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Zulu
...
- On ne t'a jamais appris à frapper ?
- Si. Qu'est-ce que tu fais ?
- Viens.
- Il t'a donné rendez-vous ?
- Oui. Ca va être dans ce bar.
Ca a l'air trop bien.
- Mais qu'est-ce que tu vas dire à papa ?
- Il travaille toute la nuit. Je suis censée te garder.
Donc tu la boucles. OK ? - OK.
Tu le connais pas, ce Raphaël.
- Ca fait 3 ans qu'on "chate". Je pense que je le connais.
Tu sors de ma chambre. - Non. Je peux rester ?
- Tu sors. Je dois me préparer.
- Bon. D'accord.
- Et tu fermes la porte.
Allez. Ferme !
- Tu pars vraiment ?
- Lui, il m'écoute, quand je parle.
Va te coucher. J'en ai pas pour longtemps.
...
- 3 000 enquêtes par an touchent des enfants en danger.
Chaque année, 1 800 enfants mineurs disparaissent
qu'on retrouve ou qu'on ne retrouve jamais.
Ces enquêtes sont sensibles, exigent des résultats rapides.
Les forces de police ont fait appel à moi
pour diriger une cellule d'intervention immédiate.
Notre seul but est de protéger les enfants.
Quand leur vie est en danger, victimes ou coupables,
quand il y a urgence, qu'importe la procédure.
Je suis Léo Matteï,
commandant de la brigade des mineurs.
- Elle est partie depuis combien de temps ?
*-D'après son frère, une heure.
- T'es sûr pour l'adresse ?
- Sûr. J'ai piraté le site de rencontre.
*Il y a un problème ?
- Pas pour l'instant, non.
- Doucement, commandant.
Vous avez des infos ? Elle est où ?
Il faut être super motivé, pour venir ici. C'est glauque.
- Comment tu écris "glauque" ? - C'est pas le moment.
- On va demander l'"identif" de tous les clients.
On va faire ça tout en douceur.
Elle est là-bas.
Je vais la chercher. - Je vais voir le patron.
- Bonsoir, Lucie.
Brigade des mineurs.
Je viens te chercher.
- Je suis déjà sur le coup. Attends ton tour.
- T'avais rendez-vous avec ça ?
- Mon frère vous a prévenus ?
- Oui. C'est pas un endroit
pour une gamine.
- Hé ! Je te parle.
- Hé, toi. T'as pas entendu ?
Brigade des mineurs.
Où tu vas, toi ?
Ca emmerde personne,
que cette épave drague une gamine de 14 ans ?
Allez. Police. Contrôle d'identité.
- Allez, on sort les papiers.
Papiers. T'entends pas ?
Ecarte les jambes.
Le mec que vous avez allongé était fiché aux Stups.
Il était en plein deal. Le reste, c'est des habitués du bar.
Ils seront pas dans le fichier.
Elle n'était pas censée retrouver un ado ?
- C'est pas un adolescent, qui lui a donné rendez-vous,
c'est un adulte.
Il voulait la mettre en danger,
jouer les héros et obtenir sa confiance.
- Elle avait rendez-vous avec un prédateur sexuel ?
- Ca y ressemble.
On déclenche une protection H24.
Demain matin, convocation des parents,
et recherche sur Internet du petit ami virtuel.
- Je la raccompagne.
- On devait faire ça en douceur.
- Tout à fait.
Pourquoi ? Un problème ?
- Si ça cogne, comptez sur moi. - Toute équipe a un gardien de but.
T'as le profil d'un gardien.
- J'ai le profil d'un attaquant, le profil d'Ibra.
- Tu vas attaquer le site de rencontre de Lucie.
Tu reprends contact avec ce Raphaël.
Tu aimes la cyber-infiltration ? - Oui.
- C'est mon téléphone !
Rends-le-moi !
- Calme-toi, Lucie.
- C'est à moi !
Mais lâchez-moi !
Mais ferme ta gueule !
- Donnez-le-lui.
- Rends-le-moi !
- Rendez-le-lui.
- Pauvre conne !
- Tu l'as, ton téléphone. - Laissez-moi partir.
- Tu vas rentrer chez toi.
OK ?
- Matteï.
...
- Commandant Matteï. - Où est ma fille ?
- Avec notre psychologue.
Vous saviez qu'elle parlait sur Internet avec un garçon ?
- Non. C'est, qui ce fumier ?
- On ne l'a pas encore identifié.
Vous êtes absent, la nuit ? - Je suis garde du corps.
J'ai pas d'horaires fixes. Les enfants ont l'habitude.
Je le regrette, mais j'ai pas le choix.
Je peux vous aider. Je connais votre métier.
- Restez près de votre fille.
Le reste, on s'en charge.
- Tiens, je t'ai fait un café. - Merci.
- Grâce à son frère, on est arrivés avant Raphaël.
Il sait qu'on la protège, mais ça va pas l'arrêter.
Pour elle, c'est lui le gentil, et nous les méchants.
- Même après hier soir ?
- Raphaël s'est montré convaincant,
en 3 ans, patient,
poli, compréhensif
et surtout valorisant Lucie.
Comme son père est toujours absent, il en a profité.
- T'en es où, avec Internet ?
- Les informations de Raphaël sont fausses.
Mais j'ai sa photo de profil.
- Tu sais ce que tu dois faire.
- J'ai transmis. Je me tape pas le "deep Web".
- Pourquoi ?
- C'est le paradis pour les "dique-sa".
- Les "dique-sa" ?
- Les sadiques.
- Merci, Clara.
C'est le bonheur, pour eux.
C'est sans contrôle.
Ils matent des gamines en train de...
Je ne peux pas.
- Réseau pédophile ?
- Pour tenir une discussion pendant 3 ans avec une ado de 14 ans,
c'est un obsessionnel. - Et un discret.
- On n'écarte aucune piste. Le temps joue contre nous.
Tout le monde disponible H24.
Clara, épluche le passé du père de Lucie.
Je veux tout savoir sur lui :
amis, travail, la totale.
Jonathan, tu restes à l'écoute de la brigade Internet,
qu'on puisse être avertis au plus vite.
On y va.
- On veut juste savoir qui est vraiment Raphaël.
Sur ces sites, il y a parfois des hommes
malintentionnés.
- Je ne suis pas débile. Raphaël, je le connais.
- C'est un endroit normal pour une 1re rencontre ?
Et pourquoi pas en journée ? - J'ai pas eu peur.
Le mec bourré, je savais que c'était pas lui.
C'est mon père, qui vous influence.
Il supporte pas que j'aie un copain.
- C'est ça que tu cherchais, un petit copain ?
Il t'a demandé des photos de toi déshabillée ?
- Ca va pas ? Vous n'y êtes pas. Il n'est pas comme ça.
C'est un romantique, toujours poli.
Il fait de vraies phrases, pas comme les nazes de ma classe.
- T'as posté quoi, comme genre de photo ?
- Je ne sais plus. Des selfies, des grimaces,
ce genre-là. - Photos de vacances ?
- Une fois.
- En maillot de bain ?
- Il ne me l'a pas demandé.
C'était une idée de moi.
- Fais-nous confiance.
Raphaël s'est inventé une identité.
Les renseignements qu'il a mis sur son profil sont faux.
- Vous croyez que j'ai dit la vérité ?
On fait tous ça.
- Tu comprends qu'il y a un homme qui fait une fixation sur toi ?
- Enfin...
Si vous n'étiez pas arrivés, je l'aurais rencontré.
- Depuis la mort de sa femme, il a éduqué ses enfants seul.
Incapable de communiquer avec sa fille,
qui est incapable de communiquer avec des ados de son âge.
Il y a de l'amour entre eux.
- On surveille le père ou la fille ?
- Raphaël ne va pas se manifester.
- En 3 ans, il lui a lavé de cerveau.
Elle est vulnérable et il le sait.
Bon. Jonathan, cyber-infiltration.
Fais-toi passer pour Julie. Propose un rendez-vous à Raphaël.
Tu suis tout ce qui se passe
sur l'ordinateur de Lucie. On sait jamais.
- Ma vie privée, on s'en fout ?
- Complètement.
- T'as une vie privée, Jonathan ? - Oui. J'ai un rendez-vous.
Il doit m'envoyer un texto.
- "Il" ? - Mon pote.
- Non, mais je ne savais pas.
- C'est pas ça.
- Qu'est-ce que t'avais besoin d'aller sur ce site ?
Tu sais très bien que c'est rempli de pervers.
- C'est pas un pervers.
- Tu sais rien des hommes. T'as 14 ans.
Ces types-là, c'est des manipulateurs.
Quand je vais le trouver, il va dérouiller.
- Tu ne supportes pas que je sorte avec des garçons.
- Si. Je serai heureux quand t'auras un petit ami.
Mais pas maintenant ni comme ça. - Les choses ont changé !
Tu ne comprends rien
à Internet. - Je ne comprends pas.
Je te retire ton téléphone
et ton ordinateur. - T'as pas le droit.
- Bien sûr que si. Je suis ton père.
Jusqu'à ta majorité, je veille sur toi.
- J'ai que ça.
- On ne compte pas ? - T'es jamais là.
T'es toujours au boulot !
Si maman était là,
ça aurait été différent.
Toi, je ne te parle plus jamais.
...
On frappe à la porte.
- Va-t'en.
- J'ai un truc pour toi.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'ai ton ordinateur. - Il t'a pas vu, papa ?
- Non.
- Bonjour, commandant. Belle journée, non ?
J'ai deux bonnes nouvelles.
- La 1re : Lucie s'est reconnectée. Elle cherche à contacter Raphaël.
La 2e : on a trouvé l'origine de la photo de Raphaël.
Vous pouvez arrêter de tourner ?
Vous m'avez écouté ? - Ca va nous servir.
C'est pas obligatoirement une bonne nouvelle.
- 2 fois. 2 fois à droite, 2 fois à gauche.
2 fois à droite, 2 fois à gauche.
Maintenant, tu vas pivoter tes jambes.
Pivote tes jambes.
Allez. Lucie, tu vas où ?
- Bonjour.
- Bonjour. Que se passe-t-il ?
- Je dois parler à Lucie.
Elle a repris contact avec Raphaël.
- Je lui ai retiré
tous ses appareils.
- Je ne voulais plus qu'elle soit triste.
Vous allez me fâcher ?
- Non, je ne vais pas te fâcher.
Ta soeur a de la chance d'avoir un petit frère qui l'aime.
Je vais aller lui parler. D'accord ?
Salut, Lucie.
Ca va ?
Dis-moi. Cette photo, ça te parle ?
- C'est Raphaël. Et alors ?
- C'est pas lui.
C'est une photo d'un jeune Américain.
Il l'a trouvée et l'a mise sur son profil.
Il te ment.
Je sais que vous faites tous la même chose,
mais cette photo, c'est pas un détail.
C'est un adulte manipulateur. Tu comprends ?
Dis-moi la vérité pour que je puisse te protéger.
Tu utilises un autre moyen pour communiquer avec lui ?
- Oui. Il avait peur que mon père
découvre l'existence de Chat-Zone.
Des fois, on utilise un site de petites annonces,
à qui on envoie nos messages par la poste.
- Merci.
Sonnerie de téléphone
- Oui, Jonathan ?
*-La brigade Internet
a retrouvé une photo de Lucie en maillot de bain.
- Bonne nouvelle. *-C'est pas fini.
La photo a été postée hier sur un site dégueulasse.
On a une adresse et un nom.
- T'as assuré.
- Je sais.
- Vous avez
du nouveau ? - Il faut que j'y aille.
- Je veux que ce détraqué paie.
- Monsieur Weber,
vous restez auprès de votre fille.
- Oui.
J'arrive tout de suite.
- Vous partez ? - J'ai une urgence au travail.
J'en ai pas pour longtemps. Vous les préviendrez ?
Lucie, occupe-toi de Gabin.
- Je vous écoute. - André Beaujour, 62 ans,
condamné pour viol sur mineur. Il a été libéré il y a 3 mois.
- Ce qui explique
la rencontre tardive. - Exact.
- Il a été très clair. - Des antécédents de violence ?
- Il a le profil d'un manipulateur. Un copain gentil.
- A qui on peut faire confiance.
- Exact aussi.
- Vous faites quoi ? Il nous faut
un fusil à pompe.
Le mec, il est bizarre.
- Tu veux pas un cheval et un chapeau de cowboy ?
Mets ton gilet.
Monte. - OK, commandant.
Sirène
...
...
- Garage.
Là.
- Psst.
(Commandant.)
Vous devriez aller par là-bas.
Allez-y.
...
- Vous vous trompez complètement !
- C'est tout ce qu'il y avait ?
C'est tout ce que vous avez entendu ?
Ramenez ça au poste. On voit ça tout à l'heure.
Les collègues ont vu une voiture partir.
- Pas d'identification ? - Non.
Vous pensez que c'est Beaujour ? - Non. J'en suis certain.
Pour exfiltrer quelqu'un
en plein jour, il faudra de l'expérience.
- Ou une personne qui travaillerait dans la protection rapprochée.
- Pour retrouver Beaujour, il faut retrouver Weber.
- Je vous le jure, je ne suis pas Raphaël.
La photo,
on me l'a envoyée.
Elle était jolie, mais je ne lui ai jamais parlé.
- T'aimes ça, les adolescentes ? Tu voulais lui faire quoi ?
- Je ne lui ai rien fait de mal. Je vous le promets, monsieur.
Je suis malade.
On doit me soigner. C'est pas ma faute.
- Bien sûr.
T'es innocent.
- Ne me faites pas de mal.
- Fallait y penser avant.
- OK. Non, cherche encore.
Oui, ça marche. Ciao.
*-Allô, Jeanne ? Tu peux me passer Lucie ?
- Lucie, le commandant Matteï veut te parler.
*-Allô ?
- J'ai besoin de savoir si papa a un endroit secret.
- Qu'est-ce qu'il a fait ?
- Il a voulu nous aider, et il a fait une grosse bêtise.
*J'ai besoin de le retrouver pour lui parler.
- Le club de sport de ma mère.
Il est abandonné, mais il aime bien y aller.
- Tu me donnes l'adresse ?
- C'est ZAC Sagnier.
- Merci.
- Que se passe-t-il ?
- Il est en train de faire n'importe quoi.
Et c'est à cause de moi.
...
- Monsieur Weber, c'est la police.
On frappe à la porte.
Monsieur Weber, ouvrez, c'est la police !
Je sais que vous êtes là.
Monsieur Weber, ouvrez.
Bonjour, monsieur Weber. - Bonjour.
- On a des questions à vous poser.
- J'allais partir.
- C'est important. On sera mieux à l'intérieur.
...
Comment se fait-il que vous ayez laissé vos enfants seuls ?
- Il y a quelqu'un avec eux.
- Vous êtes sûr ? - Je suis sûr, oui.
Vous cherchez quoi ? - A votre avis ?
- On a trouvé.
- Mains sur la tête.
- C'est bon, Clara.
- Vous ne pouvez pas comprendre.
- Si, je peux comprendre.
- Poussez-vous !
- Allez-y, défoulez-vous.
Vous savez ce qui va se passer après ?
Vous allez être privé de Lucie.
Et Gabin, vous y pensez ?
On lui dit quoi ?
Déjà qu'il n'a plus de maman...
Qu'est-ce qu'il y a de plus important ?
Votre colère...
ou vos enfants ?
- Monsieur Beaujour, vous êtes attaché ?
Ne bougez pas.
- La photo a été déposée sur le site.
Le site... - Le site pédophile.
Site pédophile. Répétez : pédophile !
- Oui, le site pédophile.
- Merci.
- Mais je ne sais pas
qui l'a envoyée.
Je fais circuler les photos.
- Vous allez être déféré devant un juge.
Vu votre âge, vous ne retrouverez jamais la liberté.
Si vous avez quoi que ce soit à nous avouer,
c'est maintenant ou jamais.
- Je vous ai tout dit.
Je ne connais pas cette jeune fille.
Je les aime toutes pareil.
Je ne leur veux aucun mal.
- Virez-moi cette ordure.
- Doucement.
- Pourquoi il part ?
- C'est pas lui.
- Et les photos ?
- Notre homme est obsessionnel.
Cette relation pour lui est exclusive.
Il ne peut pas se disperser avec plusieurs filles.
- Beaujour alimentait en photos des sites pédophiles
dans le monde entier.
C'est pas l'homme qu'on recherche ?
- Quelque chose n'est pas clair. Comme si ce Raphaël
se moquait de nous. - Oui.
Partager la photo avec d'autres,
c'était pour nous faire perdre du temps.
- On cherche celui qui a envoyé la photo.
- Je peux localiser la source et avoir une adresse.
- Remonte à la source de l'envoi
et cherche une trace.
- Commissaire, tu cumules les fonctions ?
- Il a rompu les discussions sur les sites avec Lucie.
Il sait qu'on les surveille. - Il va reprendre contact.
Lucie parle avec Raphaël via un site de petites annonces.
- Très bien.
- Ben, voilà.
Plus de légèreté avec le fusain.
Plus léger.
C'est magnifique.
Sincèrement. Vous avez un vrai talent.
C'est fini pour ce soir.
On se revoit la semaine prochaine.
Merci à tous. Bonne soirée.
...
- Oui, Jonathan ?
*-J'ai localisé l'endroit d'où est partie
la photo de Lucie. *-C'est où ?
- En prison.
- J'arrive.
- On a la liste des délinquants sexuels libérés récemment.
Il y a peut-être quelque chose.
- Ca nous fait du boulot.
- Par contre, la géolocalisation
ne nous donne pas la cellule
où le téléphone a été utilisé. - OK.
Je veux un topo sur chacun d'entre eux.
- Je m'en occupe. - Ca ne sera pas nécessaire.
- Pourquoi ?
- Parce que je sais qui c'est.
Victor Dzunka.
Dzunka a écrit pendant 4 ans à une fille de l'âge de Lucie.
Il était patient.
Il avait ce même comportement obsessionnel,
ce style poli et respectueux.
Et quand elle a compris...
qu'il voulait la violer, c'était trop tard.
C'était ma 1re affectation. J'avais 21 ans.
J'étais juste là pour observer.
Je pensais qu'il était encore en prison.
- Tu savais pas qu'il avait son téléphone dans la cellule.
Tu n'as rien à te reprocher.
- Victor Dzunka,
condamné à 15 ans de prison.
Il bénéficie de permissions de sortie.
Dont une qui correspond à la date du 1er rendez-vous avec Lucie.
Et le plus beau,
c'est qu'il a partagé sa cellule avec Beaujour.
- Il connaissait ses faiblesses.
- Il n'est pas retourné en cellule.
Son contrôleur judiciaire n'a pas de nouvelles de lui.
Son bracelet électronique a été désactivé.
- Etre en prison lui donne un alibi.
Maintenant qu'on sait qui il est, je veux qu'on lance des recherches.
Adresse, courrier,
je veux tous ses contacts.
- C'est moi qui m'en occupe.
- Vous n'avez jamais trouvé de portable dans sa cellule ?
- Jamais. C'était le prisonnier modèle :
poli, jamais un souci.
On a été surpris qu'il ne rentre pas.
- Je peux voir ses affaires ?
- Il a tout fait disparaître, sauf ses dessins.
- Voici Pascal, qui leur donne des cours d'arts plastiques.
- Bonjour. Commandant Matteï.
Je viens voir les toiles de Victor Dzunka.
- Je vous préviens, vous risquez d'être surpris.
- C'est ça ?
- Je ne comprends pas.
Hier, il a recouvert toutes ses toiles
de peinture noire. Vous voyez ? Toutes.
C'est dommage. Il avait du talent.
- Je ne me suis pas déplacé pour voir ça.
- Moi, j'organise des stages
de restauration d'oeuvres d'art,
et j'ai testé les ultraviolets sur les toiles de Victor.
- Et...
- Et...
Ca va vous intéresser.
Regardez.
Tous les dessins sont identiques.
C'est toujours la même fille.
- C'est la fille sur laquelle vous enquêtez.
- Oui, commissaire.
Préviens le procureur. J'ai besoin d'un mandat d'arrêt.
*J'ai la preuve que c'est Dzunka. - C'est quoi ?
- J'ai pas le temps, là.
*Vous avez trouvé une adresse ?
- Un garde-meuble, c'est tout.
Ca appartenait à son père, qui est décédé.
- Tu me l'envoies pas SMS et dis à Clara de me retrouver.
- Par SMS... Il me fait chier.
- Vous avez une indication ? Un numéro de porte ?
- Numéro 3.
C'est accueillant, ici.
- Regardez.
Numéro 3. - Oui, c'est là.
Cadenas.
...
Pourquoi c'est toi, sur les dessins ?
Tu peux m'expliquer ?
- Vous vous rappelez ce que je vous ai dit au bureau ?
Cette histoire de correspondance avec cette fille ?
J'avais fait une enquête de voisinage,
et je suis tombée sur Dzunka par hasard.
C'était le voisin de la victime, mais sous fausse identité.
Bref, je me retrouve chez lui et...
je tombe sur une lettre manuscrite,
et je reconnais son écriture.
Il s'en aperçoit, il m'attrape,
il me monte dans sa chambre,
et pendant des heures, il m'a parlé.
Au début, je pensais qu'il était juste fou.
Je me suis dit qu'il allait se fatiguer et me laisser partir.
Mais il a pété un plomb.
Il a tout cassé dans sa chambre.
Il s'est retourné vers moi.
Il l'a fait 3 fois.
Il ne s'arrêtait plus.
Et là, il s'est fatigué.
J'en ai profité pour m'échapper.
- Pourquoi tu ne m'en as jamais parlé ?
- Parce que j'étais pas fière.
Je voulais être flic.
J'ai envie de vous demandez un service, commandant :
débarrassez-vous du tableau.
S'il vous plaît.
- Clara.
Il n'y aura pas de traces.
- Merci.
- Rentre chez toi.
T'es plus sur l'affaire. - Je comprends.
Merci, commandant.
...
- Pourquoi c'était pas dans le dossier de Clara ?
- Parce que son père était un grand flic, un héros.
On ne refuse rien à un héros. Il a voulu
la préserver de la honte, des rumeurs.
J'ai continué à la protéger.
- Ouais, c'est ça. - Dzunka a essayé
de lui écrire pour lui dire qu'il l'aimait.
On a intercepté le courrier, et ça s'est arrêté.
- Je vais découvrir autre chose
sur mon équipe ? - On a tous nos secrets.
T'es bien placé pour le savoir.
- On va changer les règles.
Je veux qu'on libère Weber.
- Tu plaisantes ?
Obstruction à une enquête, enlèvement d'un suspect...
On peut pas le relâcher. - C'est ce que je te demande.
Il faut reconsolider les liens
entre Lucie et son père.
S'il reste en prison, ce sera pire. - Tu crois qu'il t'écoutera ?
- Non.
- Ben, alors ?
- J'en suis certain.
- Oh, écoute, arrête.
- Michel.
Tout ce qu'il ressent, je l'ai ressenti avant lui.
- J'espère que tu sais ce que tu fais.
...
- Si vous êtes venu me dire que j'ai déconné, je l'ai compris.
- André Beaujour n'est pas Raphaël.
C'est pas le prédateur qui en veut à Lucie.
Je viens vous proposer un marché.
Pour qu'on travaille ensemble, pour Lucie.
- Vous êtes prêt à me faire confiance ?
- Elle s'appelle Eloïse.
Elle avait 6 ans quand elle a disparu.
Elle devrait en avoir 12, aujourd'hui.
C'est ma fille.
On ne l'a jamais retrouvée.
- Je suis désolé.
Depuis la mort de sa mère, Lucie doit parler à une femme.
Moi, je ne sais pas comment faire, avec elle.
- Vous n'échapperez pas à une convocation devant le juge.
Avec de la clémence, vous n'aurez qu'une peine avec sursis.
Mais en attendant, Weber,
restez près de votre fille.
- Je vous le promets.
Matteï, si vous teniez
celui qui a enlevé votre fille...
vous feriez quoi ?
- Autorisation de sortie pour Weber.
- Pourquoi tu veux m'empêcher de sortir ?
- Obéis-moi, pour une fois. Je suis ton père.
- Qui vient de sortir de prison.
- J'ai promis au commandant et je tiendrai ma promesse.
*-Lucie Weber, 14 ans, déjà connue pour des cas de fugues,
a quitté le domicile familial après un conflit avec son père.
- L'avis de recherche sur Dzunka a été lancé.
J'ai aussi prévenu Interpol.
- On n'a pas de photo récente. Il a forcément changé de tête.
*-Je demande à toute personne qui aurait parlé
ou rencontré ma fille
de nous appeler.
Elle vit une période difficile. Elle est très fragile.
Je suis très inquiet.
- S'il s'en prenait à une autre ?
- Il ne lâchera pas sa proie. Seul le passage à l'acte
lui permet de changer de cible.
- Il espérait une fugue de Lucie.
*-Lucie a un petit frère qui s'appelle Gabin
et qui attend le retour de sa soeur.
Si vous avez la moindre information, prévenez-moi.
- Dzunka croit toujours que c'est Lucie qui lui écrit ?
- Oui. Il va venir sans se douter de rien.
- On appelle du renfort.
- J'appelle Clara ?
- Surtout pas.
- Bon. Allez.
...
- J'ai un coureur en visu.
Tireur un, vous confirmez ?
- Affirmatif.
40 ans, plutôt musclé.
(- Suspect en approche.)
(OK. Il vient juste de s'arrêter.)
- A toutes les unités,
on se prépare pour intervention.
- C'est négatif.
*Négatif. Reçu ?
- Bien reçu.
Une demi-heure de retard. Il ne viendra pas.
- Peut-être qu'il a porté une perruque ou une barbe,
comme dans les films.
- Ouais. Peut-être, ouais.
- Pas mal, hein ?
Un problème ?
Mais arrêtez.
C'est moche.
- On l'avait sous nos yeux.
- On dirait Chabal.
- Appelle Clara et dis-lui qu'elle s'enferme chez elle.
- Que se passe-t-il ?
- Il était dans le bar.
Il a vu Clara.
Il sait qu'elle enquête sur lui.
- Et alors ? - Il va s'en prendre à elle.
Si on est ici, c'est pour nous occuper.
- Dzunka a essayé
de lui écrire pour lui dire qu'il l'aimait.
On a intercepté le courrier à temps.
- Seul le passage à l'acte lui permet de changer de cible.
- Sa cible, c'est Clara.
Envoie toutes les unités proches du domicile de Clara.
- On décroche !
Allez ! Allez ! Allez ! A toutes les unités, on décroche.
...
- Viens ici !
Qu'est-ce qu'on dit ? L'histoire ne fait que se répéter.
C'est ça que tu cherches ?
C'est ça que tu cherches ?
- Matteï est parti devant.
47, rue Jean-Jaurès.
47, rue Jean-Jaurès ! Tu comprends pas ?
Dépêche-toi.
- Viens.
- Clara !
- Je suis prévisible ?
- C'est fini.
C'est fini.
C'est terminé.
- Doucement, commandant, s'il vous plaît. Merci.
- Il fallait ça pour que tu m'invites ?
- En tout cas, merci, commandant.
- Merci à toi.
- Clara, ça va ? - Voilà la cavalerie.
- Faut jamais baisser les bras, sauf si ça fait partie
de la chorégraphie. - J'ai compris.
Et ça, ça fait pas partie de la chorégraphie.
On se retrouve à la BPM. Clara ? - Oui.
- Tu te reposes ? - Oui.
- Commandant, mon arme. - Ca va pas, non ?
- Vous n'avez pas de maison ? Cassez-vous.
Hé ! Psst !
- Il est bien, ton appart.
Il manque quelques petits trucs,
mais tu vas m'inviter
pour refaire la déco. - Bien sûr.
- J'y vais.
Je te laisse fixer la date.
- Adieu.
- Ah, ouais...
Si t'as besoin de moi,
si tu veux manger, un massage,
tu m'appelles. OK ?
- Je t'appelle. Salut.
J'habite juste à côté, en plus.
- Ca va. Merci.
- Allez, je te laisse. Tu es fatiguée.
Mais n'hésite pas.
C'est un peu le bordel, ici. - Je ferme la porte. Casse-toi.
Putain, le boulet !
- Bon. Prenez des forces, parce qu'on a du travail.
- Mais quel travail ?
- On va nettoyer la salle de maman.
Ca sera plus joli pour la réouverture.
- Tu vas le faire ?
- Oui. Elle serait contente de la voir comme ça.
Bon. A partir d'aujourd'hui, papa change de travail.
Le prof de karaté est de retour.
Alors ?
- C'est terminé. Il va repartir en prison
et ne sortira plus jamais.
- Merci.
Merci à tous.
- Nous n'avons fait que notre travail.
- On peut faire un combat ?
- Tu crois que tu peux me battre ?
Il faut que je te montre des coups de base.
Tu veux bien ? - Ouais.
- Jonathan.
Tu vas voir.
Alors...
la base, elle est très simple. Coup de pied droit.
C'est Mae-Geri. - Vous blessez pas.
- Je ne me blesse pas. La règle :
tu ne bouges pas.
Attention.
Coup de pied droit.
Coup de pied sur le côté :
Yoko-Geri. Surtout, tu ne bouges pas.
Attention.
Dernier coup de pied : Mawashi-Geri.
- "Mawa" quoi ?
- Mawashi-Geri. Coup de pied circulaire.
Détendu.
Jonathan ?
Non, mais t'as bougé, aussi.
- On est dans la même équipe ?
- Ben, ouais.
(Finis-le.) - D'accord.
...
Sous-titrage : Eclair Group
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