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Liaison au centre de contrôle. Établi. Programme 12 lancé. Convertisseur. Prêt.
Tracteur linéaire.
Prêt.
Paramètres conjoints.
Ok.
5, 4, 3.
On peut envoyer.
Envoyer.
Tu m'attrapes.
C
'est
génial.
Bonjour, Franz.
Entre, Sophie t'attend.
Sophie ? Salut.
Salut.
Allez, viens par ici.
Mais qu'est-ce qui te prend ? Je ne peux pas, Emmanuel.
J'ai peur.
Je l'ai fait venir pour toi. Tu lui plais.
Mais je ne veux pas faire ça ici.
Et toi ?
Oh, c'est pas James Dean, mais il me déplait pas.
Tu devrais te décider vite.
Tu veux vraiment ? Mais oui, pourquoi pas, enfin ? Mais tu es vierge. Je sais
comme toi, à 15 ans, il faut qu'on sache ce que c'est, tu crois pas ? Allez,
décide-toi, Sophie, sinon je le prends pour moi. D'accord, je te lève.
T'es sûre de ce que tu dis ? Oui, tu peux le prendre, je te le laisse.
Qu'est-ce qui se passe ? Je peux savoir ? Tu sais quoi, je dois aller chercher
des serviettes, alors sois gentille, aide-moi, s'il te plaît.
Suffit de demander.
Viens voir.
Regarde.
J'arrive pas à ouvrir le placard.
Attends, laisse-moi faire.
Oui, merci.
Tu es fort.
Je sens tes muscles qui se tendent.
Elle est dure, cette poignée.
Et qu'est-ce que tu fais, Manuel?
Laisse-moi faire, Franz.
Tu as la peau douce.
Tu me plais.
Non, mais qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que tu fais dans cette
position ? Non, mais tu n'as pas honte ! Désolé, le programme est terminé.
Merci, Ralph.
Soyez gentil de nous laisser.
C'était amusant, non ? Non, c'est pas vraiment le mot.
Vous n'avez pas envie de relivre ça ? En effet, c'est pas mon meilleur souvenir,
mais... Comment est-ce possible ? C'est affreux, Sœur Dominique.
On se retrouve 25 ans en arrière, en quelques secondes, avec tous ces
détails, avec toutes ces sensations.
J'ai vraiment senti la vapeur de l'eau chaude. J'ai vraiment senti la honte de
la situation, la peur de Sœur Dominique, l'eau glacée.
Mais j'hallucine ou quoi ? Non, tu n'hallucines pas.
Tu es entrée dans le monde virtuel.
Je te trouve ici dans le centre international de réalité virtuelle dont
le nom de code est Irving.
C'est bien entendu un centre top secret qui s'occupe exclusivement de l'aspect
sensuel, des réalités virtuelles.
Tu ne vois que la partie de l'iceberg. Des dizaines de techniciens travaillent
dans les sous-sols du château pour mettre en place et créer de nouveaux
programmes qu'ils envoient par liaison satellite à nos centres de New York,
Londres, Sydney, Tokyo.
Préparez cadre chandelisé pour data numéro 2.
Prêt à envoyer.
Tous nos clients doivent être hautement recommandés pour pouvoir entrer dans le
programme Irving. Il faut que vous vous déshabillez entièrement. Le vestiaire se
trouve à votre gauche.
Vous mettrez ce data suit.
Il faut que je mette ma... là-dedans ? Oui, c'est indispensable si vous voulez
que les sensations soient complètes.
Voyez-vous, cette combinaison est bourrée de mini-capteurs qui nous
permettent de vous envoyer toutes les sensations que nous avons programmées.
Nous entrons toutes les données du corps de cette fille dans l'ordinateur.
Et ensuite, nous pourrons les modifier pour recréer ce que nous appelons un
animatron.
Conçu pour... pour servir les fantasmes de nos clients.
Le jeune garçon tout à l'heure, c'était un animatron.
Tu veux dire que tu crées un formidable bordel électronique.
J'aime pas trop ton expression.
Mais dans un premier stade, c'est un peu ça.
Justement. Le but de nos retrouvailles, c'est de pousser le programme encore
plus loin. Encore plus loin ? Ça laisse rêveuse.
Je suis heureuse de te l'entendre dire.
Passons dans mon bureau.
Sauvegarde de la secrétaire Annie Matron.
Bien reçu, insertion demandée.
Elle vous plaît, Mélanie ? Les services modeling et scanner ont bien travaillé à
partir de trois malheureux polaroïds.
Elle le fait vrai.
Je l'attesterai bien, moi, sa secrétaire.
Je vous en prie, Ralph.
Pas de réflexion déplacée, merci.
Affichage. Ok.
Je vais te montrer quelque chose.
Convertisseur. Prêt.
Paramètre linéaire. Prêt.
Voilà les lunettes data.
Tu mets ça.
Et tu peux entrer dans le programme et assister à la scène. Mais tu resteras
invisible puisque tu n'as pas de combinaison.
Paramètre conjoint. Bon.
On peut envoyer.
Tu te déplaces exactement comme tu veux dans le programme.
Comme ça, comme ça.
OK ? Mets les lunettes.
Attention au son.
On y va.
Bien joué.
Mais c'est pas du tout ça.
C'est n'importe quoi.
Vous ne voulez pas que ce soit plus vrai que nature ? Imbécile, ne soyez pas plus
bête que vous en avez l'air.
Si c'était pour me prendre une claque, je n'aurais pas pris le risque de venir
ici. Je serais resté dans mon bureau.
Bon, à mon avis, monsieur, vous devriez prendre un autre physique.
Dans ce programme, vous avez l'opportunité de changer d'apparence.
Ce n'est pas une insulte, mais je suis lucide.
Bon, eh bien, nous allons reprogrammer.
Monsieur Kahn, ayez la bonté de nous faire un thé.
Soutiane.
Bien sûr.
Ah, c'est reparti.
Non mais t'as vu ? Elle est complètement hystérique cette fille.
C'est Annie Matron tu veux dire ? Elle est programmée pour satisfaire le
client. Mais j'ai l'impression de faire la voyeuse.
Et pourquoi pas ? Pourquoi pas ?
Électrocardiogramme ? Normal.
Sous contrôle.
Electro anormal.
240. Action de secours.
260.
270.
275.
C'est pas mal, hein ? Techniquement parfait.
Tu dois me trouver bien puritaine.
Non, pas du tout.
Je te trouve telle que serait n'importe quelle femme après avoir vécu ce que tu
as vécu en Turquie avec Carlos.
Tu te souviens que c'est moi qui t'ai présenté Carlos à Hong Kong ? Oui.
Mais je me sens responsable de ce qui t'est arrivé.
Responsable et... Non, Emmanuel, tu n'y es pour rien.
Peut-être à l'époque, mais plus maintenant.
Nous étions les meilleurs amis du monde au pensionnat.
Et puis, il y a eu cet instant où j'ai pris ta place dans les douches.
Toute ma vie a changé, sans doute aussi pour toi.
Parfois, je pense, qu'est-ce qui se serait passé si ça avait été toi avec
Franz au lieu de moi ? Ah, il s'appelait Franz ? J'avais oublié.
Peut-être que ce qui s'est passé avec Carlos ne se serait pas passé, ou aurait
eu lieu différemment, d'une autre façon.
Je ne sais pas.
Si on ne fait pas le monde avec des si.
Mais aujourd'hui, avec le programme Irving, on peut le refaire.
Il suffit de le programmer.
Tu comprends ? Tu veux dire remonter le temps et tout recommencer à zéro ? Et me
retrouver couverte d'acné ? Oh, merci.
Écoute, Emmanuel, j'apprécie ta sollicitude.
J'apprécie vraiment, je te le dis du fond du cœur.
J'ai passé un bon moment avec toi.
J'ai découvert un univers inconnu pour moi, un univers qui le tient.
De plaisir, de sexe, de tout ça, mais c'est pas le mien.
Même à Hong Kong, tu me choquais déjà.
Mais rassure-toi, l'histoire Carlos, j'ai tout oublié. C'est du passé très
lointain.
Non, tout va bien pour moi, je t'assure.
Bon, il faut maintenant que je retourne à ma vie.
Le thé d'Atizantan était délicieux.
Merci pour tout.
Comme tu veux, Sophie.
Mais sache que je suis là, si tu changes d'avis.
Je suis ton amie.
Comme au pensionnat. Comme au pensionnat.
Le biologiste Franz Gotzerman est toujours porté disparu.
Le scientifique qui doit recevoir le prix Nobel a disparu à New York la
semaine dernière.
Le professeur Gotzerman s'est rendu célèbre par ses travaux sur les fourmis
et leur comportement social.
Professeur, en quoi consistent exactement vos recherches ? C'est très
simple.
J'étudie la comparaison entre le comportement social des humains et celui
des fourmis.
L'homme est en train de devenir une machine.
Un outil.
Et il est en train de perdre ce qu'il a de plus authentique en lui.
Les sentiments.
Bonjour Sophie.
Bonjour.
Dis donc, vous savez, Marie, elle est devenue folle.
Qu'est-ce qui se passe ? Je n'ai plus rien à voir avec ce Quentin.
Bonjour Monsieur Cassier. Bonjour tout le monde. Bonjour Monsieur Cassier. Mais
pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je suis allée au concert avec lui hier soir. Ce pauvre type ne connaît vraiment
rien à la musique.
Et alors ? Je ne sais rien, moi. Au début, tout était normal.
J'écoutais avec attention.
Et puis à un moment, il est devenu nerveux.
Je ne comprends pas ce qui lui a pris.
Il était tout bizarre.
Lui qui prétend aimer la musique, il a voulu m'empêcher d'entendre la suite.
Ma vieille, pour gâcher une soirée, c'est vraiment le numéro un.
Larry, qu'est-ce qui t'arrive ? Laisse-moi tranquille.
C'est complètement folle.
Allez, viens, sortons.
Si tu veux tout savoir, il était persuadé que je ne portais pas de
culottes et que le spectateur à l'orchestre me reliquait.
Tu te rends con qu'il a vraiment l'esprit mal tourné, non ?
Écoute, Marie, j'ai une amie, Emmanuelle, qui m'a proposé une
expérience exceptionnelle, mais que j'ai refusée. Bon, peut-être j'ai eu tort,
mais... En tout cas, il faut que je te la présente.
À mon avis, ça va t'intéresser.
De quoi il s'agit ? C'est quelque chose qui te permet de vivre tes
fantasmes sans que quelqu'un risque de t'en empêcher.
Dis-moi, les fantasmes... Tu connais les réalités virtuelles ? Les quoi ? Bon, si
tu es libre le prochain week-end, tu vas connaître.
Regarde cette vue exceptionnelle.
Tu prives le monde d'un brillant esprit.
Le tien.
Le monde me prive bien de ma liberté.
Réfléchis, Kranz.
Il s'agit quand même du prix Nobel.
Écoute, Emmanuel, c'est quand même pas si difficile à comprendre.
J'ai passé toute ma vie à étudier les fourmis.
Je ne suis pas sorti de mon laboratoire pendant 20 ans.
Et puis, d'un seul coup, j'ai participé à votre expérience.
Et un monde tout nouveau s'est ouvert devant moi, un monde fascinant.
Autrement plus intéressant que celui des soi-disant êtres humains, qui ne sont
rien d'autre que des fourmis en moins évoluées.
Ici, je suis chez moi, avec les animatrons.
Je pourrais arrêter les programmes, Prince.
Ça m'étonnerait que tu le fasses, ma chère Emmanuel.
Ce serait trop risqué pour toi.
Maintenant, je connais toutes les subtilités de vos programmes.
Tu m'as compris ? Parfaitement.
Et puis, après tout, tu es un grand garçon. Pas du tout.
Je suis comme un enfant avec un nouveau jouet.
Ou comme un drogué.
Dans ces conditions, il faut que tu fasses quelque chose pour moi.
Tout ce que tu voudras.
Tant que c'est dans le programme.
Ce sera dans le programme, rassure-toi.
Nous en reparlerons.
Je te quitte.
Tout s'est bien passé, j'espère ? C'était bien, la Grèce ?
Exceptionnellement chaud pour un mois de décembre. Et M.
Gotzerman, comment va-t-il ? Oh, de plus en plus fou.
Il se moque de son prix Nobel.
Il est accro au programme virtuel.
C'était bien Hong Kong, monsieur Godzerman ? Comme hier.
Vous avez déjà été à Hollywood ? Oui, plusieurs fois. J'adore les stars de
cinéma. C'est exactement ce qu'il me faut.
Une star de cinéma.
Blonde, féminine, pulpeuse.
Mon rêve à moi pourrait se réaliser ici.
Être une star de cinéma, voilà ce que j'aimerais.
Monsieur Kahn, avons-nous un programme de ce type dans nos mémoires ? Nos
techniciens new-yorkais viennent de mettre au point un nouveau programme.
Je l'ai vu.
Et il vous plaira certainement si vous rêvez d'être une star.
Une star ? Et la plus grande.
Sophie, tu veux accompagner ton ami ? Super !
C'est par là.
Merci. Asseyez-vous.
Vous êtes prête ? Oui.
Tu es sûre que c'est pas dangereux ? Tu ne risques rien, je l'ai déjà fait.
Coordination linéaire. Prêt.
Convertisseur.
Prêt.
Cinq. Quatre. Trois. On peut envoyer.
Envoyé.
Sous-titrage ST'
501
Merci à tous.
Non, c'était bien.
Oh, mon Dieu, c'était extraordinaire. C'est vrai, c'était... C'était moi, j'y
étais, j'étais Marilyn.
La prochaine fois, on vous verra peut-être rencontrer Kennedy ou des
mafiosies. Encore mieux que ça, la prochaine fois, c'est moi qui serai
Kennedy.
Combien de temps ça a duré ? Trois minutes.
Mais c'est impossible, je vous crois pas.
C'est drôle, j'ai eu l'impression que ça a duré plusieurs heures.
J'ai jamais ressenti un truc pareil, c'est merveilleux.
Le temps n'existait plus, c'est bizarre. Le temps n'avait plus aucun sens.
Ils étaient arrêtés. Ah oui, c'est ça. C'était formidable.
C
'est
génial, le monde virtuel. Tu devrais essayer quand tu serais plus cool.
Comme ça, maintenant, tu ne foutras plus en l'air un orchestre symphonique.
Sophie, vous connaissez l'histoire du petit garçon qui demande à son père, «
Papa, c'est quoi la différence entre la réalité et la virtualité ? » Eh bien,
mon fils va demander à ta mère si pour 100 000 francs, elle coucherait avec le
premier venu.
Le petit garçon va voir sa mère, qui réfléchit à peine, et répond, « Ah oui,
bien sûr ! » Alors le petit garçon retourne voir son père et lui raconte.
Alors le père lui dit, « Demande à ta soeur si pour 100 000 francs, elle
coucherait avec le premier venu. » Le petit garçon va voir sa soeur qui
réfléchit. Oui, pour 100 000 francs, je pourrais m'acheter un Walkman, des
lasers, une nouvelle chaîne haute définition.
Le petit garçon revient puis dit à son père.
Papa, ma soeur aussi accepterait de coucher avec le premier venu pour 100
000 francs. Alors le père, il prend son fils par les épaules et lui dit. Tu vois
mon fils, virtuellement nous sommes riches de 200 000 francs. Mais dans la
réalité, nous avons deux salopes à la maison.
Marie, venez dans mon bureau s'il vous plaît.
Oui, j'arrive.
Marie, j'ai surpris votre conversation.
Qu'entendez-vous par réalité virtuelle, au juste ? Vous voulez que je vous
explique ou que je vous montre de quoi il s'agit ? Excusez-moi.
Asseyez-vous, je vous en prie.
Mais oui, monsieur Cassier.
Voilà, Sophie a une amie, Emmanuelle. Vous la connaissez ? Oui, de nom. Ah oui
?
Vous croyez vraiment qu'elle est prête ? Vous l'avez bien observé avec son ami
Marie. Elle avait peur.
Oui, mais en même temps, elle était si malheureuse.
Il faut que j'en ai le cœur net.
Je dois pousser l'expérience jusqu'au bout.
Secourir quelqu'un malgré lui, c'est le condamner plus sûrement.
Ne vous inquiétez pas.
Tout ira bien.
Je prendrai un texte.
Bonne soirée.
Voilà.
Mon Dieu, que de dossiers.
On se croirait au bureau de la CIA.
Tu ne crois pas si bien dire, c'est toute ma vie.
Qu'est-ce que tu veux dire ? Assieds-toi.
Regarde.
Je me souviens de ce garçon. Oui, il était pas trop mal.
Oh, et cette fille-là.
Dieu sait ce qu'elle est devenue.
Merci. C'était moi.
Et Franz, tu as sa photo.
Et Carlos.
Franz ? Quel Franz ? Mais Franz, le garçon de la douche.
Franz Gotzerman.
Franz, c'est Franz Kotzermann, le prix Nobel ? Fourmi et structures humaines, c
'est celui qui a disparu ? Le même.
Oh.
Non, non, je n'ai rien de lui, non, mais j'ai lu tous ses livres.
Par contre... Regarde.
Carlos.
Même lui, je l'ai classé.
Je regrette de te l'avoir présenté à Hong Kong. Tu n'y es pour rien.
Tu sais, je n'ai jamais su ce qui s'était vraiment passé là-bas.
Après ma rencontre à Hong Kong, je l'ai vue à Istanbul où mon père venait d'être
nommé à l'ambassade de France.
Eh bien ? J'étais idiote.
Raconte, ça te fera du bien.
Cette nuit-là à Istanbul, il faisait très chaud.
Carlos, en souriant, m'avait proposé de venir me rafraîchir.
C'était ridicule.
Sophie ? Sophie ? Il m'avait emmenée dans les entrepôts frigorifiques de son
père.
Sophie, qu'est-ce qui te prend ? Je ne vais pas te faire de mal.
Je ressentais une peur irraisonnée. Je savais que quelque chose allait arriver,
devait arriver.
Mais pourquoi tu te casses ? Le qui tu appelles ? Sophie ? Sophie ?
Carlos avait été entreprenant toute la soirée. Il avait beaucoup bu, j'avais
beaucoup bu aussi. J'étais folle de l'avoir accompagné.
Bon, mamie, ne sois pas idiote.
Il fallait absolument que je sorte de cet endroit horrible.
Tu vas adorer ça, Sophie.
Et j'ai été trouvée... Arrête de faire ça ! Laissez-moi ! Non !
On n'en fait pas ça ! Et pourquoi pas ? Tu es belle !
Non ! Non, je suis fière ! Eh bien, alors, l'endroit est bien choisi, tu vas
voir.
Belle-misse !
Emmanuel, je haïssais Carlos.
Je haïssais tous les hommes. Je me haïssais. Tu ne peux pas savoir comme
cette haine m'a suivie toute ma vie.
Cette fameuse nuit au pensionnat, tu aurais pu faire l'amour avec ce jeune
homme au lieu que ce soit moi.
Depuis ce jour-là...
J'ai un autre regard sur le monde. Je me suis mise à avoir soif de vivre.
Et toi, tu t'es fait violer par Carlos.
Mais on pourrait changer tout ça, grâce au programme Irvine.
Emmanuel ! Emmanuel, je t'en prie, aide-moi ! Aide-moi !
Je dois te mettre en garde, Sophie, contre les risques de ce que nous allons
entreprendre.
Cette expérience n'a jamais été tentée.
Le programme virtuel permet théoriquement d'y parvenir.
Mais je suis désolée de te dire que tu seras notre premier cobaye.
Je n'ose même pas imaginer ce qui se passerait en cas d'échec.
C'est votre volonté seule qui pourra changer ce qu'il y a dans votre cœur.
Sans cette volonté de changer, tu pourrais encore empirer les choses.
Ça ne peut pas être pire que maintenant.
Malheureusement, si.
Si tu ne prends pas la décision nette et claire au moment crucial.
Veux-tu prendre le risque ? Je n'ai plus rien à perdre.
Bon.
Nous allons tenter ensemble d'effacer ton passé.
Dans votre futur.
Bonjour, France.
Oh, Sophie t'attend.
Sophie.
Salut. Salut.
Allez, viens par ici.
Tu vas pas recommencer ? Je peux pas, Emmanuel.
J'ai peur.
Tu sais, je l'ai fait venir pour... Toi, tu lui plais ? Je crois que je ne vais
encore pas pouvoir.
C'est merveilleux, Franz.
Désolé, le programme est terminé.
Je le sens.
J'ai entendu dire que les rêves pouvaient devenir réalité.
Les contes de fées peuvent devenir réalité.
C'est vrai aussi.
Quand les rêves deviennent réalité, la plupart du temps, ils disparaissent.
Enfouis sous un tas de mensonges, sous un amas de tromperies.
Pourquoi tu me dis tout ça ? Parce que je n'ai pas envie que ça m'arrive.
Est-ce que je peux vraiment me reprogrammer moi-même ? Est-ce que je
peux vraiment effacer tout ce qui a marché de travers et commencer à zéro ?
N'est-ce pas trop demander ?
Tu te souviens, la nuit, dans le dortoir au pensionnat ? Je me souviens de ce
grand dortoir avec toutes les filles.
Une fois, je me suis approchée de toi.
Tu dormais.
Je ne te plaisais pas ? Si, tu étais très belle.
J'avais envie, moi aussi, mais... Mais ? Je ne sais pas.
J'avais peur et puis ça ne se faisait pas.
Si, toutes les filles le faisaient, tu sais.
Oui, je savais, mais... Et maintenant, tu pourrais ? Je
ne sais pas encore.
Eh bien, on va savoir.
Laissons-la dormir.
Bon, tout s'est bien passé jusqu'à présent.
Vous voyez, Monsieur Kahn, vos craintes n'étaient pas justifiées.
Nous pouvons dire que nous avons eu de la chance.
Je la laisse dormir.
Qu'est-ce qu'elle est délicieuse quand elle dort.
Abandonnée comme une enfant, rayonnante de plaisir.
Un plaisir bien partagé, vous pouvez me croire.
Alors, le moment est-il bien choisi ? Si vous la laissiez goûter son bonheur et
attendre... Le contact est activé avec M.
Gotzerman. Bravo, Mélanie.
Alors maintenant, vous ne le lâchez plus. Il est dans son programme favori.
Le destin du pauvre est de rester pauvre.
Celui du sage de rester à l'écart de la folie humaine.
Sophie est parvenue par sa propre volonté à changer son destin
virtuellement. En agissant dans les douches, puis au dortoir, donnons-lui la
chance, l'opportunité de progresser dans la bonne voie.
Rien ne prouve qu'elle soit capable d'agir de la même façon dans la réalité.
Fin du programme, Godzerman, dans une minute.
Peut-être avez-vous raison.
On ne connaît pas les conséquences de ce que nous entreprenons, mais qui ne tente
rien n'a rien.
30 secondes.
Elle va s'en sortir, j'en suis sûre.
15 secondes. Les adieux.
Merci, monsieur Kahn.
Et 5, 4, 3, 2, 1.
Envoyez.
Dois-je me présenter à vous ? Inutile.
Vous êtes très belle.
Vous avez tout ce qu'il faut pour plaire à un homme.
Surtout quand cet homme, c'est moi.
Et je me retrouve face à la réplique parfaite de mon premier amour.
De mon seul amour.
Excusez-moi, je m'égare.
Enfin, en un mot...
Irving vous a parfaitement programmé.
Il la prend pour un animatron.
Qu'est-ce qu'on peut faire, Hal ? Plus rien, madame, à moins d'arrêter le
programme. Tant pis, il va falloir.
On arrête ? Non, non, non, attendez.
Animatron ? Oui, je suis un animatron, programmé spécialement pour vous, Franz
Kotzerman.
Ne sommes-nous pas tous des animatrons ? C'est le moment.
Suite.
Intégration. C'est parti. Oh Dieu.
Non, merci.
Excusez-moi, mais j'avais un vieux compte à régler. Ça fait du bien.
Emmène-moi avec toi.
Tu es sûre de vouloir aller là où je vais ? Je suis prête maintenant.
Ils n'ont plus besoin de nous.
Passez le relais à New York.
Liaison satellite OK.
Prêt ? Envoyez.
C'est à elle de jouer.
On ne peut plus rien faire.
Elle a 22 ans maintenant.
Programmation, Sophie, 22 ans.
Programme chargé.
Adieu, va.
Confirmé.
Phase 7 envoyée.
Phase 7 confirmée. Phase 8 chargée.
Rencontre programmée OK à 100%. A cela près qu'elle n'est pas un animatron.
Oui, il y a un risque de confusion avec la réalité.
Programme en phase 8.
Lancement phase 9.
Electro 180.
Accélération.
190.
Liaison défectueuse.
200. Régime data en surcharge.
Erreur sur programme. Rectification urgente.
Rectification impossible.
220. Bien, on déprogramme.
Mais qui m'a foutu un bordel pareil ? Excusez-nous, monsieur Godzerman, mais
les programmes ont subi une altération irréversible. Mais qu'est-ce qui se
passe ? Je suis désolée, Sophie, mais il y a eu des problèmes, des problèmes avec
le circuit.
Le programme a disjoncté. Qu'est-ce que ça veut dire ? Eh bien, ça veut dire qu
'on est obligés de tout arrêter.
Les circuits ont sauté.
Nous étions en surcharge et le satellite de New York n'est pas assez puissant.
Je continue, moi.
Ce ne sera pas possible avant la semaine prochaine.
Et Franz, où est-il ? C'était vraiment un animatron ? Il venait de la base de
New York.
Je ne m'étais jamais sentie aussi bien.
Tu es une femme épanouie maintenant.
Tu as écouté ton propre cœur et tes sentiments les plus profonds.
Tu as réussi à chasser toute la haine qui s'était amoncelée en toi.
Tu es différente maintenant.
Tu es prête...
À être toi-même. Oui, Franz, c'était la première fois que... Si tu pourrais pas,
je l'aime, il faut que je le retrouve.
Laisse la vie agir, maintenant.
Viens te reposer au château.
Mais que faites-vous ? Vous voyez, je... C'est moi, Ralph ! C'est moi ! Qu'est-ce
que vous faites avec moi ? Mélanie, vite, il faut enfiler le datashoot, le
programme va commencer.
Mélanie, le programme, vite ! Ralph !
Mélanie,
vite, il faut aller dans le programme avant qu'il ne commence.
Programme lancé.
3, 2, envoyez.
Programme en étance.
C'est vrai.
C'était vraiment toi dans le programme.
Je croyais que c'était un animatron. Un animatron ? C'est pas vrai.
Oh, mon Dieu.
Il faut que je retourne dans le programme avec cette femme.
Il le faut à tout prix, Emmanuel.
Jamais je n'étais aussi bien avec quelqu'un.
Tiens, je croyais que tu n'aimais que les fourmis.
Ça suffit.
Je n'ai pas le cœur à ironiser.
Je dois retrouver cet animatron.
C'est impossible.
Pourquoi ? Parce que Sophie est une de mes amies, pas un animatron.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? C'était elle ?
La Sophie de ma jeunesse ? Mon premier amour ? Mais je croyais que tu l'avais
recréée pour me faire plaisir.
Je veux la voir.
Même si ce n'est pas un animatron ? Et puis n'oublie pas qu'elle n'a plus 17
ans, mais mon âge.
Mais alors, moi non plus je n'ai plus 20 ans.
Tu risques d'être surpris.
Pourquoi ? Elle a été défigurée ?
Elle a un pied beau ? Elle est malade ? Non, pas du tout.
Elle est rayonnante de beauté et de bonheur, grâce à toi.
Alors, qu'est-ce qu'on attend ? C'est à toi de décider.
Est-ce que tu veux vraiment retourner parmi les êtres vivants, avec leurs
souffrances, leurs contradictions, leurs défauts, en un mot, dans la réalité ?
Dis-moi où je peux la trouver.
C'est une petite fourmi qui travaille dans un musée, à Paris.
Marie, venez dans mon bureau, j'ai quelque chose à vous dire.
On dirait que vous êtes allé au centre Irvine, monsieur Cassier. Oui, et c'est
grâce à vous.
Je ne peux plus attendre.
Moi non plus.
Oh.
Amen.
Franz Gelsermann a raison. Les hommes ne sont que des fourmis.
Quand ce ne sont pas des porcs.
Vous ? Toi.
Sophie, mon premier amour, je t'emmène.
Notre avion pour Stockholm part dans deux heures.
Mon Dieu, je crois rêver.
Non, tu ne rêves pas.
Messieurs les membres éminents, je dirais même proéminents, du plus
prestigieux et aussi du plus juteux prix jamais décerné au monde,
je voudrais vous dire, après avoir
longtemps hésité à me
rendre auprès de vous,
Et heureux, oui, oui, oui, très heureux.
Je dirais même que c'est un plaisir, oui, un
immense plaisir.
Je dirais presque un orgasme. Non, non, non, non, pas presque,
c'est un orgasme.
Messieurs les membres de l'Académie, excusez-moi.
Insertion demandée. Ok.
Merci.
Désolée le programme est terminé.
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