All language subtitles for L'épervier S01 EP05

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Original subtitles

Elle s'est fatiguée, monsieur.

Elle n'a jamais été aussi chaude, elle ne cesse de délirer.

Si on te bat quelque chose, elle ne passera pas la nuit.

Bouge-toi.

T'es docteur ? Prouve-le, sauve-la.

Et à quoi bon ? Elle est déjà morte, ou c'est tout comme.

Attends, mais respire, là. Sans que tu en reballes, alors je te jure que si tu

fais rien...

Je te prends par les tripes à la grand voile.

Alors peut-être une bonne saignée.

Laisse-moi faire ça, Yann.

Elle a besoin de force, elle a besoin de son sang.

Quoi, le sauvage ? Qui es-tu pour me critiquer ? Tu es docteur ? Sache que j

'ai fait les plus grandes écoles.

Il faut évacuer les humeurs noires. Et la seule façon de procéder, c'est de la

vider. Comme un poulet.

Sors ! Sors !

Il débrouillera mieux sans lui. Faut la déshabiller, la rafraîchir et lui donner

de l'eau.

Reste avec nous, tu m'entends ? Reste avec nous.

Y a plus qu'une solution, Yann.

Tu le sais.

Je te l'interdis.

Tu peux pas me faire ça, j'ai besoin de toi.

Elle aussi.

Chaka s'est enfermé avec Marion. Ah, la tête de merde ! C

'est quoi ça ? Qu'est-ce qu'il fait, Chaka ? Il tente l'échange des âmes.

L'échange de quoi ? L'échange des âmes.

Le grand-père de Chaka était un chamane.

Les chamanes croient que l'âme voyage, qu'elle a la faculté de quitter le

corps.

Chaka a tenté d'échanger son âme contre celle de Marion, lui donner sa puissance

vitale et de prendre la sienne.

Il va pas y gagner, le pauvre.

C'est bien le problème.

Soit il échoue et Marion meurt, soit il réussit et c'est lui qui meurt du mal

secret qui ronge Marion.

Vous voyez ce fortin, cher marquis ? Eh bien, nous y sommes enfin.

Voyez-vous, mon cher, c'est dans cette baie où il n'y a pas âme qui vive, c'est

précisément dans cette baie que le navire de feu l'amiral de Kermelech a

sombré, emportant avec lui son trésor.

C'est ici, dans l'axe de ce fortin, au milieu de la baie, comme il est indiqué

sur la carte.

Eh bien, il reste à voir pour le croire.

Messieurs, voici notre arme fatale.

Elle va nous permettre de trouver le trésor de l'amiral de Kermenek.

Une invention révolutionnaire.

Cette machine nous permettra de descendre au fond des mers.

Présentation.

Le tonneau est rempli d'air à l'aide d'un soufflet.

On le descend ensuite par un palan jusqu'au fond.

Un hublot permet aux passagers de voir le fond. Et ses bras articulés lui

permettent de ramasser ce qui s'y trouve.

Et quand il a fini ses petites emplettes, un lingot d'or par-ci, une

couronne d'un diamant par-là, il tire sur le fil qui est attaché à son poignet

et hop, le tonneau remonte.

Simple comme bonjour.

Une machinerie anglaise révolutionnaire et fiable. Un jeu d'enfant. A game for

baby.

Allons, messieurs.

Lequel d'entre vous aura l'insigne honneur d'essayer cette machine

révolutionnaire ?

jamais dans l'histoire de la science.

Toi, petit, viens par là.

Vous êtes fou de Nicolas, je t'interdis de monter dans ce tonneau.

Êtes-vous donc criminel, monsieur, de sacrifier la vie d'un enfant ? Voyons

Agnès, puisqu'il est volontaire.

Et puis, à vous mettre dans un état pareil, n'est-ce point vous qui jouez

avec la vie de votre enfant ? Il a raison, mamie, ce n'est pas raisonnable.

Ne vous préoccupez pas de moi. Je suis assez sensée pour savoir ce qui me

convient. Vous oubliez, madame, que votre personne ne vous appartient plus

en exclusivité.

Je saurais vous défendre, même contre votre gré, si c'est nécessaire.

Voilà qui est contradictoire, cher Villeneuve.

Car il ne fait pas de doute que de tous les dangers qui planent sur cet endroit,

vous êtes assurément le plus redoutable.

Si bien que la seule mesure efficace que vous puissiez prendre pour protéger

Agnès ne serait-elle pas de ne plus jamais croiser son chemin ? Cela vous

arrangerait, n'est-ce pas ? Bon, assez, messieurs.

Disputez-vous tant que vous voulez, mais vous ne sacrifiez pas la vie d'un

innocent. Ce qui ira bien, madame, j'en ai la certitude.

Cela marchera.

C'est bien.

C'est incroyable.

Il y a entre les deux malades une étrange correspondance.

Quand je parviens à calmer la fièvre de l'un, c'est l'autre qui brûle.

C'est comme s'ils partageaient entre eux une seule vie.

Pas une même vie, une même âme, le squarnec.

Celle de chaque être en train de glisser dans le corps de Marion.

Couché de soleil, il sera trop tard.

Alors, il faut que tu choisisses, c'est ça ? En sacrifier un pour sauver l'autre

?

Il ne bouge plus.

Pas le moindre mouvement.

Remontez-le.

Remontez-le, pour l'amour de Dieu ! Il faut attendre le signal comme nous l

'avons convenu. Non, non, remontez-le. Par tous les feux de l'enfer, remontez

-moi ce tonneau ! Et sortez-moi ce tonneau de l'eau ! Et plus vite que ça !

Et le tort doit être épuisé.

Je t'avais demandé de pas faire ça.

Tu peux pas m'abandonner, Chaka.

J'ai besoin de toi, tu le sais.

Moi, jusqu'ici, j'ai été comme ton ombre.

J'ai mis mes pas dans les tiens et je ne l'ai jamais regretté.

Mais cette décision de donner ma vie pour Marion, je l'ai prise seule. Ne

viens pas me la voler.

De toute façon, entre elle et moi, j'ai déjà tranché.

Tu vois, tu aurais pu faire l'économie de ce voyage parce qu'à me préférer

aujourd'hui, tu nous perdrais tous les deux.

Elle pour ne pas l'avoir choisie et moi pour ne pas respecter ma volonté de la

sauver. Hé l'Indien, tu crois que j'ai fait tout ce chemin pour entendre Paris

s'ornette ? Tu m'as toujours dit que quand on hésitait longuement entre deux

solutions, il fallait prendre la troisième.

Et bien c'est celle-là que je suis venu chercher.

Là où tu vas, près d'une rivière, tu trouveras une grande pierre plate.

C'est un lieu sacré.

Tu m'apporteras les griffes d'ourf.

La plume d'aigle et de scorpion.

35 pierres de couleur sont disposées sur la roue, suivant le dessin inscrit sur

la dalle.

Sur chaque point cardinal.

Nous avons fait plus de six plongées à ce jour et toujours rien.

Serait-ce que vous vous moquez de nous, monsieur de Villeneuve ? Je ne comprends

pas plus que vous, marquis.

Je suis sûr de mes coordonnées.

Nous sommes à l'emplacement exact du naufrage de l'espoir.

Je vous engage à manger davantage de crustacés et de poissons. On dit que c

'est très bon pour la mémoire.

Monsieur le marquis ! Monsieur ! Ils ont trouvé quelque chose ! Quelque chose de

l'espoir !

Une poulie rouillée.

Adieu la belle prise.

Encore un effort, mon cher associé, et nous pourrons ouvrir un magasin de

cacaillerie.

Le marquis ! Monsieur le maître ! Il y a là un homme, monsieur, sur la plage, qui

prétend habiter un fortin.

Il dit qu'il fait du commerce avec les bateaux de passage.

Il veut nous vendre des cordages de la viande séchée et un torboyau de sa

fabrication.

Le fortin est habité.

Ah, que le diable me pèle le cul, j'en crois pas mes yeux. Non, mais c'est

vrai. Un comte et un marquis qui boivent avec moi. J'en l'applique.

Ah, c'est mon vieux bandit de père, miséreux.

Safetier à Fécamp qui n'a jamais pu se payer une paire de chaussures.

J'en croirais pas ses yeux.

Vous allez me goûter ça. Tiens, ça va vous donner des ailes.

Voir des nageoires.

J'en connais des rudes qui ont fait l'aller-retour à la nage de la baie des

Chaleurs, Paris, dans la journée après avoir goûté à un mentor boyau.

Doucement, doucement, il ne faut pas abuser des bonnes choses.

Ouais, monsieur le marquis, je ne voudrais pas que vous alliez raconter à

Versailles que vous avez été mal reçu dans l'île de Jean Lapippe.

Votre île.

C'est une façon de parler.

Ça fait tellement longtemps que je suis ici.

Je suis tranquille dans mon fortin.

J'attends les bateaux qui passent, puis je leur vends mes cordages, ma viande

séchée, puis mon torboyau.

Ah, mais attendez, des fois c'est agité. J'ai parfois eu jusqu'à deux bateaux qui

faisaient mouillage par an.

Et le reste du temps, je commerce avec les Indiens caribes.

Ils ne sont plus très nombreux, mais ils ont une humeur changeante.

Les mauvais jours, ils se rappellent que leurs ancêtres étaient cannibales.

Et dans les meilleurs, ils se contentent de vous scalper. Ah, c'est une vraie

obsession chez eux. Les cheveux, les cheveux.

Ils résistent pas.

Tu vois, ça se propose.

Sauf votre respect.

Avec votre perruque, là, c'est un petit peu comme si vous vous preniez dans un

camp d'affamés déguisés en poulet rôti.

Bon, on ressort une petite goutte, là, quand même ? C'est peut-être la

dernière.

Dites-moi, mon cher Lapipe...

Votre chevelure me paraît bien drue.

Et vous avez l'air de vous en accommoder fort bien, vous, les Indiens Caraïbes.

C'est rapport à mon torboyau.

Ils ne peuvent pas y résister. Et c'est moi qui fournis toutes les tribus

alentours.

Alors là, ça fait un demi-siècle que je suis dans les parages. Qu'est-ce que

vous voulez ? Ils ont fini par s'habituer.

Alors peut-être vous rappelez-vous d'un navire qui a mouillé ici il y a fort

longtemps. L'Espoir.

Commandé par l'amiral de Kermalek. Ça vous dit quelque chose ? Kermalek,

Kermalek, Kermalek. L'amiral Kermalek.

Kermadec ? Kermadec ? Ah, mais bien sûr que je le connais. Ça fait quoi ?

30 ans ? Il revenait du Mexique, je crois.

Avec son navire, il s'est ancré dans la baie pendant trois mois. Puis je les ai

laissés là un matin. Moi, j'étais parti en pirogue vers les îles la plus au

nord. Quand je suis revenu, ils avaient disparu.

C'est tout ce que je peux vous en dire.

Elle vivra l'épervier.

Elle se rétablit même à une vitesse stupéfiante. Tout à l'heure, elle a

ouvert les yeux.

Je suis même arrivé à l'alimenter et à la faire boire.

Là, elle s'est endormie.

Tu as bien fait de choisir Marion.

J'aurais fait comme toi.

Elle perdrait une si jolie fille, ça aurait été du gâchis.

Quant à l'Indien, il n'y en a plus pour longtemps.

Il est très faible, de plus en plus faible. C'est comme un feu éteint dans

lequel resterait quelques braises. Je ne suis même pas sûr qu'il passe la nuit.

Il passera cette nuit.

Et les trois autres aussi, je me l'ai dit.

Il te l'a dit ? Tu devrais te reposer un petit peu, capitaine. On ne s'est pas

toujours bien compris tous les deux, mais ça m'embêterait que tu deviennes

cinglé. On a conduit d'un marché, lui et moi.

Je sauve Marion à la condition qu'il me laisse une chance de le ramener à la vie

lui aussi.

Il m'a donné trois jours.

Trois jours pour l'emmener et pour le placer dans un cercle magique près d'une

rivière, au pays des Indiens carriques.

Un cercle magique près d'une rivière ? Et il t'a dit ça dans ton rêve ? Sauve

Marion, le squarnec. Je sauverai chacun.

On n'a pas de temps à perdre.

Eh ! Bois de pétume ! Ah, l'éponge ! De ce quoi, mec ? T'as laissé Marion toute

seule ? Euh... Marion ?

Ça me fait tellement plaisir de te revoir parmi nous.

Et ma foi, ça te va pas si mal de jouer aux fantômes, t'es plus belle que

jamais.

Ça, c'est pour t'apprendre à décider à ma place.

Quoi ? M'obliger à revenir alors que je t'avais rien demandé.

T'es en colère parce que t'es en vie ? Bien sûr que je suis en colère, Yann.

Qui t'a demandé de me ressusciter ? De quel droit m'obliger à me confronter de

nouveau à mes cauchemars ? Au souvenir de cette femme qui est morte à ma place

? Alors toi aussi, comme chacun, tu vas me reprocher de vouloir te sauver.

Et me sauver pour qui ? Pour m'offrir quoi ? Ton cœur bat pour Agnès de

Carmelac, je ne le sais que trop.

Alors qu'est-ce que je vais devenir, moi ? Qu'est-ce que je vais faire dans cette

vie que tu m'imposes ?

Vous avez vos manœuvres.

Allez !

La paix du rocher percé, enfin !

C

'est

un miracle ! Chacun a raison, elle existe bien, cette île.

Et je vais la trouver, la rivière ! Yann ? Tu veux rester ici, et

la méduse t'y annoncer ?

Bien sûr que non, mais j'ai des priorités. Je dois sauver chacun et j'ai

très peu de temps.

Prépare notre départ.

Ce n'est pas moi le premier qui a voulu te sauver.

C'est chacun.

Il a risqué sa vie pour préserver la tienne.

Et au même titre que ta vie était entre ses mains, désormais c'est la sienne qui

est entre les tiennes.

Entre les nôtres.

Nous devons le conduire en un lieu sacré sur cette île pour espérer le ramener

parmi nous.

Tu dois l'aider.

Tu dois bien ça.

C'est possible que quelque chose se transmette de moi,

qu'une vie vienne de ma vie.

C'est toute la loque que je ne l'ai jamais même rêvée, tant il m'a toujours

semblé évident qu'il faudrait quelques dérèglements de la nature pour qu'elle m

'autorise à engendrer.

Les miens m'ont si vivement fait comprendre que je n'étais pas l'un des

leurs, mais une sorte de...

Moignon dégénéré, poussé sur l'arbre généalogique, il m'est toujours apparu

comme une évidence que rien ne pousserait de moi.

Et voilà que j'apprends que je vais être père.

C'est comme si... C'est comme si la communauté des hommes m'ouvrait soudain

les bras, comme si mon père... Rattaloc, si tu avais connu mon père,

ce chevalier froid...

et distant, dont chaque regard semblait m'écraser la face contre terre,

comme si mon père

me souriait et m

'invitait à venir m'asseoir sur ses genoux, perdre la

loque.

Mais je ne pourrais plus jamais être le même.

Mami, c'est moi.

Ne cesserez-vous jamais de jouer avec mes nerfs ? Cet enfant

n'est pas de vous, Hervé.

Il est de l'épervier.

Qui ose nous réveiller à pareille heure ?

Venez vite, il veut la tuer !

Vite ! Arrêtez ! Arrêtez ! Vous êtes un neveu ! Oui, mon Dieu fou ! Fou de rage,

de colère, de honte ! Osez lui répéter ce que vous venez de me dire ! Elle est

enceinte, Marquis ! Mais de l'épervier, de l'épervier ! M'entendez-vous ? De l

'épervier ! Quand cette pirate s'est introduite dans sa chambre au château de

Kermelech, cette gaffe s'est donnée à lui ! La gâte ! L'immonde gâte ! Faites

une grosse du diable ! Que cela n'y change rien ! Vous ne toucherez pas un

cheveu de cette femme !

Ce ne serait pas pire. Mais vous ne comprenez pas que ce démon revit dans

son ventre. Il faut étouffer la bête immonde.

Je crois que vous perdez la raison, mon ami.

Un peu de repos vous ferait le plus grand bien.

Nous reparlerons de ça demain.

Mais que m'importe demain ? Cette traînée, elle a... Mon

fils.

Qu'a-t-elle fait de mon fils ?

Mon fils, pour mettre à la place ce bâtard ! J'aurais dû te tuer depuis

longtemps.

Agnès, je te fais le serment que cet avorton ne verra jamais le jour.

Protégez-la, monsieur.

Protégez-la bien !

Alors

là, madame, vous m'avez épaté.

Quel talent pour l'improvisation !

Le fils de l'épervier.

Jamais Cap Bleu Rouge n'a été agité devant plus beau taureau.

Chapeau bas.

Nous ne sommes guère nombreux,

alors nous devons nous organiser en conséquence.

Toi, le squarnec, puis mon éponge, restez pour veiller sur la paumonne et

les filles encore fragiles.

Évidemment, tu prends les commandes si nécessaire.

Bien sûr.

Marion et moi, nous serons absents quatre ou cinq jours, tout au plus.

Alors que tout soit prêt pour apparaître à notre tour.

Ce sera prêt, Yann. Je te fais confiance.

Qu'ai-je dit ? Il faut leur dire la vérité, madame.

Je pensais vous protéger avec vous de ce grossesse, mais voilà qu'elle vous

menace.

Vous devez mettre fin à cette plaisanterie.

C'est trop tard.

Je le connais, il me croira pas.

Et puis il m'en vaudrait toujours de lui avoir fait croire qu'il pourrait être

père.

Tu dois trouver de l'aide.

Tu dois quitter ce navire.

Il doit bien y avoir des gens sur cette île, un village.

Va, trouve de l'aide.

Je réussirai, madame.

Je m'enfuirai, je trouverai de l'aide et je vous sauverai.

Je vous le promets.

Merci.

Lâchez-nous, les gars !

Rouchement !

Il est au fond !

Madame, je suis très flatté par cette nouvelle affection que vous me

témoignez.

Je ne peux pas faire un pas sans que vous soyez à mon côté.

J'en déduis que vous avez fini par vous convaincre de la nécessité de cette

alliance que je vous ai proposée.

Ne jouez pas au saut, monsieur.

Vous savez très bien la raison pour laquelle je reste près de vous.

Je suis peur de mon mari.

Allez, allez, allez, allez !

C'est que vous avez été fort, Agnès.

On ne joue pas impunément avec la vie et avec le désir d'être père.

À jouer avec le feu, il ne faut pas craindre de se brûler.

Qu'insinuez-vous ? Vous m'entendez très bien, madame.

Ce qui est sûr, c'est que vous êtes désormais en grand danger.

Villeneuve est blessé à mort, c'est désormais un fauve avide de vengeance.

Vous ne pouvez plus biaiser, minauder, continuer à jouer avec le feu.

L'heure est venue de trancher, madame.

Je ne vous suis guère, monsieur.

Oh, je suis bien persuadé du contraire.

Villeneuve ne me fait pas peur. Je vous ai déjà exposé comment je comptais m'en

débarrasser pour que nous nous partagions le trésor.

Mais vous ne m'avez jamais donné clairement votre consentement.

Pour que je vous accorde ma protection, il faut maintenant que vous me donniez

un gage sans équivoque de votre amitié.

Tendez-vous de moi ? Je veux un baiser.

Un baiser sans équivoque.

Un baiser qui scelle aux yeux de tous notre alliance.

Après cela, plus personne n'osera vous chercher mauvaise querelle. Mais enfin,

monsieur, je suis mariée, vous en souvenez-vous ? Et enceinte de surcroît.

Si bien que je ne vois pas en quoi vous pourriez me demander... Fuis de ces

conventions, madame, elles convenaient à l'ancien monde que nous avons quitté.

Regardez autour de vous, c'est ici un continent vierge, un monde sauvage.

Baisez-moi, madame, ou bien je vous abandonne et vous êtes perdus.

Monsieur le marquis !

Hé, là-haut ! Venez vite ! C'est Nicolas, il répond plus ! Mon Dieu !

Allez ! Plus vite que ça

!

Lâchez doucement

! Mais qu'attendez-vous ? Sortez-le ! Mais ça fait un quart d'heure qu'il ne

répond plus au signal de remontée !

Le gamin bouge-t-il ? Ça ne saurait vous le dire, monsieur le marquis.

Il a disparu.

À quoi songe un homme lorsqu'il regarde une femme qu'il ne veut pas ? Il pense à

la malice du destin.

Malice qui pose sur ton chemin une aussi jolie personne que toi, tout en lui

attachant le cœur à une autre.

Et sublime.

Et sûrement bien plus belle de cœur que de corps.

Et je pensais que si j'avais pas rencontré Agnès... Avec des signes, on

doit pirater.

Elle vivrait toujours heureuse au paradis avec Adam.

T'en a mis une autre.

Je me suis fait une raison.

Je pourrais en vouloir à la Providence.

Mais ça serait être bien peu reconnaissante, car le peu que tu m'as

donné m'a rendu plus riche qu'une reine.

T'es comme une étoile filante.

Rien qu'à te regarder passer, j'aurai des étincelles plein les yeux.

J'en connais point la cause, mais je confirme la présence des étincelles.

Quant à cette fameuse Providence, laissons-la tirer les ficelles.

Elle a sûrement pour toi quelques projets cachés.

J'aimerais tant te croire.

Crois-tu que nous allons réussir à sauver l'Indien ? J'en suis sûr.

On partira demain dès l'aube pour trouver le cercle magique.

J'en reviens pas à la méduse.

De l'autre côté de l'île, à quelques heures de marche.

C'est un miracle.

Et Agnès ? En grand danger, Yann.

Agnès est en grand danger.

Villeneuve veut la tuer depuis qu'elle sait qu'elle a tant d'enfants de toi.

Un enfant de moi ? Mais c'est impossible.

C'est insensé.

Qu'y a-t-elle imaginé ? Elle lui partagera pas.

Tu dois venir avec moi, nous devons partir.

Chaque minute perdue peut lui être fatale.

Je suis désolé Nicolas, c'est impossible.

Je dois m'occuper de chacun.

Tout le prolongement de la droite qui passe entre le sommet du Fortin et le

début du chemin qui y mène.

Je l'ai prolongée, cette maudite droite, jusqu'au milieu de la baie des chaleurs

pour essayer de trouver de l'emplacement de cette épave et rien.

Tlaloc, mon ami, il faut que tu m'aides.

Je ne peux pas échouer si près du but.

Elle me rend fou, cette maudite carte !

Il faut prolonger la droite dans l'autre sens.

Ah, le vieux bandit.

Le vieux bandit d'amiral. Ah, le vieux bandit. À l'envers.

Alors, le trésor doit être près du fortin.

Ce lapide doit avoir autre chose à nous dire.

À quoi tu joues, Ian de Kermelin ? Ton amour est en grand danger.

File avec Nicolas, tu devrais déjà courir.

Et chacun ? Suis-je devenu manchotte ou quidap pendant la nuit ? Et tout ton

grand discours sur le fait que mon destin, c'était de sauver l'Indien, c

'était du pipeau.

Je la trouverai, ta satanée pierre plate.

Et le cercle magique.

Et je le sauverai.

Ça va se réveiller, mon garçon.

On n'a pas de temps à perdre.

Arrête d'être merveilleux, Marion.

Je suis sûr que tu vas y arriver.

Tu l'as vu notre épervier l'Indien, qui vole au secours de sa belle Agnès.

Ainsi, ce qu'on m'a dit est vrai ? Oui.

Je vous quitte, Marquis.

Voyez-vous, je ne crois plus en l'existence de ce trésor.

Et la présence d'Agnès m'est devenue proprement insupportable.

Cette île est assez grande pour moi et pour la pipe, qui m'a assuré du prochain

passage d'un navire où je pourrais prendre place pour le continent.

Adieu donc, monsieur.

Je vous abandonne tout, Agnès.

Et le trésor, s'il existe.

En voilà une surprise.

Notre Villeneuve qui veut jouer au Robinson Crusoe et qui nous laisse tout.

Qu'en pensez-vous, monsieur de la Perruche, de cette soudaine et étrange

générosité ? On galère ! Comment ? Oseriez-vous douter de la sincérité de

notre ami ? Ne voyez-vous pas combien cet homme souffre ? N'auriez-vous aucune

considération pour un homme qui désire se retirer du monde ? Feriez-vous la

fine bouche devant ces magnifiques cadeaux d'adieu qu'il nous offre ?

Une épouse qui ne veut pas de lui et un trésor qui, pour l'heure, n'existe que

dans nos rêves.

Ne vous lasserez-vous donc jamais de rayer, marquis ? Trouvez-vous vraiment

du plaisir à frapper un homme à terre ? Un homme à terre ? Je n'ai été père que

quelques heures, monsieur.

Et pourtant, j'en sors profondément meurtri.

Je pars en espérant cicatriser cette blessure. Vous n'êtes pas obligé de me

croire. Vous me voyez plus noir que je ne suis. Je n'ai pas le cœur aussi sec

que monsieur de la perruche.

Ah, venez ma chère.

Fille de vos scrupules, votre mari lui-même vous pousse dans mes bras.

Adieu donc, monsieur.

Adieu ? Mais non, voyons.

Puisque je vous dis que j'accepte le trésor.

À quoi jouez-vous encore ? Eh bien quoi ? Pour prendre possession de ce

magnifique trésor que vous m'abandonnez si élégamment, ne suis-je pas obligé de

vous suivre à travers cette île ? Me suivre ? Ce cher Villeneuve.

Comme il est cachotier, n'est-ce pas, monsieur de la Perruche ? Toujours à

nous faire des niches, à jouer aux plus finaux.

Mais nous ne sommes plus des pintades, n'est-ce pas ? Nous l'avons bien

observé. Et il feint maintenant de vouloir fuir un monde qu'il trouve trop

cruel pour lui ? Oh, l'aimable plaisanterie ! Vous vous trompez,

monsieur. C'est vous qui vous trompez, Villeneuve.

Si vous croyez vous en tirer à si bon compte, vous partez pour récupérer ce

trésor. Croyez-vous que je l'ignore ? Et je ne vous lâcherai point.

Nous sommes quatre associés.

Agnès, monsieur de la Perruche, vous et moi.

Et c'est ensemble que nous allons partir.

Monsieur, dans mon état, il en est hors de question.

Vous allez nous suivre, Agnès, car vous êtes une fille intelligente et que vous

aurez vite calculé que dès que Villeneuve et moi aurons quitté ce

navire, vous allez vous trouver bien esselé au milieu d'un ramassis de

canailles. Eh bien, cette petite excursion dans l'île, on se la prépare ?

J'ai toujours adoré les pique-niques. N'est-ce pas, monsieur de la perruche ?

Partez sans crainte, M. le Marquis. Votre bateau et l'équipage sont entre de

bonnes mains.

Montez sur nous.

On s'occupe de tout, M. le Marquis. Et si vous croisez deux, trois sauvages

bien formés, on est preneurs avec le frangin.

Oui, ça relancerait un petit peu notre petit commerce, M. le Marquis.

C'est fini, oui ? 2009.

Allons-y.

J'ai envie de revoir ton regard, Chaka.

Ce regard que t'as posé sur moi à la prison de Brest quand les bourreaux m

'ont menée.

J'aime ta présence.

Tu m'apaises.

Je suis bien avec toi.

Vous avez bien curieusement réparti les charges marquées.

Expliquez-moi pourquoi je devais être chargé comme un âne batté et vous si

léger. Nos charges ont été au contraire très équitablement réparties, mon ami.

En ce qui me concerne, personnellement, outre le fait que j'ai Monsieur de la

Perruche sur l'épaule, ne suis-je pas obligé de supporter sans cesse vos

reproches et votre incompétence.

Allons, allons, pressons, la nuit va tomber.

Quant à Agnès, elle porte en son sein une petite vie qui palpite déjà.

Cessez de nous agiter, M. de la Perruche.

M. de la Perruche, revenez.

Je vous interdis de vous éloigner.

Si c'est pas malheureux de faire travailler des infirmes, trouver de l

'eau.

Il en est de bonne ton frère, on n'est pas des sourciers.

T'es pas sourcier à l'équivalent, mais ta jambe folle te fait souffrir chaque

fois qu'il va pleuvoir.

Alors, ça peut peut-être nous aider à trouver une source.

Sinon, je te la fais bouffer, ta jambe.

Le fantôme du capitaine.

Pas très bien rasé ce matin, mon petit Job. Je te fais une coucou, tu la

gentiment te pistonner.

Vous avez bien reposé pendant mon absence ? Il va vite falloir se remettre

au travail.

Ton frère et les deux autres reviennent.

On les fait monter.

Et qu'est-ce que tu voudrais faire ? Les faire couler ?

Je vous jure, je suis pas aidé.

Moi, alors ? Qui me suit ? À quoi bon ? Tout le monde sait que tu triches.

Évidemment que je triche ! Sinon, à quoi ça sert d'être celui qui tient le

pistolet ? Et toi, Manfer ? Tu me suis ou tu te couches ?

Avec le jeu d'enfer que j'ai, je relance le tour.

Crétin ! Mais j'ai horreur de perdre ! Abat ton jeu, vieux débris, ça m

'étonnerait que t'aies mieux que mon carré d'as.

Au mieux que tu crois.

Un épervier.

Arsène ! Tu vas pas me croire, mais ça me fait rude mon plaisir de te revoir.

Vous m'avez manqué, ton frère et toi.

Tiens, allez, je t'envoie.

Ah, mon Yann ! Qui gagne ? Allez,

Yann.

Depuis Brest que j'attendais ça.

Monsieur de la Pérusse ! Monsieur de la

Pérusse ! Revenez ! Monsieur de la Pérusse

! C

'est là.

Je pense qu'il vaut mieux aller par là.

Sommes-nous arrivés au but ? Avons-nous découvert le trésor de l'amiral de

Kermanec ? Ah, regardez.

Regardez.

Il y a le même genre d'objet qu'on a trouvé au fond de l'eau.

Tout juste, madame.

Auriez-vous la gentillesse de demander à ces messieurs de déposer les armes ?

Enfin, je vous tiens.

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