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("Beat the drum slowly")
Bonjour. - Bonjour.
Je peux vous aider ?
Je viens pour ma fille, Marie Sneijder.
Marie ?
Sneijder. S-N-E-I-J-D-E-R.
Elle a �t� incin�r�e ici.
D'accord. Laissez-moi v�rifier.
Oui, tout � fait.
Les obs�ques ont eu lieu le 28 d�cembre, c'est bien �a ?
Je crois, oui.
D'accord. Vous avez une pi�ce d'identit� ?
Merci.
Tr�s bien. Vous voulez
vous asseoir ?
Non, merci.
Voici.
Je vous pr�sente
mes condol�ances et toute ma sympathie.
Donc...
Option cr�mation le 28 d�cembre.
Remise le 22 f�vrier.
Je vais avoir besoin d'une petite signature.
Merci. N'h�sitez pas � nous rappeler si vous souhaitez
prendre d'autres dispositions.
On offre un vaste choix de reliquaires
pour reconditionner les cendres entre divers lieux,
pour les familles recompos�es, par exemple.
Ou m�me des pendentifs si vous souhaitez en conserver
une partie sur vous.
C'est tr�s populaire. J'en vends beaucoup.
Non merci, �a va aller comme �a.
D'accord.
("Beat the drum slowly")
Je ne sais pas si vous avez consult� des confr�res,
mais vous avez frapp� � la bonne porte.
Je suis sorti de l'h�pital il n'y a qu'une semaine.
C'est ma femme qui m'a dit de vous rencontrer.
Avant de parler proc�dure,
mes condol�ances les plus sinc�res.
�a doit �tre terrible de vivre avec ce souvenir.
Euh... Je ne me souviens de rien.
Z�ro souvenir de cette journ�e.
Je suis papa, moi aussi.
S'il m'arrivait �a, je deviendrais dingue. J'irais tous
les descendre.
J'admire votre dignit�. Vous �tes exactement le genre de dossier
qui me redonne foi dans mon m�tier. Je suis plus juste l�
pour n�gocier des transactions, d�fendre des int�r�ts,
bien que je le fasse. Non, je suis l� pour d�fendre
une certaine id�e de la justice.
J'esp�re que je ne vous choque pas.
Ah ? Non. - Ces gens-l� se sont rendus coupables
de n�gligence impardonnable, criminelle.
Vous avez perdu votre fille.
Votre fille, 25 ans, la vie devant elle.
Vous �tes meurtri, mutil�.
Ils vous doivent r�paration.
Si vous permettez
que je vous repr�sente, ils s'en souviendront !
Je ne sais pas si vous savez, mais Streamlift,
la soci�t� qui entretient les ascenseurs
de l'h�tel St Laurent, a d�j� eu affaire � moi.
Un rapport de force sera � votre avantage.
Mon client �tait rest� bloqu� dans une cabine 48 heures
sans qu'on s'en aper�oive.
Un week-end entier sans nourriture, sans eau,
dans moins de 12 pieds carr�s.
Je suis all� lui chercher 250000.
250000 dollars pour un mauvais week-end. Imaginez ce qu'on peut
esp�rer si on met sur le tapis vos pr�judices moraux,
physiques, professionnels et bien s�r le d�c�s de votre fille.
Vous voulez un verre d'eau ?
�a va aller, merci.
Pardon si j'ai �t� direct. Quand j'y crois,
je suis comme �a...
Je vous fais confiance.
On doit encore discuter de...
Oui, je vous rappelle sans faute.
Bonjour, c'est Mme Sneijder. Mon all�e n'est pas d�neig�e
donc on s'enfonce jusqu'aux genoux. S'il neige,
vous reviendrez !
Ma voiture ne dormira pas dehors. Je compte sur vous.
T'�tais l�, dans le noir ?
T'y es all� ?
J'avais choisi �a comme urne, mais je ne savais pas trop.
Merci de t'en �tre occup�e.
C'est la moindre des choses.
Tu ne veux pas qu'on parte
au soleil avec les gar�ons ? Je peux poser une semaine.
On pourrait aller � Playa del Carmen ?
Non ?
Qu'en dis-tu ?
Si tu restes sans rien faire, tu vas sombrer.
T'avais beaucoup aim� cet endroit.
Et �a te permettrait de remettre
tes id�es au clair.
Tu es all� chez Ma�tre Cudmore ? - Oui, oui.
Et ? Qu'est-ce que tu en penses ?
Je ne sais pas.
C'est terrible, mais ici,
les dommages et int�r�ts, �a peut �tre vraiment important.
Ce serait l'occasion pour nous d'�tre � l'abri pour toujours.
Les gar�ons pourraient int�grer l'univers � haut potentiel
des meilleures universit�s am�ricaines. Et �a, ce n�est pas rien !
Ah ouais...
Je n�avais jamais envisag� �a sous cet angle.
Oui, je comprends que �a te paraisse un peu pr�cipit�,
mais, en m�me temps, c'est maintenant que �a se joue.
Tant qu'on se souvient de ton accident.
�a ne fait pas partie des majors pour les business schools.
Une note est une note. - On dirait que les programmes
sont r�dig�s par les minorit�s visibles.
Consid�rez �a
comme un exercice. Dans le monde de l'entreprise,
tout n'est pas int�ressant !
Papa, y avait un message
pour toi, une journaliste de V T�l�.
Ah oui, elle a d�j� appel� plusieurs fois.
Elle doit vouloir t'interviewer.
Je ne sais pas quoi dire qu�ils ne savent d�j�.
C'est int�ressant de parler de ton accident pour le proc�s.
Me Cudmore doit dire la m�me chose.
Quand reprends-tu le travail ? Maman disait que...
Votre p�re sait ce qu'il a � faire.
Mais c'est toi qui... - Nicolas.
J'ai re�u une lettre :
mon cong� maladie se finit � la fin de la semaine.
Je comprends que �a t'inqui�te, mais...
�a peut te faire du bien, peut-�tre m�me plus que des vacances.
Excusez-moi.
C'�tait un accident grave, vous �tes encore secou�, c'est normal.
Prenez ce que je vous ai prescrit et �a se remettra en place.
Bien. Merci.
Et puis pour votre jambe, marchez, marchez.
Quittez cette canne, vous devriez ne plus en avoir besoin.
Faut faire un effort, M. Sneijder.
Merci. Au revoir.
M. Sneijder ?
Je me pr�sente, je me nomme Charles Wagner-Leblond,
je suis l'avocat mandat� par les soci�t�s Sorensen et Streamlift.
La premi�re a fabriqu� l'ascenseur tandis que la seconde
�tait charg�e de son entretien.
Oui ? - Avant toute autre chose,
je voudrais, au nom de mes clients et en mon nom personnel,
vous pr�senter nos plus sinc�res condol�ances.
Merci.
Mon unique but est de prendre contact avec vous
et de voir ensemble si on peut collaborer
au cas o� cela s'av�rerait conforme
� la direction dans laquelle vous souhaitez aller.
C'est-�-dire ? - � un moment donn�,
vous allez devoir choisir entre un accord n�goci�
avec Sorensen et Streamlift, ou une proc�dure en justice.
Je n�ai pas pris ma d�cision. - Bien s�r.
Je comprends.
Les catastrophes ont la particularit� de nous plonger dans un temps
qui n'est pas celui
de tout un chacun.
Permettez-moi au moins une question :
avez-vous un conseil, un repr�sentant ?
Non, pas encore, mais j'ai pr�vu de m'en occuper.
Ah ! N'y manquez pas.
Dans un domaine aussi complexe et technique
que la jurisprudence des accidents d'ascenseurs,
�a facilitera la conduite
de votre dossier.
Aussi absurde et d�plac� que cela para�t,
il va s'agir de mettre un prix sur ce qui n'en a pas :
votre douleur et surtout la perte de votre fille.
La m�re de votre fille est bien d�c�d�e ?
Il y a quelques ann�es,
mais on �tait divorc�s depuis 20 ans.
Cela vous obligera donc � prendre ces d�cisions seul.
Vous �tes
bien entour� ? Il vous faudra du courage
et de l'endurance.
Je ne vous connais que depuis
quelques instants, mais vous ne semblez pas
�tre un homme � manquer de courage.
C'est une Mark 3 ?
Les derni�res Jaguar qui portent la marque de Sir William Lyons.
Avant Ford.
� l'�poque, les voitures ne se ressemblaient pas.
Oui, les voitures et le reste.
En d�pit des circonstances,
je suis positivement enchant� d'avoir fait
votre connaissance. J'esp�re sinc�rement
que nous nous entendrons.
C'�tait qui, ce type ?
Ah, t'es l� ?
C'�tait qui ?
Un avocat.
Un peu bizarre, non ?
Un homme qui roule en Jaguar ne peut pas �tre mauvais.
T'avais pas sign� avec Me Cudmore ?
Euh oui... Bien s�r.
�a va, monsieur ? Vous allez bien ?
Oui, merci.
Paul ?
Paul ?
J'arrive.
Que t'est-il arriv� ?
J'ai eu l'air idiote quand Bouchard m'a racont� ton appel � la SAQ.
Je n�allais pas t'appeler pour te dire que j'avais largu� mon job.
Walcott trouve toujours que ta convalescence se d�roule bien ?
Je l'ai vue la semaine derni�re.
Je ne vais pas squatter. - Tu devrais lui parler
de ton obsession pour les ascenseurs.
Quelle obsession ?
Tes lectures, par exemple.
T'ouvres mon courrier ? - Je m'inqui�te.
Explique ton �tat � Walcott :
elle te prescrira de quoi reprendre une vie un peu normale.
T'inqui�te pas, je ne deviendrai pas un poids pour la soci�t�.
Je vais trouver un emploi
conforme � mon �tat. Et il y a le proc�s, �a va me prendre du temps.
Me Cudmore m'a dit que tu l'avais pas rappel�
et que rien n'�tait lanc�.
Je m'en occupe.
Et comment ? En cherchant
un avocat dans les pages jaunes ?
Il est temps de cesser de t'apitoyer sur ton sort.
("Bring me simple men")
Bonjour, qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
Bonjour. Je viens vous proposer mes services.
J'ai travaill�
comme ing�nieur chez France T�l�com jusqu'en 2008,
et ici, j'ai �t� cadre � la SAQ.
Je m'occupais de l'importation des vins fran�ais.
Vous voulez promener des chiens � la place ?
Je connais bien les environs. j'habite dans l'�le, de l'autre c�t�.
Vous connaissez le domaine ?
J'ai d�j� promen� des chiens, sans �tre pay� pour �a.
Vous �tes en bonne condition physique ?
Oui ! - Oui ?
Vous aimez les chiens ?
J'en ai eu. - Et puis ?
Ils sont morts.
Je peux ouvrir la porte ? - Vous avez chang� d'id�e ?
Non, non, mais je suis un peu claustrophobe.
Merci.
Bon, M. Schneider... C'est �a ? - Sneijder.
Sneijder. Je vous avoue, je suis ind�cis.
Vous n�avez aucune exp�rience du m�tier.
Vous vous sentez pr�t � faire plusieurs tourn�es par jour ?
D�poser les chiens chez le v�t�rinaire ?
Oui.
Ceci par tous les temps,
avec 7 ou 8 chiens ?
Je passe mes journ�es � marcher de toute fa�on.
Oh ! Excusez-moi.
Vous collectionnez les nombres premiers ?
Comment vous savez ?
Bah !
Ah oui...
L�, j'ai la liste jusqu'� 50000.
Le calendrier de 2011,
un nombre premier. Si on le met dans le miroir,
on obtient 1102. L�, je ne sais pas pourquoi,
mais je multiplie
2011 par 1102, hein ?
Et �a donne 2216122.
Vous vous rendez compte ?
Un palindrome ! On lit dans les 2 sens !
Ah, bah oui !
Vous savez quelle ann�e
donnera un produit palindromique
si multipli�e par son chiffre miroir ?
Non.
2111.
Ouais, regardez.
2111 par 1112 �gale
2 millions... 347000...
432.
Vous calculez tout �a de t�te ?
Des chiffres, j'en ai plein la t�te. Je sors des chiffres,
juste des chiffres !
Pr�t � faire un essai ?
Bien s�r.
Quand �a ?
Demain si vous voulez.
Alors demain matin, 9 h. Beno�t Charist�as.
Ah !
M. Sneijder.
Merci, faites entrer.
Cher M. Sneijder, pardonnez-moi de vous avoir fait attendre :
un litige en souffrance
n�cessitait mon attention. - Je n�avais pas rendez-vous.
Une tasse de th� ? - Volontiers, oui.
Si seulement le monde pouvait ressembler � �a.
C'est le jardin Kenroku-en � la pr�fecture d'Ishikawa.
Les gens parlent d'une nature d�natur�e, mais c'est idiot.
Chaque civilisation voit la nature � sa fa�on.
La n�tre fantasme une sorte de matrice bienveillante.
Je ne partage pas cette nostalgie de l'ut�rus. Je vous en prie.
Merci.
Qu'est-ce qui vous am�ne ?
�a fait longtemps que vous faites les affaires d'ascenseurs ?
Vous savez,
vous gagnez un 1er dossier, puis on vous rappelle.
C'est un secteur
tr�s technique. - Oui, je m'en suis aper�u.
Je m'y int�resse par la force des choses.
Elevator World, vous connaissez ?
La publication de r�f�rence.
Mais la Bible, c'est The Vertical
transportation handbook. Il y est expliqu�
en particulier ce principe fondamental :
on ne construit pas un ascenseur dans un immeuble,
mais un immeuble autour d'un ascenseur.
Vous connaissez Ma�tre Cudmore ?
Il va vous repr�senter ? C'est curieux,
il ne m�a pas contact�. - Parce que j'h�site encore.
Vous pourriez me donner votre avis � son sujet ?
Je serais enchant� de pouvoir vous venir en aide,
mais votre requ�te me pousse aux fronti�res des usages
qui r�gissent ma profession.
Ah ? Bon bah, excusez-moi. - Je peux n�anmoins
vous dire une chose sans y d�roger.
Oui ?
C'est l'adversaire le plus opini�tre que vous puissiez m'opposer.
Personne, � Montr�al, ne vous obtiendra
de meilleurs d�dommagements.
Mais ?
Ce jugement ne dissimule aucune r�serve.
Comment se d�roule
votre convalescence, M. Sneijder ?
Ma neurologue m'a conseill� de marcher le plus possible,
alors je vais dans les parcs.
J'esp�re que je n�aurai pas surv�cu
� cette chute pour finir congel�.
Mais dans une situation
comme la v�tre,
s'oublier dans une t�che... - Oh non !
Passer une journ�e dans un bureau, je ne crois pas.
Les adorateurs du Dieu travail !
Oui... Je crains que ma femme en fasse partie.
Peut-�tre ne veut-elle que votre bien ?
Depuis des ann�es, elle ne parle que de corporate leadership,
d'univers � haut potentiel...
Je lui reproche pas d'ailleurs.
Mais c'est elle qui conduit le bateau,
et moi, je regarde le paysage.
Longtemps, �a a march�.
Pas si mal d'ailleurs.
Comment tu te sens ?
Bien, bien. - Tu as revu Ma�tre Cudmore ?
Euh... Oui. - Et ?
Tu en as pens� quoi ?
Bah il a l'air de... De bien conna�tre son affaire.
Salut !
Tu lui as parl� de ton �tat ?
Salut.
�a va ? - Salut, papa.
Bonsoir, papa. Comment tu te sens ? - Bien, bien.
On mange quoi ce soir ? - On est mardi.
Dommage, j'aurais bien mang� du poulet.
On mange quoi ce soir ?
Ah, du poulet !
Je vais le chauffer.
Pile � l'heure.
Parfait !
Bon d�but !
Palindrome ! Magnifique !
Oui. Y en a qui ont �a comme num�ro d'assurance sociale
et qui ne le voient m�me pas.
Ils ne le m�ritent pas !
On va faire une bonne �quipe !
Tenez.
Vicente !
Alors voil� !
Aim�e, je te pr�sente Paul. - Salut.
Je peux vous appeler Paul ? C'est sa journ�e d'essai.
Un � la fois !
Une meute ! Vous vous faites jamais tra�ner ?
Non. Faut leur montrer
c'est qui le boss. Le 1er qui tire, je lui botte le cul !
La porte !
Parfois, y en a pour plus de 10000 dollars aux bouts des laisses,
donc ne jamais l�cher un chien, m�me s'il a l'air bien calme.
Ils attendent juste �a pour partir � la course.
Ensuite, tr�s, tr�s important :
la ceinture.
c'est pour les excr�ments.
Et il va y en avoir, donc tol�rance z�ro,
sinon je re�ois des plaintes des riverains et des amendes.
- la raclette. - Je ne vous fais pas un dessin.
Si vous remarquez
diarrh�e, sang, vers dans les selles,
une note au propri�taire.
Pour chaque comportement bizarre,
m�me chose, une note.
C'est clair ?
Oui, tout � fait.
Bon.
Je peux vous poser une question ?
Oui, oui, bien s�r.
Vous avez d�j� ramass� une d�jection canine ?
Non. Non, jamais.
Je vais �tre franc avec vous,
c'est l� que �a joue.
Y en a qui ont �a dans le sang,
d'autres, non.
Mais �a va bien aller. Pour commencer,
vous allez aller avec Biscotte
et Berlioz.
Une marche de 30mn,
qu'on voie comment �a se passe et on ajuste apr�s.
Ok ? - Ok.
Ouais ? Bah oui ! Hein ?
Et puis ?
Euh... �a a �t�.
Enfin, je crois.
Formidable.
Mais...
O� tu vas ?
Tu me fais �a ? Comme �a ? C'est termin� !
Calme-toi, Anna. - Tu vas voir si je me calme.
Tu ne t�en tireras pas comme �a.
Et ta putain de broche, hein !
Tu peux la garder !
Papa ?
Oui ? - Ton p�re,
c'�tait un genre de Maverick
quand il est all� en France ?
C'est quoi, un Maverick ? - C'est quelqu'un de
pas conventionnel, que n�a pas peur de rompre avec le pass�.
Pourquoi �a t'int�resse ?
Je cherche un angle pour un essai.
Pour le lyc�e ? - Non, pour les universit�s US.
Bonsoir !
Salut.
Salut, maman.
Maverick de p�re en fils. Pas mal, �a.
Papa,
pourquoi on n'a pas connu ton p�re ?
C'�tait pas facile entre votre m�re et lui.
Comment s'est pass�e l'�valuation ?
J'ai p�t� un score et Hugo s'est trou�.
Harvard, c'est pas gagn�.
Attends les maths, gros moron !
Je ne suis pas s�re d'appr�cier ce langage.
Et toi, ta journ�e ?
Euh... J'ai trouv� un nouveau travail.
Ah oui ? O� �a ?
Sur l'�le. � c�t� de ton bureau d'ailleurs.
Chez qui ?
"Dog Dog Walk."
Dog Dog quoi ? - C'est un travail au grand air.
Comment �a ?
Dans les rues, les parcs...
Tu vois ? - Ici, sur l'�le ?
Oui.
Et �a consiste en quoi ?
C'est... "Dog walker."
Promeneur de chiens ?
Oui, mais y a pas que �a !
Il faut les amener chez le v�to. Y a plein de...
Tu vas promener des chiens sur l'�le ?
C'est �a.
Mais tu t'entends ?
Il remonte la pente,
il prom�ne des chiens !
J'ai besoin de temps, de marcher et d'�tre dehors,
cet emploi me convient parfaitement.
Et l'accident m'a transform�, c'est comme �a.
Il faut que tu voies un bon sp�cialiste.
Y a le mari d'une coll�gue
qui est dispos� �...
Je commence demain. Chacun sera toi, dans ton univers
� haut potentiel,
et moi, avec mes chiens !
Mon pauvre ami, tu es en chute libre !
T'as plus ta broche ?
Je la fais r�parer.
Et il n�y a pas de poulet ?
Pas aujourd'hui, je n�ai pas eu le temps.
On est mardi pourtant.
Va te faire foutre !
Arr�te.
Une seconde.
Vous voulez un caf� ?
"handler", �a vous dirait ?
Pardon ? - Un handler, vous savez c'est quoi ?
D�sol�, non.
Vous ne suivez pas les concours canins ?
C'est comme le hockey,
j'ai du mal � accrocher.
Oui. Un handler, c'est celui qui pr�sente les chiens au jury,
qui lui fait prendre la bonne posture, qui sait cacher ses d�fauts,
c'est un vrai savoir-faire.
Vous voulez que je fasse �a ?
C'est mieux pay� que promeneur. 250 la journ�e, voire plus.
Je n�ai pas du tout les comp�tences.
C'est surtout une question de prestance.
Quand je vous regarde, �a correspond.
Je ne sais pas trop.
J'ai un propri�taire qui cherche quelqu'un pour pr�senter sa Golden.
Je ne suis pas du tout l'homme de la situation.
Vous savez quoi ? La chienne est l�. Prenez-la pour sa sortie.
Comme �a vous verrez si �a colle entre vous.
Bah oui ! Hello, ma belle.
H� ! H� ! Hello, belle fille.
Hein ? Allez, viens. Oui, viens.
Oui ! Alors c'est Charlie.
Elle est super douce. Prenez-la pour
une marche VIP, 30 min. Mais prenez votre temps.
C'est M. Paul Sneijder. Il va s'occuper de toi.
Bonsoir ! Vous me ramenez ma Charlie, merci.
C'est un plaisir.
J'aimerais
la promener moi-m�me mais...
Vous �tes
M. Sneijder ?
Entrez vous r�chauffer.
Non, merci.
Vous ne d�rangez pas.
Entrez, faites-vous pas prier.
Charist�as n�arr�te pas
de vanter vos m�rites.
Vous auriez un rapport
rare avec les chiens.
Oh ! C'est exag�r�.
Il est formel. Vous ne seriez pas chaud
� l'id�e du concours ?
Je n�ai jamais fait �a et je n�y connais rien
aux chiens de race. - Charlie non plus.
Vous feriez vos d�buts ensemble.
Y a des handlers plus comp�tents. - Peut-�tre,
mais d�s que je vous ai vu, �a a �t� un gros feeling !
Vous valez mieux que ceux qui font �a
pour avoir une d�capotable.
Peut-�tre que moi aussi, je veux une d�capotable.
Vous n'avez pas le profil.
Je suis psychologue et j'ai d�but�
en vendant des voitures.
Je suis doublement bien plac�. - Vendeur de voiture et psychologue ?
Oui !
Vendre un char, c'est pas
juste vendre un moyen de transport.
Pour �tre un bon vendeur, faut s'int�resser aux gens.
J'ai compris que c'est �a qui me passionnait
dans le business.
J'ai donc d�cid� de cr�er
mon entreprise en d�veloppement personnel.
Alors vous devez comprendre
que je suis assez fragile
je sors d'un accident.
C'est pour �a que vous devez vivre
une exp�rience positive qui vous aide � vous
re-narcissiser.
Non... Un espace ferm� avec des gens, je vais faire
un malaise. - J'ai une amie anesth�siste.
Elle va vous faire quelque chose,
et vous serez aussi relax qu'une olive
dans un Martini.
Je ne comprends pas ce qu'on cherche dans ces concours.
Un b�n�fice narcissique,
on en est tous l� ! Mais pour moi,
�a a commenc� � la lecture
de My dog Tulip
de Joe Randolph Ackerley.
Vous connaissez ? C'�tait un homme raffin�.
Il dirigeait une revue culturelle � la BBC.
les Horse Guards,
dont il fr�quentait les vestiaires,
et sa chienne Tulip.
Il lui a d'ailleurs consacr� ce livre assez troublant.
Il raconte par exemple que pendant ses chaleurs,
il pressait sa main contre la vulve de Tulip
pour recueillir ses humeurs.
Alors, Paul ? Le concours,
c'est oui ?
On doit dompter la b�te en nous
pour lui faire accepter de monter dans un ascenseur ?
Comment �a ?
Depuis 1990, les boutons de commande des portes sont sans effet
sur leur ouverture ou fermeture.
C'est l'ordinateur qui se charge de tout.
Beaucoup plus rationnellement que nous, �videmment.
Ah bon ? Pourtant il me semble que quand on appuie...
Une rondelle de plastique et derri�re, le n�ant !
Pardonnez-moi ce sujet trivial,
mais je n'ai �t� contact� par aucun avocat pour votre affaire.
Avez-vous pris une d�cision ?
Je crois, oui. - Ah.
En fait, je ne veux pas d'avocat.
Pourquoi je m'infligerais �a ? Ces gens me fatiguent.
Pas vous, bien entendu.
Loin de moi l'id�e de prendre la d�fense de ma corporation,
mais je crains que vous ne puissiez faire l'�conomie
d'engager un confr�re.
Vous et moi,
on peut d�cider de faire autrement.
C'est tout simplement ill�gal.
imaginez qu'il soit possible
de conclure de tels arrangements,
combien de pauvres gens se verraient abus�s ?
Je vous ai apport� quelque chose.
Voil�. - C'est tr�s gentil, merci.
Je vous en prie. Les Cent et plus.
C'est l'�lite des ing�nieurs
ascensoristes :
ils se partagent le march� des plus hauts gratte-ciels.
C'est tr�s attentionn� de votre part.
Si on y r�fl�chit, votre int�r�t pour les ascenseurs est une forme
de syndrome de Stockholm.
Peut-�tre vous faut-il creuser le sujet jusqu'au bout ?
Putain.
Allez.
Arr�te, connard !
Watson !
Je ram�ne Watson � sa ma�tresse. - Oui.
Elle est au concert de l'�cole.
Mais attendez, l�... Vous n��tes pas...
l'accident de l'ascenseur ?
Sneijder ?
Oui.
Vous n��tes pas � la SAQ ?
Oui, mais j'ai chang�.
Ah bon !
Dedans !
Qui est
votre conseiller finalement ?
J'ai... Je n�ai pas encore choisi.
Y a pas mieux que moi ici.
Oui. Je n'en doute pas.
Dans ce cas-l�,
laissez-moi vous repr�senter.
Non, �a ne va pas �tre possible. - Pourquoi ?
Envoyez, je ne suis pas fait en chocolat.
Je n'aime pas l'homme que vous �tes.
Mais on s'en fout.
Moi non.
Vous avez de l'or dans les mains
et vous pr�f�rez ramasser des merdes de chien ?
Euh... - Votre fille,
vous la trahissez.
Je crois que je suis meilleur juge de...
De �a, que vous.
Ah ouais ?
S�rement.
Bonne chance.
Tu vois la surprise ? C'est qu'il y a 2 cadrans.
Tu sauras quelle heure il est � Montr�al quand tu m'appelleras.
T'as d� te ruiner. - On ne pose pas ces questions-l�.
Inutile de casser ta tirelire pour te faire pardonner.
D�j� avec le d�jeuner, je me doutais.
�coute, les familles recompos�es
avec Anna, c'est compliqu�.
T'inqui�te pas, je suis pas � la rue. J'avais pr�vu le coup.
La semaine prochaine, on se verra autant que tu veux.
Je prendrai des jours. C'est pas si souvent que t'es l�.
J'aurais bien aim� que tu puisses venir � la maison, voir tes fr�res.
Si tu l'avais vraiment voulu, ce serait d�j� fait.
Le jour o� t'as quitt� maman, tu m'as sortie de ta vie aussi, voil�.
Comment tu peux dire �a ?
T'as toujours �t� ma grande fille... - Ce n'est pas la mort !
�a va, j'ai ma vie, je suis heureuse.
Bonjour.
Bonjour. - Je peux vous parler 2 min ?
Y a un probl�me ?
Je vais �tre bien transparent je sais
qui vous �tes. - Comment �a, qui je suis ?
Vous �tes l'homme de l'ascenseur du St Laurent.
Qui vous a parl� de �a ? - Oh, personne !
Je n�arrivais pas � comprendre pourquoi vous faites ce job-l�.
J'ai tap� votre nom
sur Google.
Quand m�me ! Un homme qui vit un drame du genre
et puis qui ramasse,
comme �a, sans faire d'histoires. - �a veut dire que
vous voulez plus que je travaille ici ?
Non, pas du tout. Non, au contraire !
J'y vais.
Je ne pouvais pas m'en emp�cher, � cause des chiffres dans ma t�te.
Y a combien de s�curit�s sur un ascenseur ?
Au St Laurent, y en avait 3.
3 ! C'est �a ?
Si chaque syst�me de s�curit� a 1 chance sur 10000 de l�cher,
pour que les 3 l�chent en m�me temps, �a fait 1 chance sur 1000 milliards.
C'est absurde quand on y pense.
1000 milliards, si on calcule en grains de sable,
�a fait 5 millions de m�tres cube. C'est une grande plage !
Sur cette grande plage-l�, on prend un grain de sable au hasard.
C'est vous.
Excusez-moi, coin pipi.
D�s que je suis stress�. C'est aga�ant.
("Carmen")
J'ai ouvert �a, c'est pas mal.
�a te r�chauffera.
Tu f�tes quelque chose ? - Les gar�ons sont dehors.
Quand elle couchait
avec son mari, c'�tait la Castafiore.
Les murs �taient si fins.
Mais bon, on n'�tait pas malheureux.
Oui. Je suis content de te l'entendre dire.
Je crois m�me que j'ai jamais �t� aussi heureuse.
J'avais l'impression, enfin,
que j'allais quelque part.
Que je ne serais pas secr�taire toute ma vie.
C'est gr�ce � toi que j'ai pu reprendre mes �tudes.
Regarde le chemin parcouru.
Regarde ce que vont devenir nos fils.
Ah �a ! �a, c'est plut�t ton �uvre.
C'est gr�ce � ton argent, de ton proc�s
qu'ils vont faire leurs �tudes avec les futurs leaders de ce monde.
Et quand ils seront aux �tats-Unis,
on sera un jeune couple � nouveau.
Hein ?
Je peux venir dans tes bras ?
C'est pas gagn�.
Ah, au fait, je crois que je ne veux rien.
Pardon ?
Ni avocat, ni proc�s, ni accord n�goci�...
Rien !
M. Sneijder, permettez-moi d'essayer de vous dissuader.
Pensez � votre int�r�t, celui de votre famille.
Ma famille, c'est une soci�t� anonyme.
Je ne vais pas leur payer Harvard avec les cendres de leur s�ur.
Si mes clients
ne risquent plus de proc�s en cas d'accident,
prendre un ascenseur s'apparentera � la roulette russe.
D�sol� de vous d�cevoir, mais c'est comme les faux boutons d'ascenseur
ou les testicules factices pour chiens, c'est pas possible !
�a a �t� un plaisir de vous rencontrer.
Sans vous, j'aurais fini dans le St Laurent.
Ah ! Je le savais !
Cette �l�gance d�mod�e, c'est ce qu'il faut !
Un caf� ?
Pas le temps, le toiletteur nous attend.
J'arrive. - En route.
Le plus beau, c'est que la propulsion optimale est calcul�e
en permanence. Je passe
de l'�lectrique au thermique.
Vous avez mon s�datif ?
Euh, oui.
Vous m'en donnerez
des nouvelles.
Y a quoi dedans ?
Aucune id�e !
Montreur de chien et toxico.
Si on m'avait annonc� �a !
("This Low Commotion")
Paul !
Je vous ai cherch� partout, r�veillez-vous.
C'est � nous dans moins de 2 min.
�a va ? Vous vous sentez bien ? - Hein ?
Qu'est-ce qui vous arrive ? Une overdose ?
Num�ro 230,
Candice Montremblin.
Suivez-moi, venez avec moi. Allez.
Num�ro 231
Caramel de Saint Exup�ry.
Je vous en supplie, secouez-vous.
Merci pour ma Charlie. - De rien.
Num�ro 232,
Charlie de Maskinong�. - C'est � nous.
Charlie. Un...
Deux...
Trois, allez !
Ah, merci petit J�sus. � nous.
Cette victoire-l�,
c'est une claque � cet esprit productiviste empoisonnant.
Vous avez �t� le meilleur, car vous ne ma�trisiez rien du tout !
C'est votre corps qui s'est exprim�.
Et Charlie est la fille de 2 champions.
Vous avez d� la payer une fortune, non ?
Ne soyez pas cynique. J'ai des grands projets.
Ah oui ? - Oui.
Je peux vous r�v�ler ce qu'il y a au bout.
Le Woofstock � Toronto, en juin.
Le quoi ?
Le championnat mondial des concours canins.
On s'arrange avec Charist�as. Vous vous entra�nez
avec Charlie et on fait
un malheur !
Je ne veux pas devenir danseur mondain
pour chien.
La nouveaut� vient toujours sous la forme de l'inattendu.
Fallait bien que �a arrive un jour :
on passe nos journ�es au m�me endroit.
Tu prom�nes tes chiens ? - Je travaille
en profitant du beau temps. - Voici Paul Sneijder,
mon mari. William Byshow, coll�gue de chez Summerside.
Ah !
Il est gentil ? - C'est un chien
de combat. S�il ne vous confond pas
avec un chien...
Tu peux les tenir ?
Oui, bien s�r ! - Merci.
Venez, venez.
Allez.
Vous travaillez
sur l'�le ? - Je suis promeneur de chiens.
Vous avez mont� votre entreprise ?
Ah non,
je travaille pour un patron.
Ah ?
Un beau chien.
Chiens de race
ou corniauds, c'est kif-kif :
je suis mal pay� !
Ah ! Ah, l� !
Je ramasse, sinon
je me fais engueuler.
Voil�.
On a une r�union � 14 h. - Bien. D'accord.
Bien, j'ai �t� ravi de vous rencontrer.
On va se revoir avec le beau temps.
Ah !
Voil� ma beaut� !
Oui, Charlie ! Oui !
Oh, t'es belle !
Oui, t'es la plus belle ! Oui !
T'es la plus belle chienne du monde, Charlie.
Vous avez un moment, Paul ?
Oui. - Les inscriptions
pour le Woofstock ferment demain.
Je comprends que vous h�sitiez,
mais faudrait passer � l'acte. - Je n'ai pas envie de r�it�rer.
Rendez-moi ce service.
Non, d�sol�.
Sans vous, �a ne vaut pas la peine d'essayer.
Entre Charlie et vous,
c'est exceptionnel. Le public,
les juges le voient !
Je me mets � poil devant vous, c�lice, Paul !
Je suis d�sol�, mais je fais plus de concours,
ni pour vous, ni pour personne. - Pourquoi ?
Je trouve ce genre d'exhibition absolument ridicule.
Allez.
Je me suis tromp� sur vous.
Vous manquez de g�n�rosit� et de classe.
Dor�navant, je lui interdis de promener ma Charlie.
On devrait peut-�tre se calmer.
Vous ne voulez pas
en parler demain ? - Je veux plus
que vous la touchiez.
C'est vous qui voyez.
Je vous laisse le soin de recueillir
ses humeurs, comme votre copain anglais.
Et vous mettrez �a au coffre, il ne faudrait pas
que �a se perde.
Vous �tes un cingl�. Un vrai cingl� et un minable.
Un parfait
minable !
Tu te rends compte ? M'humilier
devant un coll�gue ? - Je ne comprends pas.
"J'ai pas d'entreprise,
"je travaille pour un patron."
Ramasser des merdes de chiens, quelle r�ussite !
Tu pr�f�rais dealer de pinard ?
T'as r�ussi ton coup !
C'�tait excellent pour mon image dans l'entreprise.
Rassure-toi, je viens de me faire virer.
Tr�s bien !
Parfait. - Je me suis battu.
Tu t'es battu ? Pourquoi ?
Une histoire de chienne.
Dans quel univers tu vis ?
Tes ascenseurs, tes chiens, tes bagarres !
Tu sais ce que t'es devenu ? Un minable !
R�jouis-toi que je ne travaille plus pr�s de ton bureau.
Tu pourras te promener avec ton joli c�ur sans tomber sur moi.
Tu touches le fond.
Vraiment ? - Vraiment.
Vraiment ? - Vraiment !
Vu la quantit� de volaille que tu nous as fait avaler
depuis 2 ans,
votre entente doit
�tre parfaite.
M�me pour l'adult�re,
t'as la culture d'entreprise
chevill�e au corps.
Tu as d�cid� de saborder cette famille.
Il n�y a rien � sauver.
Les gar�ons. Leur avenir. - Ah !
Parlons-en ! J'ai pris une d�cision � propos du proc�s.
T'as un avocat ? - Non.
Je renonce � la proc�dure. Pas de proc�s,
pas de deal. - Et les dommages
et int�r�ts ? - Pas con ! Non, rien du tout.
Et les universit�s US, les business schools ?
Ah, moins intelligent.
Je ne veux pas que
la mort de Marie vous serve � devenir avocat ou trader.
C'est inhumain.
Au contraire, c'est tr�s humain.
Je leur sauve la vie.
Donc, vous avez un 1er cargo de Montr�al � Anvers,
et un 2e de Anvers � Duba�.
�a prend quand m�me
15 jours.
Et �a va faire 2157 dollars
plus taxes.
Je vous laisse faire votre NIP.
Vous n�aimez vraiment pas l'avion ?
M�me avec
un cachet ?
Ah ? Carte refus�e ?
Vous avez une autre carte ?
Enfin, cette carte est � mon nom ! Comment ma femme...
Vous auriez au moins pu m'appeler.
Bonjour.
Bonjour, Paul.
On se conna�t ?
C'est le mari de ma coll�gue,
qui a bien voulu venir te rencontrer.
Tu devrais accepter de discuter avec lui.
Ceux qui vous aiment s'inqui�tent pour vous.
Bonjour.
Discutez plut�t avec eux.
Il faut r�tablir un dialogue avec Anna, Hugo et Nicolas.
C'est �a...
Pousse-toi. - Non.
Pousse-toi ! - Tu me fais mal !
D�gage de l�. - Non, je ne bouge pas !
D�gage, sale conne. - Arr�te !
Bon h� ! �a va !
Paul ! Paul !
M. Sneijder ?
Oui ?
On va vous demander de nous accompagner.
Alors ?
Comment vous sentez-vous ?
Je dois vous signifier que cet entretien
tiendra lieu d'�valuation m�dicale
dans une proc�dure d'inaptitude psychiatrique
engag�e par votre famille.
L'avis que je vais rendre devra �tre valid�
par la Cour Sup�rieure du Qu�bec.
Je n'ai rien � faire ici.
Mais vous semblez �tre dans une grande souffrance.
Ma fille est morte sous mes yeux,
et moi-m�me, j'ai surv�cu par miracle.
Oui, je comprends.
Vous avez renonc� � engager des poursuites
contre les responsables du d�c�s de votre fille ?
Des millions pour une vie, �a me semble obsc�ne.
�a vous permettrait de faire plein de choses.
Comme payer les �tudes de vos fils.
C'est l� un moyen de redonner du sens.
�a ne semblerait pas avoir beaucoup de sens justement.
J'entends de la col�re quand vous �voquez ce sujet.
Non.
Je dirais de la honte, plut�t.
Bien, je comprends.
Ne vous alarmez pas.
Je voudrais quand m�me �claircir un point.
Oui ? - Vous semblez
avoir d�velopp� une fixation orale, quelque chose
du c�t� du poulet ou de la poule,
qui serait en lien avec une jalousie exacerb�e.
Ah non... Je ne suis pas jaloux.
Notre couple bat de l'aile
depuis des ann�es.
J'ai vu ma femme avec son amant � la sortie d'un h�tel
et dans un parc avant-hier.
Mais �a la regarde et �a me convient.
Ah bon ? Et vous suivez votre femme depuis longtemps ?
Non, c'�tait le hasard !
Tr�s bien.
Je comprends votre souffrance.
Mais je m'inqui�te
aussi de celle que vous pourriez infliger autour de vous
sans en prendre la mesure.
Je veux qu'ils me laissent partir. Je ferai de mal � personne !
Un jour, vous vous souviendrez de �a
comme d'un mauvais r�ve.
Donc ma femme va pouvoir reprendre la proc�dure
li�e � la mort de ma fille ?
Elle d�fend vos int�r�ts.
C'�tait pas sa fille. Elle l'ignorait depuis 15 ans.
En quoi est-elle qualifi�e pour prendre
ces d�cisions ?
On reparlera de �a lors de notre prochain entretien.
("Bad Ritual")
Y a du monde pour vous.
Qui �a ?
C'est pas votre famille.
Bonjour !
Je pensais qu'une visite vous ferait plaisir.
Le Dr Laville a donn� son autorisation pour les chiens.
Ne nous le faites pas regretter.
Je leur ai expliqu� que vous y �tiez tr�s attach�.
Il est bien, le Dr Laville. Vous �tes en de bonnes mains.
C'est gentil de venir me voir. - Oh.
Sonnez quand vous voulez sortir. - Oui, merci.
T'as une cigarette ?
Sachez que votre place � Dog Dog Walk vous attend.
Vous pouvez compter dessus.
Et Briguet ?
Quand il a compris qu�elle n�avait pas
le niveau de Toronto,
il s'en est d�sint�ress�.
Il s'est achet� un catamaran
� hydrofoil, il para�t. On le voit plus du tout.
J'ai h�rit� de la garde.
Je vous ai apport� quelque chose.
Ah ? - Ouais.
�a vous fait sourire ma manie des chiffres...
Non, non, pas du tout.
Petit, je me faisais bousculer par les autres
et je passais les week-ends enferm� chez moi.
Je passais mes journ�es le nez l�-dedans.
Oh bah non, je ne peux pas vous en priver.
Non, vous me le rendrez quand vous sortirez.
Bon.
Merci alors.
Quand j'ai su ce qui vous �tait arriv�, je me suis dit
c'est pas possible, pas un homme comme vous.
Eh ben, vous voyez.
Le coin pipi, c'est o� ?
un de mes voisins y passe ses journ�es,
allez plut�t au-dessus.
Au-dessus ? Bon.
Je vais essayer de ne pas me perdre.
�tage.
Allez.
Allez, allez.
Allez !
Allez ! Allez !
M. Sneijder, tu l'as vu ? - Hein ?
Vous n�avez pas vu M. Sneijder ?
Allez, on y va, les chiens !
J'ai besoin de votre aide.
Vous venez, monsieur ?
�a va aller, monsieur ?
Oui.
("Black Water")
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