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En août 1589, un bourbon protestant et pauvre devient selon les lois de
transmission de la couronne roi de France. Il se nomme Henri IV.
Le pays est épuisé par 30 ans de luttes civiles et religieuses entre catholiques
et protestants.
En 15 ans, ce souverain réussit à pacifier le royaume et à le redresser
économiquement.
Mais Henri IV demeure auprès de bien de ses sujets fanatiques un intrus dans une
France imprégnée de traditions catholiques.
Des assassins rôdent autour de lui, cherchant à l'éliminer.
Le 14 mai 1610, le couteau de Ravaillac met fin à la vie de ce souverain premier
de la dynastie des Bourbons.
Voici comment heure par heure s'est déroulée cette journée fatidique qui a
marqué à tout jamais l'histoire de France.
On a vite voulu rentrer, je peux arrêter libre.
Rires.
plein de choses à finir.
Et Charlotte a aimé.
Je ne peux pas mourir. Pas maintenant.
Pas encore.
Vous allez bien ? Endormez-vous, ma reine.
Je passerai vous saluer au déjeuner.
Passons, Pierre.
J'ai de mauvaises nouvelles, majesté.
Edith.
Votre conseiller, notre bon Sully, est souffrant.
Dîna avec lui hier soir.
Une poularde au miel.
Et il allait très bien.
Malheureusement, Sire, c'est un fait.
Sully était tellement mal cette nuit qu'il a dû prendre un bain.
Un bain ? Oui.
Est-il à la mort ? Non, non, pas encore, mais il est alité.
Au moins, j'irai voir aujourd'hui.
Tu m'as parlé de mauvaises nouvelles.
Un pluriel, n'est-ce pas ? Il y a des rumeurs, Sile.
Des rumeurs d'attentats. Ça, c'est pas doux.
J'ai échappé à douze tentatives d'assassinat en quinze ans.
Et dix-neuf, si l'on compte celles qui ont avorté avant l'exécution.
Un treizième pourrait vous être fatal.
Tu deviens superstitieux.
Le 14 mai 1610, le roi de France a 59 ans.
C'est un âge avancé pour un monarque.
Mais Henri IV est en pleine possession de ses moyens.
Ses capacités à gouverner et à raisonner sont intactes.
Après plusieurs années de conflits armés, il a réussi à établir une
certaine unité dans le royaume.
Mais les passions ne sont pas totalement éteintes.
Catholiques et protestants demeurent sur la défensive.
Ils n'attendent qu'une étincelle pour mettre le feu aux poudres.
Quoi d'autre ? C'est Charlotte de Montmorency, sire.
Et bien quoi, Charlotte ? Elle est sur le point de partir.
Partir ? Son mari, sire, le prince de Condé, veut soustraire sa femme à l
'influence de votre majesté. Quoi ? Ce cocu ? Mais je l'ai payé pour qu'il
épouse Charlotte.
Pas pour qu'il l'enlève.
Mais comment ose-t-il ? Dis-moi tout !
Sire, le prince de Condé et sa femme s'apprêtent à quitter Paris cet après
-midi à 4 heures. Pour où ? Pays pas espagnol, sire ! Cher midieu !
On ne veut le premier prince de sang qui passe chez l'Habsbourg, juste au moment
où je prépare la guerre contre sa famille.
Cette Thélonie tombe bien mal.
Écrit.
Madouche Charlotte.
Je n'ai jamais vu de visage et de corps plus harmonieux que le vôtre.
Restez. Restez.
Et attendez-moi.
Fais porter ce billet où tu sais. Très bien, sire.
Si ce courrier n'empêche pas mon neveu de quitter la France, la guerre que je
prépare me permettra d'en retrouver et de récupérer Charlotte.
Veuillez porter cette lettre à la princesse de Condé.
Ordre du roi.
Tout de suite.
Toi qui rayonnais au milieu des nymphes lorsque je t'ai découvert cette première
fois.
J'ai pensé que les nymphes de Diane seraient un ballet très charmant à
présenter à la cour dans la galerie du bord de l'eau.
Charmant, ma reine, assurément, charmant.
Vous m'avez manqué, seigneur. La comtesse du Moray, vous avez le goût du
risque. Vous connaissez la reine, elle est jalouse. Elle pourrait vous éloigner
de la cour.
J'attends que vous aurez une telle poigne, mon roi.
Je voulais savoir votre avis sur les costumes. Je vois qu'ils sont à votre
goût. Ils sont magnifiques.
Putain, là ! Je ne suis pas votre ex-femme Margot. Je ne tolererai pas de
tels agissements de votre part. Je ne faisais que dire au revoir à la comtesse
de Moray.
Eh bien, vous pouvez l'aider à Dieu, maintenant.
Je ne vais plus jamais vous voir, ni dans mon théâtre, ni à la cour.
Ma reine, je vous présente mes plus humbles excuses.
Je ferai selon votre bon vouloir.
Mon roi, soyons bons amis et je serai pour vous et votre pays une grande et
bonne reine.
C'est mon ange gardien, ma reine.
Mesdemoiselles, ça ne va pas du tout.
Un et deux et trois.
On recommence.
Mesdemoiselles, remettez-vous en place.
Musique.
Je vais passer voir Sully avant d'aller retenir Charlotte. Vous n'y pensez pas,
si son mari vous a déjà trahi.
Tu as raison.
Je vais d'abord retenir Charlotte et puis j'irai voir le duc.
Sire, nous devons nous entretenir sur l'entrée de la Reine Marie de Médicis
dans Paris.
Son sacre a été majestueux.
Son entrée dans Paris doit l'être plus encore.
J'irai visiter les décorations, les arcs de triomphe.
On en va voir celui qui est malade.
Et la guerre, sire ? Départ après-demain. 100 000 hommes, que je
conduirai moi-même.
Nous allons réduire l'emprise des Habsbourg sur les duchés allemands.
Sire, si vous prêtez main-forte aux huguenots allemands, Saint-Eté, le pape,
pourrait vous excomminer encore une fois.
La France ne prête pas main-forte.
Elle arbitre.
La situation en Europe m'inquiète.
Mon royaume court le risque d'être encerclé par ces maudits Habsbourg, nos
ennemis de toujours.
Ils dominent l'Autriche, ils détiennent la couronne d'empereurs d'Allemagne, ils
règnent en Espagne et aux Pays-Bas.
De plus, ils sont catholiques, soutenus par le pape.
Ils enferment la France dans un étau agressif.
Je dois leur résister.
Au nom de mon pays, je ne me laisserai pas faire.
La puissance atteinte par les Habsbourg me préoccupe, sire.
Et il ne vous sied pas que la France se retrouve encerclée par les terres
catholiques, n'est-ce pas ? Sully,
cesse de me laisser gagner tout le temps.
Je veux te battre à la régulière. D'ailleurs, je suis meilleur que toi.
C'est ce que nous allons voir.
D'un côté, les Habsbourg d'Autriche avec des possessions considérables. Et de l
'autre, les Habsbourg d'Espagne qui règnent sur la péninsule ibérique, sur
le royaume de Naples, le Milanais, sans compter toutes leurs colonies en
Amérique. Mais tu oublies les Pays-Bas.
L'Espagne cherche à isoler entièrement votre royaume, lui-même divisé entre
catholiques et protestants.
Je n'aime pas les Espagnols.
Il va nous falloir intervenir pour établir l'équilibre.
C'est indispensable.
Mais avec doigté, il ne faut pas hériter le pape.
T'inquiète pas, tu me connais.
Il n'y a pas plus diplomate que moi.
Que le premier approche.
Arrêtez avec ce feu, on est au mois de mai, il fait une chaleur du diable.
Épargnez les forêts, parlez à votre roi.
Je viens au devant de votre majesté, parce que j'ai beaucoup de peine, avec
les impôts qui me taxent beaucoup.
Mes labours vont bien mal, avec l'augmentation de la gabelle, et depuis
que je suis obligé de payer la taille, mes finances sont si pauvres.
Ma charlotte, mon bel ange, tu es mon havre de paix.
Si je te perds, il ne reste que la trahison, la guerre, la vieillesse.
Toi, tu es la jeunesse et l'amour.
Vous êtes bien belle, mademoiselle.
Pourrais-je savoir votre nom ? Charlotte de Montmorency, votre majesté.
Charlotte de Montmorency, la fille de mon ami le connaîtable ? Mais ne m'a-t
-on pas parlé de mariage à votre propos ? Pas encore.
Sire, je n'ai que 15 ans.
Mais votre majesté m'a promis à son ami, François de Bassompierre.
Ah.
Et êtes-vous satisfaite de cette union que j'ai conçue pour vous ? Je suis
prête à obéir à mon père et à accomplir votre volonté, Sire.
Vous êtes un ange tombé du ciel.
Tu as failli me faire perdre mon ami Basson-Pierre.
Je ne pouvais pas vivre sans toi.
Vous m'avez fait demander, sire ? Venez mon ami, laissez-nous.
Mais vous souffrez ? Martyr.
Encore une de ces satanées crises. Enfin, et pas pour cette goutte de
malheur que je vous ai fait monder.
J'ai songé à vous marier.
Vous mariez, sire ? Et n'était-ce déjà pas conclu ? Avec Mlle de Montmorency ?
Je... Je songe pour
vous à Mlle d'Aumale.
Vous voulez donc me donner deux femmes, sire ? Mais non !
Il y a que je suis amoureux de
Mlle de Montmorency.
Princesse.
Un ange.
Alors, si tu l'épouges et qu'elle t'aime, je te haïrai.
Et si c'est moi qu'elle aime, tu me haïras.
Nous sommes amis.
Ça ne peut pas se produire.
Si j'ai toujours voulu témoigner à votre majesté l
'extrême dévouement que je lui porte,
Certes, je ne renoncerai pas d'un cœur léger à cette jolie enfant, mais puisqu
'il plaît à Votre Majesté que je m'écarte d'elle, alors... Oui.
Je souhaite que ce nouvel amour apporte à Votre Majesté autant de joie que sa
perte ne me cause de regrets.
Bon sang, Pierre.
Et à qui comptez-vous marier, Mademoiselle de Montmorency ? Oh, à
mon...
Le prince de Condé. Le prince de Condé ? Mais pardonnez-moi, Sire, le prince de
Condé ne préfère-t-il pas la chasse ? Et la compagnie des jeunes effets, celle
des nains ? Eh oui, je ne savais pas.
Si, on le dit, Sire.
Mes impôts.
Mes impôts.
Mes impôts.
Mais tu les paieras quand tu pourras.
Allez, va. Nous suivons.
Oh ! Sire, le toit de notre église est bien malade.
Et il pleut sur mes oeils pendant la messe. Ça, c'est le problème avec les
églises. Elles ne protègent rien ceux qui s'y abritent.
Votre Majesté, pensez à vos sujets.
La messe. Et je plaisante, mon brave curé.
Retirez-vous.
Au suivant.
Sire, chaque jour, les encombrements dus aux travaux dans la rue de la
Ferronnerie empêchent les familiers de ma taverne de s'en approcher.
Eh bien, mon commerce décline, sire.
Je ne peux plus subvenir aux besoins de ma famille.
Encore, je ne vous parle même pas des odeurs.
Bien, demain, j'enverrai la garde royale.
La garde royale ? N'est-ce pas un peu exagéré, sire ?
Il faut bien faire respecter les arrêts, mon cher cousin.
Bien entendu.
Vous n'êtes pas sans savoir qu'Henri II en a fait signer un pour que cette
ruelle soit dégagée.
Ce décret date de 1554.
1554.
Ne pensez-vous pas qu'il est temps de faire appliquer la loi dans cette
capitale ? C'est que les encombrements de Paris sont un malin curat. Après
avoir établi la paix dans ce pays, favorisé l'agriculture, relancé les
manufactures et le commerce, fait empirer les routes et creuser des
canaux, avoir même envoyé une expédition au Canada,
Sans oublier tout le soin qui a été mis pour rétablir Paris en son état de
capitale du royaume, croyez-vous que nous ne saurions pas rétablir et
déblayer quelques rues ? Bien entendu, si.
Vous n'êtes pas très optimiste, mon cher cousin.
Oui, ça... Croyez en votre souverain.
Face aux pays catholiques, la maison de Triche et d'Espagne ainsi que l'Italie,
l'Angleterre protestante et les principaux pays nordiques s'inquiètent.
Henri IV est fermement décidé à ne pas laisser la maison d'Autriche accroître
son empire.
Mais l'affaire Montmorency aggrave la situation.
Car si, comme le redoute Henri IV, le prince de Condé trouve refuge chez ses
ennemis, le roi de France deviendra la visée de toute l'Europe.
L'issue d'une guerre n'est jamais certaine.
Dans cette bataille que je vais livrer contre les pays catholiques, je peux
bien y laisser la vie et voir la France disparaître dans l'escarcelle d
'Ebsbourg.
Mais toi, mon neveu, con des princes félons, tu vas rendre sa liberté à
Charlotte. Ventre saint gris, tu t'y es engagé.
Merci, mon oncle.
Merci de m'avoir conduit à cette chasse. C'était une merveille.
Attendez, mon neveu, d'avoir goûté le vin de cet homme, et vous serez à court
de superlatifs.
Allez, allez, allez.
Alors,
qu'est-ce que tu as à nous offrir aujourd'hui, à moi et à mon neveu, le
prince de Condé ? Un cent pour cent, mon seigneur. Je le fais moi-même.
Non, pas de ça entre nous, mon ami. Assieds-toi, assieds-toi.
Assieds-toi, fils.
À la chasse.
À la chasse.
À l'amour.
À l'amour.
C
'est
quand on va tuer le deuxième cochon ? Vous le voulez voir ? Le voir ? Mais j
'en ai Dieu.
On va le saigner, oui.
Découche-le ! Allez-y, mon dieu !
Dites donc, mon
dieu, vous êtes un vrai chasseur ?
Excusez-moi, je suppose que vous avez quelque chose à me demander.
Allez,
maintenant tire.
Que diriez-vous de vous marier ? C'est ça que vous projetez de me marier à
mademoiselle de Montmorency, afin de pouvoir jouir d'elle à votre guise, mon
vieil oncle.
Et cette perspective ne vous s'y est pas ? J'ai ouï dire que vous ne faites guère
de mal aux damoiselles.
Il est vrai que je préfère la chasse.
Qu'est-ce que vous voulez ? Hein ? Un titre ?
Je
ne serai jamais roi, n'est-ce pas ? Je n'ai de rien, mon neveu. Regardez-moi.
Vous n'étiez pas le premier sur la liste.
Combien ? Une pension de 150 000 livres de rente.
Par an.
Par an.
C'est cher.
Le prix des cornes.
80 000.
125 000.
100 000.
Elle me fait rouspiller par Julie.
Pourquoi
mon
neveu, le prince de Condé, ne tient-il pas sa parole ?
Est-il tombé amoureux d'elle ? Et Charlotte ? Est-elle d'accord pour fuir
avec lui ? Ou bien l'emmène-t-il contre son gré ? Il faut que je sache.
Accluez les chevaux, dépêchez-vous.
Je
ne peux le
quitter, tu comprends ? Madame, ne plairez pas.
Vous n'êtes pas encore partie et...
Vous n'êtes pas prête, ma chère ? Nous partons après le dîner, vous savez.
C'est que je ne sais que prendre... Les affaires suivront plus tard.
N'oubliez pas que cet exil protégera mon honneur et votre réputation.
Bien sûr.
Mais j'aime la France et... Moi, je n'en peux plus d'être le pourveilleur des
désirs de mon vieil oncle.
Même s'il est le roi.
Le roi aurait dû faire de moi la favorite près de son cœur au lieu de me
marier à cet homme qui n'aime que la chasse.
Le prince de Condé tient bien plus à son épouse qu'à la chasse désormais.
Détrompe-toi.
Son épouse lui importe peu.
Le prince ne veut que s'opposer au roi et défendre son soi-disant honneur
devant toute l'Europe.
N'est-ce pas préférable pour vous d'être princesse de Condé, épouse d'un prince
décent, que d'être la favorite d'un roi qui commence à sentir la fainaison ? Je
t'interdis de parler du roi de cette manière.
Prépare-moi maintenant.
Vous devez vous rendre à l'arsenal, n'est-ce pas ? Les nouvelles vont vite.
La voyante me l'a conté.
Ecoutez ce qu'elle a à vous dire.
Je vous ai vu, mon roi. Rue de la Ferronnerie. Il allait mourir dans votre
carrasse. Je l'ai vu, je vous dis aujourd'hui.
Vous étiez celle mourant sur la terre humide de la rue.
Humide ?
Aujourd'hui, il fait plein soleil.
Vous voyez bien que ce sont les prédictions d'une vieille folle.
Mon roi, je vous en conjure. Allons, mamie, soyons raisonnables, voulez-vous.
Qu'est-ce que je dirais au pauvre Sully qui est malade ? Il n'est pas pu venir
vous voir parce que la voyante de ma femme l'a déconseillé.
Au contraire, il y a trop de monde, mon mari.
Ne tentez pas le destin inutilement.
Mais si je succombais à ce vingtième attentat, vous seriez enfin débarrassé
de moi.
Réjouissez-vous.
Pensez à votre fils au lieu de faire le coq.
Maintenant que vous êtes reine, je dois préparer votre entrée dans Paris.
Je dois aussi m'assurer que celui-ci a bien mes 400 canons à l'arsenal. Au
profit de votre guerre, pour défendre des protestants allemands et provoquer
la colère du pape Paul V.
Ça n'a rien à voir avec la religion.
Il va de l'équilibre européen et de la gloire de la France.
Pourquoi tant de rumeurs et de récanements ? On dit que c'est bien
Bruxelles et les Pays-Bas que vous attaquez et non l'Empire. L'intérêt de
mon pays a toujours prévalu au mien.
Vous êtes bien placé pour le savoir.
Accepteriez-vous au moins d'assister à une messe en m'accompagnant en feuillant
? Avec joie, mon cœur.
Et si ça peut vous rassurer, nous irons à l'arsenal à cheval.
Pas de...
Je vous en prie, abandonnez cette idée d'aller rendre visite à monsieur le duc
de Chulie à cheval.
Le carrosse est plus approprié pour nous entretenir. Nous entretenir ? Et de
quoi, mon cher cousin ? Mais de la guerre, sire ! Les divinons ! Vous avez
raison, on doit l'admettre.
Prenez les gentils hommes qui ont commandement à la campagne.
Nous effectuerons le déplacement à l'arsenal en carrosse.
Henri IV ne sait pas alors qu'un géant en roue s'est mis en marche dans Paris
pour accomplir sa mission divine.
Il a pour nom François Ravaillac et il est natif d'Angoulême.
Certains ont croisé son chemin.
Voici mon greffier de justice, François Ravaillac.
Il veut être éclairé sur la mise à mort d'un tyran et si l'acte peut être
justifié devant la loi divine.
Genou, mon fils, genou.
Mon père, peut-on légitimement se débarrasser d'un tyran sans risquer le
courroux céleste ?
Un ennemi du pape, mon fils !
de l'église catholique peut-il être éliminé dans son parcours
injuste par un particulier les textes saints le disent ainsi mon
fils glorifions l'élu qui serait capable de l'éliminer
et tout cela sans mettre en péril sa vie éternelle
n'en sera même
sanctifié dans l'au-delà.
Si cette missive arrive au roi avant notre départ pour Muray, je suis sauvée.
Vous risquez le courroux de monsieur votre époux s'il l'apprend. Ne t
'inquiète pas.
Je m'occuperai du prince comme il se doit.
Allez, va.
Tout de suite, madame.
Seigneur, donne-moi la force de tuer le tyran qui opprime nos âmes.
Ah mon Dieu, aide-moi.
Fais de moi ton élu, celui que tu as choisi pour délivrer le royaume du
Huguenot, menteur et traître.
Dieu, je te parle mais m'entends-tu vrai ? Si tu pouvais m'aider à mener à bien
cette guerre et retrouver ma Charlotte.
Mais suis-je digne de t'implorer ainsi, moi qui me suis servi de la religion
pour devenir roi ? Que t'arrive-t-il, celui ? Une mauvaise piste ?
Sire, je suis protestant.
Ce n'est pas de gaieté de cœur que je vous conseillerais de vous tourner vers
l'église catholique.
Pourtant, si vous voulez être sacré roi de France, il vous faudra abjurer le
calvinisme et vous convertir publiquement au catholicisme. Je le
sais, on me le répète tous les jours.
D'ailleurs, la conversion, je connais.
On m'a déjà converti de force.
Nous avons survécu tous les deux à la Saint-Barthélemy.
J'aurais même dû faire semblant de prier devant une statue de la Sainte Vierge.
Hé, toi ! Serre-nous à boire !
Alors
? Tu avais quelque chose à me dire ?
Tu ne veux pas d'un roi protestant ? Tu
crois que je ferais un bien meilleur roi si j'étais catholique ?
C'est que la plupart des gens le sont en France.
Et tu penses que je devrais appartenir à la religion du
plus grand nombre ? Un roi doit être comme son peuple, et le peuple de France
est catholique.
Je t'en remercie de tes conseils.
Écoutez la voix de ce peuple que vous aimez tant.
Je vais devoir retourner au catéchisme.
Bon, Sully, organise-moi cette messe. C'est déjà fait, sire. Quatre
théologiens que vous connaissez bien se proposent de vous instruire.
Sully.
Corpus Christ.
Corpus Christ.
Merci, madame. Cette messe met d'un grand secours.
Je suis heureuse.
S'il vous plaît, restez au Louvre aujourd'hui, mon roi.
Je ne peux.
Je suis lit matin.
Votre Majesté, je suggérerais que vous vous confessiez aujourd'hui.
Oh, est-ce bien nécessaire, mon père ? C'est bientôt la guerre.
Nul ne doit mourir avec une âme impure. Foutre Dieu ! Vous voulez tous m
'enterrer aujourd'hui ? Écoutez, mon fils, on ne jure pas dans une église.
Bien qu'il en soit, selon votre parole sainte, je vous suis, mon père.
Attendez-moi.
Mon père, je voudrais être meilleur et aider le peuple de France à sauver son
âme.
Une bien lourde tâche, mon fils.
Je ne suis pas venu me confesser depuis une semaine.
Je suis inquiet.
Je ne dors plus.
Je ne mange plus.
J'ai peur de n'être qu'un imposteur.
Pourquoi dis-tu cela, mon fils ? J'ai peur.
J'ai peur pour le salut de mon âme.
Tu n'as rien fait de répréhensible, ton âme est pure. Et tu n'as rien à craindre
de la colère du Tout-Puissant. Mais si je me trompais ?
Si tu laisses un fruit pourri contaminer tout ton panier, tu es un bien mauvais
paysan.
Merci, mon père.
Merci.
Voilà, je crois que je vous ai tout dit, mon père.
En êtes-vous certain, mon fils ?
Vous ne m'avez confessé que quelques menus pêchés.
C'est que je suis sans péché. Je suis catholique.
Il n'y a pas d'absolution, mon père ? Vous n'en avez pas besoin.
Dans cinq jours, je pars à la guerre.
J'aurais aimé que vous bénissiez mes hommes.
Votre Majesté, je ne connais rien à la politique.
Mais si mon sacerdoce m'autorise à bénir le souverain que vous êtes, je ne peux
pas bénir le chef d'une armée levée contre les catholiques de l'église
romaine. Vous avez raison.
Vous ne connaissez rien à la politique.
Il paraît que vos sermons vont à l'encontre des protestants.
Vous les avez traités de vermines et de canailles.
C'est une métaphore, sire.
Vous ne pouvez la goûter pleinement, vous qui prenez bien trop souvent leur
partie. Allons, mon père, je sais bien que les jésuites ne sont pas si mauvais
que ça.
Moi, je m'intéresse à l'homme, dans ce qu'il peut apporter à la France.
Sa grandeur, et à sa gloire.
Sa religion m'a dit faire ses sons, dévouement pour le pays qui m'apporte.
Vous comprenez ? Allez en paix, mon fils.
derrière la gouaille d'henri iv derrière sa désinvolture apparente se cache une
remarquable connaissance de la politique et une incroyable expérience de l'âme
humaine mais cette expérience des hommes le porte à l'amertume presque au cynisme
alors que charlotte représente elle l'innocence et l'amour une lumière pour
cet homme sur qui pèsent les terribles responsabilités d'une guerre annoncée
Le plus important est d'empêcher le prince de Condé et Charlotte de guider
Paris.
Mon bel ange ne doit pas se retrouver au milieu d'une méchante guerre, par la
faute d'un traître de neveu.
Quelque chose ne va pas, Sire ? – Le Karos. – Quoi, le Karos ? Les paroles de
la Voyante.
J'en ai fait le même cauchemar, cette nuit.
Vous venez superstitieux, Votre Majesté.
Elle parlait de sol humide.
Et comme vous le lui avez justement dit, aujourd'hui il fait très beau.
Regardez.
La terre de la rue était humide.
De mon sang.
À cheval. Votre Majesté ! Nous avions des documents à signer.
À cheval.
Dans mon bureau.
Pourquoi tous ces tourments ? Maintenant que le royaume existe véritablement, que
la paix civile, malgré cette guerre imminente, est rétablie, je pourrais
bien me reposer ?
Avoir la paix.
Mais en ai-je le droit ? Toute ma vie j'en ai douté.
Je préfère m'entretenir avec vous dans mes jardins plutôt que dans mes salons.
Je m'y sens prisonnier.
Nous avons passé tant de temps à cheval que le cuir de nos selles nous est plus
familier que celui de nos fauteuils.
Celui, si nous avons pu regagner Amiens contre ces maudits espagnols...
C'est à vous que nous le devons. Je n'ai fait que servir mon roi. Vous avez fait
bien mieux.
Vous avez su trouver l'argent, vous avez surveillé la fonte des boulets et des
canons à l'arsenal, passé les marchés de vivres et de munitions, envoyé les
liquidités nécessaires au paiement des troupes. Non, vous avez sauvé la France.
La guerre avec l'Espagne est bientôt gagnée.
Votre souveraineté peut être assurée définitivement.
Mais... Ah, mais je n'ai rien dit, sire.
Rien dit.
Je te connais.
Donc, ma souveraineté est assurée définitivement, mais... Il vous faut
consolider la paix intérieure.
Il faudrait que les catholiques et les calvinistes apprennent les compromis.
Ça fait bien trois ans que nous négocions avec nos huguenots.
Offrez-leur quelques villes où ils pourront exercer librement leur culte.
Les catholiques ne le supporteront jamais.
À sauf si je déclare le catholicisme première religion du royaume.
Trois ans de négociations pour aboutir à la promulgation d'un édit qui aura force
de loi, ce n'est pas très cher payé.
Vous n'aurez jamais droit au repos, n'est-ce pas ? Jamais, sire.
Le pays a besoin de vous, de votre force, de votre volonté.
Ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez toujours sur le chemin de l
'honneur.
Je n'aurais jamais dû utiliser une telle formule, moi.
Vous appartenez à la France, sire.
Vous avez la mine bien sombre, votre majesté.
Je pense à Sully.
Il vient de constater que je peux bien mourir maintenant.
Que dites-vous là, mon roi ? La vérité, mon cher cousin, à l'issue de la guerre,
la France pourrait vivre sans moi.
Ah, mais qu'est-ce qui fait chaud aujourd'hui.
La reine saura conseiller le dauphin quand il sera en âge de me succéder.
Les caisses, grâce à celui, sont pleines.
Que me reste-t-il à faire ? Hormis démasquer les traîtres.
Un roi ne peut pas pardonner la lâcheté ou la trahison.
Dès qu'on touche à mes royaumes, à ma couronne, à mes enfants, je réagis sans
délai, en homme d'État, en roi, en homme.
Même le duc de Biron, un de mes plus vieux compagnons d'armes, s'en est pris
aux dauphins et m'attrape.
Défendez-vous, Biron ! Nous avons à parler, vous et moi.
Si, votre épée n'est pas mouche.
A votre nom plus, Biron.
Si vous ne pensez pas, les duels sont interdits.
C'est vous qui en avez fait loi. Je sais bien, mais entre amis, que peut-il nous
arriver ? Oui.
Je vous ai fait un miracle.
Vous m'arrêtez celle de France et vous êtes gouverneur de toute la Bourgogne. J
'ai été le coup pour bataille. De Arc à la campagne de 1600 contre le duc de
Savoie.
On n'interrompt pas le roi Vion ! J'ai eu trente-deux blessures au combat pour
vous, pour vous prouver ma loyauté ! Ça, c'est la trente-troisième.
Sèche des traîtres ! Je ne comprends pas.
Tu étais mon ami.
T'allia l'Espagne au duc de Savoie pour que la Bourgogne t'appartienne.
C'est une trahison que j'aurais pu te pardonner.
Mais tenter de me faire assassiner, moi et le dauphin... Mon fils ! Vous avez
les preuves de ce que vous dites ? J'ai les aveux complets de ton félon parmi
les félons, Jacques de la Faim.
Eh oui.
L'ampleur de ta trahison a fait avouer ton âme de main qui a préféré te livrer
à moi plutôt que de me combattre.
J'ai envie de tout pardonner au maréchal.
Je me fais pitié.
Et je lui dois tant.
Vous êtes venu ici pour lui donner la possibilité de s'expliquer.
Ensuite, vous déciderez.
Reconnais les faits, Biron, et tu seras pardonné.
Parle.
Je t'en prie.
J'aimerais confondre mon accusateur.
Il n'y a plus de place en mon cœur pour la miséricorde que pour la haine.
Tu peux tout m'avouer.
Je suis ton ami.
Je n'ai pas besoin de pardon aussi.
Je ne vous ai pas offensé.
Tu ne comprends donc pas que je te propose une punité ? Tout ce qu'on dit
de moi est faux.
Même la tête sur le billot du bourreau.
Biron n'a pas cru que j'aurais pu le gracier s'il avait tout simplement avoué
sa trahison.
Mais Henri IV savait également que la mort du duc de Biron avait cristallisé
la haine qu'il pouvait inspirer à certains gentilhommes de sa noblesse qui
étaient frustrés par sa grande autorité royale.
Le roi était lucide et savait qu'il devait redouter les fanatiques
religieux.
Ces fous de Dieu, qui voyaient dans le meurtre du roi considéré comme un tyran,
Un acte salutaire pour celui qui le commet et libérateur pour le royaume.
pour Madame de Montmorency.
Elle est dans ses appartements.
Attendez.
Donnez.
Marie de Médicis a six enfants d'Henri IV et va être enfin sacrée reine de
France.
Ce 14 mai 1610, elle est à la veille de cette consécration.
Encore quelques retouches et ce sera terminé.
Qu'en dites-vous jeune homme ? Vous ferez une reine magnifique.
Je l'espère bien mon fils, je l'espère bien.
Elle vous réclame.
Madame,
un cavalier a porté cette lettre pour le roi.
Je le croyais avec vous.
Je vais la lui remettre.
Merci, capitaine. Vous pouvez disposer.
Où en sommes-nous, les préparatifs de la guerre ? J'estime à 220
000 hommes, l'effectif des troupes prête à entrer en campagne.
Sans compter les 50 000 hommes que vous conduirez personnellement à Bruxelles,
sire. Celui que Dieu lui prête vie m'a dit que nous pouvions espérer 800
bouches à feu.
Mais c'est le double de ce que nous avions prévu. Ah, que voulez-vous ? Cet
homme est un vaillant artilleur.
D'une époque assez redoutable.
De fait, j'ai bien peur que le Dussetberg ne soit jamais autrichien.
Devrions-nous accorder audience à ce bougre ? Celui-là nous attend,
Monseigneur.
Au nom du Christ, au nom de la Vierge Marie, au nom de Saint Joseph ! Vous
avez raison des perdons.
La Vierge Marie, Jésus-Christ et Saint Joseph, il ne doit pas y avoir assez de
place dans ce cabinet pour acquérir tout ce monde-là.
Excusez-moi, Votre Majesté, mais la Reine voudrait vous parler.
Nous y arrivons.
Vous voulez me parler, ma reine ? Mon mari, je voulais
que vous transmettiez mes amitiés au duc de Suilly.
Je n'y manquerai pas.
Je voulais encore une fois vous inciter à la prudence.
Je passerai vous voir ce soir.
Remettez ce pli au courrier de la princesse de Condé.
Cela lui fera comprendre que le roi ne peut la visiter aujourd'hui. Bien,
madame.
Troïa !
Eh non, j'avais dit pas de carrosse. Où sont les chevaux ? On est dans une
confusion extrême.
Je m'en occupe, sire.
Et lorsque je lui ai dit... Allez aux carrosses. Vous venez avec nous.
Désolé, ce n'est pas... Qu'est-ce que vous faites là ? Je viens voir le roi.
Mais pas maintenant ! Mais je dois le voir. Pas ici ! Passez dans le creux de
la tironnerie.
Vous pourrez parler au roi. Oui, je me souviens. Allez, partez maintenant.
Alors, ces chevaux, c'est votre conseiller en stratégie militaire, sire.
Regardez-le, le pauvre.
Qu'est-ce qu'il a, mon bazon ? Ça fait quatre ans qu'il ne monte plus à cheval.
Et à quel âge ? Même que le vôtre, sire.
Bon.
Allons, carrosse.
Tenez, sir.
Elles vous porteront bonheur.
Comment t'appelles-tu ? Gabrielle, à juste.
Tu me rappelles un ange que j'ai bien connu.
J'ai toujours aimé les femmes, et elles m'ont accompagné pour le meilleur et
malheureusement pour le pire tout au long de ma vie.
Tout est prêt.
Vous n'avez rien oublié, mon père.
Écoutez, mon fils, ce n'est pas la première fois que je célèbre une messe
de mariage. C'est que je veux que cela soit parfait.
Si vous cherchez la perfection, il ne faudrait pas épouser une femme divorcée.
Divorcée ? Je vais l'être bientôt moi-même, alors.
Oui, mais vous êtes notre roi.
Elle... La Duchesse de Beaufort.
La Duchesse de Beaufort, pardonnez-moi.
Elle ne sera jamais respectée comme une reine.
Je me moque de ce que l'on pense.
Moi, je veux que les enfants la voient telle qu'elle est.
Belle.
Resplendissante.
Aimante.
Vous ayez crainte. Ce sera parfait.
Sire, c'est un grand malheur.
Quoi ? La Duchesse, votre Gabrielle, elle est morte, Monseigneur.
Et notre enfant ? Il n'a pas survécu.
Jamais. Pourquoi pleurez-vous, père ? Parce que j'aimais ta maman, Gabrielle.
Et que je suis triste.
Vous n'êtes pas seul.
Je suis là, moi.
Mais la mort de votre mère est cruelle.
Elle signifie ma solitude.
Vous êtes le roi. Vous êtes tout puissant.
Laissez-nous.
Seigneur, j'ai tellement besoin de croire en votre parole.
Je suis sûr qu'il existe.
Que tu y reposes en paix.
Sire, la grande ville est pleine aujourd'hui d'un nombre incroyable d
'étrangers et d'inconnus.
Ne voulez-vous pas que je vous accompagne à cheval avec la garde royale
? Allez ! Il y a cinquante et tant d'années que je me garde seul. Vous me
garderez bien encore quelques temps.
Va soigner Tatou.
Allez, en avant ! Gabriel,
tu étais la liberté.
Une liberté que je viens à peine de retrouver avec Charlotte, et voilà que
je suis enfermé dans ce carrosse.
Pourquoi le sort s'acharne-t-il à vouloir me la ravir ? Même Marie, mon
épouse, a toléré cet amour.
La rue de la Ferronnerie, c'est par où ? Qu'est-ce que tu lui veux à la rue de la
Ferronnerie ? Tu m'as l'air bien pressé. Comment tu t'appelles ? François
Rabayac, je viens d'Angoulême.
T'as volé quoi pour courir comme ça ? Je suis en retard.
J'ai une obligation urgente. Une obligation urgente ? Pas avec une femme
? Qui voudrait de toi ? Le roi.
J'ai une obligation avec le roi. Pourquoi le roi recevrait un rouquin
comme toi ? Je suis au service de M. le Duc d'Epermont et de Romatin ! Le roi t
'attend !
Morgane ! Attends un peu là ! Vous venez de partir par là ?
Tu
viens ou qu'un ? Pardon.
Vous venez, ma chère ? Déjà.
Nous sommes en retard, notre voiture nous attend depuis une bonne heure.
J'ai entendu un cavalier tout à l'heure.
N'était-ce pas un messager ? Non, vous pensez bien que si un messager était
venu vous apporter une lettre, je vous en aurais averti de suite.
Vous vous attendiez quelque chose, peut-être ?
C'était elle.
Vive le roi !
Peut-être écrira-t-on de moi que j'ai réussi à réconcilier le royaume.
Que la France a reverdi grâce à mes efforts et à ce de mon conseil.
Mais écrira-t-on de moi que j'ai su être aimé ? Mon amour, Gabrielle est morte et
Charlotte est peut-être déjà loin.
Quant à Marie avec sa dévotion pour les papistes, puis-je vraiment lui faire
confiance ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Quand cesserez-vous de pleurer la perte de votre Gabriel ? Tu ne l'aimais guère.
Ce n'est pas tant ce que j'éprouvais pour elle qui doit vous inquiéter que ce
que murmure le peuple sur sa disparition soudaine.
Qu'est-ce que dit mon peuple, toi qui as les oreilles qui freinent partout ?
On dit, Sire, que
le ciel a voulu épargner au roi d'épouser une fille indigne de lui,
qui est la Duchesse.
Et morte à deux pas du Louvre et qui n'a pas eu le temps d'occuper la chambre de
la reine qu'elle s'était fait préparer.
Que Gabriel avait signé un pacte avec le diable pour vous épouser. Tupi !
Gabriel est mort empoisonné
par des lâches.
Comment pouvez-vous être aussi cruel avec une femme que j'adorais ? Sire, les
Français n'aimaient pas Gabriel.
Le pape n'aurait jamais accepté d'annuler votre union avec Marguerite de
Valois pour vous permettre d'épouser une femme divorcée, qui était votre
maîtresse depuis des années.
Vous savez bien que si ce mariage avait été célébré, votre fils César, né d'un
double adultère, serait un jour monté sur le trône de France.
C'est inconcevable.
Mais c'est pour cela qu'il fallait la tuer.
La main de Dieu, la main du diable, je ne sais pas.
Peut-être, Gabrielle, est-elle morte d'une de ces fièvres si fréquentes chez
les femmes en couche.
Quoi qu'il en soit, on m'a rapporté que sa sainteté le pape ne verrait pas d'un
mauvais œil une union entre sa propre nièce et le roi de France.
Sa nièce.
Marie de Médicis, une jeune et ravissante Florentine.
Elle est ferme et fraîche.
Elle est ferme, tu dis.
Moi, j'ai oublié de dire que la seule Médicis disponible était un peu trop
plantureuse.
Plantureuse en florin, si.
C'est une Médicis fort riche.
Combien elle est qu'une dote ? 600 000.
C'est le montant de notre dette avec Florence.
600 000 ? Notre
trésor a bien besoin de cet argent-là.
Il nous faudra aussi un héritier.
Nous devons ramener les enfants à Saint-Germain.
Déjà ? On vient à peine de commencer à jouer.
Il y a déjà près de deux heures que vous les retenez.
Bon,
allez-y mes amours.
Les enfants, faites la révérence à votre père.
Que diriez-vous d'être enfin sacré ? Vous pourriez être couronné à l
'abbatiale de Saint-Denis, devant toute la noblesse française.
Je vous remercie de l'honneur que vous me faites, Sire.
Nos enfants et Louis en particulier vous en seront reconnaissants.
Il est temps pour la France de prévoir une reine, qui soit une régente
respectée, au cas où.
Ne partez pas en guerre.
Je n'aimerais pas être une veuve couronnée.
Mais Dieu me protégera.
comme il m'a protégé dans tous les combats de ma vie.
Cependant, il faut apprendre à Louis à devenir roi.
C'est son rôle.
S'il m'arrivait un malheur, vous seriez sa seule protection.
Je ferai en sorte que votre autorité ne soit pas remise en cause en posant sur
votre tête une couronne.
J'ai envie de vous.
Vous m'avez déjà donné si beaux enfants.
L'intime complicité qui nous lie nous épargne les tracas d'une mauvaise
couche.
Votre petite Charlotte vous agace toujours les seins.
Eh bien, si vous voulez le savoir, oui, j'ai envie d'avoir, c'est vrai.
Évitez de grâce à une reine d'être trop ridicule. Eh, je saurais rester discret.
Ce n'est pas dans votre nature, c'est dans votre intérêt.
Déperdant ! Mon
pauvre Déperdant, comme ceux
de ton espèce, tu n'es qu'un papiste entêté.
Jamais tu n'arriveras à me croire bon catholique.
Pourtant Dieu m'est témoin, cette conversion au catholicisme ne m'a pas
été facile.
Si les théologiens n'acceptent pas sa conversion au catholicisme, alors les
villes catholiques refuseront de s'incliner et Henri ne sera jamais sacré
roi de France.
Que penses-tu, Henri de Navarre, en ton âme ? Je pense qu'un chrétien peut
gagner son salut en confessant l'une ou l'autre religion.
Le pape t'a excommunié.
Je demande à être reçu dans le giron de l'église catholique.
apostolique et romaine.
Vois-tu que l'Église de France peut contredire la vie de Rome ? À Paris, le
légat du pape a excommunié tous les ecclésiastiques assemblés à Saint-Denis
pour mon éducation, et pourtant vous êtes toujours là.
Ton abjuration au calvinisme doit être aussi sincère que ta conversion au
catholicisme.
Nous sommes là pour en juger.
Posez vos questions, je répondrai honnêtement.
Crois-tu au purgatoire ? J'accepte les dogmes de l'Église catholique.
Mais je refuse d'être astreint à une croyance étrange telle le purgatoire qui
résiste à mon entendement.
Henri, roi de France et de Navarre, je t'absous du péché d'hérésie et te reçois
au sein de notre église universelle.
Paris valait bien cette messe donnée dans l'abbaye de Saint-Denis.
Le 25 juillet 1593, je suis enfin devenu roi de France.
Souverain de mon royaume, levez la vie devant moi.
Dégagez ! Dégagez ! Le
saint gris sera parti.
Qui ça, seigneur ? Vous le savez bien, Charlotte.
La rue va bientôt se débloquer, Cyr. C'est juste un charroi qui s'est
renversé.
Vous voyez ? J'aurais dû faire envoyer la garde royale pour dégager cette rue.
Dépêchez-vous !
Vous avez raison, nous avons laissé s'installer trop d'échoppes.
Pour
la gloire de
Dieu ! Restez en vie ! Tire !
Tire ! La porte ! Tu vas mourir ! N'actuez pas ! Il en fait votre vie.
Emmenez-le à l'hôtel de Retz. Il a tué le roi.
Vous, avec moi.
Il a tué le roi.
Le roi n'est pas mort. Il n'est que blessé.
Je cours à l'hôtel de Ville. On l'ouvre, vite.
Fermez les rideaux.
As-tu vu ? Non, madame.
Le roi de ma peau a reçu.
Mais tu as bien précisé que tu venais en mon nom.
Oui, madame.
Mais d'où vient cette lettre, alors ? De la reine, madame.
Ça va aller.
Puisque c'est fini... Allons-y. Monsieur, mon mari.
Arrête !
Le roi ouvre les yeux.
Très bien.
C'est Dieu qui le rappelle à lui.
Dieu.
Oui, mais lequel ? Déjà enfant, je voyais mon père et ma mère se déchirer
pour l'heure du respectif.
J'arrive, mon Dieu.
Enfin, je vais savoir qui tu es.
C'est fini.
Et en France, les rois ne meurent pas.
Voici le roi Zizouan.
Tu es le roi maintenant, mais je serai toujours à tes côtés.
Si j'avais eu mon épée, j'aurais défendu mon père
et tué son assassin.
Je sais, Louis.
N'oublie jamais ton père.
C'était un grand roi et un grand homme.
Qu'est-ce que tu viens faire ici, l'abbé ? Je ne suis pas abbé, mon fils, mais
prêt à le travailler.
Et je viens sur les recommandations du duc d'Epernon pour m'entretenir avec cet
homme, meurtrier du roi.
Vous avez quelques minutes, mon père, après un cuit.
Et c'est par là.
Je l'ai fait, mon Dieu.
Je l'ai fait.
Tu dois savoir, mon fils, qu'il ne faut pas compromettre les
gens de bien.
Je sais, mon père.
Tu vas mourir.
en ayant accompli ton devoir.
Il s'agit de mon âme, mon père.
Qu'il perd la vie en cet acte glorieux aura la grâce éternelle et la prière des
hommes.
Amen.
Réunissez un grand nombre de cavaliers et marchez sur Paris afin d'apaiser la
foule et de prévenir les risques des meutes.
Ordre de la reine.
Allez !
La reine était-elle complice de l
'assassinat de son mari ? Certains l'ont prétendu.
Son pierre ? Sully, c'est au sujet du roi.
Il est en retard, comme toujours.
Non, Sully, cette fois, il ne viendra pas.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne peux plus parler !
Il aurait préféré mourir à la guerre.
Je vais aller au Louvre.
Les ambitieux vont se déclarer.
Tu crois que tu peux assassiner mon roi et mourir en paix ?
J'ai frappé et la lame s'est enfoncée, comme dans du foin.
Comme dans du foin ? Qui t'a donné l'ordre d'assassiner le roi ? Dieu. Dieu
! Et qui d'autre ? La Vierge Marie.
La Vierge Marie.
La Vierge Marie ! Oui.
Tu sais ce qu'on réserve au régicide ?
La vie éternelle quand les rois sont des tyrans. Je ne sais pas qui t'a raconté
ça, mais il t'a bien emberlificoté.
C'est l'enfer qui t'attend.
Mon Dieu, je viens vers toi.
Mais tu ferais mieux de me prier moi plutôt que Dieu.
J'ai plus de pouvoir que lui sur ce qui pourrait t'arriver.
Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.
La mort d'Henri IV provoquera un traumatisme dans le royaume de France.
Mais paradoxalement, son assassinat va souder les Français, consolider le
sentiment d'appartenance à une nation.
Et ceux qui se réjouissaient et espéraient la reprise des guerres de
religion déchanteront rapidement.
Le roi mort, même s'il a été maudit de son vivant, deviendra le roi parfait, le
roi idéal.
Tu nous as quittés pour toujours.
La France entière te pleure.
Aujourd'hui, nous sommes tous tes orphelins.
J'ai soif.
J'ai soif.
J'ai soif.
J'ai soif.
J'ai soif.
Tiens, bois.
Pourquoi vous faites ça ? Parce que c'est ce qu'il aurait fait.
Il aurait pitié de toi.
Votre roi.
Je ne veux plus être roi.
J'ai peur que l'on me tue comme on l'a fait à mon père.
Vous serez un grand souverain, mon roi.
Louis XIII.
Ravaillac n'avouera jamais, laissant les comploteurs pour toujours impunis.
T'es prêt ? Allez !
Sully,
l'ami de toujours.
quittera ses fonctions.
Après la mort du roi, il entrera en conflit avec la reine et le conseil de
régence.
Écarté du pouvoir, il vivra jusqu'en 1641.
Marie de Médicis placera sa confiance en Cancino Cancini et Léonora Galligay son
épouse, deux intrigants originaires de Florence.
Louis XIII, Devenu roi à 14 ans, va s'empresser de faire assassiner Conchini
et fera enfermer sa mère au château de Blois.
Mais Richelieu réussit la réconciliation miraculeuse entre la mère et le fils.
Marie de Médicis tentera alors de manœuvrer contre Richelieu qui se
débarrassera d'elle en 1630.
Elle sera exilée en Allemagne où elle s'éteindra 11 ans plus tard, 31 ans
après Henri IV.
Le duc d'Epernon, ce cher cousin, verra sa persévérance récompensée.
On le nommera gouverneur militaire de Guyenne en 1623.
Après quoi il sera écarté du pouvoir par Richelieu et même excommunié.
Le duc d'Epernon finira ses jours à Loche et mourra à 88 ans en totale
disgrâce.
charlotte n'apprendra la mort du roi qu'une fois arrivée à l'étranger elle ne
reviendra que plus tard à paris avec le prince de condé qui sera comblé de
grâces par la régente charlotte de momorancy donnera trois enfants à son
mari mais ne l'aimera jamais véritablement en elle deviendra la
marraine d'un tout jeune dauphin de france le futur louis xiv
Basson-Pierre se mettra au service du roi Louis XIII.
Mais Richelieu, encore lui, l'enferme à la Bastille.
Il y reste 12 ans et n'en sortira qu'à la mort du cardinal en 1643.
Trois ans plus tard, il mourra d'apoplexie.
Il était une fois un loup qui était très malheureux.
Henri IV a été un roi libre, doué d'une extrême intelligence des hommes et de l
'État. Les femmes ont été sa faiblesse, ou peut-être aussi sa force.
N'a-t-il pas avoué, sans amour, je serai sans vie ? Mais bien sûr que non
! Tu peux même m'aider à garder mes moutons.
Quoi ? Tu veux qu'un loup garde des moutons ? Mais ne sais-tu pas que nous
les dévorons également ? Mais si.
Mais toi, tu ne dévores jamais les jolies fermières ni les moutons.
Tu es mon ami. Je te fais confiance.
J'aime bien les loups.
La morale de l'histoire, les enfants, c'est qu'il ne faut pas juger autrui aux
apparences.
Moi, j'ai connu des loups qui étaient de vrais moutons.
Et des moutons qui étaient de vrais prédateurs.
Alors, soyez prudents, sondez l'âme, mais soyez confiants.
Sous-titrage FR ?
Merci.
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