All language subtitles for Leo.Mattei.Brigade.des.mineurs.S01E01.Les.yeux.dans.le.dos.fr

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Original subtitles

(- C'est en bas, à droite.)

(- En bas, à droite.)

- C'est quoi, ça ? - Va voir.

- Oh, putain.

Hé !

- Tu lui as fait quoi ?

- Je l'ai pas touché.

- Pourquoi le gamin respire comme ça ?

- Je sais pas.

- Tu l'as tapé ? - Je l'ai pas touché.

- Attends.

- 3 000 enquêtes par an touchent des enfants en danger.

Chaque année, 1 800 enfants disparaissent, qu'on retrouve

ou qu'on ne retrouve jamais.

Dès qu'une enquête exige une action urgente,

des résultats rapides,

la police de la brigade des mineurs fait appel à moi

pour diriger une cellule d'intervention immédiate.

Notre seul but est de protéger les enfants.

Quand leur vie est en danger, victimes ou coupables,

c'est moi qu'on appelle, et qu'importe la procédure.

Je suis le commandant de la brigade de la protection de l'enfance.

- Allez !

- T'en as beaucoup des comme ça ?

- Allez, on y retourne, les mecs.

Rapproche-toi !

C'est trop loin.

Regarde. Regarde.

- Allez !

- Il y va !

Ouais !

Oui ou non ?

Alors ?

Ouais !

Bravo, les gars !

Sans toi, pas de victoire. - Je sais, commandant.

- Je suis désolé.

- Mathis a toujours eu une santé fragile,

mais c'est un battant.

- Tant mieux. - Oui.

- Vous pouvez m'expliquer

pourquoi il était seul chez vous, sans surveillance ?

- Vous êtes qui ?

- Commandant Léo Matteï, brigade

de la protection de l'enfance.

- Il y avait la baby-sitter.

- Pourquoi la protection de l'enfance ?

Mon fils a juste eu une crise d'asthme.

- La PJ nous a appelés.

Les médecins ont trouvé du Zubothixol

dans le sang de votre fils.

Votre fils a été empoisonné.

La baby-sitter, son nom ?

- Laura Deniard.

C'est la fille de mon associé.

- Merci.

- Salut. - Salut.

- C'est quoi ces pompes ?

Ca vaut une blinde ça.

- Elles viennent des States. Elles te plaisent ?

- Avec quel argent ? - Mes économies.

La 1re chose que les femmes regardent,

c'est les chaussures. Classe, hein ?

- "Classe", ouais. Mais...

ça dépend surtout qui les porte.

- Clara ! - J'arrive.

- Voici Laura Deniard.

- Bonjour. Venez avec moi.

- Alors, Laura,

pourquoi tu as laissé Mathis tout seul pendant 2 heures ?

- Vous m'accusez de quoi ?

- Change de ton avec nous.

La situation est grave.

- J'étais avec mon mec au bar

d'à côté.

- Et tu laisses l'enfant seul.

- Il se réveille pas, d'habitude.

- C'est pas la 1re fois ?

- OK, j'ai merdé. J'ai fait une connerie.

Il y a pas eu mort d'homme. - Non, presque celle d'un enfant.

- Tu lui donnes quoi

pour qu'il s'endorme ? - Quoi ?

- Réponds-moi.

- Vous êtes dingues. Vous me prenez pour qui, là ?

Je lui ai rien donné !

- Bon. On arrête là pour le moment.

Note-moi le nom et l'adresse de ton mec.

Elle est vraiment à côté de la plaque.

- Au point d'empoisonner Mathis ?

- Je sais pas. Je vais aller parler à son copain.

- OK. On en sait plus sur le Zubothixol ?

- J'attends le retour

de la toxicologie.

- Et les parents ?

- Sabine Magnier,

ancienne infirmière.

- Son mari ?

- Il a une société d'informatique.

- Mathis est souvent

à l'hôpital.

Fractures, déshydratation etc.

- Maltraitance ?

- Ca y ressemble. Je vais lui rendre une petite visite.

- Il va mieux.

Il va bientôt se réveiller.

- Tant mieux.

Bonjour, Mathis. Moi, c'est Jeanne.

Mon petit bonhomme,

je dois t'examiner.

Alors...

Le torse...

Rien d'anormal.

Pas d'ecchymoses...

Pas très musclé, hein.

Regardez ses mains.

Il joue aux jeux vidéo.

Beaucoup trop.

Alors, tes jambes...

Pas d'ecchymoses non plus.

Non. Il n'y a rien d'alarmant.

Merci, Mathis.

- Ouais, commandant...

*On trouve du Zubothixol

dans le Flopaden, le Béthanol et le Mogamil.

*Ce sont tous les trois des somnifères.

- Il y en a pas dans la pharmacie des Magnier.

- Vous êtes où ?

*Allô ?

Il a raccroché.

- Qu'est-ce que tu as ?

- On n'aurait pas dû aller à ce dîner.

- C'était important. La boîte va mal. - J'aurais pu rester ici.

T'as vu le résultat ?

- OK. C'est ma faute.

- C'est pas le moment.

- En plus, il éteint son téléphone.

- Tu me dois un téléphone. - OK.

- Un problème de hanche, commandant ?

L'âge vous rattrape ?

- Ici, on vieillit vite.

- Le juge aurait pu nous donner une ordonnance pour fouiller la maison.

- Trop long et bien moins drôle.

- Vous avez jeté un coup d'oeil sur le dossier de Jonathan ?

- Pas encore.

- Il n'a pas le profil.

- Tu fais vraiment une fixette sur lui.

Je regarderai son dossier.

- Merci.

- Alors des infos ?

- La baby-sitter et son copain étaient bien au bar.

- Un café ? - Non. Merci.

- Concernant le petit Mathis,

c'est un enfant fragile,

mais pas maltraité. Notre seul suspect reste...

- La baby-sitter. - Ouais.

Et aucune preuve.

- La meilleure façon de trouver... - C'est de chercher.

Bonjour. - Bonjour.

- Clara Besson. Bonjour.

- Commandant Matteï.

- Vous voulez un petit café ? - Non. Merci.

- Laura n'aurait jamais empoisonné Mathis.

C'est vraiment ridicule.

- Peut-être pas volontairement, mais pour l'endormir.

- Associé avec Magnier depuis... ? - Plus de 15 ans.

- Et l'informatique, ça marche ?

- C'est un peu compliqué, avec la crise.

- Je comprends. Je peux ?

- Allez-y.

- Ca fait longtemps

que Laura est baby-sitter ? - Oui.

- Des parents se sont déjà plaints ? - Absolument pas, non.

- Elle prend un traitement quelconque ?

- Non. Elle est juste tombée amoureuse,

mais de là à donner un médicament à Mathis...

- Et cette boîte de somnifères ?

- On prend pas ces trucs-là.

- C'était dans la chambre de votre fille.

- Ah bon ?

- Je t'écoute. - J'en ai pas donné à Mathis.

- On en a trouvé dans l'organisme de Mathis.

Tout ça pour t'assurer une soirée tranquille ?

- J'ai rien donné à Mathis.

Je vous jure.

- Arrête de mentir.

- C'est la vérité !

J'ai pas menti.

- Tentative d'empoisonnement,

c'est passible de 22 ans de prison !

- Vous me suivez ?

Je crois pas que ce soit toi

qui aies donné ce médicament à Mathis.

- Merci, quand même.

- Mais là, j'ai besoin de toi.

Tu dois m'aider.

- J'ai piqué ce médoc chez les Magnier.

- Dans quel but ?

- Au lycée, les médocs, ça se vend bien.

Il y en a qui arrivent pas à dormir

à cause du stress des révisions.

Du coup, on pique dans la pharmacie des parents.

Il y en a plein qui sont prêts à acheter.

Voilà. Maintenant, vous savez tout.

- Merci.

- Commandant ? - Oui ?

- Alors, elle a parlé ?

- Ca vient de chez les Magnier.

On revient dans le cadre de la famille.

- Mathis vient de se réveiller. On va en savoir plus.

- Bonjour, Mathis. - Bonjour.

- Comment tu te sens ?

- Bien. Je vais pouvoir retourner à l'école demain.

- Bonne nouvelle. - C'est un peu tôt.

- Je pense aussi,

mais il a insisté, hein, chéri ?

- Alors raconte.

Vas-y.

- J'ai entendu du bruit...

Au début,

j'ai cru que c'était Laura qui était entrée.

Mais c'était pas elle.

- Laura !

C'est un des 2 voleurs.

J'ai crié.

J'ai voulu me lever...

et partir, mais...

il m'a obligé

à avaler quelque chose. Après...

je m'en souviens pas.

Pourquoi ils m'ont fait ça ?

- Peut-être qu'ils avaient besoin de temps

pour forcer le coffre-fort de papa.

C'est à toi ?

Je peux le garder ?

Merci, Mathis.

- Merci. Au revoir.

- Merci.

- Merci. A plus tard.

- Il y a plus simple que des pilules pour immobiliser un témoin.

- Mathis nous aurait menti, alors ?

- Ce gamin doit nous cacher des choses.

Peut-être une mauvaise blague qui tourne mal.

On pique un médicament dans la pharmacie des parents,

on le refile à un copain et on se met au défi de l'avaler.

- Vous pensez ? - Ouais.

Moi, en 6e, j'ai piqué des laxatifs

et je les ai refilés à une prof.

Après, on l'a enfermée dans la salle de classe.

Il faut qu'on sache en combien de temps ces somnifères ont agi.

- Je vais appeler la police scientifique.

- OK. Et puis dis à Jeanne de creuser autour de la personnalité de Mathis.

Il y a un truc qui cloche. - OK.

A plus tard.

- Bonjour.

- Bonjour.

- C'est une blague ? - T'as remarqué.

De la pure laine. Touche.

- Non. Merci. - Vas-y.

- Non.

- Clara, les clés de ta voiture. - OK.

- Il se passe quoi ?

- Je vous parie que si je l'invite à dîner, elle dira oui.

- Avec cette tenue ?

- C'est tactique. - Chacun sa tactique.

Bon. Tu me fais un café ?

- Voilà, commandant. - Merci.

- T'en penses quoi ?

Quoi ?

- Change rien.

- C'est un enfant assez timide, avec des notes dans la moyenne.

Le genre d'enfant qu'on remarque pas

au 1er abord.

- Ca se passe comment avec ses camarades ?

- Pas très bien. Il est de constitution fragile,

alors ça l'isole un peu.

- Et son caractère ? - Intelligent.

Très observateur.

- Il est capable de mentir ? - Non, je pense pas.

C'est un petit garçon très aimé par ses parents.

Peut-être un peu trop couvé,

mais c'est compréhensible, ils ont perdu un enfant.

- Ils ont perdu un enfant ? - Oui.

Vous saviez pas ?

Thomas. Il avait 5 ans, je crois. Problèmes respiratoires.

- Ca expliquerait la surprotection concernant Mathis. Merci.

- C'est le nombre de vols qu'il y a eu

depuis 3 jours.

- Ah, quand même.

- Tu réduis ton champ de recherches aux quartiers chics, et voilà.

- Vous bossez sur un cambriolage ?

Commandant Lemeur, de la BRB. Un ancien collègue de Léo Matteï.

Il m'a demandé un coup de main. - Moi, c'est...

- Clara. - Oui.

On travaillait justement

sur les photos du cambriolage.

- Vitre coupée au diamant,

alarme repérée et vite neutralisée,

coffre ouvert mais apparemment pas percé.

Très peu de dégâts. OK.

Dites moi, ça a eu lieu autour de 23 h dans un quartier chic ?

- C'est ça.

- Ils sont 2. On les traque depuis 1 an.

- 1 an ?

Vous êtes des rapides, à la BRB.

- Il y a 2 mois, on a retrouvé de l'ADN sur un mégot.

Mais on n'a pas pu les identifier.

- Sauf que là, il y avait un gamin

dans l'appartement.

- J'étais pas au courant.

- Clara ? - Oui ?

- Quelqu'un pour toi.

- Que faites-vous là, Mme Magnier ?

- Le commandant Matteï m'a demandé de venir faire ma déposition.

- Comment ça va ?

- Bonjour, Mathis.

Commandant Matteï.

J'aurais besoin de lui parler.

- Tu le connais ?

- Oui. C'est le policier.

- Je vais le ramener chez lui.

- Non. J'appelle sa maman.

Je suis pas au courant.

- Voilà. Vous relisez

et vous signez.

- J'ai demandé à une copine

d'aller chercher Mathis.

Allô ?

*-Il y a un monsieur qui vient chercher Mathis.

- Quoi ?

- C'est un policier.

- Passez-la-moi, madame.

*-Attends, je te le passe.

- Allô ? Léo Matteï.

Je vais le ramener.

- OK, très bien. Pas de problème. Au revoir.

- On y va ?

Allez. Merci, madame.

- Il l'a fait exprès de me demander de venir ici à midi, hein ?

- Ce serait assez le genre de Matteï.

Je vous raccompagne ? - Oui.

- Avant, je chassais les grands méchants,

mais maintenant,

mon boulot c'est de vous aider et de vous protéger.

- Pourquoi ?

- Parce qu'un enfant se rend pas compte quand c'est une victime.

- Matteï n'en fait qu'à sa tête.

- Eh oui. - Tout ce que je déteste.

- Ca tombe bien,

je suis l'inverse de lui.

- Ben, c'est bien. Je reviens.

- Pourquoi vous me dites ça ?

- Je crois que tu ne m'as pas dit la vérité sur ce qui s'est passé.

En même temps, je te comprends.

Difficile de dire la vérité, surtout quand ses parents sont là.

Ici, chacun peut se surpasser avec un esprit d'équipe.

Les règles sont claires, connues de tout le monde,

les mêmes pour tous...

- Des règles qui avantagent les plus forts, pas les plus intelligents.

- Non, pas seulement.

- Je peux pas faire de sport.

Et j'ai les os fragiles.

- L'école doit pas être facile pour toi.

Tu dois te sentir isolé des autres. - Oui.

- On se moque de toi ?

- Ca arrive.

- Moi non plus, j'ai pas de bon souvenir de l'école.

Tu sais,

je crois pas que les cambrioleurs t'aient donné ce médicament.

Je crois que c'est plutôt un jeu entre copains...

- J'ai pas de copain.

- Je suis juste là pour essayer de savoir ce qui s'est passé,

pour éviter que ça recommence.

Mathis...

Tu sais que tu aurais pu mourir ?

- On peut rentrer à la maison ?

S'il vous plaît.

- Oui. On va rentrer.

- Tu récupères un gamin sans avertir ses parents ?

- Qui s'est plaint ?

- Le père. Il a trouvé tes méthodes inadmissibles.

- Je devais lui parler seul à seul.

- Il faut en faire la demande. C'est la procédure.

- Excuse-moi, faut que je réponde.

Oui ? Ne quittez pas.

Tu sais ce que fait un canard quand il a soif ?

- Non. - Il se tape une canette.

Allô ?

- Matteï !

- T'as changé de service, mais pas de méthodes, toi.

Au fait, charmante, la petite Clara.

- Parle-moi des cambrioleurs.

- Des pros qui agissent sur commande.

Ils savent ce qu'ils font.

- Commandant ! - Oui ?

- Bruno Deniard !

- Qu'est-ce qu'il a ?

- Il a des dettes de jeu, et comme par hasard, il y a 15 jours,

il a eu une rentrée d'argent en liquide super importante.

- Merci. Mais quand un oiseau se pose sur un fil électrique,

il s'allume pas forcément.

- C'est qui, l'oiseau ?

- Si c'est pour me parler de ma fille...

- Asseyez-vous.

- C'est pour parler de toi

et ton compte.

- Je comprends pas.

- Tes sorties d'argent. - Quel rapport avec Mathis ?

Mon compte ne regarde que moi.

- Votre associé est au courant

pour vos dettes ? - Non.

- On va lui dire.

Il devrait jeter un oeil au compte de sa boîte.

- Je lui ai laissé un message. Il me rappelle.

- Ah non...

- OK. OK.

J'ai un problème d'argent,

mais ça concerne pas Pierre.

- Tiens, justement,

ton associé m'appelle.

Je vais répondre.

- Attendez.

- Attendre quoi ?

Parle

ou je réponds.

- Je me suis un peu servi

dans la caisse.

- Et pourquoi les cambrioleurs ?

- Je savais que Pierre planquait du fric dans son coffre.

- Noms et coordonnées des cambrioleurs.

- J'ai un numéro de téléphone.

- Ca suffira.

Jonathan, prends le numéro. - OK.

- Merci.

Toi, tu restes là.

- Police !

- Putain, doucement !

- Talkie.

Jonathan ?

*Il vient vers toi.

Vas-y, Clara.

Tentative de meurtre sur un enfant.

- Qu'est-ce que tu racontes ? - Ferme-la.

Tu te crois où, là ?

- File-moi tes menottes.

J'ai mal au poignet, là. Vas-y.

- Finalement, les baskets, c'était une bonne idée.

- Je vous l'avais dit.

- Aide-moi à le relever.

- La maison de Neuilly,

un gamin en souffrance respiratoire...

- Tu lui aurais pas filé un cachet ?

- C'est pas nous. On touche pas aux gosses.

- Allez, on y va.

- Jamais on n'a fait ça 10 fois.

- C'est ça !

- Regarde dans le sac.

On travaille au gaz

pour endormir le client.

- Matteï.

J'ai les résultats du médicament.

- Alors ?

- Le Flopaden a été ingéré 3 h avant la crise.

- Donc c'est ni à l'école

ni les cambrioleurs.

- Soit c'est le père,

soit c'est la mère.

- Attendez.

Sabine s'occupe corps et âme de Mathis.

- Ouais.

- De quoi rendre jaloux le mari.

- Un père qui tue son propre fils ?

- Ca s'appelle un infanticide.

C'est une ancienne pulsion.

- Mais c'est ouf, ça.

- Ses séjours à l'hôpital,

son isolement à l'école,

sa solitude permanente,

sa souffrance...

- Se suicider à 8 ans ?

- Oui, c'est un peu gros.

- Mme Magnier est là.

- Ah bon ?

- Non.

- C'est vrai ? Mathis a menti ?

C'est pas les 2 voleurs ? - Non.

- Pourquoi il a menti ?

- Pour couvrir quelqu'un.

- C'est vrai que Mathis est devenu un sujet de dispute

entre Pierre et moi.

- Tu le couves trop.

- C'est juste une période.

- Ca a toujours été comme ça.

Il passe son temps devant l'ordinateur.

- Comme ça, il fait pas

de conneries.

- Au moins,

il serait comme tout le monde.

C'est vrai, quoi.

Mathis va pas bien

parce que votre relation est bizarre.

- Mathis est un enfant fragile.

Je perdrai pas un 2e enfant.

- Quoi ? - Tu m'as entendue.

Je perdrai pas un 2e enfant.

- Tu te lèves plusieurs fois la nuit

pour voir s'il respire. - J'y peux quoi ?

- J'en sais rien !

J'aurais mieux fait...

- De quoi ?

Mathis a dû mentir pour protéger son père.

Pierre a changé depuis plusieurs mois.

C'est compliqué dans son boulot.

Il crie de plus en plus souvent...

Il est devenu violent avec moi, et j'ai peur pour mon fils.

- Vous découvrez que Mathis nous a menti,

vous vous précipitez ici

et vous incriminez votre mari.

Manière efficace de vous disculper.

- Ca te dit un ciné, ce soir ? - Pour quoi faire ?

- Il y a un film sur les vampires.

L'actrice te ressemble. - Ah ouais ?

- Elle est froide et en même temps elle a envie.

- T'es très drôle, toi. Super drôle.

Il est là.

- Attends. Attends qu'il sorte.

C'est bon.

- Allez.

M. Magnier !

Vous allez nous suivre, s'il vous plait.

- C'est quoi, cette histoire ?

- C'est Clara. Vous êtes où ?

- Je suis retourné à l'école.

- On est avec Pierre Magnier.

- Hé, ho...

Hé...

- Commandant, je...

- Encore vous.

- Cette fois, j'ai une ordonnance du juge.

Merci.

Tu viens ?

Tu préfères noisette ou chocolat ? - Chocolat.

- Moi aussi. Tiens, chocolat.

Tu sais, on a la preuve

que tu as été empoisonné

avant que les voleurs ne soient entrés.

Pourquoi tu as menti ?

- Je sais pas. C'est venu comme ça.

- Je t'ai bien observé, tu sais. Tu ne fais pas les choses

sans y avoir bien réfléchi avant.

- A votre avis...

pourquoi j'ai menti ?

- C'est plus facile d'accuser des voleurs qu'on ne connaît pas

plutôt que ses propres parents. Voilà pourquoi.

J'ai parlé à ton copain Alexandre.

Il m'a dit qu'il avait de super notes à l'école grâce à toi.

C'est bizarre, parce qu'en parlant avec ta maîtresse,

elle m'a dit que tu étais juste dans la moyenne.

Pourquoi un garçon cacherait son intelligence ?

- Parce qu'il veut être normal.

Il veut que tout soit normal.

- Pour toi, ce qui se passe, c'est normal ?

J'ai vraiment besoin de savoir

qui t'a donné ces médicaments.

- Je sais pas. Je vous jure que c'est vrai.

Je sais pas.

- Franchement...

c'est ridicule.

- Votre associé nous a confié qu'il vous trouvait

particulièrement nerveux ces dernières semaines.

- Oui, oui. Je crois que...

Je crois que je suis un peu nerveux...

parce que ça va pas...

Ca va pas très bien dans mon couple.

- Ah bon ?

- Oui, mais ça veut pas dire que je bats ma femme.

- Ben, je vous confirme.

- Je vous dis que je ne l'ai jamais frappée.

J'en peux plus, Sabine.

J'en peux plus de plus pouvoir être avec toi,

de plus pouvoir te parler...

Mathis va pas bien, d'accord.

Mais c'est pas une excuse pour nous oublier.

- C'est juste que j'ai besoin d'être à la hauteur de ses besoins.

- Vous êtes quand même violent, non ?

- La mort de Thomas, c'était pas notre faute.

- Ca n'a aucun rapport. Mathis a besoin de moi,

je suis là, c'est tout.

- Il vaudrait mieux qu'on se sépare.

- Elle a eu lieu où, cette dispute ?

- Dans la cuisine.

- Mathis a pu l'entendre ?

- Oui. C'est possible.

- On vous met en garde à vue le temps de clarifier la situation.

Je sais, c'est emmerdant, mais c'est comme ça.

- Et Mathis ? - Vous inquiétez pas pour lui.

On s'en occupe.

- 2 minutes. Excusez-moi.

- Excusez-nous.

Je déteste quand tu rentres...

- Si Mathis a une relation fusionnelle avec sa mère,

son père peut devenir un rival ?

- Oui. C'est le complexe d'Oedipe.

- Ca, OK. Si, maintenant, c'est son père qui parle de divorce,

ça veut dire garde partagée.

Comment réagit Mathis à l'idée de passer du temps avec son papa ?

- Du coup loin de sa mère ? Insupportable.

- Crise, chantage affectif... - Oui.

- Et si l'enfant est très intelligent ?

- Il pourrait très bien...

- Il pourrait très bien prendre un médicament, se rendre malade...

Sauf qu'il ignore que sa baby-sitter serait pas là.

Mais la chance lui sourit.

- Pourquoi il a pas accusé son père au réveil ?

- Il sait qu'un enfant qui accuse son papa pourrait devenir suspect.

Alors il nous laisse faire le boulot.

Merci.

- Et les hématomes sur le corps de la mère ?

- Elle a pu se les faire elle-même.

- Ca va aller. Maman est là. T'inquiète pas, chéri.

- C'est la mère. C'est Sabine Magnier.

- C'est pas possible, elle adore son fils.

- Jeanne ?

- Syndrome de Munchhausen par...

- Procuration ? - Par procuration.

- C'est qui, Munchhausen ? - Par procuration ?

- Ce syndrome touche des femmes qui étaient très heureuses

enceintes.

Seulement une fois que l'enfant grandit,

l'attention des autres se déporte vers lui.

Ca, elles le supportent pas.

Alors elles maltraitent leur propre enfant, le rendent malade.

Plus l'enfant va mal, plus la mère s'en occupe...

Elle est dévouée.

Elle passe aux yeux des autres pour une femme courageuse...

Et c'est là, dans cette puissance narcissique

qu'elle récupère son statut.

- "Puissance narcissique."

- Mon fils est à l'hôpital

et je peux même pas le voir.

- Parlez-moi de votre 1er enfant.

- Thomas ?

Pourquoi ? Quel rapport ?

- Comment il est mort ?

- On n'a jamais su.

- Votre femme...

elle s'est comportée comment pendant son séjour à l'hôpital ?

- Avec beaucoup de courage, comme toujours.

- A la mort de Thomas,

c'est elle qui a voulu un 2e enfant ?

- Où voulez-vous en venir ?

Je comprends plus rien.

- Ils sont où, les fichiers ? - J'ai bossé dessus toute la nuit.

- Pourquoi tu les retrouves pas, alors ?

Ben, c'est le boulot, quoi.

- Alors ? - On n'a rien du tout sur Thomas.

Rien du tout.

- Pas d'autopsie.

- J'ai parlé au légiste.

- Et... ?

- Il la connaissait. Elle aurait insisté

pour qu'on ne fasse pas d'autopsie sur Thomas.

- Pourquoi ?

- Pour qu'on ne s'acharne pas sur son corps.

- Merci. - Je vous en prie.

- On a aucune preuve, que des suppositions.

- Ca va pas arrêter Matteï.

- Ta femme n'apprécierait pas...

Ton cholestérol.

C'est pour l'affaire Magnier.

- Oui, j'ai appris que le petit était encore hospitalisé.

Décidément, pauvre famille.

- J'aurais besoin d'une ordonnance

pour exhumer le corps de leur 1er enfant.

- Quoi ?

- Il faut faire une autopsie pour prouver qu'il a été empoisonné

comme Mathis.

- Les 2 enfants auraient été empoisonnés ?

Mais par qui ?

- La mère.

- T'as des preuves ?

- L'exhumation, c'est pour trouver une preuve.

- Là, je te suis pas.

Le proc va me rire au nez si je lui demande d'exhumer

le corps du 1er enfant alors que le 2e

est à l'hôpital.

- Elle a tué son 1er enfant. Elle peut recommencer.

- Trouve-moi une preuve.

- Je vous ramène un lit pour vous reposer ?

- Non, ça va aller. Merci.

Le nombre de fois où je lui ai tenu la main comme ça, à l'hôpital.

- C'est rare de voir des mères aussi impliquées.

- Il le mérite. C'est lui qui me donne ma force.

Je suis bien obligée de tenir.

C'est ce que ferait n'importe quelle mère.

- N'hésitez pas si vous avez besoin. - Merci.

- Bonjour.

- Bonjour.

- Comment va-t-il ?

- Ca doit être une rechute due à son empoisonnement.

Il a l'organisme tellement fragile.

- Un café ?

- Oui.

Et pour Pierre ?

- Vous inquiétez pas. Il vous fera plus de mal.

- Il était pas comme ça. Il était tellement proche de Thomas,

que quand il est mort, quelque chose s'est brisé chez lui.

- Ca a du être terrible pour vous.

- J'ai dû être plus forte que Pierre. Il n'a pas fait son deuil.

Du coup, à la naissance de Mathis,

il a pris ses distances et...

- Il avait presque pas de contact avec lui ?

- Je me suis occupée de Mathis seule.

Ces dernières semaines, il est devenu tellement violent...

Mais de là à le tuer...

Qu'est-ce qui se passe ?

Mathis !

- Il a rechuté.

Il part au bloc.

Votre fils a commencé à aller à l'hôpital

à partir de 3 ans. Plus de 5 fractures,

des malaises, des douleurs dans les os, des migraines...

Sa vie a dû être un enfer de souffrances.

- J'ai toujours été là pour lui.

- Bizarrement, avant l'âge de ses 3 ans,

il était en parfaite santé.

- C'est un mystère.

Les médecins n'ont jamais pu comprendre.

- La distillation légère et régulière

de certaines substances dans l'organisme

peuvent rendre l'enfant fragile, et ça, c'est quasiment indétectable.

Vous vouliez pas qu'il se passe de vous,

alors vous l'avez rendu malade.

- C'est faux. Je l'ai toujours soigné.

- Arrêtez. Votre fils est en train de mourir.

Dites-lui la vérité.

Mathis est un garçon intelligent.

Vous croyez qu'il n'a pas compris ce que vous lui faisiez ?

Vous allez le laisser partir

en s'imaginant que sa mère est un monstre ?

Les enfants plus que tout méritent la vérité.

- Je voulais pas.

Mais c'était plus fort que moi, il fallait que je le fasse.

Il fallait que je lui donne toutes ces choses...

Et puis j'avais besoin

qu'on s'occupe de moi.

Vous pensez qu'il va me pardonner ?

- Quoi qu'il arrive, vous êtes et resterez sa maman.

- Je sais pas...

Je sais pas comment lui expliquer...

que sa mère lui voulait du mal.

Comment lui dire qu'elle cherchait à le tuer ?

- Dites-lui la vérité.

Dites lui que sa maman est malade.

Votre fils a déjà compris beaucoup de choses.

Puis surtout, dites-lui que vous l'aimez.

Moi qui suis orphelin,

j'aurais bien aimé un jour qu'un papa me le dise.

- Je suis prête.

- Magnifique. - Merci.

- Je pensais pas que t'accepterais de dîner avec moi.

- C'est pas pour un dîner, juste pour un café.

Et c'est pour embêter Jonathan. - Non, c'est pour autre chose.

- Peut-être.

Ca fait longtemps que tu connais Matteï ?

- OK, je vois. Qu'est-ce que tu veux savoir ?

- Pourquoi il a choisi la BPM ?

- Alors ?

- OK, c'était cool.

Mais ça va finir par se savoir que je suis pas un vrai flic.

Et vous serez dans la merde.

- J'ai promis à ton frère que j'allais te sortir de tes conneries.

Tiens, c'est le manuel pour devenir un bon flic.

- Quoi ? Comment ça ?

- Tu lis le premier chapitre,

et on en parle demain matin au bureau, à 8 h.

Bonne soirée.

- Commandant, le premier chapitre s'arrête où ?

- Avant le deuxième !

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