All language subtitles for Alexandra_Ehle_s.3_ep.02.fr

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified) Download
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Tu es sûre que ça marche, ton truc de luminothérapie ?

Et le vert, ça sert à quoi ?

Ça purifie l'âme.

Et le bleu, ça élève les énergies.

Ouais...

Et le rouge ?

Ça stimule le flux sanguin.

Je vais mettre une robe rouge !

Non, non, non. Moi, je dis, tu mets des vêtements larges.

Jogging. Gris.

Non ! Moi, je serais toi,

si Pincé te demande en mariage,

j'essaierai carrément le pyjama marron,

parce que s'il te demande en mariage habillée comme ça,

ça veut dire qu'il t'aime vraiment.

S'il ne le fait pas,

t'auras pas à te changer pour pleurer sur ton sofa

et bouffer des chips.

Il m'invite dans un restaurant étoilé en me disant

qu'il a un truc à me demander.

Il va le faire, c'est sûr.

Moi, la première fois que Samuel, mon ex,

m'a fait sa demande, on était dans un restau.

Il arrive et il me dit :

"Désolé, ta bague est tombée dans le caniveau."

Donc, vite fait il m'en fabrique une autre,

avec du PQ,

et, au moment où j'allais répondre,

deux mecs sont arrivés

et lui ont cassé la gueule en plein restau.

Je n'ai jamais su pourquoi.

- Samuel, quoi ! - Voilà.

Pourquoi tu dis "la première fois" ?

Parce que j'ai refusé, je ne suis pas folle !

Et la deuxième ?

La deuxième...

Ah...

Quand on parle du loup.

Allô ?

Oui.

Le truc chiant, avec les mariages, c'est de choisir ses témoins.

Oh !

Oui, tu as raison. Personne ne veut être témoin.

Je suis soulagée que tu le prennes comme ça,

parce que je voulais le proposer à Vanessa.

Vanessa ?

C'est l'amie que tu ne vois plus, parce qu'elle t'a piqué ton ex ?

C'était il y a 7 ans, ça va.

Je la connais depuis la maternelle.

Où elle te piquait tes quatre heures ?

Arrête, elle a changé.

Tu es vexée ?

Moi ? Non, mais tu es folle ! Je suis soulagée, même.

Je n'aurai pas à collecter les pires photos de toi

pour faire un diaporama pourri sur une musique débile.

Ni à écrire un discours soporifique

pour dire à quel point tu es une fille géniale.

Les filles, il y a un truc bizarre. Apparemment,

ça fait cinq jours qu'un des copains de Samuel

- s'est enfermé sur son bateau. - Et ?

Mais non, c'est encore un de ses plans pourris.

Alex, tu es trop naïve.

Non, mais j'y vais, là.

- Si. - Non, n'y va pas !

Bon, elle y va.

Vanessa ?

J'ai une bonne nouvelle :

je n'ai plus peur de rien.

Ni de la mort, ni de la souffrance, ni de la maladie.

Tu avais peur ? Je n'avais pas remarqué.

Et tout ça, c'est grâce à Mme Junot !

Elle m'a expliqué

que mes angoisses viennent de la petite enfance.

Tout aurait commencé

quand j'ai tué ma tortue Caroline

en lui marchant dessus sans le faire exprès.

Ça a fait un crac horrible,

suivi d'un petit bruit de succion, genre.

Et tout aurait commencé là.

Il y a une guêpe, là !

Il y a une guêpe ! Ah non, c'est une mouche. Non, pardon.

C'est...

Mais c'est qui exactement, cette Mme Junot ?

Elle a l'air brillante.

C'est ma psychothérapeute.

Ça fait deux mois que je vous en parle !

Ah oui.

Ça fait plaisir de voir que vous vous intéressez à ce que je vous raconte.

Mais ça m'intéresse !

Mais pourquoi tu vois un psy, d'abord ?

Parce que, quand Iggy m'a annoncé qu'elle était enceinte,

elle a fait de moi un père, au niveau symbolique.

Et quand elle m'a avoué qu'elle avait menti,

ça m'a fait comme si j'avais perdu mon enfant.

Du coup, je process mon deuil.

Alors ? Justement, tu devrais être content.

Tu ne le voulais pas, ce gosse.

Oui, mais ça ne m'empêche pas de souffrir. Aucune empathie.

Merci d'être venue.

Bon. Qu'est-ce qui se passe ?

- Mon pote Jéremie. - Oui.

Je faisais de la voile avec lui.

Enfin, il faisait du Topper et moi, de l'Optimist.

Je te parle de ça, on avait quoi ? Douze piges.

Oui, mais j'ai du boulot, Samuel.

Pas la peine de remonter au Big Bang. Dis-moi ce qui se passe.

Mon pote Jérém, Jérémie Bataille.

Profession ?

De-ci, de-là.

Ce n'est pas vraiment une profession.

Non, mais sa famille détient un grand domaine viticole.

Bon, alors, qu'est-ce qui t'inquiète ?

Je suis passé le voir hier,

je voulais qu'on se fasse une partie du jeu

où on claque des trolls.

Pas de métaphysique, s'il te plaît ! Juste les faits.

OK. J'ai frappé à la porte, il ne m'a pas ouvert.

Et pourtant, il y a de la lumière.

Alors je suis allé chez lui, au château.

On m'a dit qu'il était parti en mer,

mais le bateau est toujours là.

Il n'a peut-être pas envie de te voir.

Je trouve ça bizarre qu'il ne réponde pas.

Oui, tu as raison.

Ça sent la mort.

Va me chercher ma mallette.

Oui.

- Antoine ? - Oui ?

C'est moi. Tu es où ?

Avec Pincé.

On fait une pause bucolique sur une départementale.

Non, en vrai, le moteur a lâché, on est en panne.

On attend la dépanneuse. Qu'est-ce qu'il y a ?

Là, je suis sur un bateau, au port de plaisance.

Et vu l'odeur, je crois qu'il y a un macchabée.

Tu ne fais rien.

Tu m'attends. Tu ne bouges pas !

- Je t'attends. - J'arrive !

- Qu'est-ce que vous faites ? - Le gilet !

Tu es vachement jeune pour un croque-mort.

Je ne suis pas un croque-mort.

Je suis l'assistant spécial du docteur Ehle.

Apprenti croque-mort, quoi.

Hey ! Je jette un œil et je reviens.

Mais vous, surtout, vous restez où vous êtes.

OK !

On y va ?

J'ai l'impression qu'elle nous disait de ne pas venir.

Et moi, qu'il ne faut pas la laisser seule.

Reste là, si tu as peur.

Non, je n'ai pas peur.

Grâce au Dr Junot, je n'ai plus peur.

On y va.

C'est sympa chez lui.

Jérém, c'est un mec super cool.

Mais qu'est-ce que vous foutez là ?

Je vous avais dit de m'attendre dehors.

On est venu t'aider.

Putain, Samuel, tu ne peux jamais écouter ce qu'on te dit ?

Restez pas là !

Partez ! Ne m'approchez pas, reculez ! Tout de suite !

Attends, mais détends-toi, Alex. Qu'est-ce qui se passe ?

Il se passe que ton pote, il est mort de la peste !

Laisse tomber, il fait ça tout le temps.

De toute façon, pour nous, c'est trop tard.

On est sûrement déjà contaminés.

Moi qui ai toujours eu peur de mourir d'un truc à la con,

genre pot de fleurs qui tombe du 3e étage...

Ne le touche pas.

Il est mort hier,

mais il devait être malade depuis longtemps.

Pourquoi il n'est pas allé à l'hôpital ?

Il n'a peut-être pas eu la force.

Mon pauvre Jérém !

- Non, ne le touche pas ! - Mais évidemment.

La peste, ça n'existe plus aujourd'hui.

C'est un virus du Moyen Âge, non ?

Alex, tu es là ?

Oui ! Non, ne viens pas !

Alex !

Salut, mon pote.

Arrête, Antoine, arrête là ! Restez là, ne bougez pas.

Pourquoi ?

Il y a un mort sur le bateau. Il a la peste !

- La quoi ? - La peste !

Que racontes-tu ?

On n'attrape pas la peste en 2020. C'est quoi cette histoire ?

Après le Corona, tout est possible !

Viens, ne reste pas là !

Mais non, pour moi, c'est trop tard.

Donc, il faut absolument éviter la contamination.

Et tu me fais un cordon sanitaire tout autour du bateau.

Et personne, tu entends bien, personne

ne doit franchir ce cordon, OK ?

Je boucle le périmètre !

J'ai besoin de renfort au port de plaisance.

Tous les mecs disponibles !

Et mettez-moi en contact avec les autorités sanitaires.

Il s'appelle Jérémie Bataille, 43 ans.

Il avait pris une année sabbatique

pour naviguer avec ses deux ados après la mort de leur mère.

Un cancer.

- Comment tu sais ça ? - En fait,

c'est un ami d'enfance de Samuel.

C'est incroyable !

Vous n'êtes plus ensemble et dès qu'il apparait,

il faut qu'il foute la merde !

S'il s'en sort, je le tue !

Mais on n'a pas le temps, Antoine.

Il faut faire une liste de tous les gens

qui ont pu l'approcher et les mettre illico en quarantaine.

Putain... La peste, quoi.

- Tu vois Samuel ? - Oui, il est juste là.

Il fait quoi ?

Il est agenouillé.

Il pleure, j'ai l'impression.

- On va mourir ? - Mais non !

Si on prend le bon traitement, non.

Si je peux choisir, je préférerai prendre le bon.

Il faut juste qu'on sache à quel type de peste on a affaire.

- Parce qu'il y en a plusieurs ? - Mais oui.

Il y a même des bacilles résistants.

Comment on va faire pour savoir ?

Quand on aura fait l'autopsie de ce truc.

On va essayer de faire une liste des gens

que la victime a côtoyés depuis son retour.

On vous rappelle.

Ils sont rentrés il y a un mois.

Ils se sont installés au domaine familial.

Jérémie allait faire les vendanges

pour se remettre à flot financièrement

et repartir en mer dès que possible.

On sait combien de personnes ont été en contact avec lui ?

D'après mes premières recherches, pas grand monde.

Sa mère, son frère, sa belle-sœur. Ses enfants évidemment.

We'll need to examine everyone who contacted them,

en dehors du cercle familial.

On va boucler la zone.

Les autorités sanitaires préfèrent envoyer

du personnel soignant plutôt que de faire venir des malades à l'hôpital.

On va mettre en place les mesures prophylactiques là-bas.

Pourquoi ? Ce serait plus sûr de les envoyer à l'hosto, non ?

Au moins, ma sœur.

Désolé, ils sont encore traumatisés.

Ils ont peur qu'en les bougeant, l'épidémie se propage

et qu'on se retrouve encore avec une pandémie.

Super rassurant.

Regardez ce que j'ai trouvé sur la table.

"Les animaux malades de la peste", la fable de La Fontaine.

"Un mal qui répand la terreur.

"Mal que le Ciel inventa pour punir les crimes de la terre, la peste

"faisait aux animaux la guerre."

Ça ne peut pas être un hasard s'il avait ça ici.

Vous ne croyez pas ?

Je crois que tu as raison, Théo.

Cette fable n'est pas là par hasard.

Le rat vous l'a dit ?

À l'origine, c'est souvent les rats

qui transmette la peste à l'homme par l'intermédiaire de leurs puces.

Mais une fois le rat mort,

les puces affamées, elles sautent sur l'homme et le contamine.

Je pensais que la peste,

c'était un truc éradiqué depuis des années.

Chez nous, oui.

Mais elle ressurgit de temps en temps dans plein d'endroits du monde.

Pauvres, en général.

Genre Tanzanie, Madagascar.

Donc, ils auraient pu ramener des rats contaminés

sur leur bateau pendant leur tour du monde ?

C'est possible.

Mais ce qui m'intrigue quand même,

c'est que ce rat n'a aucune trace de piqûre de puces.

Alors, quoi ?

Il faut que je demande des analyses supplémentaires.

Mais à mon avis,

ça ne m'étonnerait pas qu'il ait inhalé le virus.

- Inhalé ? - Oui.

Que faites-vous ?

Je sors. Toi, tu restes ici. On est contagieux, je te signale.

Je peux même pas dire adieu à quelqu'un ?

Tu devrais le faire par téléphone.

On est des pestiférés, quoi.

Exactement.

Tu donneras ça à l'IML. Et ferme ta fenêtre, c'est plus prudent.

Comment tu peux être certaine que Bataille ne l'a pas chopé

pendant son voyage ?

Parce que le délai d'incubation de la peste n'est pas aussi long.

Et sur le bateau, il y a cette fable de la Fontaine

sur les animaux malades de la peste.

C'est bizarre.

Ça ne prouve rien, ça.

Non, mais c'est quand même un drôle de hasard.

Et tu as le nom des autres membres d'équipages ?

Oui, son fils, Ulysse, 17 ans, et sa fille Thétis, 16.

Et leur préceptrice, Angèle Brun.

Et il y a combien de personnes potentiellement contaminées ?

La famille et les ouvriers agricoles qui bossent au château.

On a établi un périmètre de sécurité autour du domaine

et on va aussi visionner la vidéo surveillance du port

pour voir si quelqu'un est monté sur le bateau.

Oui, et il va falloir qu'on autopsie le cadavre.

Il faut qu'on sache quel type de peste il avait

et surtout la dater.

Tu veux faire ça où ?

Au domaine.

J'irai demain matin avec Théo et Samuel.

Pourquoi tu as écouté ce Samuel

et tu es montée sur ce bateau, bordel ?

Mais quelqu'un doit les soigner, de toutes façons.

Je sais, mais j'aurais préféré que ce ne soit pas toi.

Tu te souviens, quand on était petits,

tu m'appelais la peste blanche.

- Allez... Salut. - Salut.

On a les résultats d'analyse.

Le rat n'a pas été piqué par une puce.

Il a été contaminé par aérosol.

On a retrouvé des traces de fréon dans ses poumons.

Ça veut dire que quelqu'un a délibérément inoculé le virus

de la peste au rat.

Pour qu'il contamine Jérémie Bataille.

Alex avait raison.

- Et comment elle va ? - Bien.

Mais je veux savoir la vérité.

Elle a combien de chances d'être infectée ?

Après la morsure d'une puce,

le germe se développe après 3 à 6 jours d'incubation.

Mais la bactérie provoque le gonflement

- et la suppuration des ganglions. - Putain.

Ça, c'est la peste bubonique.

Bon, attends, c'est très impressionnant,

mais c'est peu contagieux.

Le problème, c'est quand la barrière ganglionnaire est franchie.

La forme bubonique devient peste septicémique.

Et au cours de l'essaimage du germe,

les poumons peuvent être le siège d'un foyer infectieux. Et là,

effectivement, c'est différent.

C'est à cause des gouttelettes en suspension dans l'air.

Cette pneumonie pesteuse rend le malade très contagieux. Même mort.

En plus, je la connais,

elle ne va pas vouloir se faire soigner.

Et elle va être en isolement total, je pourrai pas la protéger.

Vous pensez qu'il va dormir encore longtemps comme ça ?

Je n'en sais rien, Théo.

Il ne doit pas sortir sans son masque et sa combinaison.

Il s'appelle Samuel.

Tu vas voir là-bas ?

Si ça se trouve, celui qui a tué Jérémie est ici

et on va se retrouver en quarantaine avec lui.

Tu progresses, mon petit Théo.

Figure-toi que la vidéo-surveillance du port

nous indique que personne n'est monté sur le bateau

après que Jérémie se soit enfermé à l'intérieur.

Donc, selon toute probabilité, l'assassin est ici.

Et il va falloir que je m'arrange pour interroger toute la famille.

Attendez, vous voulez mener l'enquête ?

Oui, Théo ! Et toi aussi.

Non, bougez pas. Dr Mangin.

Je suis chargé d'organiser l'hôpital de campagne.

Dr Ehle, contaminée et médecin. Donc, je me disais...

Oui, votre frère m'a prévenu.

Il m'a dit que vous alliez faire des pieds et des mains

pour participer aux mesures prophylactiques.

Pas du tout.

Serait-il possible

de déplacer l'antenne médicale.

À l'intérieur du château.

Il m'a aussi dit que vous alliez me demander ça.

Et ?

Et entre les Bataille, leurs ouvriers et leurs voisins,

je n'aurai pas trop d'une autre paire de bras.

Merci, docteur.

Non, asseyez-vous.

À une condition.

Votre frère m'a confié votre santé,

on doit vous faire une prise de sang et à vous aussi.

À moi ?

J'ai déjà prélevé des échantillons sanguins

sur ceux qui ont côtoyé le mort.

Le labo devrait être réactif.

C'est moi qui compte, OK ?

Un, deux...

Vous n'avez pas attendu trois !

Un, deux...

Vous n'avez pas attendu trois.

Je vous présente le docteur Ehle qui est là pour me seconder.

Vous êtes tous entrés en contact avec Jérémie Bataille,

c'est pour ça que vous êtes réunis dans ce périmètre sécurisé.

Et il est mort de la peste.

Mais le mot ne doit pas faire peur.

Le bacille, quand il est pris à temps et traité par des antibiotiques,

peut être combattu.

C'est la grande différence avec le covid.

L'Académie Française a statué pour "la" covid.

Qu'avez-vous prévu exactement comme mesures prophylactiques ?

Tu peux parler comme quelqu'un de normal, s'il te plait ?

Celle-là, elle serait muette

qu'elle aurait encore la langue trop bien pendue.

Tu es la fille de Jérémie, Thétis, c'est ça ?

C'est quoi le protocole ?

Nous allons prévenir la survenue de la maladie

avec un traitement antibiotique pendant une semaine.

Quels antibiotiques ?

Streptomycine.

Merci.

Nous avons reçu les résultats.

Vous êtes tous porteurs.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Porteurs comme porteurs sains ? Porteur qui ne l'a pas ?

Ah non. Porteur comme "porteur qui l'a".

En résumé, vous avez tous la peste.

Mais...

Et les ouvriers agricoles, les voisins ?

Personne n'est contaminé.

On leur fait le suivi antibio standard.

Du coup, les Bataille risquent de les infecter, non ?

En effet. En fait, on va mettre une zone de sécurité

dans la zone de sécurité.

Ceux qui sont infectés, on les cantonne au domaine.

Je peux m'en occuper,

parce que je suis contaminée aussi.

Ils sont à vous. Mais vous, vous êtes à moi.

Bon, on est tous contaminés. Plus besoin de masques entre nous.

Je vais revenir sur ce qu'a dit le docteur Mangin.

La situation n'est pas aussi dramatique qu'elle en a l'air.

Dans la plupart des cas, les antibiotiques fonctionnent.

Il suffit de prendre les bons.

Dans les autres cas, si la maladie est trop avancée, on meurt.

Mais faites taire cette gamine, par pitié !

C'est une possibilité.

Mais vous êtes qui, vous, d'abord ? Malade ou médecin ?

Un médecin en bonne santé, je n'ai déjà pas confiance,

alors une médecin pestiférée...

Arlette, ne vous énervez pas.

Il faut se serrer les coudes.

Oh, si j'ai le choix, ma bru, je préfère ne pas serrer les vôtres.

Gestes barrières.

Bon, maman, ça suffit, là !

Bon, le temps d'incubation peut varier entre un et sept jours.

Avec papa, on est rentré il y a un mois.

Oui, mais il a peut-être été contaminé

en retournant sur le bateau.

L'imbécile ! Il nous en aura fait voir jusqu'au bout.

Mais c'est quoi ton problème à toi ?

Arrête de parler de papa comme ça !

Sinon quoi ? Tu me fiches ton poing dans la figure ?

Même un vaurien comme toi n'oserait pas frapper sa grand-mère.

Mais moi, si.

Alors, lâche mon frère.

On doit rester en quarantaine longtemps ?

Six jours.

Ah, non. Je les aurais tous tués avant !

- On le met où ? - Oui.

- On va le mettre dans la cave. - OK.

Discrètement, s'il vous plaît.

Samuel !

Samuel ?

- Oh, j'en étais sûre ! - Quoi ?

Mais qu'est-ce que tu fais là ?

Quoi ? Je respire les vins.

Oui. Il y a un chaman bourguignon

qui m'a expliqué que ça tuait les germes.

Et il m'a aussi expliqué, le pauvre,

paix à son âme,

qu'il faut se masser la voûte plantaire

avec un grain de raisin.

C'est vrai !

Mais arrête tes conneries.

Tu dois commencer ton traitement tout de suite.

Tu es moins marrante quand tu es médecin normale

que quand tu es légiste.

Je suis moins marrante depuis que j'ai la peste à cause de toi.

J'ai une question :

ça n'a rien avoir avec ce qu'on disait avant,

mais qu'est-ce que tu ferais s'il te restait 24 h à vivre ?

Je disséquerais le cadavre de Kennedy.

- J'ai droit à deux ? - Oui.

Kennedy et Léonard de Vinci. Non !

Kennedy et le masque de fer.

Voilà. Et toi ?

S'il me restait 24 h à vivre avec toi...

Pardon de vous déranger dans votre conversation,

mais le corps est là. Il nous attend dans la cave.

Ah ! Oui.

OK. S'il me restait 24 heures à vivre avec toi...

S'il me restait 24 h,

j'aimerais disséquer avec vous toute la nuit.

C'est moi qui le disais d'abord.

Fallait être plus rapide.

Gonflement des ganglions lymphatiques au niveau du cou,

des aisselles, de l'aine.

Saignements de nez, épiderme dépigmenté.

C'est la peste bubonique.

Elle a dégénéré en peste pulmonaire au second degré.

La mort a été foudroyante.

- Comment il l'a attrapée ? - Sur le bateau.

Par les sécrétions du rat.

Il va falloir découper ses vêtements.

Je prendrais bien

un petit verre de vin, moi aussi.

Vous êtes en train de siffler ma cave ?

Mais pas du tout. J'avais du travail.

Menteuse !

Vous avez encore du vin sur votre blouse.

Non, ça, c'est de l'antiseptique.

Je suis désolée pour votre fils.

Celui-là, il ne m'a apporté que des ennuis.

Mais des ennuis de quels genres ?

Tout !

À l'école, j'étais convoquée chaque semaine.

Une fois, il a même fichu le feu à la robe de la prof de maths.

Et puis après, ça a été pareil.

Et depuis le retour de Jérémie, l'ambiance était comment ici ?

Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Vous êtes flic ou médecin ?

J'ai entendu Ulysse

s'engueuler très fort avec son père il y a quelques jours.

Il gueulait comme un porc qu'on égorge.

Tel père, tel fils, croyez-moi.

Et vous avez réussi à entendre ce qui a mis Ulysse si en colère ?

Pas un traître mot.

Juste les insultes.

En revanche, ce qui m'intrigue, c'est que je me demande

ce que ce gamin pouvait fabriquer dans la bibliothèque.

Je ne suis même pas sûre qu'il sache lire.

Et moi ?

J'en ai pour longtemps ?

Vous avez un tempérament à survivre à Ebola,

mais, pour le reste, il faudrait que je vous ausculte.

Bon.

Apparemment,

Ulysse a eu une grosse engueulade avec son père il y a quelques jours.

Ah, parfait.

Pardon, je voulais dire...

Alors, elle les a eus, les symptômes ?

Elle tient le choc, mais

la mort de son fils l'a foutue en rogne,

et je ne suis même pas sûre qu'elle soit triste.

Bon, super.

Pardon, vous pourriez m'examiner au fond de la bouche ?

On dirait que j'ai un bubon.

Je t'ai déjà examiné il y a une heure !

Mais, là, ça a poussé d'un coup comme un champignon.

Un champignon bubonique.

Fais voir.

Mais oui, tu as quelque chose !

Tu as un gros chewing-gum collé au fond du palais.

Ça a l'air tendu, les relations familiales, dites donc.

Ne faites pas attention.

Ma belle-mère a une tumeur au cerveau.

Une tumeur bénigne, mais, en lui retirant,

les médecins ont endommagé l'hémisphère droit.

Et depuis, elle est devenue... Comment dire ? Sans filtre.

Du coup, j'imagine qu'avec Jérémie,

ça devait être un peu conflictuel, non?

Non. Pourquoi ?

Ah non, pardon, parce que, moi, j'ai une famille compliquée

et j'espère toujours que je ne suis pas la seule.

Vous n'êtes pas la seule.

Avec mon frère, on est complètement opposés.

Lui, il est rigide, alors que, moi,

je suis plus souple.

Et j'ai l'impression

qu'entre Jérémie et votre mari, c'était un peu ça, non ?

Oui. Luc, il est très sérieux, hyper fiable,

alors que Jérémie, c'était...

Désolé, je ne savais pas que vous étiez là.

Asseyez-vous, comme ça je m'occupe de vous.

Pourquoi ?

- Allez. - Mon mari a très peur des piqûres.

À la vue du sang, il tombe dans les pommes.

Est-ce qu'il a beaucoup souffert ?

Enfin, je veux dire, c'est douloureux de mourir de la peste ?

Ouais.

Ne vous fatiguez pas, j'ai compris.

Oui ?

Ulysse, ça va ?

Comment tu te sens ?

Si vous parlez de la santé, oui, très bien.

Si vous parlez du moral...

Oh là là, 8 - 6 !

Ce n'est pas beaucoup.

Fumer de l'herbe, ça n'a jamais aidé pour la tension.

Non, mais pour le moral, un petit peu.

La mort de mon père

et nous, en train d'attendre de crever.

Mais on ne va pas crever. Et puis, pour ton père...

J'aurais tellement juste voulu lui dire au revoir.

Tu t'entendais bien avec lui ?

Oui.

C'était un mec génial.

Il était génial et il était fou aussi.

Il n'y avait jamais un jour qui ressemblait à l'autre avec lui.

Et ça fait longtemps que tu fais de l'arthrite ?

Depuis quelques années, oui.

Mais ça fait mal ça !

Il existe pleins de traitements, je peux t'en prescrire.

Mais je crois qu'il faut surtout éviter les conflits.

C'est quoi le rapport ?

Parce que ça agit sur le cortex

qui sécrète lui-même encore plus d'acide lactique.

Tu as eu des tensions récemment, avec ton père ou... ?

Avec mon père ? Non.

Mon père était comme un Dieu pour moi. Pourquoi ? Non.

Salut, ça va ?

Je viens de recevoir quelques infos sur Ulysse.

Apparemment, ce gosse a eu de nombreuses difficultés à l'école,

plusieurs renvois, à cause de problèmes de bagarres, de drogues.

Et vous croyez que ce cancre irrécupérable

aurait été capable d'extraire le bacille de la peste,

de le stabiliser et de le transmettre à un rat par inhalation ?

Il faut des meilleures notes en SVT, croyez-moi.

Ouais.

Mon vieux,

je ne sais pas si c'est le bon moment,

mais je voulais vous demander une chose.

À propos de quoi ?

Ça vous dirait d'être témoin ?

À quel procès ?

À mon mariage.

Ah... Votre...

Merci !

Merci, mon ami. Merci !

C'est ici que tu habites ?

Non. C'est ici que je pense.

Je peux te tenir compagnie ?

J'aimerais mieux pas.

Tu fais quoi ? Tu dessines ?

J'essaie de voir comment stabiliser de la nitroglycérine.

Ah, bon ? Pourquoi ?

Transporter de la dynamite.

Pourquoi faire ?

Exploser une banque.

Ah, ouais ?

Et tu ferais quoi avec l'argent ?

Avec l'argent, rien.

Le but, c'est juste de détruire la banque.

Carrément.

Ton père en penserait quoi de ce petit projet ?

Mon père, ça le ferait rigoler.

Il rigolait toujours de tout.

Ça m'agaçait, mais ça me plaisait aussi.

Casse-toi maintenant. Tu m'empêches de réfléchir.

Pas très commode.

Qu'est-ce que tu fais ?

Je vais boire un petit coup.

Si je dois crever demain, j'aime autant ne pas être sobre.

Mais arrête.

Je te connais par cœur :

quand tu mens, tu as tes narines qui palpitent.

OK.

Jérémie et moi, on avait juste monté un petit business.

Mais rien de méchant.

Arrête, je les connais, tes petits business.

Tu as fait quoi ?

Non, moi, rien,

mais Jérémie empruntait des étiquettes de pinard

pour les coller sur d'autres bouteilles.

Et on les revendait pour se faire une petite marge.

Mais rien.

Ah, merde. Mais il le sait, ça, Luc,

que Jérémie détournait sa production pour vendre de la piquette ?

Ça n'était pas de la piquette.

C'était un Merlot à 2 euros,

mais franchement, il passait bien.

Enfin, Alex !

Mais il le sait ou pas ?

Seule la grand-mère sait.

Elle nous a surpris à la cave.

On ne croirait pas, mais elle a un œil de lynx.

Un cerveau de raptor.

Qu'est-ce qu'elle vous a dit ?

Elle lui a dit que c'était un ingrat,

que son frère trimait pendant que lui

prenait du bon temps sur son bateau.

Alors, j'ai essayé de lui expliquer que tout le monde

n'est pas fait pour le milieu du travail.

Mais elle n'a pas adhéré à fond, à 100 % à ma théorie.

Oui, je vois.

Allez, viens. Il faut que j'aille t'examiner. Viens.

Oh là là ! Mais où tu as fait tout ça ?

Ici et là.

J'ai raté une marche à la mairie

au mariage d'un copain.

Ça, c'est un chat et puis, là, c'est quand j'ai voulu échapper

à un loueur de costume.

Mais alors il courait vite, le petit salaud !

Tu as le corps d'un gamin de 10 ans.

Avec des croûtes et des bleus sur les genoux.

Mais tu as le blanc d'œil d'un mec de 70.

Je serais toi, je me calmerais sur les excès. Viens.

Fais "A"!

- J'ai un truc ? - Non,

tu as deux petits ganglions, là.

Mais si les antibios sont les bons,

ça devrait diminuer dans quelques heures.

Ça m'étonnerait.

J'ai toujours la poisse.

Il y aurait une peau de banane en plein désert, ce serait pour moi.

J'ai espoir que la science moderne vienne à bout

même de poissards comme toi.

Zéro chance.

Et sinon...

Pour mes derniers instants sur Terre,

si on s'embrassait une dernière fois ?

Si tu devais mourir, moi, je parierais plutôt sur le foie.

Alex,

si je meurs, que ce soit de la peste ou d'une cirrhose,

je veux que tu saches,

même si j'ai fait le con et que c'est impardonnable,

que je t'ai toujours aimée.

Peut-être n'importe comment, peut-être mal, mais, en tout cas,

plus que je n'aie jamais aimé personne.

Bonne soirée, Sam.

Bonne soirée.

Ça a l'air tendu, les relations familiales.

Ne faites pas attention.

C'est ma belle-mère, elle a eu une tumeur au cerveau.

Mais du coup, j'imagine qu'avec Jérémie,

ça devait être un peu conflictuel, non ?

Celui-là ne m'a apporté que des ennuis.

J'ai entendu Ulysse

s'engueuler très fort avec son père il y a quelques jours.

Tu as eu des tensions récemment avec ton père ?

Bon, pour information,

sachez j'ai écrit mon testament pendant la nuit,

et vous devriez en faire autant.

Même si, évidemment, on est là pour vous soigner.

On n'est jamais trop prudent.

Eh bien, moi, j'y ai bien réfléchi. Et vous n'aurez rien !

Enfin, rien, je ne peux pas.

Alors, je vais m'organiser pour tout dilapider

dans le temps qui me reste.

Salut !

Je ne sais pas si on est arrivé au paradis, mais ça y ressemble.

Un bout de chocolat.

Tu ne me demandes rien ?

Je ne t'avais pas vue.

- Il l'a fait ! - De quoi ?

- Qui ? - Pincé !

Il m'a demandée en mariage.

Ce n'est pas comme s'il y avait eu un gros suspens non plus.

Fais voir la bague.

Tu ne me demandes pas comment ?

Comment ?

Écoute...

Il est arrivé vêtu de façon assez sexy,

et il m'a tendu un paquet.

C'était un jeu de cartes.

Il m'a demandé d'en choisir une et j'ai tiré le roi de cœur !

Et là, il a mis un genou à terre

et m'a dit qu'il voulait être le mien.

De roi. De cœur.

Avec une demande aussi pourrie,

j'espère que tu t'es barrée en courant ?

Non. Je l'ai embrassé.

Ça a fait tomber le jeu de cartes et il n'y avait que des rois de cœur.

Mais quelle arnaque !

Je parle du mariage, pas du jeu de cartes.

Tu peux y aller maintenant, j'ai du travail.

Sympa.

Et félicitations !

Merci.

Les rosiers devant le château ont de l'oïdium.

Si ça s'étend aux vignes, on peut tout perdre.

Vous devriez vous reposer.

Ah oui ?

Je me demande pourquoi je m'en fais. Tout le monde s'en fout.

Vous savez ce qu'elle dit, ma mère ?

"Tu verras, six pieds sous terre,

"le vin ou la piquette, ça aura exactement le même goût."

Ça aura vraiment été une année maudite.

Pourquoi ? Vous avez eu d'autres problèmes ?

Des petits malins utilisent le nom du domaine

pour vendre du mauvais vin.

On s'est fait piquer un tas d'étiquettes.

Ceux-là, si je les chope...

Quoi ?

Non, c'est façon de parler.

Ma mère pense que c'est Thétis.

Pourquoi ?

Elle croit qu'elle nous déteste.

Et vous ? Vous croyez quoi ?

C'est arrivé après leur retour,

mais ça peut aussi être mon neveu.

Oui. Ou votre frère.

Oui.

Dis donc, j'y pense : tu devais détester la voile, toi.

Moi, pourquoi vous dites ça ? J'adore la voile.

C'est marrant, les gens qui mentent,

ils ont tous une façon différente de l'exprimer.

Toi, tu speedes.

Vous me traitez de menteur ?

Ce n'est pas forcément un défaut de mentir. Mais oui, tu mens.

Avec ton arthrite,

la voile, ça a dû être l'enfer, le froid, l'humidité.

Tu as dû vivre un véritable calvaire.

OK, ouais, je déteste la voile.

D'accord ?

Quand on a un père

qui vous a appelé Ulysse par amour des voyages en mer, c'est bien relou.

Bien sûr.

Et il n'a pas dû aimer ton histoire avec la préceptrice.

Pas vrai ?

Tu vois, tu re-speedes.

Je te propose un truc,

qu'on passe directement à la version vérité, OK ?

Ça vous choque ?

La différence d'âge, ça vous choque ?

Moi, à titre personnel,

je m'en fous comme de mon premier scalpel,

mais ton père, lui ?

Il n'était peut-être pas très content

de vous voir dans la bibliothèque, avec Angèle.

Vous êtes pas médecin,

vous avez un super-pouvoir de divination

ou un truc comme ça ?

Il s'est énervé quand il vous a vus ?

Ça ne s'est pas exactement passé comme ça.

Non, mais, Ulysse...

Je suis désolée, Jérémie, c'est de ma faute.

Votre fils n'y est pour rien.

Non, mais ne t'excuse pas, on n'a rien fait de mal.

On s'aime. Il n'y a pas de...

Tu me raconteras plus tard. Là, il faut qu'on s'en aille.

Quoi ? Attends, ce soir ? Cette nuit, là ?

On n'a pas le choix.

Tu as fait quoi encore ?

Rien de grave. Un petit problème avec le fisc. T'inquiète.

Non ! Non.

OK, moi, je ne pars pas. Je ne repars plus jamais, d'accord ?

Déjà, j'aime Angèle

et je déteste la mer !

Je m'en fous, Ulysse ! Si je te dis qu'on part, c'est qu'on part !

Non, je ne veux plus vivre sur un bateau !

On s'est gueulé dessus

et c'était la première fois que je lui résistais.

Maintenant, je regrette, parce que je pourrai pas m'excuser.

Tu l'aimais, ton père.

Et ta sœur Thétis, elle l'aimait aussi ?

Oui.

Ulysse m'a dit qu'ils avaient étudié le Moyen Âge.

Vous avez dû leur parler de la peste, alors.

Oui.

Ça les intéressait ?

Ulysse n'est pas très scolaire,

mais il est curieux et littéraire, comme moi.

Thétis s'intéresse à tout. C'est une surdouée.

Passionnée de chimie, de voyage et de math, surtout.

Et de peste, peut-être ?

Entre autres.

Sa passion pour la biochimie

a aussi failli nous coûter la vie plusieurs fois.

Oh là là, ça a dû énerver son père, ça, non?

Au contraire, ça le faisait rire. Il lui passait tout.

Et elle ?

Thétis ne réagit pas comme les autres.

Elle a plus pleuré la mort du chat que celle de son père,

mais ça ne veut pas dire qu'elle ne l'aimait pas.

Le chat ? Il est mort quand ?

Il y a quinze jours, je crois.

Thétis l'a enterré dans les vignes, au pied d'un arbre.

Vous m'avez appelé pour une autopsie ?

Quelqu'un d'autre est mort ?

Lui. Mets ta blouse.

Mais c'est immonde !

Il est à moitié dévoré par les vers.

Et encore, tu n'as pas tout vu.

Là, ici, il a été piqué plusieurs fois.

Je ne comprends pas.

À mon avis, quelqu'un s'est servi du chat

pour trouver le moyen le plus efficace d'inoculer la peste.

Il a essayé l'injection et l'inhalation.

Ah, mais c'est quelqu'un de très méthodique,

avec de sérieuses connaissances médicales et scientifiques.

Qui pourrait avoir ce genre de connaissance ?

Il y a quelqu'un ?

Qu'est-ce que vous foutez ?

Je suis venu faire ton examen médical.

Et vous commencez par ausculter mon ordinateur ?

Exactement.

Tu t'intéresses à la médecine ?

À tout ce qui ne concerne pas la psyché humaine.

Donc, tu sais comment se propage la peste ?

Oui.

Non, mais ne t'inquiète pas.

Quand c'est pris à temps,

il y a des chances que tout aille bien.

Je ne m'inquiète pas.

Mais tu dois être peu secouée.

La mort de ton père, la peste.

Si tu veux, je peux te prescrire un peu de Valériane pour dormir.

Si j'étais stressée, je prendrais plutôt des calmants

et je les fabriquerais moi-même.

Tu es une fille singulière.

Si c'est un compliment, merci.

Si c'est un reproche, allez-vous faire foutre.

C'est drôle, tu me fais penser à ma nièce, mais en pire.

Et moi, vous me faites penser à ce ridicule détective à moustache,

qui croit qu'on ne le remarque pas alors qu'on ne voit que lui.

Si c'est un compliment, merci.

Si c'est un reproche, va te faire foutre.

Suspect numéro un : Thétis, la fille.

Assez de connaissances chimiques pour inoculer le virus.

Jouissant de la souffrance des autres.

Tendances psychopathiques développées.

Suspect numéro deux : Ulysse, le fils.

Amoureux de sa préceptrice et refusant de partir avec son père.

Suspect numéro trois : Angèle, la préceptrice.

Même mobile qu'Ulysse,

en plus d'avoir des connaissances historiques et scientifiques.

Ils ont peut-être tué par amour, tous les deux.

Suspect numéro quatre : Arlette, la mère.

Furieuse contre son fils de lui avoir gâché sa vie,

sans compter ses lésions cérébrales.

Suspect numéro cinq et six : Luc, le frère,

et Émilie, la belle-sœur.

Pas de mobile connu.

Ce qui est sûr, c'est qu'il faut creuser du côté de Thétis.

Et c'est toi qui t'en charges.

Ah bon ? OK.

Vous oubliez quelqu'un.

- Qui ? - Samuel.

Samuel ne sait même pas faire la différence

entre la grippe et la peste.

L'amour vous rend peut-être aveugle.

L'amour ? Mais je le déteste !

Pourquoi un afflux sanguin vous monte au visage

quand vous le voyez ?

Pourquoi vous souriez bêtement quand il ouvre la bouche,

même si c'est pour tousser ?

Ce ne serait pas les symptômes de l'amour, ça ?

Mais depuis quand tu lis les corps ?

Depuis que je passe mon temps à vous regarder.

Diane ? Diane !

Alex nous a envoyé des prélèvements à examiner.

Alors, on a de tout :

des cheveux, du sang,

des fragments d'épiderme

et même un chat plein de vers.

OK ! Tu t'occupes des vers, je m'occupe du reste.

On ne fait pas l'autopsie à deux ?

On va perdre du temps.

Dis donc, je ne te trouve pas très au taquet en ce moment.

Mais qu'est-ce que tu as là ?

Tu m'en veux ?

Non, mais on a une épidémie de peste sur les bras

et notre meilleure amie en quarantaine.

Tu peux rester professionnelle ?

Heureusement que je vous ai, vous.

Tu sais ? Moi, j'ai commencé une analyse récemment

et je me suis rendu compte

qu'on était tous des tueurs en puissance.

Il t'en a fallu du temps.

Moi, dès que j'ai dépecé des rongeurs en primaire, j'ai su.

Ah, toi aussi, tu as déjà dépecé des rongeurs ?

Mes méthodes ont évolué.

Je me suis inspiré de Ted Bundy, de Charles Manson.

Je ne veux pas être chauvin,

mais on a aussi des serial killers très dangereux en France.

Ce n'est pas la même envergure géographique.

Ils sont presque tous dans l'Yonne.

Alors, Émile Louis ou Fourniret ?

Fourniret. Pour sa maîtrise.

Dutroux ou Dunand ?

Dunand, sans hésiter.

Toi ou moi ?

Moi, c'est sûr.

Toi, tu bluffes.

Je suis sûre que tu n'as disséqué un oiseau vivant.

Quoi, vivant ?

Et les vers ont parlé : traces de fréon là aussi,

comme dans les poumons du chat.

Et j'ai fait analyser un des fragments d'épiderme

et un des cheveux de Thétis Bataille.

On y trouve des doses massives de désherbant.

Peut-être des vignes.

Ou les bombes artisanales.

En analysant ses données Internet,

j'ai vu qu'elle s'était intéressée de près aux armes biochimiques,

dont l'inoculation de la peste.

Les Japonais en 1942.

Leurs avions ont largué des bombes remplies de puces

à qui ils avaient inoculé la peste.

Et la gamine serait capable de ça ?

Apparemment, elle se passionne pour les tueurs en série,

les dissections anatomiques, les photos de torture.

Une curiosité plutôt morbide.

Et si on continuait cette discussion au restau ?

- On y va ? - Non, je n'ai pas faim.

À vrai dire, moi non plus.

Moi, j'ai une faim de loup.

Bien. On va manger ?

Le problème, c'est que je n'ai vraiment pas faim.

Tu ne voulais pas déjeuner avec eux ?

Ils me fatiguent avec leurs petits sourires,

leurs surnoms débiles.

En mode jeunes mariés de comédie romantique à la con.

Tu n'as toujours pas rencontré quelqu'un.

Non, toujours pas.

Je n'y crois plus trop.

D'après les statistiques,

c'est au boulot qu'on rencontre le plus souvent son âme sœur ?

J'ai cherché là aussi, figure-toi. Personne.

Tu as vraiment bien cherché ?

Je crois que j'ai envisagé le stagiaire de troisième,

c'est pour te dire !

Et...

C'est quoi ton style ?

Alors là ?

Plutôt blond.

Le genre un peu nounours, tu vois ?

Bougon, mais drôle.

Attentionné.

Merci.

On a reçu les résultats.

Thétis reste la suspect numéro un.

Ses cheveux, ses recherches Internet,

tout indique qu'elle s'intéresse de près au bacille Yersinia pestis.

Et sa tutrice m'a parlé d'une espèce de carnet rouge

où elle notait tout. Il faut qu'on essaye de le retrouver.

Et j'ai son mobile : c'est une psychopathe.

Elle est fan des serial killers.

Son idole, c'est Léonard de Vinci, parce qu'il déterrait des cadavres.

Et alors ?

Que celui qui n'a jamais déterré de cadavre

lui jette la première pierre.

Elle m'a raconté pendant trois heures

qu'elle ôtait l'épiderme d'une hirondelle blessée.

C'est une preuve de grande curiosité intellectuelle,

au contraire.

Quand même, si ça se trouve, elle jouait à l'apprentie sorcière

et ça aurait mal tourné.

Non. Cette gamine m'a l'air précise.

Et si elle veut tuer quelqu'un,

ça m'étonnerait qu'elle n'y arrive pas.

Tu sais comment se propage la peste ?

Oui.

Je me suis rendu compte qu'en fait,

on était tous des tueurs en puissance.

Il t'en a fallu du temps !

Tout va bien, madame ?

Oui, ça va ! Oh là là, foutez-moi la paix !

Vous ne voulez pas que je vous ausculte ?

Non.

Tu es médecin comme je suis prof de zumba.

Je vous en supplie, débarrassez-moi de ce parasite.

J'ai du travail, moi.

Je me demande vraiment pourquoi Alex t'as embauché ?

Peut-être parce que, moi, je ne l'ai pas abandonnée.

Je n'ai pas fui comme un lâche.

Un sous-homme.

On ne va pas se prendre la tête entre pestiférés.

Alors, sous-homme, tu retires et je passe l'éponge.

OK.

Alors, qu'est-ce que tu dirais

de vieux looser mal coiffé ?

OK.

Oui, vous avez un peu de fièvre.

Vous vous sentez comment ?

Je suis fatiguée.

Je tousse, mais j'ai dû attraper froid.

Et vous avez des nausées ?

J'ai mal au ventre, comme une grippe.

Si la maladie dégénérait,

j'aurais des bubons partout sur le corps, non ?

Vous toussez beaucoup ?

Oui. J'ai craché du sang ce matin.

Ne vous en faites pas, ça va aller.

Docteur Ehle !

Je l'avais oublié, celui-là.

Docteur Ehle !

Tu sais, tu peux me montrer.

Avec mes compétences médicales,

je pourrais peut-être corriger tes erreurs.

Watson, je sais ce que tu cherches.

Tu veux voir si j'ai créé une formule pour conserver

et stabiliser le bacille de Yersinia Pestis.

Moi ?

Tu tomberais dessus,

tu serais incapable de reconnaître la règle de 3 du théorème de Fermat.

Je me trompe ?

Mais...

Je vais te confier un secret.

J'ai écrit sur le bacille de la peste,

mais les pages ont été arrachées.

Arrachées ? Par qui ?

Quand j'aurai trouvé, tu le sauras.

Tu veux dire...

Que je ne crois ni en la police, ni en la justice.

Je préfère régler mes comptes seule.

Ah oui... D'accord.

Un truc ne colle pas.

Émilie a de la fièvre, elle tousse. Elle a craché du sang.

Donc, pas les mêmes symptômes que Jérémie ?

Exactement.

Lui, il a fait une pulmonaire secondaire.

Tandis qu'elle,

elle a les symptômes d'une peste due à un inoculum bactérien.

Tout s'explique !

Ça veut dire quoi exactement ?

Ça veut dire

qu'elle a attrapé la maladie par voie respiratoire.

Avec un aérosol, quoi. Comme le rat,

mais bien après.

Donc, quelqu'un est toujours en train d'inoculer le virus ?

Peut-être.

On va tous y passer.

Mais non. C'est une affaire de famille.

Va un peu plus à droite. Attends, ne bouge plus.

- Voilà. - Merde.

Merde.

On a une présence prédominante de bacilles à Gram négatif

et de coccobacilles dans les crachats.

OK.

Donc, c'est la peste pulmonaire.

Si ce n'est pas traité à temps, c'est mortel à tous les coups.

Ça va les contaminer à vitesse grand V.

Appelle Alex. Elle a 24 h pour les sauver.

Ah, putain...

Je peux voir ma femme ?

Impossible.

- C'est grave ? - Très grave.

C'est la peste pulmonaire.

Prenez ça tout de suite.

C'est quoi ?

Des nouveaux antibiotiques.

Les anciens n'ont plus d'effet sur vous.

C'est très grave ?

Tout dépend de quand on vous a fait inhaler le bacille de la peste.

Que dites-vous ?

Que votre maladie n'a rien d'accidentel.

Je ne comprends pas.

Il y a quelqu'un, ici, qui cherche à répandre le bacille.

Donc, essayez de vous souvenir

si vous n'avez pas respirer une odeur

qui vous aurait paru bizarre.

Non. Non, je ne vois pas.

Ah, si. Il y a mon parfum, là, qui sentait une drôle d'odeur.

Vous pouvez m'amener ça au labo, s'il vous plait ? Merci.

Docteur Ehle !

Non, c'est bon !

Je vous assure, tout va très bien !

Ta tante a la peste pulmonaire.

Je sais.

C'est tout ce que ça te fait ?

- Primaire ? - Oui.

C'est le même qui s'en est pris à mon père.

En utilisant son flacon de parfum

et peut-être même, en laissant ses empreintes dessus.

Il faudrait qu'il soit complètement con.

Et si on est de la même famille, vu qu'on partage les mêmes gênes,

c'est impossible.

Mais ce que je ne comprends pas,

c'est pourquoi on a utilisé deux techniques différentes

pour ton père et pour ta tante.

Sans compter le mobile. Pourquoi lui ? Pourquoi elle ?

À moins que tu n'aies voulu toucher que ta tante.

Pourquoi je voudrais faire ça ?

Parce que tu la soupçonnes d'avoir tué ton père.

Intéressant.

Ton père vivait à leurs crochets.

Il n'arrêtait pas de leur emprunter de l'argent

qu'il ne remboursait jamais.

Et ta tante, quand elle a découvert qu'il faisait du trafic avec le vin,

peut-être qu'elle a vrillé.

Dans ce cas, pourquoi pas mon oncle ?

Parce qu'il n'était pas au courant.

Qui l'était ?

Ta tante et ta grand-mère.

Arrêtez directement ma grand-mère.

Au pire, elle n'a rien fait,

mais vous rendez un immense service à l'humanité.

Ta grand-mère a surpris ton père avec un ami,

en train de voler des étiquettes.

Je vois que vous avez bien fouiné.

Et moi aussi.

J'ai fait mes recherches sur vous.

Vous en avez eu des soucis

à fourrer votre nez dans les enquêtes de votre frère.

Vous n'avez pas peur d'avoir encore des histoires ?

C'est une menace ?

Parce qu'ici, votre frère n'est pas là pour vous protéger.

Vous êtes toute seule.

Ils étaient drôlement différents, les deux frères.

Pourquoi, d'après vous ?

Que vous voulez que j'en sache ? On les a élevés pareil.

Luc a peut-être souffert de grandir dans l'ombre de son frère ?

Jérémie, vous voulez dire.

Luc est un fils modèle.

Il était brillant.

Il a repris le vignoble quand il a vu que son frère le ferait pas.

Pourtant vous savez comme moi

que les femmes préfèrent les mauvais garçons.

Parlez pour vous.

Si.

C'est les failles, au fond, qui nous touchent.

Taisez-vous.

Vous réagissez très bien aux antibiotiques.

Mais vous ne laissez pas mourir de chagrin.

Là, c'est papa quand il avait à 20 ans.

Tu as vu la classe ?

Il a des muscles

dont je ne connaissais même pas l'existence.

C'est nous quatre, quand maman était encore là.

Et ça, c'est notre premier bateau,

le Liberté.

Elle aussi aimait l'aventure ?

Non. Maman était tout l'inverse de papa.

Casanière comme pas permis, hyper pragmatique.

C'est elle qui remplissait les feuilles d'impôts.

Sans elle, je ne crois pas que papa aurait survécu jusque-là.

Et celle-là, c'était quand ?

C'est papa, avec Luc et Émilie.

Ils devaient avoir 20 ans.

Je peux te l'emprunter ?

Oui, si tu me la rends, il n'y a pas de soucis.

Oui, bien sûr.

Merci.

Regardez !

Vous voyez ce que je vois ?

Les deux frères aimaient la même femme.

C'est ça ?

Bravo, Théo !

Je ne sais pas qui t'a appris tout ça mais elle a fait du bon boulot.

Je vais en parler à Samuel.

Ils se connaissent depuis qu'ils ont 12 ans.

Il doit savoir.

Elle était d'abord avec Jérémie.

C'était lui qui ramassait les filles.

Il avait ce côté bad boy que toutes les filles adorent.

Enfin, tu vois ce que je veux dire ?

Non, je ne vois pas, non.

Bref. Émilie a quitté Jérémie.

Elle n'en pouvait plus.

Il rappelait une fois sur sept, il n'allait jamais aux rendez-vous,

il empruntait de l'argent pour le claquer au flipper.

Et elle en a eu marre de ses inconséquences

et elle a préféré choisir Luc.

Je la comprends.

Oui, mais ce que tu n'as pas l'air de comprendre,

c'est que Jérémie a été malheureux quand elle l'a laissé.

Oui. Puis, il est parti très loin.

Puis, il est mort tout près.

Toujours 40.

Il faut le temps que les nouveaux antibiotiques fassent effet.

Je vais mourir ?

Mais non, évidemment.

Je peux vous poser une question ?

Vous étiez toujours amoureuse de Jérémie ?

Non.

Mais vous l'avez aimé, pourtant ?

Ça ne s'oublie pas comme ça, l'amour, en deux secondes.

Ça ne vous regarde pas.

Vous avez choisi le garçon sage,

l'homme raisonnable.

Mais Jérémie est revenu.

Et tout est revenu ?

Ce qui me plaisait, c'est son humour, surtout,

son insouciance.

Et vous êtes retombée amoureuse de lui ?

J'ai lutté, mais...

Tu te souviens ?

Oui. Non...

- Allez. - Mais non.

- Si. - Non, non...

Allez.

Et Luc l'a su ?

Non, je ne crois pas.

Il ne m'en a jamais parlé.

Il n'est pas très bavard.

Luc est un homme qui garde ses sentiments.

Si vous voulez mon avis,

Luc Bataille ferait un très bon suspect.

Il n'a pas fait d'études.

Il a arrêté après le bac.

Comment il aurait les connaissances scientifiques nécessaires ?

Non, c'est impossible.

Alex était toujours la première à l'école

et, moi, l'éternel cancre au fond de la classe.

Mais si je peux me permettre,

elle est devenue médecin et vous policier, pas biochimiste.

Ça ne veut rien dire, ça.

Einstein était un cancre.

C'est l'exception qui confirme la règle,

celle qu'on sort à chaque fois

qu'on veut rassurer un mauvais élève et ses parents !

L'exception qui confirme la règle, c'est déjà ça.

Madame Legall,

vous étiez l'enseignante de SVT de Luc Bataille, c'est bien ça ?

Oui. Un élève qui ne s'oublie pas. Il était brillant.

Il voulait devenir biochimiste.

Et puis, il a tout laissé tomber.

Ses parents avaient des vignes

et espéraient que leur aîné reprendrait le domaine,

mais il a refusé.

Et Luc s'est senti obligé de prendre la place de son frère.

C'était un élève plus que doué. Une sorte de génie.

Quel gâchis !

Oui. Sans doute plus que vous ne le pensez.

Vous étiez toujours amoureuse de Jérémie ?

Ce qui me plaisait,

c'est son humour, surtout,

son insouciance.

Et Luc l'a su ?

Qu'est-ce que tu fais là ? Tu m'as fait peur !

Je voulais te parler d'un truc.

Quoi ?

Samuel, c'est fini, nous deux.

Il faut tourner la page.

Je suis avec quelqu'un, moi, maintenant.

Tu es amoureuse ?

Je crois, je ne sais pas.

En tout cas, je suis bien avec lui.

Non, mais tu as raison.

Ne me choisis jamais.

Je ne suis qu'un pauvre con inconséquent.

Et ton mec... Ton mec, c'est un type super.

Excuse-moi. Allez, dors bien.

Je...

On a toutes les preuves que Luc Bataille a tué son frère

et qu'il a infecté sa femme en utilisant son flacon de parfum.

Il faut demander au proc l'ordre de l'arrêter.

Déjà fait.

Je ne l'ai pas eu directement, mais il m'a laissé un message : il refuse.

Il nous demande d'attendre la BRI,

mais j'ai un mauvais pressentiment.

Vous avez vraiment reçu ce message ?

Oui. Pourquoi je vous mentirai ?

J'ai l'impression que votre téléphone est cassé.

Montrez-moi.

Vous voyez ?

Il est cassé.

Vous n'avez pas reçu le message du procureur.

J'y vais seul.

Hors de question de vous faire prendre un risque

avant votre mariage.

Vous avez raison. Je serai plus utile ici.

Tenez.

Bon courage, mon vieux.

Arlette.

Je voudrais vous parler de Luc.

Quand Jérémie est né, je l'ai trouvé si beau, si parfait.

Ça n'a jamais été pareil avec Luc.

À ma décharge, je pense que je ne l'ai pas beaucoup montré.

C'est sûrement pour ça

qu'il a passé sa vie dans les jupes de sa mère.

Moi aussi, je voulais vous parler de Luc.

Taisez-vous !

Arrêtez de mentir !

Luc, qu'est-ce que tu fais ? Tu es fou ?

Elle ment, maman.

Elle essaye de me mettre le meurtre de Jérémie sur le dos.

Mais qu'est-ce que tu racontes ?

Mais arrêtez. Vous n'allez tuer personne, là.

Vous en êtes sûre ? Parce que j'en suis capable.

Luc, qu'est-ce que tu as fait ?

Je n'ai rien fait, maman.

Non. Vous êtes trop sensible.

Vous avez souffert.

Vous avez toujours été écrasé par la personnalité de votre frère.

Vous en aviez marre qu'il vous vole tout le temps la vedette,

alors qu'il ne jouait pas dans les règles.

Je sais, j'ai un frère, moi aussi.

Vous me prenez pour un con ?

Vous essayez de m'attendrir

pour que je vous dise que j'ai tué mon frère, c'est ça ?

Non.

C'est à votre mère qu'il faut le dire.

Il m'a volé ma vie.

Ton amour, celui de papa, celui d'Émilie.

Alors, rien à foutre ! Oui, je l'ai tué.

Police !

Arrêtez ça. Et baissez cette arme !

Baissez votre arme !

Donnez-moi ça.

Tournez-vous. Les mains derrière le dos.

Allez !

Mon frère faisait n'importe quoi.

Il ne respectait aucun principe.

Il ramenait des mauvaises notes, mais les profs l'adoraient.

Il rappelait jamais les filles,

mais elles étaient amoureuses de lui.

Alors que moi,

je faisais tout bien, avec tout le monde, tout le temps.

Et je ne sais pas pourquoi, dès qu'il arrivait,

tout le monde détournait les yeux de moi pour le regarder.

Pourquoi la peste ?

Il y 3 semaines, j'ai entendu Angèle donner un cours.

"Un mal qui répand la terreur,

"mal que le ciel, dans sa fureur,

"inventa pour punir les crimes de la Terre.

"La Peste, puisqu'il faut l'appeler par son nom,

"capable d'enrichir en un jour l'Achéron,

"faisait aux animaux la guerre."

J'ai appris qu'on pouvait fabriquer des armes bio-terroristes avec.

C'est quoi exactement, la formule chimique ?

J'étais partie sur un cours de littérature aujourd'hui, Thétis.

Sur la signification morale de cette fable.

Oui, la morale de la fable.

Et quand j'ai surpris Jérémie avec Émilie,

je me suis dit qu'il fallait que ça cesse.

Il m'a toujours tout pris, alors...

Alors, ma femme, c'était trop.

Elle va s'en sortir ?

C'est mieux comme ça.

Il y a Alex qui revient.

La quarantaine est levée.

Je suis au courant, oui.

Bon, Diane, pourquoi tu m'en veux, à la fin ?

C'est cette histoire de témoin ?

Mais pas du tout, non.

Vraiment, qui accorde de l'importance à ce genre tradition débile ?

Diane, allez, arrête.

Oui, évidemment que je t'en veux !

Je pensais être ton amie et je suis quoi ? La dernière roue du carrosse ?

Mais de quoi tu parles ? Ça n'a rien à voir !

Je te préfère mille fois.

Pourquoi tu ne m'as pas choisie ?

Je pensais que tu refuserais !

Je croyais que tu trouvais ça complètement con.

Oui, je trouve ça complètement con,

mais pas quand il s'agit de toi.

Diane ?

Diane ?

Est-ce que tu veux bien être ma témoin ?

Oui, je le veux.

Voilà.

Alors ?

Ouais !

Ça va ?

Iggy ?

Iggy ? Antoine ?

Surprise !

Non, pas tous en même temps.

Il faut que je me réhabitue quand même.

Allez, on s'en fout !

Bien sûr.

- Tenez, docteur. - Merci.

Il n'est pas là, Samuel ?

Il est parti il y a cinq minutes. Il va revenir, je pense.

On est devenu copains.

La peste, ça rapproche.

- Vous voulez un radis ? - Non, merci.

Bon, à la vôtre !

Aux futurs mariés !

- Santé. - Santé.

- Un radis ? - Santé.

Alors, comme ça, tu as vraiment eu la peste ?

Ouais.

Et, tu vois, je me suis impressionné moi-même,

parce que je n'ai vraiment pas eu peur.

J'ai réalisé que j'avais un système immunitaire

très puissant avec des anti-corps de grande qualité.

Ça ne m'étonne pas, parce que tu as un corps de grande qualité.

Oui, c'est vrai.

Incroyable.

C'est qui, elle ?

Salut.

Je suis venue te dire au revoir.

À moi ?

Je t'aime bien.

Peut-être parce qu'on partage une racine lexicale dans nos prénoms.

Racine de quoi ?

Je ne vous dérange pas ?

Iggy, Thétis. Thétis, Iggy.

- J'aime bien ton prénom. - Merci.

Je me casse.

Je vais disperser les cendres de mon père dans le Triangles des Bermudes.

Le triangle des Bermudes ? Tu n'as pas peur ?

Non, pourquoi ?

Tu sais, les marins,

l'histoire du paquebot qui... Laisse tomber.

Et ton frère ?

Il a opté pour l'enracinement.

Moi, pour le mouvement.

Salut.

- Salut. - Oui, c'est ça, bon vent !

Tétris !

Attends !

- Ça va ? - Pardon. Hein ? Quoi ?

Tu as peut-être des séquelles.

Regarde.

Ne me dis pas que tu l'attends encore ?

Non, mais c'est quand même bizarre.

Il lui est peut-être arrivé quelque chose.

Quoi ?

Tu as replongé ?

Replongé ? Non, mais n'importe quoi !

On se croirait aux alcooliques anonymes.

Samuel, c'est fini, fini ?

Tu le jures sur la tête de maman ?

Non.

Non. J'ai craqué, mais juste un tout petit peu.

Alex... Et ?

Et rien.

C'est lui ?

Non. C'est une erreur.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.