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Vous avez des pieds de marquise.
Monsieur Carradine, vous avez un culot du diable.
J'ai apporté la pomme.
Quelle pomme ? La tentation.
Vous avez dit que je vous offrirais peut-être une voiture.
Vous avez une voiture pour moi ? Oui.
Elle est là ? Je suis venu avec.
Qu'est-ce que c'est ? Une Simca rouge décapotable.
Où est la voiture ?
Vous m'avez bien mise.
Pas encore.
Elle est jolie.
Tu auras la même.
Avec cette bouche-là, tu peux avoir ce que tu veux.
Je suis une croqueuse de diamants.
Pourquoi pas?
Bonjour, monsieur.
Mes hommages, madame. Ça fait une demi-heure que tu devrais être à la
librairie. Naturellement, tu préfères te montrer nue devant des hommes, des
vergondés.
On sort une fille de l'orphelinat et voilà sa façon de vous dire merci.
Mais je travaille.
Ah oui, d'une jolie manière.
Je suis le seul responsable.
Ne croyez pas ça, monsieur Caradine.
Elle s'est mise en retard par ma faute.
Si je peux arranger d'une façon... N'insistez pas, monsieur.
L'honneur de cette maison n'est pas à vendre.
L'honneur, madame, est un mot d'emploi délicat.
Il demande beaucoup de cœur.
Au revoir, monsieur Carradine. Au revoir, madame.
Tu regardais toi aussi.
Vieux dégoûtant. Mais non, j'ai entendu ta voix.
Oh,
toi, tu ne dégrappes pas longtemps.
Je t'en réserve une surprise.
C'est tout ce qu'on raconte de toi dans le pays.
Tu t'en moques ? Eh bien, moi pas.
J'ai bien grondé.
Tu vas répondre, oui ou non ? Si on comptait tes travailleuses, Mme Marcon m
'a dit que tu l'avais servi nu-pied hier.
C'est du commerce, ça.
Vas-tu répondre ou non ?
Bon, ça changera quelque chose ? Certainement pas. Alors pourquoi je vous
ferais ce plaisir ? Oh, toi !
et M. Roger sont au bureau.
Merci. M. Cardin, je ne sais pas si le gérant vous en a parlé, mais je voudrais
faire peindre l'arrière-salle.
Je vous fais confiance.
Bonjour.
Plus en retard, n'est-ce pas ? Je vous en prie. Une nouvelle paix ? Oui, elle
est en bonne voie. Et notre grand projet ? Pas de nouveaux ennuis ? A priori, l
'emplacement me semble idéal.
Vous avez raison, il faut construire le casino à gauche de la route, ici, et
réserver la pinède en bordure de mer pour l'hôtel.
Mais cela implique que vous possédiez tous les terrains jusqu'à la pointe
verte. Aucun problème de ce côté-là, sauf le carénage tardieux.
Mais laissez ce verre.
Vous devenez jaune quand vous buvez. Je n'aime pas le jaune.
Où en sont les pourparlers avec les tardieux ? En principe, ils ne veulent
pas vendre. Un des frères s'y oppose.
Lequel ? L'aîné, celui qui habite Toulon. Il arrive aujourd'hui pour le
week-end.
Il vaudrait mieux que vous le voyiez personnellement.
Je
suis
à plat.
Ça se voit pas trop.
J'ai vu ce que t'es mignon. Oh, il est adorable.
Antoine.
Tu prends le car, maintenant ? Ben oui, j'ai trouvé.
Chaque fois que je te vois, t'es plus belle.
Tu devrais t'arrêter, tu sais.
Tu t'amuses à Toulon ? Je travaille, quoi.
Tu devrais revenir.
Non, j'ai plus d'avenir là-bas.
Oh, l'avenir. C'est ce qu'on a inventé de mieux pour gâcher le présent.
Oui.
Oh, c'est le carénage. Tu descends, Antoine?
Hein? Ah oui, oui.
Bon, je te vois au bal ce soir?
Moi, j'y vais toujours.
Bien.
Qu'est-ce que tu nous amènes à bouffer ? Encore des lentilles ? Merde ! C'est bon
pour la santé, ça donne du lait.
Antoine ! Bon voyage ? Quand j'aurai une bagnole, ça ira mieux.
Comment vas-tu, mon grand ? Bonjour, Man.
Ah, je respire ici.
Et toi, ça va ? Ça marche le boulot, on dirait.
Toujours la même histoire, il n'y a pas assez de fond. Les bateaux intéressants
vont au carénage du port.
Il y en a encore assez pour nourrir la famille. Tu as raison, mon grand.
Il commence à broumer, celui-là.
Caradine veut acheter notre emplacement, tu sais.
Laisse-le vouloir.
Ce serait peut-être pas si bête de vendre. Ça, jamais.
Tiens, j'ai rencontré Juliette dans le car.
C'est une vraie femme, maintenant.
Ça, je peux le dire.
Vu qu'on était plutôt serrés.
Ah, elle a pas de vergogne, celle-là.
Elle a autre chose.
Tu ne vas pas te laisser prendre ? Pourquoi pas ? Elle t'a pas attendu.
Mais je t'ai pas dit que je voulais être le premier.
On ne sait même pas d'où elle sort, cette petite grue. Son père était
capitaine dans la marine marchande.
Oui, ben ça n'enlève pas ses torts.
Elle a surtout le tort d'avoir perdu ses parents.
T'as l'air bien renseignée, toi.
Des fois, quand je vais à la librairie, on parle un peu.
J'ai hâte d'être à ce soir. Il est trop sentimental.
Il est si beau.
Pas assez pour un fauché.
En tout cas, il est mieux que ton René. René me fait des cadeaux.
Un, deux... Un, deux, trois. Mais non, c'est pas ça, tu danses le mambo. Tiens,
je vais te montrer.
Perdition, quel rythme, cha-cha-cha. Un, deux, trois, cha-cha-cha. La-li-la-li-la
-la. Non, regarde, c'est comme ça.
La-la-la, pa-la-la-lu-la-la. Un, deux, trois, cha-cha-cha. Un, deux, trois, la
-la-la-la.
Donc, c'est qu'elle caradine est venue me voir ? Non.
Aïe ! Donc, monsieur Tarnieu, j'aimerais acheter votre carénage.
Le vôtre ne vous suffit pas.
Je veux construire un hôtel dans la Pinède. Je n'ai besoin que de votre
emplacement. Ce carénage, c'est notre gain de pain.
Personne ne le prendra.
Il ne s'agit pas de prendre.
Il s'agit d'acheter. Je peux vous en faire 4 millions.
4 millions ? Mais alors ? On n'ira pas loin avec 4 millions.
Vous pourriez avoir un petit commerce.
Nous ne sommes pas des épiciers.
Ce ne serait pas si bête.
Votre affaire est moribonde.
Qu'est-ce que vous en savez ? Vous avez dû accepter un autre travail.
Ça, ça me regarde.
Il me faut une réponse d'ici deux mois. Vous avez le temps de réfléchir.
Tout réfléchit.
À votre aise.
Au revoir, messieurs.
Merci de vous être dérangés.
Au revoir, M. Carradine.
Tu viens, Christian ? Petit.
Tiens, tu finiras de l'écouter chez toi.
Oh, merci, M. Carradine.
Tu comprends, ils me font pas peur, ces gens-là. On aurait peut-être mieux fait
de pas venir.
Hé !
J'ai gratté à 33 tours.
Montez les prix, ils finiront par sceller. Mais qu'est-ce que vous
racontez ? Si j'offre 20 millions pour un carénage qui en vaut deux, ils vont
flairer quelque chose.
Si certaines personnes apprennent qu'un casino se construit à Saint-Tropez,
elles vont nous contrer et nous risquons d'avoir des ennuis.
Je ne vous demande pas votre avis.
Imbécile, c'est froid ! Allez, viens, je vais te réchauffer.
Tu as vu Antoine, comme il est bien ? Oh, je suis trop affreux.
Mais Denise m'a dit que... Ben quoi ? Je vais prendre Racine, moi. Je reviendrai
t'arroser.
Tiens, Denise, garde-moi ça, tu seras un chou.
Rendez le son.
Faudrait d'abord que je change de tête.
Pourquoi ? Tu connais la fable du ver de terre au moment d'une étoile ? Non.
Comment ça finit ? Mal.
Non,
mais je connais la chanson de la chenille amoureuse d'un papillon.
Comment ça finit ? Bien.
J'ai pas envie de te parler.
Seulement, si je te parle pas, j'ai envie de t'embrasser.
Je suis idiot.
J'ai attendu un an avant de m'apercevoir que tu t'es faite pour moi.
J'ai attendu un an que tu me dises ça.
Mais moi, j'avais une excuse.
Quoi ? T'étais une gosse ? Non.
Je t'emmène à Toulon.
Lundi, tu prends le quart avec moi.
Tu ne me crois pas ? Je verrai.
Mais tu veux venir.
Je ferai tout ce que tu voudras.
Tu m'embrasserais ? Embrasse-moi.
De toute façon, elle n'est pas pour nous.
Tant que ce sera Antoine.
Viens danser.
Non, vas-y, toi, on me refait tout le temps.
Tu n'as pas la façon.
Avec les filles, il faut toujours faire comme si c'était gagné d'avance.
Viens.
Vous avez de la chance, je suis libre pour cette danse.
Vas-y.
Vous vous dansez, mademoiselle ? Tiens-moi ça, Marco.
Papa, faut que je tienne le sac.
C
'est
mon air préféré.
C'est la première fois que je l'entends.
Moi aussi.
Pas ici.
Va sur le port, je te rejoins.
Tu t'embêtes pas ? Tu m'as déjà vu m'ennuyer ? Ça a l'air de marcher avec
la Juliette.
Ce soir, je me l'envoie.
Eh ben ! Tu perds pas de temps à baratiner, tout.
Tu sais, ce genre de filles, on se les envoie un soir, et puis... Après, on n'y
pense plus.
Oui, mais si elle s'accroche ? Je repars à Toulon.
Elle m'oubliera.
Faudra bien que tu fasses une fin.
Le patron veut que je pousse Agnès.
Et elle ? Elle demande que ça.
Attends-moi, les dents.
Juliette ! Juliette !
Chacun son tour, je vous devais une visite. J'adore ce genre de surprise.
Vous permettez, mademoiselle Juliette... Hardy.
Hardy, madame Vigier-Lefranc. Bonsoir.
Bonsoir.
Je l'ai acheté sur le port, je vous donnerai l'adresse.
C'est monsieur Vigier-Lefranc, mademoiselle Juliette Hardy.
Bonsoir. Enchanté, mademoiselle. Ne prenez pas cet air fin, changez les
disques.
Eric, vous êtes un homme perdu.
Vraiment ? Vous êtes sur le point de tomber amoureux.
À quoi voyez-vous ça ? Quand vous la regardez, vous avez l'air moins
intelligent.
Vous connaissez les sucres vigiers ? Oui.
C'est moi.
Vous avez entendu parler des aspirateurs Lefranc ? Oui. C'est moi.
Vous venez danser cha-cha-cha ?
Jamais avec un aspirateur.
Elle n'arrivera jamais à rien, cette petite. Elle n'aime pas l'argent.
Marcel, tu as assez bu.
Ça va encore.
Tu vas voir.
Un, deux... C'est un cocktail que j'ai inventé.
Non, merci.
C'est vous qui l'attend ? Faites !
Raté.
Rien, j'étais surpris. Non, mais je m'excuse. Vous saignez.
Il vaut mieux mettre un peu d'alcool.
Venez.
Non, parce que alors ça... Non, vraiment, je suis confus, vous savez.
Tu es le vrai méchant, je te l'ai toujours dit.
Non, j'ai le vin maladroit, c'est pas pareil.
Pas pour tout le monde.
Je croyais avoir de l'alcool.
Il y a un meilleur médicament ? Lequel ?
Mais c'est dangereux. Il ne pourrait plus m'oublier.
Je prends le risque.
Pourquoi es-tu venue ? J'en sais rien.
Ou plutôt si. Ou plutôt non. Ne posez pas de questions idiotes.
À quoi penses-tu ? Encore une question pour rien.
On ne peut jamais répondre la vérité.
Je t'en croyais capable.
Est-ce qu'il est encore là ? Antoine ?
Ça t'ennuie ? Je m'en fous.
Va-t'en.
J
'espère
qu'elle s'en tuera.
Où est-elle ? Elle est partie.
Partie ? Pourquoi ? Parce qu'elle a le courage de faire ce qui lui plaît, quand
ça lui plaît.
Bravo, tu perds pas tant au moins.
Moi je m'en fous, moi je m'en contrefous.
Moi, je m'en fous et je m'en contrefous.
T
'aimes
ça, on dirait.
Enfin, qu'est-ce qui t'a pris tout à l'heure ? Rien.
Je peux t'attendre au quart demain ? Je t'ai dit que je t'emmenais. Tu ne le
pensais pas.
Mais si, tu verras.
À demain.
On reste ensemble ce soir ? Sinon, tu ne m'emmènes pas ? Ne sois pas gosse, ça n
'a rien à voir.
Alors, à demain.
Tu seras dans le premier quart ? Oui.
Je t'attendrai au carrefour des trois routes.
Préviens le chauffeur de s'arrêter.
On y reste.
C'est elle ? Oui.
Une heure et demie.
Alors, les petits, on s'est pas trop ennuyés ?
Tu
viens encore de danser ? Oui.
Jusque maintenant ? Dis-moi quelque chose... Justement, j'ai quelque chose à
te dire.
T'es pas mis une surprise ? La voilà !
J'écris à l'évêché. Je raconte ta conduite. Je demande qu'on reprenne à l
'institution Sainte-Marie. Tu vas retourner à l'orphelinat. Et jusqu'à 21
ans, cette fois.
C'est tous les faits que ça te fait ? Sans cœur.
Et puis j'en ai assez de cette ménagerie. La maison n'est pas un
cirque. Demain, sa papa passera la casserole.
Enfin, on verra.
Toi, tu restes là.
Au revoir.
Écoute, arrête.
Allez, sauve-toi.
Viens.
Mais fais bien attention au chat.
Allez, sauve-toi toi aussi.
La ville, c'est pas fait pour les lapins.
Mon pauvre Socrate. Allez, file.
Regarde, Juliette.
Qu'est-ce qu'elle fait dehors à cette heure-là ?
Depuis trois jours, elle rôde partout. Ce matin, elle m'a questionné à votre
sujet. Elle est mal tombée.
Je me demande ce qu'elle cherche.
J'ai mon idée.
Vous ne me la demandez pas ? Eh bien voilà, j'ai tout compris quand elle a
commencé à me demander des renseignements.
Je voudrais la veille des chaumières.
Là, derrière vous.
Vous me rendez différente quoi ? Dévergondée,
mal élevée et aussi paresseuse.
J'espérais vous trouver des excuses, mais je ne peux qu'approuver Mme Morin.
Des excuses à quoi ? À votre conduite.
Ça vous regarde ? Certainement. Je fais une enquête à votre sujet pour les
vécher. Mais en petit, je vais leur dire que vous compromettez la réputation de
notre orphelinat. Je ne peux pas mettre en doute les témoignages que j'ai
recueillis.
Écoutez, mon petit, si je ne me trompe, il y a un moyen de vous justifier.
Passez une visite médicale et faites-vous délivrer un certificat.
Un certificat de quoi ? Si vous êtes une vraie jeune fille, je vous donnerai une
chance de vous rattraper.
Je ne veux pas que l'amour, c'est une maladie.
En tout cas, vous ne vous risquez rien. Vous vous êtes fait vacciner.
Votre journal, il est payé.
Qu'est-ce que tu veux ? J'aimerais le Provençal.
Non, non, non, c'est moi qui veux l'attraper. Et toi ? Je
te le donne.
Avec l'argent, t'iras t'acheter des sucettes.
Mais embrasse-moi bien fort.
Nous pouvons approcher à 50 brasses de la côte. Très bien. Vous ferez stopper
le moteur au milieu de la baie.
Vous avez fait votre droit, n'est-ce pas ? Mais oui, monsieur.
Supposons que votre hypothèse soit la bonne, et qu'on renvoie la petite à l
'orphelinat. Facile à vérifier.
Comment empêcher cela ? Difficile. Ces gens-là s'achètent moins facilement que
vous ne le pensez. Je cherche un moyen légal. Il y a le mariage ou l'adoption.
Mais dans ce cas, il faut subir une enquête très minutieuse, casier
judiciaire, moralité... En affaire, on prend un homme de paille et on reste
dans l'ombre.
Et pourquoi pas ? Ce qui m'importe au fond, c'est qu'il reste ici.
À portée de main ? Chalap. Voilà ce fameux carénage.
Je vais faire une nouvelle tentative.
Comment vient-il, ce grand imbécile ? Certainement dimanche, c'est Pâques.
Vous avez parlé au Dardieu ? Et voilà, ça va simplifier les choses.
Je vais descendre, attendez-moi plus loin.
J'ai vu passer votre voiture hier. C'est une Lancia, dites ? Oui.
Elle fait du combien ? 220.
Ça ferait essayer.
Oh, sans blague ! Alors, on a changé d'avis ?
Je suis têtu. Moi aussi, je peux vous offrir un million de plus.
Il y a du pétrole dans ce terrain.
Et alors ? Si je vendais le carénage, papa se retournerait dans sa tombe.
Curieux pays, personne ne veut de mon argent ici.
Antoine ! Bonjour madame. Bonjour monsieur Carradine. Tu sais pas ce que
je viens d'apprendre ? Non. Les morins renvoient Juliette à l'orphelinat. Ça te
fait plaisir ? Oh, moi j'aurais pas attendu un an.
C'est une gosse, elle s'amuse.
Au papa et à la maman.
Elle manque terriblement de tendresse.
Elle aurait besoin de quelqu'un qui la comprenne, qui la dirige.
De toute façon, elle va partir.
On peut encore empêcher cela.
Ça ne lui rendrait pas service, ni à elle, ni à personne.
Monsieur Carradine, vous dites qu'on peut empêcher Juliette de retourner à l
'orphelinat ? Comment ? Il faudrait un homme qui se prive de sa liberté pour
lui conserver la sienne.
Qu'il l'épouse ? Épouser Juliette ? Il passerait plus sous les portes, le
malheureux. Ça n'est pas ici qu'elle le trouvera, croyez-moi.
Qu'en savez-vous ?
Je
voudrais le déliéral, s'il vous plaît.
On reçoit qu'en été.
Ça ne fait rien, je reviendrai.
Alors c'est pour demain le départ ? Ouais.
T'es triste ?
Et
si tu trouvais un autre travail, tu pourrais rester ? Y'a rien à faire.
Tu rentres chez toi ?
Non, je vais manger mon sandwich sur la jetée.
Qui voudrait de moi ? Tu ne ferais pas une bonne épouse ? J'aime
trop m'amuser.
Jolie comme tu es, c'est normal.
Je ne sais pas. C'est toujours comme si j'allais mourir le lendemain.
Il y a quelque chose de trop fort en moi qui me pousse à faire des bêtises.
Et si tu étais amoureuse, ça changerait ? Peut
-être.
J'ai jamais autant parlé de moi.
Juliette ! Juliette ! Veux
-tu être ma femme ? Non.
Je suis sûr que je saurai te rendre heureuse.
Non, faut pas.
De quoi as-tu peur ? De moi.
Mais tu n'es pas plus mauvaise qu'une autre.
Au contraire.
Tu ne me connais pas.
Je ne veux pas que tu retournes là-bas.
Moi non plus, Michel.
Je ne veux pas y penser, mais je sais que ce sera terrible.
Juliette, je voudrais tellement que tu sois ma femme.
Tu vois la tête de ta mère quand tu vas lui annoncer la nouvelle ? Jamais !
Elle n'entrera pas dans la famille, celle-là ! J'ai 21 ans, tu peux pas m
'empêcher de me marier.
Jamais ! Tu m'entends ? Jamais ! Jamais ! Jamais ! Ça déborde !
Prends-la si tu veux, je t'aurais prévenue.
Tant pis pour toi.
Avec Juliette.
Je t'en conjure, Michel.
Réfléchis. Cette petite est un peu comme un jeune animal.
Il faut la dominer.
Tu n'es pas encore un homme.
Ah, vous voilà ! Si jeanne se décidait à acheter ce moteur, nous ne serions pas
toujours en retard.
Il était déjà pas à la mairie, il viendra pas.
Dans les moments difficiles, on s'est toujours trouvés ensemble, tous les
trois. Il viendra pas.
Michel André Marie Tardieu, voulez-vous prendre pour légitime épouse ? Juliette
Christiane Hardy, ici présente, selon le rite de notre mère la Sainte Église.
Juliette Christiane Hardy, voulez-vous prendre pour légitime épouse ? Michel
André Marie Tardieu, ici présente, selon le rite de notre mère la Sainte Église.
Tu aurais quand même pu rester pour le repas de mariage. Non, je dois être au
boulot demain matin à 8 heures.
Allez,
bonne chance, gamin.
Tu lui en veux ? Je le déteste.
J'aime mieux ça que si tu étais encore amoureuse de lui.
Pourquoi on n'a pas été invité à la noce ? T'es jaloux ? Ah bien pourtant, t'es
habitué à partager, hein ?
Mais arrête, tu es fou, tu vas le tuer ! Arrête, tu es fou !
Je savais pas que t'étais aussi courageux.
Le foot, ça t'a carogné.
Tu peux marcher ?
Dès qu'ils sont de retour, nous passerons à table.
Je crois bien qu'il y a vite une lettre.
Allez, voilà.
Michel ! Qu'est-ce qui est arrivé ? Rien.
Il s'est battu.
Michel s'est battu ? Oh, pas ça, alors. Mais il faut appeler un docteur. Mais
non. Mettez-vous à table, je vais m'occuper de lui.
Laisse-nous, occupe-toi des invités.
Qu'est-ce qu'il a dû prendre comme marron ? C'est à cause d'elle, j'en suis
sûre. Ça s'annonce bien.
C'est beau, tu sais.
C'est le premier repas de noces sans mariée auquel j'assiste.
Va voir si ton frère n'a besoin de rien.
La porte est fermée, je te dis. Tu essaieras de m'avoir une cuisse.
Tu crois que tu pourrais m'aimer ? En tous les cas, j'aime ça.
Pour aller dans la cuisine, il faut traverser la salle à manger.
Oui.
Comment va-t-il ? Pas mal.
Il a besoin de quelque chose ? Je m'en occupe.
Bonsoir.
Bonjour. Vous êtes très matinale.
J'apprends que vous nous quittez pour partir pour Saint-Tropez ? C'est exact.
Mais qu'est-ce qui vous attire là-bas ? Votre petite protégée est maintenant
mariée, m'a-t-on dit.
Je n'ai aucun préjugé contre les femmes mariées, vous le savez.
Éric, vous êtes d'un cynique.
Mets le couvert. Les garçons vont rentrer.
Flirter sur cet air-là avec René.
Je sais que c'est fini.
Tant mieux.
Oh, écoute ça. C'est formidable.
Tu sais, Eric est revenu.
Son secrétaire a le béguin pour moi.
Il veut m'emmener danser à Cannes ce soir.
Eric t'invite. On pourrait y aller tous les quatre.
T'es idiote, mariage c'est pas le couvent.
On n'est pas sourds.
T'aimes plus sortir ? J'en meurs d'envie. Je te comprends pas.
Je voudrais rendre Michel heureux.
Viens donc, juste ce soir.
Si je commence, je pourrais plus m'arrêter.
Oh, écoute, c'est chez le Berbeco.
Alors qu'est-ce que je réponds à Eric ? Dis-lui que j'aime plus les pommes.
Il comprendra.
Viens, ce soir, tu penses à toi.
Viens, moi.
Un scotch.
J'ai l'accord de principe du ministère. Maintenant, il s'agit de faire vite.
Allô ? Allô, donnez-moi Paris, vitrée 1034.
L'option sur les terrains communaux tombe dans trois jours.
Je sais, mais le plus ennuyé, c'est que notre projet commence à transpirer.
Vous n'avez pas parlé, au moins ? On pourrait plutôt couper la loi. Je serais
plus sûr.
Et tout ça parce que trois imbéciles ne veulent pas lâcher 50 mètres de terrain.
Entrez.
Je vous avais dit de m'amener la petite.
Elle n'a pas voulu.
Ah, vous êtes un âne.
Si c'est la petite Juliette que vous voulez voir, elle vient ici tous les
après-midi.
Ah oui ? Oui, elle joue avec le pareil à disques.
Ah, voilà un garçon utile.
Donne-moi 100 francs.
J'ai rien sur moi.
Maman ! Donne 100 francs à Juliette !
Moi, si, on a des dettes.
Naturellement. Elle s'en moque.
Quand y aura plus d'argent, on verra. Au lieu de dire des bêtises, tu ferais
mieux de travailler.
Mais je travaille.
Je travaille à être heureuse.
Tu es beau.
Tu devrais toujours sourire.
Je me demande où elle va tous les jours.
Tu ferais bien de la surveiller.
Bien volontiers.
Tu es heureuse ? Bien sûr.
Non, tu n'es pas faite pour cette vie.
Je te connais très bien, tu sais.
Nous sommes de la même race, tous les deux.
Vous savez mentir, moi pas.
Tu apprendras.
Non.
Alors je répète ma question.
Es-tu heureuse ? J'essaye.
Ton mari est un imbécile.
Quand on a une femme comme toi, on se débrouille pour trouver de l'argent.
Comment ? Je lui en offre.
Pourquoi ne veux-tu pas vendre ? Je commence à les comprendre.
Tant qu'ils auront quelque chose à eux, ils n'auront pas l'impression d'être
pauvres.
Mais tu n'es pas bête, toi.
Mais oui, bien sûr.
C'est l'œuvre de Christophe Colomb.
L'erreur, c'était de leur offrir de l'argent.
Je vais leur proposer 30 % des actions de mon carénage du port.
Vous allez être riche.
Vous vivrez largement.
J'aurai ma voiture.
Oui.
J'attends toujours ta visite.
Je ne viendrai plus.
Enfin, tu ne vas pas me dire que tu aimes ton mari.
Vous l'avez vu sourire ? Tu vaux plus qu'un sourire.
Ce que j'aime, je l'ai ici.
La mer, le soleil, le sable quand il est bien chaud, la musique, les manger.
Un jour, tu voudras davantage.
Peut-être.
J'attendrai.
Quand on a les tempes grises, le temps ne manque pas.
C'est à 20 ans qu'on est pressé.
T'es fâchée ? J'aime pas dire au revoir.
Dis-moi
Quelque chose de gentil, chérie, rends-moi
dans tes bras.
C'est d'accord.
Mais à une condition.
Je veux prendre la direction de votre carénage du port.
C'est la meilleure garantie pour nos actions.
D'ailleurs, vous n'y perdrez pas.
Je sais diriger un chantier et j'ai l'intention de gagner de l'argent.
Alors tu reviendrais à la maison.
C'est à prendre ou à laisser ? J'accepte.
Nous allons passer les contrats immédiatement.
Je crois que ça s'est pas mal passé, hein ? T'as été formidable, Antoine !
Juliette ! Juliette ! Ça y est, c'est signé ! On est riches !
On est riches, Juliette ! Je vais pouvoir t'acheter tout ce que tu
voudras. Et Antoine revient habiter avec nous, c'est lui qui va diriger le
chantier. Non, c'est pas vrai, Michel.
Si, si, c'est signé, je t'assume.
Faut pas qu'Antoine revienne, je vous en supplie, vous devez empêcher ça.
Même si je le voulais, ce serait trop tard.
Les contrats sont signés.
Je vous en supplie, empêchez-le de revenir.
Il n'y a plus rien à faire, mon petit.
C'est tellement grave.
Oui.
Un service tout neuf.
Je peux le faire coller ? Tu devrais t'en occuper sérieusement.
Il sait très bien s'occuper de moi.
T'inquiète pas pour ça.
Le soir, on s'ennuie jamais tous les deux.
Eh,
dites-donc, on interdit au moins de 16 ans. Je suis là, moi.
Je vais me mettre au lit.
Entrez. Je me méfie de l'ancien contre-maître.
T'es sûr ? T'as des preuves ? Ouais.
Demain matin, on se lèvera une heure plus tôt pour faire l'inventaire des
stocks avant que les ouvriers arrivent.
Bonne nuit.
T'as pas fini, vieux garçon maniaque ? Je te défends de rire.
Il s'ennuie pas, à côté, on dirait.
À toi, Jay.
C'est à toi ? Oh, c'est à toi ?
Ah, il parle plus.
Ils ont mieux à faire.
Ta gueule.
Bon, bon.
T'es en hauteur, j'ai l'impression qu'on te la retirera en épaisseur. Ne m'énerve
pas, ce soir. Sans ça, ça va être ta fête.
La fête, c'est à côté.
Je prends.
Elle était faite pour toi, Juliette.
Pour que tu le comprennes, il a fallu que ton frangin l'épouse.
Ah, t'as vu ? C'est un peu tard pour t'énerver, mon vieux.
Fais comme moi.
Souffre avec le sourire.
Bon, allez, fous-moi le camp.
Bon, d'accord, hein. Tu me dois 2400 francs, 20 sous du point.
Mais je veux pas d'argent.
Ah, tu dis ça maintenant que tu perds, toi.
Tu auras ton fric, mais disparu, je t'ai assez vu.
2400 francs, tout bien rapporté. Oui !
Juliette !
Tu n'es pas heureuse ? C'est une question qu'on m'a déjà posée.
Si tu en as assez, il faut me le dire.
Je commençais à t'aimer.
Alors, qu'est-ce qui t'arrive ? J'ai peur.
Tu n'es qu'un petit chat.
Il faut que tu m'aimes très fort.
Alors dis-le-moi.
Dis-le-moi que tu m'aimes, que je suis à toi, que tu as besoin de moi.
Embrasse-moi, Michel.
Embrasse-moi.
Juliette.
J'ai peur.
De quoi ? C'est difficile d'être heureux.
Je vais m'absenter pour quelque temps.
Je tire sur des bouteilles.
Où as-tu pris ce revolver ? Dans le tiroir. J'adore ça tirer, c'est
excitant. J'étais en dessous ? Je ne vous avais pas vu. Tu m'en manquais de
peu. Il n'y a pas de quoi rire. C'est assez, je te dis.
C'est très joli de jouer les têtes folles, mais tu dépasses la mesure.
Si j'étais ton mari ou ton père, je te ficherais une bonne correction.
Allez-y.
C'est assez, je te dis.
Qu'est-ce qui se passe ? Sa belle-sœur se croyait à la foire.
Elle se faisait la main sur les bouteilles.
Tu aurais pu blesser quelqu'un. Mais non.
Allez, retournez au boulot, vous autres. Et toi aussi.
Qu'est-ce que tu faisais là ? Je suis venue te chercher, les 6 heures.
Déjà ? Tu peux partir, mais surtout en même temps.
A ton avis, ce mariage va durer combien de temps ? Qu'est-ce qui vous intéresse,
les comptes ou nos histoires de famille ? Les deux.
Est-ce qu'elle pleure ? Mais non.
Elle pleure peut-être quand elle est seule.
Elle est bien trop garce.
Pour ce qui est de la psychologie des femmes, mon pauvre Antoine, tu en es
resté à l'âge de pierre.
Je vais me faire engueuler.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Attends.
Ah bah, l'œuvre l'a quand même.
Allez, tire-toi.
Dommage que j'ai personne à appeler.
Fauras-tu tâcher le phare pour la peinture ?
Faut que je voie aussi Maître Courtin, j'aurai jamais le temps de faire tout ça
dans la journée.
Tu vas à Marseille ? Oui, pour 24 heures.
Je vais avec toi.
Je vais courir toute la journée, tu t'ennuieras.
Non.
Faut que tu te lèves à 6 heures, je prends le premier quart.
Ça fait rien.
Tiens, tu prends toi ça à la banque demain matin.
Ça commence à rentrer.
L'argent, qu'est-ce que c'est ? Laisse ça !
Y a personne.
Allons ! Puissance dure d'oreille.
Ça doit être une erreur.
Il n'a le téléphone que depuis ce matin. Personne peut le savoir.
Pas de cas. Non, pas de cas.
Deux.
Cinq.
Paradine, vous êtes l'incarnation de la chance.
Vous trouvez, Altesse ? Vous avez l'argent, la puissance, les femmes.
Dites-moi, que faut-il faire exactement pour avoir une femme ? C'est à moi que
vous demandez ça ? Un million huit cent mille ou banco.
Avec la table. Avec la table.
Banco. Banco.
Cela dépend des femmes. Le plus souvent, il faut des bijoux, des fourrures.
Dans les cas extrêmes, un hôtel particulier.
Une femme vous intéresse passionnément.
Elle vient chez vous un soir.
Au lieu d'en profiter, vous la faites épouser par un autre.
Vous appelez ça de la chance ? Non, j'appelle ça du discernement.
Peut-être.
Ça va dans une demi-heure.
Quoi ? T'es pas fou, non ? Pourquoi ? Parce que le moteur avait retour de
flamme, où est-elle partie ? Vers le phare de camarades.
Oh, zut !
Oh,
quel sale truc ! Allez, chouette, ta flotte !
Je ramène le bateau.
Alors que tu te lèves plus mouillée, veux que je te porte ?
Tu passes la nuit ici ?
Qu
'est-ce que tu veux
? Mais t'as la fièvre ? Je crois.
J'ai toujours peur quand j'ai la fièvre.
Reste avec moi.
Que tu verras que je dors, tu pourras partir.
T'inquiète pas.
Je suis très malheureuse.
Arrête de boire.
Mais pourquoi il traîne dans sa chambre ?
J'ai tout compris, tu sais.
Non.
Tu l'aimes.
Ça devait arriver.
Mais non, je l'aime pas.
C'est comme une maladie.
J'allais être heureuse avec Michel et puis maintenant tout est gâché.
Mais non.
Tu oublieras.
Si seulement je savais mentir comme les autres.
Tu oublieras.
Alors les deux le même jour ? Vous auriez pu patienter un peu.
Salaud !
Je suis le doigt.
Je vais prendre tes leçons de judo et je te dresserai.
Elle a tout de même eu ce qu'elle voulait.
Peut-être une amie que je voulais.
Antoine ! Antoine ! Tu n'es plus un gamin.
Bon, je vais te faire un café.
Tu étais déjà au boulot ? Oui.
Moi, je croyais vous trouver tous endormis.
J'ai pu voir Maître Courtin après dîner hier.
Alors j'ai pris le premier quart.
J'ose pas aller embrasser Juliette, elle doit dormir.
J'ai ramené ça à maman, c'est exactement ce qu'elle voulait dans sa chambre.
Où tu vas ? Parrainage.
C'est trop tôt.
Qu'est-ce qu'il a, Antoine, ce matin ? Michel, j'ai
à te parler.
De quoi ? Ta femme, mon pauvre petit gars.
Qu'est-ce qu'elle a ?
Elle va bien.
Entre.
Il valait mieux que tu l'apprennes tout de suite avant de te rendre ridicule.
Ton frère.
Elle commence bien.
Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Tu vas lui dire de partir ? Oui. Et si elle fait des histoires, promets-lui qu
'elle aura une pension.
Mais c'est maintenant qu'elle doit partir, ce matin.
Oui.
Tiens, je t'avais apporté ça.
temps prévenu.
Je t'en supplie, elle fera ton malheur !
C'est pas l'esmeralda qui rentre ? C'est le bateau de Cardine.
Vous l'avez échappée, belle ? Pas mal ? Non.
La parole, elle est ronde. C'était un cycle ?
Une fine
double.
Vous avez pas vu Lucienne ? Non, pas encore.
Elle va sûrement venir, je l'attends.
Est-ce que c'est mauvais ? Une autre double.
Allô ? Allô ? Juliette a fait y avoir un accident.
Elle avait un drôle d'air.
Allô ? Elle est entrée au bar des amis.
Ça me regarde pas, bien sûr, mais vous ne devriez pas la laisser aller là-bas.
Mais qu'est-ce que tu fiches là, toi ? Tu devrais déjà être au boulot.
Attends, moi, je peux... Qu'est-ce qui t'arrive ?
C'est passé quelque chose.
Est-ce que je suis folle ? Ça doit être la fièvre.
Cet idiot de se baigner en ce moment.
On devrait pouvoir mourir aussi facilement qu'on avale ça.
Arrête de ces gueules de bois.
T'as pas vu Juliette ? Non.
Je l'ai cherché partout.
Il y a un bar où vont toutes les putains.
C'est là que tu la trouveras.
Où ça ? Ah, je ne sais mal de crâne.
Merde. Où est-elle ? Au bar des Amis.
En train de se saouler la gueule.
N'y va pas ! Laisse-la tomber, cette garce.
Je t'interdis de l'appeler comme ça, ce putain de garçon.
Pourquoi putain ? T'as payé pour l'avoir ? Oui, elle m'a coûté un bateau, je n
'étais pas assuré.
Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? Je suis mal rasé ?
Tu
m'en veux, hein ? Tu vois, je préfère... Tu saches.
Qu'est-ce qu'il te l'a dit ? Maman.
Elle a bien fait.
Laisse tomber ! Non ! Imbécile ! Hier, elle criait dans mes bras.
Demain, ce sera un autre. Je m'en fous.
C'est ma femme, elle est à moi.
Je veux la reprendre. Je t'assommerai, mais tu ne sortiras pas d'ici !
Tu vas quand même pas rester là jusqu'à ce soir.
Pourquoi pas ? Ça te donnera le temps de réfléchir.
T'es jaloux ? Je préfère qu'elle parte plutôt que de l'avoir dans mes bras.
Espèce de fou.
Laisse-moi passer.
Ça me marque dans les films policiers, ce truc-là.
Donne-moi cette clé.
Allez, donne-moi cette clé.
Non.
Tu vas me la donner, cette clé ? T'arrêtes pas.
Qu'est-ce que tu espères ? Ne me fais pas un imbécile, quoi !
Christian ! Antoine est blessé ! Dans le hangar !
Alors
? Oui ? Oui, c'est moi.
Pardon.
Vous tapez toujours quand je téléphone.
Oui ? Oui, j'écoute.
Je vous avertis comme vous me l'avez demandé.
Il s'est passé quelque chose avec son mari. Je ne sais pas quoi exactement.
Elle est bizarre.
Qu
'est
-ce qu'on entend ? C'est l'orchestre du Whisky Club.
Ils ouvrent la boîte dans quelques jours.
Tu vas entrer aussi comme ça, avec quelque chose de bon.
Maintenant.
Ça,
c'est ce que je veux. Toi, c'est bon.
Regarde, regarde, qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? Hein ? Non ?
Vous voulez danser ? Non ?
Regarde ça les enfants, regardez comment elle est petite.
Regardez comme tout le monde est normal.
Je la recréerai.
Regardez.
Regardez si on la met.
Regardez, regardez comment elle est belle.
Regardez comment elle est belle.
Mesdames et Messieurs, vous voulez danser ? Vous voulez danser ? Vous
voulez danser ? Vous voulez danser ? Vous voulez danser ?
Qu'est-ce qui t'arrive ? Vous voyez pas que je m'attends ? Alors viens, ça
suffit.
Vous connaissez un pays où les gens ne pensent qu'à danser et à rire ? Je vais
t'y amener.
C'est loin.
De l'autre côté de la Terre.
Je voudrais ne plus penser à rien.
C'est pour ça que je suis ici, Juliette.
Je voudrais te parler.
Je te le supplie, arrête.
Je sais pas.
Imbécile, tu ne comprends pas qu'elle t'aime.
J'ai de la chance d'avoir seulement trouvé la chemise.
Qu'est-ce qui se passe ? Suis-moi.
Qu'est-ce qui t'a pris ? T'es malade ?
Il ne peut pas conduire.
Je vais vous emmener chez un docteur.
Pas ici.
Il préviendrait la police.
Et la police ne comprend pas grand-chose aux histoires d'amour.
À Nice, j'ai un ami chirurgien.
Oh, c'est malin.
Oh, personne est malin aujourd'hui, pas même vous.
Oui.
Vous avez raté votre coup, c'était l'occasion ou jamais de l'emmener.
Je sais.
Oh, ça vous va pas de jouer les Pères Noël ? J'aime mieux jouer les Pères Noël
que les pantins.
Cette fille-là est faite pour perdre les hommes.
Vous avez peur ? Peut-être.
Dans la première fois de ma vie.
Michel, il a joué avec vous à Kipergan.
Il a 20 ans, il s'en tirera peut-être.
Mais toi, tu vas quitter Saint-Tropez.
Je sais ce que j'ai à faire.
Écoute-moi, je vais te donner un bon conseil.
N'oublie jamais que je suis le patron.
J'ai cassé les reins à des gars beaucoup plus forts que toi.
Allez, sortons d'ici.
J'ai pas envie de crever dans cette tire.
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