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Zulu
...
- Tu fais quoi ?
- Regarde !
...
- Heureusement que tu m'as aidée, je n'y serais jamais arrivée seule.
- Ouais !
- Tu m'aideras à le monter ? - Oui, je t'aiderai.
C'est bien que tu l'aies gardé. - J'ai dormi dedans, Alice, Thomas,
et maintenant, notre petit-fils, ou petite-fille...
- Oh non !
- Quoi ?
- Regarde !
- Le doudou d'Alice !
- Que tu m'avais accusé d'avoir perdu.
- C'est pas moi qui l'ai rangé dans ce matelas.
- Mais il était rangé ! Dire qu'on a couru partout pour trouver
le même.
Il sent encore le bébé.
- On va le laver un peu.
On nous attend au massif de la Gardiole.
- OK !
Go ! - Je rangerai tout ce soir.
...
Erwan !
Ca donne quoi ?
- Aucun papier.
On a ratissé la zone, rien.
- Je descends, je ne vous entends pas.
Merci.
- On a retrouvé son téléphone HS.
- Comme lui, j'imagine.
De là-haut, ça fait une sacrée chute.
- Il y a un problème, commandant ?
- Pardon ?
- Il y a un problème ?
- Non... Non, c'est les blessures, c'est impressionnant.
OK, alors,
vu la rigidité,
je dirais qu'il est mort
il y a plus de 12 h. - Le sol est assez glissant en haut,
ça pourrait être un accident, il aurait dérapé.
Ca arrive.
- Ou alors, on l'a poussé, ça arrive aussi.
A ce stade
de l'enquête, on ne peut négliger aucune piste, accident, suicide,
meurtre. - Bien sûr.
- Je vous laisse finir, j'ai un truc à faire.
Vous me tenez au courant. - Oui.
Commandant !
- Oui.
- C'est par ici. - Ah !
Merci, Erwan. - A plus tard.
- Capitaine.
- Mme la procureure.
- Vous avez trouvé quelque chose ?
- La voiture et le nom
de la victime.
- Marc Ziani, très bien.
Quoi d'autre ?
- Derrière !
Des flyers pour le trail Estrella.
- Une course.
- Sur terrain accidenté, épreuve réservée aux grands sportifs.
- Ce trail a lieu dans 15 jours ? - Hm !
- Ici, à la Gardiole ?
Ce sentier est prisé des randonneurs, non ?
- Je lance un appel à témoins.
- Merci. - Je vous en prie.
laissez votre message...
- Ah !
- Mon colonel. - Ce sont les infos sur la victime ?
- Rien de croustillant, il avait une vie bien rangée.
- 51 ans, cardio-pédiatre à la clinique des Pins.
- Son assistante est effondrée,
elle décrit un médecin gentil et dévoué.
- Les cimetières sont remplis
de gens gentils.
Et ce trail ?
- Il était le président du club organisateur.
- De la famille ? - Oui, Célestin est parti interroger
sa femme.
- Parfait. Merci, capitaine. - Je vous en prie.
- Ah ! Franck.
Marc Ziani est mort.
- Pardon ? Comment ?
- Ah ! Donc,
ça continue.
- Tu crois que c'est le moment
pour la parano ?
Notre suspect gît dans un ravin.
- Un ravin ? - Oui.
- Où ça exactement ? - Massif de la Gardiole.
- OK, vous ne vous fâchez pas, Léa.
- Vous avez vu Ziani ?
- Je vous avais demandé de ne pas bouger,
je comprends pas. - Où
et quand ? - Hier, vers 17 h 30.
Au massif de la Gardiole.
- Et il est mort après.
Tu lui as raconté quoi ?
- Il avait l'air affolé.
Vous croyez qu'il a été tué à cause de moi ?
- A ton avis, Einstein ? Notre suspect meurt !
- C'est bon,
on se calme.
Il nous faut comprendre comment
et pourquoi il est mort.
Et en attendant, vous ne l'avez jamais vu.
OK ? - Tu crois que c'est
une bonne idée ?
- Si on parle, Franck sera écarté, et nous, on sera dessaisis.
Je ne comprends pas le sens
de ta question.
- Estrella est morte,
il y a deux ans.
Un accident de scooter.
Après ça, Marc n'a plus jamais été le même.
- Le trail Estrella, c'était pour lui rendre hommage ?
- Marc lui avait transmis le virus du sport.
Leur rêve, c'était de faire un raid père-fille.
- On l'a retrouvé
au massif de la Gardiole, vous savez
ce qu'il faisait là-bas ? - Il avait encore un tas de choses
à organiser, le parcours, le fléchage.
- Ca ne vous a pas inquiétée
de ne pas le voir rentrer ? - Il m'avait prévenue
qu'il avait de la paperasse à classer.
- Vous savez si quelqu'un devait le rejoindre
à la Gardiole ?
- Non.
- Je peux garder la photo pour l'enquête ?
- Oui.
- Et l'appel
à témoins ? - Célestin s'en charge.
- J'ai fini d'éplucher la liste des inscrits au trail,
et il n'y a aucun Milo.
- Ca y est, le labo a extrait la carte Sim de la victime.
- Et ?
- Quelqu'un lui mettait
la pression. - C'est-à-dire ?
- Il a reçu 2 SMS avant-hier, "Vous vous en tirerez pas
"comme ça", "Je veux la vérité, je vous lâcherai pas".
- Ca vient de qui ?
- Je vais essayer de rentrer le numéro dans la base
de données pour voir.
Une main courante pour tapage nocturne.
- On dirait qu'on a trouvé notre Milo.
- Attendez, j'ai rien à voir
avec sa mort.
- Vous l'avez quand même menacé ? - Pour récupérer mon petit frère.
- Expliquez-moi.
- Je suis né en Tchétchénie, je suis arrivé
à l'âge de 3 ans, et quand j'ai su que j'avais été adopté...
- Vous avez voulu connaître
vos origines ?
- On a été placés à l'orphelinat,
et quand j'ai consulté mon dossier, j'ai appris que j'avais un frère.
- Et comment il s'appelait ?
- Bashir, il avait pas un an à son arrivée.
Et il y avait le nom du Dr Ziani.
J'ai pensé qu'il savait peut-être ce qui lui était arrivé.
- Vous lui avez demandé ? - Il m'a envoyé balader.
Le Dr Ziani était mon seul salut pour retrouver mon petit frère.
- Et ça s'est mal passé
avec lui, il vous a dit quoi ? - Que Bashir était mort.
Qu'il avait été malade peu de temps après être arrivé à l'orphelinat.
Mais ça me suffisait pas, c'est pour ça
que je l'ai secoué.
- Vous étiez où hier en fin
de journée ? - A Narbonne.
Je devais récupérer une moto
pour un client. - On va vérifier.
- Donc, Marc Ziani a bien été tué par sa chute, sauf que...
- Ce n'est pas un accident. - Il y a moyen de le prouver ?
- Oui, grâce aux radios, j'ai repéré une épitrochléite.
- Une petite quoi ?
- Une lésion du ligament du coude.
- Due à une clé de bras, par exemple.
- Et le trauma a eu lieu avant le décès, juste avant la chute.
- Une clé de bras avant de le pousser dans le vide ?
- Pour faire croire à un accident, c'est du travail de pro.
- Comme pour le cambriolage
chez mes parents. - Il faut prévenir l'équipe.
- Hop hop hop !
Pas maintenant.
- Pourquoi ?
T'as peur qu'on sache
que vous avez enquêté en loucedé ?
- J'ai peur de rien.
On va aller au bout
de cette enquête tous les trois, on n'a besoin
de personne d'autre.
Une voiture approche.
- Alors, qui déniche
encore le témoin clé ?
- J'avoue, t'as eu du flair, bravo. - Merci.
Amélie Bertin ? - Oui.
- Bonjour, Ltn Morel, Ltn Lebellec. - Merci d'être venue.
- Pas de souci. - On a une photo.
- OK. - Ca pourrait être
cet homme que vous avez vu
hier ? - Oui, qu'est-ce
qui lui est arrivé ?
- Secret d'instruction. Et il était quelle heure ?
- Environ 17 h 30, je suis venue ici direct après mon cours de Pilates.
- J'adore le Pilates. - C'est vrai ?
- Il était seul ?
- Non, il s'engueulait avec un gars, il l'a même attrapé par le col.
- Vous pourriez
le décrire ?
- Mieux, j'ai une photo.
Je faisais des selfies
pour mes followers.
- Un petit instant, s'il vous plaît. Viens voir !
Regarde ! T'as vu ?
- C'est Franck.
Qu'est-ce qu'il foutait là ?
- Franck, excusez-moi de vous déranger...
Vous saviez que Marc Ziani était bénévole dans un orphelinat,
il y a 18 ans ?
- Non. Mais c'est quoi le rapport avec notre affaire ?
- Eh bien,
cette note.
Qui stipule que votre père était lui-même bénévole
dans ce même orphelinat.
- Je n'étais pas au courant. C'est trop gros pour être un hasard.
- C'est ce que je me suis dit aussi, je vais chercher.
Et au sujet de l'autopsie ?
- J'en ai encore pour 2 h. - Ecartez-vous
de ce corps. - Deux choses,
vous connaissiez Marc Ziani, et hier,
vous vous êtes battu
avec lui sur les lieux du crime.
- C'est moi
qui lui ai demandé de ne rien dire.
Il y a quelques semaines, j'ai pris la liberté
de rouvrir l'enquête sur la mort des parents
de Franck,
le nom de Marc Ziani est apparu, je comptais l'interroger.
- Pourquoi je n'apprends ça qu'aujourd'hui ?
- Pourquoi... - A cause de moi.
J'ai voulu protéger ma soeur.
- Et vous avez accepté ?
Je vais devoir mettre une autre brigade sur cette affaire.
- Mme la procureure, il y a peut-être une solution.
C'est que je me charge personnellement
de cette enquête.
- D'accord.
Mais je veux toutes les pièces du dossier, et vous, je vous place
en garde à vue.
- QUOI ? - Mais enfin...
- Commandant !
- Il est innocent ! - Ca, c'est l'enquête qui le dira !
- Allez !
...
- T'as peut-être réussi à enfumer la proc avec tes bobards,
mais avec moi, ça ne marche pas.
Alors maintenant, tu vas m'expliquer.
- L'agression de Paul n'a aucun rapport avec un cambriolage
qui a mal tourné. - Quoi ?
- J'avais ramené chez moi le rapport sur la mort des parents de Franck,
celui qui a tiré sur Paul voulait certainement le récupérer.
- Et pourquoi tu ne m'as rien dit ? - Parce que je ne pouvais pas.
Paul était menacé, papa,
je ne pouvais pas.
- "Papa", oui, papa, je suis ton père.
- Et aussi colonel.
Les procédures, tout ça...
Celui que nous traquons a ses entrées ici,
sinon comment il aurait pu deviner que j'avais ramené ce dossier
chez moi ? Franck
est innocent, il faut le libérer. - Tu lui as apporté
un coupable
sur un plateau d'argent, il voulait peut-être venger ses parents.
- Non, je le connais ! - Ou pas !
Je ne vais pas pouvoir te garder sur cette enquête, Léa.
- C'est une blague !
- Commandant, vous êtes suspendue
jusqu'à nouvel ordre.
...
- Paul, sors-moi de là.
- Non, pas encore.
- Et Léa ? - Elle a été
suspendue.
Bon, est-ce que tu as repéré quelque chose
à l'autopsie ?
- Marc Ziani avait une cicatrice à la jambe gauche,
j'ai repéré des éclats métalliques. - Et cette blessure
daterait de quand ?
- 15, 20 ans.
- L'époque où tes parents ont été tués.
Jeux d'enfants.
...
- Moi, je sais où il est ! - Non, c'est moi qui sais !
- J'ai pas bien compris la raison de votre présence, commandant ?
- Soler.
J'enquête sur la mort de deux médecins
qui ont été bénévoles ici.
L'un est mort il y a 18 ans, l'autre a été tué hier.
- Oh ! C'est affreux...
Et comment je peux vous aider ?
- Vous êtes bien le directeur de cet établissement depuis
sa création ? - Oui.
- Christian Marvaud,
ça vous parle ? - Non.
Je fais appel à beaucoup de bénévoles,
les enfants qui arrivent ici viennent de zones de conflits,
ils ont besoin de soins.
- D'accord, je comprends. Alors, peut-être le Dr Marc Ziani.
- Marc Ziani, oui, il a travaillé ici 2, 3 mois...
En 2005 ou 2006.
- Tout s'est bien passé ? - Au début, oui.
Ca s'est gâté par la suite.
- C'est-à-dire ?
- Marc Ziani volait dans les stocks de médicaments.
- Et vous aviez porté plainte ? - Je ne sais pas
si c'était pour sa consommation personnelle ou s'il dealait...
- Vous l'avez renvoyé pour éviter
un scandale ? - Je l'ai poussé à la démission.
Mais il l'a bien pris, il a compris.
Il est parti sans faire d'histoires.
- Paul.
Je peux savoir où tu vas ?
- Léa et Franck étaient sur la bonne piste,
on a éliminé Marc Ziani pour l'empêcher de parler.
- Et tu comptes faire quoi ? - Enquêter sur son passé.
- Et si ton enquête devait confirmer qu'il a bien tué
les parents de Franck ?
Qu'est-ce que tu ferais à sa place ?
"Voilà, j'avoue, j'ai tué vos parents".
Qu'est-ce que tu ferais ?
Moi-même, je ne parierais pas sur ma réaction.
- On a affaire à un vrai pro, pas à un gentil pédiatre.
Et je le coincerai.
- Tu en as mis du temps pour rentrer.
- C'est papa qui t'a demandé de me surveiller ?
- Non, il m'a simplement dit que tu étais mise à pied.
- Qu'il m'avait mise à pied.
- Il m'a parlé d'une enquête illégale que vous menez, Franck
et toi. - D'accord !
Vous avez remis le couvert, vous vous dites tout,
ça va être compliqué.
- Ne change pas
de sujet.
Vous couchez
ensemble ?
- Ca va mal ! - Je t'en prie,
ne prends pas ton air effarouché, avoue qu'il est mignon !
- Je ne vois pas le rapport. - Pourquoi tu risques
ta carrière, si tu ne couches pas avec lui ?
- Ca suffit, je veux retrouver celui qui a tué ses parents
et tiré sur Paul, ça s'arrête là.
- Hm ! Si tu le dis.
Ca va être compliqué avec ta mise
à pied.
Tu sais quoi ? Rien de mieux qu'un dîner entre filles
pour se changer les idées.
- Non, je ne suis pas d'humeur.
- Tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça.
On sort, allez !
Je t'attends !
- Voilà !
- Merci.
Votre mari était proche de Christian Marvaud ?
- Christian Marvaud,
ça fait une éternité que je n'ai pas entendu ce nom.
C'était le professeur de Marc à la fac.
Quand Marc est rentré du Kossovo, il l'a embauché.
- Il est allé au Kossovo ? - Hm !
Après ses études, il a fait son service,
comme tous les conscrits, et il s'est embarqué
comme Casque bleu.
- Il faisait quoi là-bas ?
- Comme il était médecin,
l'ONU l'a envoyé s'occuper des réfugiés.
C'est sa boîte de souvenirs.
- Je peux ? - Oui.
Bien sûr.
- Votre mari
faisait partie d'un bataillon ? - Hm hm !
Notre légiste a découvert des éclats de métal dans sa jambe.
- Son convoi a été touché par un obus.
Il a gagné une médaille et trois opérations.
Ceci dit, ça ne l'a pas empêché de courir un marathon
5 ans plus tard.
- Votre mari était formé au combat ?
Il savait tirer ?
- Oui.
Pourquoi, ça change quelque chose ?
- Tout.
- Marc Ziani a fait son service dans les Forces spéciales.
Ce n'était pas qu'un gentil médecin, il connaissait les armes.
- Il avait une licence de tir. - Il possédait
un Manurhin ?
- Non, mais l'armurerie de son club a été cambriolée
le 15 mars. - Juste avant qu'on tire sur Paul.
- La veille, et parmi les armes volées, il y avait
un Manurhin.
- Mais pourquoi Marc Ziani
aurait tiré sur Marchal ?
- Peut-être qu'il voulait récupérer le rapport d'enquête.
- Et empêcher qu'on découvre qu'il avait tué
les parents de Franck. - Si c'est le cas, ça craint
pour Franck.
- Je vous l'ai répété cent fois, je n'ai pas tué Marc Ziani.
- Franck !
Ecoutez-moi.
Bon, vous et moi, on a eu des différends.
Mais ça ne veut pas dire que je suis votre ennemi, hein.
Si vous avez
"pété les plombs", je peux très bien comprendre,
la proc aussi. - C'est insensé,
si c'était moi, j'aurais jamais prouvé
que sa chute n'était pas
un accident. - Vous êtes intelligent,
vous avez peut-être tout fait pour écarter les soupçons.
Il n'y a eu que deux numéros qui ont borné dans la zone,
celui de la joggeuse
et le vôtre.
- Je comptais sur lui pour retrouver l'assassin de mes parents,
pourquoi je l'aurais tué ?
- Oui, pourquoi ?
- Si c'est lui qui m'a tiré dessus, tu sais ce que ça veut dire.
- Qu'il a très bien pu tuer les parents de Franck.
- Et que ton père a peut-être raison.
Franck a pété les plombs, il l'a balancé dans le ravin.
- Franck n'est pas un meurtrier, et tu le sais.
- T'étais pas censée être mise à pied ?
- Tant que je n'aurai pas trouvé celui qui t'a tiré dessus,
je ne lâcherai pas l'affaire.
- Toutes ces notes,
la vache !
T'as dû y passer... - Quelques nuits.
Quand j'ai...
Quand je t'ai découvert là,
ce soir-là...
J'ai cru que t'étais mort.
Que c'était fini...
Mais vraiment fini.
- Non, tu ne sais pas.
Je le connais, lui.
C'est Xavier Gendre,
le directeur de l'orphelinat.
Marc Ziani et lui ont fait partie du même bataillon,
c'est pas un hasard. - Oui, Erwan.
qui vous a tiré dessus.
où l'armurerie a été cambriolée, il était au bloc opératoire,
pendant 5 h.
Oui, Erwan, est-ce que vous avez la liste
des membres du club de tir ?
- Oui. Pourquoi ?
- Pouvez-vous vérifier qu'un certain Xavier Gendre est inscrit ?
- Attendez, je vais vérifier.
comme Ziani.
- OK, merci, Erwan.
- Ziani et Gendre étaient complices,
Ziani est mort... - C'est Gendre qui m'a tiré dessus.
- Paul, tu vas où ?
Paul !
- La commandante
m'a demandé
de vous prêter main-forte.
- La confiance règne.
- C'est quoi, ça ?
- Putain ! C'est de la fumée.
- Il brûle les preuves.
- Oh ! Arrêtez !
Gémissements de lutte.
...
- Capitaine,
arrêtez !
Arrêtez, capitaine.
Arrêtez !
C'est fini.
Baissez
votre arme, capitaine.
- Dans ces cartons que vous brûliez, il y avait quoi exactement ?
- De la paperasse. Le nettoyage de printemps est interdit ?
- Non, mais agresser des gendarmes et cambrioler une armurerie,
ça, ça l'est.
Un Manurhin, ça vous parle ?
- Un Manurhin...
Non.
- Parce que c'est l'arme que vous avez utilisée pour tirer
sur le Cpt Marchal. - Le collègue qui m'a braqué ?
- Vous veniez de frapper son partenaire.
- J'ai eu peur, je n'avais pas vu que c'était des gendarmes.
- Bien sûr.
Les charges qui pèsent contre vous sont très lourdes,
trois homicides,
une tentative de meurtre... - Je n'ai rien à voir avec ça.
Et vous n'avez pas
de preuves.
- Ne vous inquiétez pas,
on va en trouver.
- Xavier Gendre serait le complice de Marc Ziani,
c'est ça ? - Et il l'aurait
supprimé pour l'empêcher de parler.
- Vous avez l'arme ?
- On ne la retrouvera probablement pas.
- Il va me falloir des aveux pour l'inculper, colonel.
- Oui, seulement il a fait partie des Forces spéciales,
ça va être très compliqué de le faire craquer.
- Que proposez-vous ?
- La réintégration du Cdt Soler et du Dr Franck Marvaud.
Ils ont enfreint la procédure,
mais le fait est qu'ils avaient raison,
on a pu remonter jusqu'à lui grâce à eux.
- Donc, la fin justifie les moyens ?
- Parfois, oui. A cause
de Gendre, le Dr Marvaud a perdu ses parents,
le Cpt Marchal a failli mourir,
je peux concevoir qu'ils aient agi en toute discrétion.
- Vous me forcez la main, si je m'oppose
et que Gendre est libéré,
ce fiasco sera de ma faute.
- Bonjour.
- Bon retour parmi nous, commandante.
- Merci. - Merci
d'avoir envoyé Erwan.
Il m'a empêché de faire une connerie.
- De rien.
- Voilà ce qu'on a réussi
à sauver du feu.
- Gendre a dû paniquer après ma visite.
Visiblement, vous êtes arrivés à temps.
- Il a détruit une bonne partie de 2005, l'année où Ziani a bossé
à l'orphelinat. - Tu sais
ce qu'il voulait détruire ? - Oui.
- Un certificat de décès ? - Au nom de Bachir.
- Bachir, Bachir, Bachir... Le frère de Milo Bielsa, le garagiste ?
- Oui, et le labo en a découvert cinq autres.
- Cinq ?
- Cinq dont trois avec la signature de Ziani, bien lisible.
- C'est quoi, cette histoire ?
Gendre m'a dit qu'il avait poussé
Ziani à partir parce que celui-ci volait
des médicaments dans la pharmacie. Et si c'était pas la raison,
si c'était pour autre chose ?
- Admettons que ces morts soient suspectes,
si le père de Franck l'avait compris, l'orphelinat
risquait de fermer.
- Je suis peut-être en train de faire une connerie,
mais j'ai besoin de vous.
On a arrêté un suspect, Xavier Gendre.
Vous le connaissez ? - Jamais entendu parler.
- On enquête encore sur son mobile,
mais si je veux l'inculper, j'ai besoin de preuves.
Preuves qu'il a bien assassiné Ziani.
- Oui.
- Ma fille vous fait confiance, j'ai décidé d'en faire autant.
- Je me contenterai de ça comme excuses.
Mais avant, je veux voir la scène de crime.
- Bon, c'est sympa la balade, mais on fait quoi là ?
- On tente de comprendre comment Ziani a fini
au fond de ce ravin.
Erwan, tu vas faire Xavier Gendre. - Avec plaisir.
- Tu lui fais une clé
de bras. - Et je fais la victime, bien sûr.
- Tu vas le pousser vers le ravin, tu te débats autant que tu peux.
OK ? - Oui.
- Allez-y.
Ca ne marche pas.
- Il ne lui a peut-être pas
fait qu'une clé de bras ?
- Il l'aurait frappé ?
- Quand on l'a arrêté,
Gendre m'a frappé à l'arrière
du crâne.
- Putain, c'est ça !
Vous souffrez d'une fracture de la phalange.
Ca arrive
parfois quand on donne un coup de poing avec une bague.
- Comme quand vous avez frappé
le Dr Ziani. - Je n'ai rien à voir avec tout ça.
C'est en frappant
votre collègue
que je me suis fais mal.
- Le cuir chevelu de Marc Ziani.
J'ai découvert cette empreinte
en lui rasant l'arrière du crâne.
La croix de votre bague est bien
reconnaissable, non ?
- Si c'est pour cacher la mort de ces enfants,
c'est raté.
- C'est bon.
Vous avez gagné.
Marc Ziani ne faisait pas que taper dans les stocks des médocs...
Il consommait aussi.
Sa guibole le faisait souffrir tellement que...
Il pouvait lui arriver... - De commettre
des erreurs.
- Ces mômes, ça a toujours été ma priorité. Quand j'étais soldat,
j'ai vu tellement d'horreurs.
J'ai quitté l'armée. Cet orphelinat, c'était ma façon
de me rendre utile.
D'offrir une vie
meilleure à ces gamins.
- Et mes parents,
c'est par altruisme aussi que vous les avez tués ?
- Quand...
Quand votre père est venu à l'orphelinat, il a vu
tout de suite que Ziani était shooté.
Il s'est mis à fouiner.
Je ne pouvais pas le laisser mettre en danger mon orphelinat.
- Comme le Dr Ziani.
- Depuis la mort de sa fille, Ziani était rongé par le remords.
Il voulait soulager sa conscience.
Je l'ai juste aidé à l'alléger un peu plus vite.
- Bravo, grâce à vous, Xavier Gendre
devrait passer de longues années en prison.
J'espère que ce qui s'est passé n'entachera pas notre coopération.
Le respect de la procédure est capital à mes yeux,
comme la confiance. - Ne vous inquiétez pas,
la Cdt Soler a compris, et ce genre d'incident ne se reproduira plus.
- Très bien. Ah !
- Excusez-moi. Je déjeune seul, ou je t'attends, maman ?
- Je vous présente mon fils Lucas,
il fait un stage au tribunal en ce moment.
- Un futur magistrat ?
- J'hésite encore
avec la police. - Venez faire un stage
à la gendarmerie.
- L'idée qu'il porte
une arme et risque sa vie, je ne suis pas sûre.
- On s'y fait.
Vous verrez, on s'y fait.
- On y va ?
- Au revoir.
- Allez, debout !
On va voir le juge.
Oh ! Putain.
Oh !
Quelqu'un au secours !
Oh ! Il y a quelqu'un ?
On frappe. - Entrez.
- Je viens d'avoir l'hôpital.
Gendre est en soins intensifs, c'est du 50-50.
- On est sûrs que c'est un suicide,
il n'y a aucun doute là-dessus ?
- J'ai vérifié les vidéos, personne n'est allé le voir en cellule.
Tu penses à quoi ?
- S'il avait voulu mourir pour s'empêcher
de dire quelque chose, de révéler quelque chose ?
- Quoi, pour protéger un complice, celui qui a ses entrées ici ?
- J'ai l'intuition que c'est quelque chose
de plus lourd...
Un secret.
Ou un pacte.
- Je connais ce regard.
Vas-y. - Tout nous ramène
à cet orphelinat et à la mort de ces enfants.
- Mais qu'y a-t-il
encore à cacher ?
- Je ne sais pas, mais je vais le savoir.
Paul, Franck et moi, on ira au bout de cette enquête.
Et j'ai besoin que tu me fasses confiance, papa.
- Ah ! Te voilà.
Tu avais raison, en 2005, cinq enfants sont morts
à l'orphelinat. - OK. De quoi ?
- Deux souffraient de pathologies
graves. - Et les autres ?
- Rien, impossible de connaître la raison de leur mort.
- Et si on exhume les corps ?
- Ziani les a fait incinérer. - Tiens, regarde.
- C'est quoi ?
- Je suis allé vérifier les procédures d'adoption de 2005.
- Ca dit quoi ? - En 2005,
douze gamins de l'orphelinat ont été adoptés.
Regarde le nom de la juge
qui a validé
les adoptions. - Non.
Esther Dulac,
la procureure.
- La complice de Xavier Gendre,
c'est elle.
- Je crois que tu la sous-estimes.
C'est elle qui tire les ficelles, c'est Esther Dulac,
elle nous manipule.
Après ton coup de fil, je ne sais pas pourquoi,
j'ai voulu vérifier leur livret de famille à chacun.
Et regarde ce que j'ai découvert.
Là.
Et là.
- Ils n'ont eu qu'un seul enfant, tous nés la même année, en 2005.
- Une fille et deux garçons, Estrella pour les Ziani,
Lucas pour les Dulac et Nicolas pour les Gendre.
- Ca correspond aux morts suspectes. - Qui datent toutes de 2005.
- Donc, ils ont fait tout ça pour les adopter.
Mais pourquoi ils ne sont pas passés par une procédure
normale ? - Ils l'ont fait.
Les trois couples ont fait une demande d'adoption,
mais aucune n'a abouti.
Le secret, c'est l'origine de leurs enfants.
- Marc et moi, on a essayé pendant sept ans d'avoir un bébé.
Tous ces échecs, ça m'a anéantie,
j'ai fait deux tentatives de suicide,
et notre dossier d'adoption a été rejeté.
- Et les familles Gendre et Dulac ?
- Xavier souffrait d'un choc post-traumatique,
et Esther, son mari avait un cancer,
il est mort il y a 12 ans.
On n'avait pas vraiment les bons profils.
- Donc, vous avez préféré voler des bébés ?
- C'était l'idée d'Esther.
On s'est rencontrés à un groupe de parole.
Ca nous faisait du bien d'échanger sur ce qu'on vivait.
Et puis, un soir...
Esther nous a expliqué que ce serait tellement facile
de faire passer des orphelins pour nos enfants biologiques.
Il suffisait d'avoir un acte de décès et un acte de naissance.
Et Marc s'en est occupé.
- Et vos familles,
elles n'ont rien vu ?
- Vous n'imaginez pas ce qu'on est capable de faire pour avoir
un enfant.
De toute façon,
mon mari et ma fille sont morts.
Arrêtez-moi si vous voulez, je n'ai plus rien à perdre.
- Mon père avait tout découvert.
Mais ils ont préféré les tuer, lui et ma mère,
plutôt que de perdre leurs enfants.
- La proc veillait sur le dossier.
- Et elle a envoyé Gendre pour le récupérer chez Léa.
- En blessant Paul
au passage.
- Esther Dulac a demandé sa mutation pour nous surveiller.
- En attendant, on n'a rien pour l'impliquer,
elle a détruit toutes les preuves.
- Non, colonel,
les preuves les plus importantes sont encore en vie.
- Mais écoutez-moi, M. Bielsa. - Vous me suspectez encore ?
- Non, il se pourrait qu'on ait retrouvé votre frère.
- Bachir ?
- Oui, et c'est pour ça que j'ai besoin de votre accord
pour un test ADN.
...
- Mme le procureur !
Vous auriez un instant ? - Oui.
- Nous avons de nouveaux éléments dans l'affaire Gendre.
- C'est quoi ?
- Un test ADN
qui prouve que le frère de Milo Bielsa n'est pas mort,
contrairement à ce que Gendre et Ziani ont voulu faire croire.
- Trois nourrissons ont disparu,
deux garçons, une fille.
- La fille a été adoptée par Ziani
et sa femme et l'un des garçons par la famille Gendre.
- Quant au 3e,
vous le connaissez bien.
N'est-ce pas ? - Lucas est au courant ?
- Bien sûr.
Sinon,
il aurait refusé ce test.
- Vous êtes en train de détruire la vie de mon fils.
Léa, vous êtes mère, vous savez.
- Je sais, mais ça n'excuse en rien ce que vous avez fait, Esther.
- Je voulais protéger mon fils. On voulait protéger nos enfants.
Qu'est-ce que...
Qu'est-ce que Lucas va devenir ?
- Son frère
l'attend.
Depuis 18 ans.
...
- Mme la procureure, je n'aurais pas voulu rater ça.
Heureusement que j'étais encore là.
- C'est-à-dire. - J'ai postulé
pour être formatrice, et j'ai été prise.
- Vous allez enseigner quoi ?
- La langue des signes à l'école de gendarmerie.
- C'est génial.
- Si tu le dis.
- Capitaine, vous êtes une prof... - Formidable.
Oui, je ne suis pas aussi confiante.
- Moi, je suis votre 1er élève, et aujourd'hui...
- Non, tu vas demander Eva en mariage ?
C'est génial.
A part la hiérarchie, t'es le seul au courant...
- Je ne dis rien. Vous partez quand ?
- Fin de semaine prochaine. - OK. Bonne soirée, alors.
- Bonne soirée, Erwan. - Au revoir.
Vous avez oublié quelque...
Camille !
- Vous alliez
partir ? - Oui.
- Je voulais savoir comment vous vous sentiez après tout ça.
- Bien.
Je crois, oui.
C'est vrai que c'est assez étrange.
On savait comment ils étaient morts,
mais on n'avait jamais su pourquoi.
Et après toutes ces années, ça y est, on sait.
C'est bien.
C'est grâce
à vous, Léa.
- Non, c'est grâce à nous, on a formé une belle équipe.
- Oui.
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