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Zulu
...
- Maman ! Maman ! Au secours !
- Qu'est-ce que t'as, mon poussin ?
- J'ai vu une sorcière.
- Les sorcières, ça n'existe pas.
Allez, prends ton petit-déj'.
- Il y en a une dehors ! - Théo !
Il faut arrêter.
Les sorcières, c'est dans les livres.
Tu veux que j'aille voir ?
Je peux t'aider ?
- Appelle la police.
...
- 3 000 enquêtes par an touchent des enfants en danger.
Chaque année, 1 800 enfants mineurs disparaissent
qu'on retrouve ou qu'on ne retrouve jamais.
Ces enquêtes sont sensibles et exigent une action urgente,
des résultats rapides.
Les forces de police ont fait appel à moi
pour diriger une cellule d'intervention immédiate.
Notre but est de protéger les enfants
quand leur vie est en danger, victimes ou coupables,
quand il y a urgence, qu'importe la procédure.
Je suis Léo Mattei,
commandant de la brigade des mineurs.
- Elle a eu de la chance que le chauffeur
ait pu freiner.
A part quelques petites coupures,
aucune trace de violence
ni de maltraitance.
En revanche, impossible de la faire parler.
- Absence de communication,
refus du contact. Symptôme d'autisme ?
- C'est encore trop tôt pour le dire.
- Oui, Jonathan. Je viens de t'envoyer une photo.
Compare-la avec celles des enfants disparus.
...
Je veux juste regarder ton dessin.
Elle est jolie, ta maison.
Elle est où, ta chambre ?
Je vais deviner.
Je crois que c'est...
celle-là.
J'ai deviné
car elle est mieux dessinée que les autres.
C'est la plus grande. Alors, forcément...
- C'est pas ma chambre.
- Ca peut pas l'être, elle est trop grande.
Comment tu t'appelles ?
Pourquoi tu ne veux pas me le dire ?
Parce que tu as fugué et que tu as peur ?
Je pense que tes parents
sont inquiets, et pour les rassurer,
il me faut ton nom.
- Ils veulent pas que je le dise. J'ai pas le droit.
- Ton père...
- C'est pas mon père !
- Elle a été enlevée.
- Son ravisseur va essayer de filer.
Sonnerie de téléphone
- Exactement.
...
Envoyez une patrouille à l'endroit où la gamine a été récupérée.
Dans un périmètre de 13 km.
Ben, c'était pour hier, Michel.
Tu veux quoi ? J'ai pas le temps pour te convaincre.
Alors, du nouveau ? - La photo
correspond pas.
- C'est impossible. - Jonathan a brillé,
aujourd'hui.
- Vas-y, c'était trop beau. Regardez.
J'ai élargi la recherche.
Voilà à quoi elle ressemblait il y a 5 ans.
Elle avait 6 ans. Elle en a 11, aujourd'hui.
Léa Jacmin.
- Elle a été enlevée à la maison des Delmas.
- 5 ans séquestrée. Vous imaginez ?
- Trouve-moi le fichier des pédophiles qui habitent
dans un rayon de 13 km.
- OK.
- Beau travail.
- Merci.
- Regardez. Il l'avait déguisée comme une poupée.
- Je vais chercher les clients du fabricant.
- Bonne idée.
- Stéphane Duroy.
Il a été condamné
pour viol sur mineurs.
Il habite dans un rayon de 9 km.
Oh ! Drôle de mec.
Il a demandé un traitement
de castration chimique.
- Il savait qu'il pouvait recommencer.
Trouve-moi l'adresse des parents de Léa.
On va leur annoncer la bonne nouvelle.
Commandant Léo Mattei.
- Que voulez-vous ?
- Brigade des mineurs.
J'enquête sur la disparition de Léa Jacmin.
- Vous l'avez retrouvée ? Elle est morte ?
- Non.
Elle est vivante.
Votre fille est vivante.
- Vous en êtes sûr ? - Oui.
- Elle va bien.
- Que s'est-il passé ?
Elle était où ? Que lui est-il arrivé ?
- On ne sait pas encore. Elle a refusé d'en parler.
Elle a réussi à s'enfuir de chez l'homme qui la détenait.
- "L'homme" ?
- Elle n'a subi aucune violence sexuelle.
Si c'est ce que vous voulez dire. - Je veux la voir.
S'il vous plaît, je veux la voir. - Bien sûr.
...
- Bonjour.
Je m'appelle Jeanne. Je suis psychologue. Tu te souviens ?
Tu avais des jouets là où tu étais ?
- Pendant 3 ans, on a attendu
que le téléphone sonne, que la porte s'ouvre.
On devenait fous. C'était intenable.
On a délaissé son frère.
Soit c'était admettre que Léa était morte...
soit...
- Un couple sur deux
qui traverse ça se sépare.
Les autres passent leur temps à attendre et à ne plus vivre.
Je vous comprends.
- Vous, vous comprenez, mais...
elle, non.
- Léa est encore en état de choc.
Elle va avoir besoin d'un psychologue.
- Elle ne va jamais nous reconnaître.
Elle nous a oubliés. - Non.
Sinon, elle n'aurait pas retrouvé
la maison. - On a déménagé.
La dernière fois qu'on l'a vue, c'était l'enfer,
entre Alain et moi.
On se disputait, on allait divorcer...
- Ce sont des parents unis et heureux qu'elle va retrouver.
- Tes parents
sont fous de joie.
- Ils ne sont pas fâchés ?
- Pourquoi penses-tu ça ?
- Parce que quand il m'a prise,
j'ai pas crié.
Mes parents m'ont dit
que je devais crier, mais j'ai pas crié.
- Ecoute-moi.
Rien de ce qui t'est arrivé,
rien n'est ta faute.
Le seul responsable, c'est l'homme qui t'a volée.
D'accord ?
...
- Son ravisseur est encore en liberté.
Il peut vouloir la reprendre.
- Jeanne, montre-lui la photo du suspect.
- Léa,
je sais que tu n'as pas pu nous décrire cet homme,
mais regarde cette photo.
Dis-moi si ça t'évoque quelque chose.
Elle est là. Retourne-la quand tu te sentiras prête.
...
- Ne soyez pas surpris.
Pour réussir à s'échapper après toutes ces années,
c'est qu'elle s'est construite une armure.
Il lui faudra du temps pour qu'elle lâche prise.
Vous êtes prêts ?
- Mon Dieu !
Tu nous as tellement manqué.
- Tu te souviens de nous ?
Oui ?
- Excuse-moi.
C'est pas grave.
On a tout le temps. Rien ne presse.
...
- Je suis ému, et alors ?
- Allez, viens. On a du travail.
- Ca va nous prendre des heures. - Un problème ?
- Non, aucun.
- Et ce pédophile ?
- Il n'est pas rentré chez lui.
- On lance
un avis de recherche.
- C'est fait.
Mais Léa ne l'a pas reconnu.
- Qui s'est occupé
de l'affaire, à l'époque ?
- Vous avez le PV sur le tableau. Franck Laurent l'avait suivie.
- Je vais le voir.
- Ne reste pas dans nos pattes.
- T'as préparé sa chambre ?
- J'ai installé un lit.
- Il faut que tout soit parfait.
- Ils sont là.
...
- C'est ton nouveau chez-toi.
- C'est Simon.
Il avait 1 an quand... quand tu as disparu.
Tu te souviens de lui ?
- Bonjour.
- Excuse-le. Pour lui aussi, tout ça, c'est nouveau.
...
- Viens voir, Léa.
...
- Il n'y a pas grand-chose, sur ton PV.
- Je me souviens de cette affaire.
Je pensais que c'était le père qui avait enlevé sa fille.
Les parents allaient divorcer, il n'allait pas en avoir la garde.
Du côté des pervers sexuels, rien dans la région.
Pourquoi tu ressors ce dossier ?
Tu as trouvé le corps de la petite ? - Oui.
Mais vivante.
- Vivante ? Après tout ce temps ?
- Tu avais exploré la piste que ce ne soit pas un pédophile ?
- Non, pas vraiment.
Tu suggères que j'ai mal fait mon boulot ?
J'ai quitté la maison,
mais ces histoires me hantent encore.
- Je veux juste savoir si ça t'évoque quelque chose.
- Non. Rien.
Sonnerie de téléphone
- Excuse-moi.
...
Oui, Jonathan ? *-On a localisé Duroy.
- Il bosse où, maintenant ?
*-A la Foire du Trône. - Ne faites rien. Je m'en occupe.
- Léo...
je n'arrête pas de penser à ces mômes que je n'ai pas retrouvés.
Tu sais, pour ta petite Eloïse...
- Franck... je sais.
...
Alarme
...
...
Ca vous dit quelque chose ? - Rien.
- Faites un effort.
- Elle m'aurait plu, mais dans une autre vie.
- C'est sûr.
- Depuis que je suis sorti de taule,
j'essaie de changer,
mais à chaque fois qu'il se passe un truc,
on me cherche.
- Le taux de récidives plaide pas en votre faveur.
- C'est pour ça que je suis un traitement.
- Ca peut s'arrêter.
- Je suis clean. - Tu veux que je te croie ?
T'étais où, depuis 2 jours ? - A Bruxelles, pour le boulot.
Depuis 3 semaines. Je viens de rentrer.
Je peux le prouver.
Je sens que ça ne vous arrange pas.
Bip message
Je me trompe ?
- Que se passe-t-il ?
- J'ai refait le profil.
Que Léa ait été enlevée aussi longtemps
et bien traitée, ça colle pas. C'est pas Stéphane Duroy.
- Il a enlevé une fille.
- Pas comme un pervers.
- Comme quoi, alors ?
- Quelqu'un qui reconstitue une famille.
- Ou comme un père divorcé.
- Ca ne change rien, ça reste un salopard.
- Il risque de vouloir la récupérer.
Et là, on sait qu'elle est en danger.
- J'ai besoin d'une protection H24 sur Léa.
- Des patrouilles, et maintenant, une protection ?
- Il risque de vouloir la récupérer.
...
Il chante en espagnol.
...
- Merci de nous accueillir.
Vous comprenez l'importance de cette maison
pour les Jacmin et, bien sûr, pour Léa.
- Bien sûr.
Tu mets tes chaussures, Théo ?
- Je n'en ai pas envie. - Tu les mets.
- Non, je n'en ai pas envie.
- Excusez-moi, je suis désolée.
Prenez votre temps. On est juste à côté.
- On y va ?
Allez, viens.
A tout à l'heure.
Ca te rappelle des souvenirs ?
Je sais que tu as peur de parler, mais...
la personne qui t'a enlevée
est encore en liberté.
Essaie de te souvenir.
...
Tu peux nous aider
à l'arrêter.
Essaie de te rappeler. Ca remonte à longtemps, mais...
tu te souviens quand tu habitais ici ?
J'ai besoin que tu te rappelles de quelque chose.
Il faut qu'on retrouve la maison où tu étais enfermée.
N'aie pas peur. Tes parents sont à côté.
Tu es en sécurité.
...
C'est cette maison, c'est ça ?
Tu restes ici avec Jonathan. N'aie pas peur.
- J'ai pas peur.
- C'est bien.
...
La maison a été vidée, mais...
il t'a laissé un message sur le mur.
"Tu nous manqueras."
"Nous" ?
Léa, c'est qui, ce "nous" ?
T'étais pas toute seule ?
Il y avait d'autres enfants ?
- Mon frère et ma soeur, je les ai abandonnés.
J'aurais pas dû mais je les ai abandonnés.
Je suis désolée.
- C'est pas ta faute, tu sais ?
Léa, c'est pas ta faute. Tu entends ?
Tu n'y es pour rien.
- Là, là, là, là, là
- Là, là, là, là, là, là Léa est partie
Elle est toute seule, maintenant
Allez, au dodo.
Je l'avais bien dit
Faut pas sortir, dorénavant
Léa est partie
Elle est toute seule, maintenant
Je l'avais bien dit
Dormez tranquilles. Je vais la rechercher.
- Arrêtez. Vous me rendez nerveux.
A qui appartient la maison ?
Elle appartient à...
- A... A... Accélère, Jonathan !
- A personne.
- Comment ça ?
- Elle est bloquée par un dossier de succession.
N'importe qui aurait pu la prendre.
- Ca te fait sourire ? - C'est juste qu'il est malin.
- Ce type est en cavale.
Et il a 2 gosses avec lui.
Il peut se débarrasser de ces 2 gosses.
Alors non, on ne sourit pas. Hein ?
- Je ne souris pas. Calmez-vous.
- Ca va ?
- Oui.
- La maison ne donne rien,
les empruntes, non plus.
Mattei me casse les...
Je me comprends.
- Pas du tout.
- Vous avez perdu votre sens de l'humour.
Allez, Léa, viens.
Ne restons pas là.
- Je t'explique. Jonathan a commencé...
- Il n'a pas tort.
- Est-ce que c'est elle ?
C'est elle ?
Elle ? - Oui. C'est Emilie !
- C'est bien ça.
Elle s'appelle Emilie Germain.
- C'est ma soeur.
- Comment tu t'es échappée ?
- Il a oublié de fermer la porte à clé.
J'ai attendu qu'il s'endorme.
- Mais comment l'idée de partir t'est venue ?
- Elle n'est pas venue comme ça. J'ai pas pu avant.
- OK. On passe à ton frère ?
Comment il s'appelle, déjà ? - Maxime.
- C'est lui ? - Non.
- Le commandant F. Laurent a couvert
toutes les hypothèses. - Mais ?
- Un chauffeur de taxi a vu un homme devant la maison
des Jacmin. Ils se sont bagarrés.
- Le ravisseur a dû faire des repérages,
étudier les habitudes de la famille,
sentir, traquer sa proie.
- Cet incident est arrivé après l'enlèvement.
- C'est intéressant.
- Taxi pendant 30 ans.
J'en ai vu, des choses, et entendu.
- Ca s'est passé il y a 6 ans. Vous pouvez...
- J'ai une mémoire, si vous saviez.
Je me souviens.
J'attendais un client en face de cette maison.
Il y avait une espèce de journaliste qui prenait des photos.
Vous voyez ce que je veux dire ? - Oui.
- Du coup, je m'approche et je l'insulte.
Je lui ai dit que cette famille méritait du respect.
Ca ne lui a pas plu. Il s'est mis à me taper dessus.
- C'était pas un paparazzi ?
- C'est ce que j'avais pensé,
mais il a dit un truc que même un paparazzi
n'aurait jamais dit.
- "Cette famille n'a eu que ce qu'elle méritait."
- Ce sont les paroles du chauffeur de taxi.
- Les ravisseurs ont besoin de détester les proches de leur victime.
- Pourquoi revenir voir la famille ?
- Pour la même raison :
il prend du plaisir à les voir souffrir.
- Et maintenant qu'il voit qu'ils sont heureux ?
- Il veut lui faire du mal.
- A Léa ?
- A sa famille.
- On les prévient.
- Vous appelez qui ?
- Jonathan.
- Contente de rentrer ?
- Oui.
Sonnerie de téléphone
- Qu'est-ce qu'il me veut,
Mattei ?
- Il a raccroché.
- Bonjour. - Bonjour.
- Ca va ?
Ca va, Simon ? - Simon !
- Messagerie.
- Je localise
le téléphone de M. Jacmin.
- Bon. Ben, je vous la rends.
Au revoir.
Sonnerie de téléphone
Oui, allô ?
- Tu es où ?
- Avec Mme Jacmin.
- Et M. Jacmin ?
- Madame Jacmin ?
Votre mari est là ? - Non. Il est parti faire des courses.
- Le ravisseur va vouloir s'en prendre à lui.
- Rentrez chez vous. N'ouvrez à personne.
Allez, fonce !
Sonnerie de téléphone
...
- Allô ? *-Oui, monsieur Jacmin.
Partez dans un endroit public.
*Vous restez dans la foule.
- Quoi ?
- Vous restez dans la foule !
*Vous m'entendez ? - Je ne comprends pas, là.
Je...
- M. Jacmin ? - Plus de signal.
- On a perdu le signal, Jonathan !
*On l'a localisé au 124 rue de Paris.
- Je suis pas loin. - Magne !
- Police !
Quoi ? J'ai pas le profil d'un policier ?
Ah ! T'es chaud ? OK ! Allez, viens.
OK ! OK !
...
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
*-Je me suis battu avec lui. M. Jacmin va bien.
- Et le ravisseur ? *-Il a réussi à partir.
Je suis désolé.
- Ca va ?
- Ouais.
- Super éléphant sur super T-shirt.
Votre ravisseur vous obligeait à l'appeler comment ?
- Papa ?
- Pourquoi vous me demandez ça ?
- C'est ça ? C'est papa ?
Ca lui arrivait de parler de vos vrais parents ?
- Jamais. - Même quand ton frère
et ta soeur sont arrivés à la maison ?
Il faisait quoi ?
- Il nous frappait. Il voulait pas qu'on pleure.
- Il vous frappait ?
Il vous disait quoi ?
- Il disait qu'on aurait été malheureux avec nos parents.
...
- Encore ?
Allez-y.
Merci.
- Alors ?
Sauver Alain Jacmin, c'est impressionnant, non ?
- Ah ouais !
- T'es au courant ou pas ?
Ils t'ont bien raconté ?
Tu sais...
- Tu t'es pris une sacrée dérouillée
et tu l'as laissé filer.
Mais alors là, magnifique.
- Tu appelles qui ?
- Mattei. Il n'est pas là.
- Il est en retard ?
- Messagerie.
- Tu veux un café ? - Non, merci.
- Commandant Lemeur ? C'est Clara Besson.
J'ai oublié de vous rappeler.
Dites-moi. Vous n'auriez pas des nouvelles de Mattei ?
De quoi ?
- Je savais que tu serais ici.
Depuis quand t'es pas revenu ?
- Laisse-moi.
- Hors de question.
T'as une enquête.
Un salopard en pleine nature. C'est pas le moment de chialer.
C'est normal que ça te fasse penser à ta fille.
- Tout me fait penser à Eloïse. - Oui, je sais.
Mais il y a deux gamins vivants qui ont besoin de toi.
- Lemeur...
va te faire foutre.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je géolocalise Mattei.
- T'es malade ? C'est interdit.
- Ca va. Ca va.
- Ca donne quoi ? - Attention à mon dossier.
- Eh ben, vas-y.
Ca donne quoi, alors ?
Tu peux arrêter de me coller ? - J'ai deux écrans.
Il faut que je...
Il est dans une maison.
- Chez une meuf ?
- Elle est enregistrée au nom de Léo
et Catherine Mattei.
- Mais il n'est pas marié, Mattei.
- C'est qui, Eloïse ?
Elle a aussi vécu là-bas.
Elle est née le 26 juin 1998.
- Mattei n'a pas de fille.
- C'est quoi, ce bordel ?
Eloïse Mattei
a été enlevée en sortant de l'école.
Et Mattei a été hospitalisé. Et devine qui le suivait ?
- Qui ?
- Moi.
- On s'est trompés de logiciel.
On est tombés dessus par hasard.
- Elle m'a demandé de...
- Vous arrêtez.
Tu éteins ton ordinateur.
- Tu perds ta femme, t'es veuf.
Tu perds tes parents, t'es orphelin.
Tu perds ton enfant, t'es quoi ?
Il n'y a pas de mot.
T'es rien.
- Ta fille est morte, Mattei.
Passe à autre chose. - Son cercueil était vide.
Un cercueil vide a été enterré.
- Ecoute le flic, pas le père.
Ca fait 6 ans.
Tu sais quelles sont les chances de la retrouver vivante ?
- Faibles. Très faibles.
Les chances de Léa,
elles étaient faibles aussi, et elle est vivante.
- Qu'est-ce que tu veux ? Tu veux lâcher l'affaire ?
Prendre une semaine, picoler, c'est ça ?
- Lemeur... - Oui, je sais.
Ne te donne pas la peine de me le dire : "Va te faire foutre."
*-Commandant, il y a Mme Jacmin qui vous cherche.
Son fils a disparu sur le chemin de l'école, ce matin.
- Comment il a pu disparaître alors qu'il était à l'école ?
- C'est lui.
C'est le salopard qui a enlevé Léa.
Il s'en est pris à Simon.
Vous avez laissé faire !
- Est-ce que Simon
traînait avec d'autres enfants ? - Non.
- C'est ma faute.
- Non, je ne crois pas.
- Ben, si, je le vois bien.
Je dérange tout le monde :
mon frère, mes parents qui doivent déménager...
- T'as fini de nous porter le noir, toi ?
Regarde.
Ses affaires d'école. - Et alors ?
- Il est censé avoir été enlevé à l'école, non ?
Donc il aurait dû avoir ses affaires avec lui.
Sauf si, inspecteur Léa ?
- Sauf s'il n'est pas allé à l'école.
- C'est sûr que c'est pas évident de voir débarquer sa grande soeur.
Lui laisser sa chambre, en plus.
Et ses parents qui n'ont d'yeux que pour elle.
"Qu'est-ce qu'elle veut faire ?" "Qu'est-ce qu'elle veut manger ?"
Moi, ça m'aurait énervé.
Je serais parti quelques heures, puis je serais revenu.
Je leur dirais que moi aussi, j'avais été enlevé
et que moi aussi, j'aurais réussi à m'évader.
C'est ça que j'aurais fait.
- Papa et maman vont être fâchés ?
- Non, je crois pas.
A partir de maintenant,
ils vont faire plus attention à toi.
- Je viens
de recevoir le rapport.
On a étudié le dossier de deux autres enfants,
et Emilie a été enlevée 2 ans après Léa.
- Maxime a été enlevé chez lui.
- Et Emilie, pendant une sortie scolaire.
- Maxime vivait à Créteil.
- Aucun point commun entre les trois ?
- Non.
- Pour kidnapper un enfant, on étudie le comportement
des parents.
C'est pas du hasard. - Sur quel critère ? Le sexe ?
Il a enlevé 2 filles et 1 garçon.
- Les parents de Maxime s'engueulaient
et ceux de Léa allaient divorcer.
- Comme tous les mariages.
- Il ne veut pas recomposer une famille,
il veut juste sauver des enfants.
- Les parents d'Emilie ont entamé
une procédure de divorce.
- C'est le point commun.
Comment le kidnappeur savait ça ?
...
- Aucun ami en commun aux trois familles.
- Pareil pour les parents d'Emilie.
Leur mariage était des hurlements.
- Procédure de divorce.
- Il veut juste sauver des enfants.
...
- C'est quoi, ce bordel ?
- Il y a eu des mains courantes
pour tapage nocturne.
- Comme ça, on saura comment
il a trouvé ses victimes.
- C'est léger comme recoupement.
- Tenez.
Ca date du 14 septembre.
- Trois semaines
avant la disparition d'Emilie.
- Le ravisseur est un flic.
- Quoi ?
Un flic ? Un flic pointeur ?
- C'est bon. - C'est signé Franck Laurent.
- Attendez. Vous ne réalisez pas, là.
Ca va faire
le journal de 20 h.
S'il y a des caméras, je parle.
Je viens. - Mets-toi à ton ordinateur.
Cherche-moi une main courante il y a 6 ans, en août.
- Quel nom ? - Mattei.
- OK.
Je l'ai. - C'est Franck Laurent ?
- En fait, je ne sais pas. Ca a été effacé.
Pas de nom.
- Les gars, on va s'activer.
- Il croit que sa fille a été enlevée
par Franck Laurent.
Il va faire une connerie. Tu le suis.
Vite. Mais vite, putain !
J'étais sûre de vous trouver ici. Commandant...
Commandant, vous ne pouvez pas y aller tout seul.
- Il détient 2 enfants. On n'attend pas.
- Vous êtes têtu.
Mattei sonne à la porte.
- On peut se parler ?
- Bien sûr.
Je suis désolé, Léo.
- Tu as buté Mattei !
Jamais ils te laisseront filer.
- Avec un otage, on va négocier.
- Lâche-moi, putain ! - Avance, je te dis !
Si tu bouges,
je te bute !
- Tu crois
que tu vas y arriver ?
Ils te choperont.
- Ta gueule, je te dis. Ta gueule !
Je te bute ! C'est clair ?
Je te bute !
Bouge pas ! Ferme ta gueule !
Tu parles trop !
Tu veux mourir, c'est ça ?
- C'est bon. Merci. C'est gentil.
Vous m'avez fait peur.
- Faut pas vendre la peau de l'ours tant qu'il est dedans.
Ca va ? - Non ! J'ai eu peur.
- Ton bras ? - C'est le métier qui rentre.
- Qu'y a-t-il ?
- Franck Laurent, ancien flic, armé.
Il a Jonathan en otage et sûrement 2 enfants.
- Mattei, tu me laisses faire.
Deux voitures à l'arrière. Surveillez toutes les issues.
- Vous allez où ? - Dis à Léa de venir.
- Vous n'allez pas y retourner. - Je ne laisse pas Jonathan seul.
- Fait chier !
- Tu vas te faire choper. - Ta gueule !
- Avec 2 mômes, en plus... T'as pas honte ?
- Ta gueule !
- Je vais continuer à parler.
C'est mon truc
pour lutter contre le stress.
C'est ça. Tu ne vas pas t'en tirer comme ça.
- Franck... - Léo !
- Commandant ! Faites attention. Il est taré.
- Les cavales, ça marche jamais.
Les enfants,
tu t'en es bien occupé.
- Tu veux que je les laisse sortir voir la violence de l'extérieur ?
- Où est Mattei ?
- Il est retourné à l'intérieur. Lemeur a sécurisé le périmètre.
- Les tireurs d'élite sont en place, l'équipe d'intervention, aussi.
- Jonathan ?
Il a rallumé son portable.
*-Tu dis ça après tout ce que tu as vécu ?
- La vie peut être douce.
- Tu peux pas dire ça !
Pourquoi tu dis ça ?
Tu peux pas !
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien, mon lapin.
Je te présente un ami.
- Je m'appelle Léo.
Et lui,
c'est Jonathan.
Et vous,
vous vous appelez comment ? - Maxime et Emilie.
- Vous pouvez nous laisser ?
On n'a pas terminé de parler avec votre père.
- Allez dans votre chambre.
- Lâche-le !
C'est fini !
- Ca a coupé.
- Il fera tout pour protéger ces mômes. Franck ne tirera pas.
- C'est parce qu'ils sont tout pour lui qu'il les tuera,
et il se suicidera après.
- Mattei avait un plan.
Léa...
- Bouge pas.
- Ca fait combien de temps qu'on se connaît ?
Tu vas nous priver de cette amitié ?
- Tais-toi, Léo. Tais-toi.
Laisse-moi partir avec eux.
Je les protégerai. Tu le sais.
Sonnerie de téléphone
- Tu devrais répondre.
...
- Bouge pas.
C'est Léa.
Bonjour, ma poupée. Ca va ?
Tu me manques. Tu manques aussi
à ton frère et ta soeur.
*-Laisse-les sortir. Relâche-les, je t'en prie.
- Je ne peux pas.
Ils sont heureux avec moi.
Toi aussi, tu étais heureuse.
*-Non.
C'est avec mes vrais parents que je suis heureuse.
- Non. C'est pas possible.
- Emilie ! Maxime !
Emilie !
Venez. - Pourquoi ?
- Venez. Venez. Il faut qu'on sorte d'ici.
- Tu te souviens des fous rires
qu'on a eus ? *-T'es pas mon père.
- Je t'ai sauvée, Léa.
Tes parents allaient divorcer.
C'était violent, entre eux, très violent.
Je t'ai sauvée, Léa.
*-Mes parents sont toujours ensemble.
- Franck...
Franck...
C'est terminé, Franck.
Regarde par la fenêtre.
- T'as raison, Léo, c'est terminé.
- Non.
Ma fille, Eloïse, c'était une de tes victimes ?
...
...
Sous-titrage : Eclair Group
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