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*L'École de la chair
- Tu fais quoi ? - C'est à mon frère.
Casse-toi. Sinon, je t'attache au radiateur.
- Je te paye. - C'est pas pressé.
Si. Je préfère.
Vous êtes radins, avec l'eau chaude.
Attends 2 secondes.
- Bonjour. - Bonjour.
Tu veux pas me parler ?
Non.
T'as été au ski ?
Tu travailles trop.
Bon. Au revoir.
- On y va ? - C'est gay, ça, non ?
Oui. Mélangé. J'y suis allée une fois.
Bon.
Bonsoir.
Vous servez pas de café ?
Prends de l'eau, si t'es soûle.
Elle est belle, votre bague. C'est un cadeau ?
- Non. - C'est ancien ? C'est de famille ?
Il vous regarde. Il s'appelle Quentin.
Il ne fait jamais ça.
Vous lui plaisez.
Je vous préviens, il n'aime que l'argent.
Invitez-le, un soir.
Il va avec tout le monde : femmes, hommes, tout.
Je n'en suis pas tout à fait là.
Vous êtes jolie, d'accord.
C'est amusant, de payer, et on peut inverser les rôles.
C'est qu'il peut être violent.
- Vous m'encouragez. - Il fait de la boxe.
Mais c'est pas un voyou. Pas vraiment.
Et s'il est méchant, je suis là.
Écoutez...
Non.
Elle est vraiment belle, votre bague. Comment vous vous appelez ?
Dominique.
Chris. Vous vivez seule ?
Oui.
Moi aussi.
Il y a du passage, mais ils ne restent pas.
Il insiste.
Il est beau, non ?
Oui.
Chris !
On va te coucher.
- Tu peux rester, toi. - Non.
Vous reviendrez ?
Tu viens ?
Je ne peux pas vous le promettre. C'est une maquette.
Il y aura 2 mannequins, McGregor et Koulia,
et puis un garçon, aussi.
Non. Pas encore choisi. Mais très jeunes, tous les 3.
Mme Thorpe est là. Je lui dis quoi ?
J'arrive tout de suite.
Euh... oui.
Un fond blanc, très discret, avec un logo.
Voilà. Oui, vous l'aurez, cette liberté-là. Au revoir.
Voilà.
Oui. Ça, c'est très bien.
Bonjour, Dominique.
- Je voulais votre avis. - C'est bien. Ce sont vos couleurs.
Elle prend bien la lumière. Je l'aime beaucoup, sur vous.
- Ce n'est pas un peu...? - Juste ? Non.
Je surveille la balance. J'ai aussi pris un manteau.
Vous connaissez ma fille ? Dis bonjour, Marine.
Dominique est un être humain.
Bonjour.
Elle refuse de mettre quoi que ce soit de convenable.
Moi, je renonce.
- Ça lui va bien, ça. - Mon Dieu ! Ne lui dites pas ça.
Venez dîner à la maison.
Je vous téléphonerai en revenant de Madrid.
- Vous partez combien de temps ? - Une semaine et 2 jours en Castille.
On fait ça en petit comité. Pas plus de 6.
Amenez un homme.
Un gin tonic.
C'est pour moi.
C'est tranquille, à cette heure-ci. On dirait un bar de quartier.
Vous faites de la boxe ?
Un peu, oui.
- Des combats ? - 1 ou 2.
Ça ne vous a pas abîmé.
Je ne travaille pas le mardi.
- Ben, on pourrait... - On peut.
Qu'aimez-vous manger ?
Choisissez. Mais après, je fais ce que je veux.
- Monsieur. - On m'attend.
Vous avez couché avec tous ces gens ?
Je ne demande rien.
Ils me regardent comme un objet. Ils me sortent leur fric sous le nez.
Moi, je prends. Pourquoi pas ?
Il faut bien vivre.
C'est bien, d'avoir l'esprit large.
Une autre.
Dominique.
Ne bougez pas.
Bonsoir. Je pensais à vous, l'autre jour.
J'ai retrouvé un texte de votre père sur un colloque.
Je vous l'enverrai.
Merci.
- Vous allez bien ? - Oui. Ça va bien.
Ça m'a rappelé des journées chez vos parents.
Vous aviez 10 ans. Vous posiez plein de questions.
Ça m'a passé.
Je ne vous dérange plus. Bonsoir.
- Bonsoir. - Au revoir.
- Que faisait votre père ? - Professeur de médecine.
Quelle spécialité ?
- Biologie. - Il était bon ?
Je crois.
Il a fait plusieurs livres, sur la souffrance.
J'aurais bien aimé le connaître.
Les seuls que je respecte, ce sont les savants,
ceux qui font avancer la recherche sur les virus.
- C'est plein de magouilles de fric. - Non. Pas à son époque.
Et il vous gâtait, votre père ?
Il était assez froid. Mais je l'aimais beaucoup.
Pourquoi travailler ? Vous êtes ruinée ?
Ah non. Je vous rassure.
Alors pour tuer le temps ?
Des tas de bonnes femmes travaillent sans raison.
Elles délaissent leurs gosses et divorcent.
Vous avez un point de vue traditionnel.
Vous n'avez pas d'enfants, vous ? Non. Sinon, vous ne seriez pas là.
- La marmite de poisson. - C'est pour moi.
- Et le bar cuit à la peau. - Merci.
- Posez-le. - Pourquoi ?
Parce que vous êtes avec moi.
Pas contente, hein ?
Ça vous va bien, cette expression.
- On y va ? - Non.
Qu'est-ce qu'il y a ? Ça va pas ?
On part.
Je t'ai dit non, c'est non.
Je t'attends dehors.
On peut s'occuper de vous ?
T'es là ?
Le jeu, c'est facile. Tu sais conduire ?
Salut.
Petit con, petit con, petit con...
Je me tire, je rentre chez moi.
Et basta.
Quel connard, ce mec !
Je me tire.
Ton prochain soir de libre, c'est quand ?
Mardi.
- À la même heure ? - Ouais. Si tu veux.
On y va ?
Je te préviens, j'ai pas de capotes.
C'est pas sérieux.
Tu vois, t'avais tout prévu. C'est toi, la professionnelle.
- Voilà. - Ça s'improvise pas.
Reste là.
Je dois repasser chez moi. Je vais travailler.
Quelle heure il est ?
- Tu paieras la chambre. - Il y a trop, là.
Le reste, tu le gardes.
- J'en veux pas. - Pourquoi ?
Parce que c'était bien pour moi aussi. Tiens.
Si, prends-le. C'est mieux.
Tu comprends pas, là.
Disons que je t'achète ton numéro de téléphone.
Vendu.
Je sais pas si on se reverra.
Je suis bien chez Dominique, la pauvre petite fille riche ?
Tu sais où me trouver. Quand je pense à toi, je bande. Ciao.
Dis donc, ça encourage pas. Tu pourrais mettre un peu de musique.
Je suis bien chez Dominique, la pauvre petite fille riche ?
J'ai appelé. Rien. Des bruits bizarres.
Ou il m'a donné un faux numéro.
Je pourrais retourner là-bas, mais j'ai pas envie.
J'ai...
Je sais pas ce que j'ai. Il faut que ça s'arrête.
Mais il te plaît ?
- Oui. - Vraiment ?
Oui.
Je t'ai pas dit, je l'ai payé.
T'as du courage. Moi, je pourrais pas.
Il faut dire, j'ai pas les moyens.
Lui, il ne voulait pas. J'ai insisté, comme une conne.
Non. J'en veux plus. Tu veux me faire boire ou quoi ?
Écoute, non. Je...
Il a dû m'en vouloir, mais il m'a rappelée.
Tu fais micheton, quoi. C'est ton nouveau truc.
Oui. Enfin, c'est un garçon, et moi, une fille.
Il est gentil avec toi ?
Alors ? On a bien dîné ?
- Très bien. C'était très bon. - Très, très bien.
Je vous emmène prendre un verre ?
Non, merci, Louis. Pas moi.
Une autre fois.
Je sais pas si c'est une bonne idée.
- Écoute, on y est. - Oui.
Ça doit être son jour de repos.
Tu veux boire quelque chose ?
On s'en va ?
- Bonsoir, Dominique. - Bonsoir.
Il n'est pas venu et n'a pas prévenu.
Je pensais qu'il avait rendez-vous avec vous.
- Il n'a pas prévenu ? - Non. Pourquoi je mentirais ?
Il est peut-être reparti avec un client ?
Non. C'est juré.
Attendez-le. Il n'y a pas que lui, ici.
Prenez un verre.
Mais prenez-le comme il est.
Il habite où ?
Il y a quelques mois, il louait un studio à la porte de Bagnolet.
Mais à cette heure-ci...
Votre amie a l'air perdue.
Moi, j'y vais. Je t'appelle.
Bonsoir.
- Tu vas arrêter ton travail ? - Je sais pas.
Tu n'y étais pas, ce soir.
J'aimerais que tu l'arrêtes.
J'ai pas besoin de toi pour me casser.
- Tu veux faire un chômeur de plus ? - J'en prends la responsabilité.
T'es pas obligé de trouver quelque chose tout de suite.
Je t'aiderai.
- Fais-moi confiance. - Pour qu'on me jette après ?
Merde !
T'es pâle.
Bonjour.
Vous êtes différente, le jour.
Je vous ai apporté un...
C'est un livre que j'aime bien.
Merci. C'est très gentil.
Je ne l'ai pas lu.
Merci.
On se prend une coupe ?
2 coupes.
Je me demandais si vous aviez été mariée.
Avec un ami d'enfance.
Mais pas de...
Moi, je déteste les gosses. Ils m'énervent vite.
Je ne pourrais pas être une mère.
Alors ?
Vous lui avez connu une relation plus longue ?
Non. C'est pas le genre.
Mais il y a eu un type.
Un avocat, style causes humanitaires.
Il a habité un temps chez lui.
Il s'appelle Soukaz. J'ai lu un article de lui.
Mais j'ai eu peu de contacts avec lui. J'étais le diable.
Certains pédés détestent les gens comme moi.
Dites-moi tout ce que vous savez.
C'est tout.
J'ai même pas vu sa carte d'identité.
Si. Une fois, j'ai fouillé dans ses affaires.
Il ne s'appelle sûrement pas Quentin.
Ça se passe plus au Sud. Il y a du rebeu, là-dedans.
Il doit venir d'une cité quelconque.
Brétigny-sur-Orge. Je me souviens de ça.
C'est la nuit.
Les gens ont leur histoire. Ils ne racontent pas.
Ça ne vous choque pas, ce monde-là ?
A priori, non.
- Mais quand on rentre dedans... - Ça vous rattrape.
Tu crois que ça abîme, toi, ce qu'il fait ?
On est toujours le micheton ou la pute de quelqu'un.
Sans doute.
Merci.
Tchin.
Vous lui plaisez.
Tu lui plais.
- Il te l'a dit ? - J'ai des yeux.
Vous pouvez peut-être le sortir de là.
Il a sûrement été ballotté. Je vous fais pas le couplet social.
Mais...
Voilà, c'est délicat.
Je sais que vous tenez à lui, et ça, je le respecte.
Seulement, il a beaucoup de dettes.
Il a beaucoup emprunté au bar, au patron, à moi.
Et à d'autres, qui ne rigolent pas.
Enfin...
Combien ?
- C'est lui qui t'a demandé de... - Non.
Je suggère.
On efface l'ardoise. Je m'arrangerai avec le patron.
Comme ça, après, vous êtes tranquille.
Et puis vous lui trouvez un travail ou vous faites semblant de chercher.
Ça dépend de l'humeur.
Non, pas tout de suite.
Ce sera fait.
Tu mettras l'ordre.
Vous lui direz pas ?
- Je vous ai déçue ? - Non. C'est normal.
Je préfère que ce soit toi qui me le dises.
Et... s'il ne suit pas le bon chemin, vous me le direz.
Je peux me défendre.
Tu es en fille depuis longtemps ?
J'étais précoce. Je me suis vite tirée de chez moi.
T'es amoureuse de lui ?
Je sais qu'il est dans de bonnes mains.
C'est le bordel et j'ai rien à boire.
- T'as pas un verre d'eau ? - Si.
- Tiens. - Merci.
Pourquoi t'as voulu venir ici ?
Pour savoir où tu vis.
Tu vois. C'est moche.
C'est provisoire.
Excuse-moi.
Dominique.
Je veux que tu habites avec moi.
Je ne veux pas t'envahir. Rappelle-moi.
Il y a des débuts tardifs.
Moi aussi.
C'est calme, ici.
Pourquoi tu ne veux rien me dire de ta famille ?
T'as des amis, non ?
Même si on est ensemble, tu dois pas toucher à ma liberté.
Sinon, tu vas souffrir. OK ?
Ne me fais pas la leçon.
On ne fait aucun plan, aucun programme.
Moi, je bouge pas mal. On est là quand on est là. OK ?
Ce soir, je vais pas sortir.
Tu sais, je veux pas le faire tous les soirs.
Je ne te le demande pas.
Bien sûr, pas avec des mots.
Moi, je suis d'accord.
Il faut être tempérant.
C'est quoi, "tempérant" ?
T'as raison. On dort, allez.
Si j'étais vieux et laid, tu ferais quoi ?
Quand je serai vieux, tu seras morte.
Mais imagine : je me coupe un bras ou une jambe...
ou ma bite,
tu fais quoi ?
Tu me gardes ou tu me vires ?
J'essayerai d'être solidaire.
Et tu ne m'aimeras plus ?
Je sais pas.
Pense pas à ça.
Il te plaît, ce tissu ? C'est assez léger ?
C'est très bien porté.
Lève un peu la tête. Oui.
Oui.
Mets ta main dans la poche.
Non. Ta main droite.
Voilà. Reviens doucement vers moi.
Oui. Regarde-moi.
Regarde vraiment.
OK. Bon. On arrête un peu.
- Bonjour, Dominique. - Bonjour. Ça va ?
Oui. C'est pas facile, facile. Mais bon...
Tu verras. Il est beau, mais...
Alors, tu viens au rapport ?
- Il vous a parlé de moi ? - Non. Pas lui.
On ne se connaît pas, et vous voulez qu'on parle de lui ?
Oui. À tout à l'heure.
Qu'est-ce qu'il fait, maintenant ?
Il vit chez moi.
Bonne chance...
Chez vous ou avec vous ?
Il est là, il est pas là...
Attention aux objets de valeur.
Non. Je plaisante.
- Vous l'avez connu... - Oh, très bien.
Trop bien ?
Non.
Je suis intervenu,
parce que sa mère avait été licenciée de façon dégueulasse.
Lui voulait casser la gueule au patron.
Et son père ?
Ah, il ne vous dit vraiment rien ?
C'est un Kabyle, le père.
Je ne sais pas s'il l'a même déjà vu.
Bon...
Je peux vous demander encore un moment ?
Il a squatté ici, quelque temps. Il dormait là.
C'était mouvementé. Nous n'avions pas les mêmes heures.
Vous lui en voulez ?
Non.
Mais le fond est...
est froid.
Enfin, je suis injuste.
Il a un frère handicapé, et il payait pour les soins.
Ce sont les situations qui sont plus fortes que les gens.
C'est une explication générale.
Parce que l'époque est violente, vous savez.
Il y a des exemples, pour ça. Je ne suis pas optimiste.
Mais...
vous avez un atout.
Lequel ?
Il ne désire que lui, mais quand même,
il préfère les femmes.
Le reste, c'est une aptitude troublante.
Vous en dire plus...
Pardon, mais j'ai vraiment du travail.
Je comprends.
Évidemment, il y a le risque de le pourrir davantage.
Vous avez raison d'essayer.
Il a une hantise de l'abandon.
Ne lui dites pas qu'on...
Dites ce que vous voulez. Je ne veux plus le voir.
Dominique.
Je n'y vais presque plus. Ça me désole, mais...
On se revoit sûrement tout à l'heure.
- Tu pactises ? - Il a un regard triste.
Quand on a perdu le pouvoir...
Il m'a dit qu'il était député à 28 ans.
- Alors, grand succès. - Ça a l'air.
Tiens, voilà notre ami.
Il me suit comme un petit chien.
Je vais le prendre en main.
Qu'est-ce que vous racontez, là ?
- Que le costume vous va bien. - Il paraît, oui.
Ça vous change.
Tu la tiens à distance, hein ?
- Je ne suis pas en terre ennemie ? - Mais non.
Je vais pas lui faire de mal.
C'était magnifique. Vous êtes contente ?
Je crois, oui.
La presse avait l'air ravie, et ils sont teignes.
Ils ont applaudi dès le début.
On sent tout de suite quand la rumeur est bonne.
Vous êtes qui ?
Ah... Quentin, un ami.
- Laurence Thorpe. - Bonjour.
- Vous êtes modèle ? - Non.
C'est dommage.
- Ma fille. - Bonjour.
Dominique !
Je dois naviguer.
Je sais que tu vas dire non,
mais la robe à mi-cuisse, avec tes longues jambes,
tu serais sublime là-dedans.
Bien sûr.
Mais si elle n'aime pas.
- Vous faites quoi, dans la vie ? - Ça ne se demande pas.
Vous aviez les cheveux blonds. Je me trompe ?
Non. Tout le monde vous posait des questions sur la politique.
- Pas vous. - Vous répondiez du bout des lèvres.
Ça m'a joué des tours. Vous portiez une robe noire, le dos nu.
- Vous vous souvenez de ça ? - Oui.
Excusez-moi.
Tu me montres ou tu me caches ?
Je dois parler à pas mal de gens. C'est mon travail.
Oui. Tu le fais bien.
C'est drôle de voir quelqu'un à poil, et après, là-dedans.
C'était qui, le mec, là ?
Tu ne t'ennuies pas trop ?
Vas-y, perds pas ton temps avec moi. C'est pas grave.
Mais demain, on passe une soirée tranquille.
- Je commanderai quelque chose. - Non. Tu fais la cuisine.
Ils me dégoûtent, ces gens. Il y a trop de pognon, ici.
- Ce sont des connards qui friment. - Tu les traverses.
Je t'aime.
Moi aussi.
Arrête, Quentin. Arrête !
- Salut. - Salut.
Tu te goinfres ? Il faut te faire un panier.
- Comment t'es là ? - Elle m'a invitée.
Ça te va ?
Oui. Autrement, toujours à laver des verres ?
Amuse-toi, profite.
Quentin.
Tu veux bien me faire travailler ?
De l'autre côté. Allez, vas-y.
Voilà. Allez.
Où tu vas, là-bas ? Où tu vas ?
Où tu vas ? Viens ici.
Allez, vas-y. Viens.
Voilà. Vas-y, encore !
Vas-y, coup de genou.
Genou !
Changement de jambe.
OK ? Allez, vas-y.
Voilà.
C'est bon. Allez.
C'est bien.
Tu veux bien mettre une chemise pour dîner ?
Quoi ?
Un jour, je te dirai.
Des choses sur moi.
- Je ne te le demande pas. - Je te les dirai quand même.
T'as pas envie de tout savoir ?
Ça te manque, de parler, hein ?
En tout cas, je me régale. C'est vachement bon.
- C'était archi cuit, non ? - J'aime pas saignant.
T'avais faim, hein ?
On pourrait dîner ici tous les soirs.
Tu crois ?
T'as presque rien mangé.
Il était gentil, ton mari ?
"Gentil" ?
Oui. Il était très gentil.
Pourquoi t'es pas restée avec lui ?
Parce que je m'ennuyais.
Mais ça m'a pris du temps pour l'admettre.
Et tu t'ennuies, avec moi ?
Non.
Peut-être que si on s'était rencontrés autrement, je sais pas,
peut-être qu'on n'aurait rien à se dire,
qu'on s'ennuierait.
Mais toi aussi, tu t'ennuierais.
Ça ne veut rien dire.
Ce que tu veux d'un homme, tu ne pourras jamais l'avoir.
Tiens.
Ah, tu t'es levée.
- Je te présente Marcus, un pote. - Madame.
Bonjour.
Parfois, on bosse ensemble.
T'as pas beaucoup dormi, toi.
Non.
Tu t'es amusé ?
Non. En fait, c'était chiant.
On est allés partout, mais il n'y avait rien.
Les meufs étaient coincées.
Du coup, on a fini avec nos amies les trav, au Scara.
Il avait une touche avec la vestiaire.
T'as vu ses mains ?
Des vrais battoirs.
C'était chiant, en fait.
Mais vous êtes restés quand même.
Je voulais juste te voir pleurer.
Tu devais pas prendre une douche ? C'est là-bas.
Tu fous pas le bordel, hein ?
Qu'est-ce qu'on va faire de toi ?
Je pourrais te dire de foutre le camp.
Je me suis répété ça toute la nuit. C'est long.
Mais je sais que tu serais malheureux.
Dis-moi le contraire.
C'est du Nes.
Donne-moi une cigarette.
Je ne crois pas que tu tiendras longtemps la distance.
Merci.
Et après, vous partirez.
Je voulais te dire un truc, au fait.
J'ai pensé qu'on pourrait se tirer, se faire un petit voyage.
Si tu peux te libérer de ton travail.
Mais je sais où, en tout cas.
Tu veux savoir où ?
Je m'en fous.
Mais c'est d'accord, on va partir.
À une condition.
Quoi ?
Viens là.
Escalope de dindonneau ou filet de julienne ?
Madame ?
Filet de julienne.
Allô ?
Oui. C'est moi.
Oui. Ça va ?
Oui. T'es pas allée travailler ?
Non, non.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Rien. Pourquoi ?
Je sais pas. Tu fais quoi ?
Rien. Je suis passée à l'agence, ce matin.
On part samedi.
Et j'ai aussi réservé l'hôtel.
T'es content ?
Oui, oui.
À quelle heure tu rentres ?
À 19 h. Enfin... oui, 19 h.
Je m'emmerde.
Je t'embrasse. Salut.
J'ai vu ta mère, l'autre jour.
C'est une belle femme.
Mais je ne lui ai pas parlé.
Où t'as été courir, encore ? T'es folle.
Elle aussi, elle m'a regardée.
- J'ai pensé que... - Quoi ?
Que peut-être, je pourrais l'aider, si tu veux.
Elle n'a pas besoin. Elle manque de rien.
Et puis je suis là.
Tu crois que tu peux tout acheter ?
Pas "acheter", connaître.
Je croyais que c'était au bord de la mer.
Photo ! Photo !
Autour du cou !
- On ne voit que des hommes. - C'est comme ça.
Ça fait bizarre, une rue où il n'y a pas de femmes.
- Et il y a une drôle d'odeur. - Ce sont les épices.
Les épices et la merde, oui.
- Écoute, on n'est pas en Suisse. - On peut toujours se laver.
Ils se lavent plus que nous, au hammam.
Ça baise, là-dedans, non ?
Mais non. Les sexes ne se mélangent pas.
Je sais, je sais.
J'ai vu qu'il y avait un casino, à l'hôtel.
Ah bon ?
- Toi, arabe ? - Non. Français.
- Viens voir. - Pourquoi il me colle ? On rentre ?
De quoi tu as peur ?
J'aime pas comme ils te regardent.
Entrez. Vous regardez, c'est tout. Plaisir des yeux. Entrez.
Nous avons des théières, ici.
Et les plats à tajine, ici.
Grand format, petit format.
- Ça va au four, ça ? - Bien sûr. Touchez.
C'est assez lourd. C'est fait main. Les peintures aussi.
Vous mettez...
- Tu veux te faire sauter ? - T'es vraiment con.
- On te prend par tous les trous ? - Ça va pas !
- Comment tu parles ? - Tu sais ce que veut dire, zamel ?
- Arrête-toi ! Arrête-toi ! - Viens ici, enculé !
Je vais te niquer ! Et toi, te présente plus devant moi !
Viens ici ! Viens ici !
Tu travailles toute l'année, dans la boutique ?
Non. C'est saisonnier.
Je suis étudiant.
J'ai une chambre à la Guéliz.
Tu peux te reposer, si tu es malheureuse.
Je vais rentrer.
- Bonsoir. - Il y a encore un avion pour Paris ?
Ah non, madame.
Demain à 7 h 30, mais en liste d'attente.
Mademoiselle.
Oui ?
Le jeune homme vous attend au restaurant.
Merci.
Mais Dominique !
On a kidnappé Quentin.
C'est fou, de se voir ici. Voici Jean-Michel, mon mari.
- Bonsoir. - Bonsoir.
Asseyez-vous.
Je ne me suis pas changée.
Vous étiez où ? Quentin vous a cherchée.
J'ai marché pas mal.
- Vous dînez avec nous ? - Non. Je ne crois pas.
- Tu t'es perdue ? - Voilà.
C'est inépuisable, ici. Vous avez visité la Ménara ?
Non. Pas encore.
C'est un pavillon tout simple, sur un plan d'eau,
où on entraînait les guerriers pour les batailles navales.
- Mais l'élégance de ça... - La lumière est magnifique.
Oui. Quand le soleil se couche, ça passe d'une seconde à l'autre
du jaune violent au mauve, au blanc laiteux...
Maman, tu devrais écrire.
- Marine... - Vous voyez comment on me traite ?
Parce que, ma chérie, nous n'avons pas ta curiosité
et ta bonne volonté.
Lui ne sort pas de l'hôtel.
Et vous, ici, Quentin, vous retrouvez vos racines ?
Oui, oui.
Ça ne va pas sans dégâts, d'ailleurs.
Vous...
Vous parlez la langue ?
- Oh non. - C'est un très beau pays.
Vous seriez partant, demain, pour un tennis ?
- Je ne joue pas très bien. - Alors vous êtes mon homme.
Les gens sont beaux, ici. Les yeux, la peau...
Je veux dire, les hommes, car les femmes, on ne les voit pas.
Ça me gêne un peu, ce voile. On dirait une muselière.
Qu'en pensez-vous, Marine ?
Tu n'as rien mangé. Mange.
- Vous restez combien de jours ? - Jusqu'à mercredi, en principe.
On peut faire une virée à l'Ourika. Il y a une guinguette.
Ne vous laissez pas faire.
Où vous voulez, Laurence. Mais pas dans les souks.
Merci.
J'ai faim.
Je suis très contente de vous voir.
C'est vrai.
- Aujourd'hui, j'ai cru... - T'as cru quoi ?
Que tu voulais faire ce voyage...
pour me dire que c'était fini.
Dominique...
Dominique...
Ils ont l'air unis, comme famille.
Qui ?
Ah oui.
C'est elle, que je trouve touchante.
- La fille ? - La mère.
Quentin.
Je ne veux plus qu'on se fasse la guerre.
Qu'est-ce que tu as dans la tête ?
On se croise.
Il y a une soirée pour sa mère,
le dimanche après-midi pour son frère.
Moi, on me juge imprésentable.
Le week-end dernier, il est parti je ne sais où.
Il m'a rapporté un cendrier. Assez vilain, d'ailleurs.
Et depuis qu'on est rentrés, on a dû passer quoi ?
Une nuit ensemble.
- Il va pas changer comme ça. - Non.
Chacun ses armes.
Oui.
L'addition est pour moi.
- Mais non. Pourquoi ? - Merci, Louis-Guy.
Au moins, il t'arrive quelque chose. Quand ça s'arrête...
c'est pas drôle.
Bon. On va peut-être...
- Si je le regarde froidement... - Et puis quoi, encore ?
Enfin, si j'essaie. Ce qui me fait de la peine,
c'est que je n'arrive pas à le trouver sympathique.
Ou alors par effraction.
C'est pas son emploi.
Je me réveille et ça paraît clair : je le quitte, je le quitte.
Comme un tantra.
Ça finira peut-être par marcher.
Il faudrait qu'on te trouve quelqu'un.
Mais t'en voudrais pas.
C'est un pirate, ton mec.
- Tu as beaucoup bu. - Une femme qui boit, t'aimes pas ?
Pas trop. Souvent, elles boivent pour oublier un chagrin d'amour.
Et les hommes, non ?
Si. Mais eux, c'est pour guérir, pour oublier, qu'ils se biturent.
Une femme, c'est pour rester dedans.
On danse ?
Ils passent encore des slows. OK.
T'es jolie et t'as du charme.
C'est vrai ? Je suis jolie ? J'ai du charme ?
Tu sais que j'ai fait refaire mon appartement.
Non.
Si t'as ton minet à demeure...
il n'est pas obligé de le savoir.
On danse.
Tu viens d'où, là ?
Tu sens l'alcool.
Dors.
Vous êtes jolie. Mais vous pouvez aussi la porter comme ça.
Avec la manche au coude.
Et comme souliers, je pourrais mettre quoi ?
Quelque chose de simple. Des sandales du soir.
Ou même pieds nus.
- Vous la portez pour quoi ? - Je vais peut-être me fiancer.
Vous "fiancer" ? Bravo. Je croyais qu'on ne se fiançait plus.
- On peut demander avec qui ? - Un garçon.
Oui...
Mes parents l'aiment beaucoup.
C'est bien, mais il n'épouse pas vos parents.
Mais on s'entend très bien.
Ne dites rien à ma mère.
J'ai trouvé un chèque de vous dans les affaires de Quentin.
J'ai pas envie que vous le payiez.
D'abord, pardon, il est majeur.
Et vous n'avez rien à m'interdire.
Je me doutais d'un coup pareil. Je ne sais pas ce qu'on fait là.
C'est entre lui et moi.
Laissez-lui cette liberté.
- Vous revoulez du thé ? - Non, merci.
Je ne comprends pas. Il a tout ce qu'il veut.
Justement. Ça n'est rien et ça ne suffit jamais.
Vous le voyez souvent ?
Non.
Comment vous procédez avec lui ?
Financièrement.
C'est vous qui parlez de ça.
Je lui donne son mois.
Je le vire sur son compte.
Combien ?
Excusez-moi. Qu'est-ce que vous me faites dire ?
Bon. Je vais...
Il s'est pointé avec une histoire de dettes que je n'ai pas crue.
Vous lui avez donné quand même.
- Pour me débarrasser de lui. - Ah oui ?
Enfin, pas seulement.
Il y a quelque chose de paternel, qui reste.
Je ne sais pas si vous comprenez.
Si, je comprends. Vous avez compté pour lui.
J'ai compté, oui...
J'y pensais, l'autre jour.
Après un bon bout de temps, j'écoutais les fables qu'il débitait.
Et j'avais plus envie de...
Ça a trop infusé.
- Il a passé la nuit chez vous ? - Oh non...
Ne perdez pas votre énergie là-dedans.
J'ai un certain mérite. Il fait ça comme on boit un verre d'eau.
Et puis je vois toujours qu'il est beau, mais...
je ne le sens plus.
Il m'a un peu parlé de vous, sans que je demande.
Il est parfaitement capable de regarder quelqu'un,
de faire un portrait.
Je vois ce qu'il aime.
Il ne me le dit jamais.
Vous donnez des cours de droit ?
J'ai commencé par enseigner. J'ai toujours aimé ça.
Vous ne souriez pas beaucoup.
C'est de famille.
Au revoir, Dominique.
Au revoir.
C'est l'argent, qui le ruine.
C'est naïf ?
On peut vous payer un verre ?
Si vous voulez, oui. Asseyez-vous.
On peut parler une minute.
J'attendais quelqu'un. Il vient de passer.
Mais j'ai pas envie de courir après lui.
Ça me fatigue. Vous comprenez ?
Mais je ne me vois pas faire l'amour avec quelqu'un d'autre.
Donc on peut discuter un moment, mais c'est tout.
Ça vous est déjà arrivé, de faire comme ça avec une femme ?
La suivre, la guetter comme un flic ?
Oui, oui.
Ça arrive à tout le monde.
Une bière pour Madame.
S'il vous plaît.
Au collège, j'étais très amoureux d'une femme plus âgée que moi.
C'était pas du tout une initiation.
Elle le savait, mais je n'ai jamais rien eu avec elle.
J'y ai pensé longtemps.
Je n'ai pas dû tellement grandir.
Vous êtes en train de me dire quoi ? Que je ressemble à cette femme ?
Non, pas du tout. Vous ne lui ressemblez pas.
Mais j'ai envie de vous regarder. Je peux ?
Vous me voyez.
Votre amie n'a rien voulu me dire sur vous.
Votre vie...
"Tentez votre chance. Allez-y. Sautez sans filet."
Elle ne vous a rien dit, vraiment ?
Non. Ça vous étonne ?
Je sais qu'il n'y a pas de mari.
De toute façon, je préfère ne rien savoir.
Ce que je voulais faire, je n'ai pas eu le courage,
c'était vous proposer de partir 2 ou 3 jours, n'importe où,
voir un musée, un palais, une plage,
se connaître un peu, comme ça, en se promenant.
Vous m'auriez...
Non.
Je crois que j'aurais dit oui.
- Vous êtes garé où ? - Au diable.
- Je suis désolée. - Non. C'était bon de marcher.
- J'habite ici. - Je sais.
J'espère qu'on se reverra.
Vous pouvez venir.
Vous êtes sûre que vous habitez ici ?
- Vous voulez boire quelque chose ? - Oui.
- Quoi ? - Peu importe.
- Avec de la glace ? - Pas la peine.
- Merci. Vous ne prenez rien ? - Non.
Il faut parler plus bas ? Un enfant dort ?
Excusez-moi.
Je suis toujours là.
Je dois m'en aller. Il n'y a personne.
Il est très tôt. Dormez.
Ah, t'es là. Je te laissais un mot, justement.
J'ai acheté des croissants pour le petit déj.
Tu sais pas où il est, mon sac noir ?
- Bonsoir, Dominique. - Bonsoir.
Ça fait longtemps.
Il ne vient plus jamais ici. Il m'a laissée tomber. Comme vous.
- La 8 ! - C'est fait.
T'as rien entendu sur lui ?
Quelqu'un m'a dit qu'il l'avait vu.
Où ça ?
Quelqu'un qui dit n'importe quoi. Un petit Mickey.
- Je dois bosser. - Où on l'a vu ?
Comment elle me parle, là ? Je suis pas un indic.
Démerdez-vous avec lui.
Tu veux quoi ? De l'argent ?
Oui, c'est ça. Je veux de l'argent.
Ça vous humanise pas, l'amour.
Vous êtes sûre que vous descendez là ?
Oui, oui. C'est ça.
- Qu'est-ce que tu fous là ? - On rentre.
- Il y a jamais de femmes, ici. - J'innove.
- Ça marche bien ? - Je suis venu voir un copain.
- T'aimes ça, hein ? - Pas spécialement.
Si, t'aimes ça.
Écoute, je te l'ai toujours dit. Je te l'ai jamais caché.
Quand j'étais une pute, j'étais libre.
C'est trop difficile à comprendre.
- Allez, viens. - Je gagne 5 000 balles en 2 heures.
- Je te les donnerai. - T'es pas Rothschild.
- Tu me fais honte. - C'est toi qui as honte ?
Fais pas de boucan. Pourquoi tu te marres, toi ?
- Tu veux que je t'allume ? - Viens.
Gros con, va !
Dis-moi ce que tu veux.
- J'ai dû lâcher pas mal de thune. - Pour quoi ? Pour ta famille ?
Dis-moi.
Ma famille, ça fait un mois que je ne les ai pas vus.
- Mais c'est pour quelqu'un ? - Oui.
Mais qui ? T'entretiens quelqu'un ? Putain, je comprends rien.
Non. Mais j'ai des frais. J'ai rencontré une fille.
Tu vas la voir.
Viens, on se tire.
Toi aussi, t'as quelqu'un.
T'as couché avec un mec. Il y avait ses cigares.
Tu fumes pas de cigares, toi.
C'était bon, au moins ?
Oui.
On est une grande fille. On pleure pas.
C'est pas sur moi que je pleure.
Tu me sens, là ? Tu m'excites.
Je t'en fais voir, mais il n'y a que toi qui m'excites comme ça.
Tu vas me regretter.
Ne dis pas ça. On a plein de temps.
Ce qui m'arrive, ça passera.
C'est pas sérieux.
On se verra à 4, avec elle et ton mec.
Peut-être qu'on va se marrer. T'en dis quoi ?
Allez, viens. On rentre. Viens.
Quel rôle vous me faites jouer ?
Vous dites que ça vous amuse.
- Bonsoir. - Bonsoir.
- David Cordier. - Bonjour. Quentin.
Il faut trouver, ici.
Elle est pas là, ton amie ?
Si, si. Elle est là, dans l'entrée.
Mais je sais pas. Elle ose pas.
Va la chercher.
Tu crois ? C'est pas une mauvaise idée ?
Bon, j'arrive.
Je reconnais. Beau sourire.
Je vous dis tout de suite : je voulais pas venir.
Elle est jalouse. Je lui ai dit que c'était con.
- Marine Thorpe. David Cordier. - Bonjour.
Asseyez-vous.
- Alors, la robe, elle a plu ? - Oui.
Depuis combien de temps vous...
On ne te dit pas. Tu vas râler.
Votre mère le sait ?
De ce côté-là, il n'y a pas de souci.
Bon. Nous sommes tous là. On va commander.
Merci.
- Bon. Je vous invite. - Non. C'est moi.
Si, si.
C'est pas donné.
On ne donne qu'aux riches.
- Pourquoi tu dis ça ? - Elle dit ça comme ça.
Vous vous êtes connus comment ?
- Les petites annonces. - Au club de rencontres.
Vous l'avez mal élevé.
Vous allez bien ensemble.
Bon chic, bon genre. À chacun sa chacune.
Quoi qu'on s'y perde un peu.
On joue ça aux cartes ?
Attention, on peut finir ensemble.
- Marine. - Quoi ?
Thorpe... Vous être liée à Jean-Michel, président d'Alcitel ?
- C'est mon père. - Je le connais assez bien.
C'est un homme brillant. Beaucoup d'humour.
À l'extérieur.
Chez lui, il est sévère ? Pas avec vous ?
Non. Même quand je fais des erreurs.
Vous êtes prêts à commander ?
Moi, je voudrais un teriyaki, s'il vous plaît.
On n'est pas obligés de se parler.
Pour nous, ce sera 2 shabu-shabu, s'il vous plaît.
On a mal commencé. On reprend tout de zéro.
- Vous voulez que je monte ? - Non. Je préfère pas.
- Vous m'appelez quand vous voulez. - Merci.
Je suis là.
Je veux pas que tu partes. Je veux pas.
Tu veux qu'on aille où ?
On n'a qu'à prendre une chambre au Raphaël.
J'ai plus de fric, moi.
- J'en ai, moi. - Non, non. Niet.
C'est trop risqué. T'es mineure. Je veux pas finir au trou.
Alors monte. Ils dorment.
J'ai pas envie de venir comme un voleur. Tu comprends ?
La réponse est C : Cary Grant.
Je trouve pas la moutarde.
Sur la 2e étagère.
Je ne la vois pas.
- Attends. - Non. Te lève pas, j'ai trouvé.
Détends-toi un peu.
Sers-toi un autre Martini.
Tu t'es lavé les mains ?
C'est faux. Elles sont fêtées après 25 ans de mariage.
À ce stade du jeu, voici les scores...
Bon. C'est prêt.
Attends. Ça finit dans 2 minutes.
...et 90 % de bonnes réponses. Nous avons donc nos 2 finalistes.
Ça va ?
- T'as mis de l'échalote. - Un petit peu.
Je vais me marier, maman.
- Avec la femme chez qui tu vis ? - Non. Elle est super, elle.
Non. Avec une fille plus jeune que moi.
Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle travaille ?
Elle étudie.
Comment vous allez faire ?
J'ai mon boulot, moi.
Mâche bien avant d'avaler.
Quel besoin t'as, de te marier ? T'as toute la vie devant toi.
Non. Elle est déjà vieille, ma vie.
J'ai voulu vous rappeler, mais vous me fuyez.
Non.
J'avais l'impression de vous mentir, parce que je vous aime beaucoup.
Moi aussi, je vous aime bien.
Alors essayons de nous raconter l'histoire autrement.
On peut se réjouir, se dire que nous allons marier nos enfants.
C'est où, la liste de mariage ? Moi, je m'occupe du lunch.
Mais vous, vous dites quoi ? M. Thorpe, il dit quoi ?
Au début, ça nous a fait peur. Ce garçon sort de nulle part.
Mais on l'a connu par vous. C'était une assurance.
Si je me mets à votre place,
c'est la dernière chose à souhaiter pour votre fille, non ?
Mais moi, je ne compte pas. Vous avez bien vu.
Jean-Michel est très proche de Marine.
Il ne peut rien lui refuser.
Et puis c'est la première fois qu'elle aime quelqu'un.
C'est très émouvant.
Si je lui interdis de le revoir, elle continuera.
Il y aura des drames, des pleurs, elle fuguera.
C'est son caractère.
Eh ben, "elle fuguera".
Et elle reviendra vite fait avec son gros chagrin.
À cet âge, on est informe.
Je ne vous demande pas de la comprendre. Elle est difficile.
C'est lui, Quentin, qui nous a surpris.
Nous l'avons reçu plusieurs fois.
Ça, c'est dégueulasse.
Ne vous fâchez pas. Que voulez-vous que je fasse ?
J'étais déchirée.
Et un soir, il nous a tout dit sur sa vie.
Il s'est libéré.
Ah oui ? "Tout dit" ? Et quoi ? Je suis curieuse de...
Tout.
Les petits boulots peu reluisants, la galère, les expédients...
Et quoi, encore ?
Il était beau, à ce moment-là.
Je veux dire, vraiment beau.
Il nous a beaucoup touchés, avec ses mots à lui.
Et il a ce pouvoir, Quentin, même sur mon mari.
J'aurais plutôt pensé que pour votre mari,
il ferait figure d'épouvantail.
A priori...
Vous savez, la vie est tellement plus bizarre.
Quand je me suis mariée, une bonne langue m'a dit
que Jean-Michel était bisexuel.
C'est pas ça, mais je le saurais.
Mais il aime bien la compagnie des hommes beaux.
Vous êtes tous visités, hein ?
Il vous a tout dit. Et quoi d'autre ?
Qu'il était sorti de cette histoire, de cette série noire,
grâce à vous.
Quel salaud !
Oh non ! C'est pas lui qui a dit...
Je suis sotte. Excusez-moi.
Je conçois que vous l'ayez dans la peau.
Je vous parle franchement, parce que vous êtes forte,
et puis c'était fatal.
Quoi ?
Qu'il puisse avoir une relation pas seulement basée sur...
la reconnaissance.
C'est vrai que vous êtes sotte, Laurence.
Je ne fais que des gaffes. Je peux...
Merci.
Vous savez, ça fait plusieurs mois que ça dure.
Marrakech, c'était pas un hasard. Ils avaient rendez-vous.
Moi, je ne savais pas non plus.
Mais ce n'est pas une passade. Marine pense qu'elle peut le sauver.
- De moi ? - Non !
De lui donner une vraie chance. Avec vous, il a quel avenir ?
Mon mari peut le prendre dans sa boîte et le former.
C'est dingue.
Mais après, comment s'en débarrasser ?
Que vous soyez amère...
Non. Taisez-vous. Je ne suis pas "amère".
- Et si je ne le laisse pas partir ? - Vous ne décidez pas.
- Si, je peux. - C'est pas très généreux.
Vous ne savez rien, vous ne comprenez rien.
Vous allez m'expliquer ? De quel droit ?
Ce qu'on a vécu, c'est entre lui et moi.
Peu de femmes l'ont eu.
- Tu m'avais dit de venir te voir. - Je vous l'avais dit.
C'est horrible, ce qu'il vous a fait.
Tout ça pour une pisseuse bourrée de fric.
C'est d'un conformisme.
Avec le chiard qui va suivre et la nurse...
C'est au premier.
Vous le détestez ?
Non. C'est pas ça. J'ai l'impression que je pourrais le tuer.
C'est pas très grand, chez moi.
Non. Mais...
- C'est toi, là ? - Oui. Ma période Jean Seberg.
Ça va te détendre.
Ça fait un bail que j'ai pas fumé ça.
C'est ça.
- C'est toi qui les as prises ? - Non.
Mais j'étais dans la baraque. J'ai planqué le mec.
Avec la musique, on n'a rien entendu. Clic, clac.
Pourquoi t'as fait ça ?
Parce que je voulais avoir un pouvoir sur lui.
Je ne voulais pas m'en servir.
C'est bien parce que c'est toi.
- T'es pas obligé. - Si. Toi, t'as les couilles.
Tu peux aller là.
Le jeune Quentin dans ses oeuvres, en petites choses.
Je suis un peu sorcière.
Laisse-moi voir ta main.
Oh, un mariage.
C'est un malin...
Non. Le tien.
Quand j'aime bien les gens, je vois rien. Ça se brouille.
T'as pas des mains de fille.
N'empêche que je suis une fille.
Et moi, au moins, je l'aurai voulu.
Salut.
On se faisait un câlin ?
Chris, je peux ?
Vas-y. Il y a de l'eau chaude.
OK.
Pas mal, hein ?
Il fait un stage de plomberie, mais il est très, très ouvert.
Tu l'héberges ?
Il prend une douche, il dort là de temps en temps,
et moi, je me paye sur la bête.
S'il est gentil, je le ferai engager.
- Au bar ? - Ou à la sécurité.
Tu sais, pour les photos, je ne veux rien.
C'est gratis.
Il s'aplatira.
Sinon, tu le coules, tu le torpilles.
Il est là ?
Qu'est-ce qu'il y a, dans ces photos ?
Non !
- T'étais où ? - Au cinéma.
- Avec ta copine ? - Non. Toute seule.
Et t'as vu quoi ?
C'est toi qui as appelé, tout à l'heure ?
Oui.
Moi, j'ai dîné chez mon beau-père.
Ils bouffent à 20 h. Ça se couche tôt.
- Ça s'est bien passé ? - Oui. Ça allait.
Il m'aime bien. Il faut pas trop le contredire.
Tu t'es bien tenu ?
Tu m'en veux ?
Qu'est-ce que tu penses ?
Si tu m'en voulais, tu aurais raison et tort.
Développe.
On peut continuer à se voir. Ça n'empêche pas.
Même si je me marie, je rentre pas au couvent.
T'es pas encore marié.
C'est parti pour.
Elle t'aime ?
Ouais. Elle m'aime.
Elle est trop amoureuse.
Mais parfois, elle fait chier.
C'est une enfant gâtée, avec des caprices de bourge.
T'es un caprice ?
Peut-être.
Pourquoi on continuerait pas ?
Ah non.
Je ne suis pas Soukaz.
Justement.
Marine, elle est jolie, fraîche, elle a une gentille foufoune.
Arrête.
- Tiens, regarde ça. - C'est quoi ?
Des images. Regarde.
T'es plus naturel quand tu ne poses pas.
Je ne savais pas que tu faisais ça aussi.
T'es très disponible.
- C'est dans la nature, non ? - On te prend, on te jette.
Tu leur as envoyé ?
Non. Pas encore. J'y ai pensé.
Je suis pas pressée.
T'as qu'à le faire. Ça leur apprendra la vie.
- Tu sais que j'en suis capable. - Je vais la tuer.
- Qui tu vas tuer ? - C'est dégueulasse.
Tu parles tout seul ?
- Le trav ! - Tu vas te faire mal.
- Tu te fous de moi ? - Oui.
Et toi, tu marches dans ces combines ?
Je ne pourrai pas te faire de mal.
Pourquoi j'aurais pas le droit d'avoir une vie normale ?
Si tu veux les revoir, dépêche-toi.
T'es sûre de ce que tu fais ?
- Tu peux les garder, si tu veux. - Pourquoi ?
Et les négatifs aussi.
- Il faut que je te dise merci ? - Oui. Dis-le-moi.
Merci.
T'es content ?
- Tu t'es brûlée ? - Oui. Enlève tes mains. Lâche-moi.
Je t'aime.
- Lâche-moi. - Je ne veux plus me marier.
- Qu'est-ce qui t'en empêche ? - Je veux vivre avec toi.
Moi, non.
Lâche-moi.
T'as décidé. T'as bien fait.
Tout va aller bien, tu vas voir.
C'est fini. Je reste avec toi. Je ne la reverrai plus.
Reste dans ta ligne. Tu vas t'en sortir comme ça.
Moi aussi.
Tu peux pas parler comme ça.
T'es intelligente, non ?
Qu'est-ce que j'irais foutre là-bas ? C'est un mausolée, leur baraque.
Qu'est-ce qu'il faut que je te dise ? Qu'est-ce que tu veux entendre ?
Ho, regarde-moi.
Regarde-moi !
C'est pas juste.
Je te dis que je suis sûr de moi.
Allez, viens.
Viens.
Rhabille-toi. Je ne veux plus te voir à poil.
Je te dégoûte ?
Je ne te vois plus.
Mais je suis là.
Allez, va-t'en. Prends tes affaires et va à l'hôtel.
- Mais c'est chez moi, ici. - Va-t'en !
Tu peux pas dire ça. Je te connais, je te crois pas.
Je suis vide, maintenant. Tu t'en vas.
Allez, viens. Juste une dernière fois.
On dort, c'est tout.
Non. Je ne peux pas.
Je bouge pas.
Alors c'est moi qui sors.
Et quand je reviens, je ne veux plus te voir ici.
Je bouge pas.
- Tu veux du thé ? - Oui.
Parlez-lui, vous. Il paraît qu'on se reverra plus.
C'est où, ça ?
Ah, c'est là.
De toute façon, ça doit être prêt.
Bon. Merde. Je vais me garer là.
Hop.
- Tu restes dans la voiture ? - Oui.
Salut. Tu veux pas me parler ?
Si.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Ma fille.
Tu sais que ça n'avait pas marché avec...
On m'a dit.
C'était pas pour moi. C'était pas pour eux non plus.
- Quel âge elle a ? - 1 an et demi.
Mes beaux-parents ont un hôtel rue de Maubeuge.
Je bosse là. C'est un petit hôtel.
T'es content ?
Oui.
C'est à toi ? Tu conduis ?
- T'es pas toute seule ? - Non.
T'es élégante.
Moi, je ne suis pas rasé.
Une fille.
Je lui ai acheté un petit blouson sympa.
Dominique.
Tu sais, quand j'étais avec toi, j'étais bien.
- T'as toujours le même numéro ? - Non. Je n'habite plus là.
Bon.
Tu dis au revoir ? Allez.
Comment elle s'appelle ?
Devine.
Quand ça n'ira plus, je la prendrai avec moi et je me casse.
Hôtel Trébois.
Non.
Oui. T'as raison.
J'ai les billets. C'était qui, ce jeune homme ?
Je te dirai.
Sous-titrage : Eclair Group
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