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Original subtitles

*-Enculés!

Cris des manifestants

*-Allez, on décale à gauche!

On resserre!

On resserre!

- Vous vous reconnaissez?

Je repose ma question.

Vous reconnaissez-vous sur ces images?

- Oui.

- Vous pouvez me décrire ce que vous faites?

- Je ramasse un pavé et je le jette.

- En direction des manifestants? - Oui.

Je l'ai pas vraiment lancé sur eux. Dans leur direction, oui.

- On y reviendra.

- J'ai touché quelqu'un? - C'est moi qui pose les questions.

Sur ces images, est-ce que vous constatez

des jets de projectiles de la part des manifestants?

- Pas à ce moment-là.

Mais avant, oui. Y en a eu plein.

On s'est pris des projectiles toute la journée.

Et 2 minutes avant, mon commandant s'est pris un pavé dans la figure.

Il avait soulevé sa visière pour qu'on l'entende.

Et les manifestants ont applaudi.

- D'accord.

Revenons au moment où vous lancez le pavé.

Comment vous justifiez votre geste?

- Je sais pas.

Ça fait 15 ans que je fais du maintien de l'ordre.

J'ai jamais été mis en cause,

c'est la Tre fois que je suis entendu par l'IGPN.

Là, j'ai craqué.

J'en pouvais plus.

- OK.

- Vous savez si je risque une suspension?

- Je ne sais pas.

La suspension dépend de l'enquête administrative.

Vous serez entendu par un autre enquêteur.

- Je sais faire rien d'autre que la police.

- Ce n'était pas un geste approprié.

Il l'a fait par colère, choqué de voir son supérieur blessé.

*-Vu la vidéo, c'est dur de laisser passer.

Un CRS qui jette un pavé, ça porte atteinte à l'image de la police.

C'est un geste de représailles, avec une arme non réglementaire.

C'est grave. Très grave même.

- Bien sûr. Mais il admet son erreur

et regrette. Il n'y a pas eu de blessés.

Il faut tenir compte du contexte, de la fatigue.

*-Son avocat plaidera tout ça au procès.

Vous me transmettrez le rapport? - Entendu.

*-Votre cabinet est de permanence ce week-end?

- Non, c'est le cabinet 2.

*-Espérons que ça sera moins agité que le week-end dernier.

Au revoir, Mme Bertrand. - Au revoir, Monsieur le substitut.

Musique de tension

Cris des manifestants

- Bande d'enculés!

Projectiles et bris de verre

- Bâtards!

*-Dernière sommation avant l'usage de la force!

Dernière sommation!

Sifflets, jets de projectiles, cocktails Molotov

- C'était un samedi chaotique, avec plusieurs saisines.

Le parquet a décidé

que c'était à nous de gérer les plaintes

liées aux Gilets jaunes, peu importe le degré de gravité.

- Même avec les ITT de moins de 8 jours?

- C'est ça.

Comme Christelle et son cabinet sont à saturation,

je dispatche les saisines.

- On gère déjà 40 dossiers.

- Je sais. Stéphanie aussi.

Christelle en a 50.

Sirènes de police

- L'hôpital qui m'a dit de venir ici pour porter plainte.

C'est pour mon fils, Guillaume.

- Il est mineur? - Non. Il a 20 ans.

- D'accord.

Comme il est majeur, c'est lui qui doit porter plainte.

- II peut pas, il est à l'hôpital, il est très mal en point.

- Je prends votre déposition,

et puis on verra par la suite avec les médecins.

- Comment je dois faire?

- Essayez de me décrire simplement ce qui s'est passé.

- À la manifestation,

un policier l'a touché avec un Flash-Ball.

- Un tir de LBD.

Vous avez été témoin de la scène?

- Non.

J'étais pas avec Guillaume

quand ça s'est passé.

On était ensemble sur les Champs Elysées,

mais une bousculade nous a séparés.

- Vous étiez venue manifester avec votre fils?

- Oui.

On est venus en famille. Il y avait mes trois enfants.

Antonin, c'est l'aîné,

et Sonia, et puis Guillaume.

Et aussi Rémi, le petit ami de Sonia.

Il était avec Guillaume quand ça s'est passé.

- Vous avez été séparés

et Rémi était avec Guillaume au moment des faits.

Et il vous a raconté comme ça s'est passé?

- Oui.

I nous a retrouvés quand Guillaume est parti à l'hôpital.

- À quel hôpital se trouve votre fils?

- À l'hôpital Bichat.

- Ce sont les pompiers qui l'ont emmené là-bas?

- Oui, c'est ce que Rémi nous a dit.

- D'accord.

Il faudrait que j'entende ce Rémi.

Vous avez son nom?

- Cordier.

- Où est-il actuellement?

- II est en garde à vue.

- Il a été interpellé par les policiers qui ont tiré?

- Non, non. Il a été arrêté plus tard.

Il a été devant un juge.

- En comparution immédiate? - Oui.

- Il a été condamné?

- Je sais pas.

J'ai pas beaucoup dormi.

Ça fait 2 nuits que je suis à l'hôpital.

Je comprends pas pourquoi ils ont tiré sur mon fils.

En pleine tête!

Mon fils, c'est pas un casseur, au contraire.

Il a un métier. Il est apprenti électricien.

On est venus manifester pour les services publics.

À Saint-Dizier, ils ferment tout.

- Vous êtes de Saint-Dizier?

- Oui.

Vous connaissez? - Oui.

- Non. Enfin, peu importe.

- Saint-Dizier ou ailleurs, c'est partout pareil.

- Pareil que."

- On s'en fout de nous.

- On va mettre tout ça par écrit.

*-AIIô?

- Maman, c'est Stéphanie.

*-Bonjour, ma grande. Tu vas bien? - Oui.

*-Avec tout ce qui se passe...

- Ca va. Ça te dit quelque chose une famille Girard,

de Saint-Dizier?

*-Girard?

- Joëlle Girard, 48 ans,

trois enfants dans la vingtaine.

*-Non. Ça me dit rien du tout.

Il y a plein de Girard ici,

c'est courant. Je peux demander à ton père.

- Non, non. C'était juste par curiosité.

*-Pourquoi?

- Rien, c'est un truc lié au boulot.

*-Tu enquêtes sur eux?

- Non, maman. Moi, j'enquête sur les policiers.

*-Ben, ça pourrait être des policiers.

- Laisse, c'est pas grave. *-C'est qui ses parents?

- J'en sais rien. Laisse tomber.

Miaulements.

T'es qui, toi?

Comment t'es arrivé là, derrière?

Miaulement

Viens là.

Qu'est-ce qu'on va faire de toi?

Miaulement

"Tuto sur YouTube en anglais

*-Depuis quelques jours, le quartier se barricade,

alors que la police se déploie sur les Champs Elysées.

On compte plus de policiers que la semaine dernière.

Les blindés de la gendarmerie sont sortis.

Dans un contexte extrêmement tendu,

le pouvoir retient son souffle et les commerçants

protègent le travail d'une vie.

Reste à savoir si les plaques de bois suffiront

à empêcher les pillages...

Sonnerie de téléphone

Coupure du son de la télé.

- Oui, mon chéri.

*-Je te dérange?

- Non, ça va. Et toi, t'es où?

*-Je suis dans la voiture de papa.

Des gens se battent. - Comment ça?

*-Deux types se sont pris la tête, ils se tapent dessus.

Regarde.

Tu vois? - Oui.

*-Oh, putain!

*-T'en veux une autre?

- Tu ne bouges pas de la voiture. Ou est ton père?

*-Attends.

- Tu m'as pas répondu,

t'es tout seul? Ou est ton père?

*-Il court.

- Il court? Mais t'es où?

*-Au lac de Choisy.

Papa voulait que je coure, mais j'en ai eu marre.

Je les attends. - Il est avec qui?

*-Noélie, sa nouvelle copine.

- Ah.

*-Elle est dans la police.

- Aux stups avec lui?

*-Je sais qu'elle est flic.

J'ai des photos, tu veux la voir?

- Oh, non, non, non.

Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse?

*-Pour voir à quoi elle ressemble. Je lui dirai pas.

- Mais non. Pfou!

Ça se fait pas.

Et ça m'intéresse pas. Quitte pas.

Moi aussi, j'ai un nouveau copain.

*-IL est trop mignon.

Rire

Tu l'as acheté?

- Je l'ai trouvé dans le garage de l'immeuble.

*-On va le garder? - Je pense pas.

C'est une responsabilité

un animal. *-Je m'en occuperai.

- Tu parles.

On en reparle lundi.

Bouge pas. J'appelle ton père.

*Tonalité

*-Oui. - C'est Steph.

*-Oui. Salut.

- Tu laisses poiroter Victor sur un parking? Ça craint.

*-Ca craint pas. Il a couru avec nous,

et il s'est arrêté, il était fatigué.

- Y a 2 types qui se sont battus près de la voiture.

*-Quoi?

Je lui ai dit de m'appeler en cas de souci. Pourquoi il tl'appelle?

- Peut-être qu'il voulait pas vous déranger.

*-Ah, OK, d'accord. Je vois.

- Non, non, tu vois rien du tout. Je m'en fiche avec qui tu cours,

mais tu laisses pas Victor seul sur un parking.

*-Je retourne à la voiture voir ce qu'il se passe.

Ciao. - Ciao.

- Nous, Stéphanie Bertrand, commandant de police à l'IGPN,

prions ou au besoin requérons l'hôpital Bichat de nous informer

sur l'état de santé de M. Girard Guillaume,

admis dans vos services le 8 décembre 2018,

et de nous indiquer quand son état de santé

permettra une audition.

- Prions et au besoin requérons M. ou Mme le capitaine

de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris de nous communiquer

tous les éléments relatifs à une intervention de secours,

en date du 8-12-2018, impliquant

un sujet masculin de 20 ans

dont le nom est Girard Guillaume, sur le secteur Triomphe 75008.

- Prions et au besoin requérons le Bureau des peines

de nous indiquer en quel établissement pénitencier

a été transféré M. Rémi Cordier

suite à sa condamnation

le 10 décembre 2018 devant le tribunal correctionnel de Paris.

- Mentionnons avoir reçu une réponse

à la réquisition adressée aux sapeurs-pompiers.

Ce courrier fait état d'une intervention

en date du 8 décembre 2018, à 18h43,

rue Magellan, dans le 8e arrondissement.

- Mentionnons avoir reçu une réponse

du service traumatologique de l'hôpital Bichat

à la réquisition N°2018-0023.

Ce courriel contient un certificat médical

des blessures de M. Guillaume Girard.

Les constatations sont les suivantes:

quintuple fracture craniofaciale étendue à l'os temporal,

plaie craniocérébrale

avec forte hémorragie sous-arachnoïdienne.

L'hématome et les lésions sont compatibles avec un impact

de munition type LBD 40. M. Girard souffre

d'aphasie et de stress post-traumatique

et n'est pas audible actuellement.

Vous prions de trouver ci-joint une autorisation du parquet

pour entendre le détenu Rémi Cordier

et vous prions de nous proposer une date et une heure

pour son audition

en votre établissement, à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis.

Bips

Déclenchement d'ouverture

- Bonjour, M. Cordier. Je suis le Cdt Bertrand de l'IGPN,

l'Inspection Générale de la Police Nationale.

Mon collègue, le major Guérini.

Nous enquêtons sur les causes des blessures de M. Girard.

Vous étiez avec lui au moment des faits. C'est exact?

- Ouais.

- Nous souhaitons vous entendre comme témoin.

- Je sais même pas comment il va.

- Son pronostic vital n'est plus engagé,

mais il ne peut pas auditionner.

- Ça veut dire quoi?

Il va avoir des séquelles?

- Je ne sais pas.

- Ces fils de pute l'ont défoncé, alors qu'il a rien fait.

- Tu baisses d'un ton, là.

Tu parles correctement, s'il te plaît.

- Vous les avez retrouvés

les flics qu'on fait ça?

- Nous posons les questions. - Parce que vous allez me croire?

Au tribunal, ils m'ont pas écouté.

Ça a duré 5 minutes. Tout ce qui comptait,

c'était une fiche d'interpellation qui disait

que j'avais tapé les flics. C'est faux.

- Nous ne sommes pas là

pour enquêter sur votre interpellation,

mais sur ce qui est arrivé à monsieur Girard.

On a besoin de votre témoignage pour comprendre.

- Si c'est ma parole contre la leur, ça sert à rien.

- Avec qui êtes-vous venu manifester à Paris?

- Sonia, ses frères et sa mère. - Sonia, Antonin,

Guillaume et Joëlle Girard? - Mmh.

- On est arrivés de Saint-Dizier le matin.

C'étaient Anto et moi qui avions lancé l'idée.

- On n'est pas vraiment Gilets jaunes.

Ma mère et Rémi sont aides-soignants,

moi, je suis brancardier.

On en a marre d'être payés une misère,

alors on voulait participer.

Et c'était l'occasion de venir à Paris.

- ELLE M'A DIT D'ALLER SIFFLER LÀ-HAUT SUR LA COLLINE

DE L'ATTENDRE AVEC UN PETIT BOUQUET D'ÉGLANTINES

J'AI CUEILLI DES FLEURS

ET J'AI SIFFLÉ TANT QUE J'AI PU

J'AI ATTENDU, ATTENDU ELLE N'EST JAMAIS VENUE

ZAÏ-ZAÏ-ZAÏ-ZAÏ

- Joëlle! - Zaï-zaï-zal-zal

- Allez, maman! - ZAÏ-ZAÏ-ZAÏ-ZAÏ

- Zal-zal-zaïi-zal - Oh hé!

- Yeah! - Wooh-oh!

Coups de klaxon

Cris de joie

- Allez!

- À Paris!

- Vous manifestez souvent? - Non.

C'est la première fois que je monte à Paris.

On a garé la voiture près d'une porte.

- On ne savait pas où était la manifestation.

On a longé la Seine.

- On s'est fait contrôler, plusieurs fois.

- Vous voulez pas venir avec nous?

Non, vous voulez pas?

- Arrêtez de filmer!

- On a vraiment beaucoup marché, j'avais mal aux pieds.

- On en a profité pour faire du tourisme.

C'était l'occasion.

Klaxons

- Ah, waouh! Regarde.

Sirènes de police

- Ça nous changeait de Saint-Dizier.

- On a rejoint des Gilets jaunes qui allaient sur les Champs Elysées.

- Sur les Champs Élysées, y avait du monde.

Sirènes de police et gaz lacrymogène

- On sentait les lacrymos.

Ça chauffait près de l'Arc de Triomphe.

Il y avait un hélico au-dessus.

- On a voulu repartir, on s'est retrouvés bloqués par des policiers.

MACRON NE VEUT PAS

NOUS, ON EST LÀ!

ON EST LÀ

ON EST LÀ

MÊME SI MACRON NE VEUT PAS NOUS, ON EST LÀ

- Ils ont fini par nous balancer des lacrymos.

Jets de grenades lacrymogènes

- Viens, viens.

- On s'est réfugiés dans une laverie.

Un manifestant s'est fait arrêter, c'était flippant.

- Ah! Aaaah! Putain!

- Allez, bouge! Tu te calmes! Oh!

- Ah!

Aïe! Putain!

- Puis il a commencé à faire nuit.

On a essayé de repasser par les Champs Elysées pour partir.

- C'était pas possible. C'est...

Les lacrymos tombaient de partout.

Ça courait dans tous les sens.

Tirs de grenades lacrymogènes

Musique sombre

- On s'est rendu compte qu'on avait perdu Guillaume et Rémi.

- On savait pas où ils étaient passés.

- Guillaume et moi, on s'est retrouvés dans des rues,

on avait perdu les autres.

- D'accord, continuez.

- On a essayé de retourner vers les Champs Elysées.

Et des flics ont surgi, et ils nous ont tiré dessus.

- Ils vous ont tiré dessus, sans raison?

- Ouais. On descendait une rue,

ils sont arrivés à un croisement, par la droite.

Moi, je suis parti en courant, je pensais que Guillaume me suivait.

Quand je l'ai pas vu, je suis revenu sur mes pas.

Les flics, ils étaient plus là.

Guillaume, il était par terre.

Il avait la tête en sang.

J'étais en panique, j'ai appelé les pompiers.

- Les policiers étaient en tenue ou en civil?

- En civil, je crois.

- Ils portaient des brassards de police?

- Je sais pas, j'ai pas vu.

- Comment savez-vous que c'était des policiers?

- Quelle question?

C'était des flics, ils avaient des Flash-Ball.

- Avez-vous eu une attitude hostile? - Non.

- Vous n'avez rien dit,

pas fait de geste? - Non.

J'ai couru et crié à Guillaume de se casser.

- Pourquoi?

- "Pourquoi?" J'avais peur.

Ils avaient levé leurs armes!

- Aviez-vous commis des pillages

ou des violences contre la police? - Non.

- Vous êtes sûr?

- Oui.

- Dans votre téléphone il y a des vidéos de voitures en feu.

Avez-vous

participé à ce type de vandalisme?

- Non.

- Étes-vous attiré ou fasciné par la violence?

- Non.

- Pourquoi avoir filmé les voitures alors?

- Je sais pas.

C'était.

- C'était quoi? - C'était...

- Je sais pas.

- Est-ce que vous êtes politisé? - C'est-à-dire?

- Faites-vous partie d'un mouvement politique, extrême

droite extrême gauche? - Non.

Je m'intéresse pas à la politique.

- M. Cordier, vous avez été interpellé vers 19h40,

une heure après les faits, pour outrage, rébellion et violence.

Expliquez-nous les circonstances de l'interpellation?

- Je suis resté dans les rues pour retrouver les flics.

- Pourquoi? - J'étais en colère.

Je voulais les retrouver.

Pour les prendre en photo, les filmer.

Pour avoir une preuve.

- Une preuve de quoi?

- Ben, c'était eux, qu'ils étaient là.

- Et ensuite?

- Je me suis retrouvé face à des CRS avec d'autres manifestants.

Ils bloquaient le passage, nous balançaient des lacrymos.

J'étais tellement vénère que je les ai insultés.

Il y a des flics qui se sont rués vers moi

et qui m'ont plaqué au sol.

- Vous avez porté des coups aux policiers.

- C'est faux. C'est eux qui m'ont mis des coups.

- Parmi les vidéos,

dans votre téléphone,

une montre les pompiers qui s'occupent de M. Girard.

Pourquoi avez-vous filmé ça?

- Pour montrer ce que les flics avaient fait à Guillaume.

*-Que s'est-il passé? *-II s'est pris un Flash-Ball.

*-Dans la tête? *-Dans la tête.

*-C'est un tir de Flash-Ball. On l'embarque.

*-OK, reçu.

*-Attention pour lever. Levez.

S'il vous plaît, monsieur, laissez-nous travailler.

- C'était par là? - Le camion de pompiers était là.

- On voit plus de traces de sang.

- Le service propreté a dû passer dès le lendemain.

Ils ont tout nettoyé.

- Ici, ça traîne pas.

- C'est l'arrière de quel hôtel?

- Prince de Galles.

- Prions et au besoin requérons

la direction des services logistique

de nous faire parvenir l'enregistrement vidéo

des caméras PZVP suivantes sur la journée

du 8 décembre 2018, de 16h à 20h:

caméra 08021, avenue George V, rue de la Trémoille.

caméra 08371, Champs Élysées, angle rue Bassano,

caméra 08115, avenue Pierre 1er de Serbie,

caméra 73532, Champs Élysées, angle George V,

caméra 08118, rue Marbœuf, avenue George V.

- C'est la caméra 08115, avenue Pierre 1er de Serbie.

À l'arrière de l'affrontement, au fond,

un groupe de 5 personnes s'engage dans la rue Georges Bizet.

On voit mal, mais on les récupère

sur la caméra d'une clinique rue Georges Bizet.

L'horodatage correspond. 18h17 pour la PZVP,

18h18 pour Georges Bizet.

Ils sont en civil et casqués.

Les deux premiers semblent porter des LBD.

Au moins, le premier.

Le deuxième a des protège-tibias.

Tu vois là? - Mmh.

- Finalement, à 18h22, je les récupère sur la caméra

d'un DAB, avenue Marceau

rue de Chaillot. C'est le même groupe

si on compare les baskets.

On voit les protège-tibias.

Ils sont trois à être équipés de LBD.

Les deux autres ont des matraques télescopiques.

LBD, télesco, télesco, et LBD.

Si on suit leur progression sur une carte,

ils viennent de Pierre 1er de Serbie,

puis Georges Bizet.

Ils ont dû bifurquer rue de Chaillot, jusqu'à l'avenue Marceau.

Ils se retrouvent en face de Quentin Bauchart.

Ils ont pu rejoindre

la rue Quentin Bauchart qui mène à la rue Magellan où Guillaume

a été blessé.

- Reviens sur Georges Bizet?

Quels effectifs civils

opéraient dans cette zone à cette heure-là?

- Là, ça se complique.

On a épluché le télégramme opérationnel, l'OPT,

le rapport Pégase, le trafic radio.

Pour les unités en tenue, c'est carré,

mais pour la BAC, la BRI, la CS, la CSI,

à la fin, ils se déplaçaient de leur propre initiative.

Le gouvernement était tellement en panique

qu'ils ont fait appel à tout le monde.

En vérité, c'était le bordel complet.

- Quels étaient votre grade et votre fonction lors de la manifestation?

- Je suis capitaine de police,

je dirigeais les équipages BAC 11, 12, 19 et 20.

- Je suis major de police,

avec sous mon commandement les 9 sections civiles

de la compagnie de sécurisation,

sous les ordres du Cdt Baron.

- Commissaire divisionnaire.

Je dirigeais les effectifs de la BRI.

La DGPN nous avait demandé exceptionnellement

de prêter main-forte aux forces mobiles désorientées.

- J'étais chef d'un des détachements d'action rapide.

Le DAR 5, composé de 25 fonctionnaires,

en provenance des BAC 93 et 92, et de commissariats.

- Je suis major de police, j'avais sous mon autorité la BAC 92.

- Pouvez-vous préciser quelles étaient

vos missions? - Empêcher les pillages

et impacter les individus violents.

- Cibler les casseurs, protéger les collègues en tenue.

- La République était en danger,

il fallait stopper l'insurrection.

On devait participer à l'effort de guerre.

- C'étaient les instructions: sauver la République,

participer à l'effort de guerre? - Oui.

- Le maintien de l'ordre c'est votre domaine?

- Non.

- Non.

- Quelles sont vos missions?

- Vous ne connaissez pas la BRI?

- Répondez à ma question,

s'il vous plaît.

- Missions d'intervention dans le cadre du grand banditisme,

prises d'otages et terrorisme.

- Lutte contre les violences urbaines,

flagrant délit sur la voie publique.

- Aviez-vous été formé pour le maintien de l'ordre?

- Non. Tout s'est fait dans une certaine...

précipitation. Le gouvernement était en panique.

- On nous a demandé d'intervenir

dans une improvisation totale.

Certains ont dû s'équiper chez Decathlon.

- De quelles armes disposiez-vous?

- LBD 40.

- Des grenades GM2L.

- Nos armes de service.

- Des grenades de désencerclement et des gazeuses.

- Avez-vous fait usage de vos LBD40?

- Oui. On était face à des casseurs très déterminés.

- Oui, bien sûr. A de nombreuses reprises.

- Ouais. J'ai validé une soixantaine de tirs.

- Avez-vous rempli les fiches pour les tirs?

- J'ai dispensé mes hommes de le faire, vu la situation.

- Non. Dans un tel contexte,

les fiches TSUA sont remplies en fin de vacation

en indiquant un créneau horaire large.

- On les a remplis le lendemain, pas pour chaque tir.

- Vous devez le faire.

- Oui. Sauf que là, c'était impossible.

- Je vous dis que c'était impossible.

- C'était quasi insurrectionnel.

C'était pas un maintien de l'ordre classique.

- Ÿ a-t-il eu des tirs

qui ont provoqué l'intervention des sapeurs-pompiers?

- Pas que je sache.

- De mémoire, non.

Les individus impactés partaient en courant.

J'ai pas vu de blessés.

- Je vous montre une image prise le soir du 8 décembre.

Pourrait-il s'agir d'une unité de vos effectifs?

- On distingue pas grand-chose.

Non, je pense pas.

- Non.

- Avez-vous croisé des unités qui correspondraient

au groupe sur ces images?

- Non. Enfin ça me dit rien.

- Pas dans mon souvenir, non.

- Non.

- Éric a trouvé des images correspondant à nos gars.

Il a trouvé une vidéo d'un journaliste

qui filmait à l'angle de la rue Vernet, rue Bassano.

C'est à 18h29,

donc 7 minutes après leur passage

devant le distributeur de l'avenue Marceau.

Tu vois, ils apparaissent là.

C'est le même groupe, même nombre, mêmes armes.

On les distingue mieux que sur les autres vidéos.

Après on les voit plus.

Je te les repasse de plus près.

- Les deux premiers ils ont des LBDs,

le troisième, il baisse sa cagoule.

Le dernier aussi, il aun LBD.

Et le troisième, quand il baisse sa cagoule...

Là.

Voilà.

On voit plutôt bien son visage.

Et là, voilà.

S'ils étaient av. Marceau à 18h22,

ils ont pu passer dans la rue où Girard a été blessé,

remonter l'avenue George V, et être à Vernet-Bassano à 18h29.

J'ai des captures d'écran, là où on les voit le mieux.

T'as vu leurs casques?

- C'est bien, ça.

- Ouais!

- OH...

Applaudissements

- Et merde!

- Yes!

Musique entraînante

- Ouais, ouais.

Quilles renversées

- Ah non! Une!

- Oui, magnifique!

- C'est énervant, elle a un style dégueulasse.

- Quoi? - Non, mais je parlais pas de toi.

Je pourrais pas parler de toi comme ça.

- Allez!

- Non, c'est l'autre main. - Allez, joue, joue.

- Attends, attends. Concentration.

- Là, y a de l'effet. Regarde.

Oh là là là là!

- Muscle ton jeu!

- Y a une grosse descente. - Je vais au ravitaillement.

Tu en veux? - Moi, je viens avec toi.

- Oh oh. - Quoi?

- Ÿ a mon ex.

On va en prendre quatre autres, s'il vous plaît.

Ah, salut! - Salut. Ça va?

- Super. Et toi?

Enfin, vous? Bonjour.

- Bonjour. - Noélie. Stéphanie.

- Son ex. - La maman de Victor.

- C'est ça. - D'accord.

Je peux te poser une question? - Oui.

- Tu travailles à l'IGPN? - Oui.

- Et avant t'étais aux stups? - Oui. Avec Jérémy.

- Je me demande comment on peut passer de l'un à l'autre.

Comment on peut enquêter sur des collègues

plutôt que sur des criminels. - Noélie.

- Ça m'intéresse. - Ça se pose pas en ces termes.

- Ah non? - Non.

Mais j'ai pas envie d'en parler ici.

On est là pour se détendre. - Bien sûr, détends-toi.

Nous, avec le syndicat, on est là pour se serrer les coudes.

- D'accord.

- Ça te dérange pas que je sois au syndicat?

- Pas du tout.

- Nous, on est là pour défendre les collègues.

On en a ras-le-bol du police-bashing.

Avec vos enquêtes, vous jetez la suspicion

sur tout le travail des policiers.

- Je crois exactement l'inverse. Mais bon.

- Steph, c'est à toi.

- Ah, c'est beau, ça!

- Honneur aux perdants.

- Allez!

- Oui! Oui, oui, oui, oui!

Cris de joie

- Ça fait deux fois que vous me convoquez,

pour une affaire qui ne relève pas de la BRI.

Vous perdez votre temps, et vous me faites perdre le mien.

Nous avons des missions plus importantes.

- Personne n'a envie de perdre du temps.

Si vous coopérez, ce sera rapide.

Voici des captures d'écran provenant d'une vidéo

prise par un journaliste, le soir

du 8 décembre 2018.

Ces hommes seraient-ils de la BRI?

- Je sais pas.

- Ily en a un qu'on voit bien.

- Je sais pas qui c'est.

- Que pensez-vous des casques qu'ils portent?

- J'en pense rien. - Trois de ces casques

sont des casques Wendy de la BRI.

- Je ne suis pas spécialiste.

- Les deux autres ont des casques non réglementaires.

- Vous me faites venir ici pour savoir

si des casques sont réglementaires ou pas?

- Lors votre dernière audition, vous avez déclaré:

"On nous a demandé d'intervenir dans une improvisation totale.

"Mes hommes ont dû s'équiper chez Decathlon."

Confirmez-vous cette déclaration? - Je me souviens pas.

- Je vous montre la fiche de produit

du casque Oxelo, vendu par Decathlon.

Qu'en pensez-vous en le comparant aux casques sur les images?

- J'en sais rien.

Il y a une ressemblance, mais rien ne dit que ce sont les mêmes.

Mes hommes ne sont pas les seuls à avoir leurs propres casques

ou à s'être équipés chez Decathlon.

- Nous avons fait des réquisitions auprès des Decathlon

pour savoir qui a acheté des casques Oxelo avant la manifestation.

On pourrait gagner du temps,

si vous nous fournissez les noms de vos effectifs.

Je peux aussi convoquer tous les membres de la BRI,

pour identifier ceux de la vidéo.

Mais ça perturberait vos missions.

Je vous laisse revenir vers moi?

Constatons que les noms des membres de la BRI

fournis par le commissaire Frédéric Picard sont:

Clément Garcia, Michel Brzezenski, Arnaud Lavallée,

Sébastien Jacquet, Mickael Fages.

- M. Garcia, vous reconnaissez-vous sur cette image?

- Oui.

- Confirmez-vous être en compagnie de Mickael Fages,

Sébastien Jacquet, Arnaud Lavallée et Michel Brzezenski?

- On les reconnaît pas vraiment.

- Je reconnais Clément Garcia et Arnaud Lavallée.

Pour les autres, je suis moins sûr.

- Vous étiez ensemble le soir du 8 décembre?

- Oui. Un grand moment pour la BRI.

- Vous vous déplacez

en petit groupe. Ce n'est pas risqué dans ce contexte conflictuel?

- On s'est séparés pour utiliser les toilettes d'un café.

Et on a mis du temps pour faire la jonction.

- Quel café? - Je me souviens pas.

- Où a eu lieu la jonction?

- Sur les Champs Élysées.

- À quelle hauteur?

- Plutôt vers le haut.

- Vous vous souvenez des rues empruntées?

- Des petites rues, j'ignore lesquelles.

- Sur les vidéos,

on vous voit avenue Pierre 1er de Serbie,

rue Georges Bizet, avenue Marceau et rue Vernet.

Qu'en dites-vous?

- J'ai pas fait attention aux noms des rues.

- Mais c'est bien votre groupe sur ces vidéos?

- Oui.

On dirait, oui.

- Monsieur Brzezenski, confirmez-vous

que vous aviez un LBD40? - Oui.

- À part vous, qui était équipé d'un LBD?

- Lavallée et Fages.

- En avez-vous fait usage en allant vers les Champs Elysées?

- C'est possible.

- Nous avons dû tirer pour tenir des individus hostiles à distance.

Certains individus étaient très violents.

- Vos tirs ont-ils causé des blessures?

- C'est sûr, y en a qui ont dû avoir des bleus.

- Des blessures nécessitant les pompiers.

- Pas dans mon souvenir.

- Je crois pas, non.

- Vers 18h30, un homme de 20 ans

a été blessé à la tête par un LBD, rue Magellan.

Qu'en dites-vous?

- Ça me dit rien.

- Je sais pas, ça m'évoque rien.

- Est-ce que 2 manifestants ont incité

votre collègue à tirer avec un LBD?

- Non.

- Vous étiez dans ce secteur?

- Je me souviens pas d'un tel incident.

- C'était une journée mouvementée.

- Vous n'avez pas vu de manifestants blessés?

- Non.

- Non.

- Non, non.

- Je me souviens pas de manifestants blessés.

- Ils disent qu'il y a eu des situations conflictuelles,

et des tirs, mais sans pouvoir les situer ni les décrire.

Aucun ne se souvient d'un manifestant blessé par un tir de LBD.

*-Ily a des chances que l'un d'entre eux ait tiré sur M. Girard.

- Oui, mais on ignore les circonstances.

*-Vous avez entendu Guillaume Girard?

- Par écrit. II commence juste à retrouver l'usage de la parole.

Même version que Rémi Cordier:

tout a été très vite et il n'a pas eu d'attitude hostile.

*-Vous en pensez quoi?

- Je n'ai pas de sentiment personnel.

Les collègues de la BRI ne sont pas très coopératifs,

mais rien ne prouve qu'ils ont agi en dehors du cadre légal.

Impossible de connaître la vérité.

Miaulements et klaxon

- On reste combien de jours à Saint-Dizier?

- Toute la semaine.

- Ÿ a rien à faire là-bas, c'est nul.

- Ÿ a les rafales.

- Super.

- Mamie va te bichonner.

Je parie qu'elle a préparé son gratin.

Qu'est-ce qu'il fait, Yaourt?

- Je crois qu'il en marre d'être enfermé.

Klaxons

- Mets le gilet jaune, devant?

I! doit être dans la boîte à gants.

- CITOYENS RÉFRACTAIRES! GILETS JAUNES EN COLÈRE!

GILETS JAUNES EN COLÈRE! CITOYENS EN COLÈRE!

- Avec nous!

Passage d'un avion de chasse

- Victor, tu aides?

- Laisse-le, il s'amuse avec le chat.

Tu devrais faire des vidéos, il y en a plein sur Internet.

Je suis sûre que Yaourt aurait du succès.

- Papa, tu veux pas t'acheter un lave-vaisselle?

- J'aime bien faire la vaisselle.

Rire

- Ils sont mignons!

Oh!

T'as vu comme il saute?

Celui-là, il est rigolo.

oh...

- Ta mère passe

plus de temps à regarder des vidéos qu'à parler avec moi.

- C'est mieux que les horreurs de la télé.

Si on faisait comme moi, le monde irait mieux.

Au moins, c'est pas violent.

- Ces vidéos font des milliards de vues,

et le monde est toujours aussi violent.

Au contraire,

ça empêche de réfléchir.

- Pas du tout, ça fait réfléchir à d'autres choses.

- Quand on n'aura plus de cerveau ni de démocratie,

tu te demanderas si t'as pas trop regardé

les petits chats.

- De toute façon, t'as pas de cœur.

Il a tué une taupe avec sa pelle-bêche. Comme ça.

- Ah bon? - Avec sa pelle, comme ça.

- Elles massacrent ma pelouse.

- Ta pelouse. T'es violent.

T'es violent, Gérard, c'est tout.

Elle rit.

Passage d'un escadron de chasse

Il reste quoi, à part les croquettes et la litière?

- Hépar.

- L'eau pour mamie, je m'en occupe.

Va chercher les croquettes et du sable à chat.

C'est au fond à gauche. - OK.

*Musique du magasin Europe: "The Final Countdown"

- Excusez-moi.

Excusez-moi!

On vous connaît.

Qu'est-ce que vous faites là?

Vous nous suivez?

- Non. Pas du tout.

- Qu'est-ce que vous faites ici alors?

- Je fais mes courses.

- Ici? À Saint-Dizier?

- Oui.

- On a bien vu que vous nous observiez.

- Pourquoi je vous observerais?

- Je sais pas. Pour nous espionner.

- J'ai aucune raison de vous espionner.

- C'est peut-être pas vous

l'enquête de moralité sur Guillaume?

Toutes les saloperies qui sont sur les réseaux,

comme quoi il le méritait. - Il passe pour un criminel.

- J'ai rien à voir avec ça,

je suis venue voir mes parents.

- Qu'est-ce que vous racontez? - La vérité.

Je suis née ici, à Saint-Dizier.

- Vous inventez un truc.

- Non. J'ai grandi ici. Je suis avec mon fils,

on fait les courses.

- Montrez-moi vos papiers. - Pardon?

- Votre pièce d'identité.

J'ai pas mes lunettes, vérifie, toi.

- Née à Saint-Dizier.

- C'est qui vos parents?

- Sylvie et Gérard Bertrand.

- Sylvie Bertrand?

- Oui.

- À Marnaval? - Oui.

- Tu la connais?

- Ily a 2 ans, elle s'est cassé le poignet.

Je venais l'aider pour les soins.

- Vous voyez que je mens pas.

- Où en est l'enquête?

Personne nous dit rien.

- Elle est en cours.

C'est une enquête préliminaire, c'est long.

Je ne suis pas censée communiquer avec vous.

- Pourquoi? Rémi, en 10 min, il a été condamné.

- Il a fait 3 mois de prison.

Il a perdu son emploi.

Avec un casier judiciaire, il trouvera plus rien.

- CÇa, vous vous en fichez, hein?

Qu'est-ce que ça peut vous faire?

- C'est long, mais on s'en fiche pas.

Il faut que vous soyez patients.

- Ça fait des mois! - Dites-nous si l'enquête avance.

- Je suis désolée, je peux rien vous dire.

- Bien sûr.

Viens, Sonia, on y va.

- Ça me dégoûte.

Je serais vous, j'aurais honte.

- C'est pas la peine. Viens.

- C'est qui?

C'est des Gilets jaunes?

- Non. Tu vois bien qu'elles n'avaient pas de gilets jaunes.

- Ça pourrait être des Gilets jaunes en civil.

- Je t'ai demandé si tu la connaissais.

- Je sais.

- Tu la connaissais donc. - Ben oui.

Je ne me souvenais plus de son nom.

Elle me l'avait peut-être pas dit.

Je connaissais que son prénom.

Gisèle, c'est ça? - Non, Joëlle.

- Tu vois, je m'en souviens même pas. J

Son fils s'est fait salement amocher pendant les manifestations.

- Maman, tu le fais exprès là ou quoi?

Tu fais pas le lien avec mon boulot?

- Vous enquêtez dessus? - Qui veux-tu que ce soit?

- Pourquoi tu t'énerves?

- C'est dingue que tu fasses pas plus attention à ce que je dis.

- Je fais attention.

J'espère qu'ils vont pas étouffer l'affaire.

- Tu vas pas t'y mettre, aussi.

Tu te rends compte, tu parles de mon travail!

Je suis pas là pour étouffer les affaires!

Non! C'est même le contraire.

On a les auditions,

les réquisitions, les PV à rédiger.

Des enquêtes comme ça, on en a des dizaines.

- J'ai rien dit.

- Tu dis tout ce qui te passe par la tête,

tu réfléchis même pas.

T'as une idée du boulot des policiers

pour le maintien de l'ordre? Non.

Tu sais combien y a eu de policiers blessés aux manifestations?

- On mutile pas des gens qui n'ont rien fait.

- T'étais là? T'as vu quelque chose? Non!

Donc, tu sais rien, tu te tais.

- Je me tais.

J'ai le droit d'avoir de la peine pour ce jeune.

- J'aimerais aller à la Direction nationale.

Ils ont des belles affaires de probité,

pas notre boulot ingrat.

- Sous les ordres de Decroly?

- Tu vas pas tenir. - Je suis à l'IGPN

pour coincer les ripoux, pas les collègues.

À chaque manif, il y a des plaintes.

- En ce moment, on fait plus que ça.

- J'étais d'accord avec les Gilets jaunes.

Sur le fond, ils ont raison.

- Après ils ont vrillé, vraiment vrillé.

Les collègues ont les boules.

Ils sont en 1re ligne pour rétablir l'ordre,

et au moindre dérapage, ils sont blâmés.

- On les infantilise, on leur parle comme à des gamins.

Et encore, plus personne ne parle comme ça à ses gamins.

Du coup en mission, ils se défoulent.

- Un commissaire a dit que ses gars se lächaient

comme dans un jeu vidéo.

- T'as vu les images de la BAC qui tire

en disant: "A voté, a voté". À chaque tir: "A voté."

- Victor,

tu éteins!

*-II s'est pris un Flash-Ball.

*-Dans la tête? *-Dans la tête.

*-Les gars, c'est un tir de Flash-Ball. On l'embarque.

*-Attention, levez. Levez.

- Victor!

*-S'il vous plaît, monsieur, laissez-nous travailler.

- Victor, tu éteins.

- Oui, je finis mon chapitre.

- Après tu éteins. - Mmh.

- Allez, bonne nuit.

- Maman.

- Oui?

- Pourquoi tout le monde déteste la police?

- Quoi?

Mais non.

Tout le monde la déteste pas.

Qu'est-ce que tu racontes? - Ben si.

Papa et toi, vous vous en rendez pas compte,

vous connaissez que des policiers.

Mais personne n'aime la police.

- C'est... C'est des bêtises, ça.

Pendant les attentats, on nous applaudissait.

- C'était il y a longtemps.

- Non.

- Ben si.

- Tes copains te disent qu'ils aiment pas la police?

- Pas seulement mes copains. Il y a des tags.

- Quels tags? - ACAB.

Tous les flics sont des bâtards.

- Je sais ce que ça veut dire.

Les gens qui écrivent ça sont des imbéciles.

Soupir.

Bon... OK. Je...

T'as raison. Y a pas mal de gens

qui disent qu'ils n'aiment pas la police.

Mais c'est pas une majorité, et ils sont contents qu'elle existe.

- C'est pas ça, le problème.

- C'est quoi alors?

- Je te l'ai déjà dit. Personne n'aime la police.

- Et...

Le problème, c'est pas d'aimer la police.

C'est pas un boulot hyper aimable.

Si tu fais respecter la loi, tu ne te fais pas que des amis.

La question, c'est de savoir si les gens ont confiance

dans les policiers et dans leur travail.

Bon. Tu finis ton chapitre, et puis t'éteins?

Musique intrigante

Frottement de la chaise

- C'est celle-là?

- Ouais.

Bonjour. - Bonjour.

- Police. Nous aimerions parler à la direction.

- Bien sûr, madame. Un instant, s'il vous plaît.

- Vos collègues sont passés.

Ils avaient nos enregistrements de caméras

et avaient parlé à plusieurs clients.

- Nous avons les PV.

- Monsieur Santoni? - Oui.

- Madame et monsieur sont de la police.

Ils s'intéressent aux évènements du 8 décembre.

C'est notre directeur de la sécurité.

- Ça concerne une fenêtre donnant rue Quentin Bauchart.

- Celle-là, là.

- C'est au 3e.

Ça doit être la 316.

- Oui, c'est bien la 316. - Une junior suite.

- Il y avait un témoin à cette fenêtre.

Qui occupait la suite ce jour-là?

- On peut regarder.

Il toque à la porte.

Madame Gaziorek? - Oui.

- On peut vérifier si la 316 était occupée

le soir du 8 décembre dernier? - Bien sûr.

Oui, elle était occupée par couple de Monaco.

Ils sont repartis le lendemain.

- Ils étaient dans la chambre vers 18h30?

- Oui. - Quand un client entre,

c'est enregistré.

- On a plusieurs entrées,

des clients en début matinée.

La dernière est à 10h30.

Is se sont absentés et sont revenus à 21h32.

Et pour le personnel, on a une entrée à 13h44.

Ça doit être la femme de chambre. Ensuite, 15h07, et euh.

une dernière à 18h19.

- Service couverture. - C'est quoi?

- Les femmes de chambre qui préparent la chambre pour la nuit.

Elles rabattent la couverture, déposent des pantoufles...

- Vous savez de qui il s'agit?

- Oui. Chaque badge a son code personnel.

Madame Gaziorek?

- Bien sûr.

Alicia. Mady.

- Elle est en service aujourd'hui?

- Oui. Oui, oui.

Deuxième shift. Midi-19h.

- On aimerait lui parler et voir la 316. C'est possible?

- Si la suite est libre, oui.

Service?

Je vous en prie.

- Merci.

- Madame Mady ne va pas tarder.

- Waouh!

Il soupire.

- Sans indiscrétion,

c'est combien le prix d'une suite?

- Ça varie selon la période,

une junior suite, c'est 2 000 euros. - 2 000 euros?

- Service.

- Pardon.

- 2 000 balles, putain.

- Bonjour. Je suis M. Santoni, le security manager.

Je sais pas si on s'est croisés. Ils sont de la police,

ils font une enquête. - Bonjour, madame.

- Je vous laisse poser les questions?

- Oui. Si ça ne vous dérange pas,

c'est même mieux que vous nous laissiez.

- En cas de besoin, n'hésitez pas. - Merci.

- Allez-y.

- Nous sommes enquêteurs à l'IGPN.

Vous savez ce que c'est? - Non, pas vraiment.

- Nous enquêtons sur les fautes des policiers.

- On n'enquête pas sur vous. On n'a rien à vous reprocher.

- Un incident a eu lieu dans cette rue,

le 8 décembre pendant la manifestation.

Aux alentours de 18h30.

I! disent que vous étiez dans cette suite

pour le service couverture.

Vous confirmez?

- S'ils le disent, ça doit être vrai.

- Suite à cet incident,

il y a eu un blessé grave

et une plainte a été déposée.

Nous cherchons à savoir ce qui s'est passé.

- Je comprends très bien.

- Vous avez vu quelque chose? - Non.

- Non? Quand vous étiez à la fenêtre,

qu'avez-vous vu dans la rue?

- Qui a dit que j'étais à la fenêtre?

- Nous avons une vidéo OÙ On vous voit à cette fenêtre.

Dites-nous simplement ce que vous avez vu.

- J'ai vu les pompiers.

- Mais avant?

Vous regardiez avant les pompiers. - Non.

- C'est très important que vous nous parliez.

On veut reconstituer la réalité des faits.

Votre témoignage peut nous aider.

- J'ai vu les pompiers s'occuper d'un blessé.

- Vous avez vu comment il a été blessé?

- Je suis allée vers la fenêtre à la sirène des pompiers.

- Vous êtes méfiante.

On n'essaie pas de vous piéger.

- Je ne sais pas quoi dire.

Je vais pas inventer quelque chose que j'ai pas vu.

- D'accord.

Je vais vous donner ma carte,

si jamais quelque chose vous revient.

Je mets mon numéro personnel.

Vous pouvez me joindre à n'importe quelle heure.

- On vous laisse retourner travailler.

- On s'y est mal pris.

- Je crois pas.

- Y a un truc qu'elle dit pas. - Ah, ouais?

Convoque-la, ça fait toujours son petit effet.

- Je sais pas.

Elle risque de se fermer encore plus.

Sirène de police

- Tiens, regarde.

- Qu'est-ce que c'est?

- Du savon.

- Tu l'as piqué?

- C'est un savon, j'appelle pas ça du vol.

Waouh, il sent bon. Tu le veux? - Ah, non merci.

- T'es sûre? J'en ai deux. - Ha!

- Salut, bonne soirée.

Musique de suspense

- Bonne soirée, les filles. - Bonne soirée.

Salut. À demain. Rentrez bien.

Discussions

Bip de fermeture des portes

Discussions lointaines

Brouhaha de la rame

Sonnerie de portable

- Oui, Victor.

*-Je suis à la maison, t'es où? Tu rentres bientôt?

- Je suis toujours au boulot, je rentre un peu plus tard.

*-Quoi? J'entends rien.

- Je vais rentrer plus tard. - Allo?

- Attends, quitte pas.

Victor, t'es là?

*-Oui? Qu'est-ce qui se passe?

- Rien. Je vais rentrer plus tard.

*-J'ai préparé à manger et ça refroidit.

- Ah, zut. T'as fait quoi? *-La quiche

et les nuggets. - Fallait pas faire les deux.

C'est pas grave. C'est très bien.

*-Je t'attends. - Non. Commence sans moi.

*-Du coup, je mange la quiche ou les nuggets?

- Tu fais ce qui te fait plaisir.

Je te laisse. Bisous, à tout à l'heure.

Chute de son téléphone

Merde.

Agitations des voyageurs

Madame Mady.

Madame Mady.

Est-ce qu'on peut se parler?

On peut aller dans un café.

- J'ai pas le temps.

- J'ai besoin que vous m'aidiez.

- Je vous ai dit que j'ai rien vu.

- Je sais, mais je vous crois pas.

- Je suis pas une menteuse. - Je pense pas,

mais vous ne dites pas tout.

- Excusez-moi, j'aimerais rentrer chez moi.

Freinage des rames du RER

Bip de fermeture de portes

- Pardon.

Excusez-moi.

- Vous allez me suivre jusqu'à chez moi?

- S'il le faut.

- Vous avez le droit de faire ça? - Non, pas vraiment.

Mais c'est important.

Il faut que vous me disiez ce que vous avez vu.

Je comprends que vous ayez peur.

Face aux policiers, vous avez peur qu'on ne vous croie pas.

- Je veux pas d'ennuis avec la police.

- Donc vous avez vu quelque chose.

- Vous n'aurez pas d'ennuis. - Qu'est-ce que vous en savez?

Ce ne sera pas contre vous les représailles.

Vous avez bien réussi à me trouver.

- Les policiers hors des clous ne doivent pas recommencer.

Ce genre de policier doit être sanctionné.

- Ça n'arrive jamais. - Pourquoi vous dites ça?

- Parce que c'est la vérité.

Je le vois bien ici.

La BAC contrôle les jeunes.

Ils les provoquent, les énervent,

ils les embarquent, ils les frappent.

Ils rédigent de faux PV,

tout le temps. Ils sont jamais sanctionnés.

J'ai tout filmé.

- Vous avez filmé?

- Ouais.

Il y avait du bruit dans la rue.

J'ai vu des types autour d'un scooter qui brûlait.

J'ai filmé avec mon téléphone.

Comme ça, par curiosité.

Et les policiers sont arrivés.

- Vous avez cette vidéo? - Oui.

Je voulais la mettre en ligne, et j'ai dit non.

Des Noirs ou des Arabes, ça n'intéresse personne.

Là, ça arrive à des Blancs,

et il faudrait que je fasse quelque chose?

Vous seriez venue, si c'était pas arrivé à un Blanc?

- Oui. L'IGPN enquête aussi sur des policiers en banlieue.

- Ah oui? Et combien ont été condamnés?

- L'IGPN ne décide pas, mais il y a eu des policiers condamnés.

- Condamnés? Au pire ils ont eu du sursis.

Personne n'ose se mettre à dos la police.

Combien ont été renvoyés?

Combien?

- Renvoyés, aucun.

- Aucun?

Vous voyez. Aucun.

- Faites-moi confiance, remettez-moi cette vidéo?

- Je l'ai pas. Elle est chez moi.

- Je peux vous accompagner.

- Vous me faites pas confiance?

- D'accord.

Vous avez toujours ma carte?

- Oui.

Vous savez que ça ne changera rien.

Ouverture de porte

Fermeture

- Hé dis donc, toi. Non, non, non.

C'est pas pour toi, ça.

Allez.

Messagerie

*Rire

*-Les Schmitts, qu'est-ce qui se passe?

On n'est pas fatigués? Faut rentrer.

Qu'est-ce que tu vas faire?

Viens, viens, amène-toi. T'es cramé, là.

Ils arrivent! Ils arrivent!

Cassez-vous!

Casse-toi!

*-Cours! Cours!

*Détonation

- Salut. - Salut.

- Salut. - Salut.

- Benoit, j'ai quelque chose à te montrer.

- J'arrive.

*Rire

*-Les Schmitts! Qu'est-ce qui se passe?

On n'est pas fatigués? Faut rentrer.

Qu'est-ce tu vas faire?

Viens, viens, amène-toi. T'es cramé, là. Viens!

Is arrivent! Ils arrivent!

Cassez-vous!

Casse-toi!

*-Cours! Cours!

*Détonation

*Rechargement de Flash-Ball

*sirène de police

*-Go!

*Alarme de voiture

*-Guillaume.

Guillaume!

- OK.

- Tu peux repasser depuis le début?

*-Allez, les mecs.

- Ils sont où, Girard et Cordier?

- Ils arrivent. Regarde.

*-Qu'est-ce qui se passe?

- Ils sont pas avec les autres? - Non. Ils descendent la rue.

*-Viens, viens. Amène-toi. T'es cramé, là.

Is arrivent! Ils arrivent!

Cassez-vous!

Casse-toi!

- Là, ils se retrouvent face au BRI.

Rémi est à gauche, Guillaume à droite.

Il a son téléphone à la main.

*-Cours! Cours!

*Détonation

- Îls sont deux à tirer. - Oui.

Regarde les LBDs. - Cours! Cours!

- Ils tirent en même temps.

- 2 tirs, mais un seul impact. - C'est ça.

- Ils tirent sur un type qui court.

C'est pas de la légitime défense.

- Ils se sont pris une canette.

- Lä, personne les menace.

- Guillaume se retourne dans sa course.

- Ah bon? T'es sûre?

- Oui.

- Fais voir.

*-Cours! Cours!

- D'accord, il se retourne

pour voir ce qu'ils font. - II se retourne.

- Ça justifie un tir? Il court, il est pas menaçant.

- J'ai pas dit ça. Mais ils pourront s'en servir.

- C'est un tir de représailles. Un crétin lance une canette,

et eux tirent sur le 1er type qu'ils croisent.

- Y a le coup de pied aussi.

- Non, mais franchement,

qu'est-ce qu'il fout, le mec?

- Je suis d'accord, il déconne.

- Et ils s'en vont.

tranquillement.

Ça craint.

- T'arrives à savoir qui fait quoi?

- Oui.

Le coup de pied, c'est Fages.

Lavallée est à côté. En bas, Jacquet et Garcia.

Brzezenski est plus bas dans la rue.

- Les tirs, c'est Fages et Lavallée?

- Oui.

*-Guillaume.

Guillaume.

*-La vidéo est sur les réseaux?

- Non. Le témoin l'a pas mise en ligne.

*-On va pouvoir travailler plus sereinement.

Vous les avez reconvoqués?

- J'attendais de faire le point avec vous.

Trois sur les cinq ne sont pas en métropole.

*-Ils sont où? - Ils ont été envoyés à Mayotte.

Brzezenski, Jacquet et Garcia.

*-Ah. On ne va pas attendre leur retour.

Entendez Lavallée et Fages, les principaux mis en cause.

- Je les mets en garde à vue?

*-Ce n'est pas ce que j'avais envisagé.

- Ils ont menti, si on perd l'effet de surprise, ils vont se concerter.

*-Qu'est-ce qui vous arrive?

D'habitude, le parquet demande les gardes à vue

et les enquêteurs freinent.

- Ils savent pas que la vidéo existe,

je peux les mettre face à leurs contradictions.

*-Si vous les entendez simultanément,

ils ne pourront pas se concerter. Organisez-vous avec vos enquêteurs.

- Entendu.

*-Au revoir, Mme Bertrand. - Au revoir.

Il cogne à la porte.

- Lavallée est à l'accueil en bas.

- Et Fages?

- II viendra pas.

- Pardon?

- Certificat médical. Il est en arrêt maladie.

- II se fout de notre gueule? - On fait quoi?

Tu veux que je les reconvoque tous les deux

quand Fages sera présent? - Putain.

Va le chercher.

- D'accord.

- Lors de votre première audition,

vous avez déclaré ne pas vous souvenir

d'un manifestant blessé par un tir de LBD.

Maintenez-vous cette déclaration? - Oui.

- Vous n'avez pas effectué de tir qui aurait blessé

un manifestant aux alentours de 18h30?

- Non.

- Ni aucun de vos collègues?

- Pas que je sache.

- Je vous montre une vidéo.

*-Les Schmitts, qu'est-ce qui se passe?

On n'est pas fatigués? Faut rentrer!

Viens, viens, amène-toi. T'es cramé, là.

Ils arrivent!

Ils arrivent! Cassez-vous!

*-Cours!

Cours!

*Détonation

- Ces images vous rappellent cet incident?

- Pas dans tous les détails.

- Pouvez-vous décrire ce qu'on voit?

- Des émeutiers profèrent des insultes et lancent un projectile.

Ils s'enfuient en nous voyant.

Notre groupe arrive.

Nous nous retrouvons face à deux individus hostiles.

Fages et moi effectuons un tir pour protéger nos collègues.

- Vous trouvez que ces individus ont un comportement hostile?

- Tous les manifestants étaient hostiles.

Eux vont vous dire le contraire. Si on les écoute,

on se demande qui a commis des violences,

qui a pillé des commerces, saccagé les rues.

- Je vous parle de ces deux individus,

ceux qui se retrouvent face à vous.

En quoi leur comportement justifiait-il un tir?

Un tir doit être nécessaire

et proportionné.

- Ils partent en courant.

Ils ont donc des choses à se reprocher.

Et l'un d'entre eux nous lance un projectile.

- Où voyez-vous qu'il arme son bras?

- Dans son retournement.

C'est pas flagrant sur la vidéo, mais j'avais pas la même vision.

Pour moi, son geste était sans équivoque.

Il était menaçant.

J'ai pas voulu prendre le risque

que nous prenions un boulon en pleine face.

En situation de légitime défense,

il faut réagir vite.

- Certainement.

Vous n'êtes pas face à des terroristes,

mais face à deux manifestants désarmés.

- C'est vous qui le dites. - Les images le montrent.

- Beaucoup de manifestants

se sont transformés en bêtes sauvages.

Et un boulon peut tuer.

- C'est exagéré de qualifier l'attitude de M. Girard

comme étant celle d'une bête sauvage. II part

en vous tournant le dos.

Qu'avez-vous fait une fois que M. Girard était au sol?

- Je me souviens pas. Nous avons...

probablement poursuivi notre progression.

- M. Girard a été impacté à la tête.

Il était grièvement blessé.

- C'est pas l'impression que j'avais. J'ai pas visé la tête.

- C'est le tir de M. Fages qui a atteint M. Girard?

- Je sais que je n'ai pas visé la tête

et mon collègue non plus.

- Donc vous déclarez qu'après le tir,

vous avez poursuivi votre progression.

- Oui.

- Je vous montre la suite de la vidéo.

*sirène de police

Que voyez-vous?

- C'est pas très lisible.

On a l'impression que mon collègue le repousse du pied.

- C'est un coup de pied.

- Je sais pas. Peut-être.

Je me souviens pas de ce geste.

- Et là, en voyant le geste de M. Fages sur la vidéo,

vous semble-t-il justifié?

M. Girard présente-t-il une menace?

- Je sais pas.

Peut-être mon collègue a cru que l'individu

allait se saisir d'un objet au sol

et qu'il a pas voulu prendre de risque.

II faudra lui demander.

Je peux pas répondre à sa place.

- Alors?

- Il est en train de relire le PV.

Il dit qu'il a pas visé la tête et qu'il a pas vu

que Guillaume était blessé.

- Et le coup de pied? - Il n'a rien vu.

- En sortant, il va appeler Fages pour l'informer.

- C'est ça.

Il faut le mettre en garde à vue et interpeller Fages.

J'appelle le parquet.

Tonalité

- Commandant Bertrand de l'IGPN, pour M. Langlois.

Ah.

Il faudrait qu'il me rappelle d'urgence.

J'ai un policier que je souhaite placer en garde à vue,

j'ai besoin de son feu vert.

Entendu, j'essaie sur son portable. Merci.

C'est bien la peine d'avoir sa ligne.

Il a une urgence familiale.

Ah, putain, le répondeur.

*-Laissez un message.

*Bip de messagerie

Monsieur le substitut, Cdt Bertrand de l'IGPN.

Merci de me rappeler à propos de Lavallée et Fages

dans le dossier 137.

- Vois avec le magistrat de permanence.

- Le temps que je l'informe...

- Je peux y aller? - Non.

- Pourquoi? - Je vous place en garde à vue.

- Pardon?

- Je vous place en garde à vue pour violences par un agent de l'Etat.

Vous avez le droit de vous faire assister par un avocat.

Vous avez également droit à une visite médicale.

- Vous rigolez?

- J'ai l'air de rigoler?

- Nous, Stéphanie Bertrand, Cdt de police,

poursuivant l'enquête de préliminaire, vu les articles 75

du code de procédure pénale,

assistée du major Benoit Guérini et du brigadier

chef Carole Delarue, muni de la réquisition

aux fins de contraindre à comparaître de l'article 78

alinéa 2 du code de procédure pénale.

Nous transportons au 5 rue Pasteur,

94450 Limeil-Brévannes, où étant à 13 heures 15 minutes,

constatons qu'il s'agit d'un pavillon,

sonnons à la porte qui nous est ouverte

par un individu correspondant à M. Fages Mickael.

Porteur de nos brassards,

nous étant assuré de l'identité de M. Fages,

procédons à son interpellation, il est 13h30.

Informons M. Fages que la garde à vue,

ainsi que les droits afférents, lui est notifiée

par procès verbal distinct immédiatement. Dont acte.

Bip digicode

- Attendez-moi dans mon bureau.

Stéphanie! Stéphanie!

C'est quoi cette garde à vue sans accord du parquet?

- J'ai dû anticiper.

Langlois était injoignable.

Il m'a rappelée et m'a donné le feu vert

pour l'interpellation. - Tout est en ordre?

- Absolument. - Bon.

*-Cours! Cours!

*Détonation

- M. Fages, c'est vous et M. Lavallée

que l'on voit tirer sur M. Girard?

- Oui.

- Votre tir a-t-il touché M. Girard?

- Je sais pas.

- Sur la vidéo, vous constatez bien qu'il est impacté.

- Oui.

- Il a été blessé à la tête.

- J'ai pas visé la tête. C'est pas autorisé.

- Quelle est la distance qui vous sépare de M. Girard?

- Je dirais 20 mètres.

- Il y a 14 mètres.

À cette distance, la marge d'erreur du LBD 40 est de 4 cm.

L'un de vous a visé la tête.

- Nos lanceurs de balles de défense, peut-être qu'ils étaient déréglés.

Ça expliquerait tout.

- Vous avez effectué de nombreux tirs,

vous vous en seriez aperçu avant.

- Peut-être un défaut de munition.

Moi, j'ai pas visé la tête.

- Rien ne dit que c'est le tir de mon client qui a touché M. Girard.

- Qu'avez-vous fait lorsque le manifestant est tombé au sol?

- Je me souviens pas.

- Faites un effort.

Il soupire.

Très bien. Je vous montre la suite de la vidéo.

*sirène de police

Pouvez-vous me décrire ce que vous voyez?

Je vous écoute.

- Je...

Je fais un mouvement pour me dégager.

L'individu tente de me saisir la jambe, pour me faire chuter.

- Monsieur Girard tente de vous saisir la jambe?

- Sur les images, on voit pas bien.

- II me semble au contraire qu'on voit très bien.

- C'est facile à dire.

J'ai senti qu'il allait me saisir la jambe.

- M. Girard est prostré au sol.

Il ne fait aucun geste.

Vous lui donnez un coup de pied,

alors qu'il est à terre et visiblement blessé.

- Pour moi, il est pas blessé.

Simplement déséquilibré, parce que touché au torse par nos tirs.

- Il se tient la tête et n'arrive à se relever.

Il convient de vérifier si la personne atteinte

par un projectile ne présente aucune lésion.

- Pour moi, il est pas blessé.

Il a pas crié, j'ai pas vu de sang.

S'il était blessé, je lui aurais porté secours.

- Kiai!

Applaudissements

- Il est déjà passé?

- Pas encore.

- Empi!

- T'as mis les gars de la BRI en garde à vue? C'est vrai?

- On en parle maintenant?

- C'est vrai ou pas?

- C'est une décision du parquet.

- C'est ton enquête oui ou non? - Oui.

- La BRI? T'as vu ce qu'ils ont fait au Bataclan?

- Oui - C'est des héros.

Ils mettent leur vie en jeu pendant que vous enquêtez

derrière vos petits bureaux. C'est la honte.

- Change de disque. J'entends ce refrain à longueur de journée.

- Tu devrais te poser des questions? - Eux, ils s'en posent?

La BRI se comporte comme des cow-boys.

- Des cow-boys?

C'est pas eux qui ont inventé le Far West.

Vous êtes devenus dingues.

Vous donnez plus de crédit aux voyous qu'à la BRI.

- Tu connais le dossier?

- Le principal témoin a été condamné pour violences?

- Arrête de faire le perroquet,

même si tu couches avec les syndicats.

- Ne mêle pas Noélie à ça.

- KIAI!

Applaudissements

- Naël! Gaspard!

- Victor a peur de dire qu'on est policiers.

- Kanku Dai!

- Le père d'un de ses copains m'a demandé où j'enseignais.

J'ai pas compris tout de suite.

"Vous êtes prof de sport. Moi, j'enseigne le français."

J'ai même pas osé rectifier.

- Kiai!

- Il a honte de dire que je suis flic.

Dans quel monde on vit?

Tu alimentes la détestation de la police.

- Je fais juste mon travail, comme je l'ai toujours fait.

- Aux stups, t'étais pas pareille.

- Si t'avais postulé à l'IGPN, je serais restée aux stups.

T'étais content qu'un de nous deux s'occupe de Victor.

Ça me plaisait les stups.

Oui, j'enquête sur des collègues, ça m'enchante pas.

S'ils font de la merde, ils assument.

- Tu peux pas te mettre à leur place?

- Je fais que ça.

À force de trouver des excuses, et de s'écraser devant les syndicats,

les flics sérieux vont tous se barrer de la police,

il ne restera que les connards.

Applaudissements

- Nilay et Victor!

- Heian Nidan!

- KIAI!

*-Ca fait des mois

que le gouvernement demande aux policiers de risquer leur vie

face à des voyous qui détruisent la République.

Nos collègues affrontent des situations

qui sont proches du chaos et de l'insurrection.

Et aujourd'hui, on apprend que nos collègues de la BRI,

la BRI, dont le courage n'est plus à démontrer,

sont placés en garde à vue, comme des délinquants.

Cette décision ne va pas contribuer

à apaiser le malaise qui sévit déjà dans nos rangs.

Je vous dis, les policiers sont écœurés.

Il faut que le gouvernement comprenne

que nous sommes proches d'un point de rupture.

Et quand nous serons plus là,

y aura plus personne pour protéger la République.

Discussions animées

Musique de tension

- Il se passe quoi là?

- La garde à vue vient d'être levée.

- Quelqu'un peut m'expliquer?

- Les grands chefs ont débarqué.

Ils t'attendent en salle de réunion.

Applaudissements

- J'ai appelé le parquet pour lever la garde à vue,

et ils m'ont suivi.

Évitons la grogne des syndicats

alors qu'on demande beaucoup aux effectifs.

- M. Fages et M. Lavallée nous ont plusieurs fois menti.

M. Fages a tenté de se soustraire à l'audition de façon dilatoire.

Selon l'article 78, il était justifié de les contraindre

à comparaître par la force publique.

- Je connais le code de procédure pénale.

J'ai compris votre souhait de prolonger la garde à vue.

Mais vous pouvez les reconvoquer.

- Ça change le rapport de force, et vous le savez très bien.

Une vidéo nous montre qu'il n'y a pas de légitime défense

ni même de riposte.

- Si la vidéo est suffisamment parlante,

inutile de les mettre en garde en vue.

- Mais lequel des deux a causé la blessure de M. Girard?

Il fallait maintenir la pression.

- La garde à vue est levée.

Faites avancer l'enquête différemment.

Vous avez fait appel à un expert balisticien?

- Une mise en situation est prévue la semaine prochaine.

- Très bien.

Vous pourrez avancer.

Je vais être très claire.

On ne peut pas se mettre toute la profession à dos.

C'est aussi le point de vue du DGPN et du ministère.

Musique de suspense

- L'expert balisticien

conclut en accord avec le médecin

que vu la taille similaire des deux fonctionnaires,

vu les angles de tir proches,

et vu le mouvement de retournement de M. Girard,

il est impossible de déterminer lequel des deux tirs

a impacté M. Girard à la tête, le blessant

et entraînant une ITT de plus de 60 jours.

Passage d'un avion de chasse

Sonnette

Ouverture de porte

- Madame Girard.

- Bonjour.

- Je voulais vous parler. Même si j'ai pas le droit.

Je peux entrer?

L'enquête préliminaire est clôturée.

Votre avocat vous en fera part,

mais je tenais à vous le dire avant.

- Pourquoi?

- Pour pouvoir vous donner des explications.

L'enquête a permis d'identifier les policiers qui ont tiré.

Ils ont tiré sans respecter le principe de nécessité

et de proportionnalité. Is sont donc fautifs.

Mais il a été impossible de déterminer

lequel des deux tirs a blessé votre fils à la tête.

- C'est forcément un des deux.

Ils vont inculper les deux.

- Non.

- Je comprends pas.

- Il y a eu deux tirs simultanés,

mais un seul a touché Guillaume.

Les expertises balistiques n'ont pas pu déterminer

lequel avait atteint sa tête.

- Mmh...

Ils ont tiré tous les deux. Ils sont tous les deux responsables.

- Légalement, c'est plus compliqué que ça.

- Personne n'est puni parce qu'on ignore lequel l'a touché.

- Je comprends que ce soit difficile à entendre.

- Mais Guillaume aura des séquelles toute sa vie.

Ils ont foutu sa vie en l'air,

et personne ne sera puni?

- Le policier qui a donné un coup de pied devra répondre de violences,

n'ayant pas entraîné d'ITT.

- Pas d'interruption de travail?

- Oui.

- Et leurs chefs?

Y a bien des responsables quand même.

- Il n'y a pas eu d'ordre considéré comme illégitime.

La préfecture a demandé aux forces de l'ordre

de contenir les manifestants violents.

- Mais Guillaume n'était pas violent. - Je sais.

- Et ça change rien?

- Non.

- Je comprends pas pourquoi vous êtes venue.

- Je voulais vous dire que j'ai fait de mon mieux.

pour établir la vérité.

- Vous avez bien fait votre travail,

mais votre travail il sert à quoi?

Il sert à quoi?

Musique triste

Elle toque à la porte.

- Vous vouliez me voir? - Oui.

Fermez la porte, s'il vous plaît.

Merci.

J'ai un problème.

- Oui?

- Vous auriez dû me dire que vous connaissez la famille Girard.

- Je ne les connais pas.

- Vous avez un lien de famille avec eux.

- Non. Nous sommes originaires de la même ville, c'est tout.

Je les connaissais pas avant de travailler sur ce dossier.

- Vous êtes sûre? Saint-Dizier est une petite ville.

- C'est pas un village non plus.

- Vous n'aviez aucun lien avec eux?

- Sa mère s'est occupée de ma mère comme aide-soignante.

Mais je le savais pas au début de l'enquête.

- C'est ce que j'appelle un lien.

- Si vous voulez. Mais ça n'a pas influencé l'enquête.

- Je dois vous croire?

- Je me suis concentrée sur les preuves.

Les fautes commises par ces policiers sont graves.

- Peu importe. Vous avez un lien avec les Girard,

et ça a créé un biais.

- Un biais? - Oui.

Il y a des principes d'impartialité et d'égalité devant la loi.

Si on les respecte pas, il n'y a plus de justice.

Déontologiquement, ça pose un problème.

Même inconsciemment, ça a joué sur votre perception de l'affaire.

Ça a orienté vos choix,

vous aviez plus d'empathie pour le plaignant.

Ne serait-ce que de venir du même patelin, ça a sans doute joué.

C'est humain.

- Vous avez raison. C'est humain.

Ça a sans doute modifié mon approche.

Si je ne venais pas du même "patelin",

s'il n'y avait pas eu ce lien, comme vous dites,

j'aurais sans doute lâché l'enquête plus tôt.

J'aurais sans doute pas trouvé la vidéo incriminante.

Je me serais contentée de deux versions contradictoires.

J'aurais sans doute moins cru la victime et sa famille,

et sans doute davantage accepté la version des policiers.

Vous avez raison, je suis née à Saint-Dizier,

et la mère de Guillaume Girard a effectivement croisé la mienne.

Mais je suis policière depuis 20 ans,

le père de mon fils est policier, mes collègues sont policiers.

J'enquête sur des collègues.

Je connais leurs vies, le manque de considération

quand c'est pas le mépris qu'ils subissent,

les difficultés que pose le maintien de l'ordre,

la complexité et l'ingratitude du boulot.

Mais ça, c'est pas un biais?

C'est une question de point de vue.

Si d'autres points de vue sont hostiles, on fait quoi?

Comment on tient ensemble?

Je sais plus moi.

Je suis née à Saint-Dizier, comme la famille Girard.

Et je suis flic, comme les gars qui ont tiré sur le fils Girard.

Je suis les deux.

Et j'espère que je suis aussi d'autres choses.

Une enquêtrice sérieuse...

une bonne copine.

une mère pas trop nulle.

Voilà.

- Je comprends, dans un sens, vous avez raison.

Prendre les choses trop à cœur, et on commet des erreurs.

- À partir de quand on prend les choses trop à cœur?

- S'il y a un procès,

la défense pourrait avoir vent de ce lien.

Elle pourrait s'en servir pour discréditer l'enquête.

Et au-delà, tout le travail de l'IGPN serait atteint.

C'était pas une bonne idée. Vous deviez m'en parler.

- Pour confier l'enquête à quelqu'un d'autre,

qui n'aurait pas pris ça trop à cœur.

- Ne le prenez pas comme ça, ça ne sert à rien.

Je ne sais pas si la victime va se constituer partie civile,

mais s'il y a une suite, vous ne suivrez pas le dossier.

I! faut être absolument exemplaire sur la déontologie.

Je me suis arrangée pour vous éviter une enquête administrative.

Vous n'avez rien à craindre de ce côté-là.

- Une enquête administrative? - Oui.

- Je pourrais être sanctionnée?

- Vous ne le serez pas. Je m'en porte garante.

- Vous êtes sérieuse?

Elle rit.

- Pourquoi tu ris?

- Je regarde des vidéos.

*Grognement

Elle rit.

*Grognements

Rire.

- Ça va, maman?

- Oui, oui, tout va bien.

Musique festive

- Bonjour.

Je m'appelle Guillaume Girard.

lyaun an,

des policiers m'ont tiré dessus avec leur LBD.

Un des tirs m'a touché à la tête

et a enfoncé ma boîte crânienne.

Je suis resté longtemps à l'hôpital.

J'ai pas pu parler pendant plusieurs semaines.

J'ai dû tout réapprendre avec de l'orthophonie.

Les médecins disent que

mon cerveau restera abîmé.

J'arrive plus à me concentrer.

J'arrive plus à réfléchir.

J'oublie tout.

J'ai des migraines.

Parfois j'ai les nerfs

qui lâchent.

Je deviens agressif.

Je suis devenu un poids.

pour ma mère.

Je comprends pas pourquoi les policiers m'ont tiré dessus.

Ils disent que j'allais lancer quelque chose,

mais c'est pas vrai. Ils mentent.

J'ai rien fait.

Je pense tout le temps à eux.

J'essaie de pas les détester.

J'essaie de rester positif.

C'est pas facile.

*"Siffler sur la colline" de Joe Dassin

- ELLE M'A DIT D'ALLER SIFFLER LÀ-HAUT SUR LA COLLINE

DE L'ATTENDRE AVEC UN PETIT BOUQUET D'ÉGLANTINES

J'AI CUEILLI DES FLEURS ET J'AI SIFFLÉ TANT QUE J'AI PU

J'AI ATTENDU, ATTENDU ELLE N'EST JAMAIS VENUE

ZAÏ-ZAÏ-ZAÏ-ZAÏ

- Joëlle! - Zaï-zaï-zal-zal

- Allez, maman!

- ZAÏ-ZAÏ-ZAÏ-ZAÏ - Badadada-bam

- ZAÏ-ZAÏ-ZAÏ-ZAÏ - Badadada-bam

- WOOH-OH! - Badada-bam-bam

- WOOH-OH!

WOOH-OH!

WOO-OH

- Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline...

De l'attendre avec un petit bouquet d'églantines

J'ai cueilli des fleurs Et j'ai sifflé tant que j'ai pu

J'ai attendu, attendu

Elle n'est jamais venue

Zai-zaï-zaïi-zaï

Zai-zaï-zaïi-zaï

Zai-zaï-zaïi-zaï

Zai-zaï-zaïi-zaï

Woo-oh

Woo-oh

Woo-oh

Sous-titrage SME: Claire Escadafals pour LYSI MEDIA

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