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[claquement résonnant]
[musique sombre]
[corne de brume]
[le vent se lève]
[réacteur d'avion]
[Poulidor] Poulidor, solo. Établie sur zone, secteur sud.
[radio] Dino et Lafayette en patrouille secteur est.
- Début mission de reco. - [Poulidor] Reçu.
[radio] Objectif : reconnaissance de la zone.
Tu as une fenêtre radar de deux minutes.
Prends des images et rassemble le reste du groupe.
Reçu.
[résonance cristalline]
[tintement]
[claquement sec]
[la musique s'intensifie]
[homme] Nos avions de chasse
sont actuellement en mission de reconnaissance
en plein territoire hostile.
Ils nous rejoindront dans quelques heures sur ce pont.
Chers officiers,
le Charles de Gaulle se dirige vers une zone de conflit
à haute intensité.
[radio] Un porte-conteneurs français a été frappé hier.
Il est au fond du canal.
Il faut trouver d'où venait le drone kamikaze qui l'a pris pour cible.
[Poulidor] Reçu. J'explore la zone.
- [claquement sec] - [grondement du réacteur]
[le Rafale cingle l'air]
[Poulidor] Entrée dans la zone delta dans trois,
deux,
un.
[homme] Notre mission : sécuriser les voies maritimes
et faire étalage de notre puissance militaire
pour maintenir la paix.
C'est dans ce contexte que l'état-major a décidé
de confier le poste de commandant en second
au capitaine de vaisseau Héléna Duval.
Première femme plongeur démineur,
commandant du GPD de l'Atlantique,
première de sa promo à l'École de guerre,
commandant de la frégate multi-missions Alsace ,
et aujourd'hui,
première femme commandant en second
sur un porte-avions nucléaire français.
Comme toujours, le Charles de Gaulle montre la voie.
Commandant Duval,
au nom des 1 800 membres d'équipage,
bienvenue dans votre famille.
[la musique devient plus inquiétante]
[Poulidor] Activité rebelle confirmée.
Visuel sur artillerie légère
et checkpoint armé sur place.
[radio] Aucun drapeau ? Aucun signe distinctif ?
Négatif.
Putain, mais c'est qui, ces mecs ?
[alerte]
- [radio] C'est quoi, ça ? - Départ missile antiaérien.
[embrasement]
[Poulidor] Flares .
[sifflement]
[homme] Cette famille,
il nous appartient à tous de la garder unie,
malgré les tempêtes qui nous attendent.
Dans cette tâche, vous pouvez compter sur votre commandant
et son second.
Je décroche et je fais un nouveau passage.
[radio] Négatif. Trop risqué. On rentre à la maison.
À mon commandement,
rompez les rangs.
[radio] Fin de reco zone est.
Tu rassembles Dino et Lafayette en patrouille.
Reçu. Cap sur le Charles .
[musique épique]
[grondement grave]
[commandant] Touché.
Et...
coulé.
F7.
Tu m'as pas choisie juste pour jouer avec toi ?
Rassure-moi.
C'est une décision de l'amiral.
Je n'ai pas ce pouvoir.
À chaque promotion, je me demande si c'est pour les bonnes raisons.
Duval, on n'a qu'un seul porte-avions. On a besoin des meilleurs.
Tu me flattes pour me déconcentrer ?
C4.
[commandant] Touché.
[il soupire]
Tu as deviné ma stratégie.
La dernière fois,
t'avais positionné tes bateaux comme les Américains à Tripoli.
Oui, c'était mon mémoire à l'École de guerre.
[courte inspiration]
Et cette fois ?
Tu testes la stratégie pour la mission ?
On doit tout faire
pour éviter l'escalade.
La situation se dégrade à Suez.
Les rebelles ont coulé un porte-conteneurs français
et un de nos Rafale a été engagé pendant la mission de reconnaissance.
Ce sont pas des actes isolés.
Ils montent en puissance et menacent toute la région.
Y a forcément un état compétiteur derrière.
Une étincelle
et tout s'embrase.
Cette fois, ça n'est plus seulement une mission de dissuasion pour le Charles .
["Roadgame" - Kavinsky]
Lazair 22 d'Avia,
circuit flottille 1 000 pieds.
[homme] À tous sur le pont. Poste d'appontage.
Poste d'appontage.
Trois Rafale dans six minutes.
[homme] Poste d'appontage. Poste d'appontage.
Trois Rafale dans cinq minutes.
[conversations indistinctes]
C'est une dinguerie.
Allez, dernier coup de collier, là !
Attention aux assiettes.
[homme] Trois Rafale dans cinq minutes.
Ah, c'est beau, ça !
Ça me plaît !
C'est très, très bien ! C'est très, très bien.
Attention.
[tintements métalliques]
Super, plus énergique.
[chef] Allez, allez, allez !
- [chef] Allez ! - Voilà.
[le chef frappe des mains]
[chef] Wesley ?
- Qu'est-ce que tu fous, là ? - Chef ?
Laisse ces fruits tranquilles.
Oui, oui... J'ai bientôt fini, hop.
Voilà, fini !
C'est joli, mais ici, c'est Top Gun . Pas Top Chef .
C'est ton premier séjour sur le Charles ?
T'as jamais vu un Rafale te foncer dessus à 250 km/h ?
C'est pour ça que tu t'es engagé.
Appontage dans quatre minutes.
[musique inquiétante]
[femme] Je dois absolument parler au commandant.
Lieutenant Biraben, si vous avez des infos à faire remonter,
passez par votre hiérarchie.
J'en ai pour deux secondes.
Quoi ? Y a un problème avec les installations aviation ?
Bon, ben alors, non.
[officier] Retournez à votre poste.
[grondement angoissant]
[officier] Lieutenant ?
Allez !
[homme 1] Poste d'appontage. Poste d'appontage.
On récupère trois Rafale.
Le second prend la manœuvre.
[homme 2] Le second prend la manœuvre.
[homme 3] Air calme, peu de mouvement.
[femme] Bien reçu.
[Duval] Trois Rafale de retour de Suez, dont celui engagé par un tir ennemi.
Tu viens d'où, déjà, toi ?
Sarcelles, chef.
- Ça te change, hein ? - Ouais.
- C'est qui, eux, là ? - Les IA.
[chef] "Installations aviation".
- Et ils font quoi ? - Ils préparent les trois brins d'arrêt.
C'est les câbles qui freinent les avions.
Les pilotes doivent en accrocher un pour s'arrêter.
Je te présente Athéna,
Aphrodite et Andromède.
- [Wesley rit] - Athéna, c'est la déesse de la guerre.
C'est le premier.
Faut un esprit guerrier pour accrocher.
Aphrodite, c'est l'amour.
Et Andromède, c'est la dernière chance.
[un Rafale cingle l'air]
Bienvenue sur le Charles .
[rire admiratif]
[jets de vapeur]
[musique de tension]
[respiration étranglée par les sanglots]
[la tension retombe]
[Lafayette] Miroir. Auto 22, Lafayette.
[homme] Vitesse ?
[Lafayette] 128 nœuds.
[il soupire]
Arrête, Carlos. Tu vois bien que ça passe pas.
Ça passe large.
- Trop bas. - Tu chipotes, là.
[Carlos pouffe]
Hm...
Il est pas dans la trajectoire, je te dis.
Cap.
[Lafayette] Sud-sud-est, azimut 1.5.9.
Soutiens le nez, Lafayette.
Reçu.
Hâte d'être à la maison.
[musique épique]
[Beck] Là, il est dans l'axe, comme on aime.
[Carlos] Lafayette, tu as le Charlie. Présente-toi à l'appontage.
[bip]
[raclement métallique]
[claquement sec]
[il souffle]
[bas] Pourquoi "Lafayette" ?
Bof...
Son nom de famille, c'est "de Gallery".
- C'est toi qui as trouvé ça ? - [il soupire]
[elle rit]
[réacteur de Rafale]
Il bourrine, là, non ?
Il bourrine.
Calmos. Je sais qu'on te manque, mais lève le pied et pose-toi gentiment.
[pilote] Paré appontage.
Et s'il accroche pas le câble ?
Il redécolle ou il termine dans la flotte.
C'est pour ça qu'ils appontent plein gaz.
Pour pouvoir repartir au cas où ils y arrivent pas.
Regarde.
Il accroche.
[frein bruyant]
[musique épique]
Salut, le Charles .
Content de vous revoir.
Dino, attendez d'être au mess pour faire le show.
[Dino] Vous ferez ma première partie, comme d'habitude.
J'étais leur instructeur à Landivisiau quand je commandais la flottille 11F.
Ça doit être les meilleurs.
Sauf à la bataille navale.
[petit rire]
[musique de tension]
[cliquetis métallique]
[grincement]
[Biraben a le souffle court]
[sifflement d'un jet de vapeur]
[respiration paniquée]
[note angoissante]
[foulée rapide]
[cliquetis]
[une femme crie]
[raclement métallique]
[claquement]
[musique catastrophe]
[technicien] Pression insuffisante pour apponter.
Un tracteur dans les brins pour dégrafage.
[alertes]
Y a un problème avec les brins ?
Presse de freinage rouge.
Deux brins HS. Il faut les démonter.
Dégrafage rapide du brin.
Prévenez le pilote.
[réacteur d'avion]
[Duval] Il faut le dérouter.
Il revient de plusieurs heures de mission. On le fait pas apponter avec un seul brin.
[Devred] "Elle".
C'est Poulidor.
Passez-moi l'officier installations aviation.
Avia pour IA.
Rapport hydraulique ?
Biraben ?
Répondez, Biraben.
[homme] Elle est pas là, on sait pas où elle est.
Envoyez quelqu'un aux presses des brins deux et trois.
Rim ? Vous allez me la chercher ?
Parce qu'on n'a personne pour la remplacer.
[Poulidor] Virage gauche 210, fin de circuit.
Trajectoire, OK. Vitesse : 140 nœuds, OK.
[note inquiétante]
[Beck] Remonte, Poulidor. Wave off .
Poulidor, tu m'entends ?
Appontage refusé.
Négatif. Wave off impossible.
Refaites un passage. On a un problème de brin.
J'ai plus assez de carbu, là. Wave off impossible.
Je répète. Wave off impossible.
J'ai bouffé trop de carbu à basse altitude.
On vient de taper 3 000 km. Demande d'appontage.
[Beck] Appontage refusé.
Je répète : w ave off engagé.
[le Rafale s'éloigne]
[Poulidor] Charles de Gaulle , demande d'appontage.
Elle peut y arriver ?
Si elle ne peut pas, personne ne peut.
OK, alors on va l'aider. On accélère, on change de cap.
Nord-nord-ouest.
Plus de 25 nœuds ?
Chef de quart, vous venez au 320. Vous stabilisez la divergence.
On va mettre le Charles dans l'axe
pour l'accompagner au maximum.
Vous mettez les machines avant... 220.
On réduit sa vitesse relative et on met un maximum de vent
pour l'aider à apponter.
[musique de tension]
On change de cap, là.
Ouais.
Désolé, Rim, on sait pas où elle est. On a pas le temps.
On cherche une solution.
[homme] Communication passerelle.
L'enseigne de vaisseau Biraben est priée de se rendre à son poste d'urgence.
27 nœuds sur le pont, Commandant.
De passerelle. Appontage d'urgence d'un Rafale dans une minute.
- On sera dans les temps ? - Tout juste, Commandant.
Urgence Avia. Équipe sécurité aviation,
sur le pont.
[Carlos] Soutiens à 120 nœuds.
On va accompagner ton appontage, Poulidor.
Reçu.
Vitesse 135 nœuds.
[alertes électroniques]
[Poulidor] Allez.
[elle soupire]
On est dans l'axe. Nous sommes parés pour l'appontage.
Vent sur le pont : 27 nœuds.
Autorisé appontage, Poulidor. Vert !
Train, crosse, sortis. Descente.
Allez.
Plante pas un avion à 100 millions devant tout le monde.
Tu fais comme à l'entraînement.
T'attrapes la queue de Mickey et tu rends fiers papa et maman.
Allez, vas-y, vas-y.
C'est rien pour toi. Tu l'as fait 100 fois, ça. Vas-y.
[alertes]
[la tension monte crescendo]
[claquement sec]
[frein puissant]
[la tension retombe]
[musique douce]
[elle soupire]
[il souffle]
[femme] Appontage réussi.
[grande inspiration]
Bravo à tous.
Moi, j'ai toujours eu confiance en elle.
[elle reprend sa respiration]
Je suis contente de vous revoir, en tout cas.
[grognement soulagé]
[la musique s'arrête]
[Duval] Vous avez trouvé Biraben ?
Aucune trace, Commandant.
Elle a jamais pris sa place aux installations aviation.
OK, merci.
Je veux un rapport de son équipe.
Pourquoi personne n'a vérifié le paré des freins ?
Bien reçu.
Biraben, c'était pas la jeune femme qui semblait avoir un problème ?
En tout cas, tu te souviendras de ton premier appontage.
Ouais...
Une boîte de chocolats, ça m'aurait suffi, hein.
[tous] Wouh !
[femme] Bravo !
Mid-ship, merci de rappeler la règle.
Reçu, Commandant.
Votre attention, s'il vous plaît.
Le commandant vous rappelle la règle.
Seulement deux unités d'alcool par jour et par marin.
En chanson, Mid-ship, allez !
- Bah oui... - Allez !
[tous] Mid-ship ! Mid-ship !
Allez, chante !
Elle est pas morte, cette tradition ?
Oh, si. Et tu y as bien contribué.
Je me rappelle quand tu étais le plus jeune officier de la frégate.
Comment tu faisais pour chanter aussi faux ?
Repos, Mid-ship.
Il plaisantait.
[conversations à bas volume]
Lui, il m'aime pas, hein.
Merci.
- Danton ? - Hm-hm.
Il te connaît pas, c'est tout.
Oui, enfin, je connais ce regard. Je le vois à chaque prise de poste.
Il est commandant adjoint équipage.
Il se méfie de tout le monde. Il teste les nouveaux.
C'est son rôle d'avoir l'œil partout.
Un peu parano, oui, mais...
[Devred] Y a pas plus droit, tu verras.
[Danton] Ouais.
Et Fabretti ? Il a déjà alerté l'état-major au sujet de Biraben ?
Dans la minute.
Commandant Duval.
Je vous transmets mes félicitations
et les encouragements de l'état-major.
[Duval] Merci.
[bourdonnement anxiogène crescendo]
[cliquetis métallique des ustensiles]
[le chef soupire]
[chef] Quartier-maître, tu gères l'argenterie du Pacha ?
[Wesley] Oui.
Alors, t'as un gros problème.
- Qu'y a-t-il ? - On trouve plus sa fourchette.
Mais elle était là, pourtant. Avec le reste.
[bas] Putain...
Le commandant Devred voudra manger avec.
Faut que tu la trouves.
Ah, très drôle...
C'est une tradition. Le Pacha ne rigole pas avec ça.
C'est une aiguille dans une botte de foin.
Ah...
T'es pas de la campagne ? T'as qu'à chercher en banlieue.
- Ça veut dire quoi, ça ? - Que tu vas devoir fouiller.
Oui, mais ce bâtiment fait genre 40 fois mon immeuble.
Exact. Si j'étais toi, je m'y prendrais tout de suite.
Tu me ramènes ce plateau et tu t'y mets. Allez.
Allez !
[rire moqueur]
[il pose le plateau]
- Tu surveilles les jeunes recrues ? - Hein ? Non...
Tu te souviens de ce que je t'ai dit sur la frégate ?
Euh, oui.
Que tu ne voulais pas rentrer d'escale à Tahiti.
Ah, oui. C'est vrai, j'ai dit ça.
- Mais non, c'est pas ça. - C'est quoi ?
Que t'allais nous ouvrir la voie, à toutes.
Ah. Ouah, t'es pas objective.
Peut-être. Mais j'ai toujours raison.
C'est Émilie Lafont. Tu voulais la voir, elle est là.
Le lieutenant de vaisseau Émilie Lafont.
Ingénieure atomicienne au secteur propulsion.
- Mes respects, Commandant. - Vous partagez la cabine de Biraben ?
Euh...
Vous l'avez vue depuis le dernier appontage ?
Hm... non.
Je l'ai pas vue aujourd'hui.
Elle voit plus ses réacteurs nucléaires que les marins.
[petit rire]
[tintement inquiétant]
[annonce indistincte sur les haut-parleurs]
C'est vous, le nouveau "motel" ?
Par... Pardon ?
Vous êtes le maître d'hôtel du Pacha ?
Oui. Oui, Capitaine d'armes.
Quartier-maître de deuxième classe Wesley Diamé.
Ils ont fait le coup de la fourchette ?
Affirmatif.
La dernière fois, ils l'avaient mise en salle de sport.
Cette fois, elle serait en banlieue.
Ah.
Les coursives ont des noms de rues de Paris.
Là, vous êtes place du Tertre. Le cœur du bateau.
Donc, elle est pas là, c'est ça ?
Bah, vous êtes bon pour le 110 mètres haies.
[musique mystérieuse]
[il soupire]
Bon, globalement, bon travail, tout le monde.
Mais comme vous l'avez vu, on a été engagés plus tôt que prévu,
donc pour la prochaine fois...
[Lafayette] Fixe !
- Commandant. - Repos.
[Poulidor] Je crois que je vous dois des remerciements.
Bravo, Capitaine... Poulidor, c'est ça ?
Oui.
Parce que je vole toujours derrière Lafayette.
Ah, éternelle seconde comme le cycliste.
C'est ça.
Eh ben, il va falloir penser à passer devant,
parce que Poulidor toujours deuxième, c'est une légende.
Il a gagné beaucoup de courses. Bien plus qu'il n'est arrivé second.
Je sais.
J'attends les rapports de presse, mais c'est une erreur humaine.
De l'inédit depuis que je suis commandant du groupe aérien embarqué.
Biraben n'a pas remis les brins en batterie,
et personne ne sait où elle est.
Sinon, on analyse les images de reco prises par Poulidor et ça bouge.
Les rebelles déplacent du matériel lourd. Et vite.
La zone est trop sensible. Ça sent mauvais.
La prochaine fois, on risque une surprise plus grave que des missiles sol-air.
[musique mystérieuse]
Bien.
Elle est petite comme ça, avec plein de dents sur la tête.
Vous êtes sûrs que vous l'avez pas vue ?
[il soupire]
[sifflements de jets de vapeur]
[grincements métalliques]
[la musique s'estompe]
[soupir exténué]
[crissements réguliers]
[soupir]
[cliquetis métallique]
[grondement inquiétant]
[cliquetis]
[percussions oppressantes]
[cliquetis des chaînes]
[musique tragique]
[Danton] C'est bien compris ?
Pour le moment, n'en parlez à personne.
Restez dans vos quartiers jusqu'à ce que je vienne.
Si c'est trop dur, on peut vous confier au médecin-psychologue.
[Danton] Quartier-maître, faut se relever, là.
[Duval] Danton.
Je m'en occupe.
Hm.
Faites bloquer l'accès.
Protocole article 74 pour mort suspecte.
Oui, je connais la procédure. Merci.
Reçu ?
Bien reçu. Commandant.
On lance une enquête de commandement de type alpha.
[il s'éloigne]
Ça va aller ?
Commandant, vous me trouvez fragile ?
Non, même si on y est tous préparés, c'est jamais simple.
Qu'est-ce que je vais raconter aux collègues ?
Que vous n'avez pas trouvé la fourchette.
Bon, essayez de vous reposer.
Et puis, si quoi que ce soit vous revient,
vous venez m'en parler directement, OK ?
Bien pris, Commandant.
Commandant ?
Non, rien, pardon.
Bonne soirée.
[musique inquiétante]
Évidemment, c'est une tragédie, mais on déroutera pas la mission.
J'ai échangé avec l'état-major, les enjeux sont trop importants.
Alors, on garde le cap.
Arrivée sur zone prévue dans cinq jours.
Pour l'instant, c'est une enquête de type un.
Ça relève de votre périmètre.
Vous devez gérer l'interne.
La communication média est centralisée à terre.
Bien reçu, Fabretti.
Demandez à Toulon d'envoyer d'urgence un remplaçant aux installations aviation.
Bien reçu, Commandant.
Faut qu'on prévienne sa famille.
Je vais m'en occuper.
- Permission de parler à son équipe ? - On va le faire.
Elle est morte, elle s'est suicidée. Point.
Daniel...
[il soupire]
[bas] Héléna, la priorité...
c'est l'équipage.
Et la mission.
On a un bateau à faire tourner, et bientôt 2 000 marins inquiets.
Si toi et moi, on cède à l'émotion, c'est fini.
Quand on commande le Charles , on réfléchit, on parle.
Ensuite, on passe à l'action. Pas l'inverse.
Reçu, Commandant.
Demande à Danton d'organiser un soutien psychologique.
Laisse-moi m'en occuper.
Je me rapproche de l'équipe de Biraben.
Quelqu'un me dira pourquoi elle a fait ça.
Elle avait l'air tellement mal.
[il soupire]
Du soutien, Héléna.
Pas la grande inquisition.
Je ne veux pas de paranoïa à bord.
On ne laisse rien sortir.
Aucun détail.
[musique intrigante]
Oui.
[homme] Alors, je suis pas légiste...
mais ce sont des marques de strangulation manuelle.
Pas seulement celles de la chaîne.
La pendaison est pas la cause de la mort.
Elle a été étranglée...
puis pendue ?
Et cette plaie...
suggère qu'elle est tombée,
ou qu'elle a été frappée ante mortem .
Elle s'est battue avec son meurtrier.
[elle inspire]
Essayez de tirer quelque chose de ces traces de lutte.
[le vent souffle]
[homme] Masquage des feux. Masquage des feux.
Passage en situation de nuit.
Masquage des feux. Masquage des feux.
Passage en situation de nuit.
[claquement]
[musique oppressante]
- [la musique s'estompe] - [quelqu'un tape un stylo]
Bon, bah on va annoncer la nouvelle à son équipe.
Et à elle seule.
L'enquête passe en type deux. Elle n'est plus de mon ressort.
Mais on n'envisage même pas de faire une escale ?
On n'a pas le choix. Ça vient d'en haut.
Un de nos chasseurs a été ciblé.
On a besoin de nous sur la zone de conflit.
Et on a besoin de nous, mobilisés.
Donc bulle de silence au sein de l'équipage
tant qu'on n'a pas mis la main sur le responsable.
Commandant, euh...
L'équipage a le droit de savoir, non ?
On est là pour protéger la démocratie,
pas l'appliquer.
[clic d'un stylo]
Toulon nous envoie un enquêteur.
Demain, première heure, en hélico.
[Danton] Ah bon ?
La police interne, c'est sous ma responsabilité.
Normalement, je suis le premier prévenu.
C'est le cas.
C'est un marin, au moins ? On le connaît ?
Non, un gendarme maritime.
Lieutenant Paul Fischer.
Et c'est pour ça que je vous demanderai de le prendre en charge.
Je dois le tenir par la main, aussi ?
[rire moqueur]
Vous vous en occuperez, Duval.
Je ne veux pas l'avoir dans mes pattes.
Bonsoir.
- [Danton] Bonsoir, Commandant. - Bonsoir, Commandant.
[musique oppressante]
[Lafayette gémit]
[la musique s'adoucit]
On viole combien de règles en faisant ça ?
Beaucoup.
Tu sais que si on nous voit, on est morts.
- [Lafayette] Hm-hm. - Hm-hm.
Je sais.
[fermeture éclair]
[ils gémissent]
[bourdonnement du néon]
[elle retire le bouchon d'un flacon]
[elle presse le poussoir]
[musique énigmatique]
[elle repose le téléphone]
[frottement des pales d'un hélicoptère]
[la musique monte en puissance]
[communications radio indistinctes]
[la musique s'estompe]
[il souffle]
[il prend une grande inspiration]
[fort] Bienvenue sur le Charles !
Lieutenant Paul Fischer, gendarmerie maritime.
Capitaine Héléna Duval, commandant en second.
- Bienvenue, Lieutenant. - Mes respects, mon commandant.
"Commandant".
C'est pas "mon commandant" dans la Marine.
Bien sûr, pardon.
Vous passez trop de temps avec les gendarmes.
Votre sac.
[l'hélicoptère s'éloigne]
Ça bouge toujours autant ?
- Ça bouge pas encore, là. - [rire étouffé]
[il souffle]
Ça va aller ?
Vous connaissiez la victime ?
Non, pas vraiment.
C'est-à-dire ?
Je l'ai croisée hier avant la première pontée,
près de la passerelle de navigation.
Tout se ressemble, ici. Vous m'emmenez où ?
À votre poste.
Vous posez vos affaires et vous allez vous changer.
Je suis pas bien, comme ça ?
Je vous demande pas votre avis.
Avec une tenue de protection de base, vous perturberez moins le bateau.
Tout le monde doit rester concentré, la mission avant tout.
Même avant mon enquête ?
On communique avec l'extérieur
grâce à des lignes fixes à des postes stratégiques
ou dans la cabine des officiers.
Et voilà.
Faites comme chez vous.
[musique sombre]
[Fischer] Contusions.
Strangulation à mains nues.
Délicat de faire croire au suicide.
Elle avait des ennemis à bord ?
Non, je pense pas. C'était sa première fois ici.
Des amis, alors ?
On vous fera parvenir une liste.
Pas besoin de liste, juste un nom.
- Celui d'un amant, d'une amante. - C'est interdit à bord.
S'il suffisait que ce soit interdit pour que ça n'arrive pas.
La plupart des meurtres se font dans le cercle le plus intime.
Y a pas de raison que la Marine échappe à cette règle, non ?
[le zip de la fermeture éclair résonne]
[Camus] Voici le poste de Biraben.
- Vous avez fait le ménage ? - Non, personne n'est entré depuis hier.
Qui partage cette cabine ?
Le lieutenant de vaisseau Émilie Lafont.
Elle est ingénieure atomicienne.
Vous l'avez relogée où, cette atomicienne ?
Dans ma cabine.
C'est la procédure, ça ?
Je m'occupe des Ressources humaines.
Elle était bouleversée. Ça m'a paru normal.
[grande inspiration]
[il expire fort]
Vous êtes amies ?
Oui.
Bien. Il faudra que je lui parle.
Hm-hm.
Et à vous aussi.
[musique de suspense]
Ça va ?
Il m'a juste posé des questions.
- Commandant. - Merci.
Tout va bien ?
Hm-hm.
[Danton soupire]
- [Fischer] Bonjour. - [tous] Bonjour.
[il se racle la gorge]
Commandant.
[officier] Merci.
Alors, Lieutenant, comment se passe votre arrivée parmi nous ?
À dire vrai, pas aussi bien que je le voudrais.
Il va me falloir un peu de temps pour...
percer tous les secrets du Charles .
Nous n'avons pas de secrets.
Tant mieux.
Dans ce cas, vous pourrez me dire ce que venait faire la victime
près de votre passerelle hier matin.
C'est elle qui m'a dit l'avoir vue.
Je cite... euh...
"Avant la première pontée, près de la passerelle de navigation."
Enfin...
Elle voit pas ce qu'il y a de suspect à ça.
[Fischer] Rien.
À part que ça ne soit pas dans le rapport.
Et que Biraben soit morte.
Biraben voulait parler au commandant.
Je l'en ai empêchée. C'est la procédure.
Hm.
Vous n'allez pas sérieusement soupçonner mes officiers supérieurs ?
Je soupçonne tout le monde sur ce bateau.
[musique de tension]
[Fischer] Tout le monde.
[il se racle la gorge]
[alarme]
[homme] De passerelle. Un homme à la mer sur bâbord.
Un homme à la mer sur bâbord.
Ceci n'est pas un exercice...
[raclements métalliques]
[musique percussive inquiétante]
- [Devred] On l'a en visuel ? - [chef de quart] Oui.
Équipe de sauvetage à l'eau.
OK. Réduisez la vitesse, virez à bâbord.
Attention aux vagues d'étrave.
Vous le voyez ?
[marin] Négatif, Commandant.
Là !
Vous l'avez ?
Affirmatif.
On voit des traces de sang...
et une plaie ouverte !
Il est conscient ?
Négatif. On tente de le réanimer.
C'est qui ? Vous avez sa bande patro ?
C'est Camus.
Elle est vivante ?
Est-ce qu'elle est vivante ?
[musique dramatique]
[claquement grave]
[musique sombre énigmatique]
Sous-titrage : Elsa Bascoul pour TRI TRACK
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