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Il y a 24 ans, on était en France. Là, on se retrouve au milieu de l'océan
Pacifique.
Des conditions extrêmes. Un petit stress.
Bonsoir à tous, ce sont les 18 naufragés de Koh-Lanta. Ils ont de 19 à 62 ans et
c'est l'aventure de leur vie qui commence.
Ils ont eu le courage de quitter leur famille pour se mesurer aux éléments et
surtout aux autres.
Est-ce que tu fais des coups de trafalgar à droite à gauche ? À qui j'ai
fait des coups de trafalgar ? Je me sens trahi. Je n'ai confiance totalement en
personne.
J'ai toutes les cartes en main. La peur et la souffrance, mais aussi les joies
et les amitiés vont transformer ces 18 Français.
Après, plus rien ne sera jamais pareil.
J'ai jamais vu ça de ma vie, au moins dans notre petite campagne.
C'est ici en Micronésie, dans l'archipel de Palau, au beau milieu du Pacifique,
que ces aventuriers vont se découvrir et composer avec ce paradis qui parfois se
transformera en enfer.
Je ne pensais pas que l'antenne était aussi dure. Là, je suis vraiment à bout
de souffle. Qui saura tirer son épingle du jeu ? Qui saura se faire apprécier de
tous ? Certains vont se révéler de parfaits Robinson.
Tous devront s'adapter à cette nature luxuriante mais hostile.
À ces eaux limpides et poissonneuses, ce temple de la vie sous-marine où le
danger n'est jamais loin.
Dans ce bleu turquoise, tout témoigne de la vigueur de la nature et du souvenir
des hommes.
Cet archipel sauvage, ce labyrinthe d'îles promet bien des mystères et bien
des richesses à ces naufragés volontaires.
Tous veulent être l'ultime survivant et remporter les 100 000 euros de
récompense. Koh Lanta, 18 aventuriers, 40 jours, 1 survivant.
Ils ne sont plus que 14 Français à tenter de survivre sur deux îlots perdus
du Pacifique.
D'un côté les Rouges, les Corors.
Emmenés par Freddy, l'infatigable élève ingénieur du Nord.
J'ai 10 000 idées par seconde, je ne peux pas toutes les réaliser, mais
celles que je réalise, à chaque fois c'est une réussite, et sur commentaire
vous aurez des surprises.
Freddy sait tout faire, mais le problème c'est qu'il le dit haut et fort, ce qui
a le don d'agacer ses compagnons.
Frédéric va nous sortir les plans.
Il n'écoute que lui-même. Construisez le deuxième flotteur, c'est exactement le
même que celui-là. On voit qu'il y en a un, il aime faire le leader.
Marine a du mal à se contenir.
Cette jeune peintre en bâtiment n'a pas l'habitude de se laisser diriger.
Mon rêve maintenant, c'est de construire une entreprise de peinture qui va
pouvoir me permettre de donner des ordres.
À 19 ans, c'est la Benjamin, mais avec déjà une sacrée expérience.
Ex-pompier de Paris et compagnon du devoir.
C'est vrai que moi je suis d'autant plus surpris par Marine à son jeune âge. Elle
fait preuve d'un aplomb, d'une assurance.
Je suis persuadé qu'elle va aller très très loin dans l'aventure.
Marine attendrit Alexandre qui se comporte en grand frère.
Sensible et fort à la fois, ce policier est un artiste, féru de guitare. Je suis
naturellement gentil, cool, jusqu'à un certain stade.
Christina, elle, c'est de hip-hop dont elle raffole. Cette jeune Marseillaise
qui a eu le courage de s'éloigner de sa maman adorée cherche sa place dans le
groupe. J'ai un peu des craintes sur mon adaptation.
Quand quelque chose ne va pas, j'ai tendance à me replier sur moi-même. On
laisse la cuisinière limer les pourneaux.
Isabelle l'a bien trouvé sa place.
Elle est la maman du groupe, responsable de la marmite. On va faire 4 doses pour
ce soir. D'accord.
Pour épater ses deux bambins, elle veut aller loin et briller comme du temps de
sa splendeur, quatrième dauphine de Miss France.
J'ai envie vraiment de leur prouver que je suis la maman idéale.
Stop Raphaël ! Raphaël aussi est une habituée des concours de beauté.
Cette ex-Miss Languedoc a à cœur de montrer que derrière la sylphide se
cache une athlète très volontaire.
Ne vous fiez pas aux apparences, en moi sommet une aventurière.
Oui, vas-y, allez !
Lui, Patrick, ce n'est plus de la volonté, mais de l'obsession.
Moi, ce que je veux, c'est aller loin.
Il veut gagner et sera prêt à tout.
Toujours de bonne humeur, cet ouvrier teinturier aime par-dessus tout s
'amuser. Je suis un grand gamin, on va dire. J'aime bien déconner, mais amuser,
voilà.
Face à eux, les jaunes, les maouailles, pour eux, les conditions sont plus
dures. Contrairement aux Rouges, ils n'ont pas gagné le feu et ne parviennent
pas à en faire.
Et puis, ils ont appris à leur dépens que la nature peut être hostile.
Rodolphe se souviendra longtemps de son expédition avec Fabienne Eclair.
C'est pas le bon chemin.
Perdu, rattrapé par la nuit, les trois naufragés ont dû improviser un bivouac.
J'ai peur un peu pour moi et pour les filles. Une situation...
Que Rodolphe déteste.
Lui, le papa marseillais qui veille toujours au bien-être de ceux qui l
'entourent. Ils ont un papa sur qui ils peuvent compter.
Pour moi, c'est important.
Le 4-4, il est prêt à livrer, là ? Malgré ses coups de gueule, c'est un
carrossier au grand cœur.
Alors là, il s'est senti responsable de la détresse de ses deux camarades.
Claire à peine, fatiguée, la jeune franco-ontoise a suivi sans trop de
peps.
Pourtant, chez elle, à Pontarlier, c'est une boule d'énergie.
C'est bon, tu peux venir ranger. Cette responsable de magasin mène son monde à
la baguette. Tout le monde doit suivre et tout le monde suit. Mais toujours
avec justesse.
Fabienne, elle, a bien tenu le choc. Mais cette sudiste entêtée est perplexe.
On est redescendu comme ça. Comment ont-ils pu se perdre ? Parce que la
rando, c'est son truc. Avec son mari qu'elle ne quitte jamais, elle aime
parcourir ses montagnes et il est bien difficile de lui faire perdre l'honneur.
Je veux prouver à mes enfants et mon mari que même si je ne suis pas très
sportive, je peux aller très loin dans l'aventure.
Louis Laurent, resté au camp, était pétri d'angoisse.
Ce grand garçon qui a monté avec ses parents une société de fret entre la
France et les Antilles est très attentionné.
Sportif, il est un atout pour les Mawaï.
Kader aussi pourrait faire la différence.
Plein de punch.
Ce responsable de sécurité dans une discothèque a du ressort et de la
gouaille. Je crois que la vie a plein de dents.
Mais cela ne suffit pas pour l'instant. Et les jaunes enchaînent les défaites
aux grands dames de Cahoutère.
Fière, voire ombrageuse, cette jeune parisienne déteste par-dessus tout qu'on
lui résiste. Attention à vous, Kiwari.
Garçon manqué, un peu brutal, cet employé de bureau rêve de gagner.
La victoire pour les Rouges !
Pascal tente d'analyser les raisons de ses échecs, mais en vain.
Observateur, ce cadre SNCF alsacien peut se révéler un vrai moteur. S'il faut
prendre des responsabilités par rapport à une équipe, je suis tout à fait en
capacité, en volonté de le faire.
Après de longues discussions, tout compte fait, c'est Anthony qui a dû
partir.
Ce guéluron de Marseille faisait le bonheur du camp, mais ses emportements
gâchaient le plaisir.
La nuit des Mauailles a été perturbée par le conseil, mais avec le jour
revient une lancinante angoisse, la faim. Ça remplace le café du matin, ça.
À part quelques bananes, ils n'ont rien avalé de consistant depuis bientôt une
semaine. Les filles sont très affaiblies et du coup, la tribu enchaîne les
défaites. Moi, je m'aime bien pour le passé.
Cahoutère est au plus mal.
La jeune parisienne, d'ordinaire pleine d'entrain, est sans force.
Parce que là, je me sens vraiment la faim, tu vois. Après noix de coco, après
banane, tu vois.
Je me dis, ça, ça va finir demain.
Après demain, on a quoi ? On n'a rien. Il n'y a rien.
Pour gagner, il faut qu'on ait au moins quelque chose, tu vois.
On ne gagne pas comme ça, avec l'estomac vide, en disant, ouais, on va gagner.
Non, non, mais t'as raison.
On est tous pareils, on est mal.
Honnêtement, on arrive faible dans les épreuves.
Heureusement qu'on a le mental qui prend le dessus.
Mais on arrive faible dans les épreuves. Je pense que j'ai dû commencer à en
perdre un peu.
On a pris de l'avance.
Il n'y a pas que les filles qui souffrent. Pascal, le solide Alsacien,
est lui aussi très fatigué.
Honnêtement, aujourd'hui, je me sens un peu fébrile. Je pense que ce sont les
effets de la faim qui, depuis deux jours, m'atteignent un peu physiquement.
Ça a commencé hier et ce matin, c'est un petit peu accentué. Je pense que je vais
essayer de me boire une petite eau de coco ce matin.
Comme c'est bien sucré, ça fait du bien. Pour aller mieux, il faut manger.
Même s'ils n'ont pas de feu, les jaunes ont de quoi se nourrir. Seulement voilà,
ils sont en overdose de noix de coco.
Certains en sont même malades.
S'il y a un amateur qui se représente maintenant ou se taise à jamais. C'est
pas que j'aime pas ça, mais je pense que c'est ce qui m'a rendu malade.
J'ai l'impression que c'est ce qui m'a rendu malade depuis le début.
Surtout le jus de coco.
J'ai été malade pendant trois jours, je vais un petit peu mieux, donc j'ai pas
envie de recommencer.
Pascal, c'est sans façon.
Si on veut vraiment aller au bout de cette aventure, il faut arrêter de se
dire « la noix de coco, c'est pas bon ». On n'a que ça, on n'a qu'à s'estimer
heureux, on n'a même pas à chercher la nourriture. Elle est là, elle est
partout. Donc même si elle nous rend un petit peu malades, c'est ce qui nous
permettra de rester le plus longtemps, je pense.
Sans feu, les maouais n'arrivent pas à diversifier leur régime alimentaire.
Ils ont faim.
Comme Freddy, le nordiste est affamé et n'hésite pas à tester de nouveaux goûts.
On vient de trouver une espèce de criquet. On va le faire plus ou moins
grillé et puis le manger.
Tu le manges lui s'il a envie de le manger.
Ça c'est bourré de protéines et de glucides.
Donc on va manger ça juste avant de partir. On est prêts à faire du bien.
T'as envie de le manger ? C'est bon, je lui laisse son espèce de criquet ou je
ne sais quoi.
Sans plus le cramer qu'autre chose, mais ça se mange. Bon, si vous en voyez,
gardez-les-moi.
Patrick, lui, se verrait plus manger un plat de chez nous, de la volaille par
exemple. La poule frite à midi. Le fier trincurier part à la chasse à la poule
sauvage.
Si j'écoute un petit chant de poule ou de coque, il y a plus de ce côté-là-bas.
C'est un peu secteur, mais peut-être n'importe où. C'est vrai que là, sur le
camp, il y a une poule qui nous nargue depuis deux jours.
Elle s'amuse à passer devant nous quand on va chercher du bois. Et puis, quand
on essaie de la traquer, on ne la trouve pas. Ou alors, elle est à 30 mètres de
haut dans les arbres.
Dès que je l'ai vue, j'ai eu le goût du poulet dans la bouche. C'était
impressionnant. Ah oui, on va tout faire pour la trapper.
J'ai piqué un petit split, mais après je n'osais pas trop courir parce que j
'avais peur qu'elle s'arrête de chanter. Je ne savais pas exactement où elle
était. Elle pousse beaucoup plus en hauteur. Elle se trouvait dans les
falaises, donc c'est inaccessible. Il fallait mieux abandonner tout de suite.
Une poule ne m'attrape pas comme ça.
Même dans un enclos de 3 mètres carrés, je mets au défi quiconque d'attraper une
poule aussi facilement qu'ils ont l'air de le penser.
Le chasseur est bredouille, mais l'ingénieur est en veille. Freddy cogite
sur la façon d'attraper cette satanée poule. Je vais plutôt essayer de poser
des pièges. Entre autres, qui consistent à mettre une grosse pierre en équilibre.
Et en fait, dès que la poule viendra, la pierre tombera dessus et j'espère que ça
la tuera.
Une pierre de la mort, il s'appelle.
Ça tue, ça tue net.
Sur Mawaï, les poules excitent aussi l'appétit des jaunes. J'aiguise bien
pour être prêt à égorger la poule quand on va l'attraper. Et ils ont tellement
faim qu'ils sont prêts à les manger crus.
Le piège est vrai, fabriqué à partir du filet de pêche trouvé par Rodolphe lors
de son périple de l'autre côté de l'île.
Mais pour que le piège fonctionne, encore faut-il bien l'installer. Et ce n
'est pas une mince affaire.
Il y a un problème avec le vent. Le vent le fait basculer. On avait un problème
de fixation et comme d'habitude, papa et ses bonnes mains nous ont trouvé une
solution.
Si vous faites là, il ne va pas tenir. Là, il rentre. On s'y rentre les doigts.
Voilà.
Papa est là.
Avec ses idées. Pour l'instant, ça tient. Ce piège est sophistiqué, mais
sera-t-il efficace ?
Il y a deux types de galinacées sur Mawaï. Des poules sauvages, cousines
rustiques des poulets de basse-cour et des mégapodes de palao.
Ce volatile noir à longues pattes est endémique à cet archipel où ils nichent
dans la terre.
Ces oeufs sont très convoités, ce qui menace la survie de l'espèce.
Il va falloir qu'on mette au point une vraie stratégie parce qu'elles sont
sacrément malines ces poules. Écoute, si la poule elle est par là, si on est là,
on voit ce qui se passe et la poule ne peut pas... Oui, c'est juste sous les
noix de coco.
Se cacher derrière un arbre, je ne crois pas.
Même si on est immobile et elle nous voit, je ne pense pas qu'elle sera
purée. Je pense qu'elle peut s'avancer quand même si on ne bouge pas. Bien sûr,
si on ne parle pas, rien du tout.
Il ne faut vraiment rien faire, une statue.
Et je pense que c'est assez curieux, une poule, pour s'avancer quand même et
tenter le risque de manger.
En enlevant ton truc jaune, peut-être, toi, en étant vraiment neutre, je crois
qu'elle viendra quand même.
Méfiez-vous de l'homme qui a faim.
On va finir par trouver un moyen de manger les poules parce que...
On se dit quand même qu'on a un moyen d'avoir de la viande sur l'île, autant
ne pas s'en priver. Je viens de voir trois poules. Elles sont dans la
clairière au fond. On va peut-être essayer de les ramener là.
Apparemment, Rodolphe a vu trois poules. On va voir ce que ça donne, mais à la
main, ça va être extrêmement difficile.
Bien qu'il soit le doyen, Rodolphe est le plus actif des jaunes. Le Marseillais
n'est pas du genre à lézarder au soleil.
Ces jeunes coéquipiers sont impressionnés par la fraîcheur et le
dynamisme de leur aîné.
Rodolphe, il est impressionnant par son énergie. Il court après les poules, il
est très fort.
En fait, Rodolphe, il a d'autres bonnes réserves, il a la pêche, il a la
motivation. Pour moi, c'est le candidat le plus admirable depuis le début de l
'aventure. J'en ai revu une encore, elle a couru comme ça, dans cette direction
-là. Il faudrait être un lynx pour pouvoir poursuivre un truc pareil.
Les poules ont gagné, elles ont semé les chasseurs. Mais il en faut plus pour
abattre le doyen des aventuriers.
C'est sûr, à 52 ans, Rodolphe le Marseillais est une pile électrique.
Même à la maison, Rodolphe ne se repose jamais.
Rodolphe est un autodidacte, un courageux. Cette bâtisse, il l'a retapée
lui-même, à la force du poignet.
J'en suis fier parce que j'ai pas un grand niveau d'études, j'ai pas d'argent
de départ, donc c'est tout à l'assure.
Le travail, c'est la religion de Rodolphe, Libanais d'origine. Roger
Rodolphe. Patron charismatique et respecté d'une carrosserie, il dirige
son monde d'une main de fer dans un gant de velours.
Rodolphe est un sanguin, un volcan à l'éruption aussi soudaine qu'effroyable.
Grande gueule parfois, mais grand cœur toujours.
C'est un papa pauvre en fait, il s'occupe de tout, il vérifie tout.
Rodolphe prend son rôle de patriarche très à cœur dans cette tribu, cette
famille recomposée dans laquelle il puise sa force et son énergie. On sait
qu'on peut compter sur moi.
C'est bien, on a fait ce qu'il fallait pour ce matin, on rentre, on va se
peser. Ce matin ils voulaient tous se préserver, tous garder leur énergie pour
l'épreuve. Donc je bouge un peu, du coup ça leur donne un peu des remords et ils
bougent un peu avec moi.
Il y a un arbre, on dirait qu'il y a de la papaye dessus.
C'est juste là, deux secondes.
On a découvert une grotte.
Elle est très belle.
Cette course-poursuite effrénée a entraîné les aventuriers jusqu'à une
immense grotte cachée derrière les racines d'un bagnan accroché à la
falaise. Moi, je trouve ça fabuleux.
À tous les niveaux, trouver ça sur une île comme ça, ça me dirait un truc
préhistorique.
Il y a même de l'eau qui coûte à l'intérieur.
On se croirait quand on regardait Tarzan avec Johnny Westmuller dans les années
60. Au départ, j'ai cru que c'était des lianes, mais en sortant justement de
cette grotte, on s'aperçoit que ce sont des arbres qui poussent au bord de la
falaise et dont les racines retombent jusqu'au bord de la grotte et qui font
un peu comme une porte, une grille de lianes qui repoussent après dans le
sable ou dans la terre. C'est magnifique, je n'avais jamais vu ça.
En tout cas, ça peut servir de campement en cas de pluie, je te le dis. L
'existence de cette caverne est une bonne nouvelle pour les Mawai. Mais il
faut rentrer au camp où le message annonçant le jeu de confort est arrivé.
Pourriez les gars, les Mawai ! Très franchement, je veux vraiment gagner. Il
n'y a que ça qui nous pousse aujourd'hui. C'est gagner pour faire
spirale et regagner demain.
Gagner deux épreuves à la suite. Il faut le pas pressé pour l'emporter. Courir.
Le truc ovale là. Pour ne pas presser, il faut marcher vite. C'est le pas, donc
tourner autour du truc avec les poils. Ça va être une épreuve d'endurance, donc
le mental jouera autant que le physique. Je vous dis, on va tout donner en
endurance, à fond, on va tout donner. À fond,
à fond, à fond, à fond, à fond.
Les filles, ça va être très dur pour elles. C'est pour ça que c'est elles que
je rebooste en premier.
À Claire, je lui dis, prouve-moi qu'on a bien fait de ne pas t'éliminer, qu'on a
éliminé Anthony.
Ça va être une manière de la motiver, mais en même temps, pas méchamment. Je
veux dire, fais-nous voir que tu peux être là, qu'on a besoin de toi dans l
'équipe. À fond les...
Bonjour à tous.
Alors vous vous en rendez compte, au fur et à mesure des jours qui passent, la
survie devient de plus en plus difficile.
Voilà pourquoi il est indispensable pour vous de remporter les jeux de confort et
les récompenses qui vont avec.
Le prochain jeu de confort, c'est tout de suite.
Et regardez la récompense.
Des palmes, des masques, un harpon, un filet, une épuisette, de quoi pêcher.
Mais pour ça...
il faut remporter l'épreuve d'aujourd'hui, l'épreuve de la poursuite
dont la règle est particulièrement simple.
Vous allez être obligés pendant toute l'épreuve de porter le cordage qui est à
vos pieds.
Vous allez vous trouver de part et d'autre d'un parcours circulaire et c
'est l'équipe qui rattrape l'autre qui a gagné, sachant que vous pouvez dans
chaque équipe abandonner le reste de la troupe si vous n'arrivez pas à suivre le
rythme. Bonne chance.
Attention, 3, 2, 1, go !
Les
deux tribus sont embarrassées d'un lourd cordage de
40 kg qu'il ne faut pas lâcher.
Cet ovale fait 80 mètres de circonférence.
Marcher dans l'eau et qui plus est sur un sol meuble est épuisant.
Personne n'a pris l'avantage.
Les deux équipes sont encore au complet.
Les deux équipes avancent d'un bon pas, mais les Rouges semblent grignoter du
terrain.
En un tour, les Rouges ont pris l'avantage, quelques
mètres d'avance, mais rien n'est fait.
La règle est simple, si quelqu'un a l'impression de ralentir sa cordée, il
peut la quitter. Mais à ce moment-là, ses coéquipiers auront une charge plus
lourde à porter. Il faut donc faire le bon choix.
Les jaunes, vous êtes
en danger ! Les rouges, reviennent !
Claire quitte la course à contre-cœur, Cahoutère fait pareil.
Claire vient de lâcher, Cahoutère vient de lâcher.
Les rouges sont toujours au complet.
Non, Raphaël vient de quitter son équipe rouge.
Les Mawai ne sont plus que 5 et il leur en serre les dents.
Le jeune homme a mal.
Sa blessure à la cheville du début de l'aventure semble se réveiller.
Les jaunes viennent de perdre leur meilleur élément. La pression des
rouges augmente.
Allez les rouges, allez ! C'est pas fini les jaunes, allez ! C'est pas fini
!
Voilà que la pluie s'emmêle, la fatigue est trop grande, Pascal flanche.
Pascal, quitte l'équipe des jaunes, ils ne sont plus que trois.
Fabienne, elle, invincible, tient encore.
Allez, on y va, on est derrière,
on est derrière.
Allez les jaunes, c'est pas perdu.
Les rouges, décidément, vous prenez goût à la victoire. Troisième succès d
'affilée. Et regardez ce qui vous revient. Ce kit complet de pêche, c'est
la récompense de votre belle victoire.
Bravo, les jaunes.
Il faut impérativement que dans votre équipe, il y ait une remise en cause.
Il faut penser aussi à la stratégie, parce que c'est sans doute dans ce
domaine-là que vous avez été dominé par les Rouges aujourd'hui. La conséquence
de tout ça, c'est que vous partez sur votre campement comme vous êtes venu, c
'est-à-dire avec rien.
Bon retour sur vos campements.
Les Mawai rentrent abattus sur leur camp, encore une défaite, la troisième d
'affilée. L'ambiance s'en ressent immédiatement.
Je suis très déçu, je ne peux pas le cacher.
Au niveau de l'équipe, on a été désorganisés.
On a eu un problème de synchronisation au niveau de nos pas.
Ce qui fait qu'on avait tendance à se heurter les pieds dans nos différents
pas. On n'était pas en cadence.
Pour le poids de la corde, il y avait trop de disparités entre les tailles.
Ça fait qu'il y en a des petits qui ne portaient pas, les grands qui portaient
plus. Le seul ressenti que j'ai, c'est que j'ai lâché et que la corde était
super lourde.
Bon, ça m'a imposé une remise en question et j'ai vraiment le sentiment
que c'est de ma faute si aujourd'hui on n'a pas notre tenue plus longtemps.
C'est vrai que nous on est un petit peu dégoûtés d'avoir lâché un petit peu trop
tôt. J'avais l'impression de ne pas être allée au bout de ce que je pouvais dans
un jeu et j'ai horreur de ça. Mais c'est vrai que là où on me demandait de
lâcher, je ne lâche plus.
Là on en est au fait qu'on accumule des fêtes et qu'il va falloir réagir
sérieusement.
C'est sûr, il faut réagir et surtout réfléchir.
L'organisation et la stratégie sont les deux points faibles des Mawai qui, ce
soir, se morfondent.
Ce matin, les Rouges sont pressés d'expérimenter le kit de pêche gagné la
veille, à commencer par le filet.
Ah ouais, il est grand. Il est immense.
Je le voyais beaucoup plus petit.
Ah, il est en rond ? Ouais.
C'est un peu une épuisade géante, donc on tire, et puis en tirant, ça aspire
les poissons, et puis... Moi, personnellement, je pense que c'est un
filet qu'on jette.
Parce que quand on regarde des reportages à la télé, c'est vrai que les
mecs, ils ont une technique, ce sont des barques où ils ont des gros filets,
comme ça, avec une chaîne, et dès qu'ils voient un petit banc de passants, ils
jettent. Et moi qui pensais qu'on allait juste...
Jeter le filet et attendre qu'il pêche tout seul.
Là,
on essaie d'avoir au moins un poisson.
C'est pas garanti.
Il faut réussir à ce qu'il s'ouvre.
C'est long, ça ? On peut essayer d'aller comme ça ? La
technique, on ne savait pas trop comment ça marchait.
Tout de suite avec Freddy, on s'est mis chacun d'un côté.
Le maximum de largeur.
Donc on avance comme ça et ça a pas mal payé. Allez Patrick, on met tous les
poissons.
Et voilà, notre premier petit poisson. On démarre bien.
C'est peut-être pas vraiment la bonne technique, mais elle est pas mal.
On part un peu l'air. On a le premier poisson.
C'est un bon début. De la friture, même de taille modeste, c'est un plus non
négligeable pour agrémenter le riz.
Encouragés par cette première réussite, les aventuriers persévèrent.
Pour le moment, c'est assez sympa parce qu'on a attrapé pas mal de petits
poissons. C'est assez concluant, on va dire.
T'imagines si on arrive à attraper des gros sols, là ? Ah ouais ! Allez, j'ai
tenté le harpon ! Le harpon, c'est aussi une très belle récompense, mais de là à
pouvoir attraper un poisson, je pense que ce ne sera pas aussi facile que le
filet. Le filet, on est sûr que tous les matins, on fait au ratis 5-6 fois la
plage et on est sûr d'avoir notre petit poisson du matin. Allez, hop ! La
cuisson !
Alexandre n'a effectivement rien attrapé avec le harpon, mais il ne revient pas
les mains vides. Il a trouvé une bouteille échouée sur la plage. Il y a
un message.
Alors, fluctua nec mergiture.
Quoi ? Quoi d'entre vous seront vos charpentiers des mers ? Un radeau. Un
radeau. On a tout de suite pensé à une épreuve de radeau, donc il faudrait
construire un radeau.
Mais c'est six heures trois personnes, c'est un peu bizarre.
Honnêtement, moi je pense aux trois hommes.
Les rouges doivent désigner trois charpentiers, mais Patrick, qui voit le
mal partout, se méfie et décide de ne pas envoyer tous les hommes.
Patrick a peut-être raison.
J'ai trop peur que les trois personnes qui participent, les trois charpentiers,
ne participent pas après à l'épreuve.
Il suffit qu'on envoie trois mecs pour y aller et puis après c'est les quatre
filles. Tu nous sous-estimes ? On peut très bien le faire.
Un mec de nana.
J'y vais.
Je pense que j'ai montré mes qualités d'architecte depuis le début de l
'aventure. Les idées font l'unanimité. Je pense que toute l'équipe est d'accord
que c'est moi qui ai le mieux à même de faire une construction.
Donc avec deux filles, je pense Raphaël et Marine.
Ça y est, les ouvriers sont désignés. Reste à se mettre au point sur la
technique.
Deux théories s'affrontent, celle de Freddy et celle de Patrick.
Après, je vais te dire les défauts.
Patrick et Freddy ne sont pas d'accord sur l'architecture à adopter. Et ce n
'est pas la première fois.
Dès le naufrage, les deux hommes avaient eu des conceptions différentes.
Non, non, non, non. On a vent de face. C'est impossible.
Direct,
c'est impossible.
On va essayer de refaire un catamaran. Je pense que c'est la meilleure
solution. Je suis convaincu que mon radeau que j'aurais voulu faire est plus
rapide. Tu les mets tous l'un côté de l'autre, à plat.
Freddy, j'espère qu'il va l'écouter.
Je ne suis pas très sûre parce qu'il n'en fait qu'à sa tête.
Je t'explique juste le principe.
Les radeaux, je suis très bien préparé. Moi, j'ai essayé avec des allumettes. Je
crois que j'ai pris une boîte d'allumettes. J'ai essayé différentes
formes. Regarder la pénétration dans l'eau, regarder la solidité. Je sais
exactement ce que je vais réaliser en fonction du nombre de rondins de bois qu
'on a. Je ne pense pas que Freddy va faire ce qu'il veut parce que Patrick
lui a expliqué avant.
On espère aussi que Freddy se rende compte qu'il n'est pas seul.
Sur ce coup, je ne suis pas seul décisionnaire de la vie de mon équipe.
Si d'aventure, un jour, il prendra la décision seul de ne pas suivre l'idée du
groupe,
il faudrait qu'il en subisse ses peaux cassées.
Un peu plus profilé, un peu moins lourd. Il avançait bien le premier.
Comme à son habitude, Freddy ne doute pas. Il pense même que seul son idée est
valable. Mais l'heure n'est pas au chamaillerie.
Les trois charpentiers doivent partir. À tout à l'heure.
Allez, à tout à l'heure.
Les trois charpentiers rouges
arrivent sur une plage qu'ils ne connaissent pas, où ils retrouvent les
charpentiers jaunes.
Les Mauailles ont désigné Rodolphe, Pascal et Louis-Laurent.
C'est côte à côte qu'ils vont travailler et prendre la responsabilité d'un échec
ou d'une victoire pour leur équipe respective.
À eux d'être les plus ingénieux possibles.
Combien de grains ? Deux dernières. Déjà, on n'a pas combien il y en a. C
'est bon. Un, deux, trois, quatre.
On pourrait essayer d'en mettre à moitié pour assurer la potabilité. On en met
une douzaine.
D'accord.
Dans l'absolu, c'est Pascal qui a eu l'idée du radeau.
On a fait un radeau basique, simple, plat, avec quelques barres en travers
pour pouvoir le solidifier.
C'est la solution qu'on pense être la plus efficace, en tout cas la plus
stable.
Idéalement, il faudrait qu'on ait un appui pour les pieds. Ça c'est bon. Ça
assure la flottabilité. C'est pas trop grand comme l'ange. D'accord ?
Côté rouge, c'est évidemment
Frédy qui est à la manœuvre.
Et il impose son catamaran malgré les recommandations de Patrick.
Les filles sont dubitatives, mais elles font finalement confiance à l'ingénieur.
Le gros défaut du catamaran, c'est si cette surface-là se retrouve sous l'eau.
S'il n'y a que les flotteurs qui sont sous l'eau, nous, on a vraiment la
meilleure solution.
C'est vrai que Freddy a l'air de s'y connaître quand même pas mal.
C'est lui qui est ici, donc on le laisse mener à bien son idée.
On est parti là-dessus, on est parti là-dessus. Moi, je pense que c'est bien.
On avait réfléchi à une technique de catamaran, mais il ne me semblait pas
que ça soit efficace.
Le nôtre sera certainement plus lourd. Plus lourd ? C'est la même quantité de
bois.
L'avantage de leur technique, c'est qu'ils vont pouvoir ramer à gauche et à
droite. Eh merde ! Ils sont très techniques en fait. Que nous, on est
basiques.
J'ai eu un soutien formidable des filles. J'aurai expliqué au fur et à
mesure pourquoi c'était mieux de faire comme ci et pas comme le radeau des
jaunes.
Voilà, il faut une croix. À chaque fois, j'essaye d'être pédagogue et de leur
faire comprendre tout l'intérêt d'avoir, par exemple, un bateau le plus rigide
possible, donc de faire des nœuds très très serrés.
J'espère bien qu'ils diront, Freddy, t'as vraiment fait un super bateau qui
nous a permis de gagner.
C'est sûr, Freddy veut être le héros de cette aventure. Il y travaille d'arrache
-pied depuis des mois.
Je fais tout pour être le meilleur, c'est simple. Le meilleur, ce sera moi
cette année.
Freddy, athlète confirmé, a été élevé à la dure école du sport.
Ancien cycliste de bon niveau, c'est un champion dans l'âme. Le sport m'a donné
le goût de la compétition. Je n'entreprends rien sans savoir que je
peux être le meilleur.
Là où les autres s'arrêtent, moi je continue et je donne tout.
Non content de parcourir 70 kilomètres chaque semaine, le garçon s'adonne aussi
à la course d'orientation, la voile et les raies dans tout genre.
Physiquement, il est prêt. Et mentalement, que dire ? Depuis qu'il est
né, ce nordiste de 23 ans se prépare à la vie de Robinson.
Je faisais déjà des cabanes avec 7 étages et il y avait déjà tout le
confort. C'est que le garçon est inventif, un peu bricoleur fou.
Améliorer l'existant, c'est sa raison de vivre. Une dernière réalisation, donc
par exemple cette table qui permet de stabiliser une centaine de gobelets afin
qu'elle ne tombe pas s'il y a du vent. C'est ingénieux, c'est pratique et ça me
ressemble. Je me facilite la vie, je facilite la vie des copains, des parents
et tout ça.
On peut toujours compter sur lui, le moins de services on peut lui demander
et il n'attendra rien en retour.
Concevoir, inventer, il veut en faire son métier.
Freddy est élève en école d'ingénieur en informatique.
Pour la plupart des gens, l'informatique, ça se résume à des
lignes de code incompréhensibles. Mais pour moi, c'est mon dada.
Orphelin de mère très jeune, il a décidé de prendre la vie du bon côté et de tout
oser. C'est un optimiste forcené qui ne s'embarrasse pas de faux semblants.
Peut-être que je ne suis pas assez modeste.
J'aime bien me mettre en avant, j'aime bien dire que je suis le meilleur.
Et j'aime bien qu'on me le dise, c'est surtout ça. J'ai besoin de signes de
reconnaissance pour m'épanouir.
Le point faible de Freddy, c'est qu'il est parfois très têtu.
Il va falloir qu'il prenne en compte que les gens autres ont des idées aussi.
Une fois que j'ai une idée en tête, sachant que c'est la meilleure, je vais
quoi qu'il arrive la réaliser. C'est sûr et certain.
Le prado, ça sera hors bord.
De l'assurance, c'est bien, mais avec une oreille attentive aux autres, ce
serait mieux.
Le jeune homme peut parfois être exaspérant.
On peut le décaler un petit peu. Non, vous ne finissez pas la corde.
On va commencer, là, on serait parti. Moi, je fixe ça, là, vous en placez un,
vous le fixez, et on avance. Le fait de le voir donner des actifs, ça me
rappelle le début de l'aventure.
C'est vrai qu'il prenait tout à son compte.
Vous faites un nœud et après on en met un autre. C'est très commandé, c'est
très directif.
Moi, par exemple, dans mon travail, si je recevais des directives comme ça tout
le temps, j'aurais du mal parce que j'ai besoin de voler un petit peu, même si je
n'ai pas besoin d'être le responsable de l'escadron.
Attends, attends, question.
Juste une question. Est-ce que le tordu, il ne vaut mieux pas le mettre justement
en l'air ? Allô ? Ça me donne le sourire, c'est cool.
Ah,
ton doigt.
Ça va ?
Ils ont essayé de retourner leur radeau.
On aurait dit que c'était de la pâte à modeler. Je ne sais pas s'ils comptent
aller en pleine mer avec, mais moi je n'aurais pas confiance.
C'est l'heure de vérité, le test de flottaison.
Les rouges aident les jaunes à mettre leur engin à l'eau.
Super content de notre radeau.
On l'a mis à l'eau, il flotte. Je me suis mis de boue dessus, je peux vous
dire qu'il est stable. C'est un radeau normal que le leur, et c'est un radeau
design, sophistiqué.
A l'œil, il est plus beau.
Esthétiquement parlant, effectivement, le radeau est très joli. Par contre, on
l'a testé en se mettant assise dessus.
Je peux vous dire que les flotteurs assises dessus, les deux flotteurs du
catamaran sont sous l'eau.
Après le test, on s'est dit que le radeau tient la route quand même, parce
que franchement, aucun souci, il flotte sans problème.
Bravo. On peut être fiers de nous. On a mis toutes les chances de notre côté et
j'espère bien que ça va payer et que l'immunité, on n'ira pas. Le totem, on l
'aime bien, on le garde. Bravo.
C'était bien le radeau.
On devait concevoir le bateau et je suis parti sur l'idée des deux flotteurs.
C'est un catamaran, on va fonder les vagues avec.
Les filles ne tarissent pas d'éloge sur le concepteur de génie, Freddy.
Ce dernier n'est d'ailleurs pas peu fier d'une petite invention qui pourrait
faire toute la différence lors de la régate.
En plus, on a fait des calepiers pour nous qualifier.
C'est parce que j'ai l'expérience du rafting. Ils ont des sangles sur
lesquelles on peut mettre les pieds pour se tenir et surtout pour avoir plus de
force sur le haut du tronc.
On aura la meilleure assise possible pour ramer le plus fort possible.
Toutes des petites astuces comme ça qui font... On peut, je pense, partir
confiant pour demain, même s'il ne faut pas en abuser de confiance.
Frédie jubile alors que Patrick tente de faire bonne figure. Mais le Rouennais
reste persuadé que son idée de radeau était la meilleure. Mais au moins, en
cas d'échec, ce ne sera pas de sa faute.
Je ne suis pas déçu qu'ils n'aient pas pris mon idée. J'aurais été sûr à 100%
du radeau.
J'aurais imposé direct. C'est bon, Frédie, on arrête tout.
On reste cool, je suis zen. Il n'y a pas de secret, le nôtre flotte beaucoup
mieux, il est beaucoup plus équilibré.
Il est design, le nôtre. Il est tellement bien qu'on voulait mettre un
mât et tendre la voie. S'il y a un problème avec le radeau, je pense que ça
va retomber un petit peu sur Freddy. Mais si je me pose, je dis à Patrick, il
faut faire ce radeau, et puis que mon radeau n'avance pas, et puis qu'on
perde, ce n'est pas bon pour moi.
J'essaye de me rendre indispensable depuis le début de l'aventure, quand tu
as la construction du cabane, l'entretien du feu, etc.
Tu vois que voilà, moi je suis venu sur Koh Lanta pour donner le maximum et qu
'ils me remercieront et qu'ils m'aideront à aller le plus loin possible
dans l'aventure.
Sur Koror, tout le monde n'a pas la même stratégie. Si Freddy essaie de se rendre
indispensable, Patrick, lui, avance à pas de loup et ne prend pas de risque.
Je pense qu'un jour, Freddy, je pense l'éliminer.
C'est triste pour lui.
Excuse-moi, Freddy, mais Pascal, c'est quelqu'un de trop fort.
Plus les jeux vont arriver, plus Freddy sera là. Freddy a la puissance, il a
beaucoup de technique.
Je pense que Freddy peut arriver à gagner pas mal d'épreuves. Ce qui veut
dire pas mal d'épreuves, c'est aller jusqu'au bout.
Et nous, avoir une chance.
Nous, on aimerait avoir un petit peu de chance.
Moi, à Light, c'est pour ça que Freddy arrive à un stade du jeu.
Ce sont des personnes qu'on ne peut pas garder.
Je pense que le radeau,
On le sent bien.
Les jaunes, eux aussi, sont rentrés contents de leur radeau. Je pense qu'il
est super.
Maintenant, il n'y a plus qu'à. Mais le vrai problème ce soir, c'est la
nourriture. La situation est critique.
Les maouais sont au plus mal. Cela fait huit jours qu'ils n'ont pas réussi à
manger correctement. Ils sont en danger. Il faut intervenir.
Bonjour les maouais.
C'est la première fois que je pleure en voyant du feu. Je savais que j'allais
vous faire plaisir.
Cette torche, ce feu, c'est pour vous.
Ça fait huit jours, très exactement, que vous survivez sans feu.
J'ai bien compris que c'était difficile et je m'en suis rendu compte tout
particulièrement hier, lors de l'épreuve, parce que certains d'entre
vous sont particulièrement touchés par ce manque de nourriture.
Donc il faut impérativement manger, reprendre des forces avant l'épreuve qui
vous attend.
D'accord ? Merci Denis.
Caroutère, symboliquement, je vais vous remettre cette torche. Merci Denis. Et
que l'émotion ne vous submerge pas complètement.
Non, je vais manger, ça va.
Maintenant, il faut manger.
Super. Et à demain.
Merci. Merci.
Et les gardes de grèves aussi. Bon alors, attention.
Tout le monde s'active là. C'est comme si on m'avait ramené ma mère sur le
campement. C'est comme les gamins qui ont dit demain matin, tu auras un petit
cadeau, le Père Noël va passer. C'est exactement ce qui s'est produit.
Même Papa Noël, il ne m'a pas fait une surprise comme ça.
Dakaou, ramène-moi.
Cette odeur.
Je ne l'ai pas montré, je me suis passée l'oreille pour ne pas pleurer.
Cahouté, elle n'a pas caché son émotion. Parce que notre coco, elle en pouvait
plus, mais elle n'a pas de réserve, elle est toute menue.
Donc c'est vrai que le feu, pour elle, c'était extrêmement important.
Je ne suis pas quelqu'un qui peur facilement, mais là, ça m'a vraiment
touchée. On va chercher tout de suite de l'eau pour faire cuire la ganelle. Il
faut prendre des réserves.
On va manger maintenant, remanger ce soir un peu plus tard et manger demain
matin. Pour compenser tout ce qu'on a perdu depuis qu'on est là.
Les jaunes revivent et veulent rattraper le temps perdu.
C'est un festin qu'ils comptent faire ce soir.
8 jours de quasi-jeune, c'est peu dire qu'ils ont de l'appétit.
Là, ça va être un autre collantin.
Franchement, notre collantin à nous, des jaunes, commence.
Quand je vois toute cette effervescence pour construire son super festin, on a
du riz, on a du tapioca, c'est royal quand même.
C'est 5 étoiles.
Il n'y a plus qu'à se concentrer pour les jeux.
Franchement, rien que le fait déjà de voir le feu, c'est obligé, on reprend la
forme. On s'est découvert des envies de construire des choses qu'on avait envie
de construire depuis longtemps.
Sauf qu'avant, on essayait de ménager notre énergie et tout.
Le feu est en train de révolutionner notre vie sur le campement.
Le système des Drodolfs.
Pour pas que ces dames se brûlent.
C'est notre MacGyver du coin.
Je le fais tout le temps à la maison, donc pour moi ici, ce n'est pas nouveau.
Prends-toi pendant les parts.
Ceci est un moment aggravé dans vos mémoires. La première fois que vous
allez déguster un repas. L'arrivée du feu, c'est un don du ciel. Je pense que
les visages de la plupart d'entre nous, si ce n'est la totalité, ont
complètement changé depuis quelques minutes. Bon appétit tout le monde. Bon
appétit, oui. Bon appétit, bien sûr.
Je suis chaud, sérieusement.
Ma première cuillère de riz, elle était magnifique, splendide. Je crois que je n
'ai jamais apprécié le riz comme aujourd'hui. Ce n'est que du riz, mais c
'est excellent. On dirait du riz au lait, tellement il est collant.
C'est incroyable, c'est du riz, ce n'est pas du caviar, mais pour nous ici, c'est
extraordinaire.
Sérieusement, le fait de manger chaud, c'est juste énorme.
Ça va régénérer l'équipe, ça va nous donner un coup de fouet énorme. En même
temps, je sais qu'ils sont très forts en face de nous. Ils mangent déjà depuis
trois jours.
Surtout qu'on n'a pas de viande, on n'a pas de poisson, on n'a que du riz.
S'il y a une mouche qui vient, je la mange avec.
On a de la viande.
Les jaunes se couchent repus et rassurés.
Demain, ils seront au sommet de leur forme pour la régate.
La fin pour l'instant, c'est réglé.
Donc maintenant, il ne reste plus qu'à prouver notre force.
À partir de demain, ça commence. On a plus de plus en plus.
Exactement.
La première je vais essayer. Ça fait plaisir, c'est-à-dire qu'on a mangé.
Donc je me suis dit ce matin, le premier truc, je lui ai dit, allez, on va aller
vite. Les Mawai sont radieux, ils n'ont pas eu froid durant la nuit et ce matin,
ils se resservent une bonne ration de riz. De quoi bien envisager l'épreuve d
'immunité.
Aujourd'hui, on s'est laissé un peu à lit pour l'épreuve. C'est important de
ne pas arriver le ventre vide et d'être plein de peau, plein de force.
Personnellement, je sens bien que j'ai repris des forces.
J'avais des vertiges depuis deux jours à peu près et ce matin, absolument pas.
On a le bateau, le moteur c'est nous et là c'est notre carburant. Donc on
remplit le réservoir.
La devise du jour, ce n'est pas il faut qu'on gagne, c'est on va gagner.
Exactement, on va gagner.
Là, on a l'occasion de les déstabiliser vraiment.
Maintenant, si on perd, c'est vraiment qu'ils sont plus forts que nous, très
franchement.
Là, je m'inclinerai en disant qu'ils sont plus forts que nous.
Bonjour à tous.
Bonjour. Les jaunes, j'espère que vous avez repris des forces depuis que je
vous ai apporté le feu hier.
Car des forces, vous allez en avoir besoin pour stopper l'hémorragie face à
des rouges qui, quoi qu'il arrive, sont en pleine confiance après leurs trois
victoires d'affilée. Le totem est remis en jeu, Alexandre. Merci.
Ce totem, vous le savez, symbolise l'immunité.
Pour être sûr de repartir avec le totem, il faut gagner l'épreuve d'aujourd'hui.
La régate que vous allez disputer sur les radeaux que vous avez fabriqués
hier.
Attention, à mi-parcours.
Vous allez arriver dans une grotte. À ce moment-là, il va falloir désigner le
meilleur en apnée dans chaque équipe pour descendre chercher un anneau en
pierre à 5 mètres de profondeur, puis revenir jusqu'ici.
Je vais vous demander maintenant de prendre vos rames et mettez-vous sur la
ligne de départ.
3, 2, 1, go !
Il en a une.
Pas une seconde à perdre, la régate est lancée. Il faut rapidement se coordonner
et ramer en cadence.
Côté rouge, Freddy donne le rythme.
Le catamaran flotte bien et les rouges sont synchrones.
Sur le plancher jaune, en revanche, c'est la dissonance la plus absolue.
Personne n'écoute personne.
On plante, on tire. Là, c'est bon, on a pris le rythme.
Allez, on y va.
Les jaunes forcent en chœur, mais Claire est coincée au milieu et ne peut pas
gailler. C'est un défaut de réflexion de la part des jaunes. Du coup, les filles
vont se relayer dans un rôle de simples passagers.
Dès que vous avez marqué les filles, vous me dites. Un touchement plus douce
pour le stade.
Check.
Check.
Check.
Check.
Check.
Les rouges sont très efficaces.
Pourtant, les jaunes rattrapent leur retard.
Allez,
on
y croit !
Rouges et jaunes sont au coude à coude, mais les corors négocient mieux le
virage et sont portés par le courant qui s'intensifie au passage d'un lagon à l
'autre.
La gauche, la gauche, allez la gauche, c'est bien.
C'est le gauche, c'est le gauche.
Non mais va sur vous.
Allez, on y va. Allez fille.
Allez. Ah ça va.
Cahoutère ne supportant pas de se sentir inutile, passe à l'eau et décide de
pousser l'embarcation. Allez on y va, poussons ensemble, allez.
Allez, allez.
Passe avec les chambres. C'est bon, c'est bon.
Les corors sont à mi-parcours. Dans la grotte, il faut descendre à 5 mètres
sous l'eau et faire remonter la pierre le long du poteau.
Freddy ne réfléchit pas et plonge dans l'eau trouble du lagon. Mais l'exercice
est difficile.
Les maouailles arrivent à leur tour.
Allez Lou, respire. 1, 2. Ne force plus.
1, 2.
Allez,
dernière ligne droite là. Allez, 1, 2.
Freddy a réussi à récupérer la pierre et la remonte progressivement.
Louis-Laurent se met à son tour à l'eau pour aller chercher cet anneau de roche.
Ça y est,
les rouges redémarrent. Ils sont juste là, ils viennent de partir, t'inquiète.
T'as pas de pression loup, t'as pas de pression.
Louis Laurent replonge récupérer la pierre des jaunes.
Louis-Laurent fait des miracles.
Rien n'est perdu.
Les Mawaï se lancent à la poursuite des coraux.
C'est à toute vitesse que les jaunes
repartent. Louis-Laurent et Kaouder forcent tant qu'ils peuvent.
Un peu de puissance les gars, allez ! J'ai mangé hier là, allez ! Plus vite !
Allez ! C'est mou ! C'est mou ! Pascal, donne énergie
! Arrêtez de nous crier dessus s'il vous plaît.
Allez, 4h ! Je sais pas vous, mais
moi je vois la victoire ! Allez jusqu'au ponton !
Allez pour toute l'équipe des rangs, bravo ! Bravo à vous !
Allez
les
derniers ! Quelques derniers mètres.
Assieds-toi petit, assieds-toi petit.
Nouvelle défaite des jaunes. Nouvelle victoire des rouges. Bon radeau.
Bonne cohésion. Bon état physique.
Bon moral. Ça fait beaucoup de choses. Et tout ça rassemblé, ça vous permet de
repartir à nouveau avec le totem. De signer votre quatrième victoire d
'affilée. Et la deuxième dans une épreuve d'immunité.
Vous l'avez méritée. Belle régate. Merci.
Les jaunes.
C'est une nouvelle défaite qui vous oblige ce soir à venir au conseil.
L'un d'entre vous partira à l'issue du vote à bulletin secret.
C'est la Bérezina.
Quatre défaites d'affilée et un nouveau conseil en perspective.
La désunion et les rancœurs font irruption sur Mauaï.
Moi je pense personnellement que ce n'était pas à cause du bateau. Il
flottait, on avançait, on n'était pas assez synchro, c'est tout. Ça a fait la
différence entre les deux. Là c'est terminé, la plus d'excuses c'est nous.
Voilà, le problème c'est nous.
Tout le monde a tout mis, ça, j'en suis persuadé.
Tout le monde a tout mis.
Il n'y en a pas un qui s'est retourné derrière carrière. Ce n'était pas
individuel.
Il y a des
fêtes, moi, ça commence à me gonfler.
On se pose quand même pas mal de questions puisqu'à la base, on pensait
que les équipes étaient équilibrées. Je pense qu'il faut tout remettre à plat,
même s'il faut que la discussion soit dure, mais il faut qu'elle soit ferme.
Et qu'on voit où est le problème, parce qu'on ne peut pas continuer comme ça. On
va tous couler un par un, sinon.
J'estime plutôt bien parti. Et puis après, il y a quelque chose qui s'est
passé, mais d'ordre relativement inexplicable.
Moi, j'étais tout le vent, donc je n'ai pas bien vu non plus ce qui se passait
derrière. Peut-être qu'il y en a qui en gardent sous le pied, peut-être qu'il y
en a qui ne se donnent pas à fond.
Sachant que nous, on a quand même quatre hommes et trois, je ne sais pas du tout.
Il faut qu'on discute. Il faut qu'on discute.
C'est pas possible qu'on le perde à chaque fois comme ça.
Oui, ça commence à faire lourd.
En tant que concepteur principal de notre radeau, j'ai ma part de
responsabilité. Il fallait que quelqu'un décide de comment on va faire le bateau.
C'est juste que c'est toi qui as pris la responsabilité. C'est la consternation
chez les jaunes. Pascal se sent coupable.
Alors que sur Koror on exulte, la vie sourit au rouge.
Alors là, c'est le jour de fête. Oh là là ! Oh là là ! On en a
sept en plus. On en a sept.
Sept gros comme ça.
On est contents là.
On est contents.
On finit bien la journée.
On a bien démarré, on a fini bien. On a la chance avec nous.
C'est le bonheur.
C'est vrai que là, ça a été...
Le destin, Frédéric et Patrick ont pêché 7 poissons, on a l'immunité aujourd'hui.
Je vous dis, je crois au destin.
On a fait un effort considérable et voilà la récompense.
J'y crois, il y a un peu de chance. Dans tout ce qu'on est en train de vivre, il
y a de la chance.
Les filles, vous allez halluciner.
Christina, tu vas me sauter dans les bras quand tu vas arriver. T'as pêché
une baleine ? J'ai Christina dans la marmite plusieurs jours.
C'est vrai ? Ah ouais !
Oh là là ! Il n'y a pas de chance là-dedans, je pense. On a tiré le filet
pendant 50 mètres, ce n'était pas de la chance.
Et puis voilà, on a ramené le poisson parce qu'on a mis l'effort qu'il
fallait. Oh putain ! Bisous, bisous ! Freddy l'intrépide, c'est que tout se
gagne. D'ailleurs, ces noix de coco qui lui font de l'œil n'ont qu'à bien se
tenir.
Je n'ai jamais monté sur un cocotier, mais j'ai déjà vu des amazones le faire.
Je sais exactement comment faire. Donc voilà, j'y vais en pleine confiance et
ça ne pose aucun problème.
Vous osez monter là ?
À 3,50 mètres de haut. Je monte avec Ocaris parce que j'aurai deux cordes qui
vont me permettre de monter en toute sécurité.
Il mène pas mal de camp quand même, Freddy. C'est vrai que sur l'île, il va
gérer un certain nombre de soucis techniques.
C'est quelqu'un qui a un peu l'esprit militaire. C'est clair dans sa tête. Il
faut que ça avance de telle manière.
Mais le côté humain, ça lui passe un peu à côté.
Bon, 8 points de première fois.
Bon,
ma expérience concluante.
Sans trop de difficultés. C'est vrai que cette technique, elle est balèze. Bien,
bien, Freddy. On va aussi montrer une petite technique pour ouvrir notre coco
plus facilement. Freddy, c'est quelqu'un de très complet. Il a énormément de
ressources. C'est quelqu'un qui est très intelligent.
Et c'est vrai que là, encore une fois, c'est une bonne chose pour lui parce qu
'il a réussi à nous nourrir tous ce soir.
Freddy est pour beaucoup à notre victoire au niveau de la construction du
radeau. C'est vrai qu'il a donné son maximum et il a quand même été récupéré
la pierre. Après, il y a l'anneau, donc on peut quand même lui dédier un petit
peu cette victoire. Bravo à Frédie, Marine et Raphaël pour la construction.
Et puis bravo à Frédie parce qu'elle est descendue en apnée aussi.
Tout le monde m'a remercié.
J'en suis très, très heureux. Quand j'ai une idée en tête, souvent, c'est une
bonne idée.
Je n'avance jamais rien au hasard. Toutes mes décisions sont réfléchies.
Avec notre radeau, la conception, c'était la meilleure. Et de toute façon,
ça nous a menés à la victoire. Donc, pas de surprise.
Pour moi, c'est l'équipe. Ça n'a rien à voir avec le radeau.
Sans une équipe comme il y avait aujourd'hui, on n'avançait pas.
Aujourd'hui, j'ai peut-être imposé un petit peu mon état d'esprit et mon
charisme sur l'embarcation. Au final, on a une belle victoire et je suis très
satisfait de moi-même et de l'équipe.
Freddy exulte, il est enfin reconnu à sa juste valeur par son équipe. Et à bon
droit, car les corors lui doivent beaucoup.
C'est le repos du champion.
On a une journée éprouvante. On vient de finir de manger.
Une petite digestion au bord de la plage en plein soleil.
Que demander de plus ?
Les jaunes, eux, ne sont pas aussi détendus. Bien au contraire. L'ambiance
est électrique sur le camp et les Mawaï décident de crever l'abcès. Qui
handicape l'équipe ?
Moi, je préfère être franche.
Chacun donne son avis.
À l'heure actuelle, pour moi, t'es moins fort que nous. C'est vrai qu'en
résistance, Pascal a montré ses limites.
Lui, par contre, t'as pas fourni à 100%. Aujourd'hui, t'as pas fourni à 100%. Je
suis pas d'accord, mais c'est pas grave. J'étais derrière, je voyais.
Kader, elle allait, ça avait l'air plus ou moins d'aller, sauf qu'il était pas
trop dans le rythme, mais au retour, il a lâché.
Donc je l'ai engueulé et du coup il n'a pas apprécié. Le peu où on baissait un
peu, c'est mou devant.
Putain, tu prends ça dans la gueule. Il fallait qu'on gère, on ne pouvait pas
toujours être comme ça nous. Je n'ai pas forcément bien accepté les remarques de
derrière parce que honnêtement, je n'aurais pas pu faire plus. Le gars, on
peut dire ce qu'on pense ou alors on se retient et on fait les gars qui sont
sympas et qui partent derrière et ils votent. On paraît ridicule là,
franchement. On n'est pas bon.
C'est pas bon, c'est pas compliqué.
Claire, elle a dit qu'elle n'était pas fatiguée parce qu'on lui a demandé de
changer, mais elle n'était pas très efficace à la pousser. Je te dis
sincèrement, quand je suis dans une épreuve, je n'ai pas le temps de voir ce
qui se passe à côté.
Non, non, Lou, Rodolphe, tu l'as vu là, moi je l'ai vu à plonger la dernière
fois. Je lui ai dit, Claire, s'il te plaît, plonge. Elle me faisait ça. Elle
mettait la tête, c'est vrai. Et il n'y a jamais été.
Quand je vois que sur les dernières épreuves, c'est-à-dire celle de l
'anneau, où c'est nous qui lui avons dit de sortir, je me dis, si elle veut nous
prouver qu'elle est forte, comment elle fait pour nous prouver qu'elle est
sa seule erreur, c'est d'être trop discrète. On ne se rend pas compte que
pendant les épreuves, ce qu'on lui reproche, on n'a peut-être pas à le lui
reprocher. Oui, elle ne parle pas, elle ne crie pas, c'est vrai. C'est un tort
si on n'entend pas. Mais toi, dans le groupe, ton ressenti, pour toi, la
personne la plus faible de cette équipe ? Justement, c'est ce que je t'explique.
Pour l'instant, je vous mets toutes les deux au même truc.
Cahoutère est quelqu'un qui doit être très bonne dans certaines épreuves.
Pareil, elle l'a montré lors de la première épreuve sportive. Donc c'est
vrai que là, elle est arrivée première et je pense que tout le monde est resté
sur cette première épreuve gagnée.
Alors qu'après les autres épreuves qu'on suivit, elle n'était pas forcément
meilleure que Fabienne et moi. Je ne vois pas pourquoi dans l'esprit, c'est
Cahoutère, c'est la meilleure des filles.
Les esprits s'échauffent et le ton monte entre Claire et Kader.
La jeune femme n'apprécie pas d'être pointée du doigt.
J'ai jamais dit que c'était un truc garçon-fille, mais ça va finir comme ça.
Dans ce cas-là, comment on peut faire ? Quelle échelle tu veux avoir ? Du plus
faible au plus fort ? Les deux dernières épreuves, j'ai rien fait de mal.
C'est pas les trois filles qui vont sauter, c'est les plus faibles qui vont
sauter, c'est évident. Mais si tu vires les personnes les plus faibles,
forcément les filles elles sont plus faibles que les garçons.
Après, il y a des équilibres. Là, par contre, les gars, arrêtez. On a quand
même sorti un mec pour commencer.
C'était le dernier arrivé.
Forcément, c'était le dernier qui devait sortir.
Arrêtez de se foutre de la gueule du monde.
Non, mais on est d'accord. S'ils commencent à virer les personnes les
plus faibles du camp, c'est clair qu'on ne va pas se cacher. Les filles, elles
sont plus faibles que les garçons.
C'est vrai que si nous, physiquement, on n'est pas aussi forts que les autres,
Peut-être que dans la manière de faire les épreuves, on peut être plus
efficace. Les Mawaïs vont encore perdre un membre de leur équipe ce soir. Il
faut faire le bon choix, car l'avenir de la tribu en dépend.
Là, j'avoue que ce soir, je suis perdu.
Pascal a montré qu'il était moyen dans toutes les épreuves, alors que Claire,
elle était plus forte sur certaines épreuves. Il a compris Pascal. Je lui ai
repris ce qui me semblait faible.
Maintenant, ce n'est pas l'impression qu'il a lui, il a l'impression de s'être
défoncé. Pascal et Claire sont en balance à cause d'une faiblesse
passagère. Sur Koh-Lanta, le moindre faux pas ne pardonne pas.
Les jaunes sont en pleine déconfiture. Quatre défaites d'affilée et leur
situation est critique. Ils doivent impérativement réagir sous peine d'être
décimés. Alors les raisons de leurs échecs sont nombreuses. Absence de
leader, manque de communication, stratégie défaillante. Ce conseil doit
être l'occasion d'une vraie remise en cause. Ils doivent jouer carte sur
table. Mais malheureusement, l'un d'entre eux va être éliminé ce soir,
brutalement. Ce sont les filles et Pascal, qui est affaibli actuellement,
qui sont sur la sénative.
Bonsoir à tous.
Bonsoir Denis.
Bonsoir. Ce soir, on ne va pas se voiler la face.
Il y a un problème dans votre équipe. Il est urgent de réagir. Quatre défaites
consécutives. Mais j'ai envie de savoir ce qui se passe, Kader.
On a du mal à...
analyser justement le problème. J'en ai honte d'ailleurs d'être là. Je suis très
déçu. Ça me gêne de me retrouver devant vous ce soir.
Il y a quatre défaites, mais pour moi, rien n'est perdu.
On est au fond de l'eau. Il faut rebondir et remonter au plus vite.
Il n'y a pas de raison qu'on n'arrive pas à rebondir.
Rodolphe, à l'issue de l'épreuve, je vous ai senti un peu énervé et vous m
'avez dit très clairement, on ne se parle pas assez.
Est-ce que c'est là que le bas blesse ? Je pense que oui.
Moi, j'ai...
J'ai crié un peu, tout le monde s'est énervé, on s'est tous énervés, mais ça a
été plus franc que les autres jours. Les autres jours, c'était, on veut être bons
copains, on va pas se fâcher, c'est pas notre faute. Moi, je l'ai dit cet après
-midi, je trouvais que certains ne se donnaient pas à fond. Qui ? J'ai pas à
donner. Qui, Fabienne ? Répondez-moi. On est là pour discuter ce soir. On est là
pour essayer de comprendre ce qui va pas.
Sur le radeau, vu du bout du radeau, on avait l'impression que Kader et Pascal n
'étaient pas au bout de leur force. Vous êtes d'accord, Kader ? Vous n'étiez pas
à fond aujourd'hui ? Je ne suis pas d'accord, non. Pascal ? Aujourd'hui,
non. Aujourd'hui, je ne suis pas d'accord.
Aujourd'hui, j'ai fait ma part de travail et je n'ai pas fléchi. Je
n'ai pas eu l'impression que nous, devant, on n'avait pas fait ce qu'on
avait à faire. On donnait la cadence du début à la fin. C'est nous qui l'avions
donnée. On n'avait pas la place facile.
Effectivement, on aurait pu dire, on va derrière, et puis là, on regarde tout le
monde et puis on dit, tiens, lui, c'est vrai, on aurait pu.
Effectivement, de derrière, on avait l'impression que ça allait moins vite ou
qu'ils avaient atteint leurs limites.
Je leur ai dit qu'ils n'étaient pas à 100%. J'ai même dit à Pascal d'aller
plus vite et il m'a dit, ça suffira de me crier dessus.
Je leur ai dit, les gars, hier, on disait, on n'avait pas mangé, on n'avait
pas bu, mais là, aujourd'hui, on a mangé, on a bu, on a tout ce qu'il faut,
alors qu'est-ce qu'on attend ? Sur cette épreuve-là, on n'a pas d'excuses. Alors
moi, je vais prendre un exemple.
Vous partez sur votre radeau.
Et Claire, vous vous trouvez où au début ? Au début, j'étais au milieu. J'ai
demandé justement s'il fallait que j'aille pagailler quelque part. Et le
problème, c'est que ça allait gêner.
Mais c'est une grande première dans l'histoire de Koh-Lanta.
Vous aviez dans votre radeau, tenez-vous bien, un passager.
Quelqu'un qui ne faisait rien.
Non mais nous, on a mal évalué le problème.
Et là-dessus, déjà, une fois de plus, on n'a pas trop parlé. On a dit, ouais,
éventuellement, une pour relayer les autres, ou relayer un des garçons.
Mais c'est quoi cette organisation, Rodolphe ?
C'est une organisation de merde.
On a mal géré au niveau de... On a laissé une personne à rien faire.
Mais c'est vrai que même moi, au bout d'un moment, quand j'étais au milieu,
quand j'ai pris sa place, honnêtement, je l'ai dit, je me fais chier, je vais à
l'arrière.
Et puis là, on a commencé, mais bon, après, est-ce que ça va changer ?
Pourquoi Claire ? Pourquoi Claire, vous qui managez une équipe, là, vous vous
laissez aller, vous ne prenez pas d'initiative.
Oui, c'est vrai que j'aurais pu y penser, mais après, dans le feu de l
'action, on pense peut-être pas à tout.
Est-ce que vous ne faites pas, parfois, Claire, un petit complexe d'infériorité
? Non, je pense que des fois, les autres me font comprendre un petit complexe d
'infériorité. Ah, qui ? C'est plutôt... Par exemple, dans l'épreuve de l'Oval,
où j'ai rien demandé, on me dit « t'es fatiguée, détache-toi ». Alors que moi,
j'ai rien demandé. Après, tout ce que j'ai vu, c'est qu'une fois qu'on s'est
détaché avec Kauters, c'est pas pour autant que l'équipe a allé plus vite que
quand on y était.
Donc, ce n'était pas forcément la bonne stratégie. Moi, je veux qu'on globalise
un peu parce qu'on vient de parler de cette épreuve.
Mauvaise stratégie. On parle de celle d'aujourd'hui.
Mauvaise stratégie.
Aujourd'hui, force est de constater quand même qu'au niveau de la stratégie,
les jaunes, vous n'êtes pas au top.
Oui, c'est une réalité.
Il faut qu'on soit plus réactifs.
Vous avez entendu ce qu'a dit Rodolphe ? On n'est pas bons. On n'est pas bons, c
'est sûr. Je pense que sur les épreuves, il va falloir nommer un leader et un
vrai. Ah, on y vient.
Qui a l'âme d'un leader ? Un garçon ? Une fille ? Je vous pose la question.
Allez, on va faire un tour.
Louis-Laurent, qui doit être le leader ? Rodolphe.
Rodolphe. Moi, je pense à Louis-Laurent.
Claire.
Rodolphe. Pascal.
Louis-Laurent.
Kauter. Lou.
Fabienne. Louis-Laurent ou Rodolphe, peu importe, je pense que... Kader. Moi, je
trouve que tout le monde se parle. Pour l'instant, je ne sais pas ce qu'un
leader va faire de plus, mais s'il faut un leader, il y a un des deux, moi
aussi, ça ne me gêne pas. Et Fabienne, pourquoi pas une femme ? Ah non, non,
non, mais je ne me sens pas du tout l'âme d'un leader et je n'ai pas les
capacités pour, physiquement. Ça vous fait peur, Fabienne. Oui.
Oui.
Rodolphe.
Je n'étais pas venu pour ça.
Mais là, il y a Péry dans la demeure, il va falloir vite réagir.
Je pense que physiquement, je n'ai pas la capacité pour.
Maintenant, je peux les bousculer mentalement, je peux crier, je peux
essayer, donner un point de vue, parce que j'ai plus de facilité que les autres
à le faire, c'est tout.
Je parle fort et puis c'est vrai que ça me pressionne un petit peu. Donc du
coup, on m'écoute un peu.
Mais il va falloir quand même prendre une décision. Il faudra en désigner un
ou bien il va falloir qu'il y en ait un qui se désigne.
Là, pour l'instant, c'est vous. À partir de ce soir, vous avez un capitaine d
'équipe en la personne de Rodolphe.
Mais je vous rappelle que vous êtes tous vulnérables au moment où il faut aller
voter. Kader, vous êtes le premier à y aller.
C'est à vous, Fabienne.
Pascal, à cause de ton manque alimentaire, tu es pour moi le plus
faible des garçons. Désolée.
Allez-y, Kauter.
Pascal, c'est à vous d'aller voter.
Claire, je vote pour toi car tes qualités physiques dans le domaine
aquatique sont les plus limitées du groupe.
C'est à vous Claire.
Allez-y Rodolphe.
Pour clore le vote, Louis Laurent.
Voilà, c'est fait, vous avez tous voté. Je vais chercher l'urne et je procède
tout de suite au dépouillement.
Pascal. Pascal.
Fabienne. Deux votes contre Pascal, un contre Claire, un contre Fabienne.
Il reste trois bulletins à dépouiller.
Claire.
Claire. Claire.
Voici le dernier bulletin.
Claire, prenez votre sac, allez récupérer votre flambeau et venez me
rejoindre.
Claire, les Mawai ont décidé de vous éliminer et leur sentence est
irrévocable. Avant de partir, vous pouvez leur adresser un dernier message.
Bâtissez-vous en restant vous-même telle qu'elle, c'est tout ce qui comptera.
Au revoir Claire.
Claire la discrète part sur la pointe des pieds, elle a été désignée comme le
maillon faible.
La semaine prochaine, c'est l'aventure avec un grand A. On n'est pas à 100%, on
est à 200%. Les naufragés vont être plongés en pleine jungle, à eux de se
débrouiller dans la forêt et le dédale de l'agon turquoise.
Beau programme, paysage inouï et émotions fortes.
Ils devront faire preuve de courage.
Force mentale. Mais le sort va frapper. On est avec nous.
Et les esprits s'échauffer. C'est plus cher à parler. C'est plus cher à parler.
J'ai même eu l'impression qu'elle voulait en venir aux mains avec moi. Là
c'est de la colère.
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