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Un métro roule.
- Tu te tapes cette traînée ? - T'as cru qu'on allait se marier ?
- Tu sais quoi,
tu vas le regretter. - Oh là là, j'ai peur.
Musique à suspense
- Vas-y, défonce-le !
Cris
- On se casse !
- Alors ? - Cédric, 14 ans.
Il a été tabassé. Fracture du tibia...
- C'est un racket ? - Non, on lui a rien volé.
- Un règlement de comptes ? - Il a pas de casier.
- C'est calme où il a été agressé.
Ca s'est passé le matin, pas de témoin.
Pas de caméras.
- C'est les fringues de Cédric ? Amène-les au labo.
On aura peut-être de l'ADN. - Bien.
- On se dépêche.
- Mon fils prend
ce chemin le matin. Si nos enfants
ne sont plus en sécurité...
- Qui pourrait t'en vouloir ?
- J'ai pas vu leurs visages.
C'est allé vite, je peux pas dire combien ils étaient.
- Tu t'es disputé avec quelqu'un, récemment ?
Suffisamment énervé pour te tabasser ?
- Regardez-le. Y a rien pour justifier ça.
- Ca va, Maman.
Je me suis pris la tête avec Sabrina.
- Sabrina ?
- Mon ex. On s'est embrouillés.
Elle a su pour l'autre meuf, elle était vénère.
Elle m'a retrouvé sur la passerelle pour
qu'on se parle.
Quand elle est partie, les autres sont arrivés.
- Tu penses
qu'il y a un rapport ?
- Je sais pas.
Avant de partir, elle a juré de me faire la misère.
- Cédric.
Tu aurais d'autres choses à nous dire ?
Tes agresseurs ont parlé ?
Je sais que c'est difficile de te rappeler.
Dans une enquête, chaque détail compte.
- Pendant qu'ils me tapaient, il y a un des gars qui comptait.
- Il comptait quoi ? - Les points.
A chaque coup, ça faisait 20 points, 30 points...
Plus les coups étaient forts, plus il y avait de points.
Pour eux, c'était...
- Comme un jeu.
Musique intrigante
- C'est la fille au pull vert, là-bas.
- A côté de la bleue ? On y va.
Sabrina ? Commandant Matteï.
Tu sais pourquoi on est là ?
- Cédric, c'est ton petit ami ? - Mon ex.
- Tu vas venir avec nous, on a des questions à te poser.
Bon appétit, les filles.
Les élèves cognent leurs verres sur les tables.
- Un peu de calme, s'il vous plaît !
- Après votre dispute,
tu l'as menacé de...
"Lui faire la misère."
C'est ça ? - Oui.
- Après, il se fait agresser.
- Il va bien ?
- Pas vraiment.
- J'ai rien à voir avec ça, j'avais cours.
J'y suis allée direct.
Ceux que vous cherchez, je les ai vus.
Ils étaient 4 avec
des foulards.
Comme des casseurs.
- Rien pour les identifier ?
- Non, c'était des ados.
Un téléphone sonne.
- C'est quoi ?
C'est toi qu'as filmé ça ?
- Non, ça a été envoyé à tout le collège.
Des téléphones sonnent.
- Léo, tu tombes bien. Madame le juge voulait te voir.
- Je vais essayer de trouver qui a envoyé la vidéo.
- Je vais me faire un petit café.
- Hélène, comment va ta fille ? - Super bien.
Enfin...
Comme une gamine qui me rend dingue.
- Devenir juge d'instruction
à ce moment-là, c'est sport.
- Je regrette pas.
Léo.
Arrête de déconner.
Dans ta dernière perquis', On risque le vice de procédure.
- Mes perquisitions sont réglementaires.
- Pas à moi. Tu me feras pas le coup 2 fois.
Tout doit être réglo.
- Réglo ? A vos ordres, votre Honneur.
- Les vêtements de Cédric ? - On attend les résultats.
La vidéo ne vient pas
du téléphone de Sabrina.
- Les poings, ça rappelle le happy slapping.
- Le quoi ? - Ca vient d'Angleterre.
Un passant marche dans la rue, quelqu'un le frappe
et part en courant, le tout filmé.
- Et la vidéo est en ligne. - Les victimes
sont choisies au hasard.
- Cédric ne connaîtrait pas
ses agresseurs. - Il faut être psychopathe
pour faire ça. - Ce sont pas
des psychopathes, ils feraient pas ça à un proche
mais à un inconnu, oui. Je le connais pas,
je peux le frapper, il est rien. - Evidemment.
Ah, regardez.
Un blog, "Points par poing".
La dernière vidéo date d'il y a une heure.
On la regarde ? - Vas-y.
- C'est parti.
- La passerelle. C'est l'agression de Cédric.
Cris
Et merde.
On pourra pas les identifier, ils ont des capuches.
D'où a été postée la vidéo ? - Je cherche.
Non, ça passe par des proxys. - Des proxys ?
- Des logiciels pour pas se faire repérer.
Ca change l'adresse IP.
La vidéo envoyée
au collège vient de là et il y en a plein.
- Le logo,
c'est le même sweat que l'attaque de Cédric
donc les mêmes agresseurs ? - C'était il y a 5 mois.
Vous voyez la différence ?
Les agresseurs portaient un coup et fuyaient.
Mais ils se sont
acharnés sur Cédric.
- Il faut les trouver vite. Epluche toutes les vidéos.
- OK.
Musique pesante
Putain, mais...
- Quoi ? - Je la connais, putain.
- Quoi ?
- Je la connais.
- La fille ?
- Ouais. Je connais une des victimes.
- C'est-à-dire ?
- Cynthia, la soeur de mon pote Raphaël.
- C'est chez lui que t'es toujours ?
Un ami d'école ? - Ouais, l'intello.
Il avait la cote avec les filles. - Il aurait pu te donner des cours.
- Vous pouvez rire. C'est un vrai pote,
le seul qui m'a soutenu quand je faisais mes conneries.
C'est un battant. Quand ses parents sont morts,
Cynthia avait 12 ans. Benjamin, 4.
- Il en a eu la garde ?
- Pas question de les laisser au foyer.
En 3e année de médecine, il a tout plaqué pour être
infirmier et s'occuper d'eux. Bonjour, Mme Garcia.
- Raphaël est intelligent, il renonce à son rêve
pour s'occuper de son frère et sa soeur.
Et c'est ton pote. Il y a pas une erreur de casting ?
- C'est un saint. - C'est là ?
- Ouais, 2e étage.
- Pourquoi tu m'as rien dit ?
- Ca aurait changé quoi ?
- Tu peux nous raconter ce qui s'est passé ?
C'était il y a 5 mois ?
- Je rentrais de cours, je faisais rien de spécial.
Je me suis pris un coup
dans le visage. Je me suis retrouvée à genoux.
- C'est pour ça, la boxe. - Si ça recommence, je saurai
me défendre. - Tu as vu qui t'a frappée ?
- Non, elle était masquée. Et ils sont repartis en courant.
- Elle ? Une fille
t'a agressée ?
- Je l'ai entendue parler quand elle me frappait.
- Elle comptait les points ? - Eh, Jo.
- Ca va ?
- Ouais. T'es venu prendre ta raclée ?
- Non. Une autre fois, promis.
Il souffle.
- J'ai les résultats sur les affaires
de Cédric. Pas de traces ADN des agresseurs.
Il y a 4 marques de semelles dont une de chaussures de fille.
- Ca colle avec nos infos. - Rien sur
Cynthia et Cédric. Tout se passe dans ce quartier.
- C'est nouveau, ça ?
- Ces humiliations sont traumatisantes.
Certaines victimes veulent juste oublier et
se reconstruire. - Nouvelle agression.
Marie, 16 ans, il y a une heure près d'un distributeur
de billets dans le 12e. - Merci.
- C'est sur la vidéo. - Ca va pas s'arrêter ?
Allez, vas-y.
Envoie.
Musique pesante
T'as été désignée pour instruire cette affaire.
- On m'a collé la pression.
2 gamins à l'hosto aussi vite, ça fait peur.
Le pronostic vital est engagé ? - Elle est dans le coma,
ils se sont acharnés. Elle a rien fait.
Comment on peut en arriver là ?
- Les agresseurs sont de plus en plus violents et nombreux.
- Garçon ou fille, les vidéos sur Internet
font de plus en plus d'adeptes. Ca va très vite.
- Il faut que t'arrêtes les coupables.
Vous les avez identifiés ? - Ils agissent au hasard.
Ils sont masqués, portent des gants,
ne laissent aucune trace.
Hélène, je suis flic, pas magicien.
Alarme sonore
- Sortez, s'il vous plaît, on va travailler.
- On dégage !
Musique dramatique
- Regarde le chien ! Allez, attrape-la !
Oh, le chien !
Non !
- Cynthia a été attaquée là.
Cédric a été agressé sur cette passerelle.
Marie a été tuée là.
- Elle vivait dans le 12e ?
- Non, elle avait un entretien pour un stage.
- L'enquête de voisinage et les caméras donnent quoi ?
- J'ai interrogé les commerçants du coin.
Ils ont rien fait pas peur.
Les caméras, rien. - S'ils avaient
réagi, Marie serait peut-être encore vivante.
- On envoie des voitures de patrouille là.
Notification
- L'agression de Marie est sur le blog.
- Qu'est-ce que ça dit ? - On connaît pas
l'auteur, ça passe par des proxys.
- Il faut fermer ce blog. Sinon,
d'autres tarés vont rejoindre ce groupe.
- C'est tout ce qu'on a.
On doit le garder en activité pour
savoir qui se cache derrière les pseudos.
- Il y a des messages furieux sur le profil de Marie.
Une veillée est organisée où elle a été tuée.
- Ils ne voulaient pas la tuer.
Marie est morte car sa tête a heurté le trottoir.
- Ils doivent savoir
qu'en faisant ça, ils peuvent la tuer.
- Non, les coupables sont des ados et ne se rendent
pas compte. - S'ils savent qu'ils l'ont tuée,
ils pourraient regretter
et vouloir aller à la veillée.
Musique douce
- Commandant, vous allez les arrêter.
- On est ici pour l'enquête.
- Ca aurait pu être mon fils ! Cédric est
en fauteuil et j'ai
de la chance qu'il soit vivant.
- Nous allons les retrouver au plus vite.
- Au plus vite, c'est trop tard.
Ils ont tué une gamine pour rien !
- Je sais.
Musique pesante
- Le jeune avec la capuche grise,
il a déposé des fleurs ? - Il a rien déposé.
- Il a l'air nerveux. Peut-être qu'il connaissait Marie.
- On va aller lui demander en douceur.
Il arrive sur vous.
- Police. Comment tu t'appelles ?
- Romain. - Tu vas venir avec nous.
- Regarde.
Tes semelles de chaussures.
Et les empreintes retrouvées sur le T-shirt de Marie.
Tu sais quoi ?
C'est les mêmes.
- Dis-moi, Romain.
T'as quel âge ?
17 ans ?
17 ans plus 15, ça fait 32.
Tu reverras le jour à 32 ans, mec.
- Je suis pas d'accord.
Violence entraînant la mort sur une mineure,
ça fait minimum 20 ans.
Minimum 20 ans de prison pour toi !
- Ouais.
Bah ouais.
- On voulait pas la tuer.
- Tes empreintes étaient pas sur la précédente victime.
Donnes-nous le nom de tes complices.
- Je les connais pas. C'est vrai.
Je sais pas qui ils sont.
- Bien sûr, c'est ça. Prends-moi pour un con.
Tu te bastonnes avec eux et tu connais pas leurs noms.
Alors comment
vous êtes entrés en contact ?
- J'ai mis un commentaire sur le blog, j'ai dit
que j'aimerais participer. J'aime les sports extrêmes.
Le frisson, ça me fait kiffer.
- C'est une méga dose de frissons. Tu mets un commentaire et après ?
- Quelqu'un m'a donné un pseudo sur Direct Tchat.
- Une application de communication par messages vocaux, intraçable.
La marque ne coopère pas avec les
autorités. - J'ai donné mon
numéro et j'ai reçu un texto avec une adresse.
Il fallait juste venir
avec un sweat à capuche, des gants et un foulard.
- C'est super courageux, ça. Comme ça, on sait pas qui est qui.
- On a commencé à marcher et on a vu une fille toute seule.
- Marie. Marie Dompierre.
Comment vous l'avez choisie ?
- Je sais pas.
Les autres ont commencé à aller la frapper.
Et j'ai fait pareil.
- Tu te rends compte de ce que tu dis ou pas ?
Vous vous enfuyez et après ? Vous vous fêtez la chose ?
- Quelqu'un a dit, quand on s'est dispersés :
"Rendez-vous au skate-park." Mais je savais pas où c'était.
(-T'inquiète pas, Romain.)
(Nous, on va trouver.)
- Mauvaise nouvelle.
- Quoi ? - Dans le portable de Romain,
il y a un texto avec l'adresse où Marie a été attaquée,
Mais envoyé avec une carte prépayée.
- Donc pas de provenance. - Exact.
- Julie, il y a un skate-park dans le 12e ?
- Près du lieu de l'agression. - Allez, on fonce.
- C'est toi qui l'as tuée !
Pourquoi t'as fait ça ?
Pourquoi t'a fait ça ?
- Madame Dompierre, calmez-vous.
Ca va aller. Ca va, ça va.
Musique pesante
Allez.
Musique rap
Le poing, là.
C'est le même que sur la page du blog.
Regarde.
La voilà, la planque qu'on cherchait.
Canettes de soda, mégots de clopes...
A l'aise.
- Ils ont brûlé des cartes prépayées.
Sûrement celles avec lesquelles ils se donnent rendez-vous.
- Préviens la scientifique. Je tiens la juge au courant.
Hélène, Matteï.
- Très bien, commandant.
Excusez-moi. On en était où ?
- La responsabilité de Romain.
- Pour vous, il fait la différence entre le bien et le mal ?
- Oui.
- Je dois décider si on le juge comme adulte ou comme mineur.
Merci.
Jeanne ?
Léo, comment il va ? Vraiment.
- Comme un père dont la fille a disparu.
Il a pas intégré la BPM par hasard.
- Il m'en veut toujours ?
- Il ignore pourquoi vous n'avez pas suivi la piste.
- C'était pas une piste. Ce témoignage, c'était du vent.
Je voulais pas être en charge de cette affaire.
Nos filles ont grandi ensemble.
- Oui, il a insisté pour que vous instruisiez l'enquête.
- J'ai accepté par amitié, mais avec le recul...
Quelle erreur.
- Le dossier est toujours ouvert.
Peut-être qu'on aura une vraie
piste un jour. - Peut-être.
- Au revoir.
Musique douce
- Mec, t'es pas sérieux ? Tu vas pas te tatouer ça ?
On dirait un dessin
d'un gamin de 2 ans. - Tu veux parler de tatouage nul ?
C'est quoi, que t'as ? "Time is money".
T'es un gangster flic. T'as mal choisi ta carrière.
- Je m'occupe des enfants.
Ca en jette avec les meufs. Sauf les enfants meurtriers.
Là, c'est différent. T'aurais dû entendre ce gamin.
Défoncer un ado, c'était comme acheter du pain.
- Comment taper des gosses peut devenir un jeu ?
- C'est comme si la vie n'avait aucune valeur pour eux.
La psy au boulot dit que c'est pas des psychopathes.
Mais je me demande ce qu'ils foutent, leurs parents.
Tu leur as parlé ?
- J'ai dit que je voulais plus
qu'ils traînent, le temps qu'on trouve le groupe.
Je sais pas ce que je deviendrais si je les perdais aussi.
- Tu m'étonnes. Je connaissais pas la gamine,
et son agression, ça m'a...
En tout cas, ça nous a
remontés à bloc, cette histoire.
On a mis leur QG sous surveillance.
C'est une question de jours avant qu'on les trouve.
- Putain, c'est pas vrai !
- Léo, ça va pas ?
- C'est les résultats du test ADN de la cabane.
Tu sais quoi ? Rien. Rien, rien, rien.
- Comment ça, rien ? Aucun gamin n'est fiché ?
Ils n'ont jamais rien fait et ils se mettent
à tabasser des gens ?
- Pas à tabasser des gens, à tuer des gamins.
C'est pas pareil. Ca a aucun sens.
- Ils sont où, les petits ? - Jonathan et Julie ?
Ils font des rondes dans le 12e. On a que ça pour les choper.
- Commandant,
un groupe de jeunes correspondant
au signalement des agresseurs a été vu au port de l'Arsenal.
- Merci.
Allô, Jonathan ?
On se retrouve au quai du port de l'Arsenal, d'accord ?
Musique de tension
Sirène de police
- Police, arrêtez-vous ! Occupe-toi de lui !
- Une ambulance au port de l'Arsenal.
Ils sont partis au bout du quai.
- Bougez plus, police !
Bougez plus. J'en tiens certains.
- Police, arrêtez ! - On s'arrache !
- Jonathan...
Comment il va, Docteur ?
- Il va survivre mais son état est préoccupant.
Il a subi un traumatisme crânien. On doit
attendre son réveil pour savoir. - Il aura des séquelles physiques ?
- A cause des coups à la colonne vertébrale,
il pourrait ne pas remarcher. - C'est pas vrai...
- Je dois contacter sa famille.
- Je vais prévenir son meilleur ami qui travaille à l'hôpital.
A part lui, sa seule famille, c'est nous.
Merci, Docteur.
- Ce sont les mêmes qui ont attaqué ma soeur ?
- Jonathan a essayé de les arrêter, mais ils étaient trop nombreux.
A la mort de son frère, je lui ai promis de le protéger.
- Je sais, il m'en avait parlé.
- Et voilà le résultat.
Jonathan, c'est comme mon fils.
On va arrêter ceux qui ont fait ça.
Musique douce
- Jonathan à l'hôpital, une arme disparue
et 0 suspect. J'en arracherais mes cheveux.
- Il te faudrait des implants.
- S'il te plaît, dis-moi que t'es sur une piste.
- Thomas, le gamin qui s'est fait attaquer.
Il a arraché ça à un agresseur, le labo va la tester.
- C'est pas comme ça qu'on va trouver l'arme.
Il faut pas qu'ils s'en servent.
- Ils utilisent des cartes prépayées pour communiquer.
On en a retrouvé quelques-unes à leur QG, brûlées.
J'ai demandé les numéros de série.
Et la boucle d'oreille ?
- L'ADN matche avec un mégot du skate-park.
Mais pas de correspondance
dans nos fichiers.
Un portable vibre.
- Ouais, Matteï.
Ouais ?
D'accord.
Merci.
La scientifique a trouvé le numéro de série
des cartes.
Elles viennent d'un bar-tabac du 12e.
Je vais peut-être me remettre à fumer.
- Vous êtes sérieux ?
- Pas de cambriolage. Rien de signalé.
D'accord, merci. Au revoir.
Bonjour. - Bonjour.
- Commandant Matteï, brigade des mineurs.
Lieutenant Asma. - Oui ?
- Des adolescents avaient des cartes
prépayées pour communiquer et attaquer des personnes au hasard.
- Oui, la jeune fille qui est morte ?
Quel est le rapport avec moi ? - Ces cartes venaient d'ici.
- Vous pouvez vérifier vos stocks ? - Oui, bien sûr.
Ca doit être une erreur. - Qui s'occupe de l'inventaire ?
- Moi.
- Personne d'autre a accès à l'inventaire ?
- Non, c'est moi qui gère tout. A part
ma fille qui m'aide de temps
en temps. - Votre fille ?
- Ouais. - On peut la voir.
- Bien sûr. - Merci.
Musique rock
- Clarisse, la police veut te parler.
- Je suis occupée, là.
- Et mets ton casque pour écouter la musique !
- Elle peut pas le mettre.
Elle a mal à l'oreille. Regardez.
N'est-ce pas, Clarisse ?
- Je me suis blessée en sport, et alors ?
- T'as perdu ta boucle d'oreille ? - Quel sport ?
Tabassage mortel ?
- Tu le dis à ton père ?
- OK, c'est bon...
Bon, on y va ?
Je sais pas où est votre flingue. Et même si je savais,
je vous le dirais pas.
- On fait l'addition ? Tu voles des cartes prépayées.
Tu filmes l'agression de notre collègue.
Il y a des vidéos de l'attaque de Cédric
et Marie dans ton portable. Tu vas être accusée de coups
et blessures ayant entraîné
la mort. L'addition va être très lourde.
- Et alors ? - Clarisse, je crois pas
que tu comprennes de ce que vous avez fait.
Un lieutenant est à l'hôpital et une adolescente est morte.
- On s'amuse comme on peut. - T'as perdu.
Donne-nous le nom de tes potes ou tu vas
en prison sans passer par la case départ.
- Au moins, je serai nourrie et logée.
Je travaillerai pas pour un salaire de misère
comme mon père.
- On arrête les conneries. Tout est dit.
T'as pas peur d'aller en prison. Ca tombe bien.
Parce que tu vas y passer un bon moment.
Musique pesante
- Si vous pensez que ça va les arrêter...
On n'a pas peur de la prison. On n'a peur de personne.
(-Evidemment.)
On frappe à la porte.
- L'hôpital a appelé.
Jonathan s'est réveillé. - Et ?
- Ca a l'air d'aller.
- Voilà les renforts.
- Tu m'as fait peur, toi. - Donc vous avez bien un coeur.
- Comment tu vas ?
- Ca va. - Le toubib a dit quoi ?
- Pas de séquelles.
Jonathan va pouvoir remarcher.
D'abord avec des béquilles. Mais tout va bien.
- Ca a l'air d'aller.
- Vaut mieux que tu restes allongé.
Je vais te chercher des calmants. - Merci, frérot.
Comment va le gamin qui s'est fait agresser ?
- Mieux que toi.
Il a eu des blessures superficielles.
- Vous avez pris mon ordi. - J'ai un film
à te montrer, mais
tu vas pas aimer. Ils ont filmé ton agression.
Comme les autres, ils ont balancé sur Internet.
Les images sont dures, si tu veux prendre du temps.
- Et leur laisser le temps de recommencer ?
Non, jamais de la vie.
Cris
- Quelle bande de bâtards !
- Ouais. Une belle bande de bâtards
avec des éditions limitées
aux pieds. - C'est-à-dire ?
- Ces baskets, c'est des éditions limitées, on peut
trouver leurs propriétaires.
J'ai un logiciel qui groupe les achats.
Mais la juge va pas aimer. - On s'en fout de la procédure.
- On s'en fout. - J'ai un autre patient.
Tu m'appelles si t'as besoin.
- Alors 5 paires ont été vendues à Paris.
Ca va être facile de trouver l'enfoiré qui les a achetées.
Musique pesante
C'est pas possible.
- Il est où, Raphaël ?
Sonnette Raphaël ?
C'est le commandant Matteï, je sais que t'es là.
Raphaël, je pense
que t'as intérêt à ouvrir.
Sur la vidéo, c'est des chaussures de petite taille.
Tu les as achetées à Benjamin ?
- Je sais pas où il est. - T'as essayé de le prévenir ?
- C'est mon petit frère. Bien sûr que je l'ai appelé.
J'ai eu sa messagerie.
Benjamin, c'est un enfant fragile.
A l'école, c'est les autres qui l'embêtent.
Si on lui avait racketté ses baskets ?
Et si c'était pas lui ? Ca serait pas la 1re fois.
- Aucune trace de l'arme.
Mais j'ai trouvé ça dans la chambre de Cynthia.
C'est le reste du lot de cartes prépayées.
- C'est quoi, ces cartes ?
- C'est Cynthia qui donne
rendez-vous aux autres.
Raphaël...
c'est elle qui dirige le groupe.
- Non.
- Je comprends pas, comment ils ont pu en arriver là ?
Ils ont jamais été agressifs.
Comment j'ai pu être aveugle à ce point ?
- C'est pas ta faute.
T'as dû être un frère et un père, c'est dur.
- Si, c'est de ma faute.
Si j'avais été présent, j'aurais pu faire quelque chose.
- Il y a 5 ans, la justice
t'a accordé leur garde parce qu'ils ont confiance en toi.
T'es plus responsable de leurs actes, ils ont grandi.
- La priorité, c'est de les retrouver.
- Je compte sur vous.
Musique douce
- Il va leur arriver quoi quand vous les aurez retrouvés ?
- Ca dépend de leur degré d'implication dans les faits.
Par-dessus tout, ils vont avoir besoin de toi.
- Je sais pas. Je leur ai tout donné, moi.
Quand ils ont agressé les autres,
c'est comme s'ils m'avaient agressé.
Pourquoi ils ont fait ça, putain ?
- Raphaël...
regarde-moi.
Tes parents auraient fait quoi s'ils avaient été encore là ?
- Mon père les aurait atomisés.
Ma mère...
Ma mère, elle les aurait réconfortés.
Comme toutes les mères.
- Voilà.
Il va falloir que tu fasses tout ça.
Mais te sacrifie pas pour eux.
T'es un mec bien, Raphaël.
Il faut que tu aies confiance en toi, d'accord ?
T'es un mec bien.
Cynthia était en cours ce matin
et se volatilise à l'heure du déjeuner.
J'ai transmis leurs photos à nos équipes.
Et pour leurs portables ?
- Eteints donc pas localisables. - Avant d'être bourreau,
Cynthia a été victime. C'est classique.
D'abord, le happy slapping diffusé sur Internet.
Se sentant humiliée,
elle prend des cours de boxe.
La meilleure défense, c'est l'attaque.
- Pourquoi entraîner son frère ? - D'habitude, il se fait tabasser.
Cynthia lui a appris à se défendre,
c'est un rite initiatique.
Notification de téléphone
- Le portable de Clarisse vient de recevoir un SMS.
C'est quoi, ça ? - Un code.
- Cynthia sait qu'on a arrêté Romain,
elle a changé sa façon de communiquer avec le groupe.
Mais elle ignore qu'on a aussi arrêté Clarisse.
- 15, ça doit être "15h". - Un rendez-vous ?
- Ils préparent une attaque. On a 25 minutes pour trouver où.
- On fait comment ?
- Moi, je sais.
- Tu devais pas rester
à l'hôpital ?
- Oui, mais vous
galérez sans moi.
- T'es venu comment ? - Ca existe, les taxis.
- T'es un grand malade.
- C'est un vieux code, chaque lettre correspond à la suivante.
Pour BXFMDR, ça donne...
Je peux prendre un... Merci.
C-Y-G-N...
E-S. Cygnes.
Presque tous les parcs de Paris ont des cygnes.
C'est vague. - Non, c'est super précis.
Le mot Cygnes au pluriel, il y a qu'un endroit dans Paris
où on peut en trouver.
L'île aux cygnes.
Julie, on y va.
- Vous les avez retrouvés ? - Ouais.
- Laissez-moi venir, ils m'écouteront.
- Il faut arrêter les conneries. Toi, reste ici, je m'en occupe.
- Le mieux, c'est que tu rentres chez toi.
On t'appellera quand on aura du nouveau.
- Ah OK. - Fais-moi confiance.
Musique de tension
- Tu te positionnes de ce côté.
Matteï pour Julie. Tu as tout le monde en visu ?
- Affirmatif. *-On n'intervient pas.
On attend de voir si la bande est au complet.
On intervient pas sans mon signal. - OK.
Musique pesante
- Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?
Putain ! Benjamin a l'arme de Jonathan.
- C'est un vrai flingue ! - Ca part en couille,
venez, on se barre.
- Les autres se barrent vers toi. - On s'en occupe.
Police !
- Arrête-toi, arrête-toi !
- Mains sur la tête !
- Faut que ça s'arrête. On est allés trop loin.
- Personne ne bouge. Je vais intervenir.
- La fille est morte, Jonathan est à l'hôpital.
- Il était pas là quand je me suis fait frapper.
Personne m'a aidée.
Toi non plus, donc je t'ai appris à te défendre.
Comment j'ai eu ce pull ?
- Tu l'as pris à la fille qui t'a frappée.
- J'ai pris le pouvoir. A ton tour.
T'es un homme ?
File le flingue qu'on s'amuse avec.
- Benjamin, pose ça. - Casse-toi !
- Lui fais pas de mal.
- Du mal ? Au contraire, je le protège, comme
sa grande soeur. Toi, non, t'es jamais là.
- Il se sacrifie pour que vous manquiez de rien.
- T'as ramené les flics ? T'es qu'un sale traître.
- Arrête tes conneries, je suis pas armé.
Je viens te parler.
- Je vais tirer, je suis pas une menteuse.
- Je sais, t'es en colère et t'as de quoi l'être.
Mais tu t'exprimes mal.
Tabasser des gens,
c'est juste un prétexte. Ta douleur est plus profonde.
Elle vient du décès de tes parents.
- Arrêtez de raconter votre baratin.
- Papa et Maman sont morts. T'es en colère.
Moi aussi, je suis en colère. C'est un accident, Cynthia.
C'est de la faute de personne. Encore moins des gens
que tu tabasses.
- Ils sont pas responsables. Mais ça me défoule.
- Baisse ton arme.
Si tu l'utilises, on va tirer, il y a des flics partout.
Mourir devant tes frères,
c'est ce que tu veux ? - S'il te plaît, Cynthia,
je veux pas
que tu meures.
- Arrête, boubou.
Les parents t'appelaient comme ça.
T'étais toujours en train de bougonner.
Ils auraient pas voulu que tu gâches ta vie pour eux.
Musique douce
- Donne-moi l'arme.
- Je suis désolée.
- Eh, Benj.
Ca va ?
Je suis désolé, je voulais pas qu'ils te fassent mal.
J'ai essayé de les arrêter, mais j'étais
trop petit, j'ai pas réussi.
- T'inquiète, mon gars.
Je sais que t'as pris mon pistolet pour
les empêcher de s'en servir.
- Je vais aller en prison ?
- Comme t'as fait une bêtise, tu vas être puni.
Et Cynthia aussi. Tu comprends ?
Je sais que j'ai pas le droit, mais quelqu'un veut te voir.
Regarde.
- J'ai l'air bien tranquille Sous mes allures de saltimbanque
Mais j'ai un frère à dos indocile
Qui voudrait être Braqueur de banque.
- T'es fâché contre moi ?
- Non, je suis pas fâché.
Il va falloir que tu sois fort, frérot.
Il y a un truc qu'il faut jamais que t'oublies.
Je serai toujours là pour toi.
Frérot, je suis pas d'accord
Frérot, faudra d'abord
Frérot, me passer sur le corps
En la vie, frérot
J'y crois encore.
- La juge verra que Benjamin était sous la coupe de sa soeur.
En attendant sa décision, il sera placé en foyer.
- Et Cynthia ?
- Pour elle, les chefs d'accusation sont plus lourds.
Elle et ses copains iront en prison.
Quel gâchis.
- Je vis dans l'ombre De ma jeunesse.
- Je suis désolé.
- Frérot, je suis pas d'accord
Frérot, faudra d'abord
Frérot, me passer sur le corps
En la vie, frérot
J'y crois encore
Mon frère, ma douleur
Mon fardeau, mes dix plaies
Quitte à oublier mon propre coeur
Je me perdrais pour te sauver.
Sous-titrage : BLUE ELEMENTS
.
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