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SOUS-TITRES : N.PETROULEVITCH, K.FREGER, L.NESTERENKO
- On a regardé son cœur, tout est comme chez un gamin. Mais ses mains n'arrêtent pas
de trembler. Et bien, tant pis pour les mains.
J'ai des problèmes avec les femmes. Je ne suis pas un aigle, pour être honnête.
- Mais avec votre femme, tout va bien, à ce que je comprends.
- Oui, avec ma femme, oui. - Donc, on n'envisage pas
la piste masculine. Piotr Ilitch, aimez-vous votre mère ?
- Oui, bien sûr.
- Et comment sont vos relations avec votre grand-mère ?
- Ma grand-mère est décédée il y a un mois. C'est elle qui m'a élevé,
elle a tout investi en moi. Mamie Vera avait presque 90 ans.
- Donc votre grand-mère avait 90 ans, et vous, vous en avez... 55 ?
Elle est devenue grand-mère à 35 ans. Sa mère l'a abandonné,
et c'est sa grand-mère qui l'a élevé.
Sa mort a déclenché chez vous un processus de révision morale.
Vous éprouvez inconsciemment un sentiment de culpabilité et vous comparez chacun de vos pas
à ce que votre grand-mère aurait dit à ce sujet. Vous croyez à la vie après la mort ?
- Bien sûr.
- Piotr Ilitch, vous êtes un homme adulte. Vous croyez vraiment
que votre grand-mère vous... observe ?
Il n'existe aucune preuve scientifique de l'existence de la vie après la mort.
Mais même si c'était le cas, mamie Vera, apparemment, n'était pas une adepte
des orgies débridées, et il est peu probable qu'elle se mette à regarder comment vous,
comme vous le dites vous-même, vous sautez quelqu'un.
- Et... que dois-je faire ? - Changez de maîtresse.
Votre secrétaire. Vera Terentieva, si je ne me trompe ?
Votre objectif est de trouver une maîtresse qui n'ait pas le même prénom que votre grand-mère.
Ça ne vous distraira pas. Et sautez qui vous voulez, si votre femme
ne s'en offusque pas trop.
- Vous demandez votre libération conditionnelle un peu tôt, bien sûr. J'ai encore tellement de choses...
Artiom Sanytch.
Emmenez le condamné.
Merci.
Vous allez me manquer. -Je reste à votre disposition,
Piotr Ilitch.
-Nous ne pouvons pas officiellement vous licencier. Alors, écrivez
une lettre de démission.
Et, à titre de compensation, vous recevrez un mois de salaire complet.
Ivan ! Ivan !
Vous êtes là ?
Vous n'êtes ni le premier, ni le dernier. Tôt ou tard, vous trouverez bien
quelque chose.
-Excusez-moi, je peux avoir de l'eau ?
-Oui.
-Je dois aller aux toilettes. J'arrive.
Diana, c'est moi. Je suis viré. Oui.
Je n'en peux plus. Je n'en peux plus !
GÉMISSEMENT
-Mesdames et messieurs, notre avion vient d'atterrir à Moscou, ville héroïque,
aéroport de Domodedovo. -Qu'est-ce que tu fais ?
-Nous vous demandons de rester assis jusqu'à ce que le signal
"Attachez vos ceintures" soit éteint. -Donne-moi de l'eau.
-Maman, désolé, il n'y en a plus. -Et pour ta mère, rien ? Tout le portrait de ton père.
Bon, allez, sors les affaires. -Tout le monde est encore assis.
-Ce n'est pas grave, ils se pousseront. -Où est-ce que je vais me mettre ? Le signal
"Attachez vos ceintures" est encore allumé. Attendons. -Tu veux qu'on soit les derniers
à sortir ? Ta mère a de la tension, et toi, ça ne te fait rien.
-Bon.
Excusez-moi, on peut passer ? -Non.
-Motia, tu ne te marieras jamais.
-Pourquoi ?
-Parce que tu es un lâche. Il faut défendre sa femme, et tu n'es même pas capable de défendre ta mère.
Laissez-moi passer. -Je ne vous laisserai pas passer. J'ai pitié des gens.
-De qui ? -Des femmes
que votre fils va tuer. -Qu'est-ce que vous racontez ?
-Je connais les statistiques. Les mères comme vous ont d'excellentes chances d'élever un maniaque.
-Comment ça ? -Veuillez regagner votre siège.
Notre avion est en mouvement. - Tu crois qu'elle te rabaisse ?
Elle rabaisse ton père. Tu es sa copie. Et il l'a quittée. Quittée ?
- Quittée. - Eh bien, elle se venge sur toi.
- Pourquoi vous dites ça ? Vous vous mettez à crier. De quel droit
avez-vous de parler ainsi ? - Pensez plutôt aux femmes
que votre fils va tuer, parce qu'il verra votre visage en chacune d'elles.
TOUS ENSEMBLE : Vous ne pourriez pas nous aider à récupérer nos affaires ?
- Merci. - De rien.
- Merci.
- Maman, on y va. Maman !
- Tu l'as promis !
- Pardon.
- Tout de suite.
Alors, voilà. Je me renseigne auprès des miens, et on trouvera un bon médecin.
- Non. - Quoi « non » ? Personne ne te fera
interner tout de suite. - Non, s'il vous plaît. Je ne veux pas.
- Tout de suite. Sois patient un peu.
- Pardon. - Tout ira bien.
- Bon, et où en est la location du local au sous-sol ?
Cette personne a disparu, c'est ça ?
Je vous prie de m'excuser.
Qui est là, dis donc ?
Salut !
Tu as l'air absolument horrible. - Toi, je vois que tu as grossi.
- C'est pas grave, je vais te désenvoûter aussi. Qu'est-ce que je suis content de te voir !
- Moi aussi, mon cher. Bon, ça va aller, je vais m'y faire. Je trouve un bureau,
et en avant. - « Je trouve un bureau ».
Pourquoi tu fais comme si on n'était pas de la même famille ? Natacha, fais, s'il te plaît, un site avec une photo.
Artem Streletski. Psychologue ? Ou comment on dit correctement ? Et achète un bon référencement
pour que les annonces soient en tête de tous les moteurs de recherche.
Pause de cinq minutes. Je reviens tout de suite. Viens, je vais te montrer tes beaux quartiers.
Voilà, tu seras en face de moi. Je vais veiller sur toi.
Comme ça, je ne laisserai personne te faire du mal.
Bon, entre. Ce n'est pas un palais, bien sûr, mais pour commencer, je pense que c'est le grand luxe.
- Plus que ça, Dan.
- Il faut que je te trouve un bureau. Je te trouverai un ordinateur.
- Mais pourquoi faire un ordinateur ? Deux fauteuils me suffisent.
- Un ordinateur, c'est indispensable. - Je te suis vraiment très reconnaissant.
- Quel plaisir de te revoir, sale gueule de criminel !
- Pareillement, mon pote. - Bon, allez. Je passe dans une heure,
on va déjeuner. J'ai laissé les clés dans la porte.
LE TÉLÉPHONE SONNE
- Oui, Sergueï. - Alors, quoi de neuf ?
- Je suis avec Vania.
- Diana, on doit partir dans une demi-heure. - J'ai compris, Sergueï,
mais Vania a besoin d'aide. - J'ai été invité avec ma femme,
tu comprends ? C'est un événement important. Il faut être à l'heure.
à l'heure.
- Excuse-moi, s'il te plaît. - Diana, ça va durer encore longtemps ?
durer encore longtemps ?
- Alors, raconte, comment ça se passe.
- Comme je m'y attendais. Rien de bon. Comment va Dacha ?
- Je ne l'ai pas beaucoup vue. Enfin, je suis passé la voir avant qu'elle ne change d'adresse.
- Tëm, eh bien ?... On a parlé comme des étrangers. Et elle ne veut même pas entendre parler de toi.
- D'accord. - Temytch, je te le dis comme à un frère,
oublie. Vraiment, efface tout, et c'est tout. Et cette histoire de casier judiciaire, et Dacha.
Sérieux, ça suffit. Ce qui est arrivé est arrivé. - Il ne s'est rien passé. Je ne suis pas coupable.
Je sais qui l'a tué. Je peux le prouver.
- Vraiment ? Tu disais la même chose avant le procès.
- Regarde, quelle Cendrillon.
Viens ici.
- Hein ? Mignonne, non ? Tania. Jolie, hein ?
- On s'est rencontrés il y a une semaine.
- Au club nautique. Elle a une amie là-bas qui travaille comme instructrice.
- Je me suis pris au jeu sérieusement. Je veux me marier. Enfin, comme ça,
avec quelqu'un de bien. Par amour, pas pour l'argent.
- D'accord. Une fille de Kharkov, venue faire des études. Elle va bientôt demander de l'argent.
- Pour commencer, pour un nouveau téléphone.
- Tu crois en qui, au moins ? - En moi.
- Super ! Bravo.
LA PORTE S'OUVRE
Salut, ma belle. -Salut.
-Donne-moi ton manteau.
-Bonjour. -Bonjour.
-Je suis Tania. -Artem.
-Assieds-toi.
-Bon, je vais y aller. Je ne veux pas vous déranger. -Tem...
-Je dois encore passer chez mon père. -Bon Tem...
D'accord, comme d'habitude. Content de te voir.
Tania, tu ne serais pas de Kharkov, par hasard ?
ON SONNE À LA PORTE
-Bonjour. Il est là ? -Alexandre Andreïevitch a un patient.
-Je suis son fils. -Attendez...
-Vous savez, j'ai essayé de lui parler franchement. Elle est d'accord
que ce n'est pas bien, mais elle n'y peut rien.
Et avant-hier, je l'ai surprise avec deux collègues.
-Excusez-moi. Histoire très passionnante. Je ne prends que quelques instants.
Donne-moi l'adresse de Dacha, s'il te plaît. -D'abord, bonjour.
-Salut. -Et ensuite, bien sûr, je suis très content
de te voir, mais tu me rendrais un grand service si tu me laissais terminer ma séance.
-Tu termineras dès que j'aurai l'adresse.
-Artem, je pense que nous comprenons tous les deux que nous devons avoir une conversation sérieuse.
Et pour cela, il faut du temps. -Ok, parlons-en.
Quelque chose te tracasse ? -Moi ? Non.
-Écoutez, mais qu'est-ce que vous vous permettez ? Je ne suis pas ici gratuitement, j'ai un rendez-vous.
-Je vous prie de m'excuser. Une séance interrompue, bien sûr, devra être recommencée.
Mais nous compenserons entièrement le temps perdu.
-Et vous, qu'est-ce qui vous arrive ? Votre femme vous trompe ? Vous venez depuis longtemps ?
-Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Et puis... -Artem, sors.
-Donne-moi l'adresse, et je m'en vais.
La bague est presque neuve, mais elle serre déjà beaucoup. Marié depuis deux à quatre ans.
Pas plus. Et ils ont commencé à bouffer juste après le mariage.
-Bon, il me semble qu'on s'était mis d'accord.
-Les infidélités ont commencé tout de suite. D'où la dépression et la prise de poids soudaine. Ils n'osaient pas aller voir un psychologue
avant ça. -En fait, j'ai essayé de lui
parler... -Bon, ne lui parlez pas.
-Vous êtes venu seul. Donc, soit elle ne sait pas pour votre visite,
soit elle n'a pas accepté de venir avec vous. Dans le premier cas, il faut divorcer.
-Artem ! -Parce que c'est un signal
de perte de confiance. Dernier stade...
-Artem, sors, s'il te plaît ! -Dans le deuxième cas, il faut aussi
divorcer, parce qu'elle se fiche de votre relation.
Ravi de vous avoir vu.
-Je vous prie de m'excuser. Continuons.
-Tout de suite.
Tiens bon, j'ai déjà tout anesthésié.
GÉMIT Tiens bon.
C'est bon. Presque fini. Bravo.
-Salut. -Sereja, j'ai presque terminé.
-T'es le seul médecin ici, ou quoi ? Change-toi et on y va.
Ça commence dans une heure ! -J'ai dit que j'allais bientôt finir -
et on y va.
-T'as le don pour gâcher une soirée, dis donc.
-Pardon. -C'est pas grave, la prochaine fois on
appelle les fous - et en avant, direction l'asile.
-On a déjà tout réglé avec Vania. Et il va consulter un
spécialiste de son plein gré. Pas vrai, Vania ?
GÉMIT
Ça fait vraiment mal ? Attends, je vais chercher plus d'anesthésiant.
-N'oublie pas les couches.
Maman racontait que quand elle était enceinte de toi...
elle voulait tellement une fille. Alors t'es né une gonzesse.
-Je suis pas une gonzesse. -Hein ?
-Je suis pas une gonzesse !
-Ah, si t'es pas une gonzesse, débrouille-toi pour te recoudre toi-même. GÉMIT
-Qu'est-ce que tu fais ? Recule ! -Dépêche-toi.
-Attends, tiens bon.
Attends...
-Bonjour. -Oui, j'écoute.
-Est-ce que Dacha Solovieva habite ici ?
-Oui, elle a mentionné un frère. Mais j'ai cru comprendre que vous ne vous étiez
pas vus depuis longtemps. Et, honnêtement, je vous imaginais un peu plus âgé.
-Je suis formellement plus âgé. D'un an. Oui, ça fait longtemps que je n'ai pas vu Dacha.
Je n'étais pas sûr qu'elle serait contente de me voir.
-Qui ne serait pas heureux de voir un être cher ?
Je vais l'appeler maintenant. -Non, laisse faire, que ce soit une surprise.
-Très bien.
C'est prêt.
Ça fait combien de temps que vous ne vous êtes pas vus ? 10 ans ? -À peu près.
C'est juste que Dasha pense que j'ai fait une erreur.
Une grosse erreur. -En fait, on fait tous des erreurs de temps en temps.
On fait tous des erreurs de temps en temps. -Oui, mais la mienne sera
difficile à réparer.
-Enfin, il existe toutes sortes de centres de réhabilitation.
-Je ne suis pas un toxicomane, si c'est ce que vous pensez. Merci.
-Excusez-moi. -C'est juste que Dasha n'a jamais
aimé mon travail. -On ne se dispute pas avec ses frères pour ça.
-Ai-je dit que j'étais son frère ? Pardon, je confonds toujours.
Je suis son mari. Artem.
-Donc vous êtes cet Artem qui était en prison ?
-Mhm.
Et toi, à ce que je vois, t'es le crétin qui ne sait pas faire le café
et qui a parfois des problèmes de libido.
-Vous vous permettez quoi là ? -Un conseil. Si tu veux qu'une femme
ne s'enfuie pas avec son ex, essaie de pimenter ta vie sexuelle.
-Volodia ! Volodia !
-Pourquoi tu lui as tout raconté ? Pourquoi ? -Salut.
-Quoi, tu l'as déjà manipulé ? -Dans quel sens ?
-Volodia, je te présente mon ex. Artem. Un provocateur professionnel.
Dans leur jargon, ça s'appelle « la psychologie provocatrice ».
Qu'est-ce qu'il t'a raconté ? Des choses sur notre vie sexuelle ?
Quelle banalité ! Streletski, tu ne pouvais pas trouver quelque chose
de plus intéressant ? Artem, je te présente l'homme que j'aime. Il s'appelle Volodia.
Il est merveilleux, il est intelligent, gentil, malgré toutes les
provocations. Je l'aime beaucoup. Je ne compte le remplacer par personne.
Alors tu peux rentrer chez toi. -Je ne peux pas. Votre gentil, merveilleux,
intelligent fiancé m'a, il me semble, cassé le nez.
-Laisse-moi voir.
Tu sais pourquoi ça n'a pas marché entre nous ?
Tu ne sais pas t'arrêter. Tu te moques des gens,
tu prends plaisir à ça. Tu te crois plus intelligent que tout le monde.
Alors que moi, ça fait longtemps que j'ai appris à te cerner.
-Tu peux me cerner, mais ça n'a aucune importance.
L'important, c'est que ça marche.
Aïe ! Ça fait mal ! -Tu n'as rien de cassé.
Tu peux me faire une faveur ? S'il te plaît, ne réapparais plus.
J'ai l'impression qu'on a fait le tour l'un de l'autre depuis longtemps.
-Pourquoi ?
Question simple.
-De la glace. -Ça ne servira à rien.
Parce qu'on est différents. Et, de toute façon, j'ai un fiancé.
-Écoute, ça ne me dérange pas. Mais on peut rester en contact, non ?
-Thème, tu es quelqu'un de formidable, et peut-être même un bon spécialiste.
Mais je ne suis pas obligée de t'aimer pour ça, non ?
-Ne m'aime pas.
Mais je ne te laisse pas indifférente. -Je l'ai été... autrefois.
Mais maintenant, je m'en fiche.
-Bon, tant pis.
-Vraiment ? -Bien sûr.
Dans ce cas, tu ne refuseras pas de venir à une petite fête
pour fêter ma libération conditionnelle ?
Tu peux venir avec Vova. Il y aura plein de monde. Une occasion de prouver à tous,
une fois pour toutes, que tu t'en fiches. Surtout à toi-même.
CHANSON LYRIQUE EN ANGLAIS
LE TÉLÉPHONE SONNE
Oui. -Salut, Tem.
Tu te souviens de Tania, ma copine ? Eh bien, elle n'est pas du tout de Kharkov.
Elle étudie à l'Université d'État des sciences humaines de Russie, elle est originaire d'Orel. Elle ne demande pas d'argent.
Alors change de métier, Nostradamus.
-Ok. Allez, bonne chance ! -Ok, allez, à plus !
- Oh...
Bonjour !
- Taniouch ! - Oui ?
- Allez, viens ici. Dépêche-toi, vite vite !
- Denis, je dois y aller. - Allez, reste encore un peu.
- Je ne peux pas. - Pourquoi ?
- Je dois partir. - Où ça ?
- À la fac. J'ai déjà raté le premier cours, je ne peux pas me permettre d'en manquer d'autres.
- Bon, alors à ce soir ? - Hum hum.
- Je t'appellerai. - Tu ne pourras pas m'appeler.
- Pourquoi ? - Mon téléphone est mort,
et je n'ai pas encore d'argent pour en acheter un nouveau.
- Mmh. Il est vraiment mort ? - Hum hum.
- Bon, je passerai alors ? - Hum hum.
- À sept heures ? - Hum hum.
- À la fac ?
Super.
- Bonjour ! - Bonjour ! Qu'est-ce qui vous amène ?
- Je vous ai trouvé sur internet grâce à une photo. J'ai réfléchi,
je n'ai pas très envie d'être un maniaque... Je commence une nouvelle vie.
- Ah bon. Et qu'est-ce que ta mère pense de ta nouvelle vie ?
- Je ne sais pas. Je lui ai laissé un mot comme quoi je partais. Je vais vivre seul maintenant.
- Tu n'auras pas de nouvelle vie. - Pourquoi je n'en aurai pas ?
- Dis au revoir à l'ancienne d'abord. Pas avec un mot, mais les yeux dans les yeux.
- D'accord.
Laissez-moi vous aider.
Voilà...
C'est bon, c'est prêt. Vous pouvez l'allumer maintenant. Au revoir !
ON FRAPPE À LA PORTE -Je t'ai déjà tout dit !
-Excusez-moi... ON FRAPPE À LA PORTE
Je vous prie de m'excuser... -Pour quoi ?
-Euh, on dit ça comme ça. Pour rien. Je vous ai appelé il y a une heure,
je vais chez le psy. -Ah, Ivan ?
-Oui.
-Vous avez apporté l'argent ?
Thé, café ? -Café.
-Il n'y a pas de café. Il y a du bon thé, indien. Vous voulez goûter ?
-Pourquoi pas.
-Poussez là-bas.
Je ne suis pas encore installé ici. Asseyez-vous là, sur le lit de camp.
Quoique non, Vania. Prenez une chaise dans l'autre pièce.
Mais où tu vas, abruti ?!
Ce n'est pas à toi que je parle. C'est...
Écoute, en fait non, assieds-toi sur le lit de camp.
-Je pourrais peut-être bien finir par m'asseoir quelque part, non ?
-Alors, raconte, qu'est-ce qui s'est passé.
Aïe aïe aïe !
-Quoi, tu t'es fait mal tout seul ?
-Avec quoi ? -Une agrafeuse.
-Et ça t'arrive souvent, ça ? -En fait, assez souvent.
Ces quatre dernières années. -À ton avis, pourquoi ?
-Je ne sais pas. J'essaie de résister, mais je n'y arrive pas.
-Je comprends. Tu es suivi ? -Suivi par qui ?
-Enfin, quelqu'un te recoud bien. Personne ne t'a envoyé chez un psychiatre ?
-La femme de mon frère est médecin. Elle m'aide.
-Elle est belle ? -Quoi ?
-Enfin, en tant que femme, elle est comment ?
-Elle est belle. Très.
-Et tu la... ?! -Quoi ?! Mais qu'est-ce que vous...
Vous posez des questions bizarres. -Quel penalty !
- Vous savez quoi ? Je ne vous aime pas. J'ai changé d'avis.
- La séance est déjà payée.
- Vania ! Attends ! Pourquoi tu es si brusque ? N'aie pas peur,
je vais t'aider. - Comment ?
- Comme les psychologues aident. Si tu as envie de te mutiler, viens,
pleure, ça te soulagera. - Je n'ai pas envie de pleurer.
- Il n'y a pas d'autre solution. C'est la seule option.
- Pourquoi ça ? - Parce que tu es faible. Tu ne sais que
pleurer. Vania ! C'est la vérité, non ? Tu veux du café, je te donne du thé.
Tu as accepté. - C'est de la politesse, c'est tout.
- Je te cours après dans la pièce, tu ne dis rien. Je te soutire de l'argent et tu
l'avales. Vania, tu ne sais pas toi-même ce que tu veux. Et tu ne sais pas te battre pour toi.
Sans rancune, si tu vas en prison, même les coqs te
baiseront.
- Vania, pourquoi tu fais ça ? Je veux t'aider. Si ça va vraiment mal, je t'enverrai chez un psychiatre,
il te prescrira des médicaments.
- Je vais te traîner en justice ! J'ai un frère avocat. C'est toi qui iras en prison !
- Tu as compris, connard ? - C'est pas la première fois !
S'il faut, j'irai.
- Ce sont les aléas du métier.
EN ANGLAIS : Veuillez passer votre badge. - Ok.
- Bon...
- Ça fait mal ?
- Tu es sûr que ça va ? Tu es bizarre aujourd'hui...
- Bizarre comment ? - Je ne sais pas...
- Décidé, on dirait.
- J'ai frappé quelqu'un. - Tu es sérieux ?
- C'est la première fois de ma vie.
- Et alors ? Tu t'inquiètes ?
- Je suis content.
Je me sens bien.
- Bon. Habille-toi.
- On a décidé avec Sergueï de vendre l'appartement de grand-mère.
- Vous n'aviez pas prévu ça.
- On a changé d'avis.
- Diana, je voulais te demander... Si on fait des travaux, on peut le vendre plus
cher. Est-ce qu'on pourrait aller voir l'appartement aujourd'hui ? Tu regarderais,
tu nous conseillerais ce qu'il faudrait faire pour que ce soit le mieux possible. Tu as bon goût.
- Je suis désolée, mais aujourd'hui, ce n'est pas possible. On va au restaurant avec Sergueï.
On fera ça une autre fois, d'accord ?
SMS
Oh, on n'y va plus. Il a encore une réunion.
Alors, on y va ? On y va. Attends ici, je vais me changer.
-Artem Alexandrovitch ! -Encore bonjour !
-Ah, mon ami chevelu. -En gros, j'ai tout dit à maman.
Direct dans les yeux. -Bravo, félicitations.
-Bon, en fait, je n'ai pas vraiment d'endroit où vivre en ce moment, et pas de quoi -
c'est tendu niveau argent. J'ai pensé que peut-être vous aviez besoin
d'un assistant ou d'un secrétaire, par exemple ? Je me débrouille bien
avec les ordinateurs.
-Je n'ai besoin de personne. Au revoir !
GEMISSEMENTS PASSIONNÉS
-Oh, p...
Diane... Diana, ce n'est pas ce que tu crois ! Diana, je...
Pourquoi tu l'as amenée ici, abruti ?!
-Diana !
Diana, attends ! -Pourquoi tu me suis ?!
Je te déteste ! Je te déteste !
PLEURE
-Hé !
Non, mon frère, ça ne va pas se passer comme ça. Il n'y a que moi qui ai le droit de dormir ici.
-Je n'ai nulle part où aller. -Ne me fais pas de chantage affectif.
-Je n'allais pas le faire. C'est juste que vous... -Que - moi ?
-Vous m'avez en quelque sorte... donné un coup de pouce. C'est à cause de vous tout ça.
-Tu veux une vie d'adulte ?
-J'en ai très envie.
-Voilà, c'est ça, la vie d'adulte. Personne ne te doit rien.
-D'accord. -Allez, tire-toi d'ici
et ne traîne pas dans le coin.
- Diana, ça suffit peut-être, non ? - Je déciderai moi-même quand ça suffit.
Je te hais.
- Diana... Diana, s'il te plaît, ne pleure pas.
Tu entends ? Tout ira bien, tout s'arrangera.
S'il te plaît, ne pleure pas. - Je ne vais pas pleurer.
C'est lui qui devrait pleurer. - Tout ira bien.
Tout s'arrangera.
Ne pleure pas.
Diana, ne pleure pas...
Diana... Diana, attends. - Quoi ?
- Attends... - Tu as mal ?
Je vais tout faire moi-même.
- Diana... Diana, s'il te plaît, ne fais pas ça.
- Quoi ? - Ne fais pas ça, c'est pas bien.
- Pourquoi ? - Parce que... Parce que je...
Parce que je t'...
- Alors, sale petit con ? T'avais envie de sensations fortes, hein ?
T'es venu avec elle, espèce d'abruti !
Diana... ma petite Diana... Ma chérie !
Pardonne-moi... - Ne t'approche pas de moi.
- Pardonne-moi.
- Enlève tes mains ! - C'était une erreur, pardonne-moi !
- T'es un idiot ! - C'était la première fois de ma vie que je faisais ça...
Je le jure ! - Je te hais ! Je te hais !
- C'est ma faute, pardonne... - Lâche-moi !
- Pardonne...
Pardonne, pardonne...
MUSIQUE TENDUE
LE TÉLÉPHONE SONNE
- Oui ?
Qu'est-ce qui est si urgent ? Tu t'es tiré dans la rotule avec une agrafeuse géante ?
Quoi ? - Je ne me sens pas bien.
Je ne me sens vraiment pas bien ! J'ai envie de me taillader !
- Allons-y.
- Vous comprenez, je ne vais pas pouvoir me retenir, je vais me taillader !
- Vas-y, taillade-toi. - Quoi ?
- Et alors ? Tu fais toujours ça. Réaction conditionnée
au stress. Tu rencontres un problème, tu te charcutes, tu déplaces l'attention
sur la douleur physique - et tu vaincs merveilleusement ton stress.
La pharmacie est juste en face, achète des pansements tout de suite. Tu te taillades, tu colles.
Demain, tu viens me voir. C'est tout. - Mais je veux vraiment me taillader, sérieusement !
À mort !
- Vania, si tu avais des couilles, tu te serais déjà zigouillé depuis longtemps.
Lâche la bouteille. Rentre chez toi, prends l'agrafeuse.
- Au secours ! - Pourquoi faire ?
- Au secours ! - Mais c'est une solution, Vania.
Trois minutes - et c'est fini, plus de souffrance.
- Au secours !
- Serrez la plaie ! On va faire un bandage. Calme-toi, respire ! J'étais dans un club de...
- Au secours ! -...jeunes secouristes, on nous a appris.
Tout va bien, je comprends... - J'ai vraiment envie de vivre.
- Doucement, doucement. Voilà...
Alors, ça va ? - Merci.
- De rien.
- Alors, comment ça va ? - Ça va.
- Et toi, ça va ?
- Tu peux marcher ?
D'accord. Et le psychologue, bien sûr, c'est vous. On va vous traîner en justice, préparez-vous.
- Toujours prêt. - Allons-y. Lève-toi.
- On ne va traîner personne en justice. - Écoute, ce vampire t'a
presque tué, et tu le défends, cet idiot. Allons-y.
- Et alors ? - Quoi - et alors ?
- Au moins, j'ai tout compris. - Qu'est-ce que tu as compris ?
Qu'est-ce que tu as compris ?! - Je suis un lâche.
- Parfait.
- Je l'ai toujours été. J'aurais dû dire à Diana depuis longtemps que tu baises cette nana
depuis des années.
- Quoi ?
- Bon, frangin, tu n'es pas toi-même. Allez, viens.
Viens, qu'est-ce que tu attends ? - Elle est manager dans le restaurant
où vous avez célébré votre mariage. - N'importe quoi.
CHANSON LYRIQUE EN ANGLAIS
-J'aurais dû le dire, mais je me suis tu. C'est pour ça que j'ai souffert. C'est pour ça que je me suis coupé
- puni. -Diane...
-Et je savais que si je me coupais, tu viendrais. Et tu es toujours venue.
Et pour moi, c'est le plus important. Tu comprends ? -Voilà, on est arrivés.
-Diane... je t'aime.
Et je veux que tu sois avec moi.
-C'est quoi ça ? -Mais seulement pour de vrai.
Pas sous l'effet de l'alcool. Et pas pour te venger de lui.
Il n'en vaut pas la peine. -Ah, espèce d'enfoiré !
-Doucement ! Du calme...
MUSIQUE DRAMATIQUE
Ton frère, Diane, l'a quittée, c'est sûr, mais ce qui se passera avec toi, -
aucune garantie. Tu comprends ? -Je comprends. Maintenant, tout dépend de moi.
Votre méthode est étrange, mais... elle fonctionne.
Je n'aurais jamais cru que je pourrais tout dire à Diane.
Vous avez bouleversé quelque chose en moi. J'ai compris que j'en avais marre d'avoir peur.
-Si tu veux changer quelque chose - fâche-toi vraiment.
-Si je comprends bien, ce soir, c'est la deuxième séance ?
-Oui.
-Tenez.
Bon, je vais y aller. -Bonne chance.
-Merci. -Au revoir.
-Alors, voilà. Tu vis dans l'entrée. Petit salaire - pour la nourriture,
les slips, les chaussettes.
-Hum. -Et les livres, aussi, si tu économises.
Et ne t'avise pas de ronfler. Je te vire sur-le-champ. C'est clair ?
-Clair, oui.
-Et réfléchis à où tu vas dormir.
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