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- [bips de machine médicale] - [musique intrigante]
L'examen neurologique confirme ce que je pensais.
Votre cerveau va très bien. Tout est en ordre.
Ah bah voilà.
Qu'est-ce que j'ai alors ?
Vous êtes juste nulle en anglais.
- Ouf ! - Mince !
- Un rendez-vous chez une orthophoniste ? - Ah oui, merci.
Mon fils se marie. Je veux dire quelques mots.
En anglais ?
Yes.
Je rajoute que c'est une urgence.
- Fuck you, doctor. - Et voilà.
[musique dynamique]
[musique douce]
Bon, un peu vert,
mais on se dirige vers un très bon millésime.
- Vous notez ce que je dis ? - Oui.
- Bien sûr. - Oui, ben ça ne saute pas aux yeux.
- Si, si ! - Alors notez !
Oui, monsieur Bouvier-Sauvage, oui.
Alors, sur le vin, on est en progression de 4 %.
Sur le porto, ça explose. Plus 112 %, c'est formidable !
Merci, Maurice, on a compris.
Si vous mettiez autant d'énergie pour notre grand cru
qu'à fourguer votre vinaigre portugais, on pourrait se réjouir.
- Alors, on se bouge. - Oui, monsieur Bouvier-Sauvage.
Je produis un grand cru classé et vous êtes là pour le vendre.
Ah non, pas les Portugais,
- pas aujourd'hui... - Ah, monsieur "Souvage" !
- Monsieur Ribeiro, comment allez-vous ? - Ça va. J'attends mon porto.
Ah, ben, j'imagine ! Maurice, ça en est où, la commande
de monsieur Ribeiro ?
On est dessus.
On accélère, monsieur Ribeiro est occupé.
- Il a une entreprise. - Vous inquiétez pas,
j'ai tout mon temps. Je suis pas venu seul.
C'est la grosse commission.
- La quoi ? - La grosse commission.
J'en ai commandé pour six mois.
Je suis venu avec les Da Silva, les Dos Santos,
les Pereira, les Oliveira, les Da Costa.
- Vous connaissez les Da Costa ? - Non.
Vous les connaissez pas ? On dit "bom dia" à M. Souvage ?
- Ils sont super. - Bom dia.
Votre porto est si bon que j'en ramène au Portugal.
- Tant mieux. - C'est les gènes, ça.
Parce que votre femme, elle est portugaise ?
- Tout à fait. - Cherchez pas, c'est pour ça.
- Toujours français ? - On ne se refait pas.
- Eh ben, tant pis pour lui. - [ils rient]
Je vous embête pas plus. J'ai des choses à faire.
Maurice,
vous me virez au plus vite les Portugais.
J'attends des clients italiens qui viennent acheter du vin, du vrai.
Alors, on se bouge. C'est pas le salon de la plomberie, ici.
- Ça arrive, M. Ribeiro. On s'en occupe. - Perfecto.
La bise à Catherine.
- Pardon ? - La bise à Catherine.
Oui, la bise à Catherine.
[gémissement]
On y va ?
Quoi ? On est pas à la bourre, quand même.
Pas besoin, hein. Tu connais Frédéric.
À peine une minute de retard et on se prend une réflexion.
Il regarde déjà sa montre.
Il va être patient, Joe l'Indien.
Ah non, on fait pas d'allusion aux Indiens.
On est gentils avec les Bouvier-Sauvage.
- Nice. - Oui.
Bon, le volant est toujours à gauche, chérie, en France.
- Sorry. - [petit rire forcé]
De rien, my queen.
- J'ai le droit de dire "my queen" ? - Yes.
On est gentils, surtout avec Frédéric.
- Oui. - [cri indien]
Tu commences pas !
Vroom, vroom, vroom...
- Tu t'arrêtes jamais. - C'est pas moi, c'est le moteur.
[musique entraînante]
Ils vont être en retard, avec sa Peugeot.
Frédéric, on est corrects avec les Martin.
- Évidemment. - Même avec Gérard.
Mais même avec Gerhart. Ça, c'est sûr.
[coups de klaxon]
- Les voilà. - T'es mauvaise langue. Ils arrivent.
La couleur de cette voiture, je m'y ferai jamais.
- Frédéric... - Quoi ?
Atroce.
- [brouhaha] - [clochette de la porte]
Monsieur Bouvier-Sauvage, bienvenue.
- Ça va ? - Très bien quand je vous reçois.
Je sais que nous allons bien manger.
Je vous présente...
- des amis. - Enfin, des amis... La famille, oui.
- Ah, bientôt, oui. - Nicole. Nicole Martin.
- Enchanté. - Oui, moi aussi.
Ce déjeuner est pour préparer le mariage de leur fille
- et de mon fils. - Notre fils !
- Je suis contente. - Et moi, trop émue.
- Et moi, fier. - Et moi, j'ai faim.
Je vous ai réservé notre meilleure table.
Formidable.
Une grande joie de se retrouver tous ici. Un vrai plaisir.
Oui, merci à tous d'être là.
Et même si on l'avait déjà dit :
- vive les futurs mariés. - [tous] Aux futurs mariés !
Et comme toujours, c'est beaucoup d'émotion.
Quand on parle mariage, elle pleure.
On peut arrêter d'en parler.
Oui.
Ben, non.
Non.
Eh, oui.
On va faire un beau mariage.
- Sans aucun doute. - Aux mariés !
Aux mariés !
[Frédéric] Vive les mariés !
Je sens que je vais pleurer.
Encore ? C'est le Niagara.
Elle va pleurer de bonheur.
Première question qui brûle les lèvres
de tout le monde :
mariage à l'église ou pas ?
Oh...
- [cloche] - Non.
J'aurai tenté ma chance à tout hasard.
Tu connaissais la réponse, papa.
On ne se mariera pas à l'église. François n'est pas baptisé.
- Ah bon ? - Eh, non, non. Bah non.
Mais je vous rassure, je vais très bien.
Si vous voulez vivre dans le péché...
Le péché !
Pas besoin d'aller à l'église
pour être charitable.
- Exactement. - En revanche,
on peut aller souvent à l'église et ne pas être charitable.
Ouais. Bon, sujet suivant.
Alors, sujet suivant.
- Mariage au château ou pas ? - Ah.
- Oui. - Oui, ben oui.
- Ben oui. - Formidable !
Ça nous gêne un peu.
Il faudra nous dire si on peut aider.
Merci, Gérard.
- C'est bien normal. - C'est très gentil, Gérard.
C'est très simple. Les femmes vont s'occuper
de réaménager le domaine,
et moi, je m'occupe des boissons.
Tu es devenu moderne, papa.
Les femmes à la déco et toi, au vin.
Je peux aussi confier des boissons à Gerhart.
Sauf que, évidemment,
un mariage au schnaps,
ça peut mal finir, hein.
Ja voll! Naturlish.
Wunderbar!
- S'il te plaît. - Je plaisante.
- On est amis, hein. - Eh bien,
- avançons, alors. - Avançons.
- Entre amis. - Voilà.
Oui, Nicole ?
Pas obligée de lever la main pour prendre la parole.
En même temps, c'est plus pratique.
On est amis ?
Tout à fait.
On peut tout se dire ?
Comme des amis. Y a aucun souci.
J'aime pas le Bordeaux.
Vous n'aimez pas le vin ?
Si, j'adore le vin. Mais j'aime pas le Bordeaux.
Oui, enfin, elle préfère le Bourgogne.
Oui, j'avais compris, merci.
- C'est pas très grave, si ? - Du tout. Les goûts et les couleurs.
- Exactement. - Non, alors ça,
y a aucun souci si vous voulez
apporter votre Bourgogne ou autre...
piquette lors du mariage.
Euh, "piquette", tout doux.
- Frédéric. - Mais quoi ? Pardon.
On est amis, on peut plaisanter.
Oui, justement, on est amis. Donc toi, papa,
achète la meilleure caisse de Bourgogne pour Nicole.
Je m'en occupe.
On s'en occupe.
Y a des Bourgogne à la carte.
Merci, mais je vais prendre un bon Bordeaux.
Je plaisante !
Touché.
[Gérard] Moi, j'ai fait mon choix.
Ris de veau. Bien français.
Quand on parle cuisine,
on redevient tous français.
Moi aussi, je pense qu'aujourd'hui,
je vais prendre des abats.
Ça, c'est pas français.
Ben, c'est suédois, les ABBA.
OK... quel couple !
Non, elle est bien.
- Et qu'est-ce qui est drôle ? - Bah, maman...
ABBA, c'est un groupe de musique. Ils sont suédois.
Ah... oui.
T'as pas compris ?
- Non. - Bon, je lève mon verre...
- Bon, allez, oui. - À notre mariage...
sans histoires et sans engueulades.
Ça ne viendra pas de nous.
Oh ben, pas de nous non plus.
On va quand même se le redire une fois, tous ensemble.
Ah bon ?
[ensemble] À notre mariage,
sans histoires
et sans engueulades.
- C'est ridicule. - [Gérard rit]
Alors, papa ?
- Quoi ? - Frédéric, vous avez bien entendu ?
Oui, bien sûr. On va essayer.
On est pas sourds. On va essayer.
- Il s'agit pas d'essayer. C'est un ordre. - Oui, voilà.
Oui, d'accord.
Alors, on va y arriver. Voilà.
Parce que si ça chauffe encore,
- ce sera sans nous. - Hein ?
Et sans vous.
Voilà.
[musique cocasse]
Bon, message reçu. Message reçu.
Cinq sur cinq.
[Nicole] Mmh, il est bon, ce champagne !
C'est du Bordeaux ?
- Allez. - Acheter du Bourgogne
alors que je fais un Bordeaux, quelle punition.
C'est un ordre, alors on obéit.
D'accord. Enfin bon, quand même.
[gémissements d'effort]
Oh ben mince, c'est bizarre. J'ai plus de batterie.
Vous avez une prise, là.
Une prise dans votre Peugeot ?
- Ben oui. - C'est formidable.
- Ça progresse, dites donc. - Mmh...
Je vais démarrer, va y avoir de la vapeur.
Vous mettez pas votre ceinture ?
Ah !
Pardon, hein,
mais c'est important, la ceinture. Allez, voilà.
- [musique classique] - Ah ! Oh !
- [il bafouille] - J'adore.
Du classique, encore...
[Frédéric fredonne]
C'est merveilleux. C'est le 2e mouvement, c'est un adagio.
Ah là là. C'est...
- magnifique. - [sonnerie de portable]
- Ah beh... - Allô, oui ?
- Monsieur Bouvier-Sauvage ? - C'est lui-même.
Laboratoire Bioteknology à l'appareil. Les tests ADN.
Oui, bonjour.
Il y a une personne qui a fait un test récemment
et elle a plus de 60 % d'ADN en commun avec vous.
- C'est beaucoup, ça ? - Ah, ben oui !
Vous avez un lien de parenté : votre cousin.
Ah, c'est incroyable !
Passez, on vous détaillera les résultats.
On est dans le coin. On va venir, ce sera plus simple.
- Formidable. On vous attend. - À tout de suite.
- Ça va, je vous dérange pas ? - Non, pourquoi ?
Vous écoutez votre musique, vous répondez à vos appels...
C'est amusant qu'on aille voir qui est ce cousin.
Les tests ADN, ça vous a pas vraiment réussi.
J'ai changé. Je suis plus ouvert, plus tolérant.
Tolérant ? Vous êtes pas Gandhi non plus.
Pardon, mais enfin bon, aller acheter du Bourgogne
dans la Peugeot d'un Allemand,
si c'est pas de la tolérance !
J'ai l'impression d'être votre chauffeur.
Si vous l'étiez,
- on roulerait pas en Peugeot. - Je vous en prie,
- installez-vous. - Alors ?
- Ben, racontez-moi. - [petit rire]
Qui est ce cousin ? Vous savez
à quel point je suis...
passionné par la généalogie. Je viens d'une grande famille,
et des histoires, on en a, hein. On en a !
Alors, il est quoi, mon cousin ?
Il est cherokee ? Il est sioux ? Il est apache ?
- Non, il est pas cherokee. - Ah, dommage, dommage.
C'est de l'autre côté de vos origines.
Ah oui, donc français.
On peut difficilement y échapper. Les Bouvier-Sauvage sont
une grande famille française depuis... wouah !
Très, très, très longtemps. Mais...
des cousins français, je dois en avoir au bas mot 122.
- 122 ? - Oui, déjà 122.
Alors, je peux pas dire que je saute de joie.
Oui, alors, pour être précis...
votre cousin n'est pas totalement français.
Ah bon ?
Putain, ça recommence.
Quand vous dites pas totalement français, il est portugais ?
- Non ! - Ah bon ? Tant mieux.
Il est... Il est pas allemand, quand même.
- Non, non plus. Votre cousin est turc. - Quoi ?
Ça recommence.
Comment ça, il est turc ?
Qu'est-ce que vous racontez comme conneries ?
- Vérifions votre test. - Non, on va y aller.
- Si, on va vérifier. - Mais non.
- Je vais pas me faire entuber deux fois. - Frédéric...
C'est pas grave non plus.
[chant indien]
Ah ben voilà, cherokee.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? - 85 % !
- Vous vous foutez de ma gueule ? - Putain...
Comment on éteint ça ?
- 85 %... - Attendez.
Je comprends pas.
Votre fille a été prévenue.
Elle travaille ici. Elle est formidable.
- Rien à foutre. - On l'a appelée après votre test
pour lui dire l'erreur.
Elle est au courant et ne m'a rien dit ? Elle va m'entendre.
C'est pas non plus...
Je suis pas français.
Ben non. Bon, c'est pas grave.
- Je suis français à 0 %. - Ouais, comme le yaourt.
- Pardon ? - Comme...
- Il s'appelle Mehmet Süleymanoğlu. - La vache !
- Ça vous dit quelque chose ? - Non, y a pas de Mehmet !
Pourquoi pas un Behbet ?
En tout cas, dans votre famille,
il doit y avoir des Concons.
- Oh, Frédéric ! - Je comprends votre surprise.
Mais bon, va falloir être fort.
- Comme un Turc. - Très drôle.
Non, ça va ? C'est bon ?
On a fait le tour ? J'ai pas
un demi-frère albanais, Brouette ? Une grand-mère sénégalaise, Quéquette ?
Allez, merci !
- Pauvre type ! - [porte]
Il est beaucoup plus tolérant qu'il l'était.
- Ben heureusement ! - Bon, moi j'y vais.
On a eu un taux d'erreur très élevé sur nos tests.
On a vu le Cherokee, raté le Turc.
C'est ballot.
Allez.
Tout ce qui est sparadraps, ongles, cheveux, poils,
ça a donné des mauvais résultats.
- Ah bon ? - Très imprécis.
Maintenant, on utilise plus que l'écouvillon.
- Ah bon ? - Y a que ça de fiable.
- Mmh mmh. - Je dois vous laisser.
Je reçois le préfet de Gironde
qui a découvert qu'il est tunisien à 45 %.
Oh, quand même !
5 % de plus, il était obligé de s'auto-expulser.
Vous avez dit que les sparadraps,
c'est pas très fiable ?
Ah non, gros taux d'échec.
Mon test, moi, je l'ai fait comme ça. Le sparadrap.
- Ah mince ! - Mmh.
Vous voulez réessayer ?
Oh non. Oh non, non, non.
- Oh non. Oh non. - [vibreur]
Oh non !
[musique cocasse]
Oh non, non, non. Oh non.
Non, non.
Non.
- [sirène] - Qu'est-ce qu'il fout, ce con ?
- Vous pouvez pas vous garer là. - Oui, on y va.
Faut y aller maintenant.
J'attends quelqu'un. Deux minutes.
Papiers.
Pourquoi me demander mes papiers ?
Je suis aussi français que vous, même plus.
Alors, c'est quoi, ces manières ?
- Papiers du véhicule. - Quoi ?
Il est français. C'est une Peugeot.
Y a pas plus français !
Je suis français. Il est français.
C'est bon, merci. Circulez !
Heureusement que vous êtes plus cool.
Vous l'auriez mal pris, le cousin turc.
Allez, ouvrez.
[il imite le bip] Turc, turc !
Vous faites quoi ?
Ben, j'ouvre la voiturque.
[Gérard rit]
Oh, un kebab.
Non ?
Tenez, c'est à vous.
- C'est quoi ? - Un PV. Vous étiez mal garé.
Outrage à agent ? C'est pas pour moi.
Je ne suis étranger que depuis 10 minutes
- et j'ai un PV. Bravo, la France ! - La France vous accueille.
Il faut respecter les lois de la République.
Je prends pour vous. C'est pas moi qui étais mal garé.
- Ceinture. - Hein ?
Ici, on met la ceinture.
Oui, on met la ceinture.
- La ceinturque. - Oui !
- J'aime pas trop. - Trop classique.
- Je trouve pas. - On dirait une meringue.
Je dois dire que j'adore ça, les meringues.
- Non, c'est assez joli. - Ah !
- Toi, viens avec moi. - Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
Il se passe quoi, là ?
Je voudrais parler avec ma fille, à propos du mariage.
"Bonjour, Nicole", déjà.
Oui, bonjour, Nicole.
Ouais...
Bon, désolée.
- Tu comptais m'en parler quand ? - Mais de quoi ?
Je suis turc. Tu comptais m'en parler quand ?
- Mais comment tu... - J'arrive du laboratoire.
Tu comptais m'en parler quand ?
Bah, je comptais pas te le dire.
Vu comment t'as réagi, avec maman, on s'est dit
- que c'était plus prudent. - Ta mère est au courant ?
Évidemment.
- Avec la dentelle ? - Catherine ?
- Oui ? - Tu peux venir une petite minute ?
Mais qu'est-ce qu'il se passe ?
Tu peux venir, s'il te plaît ?
- Oui. Qu'est-ce qu'il se passe ? - Je vais y aller.
Oui, merci.
Ah bah, je...
"Au revoir, Nicole".
- Hein ? - "Au revoir, Nicole".
Au revoir, Nicole.
- Je reviens à quelle heure ? - Je vous appelle.
- Ah bah, je reviens pas, alors. - Voilà.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Je suis turc ! Tu étais au courant, tu as rien dit.
J'ai l'impression que j'ai bien fait.
Je suis turc à 85 % !
- J'allais le prendre comment ? - [mère et fille] Mal.
Oui, bah alors, là-dessus, on est d'accord.
Tu pourrais bien le prendre et ça changerait tout.
C'est marrant, tout le monde me dit ça en ce moment.
Sauf que je suis le seul à être turc pour l'instant, évidemment !
- Nicole est au courant aussi ? - Ah, Nicole, non.
- Non, mais François, oui. - François, oui ?
Donc tout le monde, de fait !
Dans un couple, on se dit tout, non ?
Bah dis-le à ta mère. Moi, on ne me dit rien.
T'es pas capable d'entendre. T'es intolérant et orgueilleux.
Pardon, chérie, j'avais complètement oublié
que c'était entièrement de ma faute.
Mon cousin turc, vous alliez m'en parler ?
- Quel cousin turc ? - T'as un cousin turc ?
Malheureusement, oui.
J'ai 60 % d'ADN en commun avec lui. Je les ai là.
[Catherine explose de rire]
- Pardon. - Je suis ravi que ça t'amuse, Catherine.
- Vous avez bien dû vous moquer de moi. - Mais non, papa,
- on s'est pas moqué de toi. - Si, une fois,
- quand t'as appelé le chat Erdogan. - Là, oui.
Parce que ce chat était un petit tyran.
Mais ce chat n'est pas turc,
je le rappelle. Je n'aurais jamais acheté un chat turc !
- Allez. - C'est tout, c'est aussi simple que ça.
Elles s'en foutent, mais...
- Ah, au fait, je t'ai pas dit ! - Mmh ?
Ton Bourgogne est commandé.
Fuck you.
"Thank you". "Thank"...
Frédéric m'a laissé y aller tout seul, bien évidemment.
Il a recommencé avec les tests ADN. Ça a été un enfer.
Frédéric, Catherine et Alice se sont engueulés.
J'ai préféré partir.
Ça avait l'air violent.
Je sais pourquoi. Je suis au courant, moi.
- T'es au courant ? - Non, je peux rien te dire.
Ça doit venir de lui.
- Ça, c'est... - C'est quoi ?
Le labo a appelé. Frédéric est turc.
Hé, tiens-toi bien : il a un cousin turc
qui s'appelle Mehmet Süleymanoğlu.
Il est plus français !
Oh my god!
Il est plus cherokee ?
Il est cherokee et turc. Mais il est plus français.
0 %, comme le yaourt.
Comme le yaourt ?
Comme j'aurais dit le Petit Suisse.
- Il est suisse ? - Mais non ! Il est chero...
Enfin, il est plus français.
Oh my god!
Sacré pedigree, le comte de Janzac de Galatasaray.
- [il rit] - Ça te fait rire ?
- Non. - Moi, ça me fait pas rire du tout.
Ça va, c'est bon.
- J'y suis pour rien, moi aussi. - Non ?
Oh, Bobby !
[la peluche] God save the queen!
Rien ne doit gâcher le mariage. T'as entendu les enfants ?
François a été très clair. Ça va pas recommencer avec le test ADN ?
Oh, mais non ! C'est fini, ça, chérie, voyons.
Le mec du labo a dit que c'était un peu foireux.
Pas très fiable. Qu'il valait mieux vérifier.
"Inouf" is "inouf"!
"Shit ouf the lickt".
- Quoi ? - "Shit ouf the lickt".
Quoi, je sors du lit ?
Éteins la lumière.
Ah !
"Switch off the light".
- Ouais. - [il souffle]
- Parce que "shit", en anglais... - Merde !
Ah, tu vois, quand tu veux.
J'en peux plus de cette histoire
de turc, là.
Mais tu vas où, là ?
Dormir dans ma chambre.
Frédéric, tu vas pas recommencer tes conneries.
T'es turc, on s'en fout, et ça change rien.
Soit tu l'acceptes, soit tu dors à la cave.
Ça va vite, hein ?
Qu'est-ce qui va vite ?
Étranger, j'en prends déjà plein la tête.
Une question, juste pour savoir :
tu préfères que je quitte la chambre ou la France ?
La chambre, ça me va très bien.
Génial.
Eh bah, d'accord.
Quand l'étranger rôde, le Français s'enferme.
Elle est belle, la France des Lumières !
Non, lumière ! Merde !
[ronflements]
- [appel à la prière] - [il crie]
Ah, c'est le muezzin !
C'est le muezzin !
- J'y vais. - Qu'est-ce que tu dis ?
C'est l'appel à la prière.
C'est pas le muezzin, c'est l'alarme de la piscine.
- T'es sûre ? - Ah oui, absolument sûre.
Ben d'accord, je vais me recoucher. Pourquoi j'y ai pensé ?
- Hé ! - Oui ?
Faut que t'éteignes l'alarme.
- Ah oui. - [il souffle]
[alarme]
[elle marmonne en anglais.]
The egg.
Sausage...
Bonjour, chérie.
Good morning, darling.
Ton café est prêt.
Je rigole car je me demande si le Turc a passé une bonne nuit.
- Tututut ! - Non, mais je dis rien.
J'ignore pourquoi il a remué tout ça,
mais quand on cherche la humhum, on la trouve.
À sa décharge, les tests sont pas fiables.
- Franchement... - C'est le directeur du labo qui le dit.
Mmh !
D'ailleurs, toi, tu... tu... Toi, tu...
- Tu... - Oui ?
Tu veux pas les refaire ?
Ah non, ça m'intéresse pas du tout. On est comme on est.
Mmh, t'as raison.
Dis donc, toi,
tu as pas refait le test ?
Ah bah non, enfin...
Ah bah non, non. Bah non, bah non !
Non, non, non...
Bah non.
Bah... Bah non.
[musique à l'orgue]
Pardonnez-moi, mon père, parce que j'ai péché.
Je vous écoute, mon fils.
Y a des choses qui sont...
difficiles à avouer.
Vous êtes ici pour être pardonné, pas pour être jugé.
C'est facile à dire, mais...
Bon, y a des choses qui sont inavouables.
Pas au Seigneur, mon fils.
Bon.
- Euh, je suis... - [il marmonne]
Pardon ?
[il se racle la gorge]
- Je suis... - [il marmonne]
Désolé, mon fils, je n'entends toujours pas.
Vous êtes dur de la feuille ou quoi ?
Je suis... Je suis....
Plus fort !
Je suis turc ! Voilà !
- [gémissements outrés] - Vous êtes content ?
Mais c'est formidable. Ce n'est pas un péché.
Comment ça, c'est pas un péché ? Pardon,
mes ancêtres ont péché y a longtemps.
- Mais non. - Si.
Le Seigneur invite à vous ouvrir aux cultures et à les accueillir.
Souvenez-vous de ces paroles :
"Aucune culture n'est au-dessus,
"puisqu'avant tout, nous sommes des hommes."
Qu'est-ce que c'est, ce discours ?
C'est bien ma veine, je suis tombé
sur le seul curé gauchiste du diocèse, c'est ça ?
Quel boulet !
- Mon fils ? - Oui ?
Il n'y a pas de quoi s'énerver.
Oui, pardonnez-moi, mon père, mais...
Vous-même, vous êtes de quelle origine ?
Française. Pourquoi ?
Vous avez beaucoup de chance.
[tintement d'une cloche]
Comment allez-vous ?
- C'est à vous qu'il faut demander. - Bof.
Bof, bof.
Allez, la pièce montée, on y va. Le plus vite, le mieux.
- Allez. - [petit rire]
Dites donc, c'est une nouvelle voiture !
Je voulais faire la surprise.
Non, c'est pas vrai, non...
- Vous avez repris une Mercedes ? - Oui.
Je suis un peu allemand, quand même.
Je m'en serais douté en la voyant.
Magnifique, hein ?
Très heureux pour vous, Gérard.
- Merci, Frédéric. - Bah non,
vous savez comme je respecte Peugeot.
- Mmh... - Ah si !
Vraiment, je respecte. Mais là, vous changez de catégorie.
Bienvenue dans le monde du luxe
- et du bon goût. - Eh oui, le bon goût.
Hein ?
Bah ?
Mais je rêve, mais...
Qu'est-ce que c'est que ça ?
C'est de la camelote ?
Oh bah... Oh !
C'est pas une Mercedes.
Une Peugeot ! Qu'est-ce qui se passe ?
Oh !
C'est censé être drôle, ça ?
Je vous taquine.
Être turc, ça change rien. Toujours snob et arrogant.
- Merci, oui. - [Gérard rit]
C'était pas un compliment.
Geht's los.
Bon, vous la démarrez, votre Formule 1 ?
Tout à fait. Hop !
Et voilà.
- Oh, ben alors là... - [il rit]
Rien que le son du moteur, j'aurais compris.
- Mais bien sûr. - Ah, ben oui.
- On dirait une tondeuse. - [sonnerie de portable]
- [Frédéric] Mais qui vous appelle ? - Personne.
Comment on refuse l'appel ?
Comment ça s'éteint, ça ?
C'est cette technologie, c'est mal fichu !
Mais non, attendez. Il faut le faire délicatement.
Ça marche très bien. Là, voilà. Allô, oui ?
[homme] Bonjour, monsieur Martin.
- C'est le laboratoire. - Oui ?
Vos résultats de test ADN sont arrivés.
- Super, merci. - Ah ben, on arrive.
Comment ça ?
Petit cachottier. Pourquoi vous ne m'avez pas dit ça ?
D'abord, j'ai pas à vous dire.
Et puis les tests ne sont pas fiables.
Peut-être que je suis pas allemand à 50 %.
On sait pas.
Ne rien savoir, croyez-moi, c'est parfois mieux.
Avec le père que j'ai, je veux savoir.
Le nouveau, c'est peut-être du côté de votre mère.
Non, maman était du Berry.
Elle était berrichonne ?
De Bruère-Allichamps, le centre. Vous saviez pas ?
Non, non, non.
Je vous dépose à la pâtisserie.
Non, je viens avec vous.
Je préférerais pas.
Je viens avec vous ! Sinon, j'en parle à tout le monde.
Oh là là...
Oh, le fourbe.
Et voici le résultat de votre test,
- monsieur Martin. - On est obligé,
le dessin animé ?
- C'est plus chaleureux. - Oui,
c'est vrai. Je trouve ça plus chaleureux.
Pour les autres, oui.
- Voilà. - Ben, attendez, c'est... C'est grave ?
- [en riant] - Non.
[yodel]
[Gérard] Ah ben, voilà.
Je suis allemand.
Ben voilà, je suis allemand.
Papa m'a pas menti.
Le petit bonhomme en short.
C'est amusant. J'aime bien, c'est marrant.
- Bon, allez, on y va. - Attendez, monsieur Martin.
Appelez-moi Gerhart.
[en allemand] Au revoir.
C'est pas fini.
Comment ça ?
[en allemand] Assieds-toi, Gérard !
[en allemand] Qu'est-ce qu'il se passe ?
Les 50 autres pour cent.
C'est simple, maman était berrichonne.
On peut pas faire plus français.
Mmh...
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Oh, putain.
[musique orientale]
[Frédéric] Oh, c'est chaud.
Attendez, je suis quoi ?
Ah, c'est chaud.
- C'est quoi, ce drapeau ? - C'est chaud.
C'est pas le Berry ?
- Non, c'est l'Algérie. - Oh, putain.
- Oh... - 50 % allemand,
50 % algérien, voilà.
C'est maman ? Mais pourquoi...
Ça va, Gérard ?
- Vous êtes tout blanc. - J'aimerais bien.
Je comprends pas.
Mais c'est pas possible. Maman...
M... Maman...
Elle est... Maman...
- Y a une erreur. - Monsieur Martin,
si vous en avez besoin, nous avons des groupes de soutien.
En général, c'est très bien.
Danke Schon.
Choukran.
Je sais plus.
Je sais plus...
- Je sais plus. - [porte]
Mais quelle tuile !
Pourquoi on vous paye ? Vous annoncez des catastrophes.
Vous avez vu son état ?
"Maman, maman, maman"...
Un type de son âge, à la dérive.
Papa !
Papa ?
Oui ?
T'es où ?
Dans la cuisine.
[il respire profondément]
Ah.
Qu'est-ce qu'il y a ? T'en fais, une tête !
Papa...
Est-ce que je suis un peu... algérien ?
[il avale sa salive]
Oui.
Papa...
Pourquoi tu me l'as pas dit ?
Tu as demandé pour ma famille, pas celle de ta mère.
Oh, papa !
- Pourquoi maman m'a rien dit ? - Elle voulait le dire, mais...
elle est partie trop tôt.
Mais maman s'appelait Alice ?
Aïcha.
Aïcha ?
Pourquoi elle a changé de prénom ? C'est joli.
À l'époque, c'était pas facile.
On faisait tout pour se faire accepter.
Tu veux un thé à la menthe ?
Non, pas là maintenant, non.
Et pas de bière non plus.
Pourquoi vous m'avez rien dit ?
Y a des secrets dans chaque famille.
Dans la nôtre, y a que ça.
Oui.
Bah ?
Tu vas où, là ?
Tu vas où, papa ?
Je vais pas dans ta pièce secrète allemande.
Je veux plus la revoir.
Je fais encore des cauchemars, moi.
C'est pas ma pièce secrète.
C'est celle de ta maman.
[musique orientale]
Ça recommence.
Oh non.
Eh ben, entre.
Non, ça fait trop de mensonges, trop de bibelots.
- T'exagères. - Avec ces pièces secrètes,
je comprends pourquoi la maison était trop petite.
C'était pour te protéger.
Je peux pas, papa. C'est trop.
Là, c'est trop.
[il souffle]
Un petit remontant, c'est ça qu'il vous faut.
- Sûr qu'elles sont pas là ? - Elles sont chez le tailleur.
Tenez.
Je suis pas français.
Mon père m'a menti.
- Ma mère m'a rien dit. - Ça fait beaucoup.
Il faut boire beaucoup aussi.
Allez-y. Allez, hop !
- Hein ? - Oh, vous êtes là ? Tout va bien ?
Non.
(J'ai rien dit à Nicole.)
Ah oui, d'accord. Non, non.
Tout va bien, c'est formidable.
Tu viens de me dire non.
Je me suis trompé. Mais en fait, tout va bien.
Vous avez pris le soleil ? T'as bonne mine.
- Je pense pas, non. - Qu'est-ce qui se passe ?
Y a un problème ? Dis-moi ce qui se passe.
Vas-y, c'est rien, c'est rien.
Je te connais comme si je t'avais fait.
Tu me dis ce qu'il y a.
C'est papa !
Quoi ? Ton père est mort ?
- Non, pire. - Il est malade ?
Il est bientôt mort ?
Non, c'est pas papa ! C'est maman.
- Votre mère est morte ? - Oh oui.
Mon Dieu,
- c'est horrible. - Ça, ça va.
- C'était y a 50 ans. - Ouf. Enfin...
Oui, c'était y a longtemps. Peut-être.
- Mais des choses remontent. - Qu'est-ce qui remonte ?
Je suis allemand, par papa.
Mais on le sait. Faut t'en remettre !
Vous allez pas recommencer ?
Et je suis...
- Et je suis... - Allez-y, mon vieux.
Dites-le. Ça va vous libérer.
Algérien, par maman.
- Eh oui, c'est du lourd. - Quoi ?
Oui. Papa et maman m'ont menti, tous les deux.
- Eh oui. - Et ça sort d'où, ça ?
- [il bégaie] - C'est-à-dire que c'est compliqué.
Compliqué comment ?
Comme quelque chose de pas simple.
C'est compliqué, quoi.
Comment t'as su ?
Alors là, bonne question.
- Ah... - Alors, en fait... Alors,
- en fait... - Me dis pas que t'as refait un test ?
Si.
Je confirme, il a refait
un test ADN. Je lui ai conseillé de pas le faire.
- Ça recommence. - Moi, j'ai rien fait.
Si, ça recommence.
- C'est une blague ? - J'aimerais bien, oui.
Irrécupérables.
J'ai rien fait. C'est lui qui a demandé !
J'ai pas pu m'empêcher.
Je voulais savoir.
Je t'ai demandé pour le test, tu m'as dit non.
Oui.
- Tu m'as menti, Gérard. - Non !
Ça, c'est la première fois.
- Ça m'étonnerait. - Quoi ? Non mais oh !
Je suis désolé, chérie.
- Mais je suis pas français ! - Moi non plus.
On parle pas de toi, là. Poupougne !
Merci pour le soutien, Poupougne.
Alice et François ont prévenu :
on ne fait plus d'histoires. Allez, Raus.
Dehors, allez.
- [musique dynamique] - [voix entremêlées]
Ça peut très mal se terminer !
- Chérie ! - Ne dis rien,
tu vas dire une connerie.
- On est fragiles ! - Dehors, les fragiles !
On ferme cette porte !
Il a du plomb dans l'aile, le pays des droits de l'Homme.
Zebi!
[musique orientale]
La commande Bouvier-Sauvage ? Je vérifie ça.
Bouvier-Sauvage-Martin.
Pardon, c'était plus rapide.
"Martin", c'est encore plus rapide.
- Vous l'avez ? - Je vais regarder.
Ah, M. Souvage,
comment il va ?
Ah, M. Ribeiro, comment allez-vous ?
- Ça va bien, ça va bien. - [petits rires]
Vous vous souvenez de moi ?
Un Allemand qui vend des Peugeot s'oublie pas.
Eh oui.
- Comment il va ? - Ça va, ça va.
Il vient chercher ses croissants ?
Je commande pour le mariage de ma fille.
- Et mon fils. - C'est pas vrai ?
Je viens chercher le gâteau de mariage de Da Silva.
- Elle se marie aujourd'hui. - Super.
Vous les connaissez toujours pas ?
Eh non, toujours pas.
Il faut. Je suis venu avec les Da Costa,
les Oliveira, les Pereira, les Da Punto.
Toujours en bande. Ça, c'est formidable.
[il rit]
Ah, voilà. Regardez ça.
- Qu'est-ce que c'est ? - Pasteis de Nata,
un gâteau traditionnel portugais.
En pièce montée ?
Ouais, ça monte. De toute façon, il est incroyable.
Il fait tout en pièce montée.
Pièce montée avec des loukoums...
Des loukoums ? Vous êtes au courant ?
Non, ça peut être des cornes de gazelle.
Pourquoi cornes de gazelle ?
Vous êtes au courant ?
Bah non. Bah pourquoi ? Y a quoi à savoir ?
[ensemble] Rien.
- Ça tombe bien, je sais rien. - [ensemble]Tant mieux.
Tudo bem, alors. Allez, salut la compagnie.
Il sait.
- Mais non. - Il sait.
- Mais enfin... - Sûr.
- Pas du tout. Impossible. - Il sait.
Mais comment il saurait ?
Je vais appeler Nicole. Elle va m'entendre.
Si elle raconte tout et n'importe quoi... Ça se passera pas comme ça.
- Trop de dentelle, ça va pas lui plaire. - Non ? Pourtant ça doit être cher.
- Ouh là. - [vibreur]
- Regardez. - Mmh mmh...
Oui ?
Oh, bonjour, chérie ! Comment ça va ?
- Oh, le fayot. - Qu'est-ce qu'il y a ?
Je viens de commander la pièce montée. Voilà, c'est réglé.
Tu veux une médaille ?
On vient de commander la pièce montée.
- Quoi d'autre sinon, chérie ? - Rien.
Ce soir, tu m'attends pas. Je dors chez Catherine.
- Ah bon ? - On a encore beaucoup à faire.
On sera plus tranquilles sans vous.
Nicole dort au château.
- Mais pourquoi ? - Justement, Frédéric dem... Allô ?
- [tonalité] - Mais...
Elle a raccroché.
Non mais je vais dormir où, moi ?
- Bah chez vous. - Déjà que c'est l'enfer avec Catherine,
alors si en plus, pardon, excusez-moi,
s'il y a Nicole là-dedans, alors j'y vais plus, c'est fini.
Ah non, pas chez moi.
Ah non ! Et puis alors moi, quand c'est non, c'est non.
Non.
[Gérard] Voilà.
- Voilà, entrez. - [petit rire]
- Ah ! - Bah voilà.
Vous avez une très jolie petite masure.
Je sais pas si c'est le mot. Ça peut car...
Merci de m'accueillir, je me ferai petit.
Non mais c'est normal.
Maman aurait été contente. Chez nous, l'hospitalité compte.
Oh là.
Ah bah tiens, ma petite maman.
Belle femme.
Merci.
- Alors, la chambre d'amis est là. - [petit rire]
Je suis un peu déçu. Je voulais la même couleur que ma voiture,
- mais c'est trop clair. - Le plafond est bas.
Ah bah non, 2,80, normal.
C'est formidable pour un pavillon. Mais nous, au château,
on est habitués à avoir des 3,60,
des 4... On monte jusqu'à 5,20.
- On est pas au château. - Et votre chambre est où ?
Et voilà.
Comme Nicole l'appelle,
la master bedroom.
- C'est parfait, je la prends. - C'est la mienne !
C'est gentil de me la prêter. J'ai de la hauteur sous plafond.
Sinon, j'ai l'impression de dormir dans un trou à rats.
Non, Frédéric !
- Merci, Gérard. - [Gérard tambourine]
[chant du coq]
- [il expire] - [Frédéric fredonne]
Oh... Oh là là.
Bien dormi ?
Non, pas terrible.
Moi comme un bébé.
J'ai emprunté votre peignoir
qui n'est pas en soie mais qui fera la farce.
Je vois, oui.
Ah, vous n'avez pas de machine à grains ?
Non.
Et... et à capsules non plus ?
Pas assez de hauteur sous plafond pour une machine automatique.
Vous êtes vexé ?
Mais ça fera la farce, hein !
Il est un peu vexé. Bon.
[Nicole] Ça me va bien ?
Ah oui. Ça met de la couleur.
Mmh.
- Ça fait pas un peu trop... - Quoi ? Fruité ?
- Ouais. - [elle rit]
Salade de fruits.
♪ Jolie, jolie, jolie ♪
Ça fait du bien, de changer de style.
J'aimerais changer la déco, mais Frédéric m'en empêche.
Il tient à son style moyenâgeux distingué.
Enfin, ça, c'est lui qui le dit.
Oui, enfin, Frédéric, j'ai envie de dire...
il est pas là.
[musique calme]
- Oh ! - C'est occupé !
Ben oui, j'avais compris, oui !
Vous n'avez que du Axe ?
Ben oui, j'ai que du Axe. J'aime bien Axe, oui.
Bon.
Mais faut pas en mettre de trop !
[vaporisation]
Pas trop, j'ai dit !
C'est senteur passion, ça...
Ça pique.
[il renifle]
Ah non, vous en avez trop mis.
C'est possible. Je m'en suis aspergé...
- Moi-même, ça m'incommode. - Je vais vous déposer
au coin.
Aucune envie qu'on vous voie arriver en Peugeot.
- [petit rire] - C'est très délicat de votre part.
Merci beaucoup.
- C'était une blague. - Hein ?
Non, rien.
Voilà, c'est parfait pour moi.
Au revoir.
Bonjour. C'est Mehmet Süleymanoğlu,
votre cousin turc. Je viens visiter vous en France.
Et je suis ravi de connaître ma famille bordelaise.
Pas moi.
Et j'ai très hâte de voir ce château très spectaculaire.
Est-ce que j'oserais dire "notre château" ?
À très, très vite.
Vous avez entendu ? "Notre château".
On connaît, il veut une part de l'héritage.
Il ne peut prétendre à rien,
- on est bien d'accord ? - Légalement,
votre cousin peut contester le testament de votre père.
Quoi ? Fumier !
Mais voleur ! Escroc !
Mais la procédure pourrait durer dix ans.
C'est long et pénible.
Soyez prudent avec lui.
Mon pied au cul, et il va retourner en Turquie.
Soyez plus madré,
plus rusé.
Laissons-le se dévoiler.
Et à ce moment-là, nous réagirons.
D'accord. Je crois que vous avez raison.
Je vais essayer d'être plus madré, plus rusé.
Très bien.
S'il revendique le château, je lui file le portail.
C'est une image.
Il faut l'avaler, la pilule.
[il soupire]
Je vous préviens, maître, moi vivant,
pas un pied de vigne, le mamelouk.
- Votre cousin. - Eh oui, malheureusement.
- [applaudissements] - [sanglots]
[femme] C'est trop triste.
[sanglots]
[homme] Sylvain, Demba, merci.
Faut reconnaître, c'était poignant.
- Hein ? - [l'homme rit]
C'est à ça que sert
le groupe de soutien.
Je ne suis plus français, mais...
[tous] Tout va bien.
[homme] C'est mou ! Allez-y plus fort.
- Je ne suis plus français, mais... - [tous] Tout va bien.
Voilà, quand vous voulez ! Un truc me turlupine.
C'est que les gens n'ont pas compris encore
que les tests ADN sont à manier avec précaution.
Hein ? Eh oui. Regardez, moi, par exemple.
Vietnamien et congolais. Qui l'eût cru ?
Hop là.
Ah, mais quel bonheur.
Je n'en peux plus, de ces croûtes !
Quand tu penses qu'ils sont tous turcs !
- Et celle-là, vous aimez ? - À votre avis ?
On l'épouserait, non ?
[Nicole rit]
[homme] Aujourd'hui, nous accueillons un petit nouveau.
C'est Gérard.
Gérard, bienvenue.
Si tu veux dire quelques mots,
je te donne... Ce bâton, c'est le bâton de parole.
Sois pas timide. Relax.
Je... Je m'appelle Gérard.
Je suis plus français.
[tous] Tout va bien.
"Tout va bien", c'est un peu vite dit, quand même.
Je suis 50 % allemand et 50 % algérien.
[murmures d'étonnement]
Ça m'a sauté au visage. Mon père m'a menti toute sa vie.
Ma mère est plus de ce monde, elle m'a rien dit non plus.
Je le vis mal car je suis entre la choucroute et le couscous.
Alors je suis quoi, moi ?
Je suis la merguez ? La saucisse ?
Je le vis pas bien.
Tu sais, je suis 100 % belge et allergique à la patate.
[homme] On le sait, Sylvia, on le sait.
- Allez, le groupe ! - [tous] Tout va bien.
- Tout va bien. - [tous] Tout va bien.
- Dynamique, dynamique ! - [tous] Tout va bien.
- Très bien, très bien. - [tous] Tout va bien !
Vas-y, Gérard.
Tout va bien !
[musique sombre]
Tout va bien !
Tout va bien !
[respiration forte]
- Tout va bien ! - [gémissements]
Tout va bien !
Bah, Gérard...
Non !
Madame,
regardez attentivement ces cinq hommes.
Vous reconnaissez l'Algérien
qui vous a vendu une Peugeot en prétendant être français ?
Oui. C'est le numéro 3 !
- Mais j'ai rien fait ! - Menteur !
Menteur !
Menteur !
[Nicole] "Loya"!
Hein ?
"Loya"!
Pas compris.
[accent anglais] Menteur !
- Ah, ouais. - Menteur.
Pas algérien ! Je suis allemand !
- Menteur ! - Menteur !
- Menteur ! - Menteur !
- Menteur ! - Menteur !
Men...
- [il gémit] - Nicole !
[ils crient]
Qu'est-ce que vous faites là ?
J'ai fait un cauchemar. Je voulais pas dormir seul.
Le cauchemar continue !
Allez-y, madame Martin.
The.
Ze.
The.
Ze.
The.
Ze.
The.
- Ze. - The.
Ze.
The.
- The. - Oui !
- [on frappe] - Yes!
Bien ! Bon réflexe, Nicole.
Sorry, I'm the husband of madame.
- If I can... - Bien sûr.
Qu'est-ce que tu fais là ?
C'est important pour toi, donc important pour moi.
On reprend ?
The.
Ze.
- The. - Ze.
The.
The!
It's very good, Nicole.
C'est fou, les progrès que j'ai faits.
"Samks".
[musique cocasse]
[on sonne]
Hello.
Bonjour. C'est Mehmet.
Mehmet ?
Je suis le cousin turc.
Oh, le cousin turc !
- Ben Mehmet. - Pardon,
désolée. Catherine, la femme de Frédéric. Enchantée.
- Très bien. - Papa ?
quelle moustache horrible et quelle tenue grotesque !
Non, mais c'est pas Frédéric.
C'est son cousin turc, Mehmet.
- Süleymanoğlu. - Pardon !
Le cousin turc.
Pas besoin de test ADN.
- Vous trouve ? - Ah, je trouve.
- [petit rire] - Entrez, entrez.
- Vous le voule ? - Vous le voule.
- Je rentre. - Rentrez.
Très beau château, là. La cheminée,
très impressionnante.
Je suis quand même venu à ta séance.
C'est suffisant pour tout pardonner ?
- Ben... - Eh ben non.
- C'est quoi, cette voiture ? - Une Mercedes.
Ben oui, je connais.
- Tu fais quoi avec ? - Catherine me l'a prêtée.
Confortable, et elle a une pêche !
- Ouais... - Moi, j'adore.
Enfin, je vais te dire,
boîte auto pas terrible, ça consomme beaucoup d'huile
et tenue de route nulle.
- Tu me diras combien je te dois. - Pour quoi ?
Pour le contrôle technique.
Ah ! Très drôle.
Oh, put...
Oh là là !
[il souffle]
"R", ça veut dire arrière.
J'ai été très surpris de me découvrir une famille bordelaise.
Et quelle famille impressionnante !
Une famille très internationale.
- J'ai des origines portugaises. - Oh !
Moi, je suis turc depuis Soliman le Magnifique.
J'ai étudié l'histoire à l'université d'Istanbul.
Mon mari
est un passionné d'histoire.
- Dommage qu'il soit pas là. - Quel dommage.
Frédéric est quelqu'un
qui aime les autres cultures, toujours curieux de l'autre.
Cosmopolite, curieux cousin, quoi.
Je vais vous faire une confidence à ne pas répéter.
[il se racle la gorge]
Je suis
d'une famille très riche.
Nous possédons la moitié des terrains d'Istanbul.
Ah ? Ah oui, quand même.
- Quand mon père a été assassiné... - Mon Dieu !
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Méprise. - Oh !
Une stupide histoire d'adultère qui...
Mais... non prouvée.
J'ai rejoint la société immobilière de la famille.
À grande famille, grandes responsabilités.
[elles rient]
Pourquoi tu ris ?
[Catherine] Pardon.
Pourquoi tu ris ?
Ce que vous dites là,
ça me fait penser à Frédéric.
Cousins, c'est pour ça.
[ils rient]
- [on sonne] - Très drôle.
- Attends quelqu'un ? - Non.
[on frappe]
Excuse-moi, j'ai oublié mes cl...
- [Frédéric] Non mais là... - [il tambourine]
[il sonne]
Sympa, l'accueil !
Pardon, j'ai buggé.
C'est de famille. Ta mère bugge beaucoup en ce moment.
- Elle est là ? - Maman ? Non, elle est très occupée.
Occupée à quoi ?
À organiser mon mariage.
Pardon. Tu sais qu'elle m'a viré du château ?
- Comment ça ? - J'habite chez Gérard.
Et alors, c'est gratiné, là !
- Déco infecte. - Papa !
Je vais prendre des affaires.
J'en peux plus, de son after-shave, en plus.
C'est vraiment...
Je ne vais pas vous déranger plus longtemps.
Ah non ! Non, surtout pas.
Enfin, je veux dire, non, rien ne presse.
- Pourquoi ? - Venez, je vous fais visiter le château.
Très plaisir, le château.
- Très beau artisanat. - Très beau.
- [Catherine] Alors, par là... - Ah.
Allez, file.
Billard français, vrai billard, le billard qui bande.
- Y a quelqu'un ? - Non, personne.
- C'est quoi, ce petit bruit ? - Ça doit être le chat.
Y a quelqu'un. Tiens-moi ça deux secondes.
Non, ça doit être le chat.
- Comment il s'appelle ? - Il s'appelle Erdo... Napoléon.
Erdogan ?
Napoléon ?
Erdogan ?
Napoléon ?
Erdogan ?
Napoléon ?
Erdogan ?
Napoléon ?
Petit chat...
[musique cocasse]
- Elle est où, alors ? - À l'atelier.
Elle est comment ?
Magnifique, une beauté.
Bon, personne doit être au courant.
- Surtout pas Nicole. - Évidemment.
- Bonjour, Cécile. - Bonjour, monsieur Martin.
Par là.
[mécanisme]
Oh, je suis ému.
[Gérard] C'est un bijou. 504 coupé cabriolet, millésime 1969.
- [petit rire] - Elle est magnifique.
Pour le mariage, ça va être parfait.
- Ça en jette. - Oui.
Faudra mettre quelques petits flonflons, des rubans blancs...
- Que ça fasse mariage. - Bien sûr.
On va demander à Youssef. de s'en occuper.
Youssef ?
Il est nouveau, lui ?
Non, ça fait deux ans qu'il est chez nous.
- Un Algérien, très sympa. - Oh, Algérien ?
Ah, bonjour, Youssef.
Monsieur Martin.
Je suis un peu algérien aussi.
Ah, je savais pas.
- Bah, moi non plus. - Ah.
Le plus beau pays du monde.
J'ai hâte de voir ça, ouais.
- [petits rires] - Ah, tenez,
si vous cherchez où aller le soir,
mon beau-frère a une chicha.
Vous allez adorer.
Parfait, merci.
Ben... choukran.
De rien.
Ah, Gérard.
Comment s'est passée la journée ?
Très bien. Pourquoi ?
Juste pour savoir. Pardon de m'intéresser.
Pardon d'être surpris.
Voilà.
[il renifle]
C'est quoi, cette odeur ?
- C'est... mon parfum ? - Non.
Si, c'est mon Axe.
Axe, je le connais. Ça pique.
Là, c'est plus subtil. C'est un parfum de femme.
Ben n'importe quoi !
- Vous êtes allé voir Nicole ? - Mais non !
J'ai pas de comptes à rendre !
Dites la vérité.
Non.
Je l'ai croisée par hasard.
Dans une ville de 500 000 habitants,
vous tombez par hasard sur votre ex-femme.
- C'est pas mon ex-femme. - Oui, d'accord, j'ai compris.
C'est pas du tout ce que tu... vous croyez.
[il soupire]
[Frédéric claque une porte]
- [chant des cigales] - [on ouvre une porte]
[on la claque]
- Vous faites quoi ? - Je pars.
Je ne resterai pas avec quelqu'un qui ne me respecte pas.
C'est ridicule !
Frédéric !
[cisaillements au loin]
Vous avez gagné, je vous le laisse.
Bonne chance avec Catherine.
Chérie, je crois que les nouveaux voisins sont échangistes.
[on ferme la porte]
[il souffle]
Qu'est-ce qu'il y a, mon chéri ?
Ça va pas ?
C'est pas bon ?
Toujours du roast-beef.
Frédéric te manque ?
Oh bah non !
Non, c'est papa.
Son dernier mensonge, il passe pas.
Ton père était pas qui il a dit qu'il était.
Si ta mère était pas qui elle était, ça fait beaucoup.
Ouais, je te confirme.
Chérie,
je veux pas qu'il vienne au mariage.
C'est ton père, quand même.
Là, il est allé trop loin.
Tu l'aurais vu : "Tu es allemand,
"mon petit Gerhart. J'ai encore une nouvelle à t'annoncer.
- "T'es algérien." - Tu te moques pas de ton père !
Oui, mais là, je suis écœuré.
On s'en fout
des origines.
Tu invites ton père.
Non.
Et ton fils ?
Tu lui as dit que t'étais algérien ?
"Mais non, je lui ai pas dit pour le protéger."
"Inouf"!
Enough.
C'est quoi, le dessert ?
Jelly.
Je monte.
- Tu tardes pas ? - Je vais travailler mon anglais.
Tu veux que je te fasse répéter ?
Oh, volontiers.
Alors, celle-ci, c'est...
Ouh là... Worcestershire.
"Woltostar".
Non.
"Woltostar".
Je monte.
"Grosestar".
Non.
Manchester.
Non, ça, c'est le football.
"Wolshostar".
[Gérard] Good night.
[musique calme]
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Non, mais où sont mes ancêtres ?
Non, mais au secours !
Catherine !
Non, mais la famille, la fa... La famille est plus là !
Voilà, mes aïeux.
Justice vous est enfin rendue.
La famille, c'est vraiment ce qu'il y a de plus important au monde.
[on sonne]
Oui bah j'arrive !
Rho !
Bonjour. C'est Mehmet.
- C'est quoi ? - C'est Mehmet.
Süleymanoğlu. Le cousin turc.
Merhaba.
- C'est possible. Vous voulez quoi ? - Rien.
Je veux juste dire : "Bonjour. C'est Mehmet."
Ben bonjour. Et au revoir.
- Je veux connaître ma famille bordelaise. - Vous voulez la connaître ?
Je vous fais les présentations.
Entrez, entrez.
Vous le voule, je rentre. Très aimable.
La voilà, la famille.
Très émouvant.
Attendez, que je vous explique. Ce sont des chevaliers.
Ils ont tous fait
- les croisades. - Je connais l'histoire.
Le royaume de Jérusalem, le petit roi lépreux...
Et "Saladine" qui récupère tout.
Oui, "Saladine"... Saladin, oui.
L'histoire, ça pique parfois.
Alors, voyez ces deux-là, là ?
Ce sont mes préférés.
Ils ont participé au sac de Constantinople.
Le premier. Le plus réussi.
- Ah ! - C'est d'ailleurs grâce
à leur bravoure qu'ils ont été anoblis.
Ils ont, mais alors, découpé de l'Ottoman à foison.
Pardon.
Moi-même, j'ai des ancêtres qui sont des très grands guerriers.
Féroces, impitoyables. Qui ont massacré du chrétien
à tour de bras, en remontant
sur le nord de l'Espagne.
C'est épouvantable.
Sur un autre sujet,
j'ai pensé à ton domaine viticole.
- Une idée de développement. - Merci, mon développement va très bien.
Le porto va très bien, mais le reste, c'est bof bof.
C'est pas du tout bof bof.
C'est résiduel, pour faire plaisir à ma femme.
Oui, mais en Turquie, j'ai des très belles terres
où nous pourrions produire un excellent raki.
- Un raki ? - [petit rire]
Pardon, mais enfin...
Ma famille fait un des plus grands crus de Bordeaux,
et je ferais un raki ?
Excusez-moi, cousin Met Metmet,
mais j'ai été élevé dans l'excellence et je vais y rester.
- Je vais vous demander de rentrer. - Réfléchis bien, cousin.
Le raki infuse.
Écoutez, je vous remercie,
mais je vais décliner.
- Voilà. - N'oublie pas Mehmet.
Bonjour chez vous.
- Ben Mehmet ! - C'est ça.
[musique entraînante]
- [petit rire] - [on ouvre la porte]
Pourquoi t'as fait ça ?
- Mais j'ai rien fait. - Si, t'as viré ton cousin.
- T'as viré Mehmet. - Comment tu sais ça ?
Il m'a appelée.
Il était déçu. T'es vraiment odieux !
Mehmet est la gentillesse même.
- Il est adorable. - Ah, d'accord.
Tout le monde le connaît ? Vous l'avez rencontré ?
Tu voulais être là ?
J'ai été assez clair, je ne voulais pas le voir.
Mais maintenant, je peux vous dire...
Il est louche.
Il veut juste
rencontrer sa famille. C'est pas une agression.
Argent, château, vignes... Il cherche à faire des affaires.
C'est une très bonne idée, ce raki.
Tu sais ce que c'est que le raki ? Un mauvais pastis.
Tu vois l'avenir du château comme ça ?
Soyez naïves, je ne peux pas. Je suis un Bouvier-Sauvage...
- Oh là ! - Je suis là pour préserver
la famille et le patrimoine.
[elle claque la porte]
Oui, bah...
Manifestement, je suis bien le seul.
Vous pouvez répéter ?
Oui, c'est simple.
Je suis français. Je veux devenir algérien.
Pardon, je...
Je vais aller chercher un collègue. Je reviens, bougez pas.
Ça va ? Tu es calmée ?
- On peut faire la paix ? - C'est toi qui as un problème, pas moi.
Chérie...
Il a de mauvaises intentions, le Mehmet.
Je ne fais que protéger la famille.
- Et j'enfile des perles ? - Pas du tout, chérie.
Mais tu es un peu plus naïve. Enfin, plus sensible.
Comme tous ceux qui ont un grand cœur, tu es plus facilement manipulable.
- Comme avec les Portugais. - Ah bon ?
Mon porto se vend comme des petits pains. Qui profite ?
Non, mais je te rappelle que le succès du porto
est dû au savoir-faire du château de Janzac.
- Tu fais quoi ? - Là ?
- Oui. - Je me fais manipuler.
Bonjour, Mehmet.
- C'est Catherine. - Mais enfin !
Bouvier-Sauvage.
Oui. Je voudrais vous inviter au mariage de ma fille.
- Bien sûr que Frédéric est au courant. - C'est quoi, cette voix sirupeuse ?
Et il aimerait reparler avec vous de cette idée de raki.
C'est quoi, ça ?
Mais oui, il trouve ça formidable. Non mais vous savez,
Frédéric joue au dur, mais c'est un cœur tendre.
Il est sensible.
- Manipulable. - C'est ça.
Je compte sur vous, Mehmet.
Je vous embrasse.
"Je vous embrasse"...
Bravo, tu as fait rentrer le loup dans la bergerie.
- Ah. - Ça va être lourd de conséquences,
je te le dis. Ça alors...
Le traître dans sa famille !
C'est un truc qui me dépasse !
Vous pouvez répéter ce que vous m'aviez dit ?
À mon collègue.
Bah oui, c'est...
Je suis français et je veux devenir algérien.
- Pardon. - Pardon.
C'est la première fois qu'on entend ça. C'est nouveau.
Et vous vous appelez comment ?
Gérard. Gérard Martin.
Gérard Martin...
Gérard... Martin.
[ils continuent à rire]
[musique douce]
Oh, nice!
Ah, bah, t'es là ?
Tout va bien ?
Bof.
Ça te plaît ?
Bof.
Si, ça me plaît. Mais tu ne l'avais pas jetée ?
Oh, non.
Souvenir de famille.
- Elle me va toujours bien, non ? - Oui.
Oh.
[Frédéric] Non mais alors là,
Catherine a invité Mehmet au mariage.
Je peux vous dire que j'ai envie d'envoyer tout promener.
Bon, d'abord : "Bonjour, Nicole."
Hein ?
Ah, oui. Bonjour, Nicole.
- Bonjour, Frédéric. - Bonjour.
Vous étiez au courant pour le Turc ?
- Nicole vous avait prévenu ? - Non.
Sinon, il vous aurait soutenu.
- J'espère. - Quoi ?
Je l'aurais soutenu ?
J'en ai rien à foutre de ce guignol.
Depuis votre histoire de test,
quoi qu'on vous dise, vous faites n'importe quoi.
- Boh ! - Je ne dis plus rien.
I shut my "mousse".
Ah, oui, tu "chut the mousse". Ça, je confirme.
T'as pas demandé pour le consulat.
- Non, je m'en fous. - Quoi ? Tu t'en fous ?
Moi, non. Comment ça s'est passé ?
Toi, ta gueule.
- Tu t'en fous ? - Oui. Je m'en fous
que tu sois algérien, ça ne change rien. Pour moi.
- Pour toi, c'est sûr. - On a morflé. Enfin, surtout lui.
Il ne l'a pas digéré. Vous l'avez mal pris.
- Re-ta gueule. - Quoi ?
- Comment tu parles ? - Bon, allez, dehors.
- C'est ça ! De l'air ! - Vous me virez ?
- Oui. - Alors là, non !
- Souci familial. - J'ai compris !
Vous êtes toujours là où on vous attend !
Dehors ! Va prendre un bain turc, ça va te calmer.
Avec plaisir.
Excuse-moi, chérie. C'est lui qui m'énerve.
Mais c'est...
Chérie ?
[coups de klaxon]
Bah, tu vas où ?
Je retourne au bled.
Tu sais même pas où c'est.
Bah !
Chérie,
les voisins sont pas échangistes.
Ils sont étrangers.
[petit rire choqué]
Ils se sont engueulés comme du poisson pourri.
Je peux pas répéter,
- mais ça volait pas haut. - Tu vois, je t'avais dit.
Il faut pas trop le pousser.
Je pouvais pas imaginer qu'il allait se fâcher avec Gérard.
Il viendra pas au mariage.
- Mais si. - Bravo.
Bon, je m'occupe de Gérard. Je vous laisse Frédéric.
Merci du cadeau.
Ma chérie, je gère.
Je vois, oui.
Aucune chance qu'ils soient ensemble.
[musique orientale]
- On est bien, non ? - Non.
Il faut vous détendre, Frédéric.
- Vous êtes pas bien ? - Non.
Essayez ça, ça va... Zen.
Non, je ne fume que le cigare.
Qu'est-ce qu'il est rabat-joie.
Mmh !
- Un petit thé ? - Ouh, avec plaisir.
- Choukran. - Psartek.
Marhaba.
- [petit rire] - Un petit thé ?
Non, un demi-Vittel, s'il vous plaît.
La moitié de la bouteille ?
- Demi-Vittel, quoi. - D'accord.
- Ça empêche pas de dire "choukran". - "Boukran".
Non, "choukran".
- Hein ? - "Choukran".
- "Chakran". - Rho !
- Mmh ! - Bon, on y va ?
- Quoi, déjà ? - On a fait le tour.
J'ai pas fini mon thé.
Je vois Mehmet partout. C'est insupportable.
Vous avez un petit souci. C'est une obsession chez vous.
Vous voulez rester pour le match ?
- Quel match ? - C'est Mali-Tunisie.
Y a pas l'Algérie ?
Ils ont été éliminés.
Oh, bah... Éliminés...
Vous êtes d'un chauvin.
On est bien, là. On respire.
4,80 euros le café, c'est plus classique.
J'aime bien le classique.
Oh, je sais.
Bon... Merci de m'avoir rappelé.
Je tenais à m'excuser. Je suis sorti de mes gonds.
J'ai pas été très fin, non plus.
Oh ! Début de mea culpa, carrément.
Euh, non, n'exagérons pas. Léger.
Léger. Décidément, vous êtes vraiment français.
Merci. Merci.
- Messieurs. - Ah.
- J'ai besoin d'un remontant. - Vous avez quoi de fort ?
Whisky, cognac, calva. On a même du schnaps.
- Le patron est alsacien. - Schnaps.
- Super. - Je suis allemand. C'est ma tournée.
Mmh mmh. Oh là là, pff.
Tiens, laissez la bouteille.
Bon.
- À l'Algérie. - À l'Algérie, si vous y tenez.
Qui veut pas de moi.
Ils ignorent ce qu'ils perdent.
- On y va comme ça, direct ? - Oui, cul sec.
- (Cul sec.) - Allez, y a la petite sœur qui vient.
Ça fait beaucoup, là.
[il gémit]
Frédéric,
- à la Turquie. - Vous imaginez ?
Vous imaginez la carte de visite ? "Frédéric Süleymanoğlu,
"propriétaire de château Janzac à Bordeaux."
Un Turc qui vend du vin, on devrait l'appeler Glouglou.
- [il rit] - Bah !
Faut bien rire, hein. Glouglou...
Un Algérien qui vend des Peugeot...
"Pigeot". On dit des "Pigeot".
- Allez, Frédéric. - Allez.
À l'avenir.
Foutu pour foutu.
[il gémit]
C'est proche de l'alcool à brûler.
[sonnerie de portable]
Popopo, qui c'est ?
- C'est qui ? - Ah beh !
Ministère de l'Intérieur, au rapport.
- [il rit] - Non mais...
Elles nous prennent en tenaille. Allez...
♪ Libérés ♪
♪ Délivrés ♪
Injoignable.
Pareil pour Gérard.
Ça commence à devenir inquiétant.
J'espère qu'il leur est pas arrivé un horrible accident.
- [elle sanglote] - [musique divine]
Et voilà.
[elles sanglotent]
- Elle est pas belle ? - Magnifique.
Je suis juste émue pour demain.
Moi aussi, ma chérie.
- Regarde, maman. - Mais tu es magnifique !
C'est magnifique.
Très belle.
"Cuisine française".
C'était le bon temps. On n'y a plus droit.
"On n'y plus droit"...
- On peut dire au revoir. - Vous croyez ?
Bah oui.
Y a pas que les Français qui sont polis.
[clochette de la porte]
Oh, monsieur Bouvier-Sauvage ! Comment allez-vous ?
Pas bien, cher ami.
- Ah, vous êtes malade ? - Pire que ça.
On est étrangers.
Enfin, on est plus français.
Ah mince.
Ouais.
On est venus vous dire au revoir.
C'est gentil.
- Vous allez me manquer, Lambert. - Vous aussi.
Vous aussi.
- Je me permets. - Cela dit,
je prends l'American Express. J'aime les étrangers.
Surtout s'ils font la plonge, hein.
Oui, vous êtes gentil, Moussa, je suis en clientèle.
Je peux vous demander un service, Lambert ?
Tout ce que vous voudrez.
- Je voudrais des ris de veau. - Un beurre blanc à la nantaise.
Maintenant ?
- C'est pas pour manger. - Non, non, c'est...
C'est juste pour les sentir une dernière fois.
Les sentir ?
- Pour dire au revoir. - Voilà.
- Voilà. - Eh oui, bien sûr.
J'arrive, hein ?
[gémissements]
Adieu, les ris de veau.
J'adore ça.
Les ris de veau, moi aussi, j'adore.
Oh là là là là !
- C'est le bourguignon qui va me manquer. - Eh oui.
- Et voilà le foie gras. - Oh, ça !
- Ça, c'est la France ! - Oh, c'est merveilleux.
Ce qu'on rate quand on est plus français !
- Oui. - La langue de bœuf.
La blanquette.
Les vol-au-vent, la soupe à l'oignon. le cassoulet ! Oh là là !
Les tripous.
Les cuisses de grenouilles.
La cervelle d'agneau.
- Les rognons de veau. - Rosés.
S'il vous plaît, rosés.
Pour des étrangers, vous en savez sur la cuisine française ?
Il y a quoi de bien en France,
- à part la cuisine ? - Les femmes.
- Oh là là ! - Non.
- Nous lancez pas là-dessus. - Surtout pas.
Important, glaçon d'abord.
Raki, ensuite.
Pas trop d'eau, pas noyer.
Et boisson prête.
Écoute le crépite. Écoute crépite.
Écoute crépite.
J'entends rien.
Ah, oui, ça crépite !
Proverbe turc : "Raki soigne les maladies
"et ramène les maris."
Ramène-moi Gérard, que je puisse l'engueuler.
- Ça, oui. - Très drôle. Très drôle.
- Eh ben, voilà. - [petit rire]
- Voilà. - On peut pas partir comme ça.
Et si ! Vous avez senti toute la cuisine, les trois frigos.
On peut pas partir sans saluer les digestifs.
On va boire encore, là ?
On boit pas.
On dit au revoir.
Ah.
Alors si on dit au revoir...
- Ouais. - Allez, on dit au revoir.
- La poire. - La poire.
- Allez, la poire. - La poire.
Elle sent la poire.
- Au revoir, la poire. - Au revoir, la poire.
[musique cocasse]
- La poire. - La poire.
- Oh, la vieille prune ! - Prune !
Au revoir, la prune.
[Frédéric] Ça sent la vieille prune.
[gémissements]
- Au revoir, ma vieille. - Elle sent la prune.
Y a le fruit.
- Calva ? - Calva, oui.
La bonne pomme.
[ensemble] Au revoir, calva.
Ça marche pas. Ils sont pas là.
Si, il faut boire encore.
Un, deux, trois rakis, tête tourne... Mari revient.
- Mari. - C'est fort, quand même.
- Bois encore. - Oui, oui.
Je sens que ça monte.
[il rit]
- Cognac. - Cognac.
Viens là, toi.
[ensemble] Au revoir, cognac.
- Faut le chauffer un peu. - Même chaud, c'est dur.
- Ah ouais. - Au revoir.
Parce que là, il...
[ensemble] Armagnac !
- Le magnac, l'armagnac. - L'armagnac, tut-tut.
Tous pour un, un pour tous.
D'Artagnan.
Au revoir, armagnac.
[ils frappent le comptoir]
[gémissements]
Avale.
Allez, faut avaler.
Au revoir, messieurs.
Hein ?
- Pas gentil, le Lambert. - Il a dit quoi ?
Hé ! Oh !
Jamais on...
m'a traité comme ça.
Pauvre con. C'est un pauvre con.
Un scandale ! C'est absolument scandaleux.
La préfecture de Gironde !
Le préfet est tunisien. Il va pas nous mettre dehors.
- Enfin un ami. - Préfet !
- Avec nous ! - Préfet !
- Avec nous ! - Préfet !
[ensemble] Avec nous, le préfet !
Avec nous, le préfet !
- Avec... - [sirène]
- La vache ! - Oh, putain...
[petits cris]
[voix aiguë] Frédéric ! Frédéric !
Alors...
Nom ?
C'est euh...
Sü... Süley... Süleym...
Süleymanoğlu.
- Qu'est-ce que c'est que ce nom ? - C'est mon nom.
- Mmh. - Voilà.
OK. Süleyma...
Prénom ?
C'est Mehmet.
- Pardon ? - Mehmet.
Mehmet.
Et comment ça s'écrit ?
Meh-met.
Mehmet !
Voilà.
Nationalité ?
Turque.
Je suis turc.
Turc.
OK.
Et vous, monsieur ? Nom ?
Prénom ?
Monsieur ?
- Mmh ? - Nom, prénom ?
Gérard. Gérard Martin.
Gérard...
Gérard Martin.
Martin.
Bah c'est bien, ça.
Nationalité ?
Algérienne.
Mais tout va bien !
[ils rient]
Tout va bien.
C'est bien, ça. Deux migrants en une soirée.
Je vais avoir une prime.
- Méritée. - Tout à fait.
Pour vous... pépètes.
Tout va bien.
- Oui. - Oh !
[musique de tension]
Tapage, outrage, ivresse.
Ça va vous coûter un peu plus cher qu'une prune.
[ensemble] Au revoir, la prune.
[vibreur]
Oh !
Ah mince, c'est François.
Allô ? Oui, mon chéri ?
Comment ?
Des nouvelles de papa ?
Tout va bien. Pourquoi ?
Tu le connais, il a dû couper son portable.
C'est un grand jour pour lui.
Comment ?
Alice ? Oui, elle est là.
Mais non, je peux pas te la passer.
(Elle est en train de se faire maquiller.)
Un maquillage très subtil.
Avec du rose, un peu de vert
dans les coins, un rouge à lèvres framboise écrasé.
Elle va être magnifique, je t'assure.
Bon, on se retrouve tout à l'heure.
Moi aussi, je t'embrasse.
[musique dramatique]
Bonjour, c'est quoi, cette voiture ?
M. Martin me l'a demandée pour le mariage.
C'est qui ?
Hé, je sais où ils sont.
On s'habille, on les ramène.
Oh ! Je suis presque prête.
- Ouais. - J'arrive.
Ma chérie, ne t'inquiète pas, on sera à l'heure.
[musique orientale]
Bonjour, ma reine.
- Un thé à la menthe ? - Non, merci.
Je cherche mon mari, Gérard Martin.
Ah non, y a pas beaucoup de Gérard ici.
- Allemand et algérien. - D'accord,
c'est lui ! Oui, oui.
Il était là hier avec son copain turc.
Ah, c'est mon mari.
Il ont fait les foufous et la police les a embarqués.
Han !
Ah oui, oui, oui.
J'espère qu'il leur est rien arrivé.
[Catherine] Oh là là là là là là !
Je peux pas vous aider plus.
[musique de tension]
[il renifle]
T'es français, toi ?
Ben oui, oui.
- Et toi, t'es français ? - Ah oui. Ah oui, oui.
Ben lui, oui, alors oui.
Alors là...
Je suis Frédéric Bouvier-Sauvage.
Connais pas.
Moi, j'aime beaucoup la police.
Ce sont des gens gentils.
Alors,
pourquoi avoir dit que vous étiez turc et algérien ?
C'est une bêtise parce qu'on avait un peu bu.
Même beaucoup, mais c'est pas notre genre.
Enfin, c'est parce qu'on a fait un test ADN.
On a su que j'étais algérien et lui, turc.
Mais on a des papiers en règle. On est nés en France.
C'est un malentendu, quoi. Voilà.
J'en ai fait un test ADN, moi.
Ah ben voilà, vous pouvez comprendre.
Je suis 100 % français.
- Je suis pas étonné. - Moi non plus.
Non, parce qu'il faudrait vraiment qu'on sorte aujourd'hui...
C'est le mariage de nos enfants.
Sa fille se marie avec mon fils.
C'est pas tous les jours, un mariage.
Je vous l'avais dit.
Nos enfants se marient.
Qu'est-ce qui me le prouve ?
- Pourquoi je m'habille comme ça ? - Franchement.
- Un mariage ? - Mmh.
Un mariage blanc ?
- Bien sûr que non. - Mais non.
- Tutututut. - Hein ?
Qu'est-ce que j'en sais, moi ? Hein ?
Bah...
- C'est-à-dire que... - Qu'est-ce que j'en sais, moi ?
- Qu'est-ce qu'il en sait ? - Bah oui, qu'est-ce qu'il en sait ?
Bon.
Vous allez répondre à mes questions.
Alors...
Un Français arrive au restaurant à l'étranger.
Il fait quoi ?
- C'est quoi, ces questions ? - Je sais pas.
- Ah ben, il se lave les mains. - Non.
Non, non.
Non, il demande du pain et du Beaujolais.
Et si on lui amène un couscous ?
Il demande de la moutarde.
- [petit rire] - De Dijon. Français.
Si son café est trop froid, il fait quoi ?
- Il râle. - Ouais.
Et s'il est trop chaud ?
Il râle aussi.
S'il est tiède et qu'il râle, il est...
Attends, attention, attention. Là, c'est trop facile.
Y a un piège, y a un piège. Euh...
Qui râle pour un café tiède ?
- Eh ben... - [petit rire]
Un Parisien.
[musique cocasse]
OK...
C'est quoi, le secret
du bœuf bourguignon ?
La viande doit mariner dans du Bordeaux.
Citez-moi trois grands Français.
Louis XIV, Napoléon,
évidemment de Gaulle.
Voilà.
Moi aussi ?
Mmh.
Bernard Hinault, Zidane,
Algérie,
et...
Jean-Pierre Lecointre.
- Qui ? - Le plus grand
concessionnaire d'Aquitaine. Il m'a formé.
Je suis passé à côté.
Préfecture du Cantal.
Aurillac. Je collectionne les boîtes de fromage.
Préfecture de l'Aveyron.
- Rodez. - Ah, boîtes de fromage aussi ?
Non, non, culture générale.
L'arrogance. Très français.
Très bien. Dernière question.
Histoire, toujours.
- Je prends la main. - Pourquoi ?
Questions d'histoire, je gère.
- Je peux jouer. - Histoire, je gère.
- C'est bon, allons-y. - C'est dégueulasse.
En quelle année la 205 GTI a-t-elle remporté le Paris-Dakar ?
Oh, je prends !
- C'est pas de l'histoire. - Si !
- "Année", c'est histoire. - Je prends.
Vous pouvez aider. On est dans la même équipe.
Non, mais je peux.
Je peux.
- Ça, c'est moi. - Votre réponse ?
Je prends la main.
205 GTI Turbo 16
conduite par Ari Vatanen, 1987. Une Peugeot.
- [petit rire] - Vous aimez les Peugeot ?
Ah bah, j'en vends. C'est ma vie.
Eh bien, aucun doute.
- Vous êtes français. - [rires contents]
Merci, Gérard.
[musique victorieuse]
- Ah, les voilà. - Ah !
- On a un peu déconné. - Un peu beaucoup. Y a le mariage.
Je savais que tu répondrais à la Peugeot.
C'était pas une question d'histoire.
- Mais bon, on est sortis. - Merci, Gérard.
- Merci, Gérard. - On a gagné !
- Et bonjour, Nicole. - Bonjour.
- Allez, on se dépêche. - My queen, ce jaune
te va à merveille. Et vous aussi, amazing.
Merci.
On se dépêche. Nos bébés vont se marier.
Le bruit du moteur ! Oh, vive Peugeot.
C'est inconfortable.
[musique dynamique]
J'ai cru que t'allais louper mon mariage.
Jamais j'aurais raté ça.
- Ça a failli être sans nous. - Ça aurait été beaucoup moins bien.
[Frédéric] Tout est bien, tout est bien.
- [Ribeiro] Catherine, tudo bem? - [Nicole] Oh, ils sont heureux !
- [cloches] - [acclamations]
Vous pourriez féliciter Catherine.
La féliciter pour quoi ?
Je sais pas, ça pourrait aider.
Ça va lui passer, elle va pas rester fâchée.
- On est à la table des célibataires. - Et Mehmet est
à la table d'honneur. J'ai du mal.
[tintement]
Je vous remercie pour votre présence ici,
aujourd'hui, au château de Janzac.
Soyez tous les bienvenus
au mariage de nos enfants.
Un mariage
arrosé de Bordeaux,
bien évidemment. Un mariage également
arrosé de porto.
Merci à mes amis portugais.
Viva os noivos!
Et merci aux Bouvier-Souvage.
Merci.
Bravo !
Et un mariage arrosé de raki.
Merci à mon cousin Mehmet,
à qui je donne la parole.
- Merci. - Il manquait plus que ça.
Merhaba. Veut dire bonjour. Bonjour.
Je suis Mehmet, Ben Mehmet, le cousin turc.
Il vous ressemble vachement.
Pardon ?
C'est un grand honneur
pour moi d'assister au mariage de ma cousine Alice
et de son mari futur.
Et il y a tradition en Turquie.
Tradition pour porter bonheur aux mariés, très important.
Nous prenons belle assiette
et on casse l'assiette.
- [gémissements d'étonnement] - On la casse.
- Cassée. - Ce con vient de péter
une assiette en porcelaine de ma grand-mère.
Vive les mariés !
- Bravo. - Bravo, Mehmet.
Merci, Mehmet.
Et surtout,
je voudrais remercier Nicole
qui m'a toujours soutenue et aidée à préparer ce mariage.
Et Dieu sait qu'on n'a pas été aidées.
- C'est pour nous. - Je donne la parole à Nicole
qui va parler dans la langue de Shakespeare.
Non, pas Shakespeare. En anglais.
On a répété, ça va être super.
"Hi".
[tous] Hi.
Euh, non.
"I"...
"Je".
[tous] Ah !
[en anglais] Je vous souhaite...
De l'amour.
De l'amour.
Du bonheur.
Un pénis.
Aïe, aïe.
Elle a fait de gros progrès.
[petit rire gêné]
Aux mariés !
Bravo, chérie. Bravo.
Fayot.
Fuck you.
Fuck you very much.
- Very, very funny English. - [il rit]
Tout compris.
[serveuse] Pigeonneau sur son cresson de petits pois.
- Ah ! - Ça, c'est un très,
très bon choix de Catherine. Bravo.
- De Nicole, peut-être aussi. - D'accord.
Moi, je veux bien.
Zebi.
- Oui. - [il se racle la gorge]
Qu'est-ce que c'est ?
- Rancunières. - C'est le moins qu'on puisse dire.
[Mehmet] Santé, Catherine.
Il met un pied dans la porte et on s'en débarrasse jamais.
Ah, M. Martin ! Comment allez-vous ?
Très bien.
Je te cherchais. J'ai une surprise pour toi.
Ah non. Les surprises, ça va, c'est bon.
Allez, c'est jour de fête.
- Je voudrais te présenter ta cousine. - Ma cousine de Munich ?
Non, de Sidi Bel Abbès.
Djamila.
[musique orientale]
[Gérard] Oh là là.
- Ton cousin. - [Djamila rit]
- "Bijour". - Oh non.
- [Djamila rit] - C'est mon cousin.
- C'est votre portrait craché. - Oh non.
Votre papa, c'est une crème.
- À tout à l'heure. - Oh non.
Allez, un chouïa de champagne.
C'est pas...
C'est pas Georges Clooney.
Elle a l'air très sympathique.
- Oui. - Vous allez vous régaler.
[musique dynamique]
["Careless Whisper", de George Michael]
[musique dynamique]
[musique cocasse]
[musique orchestrale]
[musique orientale]
Sous-titrage : Eclair by Netgem
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