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Grondement du tonnerre.
- Une balle dans la tête. Net et précis.
- Hmm.
Et un Glock 26 qui correspond à l'étui
que Célestin a trouvé chez lui. - Il y avait ce mot à côté de lui.
Avec le stylo.
- "Aurélie est innocente.
"C'est moi qui l'ai tué" ? - Donc c'est lui le meurtrier
de Dominique Montfort. - Attendons
les conclusions de l'analyse graphologique avant de s'enflammer.
Je ne comprends pas...
Pourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ?
Il aurait pu avouer pendant l'enquête ou devant la cour.
- Il se sentait acculé. En fuite.
C'était sa dernière porte de sortie.
Sanglot.
- Je suis désolé.
- C'est de votre faute.
- Montfort s'est suicidé parce qu'il était coupable.
Vous l'avez protégé, jusqu'à vous laisser accuser à sa place.
C'est terminé maintenant. - Il était tellement passionné.
Et parfois, il...
Il pouvait se montrer si fragile.
A ma place, il n'aurait pas tenu.
- Il a tué votre mari.
- Pour me protéger ! Dominique était de plus en plus violent.
- Voilà. C'est ça que vous devez expliquer au jury.
La vérité.
C'est votre seule chance.
...
- Yes...
- C'est quoi, ce dossier ?
- Quel dossier ? - Celui-ci.
- Non, je...
- Si. Là. - Non.
- Oh !
Alice ! - Tu le fais super mal.
- Passe-moi ce dossier.
- Alice ! - Où ça ?
Il rit. T'es con.
- Tiens. - Arrête. C'est quoi, ces fadettes ?
Apolline ? - Ca fera pas de vagues.
- (Je crois qu'elle est toujours à Montpellier.)
- "29-39-29."
Il y a un numéro qui revient plein de fois.
"Chloé Grandjean" ?
J'ai entendu Apolline parler d'une certaine Chloé.
- Si ça se trouve, elle squatte chez elle.
- Bah, on va l'appeler.
- Et comment on justifie qu'on a eu le numéro ?
- Je sais pas. Je vais trouver.
- Commandante.
Camille a appelé. Aurélia Montfort a demandé la parole.
- J'ai menti.
J'ai menti aux gendarmes.
J'ai menti à la cour.
Ce soir-là, je suis rentrée
de l'aéroport un peu après 23h30.
En poussant la porte du salon, j'ai vu...
le corps de mon mari...
allongé sur le tapis.
- Toujours la même histoire !
- Madame l'avocate générale.
- Il y avait du sang partout.
Et le couteau
à côté de lui...
C'est là que j'ai vu l'écharpe de Florian
posée sur le fauteuil,
ses cigarettes italiennes sur la table basse.
Et les deux verres de whisky.
J'ai compris ce qui s'était passé.
- C'est-à-dire ?
- Dominique a dû vouloir s'expliquer avec Florian.
Il m'avait menacée de le faire.
Vous ne connaissiez pas Dominique.
Parfois, il pouvait se montrer tellement...
humiliant.
Il a dû pousser Florian à bout.
- Selon vous, M. Pujol aurait poignardé votre mari ?
Qu'avez-vous fait ensuite ?
- Je n'avais qu'une idée en tête : tout faire disparaître.
J'ai tout nettoyé.
J'ai brûlé l'écharpe et les cigarettes.
J'ai caché l'arme.
J'ai menti parce que je voulais le sauver.
Je l'aimais !
- Qu'est-ce que j'ai raté ?
J'aurais dû comprendre avant. - Bah non. Comment ?
Elle a détruit les pièces à conviction. Tu as fait le maximum.
- Bah non, visiblement.
Espérons qu'elle a réussi à convaincre les jurés.
- Ce sera une affaire d'intime conviction.
- Désolée, mais il y a quelque chose qui me perturbe.
Florian Pujol...
invente une machination de dingue pour se créer un alibi
et laisse ses affaires sur la scène de crime.
- Parce qu'il est dérangé par Aurélia.
- OK, super ! Il est surpris, il s'enfuit en catastrophe...
- Les indices laissés derrière lui auraient dû le confondre,
mais elle arrive et nettoie tout.
- Donc Aurélia est accusée à sa place,
et lui, il est tranquille.
- Tranquille, tranquille...
Pas vraiment. - Non, papa. Tranquille.
Ca ne matche pas avec le suicide. On vient.
- L'analyse est formelle : c'est bien l'écriture de Pujol.
- Bah voilà.
J'ai tout faux. - D'après les 1eres constatations,
la blessure a été auto-infligée.
- Bah voilà.
Elle se sacrifie pour lui. Il se sacrifie pour elle.
Au fond, il l'aimait. Vraiment.
- Madame Montfort,
vous avouez vous-même avoir menti.
Pourquoi devrions-nous vous croire maintenant ?
- Je n'ai plus rien à cacher.
- C'est surtout pour vous une porte de sortie.
Les morts ne parlent pas.
C'est pratique.
- Vous vous trompez.
- M. Pujol est un commode bouc émissaire.
S'il était ici,
peut-être nierait-il être venu chez vous.
- Il est venu.
Il est venu.
Il y avait son écharpe, ses cigarettes.
- Qui ont disparu.
Je vous le rappelle.
- Pensez ce que vous voulez. Ca m'est égal.
J'ai perdu Dominique, Florian. Les deux amours de ma vie.
C'est à cause de moi qu'ils sont morts.
- "C'est à cause de moi qu'ils sont morts."
Merci. C'est tout ce que je voulais entendre.
- La bataille fait rage, Maître.
- Oui...
J'espère bien l'emporter.
- Vous saviez qu'elle couvrait Pujol, non ?
- Comment ? Il avait un alibi.
Je sentais qu'elle gardait son secret, bien sûr.
Mais un avocat se base toujours sur les dires de son client.
C'est la règle.
- Ca, ce n'est pas le même métier. - C'est sûr.
- Franchement... "C'est à cause de moi qu'ils sont morts" ?
Comment elle a pu dire ça ?
- On peut être innocent et se sentir coupable.
Ca ne vous est jamais arrivé ? - Non.
Soit on a commis le crime, soit on ne l'a pas commis. Non ?
- Ah oui...
Vous vivez dans un monde merveilleux, lieutenant.
- Je comprends pas.
Pourquoi Pujol n'est pas
sur les images de vidéosurveillance s'il a tué Montfort ?
- Il a pu entrer avant que la caméra se mette en marche.
- L'amant et le cocu tapent la discute pendant 2h
avant que le premier tue le second ? Bizarre.
- Tu as raison. Quoi d'autre ?
- La carte mémoire. J'ai demandé à Camille si Aurélia en avait parlé
dans ses aveux. - Et ?
- Elle a dit au président
qu'elle n'y était plus quand elle avait voulu la retirer.
- Donc Pujol l'a enlevée ?
- Pour quoi faire ? Il n'est pas sur les images.
- Bon... - Pour le mariage, j'ai réfléchi.
Il te faut un témoin fiable, qui ne perde pas les alliances.
- Hmm. Tu as un nom en tête ?
- Non. Non, non. Je ne veux pas t'influencer.
Juste que tu trouves la bonne personne.
Moi, par exemple, je ne perds jamais rien.
- Bien. J'ai activé l'alarme
et j'ai le signal de la caméra sur ma tablette.
On est dans les mêmes conditions que le soir du meurtre.
- Si Pujol est entré sans avoir été filmé...
C'est qu'il y a un angle mort. - Ou alors
il est entré avant... - Attends. Regarde ta tablette.
- Je te vois.
Si, si. Je te vois.
Je te vois.
Je te vois encore.
Je te vois toujours.
Non. Tu es toujours là.
- C'est pas possible. Je comprends pas.
Ou alors il a procédé autrement.
En faisant le mur.
Parce que ces alarmes ultrasensibles, ça marche jamais !
- C'est du bon matériel. - Ouais...
Pff.
Soupir d'effort.
L'alarme retentit.
...
- Dès que je l'ai vue, je te tiens au courant. OK ?
- Oui. Elle sursaute.
- C'est quoi, cette histoire ? Qui a demandé les fadettes d'Apolline ?
- C'est moi, parce que... - Mais non. J'ai demandé à Paul...
- Pas du tout. Léa !
Cacophonie. - Stop ! Stop !
Je me fous de savoir qui a fait quoi.
Ne fouinez pas dans le téléphone d'Apolline.
- Mais... - Il n'y a pas de "mais".
Refaites ça une fois
et je vous fais muter dans des gendarmeries différentes.
- Non ! - Non !
- Pire que des gosses. - T'as fini ?
Grâce aux fadettes, on a retrouvé Apolline. Elle m'attend.
Merci. Je vous tiens au courant.
- Je savais
que vous vous en sortiriez comme des chefs.
Il sort.
- Je suis contente de te voir. - Moi aussi.
- Comment tu vas ? - Ca va.
- Bonsoir. La même chose. - Très bien, madame.
- Je suis désolée, Léa.
- Ne le sois pas.
Qu'est-ce qui se passe ?
- Je ne suis pas à la hauteur.
- Pas à la hauteur ? Je ne comprends pas.
De quoi tu parles ?
- De tout. De Lucile, de Thomas, de vous, de votre famille.
Vous êtes tellement... - Je sais.
On est étouffants, trop présents... Pénibles.
- Au contraire.
Vous êtes tellement
aimants, soudés, bienveillants... Je ne connais pas, ça.
J'ai toujours été seule.
C'est venu d'un coup, tout ça. Lucile, Thomas...
Je ne sais pas comment gérer.
J'ai l'impression de tout faire mal. Je ne suis pas une bonne mère.
- Chut...
Arrête.
Tu es une maman merveilleuse.
Arrête de te mettre la pression.
Il faut que tu prennes confiance en toi
et tout se passera naturellement.
Il faut arrêter d'écouter tout ce qu'on dit.
L'instinct maternel, ce n'est pas forcément inné.
Parfois il faut du temps.
Il va se développer petit à petit au contact de Lucile, de Thomas.
- Comment ils vont ?
- Ils vont bien. Je n'ai jamais vu mon fils dans cet état, mais...
Il est fou d'amour pour toi. Et très inquiet aussi.
- Je ne voulais pas lui faire de mal.
- Je sais. Je sais.
Merci.
Tu m'autorises à lui dire qu'on s'est vues ?
- Oui.
- Je suis désolée.
Je suis désolée, Apolline. Parce que je... Je n'ai rien vu.
Je n'ai pas su t'aider.
Pardon.
Pardon, ma chérie.
- Merci.
- Tu vas y arriver.
Je te le promets.
Bonjour. Bonjour.
Bonjour, Franck. - Bonjour, Léa.
- Un problème ?
- J'ai le rapport d'autopsie
de Pujol. - Oui ? Laissez-moi 5 mn...
Hop.
- C'est sa main droite, celle qui tenait
l'arme. Voyez la masse claire entre l'index et le majeur.
- Oui ? - C'est une déchirure assez récente.
- Le genre de blessure qu'on se fait au sport ?
Florian faisait du tennis, du tir...
- Ce n'est pas ça.
La détente du Glock 26 est très dure.
Impossible de la presser avec une telle déchirure.
- Si ce n'est pas Florian qui a tiré...
Ce n'est pas un suicide ?
- Voilà.
- C'est un meurtre ?
- Une mise en scène ? - On a frôlé le crime parfait.
- S'il n'avait pas eu cette foulure. - Déchirure ligamentaire.
- On a un nouveau scénario.
Florian Pujol a été attiré dans la bergerie par le meurtrier
qui l'a convaincu d'écrire un mot...
- Avec une arme sur la tempe ? - Et qui l'a tué
en respectant la position que Florian
aurait eue en se suicidant. - C'est fort, hein.
- Très. Téléphone.
...
- Soler, j'écoute ?
Oui ?
Entendu.
- Encore un témoin surprise ?
- C'était la Pénitentiaire.
Aurélia s'est ouvert les veines. - Mais non ?
Oh là là... Pff...
Porte.
- Bravo. Beau travail.
- Je comprends votre détresse, mais ce n'est pas le moment.
- Alors quand est-ce qu'on pourra dire que vous avez poussé
ma mère à bout ? - Ecartez-vous ou je vous arrête
pour outrage. Merci.
Bips du monitoring.
...
Pourquoi vous nous avez menti ? Caché la vérité si longtemps ?
- Vous savez que j'ai été amoureuse ? Vraiment amoureuse ?
- Oui.
- Alors vous devez savoir pourquoi.
- J'aurais dû sentir que quelque chose clochait.
- Quelle importance maintenant ?
- Pour l'instant peut-être que plus rien n'a d'importance pour vous,
mais pensez à Capucine.
...
Aurélia, il va falloir nous aider.
Parce que Florian ne s'est pas suicidé. Il a été assassiné.
On a un meurtrier
dans la nature qui a tué votre amant pour vous disculper.
Qui est capable de faire ça pour vous ?
...
- Je suis trop fatiguée pour parler.
...
- Et vous êtes libre
de vous taire encore une fois.
...
Porte.
- Oh. Léa, Léa ! - Quoi ?
- L'audience de la cour d'assises reprendra dès demain.
Le médecin a donné son feu vert. - Déjà ?
- Je peux les comprendre.
On ne peut pas ajourner un procès chaque fois qu'un accusé
tente de se suicider.
- Il nous reste un jour d'audience. Tu sais, je...
Je reviens de l'hôpital.
Quand j'ai annoncé l'assassinat de Pujol à Aurélia Montfort,
j'ai vu qu'elle pensait à quelqu'un.
- Elle n'a pas dit qui ?
- Bah non. En même temps, elle a perdu les deux hommes de sa vie.
Elle n'a plus que Capucine.
- On va enquêter. - Commandante.
Il s'est passé un truc avec Léger, le sosie de Pujol.
- Quel truc ?
- Il a tenté de s'évader durant son transfert.
- C'est stupide ! Il sortait dans un mois. Il risque de prendre
3 ans de plus. - Ramenez-le-moi ici.
- Très bien. Je transmets. Merci.
On nous amène Anthony Léger.
- D'accord.
J'étais sur le dossier de Capucine Montfort.
6e année de médecine. Elle est brillante.
- Assez pour monter un faux suicide ?
- C'est possible. - D'accord.
Comment elle aurait attiré Pujol dans cette bergerie paumée ?
- Elle a pu appeler l'amant de sa mère en mode
"Parlons discrètement pour essayer de sauver maman" ?
- Ca se tient.
En l'incitant à apporter son arme.
- Hmm. Elle prétend qu'on est à ses trousses,
et lui, naturellement, prend son pistolet.
- Elle savait qu'il en avait un ?
- Ils font partie du même club de sport.
- Pujol a eu ce qu'il méritait.
- Vous étiez où au moment de sa mort ?
- Vous pensez que je l'ai tué ? - Vous auriez pu.
Pour sauver votre mère et venger votre beau-père.
- J'ai rien fait.
- Sympa.
Tout le gratin de Montpellier se retrouve ici.
- Pujol savait qu'en venant ici, il rencontrerait du beau monde.
- Comment il faisait pour payer sa cotisation ?
- C'est le prix d'un club classique, mais il faut être recommandé.
- C'est Aurélia qui l'a fait entrer ?
- Non. Capucine. Il y a deux ans.
- Elle connaissait Pujol avant qu'il rencontre sa mère ?
- On bossera le revers la semaine prochaine.
Merci, mesdames.
- M. Guibert ? - Oui ?
- Gendarmerie nationale. Vous êtes le prof de tennis de Capucine ?
- Oui, pourquoi ? - Elle jouait
souvent avec Florian Pujol ? - Pas récemment.
- Ils s'entendaient bien ?
- Très. Je les croyais même en couple.
- Intéressant. Et après ? - Je ne sais pas.
L'ambiance avait changé entre eux.
- On a bien fait de la convoquer.
Je préviens la commandante.
- Je peux me changer ?
- Euh... Oui. Oui, oui.
Attendez !
- En fait, je me suis complètement plantée.
Je pensais que vous haïssiez Florian Pujol.
Mais bien au contraire.
Vous étiez folle de lui.
Mais lui
était sous le charme de votre mère.
Ca ne devait pas être facile pour vous de nous en parler.
Mais...
Maintenant, Capucine, il va falloir tout me raconter.
C'est important.
- Dès que je l'ai vu, j'ai craqué pour lui.
- C'était où ? - A une fête.
J'ai cru qu'avec le temps, ça pouvait devenir réciproque.
Alors je l'ai fait entrer au Sporting.
Mais pour lui, j'étais qu'une gamine.
- Il a rencontré votre mère là-bas ?
- Je n'avais plus aucune chance.
- Ca doit être dur
pour une jeune fille
de vivre constamment dans l'ombre de sa mère.
Alors vous l'avez tué ?
Pour vous venger ? - Non.
Pas du tout !
- Vous avez croisé Florian récemment au club ?
- Oui. A la piscine.
- A la piscine ? Je croyais qu'il faisait du tennis ?
- Il s'était blessé. Il ne jouait plus.
Il ne pouvait plus tenir une raquette.
- Donc vous étiez au courant ? - Oui.
Pourquoi ?
- Pour rien.
Mais sans le savoir, vous venez de vous disculper.
- C'est par ici.
- C'est lequel, le casier de Florian Pujol ?
- Celui-ci, le 27.
- Il n'est pas fermé ?
- Non, on les laisse ouverts.
- C'est connu. Chez les riches, y a pas de voleurs.
Alors...
Bingo.
Tu penses comme moi ?
- Si on veut se procurer les affaires de Pujol
pour en faire des preuves à charge...
- C'est open bar.
Quand le prof de tennis m'a dit qu'il allait se changer,
je me suis dit que les membres du club devaient ranger
leurs affaires, vêtements, portables, portefeuilles,
écharpes, paquets de cigarettes, dans leur casier.
- Qu'ils ne ferment pas. C'est une habitude là-bas.
- Donc les affaires de Pujol retrouvées sur la scène de crime,
l'écharpe, les cigarettes... - Italiennes.
- Italiennes... - Quelqu'un
a pu les voler dans le casier et les placer sur la scène de crime.
- Pour faire croire que Pujol était
chez les Montfort ce fameux soir. - Or il n'y a jamais mis les pieds.
- Aurélia n'a pas hésité
une seule seconde.
- Donc la scène de crime qu'elle a découverte était une mise en scène.
Porte.
- Alors ? Anthony Léger s'est expliqué
sur sa tentative d'évasion ? - Il n'a pas dit un mot.
- C'est pas un débutant. Il sait se taire si ça l'arrange.
- Moi, je crois qu'il a peur. - De quoi ?
- Pas de quoi. De qui.
- Bah de qui alors ?
- Si Pujol ne s'est jamais rendu chez les Montfort,
il n'avait aucune raison de s'inventer un alibi.
Donc c'est bien Pujol qui a été arrêté ce soir-là.
Anthony Léger invente une histoire d'usurpation d'identité,
va savoir pourquoi... - Qui a pu le convaincre
d'inventer ça ?
- Le même qui a tué Dominique Montfort.
- Et suicidé Florian Pujol.
- Celui dont Anthony Léger a peur.
- Ca s'est pas trop mal passé. J'ai fait ce que je pouvais.
Hmm. Bon, je pose mes affaires et je passe chercher Lucile.
Alice, je te rappelle. Bisous.
- Du coup, tu as réussi ton examen ?
Quand tu dis "Pas trop mal", c'est que c'était top.
- Tu vas bien ?
- Je suis désolée.
- C'est moi qui te demande pardon. Je n'ai pas vu que ça n'allait pas.
- Non. Ce n'est pas toi.
C'est moi. Tout est allé trop vite.
J'ai eu peur. - Je comprends.
Je comprends.
Il nous faut du temps pour apprendre à être parents.
Et pour nous, aussi.
Je t'aime.
Ensemble, on va y arriver.
Alors tu veux bien revenir ? - Oui.
- Je file. Dernier jour avec réquisitoire
et plaidoirie de la défense. Ca va se décider aujourd'hui.
Soit Me Chartier convainc les jurés qu'Aurélia est innocente,
soit ils la condamnent.
- Il nous faudrait plus de temps. Le téléphone de Pujol a borné
pour la dernière fois le jour du meurtre
au club de sport. - Le jour
où le meurtrier a volé les effets de Pujol.
- Il a dû aussi saboter son téléphone
pour le rendre intraçable et nous empêcher
de vérifier s'il était ou non avec Montfort.
- Mais Pujol s'est retrouvé en cellule.
- D'accord.
Je mettrai une cravate pour te faire plaisir.
- Non, c'est pas ça. C'est vraiment important.
- Merde. Il y a un problème ?
Tu veux plus te marier ? - Non, c'est pas ça.
Je veux toujours me marier. Venez.
En fait, je voulais vous demander...
si vous vouliez bien être mon témoin.
- Moi ? Moi ?
- Oui. - Ah bon ?
Il bafouille.
Je...
Pas sûr d'être dispo.
- Je vous laisse réfléchir.
- Mais non ! Je rigole. Je suis d'accord. Merci.
- Super. C'est vraiment important pour moi.
Vous êtes un peu pour moi comme un...
Comme un... - Un quoi ?
Un modèle ?
Un mentor ?
Rire. - Oui...
- Une idole !
... - Un peu de tout ça.
- OK. C'est cool. Merci. - Super. Merci à vous.
- Vous risquez gros, M. Léger.
Vous n'allez pas être inculpé pour usurpation d'identité.
Mais pour complicité de meurtre.
Si vous avez peur, on peut vous protéger.
Mais dites-nous qui vous a demandé d'inventer
cette histoire d'alibi.
OK.
Vous êtes prêt à prendre 10 ans pour protéger cette personne
alors que vous alliez sortir ?
- Il est muet. Il n'y a rien à en tirer.
- J'ai peut-être quelque chose.
La femme
de Léger a versé 120 000E d'apport immobilier sur son compte.
- D'où vient cet argent ? - Je ne sais pas.
Elle a gagné au loto ?
- Ou alors Léger a touché bien plus de 10 000E pour mentir.
- Oui, tu as raison. C'est mieux, ça.
- Je convoque Mme Léger tout de suite.
- Oh ! - Pardon.
Sinon, je me demandais...
Hum. T'as choisi ton témoin ?
- Ah.
Oui. Oui, oui.
C'est le capitaine Marchal.
- Ah bon ? - Hmm.
- Ah ? Non mais... Je croyais...
En même temps, c'est un peu comme ton père adoptif.
Il a prévu quoi pour enterrer ta vie de garçon ?
- Je ne sais pas. Mais je veux quelque chose de très simple.
- Il faut marquer le coup.
On se marie pas tous les jours. Sinon tu vas le regretter.
- Tu crois ? - Evidemment !
Il te faudrait quelqu'un de confiance pour organiser ça.
Quelqu'un de... De marrant.
D'original.
De créatif.
- Comme toi.
- Ah oui. Maintenant que tu le dis... J'ai plein d'idées.
- Bon, je suis OK, mais à deux conditions :
primo, ça reste une petite fête.
Deuxio, je refuse de faire des claquettes déguisé en pingouin.
- Super idée, le costume de pingouin !
OK, OK...
On peut trouver un autre animal.
Une loutre.
Ou... un bélouga, un renard...
Une blatte.
C'est bien, ça, une blatte.
Ouais...
- Je sais pas où Anthony a trouvé l'argent, moi. Il fait du business.
- Oui, du business.
Qui souvent le conduit en prison. - Mais il me dit jamais rien !
- D'où provient cet argent ?
Il n'est pas tombé dans votre cheminée
le soir de Noël ?
- Anthony m'a demandé d'aller le chercher dans une boîte postale.
- C'est bien. On progresse. Vous deviez faire quoi avec ?
- Ne pas y toucher.
- Ah oui.
Bah oui !
D'où les restaurants, les vêtements, la maison...
La voiture.
- L'argent est fait pour être dépensé.
- Bah tiens.
Et... votre mari était au courant de vos dépenses ?
- Il a fini par me dire d'arrêter, sinon il allait avoir des emmerdes.
- Elle claque son fric au grand jour ?
- Ca m'arrange, parce que c'est comme ça qu'on les arrête.
- Le commanditaire met la pression à Léger,
mais elle, elle pige pas ?
- Il a peut-être tenté de s'évader suite à ça.
- Pour sauver sa peau ?
- Le commanditaire a les moyens alors ?
- Il y a un truc que je pige toujours pas.
Pourquoi le meurtrier passe 2h à boire un whisky avec Montfort
avant de le tuer ?
- Parce qu'il attendait l'heure où Aurélia Montfort
allait monter dans son avion. Il voulait qu'elle ait un alibi.
- Il était prêt à tout pour qu'on ne l'accuse pas,
mais il n'avait pas prévu son retour.
- Là, pas de bol, Aurélia fait disparaître
toutes les fausses preuves et Pujol a un alibi en béton.
- Notre coupable a de la ressource.
Il crée cette histoire de faux alibi de toutes pièces
pour que Pujol redevienne le suspect numéro 1.
- Et le coupable après le "suicide".
- J'ai filé un sacré coup de main au meurtrier
en relançant la piste de la carte mémoire.
- La carte mémoire, le coupable l'a avec lui
depuis le soir du meurtre.
- Pour faire accuser Pujol. - C'est lui qui l'a mise
dans la souche. - Pour innocenter Aurélia.
- Et qui a attiré notre attention sur cette carte mémoire
et servi Anthony Léger
sur un plateau ? - Le vieil ami de Montfort.
- Hmm.
Le plus fervent défenseur d'Aurélia Montfort.
- Waouh.
- On y est. Le grand moment.
La plaidoirie de la défense ! - Oui.
Je suis impatient.
- Des mois que vous attendez ce moment.
Pardon. Que dis-je ? Des années.
Le moment où vous aurez enfin Aurélia pour vous tout seul.
- Vous divaguez, commandante.
- Dominique, votre plus vieil ami, marié à la plus belle des femmes.
Sacré dilemme !
Evidemment, une fois Aurélia veuve, désorientée,
elle serait venue chercher le réconfort dans vos bras.
- Continuez. Vous commencez à m'amuser.
- Seulement voilà.
Elle tombe amoureuse de Florian Pujol.
Alors il n'est pas
aussi brillant que vous, il n'a pas votre charisme.
L'aura du roi des prétoires.
Mais...
Il est jeune. Il est beau.
Et par-dessus tout, elle l'aime. Elle l'aime à en mourir.
- Eh bien... Vous avez beaucoup d'imagination.
Et que se passe-t-il ensuite ?
- Le moment le plus passionnant.
Celui
où vous décidez de vous débarrasser de l'amant et du mari.
- Renaud est un ami. C'est tout.
- Un ami ne vous regarderait pas comme votre avocat vous regarde.
- Renaud...
Renaud n'est pas comme les autres.
Il garde toujours ses distances.
- Ca ne l'a pas empêché de tuer votre mari et votre amant.
- Mais Florian a laissé un mot.
- Ecrit sans aucun doute sous la menace.
Pour vous innocenter. C'était son ultime sacrifice.
Madame Montfort, Me Chartier avait tout prévu.
Il a tué votre mari et disposé les affaires de Florian
dans le salon pour en faire le parfait coupable.
Mais vous êtes revenue. - Et rien ne se passe
comme prévu : Aurélia nettoie la scène de crime,
Pujol se fait arrêter pour excès de vitesse.
- J'ai hâte d'être à la fin.
- J'y viens.
Aurélia est accusée du meurtre, vous allez la perdre...
Par votre faute.
Vous voilà l'arroseur arrosé.
Ou alors, comme vous diriez
en plaidoirie : "Nul ne peut se prévaloir
"de sa propre turpitude."
- Ah.
Je me suis trompé sur vous.
Vous auriez été une excellente avocate générale.
Mais je ne vois pas de conclusion probante.
- C'est à ce moment-là que vous jouez le coup de poker préféré
des amateurs de bluff.
Vous décidez de nous faire croire que l'alibi de Pujol est faux.
Et l'amant coupable,
forcément, se suicide en plein procès.
Rideau. Terminé.
Quel jury
aurait condamné Aurélia après tout ça ?
- Pas mal. Vous y mettez beaucoup de conviction.
Mais ça ne suffit pas pour vendre l'histoire aux jurés.
Il vous manque l'essentiel.
Les preuves.
- Eh oui. Les preuves. Mais vous avez raison.
Je n'ai absolument rien.
Ni élément probant, ni témoin direct. Non. Non, non.
En fait, la seule chose dont je peux me servir contre vous,
c'est elle.
La femme par qui tout a commencé.
Aurélia Montfort.
Pour elle, pas besoin de preuves pour comprendre la vérité.
Vous l'avez perdue.
Elle ne vous pardonnera jamais
d'avoir tué les deux hommes de sa vie. En revanche,
vous pouvez la faire acquitter et lui prouver votre amour.
A vous d'écrire la fin de l'histoire.
- Ils se trompent.
Dis-moi qu'ils se trompent.
- Aurélia... Laisse-moi t'expliquer.
- A cause de toi j'ai cru Florian coupable.
Tu es un malade.
Va-t'en.
Je ne veux plus te voir.
- Aurélia... J'ai fait tout ça par amour pour toi.
- C'est pas ça l'amour.
Je te hais.
Tu m'entends ?
Sanglot. Je te hais.
...
- M. le président,
mesdames et messieurs les jurés,
j'aimerais accomplir
la plus essentielle tâche de tout avocat :
faire que ma cliente quitte cette cour,
ce soir, libre.
J'aime cette femme.
Remous dans l'assistance. Je l'aime... depuis toujours.
D'un amour brûlant. Terrible.
Presque impossible à supporter.
Par amour pour elle, je vais faire des aveux complets.
J'ai tué deux hommes.
...
Dominique Montfort et Florian Pujol.
- Je voudrais tant que tu te poses...
...
Ma petite Rose, ma petite chose.
...
Je voudrais tant que tu t'endormes. - Elle dort.
- Tant mieux. Je suis à court de berceuses.
- Peu de bébés ont résisté à notre duo.
Quoique... Alice
pouvait passer des heures à t'écouter chanter.
- Alors que toi, tu t'endormais aussitôt.
- Mais je me réveillais plusieurs fois par nuit.
- Et tu me réveillais.
J'y vais. Il faut que tu dormes.
J'y vais.
- En même temps... Je ne dors plus beaucoup
depuis que Lucile est rentrée à la maison.
...
Tu es sûr ? - Oui.
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