All language subtitles for Antonia.de.Rendinger.Cas.cliniques.2025.VOF.1080p.PAPR.WEB-DL.H.264.AAC.2.0-Caren

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Original subtitles

Musique rythmée Applaudissements

... ...

... ...

*Musique jazzy rythmée Acclamations

... ...

Elle crie.

...

-Mesdames et messieurs, bonsoir !

Bonsoir, Liège ! Ah...

Guten Abend. Buenos dias,

buenas noches, bievenido a todos.

Merci, chers confrères et consoeurs,

vous qui venez du monde entier,

du monde de la santé, pour nous rejoindre

du monde de la santé, pour nous rejoindre

pour ce congrès. Ce congrès exceptionnel,

un congrès de psychologie qui réunit

les personnalités les plus...

les...

Rires

Qui c'est qui m'a fait la banderole ?

Je me demandais pourquoi

y avait autant de monde, ce soir.

Tu m'étonnes, on a tous les alcooliques.

Enfin, tous les Belges, quoi.

La foule la hue.

...

Ca va, ça va, calmez-vous,

je suis de Strasbourg, en Allemagne.

Autant vous dire qu'on a inventé la bière.

Donc, vous avez pas grand-chose.

...

Excusez-moi, la bonne bière.

Clameur

En tout cas, chers amis, restons sérieux.

Ce soir, nous parlons d'un sujet qui nous fédère tous.

Puisque nous allons parler du phénomène

de l'incarnation distanciée spontanée

du sujet objectivé par transfert.

Autrement appelé par nous autres professionnels,

Autrement appelé par nous autres professionnels,

le syndrome du sketch.

Syndrome qui est à ne pas confondre

avec le syndrome du stand-up

que l'on appelle également le syndrome du stand-up.

Pour m'assister durant ce congrès, j'aurai avec moi

deux assistants formidables à accueillir

sous un tonnerre d'applaudissements.

Applaudissements Acclamations

... ...

Je...

... ...

Merci beaucoup, bonsoir.

... ...

Je vous présente donc,

pour m'assister, Mme Giroud, musicothérapeute.

-Non, pute. Pute.

-Non, on dit "peute", musicothérapeute.

-Oui, mais ça rapporte pas beaucoup

donc, du coup, je fais les deux.

Rires

-Elle gagne pas plus en faisant la pute.

-Non, mais, oh !

Hé, oh ! -Je sais pas, je dis la vérité.

Hé, oh ! -Je sais pas, je dis la vérité.

-Et M. Stotz, que son élégance qualifie

et qui sera mon assistant polyvalent

dont j'ai besoin tout de suite, voilà.

Applaudissements

...

Car figurez-vous que M. Stotz

traduira tout mon discours d'introduction

pour les aveugles et les sourds, voilà.

-Non, non, les sourds.

-Pardon. Les sourds. -Les sourds ?

-Les aveugles et les sourds.

-Non. -Et les malentendants.

Et les aveugles.

-Les sourds et les malentendants.

-Et comment on fait pour les aveugles ?

-On parle, bla, bla, on parle.

Elle rit.

-Donc, je parlerai un peu plus fort pour les aveugles.

Inspiration forte Donc.

-Vous écoutez, vous traduisez. -Quoi ?

-Mesdames... (-Allez.)

-... mesdemoiselles et messieurs, bienvenue à tous

dans cette réplique de mon cabinet.

Rires

-Non, pas ce cabinet-là. -Un cabinet

de consultation où les patients que je suis vont défiler.

de consultation où les patients que je suis vont défiler.

Et ils se sentiront, ici, croyez-moi,

comme des petits poissons dans l'eau.

Alors... -Des poissons, pas des poules.

-Sachez que des hôtesses sont présentes

pour répondre à vos questions après le congrès.

Donc, n'hésitez pas à faire appel à elles.

Vous le savez,

chers amis, la santé, aujourd'hui,

n'est pas à l'abri des consultations en ligne ou même

des consultations en direct sur Chat GPT.

-Oh, non, non, fais pas ça. -"Chatte, j'ai pété".

-C'est pas "J'ai pété",

c'est "G-P-T", GPT.

"G-P-T". -Les personnes

que vous allez voir

et qui se présenteront à nous

présentent des pathologies étonnantes, surprenantes,

inquiétantes, voire délirantes.

Et la thérapie vise avant tout

à trouver des débouchés.

...

-C'est pas ces débouchés.

-Evidemment, afin d'éviter les disputes...

-Evidemment, afin d'éviter les disputes...

Euh... -Non, non, oh, là, là.

Non, "disputes", en un mot.

Il va faire les dix.

Quand il est lancé,

il fait les dix. Il les connaît toutes une par une.

Arrête, ça suffit. Non, non,

non, non, non !

-J'ai dit les disputes, pardon.

-"Disputes". -Ah, "disputes".

-"Disputes."

-Je me disais, ça fait beaucoup. Ca coûte cher.

"Disputes." -Non, faut pas y aller.

-J'aurais dû dire les discordes.

Rires

(-Arrête.) -Messieurs dames,

vous verrez à l'oeuvre différents troubles

dont souffrent les patients.

Et nous allons tenter de les comprendre

dans une démarche calme et enrichie.

-Non !

Non, non ! En un mot, "enrichie".

En un mot.

"Enrichie". -"Enrichie".

Enrichie, grâce, notamment,

au progrès de la recherche.

Et je tiens à remercier, évidemment,

la société pharmaceutique Godefroy.

-Non, non, non, non. "Godefroy", c'est le prénom.

-Non, non, non, non. "Godefroy", c'est le prénom.

En un mot, "Godefroy". -Ah, c'est...

-Oui, c'est un prénom, "Godefroy".

-En tout cas, les cas cliniques

que j'ai invités sont persuadés

d'être quelqu'un d'autre.

Vous verrez que, parfois, ils s'adressent

à une autre personne

qui n'est pas avec nous sur scène

et font comme si elles étaient là. ...

...

Croyez-moi, accompagner

ces patients est, pour ma part,

une dure lutte. -Oh, là, là !

Non, non, non !

Ah, non ! Non !

Arrêtez, "dure lutte" en deux mots, deux mots.

Une lutte, quelque chose de difficile.

-Imaginez quand même que, entre vous

et eux, il y a un mur.

Et ce... -Aïe.

-Et ce mur... -Bien fait.

...

-Ce mur...

Elle pouffe.

-Encore un. -Ce mur...

...

... nous l'appellerons le 4e mur.

Rires

... -Voilà.

... -Voilà.

-Cette pathologie du sketch

a été identifiée chez des patients célèbres.

On se souvient évidemment des Nuls,

des Inconnus...

...

... de Sylvie Jolie...

Il siffle. Rires

des Robins des Bois

ou encore, évidemment, de Pierre Palmade.

Il renifle. -Oh, là, là, non !

Arrête ça de suite, arrête !

Arrête, ça suffit.

Le tapis, mets-toi là-bas. Tapis !

-Bon, on va arrêter avec Pierre Palmade.

De toute façon, le mime, ça part en sucette.

-Non, non, non, ça suffit !

Arrête, arrête !

Arrêtez de faire des phrases,

sinon le serpent se mord

la queue. Non, non, non !

On mord pas les animaux.

Laissez-les tranquilles, vous bougez plus.

-J'aimerais que vous gardiez votre calme,

parce qu'on va quand même accueillir

le ministre de la Santé, fraîchement nommé,

qui va nous rejoindre,

et qui a été nommé récemment

par le nouveau gouvernement.

Ce ministre de la Santé qui viendra...

Ce ministre de la Santé qui viendra...

Oui ? (-Il a été remplacé.)

-Ah, on me dit

qu'il a été remplacé.

(-Il vient d'être repris.)

-Ah, il vient d'être repris, voilà.

Il vient d'être repris.

Enfin, en tout cas, le ministre qui est à la Santé,

Nicolas Sarkozy, qui est à la Santé, excusez-moi.

Rires En tout cas, le nouveau ministre

viendra nous parler à un moment donné

de ce congrès pour des annonces très attendues.

Alors, avant que nous commencions le congrès

et que nous voyons défiler des patients,

à chaque fois que quelqu'un franchira cette porte,

je veux que vous l'accueilliez

avec un tonnerre d'applaudissements

et que vous soyez prêts à faire... -Chaud !

Cacao !

-C'est quoi ça ? -C'était pas prévu.

-Chaud, chaud, chaud, chocolat !

Si tu me donnes une noix de coco,

-MOI, JE TE DONNE MES ANANAS

-Chaud...

-CACAO !

-Docteure !

-Regardez dans quel état

vous nous les mettez.

-Attendez, Docteure.

Docteure, ils sont formidables.

-Mais je sais, madame Foly. -Mais c'est génial.

-Vous leur jetez des cacahuètes, là.

-Mais c'est génial

d'avoir invité tant de gens dans votre cabinet,

ça, c'est bien. Et merci pour l'accueil.

-Oh, c'est normal. -J'aimerais bien

essayer autre chose pour voir.

-Allez-y, ils sont chauds. -Tata...

-YOYO

QU'EST-CE QU'IL Y A

SOUS TON GRAND CHAPEAU

TATA YOYO

DANS MA TETE, Y A DES TAS

-D'OISEAUX ! -Voilà.

-Madame Foly,

je vous en supplie,

je sais que vous les adorez et ils vous adorent.

Mais on a rendez-vous que dans 30 min.

-Non, ça ne peut pas

attendre 30 min. Faut que je vous dise un truc.

-Qu'est-ce qui se passe ? -J'en ai marre,

car on est nombreuses, là-dedans.

-Ca recommence ? -J'en peux plus.

-Mais vous avez qui dans votre tête ?

-Par exemple, j'ai qui ? J'ai ma cabane

en bouchon de liège, voilà, c'est tout.

en bouchon de liège, voilà, c'est tout.

-Line Renaud est chez vous ?

-Oui, bien sûr, en ce moment.

Elle dit que des vilains mots.

Elle parle comme les d'jeuns.

Et elle dit : "Oh, c'est ouf, ce que c'est sympa, ici".

-Je comprends, mais vous voyez, là,

chers confrères, on assiste

à ce qu'on appelle une dissociation du moi

par dédoublement intempestif.

Alors, le personnage,

là, vraiment... -Ne vous en faites pas.

-Putain, Fanny Ardent. -Ca va aller.

-J'ai les tétons qui pointent. Rires

-Tu sais, je suis si fragile.

Si vulnérable. -Oui...

-Si célibataire. -Ah, bon ?

Vous trouverez chaussure à votre pied.

-Oui, le type au 1er rang,

il n'ose pas. Mais vous devriez.

-Je crois qu'il bande.

-C'est open-bar. ...

C'est open-bar, vous savez.

Qui est d'accord ? Levez la main.

-Giroud, Stotz, vous voulez bien vous occuper de Mme Foly ?

Vous la mettez...

-Hé, c'est Jean-Pierre Marielle.

-Allez, ma poulette, on va au poulailler.

-Allez, ma poulette, on va au poulailler.

-Mais ça va ?

Vous avez craqué ?

Comment vous parlez aux patientes ?

Je suis confuse, Mme Foly. -Oh, là, là,

mais c'est qui, celle-là ?

-Là, on passe directement... C'est Catherine Frot, c'est ça ?

Vous mettez Mme Frot... -Non, attendez,

car je vous reconnais pas

tous autant que vous êtes.

Autant les culs, je les reconnais,

mais les visages, j'ai du mal. C'est comme ça.

Vous êtes Charlotte de Turckheim ?

-Mais non... c'est insupportable.

-Vous lui ressemblez, en tout cas.

Vous êtes Rod Stewart.

-Non, c'est pas vrai. -Non, non.

-Oh, ça y est, j'ai compris.

Vous êtes Lady Gaga. ...

-Non, regardez bien,

c'est Marine Le Pen.

-Non, mais y a ni Marine Le Pen

ni tout ce monde. Vous voyez bien,

vous l'emmenez en salle d'attente.

-Stop ! Stop.

Stop, stop, stop.

Moi, j'en ai marre.

Je suis Muriel Robin.

Pas intérêt à me toucher, Stone et Charden.

Parce que, sinon, une grosse patate.

(-Putain...) ...

-Je suis pas d'accord. J'ai pas

l'intention de quitter ce cabinet.

Je m'assois.

Puis, je vais attendre. Puis, je m'en fous.

-Désolé, Mme Robin. -Oui, oui.

-Y a pas de Mme Robin.

Vous voyez bien que c'est Liane Foly.

-Mais pas du tout,

mais elle est siphonnée

celle-là. Mais enfin, pas du tout.

Je suis Isabelle Mergault.

Et puis, je cherche un prince charmant.

-Y a Robin qui a bouffé Mergault.

... -Dis donc, t'es beau gosse, toi.

-Merci. Elle glousse.

-N'importe quoi. Allez.

-Vous l'emmenez en salle d'attente.

-Oui, bien sûr.

-Non, non, non.

Ah, je vais revenir. T'as compris, toi ?

Je vais revenir. Et vous, laissez-moi.

-Si vous voulez, mais...

-Oh... -Mais non, mais enfin,

que faites-vous ?

-Ben, "léchez-moi".

-Mais non, pas "léchez", "laissez".

Elle dit "laichez", mais c'est "laissez".

-Mais avec le truc... -Laissez-moi, voilà.

-OK, je l'amène

et je vais vous administrer un petit lavement.

-Ca, c'est chouette, un petit lavement.

Allez, on y va. -C'est parti.

-Insupportable...

Applaudissements Acclamations

... ...

-Quel phénomène.

Quel phénomène, quand même.

En attendant, on va passer à mon 1er réel cas clinique.

Vous allez voir, c'est un cas clinique local.

Elle parle fort.

Et on la reconnaît très vite.

Et croyez-moi,

je pense que ces symptômes ne sont pas étrangers

à sa consommation de houblon.

-Mesdames... -Toc, toc, toc !

-Entrez ! -ENTREZ !

OUAIS !

... ...

-Mesdames et messieurs,

chers confrères,

je vous laisse avec le cas Manon Lepomme !

*Musique rythmée

... ...

...

-Bonsoir, Liège, est-ce qu'on est en forme ?

-OUI !

-Je suis contente d'être là.

Alors...

on est allés à la foire,

manger une petite crasse avant de venir ?

Rires

J'imagine les Français qui nous regardent.

"Une quoi ? Une crasse ?" Ca fait 25 ans

qu'ils se foutent de notre politique.

On peut se venger.

On peut se venger. Alors, je sais.

Il y en a certains qui se disent...

Mais elle n'a un peu grossi, Manon Lepomme ?

Mais elle est enceinte, évidemment !

Acclamations Applaudissements

... ...

Telle que vous me voyez là, sans grimacer,

je suis en train de créer un cerveau.

Il sera peut-être con comme maman.

Mais il aura un cerveau, ça me paraît sûr.

La maternité, c'est quelque chose.

Y a des mamans dans la salle ?

-OUI ! -Bien sûr, y a des mamans.

Y a aussi des papas.

La maternité, c'est un truc de fou.

1er rendez-vous sage-femme après trois mois.

Donc, on est toujours dans la grossesse.

Donc, on est toujours dans la grossesse.

Avec mon compagnon, elle nous a dit :

"Quel est votre projet de naissance ?"

Petits rires

Mon projet de naissance ?

Ben, je sais pas... qu'il sorte ?

Rires

Ca me paraît être un super projet de naissance.

Et puis, elle nous dit :

"Vous pouvez accoucher à quatre pattes dans la piscine."

Non, merci.

"Vous pouvez accoucher suspendue à un drap."

Non, merci.

"Ou aussi sans l'aide de la médecine,

sans péridurale." Mais génial !

Moi, je veux faire ça ! Parce que déjà,

je déteste les anesthésies.

Les piqûres, c'est encore pire.

J'ai dit : "OK." Elle me dit :

"On va faire une préparation en autohypnose.

Comme ça, vous pourrez accoucher sans douleur.

On va faire la préparation ensemble.

Monsieur, vous pouvez le faire en même temps.

Vous allez fermer les yeux.

Et à chaque inspiration,

vous allez imaginer une lumière

qui va venir gonfler votre utérus."

...

Imaginez bien l'utérus de mon compagnon se gonfler.

Imaginez bien l'utérus de mon compagnon se gonfler.

...

"Et, à chaque respiration,

la lumière va changer de couleur.

Et quand elle sera mauve..."

on sait pas pourquoi,

mais à un moment donné, elle est mauve.

"... faites appel à votre femme ancestrale.

C'est la femme qui est en vous.

Qui sait qu'elle a la force

d'y arriver sans l'aide de la médecine.

Comme des millions de femmes avant vous."

Mais moi, je sortais de là,

je pouvais accoucher de triplés dans les bois.

...

Et puis est arrivé l'accouchement.

Ca fait mal, en fait.

...

Non, mais elle avait dit "sans douleur".

Mon cul, oui. Je sais pas où elle était,

cette connasse de femme ancestrale,

mais elle est jamais arrivée dans ma chambre.

On a l'impression qu'on va crever.

Y a des femmes enceintes dans la salle ?

-Oui. -Vous allez voir, c'est magique.

...

Ca va être un grand moment.

Et alors, mon compagnon, il vient me dire des phrases

dans le cadre de l'autohypnose.

"T'es la meilleure, t'es forte, tu vas y arriver,

t'es belle." Et j'étais là, "Ta gueule.

Ta gueule, ta gueule, ta gueule."

Et donc, au bout de 6 h de souffrance interminable,

j'ai dit : "Appelez les anesthésistes !"

Et au bout de 6 h, ce mec est arrivé.

Et il faut pas bouger, car il va enfoncer une aiguille,

si vous bougez, vous pouvez être paralysé à vie.

Et vous devez vous mettre de dos

et puis il m'a dit : "Attention, voilà, j'enfonce.

Ca va, je suis bien au milieu ?"

...

Mais qu'est-ce que j'en sais,

s'il est bien au milieu ?

Ca a marché, ça a marché.

Parce qu'au bout de deux minutes,

on est passés de "ta gueule"

à "je vais faire une petite sieste."

Et puis, mon compagnon, il voulait tout regarder.

Il m'avait dit : "Ca te dérange pas ?"

Je dis : "Non, l'endroit, tu le connais,

sinon on en serait pas là." ...

Et donc, il va regarder. Et il me dit :

"Tu devrais voir comme elle s'écarte !"

Je ne veux pas cette information,

Je ne veux pas cette information,

je ne veux pas le savoir.

Et puis, alors on pousse, on pousse.

Et elle me dit : "Vous voulez un petit miroir ?"

...

Pourquoi faire ?

...

"Des femmes aiment avoir un petit miroir,

comme ça, ça les motive à pousser."

Je suis motivée, il a une semaine de retard.

Si ça continue, je vais aller chercher moi-même.

Et il a fini par sortir, un beau bébé.

Ah, magnifique, 4,4 kg.

-OH !

-Réaction typique. Un veau.

...

Oui, 4,4 kg,

c'est pas un bébé, c'est un veau. Et donc,

on vous met ce petit être comme ça,

on se dit : "Qu'il est beau ce petit veau."

Oui, car c'est quand même magique.

Et dans les 2 h suivant l'accouchement,

qui est un moment assez éprouvant,

aussi magique soit-il, on en peut plus.

Et là, la sage-femme,

la gynéco, l'infirmière, chacune à leur tour.

"Pas de relations sexuelles

"Pas de relations sexuelles

avant six semaines."

...

Qu'on soit bien clair.

...

Il n'y aura pas de relations sexuelles

pendant au moins quatre ans.

...

Je me demande bien qui a envie

de niquer à ce moment-là, excusez-moi.

Car pendant six semaines,

vous portez des foies de veau. On le dit pas.

C'est dégueulasse, on est dégoûtés,

mais je vois bien qui a connu ça.

Mais évidemment que c'est répugnant.

Et alors, là, la maternité commence à dire :

"Je me pose mille questions.

Est-ce qu'il a chaud ? Froid ?"

Oui, parce que c'est le 2e, là.

"T'as pris la température du bain ?

On va prendre ta température avant.

Il fait 38,5, avant 3 mois,

il faut aller à l'hôpital.

Peut-être qu'il ira jamais sur le petit pot.

On devra lui laisser un lange toute sa vie.

On va être les seuls à avoir

un enfant qui va pas sur le pot.

Et quand il va aller au camp scout ?

Comment on va surveiller quand il part ?

Comment on va surveiller quand il part ?

On va lui implanter une puce."

Mon mec dit que je suis stressée.

Rires

Ca va, je trouve.

Je me sens pas particulièrement stressée.

Et j'ai essayé des trucs pour rester zen.

Très peu pour moi. Mais on m'a dit :

"Pour te détendre le corps et l'esprit,

il faut faire ça,

ça marche autant pour les jeunes

que les vieux, c'est le yoga."

C'est pas en respirant profondément

que je vais perdre des kilos.

...

Et les postures, c'est des noms d'animaux.

Pour se rapprocher de la nature.

1re posture, l'écureuil endormi.

Je vais vous le faire.

...

...

J'aimerais bien savoir.

Comment ce putain d'écureuil...

...

... il arrive à s'endormir dans cette position.

Et y avait des femmes de 60 ans qui disaient :

Et y avait des femmes de 60 ans qui disaient :

"Elle est géniale

cette position." ...

"Elle détend super fort." Tais-toi !

...

C'est tout sauf un moment de détente !

Alors, la position suivante, je sais la faire.

...

Le cadavre.

...

Celle-là, je peux la tenir pendant des heures.

...

Et là, vous ne vous en rendez peut-être pas compte.

Mais je perds du poids.

...

Attention, je change de position, c'est subtil.

...

L'étoile de mer !

Pas besoin de faire du yoga pour la connaître.

Alors, là, c'est le moment où je dois basculer.

Ca me prend un certain temps.

Pour le 1er, j'ai joué jusqu'à huit mois.

Les gens étaient comme vous.

Personne ne venait m'aider.

...

Non, mais restez assis.

Y a aussi des noms de posture que j'ai changés.

Y a aussi des noms de posture que j'ai changés.

Par exemple.

Soupir d'effort

Le cobra.

Rires

Vous voyez pas un cobra.

Vous voyez une otarie.

...

On dirait qu'on va me jeter des sardines.

Elle imite l'otarie.

Mouvement suivant. Le chat.

Et ça, c'est pas le chat.

Ca, c'est la chienne en chaleur.

Rires

Non, donc... Soupir d'effort

Donc, le yoga, j'ai dit merci, mais non, merci.

La parentalité, c'est pas facile.

Et je me dis vivement que mes enfants soient grands.

Comme ça, ils s'occuperont de moi.

*Musique rythmée Acclamations

... ...

Applaudissements

... ...

... ...

Franchement.

-Ca va mieux, Mme Lepomme, non ?

Ca va mieux, là ?

J'ai l'impression que ça va mieux. -Mais non.

Parce que j'arrive pas à digérer,

j'arrive pas à expulser. -Ah, oui.

-Je la raccompagne.

-Oui, occupez-vous de son traitement.

-Et puis, un petit lavement. -Non !

-Vous allez pas lui faire un lavement.

-Non, je veux pas de lavement. La dernière fois,

c'était y a 5 mois, regardez mon état.

Rires -C'est parce qu'il restait de l'eau.

Là, je vais mettre la grosse poire. -Oh !

-La grosse poire dans Lepomme. Dis donc !

Ca fait plaisir, tiens, ça.

Ca, c'est bien de l'humour de français.

Je vous en donne une bonne. Avec Lepomme,

vous n'aurez pas de pépins.

...

Applaudissements

...

J'aurais dû faire de la politique.

Ou maraîchère, ça aurait été bien.

-Ca aurait été pas mal. Vous inquiétez pas

pour votre traitement, je vous raccompagne.

Car il faut qu'on laisse le cabinet à un "confrère".

Car il faut qu'on laisse le cabinet à un "confrère".

Si vous voyez ce que je veux dire. -Non.

C'est un patient qui se prend

pour un "médecin". Voilà.

Donc, je lui prête le cabinet. -D'accord.

-Je vous en prie. -Merci.

...

-Vous allez voir.

Le cas suivant, c'est un cas désespéré.

En tout cas, c'est un cas désespérant.

-Toc, toc, toc, toc, toc.

-ENTREZ !

...

-Bonsoir.

Acclamations

... ...

-Bonsoir, Docteur Brac. -Bonsoir.

Bonsoir. -Comment...

Comment allez-vous, "Dr Brac".

-Ecoutez, Professeure De Rendinger,

merci de me prêter votre cabinet.

-Je vous en prie, cher "confrère".

-Car le patient que je dois voir

est complètement fêlé. -Ah, bon ?

-D'ailleurs, je connais

toute sa famille. -Ah, bon ?

-Ils sont tous plus cons les uns que les autres.

Et je m'y connais parce que, moi aussi,

Et je m'y connais parce que, moi aussi,

j'ai un frère complètement con.

Mais enfin, c'est autre chose.

-En tout cas, je vous laisse le cabinet.

Chers confrères, je vous laisse

en compagnie du cas Taloche.

*Musique rythmée Acclamations

... ...

...

-Ah, bonjour, monsieur.

Alors, que me vaut l'honneur de votre visite ?

-Pardon ?

-Que me vaut l'honneur de votre visite ?

-Vous êtes ici dans mon cabinet de consultation.

-C'est chez vous, ici ? -Oui.

-Bien, très sympa.

Vous êtes rudement bien installé. -Merci.

-Je le dis sincèrement. -Donc, vous êtes

venu me voir au sujet de votre santé.

-Ma santé ? C'est bien possible.

Parce que vous êtes médecin ?

-Oui. -Alors, il doit y avoir un malade.

Attendez, je vais prévenir.

-Non, encore une fois, vous inversez

les rôles, vous êtes ici chez moi.

-C'est chez vous, ici ? -Oui, oui.

-Bien, bien, très sympa.

Vous êtes rudement bien installé.

-Merci.

-Mais dites-moi. -Oui ?

-Vous êtes venu me voir pour quoi ?

Rires

-Nous n'en sortirons jamais, à ce train-là.

-Ce train-là, quel train ?

Ah, vous êtes chef de gare ?

...

-Pas du tout.

-Ecoutez, vous êtes chef de gare,

vous venez chez moi, sans me dire pourquoi.

-Allons, ne nous énervons pas,

restons calmes. Qu'est-ce que cette enveloppe

que vous avez ? -Une enveloppe ?

Quelle enveloppe ? -Là.

-Ah, oui, tenez, je vous la rends.

-Merci. C'est pour moi, justement, "Dr Brac".

-Ah, parce que vous êtes docteur ?

-Oui, oui, c'est ça.

Je vais prendre connaissance de celle-ci.

"Monsieur le professeur,

je vous envoie mon mari qui est atteint d'amnésie.

Il oublie tout d'une minute à l'autre.

Retenue par mes occupations,

je n'ai pas pu l'accompagner.

Je l'ai donc mis dans un taxi

qui l'attendra devant votre porte.

Examinez-le, car son état m'inspire

Examinez-le, car son état m'inspire

les plus vives inquiétudes." Je comprends.

C'est votre femme, Mme Boulard,

qui veut que je vous examine.

-Ah, Madame Boulard.

Madame Boulard ? -Oui.

-Je ne connais pas.

-Votre femme. -Ma femme ?

-Oui. -Ma femme à moi ?

-Mais oui. -Et quel est son nom ?

-Boulard. C'est bien votre nom ?

-C'est possible. -Ben, oui.

-Attendez, je vérifie. Une carte de visite.

Vous n'en avez pas ?

-Non, une carte à vous.

-Carte à vous, repos !

Il rit. Une carte à moi.

Une carte à moi.

Une carte à moi...

"Célestin Boulard." Et comment vous dites

qu'elle s'appelle, la dame ? -Mme Boulard.

Rires

-Madame Boulard.

-Oui... -Dites donc, Boulard

et Boulard. C'est plutôt

amusant, ça, comme coïncidence.

-C'est votre femme, c'est normal

qu'elle réponde au même nom.

-Pourquoi vous parlez de ma femme ?

Ah, vous êtes venu pour la voir.

Je vais aller vous la chercher.

Je vais aller vous la chercher.

-Non. -Comment elle s'appelle ?

Isabelle ! Non.

Jacqueline. C'était plus court.

Rose. Non.

Non, je me rappelle, ça commence par un "B". Clémentine !

-Pas du tout.

Vous n'êtes pas du tout à la question.

Je récapitule tout depuis le début.

Je suis le Professeur Brac, médecin psychiatre.

Vous êtes ici chez moi.

-C'est chez vous ici ? -Oui.

-Très sympa. Très, très sympa.

-Et c'est votre femme qui vous adresse à moi.

-Tiens, qu'est-ce que j'ai ?

-De l'amnésie.

Perte de mémoire. Vous oubliez tout.

-Ah, bon ?

-Nous allons voir ça. -Ah, bon ?

-Alors...

-Ben, écoutez, réfléchissez à tout ça

et donnez-moi une réponse au plus vite.

-Quelle réponse ?

-Par rapport à l'affaire que vous m'avez proposée.

-Je vous ai proposé une affaire ?

-Non, pardon, celle que je vous ai proposée.

-Vous m'avez proposé une affaire ?

-Je suis pas venu pour me faire tripoter la figure.

Rires

-Ecoutez, c'est très grave.

Vous oubliez tout d'une seconde à l'autre.

Vous oubliez tout d'une seconde à l'autre.

C'est incroyable.

-Mais de qui parlez-vous ?

-Mais de vous, mon vieux, de vous.

-De moi ? -Oui.

-Je suis amnésique, moi ? -Oui.

-J'avais oublié. ...

Mais si ça se trouve, c'est très grave.

Il faudrait peut-être que j'aille voir un médecin.

-Puisque je vous répète que vous êtes

chez le professeur Brac.

-Ca tombe bien. Il reste plus qu'à l'attendre.

...

-Attendre qui ?

-Le professeur Brac. Vous étiez avant moi ?

-Mais vous êtes chez le Pr Boulard et vous venez

de la part de Mme Brac...

Vous me faites tout mélanger. ...

Alors, ce qu'il faut, c'est d'abord améliorer votre état général.

Je vais vous faire une petite ordonnance.

...

Alors...

sulfate de parmesan...

Si je trouve un Bic... Voilà, sulfate de parmesan,

3 fois par jour.

Gélule de paracétinol, 4 fois par jour.

Gélule de paracétinol, 4 fois par jour.

10 fois par jour.

...

Et 7 gouttes de quinine sur glace

sur un sucre en poudre. Voilà.

-Merci. Combien je vous dois ?

-65 euros. -65 euros ?

Faites-moi un chèque.

...

-C'est vous qui me devez 65 euros.

-C'est moi qui vous dois 65 ?

Excusez-moi, tout augmente si vite.

Voilà, tenez, voilà vos 10 euros.

-Merci. Voilà, voilà.

-Non, j'ai pas besoin de reçu.

-C'est pas un reçu, c'est votre ordonnance.

-Parce que vous êtes médecin ?

Pourquoi vous ne me l'avez pas dit ?

-Et ne la perdez pas. -Non. Quoi donc ?

-Ce papier, c'est mon ordonnance.

-C'est à vous ? J'allais l'emporter bêtement.

-Mais non, vous devez la faire

exécuter par un pharmacien.

Vous connaissez un pharmacien ?

-Pourquoi il y a un malade, chez vous ?

-J'ai noté l'adresse.

-Ecoutez, ça me semble vraiment parfait.

Je vous retiens pas plus, je vous raccompagne.

-Non, c'est moi qui vous reconduis.

-Non, c'est moi qui vous reconduis.

-C'est fort aimable de votre part.

En tout cas, j'espère que nous ferons affaire ensemble.

Et mes hommages à Mme Boulard.

-Oui, merci, monsieur.

-Au revoir, madame. -Au revoir, monsieur.

*Musique rythmée

... Applaudissements

... ...

-Hier soir, j'ai pris une décision,

une décision radicale, une décision irrévocable,

une décision courageuse.

J'étais seule dans le salon.

Tout le monde dormait et...

*Musique dramatique Respiration forte

... ...

"Luc.

...

Pardonne-moi.

... ...

Je ne peux plus continuer à te mentir.

Sanglots

Veille bien sur les enfants.

...

...

Je t'aime.

... ...

Adieu."

... ...

...

Respiration forte

Je t'ai réveillé ?

Hein ?

Oui, je...

Je pars.

... Oui, comme ça.

En pleine nuit.

Lâchement.

Comme un homme.

Rires

...

Sanglots Je suis désolée,

j'ai essayé de te dire pourquoi ça allait pas,

mais j'arrive pas à... J'arrive pas à...

Arrête, s'il te plaît. Arrête, Luc.

Je n'arrive pas à...

... Comment est-ce que tu peux imaginer,

ne serait-ce qu'une seule seconde...

Qu'il puisse y avoir un autre homme que toi ?

Qu'il puisse y avoir un autre homme que toi ?

C'est déjà si dur pour moi de partir comme ça

et de te laisser avec... Arrête, tu vas me faire mal, Luc.

Je te dis que...

... Oui, t'as droit à la vérité,

évidemment que tu y as droit.

...

La vérité...

C'est que... je te quitte...

parce que je déteste Brel.

Rires Pardon...

J'ai essayé de te le dire

dès que tu mettais un disque, je me disais :

"Je vais lui dire..." Comment ça, quel Brel ?

Eh ben, Jacques Brel, pas "Francis Ca", sauf que...

...

Tu comprends ? A chaque fois que tu...

Non, non.

Je ne te dis pas que je n'aime pas Brel,

parce que ça, à la rigueur, c'est acceptable.

Ca peut passer pour de l'indifférence.

On aime pas la soupe aux vermicelles

ou La Vache Qui Rit, seulement pour moi, Brel...

ou La Vache Qui Rit, seulement pour moi, Brel...

Oui, même si les petites pâtes qui restent collées au palais,

la soupe aux vermicelles, on peut la boire,

Brel n'est pas de la soupe aux vermicelles.

Pour moi, Brel, c'est comme de l'andouillette,

du tripou, des abats nauséabonds

qui ont le goût de ce que ça sent, de la merde.

C'est simple. Moi, je vois Brel, j'entends Brel,

j'ai envie de tabasser des Belges.

... Exclamations

Seulement, tu comprends ?

Mais regarde la réaction des gens !

Dans le monde dans lequel on évolue,

c'est inadmissible, c'est impossible.

Je suis une vraie paria, je ne peux pas continuer.

Rire hystérique

Alors, tu me vois dire à tous nos amis

que la voix qui éructe avec les dents de cheval,

la lèvre qui tremble et qui suinte

en beuglant avec l'accent belge :

Dans le port d'Amsterdam

Il y a des marins qui crottent

Que ça, ça me donne envie d'écouter

des concerts de Vianney en boucle !

Rires

Je suis une paria,

puis je ne peux plus me mentir, te mentir.

"Le concert de 66 à l'Olympia, mais quelle merveille."

"Le concert de 66 à l'Olympia, mais quelle merveille."

Je ne peux plus, je ne peux...

Comment ça, depuis quand ?

Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre ?

Depuis toujours, c'est simple.

Parce qu'enfant, mes parents me faisaient

grimper sur la table pour des imitations.

J'étais là : "Attention, c'est parti !"

Ce soir, j'attends Madeleine Et Madeleine, elle viendra pas

Madeleine, c'est mon soleil C'est mon Amérique à moi !

...

Ils étaient là : "Les bonbons, les bonbons !"

Je ne savais pas que c'était un crime de lèse-majesté.

Mais je pensais que ça passerait.

Quand j'ai des crises, je prends

des antihistaminiques.

Mais depuis que tu as acheté

cette caisse de vinyles au vide grenier,

entre "La Mort", "Le Pendu", "Amsterdam",

"Vesoul", "Le Plat Pays", ça me coûte une blinde

en anxiolytiques et en antidépresseurs !

Sanglots

Non, alors, non. Non, non,

parce que attends, je le déteste lui,

mais je les déteste tous, tous.

Mais les autres, là, la photo au-dessus de notre lit, au secours !

Mais les autres, là, la photo au-dessus de notre lit, au secours !

Les mecs avec le micro, là, tous là.

Mais si, Brel, Ferré, Brassens... Oh, quel enfer.

Oui, Ferré, oui. Ah, oui, Ferré.

Ferré !

Avec le temps

Avec le temps

Avec le temps... Plic-ploc, plic-ploc.

Avec le temps... Tu nous fais chier !

Avec le temps, tu nous fais chier !

Même Brassens ! Oh, si.

Oh, Brassens ! Oh !

Même Brassens avec sa petite gueule.

"Hé, Pépé, je peux lécher la casserole ?"

Avec la moustache, le béret,

le chat, la guitare.

Quand Margot dégrafait son corsage

Pour faire boire la gougoutte A son chat

Tous les gars Tous les gars du village

Etaient lalala, étaient...

La cane de Jeanne Est morte au gui l'an neuf

Elle avait fait la veille...

Miaou, miaou pan, pan, pan...

Non, ce n'était pas le radeau De la Méduse, ce bateau

Qu'on se le dise...

Qu'on se le dise...

Gare au gorille ! Hi ! Hi !

Hi ! Hi ! Hi ! Hi ! Hi !

Oh, là, là. La métrique de maboule !

Rire

Ah... Euh...

Alors, non, non.

Tu peux pas me reprocher ça.

Parce que pour moi, les femmes,

c'est encore pire, à cette époque-là.

Mais non, mais toutes les...

Rire exagéré

Tu tends les bâtons pour te faire battre.

Parce que, pour moi, Piaf !

Mais Piaf, c'est épouvantable.

Ah, si...

Rires

Emportée par la foule Qui m'entraîne

Et qui traîne Une folle farandole...

Allez, venez, Milord

Vous assoir à ma table

Il fait si froid, dehors Ici, c'est confortable...

Acclamations

Non

rien de rien

Non, je ne regrette rien

Non, je ne regrette rien

Ni le bien ni...

Rires Respiration forte

... ...

Barbara.

Rires

...

Oh, putain...

...

Bonsoir, Paris.

Bonsoir, Liège.

Vous m'aviez manqué. Rire exagéré

Rires

...

Une petite cantate Du bout des doigts

Obsédante et maladroite Monte vers toi

Une petite cantate

Si, mi, la, ré, si, mi, la, ré Sol, do, fa

Si, mi, la, ré Si, mi, la, ré

Elle chantonne.

Un beau jour ou peut-être une nuit

Près d'un lac, je m'étais endormie

Elle chante en yaourt. Surgit un aigle noir

Elle a pas de quoi s'acheter des consonnes ?

Elle a pas de quoi s'acheter des consonnes ?

Franchement...

Applaudissements

...

Mais alors, oui !

Je suis une grosse beauf !

Une grosse beauf.

Je l'assume totalement.

J'ai pas lu un seul Kundera.

Je me suis fait chier devant tous les Ozu.

Oh, puis j'allais oublier. L'Expo.

Oh !

L'Expo Picasso, à laquelle tu nous a traînés avec les enfants,

mais personne ne voulait. Excuse-moi, chéri,

mais pour moi, Picasso n'était pas peintre,

puis ça se voit, mais alors, comme le nez,

le nez est au milieu de la joue, hein, voilà.

Alors, admettons, la période bleue, la période rose,

mais, quand il a commencé

à mélanger les couleurs, c'est devenu du Desigual.

Rires Et on est quand même d'accord

que Deisgual, c'est du vomi. Voilà.

En plus de ça, mets-toi à la place des gens

qui étaient peints par Picasso.

...

...

T'es là, pendant trois semaines,

à te taper la pose, là, tu fais : "Pablo ?

Je peux jeter un coup d'oeil ?"

et il te fait : "No, porque

estoy trabajando sobre tus ojos.

Porque tu tienes ojos muy special

con un verde que se mezcla con el azul..."

Mon cul, ouais !

Le mec, au bout de 3 semaines,

il voit le tableau, il a déjà une hernie, un lumbago,

un torticolis et là, le tableau...

...

Il se tape une dépression.

Parce que tu sais pourquoi ?

Car Picasso n'était pas charitable,

et moi, je ne cautionne pas l'art

qui n'est pas charitable !

... Respiration forte

... ...

Voilà.

...

A la base, je voulais faire...

un petit truc un peu sobre et...

...

...

Mais bon, je vais y aller, du coup,

parce que j'ai un... Hein ?

Oui, je sais, mais j'attrape juste le live de Céline Dion

à Bercy, parce que ça, c'est une pure merveille.

Non, mais pour dans la bagnole. Parce que ça...

Ben, si, celle-là, rien que celle-là, c'est...

Elle renifle.

Y a pas de voiles Aux volets de mes frères

Y a pas d'opale Autour de mes doigts

Ni cathédrale où cacher mes prières

Juste un peu d'or autour de ma voix

Je vais les routes Et je vais les frontières

Je sens, j'écoute Et j'apprends, je vois

Le temps s'égoutte Au long des fuseaux horaires

Je prends, je donne Avais-je le choix ?

Je vais mon chemin

Tel est mon destin Ainsi passent des heures

Au rythme entêtant Des battements de mon coeur

Des battements de mon coeur

Battements de mon coeur...

Elle chantonne.

Rires

Rires

Que fais-tu avec ta valise, là, Luc ?

... Non, mais attends,

c'est moi qui m'en vais,

je t'ai dit depuis que c'était moi, le problème.

Mes affaires sont déjà dans la Twingo, tu vas pas...

Luc, je t'en supplie, range cette valise.

Luc, s'il te plaît...

Tu vas pas me laisser comme ça,

en pleine nuit avec les enfants ?

Et je leur explique quoi, moi, demain,

à Mathilde et Madeleine ?

...

Je t'en supplie, s'il te plaît.

S'il te plaît, pars pas.

Tu peux pas me laisser toute seule.

Je t'en supplie, s'il te plaît...

Sanglots

Ne me quitte pas

Il faut oublier

Tout peut s'oublier...

*Musique rythmée

...

Elle chante.

...

...

... ...

...

... ...

-Professeure.

Respiration forte

Voilà. -Si.

-C'est super. -Que paso?

-"Que paso" ? -Dime.

-Que paso? Excusez-moi de vous interrompre,

mais y a Mme Foly qui en est à son 4e lavement, là.

-Ah, oui. -Elle est épuisée.

Elle a jamais eu les cordes vocales aussi propres.

Elles sont nickel. -Elle a les cordes vocales

qui descendent jusqu'où, là ? -Je sais pas.

Rire forcé

-C'est pour ça qu'elle a une si jolie voix.

Bon, vous allez la chercher. -Oui.

-On va s'occuper

de sa séance de musicothérapie.

Il faudra que je creuse

cette histoire de cordes vocales.

-Ah. Elle rit.

Ah...

Applaudissements

...

-Bon, vous allez faire votre musicothérapie seule.

-Oui, si vous voulez.

-Eh bien, je vais vous laisser

avec la plus jolie voix de notre répertoire,

puisque c'est la sienne qu'elle va prendre

puisque c'est la sienne qu'elle va prendre

pour un parcours en comédie musicale.

Mesdames et messieurs, l'immense Liane Foly,

le cas Liane Foly !

Acclamations

...

*Musique enchantée

...

-Somewhere

Over the rainbow

Way up high

And the dreams That you dream of

Once in a lullaby

Somewhere

Over the rainbow

Bluebirds fly

And the dreams That you dream of

And the dreams That you dream of

Dreams really do come true

If happy little bluebirds fly

Beyond the rainbow, why?

Oh, why

Can't I?

Elle tient la note.

... ...

Non, je ne pourrais

Jamais vivre sans toi

Je ne pourrais pas

Ne pars pas, j'en mourrais

Je te cacherais

Et je te garderais

Mais mon amour

Mais mon amour

Ne me quitte pas

Elle tient la note.

*Musique rythmée

Nous sommes deux soeurs jumelles

Nées sous le signe des gémeaux

Mi, fa, sol, la, mi, ré

Ré, mi, fa, sol, sol, sol, ré, do

Toutes deux demoiselles

Ayant eu des amants très tôt

Mi, fa, sol, la, mi, ré

Ré, mi, fa, sol, sol, sol, ré, do

Nous sommes toutes deux Nées de père inconnu

Cela ne se voit pas Mais quand nous sommes nues

Nous avons toutes deux Au creux des reins, c'est fou

Là, un grain de beauté

Qu'il avait sur la joue Jouant du violoncelle

De la trompette et du banjo

Aimant la ritournelle

Les calembours et les bons mots

Du plomb dans la cervelle

De la fantaisie à gogo

Nous sommes deux soeurs jumelles

Nées sous le signe des gémeaux

Ouh !

Acclamations

Acclamations

Hey ! Elle imite des percussions.

... *Musique rythmée

Also, baby Le Jazz Hot, maybe

What's holdin' my soul

Together!

Don't know whether It's mornin' or night

Only you, it's soundin' right.

So come on in

And play me Le Jazz Hot, baby

Cause I love my Jazz...

Elle tient la note.

Hot!

*Musique dynamique

...

Hello, Dolly

Well, hello, Dolly

It's so nice to have you Back where you belong

It's so nice to have you Back where you belong

You lookin' swell, Dolly

I can tell, Dolly

You still glowin' You still crowin'

You're still goin' strong

Take her wrap, fellas

Find her an empty lap, fellas

Dolly, never go away again

Elle chantonne.

Dolly, never go away

Again!

Elle tient la note.

*La musique s'arrête.

Acclamations

Merci.

...

Merci.

Respiration forte

-Ca fait du bien, Mme Foly ?

-Ca va bien. Je suis si contente d'être là.

-Je comprends ça, là, moi-même.

J'ai du plaisir à être avec vous autres.

J'ai du plaisir à être avec vous autres.

-Je suis bien plus contente

d'être en Belgique qu'au Québec.

-Je comprends ça, le public belge...

-Belge.

C'est le meilleur public,

c'est le public belge.

Je vous envoie des baisers. A très bientôt.

-Bravo !

-JE REVIENDRAI A MONTREAL

-Viens là. -Dans un grand Boeing bleu de mer

Elle rit.

Applaudissements

Elle aime bien les lavements.

-Beaucoup. C'est un grand succès.

-Eh ben, je suis ravie.

On a des nouvelles du ministre de la Santé ?

Car il devrait pas tarder.

-Le ministre de la Santé,

c'est la vieille dame qui sent très fort ?

Rires

-Ah, non, ça, c'est la grand-mère de Charlotte Boisselier.

Je l'avais oubliée. -Ah, ben, moi aussi.

-Ah, bon, mais...

-Toc, toc, toc.

-ENTREZ !

Air d'accordéon Applaudissements

... ...

... ...

-Bien.

Mesdames et messieurs, sans plus attendre

et sur un rythme effréné,

nous accueillons la patiente suivante.

Et je vous demande tout autant de patience qu'elle,

puisque c'est un patient.

Ah, le petit passage du tapis n'est pas facile.

Tandis qu'elle s'élance

sur la dernière course,

voici le cas Charlotte Boisselier.

... ...

...

...

Rires

... ...

Applaudissements

...

Respiration forte Rires

... ...

-Ca me fait plaisir de voir du monde.

Ils sont gentils, hein, au centre,

mais c'est moins bien qu'à la maison.

Il y a beaucoup de vieux.

J'aime pas les vieux.

Rires

Ma fille divorce, tiens.

Aujourd'hui, tout le monde divorce.

Mais pourquoi ?

Mais pourquoi ?

Parce qu'ils s'aiment plus ?

Avec mon Jeannot, 55 ans, qu'on est restés mariés.

Est-ce qu'on s'aimait, nous, hein ?

...

Mais j'ai jamais pensé au divorce, jamais.

J'ai quelquefois pensé à lui cacher ses vêtements

ou l'empoisonner.

...

Ou lui mettre ses testicules dans un presse-purée.

...

Mais divorcer, jamais.

Pourtant, j'aurais pu.

Cinq ans après notre mariage,

il s'est pris une balle dans la fesse.

Après ça, il a plus jamais été au garde-à-vous.

...

Même le matin.

Et dire qu'on l'appelait le pic du midi.

... Elle rit.

... ...

Rires

...

...

Oh...

Oh, ben, j'ai failli claquer.

...

Et la Charlotte,

ma petite fille, elle est pas comme les autres.

Déjà, petite, elle m'en faisait de belles.

Elle mettait de la terre dans ma soupe.

Pour m'habituer au goût.

...

Elle est pas comme les autres.

Alors, elle a commencé

à s'agrafer l'arcade, là, avec des pilssing.

Comme sur les ailes de poulet, là.

...

Alors, un pilssing ici, un pilssing là, bon.

Après, elle s'est fait des tatouillages.

...

Bon.

Un jour, elle m'a ramené une petite copine à la maison.

Bon.

...

Mais le pire, c'est que,

pour la communion d'Antoine,

pour la communion d'Antoine,

elle est arrivée les cheveux courts. Là, non !

...

Ca va être quoi, ensuite?

Elle va me dire qu'elle est accidentellement

tombée enceinte de sa petite copine ?

Elle rit.

Rires

...

Inspiration forte

Oh, j'ai vu Johnny.

Rires

...

Oh, elle est pas comme les autres.

Vous savez, elle fait partie des lettres LGBT.

Mais il y en a d'autres, hein. L-G-B-T-Q.

L-G-B-T-Q-I-A plus.

L-G-B-T-Q-L-M-N-O-P.

...

C'est des abréviations ou un code Wi-Fi ?

...

Pourquoi ils veulent tous justifier leur différence ?

Y en aurait peut-être même pas si on arrêtait

Y en aurait peut-être même pas si on arrêtait

de toujours vouloir mettre un mot sur tout.

Par exemple, il arrivait à ma voisine Jocelyne

de soulager un ou deux Allemands.

...

Elle aime bien les blonds.

C'est pas pour autant qu'on lui a créé une lettre.

Ca aurait été quoi, en plus ? "L-G-B-T-Q-S-S" ?

...

Mon Jeannot disait : "Avec toutes leurs quatre et toutes..."

Il disait ça, mon Jeannot.

...

Et aussi : "Avec leurs cases et leurs lettres,

on dirait qu'ils vont faire un Scrabble."

...

Pour moi, les cases, c'est simple.

Y a ceux qui cherchent à se caser,

ceux qui rentrent pas dedans

et ceux à qui il en manque.

...

Moi, j'ai de la chance, ma petite fille m'a tout expliqué.

Moi, je suis tolérante.

Moi, je suis tolérante.

Aujourd'hui, on comprend plus rien, c'est tout.

Moi, elle m'a tout expliqué.

Si les gens sont homophobes,

c'est parce qu'ils connaissent pas.

Si je vous explique, y aura plus de problèmes.

Bon, y aura toujours des cons,

mais on peut pas sauver le monde.

Vous voulez que je vous explique ?

-OUI.

-Oh, ben, d'accord.

J'avais pris des petites notes,

au cas où vous diriez oui.

...

C'est interactif.

Mais je vous sens chaud, alors, ça va.

...

Ca, des fois, je m'en sers pour...

pour fermer mon petit cahier.

...

Vous êtes prêts ? -OUI.

-C'est parti.

"LGBT, bla bla bla."

"L", pour...

-LESBIENNE.

-J'ai cru que vous alliez caler dès la 1re.

-J'ai cru que vous alliez caler dès la 1re.

...

On est pas dans la merde.

...

"Lesbienne, une femme avec une femme."

J'ai failli essayer une fois.

J'étais à deux doigts.

...

Ensuite.

"G" pour... -GAY.

-"Gay, un homme avec un homme."

Ca, je connaissais.

Même si à mon époque, on s'emmerdait pas

à tout mettre en anglais, on disait "pédé".

...

Mais aujourd'hui, on a compris que c'était

une insulte. Bon.

Disons que ce sont deux hommes qui regardent l'avenir

dans la même direction.

...

Je vous laisse un peu de temps pour celle-là.

Le temps qu'elle monte.

...

On continue.

"B" pour... -BISEXUEL.

-Bisexuel.

Bon, ben, là, on est sur de la multiprise.

...

C'est fromage et dessert.

...

Ensuite. "T" pour...

-TRANS. -Trans.

"C'est une femme dans le corps d'un homme

ou un homme dans le corps d'une femme."

...

Sans changement, toute leur vie,

ils seront pas au bon endroit, les pauvres.

C'est comme si t'enfermais Macron chez les Tuches.

...

"Brigitte ! Brigitte ! Brigitte !"

...

Applaudissements

...

Enfin, bon, comme disait mon Jeannot :

"L'essentiel, c'est de se sentir bien.

Et si tu te sens pas bien,

tu peux toujours te faire sentir par un autre."

...

On continue.

Alors, les "Q".

"Queer". Déjà, ça n'a rien à voir avec les vestes.

"Queer". Déjà, ça n'a rien à voir avec les vestes.

...

"Les queers sont attirés par les hommes, les femmes,

les laitages, sans savoir ce qu'ils préfèrent."

...

Pour moi, en matière d'orientation sexuelle,

la liberté s'arrête là où ça commence

à bien nous péter les couilles.

...

On continue.

Attention, ça devient technique.

"I".

-INTERSEXE.

-"Intersexe." Vous aviez déjà entendu ce mot ?

Ils viennent juste de le dire.

...

Alors, pour que ce soit bien clair,

j'ai noté la définition.

"Sont intersexes les personnes nées

avec des caractères sexuels, génitaux, go..."

"gonadiques."

"Gonadique."

Attends, ma petite, elle m'a fait un petit lexique à la fin.

"Gonadique."

"Gonadique : qui est relatif à la gonade."

"Gonadique : qui est relatif à la gonade."

...

"Gonade."

...

"Gonade : organe sexuel qui produit des gamètes."

...

"Gamète."

...

"Gamète : cellule reproductrice, mâle ou femelle,"

qui contient un seul chromosome."

Ah, ça, chromosome, on connaît.

J'ai même un cousin qui en avait un en trop.

...

Bon, maintenant qu'on a tout,

ça devrait être plus clair.

"Sont intersexes les personnes qui sont nées

avec des caractères sexuels génitaux, gonadiques

ou chromosomiques qui ne correspondent pas

aux définitions binaires types des corps masculins ou féminins."

Sommes-nous éclairés ?

...

Y a autant d'intersexes que de roux dans le monde.

C'est un sondage Google.

Ils ont du temps chez Google, hein.

Vous avez pas peur des roux ?

Bon, ben, voilà.

...

Allez, une petite dernière. "A".

-"Abruti ?" -"Abruti", non.

...

"Asexuel."

"Qui ne ressent aucun besoin d'avoir de relations sexuelles."

Comme une femme après 15 ans de mariage.

...

Applaudissements

...

Enfin, voilà, tout ça pour dire qu'il faut arrêter

avec toutes ces étiquettes.

Les étiquettes, ça gratte.

Et comme disait mon petit Jeannot sur son lit de mort...

Rires

...

Applaudissements

...

...

Ouais, je vous ai bien niqués, hein.

Rires

Acclamations

*Musique rythmée

... ...

...

-Vous avez besoin d'aide, Mme Boisselier ?

-Non, ça va aller, merci.

En revanche, pour cette histoire de lavement...

-Oui ?

...

-On va arrêter avec ces trucs, là.

-On peut rester habillés

ou on est obligés de se mettre à poil ?

-Ah, non, c'est à poil, faut l'entrer.

Enfin, je veux dire, c'est à poil. -Ah.

Non, mais c'est vrai que pour ça,

en Belgique, vous êtes avant-gardiste.

J'ai même vu que, chez le dentiste,

on peut avoir des lavements.

-Oui, enfin, ça s'appelle des détartrages.

-Ah. En tout cas, je me sens bien dans votre cabinet.

-Ah. En tout cas, je me sens bien dans votre cabinet.

C'est formidable, ici. -C'est gentil.

-Et les deux énergumènes de l'accueil,

ils sont fantastiques. -Je vais vous avouer un truc,

Giroud et Stotz, je les adore.

Je vous aime beaucoup. -Ca m'étonne pas.

-A la base, ce sont des patients, eux aussi.

-Oh, je vous crois sans problème. -Je les ai récupérés

à la clinique du Vieux Cactus. -Ca m'étonne pas.

Ca ne m'étonne pas du tout.

Applaudissements

-Giroud, Stotz.

Je vais raccompagner Mme Boisselier.

Je vous laisse le cabinet, par contre.

Vous allez exposer au public de nos congressistes

vos recherches très intéressantes

sur la sexologie. -Ah, oui, oui.

-Mesdames et messieurs,

le cas Giroud-Stotz.

*Musique rythmée Applaudissements

... ...

-On va pouvoir présenter nos recherches.

-Oui, les recherches. Donc, sexologie.

Car on a des blouses, donc on est pros...

Car on a des blouses, donc on est pros...

Rire Non, mais non.

-D'habitude, vous faites ça

quand je dis "blouse". -Mais là, non.

-Vous me dites "blouse", hop.

-Non, non, faut être sérieux.

Festif et sérieux.

On doit faire un exposé de sexologie.

Donc, si vous voulez pas faire la fête, tant pis,

je vais faire la fête avec la dame.

Elle a une tête bien festive, comme un vieux curé.

-Allez, c'est bon. -Elle a une bonne tête de curé.

-Arrête. -Je veux manger du pain

et du saucisson avec vous. Vous transpirez

le saucisson. -Non, mais ça va.

Vas-y, bouffe-lui les miches.

-Oh... -C'est bon, là.

C'est n'importe quoi.

On a fait une étude sérieuse.

Parce que figurez-vous que le président Macron

a dit de réarmer la France.

Donc, il faut réarmer. -Oui, donc, voilà.

Donc, vous êtes tous là et devant votre télé, aussi.

Et peut-être que, cette nuit, il va se passer un truc.

Et on a vu que tout se passait bien

jusqu'au moment de l'orgasme.

Tout se passe bien pendant la nuit

et pendant l'acte.

Et c'est souvent au moment T de l'orgasme que tout dérape.

Alors, trois exemples, avec le 1er cas.

Alors, trois exemples, avec le 1er cas.

La perte de charisme.

Il arrive que, pendant l'acte, tout va bien.

Tout le monde est plutôt normal.

-Et là, patatras. -Perte de charisme.

Alors, attention, exemple numéro un.

Non, non, non, avec la bouche.

Rires

Il souffle.

Rires

Elle gémit.

-Oh, oui,

oh, oui. ...

... Oh, oui, oui, oui.

Grognements

...

...

Non. -Non, non.

Rires

-Deuxième exemple de perte de charisme : Yann.

-Oh, oui.

...

-Vous êtes précoce.

-J'ai pas commencé...

Oh, oui.

Oh, oui. Oh, oui, c'est bon.

Gémissements Oh, oui.

...

Ouh, là, là !

Ouh, là, là !

Ouh !

Ouh, ouh...

Ouh, le zizi.

Ouh !

Ca pique.

Rires

C'est non.

-Deuxième type d'orgasme raté,

l'orgasme dit "animalier".

-Oui, car il arrive, de temps en temps,

que tout, là, se passe bien

et que, pendant l'orgasme, on dérive

de manière animalière. 1er exemple.

Gémissements

-Mhm, oui, c'est bien.

...

Oh, oui ! Oh, oui !

Elle imite des animaux.

...

...

Rires Applaudissements

...

Deuxième exemple... -Oui.

-D'orgasme dit animalier. Yann ?

-Oh, oui.

Rires

...

Oh...

...

Oh, oui...

Oh, oui...

Mhm, oh, oui...

Oh, oui, c'est bon. Oh, oui, comme ça.

Oh, oui, Pétra.

Oh, oui, mhm, Pétra.

Mhm, Pétra, Pétra pas.

...

Oh, oui.

Oh, oui... Oui...

Oh, oui... Oui...

...

Il bêle.

Rires

-3e exemple de type d'orgasme,

l'orgasme dit de célébrité.

-Ah, oui, parce qu'il arrive

que vous ayez pu voir des célébrités à la télé

et puis, hop, ça imprime

la partie d'orgasme de votre cerveau

et, pendant l'orgasme, la célébrité ressort.

1er exemple, l'orgasme Véronique Sanson.

Elle se racle la gorge. Elle gémit.

...

-Oh, Michel.

...

Ah, oui. Oui.

...

Elle fait des vocalises.

...

Non. -Non.

Applaudissements

...

-Et enfin,

dernier type d'orgasme dit de célébrité,

dernier type d'orgasme dit de célébrité,

l'orgasme dit de Jean-Pierre Foucault.

Rires

-Oh, oui...

...

Oh, oui... Pedro, oui...

Oh, oui...

Il gémit.

... Ah.

Mais alors, c'est votre dernier mot ?

Rires Applaudissements

...

Merci beaucoup.

Alors, on espère que vous avez pris des notes

avant de vous quitter,

comme vous êtes souvent au piano

vu que vous êtes...

-Je suis musicothérapute. -Exactement.

Et moi aussi, je joue d'un instrument et j'aimerais

l'inclure à la thérapie... -Vous ne jouez

de rien. -Ben, si.

Je sais que c'est pas prévu,

on est dans un joli cabinet,

mais ce que je voulais dire

par-là, c'est, est-ce que je peux

sortir mon instrument ? -Oh, non, non !

Non, non. -Si, attendez.

-C'est fini, le bal des horreurs.

-J'ai fait des années de conservatoire...

-Non. -... et je l'ai posé juste ici, là.

-Non. -... et je l'ai posé juste ici, là.

-Là ? -Oui, vu que les gens le demandent.

Alors, c'est pas prévu du tout.

-Mais c'est pas un instrument, ça. -Si.

Attention, avec délicatesse.

-C'est pas un instrument, c'est un cochon.

-Non, pas du tout. Oui, alors oui,

je joue du poulet. -C'est pas un poulet,

c'est un cochon. -C'est un poulet.

-Ben, écoutez, il a un groin,

une queue en tire-bouchon...

-Gérard Larcher aussi, et ça fait pas

de lui un cochon. C'est un poulet.

-C'est pas un poulet.

-Il est en pleine transition.

Rires -Quoi ?

-Il est en transition, il se sentait pas du tout cochon,

donc il m'a dit : "Je me sens pas cochon,

je me sens poulet." Donc, il est poulet.

C'est pour ça qu'on l'a emballé dans du chou.

-Oui, ben, c'est un choulechon.

-Hein ? -C'est un choulechon.

-C'est un chouchon. -Chouchon.

-Je l'ai appelé Alain.

... Et...

...

-Alain Chouchon ?

-Quoi ?

-Alain Chouchon ? -Oui.

...

Alain Chouchon ?

-Alain Chouchon ?

-Alain Chouchon ?

-C'est joli, pour un chouchon.

-C'est la honte. -Pas du tout.

Je peux me permettre de vous jouer un morceau ?

-OUI.

-Je vais vous demander vraiment...

D'habitude, je suis dans des salles énormes.

J'ai fait le Carnegie Hall, l'Olympia...

C'est des moments un petit peu tristes,

car je dois vous avouer que oui,

je fais comme Gérard Depardieu.

-Vous pétez dans les loges et tripotez

des culs ? -Mais non.

Je joue Barbara au poulchon.

-Vous jouez Barbara au poulchon ? -Oui, je joue Barbara.

Du coup, les gens, souvent, c'est des moments...

émotions, donc les gens pleurent.

Vous pouvez pleurer. D'habitude, j'ai

un pianiste, un gros barbu,

mais là, on verra pas la différence.

Donc, est-ce que vous pouvez vous mettre

au piano, s'il vous plait ?

Voilà. -Vous pouvez pleurer,

vous pouvez partir, aussi. -Non, non.

Je vais jouer "L'aigle noir".

-Dis donc, on va se marrer.

-Non, parce que c'est par rapport

-Non, parce que c'est par rapport

à une chanson de Barbara.

-Oui, on connait.

-Vous connaissez, on va pas plomber.

Donc, voilà, c'est l'histoire de Barbara.

-Oui, voilà.

-On va pas la raconter. Enfin, si.

-Non. -Y en a qui savent pas.

A un moment donné, Barbara,

pour la faire courte,

elle voulait cuisiner un poulet,

et puis, en fait, elle l'a mis au four au thermostat 9,

et le thermostat 9,

c'est grosse dinde, c'est beaucoup trop chaud

et à la fin, le poulet était carbonisé.

Et du coup, elle a écrit "l'Aigle Noir".

-Et pourquoi

elle a pas écrit "Le Poulet Noir" ?

-Parce que c'était anti-flic et raciste.

Rires

Tu peux me faire une lumière un peu Olympia,

un peu solennelle ? Voilà, ça, c'est sublime.

N'hésitez pas à pleurer.

(-Elle va revenir.)

-Est-ce que le micro est ouvert ? Très bien.

Donc, "L'Aigle Noir". -"L'Aigle Noir" ?

Air de piano

... Vous faites quoi ?

-Je m'échauffe.

...

...

Il joue du cochon sonore.

...

...

...

-C'est n'importe quoi.

...

Les gens...

...

Les gens ont payé, Yann.

... ...

Non, mais vous avez été scolarisé, vous ?

... ...

...

On va perdre tout notre public musulman.

-Oh, mais c'est pas possible, enfin !

-C'est pas possible. -Enfin.

-La honte. -On est où, là ?

-La honte. -On est où, là ?

Quoi ? -Qu'est-ce qu'il y a ?

-Quoi ? Merci, quoi. -Ben, oui,

ben, merci pour lui. -Merci.

-Une honte.

-Quoi ? -C'est n'importe quoi.

-Merci. Applaudissements

...

-Donnez-le-moi. -Quoi ?

-Je vais le ranger. -Non.

-Mesdames et messieurs,

c'était le cas Giroud-Stotz et Alain Couchon.

Chuchu ?

-Non, Chouchon. -Ca s'est bien passé.

On est d'accord qu'ils sont...

-C'est professionnel.

-Oui, c'est professionnel,

mais pour nous aussi, c'est un cas professionnel.

-Pardon, ça, c'est moi.

-Depuis le début, j'en peux plus du portrait de Freud.

Vous voulez bien retourner Freud ?

-Bien sûr. -Ca commence à me brûler la rétine.

Non...

Quand je dis "retourner",

vous le retournez. Parfois, je me demande...

-Oui, il a pas la lumière à tous les...

Il a un truc, quand même...

-"Gros bisous à ma petite chatte" ?

-Non, mais non ! Dégagez !

Dégagez ! Dégagez ! Non, mais pas vous !

Dégagez-moi ce truc, là !

Remettez-moi Freud !

Peu importe le sens, je m'en fous.

-Il est mieux comme ça, en fait.

-Oh, putain... Cette histoire...

J'avais oublié cette histoire.

Bon, on a qui, qui vient, là ?

Ah, oui, alors on va assister

à la séance d'une de mes plus anciennes patientes.

Vous allez voir, c'est une patiente âgée de...

Ah, oui, quand même.

Vous allez voir, elle est vachement bien conservée.

-C'est parce que je lui ai fait...

-Ca suffit avec les histoires...

-Non, mais non,

beaucoup de séances de sport.

-Toc, toc, toc.

-ENTREZ.

...

-C'est le cas Kayo !

Le cas Kayo. Le cas Kayo-yo

Le cas Kayo. Le cas Kayo-yo

-QU'EST-CE QU'Y A SOUS TON GRAND CHAPEAU

-Mesdames et messieurs, le cas Vanessa Kayo.

...

Respiration forte Rire

-J'ai rencontré quelqu'un.

J'ai rencontré quelqu'un. Oui !

Et il est... Il est...

Il était temps.

Rires

Si, quand même, parce que moi,

j'en étais arrivée au stade du célibat

où j'allais chez l'ostéo

juste pour que quelqu'un me touche.

...

Il est très beau. Oh, là, là, oui, vraiment beau,

c'est le sosie de Brad Pitt, en gros.

Donc, j'avoue que je me mets une pression.

Je suis toujours maquillée, épilée, crémée,

crevée, je suis crevée. Je vais pas tenir.

Evidemment que je suis crevée, il est parfait.

Il est Hollandais, il s'appelle Rohir.

Rohir, oui, ça veut dire Roger, en français.

C'est vrai qu'il a pas le prénom qui va

avec son physique, mais c'est pas grave,

car il est parfait.

Il a voulu me faire découvrir

sa culture, donc il m'a emmenée au sauna.

Et en Hollande, c'est pas comme en France.

Parce que là-bas, le sauna, c'est dingue.

Dans chaque sauna, il y a 15 saunas,

25 hammams, 32 jacuzzis, 400 piscines,

c'est le Disneyland

de la détente. Tenue exigée,

pas de tenue.

Alors, là, je dis à Rohir : "Pas de tenue ?

Tu veux dire que les gens n'ont pas

de maillot de bain, non ?

Même pas un petit slip en papier ?

D'accord, ben, non, je vais pas faire ça avec les gens.

Non, ben, non, moi, vivante, jamais."

Me voilà donc nue.

Oui, ben, je suis amoureuse. Entourée de gens nus,

trottinant le couloir, toujours nue,

cachée derrière Rohir. Alors, lui,

Rohir, très à l'aise, très fier de son corps...

...

Et d'un coup, il s'exclame :

Et d'un coup, il s'exclame :

"Ah, quel hasard, c'est incroyable,

quel hasard, Vanessa, je te présente toute mon famille."

Quoi ?

Quoi ? "Ja, mon cousin, Haïkre,

mon cousine, Haïkren, mon maman, Haïkron,

mon grande-soeur, Kran

et mon papi, Krr."

...

Euh, "goedendag", Krr.

...

Et Haï... Haï...

Aïe, aïe, aïe, aïe.

"Allez, maintenant, toute la famille dehors,

parce que meilleur hammam extérieur.

Allez, viendre, 'schatje'."

Alors, "schatje", ça veut dire "chérie" en néerlandais.

Elle rit. "Schatje", c'est joli, hein.

C'est doux.

Très belle langue, le néerlandais.

En revanche, j'ai essayé, ça ne s'apprend pas.

Non, ben, non, ça se rote, à la rigueur.

Rires

C'est très guttural, comme langue.

Il y a 28 "Reuh" en une seule phrase.

Il y a 28 "Reuh" en une seule phrase.

Pour dire "bonne nuit", on dit "goedenacht".

Mais va dormir, après ça.

...

Bref, Rohir me dit : "Viendre, schatje,

meilleur hammam extérieur."

On va pas aller dehors, il fait moins 10 degrés.

"Mais si, ça détendre."

Non, non, ça détendre rien du tout. En plus,

je suis en épilation été, pas en épilation castor, donc non.

Non, non, ben, non.

Bon, une fois dehors...

Oui, ben, je suis amoureuse. Moins 10 degrés.

Direction le hammam, 90 degrés.

Elle suffoque.

Oh, la vache, on y voit rien. J'ai perdu Rohir.

Rohir ? Rohir ?

Ah, Rohir, ah, non, c'est pas les siennes.

Rires

Non, là, à mon avis, à vue de raie, c'est plutôt papi Krr.

...

Ah, Rohir. Rohir, déjà nonchalamment

allongé tel un dieu grec,

allongé tel un dieu grec,

le muscle saillant et brillant.

Je m'installe à côté de lui

telle une DS, Citroën.

Oui, carcasse suintante et bas de caisse dégoulinant.

Je transpire, mais alors, je transpire.

Vous savez, le corps est composé à 70 % d'eau.

Au bout de 10 min, il me reste 4 cl.

Ouais, un verre à shot.

Je me dis : "S'il m'embrasse avec du sel

et du citron, paf, je disparais."

...

"Toute la famille au gommage, c'est bon

pour la circulation de la sang."

OK, Rohir, ben, on va aller au gommage,

mais je voulais juste savoir, la fille qui était

avec toi dans la piscine glacée...

Et pourquoi se mettre dans un truc glacé

juste après le hammam ?

A moins de vouloir une hydrocution...

Bon, c'est pas le sujet.

La grande blonde, là, tu sais, avec les jambes interminables ?

Et elle a des seins énormes, aussi, c'est fou.

Et ils tiennent, en plus, comment elle fait ?

Je trouve que ça a un petit côté étouffant.

Bon, bref, c'est ta cousine, elle aussi ?

"Ah, non, c'est Hilke, meilleure amie."

"Ah, non, c'est Hilke, meilleure amie."

Quoi ? C'est elle ta meilleure amie ?

Ah, d'accord. Et elle vient pas dire bonjour.

Et tu me la présentes pas non plus.

C'est marrant parce qu'ici,

vous dites "meilleure amie",

nous, en France, on dit "pute".

...

"Hallo", pute. Oui...

C'est moi, sa meuf, dégage avec tes grands bras, là.

Et elle vient au gommage, pute ?

"Ah, non, Hilke très bonne circulation du fion."

Non, du sang, tu veux dire. "Non, du fion."

Quoi ? "'Wat ?' Allez, au gommage.

Tous au gommage." Elle rit.

Je me suis fait gommer.

Ah, ouais, gommer, mais alors, gommer.

Plutôt avec le côté bleu de la gomme.

Ah, ouais. Par une femme.

Probablement une ex du KGB.

Formée pour faire avouer les gens.

La meuf, tu lui dis pas non, tu subis.

Tu la supplies et tu avoues.

Elle m'a gommée et jetée un seau d'eau

et regommée, puis après, re-seau d'eau, mais brûlant.

et regommée, puis après, re-seau d'eau, mais brûlant.

Et après, elle m'a fouettée avec du romarin, je crois.

J'ai tout avoué. Je lui ai dit que j'étais

Xavier Dupont de Ligonnès.

Rires

J'avais juste envie que ça s'arrête.

Sinon, c'était franchement super.

Non, mais c'était super.

Mais c'est quoi, là, ce principe d'aller se griller

toute une journée. 15 min, 1 h, je veux bien,

mais toute la journée, aller se griller...

Et juste derrière, se congeler.

Et puis, se regriller,

se recongeler, puis se regriller...

On est pas des Croustibats, merde.

Oui, les colins d'Alaska panés.

Bref, on s'en fiche, c'est pas le sujet.

Non, mais il est super, Rohir, franchement, il est super.

Rire forcé Respiration forte

J'ai dû supplier pour qu'il augmente

la température de sa chambre au-delà de 14 degrés.

"Tu as froid ?" Je dors avec des moufles

et une polaire, y a peut-être un indice, Ducon.

Rires

Pardon, mais non, il est super, franchement.

Non, mais c'est moi qui suis chiante.

Non, mais c'est moi qui suis chiante.

Pourtant, c'est pas dur. Qu'est-ce que je veux.

Je veux un mec viril et sensible.

Viril et sensible. Déconstruit, évidemment.

Déconstruit, mais un petit côté, pas macho, bien sûr,

mais qui a du caractère.

Mais calme, quand même, et pas chiant.

Ambitieux, aussi, et disponible.

Mais pas collant.

Qui dit "je t'aime" régulièrement.

Elle rit.

Je suis folle. Je suis folle ou quoi ?

Ben, oui, on est toutes folles, évidemment.

Pourquoi ? Parce qu'on nous a vendu quoi ?

Le prince charmant.

C'est vrai qu'il vit dans un château.

Qu'il nous emmène danser au bal.

Et qui se bat contre des dragons cracheurs de feu.

Et nous, on se retrouve avec Jérôme,

qui vit rue du Château

et qui nous emmène en soirée raclette.

Rires

Et qui, bourré, sort son briquet

et fait des pets-flammes.

...

Elle souffle.

Evidemment, on est déçues.

Après, on dit que les femmes sont hystériques.

Elles sont jamais contentes.

Oui, on est hystériques, c'est vrai.

Mais c'est normal. Juste un seul exemple.

Toute notre scolarité, on est les 1res de la classe

et après, c'est pas nous les patronnes,

c'est un petit peu énervant, quand même.

Pareil, l'expression "avoir des couilles"

pour désigner le courage, c'est agaçant.

Donc, t'es obligé d'être un mec pour être courageux.

Non. En plus, l'image n'est pas pertinente,

on est d'accord.

Ben, non, parce qu'une paire de couilles, c'est fragile.

On dirait deux mini sacs de frappe,

mais tu peux pas taper dedans.

...

Aucun intérêt, la paire de couilles est là,

sans volonté propre, se laissant bringuebaler,

craignant le moindre coup.

...

Et quand il fait froid, elle se recroqueville.

...

Oh, chaton...

Mais c'est une victime, la paire de couilles.

Une victime.

Alors que la paire d'ovaires,

les ovaires, tous les mois,

libèrent un ovule sans se plaindre.

Elles s'occupent des règles,

elles encaissent, on les drogue à la pilule,

elles résistent, vive les ovaires !

Acclamations Applaudissements

... ...

Merci !

...

-Bon.

Eh ben, à la semaine prochaine, Mme Kayo.

-Non, c'est bon, c'était ma dernière séance.

Je suis guérie.

-Comment ça, vous êtes guérie ?

-Ouais, franchement, je suis guérie, je trouve

que je me sens bien en ce moment, je suis épanouie.

En plus, je trouve que j'ai un certain recul,

une certaine maturité, une sagesse même.

Et... -Vous avez plus de thunes ?

-Ouais, c'est ça.

-Ouais, c'est ça.

-J'en étais sûr, Stotz va s'occuper de vous.

Il va vous donner la petite carte de réduction

et un RDV pour la semaine prochaine.

-Et je vais vous administrer un lavement.

-Ca suffit, maintenant, Stotz, avec les lavements.

Sachez que, les lavements,

c'est pas tous les jours, peut-être qu'en Belgique, si,

mais en général, c'est pas quotidien.

Vous savez que l'eau, c'est un bien précieux ?

Vous voyez les quantités d'eau que vous utilisez ?

Vous videz les rivières, les lacs, les océans,

pour mettre des pailles dans le fondement des gens

parce que vous avez cette obsession

du rectum qui fait que voulez

foutre des pailles dans le cul

de tout le monde ! On en a plein le fion !

Plein le fion ! Le cul !

Le trou de balle ! Vous nous emmerdez

avec vos lavements !

Rires

Applaudissements

Je suis désolée, chers confrères.

...

Ca m'a...

Bon, vous sortez maintenant.

-En attendant, contre les sautes d'humeur,

les lavements, c'est parfait. Et moi, je suis très calme.

les lavements, c'est parfait. Et moi, je suis très calme.

-Visiblement, ça fait pas repousser les cheveux.

Elles rient.

Oh, mais vous, mais vous,

mais je suis sûre que vous faites des pets-flammes.

-Des pets-flammes ? -Oui.

-Des pets-flammes ? -Oui.

-Oh, là, là. -Il a la tête.

-Non. -Vous faites des...

-Oh, j'en étais sûre. -Non !

-Vous faites des... Dehors, allez, sortez tous,

tous, tous !

-J'ai jamais... -Mais bien sûr.

-Non, j'ai jamais fait avec un briquet, jamais.

Applaudissements Jamais.

...

-Des pets-flammes... J'aurais dû m'en douter,

je me demandais d'où venait l'odeur de soufre

quand je rentrais dans le cabinet qui me piquait les yeux.

Puis les traces de cramé un peu partout...

Y en avait des...

"C'est quoi, ces trucs-là ?" Je me disais...

Oh, putain, il m'a pété-flammé sur l'accoudoir !

J'en étais sûre !

Il fait des pets-flammes un peu partout.

Mais quel saligaud...

Mais quel saligaud...

Oh, putain. Respiration forte

-Toc, toc, toc, toc.

-ENTREZ.

Soupir

Applaudissements

...

-Je vais vous laisser en compagnie

d'un double, voire, d'un quadruple cas fort intéressant,

le cas Manon Lepomme-Laura Domenge !

*Musique rythmée

...

Petit rire

...

Elles rient. Soupir

Elle renifle.

-C'est le premier ?

-Non, c'est un petit deuxième.

Mais ils sont très rapprochés, car,

avec mon mari, ça marche tout de suite.

Elle rit.

-Deuxième, c'est bien.

-Deuxième, c'est bien.

Moi...

Rires

... c'est mon 4e en trois ans.

-Ah, oui, quand même.

-Quand on aime, on compte pas.

-Vous, vous aimez les enfants ?

-J'adore les faire, surtout.

Elles rient.

...

Petit rire

Elles rient. Respiration profonde

-Et vous êtes enceinte de combien ?

-Trois mois.

-Trois mois ? Mais vous êtes énorme.

Enfin, vous savez ce qu'on dit,

il paraît que, pour un 2e, ça se voit plus vite,

donc c'est sûr que pour un 4e, c'est...

Rires

-Et le papa, il est pas venu ?

-Non, enfin, il est allé garer la voiture.

Il arrive.

-Moi...

...

... je suis venue en vélo.

Vous savez, c'est très important,

le sport, quand on est enceinte.

Puis, ça pollue beaucoup moins.

Il faut garder une planète saine pour nos enfants.

-C'est une voiture électrique dernier cri

fabriquée en Europe, bio sourcée,

issue du commerce équitable.

...

Et vous, votre mari, par contre,

il va pas venir ?

-Non, mon mari...

donne des cours de coaching prénatal,

primitif et physiologique

à des papas moins expérimentés.

Il fait ça gratuitement. -Ah, oui ?

-Mhm, hm.

-Mon mari, il est formidable.

On l'appelle le super-héros de l'accouchement.

-Il est gynéco ?

-Non, il est vétérinaire.

...

-Quand on a déjà accouché des vaches,

accoucher sa femme, c'est la même chose.

-Pour la naissance du 1er, la gynéco

était si impressionnée qu'elle lui a demandé

de reprendre son service.

Elle a cru qu'il était professeur d'université.

-En même temps, on a pas besoin d'homme

-En même temps, on a pas besoin d'homme

ni de médecine pour accoucher.

Moi, je fais ça naturellement.

Vous voyez, j'ai ça en moi.

C'est un peu le concept de Pachamama.

Et vous, vous accouchez comment ?

-Pareil, naturellement, mais j'ai plus peur

parce que ça peut pas être pire que la 1re fois.

22 h de contraction, prééclampsie,

ma belle-mère qui hurlait,

j'ai cru que j'allais y passer.

-Mais ça peut pas être pire que moi,

c'était atroce.

48 h de souffrance. -Ah, ouais ?

Mais moi, je vous raconte même pas.

Rien que pour évacuer le placenta,

il faisait deux fois le poids du bébé,

9 kg, il est dans le Guinness Book.

-Ah, mais moi, j'avais deux placentas.

Ils pensaient que c'était des triplés

tellement y avait du volume.

La gynéco n'avait jamais assisté

à une telle boucherie.

-En même temps, j'imagine qu'après trois accouchements,

vous devez avoir

le bazar bien amoché, comme vous dites.

Elle rit.

Toux

Ceci dit, ça veut rien dire.

Moi, rien qu'au bout d'un accouchement...

Elle souffle.

C'était pas une boucherie, c'était l'abattoir.

Y avait du sang partout qui giclait jusqu'au plafond,

qui passait à travers la porte.

C'était un champ de bataille,

Guernichatte, qu'on m'appelle.

C'était horrible, on a dû mettre me cinq poches

de 4 litres de sang.

-Ah, ouais, cinq poches de 4 litres ?

La chance, moi, on a dû me transfuser

avec une infirmière qui était dans le bloc,

car elle avait le même groupe sanguin, paix à son âme.

Et j'ai eu sept points de suture.

-Sept points de suture ? -Oui.

-Mais la chance, moi, j'en ai eu 48.

-Ah, bon ? -Ouais, j'étais déchirée de là,

jusque-là : un poulet.

J'avais plus d'anus !

On a dû mettre une poche pour fermer.

Tenez, regardez, je l'ai encore.

-Non, non, ça va, c'est bon.

Moi, j'aurais bien aimé.

Parce que le trou, il était béant.

Parce que le gamin, en sortant,

il s'est mis comme ça et il a tourné à 360 degrés.

il s'est mis comme ça et il a tourné à 360 degrés.

J'étais déchiquetée de partout.

Ils ont appelé tous les internes.

Et ouais, il y avait même une grue.

-Ah, ouais ? Ah, ouais ?

Eh ben, moi, y a carrément eu une équipe de spéléo !

Qui est rentrée tellement c'était le bordel dedans !

Ils ont dû faire du feu pour tout cautériser,

tellement que, quand j'expirais,

ça sentait le barbecue !

Ca a été affreux.

Ils sont restés ici pendant 3 jours.

Et ils sont sortis, au bout de 3 jours,

en rappel avec une corde de 8 cm de diamètre.

C'était l'enfer, y a même tout l'hôpital

qui est venu y assister tant mon accouchement,

il était incroyable.

Il y a eu la télé française et même belge.

-Ah, ouais ? Ben, moi, c'était CNN, qui était venu.

Ils étaient 8 là-dedans. Ils y sont toujours.

Pourquoi vous croyez que je suis grosse

comme ça à 3 mois ? Ecoutez.

Vous entendez ?

Ca parle anglais, pour mon gamin,

c'est pratique, il sera bilingue.

Et là, vous entendez ?

Ta-ta-ta-ta.

Ils trouvent pas la sortie,

alors ils y vont au marteau-piqueur.

Ouais, parfois, je suis là, avec une lampe torche,

pour essayer de les guider.

Mais ils voient rien du tout

et ils s'en fichent d'être en retard,

car ce sont des ouvriers belges

et des ouvriers français. -Voilà.

Rires

-Prêtes pour la préparation à l'accouchement ?

Alors, juste une question.

Vous préférez quoi ?

A l'ancienne ou péridurale ?

-ANESTHESIE GENERALE.

*Musique rythmée Applaudissements

... ...

...

-Non, mais vous restez.

Parce que figurez-vous que,

on va faire une petite séance

de musicothérapie collective.

Parce que le congrès touche un peu à sa fin...

-Excusez-moi, je suis désolée,

mais y a un genre de clochard qui attend

depuis un moment en salle d'attente.

-Un clochard ?

-Oui, c'est un type, il est un peu bizarre.

Allez voir, mais faites attention, car il a dit qu'il allait

couper vos suspensions.

-Les suspensions de qui ? De quoi ?

-Il a dit : "Je vais vous couper les..."

"Subventions". Il a dit "subventions".

-Mais c'est le ministre de la Santé qui est derrière.

-Non. -Mais si, c'est le ministre, vite !

Y a le ministre qui va arriver,

donc, on va faire quelque chose pour son arrivée.

-Il faut faire quoi ? -Je sais pas.

Faites un truc. Mais qu'est-ce que vous foutez ?

Il crie. Oh, mon Dieu.

On va... Non !

Non, faites autre chose que ça !

Faites un truc bien, on va se mettre en rang.

On va se mettre propre. Je suis bien ?

-Vous êtes bien. Et moi ?

-Le ministre arrive.

Le ministre va arriver.

Levez-vous pour le ministre.

Quelqu'un chante.

Préparez son micro. Mettez-le là.

...

-Tic-tac-touc-tac-toc...

-Entrez !

-ENTREZ !

-La porte !

-La porte !

Ah, ben, c'était ouvert.

Applaudissements

...

(Ah, bonjour.)

Respiration forte (Bonjour.)

(Bonjour, merci.)

(Pardon, bonjour.) -C'est...

le ministre de la Santé.

Claquements de langue

...

Respiration forte -Mesdames, messieurs...

En tout cas...

Rires

...

Il me semble être en mesure de pouvoir affirmer que...

Il grogne. Rires

... Selon moi,

en qualité de président...

N'est-ce pas ? -Oui.

-Président de la République. -Non.

-Il me semble être... Comment ?

-Non, rien. -Il me semble que oui.

-Ah, oui. -Il me semble être en mesure

de pouvoir affirmer

que toutes les conditions sont réunies

pour que nous puissions commencer

à conclure ce très beau congrès.

à conclure ce très beau congrès.

Merci beaucoup.

Applaudissements

...

Ah, non, malheureusement, c'est la galère.

On va pas pouvoir conclure parce qu'il y a un problème.

Rires

Applaudissements

...

Il rit.

... ...

Y a un problème

parce qu'il y a eu des...

Mesdames, messieurs, dans vos yeux, je lis le doute.

Et ce doute, eh bien, je le partage.

Applaudissements

...

Donc, je disais que, malheureusement,

on va pas pouvoir commencer à conclure

parce que, malheureusement, y a un problème.

Il y a un problème parce qu'il y a eu toutes sortes de...

Il y a un problème parce qu'il y a eu toutes sortes de...

Vous rigolez, mais y a un problème

parce qu'on a eu des... Y a eu des...

Il y a un gros problème

parce qu'il y a eu des...

on a eu... On a été... Y a eu...

Il souffle.

Rires

...

Respiration forte

Ah, oui, y a un problème parce qu'on attend quelqu'un.

Applaudissements

...

On attend quelqu'un, mais...

on attend pas quelqu'un en particulier.

Donc, en fait, on attend personne.

Rires

Mais on sait

qu'il y a de grandes chances

pour qu'il y ait quelqu'un qui arrive.

...

Oh, la vache.

La vache. Waouh.

Waouh, la vache. C'était une impro.

Waouh, la vache. C'était une impro.

Je me suis dit : "C'est cool y a du monde,

je vais faire une impro."

Eh ben, maintenant, je regrette.

...

Du coup, ça m'a bien stressé,

du coup, excusez-moi, mais je vais me reposer 5 min.

Oh, la vache.

Respiration profonde

Oh, le cauchemar.

-Il était à l'Intérieur, avant.

C'était le ministre de l'Intérieur, avant.

-Ben, il a dû y rester.

Rires

...

-La vache. -M. le ministre...

-Oh, non... -Va juste falloir...

(-Ecoutez.)

Vous avez dû remarquer que j'étais bardé de mouches.

Eh bien, sachez que si, à l'aide d'un crayon,

vous les reliez toutes les unes aux autres,

apparaîtra un cheval.

...

Applaudissements

...

...

-C'était notre ministre de la Santé,

le cas Fred Blin.

...

Alors, vraiment,

merci, M. le ministre, pour ces annonces,

notamment concernant le budget de la Santé qui, on le sait,

est au coeur. Et toutes ces belles annonces,

je pense que ça donne de l'espoir

pour la santé de tous

et peut-être aussi

pour la vôtre. Euh...

M. le ministre, j'ai vu

que vous aviez un petit brin de voix.

Vous ne seriez pas contre

pousser la chansonnette ?

Allez me chercher les autres patients,

car on va faire une séance de musicothérapie collective.

Il va y avoir tout le monde

et vous aussi, vous pouvez participer.

Puisque, tous ensemble, on va rappeler

tous les patients qui étaient sur scène

pour faire une chanson tous ensemble.

Venez, venez, venez. Vous allez voir.

C'est pas très compliqué.

Voilà, tout le monde est là.

Ah, regardez. Tous les patients

sont réunis. Alors, n'hésitez pas.

sont réunis. Alors, n'hésitez pas.

Vous pourrez aussi chanter le refrain avec nous.

Donc, attention, tous ensemble, musique !

Air de guitare rythmé

Vocalises

...

-Dans la vie Faut pas s'en faire

Si les gens Vous trouvent pas normal

Et comme le disait Ma grand-mère

Ton truc en plus C'est ton étoile

On a tous Un grain de folie

Tant pis pour ceux Qui portent un masque

Et dans ce monde d'abrutis

C'est bon d'avoir Un pet au casque

-NOUS, ON EST FOUS, FOUS, FOUS C'EST UN SPORT NATIONAL

TOUT LE MONDE EST FOU, FOU, FOU

FAUT PAS EN FAIRE UN DRAME

NOUS, ON EST FOUS, FOUS, VOUS AUSSI, CA TOMBE BIEN

TOUT LE MONDE EST FOU, FOU, FOU ET CA NOUS FAIT DU BIEN

TOUT LE MONDE EST FOU, FOU, FOU ET CA NOUS FAIT DU BIEN

NOUS, ON EST FOUS, FOUS, VOUS AUSSI

CA TOMBE BIEN

TOUT LE MONDE EST FOU, FOU, FOU

ET CA NOUS FAIT DU BIEN

-Et Antonia de Rendinger !

Acclamations

Sous-titrage : VDM

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