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[musique de tension]
- [Wesley] Il se passe quoi ? - Cyberattaque.
[Roumane] Machines, radars, capteurs. Tout est off.
[Duval] Impossible de voir une attaque.
On tiendra pas comme ça. Il faut renoncer à la mission.
Je peux rien pour votre bateau. Mais je peux trouver Émilie Lafont.
[Fischer] On cherche une taupe.
On commence par les nouveaux, les mutations. Ensuite, on élargit.
- À l'aide ! - Au secours !
[Duval inspire]
[Duval] Et Lafayette ?
[Sami] Il est en fibrillation. On choque !
Lafont aurait pas pu coordonner un hacking pareil et un sabotage seule.
Elle est peut-être pas seule.
- [femme] Un virus a été injecté. - Vous pouvez le désactiver ?
[homme] Système réinitialisé et fonctionnel.
Faites pas de bêtises. Je veux parler.
[bas] Je vais tout vous dire, Commandant.
[musique mystérieuse]
[cris de mouettes]
[un réveil sonne]
[ronron de la machine à café]
[de l'eau coule]
[expiration]
[cliquetis]
[la voiture accélère]
[la voiture bipe]
[crissement de pneus]
[le gendarme gémit]
[le gendarme grogne de douleur]
[la tension monte]
[tirs avec silencieux]
[chute dans l'eau]
[cris de mouettes]
[musique inquiétante]
[Danton] Les propulsions sont sécurisées.
Les voies d'eau colmatées.
On termine de vider les coursives inondées.
Le Cyber continue de relancer le système, point par point.
[Duval] OK.
[Danton] Tous les points vitaux sont déjà fonctionnels et stabilisés.
On reprend le dessus.
Combien de temps avant d'être opérationnels à 100 % ?
Deux, trois jours au plus.
Je l'interroge seul si vous avez plus important à gérer.
Non. Je veux entendre ce qu'elle a à dire.
Vous me prévenez à la moindre alerte
et vous doublez les gardes, elle a peut-être des complices.
Bien reçu.
[grondement inquiétant]
[Duval] On a trois morts.
Biraben, Camus
et le commandant Devred.
Et à chaque fois,
vous.
Katarina Biraben a découvert ce que vous faisiez
et vous vous êtes débarrassée d'elle ?
Oui ? Non ?
Peut-être ?
Et Devred ?
Et Camus ?
Vous opérez seule ?
Qui vous a recrutée ?
Ils vous ont menacée, c'est ça ?
Petits boulots, études d'ingénieure...
Vous auriez pu aller dans le privé.
Mais vous avez choisi une licence d'atomicienne de propulsion navale
et de vous engager dans la Marine.
Pourquoi ?
Mon... Mon père était marin.
Ici.
[musique sombre intrigante]
Et il est mort en mer quand j'étais gamine.
Y a de quoi être en colère.
Moi, j'aurais eu envie de me venger.
Hm ?
Infiltrer le porte-avions et le saboter, c'est une belle vengeance, non ?
Vous êtes pupille de la nation.
- Émilie. - [elle renifle]
Vous avez donc reçu une bourse d'état.
Vos diplômes, vos études.
Tout ça, c'est grâce à la France.
J'essaie de comprendre.
Vous vous êtes engagée pour ça, Émilie.
Mon premier souvenir,
c'est mon père qui m'amène à la maternelle.
Il me mettait sa casquette de marin sur la tête.
Moi, j'adorais.
Devenir ingénieure, c'est bien, hein.
C'est rassurant. [elle renifle]
Mais être marin, c'était mon rêve.
Je comprends.
Expliquez-moi. Qu'est-ce qui s'est passé avec Biraben ?
Ils ont tué le commandant.
Vous vous rendez compte de ce qu'ils me feront si je parle ?
[Duval] Qui ça, "ils" ?
Je sais pas.
[bips réguliers]
On est contents de te revoir parmi nous, Lafayette.
Et en un seul morceau.
Pas de fractures, quelques contusions...
Pas de quoi en faire une chanson.
On te connaît. Tu vas vite revenir parmi nous.
[rire étouffé de Poulidor]
Il faut savoir qu'après un arrêt cardiaque pareil,
il peut y avoir des séquelles.
Des séquelles neurologiques.
Rien de notable ?
- Tu vois flou ? - Non.
T'entends des voix ?
- Tu crois que la Terre est plate ? - [ils rient doucement]
Bon rétablissement.
Merci.
[musique douce dramatique]
[la porte se ferme]
[Poulidor soupire]
[soupir apaisé de Poulidor]
[musique inquiétante]
[Duval] On peut vous protéger. Mais il va falloir parler.
On peut protéger votre mère.
Un mot et la police s'en occupe.
[elle soupire et renifle]
[elle souffle]
C'était un ami de mon père.
Il est réapparu à la fin de mes études, quand je me suis engagée.
Ma mère était très malade et il nous a aidées.
Il était juste gentil.
- Un marin ? - Non.
Mais il travaillait pour un industriel de l'armement.
Au début, il posait juste quelques questions
et, au fur et à mesure,
elles sont devenues plus précises.
Quel genre de questions ?
Des détails techniques, des protocoles, des infos sur les équipements.
[Duval prend des notes]
Je suis désolée.
Il était généreux avec ma mère et je lui donnais juste des broutilles.
Pour donner le change.
Et quand j'ai été affectée ici, il a voulu des schémas.
Mes routines de maintenance.
Les messages cryptés que vous avez envoyés. C'est ça ?
Quand il m'a demandé de saboter la propulsion, j'ai refusé.
[Duval pousse un long soupir]
C'est là que les menaces ont commencé.
[Duval] Et Katarina ?
[Lafont renifle]
[musique mystérieuse]
[Lafont] On partageait la même cabine.
On s'entendait bien, même si on avait pas grand-chose en commun.
Je pensais pas qu'elle pourrait me soupçonner.
[alarme]
[homme] De PC sécurité. De PC sécurité.
Pour exercice. Pour exercice.
Alarme incendie en GOLF 0618.
[elles rient]
- J'ai même repris ton code couleur. - Vraiment ? Merci.
Le personnel sur zone évacue en confinant
et en emportant tout le matériel de sécurité avec lui.
[bips électroniques]
[la porte se ferme]
[bip]
[grésillements électroniques]
[Lafont] Je devais installer un cheval de Troie dans le système.
J'ai profité d'un exercice incendie pour le faire depuis un autre poste.
[homme] Alarme incendie...
[elle soupire]
[l'alarme continue de retentir]
[grincement menaçant]
[bas] Qu'est-ce que tu faisais ?
Tu faisais quoi, là-bas ?
De quoi tu parles ?
Tu m'as suivie ?
Hein ?
J'avais juste un truc à faire.
Bonne nuit.
[elle referme son rideau]
[Lafont] Je me suis doutée qu'elle en resterait pas là.
[brouhaha]
[musique inquiétante]
Je dois absolument parler au commandant.
Un problème avec les installations aviation ?
Quand elle a voulu parler au Pacha, j'ai paniqué.
Retournez à votre poste.
Allez.
[Biraben renifle]
Pourquoi tu me suis ?
Bah... Je fais comme toi.
Je veux juste t'aider.
Tu comprends pas.
Mais explique-moi.
Émilie, qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce que t'as dit à Danton ?
Rien.
Je te jure.
Je te le jure.
Ils sont dangereux.
Qui ?
Faut que t'en parles au commandant.
Si tu peux pas le faire, je le fais, moi.
Émilie, je peux t'aider.
Émilie ?
J'y vais.
Allez, viens. Viens !
[Lafont] Non !
Non !
[grognements d'effort]
Mais lâche-moi !
[Biraben crie]
Non !
[elles hurlent]
[Biraben gémit]
[Biraben hurle]
[Lafont] Chut. Chut.
- [Lafont gémit] - [Biraben tente de respirer]
[grognements étouffés]
[bas] Chut...
[la musique s'arrête]
Vous avez essayé de faire passer ça
pour un suicide.
Pourquoi ?
J'ai paniqué.
Je savais qu'on allait la chercher pour les appontages.
J'ai voulu balancer son corps par-dessus bord,
mais je pouvais pas faire ça.
[Duval souffle]
Je pouvais pas faire ça à sa mère.
[musique de tension]
[cri d'effort]
[craquement]
[Fischer] Vous avez pensé à tout.
Non, parce que pour quelqu'un qui paniquait,
je trouve que vous êtes restée sacrément lucide.
Et méthodique.
Non ?
On nous forme à garder notre calme en toute situation.
Pas pour ça.
[elle soupire]
[musique dramatique]
J'ai craqué, après.
Avec Camus, quand vous avez découvert son corps.
Elle était très inquiète, et...
[elle renifle]
Elle a insisté, alors j'ai fini par lui raconter.
[Duval] Tout ?
[Lafont sanglote]
[Lafont] Si quelqu'un pouvait m'aider sur le bateau, c'était elle.
[la musique s'estompe]
Elle m'a rien dit.
Elle a pas eu le temps.
[Lafont] Elle a voulu me protéger et vous aussi.
Si elle avait parlé, vous seriez morte.
[Fischer] Vous auriez pu la tuer, vous aussi.
Avoir des remords.
- Vouloir la faire taire. - Non.
Jamais.
C'était mon amie.
Et le commandant Devred ?
C'était votre ami, aussi ?
Quelqu'un d'autre a su que vous vous étiez confiée à elle ?
Quand elle est morte, j'ai compris. Ils sont ici. Et la prochaine, c'est moi.
[il étouffe un rire]
Je peux vous faire confiance, Commandant.
Camus vous admirait.
[Fischer se racle la gorge]
Bon, cet homme, l'ami de votre père.
Je veux son nom.
Et tous les contacts auxquels vous avez eu affaire.
Vous les aurez.
Dès que ma mère sera en sécurité.
[musique intrigante]
[elle souffle]
[tonalité d'appel]
- Héléna ? - [soupir] Papa ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? Les gendarmes... - Mais t'étais où ?
J'étais sorti marcher.
C'était l'anniversaire de la mort de ta mère, avant-hier.
Je voulais prendre l'air.
[elle grogne] Pardon.
Pardon, pardon, pardon, j'ai oublié. J'ai complètement oublié.
Je sais, t'inquiète pas. Mais toi, dis-moi la vérité.
Pourquoi t'as appelé les gendarmes ?
Euh, je sais pas...
Je suis vraiment désolée de t'avoir fait peur, papa.
Mais t'as pas à t'excuser. Tu portes déjà assez de choses comme ça.
Je vais bien, ma fille. Je suis là.
[musique solennelle]
OK.
[elle soupire]
Je te jure, j'ai vu ma vie défiler. J'ai cru que j'allais mourir.
Quand je ferme les yeux, je revois l'eau qui monte.
Noyé dans un bateau.
Tu parles d'une ironie.
Ma mère dit toujours : "Avoir peur, ça te rappelle que t'es vivant."
T'as eu une seconde chance, mec.
[chef] Qu'est-ce que tu vas en faire ?
[Wesley] Houla.
Non, laisse tomber. Laisse tomber, c'est trop con.
Ah bah non, ce qui se passe en cuisine reste en cuisine.
En fait, quand j'étais petit...
je voulais devenir pilote.
[Jeannot rit]
Bah voilà, quand tu veux. [rire]
[chef] En plus, on a déjà ton call sign :
Moïse, le sauvé des eaux.
[il rit]
C'est quelqu'un qui a su qu'Émilie s'était confiée à Camus.
Quelqu'un qui avait sa confiance.
C'est aussi quelqu'un qui a pu s'approcher de Devred.
Qui a accès à l'étage du commandant.
Ça peut être un officier supérieur.
Ou alors c'est l'inverse. Quelqu'un qu'on remarque jamais.
Qui inspire confiance et dont personne se méfie.
Qui a la clé du carré du commandant.
Wesley ?
Tout le monde le connaît. Personne lui demande jamais rien.
Il voit tout. Il entend tout.
Les confidences, les disputes...
- C'est un gamin. - Peut-être.
Mais un gamin toujours au bon endroit au mauvais moment.
Camus disait qu'il avait un bon fond.
Ou une bonne couverture.
[homme] Le commandant est priée de se rendre en carré commandant.
Je m'en occupe.
Tenez-moi au courant.
[musique inquiétante]
Les Américains viennent de passer en DEFCON 2.
C'est une première en 60 ans.
On a jamais connu ce niveau d'alerte défense.
Ils ont su qu'un de nos avions s'était fait descendre.
Résultat : réaction immédiate.
À quel point ?
Ils ont commencé à bombarder les rebelles.
Sans prévenir les alliés ?
Ils nous ont informés après coup.
C'est pas la première fois qu'ils la jouent perso.
[Fabretti soupire]
[elle soupire]
On va au feu pour de bon, cette fois.
- [Duval] Ils veulent un écran européen ? - Précisément.
Mais aussi apponter trois de leurs chasseurs ici.
"Urgence logistique", comme ils disent.
On peut pas accueillir des pilotes étrangers
à bord d'un bâtiment en cours de réparation.
Ils veulent accélérer leurs passages.
Leur ravitailleur est saturé, leur base est loin
et leur porte-avions est encore à trois jours.
Alors que nous, on arrive sur zone. Donc...
Hors de question.
L'état-major nous demande de coopérer.
Un refus ferait désordre.
On est pas en état.
Je suis responsable de ce bâtiment. On est déjà pris pour cible.
Tant qu'on ne sait pas qui nous attaque,
aucune opération extérieure, alliée ou pas.
Leurs F-18 sont déjà en route.
Ben, c'est leur problème, pas le nôtre.
Cross-deck refusé.
Vous pouvez transmettre à Paris.
[Fabretti] Très bien.
Non, mais je savais.
Je savais qu'il fallait pas se connecter au wifi.
Je l'ai dit au chef.
Si c'est interdit, c'est pas pour rien.
Il m'a dit que c'était pas grave. Alors, moi, j'ai pas résisté.
Je voulais parler avec ma maman. Et bam, black-out.
Je pensais pas qu'on pouvait hacker un porte-avions via un portable.
Surtout pas celui d'un petit maître d'hôtel.
Et t'as raison. C'est pas ce qui s'est passé.
Ah ?
Mais vous voulez savoir quoi, alors ?
On se pose des questions sur ce que tu fais à bord.
Moi aussi, pour tout vous dire. Je...
T'as vécu beaucoup de choses, ces derniers jours.
T'as trouvé un corps.
T'as été en contact avec toutes les victimes.
On t'a vu fouiner partout.
[musique sombre]
Ça fait beaucoup pour un petit maître d'hôtel.
C'est à cause de cette putain de fourchette.
Et je la cherche encore.
Un témoignage nous laisse à penser que tu nous caches des informations.
Je sais pas ce qu'on vous a dit, mais c'est faux.
Moi, je suis un gars loyal.
Je vous ai aidé quand la commandante était aux arrêts.
- C'est vrai. - Bah oui.
Et c'est par loyauté que tu nous as caché ta relation avec Camus ?
[une chanson pop monte crescendo]
[fort] J'ai dû lui faire un garrot à la va-vite, tu vois ?
Et j'ai porté son paquetage, mon paquetage,
son panasse, mon panasse, et je l'ai tiré sur six kilomètres.
Il y avait pas le choix.
[propos indistincts couverts par la chanson]
Bonsoir.
Je te connais pas, toi.
Non, c'est ma première mission.
[barmaid] Ouais !
Bleu, blanc, rouge !
Tu choisis quoi ? Bleu, blanc, ou rouge ?
Euh... Bah, rouge.
[tous] Rouge !
Hé, tu chantes quoi ?
[chef] On rappelle les règles au nouveau !
[tous] Tu chantes ou tu rentres !
- Je peux changer de couleur ? - T'as peur ?
Pour info, bleu, c'est strip-tease.
Non, rouge. Rouge, c'est bien aussi.
[hommes] Allez !
["Cargo de nuit" - Axel Bauer]
[tous] Rouge ! Rouge ! Rouge !
Oh, le minot !
[encouragements]
Wouh !
[tous] Ouais ! Ouais ! Ouais ! Ouais !
[chanteur] ♪ Cargo de nuit ♪
[Wesley] ♪ Trente-cinq jours sans voir la terre ♪
[tous] Ouais !
♪ Pull rayé, mal rasé ♪
♪ On vient de débarquer ♪
[chanteur] ♪ Cargo de suie ! ♪
[Wesley] ♪ Trente-cinq jours de galère ♪
♪ Et deux jours pour se vider ♪
[chanteur] ♪ La nuit te suit, change de port ♪
♪ Cargo de nuit ♪
♪ J'avance sur ce quai humide ♪
♪ La sueur brûle comme l'acide ♪
♪ L'enfer va commencer ♪
[chanteur] ♪ Cargo de nuit ♪
♪ Bières chaudes et narguilés ♪
♪ "Chez Mario", tout oublier ♪
[chanteur] ♪ La nuit te suit, change de port ♪
[ils chantent avec lui]
♪ Mais cette machine dans ma tête ♪
♪ Machine sourde et tempête ♪
[acclamations et youyous]
♪ Mais cette machine dans ma tête ♪
♪ Leitmotiv, nuits secrètes ♪
[acclamations]
♪ Tatoue mon âme à mon dégoût ♪
[la musique de karaoké continue]
[acclamations]
[tous] Ouais ! Ouais ! Ouais ! Ouais !
[propos couverts par la musique]
[homme] Allez, allez !
[tous] Ouais !
[musique rock forte]
Merci beaucoup.
À nous.
Salut ! C'est moi qui étais sur scène. T'as ma veste ?
Ah oui.
Bah tu peux la garder, en fait.
Tu t'appelles comment ?
- Wesley. - Cool !
Wesley avec un "W".
- Ça, c'est pour toi. - OK, bah merci beaucoup.
- C'est gentil. Ben, tchin. - Tchin.
C'est du jus d'orange.
[brouhaha et musique étouffés]
[Wesley] ♪ Cette machine dans ma tête ♪
♪ Tourne, tourne... ♪
♪ Lalala... ♪
- Chut, chut ! - Houla, toi, chut.
Tu me dis pas "chut". Toi, chut.
Houla, oh...
- Je te raccompagne ? - Non.
Mission accomplie, Quartier-maître.
OK, on embarque dans deux heures, alors...
À demain, Gabrielle.
"Capitaine".
C'était une super soirée, mais ça reste entre nous, OK ?
Bonne nuit, Wesley.
[musique inquiétante]
Bonne nuit, Capitaine.
Allez.
Encore.
Ça fait cinq fois que je raconte.
- Comment elle était habillée ? - Jean noir.
Un chemisier beige et...
Sur le chemisier, les motifs, c'était des petits trucs de léopard, là.
Ton histoire change pas. T'y mets plein de détails.
Non, c'est...
[inspiration sifflante]
C'est bien préparé.
Hein ?
[l'objectif se rétracte]
Comme tu veux pas me dire la vérité, je vais m'en occuper pour toi.
Tu t'es approché de la RH pour qu'elle te donne des informations.
Mais elle a refusé. Alors tu t'en es débarrassé.
[Wesley gémit]
T'avais plus rien pour ralentir le Charles .
- Alors, tu t'en es pris au Pacha. - [Wesley souffle]
En même temps,
c'était pas très compliqué pour toi.
Tu lui apportais son café tous les matins.
Non, mais c'est...
- Tu travailles pour qui ? - Je travaille pour personne.
Tu travailles pour qui ?
[Fischer inspire]
[fort] Tu travailles pour qui ?
Je veux voir la commandant...
- Aïe ! - C'est quoi que t'as pas compris ?
On est peut-être en guerre. Tu sais ce que ça veut dire ? Hein ?
- Je peux te garder enfermé. - Aïe !
- Sans bouffe, sans eau. - Mon épaule !
Sans sommeil. Jusqu'à ce que tu dises la vérité.
Lâchez-moi !
Parle-moi clairement, je te dis.
[en hurlant] Dis-moi la vérité !
Danton. Danton !
[Wesley gémit]
Quoi, "Danton" ?
[cris des mouettes]
[musique mystérieuse]
[Wesley] Le lendemain matin, on a embarqué à l'aube.
[corne de brume]
[Danton] Vous avez complètement déconné...
Avec Camus, j'ai tout de suite vu qu'il y avait un problème.
[la musique devient angoissante]
Danton, il était en colère. J'ai vu ses yeux, il avait l'air...
Je sais pas, on aurait dit qu'il allait la tuer.
Elle savait des trucs sur lui.
Il faisait des balades la nuit, avec son téléphone.
[murmure des vagues]
Je me suis dit qu'elle avait vu des choses qu'elle aurait pas dû voir.
- [choc métallique] - Lâchez-moi !
Lâchez-moi ! Mon épaule, j'ai mal, là !
"On aurait dit qu'il allait la tuer" ?
En général, quand quelqu'un dit ça, ça finit en féminicide.
Non, mais je vous jure, j'ai rien fait, moi.
Bah si.
T'as rien dit.
[propos indistincts]
[bas] Commandant.
Vous voulez bien reconsidérer la demande des Américains ?
Vous pouvez me garantir à 100 % qu'ils sont pas derrière l'attaque ?
Quel intérêt ils auraient à faire ça ?
Contrôle de la région, accès aux ressources, influence politique,
déstabilisation de l'Europe...
Je peux pas le garantir à 100 %, mais j'ai 30 ans de Marine...
Justement. C'est vous qui me l'avez dit.
Ce qui se joue ici,
c'est pas une simple opération de sauvetage.
[long soupir]
Oui. C'est une démonstration de force.
Un jeu d'équilibre pour assurer le statu quo, voilà ce que c'est.
On peut faire confiance à personne.
Alors, même avec eux, on ne baisse pas la garde.
[musique sombre]
[Poulidor] Tiens.
Les gars de l'hélico ont insisté pour que t'aies ça.
C'est un collector.
Des collectionneurs payeraient cher pour l'avoir.
Planque-le, Danton va te le piquer.
[bips réguliers]
C'est mignon, non ?
[la musique s'estompe]
Ça va ?
Bah oui.
"Pour notre ami Lafayette".
[musique dramatique]
[Poulidor] C'est classe.
Très, oui.
Faudrait en faire des pareils pour nos Rafale.
Oui.
On va en faire.
D'abord, on leur trouve des noms, puis on va...
On va...
On va le faire, ouais.
Bonne idée.
Oui.
[la musique s'estompe]
[Danton] Je ne réponds pas à un gendarme !
Vous n'avez ni les compétences
ni le niveau d'autorisation pour ça.
[Duval] Danton ?
Que se passe-t-il ici ?
Il veut m'interroger comme un traître.
Je veux l'interroger comme quelqu'un qui a menacé Camus à l'embarquement.
Qui se balade en pleine nuit, sur le pont, avec son téléphone.
J'ai des témoins.
C'est quoi ? Du repérage ?
[souffle excédé]
Vous le laissez m'humilier comme ça ?
Répondez.
C'est moi qui vous le demande.
[il soupire]
[Danton s'assied]
Je ne parlerai qu'à vous.
[Fischer pousse un long soupir agacé]
Je vous remercie.
[rire étouffé]
[musique rêveuse]
[Fischer souffle]
[des oiseaux gazouillent]
[enfant] Salut.
[la musique s'estompe]
[la femme l'embrasse]
Avant, elle avait pas de problème à me voir embarquer.
C'est sa façon à elle de dire qu'elle t'aime.
Tu gardes vraiment tout ce que je te ramène.
[elle rit] Et j'espère en avoir un autre à ton retour.
Cette mission-là, je suis pas sûr d'avoir le temps de te trouver un truc
aussi moche.
[il soupire]
T'as l'air inquiet.
Ça te ressemble pas.
[il se racle la gorge]
Je suis ta petite sœur, mais s'ils t'embêtent,
je leur casse la gueule.
[rire étouffé de Danton]
[on toque]
Jade, j'y vais.
[musique pop sur haut-parleurs]
Tu m'ouvres, s'il te plaît ?
[le volume augmente]
[soupir] Jade...
On était d'accord.
C'est prévu comme ça depuis des mois.
Bon ben...
Je t'appellerai, de toute façon.
Je te dirai si je vois des baleines.
Même à l'autre bout du monde, je t'aime, ma fille.
[chant de cigales]
[musique rêveuse]
Papa !
[foulée rapide]
[rire attendri de Danton]
[il soupire]
[Danton] Je rumine toujours avant de partir en mission.
En particulier celle-ci.
Et en mer, je dors pas.
Je fais des insomnies.
Alors, la nuit, j'enregistre le son de la mer à ma fille.
[murmure des vagues]
Et des baleines, quand il y en a.
[cri rauque d'une baleine]
Ça lui rappelle que je pense à elle tous les jours.
[Duval] Vous faites ça à chaque mission ?
Depuis qu'on est que tous les deux.
[la musique s'estompe]
Ça va faire deux ans maintenant, en novembre.
[il soupire]
Je me cache pas, hein, c'est...
C'est normal qu'on m'ait vu.
[soupir] Pourquoi est-ce que Fischer a mentionné Camus ?
On était proches.
Non, non. Pas comme ça.
J'ai plus d'expérience.
J'étais son chef.
Donc, elle me demandait conseil, de temps en temps.
Le gendarme se trompe.
Je l'ai pas menacée. Je l'ai engueulée comme du poisson pourri.
Pourquoi ?
Deux fusiliers marins l'ont vue fricoter dans un bar à Toulon
avec un jeunot qui embarquait aussi.
- Ça allait foutre la merde. - Hm-hm.
J'aurais pas dû.
Mais quand j'aime bien les gens, euh...
je m'emporte.
Je gueule. [rire étouffé]
Et ma fille n'arrête pas de me dire
qu'en faisant ça, on me prend sûrement pour un connard.
Est-ce que Camus vous a parlé de ce qu'Émilie lui avait confié ?
On parle d'espionnage.
[musique mystérieuse]
Pas d'un petit secret.
Si j'avais su, je l'aurais remonté immédiatement.
Vous pouvez fouiller.
Ici, dans mon ordi, je vous donne les mots de passe.
- J'ai rien à cacher. - Non, Fischer le fera.
[il soupire]
[Duval] On n'arrive à rien.
La situation se tend, là.
Faut qu'on passe à la vitesse supérieure.
Tout ce qu'on sait, c'est qu'ils veulent arrêter le Charles .
Lafont a échoué, et elle ment pas.
Ouais. Quelqu'un a pris la relève.
Un complice qu'elle aurait activé sans savoir et...
qui a le pouvoir d'influer sur vos décisions ?
À qui vous pensez ?
Un officier supérieur ?
Non.
Tous mes officiers ont des états de service irréprochables.
Hm.
Ils ont aussi tous des familles sur qui faire pression.
Après la découverte du corps de Camus,
qui a insisté le plus pour renoncer à la mission ?
[musique inquiétante]
[le choc résonne]
Pourquoi vous teniez tant à suspendre cette mission ?
C'était une simple inquiétude ou vous aviez une bonne raison ?
Une raison personnelle ?
Vous avez même proposé des itinéraires pour faire escale.
[Roumane] Et alors ?
J'ai proposé une alternative.
C'est mon rôle : apporter une expertise,
donner des options, pas obéir les yeux fermés.
Devred n'a jamais eu peur de la contradiction.
[musique de tension]
[claquement grave]
Le contexte était sensible.
Tout le monde sentait qu'on partait au casse-pipe.
Tout le monde ou vous ?
Je m'en cache pas. J'avais demandé ma réaffectation.
- Qu'on vous a refusée ? - Non.
Pas refusée. Reportée.
Il fallait un officier expérimenté à bord.
Vous admiriez Devred ?
C'est une légende.
Le meilleur pilote que j'aie jamais vu.
Tout le monde ici l'admirait.
Un grand marin.
Et un homme généreux.
Et le commandant Duval ?
Disons qu'au début, j'étais pas...
[Fischer] Pas quoi ?
On se connaît pas encore bien.
Mais vous tenez le cap, Commandant.
C'est pas ce que vous disiez au départ.
Y en a qui disaient que vous n'étiez pas l'homme... de la situation.
Si vous me pardonnez l'expression.
L'état-major aussi avait des doutes sur moi ?
C'est pour ça qu'on vous a imposé ?
- Je vous cite ? - [Roumane] Non. S'il vous plaît.
J'insiste.
[Fischer tourne des pages]
"Qui elle a sucé pour être là ?"
[Fischer tourne des pages]
Je n'avais pas encore confiance.
Je regrette. J'étais...
- [Fischer] Jaloux ? En colère ? - Inquiet.
Très con et lâche.
Vous connaissiez le commandant Devred avant votre première affectation ici ?
Non.
Pourtant, vous lui avez fait confiance immédiatement, à lui.
[il soupire]
Et vous, Fabretti ?
Votre avis ?
C'est pas mon rôle.
J'ai pas à juger le commandement.
Aller au feu sous les ordres d'une femme,
c'est assez pour vouloir écourter la mission ?
Vous plaisantez, là ?
Assez pour la saboter ?
Retirez ça.
Quelle partie, exactement ?
Jamais je ne trahirais mon pays.
Et aucun de nous ici.
Je connais tout le monde sur ce bateau.
J'ai mis ma vie entre les mains des gars qui sont ici quand je pilotais.
C'est des gars bien.
[Fischer] Même des gars bien ont besoin d'argent.
Vous avez des enfants ?
Oui, un.
On a adopté il y a deux ans, avec mon compagnon.
[Fischer étouffe un rire]
[Fischer] Ça change un homme, ça.
Ma femme attend le cinquième, c'est pour dans deux mois.
Ça fait beaucoup de bouches à nourrir
avec un salaire de commandant de la Marine nationale.
Vous voulez en venir où ?
Une retraite dorée contre un petit contretemps.
C'est tentant, non ?
Pour protéger votre famille,
jusqu'où vous seriez prêt à aller, Fabretti ?
C'est compliqué à comprendre, pour quelqu'un qui n'est pas de la maison.
Mais j'ai deux familles.
La mienne et le Charles .
On trahit pas sa famille.
[Duval soupire]
[ressac des vagues]
Putain !
[respiration étranglée]
[elle souffle]
Y en a forcément un qui ment.
Vous soupçonnez lequel ?
D'avoir douté de moi ? Tous.
Mais ça en fait ni des traîtres ni des meurtriers.
On rate quelque chose, là.
Je vais vérifier si la mère de Lafont a été mise en sûreté.
Comme ça, elle pourra nous parler.
Je veux un rapport en temps réel.
[musique sombre]
On a une ligne sécurisée avec la DRM et l'état-major.
On vous écoute.
[femme] Les échanges communiqués par Émilie Lafont
nous ont permis de remonter jusqu'à un homme.
Pierre Garrel, inconnu de nos services.
Capitaine ?
[homme] Inconnu de nos services sous cette identité, du moins.
On a remarqué des similitudes entre son système de cryptage
et celui d'un autre agent,
activement recherché par les services européens.
Véritable identité : Dimitri Paksas.
Nom de code : Stinger.
Ancien sous-traitant défense,
employé par des sociétés de cybersécurité ou d'armement européennes
avant d'être épinglé pour espionnage industriel.
Plusieurs identités,
contacts fréquents en Europe de l'Est et en Russie.
Le profil colle avec ce que Lafont nous a dit.
C'est peut-être pas un État, derrière, mais un industriel.
On ne peut rien affirmer, mais c'est une possibilité.
[alarme]
[homme] Le commandant est priée de se rendre en passerelle de navigation.
[musique de tension]
[homme, en anglais] Vous vous foutez de moi ?
Les États-Unis et la France ont des accords !
Fabretti, expliquez-lui !
Commandant Peele, écoutez...
Aucun accord ne m'oblige à accueillir vos avions
si la sécurité de mon navire est compromise...
[vrombissements de moteurs]
[en français] Chasseurs américains en approche.
[Peele] Hello ?
[en français] Le pont reste rouge.
[opérateur] Reçu.
Hello ?
Hello ?
[en anglais] Je peux vous ravitailler en vol.
[en français] On peut envoyer un ravitailleur.
[bas] Oui.
[en anglais] J'ai confiance en nos pilotes.
Faites-vous confiance aux vôtres ?
Ou Top Gun n'est qu'un film ?
Je n'ai pas le choix, n'est-ce pas ?
[moteurs d'avion]
[musique solennelle]
[un talkie bipe]
Duval pour Fischer.
J'ai eu mes collègues. La mère de Lafont est en sécurité.
Je vais lui parler pour revoir quelques détails.
Vous avez raison, on a peut-être raté un truc.
Je vous rejoins.
Contactez la base de Souda.
On transfère Émilie Lafont à l'aube avec le corps de Devred.
Les renseignements militaires prennent le relais pour l'interroger.
Bien reçu.
[musique oppressante]
[la musique monte en puissance]
[la tension retombe]
- [le talkie bipe] - PC sécurité, de commandant.
Alarme. Un blessé.
Hangar pont trois.
[elle arme son pistolet]
[musique de tension]
[un homme gémit]
[gémissement étranglé]
[il tousse]
[il continue de gémir]
[une alarme retentit]
[musique inquiétante]
[cris de mouettes]
[propos indistincts]
- Rien sur lui ? Pas de papiers ? - Non.
Attends.
[cliquetis]
"Paul
"et Héloïse Fischer,
"14 avril 2009."
[pompière] Paul Fischer ?
[crissement de pneus]
[Paul gémit]
[tirs avec silencieux]
[musique sinistre rythmée]
[il soupire]
[grognements d'effort]
[chute dans l'eau]
[la musique monte en puissance]
Lieutenant Paul Fischer, gendarmerie maritime.
[la musique s'estompe]
[musique sombre énigmatique]
Sous-titrage : Elsa Bascoul pour TRI TRACK
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