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Quand je tombe amoureuse, c'est toujours la même histoire.
Regardez-moi. J'ai l'air bien, non ?
Je suis sur un radeau au milieu d'un lac,
un jour ensoleillé.
Que pourrais-je bien vouloir de plus ?
J'ai eu peur de devoir te sauver.
Non, bien que le club des noyés ne soit pas le pire.
Paul Celan, par exemple, s'est jeté dans la Seine.
Jeff Buckley
s'est bêtement noyé, tout le monde pensait à un suicide.
Whitney Houston dans sa baignoire.
Claude François,
électrocuté dans sa baignoire.
Dès que je l'ai vu, je le savais.
C'était le coup de foudre.
Il ressemblait à Bob Dylan, il parlait comme Rimbaud.
Et, en plus, il m'écoutait.
Avant, j'étais un cas désespéré, mais j'ai...
Je le trouve tellement beau quand il écoute.
J'ai appris à attendre.
- À attendre quoi ? - Je reviens tout de suite.
Cette fois, je m'étais promis de faire les choses bien.
J'allais être courageuse, patiente et déterminée.
Et ça a marché.
On était seuls au monde.
Il n'y avait pas de doute, on était faits l'un pour l'autre.
Si c'est comme ça, je me casse.
Je ne sais pas si je reviendrai.
Moi, c'est Liv Sàndor.
Je crois que je viens de me séparer de l'homme que j'aime.
Il est quand même mignon.
Il est sympa.
Il est timide.
Regardez qui m'écrit.
T'es sûre que c'est lui ?
- Oui, regarde sa photo. - Pourquoi il t'écrit ?
Parce qu'il m'écrit.
C'est quoi, le principe ?
T'es jalouse ?
Ça devrait être interdit de dire aux enfants
que c'est beau, l'amour.
On devrait les prévenir qu'au contraire,
c'est addictif,
ça coupe le souffle
et que ça finit mal.
Même ton premier amour ?
Mais elles m'entendent ?
Ah oui.
Mon premier amour ?
Il s'est terminé le jour où il a commencé.
Il s'appelait Ali Baba.
J'étais folle amoureuse de lui depuis un an
quand, enfin, on s'est revus.
C'est lui.
Ali Baba !
Pas mal.
Que veut Salami à ma mère ?
Aucune idée.
Elle est bizarre, ta mère.
Oui, je sais.
Coucou.
Liv, qu'est-ce que j'entends ?
Quoi ?
On me dit que tu flirtes avec Ali Baba ?
C'est le jeune garçon tout mignon en jean ?
Il n'est pas un peu âgé pour toi ?
Salami !
Qu'est-ce que tu racontes comme bobards ?
- C'est la vérité. - Ferme-la.
Ali, il faut que je te dise quelque chose.
Liv !
- Il a raconté des conneries. - Quoi ?
J'ai dit qu'elle était amoureuse de toi.
C'est vrai ?
Je ne suis pas amoureuse de lui.
Liv !
C'est bien d'avoir remis Salami à sa place.
Pourquoi tu n'as pas expliqué à Ali Baba ? Il aurait compris.
Je n'ai rien dit parce que j'avais trop peur.
Je savais déjà qu'il n'y a rien de plus douloureux qu'un amour
qui tourne mal.
Je le voyais presque tous les jours.
Ne sois pas agressif.
Il m'a renvoyé un message.
Il dit quoi ?
Il me demande si on peut se voir mercredi.
C'est trop risqué.
Il est super mignon.
Dis-lui.
- Salut. - Salut.
Tu as dit quoi ?
Non, c'est mort.
Ça ne sert à rien d'y croire. C'est toujours pareil.
C'est facile au début, quand on est tout amoureux,
on se fait plein de promesses.
À la longue, on ne les tient pas.
Alors, le grand amour ?
Non, plus jamais.
Depuis la séparation,
je suis toujours sur plusieurs coups en même temps.
Tu te souviens de Sarah ?
Tranquille, douce comme tout ?
Elle a débarqué chez moi
et, au bout de trois mois, elle a commencé à bouger les meubles.
Ele a voulu me relooker.
Elle en avait marre de mes chemises à manches courtes.
Il y a quelque chose qui cloche avec ma chemise ?
Ce n'est pas la chemise, le problème.
C'est toi, le problème.
Tu la déçois. Elle ne sait pas comment te le dire.
Ça arrive de se tromper.
Séparez-vous, ça limitera les dégâts.
Tu fais mieux, toi ?
Non.
Je ne sais pas qui je suis.
J'ai toujours fait ce qu'on exigeait de moi
en bonne élève obéissante.
J'ai fait beaucoup de mauvais choix pendant mon école de cinéma.
Le pire s'appelait Paul.
Il voulait adapter au théâtre
Scènes de la vie conjugale de Bergman.
Qu'as-tu aimé exactement ?
Continue un peu. Allons un peu plus loin.
Il est motivé, il est ouvert.
Peut-être qu'un jour, ce sera un grand metteur en scène.
Tu sens quoi ?
- Je me sens un peu coincée. - Je l'ai senti.
Tu peux le faire debout, si tu veux.
Emma et moi étions meilleures amies depuis les scouts.
Paul voyait en elle le potentiel d'une grande actrice.
D'une certaine manière, il avait raison.
Regarde-le.
Il a besoin d'une mère, pas d'une fille perdue comme toi.
Les mères sont les filles les plus perdues.
Tu ne savais pas ça ?
Ce n'est pas de l'altruisme.
De l'altruisme.
Ce n'est pas de l'altruisme, c'est...
Ce n'est pas de l'altruisme, c'est de la pure lâcheté.
C'est une erreur j'aurais dû me rebeller.
C'est bien.
C'est vachement bien. C'est ça.
Ça ne va pas, Paul.
T'es censé me dire ce que je dois faire. Liv ?
Tu sais ce qu'on est censés faire ?
- Non. - OK. Oui.
On va faire un exercice
pour se mettre ensemble, se reconnecter un peu.
Liv, Luc, vous participez ?
Paul, excuse-moi, mais je suis là pour Liv.
Je peux filer un coup de main, mais je ne vais pas faire de théâtre.
- C'est... - Viens.
Liv, tu t'assieds là,
et Luc, là.
Je vous explique comment ça marche. Regardez-vous dans les yeux.
Luc, tu te concentres.
Ce n'est pas plus compliqué que de faire médecine.
C'est un exercice de Messner.
- Meisner. - Oui.
Quelqu'un commence.
Luc,
tu dis quelque chose à Liv que tu observes chez elle.
Par exemple : "Tu as de jolis cheveux."
Liv, tu prends, tu accueilles, tu digères
et tu le relances à la première personne du singulier :
"J'ai de jolis cheveux."
- Tu as de jolis... - Attends.
Vous répétez la même phrase,
ainsi de suite.
Dès que quelqu'un en ressent le besoin,
il dit une nouvelle phrase,
toujours dans l'observation de l'autre.
Vas-y.
Tu as de jolis cheveux.
J'ai de jolis cheveux.
Tu as de jolis cheveux.
J'ai de jolis...
Voilà, soufflez.
J'ai de jolis cheveux.
Tu as de jolis cheveux.
T'as un léger strabisme.
J'ai un léger strabisme.
T'as un léger strabisme.
J'ai un léger strabisme.
J'ai revu le film hier.
Il est vraiment génial.
On n'est pas un peu jeunes pour jouer ça ?
C'est pas vrai !
- Qu'est-ce que t'as dit ? - Rien.
Tu arrêtes de fumer ?
Je suis enceinte.
Non, je déconne, c'est faux. Laisse tomber.
J'ai toujours fait ce qu'on attendait de moi.
Je ne peux pas jouer dans cet état.
Non, justement. Utilise ça.
Arrête, pas ici.
OK, on est complet.
Je ne t'ai jamais aimé, Paul.
Au fond, je m'en fous de toi.
Je suis désolée, Liv.
Ça va commencer.
On va rentrer sur scène. Tu viens ?
Liv ? Elle tourne, la caméra.
On commence.
J'ai découvert que je ne savais pas qui j'étais.
Il vaut mieux être seul que mal accompagné.
C'est comme ça qu'on dit ?
Ça paraît un peu triste dit comme ça, mais, dans les faits,
ce n'est pas si mal d'être sans attaches.
Quoi ? Tu veux que je le dise à papa ?
Non, je n'ai plus 12 ans.
On ne fait pas comme ça. Tu le dis toi-même.
Je butinais.
Les rapports étaient simples, sans chichis.
Excuse-moi, j'arrive tout de suite.
On avait dit : pas d'attaches.
Pas de couple.
Chacun reste libre.
Liv, non, s'il te plaît.
Ne me dis pas que c'est fini.
- Tu veux être ma jumelle ? - Oui.
Avant tu me parlais Tu ne me parles plus
Avant tu me voyais Tu ne me vois plus
Mais un jour
Tu me diras
C'est toi, l'étoile de mes nuits
C'est toi, l'étoile de mes nuits
C'est toi, l'étoile de mes nuits
Parle-moi quand je suis là
Et aime-moi quand tu me touches
Touche-moi
Touche-moi
Touche-moi
C'est moi, l'étoile de tes nuits
C'est moi, l'étoile de tes nuits
C'est moi, l'étoile de tes nuits
Cette chanson est pour Étienne.
Touche-moi
Touche-moi
Regarde-moi
Regarde-moi
Touche-moi
Touche-moi
Une bière.
Je m'appelle Seba.
Liv, enchantée.
Étienne.
Salut.
Merci pour la dédicace.
Tu sais, Étienne, il m'a écrit une lettre trop gentille.
Voici Seba.
Je reviens tout de suite.
C'est excellent comme groupe.
T'es venu exprès de Liège ?
Ça en valait la peine.
Ça me fait plaisir.
Il ne me reste plus qu'à survivre jusqu'à demain.
Pourquoi ? Tu dors où ?
Tu veux venir chez moi ?
OK.
Je me barre.
C'est pas ton style.
- Bon, ben mets-toi à l'aise. - OK.
- Fais comme chez toi. - Merci.
- Tu veux un thé ? - Oui, d'accord.
- Je vais faire ton lit. - OK.
Tu veux du jambon ?
Non, merci.
C'est toi qui as peint ça ?
Oui, c'est pour la maquette de ton disque.
- C'est beau. - Merci.
Tu peux mettre ton nom là, ou là, ou là aussi.
Oui.
Je ne vais pas tarder.
Voilà ton thé.
C'est qui ?
C'est Regula.
Elle est dans mon film.
Salut, toi.
Nous allons conquérir le monde.
Tu me suivras au Japon.
On y mange la meilleure nourriture du monde.
La scène de jazz est dingue.
Un soir, j'ai vu un type monter sur scène avec une tronçonneuse
à la place de sa guitare.
Comment ça, "waouh" ?
C'était carrément dangereux.
Carrément.
Regarde-moi, beauté.
Ouvre les yeux.
T'es timide ?
- Regarde-moi. - Aïe !
Quoi ?
Hé !
Julie !
Anna !
Comment vous m'avez trouvé ?
Toi aussi ?
Il y a quelqu'un.
Liv est aux toilettes.
- Non, Julie. - Liv ?
Liv !
Liv, sors du placard.
Liv, je suis vraiment désolée.
On est bourrées.
On n'est pas comme ça d'habitude. Reste, reste, reste.
T'as une meuf trop chiante à chaque fois.
Fais gaffe, putain !
Fais gaffe, toi, connard.
Cette nuit-là, dans cette rue, j'ai croisé Luc.
Je l'ai suivi à travers la ville jusqu'à l'aube.
Et juste comme ça, une petite flamme s'est rallumée.
C'était complètement surréaliste.
Marcello !
Qui voilà ?
Une fille perdue.
Tu laisses tomber tes collègues ?
Tu fais quoi, seule, à l'aube, avec un bébé chat, au bord du lac ?
C'est une histoire compliquée.
Toujours tes petites misères.
C'est mon cœur.
Dès qu'il tombe amoureux, il s'arrête de battre.
Vous avez un remède ?
Une ordonnance, docteur ?
Non.
Et au théâtre, à l'époque,
pourquoi t'es parti ?
Je ne voulais pas être ton lot de consolation.
Avec Luc, j'y ai cru comme jamais.
Tout semblait parfait.
On a grandi ensemble, main dans la main.
C'était doux, délicat.
On s'aimait tellement qu'on n'avait plus besoin de le dire.
Les rêves les plus fous nous semblaient permis.
On allait être ensemble pour toute la vie.
Finalement, j'y étais arrivée,
heureuse et amoureuse, et tout ça en même temps.
Après des années de délicatesse,
c'était clair que la délicatesse ne me suffisait pas.
Il n'a pas fallu beaucoup de temps
pour que la machine à fantasmes se remette en route.
Il s'appelait Ben,
il était journaliste et il sentait bon l'aventure.
Tu viens acheter des fringues avec moi ?
Non, je déteste faire les magasins.
"Je déteste faire les magasins."
Tu ne te la pètes pas trop ?
Non. Pourquoi ?
T'es connue. Je ne suis qu'un petit journaliste.
Je comprends.
T'as peur que ça dérange Luc ?
Non, ça ne dérangerait pas du tout Luc.
Tu sais,
on se fait confiance.
"On, on, on"...
Tu me saoules avec tes "on".
"Nous avons visité l'Italie, on a acheté un canapé super."
Il y a encore un "je" dans ta vie, Liv Sàndor ?
Ou il s'est noyé,
perdu dans l'embourgeoisement de ce grand "on" ?
Je peux te poser une question ?
Oui.
Tu couches encore avec Luc ?
Ça fait un an qu'on n'a pas fait l'amour.
Ce n'est pas facile d'en parler parce que c'est tabou.
Vous savez combien de gens restent ensemble sans faire l'amour ?
Certains sont asexuels, le sexe ne les intéresse pas.
Ils préfèrent faire une balade en forêt ou prendre un bon repas.
"Il s'agit d'une envie profonde et inconsciente de l'être humain
"d'obtenir du partenaire réparation
"pour toutes les blessures anciennes
"et compensations pour les manques du passé :
'Avec toi, je vais enfin avoir ce qui m'a manqué, enfant.
'Tu vas me guérir.'
"Une telle attitude correspond à la relation parent-enfant
"et n'a rien à faire
"dans une relation sentimentale adulte.
"Elle sape inexorablement les allers-retours
"entre proximité et distance.
"Pas étonnant que le sentiment amoureux
"et les relations sexuelles entre partenaires s'émoussent."
Non, arrête.
Non.
Regarde là-bas.
Regarde.
Moi aussi.
Nous aussi.
C'est Emma et Paul.
Oui.
Emma fait des études de psychologie, tu savais ?
Tu me l'as déjà dit mille fois.
Et Paul, je crois qu'il galère au théâtre.
Sa dernière mise en scène a reçu des critiques négatives.
On les a lues ensemble, Liv.
- Ah bon ? - Oui.
T'es sûr ?
Liv !
- Salut. - Salut.
- Salut. - Salut.
T'as vraiment essayé de te cacher dans les arbres ?
Non, pourquoi j'aurais fait ça ?
Tu n'as pas changé, Liv.
Emma, qu'est-ce que je vois ?
Vous êtes vraiment faits l'un pour l'autre.
Tu crois ?
C'est une fille ou un garçon ?
Une fille.
Ton film sur Regula a cassé la baraque.
Il est vraiment génial.
- C'est vrai ? - Je l'ai vu trois fois.
Je suis vraiment fière de toi.
Tu travailles sur quoi, maintenant ?
Je fais des entretiens aux gens, sur leur relation aux animaux.
Les animaux les plus effrayants, ce sont les singes.
Ils sont comme les hommes, ils s'assassinent.
Pourquoi je déteste autant les lapins ?
Je ne sais pas.
Ce sont des animaux sournois qui ne se laissent pas caresser.
Il n'y a rien qui se dégage de concret pour l'instant.
Je ne sais pas.
Peut-être que t'es trop heureuse ?
- J'ai toujours mauvaise conscience. - J'espère bien.
Non, je te taquine.
Toi et Luc,
vous êtes si beaux.
J'espère que ça se passera bien pour Paul, Emma et leur bébé.
Comment ça ?
Qu'est-ce qui pourrait aller de travers ?
Peut-être que je t'aime trop fort.
Tellement fort que t'as plus envie de moi.
Jamais.
C'est qui ?
Il n'a vraiment aucune importance.
On n'y est pas arrivés, Liv.
On n'y est pas arrivés.
Je suis désolée. C'était vraiment une erreur.
C'est avec toi que je veux être heureuse.
Tu ne peux pas être heureuse.
Pourquoi ?
Je t'aime, tu m'aimes.
Pourquoi tu couches avec un autre ?
Je suis juste un médecin stupide qui va au boulot tous les jours,
qui fait son travail.
Je ne peux que t'aimer, je ne peux rien faire de plus.
Jamais je n'aurais cru pouvoir aimer, un jour, comme ça.
T'es mon grand amour.
Si on se sépare, comment on fait pour l'enfant ?
Si on devient parents ?
Il faut bien qu'on règle ça avant.
Oui, d'accord.
On doit tout écrire,
tout ce qui se passerait si je retombe amoureux.
Si tu retombes amoureux ? Pourquoi tu dis ça maintenant ?
Je ne veux pas que tu nous tues, moi et ma nouvelle copine.
Tu m'as demandé si ce que j'ai vécu dans mon enfance pendant la guerre
avait un rapport avec mes relations.
Probablement que oui.
Tu sais, je suis parfois triste,
car je pense que j'aurais été faite
pour une relation de couple qui fonctionne.
Ton père et moi, nous étions tellement amoureux au début,
mais nous n'avons jamais parlé la même langue.
À l'époque du divorce, j'avais cette image :
si tu as une poêle avec de l'huile chaude
et que tu mets de l'eau dedans, ça gicle.
Ce n'est ni la faute de l'huile ni de l'eau, mais ça gicle.
Je me sens vide.
C'est encore ma faute, c'est ça ?
Tu n'es pas le centre de tout.
Je ne comprends pas.
T'es avec moi ici, dans la caravane de ma mère.
Il fait beau, nos potes arrivent bientôt.
Comment tu peux te sentir vide ?
Tu m'écoutes ? Il ne s'agit pas de toi.
En plus, ce sont tes amis, pas les miens.
Et franchement,
Paul,
c'est l'homme le plus ennuyeux de tous les temps.
Arrête de cracher sur mes amis.
Tu les invites et je n'ai rien le droit de dire ?
J'ai une idée. Invitons tes amis.
Non, je suis bête, tu n'en as pas.
Tu avais besoin de prendre tout ça ?
Je ne sais pas exactement ce qu'on va faire.
On ne va sûrement pas aller pêcher.
On a ce qu'il faut, si jamais.
C'est là, non ?
Je ne sais pas, c'est la seule caravane.
Liv !
- Téléphone-lui. - Je ne vais pas lui téléphoner.
- Emma, salut. - On est un peu en avance, pardon.
Non, c'est bien.
Salut, Mia.
Ça va ?
- Salut. - Ça va ?
Qui voilà ?
Salut.
- Ça va ? - Tu vas bien ?
Bienvenue.
C'est notre caravane, oui.
Chouette.
Coucou, toi. C'est Mia, non ?
La dernière fois que je t'ai vue, tu étais toute petite.
Tu veux jouer à cache-cache ?
Vous voulez peut-être boire un verre avant ?
Je veux jouer à cache-cache.
- Tout de suite ? - Oui.
Tes désirs sont des ordres.
C'est Liv qui compte ?
Allez, c'est parti.
- Attention avec les sacs. - Excuse-moi.
- On va jouer à cache-cache ? - Tu viens ?
Je vous laisse aller.
15,
16,
17,
18,
19.
J'arrive.
Vous êtes où ?
Vous avez tous disparu ?
Paul, je t'ai trouvé.
Mia aussi, je t'ai trouvée.
Elle a triché.
C'est sûr.
Tu veux grimper ? Vas-y.
Non. Et là ?
Non. Et là, non.
Tu ne cherches pas les autres ?
Je te fais monter jusqu'en haut ?
Tu veux ?
T'es là.
Je vous ai cherchés partout.
On s'est trop bien cachés ?
Non, tu t'es trop bien caché.
Vous étiez où ?
Je ne te le dirai pas. Sinon, ce n'est plus un secret.
Ça va ?
C'est quoi, cette histoire entre Emma et toi ?
T'es folle.
Vous avez fait quoi ?
Tu me fais peur.
"On s'est trop bien cachés."
Et Emma qui est si candide...
Tu crois vraiment que je me tape une femme enceinte
pendant que son mec et sa fille jouent à cache-cache ?
Je savais que tu étais folle,
mais tu dérailles complètement.
Je suis désolée.
Tu dois apprendre à te contrôler.
J'essaie tous les jours.
Ça ne sert à rien.
Tu me proposes quoi ?
De me défoncer tous les jours, comme toi ?
Je n'en peux plus, je me tire.
Non, reste, s'il te plaît, Ben.
Ne t'approche pas.
Je suis un monstre, je sais.
Ne me touche pas.
Encore une.
Il va avoir le tournis.
J'ai proposé à Ben d'écrire un article de fond
sur comment j'aborde ma nouvelle pièce,
comment je prends contact avec Lars von Trier.
Où est Ben ?
Je sais pas.
Liv !
- Je peux t'aider ? - Non, toi, t'es enceinte.
Tu ne fais rien.
Comment ça va ?
Bien, et toi ?
Eh bien...
Paul veut écrire une comédie musicale sur la vie de Lars von Trier.
Il lui a écrit une lettre il y a six mois
et il attend encore sa réponse.
C'est une bonne idée.
Ça va ?
- Où est Ben ? - Je sais pas.
Peut-être qu'il a voulu acheter un truc.
Paul, tu sais où est Ben ?
Non.
Vous voulez que j'aille voir ?
Non, occupe-toi plutôt des saucisses.
Ça se cuit, ça ?
Non, mais tu mets d'abord les cervelas.
Quand on s'est rencontrés, avec Ben,
on s'est promis de s'aimer comme Bonnie and Clyde,
sans merci.
Quand on s'est quittés, j'étais si épuisée
que je n'avais plus la force de ressentir quoi que ce soit.
Mon cœur était anesthésié.
Quinze ans et deux enfants plus tard,
Paul a finalement demandé Emma en mariage.
Pour ne pas y aller seule,
j'ai invité un mec rencontré sur Internet.
On passait des nuits entières à s'écrire des messages.
On ne s'était jamais vus, jamais parlé.
Je trouvais ça très romantique
et j'étais remplie d'espoir.
Liv !
Salut.
Je ne t'ai presque pas reconnue.
Ça fait si longtemps.
Le film sur la grosse était génial.
Tu as fait un truc sur les animaux, comment ça s'appelait ?
Le silence des animaux.
Ça a moins bien marché.
Maintenant, tu fais quelque chose sur la famille, c'est ça ?
- Sur le couple ? - Oui.
Et les enfants ?
Liv !
Emma !
T'es magnifique.
Merci.
C'est Mia qui a tout choisi pour moi.
Pour le porte-nom, j'ai seulement mis "DJ Imalas".
- J'espère que c'est bon. - C'est parfait.
- Emma ! - Merci.
Liv !
Salut, Paul.
Ça fait plaisir de te voir.
Bravo pour le succès de ta comédie musicale.
Merci. Je suis content.
Je dois chanter quand ?
- Tu vas le faire ? - Oui.
Ça me fait super plaisir, Liv.
Après le discours de Paul.
C'est le meilleur moment.
- Oui. - OK.
Tu as trouvé ta place ?
Bonjour.
Un, deux.
chère Emma,
chère Mia, cher Carl,
à vous et à votre mariage.
Oui !
C'était magnifique.
Merci, Liv, pour ce moment émouvant, cette chanson magnifique.
Sur ce, je propose qu'on lève nos verres à nos mariés, on trinque.
Bravo à vous et profitons de la journée. Merci.
- Salut, princesse. - Salut, DJ.
Excuse-moi, j'ai le visage tout rouge.
J'ai oublié ma crème solaire.
Désolé. J'en ai partout.
Le chemin s'est arrêté d'un coup.
J'ai dû marcher dans les broussailles.
Si tu savais à quel point je suis content d'être là,
avec toi.
Ça fait longtemps que j'attends ça.
Liv, je ne suis pas venu les mains vides.
Je suis venu avec une énigme pour toi.
- Tu joues ? - Oui.
Ferme les yeux.
Concentre-toi.
Imagine un désert,
juste une ligne d'horizon.
Et dans ce monde...
Attends, tu peux fermer tes yeux ?
Imagine un désert,
juste une ligne d'horizon.
Dans ce monde, il y a un cube.
De quoi est-il fait ?
De verre ?
Il t'a l'air inhabituel, étouffant
ou familier ?
Tu peux fermer les yeux, s'il te plaît ?
Pour l'énigme.
Il y a une échelle.
Où se trouve-t-elle ?
Est-elle ancrée dans le sol ou flotte-t-elle ?
De quel type d'échelle s'agit-il ? Est-elle en acier ou en bois ?
S'il te plaît, essaie... Tu peux fermer tes yeux ?
Ça compte beaucoup pour moi que tu prennes ça au sérieux.
Excuse-moi, je reviens.
Mia !
Tout va bien ?
Je ne comprends pas.
Jamais je ne me suis senti aussi proche de quelqu'un.
Je pensais que c'était la même chose pour elle.
Cet après-midi-là,
j'ai décidé que ça suffisait.
Plus de rencontres par Internet,
plus de rendez-vous secrets dans les cafés,
plus de soirées à chasser l'homme parfait.
Deux mois plus tard, je l'ai rencontré.
John.
Liv.
Maintenant, il ne parle plus comme Rimbaud
et ne ressemble plus trop à Bob Dylan.
C'est juste John.
Ici, Liv !
- Liv ! - Liv !
- Vous êtes encore là ? - Oui.
Tu vas où ?
Je rentre chez moi.
- On... - Vas-y, donne-lui.
On a quelque chose pour toi.
C'est quoi ?
Pour remplacer celui qui s'est cassé quand tu étais petite.
Merci.
Merci beaucoup.
Je vais rentrer, mais...
merci vraiment.
- Ciao. - Ciao.
Peut-être qu'aimer, c'est un savoir-faire,
comme le piano ou la gymnastique.
Si on n'a pas appris dès son plus jeune âge,
on ne pourra jamais être virtuose.
Ce n'est pas parce qu'on n'est pas virtuose
qu'on n'a pas le droit de jouer.
Je me trompe ?
John, t'es là ?
Ça va ? Je peux m'approcher ?
Tu ne vas pas essayer de me noyer ?
Non, plus maintenant,
bien que le club des noyés ne soit pas le pire.
Paul Celan, par exemple, s'est jeté dans la Seine.
Jeff Buckley dans le Mississippi.
Whitney Houston dans sa baignoire.
Bobbi Kristina.
Woyzeck,
probablement dans un étang.
Ophélie.
Claude François.
Virginia Woolf.
Les poches pleines de gros cailloux.
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