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Original subtitles

...

- Elle est morte.

Sirène.

...

Elle est morte.

Morte.

...

On sonne.

...

- Salut.

Je voulais voir Thomas et Apolline

avant l'échographie.

- Ils sont partis. Heureusement qu'ils dormaient pas !

- J'ai essayé de t'appeler plein de fois, mais tu décroches jamais.

- C'est le principe.

En général, c'est quand on n'a pas envie de parler.

- J'ai voulu te protéger.

- En me disant que j'avais été victime d'un cambriolage ?

- Voilà ce que j'ai reçu.

Un malade nous menace, et toi, tu me dis rien.

- Je savais pas comment te le dire. Parfois, je peux être tellement...

- Tellement ?

- Impulsive, imprévisible.

- T'as zéro confiance en moi.

- C'est pas ce que je pense, c'est pas ce que je dis.

Téléphone. Pardon, excuse-moi.

- Allez c'est bon, ça va.

- Waouh !

Bonjour. - Bonjour.

- Tenez, monsieur.

- Qu'y a-t-il de si urgent ? - Elle est morte.

Elle est morte.

- Oui.

- Pourquoi il dit ça ? Qu'est-ce qu'il a ?

- Aucune idée, on l'a trouvé

dans la rue, pieds nus.

Il portait une blouse jetable, couverte de sang.

- Le sien ?

- Je pense pas, il n'a pas de blessure.

- Monsieur ? - Elle est morte.

- D'accord. J'imagine qu'il n'avait pas de papiers sur lui ?

- Non, aucun, et j'ai appelé les hôpitaux psychiatriques,

aucun malade s'est fait la malle.

- Morte.

- T'as trouvé quelque chose sur la vidéosurveillance ?

- Non, rien. J'ai retracé son parcours,

mais je le perds à 4h à Tournezy.

- Le sang sur la blouse, c'est du sang humain,

mais pas le sien.

- Il y a bien une victime. - Oui, et c'est récent.

C'est pas sec.

- OK, elle n'est peut-être que blessée. Il faut vite la retrouver.

- La terre sous les ongles de pied, c'est du terreau.

Il faut chercher un grand jardin, une pépinière.

- Il est passé tout près d'un centre horticole.

- "Centre horticole Laugénie".

J'appelle Marchal.

- Oh ! - Hé, c'est interdit ici.

- Gendarmerie, vous êtes ?

- Daniel, le jardinier.

C'est une serre tropicale.

Les plantes craignent le froid. - C'était ouvert.

- Vous cherchez quoi, là ?

Il n'y a que des plantes ici.

Mais c'est Charlotte !

- Bonjour, Célestin ! - Bonjour, commandante.

- Ca se passe par où ? - C'est par ici.

- Commandante. - Merci.

Notre amnésique n'était pas spécialement fou.

On sait qui c'est ?

- Charlotte Revel, 40 ans, gérante de l'endroit avec la propriétaire,

Mylène Laugénie. Marchal l'interroge.

- D'accord. Et de la famille ?

- Célibataire, sans enfant d'après l'état civil.

Mauriac est partie perquisitionner son appartement.

- Très bien.

Pas de trace de lutte apparente.

La plaie est profonde et elle a perdu beaucoup de sang

avant de mourir.

- Le sang sur la blouse alors.

- On va attendre le résultat

de la comparaison sanguine pour tirer des conclusions.

- Oui, commandant.

Je vais demander qu'on ratisse le lieu.

- Merci.

- Charlotte était ma meilleure amie

depuis le collège...

Quand j'ai hérité du centre,

il y a 4 ans, je lui ai proposé de venir m'aider.

- Elle était botaniste ? - Biologiste.

Elle en avait marre de bosser pour les labos,

elle voulait revenir à la terre. Charlotte avait plein d'idées.

- Quel genre d'idées ?

- Des ateliers d'hortithérapie, ça nous a sauvés de la ruine.

- OK...

J'ai...

une collègue...

qui fouille son appartement aux Arceaux.

C'est très bizarre, ça ressemble à un appartement témoin.

- Charlotte a toujours été maniaque.

- Je suis maniaque, je ne laisse jamais du lait se périmer

et j'ai une brosse à dents.

- Je comprends pas.

- Charlotte ne vivait pas dans cet appart. Vous savez

si elle en avait un autre ou si on l'hébergeait ?

- Non.

Enfin, je crois pas.

Non. Si Charlotte avait quelqu'un dans sa vie, elle me l'aurait dit.

- D'accord.

- Léa ?

- Merci. Franck ?

Personne m'a prévenue que vous étiez là.

- Je dois filer, j'ai une autopsie à faire mais j'ai fait passer

votre affaire en priorité. - Une autopsie ? C'est qui ?

- Un cadavre arrivé hier soir,

a priori de mort naturelle.

- OK. Et pour Charlotte ?

- Difficile de donner une heure précise de la mort,

à cause du taux d'humidité dans la serre,

mais je dirais entre 22h et minuit. - OK.

Merci. - Je vous en prie.

Et sinon, Paul, ça va comment ? Vous avez réussi à vous parler ?

- Non, il refuse toute discussion. Le connaissant, ça peut être long.

- Si ça peut vous rassurer, il refuse aussi tous mes appels.

- C'est pas très rassurant. A plus tard !

- Au revoir.

- Ariane Forêt, c'est ça ?

Ca consiste en quoi cet atelier d'hortithérapie ?

- Se soigner au contact des plantes.

- Avec des orties ?

- Pas des orties. "Horti" avec un H comme horticole.

- Bien sûr. - Les plantes en général.

- Oui, merci, j'avais compris. Vous connaissiez bien Charlotte ?

- C'est elle qui anime les ateliers d'habitude.

- Vous avez déjà vu cet homme ?

- Non.

- Quelqu'un aurait pu en vouloir à Charlotte ?

- Charlotte, c'était notre bonne fée.

- Ah oui,

tout le monde l'adorait,

c'était quelqu'un d'exceptionnel.

- J'ai jamais dit ça.

Si vous voulez savoir, elle s'est disputée avec une femme.

- OK, et quand ?

- Il y a 2 ou 3 jours. - Vous pouvez me la décrire ?

- Oui. La quarantaine,

les cheveux courts, brune, avec plein de bracelets au poignet.

- Pourquoi elles se disputaient ? - Quand je me suis approchée,

elle a tout de suite décampé.

- On ignore l'identité de la fameuse femme brune

qui aurait menacé Charlotte. - En tout cas,

notre suspect numéro un reste cet inconnu.

Même si on ne doit écarter aucune piste, on doit l'identifier.

- Tout à fait. Entrez !

- Bonjour, Mme la procureur.

- Bonjour.

- On a l'arme du crime.

- Ah !

- Une bêche qui avait été rangée avec d'autres outils.

Le manche a été nettoyé, donc pas d'empreintes mais

le luminol a révélé du sang. - Celui de Charlotte ?

- Le labo est formel : c'est bien le sang de la victime,

et sur l'arme et sur la blouse.

- Très bon travail, capitaine.

Autre chose ? - On ignore toujours

où Charlotte passait ses nuits.

- Vous allez nous retrouver ça. - Euh...

oui. Le mieux, c'est de tout connaître de sa vie.

- Je supporte pas les zones d'ombre.

- Du coup, je vais me concentrer là-dessus en priorité.

- Très bien.

- Bonne journée. - Bonne journée.

C'est moi ou il souffle un froid polaire entre vous deux ?

- Non.

Non.

- C'est pas facile de travailler avec son ex.

- Non.

- Bon ! Vous me tenez au courant ?

- Evidemment.

- Dans les réquisitions, vous allez trouver.

- Merci.

- Colonel ? Colonel !

On a un gros problème. - Quoi ?

- Un cadavre a disparu.

- Vous avez regardé dans le coffre de votre voiture ?

- Non, il est arrivé hier soir. Je devais l'autopsier, j'ai pas pu.

Bref ! Tout à l'heure, j'ai ouvert la chambre froide, plus de cadavre.

- Calmez-vous, il y a une solution à tous les problèmes. Excusez-moi.

Oui, Erwan.

Quoi ?

C'est pas vrai !

Je vous envoie Franck tout de suite.

Le suspect a eu un malaise en cellule, allez !

Appelez-moi le 18, vite !

- T'as un pouls ? - Oui, c'est bon.

- Putain ! C'est mon cadavre.

Jérémy Guillot, 43 ans,

retrouvé mort à 22h sur la plage des Quilles. Les secours ont cru

à une crise cardiaque. - Un macchabée qui ressuscite,

c'est le pire cauchemar d'un légiste.

- Je vous confirme.

- OK, et comment a-t-il fait pour sortir de chez vous ?

- Il était dans la chambre froide.

- Bien, alors s'il était mort,

je pensais pas pouvoir dire un jour cette phrase,

comment a-t-il pu ressusciter ? N'est pas Jésus qui veut.

- Il n'était pas mort, mais anesthésié.

Il avait ingéré un mélange

de tétrodotoxine et datura.

La 1re provoque un arrêt cardiorespiratoire.

- D'accord, et le second ?

- Le datura, puissant psychotrope,

mais c'est l'antidote de la tétrodotoxine.

Ca l'a réveillé.

- Pourquoi lui donner un antidote si on cherche à l'empoisonner ?

- Peut-être que la personne qui l'a empoisonné ne savait pas.

- C'est compliqué tout ça ! OK, imaginons.

Jérémy se réveille dans la chambre froide, il en sort,

il prend le 1er vêtement qu'il voit

et il fonce au centre horticole. - Où il retrouve

le corps de Charlotte,

comme l'atteste le sang sur la blouse.

- Qu'est-ce qui a bien pu le pousser dans le centre horticole ?

- D'accord, très bien. Merci madame, au revoir.

- Mort au moment du meurtre : le meilleur alibi du monde !

- Le pire, c'est qu'il a failli mourir une 2de fois.

Jérémy Guillot est diabétique, il n'avait pas pris son insuline.

- Le repas qu'on lui a servi en cellule aurait pu le tuer.

Il a recouvré la mémoire ?

- Pas encore mais entre les toxines et le traumatisme,

ça risque de prendre du temps.

Je me suis renseigné sur le datura, une plante sauvage,

et la tétrodotoxine qui vient du fugu.

- Le fugu ? C'est pas ce poisson qui provoque des morts

au Japon ?

- Si on enlève mal la toxine, oui, c'est ça.

Il est interdit en France. - Qui dit interdiction dit marché

parallèle. - Oui.

L'Office de la biodiversité enquête sur un réseau dans la région.

- OK.

Téléphone. - Ah !

- C'est la biodiversité qui te donne ce sourire béat ?

- Non, un texto d'Eva.

- Elle a emmené Lynette au zoo.

- Eva s'occupe de ta fille ?

- Hm. - Vous devenez une vraie famille.

A quand le mariage ?

- C'est drôle que vous parliez de ça...

- T'y penses ?

- Bah oui, depuis un moment.

Mais je suis pas sûr qu'Eva soit prête.

- C'est à elle qu'il faut poser la question.

- Le bornage de son téléphone indique qu'elle passait son temps

dans le centre. Il y a un endroit où elle aurait pu dormir ?

- Ici, mais c'est pas prévu pour.

C'est moi qui ai les clés, je ferme le soir.

- Pardon !

Charlotte a été tuée après 22h, mais qu'est-ce qu'on peut faire

dans un centre horticole H 24 ?

- Ce centre, c'était toute sa vie. - OK,

donc elle le connaissait comme sa poche.

Combien d'hectares ?

- 4 dont 2 300 mètres carrés de serres.

- Une sacrée zone à quadriller.

OK ! Vous avez un plan

du site ? - Oui, bien sûr.

- "J'ai un truc pour toi, on se voit ce soir.

"RDV demain, même lieu, même heure, ce sera une nouvelle vie."

- T'écris une déclaration d'amour ? Si t'as besoin de conseils,

je suis dispo !

- Non, ce sont les SMS de Charlotte, ils sont destinés à un certain B.

- Ca ressemble à un rendez-vous

amoureux, non ? - Oui. Quel pro !

- Bah oui.

Message. - On a reçu l'identification

du destinataire.

- La vache !

- B, c'est Jérémy Guillot ?

- Jérémy couche avec Charlotte.

Ca expliquerait les différents retraits sur ses comptes.

- 1 000 euros, il y a dix jours,

et 2 000, la semaine dernière.

C'est bizarre mais ça prouve pas qu'il avait une liaison avec elle.

- Etre en couple, ça coûte une blinde, surtout au début.

J'ai invité une nana au resto.

- Ouais, Janisse.

- Non, je suis plus avec elle.

- Ah bon ? - Bref !

Entrée, plat, dessert, vin : 100E. J'ai insisté pour partager.

- Tu l'avais pas invitée ? - Si, et alors ?

Si la brune qui s'est disputée avec Charlotte

était la femme de Jérémy ?

- Vérifions sur les réseaux sociaux. On sait jamais.

- Là.

- "Nora Guillot".

- Brune, cheveux courts et des bracelets.

- C'est insensé ! Mon mari a failli mourir à cause de vous

et vous me traitez

comme une criminelle. - Asseyez-vous.

Aidez-nous à clarifier les choses. Il se passait quoi

entre Jérémy et Charlotte ?

- Ils se voyaient en cachette.

- Il la rejoignait quand le centre fermait ?

- Oui.

Et il vidait nos comptes en banque. - Donc, vous avez compris

qu'il allait vous quitter pour Charlotte, vous les avez punis.

- Vous êtes folle ! - Pardon ?

Je suis ?

Quoi ?

- Rien.

- Mme Guillot, vous avez menacé Charlotte Revel,

et ce matin,

elle était morte. - Je vais pas pleurer sa mort.

J'ai rien à voir avec ça ni avec ce qui est arrivé à Jérémy.

- D'après vos réseaux sociaux, vous faites de la cuisine japonaise.

Le fugu, ça vous parle ?

- On en a parlé en cours, mais je vois pas le rapport.

- C'est avec la toxine du fugu que votre mari a été empoisonné.

- C'est du délire !

J'ai pris ces cours pour varier et manger sainement.

C'est compliqué de vivre avec un diabétique.

J'ai adapté ma vie à la maladie de Jérémy.

- Et il allait vous quitter pour une autre.

- La jalousie, un classique. - Oui, peut-être.

Il y a toujours cette histoire d'argent qui m'intrigue.

- Jérémy l'a donné à Charlotte. - Pour quoi faire ?

Elle en aurait fait quoi ?

- Elle l'a dépensé ou caché dans leur nid d'amour secret.

Le capitaine Marchal a pu localiser l'endroit

où elle passait ses nuits ? - Non.

J'ai envoyé le lieutenant Lebellec lui prêter main-forte.

Le centre horticole est vaste, ils doivent me tenir au courant.

- Très bien, merci. - Je vous en prie.

- Si Charlotte avait un refuge,

il était pas dans la partie exploitée du centre.

- Vu qu'elle y rejoignait Jérémy,

c'est un endroit à l'abri des regards.

- Cette zone, c'est quoi ?

- Demandez à la patronne,

je connais pas bien mais personne ne va dans votre plantation.

- Merci.

Ca doit être par là.

- Capitaine, regardez là.

C'est un tuyau d'arrivée d'eau, ça.

Pourquoi il y en a un s'il n'y a pas de plantations ?

- Là où il y a de l'eau, il y a de la vie.

...

Qu'est-ce qu'elle trafiquait ici ?

On dirait l'antre

d'une vraie sorcière. - Et qui manie

le "fuguhiki".

- Le quoi ?

- Le couteau pour découper le fugu.

- Ah !

Ca pue, c'est horrible. - L'odeur du datura.

Datura...

et tétrodotoxine. C'est le cocktail ingurgité par Jérémy.

- C'est Charlotte, l'empoisonneuse.

- C'est quoi tout ce charabia ?

On dirait des formules scientifiques.

- Oui, c'est ça.

- Je vais les envoyer à Franck.

- "Migraine", "insomnie", "dépression".

Regarde.

- Des remèdes par les plantes.

Ma tante soignait toute la famille avec des huiles essentielles.

- Oui, sauf que là, c'est pas des trucs qu'on trouve en pharmacie.

"Iboga, addiction à l'alcool".

Vu l'équipement, c'est elle qui concoctait tout ça.

- 350 euros,

la fiole de potion magique !

- Ah ouais, quand même ! - En espèces en plus.

- Alors ça, ça change tout.

- Et un petit café !

Tu vas faire la gueule encore longtemps, Paul ?

- Bah non, mais le travail d'abord.

Une lettre de l'Ordre des médecins qui dénonce Charlotte

pour pratique illégale de la médecine.

- Son business n'était pas passé inaperçu.

- On se trompe depuis le début. - Les rendez-vous, les sommes

d'argent, ils étaient pas amants.

- Non, Jérémy était un client

qui rapportait gros. - Alors pourquoi s'en débarrasser ?

- Je sais pas, peut-être que la femme de Jérémy...

lui a ouvert les yeux et il a voulu dénoncer Charlotte.

- Et elle décide de l'arrêter

avant le tribunal ? - Et elle l'empoisonne.

- Qui a tué Charlotte ? - La femme de Jérémy, par vengeance.

- Pas possible, elle a un alibi en béton que Sabine a vérifié.

Mais elle a très bien pu être tuée pour venger la mort de Jérémy.

- Sa fausse mort.

- Hm.

- Et peut-être que le coupable n'est pas au courant qu'il a ressuscité,

alors on va garder cette info pour nous.

- On va cacher la vérité ! C'est ta nouvelle marque de fabrique.

- T'es pas sérieux, Paul !

- Une séance d'hortithérapie, ça coûte quoi ? 100 euros ?

- En cours collectif ? 50, 60, plutôt.

- Ah bon ? La poterie, c'est moins cher,

alors qu'il y a le matériel... - Célestin.

A l'essentiel.

- Pardon. Charlotte faisait de gros versements en liquide

sur le compte du centre horticole, sauf qu'à 50 euros la séance,

il en aurait fallu des dizaines par jour.

- L'argent venait d'ailleurs, de la vente des remèdes, par exemple.

- Et la proprio était au courant.

- Bravo, Célestin.

- Donc, on va l'interpeller ?

- Oui, Erwan est déjà parti.

- Comment il a su ?

- J'ai eu l'Ordre des médecins.

La dénonciation était anonyme mais

le courrier a été envoyé aux 2 gérantes.

- Donc Mylène savait.

Et vous saviez qu'elle savait.

- Mais bravo, Célestin.

- Bravo, Daniel. C'est une belle floraison.

On va quand même traiter, sinon on va tout perdre.

- C'est ce qui risquait

de vous arriver, non ? A cause du petit trafic de Charlotte ?

- De quoi vous parlez ?

- Exercice illégal de la médecine.

- Daniel, vous voulez bien nous laisser ?

- Vous nous avez menti

en prétendant que Charlotte avait abandonné la biologie.

Elle bossait plus pour les labos, mais elle était à son compte,

chez vous.

- Je croyais qu'elle renflouait le centre avec ses ateliers.

- Votre amie vous mentait

et mettait le centre en péril. - Mon centre.

Je l'ai hérité de mon père.

Je pouvais pas le perdre.

Charlotte avait bien compris et elle m'avait promis d'arrêter.

- Vous avez découvert qu'elle continuait,

et hier soir, ça a été la dispute de trop.

- Attendez, vous...

Vous pensez que j'ai tué Charlotte ?

- Vous étiez où hier soir entre 22h et minuit ?

- J'étais au cinéma.

J'ai retrouvé une amie.

- J'ai eu confirmation par son amie

que Mylène était au ciné avec elle,

mais avec du retard, elle a loupé les bandes-annonces.

- La séance débutait à quelle heure ?

- 22h15, ce qui nous met à la fin des bandes-annonces vers 22h35.

- Donc, elle n'avait pas d'alibi pour ce laps de temps.

- Non, et le centre horticole est à moins de 10 mn du cinéma.

- Ce qui veut dire que Mylène a eu le temps de tuer Charlotte,

de cacher son corps dans la serre

et de retrouver son amie au ciné. - C'est court,

mais c'est jouable.

- On ne sait toujours pas pourquoi Charlotte a empoisonné Jérémy.

On le saura à la reconstitution.

- Son médecin l'a autorisé à quitter

l'hôpital mais il est amnésique. - Espérons qu'il recouvre la mémoire

d'ici demain matin. Beau travail !

Bonne soirée. - Bonne soirée.

- Ah, ma puce ! - Coucou, papa !

- T'es là.

Comment ça va ? - Ca va.

Je viens voir l'échographie. - Ah, y a l'écho ?

- Oui ! - Super !

Ca va, Pauline ? - Super !

- Je peux ? - Bien sûr !

- Super, merci.

Oh, mais que c'est mignon !

- Tu sais encore lire une écho ?

- Oui, ça va ! C'est un garçon ou une fille ?

- On veut garder la surprise. Le gynéco a dit que tout

allait bien, c'est le principal. - Ouais.

C'est marrant, il a le profil de Léa.

- Ah ouais !

- Si c'est une fille, vaut mieux

le nez de maman. - Pourquoi ?

- Bah...

- T'as intérêt à m'en faire un qui me ressemble.

- On va se calmer, papi Paul !

- Quoi ? Papi Paul ? Non, non.

M'appelez pas comme ça. - Pourquoi ?

- Parce que. - Tu vas être

grand-père, donc c'est normal.

- C'est pas une raison. Pas papi Paul, je vais faire à dîner.

- Mais... - Tut tut !

- Ca lui a pas plu.

- J'écoute du rock, je suis tatoué, je fais de la moto,

je suis pas un papi, n'importe quoi.

- Bonjour, Sabine. - Bonjour, Franck.

- Excusez-moi, Léa n'est pas là ?

- Non, elle organise une reconstitution.

- Les formules scientifiques m'ont bien empêché de dormir.

- Vous avez décrypté des choses ?

- Que je me suis planté.

Je pensais que l'empoisonneur ignorait que le datura

était l'antidote mais pas du tout.

Charlotte savait bien ce qu'elle faisait.

- Elle aurait empoisonné Jérémy en sachant qu'il allait se réveiller ?

- Oui, c'est un reboot immunitaire : une piste thérapeutique pour

les maladies auto-immunes. - Comme une box qu'on redémarre ?

- Exactement.

Faire mourir le système immunitaire pour mieux le faire repartir.

- C'est possible, ça ?

- Bon nombre de médecins vous diront que c'est une théorie barrée,

mais certains y croient mordicus.

- Donc Charlotte n'aurait pas voulu empoisonner Jérémy mais le guérir,

mais comment il s'est retrouvé sur une plage ?

- Elle s'est trompée dans les dosages et elle l'a cru mort ?

- Et elle a déplacé le corps pour pas qu'on remonte à son labo.

- Oui, sauf que

Jérémy fait 1,80 m pour 85 kg, quand elle, fait à peine 55.

- Elle a pas pu faire ça toute seule.

- Non.

- Le gynéco a dit que tout allait bien ?

Les mains, les pieds, tout ça ? Le coeur aussi ?

Il bat bien ? Oui, super ! Merci de m'avoir appelée, mon ange.

Thomas,

je dois raccrocher.

Et tu sais quoi ?

Je suis sûre que ce sera une petite fille.

Bisous, bisous. - Je dois te laisser. J'ai laissé

ta chemise repassée sur un cintre, oui.

Et ta convention est sur la table.

Je te laisse. Ca marche, à ce soir. Bisous, bisous.

C'est Lucas, mon fils.

Il commence un stage au tribunal demain.

- Il a encore besoin de maman. - Voilà.

Je l'ai élevé seul après la mort de son père, j'ai dû trop le couver.

- On ne meurt jamais de trop d'amour.

C'est toujours de la faute des mamans.

- Ah ça, on a toujours tendance à culpabiliser,

il faudrait lâcher prise. Vous y arrivez ?

- C'est compliqué.

Mon aîné va être papa, je lui donnais le biberon hier pourtant !

C'est un adulte mais je m'inquiète toujours autant pour lui,

comme pour sa soeur. - Vous allez être grand-mère.

- Ouais. Vous me suivez ? - Oui.

- D'après le capitaine Mauriac et vu la carrure de Jérémy,

Charlotte n'aurait jamais pu déplacer...

Cet endroit vous rappelle quelque chose ?

- Non.

Pas vraiment.

- C'est pourtant ici que Charlotte vous a administré

un cocktail censé vous guérir de votre diabète.

Peut-être...

qu'en lâchant prise, en...

En vous concentrant, vous aiderez

vos souvenirs à remonter à la surface.

On a le temps.

- On a le temps.

- Non.

Une femme blonde.

Elle me tend un verre.

Je me sens en confiance.

Euh...

Je suis comme engourdi.

Ca s'agite.

Ca s'agite autour de moi.

C'est comme dans un cauchemar.

- La femme blonde s'agite ?

- Je l'entends.

- Le dosage. - Mais il y a une autre voix.

- Le dosage. - Une autre femme.

- Très bien, Jérémy. On a tout le temps.

Tranquille.

Essayez de vous souvenir

des sensations, des odeurs.

- Je comprends pas. Je comprends pas.

Qu'est-ce que je fais là ?

Quelqu'un peut m'expliquer ? - C'est cette voix.

C'est cette voix que j'ai entendue.

- C'est pas possible !

Vous êtes mort.

- Euh...

L'organisme de Jérémy a du mal à se remettre de l'expérience.

On l'a remis sous insuline.

Vous avez failli le tuer.

- J'ai rien fait.

- Vous n'avez pas aidé votre amie à transporter son corps ?

- Charlotte m'a appelée en panique.

Il ne respirait plus.

Elle a cru qu'elle avait fait une erreur de dosage

et que Jérémy était mort.

- Et...

Et après ?

- J'ai couru au ciné,

j'avais peur que ça fasse suspect si j'annulais.

Quand je suis partie, Charlotte allait bien.

- A cause d'elle, vous risquez de perdre votre centre,

ce qui fait un très bon mobile. Votre alibi ne tient pas.

Sans compter vos mensonges.

- J'ai menti parce que j'ai cru que Jérémy était mort.

J'avais peur d'être accusée

de complicité de meurtre.

- C'est difficile de vous croire, Mylène.

- J'ai quelque chose qui pourrait vous aider.

Les carnets de Charlotte.

- Je comprends rien.

Je pourrais appeler Franck, il pourrait nous aider.

- Bien sûr, il va résoudre le problème.

C'est sûr, je suis persuadé

que la pièce manquante du puzzle est là-dedans.

Attends.

"Patiente A".

A comme...

Ariane

qui anime les ateliers ?

- Pas sûr. Là, j'ai le patient B. La lettre B

est celle que Charlotte

avait attribué à Jérémy dans son téléphone.

- B comme... Bêta

et comme A est avant B...

- Et avant C, tu connais bien ton alphabet.

- C'est bon ?

Ca veut dire qu'il y a eu sûrement un patient avant Jérémy.

- Alpha serait un autre cobaye ? - On tient notre pierre de Rosette.

- Pardon, j'arrête.

Non mais c'est "pierre de Rosette".

- Alors, on a les données pour Jérémy.

H pour homme. 43, c'est l'âge.

C'est quoi ça ? - DT 1.

Diabète de type 1. Fais voir.

La patiente A, Alpha, ce serait femme,

52 ans, elle aussi diabétique.

En revanche, il y a un plus là alors que là...

Là, il y a un plus.

- C'est pas un plus.

C'est une croix.

- Alpha est décédée.

- L'assassin de Charlotte ne voulait pas venger Jérémy,

mais elle, la patiente Alpha.

- Donc, le coupable

connaissait son activité d'apprentie sorcière.

- C'est lui qui a dénoncé Charlotte à l'Ordre des médecins,

puis il a décidé d'agir lui-même. - C'est crédible.

- Je me disais aussi que pour identifier la patiente Alpha,

on devrait interroger les participants de l'atelier.

Donc je retourne chercher la liste.

- C'est marrant, j'allais te proposer la même chose.

- Ah !

C'est mieux quand tu me fais confiance.

- T'es chiant quand tu veux pas comprendre.

J'ai eu peur.

J'ai eu peur qu'on te fasse du mal, que ça recommence.

Tu peux pas savoir ce que j'ai ressenti.

Tu passes à la maison ce soir ?

- OK.

- Excusez-moi, j'ai pas eu de message ?

- Ca va ? Il y a un problème ?

- J'ai fait le tour des morts non élucidées,

aucune femme de 52 ans.

- Alpha est peut-être considérée comme mort naturelle.

- Il faut éplucher les avis de décès depuis l'arrivée de Charlotte.

- Sauf si on affine la date du décès.

- T'as une info que j'ai pas ?

- Tu sais, quand je peux aider un ami...

La liste des acheteurs de fugu.

Charlotte Revel a passé une commande il y a dix jours.

- Tu penses qu'elle avait déjà commandé pour Alpha ?

- Oui, elle en a passé une autre il y a six mois.

- Donc, la patiente Alpha

serait morte il y a six mois.

Puisque tu veux aider !

Il y a tous ces avis de décès à éplucher.

- Merci. - Célestin ?

Tu vas en avoir besoin, je crois.

Il frappe.

- Oui, Franck, entrez.

- Vous vouliez me voir ? - Oui.

Voilà pourquoi on voulait supprimer le dossier de vos parents.

C'est à cause de ce PV. Un témoin aurait vu Jérôme Clèche

agresser votre père sur le parking de l'hôpital 2 jours avant sa mort.

- Jérôme Clèche ? - Hm.

- C'est lui qui nous a donné accès au dossier numérisé.

- Ca m'a paru bizarre, il m'a soutenu

que c'était un faux témoignage. - C'est qui, ce témoin ?

- Un ancien collègue de votre père, le Dr Ziani.

- Ziani ? - Hm hm.

- Pas possible, c'était plus qu'un collègue. C'était un ami

de mes parents.

Il peut pas être mêlé

à tout ça. C'est pas possible.

Je vais lui parler. - Non ! Non, non.

C'est trop tôt, il nous manque

des éléments, Franck.

Vraiment, faites-moi confiance.

- OK.

...

- Tiens donc !

Téléphone.

Ouais, Erwan ?

- J'ai un avis de décès qui pourrait correspondre.

- Au nom de Marguerite Marceau, je parie ?

- Oui, morte il y a six mois d'un arrêt cardiorespiratoire.

- Et Marceau comme ?

- Daniel Marceau.

- Ce sont des astéracées.

- Ouais.

- Le nom botanique des marguerites.

Et le prénom de votre femme aussi.

Elle était diabétique et elle a eu une crise cardiaque.

52 ans, c'est jeune

pour mourir.

- Elle aurait pu vivre longtemps si elle avait pas rencontré...

- Pas rencontré Charlotte, oui.

Vous vous êtes fait embaucher ici

pour comprendre ce qu'elle trafiquait

et vous avez découvert ces ventes de remèdes.

- C'est Jérémy.

Il venait le soir comme Marguerite.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Je voulais le convaincre de témoigner

devant le Conseil de l'Ordre.

Avant-hier, je l'ai suivi jusqu'au labo de Charlotte.

- Et comme pour votre femme,

le reboot immunitaire s'est mal passé

et vous avez cru que Charlotte

avait empoisonné Jérémy.

- J'étais planqué dans les serres.

J'ai vu Charlotte et Mylène transporter le corps.

Jérémy avait l'air mort. - Ouais.

Charlotte l'a cru aussi et quand elle est revenue au centre,

vous lui avez demandé des comptes.

- Je voulais savoir pour Marguerite.

Si elle lui avait fait la même chose qu'à Jérémy.

Et quand j'ai vu son regard...

j'ai compris.

- Qu'elle avait tué votre femme et qu'elle n'arrêterait jamais

ses expériences.

- Charlotte, elle hurlait.

Elle disait qu'elle pouvait sauver des millions de gens.

Il fallait pas s'arrêter sur un échec ou deux.

J'ai attrapé une bêche.

Et puis, j'ai frappé.

Un seul coup.

Ca a suffi.

...

- Capitaine Mauriac.

- Mon colonel ? - Je crois que

j'ai une bonne nouvelle pour vous.

- Merci.

Merci, colonel.

- Je vous laisse prévenir l'équipe.

- Et d'après Franck, Marc Ziani était un ami proche de ses parents.

- Ce serait lui qui m'a tiré dessus pour récupérer ce faux témoignage.

- C'est possible.

Si t'es d'accord, on peut aller l'interroger,

tous les deux, demain.

- Ah oui ? Oui.

- Super !

Bien, euh...

- OK.

- Thomas... est passé

pour me montrer les photos du bébé.

Enfin, l'échographie. - Alors ?

Ca t'a fait quoi ? - Et alors...

je dois avouer que j'ai un peu du mal à réaliser

qu'on va devenir... papi et mamie.

- Tu vas pas t'y mettre aussi !

Pas papi et mamie, qu'est-ce que vous avez tous avec ça ?

- Tu veux qu'on m'appelle comment ?

- Il y a plein d'autres petits noms. Pour les femmes, y en a des jolis.

- Mamina, mamichat, granny.

Mais moi... papi Paul !

Pépé Paul, papou.

Non, pitié !

Pépé Paul.

- C'est marrant... parce qu'en fait,

tu réalises qu'on n'est jamais prêts pour l'étape suivante.

Ce sont nos enfants qui nous guident et nous font grandir.

- Ouais.

Ouais, t'as raison.

On s'en fout de comment ils nous appellent.

Tu vois, je suis tellement content d'accueillir ce petit...

ce petit-fils ou cette petite-fille, n'importe...

Je donnerai à ce petit bout

tout ce que j'ai pas pu donner à Thomas et Alice.

- Tu leur as donné beaucoup, tu sais.

- C'est vrai ?

Ah ouais ?

Merci.

...

- Docteur Ziani ?

- Oh putain, Franck c'est bien toi !

- J'ai besoin de vous parler de mes parents,

sur la façon dont ils sont morts.

- Je savais que tu viendrais me trouver.

- Vous êtes impliqué dans leur mort ?

- Non, bien sûr que non.

Mais j'ai été lâche.

J'aurais pu les sauver, mais j'ai rien fait.

- Attendez, je comprends pas.

- T'es prêt à mettre la vie de tes proches en danger ?

- Pardon ?

- Ainsi que celle de ta soeur ? - Zoé ?

Tu me parles de Zoé ?

- Arrête, Franck, arrête.

- Dis-moi ce qui s'est passé. - Arrête, Franck.

Pas maintenant,

pas ici.

- J'en ai assez entendu. Maintenant, je veux la vérité.

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