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...
Musique pesante
...
Elle gémit.
...
- Pas ici.
- Tu disais pas ça hier.
- Regarde cette bouffonne.
Elle va à la bibliothèque. - Dépêche-toi.
Tu vas te faire engueuler.
...
Elle gémit.
...
Cri de douleur
...
Générique
Brouhaha
...
- Alors ? - On a trouvé un bébé aux WC.
Vu tout le sang, c'est le lieu de l'accouchement.
Y a pas de trace de la mère.
- Brigade des mineurs.
- Le bébé va bien.
On s'en occupe.
La mère perd du sang.
- Rétention placentaire ? - Oui. Il faut la retrouver.
- On sait qui c'est ?
- Non, mais je vais examiner le bébé.
- Merci.
Y a des témoins ?
- Matias Dubois et Léa Karrar qui ont trouvé le bébé à 10h45
en faisant le ménage.
- On nettoie avant l'ouverture
et après la récré. - Vers 10h30.
- Les élèves fument
et laissent les mégots dans les cuvettes.
On doit repasser. - Y avait personne.
On a entendu le bébé pleurer, on a ouvert,
il était là. - Vous avez vu quelqu'un ?
- Y a personne à cette heure.
- Merci.
- Merci.
- C'est dégueulasse
d'abandonner son bébé à la naissance.
- Accoucher peut traumatiser psychologiquement et physiquement.
On décide pas de le faire aux toilettes.
Ce n'était pas prémédité ni malveillant,
c'était de la peur.
- Commandant !
Aucun des personnels n'est enceinte.
- C'est donc une élève qui a accouché.
Elle est en danger. On va voir le proviseur.
- La 1re L2 n'avait pas cours à ce moment-là.
La prof de français est malade.
La seule élève absente à l'appel, c'est Sophie Legendre.
Mais elle était là à l'appel de 8h30.
- La mère s'est enfuie, vous avez une vidéosurveillance ?
- On a pas le budget et c'est pas une prison.
Allez en cours. Y a rien à voir !
- Que savez-vous de Sophie Legendre ?
- Elle vit avec sa mère et sa soeur.
Son père est mort.
Elle s'est réfugiée dans les études.
Elle a un an d'avance.
Je l'aurais jamais imaginée enceinte.
Adeline Loti et Aurélien Bouvray, ses camarades.
- Bonjour.
- Brigade des mineurs.
- Je vous laisse.
- Merci. - Comment était Sophie, ce matin ?
- Normale. On était à côté en maths et tout allait bien.
Ca lui ressemble pas, de sécher. Même en perm',
elle bosse. - Vous l'avez appelée ?
- Ca répond pas.
- Elle est partie ?
- Elle allait à la bibli, on est allés à la cafét'.
- Pour elle, y a que l'école et sa soeur.
Elle s'en fout, des mecs.
Comment elle aurait pu tomber enceinte ?
- Un amourette secrète ?
- On se connaît depuis toujours. On est voisines.
Elle me l'aurait dit.
C'est "chelou".
- "Chelou", oui.
Musique haletante
...
Madame Legendre ?
Bonjour.
Brigade des mineurs.
- Bonjour.
- Sophie a quitté l'école ce matin
et c'est pas son genre, de sécher.
Vous avez eu de ses nouvelles ?
- Pas depuis qu'elle est partie ce matin.
Je viens d'arriver. Qu'est-ce qu'il y a ?
- On a un problème : quelqu'un a accouché
au lycée et a abandonné le bébé.
La seule absente, c'est Sophie.
- C'est pas ma fille, j'aurais vu qu'elle
était enceinte.
Elle a 15 ans.
Désolée.
- On peut vous parler ?
- Bien sûr, oui. Venez.
- On doit s'assurer
que Sophie va bien. Où elle pourrait être ?
- Je sais pas.
Peut-être avec Adeline et Aurélien.
- Ils savent pas où elle est.
Elle a un petit ami ?
- Non. Enfin, non, je pense pas.
- Notre priorité est
de la retrouver
Où est sa chambre ?
- Allez-y,
c'est la porte au fond du couloir.
Allô, c'est Maman.
Je comprends pas,
la police te cherche.
Tu peux me rappeler ? Je t'embrasse.
Musique intrigante
...
- C'est pas bien, de voler.
Je croyais que t'étais policier.
- Oui, la preuve.
Je m'appelle Léo.
Et toi, c'est Emma ?
- Bah oui, on est que 3, ici.
Tu cherches Sophie ?
- Elle a quitté le lycée sans rien dire
et on s'inquiète pour elle.
Tu veux bien m'aider
à la retrouver ?
- Vous allez l'arrêter ?
- Non, on est là pour l'aider.
En fait, elle est peut-être en danger.
Tu sais où elle se trouve ?
- Je dois rien dire à Maman.
- Donc tu sais où elle est.
Il faut me le dire.
C'est super important.
Où est Sophie ?
Musique à suspense
...
Merci.
...
Sophie,
ouvre !
- Laissez-moi.
- On a trouvé ton bébé. - C'est pas mon bébé.
- Tu perds du sang,
on va t'aider. - J'ai pas besoin d'aide.
- Ouvre ! - Laissez-moi.
Partez !
Ah !
...
- Ca va ? Respire.
- Je comprends pas. J'ai jamais couché
avec personne. - Là, c'est fini.
- Je comprends pas.
Sophie sanglote.
- Si elle est vierge, appelle François.
- François qui ?
- Le pape François !
- Sérieusement...
- Elle est bonne à l'école, mais zéro pour les mythos.
- Elle a eu peur de sa mère.
- Non, c'est plus simple.
Elle veut pas balancer le gars avec qui elle a couché
un samedi, bourrée.
300 euros qu'il est de sa classe.
- Je ne parie plus
avec toi. - Pourquoi ?
- Garde tes sous.
C'est plus compliqué qu'une histoire d'amour
entre copains. - Comment ça ?
- Il y a des résidus de drogue dans ses cheveux.
On l'a droguée puis violée.
Elle se rappelle de rien.
- Le Black out est
un dérivé du benzodiazépine ?
- C'est une drogue pour lutter contre l'anxiété.
Ca laisse des traces dans les cheveux.
- Ca peut provoquer des amnésies, d'où son nom :
"Black out".
- C'est comme le GHB.
- Ca explique
le déni de grossesse.
- Son corps a changé.
Comment on peut ignorer qu'on est enceinte ?
- Elle ne se souvient pas d'avoir été violée.
- J'ai compris.
- Sa grossesse est
la preuve de l'agression et pour la protéger,
son psychisme cache les symptômes.
- C'est un mécanisme de défense.
- Quel est le pire,
se souvenir de l'agression ou accoucher du bébé du violeur ?
- Pour l'aider, on doit
retrouver son agresseur. Viens, Jeanne.
Musique dramatique
...
- Violée...
Donc le bébé est...
- Le fruit de ce viol.
Je suis désolé.
- Retrouvez celui qui lui a fait ça.
- Tout est mis en oeuvre.
- Il faut aider Sophie.
Il va lui falloir du temps
pour accepter
ce qu'elle a vécu.
Vous aussi.
Si vous avez besoin, je suis là.
- Comment on a pu
faire ça à ma fille ?
Elle est tellement gentille avec tout le monde.
- On a abusé d'elle,
elle n'y est pour rien.
- Pourquoi tu pleures ?
- Non, ça va, ma puce.
- Emma, tu aimes beaucoup ta grande soeur.
Il va falloir l'aimer encore plus, elle va en avoir besoin.
- Promis.
- Sophie se réveille.
Ce sera sans séquelles.
Il lui faut du repos. - Merci, Docteur.
- Je peux vous parler ? - Oui.
- Monsieur, le bébé,
je dois l'aimer aussi ?
Musique dramatique
...
- Le bébé de Sophie va bien.
Il n'a subi aucun traumatisme à l'accouchement.
J'ai pratiqué des examens, il a été concu
durant la 2e quinzaine de juin.
- Il va falloir parler à Sophie.
- Je vous avertirai à son réveil, mais allez-y doucement.
Elle est très affaiblie.
- On a peut-être une piste.
Le bébé aurait été conçu entre le 15 et le 30 juin.
Ca facilite l'enquête de voisinage.
- Quoi, une enquête de voisinage ?
Les gens oublient
en 24 heures, alors
en 7 mois...
- Qu'est-ce que tu dis ?
- C'est évident.
- Hier, Sophie était
une ado tranquille, là, elle est victime de viol.
Elle a eu un enfant de son agresseur.
T'as suivi
le dossier alors fais
ton boulot et trouve ce type !
- On doit avoir des victimes
de viol qui l'ignorent.
Musique pesante
- Vous connaissez cette jeune fille ?
Merci, bonne journée.
...
Bonjour.
Vous la connaissez ?
- Non. - Désolée de vous avoir dérangé.
...
Alors ? - Rien.
- Moi non plus. Je vais là-bas.
- Je l'ai vue partir hier. Elle était enceinte ?
- Les faits se sont déroulés vers la mi-juin.
Vous avez vu
quelque chose ? - Comme ça, je vois pas.
- Attendez...
Le soir du 21 juin, j'ai failli la renverser.
- Le 21 juin ?
- La Fête de la musique.
Etant au service culturel, j'ai retenu ça.
- Elle était accompagnée ?
- Elle était seule. Elle partait vers le métro.
- S'il vous revient quoi que ce soit, n'hésitez pas.
Musique douce
...
(- J'ai eu tellement peur !)
- Je comprends pas comment
c'est possible, j'ai jamais couché avec personne.
- Je sais, ma puce.
Ca va aller. Je suis là, maintenant.
- C'est arrivé d'un coup.
J'ai paniqué. Je suis désolée.
- T'as pas à être désolée !
Mais t'aurais dû m'appeler.
- T'avais Emma et ton boulot, je voulais pas en rajouter.
- Sophie, c'est pas comme quand on t'a volé tes affaires de sport.
C'est normal que je m'inquiète pour toi.
Emma et toi êtes tout ce qui compte.
Tout ce qui compte ! - Je peux venir ?
- Bien sûr.
- Sophie !
- T'avais pas un exposé ?
- Si, j'ai eu 10/10.
- T'es trop forte.
- On a vu ton bébé.
Comment tu vas l'appeler ? J'ai plein d'idées.
- Pas maintenant.
- Mais je suis tata... - Emma !
Les policiers veulent voir ta soeur.
- Je viens d'arriver ! - On est à côté, Chérie.
Viens.
Musique dramatique
...
Tu m'attends là. On en a pour 10 minutes.
J'ai pas réussi à lui dire pour le viol.
J'en suis incapable.
- On va s'en occuper.
- Je sais pas quoi dire à Emma.
Elle trouve ça super que sa soeur soit maman.
Elle veut savoir comment elle va l'appeler.
Sophie s'est figée.
- C'est normal, pour le moment, elle refuse la réalité.
Inconsciemment, elle sait qu'elle a été violée et comme son bébé
est la preuve du viol, elle le rejette.
- Ca va changer ? - Je peux pas vous le dire.
- Et si elle l'accepte pas ?
- Il sera pris en charge par l'aide
sociale à l'enfance.
- Donc soit il grandit à l'assistance sociale
soit Sophie revit le viol en boucle.
Où est la bonne décision, là-dedans ?
Hein, elle est où ?
- La seule bonne décision, ce sera celle de Sophie.
- Oui...
Musique pesante
...
On a trouvé des résidus de drogue
dans tes cheveux.
- Quoi ?
Mais je me drogue pas, je vous le jure.
- On ne te juge pas.
Quelqu'un t'en a fait prendre à ton insu.
- Cette drogue provoque des troubles
de la mémoire, des amnésies.
Les victimes ne se rappellent pas
qu'on a abusé d'elles.
- Vous me dites qu'on m'a violée
et que je l'ai oublié ?
- Oui, c'est ça.
- Et tu t'es retrouvée enceinte.
- Je sais, c'est dur.
On va retrouver ton agresseur.
Mais il faut que tu nous aides.
- D'accord.
- Selon les examens,
tu es tombée enceinte entre
le 15 et le 30 juin.
Une de tes voisines, Mme Faubert, t'a vue
seule dans la rue le soir du 21 juin.
- J'avais dit que je dormais chez Adeline,
mais on est allées voir un concert.
Je sors jamais, d'habitude.
- Essaie de te rappeler ce qu'il s'est passé.
- J'ai rejoint Adeline au métro
à 21h à Gambetta.
C'était à 2 stations.
On est arrivées là-bas
et après...
La musique était super forte, du coup, j'ai du mal
à me rappeler...
On dansait.
Je crois que j'étais à l'écart,
mais je ne me souviens plus.
- Prends ton temps. Réfléchis.
Tu as parlé à quelqu'un, ce soir-là ?
- Il y avait beaucoup de monde.
Je ne me rappelle plus, on dirait que je n'ai plus de mémoire.
Musique dramatique
...
- Quand je pense à cette pauvre gosse !
- Le mec qui a
agressé Sophie a aussi détruit
la vie du bébé.
Imaginez être le fils d'un violeur !
- C'est pour ça qu'elle
rejette le bébé.
- Ramenez le violeur par... - Les chouquettes.
- C'était la Fête de la musique, elle en parlé
sur son Facebook ?
Bah quoi ?
Je vis avec mon temps. Je vous ai demandé en ami.
- C'était vraiment vous ?
- Bah... - Je croyais
que c'était un fake.
J'ai déjà fouillé
les différents réseaux sociaux.
Elle a rien mis là-dessus.
- Les images n'oublient rien.
Contacte les organisateurs pour voir s'ils ont filmé
le concert et regarde s'il y a des vidéos
sur Internet.
- Entre Dailymotion et YouTube, il y a une centaine de vidéos.
Et c'est filmé en mauvaise qualité.
- C'est quoi, ton problème ?
T'es flic, c'est pas comme si
t'avais une vie !
Et contactez Adeline Loti,
elle était là ce soir-là.
- OK, je la convoque pour demain.
- C'était la baby-sitter.
Ta soeur arrivait pas à dormir, même avec une histoire.
- Avec moi, elle ferme les yeux, on raconte une histoire
et elle dort en 10 minutes.
- Tu veux un autre oreiller ?
T'as pas froid ?
- Tu veux dire quoi ?
- J'ai vu ton bébé.
Je sais que tu veux pas le voir. - Tu veux faire quoi ?
Qu'on le prenne à la maison ?
Tu veux t'en occuper ?
- Il est innocent,
il a rien demandé.
- Moi non plus.
- C'est vrai.
Je sais que ça va être dur
d'accepter ce bébé...
mais je serai là pour t'aider à traverser tout ça.
Quand tu seras prête à le voir,
je serai là. - Je suis fatiguée.
- Oui, pardon.
Il faut que tu te reposes, ma chérie.
C'est pas le moment, là, hein ?
(Je t'aime.) Je t'aime !
Je t'aime.
Musique douce
...
Pleurs de bébé
...
- Si j'avais pas emmené Sophie ce soir-là,
elle se serait
jamais fait violer.
- Ca a rien à voir avec toi.
Sophie essaie de comprendre tout ça.
Il faut que tu nous racontes
ce qu'il s'est passé. - Y avait Thomas,
il me plaît.
Je voulais le voir, mais pas seule.
- Tu as demandé à Sophie
de venir ? - Hum hum.
C'est ça.
C'est même pas son truc, les sorties.
Ca devait pas être long et on devait rentrer chez moi.
Comme c'était prévu.
- Et là-bas ?
- On a dansé près de Thomas pour qu'il me remarque un peu.
Quand il est venu danser,
elle nous a laissés.
Elle devait m'attendre au bar.
- T'as dansé longtemps
avant de voir qu'elle n'était plus là ?
- Une heure max.
- Quand as-tu retrouvé Sophie ?
- Quand je suis rentrée,
elle dormait sur un banc.
C'était bizarre.
Elle avait l'air bourrée.
Le lendemain, elle se rappelait de rien.
- C'est vrai, on l'avait droguée
donc elle se rappellait de rien.
À ton avis, qui a pu la droguer ?
- Si vous cherchez un dealer, c'est forcément Steve.
C'est un mec du lycée qui deale plein de trucs.
Il était là et il a essayé de nous vendre des trucs.
Musique pesante
...
- Putain...
Mais t'es qui, toi ?
Je vais te défoncer ! - Ta gueule,
police. - Putain... OK, c'est pas moi !
- Et ça, c'est quoi ?
- C'est pour ma conso perso.
- T'étais sur une scène de viol.
Si Black out est pour toi,
que t'en as pas vendu,
c'est toi le coupable, c'est classé.
- On se détend !
- C'est bien ce que j'attends
de toi.
- OK, je deale un peu, mais je suis pas un violeur.
- A qui t'as vendu du Black out
le 21 juin ?
- Je ne sais plus, c'est loin !
- T'es fragile mais tu vas finir en prison.
- Regarde-moi ! A qui t'en as vendu ?
- À une seule personne.
- A qui ?
- Aurélien. - L'ami de Sophie ?
- Si tu veux.
- Bouvray ?
- Ouais. - Dis "oui" !
Occupe-t'en.
- Tu l'embarques. - Ouais.
- Pourquoi ils font ça ? Ils nous prennent pour des cons ?
Ils savent qu'on va les rattraper. Merde !
- Aurélien est mon meilleur ami.
- Je l'ai connu bébé.
pourquoi il aurait fait ça ?
- On sait juste qu'il a acheté
du Black out ce soir-là.
Tu lui as parlé, au concert ?
- Son père l'avait privé de sortie.
- Il t'a causé des problèmes ?
- Non.
Si, une fois.
Il commençait à se droguer.
- Il se drogue ?
- Au début, c'était du shit.
Puis de la cocaïne.
Avec Adeline, on voulait le dire à ses parents
pour son bien.
On voulait au moins le faire réfléchir.
- Où il pourrait se cacher ?
- Je sais pas.
- Bonjour, je vais vous apprendre à changer et baigner le bébé.
Ne vous inquiétez pas.
On a peur au début, mais ça vient tout seul.
- C'est pas mon bébé.
Sortez-le d'ici ! - Calme-toi, Chérie.
- Je veux que vous le sortiez d'ici.
Sortez-le, j'aurais voulu qu'il ait jamais
existé !
Je veux qu'il meure !
- Madame, suivez-moi.
- Sortez !
Musique dramatique
...
- Du nouveau sur Aurélien ?
- Non. On le cherche.
- Il a un casier ? - Non.
- Pourquoi droguer
son amie ? - Il l'a violée ?
- Alors là...
- C'est pas Steve, le violeur.
Il a un alibi.
Il est DJ, il a mixé jusqu'à 2h.
- Ca donne quoi, les vidéos ?
- Il y en a plein. Un OPJ m'aide.
Rien de suspect, on voit toujours Sophie avec Adeline.
- Compile-moi les moments où on la voit.
- Sophie tient bon ?
- Elle a craqué en voyant le bébé.
- Quels cons, à l'hosto !
- C'est injuste, le bébé
a rien demandé !
Il a un jour et il est rejeté.
- Comment l'aimer, vu d'où il vient ?
- C'est pas facile, mais ce gamin va aller
de familles d'accueil en foyers.
- Ca va le sauver. - T'y connais rien.
- Elle va jamais l'aimer. On lui a piqué le plus intime.
Poser les yeux
sur lui
tous les jours va la traumatiser.
- Mme Legendre a appelé.
Sophie s'est enfuie
avec le bébé.
- Elle est allée à la nursery pour prendre son fils
dans les bras.
L'infirmière a cru qu'elle voulait le prendre en chambre.
- Vous les avez trouvés ? - Pas encore.
Qu'est-ce qu'il y a eu ?
- Je suis allée lui chercher du chocolat.
A mon retour, elle n'était plus là.
Et je n'avais plus mes clés
de voiture.
- Elle est en conduite accompagnée.
- J'aurais pas dû demander
qu'elle voie le bébé.
- C'était pas une bonne idée.
- Retrouvons-la avant qu'elle fasse
une connerie.
- Commandant,
j'ai trouvé ça dans la poubelle.
-"C'est pas moi, rendez-vous aux Moulins,
"Aurélien."
- Aurélien sait qu'on surveille son portable.
- Ca a été un déclic.
Sophie a pris le bébé
pour confronter Aurélien.
- Les portables sont éteints, impossible à localiser.
- Elle peut faire du mal à son fils ?
- La grossesse crée un lien,
mais pas avec un déni de grossesse.
- Elle a dit qu'elle
aurait voulu qu'il existe pas.
- Elle peut vouloir s'en débarrasser
pour pouvoir nier la réalité du drame.
- Pas de bébé, pas de viol. Michel ?
- Je lance l'Alerte-Enlèvement.
- Merci, Michel.
- Aurélien parle du moulin de Pigalle ?
- Trop touristique, il a dû choisir un endroit plus isolé.
- Vous faites quoi ?
Vous blessez pas, c'est pas
un Minitel.
- Il y a un S à "Moulins".
Les Grands Moulins de Pantin.
- C'est sur les quais,
il y a des endroit isolés.
- Quand j'étais jeune, c'était le cas.
Avant leur rénovation, j'allais flirter là-bas.
- Je sais pas ce qui m'étonne plus, que tu flirtes
ou que tu aies été jeune.
- J'ai été jeune et chevelu.
- Non ?
- Si, je plaisais.
Sirènes de police
Musique à suspense
...
- Commandant, sur l'autre rive !
...
- Le bébé est pas là.
- Là !
- Alors ?
- Vivant ! Appelle les secours.
Aurélien, où est le bébé,
où est Sophie ?
- Envoyez une ambulance.
- Je sais pas.
- Commandant,
venez !
- Merci.
- Tu le lâches pas !
- Sophie ?
- C'est Mattéï. Où est ton bébé ?
- Je l'ai tué.
Je voulais pas,
mais j'étais en colère.
Je l'ai poussé et il est tombé sur la pierre.
- Tu parles d'Aurélien ?
Il est pas mort. Il est juste blessé.
Où est ton bébé ?
- Je l'ai laissé dans la voiture. - Il y est pas.
- Je l'ai laissé dans la voiture.
- Il est pas dans la voiture. Tu as pris le bébé avec toi ?
- Non, je l'ai laissé là-bas.
Sophie sanglote.
*Alarme
- Le bébé de Sophie !
Maman !
- Pourquoi vous me croyez pas ?
- Ces derniers jours ont été éprouvants pour tout le monde.
On veut essayer de comprendre. - Je sais pas où est le bébé.
- On va reprendre
depuis le début.
Pourquoi tu as pris ton bébé
pour voir Aurélien ?
- Pour qu'il voie ce qu'il m'a fait.
Il arrêtait pas de dire que
c'était pas lui. - Ca t'a énervée.
- Et qu'il avait juste mis la drogue dans mon verre.
Je l'ai poussé.
- Et il est tombé sur la pierre. - Oui.
Il ne me répondait plus. Y avait du sang.
J'ai cru que je l'avais tué.
- Où était le bébé ?
- Dans la voiture ! Donc quelqu'un l'a pris.
- Mais qui ? Tu l'as vu ?
- Non, mais j'ai rien fait.
- T'en penses quoi ?
- Elle semble sincère.
Mais elle a pu
s'en débarrasser et son inconscient le refoule.
- Si c'est vrai, où est le bébé ? - Elle reste une victime.
Elle va pas le tuer.
- Y a d'autres pistes ?
Aurélien, avant qu'il soit assommé ?
- La fluviale a dragué le canal et n'a rien trouvé.
Je vais essayer d'y trouver un témoin.
- Selon le test ADN, Aurélien n'est pas le père.
J'ai parlé à ses parents.
Il est dans les vapes, mais vas-y.
- Merci, Michel.
- Je file.
- Je vais voir Aurélien à l'hôpital.
- Léo ?
- Pourquoi je peux pas
voir Sophie ?
- Elle est en garde à vue. Personne ne peut la voir.
- On l'a violée et elle est en garde
à vue ? - Un bébé a disparu,
c'est la dernière à l'avoir vu.
- Et elle lui aurait fait du mal ?
- Elle ferait pas ça. Je veux voir ma soeur !
- Emma, c'est aussi pour la protéger
qu'on la garde.
- Je te crois pas.
Sophie !
Sophie !
Je t'aime.
Je sais que t'as rien fait.
- Madame Legendre, restez pas là.
- Je veux rester avec Sophie. - Viens.
- Je veux Sophie !
- Retrouvez le bébé !
Musique dramatique
- Je sais pas où est le bébé.
Il était dans la voiture avant que Sophie s'énerve.
- Elle a de quoi s'énerver !
- C'est pas moi qui l'ai violée.
C'est pour ça, ce rendez-vous.
- On a le résultat du test ADN.
T'es pas le père.
Mais alors pourquoi tu l'as droguée ?
- Je suis désolé.
- De quoi t'es désolé ?
- Je pensais pas qu'on en arriverait là.
J'ai flippé. - C'est de la mise
en danger de la vie d'autrui.
Pour pas être accusé
de complicité de viol, t'as intérêt
à me parler !
- Je voulais qu'elle oublie
ce qu'elle avait vu.
Elle m'a vu au concert acheter de la coke à Steve.
- T'as eu peur qu'elle balance ?
- Ouais. Elle m'a dit que c'était pour mon bien,
que ça allait me détruire.
Fallait pas que mes parents sachent.
J'ai acheté du Black out et j'en ai versé dans son verre.
Musique à suspense
...
- Embarquez-le dès que possible. - Bien, Commandant.
Sonnerie de portable
- Allô ?
- On a regardé les vidéos, on tient quelqu'un.
- Le gagnant est...
- Le mec qui a trouvé le bébé
*au lycée, Matias Dubois.
...
- Vous avez le bébé ?
- Pas encore.
Ca te parle ?
- C'est Matias, il travaille au lycée.
- Dans une vidéo, on le voit te suivre quand tu pars
de la fête. - C'est lui qui m'a violée ?
J'ai toujours été gentille avec lui.
- Tu le connais depuis quand ?
- Un an, je pense.
Il nettoie la bibliothèque, j'y suis beaucoup.
On s'est rencontrés là un jour.
Il avait un problème avec un dossier de logement social.
Je me suis aperçue qu'il savait pas lire
et je lui ai donné des cours.
- Il a déjà eu un geste déplacé ?
- Il a essayé de m'embrasser une fois,
mais je lui ai dit qu'on était amis.
Il s'est excusé tout de suite.
Il était gêné. Je pensais qu'il avait compris.
Je pensais pas qu'il était capable...
Je... Je pensais pas
que c'était possible.
Enfin... Pas... Pas de lui.
- Merci.
Musique dramatique
...
Le bébé ? - Rien.
Mais j'ai un témoin, une joggeuse.
Elle a vu un homme avec un bébé et a pensé à l'alerte enlèvement.
- Elle pourrait l'identifier ? - Peut-être.
Il portait un survêtement bleu,
mesurait 1, 80 m et était châtain.
- Ca correspond à l'homme de ménage
du lycée, Matias Dubois.
Il suit Sophie à son départ de la Fête de la musique.
- C'est lui, là ? - Oui.
- Voici le casier de Matias Dubois.
Vols, arrestations pour vagabondage.
Aucune adresse connue. Il est SDF.
- Et son téléphone ?
- On géolocalise des bureaux.
- Il y fait le ménage.
- Il doit travailler le samedi.
On y va.
Musique à suspense
...
- Bouge pas ! - Jonathan !
- Je m'occupe du bébé. - Arrête !
Arrête.
Arrête-toi !
Clara crie.
Musique de tension
Arrête-toi !
...
Arrête-toi !
Arrête-toi, je te dis !
...
Fais pas le con ! Arrête !
Je t'ai dit... de t'arrêter, tu t'arrêtes !
Ecarte les jambes. Tes mains !
Tes bras !
- Joli blocage, t'as jamais fait
de rugby ?
Où est le bébé ? - Quoi ?
- Celui de Sophie. - Elle a un bébé ?
- Nous mens pas !
- Il y a rien.
- T'étais aux Moulins
ce matin ?
- J'étais dans une tour. Demandez au patron.
C'est quoi, cette histoire de bébé ?
- Je vais t'expliquer. Avance !
- Tu ne cours plus ?
- Vous voyez ce que c'est.
Attends-moi, Clara.
- J'ai rien fait.
Pourquoi j'aurais volé ce bébé ? - T'es son père.
- Vous avez dit que c'était le bébé de Sophie.
Je l'ai jamais touchée.
- Elle a été violée le soir du 21 juin
et t'étais avec elle, quel hasard !
Regarde.
Ca, c'est Sophie.
Et là...
c'est toi.
- Sophie a été violée ?
- Et on te trouve
à l'endroit où le bébé
a été enlevé.
Ca fait beaucoup.
- J'étais avec mon patron.
- Et à la Fête de la musique ?
- Non, avec Sophie. Mais je lui ai pas fait de mal.
Elle était à la soirée alors on a parlé.
Elle était pas bien, je l'ai aidée à sortir.
Je lui ai pas fait de mal.
- Elle était mal et tu l'as pas raccompagnée chez elle ?
Ca colle pas.
- Je l'aurais fait, mais la police m'a coffré.
- Explique-nous.
- Y avait du monde, j'en ai profité pour faire des poches.
J'aime bien ça. C'est marrant et ça rapporte
un peu de sous, mais on m'a vu
et les flics ont débarqué.
Ils m'ont mis au sol, ça m'a fait mal.
- Comment a réagi Sophie ?
- Elle m'a regardé.
Elle avait de la peine pour moi.
Elle est montée dans un taxi. - Un taxi comment ?
- Avec des jolies couleurs.
- Quoi d'autre ?
- Une tache bleue, aussi.
- Une tache bleue ?
Musique douce
...
- C'est de ma faute si le bébé a disparu.
J'aurais pas dû le prendre.
- A 15 ans, tu as découvert que quelque chose d'horrible
t'était arrivé.
Ton comportement est normal.
- Si j'étais pas sortie, ce serait pas arrivé.
- C'est pas de ta faute.
C'est normal de vouloir t'amuser.
C'est pas normal qu'un mec profite de cette situation.
Que tu sois bourrée ou en minijupe,
sans l'autorisation de ta mère, il avait pas à faire ça.
C'est lui, le problème.
- Vous ferez tout pour retrouver le bébé ?
- Oui, promis.
...
Que donne l'interrogatoire de Matias ?
- Son patron
a confirmé l'alibi : il lui expliquait
le planning de la semaine. - Les collègues
ont embarqué Matias mais ils voient pas, pour le taxi
multicolore.
- C'est quoi, cette histoire ?
Matias était défoncé ?
- Les couleurs, c'était les lumières de la fête.
Et la tache, c'était sans doute un logo.
- Ce serait quoi ?
- Une fleur.
La tache, ça peut être une fleur.
Le taxi d'Antoine Faubert en a une
sur la carosserie.
- C'est qui ? - Le voisin de Sophie.
Il est taxi. Je l'ai interrogé.
Il y avait une fleur bleue sur
sa carrosserie.
- Ca pourrait être lui ?
- Difficile de trouver un taxi le 21 juin au soir.
- C'est le chauffeur
qui a reconnu Sophie, il habite dans sa rue.
- Facile pour lui de trouver l'hôpital...
- Pour tout effacer.
- Pas de bébé, pas de viol.
- On va faire un tour. Fais dodo.
- Tu fais quoi ? - Rien.
- C'est le bébé qui
a été enlevé ? - Je vais t'expliquer.
- Tu l'as volé ?
- Je l'emmène loin, personne fera le lien.
- Je comprends pas, quel lien ?
- Quand j'ai vu Sophie à l'hôpital avec lui,
j'ai pensé que c'était la solution.
- C'est le bébé de Sophie ? Tu l'as violée ?
- Non, elle m'a provoqué.
C'est pas pareil. - C'est qu'une enfant.
- C'est pas de ma faute.
- Police !
- Mains sur le capot !
Qu'est-ce que t'as fait au bébé ? - Il est là.
- On t'arrête pour
viol et enlèvement.
- Je l'ai pas violée, c'est elle... - Elle était droguée !
- Je le savais pas.
Elle avait l'air sûre d'elle, comme les filles d'aujourd'hui.
J'ai déconné. Je voulais pas lui faire de mal.
- T'as fait quoi ?
- Il l'a violée
puis il l'abandonnée lâchement.
- Le lendemain, elle m'a salué comme si rien ne s'était passé.
- Ce "rien", tu vas devoir vivre avec toute ta vie.
- Caro...
Holly Conlan, "Sparkle"
...
- Je suis désolée.
Je peux pas t'aimer comme tu le mérites.
J'espère que quand tu seras plus grand...
tu sauras que j'ai fait ça pour toi.
...
...
J'ai fait une connerie.
- Mais non.
T'as 15 ans. T'as une vie à reconstruire.
Tout va rentrer
dans l'ordre, OK ?
Au revoir.
...
Sous-titrage : BLUE ELEMENTS
.
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