

- Bon, soit ils ont un mauvais sens de l'orientation...

- Peu probable.

- Soit ils ont pas eu la bonne carte.

- Je t'en prie.

- Jonathan,

creuse plus sur Destrier. - OK.

- Clara, viens avec moi,

de la féminité peut aider, avec les ados.

- Je peux mettre une jupe. - T'en as, toi ?

Jeanne, toujours en contact avec le CHU ?

- Oui, pourquoi ?

- Les parents Cholet devraient voir leur fils.

- OK. - Merci.

- De rien.

Musique pesante

- Je suis désolée.

J'aurais pas dû

te pousser à le placer. Je...

- Non...

C'est moi qui l'ai abandonné.

Tiens bon, mon grand. Tiens bon.

Je suis là, maintenant. Je suis là.

Je serai toujours là.

Gazouillis d'oiseaux

Un train passe au loin

- Pourquoi Arnaud est parti à moitié à poil ?

- Tu nous accuses ? - On s'inquiète.

On sait rien. - On se détend.

- Vous deviez traverser

la forêt avec ça et rien d'autre ?

Vous bousculez pas pour répondre.

Cool. - Ouais.

- Ouais.

- Parlez. - On sait pas

ce qui lui est arrivé.

Personne voulait faire

cette virée. - C'était pas

un cadeau ? - Se cailler,

avoir faim... - Oh !

Le salaud !

- Tu vis où ? - On se tutoie ?

C'est formidable.

- Quoi ? - Ca, c'est interdit.

- Sans le GPS, on était bloqués.

- Il a servi à rien. - Y avait pas de réseau.

- Vous le direz

à l'éduc' ?

- Arnaud est parti

en laissant son sac.

Alors donnez-le-moi.

- Donne-lui, c'est mieux.

- Merci de votre coopération.

Musique de tension

- Putain, mais c'est pas vrai !

Allô ? Mademoiselle Marjorie Delalande ?

- Killian, concentre-toi.

Quoi ?

- Votre feuille de route est différente

de celle des mômes.

- Tout le monde dehors.

Eric, accompagne-les.

- Les gars, on y va. Allez.

- C'est la même carte.

- Echelle moins précise. Moins d'indications...

La même ?

Non, je crois pas.

- Ils ont tracé la carte

à partir de mes indications. S'ils l'ont mal tracée,

c'est pas ma faute.

- Et vous vérifiez jamais ?

- Je passe pas mon temps à les fliquer.

- Pas fliquer, protéger.

Ils avaient rien à manger, pas de couvertures...

- Et de l'anti-moustique ?

Ils sont pas partis faire un trek en Amazonie.

Si vous les aviez pas

interrompus... - Combien

seraient dans le coma ?

- Vous êtes là pour Arnaud ou pour mon travail ?

- Regardez-moi bien.

Je peux faire les 2.

- Commandant ? - Oui ?

- Il y avait ça dans le sac d'Arnaud.

- Qu'est-ce que c'est ?

- 5 000 euros en cash.

- Ah !

Des explications ? Laissez-moi deviner.

Pas d'explications. Vous en savez rien.

Emmène ça à la scientifique et relève les empreintes.

Au revoir. - Au revoir.

Musique de tension

- Jeanne ? Je peux te parler ?

Avant d'être en charge d'un CER,

Destrier s'occupait d'associations de mômes.

Colonies... - Il a la vocation.

- Regarde,

tu vas voir.

- Oh !

- Il se met en avant dans les journaux locaux.

- Calme-toi ! Qu'est-ce qui t'arrive ?

Pourquoi t'es si remonté ?

- Je suis pas remonté. J'ai juste trouvé des trucs.

Je dois aussi

te montrer ça.

Entre 2004 et 2006, il disparaît

de la circulation. Pourquoi ?

Il était où ?

- Je sais pas... - Il se planquait.

- Il tentait de se faire oublier suite à la mort de mon frère.

- Ouais, c'était ça.

- C'est mon petit frère.

Benoît.

Il avait 12 ans.

On vivait à Ploubazanec.

Et on partait

en colo dans le coin.

Un été, Benoit a fait un stage de voile

à Trébeurden dans un yacht-club accueillant des camps de scouts.

Ils ont fait un jour une sortie en mer.

Mais la météo était

mauvaise. Les marins rentraient.

Mais Destrier a maintenu

la sortie. - Il était chef

chez les scouts,

déjà en mode : "Vous êtes

"des hommes". - La météo a empiré.

Et les enfants rentraient pas.

Quand il a décidé d'appeler les secours,

c'était trop tard.

- Sur les 6 gamins partis, il y a eu un mort,

Benoît, le frère de Marjorie.

- Il y a pas eu de poursuites ?

- Elle a porté plainte, mais sans succès.

- Les familles ont défendu Destrier.

La paroisse

le soutenait. C'était un accident

ou la volonté de Dieu.

- Vos parents

aussi ? - Surtout mes parents.

Pour eux, c'était sans doute la seule façon d'accepter.

- Vous étiez seule contre tous.

- Vous pouvez pas imaginer !

J'étais mineure.

Et les flics ont vite lâché l'affaire.

Une fois majeure, j'ai voulu faire rouvrir le dossier.

Mes parents m'ont tourné le dos. On ne se parle plus.

C'était il y a 10 ans.

J'habite entre la Bretagne et Paris.

Je sais pas où ils sont.

- Ce qui est arrivé à votre frère et ce qui arrive à Arnaud,

ce sont pas des coïncidences. - C'est pas si simple.

On peut pas rouvrir un non-lieu.

- C'est dégueulasse.

- Destrier a tué mon frère !

Un autre enfant est dans le coma. Il faut l'arrêter !

- Jonathan, craque le portable récupéré par Clara.

Et trouve-nous des infos sur Killian, le copain d'Arnaud.

- Vous pensez à quoi ?

- Marjorie a dit que Destrier était dur avec les enfants.

Si les ados du CER parlent, Destrier tombe.

- La scientifique dit qu'il y a

2 empreintes dans le sac

avec l'argent. - Récupère les empreintes

d'Arnaud. - OK.

- Comment un gamin de 14 ans se retrouve

avec 5 000 euros sur lui ?

- Deal, racket, prostitution...

- Pas pour 5 000 euros en grosses coupures.

Jonathan ?

Envoie-moi vite les infos sur Killian.

- Vous allez où ? - Voir quelqu'un

qui connaissait bien Arnaud.

Y'en a beaucoup qui savent

et se taisent.

- Euh...

Pourquoi il fait toujours ça ?

On frappe à la porte.

- Monsieur Cholet ?

Bonjour, Clara Besson, Brigade des mineurs.

Je serai brève.

- Pour vous, on est de mauvais parents.

- Pourquoi vous dites ça ?

- J'ai abandonné mon fils et baissé les bras.

- Ca a dû vous coûter,

de le faire.

- Je vais donner ma démission. Je vais trouver un autre boulot.

Quand il sortira du coma, je serai là.

Je passerai du temps avec lui.

On fera plein de trucs ensemble.

Et il ira mieux.

Oui, il ira mieux.

- On a trouvé 5 000 euros

dans le sac d'Arnaud. - Quoi ?

- Ca viendrait d'où ?

- Je sais pas.

Il a 30 euros

par mois.

Il dépense tout.

- Je prends vos empreintes.

Pour vous éliminer

de la liste des suspects.

Gazouillis d'oiseaux

Croassements de corbeaux

- Ca va ?

- Votre fils ?

Il vous ressemble pas.

- C'est pas mon fils.

Il s'appelle Benoît.

Il est mort il y a quelques années dans une sortie en mer

organisée par...

Destrier.

- Il a pas de bol, Destrier.

- Faisons un deal.

Je coupe et tu m'écoutes.

C'est pas

une question de bol.

Il pousse trop

les gamins, non ?

Benoît me fait penser

à Quentin.

Ton frangin.

Musique pesante

Il avait le même âge,

à sa mort.

- Vous feriez mieux de la fermer.

- Le juge a statué négligence.

Ton père a pas été inculpé pour ça.

Juste après ça, tu tentes de le planter.

Ton propre père.

T'étais pas d'accord avec le jugement, non ?

- Un connard. Un alcoolo ! Incapable de s'occuper de nous !

- Toi et moi,

on supporte pas les adultes qui maltraitent

les enfants, ça nous rend

dingues.

Dis-moi ce qui

se passe ici. J'ai besoin

de savoir pour Arnaud

et pour Quentin. - Pourquoi ?

Ca fera revenir mon frère ?

- Les 5 000 euros d'Arnaud, ça te parle ?

T'es pas au courant.

- Remontez.

Encore vous ?

- Petite question.

Cette photo vous parle ?

- Evidemment.

Laisse-nous. - Il me faut

tes empreintes.

- Pourquoi ?

Y a du nouveau ? - Peut-être.

Peut-être pas.

Merci.

J'ai besoin des vôtres aussi.

Musique de tension

Il faut qu'on parle, vous et moi.

Du petit Benoît.

- Vous me pompez l'air, Commandant.

Vous voulez qu'on parle de ce drame ?

Alors j'ai quelqu'un à vous présenter.

- T'as avancé sur le téléphone d'Arnaud ?

- J'ai pas eu le temps.

- Mais ça urge !

- Clara, je sais ce que j'ai à faire.

Fais pas chier. - Il se passe quoi ?

- Il se passe rien. Je bosse.

- Un problème avec l'affaire ?

- N'importe quoi, il y a rien !

- T'es à fleur de peau !

- Tu t'inquiètes pour moi, toi ?

- Oui, tu ne me charries plus.

Tu m'évites. - Ca va...

Parle à Mattéï.

- Ok, je le ferai. Ca te va ?

- Reste pas comme ça, c'est tout.

Musique de tension

Il frappe. - Entrez.

- Christian Delalande, secrétaire générale de l'association.

- Delalande ?

Le père de Benoît ? - Oui, pourquoi ?

En quoi puis-je vous aider ? - Le commandant voudrait

des renseignements sur l'accident de Benoît.

Je vous laisse.

Vous savez où me trouver.

- Je comprends pas.

Benoît est mort sous la responsabilité de Destrier

et au lieu de déposer

plainte, vous travaillez avec lui.

- Parce que ce qu'on lui reproche est injuste.

Il avait fait un travail formidable.

- Avec Benoît ?

Pas selon votre fille.

- Vous avez parlé à Marjorie ?

Elle était très jeune.

Très proche de son frère. Ca a été une tragédie.

C'est plus facile de désigner un responsable que d'accepter

que ça arrive. Marjorie a fait une dépression,

avec séjour en hôpital psychiatrique.

- Votre fils est mort.

Arnaud Cholet suit le même chemin et vous croyez

à une coïncidence ?

- Manu travaille avec des dizaines et des dizaines d'enfants

compliqués, des bombes à retardement.

Il a une méthode bien à lui. De bons résultats.

Alors oui, il a eu 2 accidents en 10 ans.

Pour combien d'enfants aidés ?

- 2, dont votre fils qui est mort.

2...

de trop.

2...

pour l'instant.

J'ai besoin de vos empreintes.

L'enquête.

- C'est les vidéos du téléphone du gamin, c'est surprenant.

-Tu vois, là ? *-Tu vas pas le faire, mec.

-Si tu le fais, je te donne 10 balles.

Brouhaha

- Lui-même se faisait du mal.

- Il se faisait ça tout seul. - Analgésie.

Ne pas ressentir

la douleur physique. - Personne n'a rien vu.

- Un garçon serre les dents face à la douleur.

Là, c'était plus facile.

- On cherche un coupable qui n'existe pas.

- Attendez, et ça, ça compte pas ?

-OK, vous êtes tous des merdes. Je fais qui ?

C'est qui, que je fais ? *-Destrier ?

-Si vous brisez notre contrat de confiance,

il ne se passe plus rien.

- Ca en dit long sur Destrier et ses méthodes.

- C'est juste des gosses qui caricaturent l'autorité.

- Donc on arrête là ?

- Destrier est un sale type. Il prend des risques

inconsidérés avec les gosses.

On n'a rien contre lui.

- Et le témoignage de Marjorie et la Bretagne ?

- Ca aussi, c'est une impasse.

Marjorie est allée en hôpital psychiatrique,

mais Destrier a un discours concret.

- J'y crois pas, il va s'en tirer !

- Jonathan !

- Non, c'est bon, là !

Jonathan soupire.

Musique triste

Jonathan sanglote.

- Comment s'appelait le mec qui ressemblait à Destrier ?

- Julien Dupont.

Un mec à la carrure de Mike Tyson.

Lui aussi éducateur de foyer.

- Et il aimait pas les mauviettes ? - Il méprisait

ceux qui étaient pas des gros durs.

J'avais un pote

qui passait son temps à écouter sa musique.

Sa passion, c'était le dessin.

- Pas très viril.

- Non.

Julien Dupont voulait en faire un vrai mec.

D'humiliation en humiliation, le gamin s'est défenestré.

Triple fracture des côtes et du bassin.

Il a failli y passer.

- Personne n'a reconnu la responsabilité de l'éducateur ?

- C'est une TS. C'est comme ça que ça marche, non ?

Une tentative de suicide, c'est la faute du gamin !

- Evidemment.

- C'est comme ça, la justice ?

Des pervers qui bousillent la vie des gosses et pas vu pas pris ?

Et on doit accepter ça ? - Non.

Non, on doit pas.

Mais comment être plus fort que...

Que le mec qui est plus fort qui soi ?

- En étant plus intelligent.

- Je vais pas lâcher.

Il y a encore plein de pistes.

L'argent qu'on a trouvé, les empreintes...

T'as eu du bol de tomber sur un bon kiné.

Ta hanche, on voit rien.

Je suis con, c'est pas toi.

C'est ton meilleur pote.

Musique à suspense

Bips continus

- A l'époque, on vivait à Ploubazanec.

Bonjour.

Je viens voir le Cdt Mattéï. - Pour une prise d'empreintes.

- Ah bon ? Pourquoi ? - Formalité pour l'enquête.

Je vous fais patienter.

- Je te rappelle.

Une prise d'empreintes et elle la fait attendre ?

- Une idée de Mattéï.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'ai été convoqué

suite à ton témoignage

sur ton frère.

Marjorie, non...

OK...

On est pas d'accord sur ce qui est arrivé

à Benoît, mais tu crois pas qu'on pourrait se parler,

redevenir une famille ?

- Je crois pas. - Je n'en peux plus.

J'ai perdu mon fils, dans cette histoire.

Je voudrais retrouver ma fille.

S'il te plaît...

- Je peux pas.

Je ne peux plus.

Musique triste

- Arrête... - Voilà Robocop !

- Vous voulez quoi ?

- Je t'emmène ?

Destrier va pas appeler les flics.

Allez, monte.

Allez, on n'a pas le temps.

Jugulaire, sécurité.

Doucement sur la clope, toi.

Musique à suspense

- Qu'est-ce qu'on fout là ? - On vient voir ton pote Arnaud.

- J'ai pas envie. - T'as pas envie ?

T'as la trouille, un grand machin comme toi ?

Allez, oh ! On y va.

Bips continus

Tu viens ?

Musique douce

- C'est quoi, votre idée pour coincer Destrier, hein ?

- Qu'est-ce qu'il fait tout seul dans le couloir ?

Comment tu t'appelles ? - Clément.

- Et t'es tout seul ? Non mais...

Alice,

on laisse pas un petit Clément tout seul.

Les médecins ont confirmé l'analgésie.

Arnaud s'infligeait ses blessures.

Vous êtes blanchi.

- Vous me faites venir pour ça ? - Ouais.

Quoi d'autre ?

Musique de tension

C'est quand on a vu les vidéos qu'on a eu le déclic.

- Vous m'aviez pas dit leur avoir pris un téléphone.

-Tu vas pas le faire, mec.

Brouhaha

-Les gars, vous oubliez pas. On a un contrat de confiance.

Tu connais, ça, le contrat de confiance ?

Il connaît pas !

-Arrête tes conneries.

- Désolé de vous avoir soupçonné.

- C'est terrible, ce qu'Arnaud a pu se faire.

- Et que personne n'ait rien vu.

- Tu te fous de ma gueule ? Tu m'imites ?

- De quoi vous parlez ? - J'ai vu le film.

- C'était pour déconner.

- Tu me discrédites.

Tu sapes le boulot que j'ai mis en place pour vous aider !

Je peux te broyer en un clin d'oeil, tu sais ?

Il suffit que j'explique à la juge que t'es violent, intenable...

- C'est pas vrai !

- Et alors ? Ta vie dépend de moi.

Je fais ce que je veux.

C'est moi qu'on croira !

C'est moi, l'adulte responsable. Toi, t'es qu'un déchet.

Tu sapes le boulot que j'ai mis en place pour vous aider !

Je peux...

- C'est bon, ça. Mieux que des aveux.

- Vous m'avez manipulé. - C'est ça, ouais.

J'ai joué sur votre terrain.

- Et utilisé un gamin !

- Magnifique, venant de vous.

Moi, je lui ai demandé son avis.

- La vidéo, c'est pas une preuve.

- Bien au contraire.

Vous êtes pas près d'approcher des gosses de sitôt.

Non, laissez.

Le lieutenant Nassib

va s'en occuper.

- Allez, baisse la tête.

Allez, baisse la tête.

Merci, Commandant.

- Je peux te parler ?

Tiens.

- Votre numéro ?

- Non, c'est celui de ton père.

Il a arrêté de boire depuis 2 ans. Il est suivi, il a un boulot.

T'es obligé de rien.

Parfois, les gens changent.

On peut pas excuser la violence.

Mais à son père, on peut laisser une chance, non ?

- Commandant ? - Ouais ?

- On a une correspondance pour les empreintes.

Clara s'éclaircit la gorge.

- C'est fini ?

Il a été arrêté ?

Il va aller en prison ?

- Ca dépendra du juge, mais il aura du mal à retrouver

un boulot auprès d'ados.

- Merci, je vais enfin pouvoir commencer à vivre.

- On a ça pour vous.

On l'a retrouvé

dans le sac d'Arnaud, et étrangement...

y a vos empreintes.

- Vous lui avez donné

cet argent, non ?

- Et alors ?

- Et alors ? Depuis la mort de votre petit frère,

vous surveillez Destrier, guettant un faux pas.

- Un jour,

vous l'avez suivi.

Vous avez abordé les jeunes et vous êtes concentrée

sur Arnaud.

- Il se vantait

de ses défis et avait

le profil idéal pour monter un plan contre Destrier.

- Y avait pas de plan.

Arnaud devait juste aller

un peu plus loin en forêt

et appeler à l'aide.

Il fallait juste qu'on ouvre une nouvelle enquête sur Destrier.

- Pour venger votre frère, vous avez mis un autre ado en danger.

- Vous serez déférée à la PJ

et inculpée de mise

en danger délibérée de la vie d'autrui.

- Je lui voulais pas de mal.

Destrier doit payer.

Il a tué mon frère !

- Arnaud Cholet est aujourd'hui dans le coma et rien ne dit

qu'il se réveillera.

Rien ne peut justifier ce que vous avez fait à ce gosse.

Musique triste

- Il est dur, Mattéï.

J'aurais réagi comme elle, dans les mêmes circonstances.

Sous-titrage : BLUE ELEMENTS

.

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