All language subtitles for L'épervier S01 EP06

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Original subtitles

Vous nous avez bien abusé, n'est-ce pas ? Vous nous avez fait croire que vous

aviez connu l'amiral de Kermalek pour mieux nous attirer dans ce piège.

Je ne vous ai pas menti, monsieur, je l'ai bien connu.

Je faisais partie des survivants de l'espoir.

Vous avez connu mon grand-père ? L'amiral, madame, était un homme hors du

commun.

Nous l'aurions suivi au bout du monde. Et pour moi qui étais mousse sur son

navire, il était comme un dieu.

Il m'aurait demandé de vider l'Atlantique dans la Méditerranée, que

je serais parti ventre à terre avec ma petite bassine.

Alors, quand cette maudite tempête nous a fait échouer dans la baie des

Chaleurs, nous autres, les survivants, nous lui avons obéi au doigt et à l'œil.

Et nous sommes venus cacher le trésor des Aztèques jusqu'ici, pour nous mettre

à l'abri des billards d'épaves comme vous.

Le trésor est donc bien là, dans ce fortin.

Oui, un peu plus haut, vers la falaise, tel que l'amiral de Kermélek me l'a

laissé, car au moment de partir, il m'a pris à part et il m'a dit, jeune Napip,

il n'y a qu'à toi que je peux faire confiance. Tu vas rester ici garder le

trésor. jusqu'à mon retour. C'est ce que j'ai fait.

Ah, si.

C'est vous, le... le jeune mousse dont me parlait le grand-père d'Agnès.

Ah, mon Dieu, monsieur, que je suis heureux de faire enfin votre

connaissance. Ouais, bouge pas comme ça, mon gars. Ça me rend nerveux. Je

comprends rien à ce que tu racontes. Brave la pipe.

L'amiral avait raison de te faire confiance.

Je peux bien te le dire maintenant.

Il m'a fait promettre sur son ligne mort de retrouver le trésor et de te

délivrer. Merci, mon Dieu.

Tous ces efforts n'ont pas été vains.

Vous touchez le fond, mon ami.

J'ai honte pour vous.

Alors vous êtes bien les descendants de l'amiral. Tout juste. Et je peux le

prouver. J'ai sûrement la carte du trésor. Là, dans mon gilet.

Elle porte les armes de Kermelech.

Mais j'ai mieux encore.

Là, dans ma besace. Regardez.

Là.

Là. Là.

Tlaloc. Ses yeux.

Ses yeux d'émeraude.

J'ai l'air de Tlaloc.

Celle qui a emporté l'amiral.

Il ne m'avait pas oublié l'amiral, je le savais.

Je vais vous conduire au trésor.

Parfaitement, nous sommes les envoyés de l'amiral. N'est-ce pas Agnès ? Allons au

diable. Non, ne le dis pas, il n'est pas celui-là.

Il ne cherchait qu'à nous spolier de notre héritage.

C'est un escroc, un aventurier.

Il veut voler le trésor de Kermélék.

Débarrassez-nous-en, je vous en conjure.

Allons, je suis procureur du roi. Cet homme vous abuse.

On va le laisser attacher ici.

Et les chauves-souris vont se régaler à lui bouffler les yeux.

Prenez patience, ça ne prend que quelques heures.

Elles attaquent généralement au début du crépuscule.

Parfait. Le marquis justement adore toutes ces petites bestioles avec des

ailes, n'est-ce pas, marquis ? Vous êtes une crapule, Villeneuve. Et j'espère que

là-haut, quelqu'un s'apprête à vous juger.

Oh, quelle tristesse, marquis.

Vous qui avez passé votre vie à croire dans la justice des hommes, en être

réduit à espérer dans celle de Dieu.

Vous n'allez pas me laisser ici.

Vous n'allez pas faire ça.

Ne vous ai-je pas protégé quand vous en avez eu besoin ? Vous n'avez jamais rien

fait que chercher votre intérêt personnel, Marquis.

Vous n'avez que ce que vous méritez.

Sous-titrage FR ?

Comment c'est possible ? Comment il fait ce homme ? On l'a laissé pour voir l

'autre bout du monde.

Tant qu'on voit pas la tête avec des questions sans réponse, ils partent vite

d'ici avant qu'ils se mettent à notre recherche. Mais pour aller où ? Et dis

-moi, Jov, par où ils ont surgé, les Perviers et Nicolas ? De là, je crois.

Et pourquoi ça t'intéresse ? Crois-moi, ça m'a pas l'air bien accueillant, ces

bolas.

Mais réfléchis, crétin.

Ils sont pas tombés du ciel.

Les Perviers, il est pas arrivé à la nage de Brice, non ? Alors on va le

prendre à son propre piège.

On va remonter la piste. Je suis sûr que le gamin et lui, ils ont laissé des

traces et qu'au bout, on va trouver un gentil petit bateau pas bien gardé du

tout.

D'accord, mais on prend les lances.

... ... ... ...

Job, tu vois ce que je vois ? T'avais raison.

Il y avait bien une sacrée prise au bout de la piste de l'épervier.

Allez, réveille-toi.

Réveille-toi.

J'ai fait tout ce que tu nous avais dit de faire, réveille-toi.

Tu le crois, Sarzel ?

Notre petite Marie est en train de chauffer le sauvage sur une île des

Caraïbes.

Eh mais t'es sûr que c'est bien elle, hein ? Ce sera pour une bestiole du coin

qui ressemblerait à notre sorette, ça. Oh mais non, frérot.

Laisse pas toute seule, réveille-toi.

Tiens, regarde bien.

Il tient déjà un homme entre ses cuisses.

C'est bien la preuve que c'est elle, non ?

Et alors, Marion ? On pense pas à ses frères ?

Tu

vas me piller !

N'y va pas trop fort, frérot. Faut pas la mocher.

Si vous en restez dans ce pays, faudra bien la faire travailler, la petite.

C'est comme qui dirait un petit capital de départ pour s'installer, quoi. C'est

pour ça que cette fois-ci, on va pas lésiner sur la termiole.

Histoire de partir sur des bonnes bases ! Parce que si on doit fonder un

commerce sérieux, il faut que la qualité soit irréprochable.

Tu vois, dans notre métier, Job, la réputation, ça fait tout.

Allez !

Qui te dirait Arzel de chasser le sauvage pour le dîner, hein ? T'as

raison. L'Indien, ça se cuisine comme du poulet.

Le trésor est là, à l'endroit même où l'amiral l'a laissé. Je ne l'ai pas

touché, comme je lui en avais fait la promesse.

C'est dans quelle tourbe ? J'ai attendu si longtemps ce moment, si vous saviez.

J'en ai rêvé nuit et jour.

Bien sûr, j'aurais préféré mille fois que ce soit l'amiral en personne qui

soit au bout de mon canon.

Car je dois vous avouer que je vous ai encore un peu menti.

L'amiral ne m'a confié aucune mission.

Il voulait le trésor pour lui seul.

Il a supprimé un à un ses plus fidèles compagnons et moi qui lui avais servi de

complice, il m'a abattu ici même, à l'endroit même où vous vous trouvez. Il

m'a laissé pour mort comme les autres.

Mais j'ai bien fait de survivre.

La Providence m'a fait un très beau cadeau.

Je vais pouvoir me venger.

Je vais vous enterrer à côté de mes compagnons et ils vous tortureront jusqu

'à la fin des temps.

Ah monsieur, est-ce drôle ? Sommes-nous taquins tout de même ? Je dois

vous avouer que moi-même, je vous ai également abusé.

Figurez-vous, je suis un aventurier, un homme uniquement intéressé par l'argent,

un cupide.

Et je déteste cette famille de Carmelec.

Agnès ici présente, elle, l'héritière des Carmelec.

Demandez-lui donc ce qu'il est advenu de son père, le propre fils de l'amiral.

Je l'ai tué.

Vous tombez toujours de plus en plus bas dans l'ignominie, monsieur. C'est

fascinant.

Abattez-la. Ne gâchez pas votre salive.

Je vais la tuer.

Mais d'abord, c'est vous que je vais tuer.

Et je vais en jouir, mais intensément.

Non, non, non.

Attendez, attendez, attendez. Vous ne pouvez pas me faire ça.

Je ne suis pas Akamelek. Ce n'est pas mon sang.

Pas mon nom.

C'est sur cette tache que vous devez vous venger.

Cette traînée à qui j'ai donné mon nom et qui promène son rut de chienne en

chaleur sous le nez de tout ce qui porte une culotte, c'est elle que vous devez

abattre. Tirez, monsieur.

Mais tirez donc !

Marquis.

Vous. C'est vous.

Je ne sais par quel miracle, mais Dieu que je suis heureux de vous revoir.

Auriez-vous l'amabilité de me détacher ? Ces cordes me font un transmon

souffriant.

Peut-être allez-vous me trouver un bras encunier, mais la dernière fois que nous

nous sommes vus, vous m'avez condamné à mort.

En échange, je peux vous dire où ils sont partis.

Ils sont partis vers la falaise.

Il a dit vers la falaise.

Merci.

Détachez-moi ! Oh !

Agnès

!

Ces

gars sont amusants, ne trouvez-vous pas ? Ils veulent être aussi méchants que

nous, comme s'il était facile de nous imiter dans la sauvagerie.

Qu'en dites-vous, ma chère ? J'ai dit, monsieur, qu'il va me falloir acheter ce

que cet homme a commencé.

Quelle rage ! Est-ce bien raisonnable avec cet enfant que vous prétendez

porter ? Vous l'avez dit, monsieur ? Je ne suis pas enceinte.

J'en suis bien aise.

Soyez-en sûrs.

Car cet enfant n'aurait peut-être que de vous.

Quel dommage d'en arriver là.

Après toutes les épreuves que nous avons traversées.

Vous souvenez-vous combien vous m'avez aimé ? Je ne vous ai jamais aimé.

Je me suis offerte à vous, mais... C'est à Yann que je pensais.

Cela vous arrangerait de le croire, n'est-ce pas ? Mais souvenez-vous,

Agnès. La nuit de nos noces, c'est pour moi que vous avez ouvert les cuisses.

Je vous hais ! Vous

ne pouvez pas gagner ce combat, Agnès.

J'ai trop de rage contre votre famille.

Et je ne vous pardonnerai jamais de m'avoir fait croire.

Que je pouvais être père.

Mais après tout, ce mensonge n'est peut-être qu'un mensonge par

anticipation. Et nous allons pouvoir remédier à cela, à l'instant.

Je vais vous tuer, Villeneuve, pour vos crimes passés, ceux d'aujourd'hui.

Nous avons déjà combattu à l'épée, monsieur.

Vous en souvient-il ? Très bien.

J'en garde un souvenir assez cuisant.

Mais ceci devrait rééquilibrer les chances.

Votre blessure rééquilibre le combat.

Sans doute devrais-je vous laisser ramasser votre effet pour que le duel se

poursuive.

Cela se pratique dans le milieu que je fréquente.

Mais vous ne le ferez pas.

Tout juste, monsieur.

Je me suis affranchi depuis longtemps de ces codes désuets. N'y pensez même pas,

Agnès.

Leur respect m'ennuie terriblement.

Mon plaisir est ailleurs.

Voyez-vous, j'ai toujours été fasciné par la souffrance.

Sans elle, ôter la vie serait un bien mince plaisir.

Figurez-vous qu'enfant, je payais le cuisinier du château pour qu'il me

laissât casser le cou du coq à sa place.

Après tout, qu'est-ce qui donne du relief à la mort, sinon le raffinement

qu'on apportait à la donnée ?

C'est sur le mien, merde.

Non, je te tiens, je te le jure.

C'est bien vous.

Toutes mes félicitations, monsieur de Kermer. Vous nous avez débarrassé de

cette canaille.

Le monde ne s'en portera que mieux.

La justice triomphe et c'est tant mieux.

Depuis quand vous préoccupez-vous que la véritable justice triomphe ? Maintenant,

auriez-vous la gentillesse de me détacher ? J'ai vu passer les premières

chauves-souris.

Elles vous crèvent les yeux.

Plaignez-vous.

Au moins, vous ne verrez pas les atroces souffrances dans lesquelles vous allez

mourir.

Adieu, Marquis.

Faire votre connaissance aura été un des grands moments de ma vie.

L'épervier ! Agnès !

Agnès !

Monsieur de la Perruche ! Vous êtes vivant !

Monsieur de la Perruche, venez immédiatement ! Venez m'aider à me

détacher ! Pipo ! Pipo ! Pipo ! Pipo ! Pipo, c'est papa !

J'ai pas voulu les tuer. J'ai pas pu faire autrement, je suis désolé.

Paix à leur âme de salopard.

Eh l'Indien !

Tu veux pas vivre avec moi ? Fais-tu une proposition ? On ne peut plus, Claire.

As-tu bien réfléchi à ce que signifie vivre avec quelqu'un comme moi ? Quel

genre d'homme es-tu pour qu'une fille tend à se poser la question avant de te

choisir ? M'as-tu bien regardé ? Vois-tu seulement la couleur de ma peau ?

J'ai jamais vu quelqu'un de plus beau.

Je suis sauvage. Je parle peu.

Avec la bouche, peut-être, mais tes yeux ne finissent pas de parler. J'adore ce

qu'ils me disent.

On se retourne sur mon passage parce que je suis indien.

À mon bras, tu t'en rendras vite compte.

Ça me changera du fait qu'on se retournait sur le mien parce que j'étais

une putain.

À ton bras, chaque âge serait plus fier que l'enfant d'Espagne.

Tu es inconsciente, Marion.

Une femme blanche avec un homme comme moi.

À Brest, on se moquera de toi.

Qui te parle de Brest ? Je veux rester avec toi.

Vivre avec toi chez les tiens.

Et te faire plein d'enfants.

Merci.

Là, vous avez bien réfléchi ? Vous n'êtes pas avec nous ? Non, rien.

Mes deux acolytes et moi, on a décidé de s'installer ici et de reprendre le

comptoir de la pipe.

L'ancien monde n'est pas fait pour nous.

Notre avenir est ici.

Nous avons un grand projet.

La création d'une taverne avec spectacle de chant et de danse.

Et du romagogo.

Quand vous repasserez ici, capitaine, dans deux ans, vous ne reconnaîtrez plus

rien.

Vous allez nous manquer.

Ça sera peut-être un nouveau Paris ou un nouveau Versailles.

Je vais vous regretter.

Bon, bon, Yann.

Merci, la vie.

Au revoir, tout le monde.

Amusez-vous bien.

Ça va passer ? Ça va passer ? Eh bien, on va boire un coup de rhum.

Allez, on y va ! Au revoir ! Au revoir ! Au revoir !

Alors,

vous avez effectué le chargement ? On est prêts à embarquer ? Un jour, dans

une taverne, j'ai trouvé un beau corset.

Et plus vraiment ma vie n'a été comme avant.

Merci, les perdus.

Je t'oublierai jamais.

Et surtout, madame, rendez-le heureux.

Rendez-le le plus heureux des hommes.

Il le mérite.

Et vous, vous allez gagner l'Amérique ? Le voyage va être long.

Je te confie mon frère, fais en prendre soin.

Adieu, mon frère.

J'espère avant.

Je vous souhaite tout le bonheur du monde.

Agnès, depuis le temps que j'attends ça.

Moi aussi.

Mais patiente encore un peu.

Avec tous ces événements, j'ai besoin d'un peu de temps.

Oui, je comprends.

Alors, Yann de Kermer, allez-vous enfin dénier m'expliquer ? Vous expliquez quoi

? Pour quelle raison vous avez au final décidé de me détacher ? Je suppose que

ce n'est ni par philanthropie ni par bonté d'âme.

Bien vu, Marquis.

Je vous ai sauvé que pour une seule raison.

J'ai besoin de vous pour me constituer prisonnier en arrivant à Brest.

Plaît-il ? Je vous ai sauvé parce qu'il n'y a que vous qui puissiez me

réhabiliter auprès de la justice du roi.

Sans cela, la méduse ne pourra jamais m'être rendu officiellement et je ne

pourrai remettre un pied dans le royaume.

Alors je vais me livrer, vous allez retrouver vos fonctions de procureur

comme si de rien n'était, et vous allez me réhabiliter.

Je vous vois songeur.

Y a-t-il dans ce marché une clause qui ne vous conviendrait pas ? Non, non, ce

n'est pas cela, mais... Vous vous étonnez de la confiance que je vous

accorde, n'est-ce pas ? Vous vous dites, ce corsaire est-il si naïf qu'il puisse

croire qu'une fois en sûreté à Brest...

Je plaiderai sa cause.

Rassurez-vous, Marquis.

J'ai sur ce point quelques assurances.

Car en contrepartie de ce que je vous demande, je vous offre pas simplement le

fait de vous avoir sauvé la vie.

Je vous offre également un tiers du trésor de Carmelec.

Le trésor ? Il n'y a pas de trésor, nous ne l'avons pas trouvé.

C'est que vous avez mal cherché.

Je l'ai, le trésor.

Et votre pardon ne vous sera livré qu'après mon procès.

Quel plaisir de retrouver la mer, de retrouver la méduse.

Je revis.

Il reste encore à régler mon retour à Brest, mais j'ai tellement hâte que nous

nous installions.

M'attraper tout ce bonheur qu'on a laissé filer.

Je t'ai connu plus enthousiaste ?

Pardon, j'ai besoin de reprendre.

Ryan, je comprends rien aux femmes.

C'est pour ça que je suis resté célibataire.

Ce mal de mer va passer, madame.

Non, Nicolas.

Je suis enceinte de De Villeneuve.

Surtout, Nicolas ne dit rien.

Promis juré, madame.

Agnès ? Agnès ? Ça fait trois jours que t'es

enfermée, trois jours que je te vois pas.

Tu peux m'expliquer ? Le mal de mer, capitaine.

C'est ce qu'elle me dit quand je lui apporte le plateau.

Je vous amène l'eau.

Le mal de mer.

Tu as bien prévu Agnès, Nicolas.

Elle sait que de m'en arrêter, plus je risque de nouveau tout pour elle.

Alors où est-elle, nom de Dieu ? Elle est souffrante, capitaine. Elle ne peut

pas quitter son lit.

C'est ce qu'elle m'a dit.

Alors dis-lui de venir. De venir me voir dès que possible, sinon je vais devenir

fou.

Agnès, enfin ! Pourquoi ce silence depuis notre retour à Brest ? J'ai cru

mourir.

Explique-toi, je t'en supplie.

Je suis venue te dire adieu, Yann.

Je déposerai en ta faveur pour le procès, mais je n'y assisterai pas.

Je pars.

Un bateau m'emmène loin de Brest dès ce soir.

Partir de Brest ? Pourquoi ? Tu vas être réhabilité, Yann.

Mais je ne te cause que du malheur depuis notre plus tendre enfance.

Il est temps que je sorte de ta vie.

Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne fais cela que pour toi, pour que tu sois

fière de moi.

Je suis fière de toi, Yann.

Je t'aimerai toute ma vie.

Mais je dois te laisser, comme tu m'as laissé il y a dix ans.

C'est pour ton bonheur.

Crois-moi.

Agnès, je ne comprends rien. Ne me laisse pas.

Qu'est-ce que je vais faire sans toi ?

Qu'avez-vous ? Je porte le diable en moi.

Et pour l'ensemble de ces motifs, nous décidons au nom du roi Yann de Kermeur

de vous innocenter des accusations qui pesaient contre vous et de condamner à

mort par compte humain Hervé de Villeneuve pour le meurtre du comte de

Kermelec.

Eh bien, M.

Kermeur, vous voilà en possession de ces lettres du roi qui vous permettent de

reprendre la mer.

J'attends ma part de trésor.

J'ai tenu mes promesses, il est temps de tenir les vôtres.

Vous avez de la chance, marquis, que je me fasse un point d'honneur à toujours

les tenir.

Fais-les sans envie, s'il vous plaît, car je n'ai pas le cœur à revenir sur

tout cela.

Pourquoi ce rendez-vous dans le bureau de feu, le comte de Kermalek ? Parce que

le trésor est là, monsieur.

Il n'a jamais cessé de l'être.

J'ai compris quand Agnès m'a répété les paroles de la pipe.

L'amiral n'a jamais laissé le trésor dans l'île.

Il est reparti avec.

Il l'a donc ramené ici.

Ici ? Mais c'est tout à fait impossible.

Vous avez vu l'état de Kermelech ? L'amiral est mort fou, dans un grand

dénuement. L'amiral est revenu, mais il n'avait pas toute sa tête.

Il s'est senti perdre l'esprit, il a caché son trésor, laissé des indices

pour le retrouver, mais la folie l'a rattrapé.

Et vous, monsieur, vous prétendez avoir deviné où il est caché ? Je ne suis pas

devin, Marquis.

Mais je l'ai compris en regardant la carte de l'abbé des Chaleurs.

Il suffit de tirer une diagonale dans le prolongement du fortin.

Oui. Ensuite ? Belle représentation de la belle échelleur, n'est-ce pas ?

Voyons cette droite.

Voilà, monsieur.

Il suffit de chercher au bout de cette ligne imaginaire.

Ou vers le plafond, ou vers le renfoncement.

J'opterai volontiers pour la deuxième proposition.

Votre part, Marquis.

Le reste est en lieu sûr.

Il servira à dédommager mon équipage pour tous les tourments causés pendant

cette aventure.

Nous devons admettre, monsieur de la Perruche et moi-même, que cet épervier

ne manque pas de jugeote et qu'il a scrupuleusement tenu ses promesses.

Nous n'avons guère l'habitude de partenaires qui respectent leurs

engagements.

Eh bien, l'épervier, voilà une aventure qui se termine bien.

C'est un jugement bien subjectif, Marquis.

J'ai pour ma part tout perdu.

Mon frère indien vit désormais sa vie à l'autre bout du monde. Et la femme que j

'aimais m'a inexplicablement abandonné.

Je suis là de tout ça.

Adieu, monsieur.

Comment, monsieur de la perruche ? Vous estimez que nous sommes toujours

redevables à cet épervier ? Que nous n'avons pas réparé tous les torts que

nous lui avons causés.

À quoi je veux vous marquer ? Agnès ne s'est pas enfuie à l'étranger.

Elle est encore à Brest. Elle s'est réfugiée au couvent des Ursulines.

Il n'est pas trop tard.

Dans un couvent ? Pourquoi ? Elle est enceinte de De Villeneuve.

Elle l'a appris sur le bateau. Elle ne voulait pas vous infliger la charge de

cet enfant. Où allez-vous ? Ah, l'amour, monsieur de la perruche, l'amour.

Alias, le marquis m'a tout raconté.

Et je suis venu dire que ça n'a aucune importance que tu... C'est trop tard,

Yann.

Notre amour est devenu impossible.

Tu m'as laissé autrefois parce que tu ne te croyais pas digne de moi.

Bien c'est amour aujourd'hui.

Je t'ai laissé, c'est vrai, mais je l'ai arrêté toute ma vie.

Je ne commettrai pas deux fois la même erreur.

Je suis enceinte de lui, Yann.

Je porte l'enfant de ce monstre.

Ne comprends-tu pas que le ciel m'a punie dans ma chair ? Qu'il m'a châtiée

pour t'avoir trahi en épousant de Villeneuve.

Et qu'il m'a châtiée pour avoir continué de t'aimer alors que je l'avais épousée.

Je te prends telle que tu es, Agnès.

Et cet enfant, je l'accepte. Mais c'est pour ça, Yann, que je dois te fuir.

Aujourd'hui, tu l'acceptes.

Mais demain... Demain, tu me haïras à cause de lui.

Tu le haïras parce qu'il serait un peu de Hervé de Villeneuve.

Tu nous haïras, mais tu ne me le diras pas.

Tu souffreras en silence.

Tu ne peux pas t'infliger ça.

Agnès, comment peux-tu croire un instant que je puisse te haïr ? Depuis la

première fois que je t'ai vue, t'es devenue ma vie, mon souffle, l'air que

je respire.

Je suis né avec le premier regard que j'ai posé sur toi.

Je n'ai jamais cessé d'être ce petit garçon qui brandit son bâton pour

protéger des chiens errants.

Celui qui jette sa cape dans la boue pour pas que tu te salisses.

Celui qui est prêt à se faire fouetter jusqu'au sang pour voir le bonheur de t

'embrasser.

Pour rendre tes sourires, je suis prêt à me damner.

Et tu voudrais que je n'aime pas la chair de ta chère.

Mais cet enfant, je ne l'aimerais pas, Agnès.

Je l'adorerai parce qu'il est toi.

Merci bien, madame.

Vous êtes bien bonne.

Vous ne pouvez pas mentir.

Vous voulez me dire quelque chose ? Il y a là, madame, encore un de ces gueux qui

vient quémander du pain et de la soupe chaude. Ces gens-là se donnent le mot

depuis que vous refusez qu'on les chasse.

Je vais le servir moi-même.

Vous avez l'air épuisé.

Vous venez de loin ? Très loin.

Très loin.

D'un endroit où je ne souhaite à personne d'aller.

N'êtes-vous pas déjà venu à Karmelek ? Karmelek.

C'est possible.

Peut-être.

Pour tout vous dire, je me souviens même plus de mon nom.

Compliment, madame.

Vous avez l'air un beau petit garçon.

Il faut que je dois...

Je dois... Je dois poursuivre ma route.

Au revoir, madame. Merci.

Il

te

fait peur, le monsieur ? Non, Gaëtan.

Plus maintenant.

Playlock a fait son oeuvre.

Regarde.

Regarde le ciel.

Bébé.

Garçon.

Là, regarde.

Ouais ! Vas-y ! Ouais ! Bim ! Bim ! Ouais !

Une lettre de Yann ! Une lettre de ton papa, viens ! Oui !

Regarde ! Alors...

Agnès, ma princesse, Gaétan, mon petit prince,

pas un jour sans que je ne pense à vous.

Sans que Kermélek me manque.

Nicolas s'affirme de plus en plus comme un marin de premier rang.

Je ne vais plus tarder à le nommer lieutenant.

Mon brave main de fer ne me parle que de Gaëtan.

Il lui confectionne une nouvelle maquette que je ne manquerai pas de

ramener à mon auto.

La frégate droit devant nous à 2h ! Frégate à 2h ! Cette fois c'est la bonne

! Vous ne lâchez pas !

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